- Speaker #0
Bienvenue dans Dire Mama, ici jetant le micro aux mamans de l'ombre, celles qui ont changé, chuté, recommencé, des femmes vraies, puissantes et humaines. Donc ce podcast c'est de la lumière, de la célébration, de la vérité et de la sororité. Aujourd'hui je reçois une maman au parcours irremplaçable, elle se dit être un peu sévère, bienveillante et pleine d'amour. Elle nous en dira plus dans quelques minutes. Merci à elle d'avoir dit oui. Installe-toi. Respire. C'est parti. Salut Christelle. Anne Christelle, pardon. Salut Anne Christelle.
- Speaker #1
Salut Annick.
- Speaker #0
Tu vas bien ?
- Speaker #1
Ça va, merci.
- Speaker #0
Merci Anne Christelle d'être là.
- Speaker #1
Merci à toi pour l'invitation.
- Speaker #0
Trop bien. Je suis vraiment contente de te recevoir. C'est une première ?
- Speaker #1
Oui. Comme ça, oui.
- Speaker #0
D'accord. Il y a d'autres manières ?
- Speaker #1
Je ne t'en ai pas parlé, mais on a... tourné un podcast avec mon mari qu'on n'a pas encore diffusé. Mais je n'avais pas de... En fait, la caméra était dans mon dos.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
C'est un peu compliqué pour moi l'image comme ça.
- Speaker #0
Et comment tu te sens là ?
- Speaker #1
Là, ça va. Un peu impressionnée quand même. Mais ça va.
- Speaker #0
Super. En attendant que nous rentrions dans le vif du sujet... Anne Christelle, tu sais que tu as les deux prénoms de mes sœurs, donc Anne, j'ai une sœur qui s'appelait Anne Florence, et j'ai une sœur qui s'appelle Jeanne Christelle, je t'appelle Anne Christelle. Donc je suis ravie. On est dans la sororité. Exactement, sororité à fond. Je vais reprendre les mots d'une invitée précédente que j'avais reçue, qui dit qu'en tant que femme nous étions plurielles, donc on avait un parcours des vies plurielles, des vies mouvementées, des vies... riche et parfois chaotique. En attendant qu'on rentre dans le vif du sujet, je vais te demander de réfléchir à un parcours, enfin un parcours, un virage que tu souhaites partager avec nous. Et puis je vais te demander de te présenter sans les étiquettes de la société, c'est-à-dire sans ton job, sans ton rôle de maman. Qui es-tu Christelle, derrière tout ça ?
- Speaker #1
Si je devais me décrire, je suis une personne pleine d'amour parce que j'ai baigné dans l'amour. En tout cas, je le ressens comme ça, que ce soit de la part de ma famille. J'ai la chance, en plus de ma famille, d'avoir des amis proches qui m'entourent. Et je pense que je suis vraiment le fruit de toutes ces personnes. Donc j'essaye... Encore plus aujourd'hui, dans tout ce que je fais et dans tout ce que je suis, d'essayer d'être pleine d'amour et de bienveillance parce que j'en reçois beaucoup.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Je ne sais pas si c'est complet, mais...
- Speaker #0
Eh bien, on verra, on va continuer en parlant de toi un petit peu. Merci beaucoup. Tu as des enfants. Est-ce que tu voudrais personnaliser un petit peu ta présentation ? En nous en disant un petit peu plus, je sais que tu aimes beaucoup le métier que tu fais.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Je sais que tu as deux filles aussi, est-ce que tu veux nous en dire un peu plus ?
- Speaker #1
J'ai deux filles, une de 4 ans et une de bientôt 8 ans, la semaine prochaine. Je suis mariée et oui, j'aime beaucoup ce que je fais. Je travaille dans le secteur du textile, de la mode, depuis plus de 10 ans. finalement dans plusieurs corps de métier. J'ai travaillé dans les achats et aujourd'hui je travaille dans la supply chain.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et je fais ce qu'on appelle de la planification et de l'ordonnancement.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc ça fait trois ans et demi que je fais ça et je pense que j'ai vraiment trouvé l'exacte combinaison de ce que j'aime dans le textile et de la rigueur que j'ai dans ma vie. et que j'aime au travail.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Parce que quand on planifie, là aujourd'hui, je planifie... Je travaille dans une usine qui fabrique des boutons. Et donc, on travaille par saison, sous forme de saison. Et en fait, je dois planifier, je dois faire des rétro-planning de la fabrication, de la création, jusqu'à la livraison chez les façonniers. Enfin, sur notre plateforme logistique qui va livrer aux façonniers qui vont ensuite coudre les boutons jusqu'à l'implantation de magasins. C'est vraiment un suivi d'une saison complète. Mon rôle, c'est de planifier, d'anticiper. Je ne suis pas du tout dans la création. Et à partir du moment où le bouton a fini d'être développé, moi, je dois définir dans quelle plage de livraison je vais livrer. Et mon rôle, c'est de tenir ce planning et de faire en sorte que tous nos prestataires soient satisfaits et que nous, en interne, on puisse les fabriquer dans de bonnes conditions.
- Speaker #0
Donc c'est un métier qui t'épanouit.
- Speaker #1
C'est un métier dans lequel j'épanouis beaucoup. J'ai eu en plus, en trois ans et demi, j'ai eu des belles évolutions déjà. Malheureusement, actuellement, je ne peux pas travailler pour l'instant. On va l'aborder tout à l'heure. Pour l'instant, je ne peux pas travailler, mais j'ai vraiment à cœur de tout faire pour y retourner. Parce que ce n'est jamais parfait à 100%. J'en ai fait des boîtes où ce n'est jamais le 100%. Mais c'est rare. C'est une des rares fois où vraiment je touche au quasi parfait.
- Speaker #0
D'accord. Waouh !
- Speaker #1
Ouais. Trop bien.
- Speaker #0
Génial.
- Speaker #1
En plus avec une équipe au top.
- Speaker #0
Ok. Super. Alors où est-ce que tu en es dans ta vie aujourd'hui ? Dans quelle dynamique tu te trouves ? C'est quoi ton mindset en ce moment ? Comment tu te sens ?
- Speaker #1
En ce moment, je suis dans un combat.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Je suis dans un combat avec mon corps. Parce qu'on l'évoque maintenant, j'ai été diagnostiquée d'une sclérose en plaques. Le diagnostic a été posé il y a environ trois mois. Les symptômes ont commencé en début d'année, on va dire généralement, et en fait ça s'est intensifié. Et donc là, je suis dans un combat vraiment moral, mental, physique, parce que ma tête me dit mais non, ça va. Et en fait, mon corps me dit bah non. Ça ne va pas. D'accord. Donc calme-toi, assieds-toi, reste tranquille, accepte. Là, je suis vraiment dans cette phase d'acceptation que je suis malade. Ok. Je ne peux plus travailler pour l'instant. Je ne peux pas m'occuper de mes enfants pas autant que je le faisais, comme je le voudrais. Je ne peux pas m'occuper de ma maison comme je le voudrais. Et ça, c'est très compliqué parce que je suis à la maison, je suis chez moi, mais je ne peux pas faire grand-chose. Donc je fais au fur et à mesure. Mais c'est compliqué. Donc là, aujourd'hui, je suis dans ce combat.
- Speaker #0
D'accord. Bon, t'as encore le sourire.
- Speaker #1
Toujours.
- Speaker #0
Magnifique.
- Speaker #1
Toujours.
- Speaker #0
Pas toujours. Bon, aujourd'hui, tu es radieuse. Merci,
- Speaker #1
c'est gentil.
- Speaker #0
D'accord. Alors, quel est l'épisode que tu as choisi de partager avec moi, avec nous ?
- Speaker #1
C'est un épisode de ma vie, une période en fait, où j'ai envie de dire, j'ai failli... Perdre ma famille, perdre mon cocon familial. Je parle de mon mari et de mes enfants. On a un peu implosé avec mon mari. On a traversé une période assez compliquée. Et j'ai envie de partager ça parce que j'ai été obligée, avec ce qu'on a traversé, j'ai été obligée de me remettre en question.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Beaucoup. Ça n'a pas été ma première réaction.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Mais en fin de compte, je me suis remise en question et je me suis posé la question sur ma santé mentale. Et je me suis fait une introspection de pourquoi je réagis comme ça. En fait, qu'est-ce qui a fait qu'on est arrivé là ?
- Speaker #0
Est-ce que tu te souviens du moment où ça a basculé, justement ?
- Speaker #1
En fait, ça s'est fait en plusieurs étapes. C'est plus... Je pense que c'est venu de nous deux, mais là, on est là pour parler de moi.
- Speaker #0
Exact. Voilà. Toi et lui.
- Speaker #1
Ouais. Moi, je ne l'ai pas senti tout de suite.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Parce que ça a commencé... Je venais d'avoir ma première fille, Naya. Et en fin de compte, je pense qu'en tant que maman, on a tous un petit peu ce parcours-là. Surtout quand c'est le premier enfant. J'étais focus sur ma fille. J'étais focus sur mon rôle de maman. j'ai repris le travail assez vite j'ai eu un congé de 2 mois et demi, 3 mois et à ce moment là je travaillais assez loin donc j'étais un peu embarquée dans ce truc de je suis une maman, il faut que je fasse tout il faut que je cours au travail, il faut que je performe il faut que j'aille chercher ma fille en temps et en heure,
- Speaker #0
j'étais vraiment dans ce rôle là que tu aimais quand même ou qui te dépassait ou qui te... Tu aimais quand même être dans cette dynamique-là ? Oui. Tu ne t'oblivais pas ?
- Speaker #1
Le seul problème, c'est que c'était loin. Je n'avais pas le permis, je travaillais sur Paris. Je suis toujours dans la même ville aujourd'hui, je suis dans le 77. Je faisais quasiment deux heures de transport. Aller, deux heures de transport, retour. Donc c'est ça qui était compliqué à gérer. Mais moi, je suis la dernière d'une grande famille. J'ai mes sœurs qui ont eu des enfants. J'étais tata très tôt. Je ne m'imaginais pas ne pas être maman.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Donc c'était vraiment l'accomplissement de ma vie. En plus, étant entourée de sœurs, de femmes, de mamans, de tatas et tout, j'ai eu une première fille. J'étais vraiment aux anges. Je mets du coup. J'ai été focalisée là-dessus. Et du coup, ça a eu des conséquences sur mon mari que je n'ai pas vues. En fait, je ne me suis pas rendue compte.
- Speaker #0
Oui, c'est ce que tu disais tout à l'heure, ça s'est fait en plusieurs étapes. Première étape, tu es focus sur l'enfant, le travail qui te prend du temps. Et donc, ça commence à avoir des répercussions sur ta vie de couple, sur votre vie de couple.
- Speaker #1
Oui. Et ensuite ? Première étape, deuxième,
- Speaker #0
ensuite.
- Speaker #1
Deuxième étape, il y a eu des soucis financiers qui sont arrivés. C'est-à-dire que mon mari, à l'époque, il travaillait avec son papa. Son papa avait monté une société familiale qui s'est effondrée du jour au lendemain. En tout cas, moi, on me l'a communiqué du jour au lendemain. C'est-à-dire que je crois que le 1er décembre, il m'a dit que le 20 décembre, c'est fini.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc, ça a été hyper liquide, hyper violent. Je devais partir en voyage avec ma fille. On avait déjà planifié de partir en voyage avec ma fille. J'avais engagé des frais financiers. Et en fait, je l'ai pris d'un coup. Et ça, ça a été un gros déclencheur. Parce que du coup, pour revenir à mon introspection, j'ai réagi d'une manière assez violente. Maintenant, je me suis interrogée pourquoi j'ai réagi comme ça. Aujourd'hui, je me dis oui, c'est normal, mais ça aurait pu être géré autrement. Mais en fait, ça m'a ramenée à des souvenirs d'enfance avec une instabilité financière que mes parents ont pu traverser et que moi j'ai traversé en tant qu'enfant. Et comme c'était... Quelque chose qu'on... Il ne nous a pas prévenu, son papa.
- Speaker #0
Que tu apprenais comme ça, de but en blanc. Va-t-on te retourner ?
- Speaker #1
On a un enfant, un crédit immobilier à payer. On a engagé des frais financiers. Si on avait su qu'il y avait ça, on n'aurait pas engagé des frais financiers pour partir en vacances au Cameroun avec ma fille.
- Speaker #0
Ça t'a fait briller. Oui, briller. Franchement, j'ai été...
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
oui.
- Speaker #1
Je m'en rends compte maintenant. Oui, sur le coup, c'était normal.
- Speaker #0
Tu étais dans ton bon droit. Sur le coup, maintenant, c'est ce que tu veux.
- Speaker #1
Comment tu veux que je réagisse ? Mais voilà, avec du recul. Lui aussi, il l'a vécu de la même manière.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Ce n'était pas de son fait non plus. Moi, j'ai réagi de cette manière. Et en fait, c'est cette réaction qui a eu une cascade d'événements.
- Speaker #0
Il y a eu d'autres choses marquantes.
- Speaker #1
Après, il y a eu le Covid.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Du coup, il a été au chômage. Ensuite, il y a eu le Covid. Et ensuite, il y a eu... À cette période-là, il y a eu, malheureusement, une vague de décès dans ma famille. On a perdu beaucoup de personnes très sympas, des personnes vraiment très chères, dont une de mes belles sœurs, qui est partie assez jeune, assez violemment. qui a eu un cancer, on ne savait pas qu'elle était malade, en plus c'était pendant la période du Covid. On a su qu'elle était malade le 25 décembre, et en fait elle est morte le 5 janvier. Ça a été hyper violent, ça a été vraiment une période de deux ans où il y a eu...
- Speaker #0
Tout était compliqué.
- Speaker #1
Exactement, tout était compliqué, j'étais pas bien, on n'arrivait pas à se parler, financièrement c'était tendu. Et je n'arrivais pas. J'avais aussi mon rôle de maman. Je n'arrivais pas à gérer.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui était le plus dur à gérer, Anne-Christelle ? Dans tout ça, dans tout ce chaos, si je peux me permettre. Qu'est-ce qui était le plus compliqué ?
- Speaker #1
Justement, de rester... En fait, j'avais le sentiment de tenir ma famille à bout de bras. Et c'était hyper compliqué de gérer toutes ces personnes qui partaient, tous ces deuils qui nous ont franchement frappés hyper violemment. Et à côté de ça, de devoir comprendre, essayer de me mettre dans la tête de mon mari et de me dire lui aussi, en fait, il a été impacté, lui aussi, il a ça. Je n'arrivais pas, en fait.
- Speaker #0
Oui, tu ne voyais que de ta lucarne. Oui,
- Speaker #1
exactement. Et le pire, et je pense que c'est dans ce sens-là où l'introspection a été importante, c'est que je lui disais, mais en fait, regarde ce que nous, ma famille, on est en train de traverser. Pourquoi toi, tu n'arrives pas à te tenir ? Pourquoi tu n'y arrives pas ? Alors qu'en fin de compte, c'est horrible de dire ça. Parce que si à l'inverse, on m'avait dit, « Ouais, mais regarde, moi, ma famille, ils ont vécu ça. Tu devrais réussir à t'en sortir. » En fait, dans nos communautés, dans nos familles, on nous dit toujours, enfin nous, on nous a élevés comme ça, « Ouais, mais c'est bon, c'est rien. » Un des trucs que mon père aimait répéter beaucoup, c'était « Lève-toi et marche. » En fait, on n'avait pas le droit, on n'avait pas le temps de s'apitoyer. Et même aujourd'hui, on est un peu comme ça, on vit des choses hyper compliquées. Et en fait, on va nous dire, ouais, OK, regarde ton voisin lui aussi. Ouais, mais en fait, non, on n'a pas... Moi, aujourd'hui, je ne me donne plus le droit de dire à mon mari, ouais, mais regarde à côté une personne qui vit pire, toi, tu devrais...
- Speaker #0
Qu'est-ce qui a fait que... Alors, je m'entends toutes les difficultés. Et pourquoi votre couple... Alors, pourquoi ? Comment votre couple en apathie, comment est-ce que ça a implosé, entre guillemets, ça s'est traduit ?
- Speaker #1
Ça s'est traduit par une... On a arrêté de communiquer.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
On n'arrivait plus à communiquer. En fait, dès qu'on communiquait, ça partait dans tous les sens. Et je sais que moi, je suis quelqu'un d'assez sanguine.
- Speaker #0
Ouais, t'es quelqu'un de sanguin. Ouais, sanguin. Ouais, sanguine, du pas.
- Speaker #1
Je sais pas comment dire ça, mais en tout cas, t'es... Ouais, sympa. Voilà, sympa. Beaucoup moins. Je fais beaucoup d'efforts. Mais il y a quelques années, et c'est un trait de caractère familial, qu'on a bien hérité de mon papa. Il nous l'a bien transmis. Et du coup, ça partait... En fait, on n'arrivait pas à se parler. Et lui, mon mari, à l'inverse, c'est quelqu'un de très réservé. Dès qu'il y a quelque chose, il va plus tendance à avoir besoin de faire un pas en arrière et d'arrêter de parler. Et moi, ça m'a insupportée.
- Speaker #0
En gros, moins il en disait. Et plus ça te faisait péter les câbles. Et lui, à l'inverse, tu parlais et puis il te disait, oh là là, mais je ne supporte plus. Exactement.
- Speaker #1
Donc, ça a commencé comme ça, en fait. Quand on arrête de se parler, on est mariés, on est censés être les premières personnes avec qui on doit communiquer. Lui, je pense qu'il ne voulait plus communiquer avec moi parce qu'à chaque fois, ça partait en 6-7. Et moi, de mon côté, je me disais, parle ! Oui, limite.
- Speaker #0
Et tu te souviens comment tu te sentais ? Parce qu'aujourd'hui, tu parles d'introspection. On va peut-être parler un petit peu de charge mentale et tout. Mais tu te souviens comment tu te sentais émotionnellement ? Parce que, OK, vous ne vous parlez plus. Il ne veut plus te parler. Ça part en live, machin. Mais comment tu étais à l'intérieur ? Tu t'en souviens un petit peu ?
- Speaker #1
Il y avait un mix de tout. Il y avait, encore une fois, les émotions à gérer. J'ai essayé de tempérer et surtout j'ai essayé d'être forte, de ne pas trop laisser paraître, d'élever une autre fille correctement pour qu'elle ne le ressente pas. Parce que ça, c'est une de mes plus grosses craintes, c'est que je ne veux pas que mes enfants vivent dans les disputes et dans les cris. C'est quelque chose dans lequel, malheureusement, j'ai pu vivre aussi. Je refuse que mes filles, même si on a des différends... Il faut qu'on réussisse à se parler correctement. Et là, ce n'était pas toujours le cas. Après, ça n'a jamais débordé. On a toujours réussi à se contenir devant les enfants. Mais quand les enfants n'étaient pas là, franchement, c'était dur. Je ne trouve pas d'autres mots. C'était hyper compliqué. Sachant qu'encore une fois, on m'a élevée dans le « chut, ne dis rien » . C'est une bonne chose, parce qu'on m'a élevée comme ça, par respect en fait. Par respect pour mon mari, par respect pour ma famille. J'en parlais pas.
- Speaker #0
Ok, c'est ce que j'allais te demander.
- Speaker #1
J'en parlais pas.
- Speaker #0
Mais tu faisais semblant du coup ?
- Speaker #1
Pas semblant, parce que je ne suis pas quelqu'un de faux. C'est-à-dire que, surtout avec mes... J'ai deux amis qui sont vraiment mes sœurs de cœur. On a une relation vraiment très fusionnelle. Donc, je ne faisais pas semblant. Mais je ne me confiais pas non plus.
- Speaker #0
Ils étaient comme un mensonge par omission. C'est-à-dire qu'on n'a pas vu, pas pris, pas dit. Exactement.
- Speaker #1
Parce que je ne voulais pas... Dans le respect qu'on m'a appris, je ne voulais pas que mes amis ou que mes sœurs voient mon mari différemment. Qu'elles posent un regard différent sur lui. Et que... Et je n'avais pas envie de dire ce que je traversais.
- Speaker #0
Alors poser un regard différent sur lui, ce qui a amené à peut-être... Toi, quelle personne tu étais aussi par définition ?
- Speaker #1
Oui aussi.
- Speaker #0
Si lui, on perdait un peu de respect ou on le voyait d'une manière x ou y, ça ramenait peut-être un peu à toi de... de qui est cette personne qui sort avec ce mec en fait. Oui,
- Speaker #1
c'est vrai. Peut-être, je ne sais pas. Il y a sûrement un petit peu de ça aussi. Après, je dis ça, mais on se connaît depuis plus de 20 ans. Il y a des choses que je disais un petit peu, mais j'essayais de ne pas rentrer dans le quotidien et dans vraiment ce qui se passait. Pas dans les détails, tu ne rentrais pas dans les détails. Je ne rentrais pas dans les détails. Je leur disais que c'était compliqué.
- Speaker #0
Du coup, tu n'as pas été soutenue ou aidée dans cette période compliquée ? Parce que si tu ne demandes pas d'aide, comment ça se passe pour qu'on te soutienne ou pour qu'on t'aide ?
- Speaker #1
Comment tu le fais ? En fait, malgré ça, c'est pour ça que c'est l'importance de la sororité. Et des personnes qui m'entourent, c'est que des fois, on n'a pas besoin de tout se dire. pour avoir du soutien. Le soutien, il est quotidien. Il est juste... Justement, je traverse un truc compliqué avec mon mari. Je ne vais pas t'en parler, mais je vais leur dire, on se voit, on boit un coup, on se retrouve et tout. Et chacune, on a toutes des vécus lourds. On se connaît assez bien pour ne pas avoir besoin de se dire tout le temps les choses. Mais j'ai quand même eu... Tu as quand même eu du soutien. Oui, j'ai quand même eu ce soutien. Franchement, c'est une... C'est vraiment une chance. Mais ouais, ça a été compliqué. Après, à cette période, malgré toutes ces complications, je suis quand même tombée enceinte de la deuxième. Ça faisait un moment qu'on essayait. Avant, justement, toutes ces vagues de décès, machin et tout, on y avait pensé. Et ça, c'est quelque chose qu'après réflexion, alors aujourd'hui... Ma deuxième, c'est les deux enfants. Deux filles. Leur papa, c'est le héros le plus beau. Les vraies filles à papa. Et lui, pareil. Mais à cette période, il me l'a dit qu'il ne voulait pas. Qu'il n'était pas prêt. Qu'il ne voulait pas de deuxième enfant. Qu'il ne se sentait pas financièrement. C'était compliqué. Il commençait tout juste. Les langues commençaient à se délier avec la santé mentale. Ils commençaient tout juste à évoquer, à exprimer sa santé mentale, qu'ils sentaient fragiles. Et en fait, je n'ai pas écouté. Moi, je voulais un deuxième enfant.
- Speaker #0
Bravo !
- Speaker #1
C'est horrible à dire. Ce n'est pas bien. Moi, je voulais un deuxième enfant. Ça a mis du temps. Moi, je suis croyante. C'est arrivé au moment où ça devait arriver. Ça a permis, je pense que si je n'étais pas tombée enceinte, je pense que j'aurais pu perdre ma famille. J'aurais pu perdre mon mari.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Clairement.
- Speaker #0
Dis-moi en plus, à ce niveau-là, pourquoi ?
- Speaker #1
Parce que lui, on traversait tout ça. Moi, avec ma colère très virulente. Et lui, en fait, il s'est refermé sur lui-même. Et en fait, ça... Sa santé mentale, elle s'est vraiment dégradée. Je me permets d'en parler, il le sait, parce que lui-même communique beaucoup. Il a fait une dépression, qu'il a emmenée dans un trou. Il est tombé au fond du trou. Il est tombé au fond du trou et je pense qu'il a eu des pensées suicidaires.
- Speaker #0
Il ne t'a pas emmenée avec lui ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Comment ça se fait ?
- Speaker #1
Parce que je ne l'ai pas vue.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Je ne l'ai pas vue.
- Speaker #0
Tu ne voulais pas le voir ou tu ne l'as pas vue ?
- Speaker #1
Je ne l'ai pas vue.
- Speaker #0
D'accord. Donc vraiment, pour toi, c'était... Il ne veut pas parler, je le laisse dans son coin. Vraiment, tu n'avais pas notion que lui, il était en train de se perdre,
- Speaker #1
d'aller mal. Ça n'allait pas. Oui, ça n'allait pas entre vous. Voilà, exactement. Ça n'allait pas entre nous, mais je ne le disais pas.
- Speaker #0
Mais vous avez des identités... Voilà. différente et unique aussi. Pour toi, c'était juste le couple qui n'allait pas.
- Speaker #1
Et en fait, justement, par rapport à mon éducation et par rapport à comment j'ai été élevée, je me disais, mais il n'a pas de raison, en fait, d'être dans cet état. Il doit aller bien. J'étais vraiment dans le focus là-dessus. C'est bon, on a un enfant. On a déjà la grande qui avait trois ans, je pense, de la deuxième. Il n'a aucune raison. Oui,
- Speaker #0
c'est quoi son problème ?
- Speaker #1
Et donc, je n'ai pas vu. Je n'ai pas vu et ça aurait pu avoir des conséquences beaucoup plus dramatiques. Mais je pense que si je n'étais pas tombée enceinte, j'aurais peut-être perdu mon mari et perdu ma famille.
- Speaker #0
Ok. Donc, on a eu des ennuis financiers. Il y a eu cette période de décès qui a fait que tu étais dans une situation émotionnelle compliquée.
- Speaker #1
Et juste, je reviens sur le décès de ma belle-sœur, qui est partie comme ça. Et en fin de compte, je pense que j'ai eu un choc. J'ai vraiment eu un choc émotionnel de la voir, parce que malheureusement, je l'ai vue comme ça. Et je sais ce qu'elle, elle a traversé en tant que femme et en tant que maman. Elle a laissé trois enfants, trois jeunes enfants. Et je voyais ces enfants et je me disais, en fin de compte, il est hors de question que je me laisse mourir. En fait, dans ma tête, c'était, elle s'est laissée mourir à cause d'un homme. Et je me disais, et je lui disais en plus à mon mari, ce décès-là, ça a été, mais c'est toujours le cas, ça a été un déclic en me disant, en fait, justement, tu me disais, je lui disais, tu ne m'emmèneras pas avec toi.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Parce que je voyais, en fait... Oui,
- Speaker #0
c'est-à-dire, moi, je vais tenir. Je vais être forte.
- Speaker #1
Et tu ne m'emmèneras pas avec toi. Sauf qu'une personne, je suis sa femme, quelqu'un qui traverse des difficultés. elle te dit, en gros, tu vas tomber tout seule. Ça donne une prison. Oui,
- Speaker #0
le mariage, c'est le meilleur et le pire. Exactement.
- Speaker #1
Aujourd'hui, je me rends compte à quel point j'ai été dure. C'est pour ça que je te dis l'introspection. Je me demande, aujourd'hui, je sais pourquoi j'ai été aussi dure. Après, ça a vraiment été un choc, le décès de ma belle-sœur. Oui,
- Speaker #0
surtout que ça a été fulgurant.
- Speaker #1
Fulgurant,
- Speaker #0
oui.
- Speaker #1
Et ça a été...
- Speaker #0
Donc c'est ça qui t'a allumée...
- Speaker #1
Deux jours avant son décès, deux ou trois jours, la semaine où elle est décédée, elle m'écrivait des messages comme si de rien n'était.
- Speaker #0
En fait,
- Speaker #1
elle voulait vivre. Et elle pensait... Enfin, je ne sais pas... Oui,
- Speaker #0
elle pensait sans trop...
- Speaker #1
Elle ne voulait pas accepter qu'elle était munie.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et en fait, tout le monde a été sous le choc. Sauf les personnes qui l'ont vue quelques jours avant. Mais moi, je ne l'ai pas vue. Mais vraiment, elle m'a écrit. Oui, oui, on se voit la semaine prochaine avec les enfants et tout. Et vraiment, trois jours après.
- Speaker #0
Elle était partie.
- Speaker #1
Je me suis dit, mais qu'est-ce qui... Et je suis arrivée à l'hôpital, je l'ai vue. Elle avait 40 ans. Et j'ai vu ses enfants. Et je me suis dit, mais non. En fait, tu ne peux pas te laisser mourir pour un homme. Et en fait, ça...
- Speaker #0
Mais elle était malade. Pourquoi tu ramènes ça à un homme, en fait ?
- Speaker #1
Parce qu'elle s'est rendue... Pour moi, les maladies, le cancer, après, je ne veux pas rentrer dans les détails. Oui,
- Speaker #0
oui.
- Speaker #1
C'est compliqué. Mais je pense que ça a été compliqué pour elle. Ça a été très difficile. Et les maladies, le cancer, pour moi, toutes les maladies, elles sont là, elles sont latentes. Et quand tu as des choses qui ne vont pas, elles sont... Quand il y a un trop gros déséquilibre. Oui.
- Speaker #0
Et tu penses que sa vie amoureuse a contribué à la rendre malade, entre guillemets, si je peux me permettre. Oui. On prend des pincettes parce qu'on ne ne s'y va pas. On n'est pas médecin. Il n'y a pas de... J'entends ce que tu dis, en tout cas. Donc, pour toi, pour ta vie, tu ne voulais pas ça.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui a, du coup, réenclenché le fait que tu te dises mon mari a un souci, je ne veux pas le perdre. Je veux avoir ce deuxième enfant, je vais faire une introspection. Est-ce que c'est la perte de ta nièce, de ta belle-sœur, qui a déclenché ça ou est-ce qu'il y a eu autre chose ? Là, on en est à je suis enceinte, je ne veux pas tomber avec lui, mais à un moment donné, tu te rends compte que tu ne peux pas le laisser, peut-être que tu l'aimes, tu as ton deuxième bébé. Comment ça repart ? C'est quoi les ressources concrètes pour que ça reparte ? Comment tu fais ?
- Speaker #1
En fait, il en parle.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Il m'a dit qu'il avait eu des pensées suicidaires.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et en fait, il en a parlé sur les réseaux. Donc ça, ça a été un premier choc pour moi et pour notamment, je pense, à sa petite sœur qui est arrivée à la maison en larmes parce qu'elle a compris que son frère... Tout le monde voyait qu'il n'était pas bien, mais... Franchement, personne ne pensait que c'était à ce point.
- Speaker #0
Donc ça a été un premier choc. Et après, je ne vais pas rentrer dans les détails. Oui, non, ne rentre pas trop dans les détails.
- Speaker #1
Tu ne vas pas vers où tu veux aller. Mais surtout, parlons de toi. Ça, j'entends.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Toi. Donc il y a sa sœur qui arrive, qui n'est pas bien. Tu te rends compte, je pense.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Toi, qu'est-ce que ça déclenche chez toi ? Qu'est-ce que ça génère chez toi ?
- Speaker #0
Ça génère de la honte.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
J'ai eu honte parce que je me suis dit... On est en train de traverser ça et je ne l'ai pas vu. C'est là où je me suis rendue compte que je n'ai rien vu et que j'aurais pu tout perdre. Je me suis dit, même si c'est sa personne, c'est lui qui a aussi ses propres difficultés, c'est son chemin. Mais moi, qu'est-ce que j'ai raté ? J'ai eu ce sentiment de honte. Après passer ça, il y a eu, comment évoquer cette période ? Il y a eu une tierce personne de qui mon mari s'est rapproché. Et j'ai su ce qui s'était passé. Et en fait, je me suis dit, ok, ça veut vraiment dire que j'ai raté quelque chose.
- Speaker #1
Tu t'es vraiment éloignée.
- Speaker #0
Je me suis vraiment éloignée.
- Speaker #1
clairement c'est ça vous êtes déconnectée,
- Speaker #0
vous êtes deux entités dans la maison exactement mais il ne se passe rien enfin vous êtes on s'était perdu je me suis perdue aussi du coup là j'ai commencé à me renseigner sur la santé mentale qu'est-ce que j'ai fait ? qu'est-ce que j'ai pas fait ? qu'est-ce que c'est que la dépression ? pour moi Je ne vais pas dire le terme, mais ce n'est pas dans notre culture. Clairement. Ça n'existe pas. Tu es croyant,
- Speaker #1
tu crois en Dieu,
- Speaker #0
va prier. Tu n'es pas croyant, ce n'est pas grave. Ausha à ta famille, tes enfants, ta part. Et en fait, non, je me suis renseignée. Et c'est une maladie. C'est une maladie.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Une maladie mentale comme une autre. Moi, je n'ai pas eu... Je n'ai pas ce sentiment que j'ai... j'étais en dépression mais du coup ça m'a permis parce que dans l'article que j'ai lu c'était comment on accompagne quelqu'un qui est dépressif et comment moi je dois m'armer pour être avec cette personne et comment ne pas tomber aussi bien sûr et du coup suite à tout ça je lui ai on s'est mis en fait un ultimatum Je lui ai dit, tu traverses ça, ok. Moi, je ne suis pas psy. Je ne suis pas thérapeute. À un moment, on va consulter. On va aller en thérapie. On va aller en thérapie individuelle pour comprendre ce qui s'est passé. Moi, je vais y aller. Parce que je sais que malheureusement, tout n'est pas... Je ne vais pas me... Comment on appelle ça ? Toto flageller. Toto flageller, pas du tout. Tout n'est pas de ma faute, de mon fait, machin. Mais j'ai aussi une part de responsabilité. Bien sûr. C'est mon mari. Moi, je vais aller consulter. Mais toi, tu vas te soigner. Parce que c'est une maladie, en fait. Une maladie, ça se soigne. Tu vas te prendre soin de toi. Et tu vas faire en sorte qu'on aille mieux. Ensemble, on va... Moi, j'ai commencé une thérapie de mon côté. Il a commencé une thérapie de son côté. Et ensuite, on a fait une thérapie de couple.
- Speaker #1
Wow.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Wow. Non, mais quand on n'arrive pas... C'est un peu stigmatisant de dire, mais c'est la réalité. Chez nous, les Africains... La thérapie, la dépression, ce n'est pas des choses qu'on connaît, qu'on nous a apprises. Donc, c'est beau de voir qu'on a un couple d'origine africaine, parce que ton mari est africain aussi, et de se dire, bébé, on y va, on essaye de faire quelque chose, on va se soigner. On va se soigner. Ça, c'est incroyable. On va se soigner la tête.
- Speaker #0
Oui, exactement. Parce que ce n'est pas possible. On ne peut pas traverser. Ça a été long. Oui, bien sûr. Quand tu parles de Covid, de grossesse, d'accoucher. D'ailleurs, je pense que j'ai accouché de ma vie. C'était d'abord vivre de tout ça. Ma belle-sœur est décédée en janvier et je suis tombée enceinte en février. J'ai porté cette grossesse entre-temps en juillet. On a perdu un cousin qui a été assassiné. Ensuite, il y a eu vraiment, il y a eu... Que des entraînements. Oui, oui. Ça ne s'est pas arrêté. Et franchement, c'est pour ça que je pense que ma fille a un caractère de malade. Parce que j'ai vécu cette grossesse avec le poids. de tout ça. Le poids de purée, j'ai failli perdre mon mari, j'ai failli perdre ma famille, j'ai mes machins qui traversent ça. Et dans tout ça, on dit rien. Parce que tout ce qu'on a traversé, cette période, cette tierce personne, j'en ai parlé à personne. Je rectifie, j'en ai parlé à une personne. J'ai une personne de confiance qui est ma tante. Encore une femme. Je ne suis plus entourée que de femmes incroyables. Et j'ai cette personne qui vit au Cameroun, mais qui est ma marraine. Parce que quand on se marie, on choisit une personne qui est la marraine de notre couple. Et c'est cette personne en qui j'ai une confiance aveugle, absolue vraiment. Elle se fait reconnaître à Mylène. Je savais que c'était une personne qui allait me réconforter. qui allait avoir les bons mots. Elle a eu les bons mots. Elle est douce, elle est vraiment hyper bienveillante. Elle est mariée depuis 30 ans avec un couple que j'adore. C'est facile aussi.
- Speaker #1
Bien sûr. Oui, mais on sent qu'il y a de l'amour.
- Speaker #0
La bienveillance. Et le mieux dans tout ça, c'est qu'elle est discrète. C'est quelqu'un à qui, elle sait, on a cette relation. J'ai besoin de lui.
- Speaker #1
Quand je dis quelque chose, c'est une tombe. On peut se permettre.
- Speaker #0
Vraiment. parce qu'elle le sait entre nous on a ce rapport là je lui ai parlé parce qu'il fallait quand même que je me disais bien sûr à un moment donné je ne pouvais pas je ne pouvais pas en fait quand je sentais mon bébé je me disais non j'ai besoin il fallait qu'on le forme en n'importe quoi c'était déjà n'importe quoi franchement c'était n'importe quoi du coup j'ai eu quand même cette personne à qui j'ai pu parler ensuite voilà donc comme je te disais j'ai accouché Merci. Et là, on s'est pris en main. Et là, en fait, on a suivi... On a eu un premier thérapeute. Je ne vais pas te mentir, c'était pas... Je pense qu'il faut trouver la bonne personne. Il était un peu détaché.
- Speaker #1
Pas intéressé. Tu ne le sentais pas intéressé.
- Speaker #0
Non, moi, il m'a dit...
- Speaker #1
Non, mais vous, vous allez très bien. C'était peut-être une petite épreuve.
- Speaker #0
Non, c'est faux. Non, c'est faux. Je ne peux pas avoir des réactions comme j'ai eues. Je ne peux pas avoir des réactions aussi violentes, des mots aussi durs et me dire non, tout va bien. Arrête, creuse. Moi, je viens pour que tu creuses. Ce n'est pas grave. Mon mari, pareil, il l'a vu plusieurs fois. On l'a vu ensemble. Il nous a quand même donné des petites clés pour communiquer. Et après, vive les réseaux. Je ne suis pas très réseau sociaux, vraiment. Mais il y a quand même du bon et du mauvais. Mais il y a énormément de bon. Parce qu'on a trouvé plein de vidéos, des exercices. On s'est mis des défis pour se retrouver.
- Speaker #1
Vous vous êtes challengée. Vous aviez vraiment envie de sauver votre couple. Oui,
- Speaker #0
vraiment.
- Speaker #1
On sent vraiment que vous ne vouliez pas, malgré cette perte, vous ne vouliez pas vous lâcher. On le sent en tout cas. Peut-être qu'il y a eu des périodes. Bien sûr.
- Speaker #0
Aujourd'hui, avec le recul, on se prend compte que non, en fait, on voulait vraiment. Mais sur le coup, c'était... Je ne sais pas, on le fait, mais franchement, ça a été long.
- Speaker #1
Ça a été long et dur.
- Speaker #0
En même temps, c'est normal parce qu'on s'est connus jeunes, 21, 22 ans. Et on était tellement différents des personnes qu'on est aujourd'hui. En fait, on a évolué. d'une certaine manière. Et c'est normal, en fait, qu'on se perde en route.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Mais sur le coup, franchement, lui, il va peut-être le dire autrement, mais moi, je me suis posé la question. Je me disais, qu'est-ce que je fais ?
- Speaker #1
Est-ce que c'est vraiment la bonne personne ? Ou est-ce que j'ai vraiment envie de cette vie ?
- Speaker #0
Est-ce que j'ai vraiment envie de cette vie ? Parce qu'en grandissant dans un foyer comme le mien, Avec un papa très dur, une maman remplie d'amour, mais qui a subi, qui a vécu beaucoup de choses. En grandissant comme ça, en voyant mes sœurs aussi, parce que mes sœurs sont sur mariage, c'est jeune, elles ont eu des enfants jeunes. Elles ont vécu franchement des choses aussi difficiles. Moi, je me disais non, je ne veux pas. Justement, pareil par rapport à ma belle-sœur, je me disais mais non, je ne vais pas rester dans un schéma où je ne suis pas bien parce que j'ai des enfants. Je sais que c'est peut-être plus facile à dire qu'à faire, mais je me disais, non, je ne vais pas rester, je partirai.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
c'est ce que je me disais. Si ça ne va pas, je partirai. Oui,
- Speaker #1
je ne vais pas rester dans un truc où je ne suis pas heureuse, où je ne me conviens pas. Je pense que le pas,
- Speaker #0
il n'y en a pas beaucoup qui le font. Il y a beaucoup qui restent, surtout quand on a des enfants, une maison, le poids à la famille. Après, le poids familial, on ne l'a pas parce qu'il y a tellement de parcours dans ma famille que même si j'ai vécu dans une culture très traditionnelle, franchement, mes parents, les pauvres, parce que les traditions, on est peu à les avoir respectées quand ils l'auraient voulu. Oui, oui. Donc, il n'y aurait pas eu de jugement.
- Speaker #1
Ce n'est pas le poids des traditions, mais c'était même toi-même de dire... Je suis mariée, j'ai une maison, j'ai des enfants, je veux essayer de préserver ça. Ou pas. Ou pas, sur le coup. Je veux dire, en tout cas, c'est toi qui choisissais.
- Speaker #0
Oui, je me disais, vraiment, je me suis posé la question. Et après, oui, avec le recul, je me rends compte qu'on a fait ce qu'il fallait pour se retrouver. Ça a été très long. On a eu ce premier thérapeute. Pas ouf, pas top. Et en fait, je ne sais plus comment il a rencontré cette personne. Alors, je n'ai plus le terme parce que ce n'est pas une thérapeute classique. Elle fait de la numérologie. Ça s'appelle numérologie métamorphose. En fait, elle trace ta généalogie et le poids de tes ancêtres. Il y a plein de choses qu'elle retrace. Et donc, lui, il a rencontré cette personne. Il a fait une séance d'une après-midi avec cette personne. Et il est rentré. Moi, je suis beaucoup sur les énergies. Pendant qu'il était en dépression et tout, c'est vrai que l'énergie, elle était sombre. Oui, bien sûr. Franchement, elle n'était pas... C'est normal. Et franchement, il est rentré de cet après-midi avec cette personne.
- Speaker #1
Il était...
- Speaker #0
Transformé.
- Speaker #1
À radieux.
- Speaker #0
Exactement. Il avait... Il avait retrouvé...
- Speaker #1
Il avait lâché un poids, peut-être. Oui, exactement.
- Speaker #0
Et donc, il me parle de cette personne et tout. Je suis pas trop convaincue. Enfin, parce que je ne connaissais pas. Il me dit, vas-y, franchement, va la voir. juste vas-y ça coûte rien ça m'a coûté une première séance mais un premier échange par téléphone et une séance qui devait durer 2h et qui a duré une après-midi entière de 13h à 20h et franchement ça a été une expérience différente c'était lourd parce que je venais de perdre mon père Ça faisait moins d'un an que j'avais perdu mon père. On a reparlé de plein de choses. Je ne me rendais même pas compte des trucs qui étaient lourds. En fait, elle m'a dit, je suis arrivée, j'étais lourde. Tout comme je pense quand mon mari... Bien sûr, bien sûr. Et elle me l'a dit. Elle m'a dit, pareil, elle est dans les énergies et tout. Elle me dit, je sens tout le poids, non seulement ton poids. Mais le poids de ta mère, le poids de tes soeurs, de tes amis, tu as un poids. Et on a passé vraiment un échange qui m'a libérée. Malheureusement, on n'a pas pu. Normalement, il était prévu qu'on poursuive avec elle, mais financièrement, c'était un peu trop lourd. On n'a pas pu, mais rien qu'en une séance, parce qu'elle fait aussi des drainages énergétiques. Après, on y croit ou on n'y croit pas. Bien sûr.
- Speaker #1
C'est aussi le cœur de dire maman, c'est-à-dire que les mamans nous partagent leurs outils à elles, ce qu'elles ont utilisé elles pour sortir d'une situation compliquée, même si ce n'est pas que ça, mais il y a plein d'autres choses. Et je pense que ce n'est même pas une question d'âge, mais des fois il y a des moments dans la vie où on va plus prêter attention aux énergies. D'autres fois ça va être à la prière, d'autres fois ça va être très cartésien en se disant Bon, maintenant, il faut que je retrouve un job, que je gagne de l'argent. Tu vois, des choses comme ça. Donc, chacun son parcours. Et merci beaucoup de partager ça. C'est génial. Qu'est-ce qui a changé en toi depuis cette période en tant que femme et en tant que maman ?
- Speaker #0
En tant que femme, après avoir traversé tout ça, c'est derrière nous, mais on le porte. En tant que femme... J'essaye vraiment de faire attention à ma santé mentale d'abord, à continuer de faire attention à mon interaction avec les autres, parce que ça a été le cas avec mon mari, mais on ne me l'a pas dit une fois seulement que des fois je pouvais être dure dans mes réactions, dans mes mots, dans mes... Je ne pense pas être dans le jugement, mais...
- Speaker #1
Tu peux être très cash.
- Speaker #0
Voilà. Un peu trop. Maintenant, j'essaye de plus en plus de peut-être trouver le moment pour dire les choses. Après, j'ai trouvé une autre thérapeute qui m'a dit qu'on n'est pas responsable.
- Speaker #1
Comment les autres prennent les choses. Mais bien sûr. Mais on est responsable de ce qu'on dit, de comment on le dit, à quel moment on le dit. Et donc toi, tu as choisi, plutôt que de modifier ce que tu as à dire, choisir les moments.
- Speaker #0
Les moments, ou bien aussi apprendre à me taire. Parce que c'est pas... En fait, avant tout ça, je me disais « Ah, moi je suis pas hypocrite, si j'ai besoin de te dire un truc, je te le dis. » Ouais, ok. Mais des fois,
- Speaker #1
toute vérité n'est pas rien à dire.
- Speaker #0
Parce que des fois, ça ne va rien changer. Moi, ça va faire plus de mal qu'autre chose. Donc des fois, juste, avale, ce n'est pas grave. On en parlera peut-être un autre jour. Il y a des moments où la personne en face, elle n'a pas envie. On l'a vécu avec une de mes amies, mon amie, ma soeur de cœur, où on a des caractères assez forts, toutes les deux. Et en fait, on a compris, je pense, toutes les deux, qu'il y a des moments, quand on se parle, on a juste besoin que l'autre, elle écoute. On n'a pas besoin que... Parfois, je vais t'appeler, je vais te dire, j'ai besoin d'un conseil et tout. Mais des fois, tu n'as pas besoin d'entendre la messe.
- Speaker #1
Tu as juste besoin de vider ton sac et d'avoir une oreille, des oreilles attentives.
- Speaker #0
Juste écoute-moi. Là, j'ai besoin juste de me décharger. Des fois, je vais avoir besoin de me dire, vas-y, secoue-moi. Et je pense que c'est ce que j'essaie de faire aujourd'hui, en tant que femme. aussi, la période que je traverse actuellement avec ma maladie, me permet de me retrouver en tant que personne, de faire des choses que j'aime du théâtre. Par exemple ?
- Speaker #1
Génial. Ça te plaît ?
- Speaker #0
Le théâtre, oui, ça me plaît. Ça change complètement. Ça me sort de ma zone de confort. Ça me permet de prendre confiance en moi, à mon image. J'ai un problème avec ça.
- Speaker #1
Tu nous l'as dit en début d'interview, mais je te trouve parfaite.
- Speaker #0
Merci beaucoup. Ce qui est marrant, c'est que souvent, on me dit, on ne dirait pas.
- Speaker #1
Ben oui.
- Speaker #0
Mais vraiment. J'ai vraiment, en photo, vidéo, franchement, j'ai un gros problème. Et en fait, quand on est au théâtre, déjà, je suis avec des personnes que je ne connais pas. Bon, là, ça fait deux mois que j'y suis et on commence à tout juste à se connaître. Mais en fait, on fait des impros, on fait des choses, mais improbables.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et on est obligés, et je suis sur scène, on est obligés de faire des choses un peu...
- Speaker #1
Jamais cultes ? Oui, oui, mais en fait,
- Speaker #0
on ne doit pas...
- Speaker #1
C'est ce que tu dis, sortir de ta zone de confort.
- Speaker #0
Je sors de ma zone de confort et je fais des choses, j'ai le chant aussi, parce que la musique a une place hyper importante dans ma guérison et dans mon deuil. de mon papa, qui était musicien et qui avait aussi ce rapport avec la musique et avec qui j'ai eu ce rapport particulier avec la musique dans sa fin de vie. Et du coup, c'est hyper important pour moi et c'est vraiment une thérapie pour moi, la musique. Donc, une fois par mois, je vais chanter dans un bar. Ça me vide beaucoup.
- Speaker #1
Ça te prend beaucoup d'énergie.
- Speaker #0
énormément d'énergie. J'y étais jeudi dernier. Vendredi, j'étais rincée. Vidée. Sur le coup, je me suis dit, attends, j'ai rien fait. Et en fait, j'ai réfléchi. Déjà, tu montes sur scène avec que des inconnus. Là, il y avait ma belle-sœur et mon beau-frère qui sont venus. Mais ça demande beaucoup de lâcher prise. Parce que justement, je... C'est pas parfait. Je suis pas chanteuse. Là, j'ai fait un cours de chant avec une vraie prof de chant. C'était la première fois de ma vie. Et en fait, avant, par exemple, mes sœurs, elles m'ont jamais vue chanter. Mes amies de chœur, il y en a qu'une qui est venue. Mais avant ça, elles savaient que j'aimais bien chanter parce que je les saoule tout le temps. Mais je pense qu'elles...
- Speaker #1
Elles t'imaginaient pas ? peut-être franchir le pas ou aller au-delà de...
- Speaker #0
Et je pense que personne ne sait le bien que ça me fait.
- Speaker #1
Oh là là !
- Speaker #0
Vraiment. C'est magique. Ouais, c'est vraiment magique. Le mois dernier, j'étais avec une de mes cousines et elle m'a dit « Oh là là, tu te transformes ! » Tu es beau ! Ça se voit. Mais franchement, c'est le pouvoir de la musique. Là, le jeudi, je parlais avec un monsieur. En fait, c'est vraiment des personnes, des musiciens. et donc le monsieur il fait du saxophone et lui aussi il a ce rapport il a une famille de musiciens et il me dit mais sans ça on se serait jamais parlé J'ai des discussions avec des personnes, je joue avec des messieurs. Le batteur, il avait une soixantaine d'années, mais il était transformé sur scène. Il a fait un solo de batterie, mais franchement, un truc de malade.
- Speaker #1
Incroyable.
- Speaker #0
La musique a un pouvoir de guérison sur plein de gens. Et moi particulièrement, par rapport au rapport compliqué que j'ai eu toute ma vie avec mon papa. à cette fin. toute petite période où il partait.
- Speaker #1
Où il partait et justement où vous vous êtes retrouvés. Par la musique. Grâce à la musique.
- Speaker #0
Où il n'arrivait plus à parler vers la fin, mais dans le regard et dans les derniers moments, ces derniers moments de lucidité, on va dire, c'est quand j'ai chanté pour lui et qu'il s'est levé, alors qu'il ne se levait plus depuis. Et qu'il a fait, il jouait du piano. Et qu'il a commencé à faire le geste du piano, à taper du pied, à se lever, à danser. Au Cameroun, ce jour-là, j'ai dit mais... C'est incroyable.
- Speaker #1
Incroyable.
- Speaker #0
C'était incroyable.
- Speaker #1
Bravo. Et en tant que maman, qu'est-ce qui a changé ? Peut-être ou pas ?
- Speaker #0
Je ne sais pas.
- Speaker #1
Voilà. Peut-être, tu ne peux me dire rien, mais est-ce que tu sens une transformation en tant que maman, après tout ce que tu as vécu ou après tout ce que tu vis, au moment M, on se parle ?
- Speaker #0
Ma fille... Ma grande, elle va avoir 8 ans, elle commence à parler. Elle parle beaucoup, elle est très sensible. Et elle me fait aussi comprendre que parfois je suis un petit peu dure, encore. Et mon mari aussi me trouve un peu dure. Je pense qu'encore une fois, j'ai hérité. Il y a des fois où je ne me rends même pas compte. Et je pense que c'est nos enfants qui nous éduquent. Donc je n'ai pas fini d'évoluer en tant que maman. Cette période qu'on a traversée avec mon mari, ça m'a permis de me dire je veux leur montrer déjà un couple uni. Parce que même si les enfants ressentent beaucoup les choses, je pense qu'ils ne sont pas bêtes. Je pense que même si aujourd'hui elles disaient dès qu'elles nous voient nous rapprocher, on fait des bisous, on fait des câlins. Exactement, elles se mettent entre nous. Maman, Chani, viens vite, ils sont en train de se faire un câlin. Mais je pense que c'est important de le voir.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Parce que moi,
- Speaker #1
je l'ai plus. C'est le fruit de votre amour. C'est les fruits de vous. Donc, s'il n'y avait pas de vous, il n'y aurait pas d'elle. Et on leur dit à chaque fois, on dit, non, mais avant que vous soyez là, on était... Avant, c'était pas la lundi, en fait,
- Speaker #0
les gars. Ma deuxième, mon mari m'a dit hier que ma deuxième fille lui a offert une bague. Genre une alliance.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
En mode, c'était à moi. Elles ont moins ce rapport de, oui, c'est mon papa maintenant. Avant, quand je disais, c'est mon amoureux. Elles ne supportaient pas. Et je pense qu'on essaie de leur... Naturellement, on va pas pour plus. Mais en fin de compte, si je devais faire quelque chose en tant que maman, ce que j'aimerais leur transmettre...
- Speaker #1
Ah ben, on y vient. On y vient. On y vient. Est-ce que tu réalises à quel point, même si ce n'est pas terminé, à quel point tu reviens de loin, ou en tout cas, toutes ces émotions, est-ce que tu réalises ? Le parcours, le chemin traversé ?
- Speaker #0
On l'a réalisé là, parce qu'on a fêté nos dix ans de mariage. Et qu'on a fêté. Oui, vraiment. On a fait une grande fête. Ce n'était pas tout à fait prévu, mais finalement, on s'est dit que c'était super important. Et on s'est super bien fait de le faire. Et en fin de compte, on a monté... Enfin, il est très artistique.
- Speaker #1
Tu m'en parlais tout à l'heure.
- Speaker #0
Il a monté un panneau photo. Avec justement une rétrospective de nos... Ça fait 15 ans qu'on est ensemble. De nos 15 ans. Avec des photos, des moments et tout. Et en fait, de le voir visuellement, de voir comment on était échec et mince. C'est là où je me rends compte de tout ce qu'on aurait pu perdre. C'est très bien d'avoir dit ça. C'est génial. Quand on a... Même dans nos discours et tout, ça a été compliqué d'écrire nos discours. C'est là qu'on a réalisé, je pense, qu'on aurait pu tout perdre. Mais après, je me... Je ne me sens pas non plus... Je ne sais pas. Moi, c'est ma vision. Je n'ai pas l'impression, par rapport à toutes les dire-mamas que tu as interviewées, je ne me sens pas exceptionnelle.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Vraiment. Si notre parcours, il peut toucher quelqu'un...
- Speaker #1
On en vient. Tu mets une pause.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
En fait, on a tous des parcours uniques, Anne-Christelle, et chaque parcours... peut aider une maman qui peut être dans une situation ou pas dans cette situation une maman qui va se dire j'en ai marre de mon couple peut-être, voilà, j'arrête, je jette les ponts, je n'en peux plus. Et peut-être qu'elle va t'entendre et qu'elle va se dire, ah ben, j'ai pas pensé à la thérapie, j'ai pas pensé à ceci, peut-être pour essayer de trouver... Il n'y a pas de... Les parcours, toi tu penses qu'il n'est pas exceptionnel, moi je pense qu'il l'est, mais surtout il est unique, parce que c'est toi qui l'as vécu, tu l'as vécu avec ton éducation, avec tes moyens que t'avais, avec... Donc... Ton parcours est unique et moi je suis certaine qu'il va aider au moins une maman. C'est le cas pour Dieu. C'est le plus important. Qu'est-ce que tu voudrais dire à tes filles si elles tombaient sur le podcast demain ou après-demain ? Tu peux leur dire quelque chose ici ?
- Speaker #0
C'est bizarre parce qu'elles sont petites mais on ne sait jamais. On ne sait jamais. Si je devais transmettre quelque chose à mes filles, c'est qu'il est important de... De savoir qui on est, parce qu'avant d'être une maman, avant d'être une épouse, avant d'être une sœur, il faut comprendre qui on est, avec justement tout ce qu'on nous a transmis, c'est vrai, par notre éducation. Mais se chercher, en fait, se dire, voilà, j'ai eu ça, j'ai ce bagage-là, qui m'a été transmis par mes parents, par mes ancêtres, peu importe à quoi on croit. Mais trouvez-vous. Et ensuite, trouvez la personne qui, ou pas, qui va vous accompagner, qui va faire que vous allez vous compléter. Mais d'abord, c'est hyper important, je pense, d'être bien, seule, et de se soigner. Et de soigner ses blessures, de soigner... Parce que des fois, on... Quand on est dedans, on ne se rend pas compte que c'est des blessures. On ne se rend pas compte qu'une situation va nous ramener à une situation qu'on a vécue quand on était petit. Alors, étant la maman, j'espère que je ne vais pas transmettre des blessures comme j'ai pu moi en avoir. Mais sans aucun jugement à ma maman n'est rien qui est une maman exceptionnelle. Je profite. Je suis une humaine. qui a eu des difficultés et qui s'est toujours battue pour nous. Mais voilà, c'est vraiment, pour moi, en tout cas aujourd'hui, je me rends compte comment il est important de se soigner, de trouver ce qui ne va pas pour aller mieux.
- Speaker #1
Et voilà les filles, un message de maman. Alors, qu'est-ce que tu voudrais dire peut-être à la maman qui nous écoute, aux mamans qui nous écoutent et qu'est-ce que tu voudrais transmettre très rapidement en deux, trois mots ? aux mamans qui nous écoutent ?
- Speaker #0
Je pense que des fois, je pense que je suis un peu sévère avec moi, peut-être en tant que maman. Peut-être qu'on l'est toutes un petit peu. On veut toujours faire mieux. On veut toujours faire plus. On essaie toujours de faire mieux et plus, mais il est important pour moi de savoir qu'on est tous humains. On fait des erreurs. On fait tous des erreurs. On en a fait. On en fera peut-être encore. Mais encore une fois, c'est le même message que j'aurais à mes filles. Juste, si on a cette possibilité de se soigner et juste de faire attention à soi, ça va réjaillir sur tous les aspects de nos vies. En tant que maman, une maman, quand elle n'est pas bien...
- Speaker #1
Ces enfants ne sont pas bien,
- Speaker #0
le couple ne va pas bien. Je sais que tu as interviewé beaucoup de mamans en solo, qui sont pour moi des queens, vraiment. Parce que tout repose sur leurs épaules. Et je pense que ces femmes-là, vraiment, soyant entourées de toute la bienveillance possible, l'entourage est hyper important. Et surtout, aussi, de se détacher des personnes qui tirent un peu vers le bas. Ça, c'est un travail aussi à faire, parfois. Pour aller mieux, il faut aussi se détacher. Et les lester. Surtout, moi, je suis entourée de femmes sensibles, hyper sensibles, hyper connectées, machin. Des fois, on a du mal à se dire, ouais, mais en fait, ça, c'est trop lourd pour moi. Moi, je suis en train de faire ce travail-là avec ma maladie et tout. Là, je me dis non, en fait, j'y arrive pas émotionnellement, mentalement. Ça me pèse trop. Donc, des fois, je pense qu'il faut accepter que juste là, aujourd'hui, pendant une semaine, deux semaines, je prends juste du temps pour moi. Je ne vais pas peut-être répondre au téléphone ou je ne vais pas écrire parce que je me concentre sur ma guérison, sur la santé mentale et physique. Bien sûr. Pour le coup, là, c'est les deux.
- Speaker #1
Super. Merci Anne-Christelle. J'ai tendance à vouloir t'appeler Christelle. Tu peux aussi. Merci Anne-Christelle. Merci beaucoup pour ton... Ah là là !
- Speaker #0
Je ne sais pas plus. Les gens qui me connaissent, ils savent que je suis hyper émotive. Franchement, j'ai fait un effort. Je suis trop fière de moi. Il n'y a pas une lampe qui a coulé. Je suis trop fière de moi. Non,
- Speaker #1
je ne vais pas te le dire. En tout cas, vraiment... Il n'y a pas d'autre mot que merci d'accepter d'être venue, de parler de santé mentale, de parler de ton couple que tu es en train de sauver. En tout cas, d'avoir mis les projecteurs sur ça. Parce que comme tu dis, oui, j'interview des mamans en solo, mais ce n'est pas que. C'est dire mama et en fait, on est mama solo, on est mama en couple, on est mama tout simplement. malade, pas malade, en pleine forme. Donc merci pour ton énergie.
- Speaker #0
Merci à toi.
- Speaker #1
Merci pour ta sincérité, ta sensibilité. T'es toute mignonne quand tu parles.
- Speaker #0
Merci beaucoup. Merci à toi.
- Speaker #1
Cher Dirmama, j'espère que cet épisode t'a inspiré, t'a fait sourire ou t'a bousculé. Sachez que vous n'êtes pas seul, que vous êtes légitime, que vous avez le droit de tomber de vous relever et de recommencer. Si cet épisode vous a touché, partage-le autour de toi. Laisse 5 étoiles sur les plateformes de podcast, ça compte vraiment. Et comme j'aime le dire, pour finir, sachez qu'il n'est jamais trop tard pour écrire un nouveau chapitre.