- Speaker #0
Bienvenue dans Dire Mama, ici on écoute les parents autrement, ceux qui traversent, qui doutent, qui apprennent et qui choisissent d'avancer avec plus de conscience. Dans Dire Mama, on parle vrai de résilience, de sororité, de transmission et de tout ce qu'on choisit de célébrer en chemin. Aujourd'hui, on ouvre un espace un peu différent, on va parler paternité, vulnérabilité, écoute et d'un père qui décide de transmettre autrement. Aujourd'hui, je reçois Dali Bumba, c'est un papa parisien d'origine congolaise, d'un petit garçon de 10 ans. C'est aussi un artiste, un chanteur, un homme qui semble avoir choisi la musique pour mettre en lumière ce qu'il portait en lui. Quand on découvre son univers, on sent quelqu'un qui transforme l'émotion en parole et le vécu en création. Je trouve ça beau de recevoir non seulement l'artiste, mais aussi le père avec son histoire, sa sensibilité et sa manière personnelle qu'il a choisi de transmettre autrement. Merci Dany d'être là, installe-toi, respire, c'est parti !
- Speaker #1
Let's go !
- Speaker #0
Comment ça va ?
- Speaker #1
Ça va et toi Annick ?
- Speaker #0
Ça va très bien, bienvenue !
- Speaker #1
Merci !
- Speaker #0
Merci d'avoir dit oui !
- Speaker #1
Avec grand plaisir !
- Speaker #0
Je suis trop contente de te voir !
- Speaker #1
recevoir. Avec grand plaisir, merci.
- Speaker #0
Alors, comment tu te sens ? On va rentrer dans le vif du sujet, mais comment tu te sens ?
- Speaker #1
Je me sens bien. Je me sens bien. Petite journée pluvieuse, mais heureuse.
- Speaker #0
Parait-il. Trop bien. Ok, écoute, on rentre dans le vif du sujet, si ça te va.
- Speaker #1
Let's go.
- Speaker #0
On y va. L'homme, aujourd'hui, quel père es-tu, Dany ?
- Speaker #1
Je suis un père dévoué.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Je suis un père dévoué, j'aime bien cette sensation, j'aime bien cette... J'aime bien être dévoué. Déjà, je suis quelqu'un d'assez dévoué. Quand j'aime, j'aime, au fond. Alors, mes enfants, c'est... L'amour même, il n'y a pas assez de lettres dans le mot amour pour décrire à quel point je les aime. Donc ouais, je suis dévoué. Ok,
- Speaker #0
plutôt papa dévoué.
- Speaker #1
Papa poule.
- Speaker #0
Papa poule aussi.
- Speaker #1
Papa poulailler même.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu veux que ton fils ou tes enfants te ressentent quand ils sont avec toi ?
- Speaker #1
De la sécurité.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
De l'attention. J'aime qu'ils sachent que je suis constamment concentré sur eux. conscient d'eux. Moi, c'est quelque chose que... Parce qu'autant la sécurité, ça veut tout et rien dire. On s'entend. Mais la sécurité, c'est large. Moi, j'aime qu'ils sachent que le vieux, il est là.
- Speaker #0
Il est là pour eux.
- Speaker #1
Et qu'ils le ressentent. Et qu'ils se sentent... Et que ça soit même un élan de confiance pour eux. Tu vois ?
- Speaker #0
Qu'est-ce qui compte le plus pour toi dans ton rôle de papa ? Au-delà de... Oui, alors ça, c'est important, la sécurité. qu'il soit conscient que tu sois là, mais le plus important pour toi, c'est quoi ? Dans ton rôle de papa ?
- Speaker #1
C'est qu'il puisse trouver en moi un espace pour s'émanciper, tu vois ? Que je sois plutôt un tremplin vers leur émancipation, plutôt que, attends, je ne peux pas faire ça parce que papa, ça va peut-être l'énerver. On n'est pas dans celle-là. On est dans... L'émancipation pure et pouvoir le faire avec sa famille, ses parents, leur papa. J'aime pouvoir me dire que ma présence et l'éducation que je leur donne leur permet de se poser les bonnes questions pour eux-mêmes.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Tu vois, sans avoir peur de... De sortir des clous, de réaction de ma part ou quoi, non, tu vois.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Bien sûr qu'il y a des... Bien sûr, par contre, je leur apprends vachement aussi les règles de la hiérarchie. On est copains, entre guillemets, mais je suis votre père. C'est-à-dire que le papa, c'est vraiment pour moi une première étape de comment on s'adresse à la société. Dans la société, il faut que tu sois toi complètement. Par contre... Faut que t'apprennes à exprimer ce que t'as besoin d'exprimer. Tu veux pas venir juste parce que t'es en colère et te mettre à te faire une scène, à te faire des drames. Non, une fois que tu rentres dans les drames, on n'a plus rien à faire, en fait. Maîtrise-toi, parle correctement, exprime-toi correctement.
- Speaker #0
C'est important pour toi, ça ?
- Speaker #1
Ouais, ouais, ouais. Très, très important.
- Speaker #0
Enfant, quel lien tu avais avec ton papa, Dany ?
- Speaker #1
Avec mon père, j'ai toujours eu ce sentiment de sécurité parce que mon père, il a toujours représenté la force, le contrôle aussi. Donc quelque part, c'était quelque chose qui me sécurisait parce que je savais que quand mon père, il est là, tout est géré. C'est carré. Tout est carré. Mais en même temps, pourquoi moi, j'essaie de faire avec mes enfants, c'est... Il y a un endroit où je veux que leur émancipation soit leur priorité à eux. En fait, je ne veux pas que... Je ne veux pas que... Disons qu'avec mon père, c'était son calme. Son calme était la priorité. Ce qui fait que quand toi, en tant qu'enfant, tu as envie de, je ne sais pas, faire un mouvement dans la maison, tu vas y réfléchir à cinq fois. Parce que tu sais très bien que rien que passer devant mon père pendant qu'il regarde la télé... T'es à ça de te faire booster.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Tu vois ?
- Speaker #0
Donc il y avait un mélange de distance, d'amour, de peur, de crainte. C'est ça.
- Speaker #1
Distance, je ne sais pas si c'est tellement le terme, mais plutôt de crainte.
- Speaker #0
De crainte, de peur.
- Speaker #1
Ouais. Tu vois, on était proches, mais il y avait aussi... Un petit zeste de crainte. Qui planait. Qui planait et qui n'était pas toujours confortable. Et moi, ça, c'est un truc où je n'aime pas dire que mes enfants me craignent. J'aime me dire qu'on se respecte. Ils me respectent, je les respecte. Mais pas la crainte.
- Speaker #0
D'accord. Est-ce que tu sentais que tu pouvais tout dire à ton père ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Non ?
- Speaker #1
Ouais, non, je ne pouvais pas tout dire.
- Speaker #0
Tu ne pouvais pas tout dire à ton père.
- Speaker #1
Je ne pouvais pas tout dire et c'est d'ailleurs aujourd'hui un des angles que moi j'attaque, même dans mes chansons, dans les thématiques que j'aborde dans mes vidéos sur les réseaux. Quant à la paternité, c'est vraiment ce rapport à la liberté d'expression.
- Speaker #0
Ok. Ça se traduisait comment, le fait que tu ne puisses pas tout lui dire avec ton père ?
- Speaker #1
Ça se traduisait comment ? Ça se traduisait par, je ne sais pas, typiquement, tu as eu une mauvaise note à l'école, par exemple, dont tu n'es pas fier, tu es un peu triste, mais il ne faut même pas que tu... Enfin, tu n'as pas... Les parents, en tout cas mon père, à ce moment-là, ce n'est pas... un soutien sur lequel je peux me poser, tu vois. Et lui dire, papa, je suis triste, parce que ci, parce que ça. Maintenant, lui va te dire, mais pourquoi t'as eu une mauvaise note, en fait ? C'est de ta faute, machin. Il va te réprimander quelque part, tu vois. T'as pas bossé,
- Speaker #0
t'as pas réussi.
- Speaker #1
Quand c'est pas le, ah, laisse-moi, moi, je suis fatigué avec tes affaires,
- Speaker #0
là. Ouais, donc c'était pas la parole ouverte et totale.
- Speaker #1
Ouais, non. Non, je vois que c'est très différent avec mon grand, par exemple, aujourd'hui. Lui, il a 18 ans. On a des discussions que je n'ai jamais eues avec mon père, par exemple. Ça faisait partie du process d'évolution aussi. Ce n'est pas de la faute de mon père. Je pense qu'il est le produit de son éducation aussi. Donc forcément, ça va en évoluant. Et je pense que mon fils, le grand, il fera évoluer certaines choses que je n'ai pas faites moi.
- Speaker #0
Tu n'as pas réussi à faire ou pas ? Oui, bien sûr. Et quand on n'a pas la place de parler en tant qu'enfant, qu'est-ce que ça laisse en soi ?
- Speaker #1
Ça laisse des traces qui formatent un programme mental.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Qui formatent un programme mental qui... C'est un peu comme une image que je vois souvent tourner, l'image du cheval qu'on attache à une chaise, une chaise en plastique. Et le cheval, il a l'impression que parce qu'il est attaché à cette chaise, il ne peut pas bouger. Alors que la chaise, comparée à lui, elle pèse un gramme.
- Speaker #0
Bien sûr. Et juste l'idée de...
- Speaker #1
Juste l'idée de l'attache. C'est ce que ça crée, je pense, quand tu n'as pas cet espace en tant qu'enfant pour exprimer. ce que tu ressens, pour exprimer qui tu es finalement. Parce qu'on l'oublie souvent, mais les enfants sont des individus à part entière, avec des sensations propres à eux, des émotions propres à eux et tout ça. Donc quand on a été brimé très jeune, quand on a été contenu, quand nos pensées, nos émotions étaient contenues, depuis très jeune, ça fait des adultes qui prennent le temps pour s'émanciper.
- Speaker #0
Concrètement, ça se traduit comment quand tu dis que ça prend le temps pour s'émanciper ? C'est-à-dire qu'on devient adulte moins vite, moins bien ? C'est-à-dire que ça prend le temps ? C'est l'émancipation qui prend le temps.
- Speaker #1
C'est-à-dire qu'on grandit en tant qu'adulte avec des idées d'enfants qui restent marquées dans nos façons de faire.
- Speaker #0
C'est-à-dire que tu veux dire qu'on n'arrive pas à prendre nos propres décisions,
- Speaker #1
par exemple ? Oui, par exemple, tu n'arrives pas à prendre tes propres décisions, tu vas toujours te soucier de ce que les autres diront, et ces autres-là, souvent, c'est les parents et la famille. Ça peut, tu vois, pendant longtemps, je ne sais pas, ça peut être... Par exemple, je ne sais pas, moi, je n'ai jamais eu à présenter... aucune amoureuse à mes parents, par exemple. Parce qu'il y avait toujours un truc très deep dans cette question. Tu ne peux pas arriver auprès de tes parents et leur dire, j'ai une amoureuse. Ils vont te dire, mais t'es bêtise d'enfant, tes enfantillages. Qu'est-ce que je vais faire avec ça ? Donc, du coup, tu grandis avec cette idée que présenter quelqu'un à tes parents, c'est quelque chose d'énorme.
- Speaker #0
Ultra, ultra, un peu protocolaire. Ou un peu protocolaire. Il faut que ce soit la personne. Exactement. Parce que t'as pas le choix, il faut pas te tromper.
- Speaker #1
Exactement. Donc du coup, toi, en tant qu'adulte, ça te biaise aussi ton rapport à tes partenaires amoureux. Pourquoi ? Parce que le fait de pas avoir cet espace safe auprès de... tes parents auprès de ton co-familial, ça fait que t'en fais toujours une grosse affaire, en fait. C'est toujours une grosse affaire. Tout est toujours une grosse affaire.
- Speaker #0
Toujours un gros objectif, un gros sujet sur des fois pas grand-chose.
- Speaker #1
Sur des fois rien du tout, même. Parce qu'en fait, tout est tellement tabou, tu vois, que...
- Speaker #0
Le moindre...
- Speaker #1
Le moindre mouvement... nous prend la tête.
- Speaker #0
Et avec le recul, est-ce que ce manque de place pour ta parole t'a construit autant qu'il t'a blessé ? Ou autant qu'il t'a manqué ?
- Speaker #1
Je ne pourrais pas quantifier à quel point ça m'a construit plus que blessé ou inversement, mais pour autant, c'est certain que, Dieu merci, je suis de nature assez bornée. Tu vois, je... nature assez bornée, c'est-à-dire que je peux avoir des doutes, je peux avoir si, mais je peux avoir plein de doutes, je peux avoir des peurs, je peux me poser mille questions, mais par contre, à la fin de la journée, j'aime bien me dire que une question qui me crée du doute ou de la peur ou un sentiment un peu désagréable, il faut que je le transcende, ce sentiment. Je n'aime pas me laisser abattre.
- Speaker #0
Tu ne veux pas rester sur un...
- Speaker #1
Je ne laisse jamais un sentiment mauvais gagner.
- Speaker #0
Négatif, oui. Et alors ça peut être quoi ? Ça peut être de la colère ? Ça peut être de la frustration ? Quel type de sentiment sur lequel tu ne veux pas rester en fin de journée que tu veux transcender ?
- Speaker #1
Frustration. Frustration surtout. La colère, ce n'est pas un sentiment qui me dérange. Parce que je suis quelqu'un d'assez... Ça n'a pas l'air comme ça, mais je suis quelqu'un d'assez... d'assez ferme.
- Speaker #0
Ah oui ?
- Speaker #1
Dans mes positions, dans mes idées. Donc du coup, la colère, c'est quelque chose qui m'anime, quelque part.
- Speaker #0
Presque, pas tout le temps, mais enfin. Ouais. Étonnée que t'as... Alors, j'essaye de traduire, tu me dis si je me trompe. Mais comme t'as l'idée bien arrêtée, sûrement. Tout ce qui peut être dit peut sortir de ce cadre-là et donc te déranger un petit peu. Et donc, tu peux constamment être un peu toujours en colère. C'est ça que tu veux dire ?
- Speaker #1
Non, ce que je veux dire, c'est que de manière assez générale, dans la vie, je suis quelqu'un de... concernée par les choses. Donc du coup, évidemment, cette vie n'étant pas facile et tout ce qui se passe autour dans la vie, ça me garde toujours dans ce...
- Speaker #0
Ah oui, dans ce sentiment de... de frustration, de colère.
- Speaker #1
Oui, de colère. Il y a plein de choses qui ne vont pas. Exactement, il y a plein de choses qui ne vont pas. Et j'en suis informé. Du coup, ça me garde dans un sentiment de colère. C'est une colère saine parce que c'est une colère qui me permet de créer, qui me permet de créer, qui me permet de me poser des questions, qui me permet de... d'avancer aussi, de me remettre en question. Mais par contre, la frustration, c'est vraiment quelque chose que je n'aime pas garder en moi. Peu importe le contexte, peu importe la raison pour laquelle je ressens de la frustration, je vais chercher à...
- Speaker #0
Un moyen d'exulter, de la sortir.
- Speaker #1
Alors,
- Speaker #0
ce serait quoi un moyen concret ?
- Speaker #1
Parler avec la... Si c'est une personne, parler avec la personne. Si c'est une situation, aller confronter cette situation.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Si c'est... Enfin, je vais toujours... Je vais à la confrontation. Je n'ai pas peur de la confrontation. D'accord. Voilà. Ouais.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et c'est aussi quelque chose pourquoi je le fais comme ça. Parce que c'est quelque chose que je veux que mes enfants voient, en fait. Je veux que mes enfants voient que moi, je... Que je ne fuis pas les discussions, tu vois. Je ne fuis pas les discussions. Je ne fuis pas les sensations. On peut... On peut... On peut supposer des sensations quand on est face à une situation. En mode, si je vais confronter cette situation, je vais peut-être me sentir mal après. Ouais, OK, je vais me sentir mal, mais j'y vais quand même. D'accord. J'y vais quand même.
- Speaker #0
Tu n'aimes pas les suppositions. Toi, tu veux avoir l'info, quoi.
- Speaker #1
Ouais. Ah ! C'est bien,
- Speaker #0
ça ! Enfin, c'est bien. Je ne sais pas si c'est bien, mais l'idée de supposer, j'ai l'impression que donne plus de stress que de savoir que d'avoir la réponse. Clairement.
- Speaker #1
Je préfère qu'on se... Moi, on sait. On sait. Et puis, on peut savoir quoi faire ensuite.
- Speaker #0
Bien sûr. Ok. On a eu un échange, toi et moi, en call. Tu me disais que tu venais d'une famille d'artistes. Qu'est-ce que l'art t'a apporté très tôt dans ton début de vie jusqu'à aujourd'hui ? C'est peut-être un peu vaste comme question, mais voilà, comment l'art a eu un impact sur toi ?
- Speaker #1
L'art, c'est un exutoire pour moi, du coup. Donc, ce que ça m'apporte, c'est un endroit où je peux m'exprimer, où je peux dire ce que je ressens à la même manière dont je veux le dire. Après, est-ce que j'aurais le discours de l'arme a sauvé la vie et tout le monde ? Je n'aurais pas ce discours-là. Je n'aurais pas ce discours-là. Parce que j'ai quand même la chance d'avoir une famille, une grande famille où on est assez soudés. Malgré tout, tu vois, malgré tout ce qu'il y a. qu'on a eu à revoir et à se dire pour pouvoir évoluer. Mais on est, depuis le début, très soudés. J'ai vraiment grandi dans ça, moi. Où mes parents sont... La question de la... de la famille est très importante. Elle est centrale. Elle est sacrée.
- Speaker #0
Elle est sacrée.
- Speaker #1
Très importante. Du coup, j'ai toujours eu cette base-là. J'ai quand même eu cette base-là qui était très solide. avec ses bienfaits et ses défauts mais ça restait quand même très solide et l'art intervient dans ma vie comme vraiment comme un carrefour de communication entre nous tous déjà dans ma famille Et ça devient aussi un médium de communication vers l'extérieur. Donc l'art, c'est vraiment... L'art, c'est sacré. Mais ce n'est pas non plus une bouée de secours.
- Speaker #0
D'accord. Mais est-ce que justement, tu n'es pas devenu chanteur parce que tu avais des choses à dire ? Ou parce que tu n'as pas eu l'occasion de dire ce que tu avais à dire, peut-être plus jeune, de par justement dire cette éducation, entre guillemets ? Oui,
- Speaker #1
complètement. Complètement, je suis devenu chanteur parce que j'avais besoin de dire des choses et c'était un bel espace pour moi pour pouvoir les dire. Mais tu vois, en grandissant, j'ai découvert différents espaces d'expression que j'ai utilisés aussi. Parce que ce qui m'importe moins, surtout, c'est le message. C'est le message qui m'importe plus que le messager ou le médium de communication. Il y a différentes façons d'exprimer les choses. Il y a différents messagers.
- Speaker #0
Donc toi, tu as choisi la chanson, par exemple, parce qu'il y a d'autres, comme tu dis, différentes manières d'exprimer. Tu l'exprimes de quelle autre manière, ton art ou tes émotions ?
- Speaker #1
En plus de la chanson. Différentes formes d'art. Je fais de la photo aussi. Je fais de l'écriture. et puis pour sortir de l'art j'aime être proche je l'exprime par mes valeurs aussi ce que je ressens je l'exprime par mes valeurs c'est pourquoi dans mon rapport avec mes enfants par exemple c'est très important le rapport à la à la loyauté quelque part. J'aime que mes enfants me sachent loyal envers eux. Pour moi, c'est extrêmement important. Par exemple, on grandit beaucoup dans ce truc et ça, c'est des témoignages que j'ai pu entendre de plusieurs gens. Par exemple, nos parents sont nos parents, mais ils m'étaient toujours... Nos parents, ils mettaient toujours une attention plus vive pour les invités, par exemple. Tu vois, quand ils vont accueillir les invités, la vieille, elle va sortir les assiettes que tu n'as jamais vues.
- Speaker #0
Pour que tout soit nickel. Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #1
Elle va faire son pondou là, aujourd'hui.
- Speaker #0
Excellent.
- Speaker #1
Excellent. Il est top chef. Même si tous les jours, c'est top chef. Mais là, c'est... La présentation, le riz, il n'y a pas un grain de riz de plus. Et ça, moi, c'est quelque chose qui, justement, je veux que ce soit mes enfants,
- Speaker #0
mes gens qui bénéficient de ça. Qui profitent de ça. Exactement. Pas l'extérieur.
- Speaker #1
Exactement. Et ces endroits-là, tu vois, genre... mettre bien mes gens, c'est un love language. C'est un love language. Et c'est, comme le nom le dit, c'est un langage de l'amour. Une façon d'exprimer quelque chose.
- Speaker #0
Tu les reçois bien, ils mangent bien et tu leur montres par là que tu les aimes, que tu es proche d'eux, que tu es avec eux.
- Speaker #1
Exactement. Et c'est vraiment à ces endroits-là que je comique aussi ce que je ressens. Dans mon rapport avec mes gens, avec mes enfants. Donc là, en l'occurrence, j'aime qu'ils se disent... En fait, j'aime qu'ils puissent se dire... Je sais qu'ils ne se le diront pas là aujourd'hui, mais je veux que plus tard, ils se disent... Ah, notre père, il était... dévoué.
- Speaker #0
J'adore ça parce que c'est une question que je garde pour toi à la fin. On y reviendra. C'est génial. Est-ce que l'artiste en toi a aidé l'homme et puis le père que tu es devenu ? Ça t'a permis justement de...
- Speaker #1
Ouais, certainement. Parce que... Ouais, certainement. Certainement que l'artiste a aidé l'homme et le père. Mais je dirais plutôt que c'est l'inverse.
- Speaker #0
Ou l'inverse.
- Speaker #1
Je dirais plutôt que c'est l'homme qui a nourri et l'artiste et le père. Oui, parce qu'on en déplaise au débat de notre société actuelle. Mais tu ne peux pas être un bon père si tu n'es pas un bon homme. Tu vois ? Et moi, je... Je fais vraiment mon max pour être un bon père. À certains endroits, à beaucoup en tout cas, je sais que je suis un bon père. Amen ! Mais vraiment, c'est quelque chose qui... Ce n'est pas une affaire de s'enorgueillir de quoi que ce soit. C'est vraiment aussi vrai que le ciel est bleu. Parce que je fais le taf, simplement. Et parce que je suis un bon père, je peux... en faisant le chemin, me dire que je sais que je suis un bonhomme aussi.
- Speaker #0
Ok, magnifique.
- Speaker #1
Mais bon, je sais qu'il ne faut pas trop se lancer des fleurs en tant que papa parce que...
- Speaker #0
Parce que quoi ?
- Speaker #1
Parce que papa, homme, agent... Non,
- Speaker #0
écoute, si on est conscient, on a le droit d'être conscient des qualités qu'on a. Moi, je n'ai pas de sujet avec ça. Ce n'est pas forcément de l'orgueil. Moi, j'ai vu passer ton fils sur les réseaux. Il a l'air en ultra bonne santé, en forme. C'est comme ça, d'ailleurs, que je t'ai découvert.
- Speaker #1
Non, mais je le dis, mais en même temps, comme je dis, on en déplaise au débat actuel. Moi, je suis OK avec ça, avec le fait de faire du bon travail. et d'être un bonhomme.
- Speaker #0
Bravo. À la naissance de ton fils, qu'est-ce que tu as reproduit comme schéma familial, presque de manière automatique ?
- Speaker #1
Surtout avec le premier. Mon premier, j'ai tout de suite pris les patins de mon père.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Tu vois, j'ai pris les patins de mon père.
- Speaker #0
J'en ai mis en plus.
- Speaker #1
Tu vois, c'est une certaine rigidité, alors que le mec, il venait de naître. Je sais que jusqu'à ses trois ans, j'étais un peu rigide. J'étais rigide. Bon, ben voilà.
- Speaker #0
Un peu dur ?
- Speaker #1
Ouais, ouais. Moi,
- Speaker #0
rigide. Rigide, dur, ouais. Pas évident, quoi.
- Speaker #1
Pas évident.
- Speaker #0
Ça se traduisait comment ?
- Speaker #1
Ça se traduisait comment ? C'est que je lâchais pas de l'Est, quoi. Tu vois, j'étais rigide. Vraiment, c'était vraiment dans cette considération un peu ancestrale de l'enfant, c'est qu'un enfant.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Et c'est pas un individu à part entière. Il m'a fallu du temps avant d'un... Il m'a fallu, ouais, les... Trois, quatre premières années de mon fils.
- Speaker #0
Tu as un exemple concret ? Concret, oui.
- Speaker #1
Par exemple, le gamin, il n'a pas encore tous les mots pour exprimer ce qu'il ressent. Donc, son premier langage à l'enfant, c'est pleurer. Sauf que toi, tu es en mode papa africain. Tu veux te la jouer papa africain parce que c'est ton modèle. Et tu es en mode, non mais arrête de pleurer. Je te l'ai dit une fois, deux fois, trois fois. Mais comment ça, tu n'écoutes pas ? Tu n'as pas compris, tu t'arrêtes. Je t'ai dit arrête, et puis tu hausses un peu le ton, puis tu gonfles un peu les épaules pour les frayer. Et c'est là où on vient à ce... Tu veux créer un sentiment de crainte. Et à un moment donné, effectivement, le petit va avoir peur. Parce que physiquement, déjà, vous n'êtes pas au même endroit. Et puis, tu es son père. Donc, tu représentes une certaine forme de... de puissance quelque part, même si ce n'est pas comme ça qu'il le traduit au départ l'enfant. Mais tu lui fais peur. Donc si tu joues de ce sentiment de peur pour lui faire entendre ce que tu as besoin de lui faire entendre, c'est naze parce que c'est de la crainte et ça biaise le rapport. L'enfant ne te dit plus rien à un moment donné. Parce qu'il se dit, je vais lui dire une chose et il va s'énerver. Donc ça n'a pas d'intérêt pour lui de te parler. Et à ce moment-là, tu te rends compte que la communication n'est pas fluide. Mon gamin, tu te lèves le bras pour te gratter le crâne, le petit sursaut. Tu te dis, oh la merde, il y a un truc que j'ai loupé.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui n'a pas marché ? Tu vois ce que j'ai dit ?
- Speaker #1
Et là, tu te dis, ah ouais, non, pas du tout.
- Speaker #0
Donc ça, ça fait partie des petites choses qui t'ont fait prendre conscience ?
- Speaker #1
Ah ouais, clair.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a eu une personne peut-être qui a mis le doigt là-dessus ? Ouais ! T'as capté !
- Speaker #1
Ouais, ouais, ouais. Évidemment, la maman de mes petits qui, évidemment, à ce moment-là, quand on était ensemble, on se parlait, naturellement. Et ouais, elle a certainement un endroit... Elle m'a aidé à...
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
à temporiser aussi dans mon rapport avec les enfants.
- Speaker #0
Qu'est-ce que ça a provoqué chez toi quand elle t'a demandé justement de prendre de l'air ?
- Speaker #1
Pas forcément négativement,
- Speaker #0
tu vois.
- Speaker #1
À ce moment-là, évidemment, heureusement pour nous, on était au camp ensemble, donc du coup, tu prends en compte et en considération le point de vue de l'autre. Quand il te fait entendre, fais attention. Je trouve que tu es un peu dur avec le petit. Heureusement, de base, mes enfants, je les adore. Quand on te dit ça, tu te remets en question parce que tu as juste envie que tes enfants soient bien. Bien sûr. Tu te remets en question et tu dis oui, effectivement, tu reviens à toi, tes sensations. Quand ton père était fermé à toi et dur, tu te dis, non, ce n'est pas du tout ce que je veux que mon enfant ressente.
- Speaker #0
C'était la question suivante. Qu'est-ce que tu voulais justement surtout pas leur transmettre ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Tu te dis, non, pas du tout. Tu te remets en question et ton cœur se dégonfle tout de suite. Tu te dis, non, pas du tout. Tu ne veux pas ça. Ce n'est pas du tout le rapport que je veux. Je n'ai pas envie que mes enfants aient peur de moi. En tout cas, je n'ai pas envie qu'ils me craignent. Dans la définition de la crainte, ce truc où dès que tu tournes la clé,
- Speaker #0
les mecs... Ouais,
- Speaker #1
non. Non, tu vois. Je voulais pas de ça. Et du coup, très vite, tout de suite, j'ai changé mon rapport à eux. J'ai changé mon rapport. Et puis en plus, je suis quelqu'un de tactile. Tu vois ? Je suis quelqu'un de tactile. Je suis quelqu'un de... Je dis vraiment que mes gens, je suis quelqu'un de profondément doux, consciemment, parce que j'aime être doux, j'aime recevoir de la douceur, et j'aime en donner, vraiment, c'est quelque chose que j'aime. Notamment avec mes enfants, j'aime pouvoir me dire que mes enfants, ils se sentent...
- Speaker #0
dans un écrin de douceur quand ils sont dans mes bras. Vraiment, c'est vraiment quelque chose qui est très important pour moi. Donc du coup, ouais, une fois que tu réalises que là, je vais dans le même sens que ce que mon daron m'a donné, c'est peut-être pas ce que je veux perpétuer. Donc on va changer le mouvement, tu vois. On va changer le mouvement et plutôt que de dire « Ah, mais arrêtez de faire du bruit, là, je suis fatigué, vous me faites mal la tête. » C'est... Les enfants, j'ai passé une longue journée. Comment ça a été votre journée ? Moi, c'était un peu intense. Je suis un peu fatigué, j'ai besoin de calme.
- Speaker #1
Ouais, douceur.
- Speaker #0
Ouais, et tu sais, ça se passe même dans le ton de la voix. Tu vois comment tu parles, comment tu leur exprimes les choses et comment tu leur confies aussi, toi, tes émotions. Du coup, quand tu leur confies tes émotions, vu que tu es leur gars aussi, je suis leur père.
- Speaker #1
Donc,
- Speaker #0
ils se disent, attends, le vieux, il nous a donné une... Il nous a donné, pas un secret, mais une émotion. Oui,
- Speaker #1
il s'est confié à nous. Il nous dit qu'il a besoin, il a une journée intense.
- Speaker #0
Et donc, du coup... C'est une forme de partage, en plus. Exactement. Et du coup, de manière inconsciente ou pas, j'en sais rien, ils ont aussi envie de te protéger. Du coup, ça crée un cercle vertueux quelque part. Tu vois, où moi, je t'ai confié un sentiment, toi, tu m'as confié un sentiment, on a tous le sentiment des uns et des autres. Ah, vas-y, ça crée un... une bulle d'empathie dans laquelle on se retrouve tous et à la fin, on a juste envie d'être comme ça.
- Speaker #1
J'adore ! Selon toi, papa, ça peut être vulnérable ?
- Speaker #0
Ah ouais, carrément. Ça peut et ça doit même être. Ça doit être vulnérable. Vraiment, tu vois, c'est... Encore une fois, comme je disais là, tu te confies à tes enfants en leur disant... évidemment tu vas pas leur dire écoutez les gars je suis à moins 5000 en ce moment non ça c'est pas leur sujet ça c'est pas leur sujet mais tu peux leur dire écoutez en ce moment je travaille beaucoup j'ai eu une journée un peu fatigante j'ai besoin de me reposer j'ai besoin de calme, juste pouvoir dire ça juste pouvoir dire je suis un peu fatigué ça ressemble à ça pour toi la vulnérabilité c'est de
- Speaker #1
De s'exposer un petit peu.
- Speaker #0
Un petit peu, exactement. C'est exactement ça, s'exposer un petit peu. Bien sûr, dans la limite du raisonnable. Parce que les enfants, ça reste les enfants. Et on doit les protéger. Mais tu vois, par exemple, moi, j'ai jamais entendu mon daron me dire... Enfin, dans ma prime jeunesse, j'ai jamais entendu me dire... Aujourd'hui, je suis fatigué. Non, mon père, c'était tout le temps le charbon. Le... Tu sais ?
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Attends, là, le pays, là. Ma chère. Il faut que j'aille encore au travail. Voilà. Tu sais ? C'est beaucoup ça. Tu vois ? C'est même dans l'interaction avec ma mère. Il y a beaucoup... C'est beaucoup... Dans leur rapport, c'est beaucoup un truc... Tu sens qu'il y a toujours une tension latente. Ouais, ouais. Parce qu'évidemment...
- Speaker #1
Ça ne descend jamais, quoi.
- Speaker #0
Ouais, voilà. Après, il y a d'autres réalités qui faisaient que... Le bled, machin, la nanny, attends, il faut envoyer encore 200 balles, tous les jours, la nanny, machin, attends, là, merde, il me reste une semaine, ma carte de séjour est finie. Évidemment, ils sont dans ce truc. Bien sûr,
- Speaker #1
c'est autre chose.
- Speaker #0
C'est autre chose. Moi, je suis là dans mon petit privilège d'afro-français, machin, c'est bien. Mais ça n'empêche que, si on ne fait pas gaffe, on a vite fait de répéter certains schémas. Et de là, moi, je suis en mode, non, non, pas du tout. Et je me dis, au contraire, c'est mieux d'exposer certaines parties de... Ça reste des enfants, ça reste nos enfants. Certaines parties de la réalité de nos vies, pour qu'ils sachent, pour qu'ils comprennent que, ah, aujourd'hui, les enfants, si vous pouvez... Soit vous êtes les enfants, mais sachez que moi, aujourd'hui, je suis fatigué.
- Speaker #1
Plutôt que de leur dire, ah !
- Speaker #0
Ouais, tu vois, il y avait beaucoup de ça. je vais juste dire Toi, la vieille, tu rentres de l'école, t'as envie de faire un câlin à ta vieille, à ta mère. D'ailleurs, elle n'aime pas que je dise ma vieille.
- Speaker #1
Je sais clair. À mon avis,
- Speaker #0
elle n'aime pas. Mon vieux, il s'en fout, mais ma vieille, elle n'aime pas. Et c'est vrai que c'est moins classe.
- Speaker #1
C'est un truc de nanas, je pense. Non,
- Speaker #0
je capte. Ce n'est pas classe de dire ma vieille. Ma mère, tu vois, tu vas rentrer de l'école et tout. T'as envie de faire un câlin à ta maman, tu vois. Machin. Et ta mère, elle est fatiguée de sa journée. Elle, elle a commencé sa journée à 4h du matin. Tu vois, elle est dame de service en école. Elle finit à 16h, donc elle rentre avant toi. Toi, t'arrives, t'en veux. Ah, maman ! Ah, mais touche pas, il fait chaud ! Je suis fatigué ! Mais touche pas, je suis fatigué ! Mais ça n'a aucun rapport ! Mais touche pas, il fait chaud ! Mais ça n'a aucun rapport ! Maman !
- Speaker #1
Mais maman, j'ai juste un câlin ! Ouais, j'ai juste un câlin !
- Speaker #0
Et puis t'es ma mère, en fait ! Et en vrai, si on avait le vocabulaire à cet âge-là, tu devrais même lui dire, mais meuf, c'est ton devoir en fait.
- Speaker #1
Fais-moi un câlin même maintenant. Fais-moi un câlin en fait. Si tu ne veux pas,
- Speaker #0
je t'emmène au prud'homme là-bas.
- Speaker #1
Au service social.
- Speaker #0
Parce que moi, je ne t'ai pas demandé de m'amener ici. Tu m'as amené ici, mais maintenant, tu me fais des câlins, ma go. C'est clair. En fait. Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #1
Si tu me fais pas les câlins, tu vas me les faire.
- Speaker #0
En fait. En fait.
- Speaker #1
J'avoue. Non, mais carrément.
- Speaker #0
Ouais, donc du coup, plutôt que... Tu vois, et en fait, ce raisonnement-là de « c'est ton taf de me faire des câlins » , en fait, moi, j'arrive avec mes enfants dans ce truc de « je veux que pour eux, ça soit une base acquise » . Ce n'est même pas un débat, en fait. Je ne veux pas qu'ils aient à un moment donné ce truc où ils se disent « il y avait des fois, j'avais envie que mon père me serre dans ses bras, mais voilà, il ne le faisait pas trop et je ne savais pas trop comment il demandait » . Eh frérot, tu n'as même pas besoin de me demander. Je veux qu'on soit dans celle-là, nous. Et que c'est tellement normal que tout justement, quand tu as un moment où je ne te l'ai pas donné ce câlin, mais que tu en as besoin, que tu puisses du coup me le demander. Parce que c'est trop normal de se faire des câlins entre nous. J'ai envie que le jour où tu as besoin de me faire un câlin, tu me dises, papa, ce matin, tu ne m'as pas fait de câlin. Tu peux me faire un câlin ? Ah ouais, grave, j'avais oublié, pardon. Tiens, viens, les gars, câlin, c'est terminé.
- Speaker #1
Selon toi, c'est compliqué pour un homme de montrer sa vulnérabilité ? Aujourd'hui, tu parles d'un point de vue...
- Speaker #0
C'est compliqué parce que c'est là où on voudrait placer l'homme. Après, il y a beaucoup d'hommes pour qui ça ne l'est pas. C'est là où on voudrait.
- Speaker #1
Tu parles de la société.
- Speaker #0
La société, oui. Mais la société, c'est nous qui sommes la société. On place toujours le mot société comme quelque chose d'extérieur. Oui, exactement. Alors que nous sommes la société. Les rapports que j'ai avec les gens autour de moi, c'est nous la société. Et c'est vrai que souvent, on voudrait placer l'homme à cet endroit où les hommes ne savent pas faire de l'émotion, ne savent pas ouvrir leur cœur. Ce qui est complètement faux. Quand tu te retrouves très naturellement face à des gens qui reçoivent. tes émotions, quelles que soient-elles, et qui sont prêts à en discuter avec toi, que tu sois un homme, que tu sois une femme, que tu sois un enfant, ces émotions vont prendre de la place et vont s'exprimer.
- Speaker #1
Donc selon toi, ce n'est pas compliqué aujourd'hui pour un homme d'être vulnérable, de ressentir ou de vivre sa sensibilité ?
- Speaker #0
Ce n'est pas compliqué dès lors où tu es OK avec le fait que tu as le droit d'avoir des émotions.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Le truc, c'est que tu as beaucoup d'hommes qui s'imaginent que d'avoir des émotions, ça fait d'eux des êtres faibles. Une fois que tu enlèves cette idée de ta tête, tu te rends compte que tu es capable de dealer qu'avec des gens qui reçoivent tes émotions. Une fois que tu es OK avec ça, le fait que tout... Quand tu es OK avec toi-même et le fait que... t'as le droit d'avoir des émotions. Tu vois, c'est un peu ce rapport à on attire ce qu'on vibre.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Moi, demain, je rencontre une nana qui est en mode ouais, mais les hommes un peu trop, machin. On va même pas parler cinq minutes. Une fois que j'ai compris qu'elle est dans celle-là...
- Speaker #1
Une nana ou un mec. Ou un mec, tu vois.
- Speaker #0
Une personne. Une fois que je me rends compte que toi, t'es dans celle-là, tu t'imagines que parce que je suis un homme... et que je fais preuve de vulnérabilité, tu penses que je suis faible ? Ah bon,
- Speaker #1
ben salut.
- Speaker #0
Salut, bye. Salut, frérot. Dix minutes après, tu n'existes même plus dans mon radar. Oui, oui. Tu vois ?
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Donc, tu vois, c'est aussi un alignement avec soi-même aussi à la base. Effectivement. Mais une fois que tu te... Tu vois, c'est pour ça que le rapport avec mes enfants, mes garçons, j'aime leur faire savoir. Vous voyez, on est là. Je peux être solide comme un père. Oui, on fait de l'émotion aussi. Bien sûr. On fait de la vulnérabilité aussi. Bien sûr. Et ça n'enlève en rien...
- Speaker #1
La solidité ou la force ou la sécurité.
- Speaker #0
Ça n'enlève en rien. Et au contraire même, ça renforce. Parce que tu sais que ton gars, qu'il est là, là, que ce soit ton père, ton frère ou quoi, c'est tellement un espace safe que ça crée un truc encore plus solide.
- Speaker #1
Un noyau dur.
- Speaker #0
Voilà, un noyau dur, tout simplement. Et puis toi, quand tu te retrouves... L'idée, c'est ça aussi. Je veux que mes enfants, peu importe où ils se trouvent à un moment donné de leur vie, quand ils ressentent une chose, ils puissent instinctivement se dire « je ressens ci » . J'ai envie d'en parler avec mon père. Ou alors j'ai envie de me retrouver près de mon père pour qu'il me rassure. Que ça soit logique.
- Speaker #1
C'est important, c'est ce que tu disais en début d'interview. C'était important pour toi que ton fils te parle, ou en tout cas cette envie, ce besoin qu'il soit son gars sûr. Qu'il puisse compter sur toi. Et comment tu fais aujourd'hui pour vraiment l'écouter ? Il a des choses à te dire aujourd'hui, ton fils, il te parle ? Tu mets quelque chose, effectivement, que tu l'éduques dans cette chose-là, sur ce chemin. Est-ce qu'il a des choses à te dire, aujourd'hui, ton fils ? Est-ce qu'il te raconte des choses ?
- Speaker #0
J'ai un grand qui a 18 ans. Donc, lui, il est un peu dans sa phase de petit homme où on se parle toujours beaucoup. Mais évidemment, il y a un endroit qui est plus secret maintenant. Ça devient un petit homme, il vit ses expériences. J'ai un petit garçon de 10 ans qui, lui... Ouais, il a 10 ans, donc il est... Il s'exprime beaucoup. Il a besoin qu'on l'entoure. Il est encore à cet âge-là. J'ai une petite fille de 3 ans qui... On va parler de ta puce !
- Speaker #1
Une petite fille de 3 ans.
- Speaker #0
Et voilà, c'est... C'est... C'est des étapes différentes. 18 ans, c'est un petit gaillard qui fait ses expériences. Il en parle quand il en a besoin. Mais en tout cas, il sait qu'il peut parler.
- Speaker #1
C'est ça le plus important. C'est qu'il sache que s'il a besoin, t'es là. Après, tu ne vas pas lui tirer les verres du nez ou lui dire, assieds-toi, raconte-moi. C'est vraiment qu'il ait conscience que t'es là pour lui.
- Speaker #0
Exactement. Et donc voilà. Et le petit gars de 10 ans qui parle.
- Speaker #1
Ok. Super. Alors en parlant de ton petit gars de 10 ans, j'ai vu passer une story sur le réseau très touchante, où ton fils se priait avant de dîner, avant de manger. Quelle place a la foi pour toi aujourd'hui dans ta vie de papa ? Dans ce que tu veux transmettre ?
- Speaker #0
Ouais, la foi, c'est une place très importante. une famille très, croyante. On a différentes religions, différentes foi, mais on est pour autant très croyants. C'est un peu le point commun entre nous tous dans la famille, c'est la foi. C'est la pierre angulaire qui met tout le monde d'accord. Exactement. C'est que voilà, on sait que... On n'avance pas sans une prière du matin, sans une prière avant chaque...
- Speaker #1
Non, mais ton fils, j'ai adoré, c'était trop mignon.
- Speaker #0
Ouais. Avant chaque repas, quand on se retrouve, on tous en fait. famille, une petite prière. Avant chaque concert, une prière. Comme disait le vieux Assalfo, il n'y a pas un concert qui se fait sans prière. C'est pareil, il n'y a pas un repas, il n'y a pas une réunion de famille qui ne débute pas par une prière.
- Speaker #1
Ça t'aide à rester aligné, justement, ta foi ?
- Speaker #0
Oui, complètement. Parce que il arrive qu'on soit paumé, tu ne sais plus... où tu dois aller, ce que tu dois faire, pourquoi les choses t'arrivent telles qu'elles t'arrivent, et tu dis, tout est la volonté de Dieu. Les victoires comme les défaites, c'est la volonté de Dieu.
- Speaker #1
D'accord. Ça ne t'empêche pas de... D'être dans l'action quand même, même si c'est la volonté de Dieu, ça ne t'empêche pas de faire les choses.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
C'est plutôt dans le résultat.
- Speaker #0
Oui. Ça ne m'empêche pas d'être dans l'action parce que de toutes les façons, Dieu, il est... Dieu, il est... Ce n'est pas lui qui va faire le taf à ma place. Il me donne les ressources pour faire le taf, mais il ne va pas faire le taf à ma place. Donc, non, ça ne m'empêche pas de...
- Speaker #1
Ok. Enfin, je veux dire, tu n'es pas dans le... Tu es plutôt dans le « et toi et le ciel t'aidera » quoi. Exactement.
- Speaker #0
C'est vraiment le... C'est vraiment le...
- Speaker #1
C'est pas juste Dieu. Ah non,
- Speaker #0
Dieu l'affaire. C'est vraiment « et toi et le ciel t'aidera » . Ouais. C'est vraiment ça.
- Speaker #1
Ok. Très bien. De quoi est-ce que tu es le plus fier aujourd'hui, Danny Bumba, en tant que papa ? En tant que papa,
- Speaker #0
c'est de la douceur, la gentillesse de mes enfants, de l'amour qu'on arrive à se témoigner les uns les autres. La bienveillance aussi, mes enfants sont très bienveillants. Je ne sais pas si c'est correct de dire très bienveillant.
- Speaker #1
Écoute, on dit ce qu'on veut.
- Speaker #0
On dit ce qu'on veut.
- Speaker #1
On dit ce qu'on veut. Qu'est-ce qu'il y a ? Ils sont bienveillants.
- Speaker #0
Ils sont vraiment bienveillants. Ils sont ultra bienveillants. Ils sont ultra bienveillants. Vraiment, c'est des petits cœurs.
- Speaker #1
Incroyable.
- Speaker #0
Des petits cœurs. Ouais, non, je les aime de ouf. Je les aime de ouf. Je les aime tellement que... Des fois, je me dis... Non. Je les aime tellement que j'aimerais multiplier l'expérience, tu vois. Ouais. J'aime tellement être papa.
- Speaker #1
Et de multiplier par trois, là.
- Speaker #0
Oui, oui, c'est pas mal.
- Speaker #1
C'est bon, non ?
- Speaker #0
Non, c'est bon, ouais.
- Speaker #1
Mais encore et encore et encore, t'adores, quoi.
- Speaker #0
J'adore.
- Speaker #1
T'adores. T'adores être papa. T'es très fier de ça.
- Speaker #0
Je suis ultra fier de ça.
- Speaker #1
Et qu'est-ce que tu célèbres en tant qu'homme devenu ?
- Speaker #0
Là,
- Speaker #1
on avait le papa. T'es fier d'être papa, t'es fier de tes enfants, ils sont bienveillants. Pour toi, tu crées, tu as produit de belles personnes en devenir. En tant qu'homme, maintenant, on enlève l'idée du papa. En tant qu'homme, de quoi est-ce que tu es fier ?
- Speaker #0
En tant qu'homme ? Je suis fier de tout, de tout ce que j'accomplis. Mais forcément, en tant qu'homme, j'y intègre...
- Speaker #1
En découle le père, c'est ça ? Le père et l'artiste. Le père et l'artiste.
- Speaker #0
En fait, tout est corrélé quelque part. Tout est corrélé. Je suis archi fier des valeurs que j'ai en tant qu'homme. Vous savez que mes valeurs, c'est des... C'est des vraies valeurs et c'est des valeurs qui, auprès des gens qui sont dans mon entourage, dans mon cercle, dans mon clan d'ailleurs même. Oui,
- Speaker #1
t'aimes bien parler de clan, c'est vrai. Ouais,
- Speaker #0
parce que j'aime bien faire la différenciation. Je suis quelqu'un d'assez, en dehors de la famille, je suis quelqu'un d'assez, je dirais pas solitaire, mais j'aime bien être dans mon coin, tu vois. J'aime pas trop me mélanger.
- Speaker #1
T'es sauvage.
- Speaker #0
C'est pas sauvage.
- Speaker #1
J'étais plutôt sociable. C'est pas sauvage.
- Speaker #0
Je suis sociable, mais je n'ouvre pas mon cœur partout, gratuit, facile. Donc les endroits où je les ouvre... Les endroits où je les ouvre... J'aime la manière dont je l'ouvre. Et j'aime du coup l'homme et le père et le frère et l'ami et le quoi quoi quoi que je suis. Et tout ça, ça fait que je suis ultra fier des valeurs que je porte. Pourquoi ? Parce que je sais que les valeurs que je porte, elles font du bien dans les endroits où j'évolue. d'un point de vue homme, d'un point de vue famille. Familial, professionnel,
- Speaker #1
artistique. Ça rayonne, tu rayonnes. Oui.
- Speaker #0
Je n'ai pas de retenue avec ma lumière. On a tous une lumière. Mais moi, ma lumière, j'aime qu'elle fasse du bien, qu'elle réchauffe et qu'elle illumine mes gens autour. C'est vraiment quelque chose d'important pour moi. Donc ça, je sais que... En ça, je suis fier d'être ce que je suis.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Parfait.
- Speaker #0
Et je suis quelqu'un de curieux aussi. Toujours prêt à apprendre.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Ouais. Donc en ça, je suis fier.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
D'avoir l'esprit ouvert.
- Speaker #0
Ouais. Ouais. Vraiment. Et j'en suis d'autant plus fier quand je vois que mes enfants sont des personnes très ouvertes et très curieuses.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
C'est toujours ok pour recevoir. pour voir en tout cas des nouvelles choses, plutôt que de recevoir, mais plutôt de voir des nouvelles choses, d'apprendre.
- Speaker #1
Qu'est-ce que t'aimerais que tes enfants, alors je ne vais pas dire ton fils, parce qu'il y en a deux, il y a une fille, mais qu'est-ce que t'aimerais demain que tes enfants disent de toi en tant que papa ? Tu le disais un petit peu en début d'interview, c'est vrai que je t'ai dit, gardons-le pour la fin, mais voilà, qu'est-ce que t'aimerais qu'ils se disent ?
- Speaker #0
J'aimerais qu'ils se disent que notre vieux était archi présent, archi dévoué. Que peu importe le contexte, le moment, le quoi, il était là. Je veux que mes enfants... C'est vraiment un sentiment que je veux que mes enfants aient. C'est notre père, c'est mon père. Je veux que chacun de mes enfants dise que mon père, c'est mon héros.
- Speaker #1
Mon père, ce héros.
- Speaker #0
Mon père, ce héros. qui se disent... Peu importe le moment, peu importe le truc, peu importe le contexte, quoi, quoi, quoi, je viens, je suis là. On n'était pas tout seul.
- Speaker #1
Ouais, mon gars sûr, quoi. J'ai pu compter sur lui.
- Speaker #0
Exactement. J'aurai toujours ton dos, je serai toujours de ton côté. Il y a une chanson que j'ai écrite, une chanson qui s'appelle Yaya, qui sortira... très prochainement, qui dit dedans, j'aurais aimé, donc c'est moi qui parle sous mon propre prisme, je disais que j'aurais aimé qu'on me prenne dans les bras, même quand j'avais des mauvaises notes. C'est vraiment ce sentiment-là. Je veux que mes enfants puissent se dire, bon, j'ai eu une mauvaise note, mais mon père, il ne m'a pas… Parce que tu sais, les enfants extrapolent tout. Et une certaine position d'un parent face à un enfant quand il y a une mauvaise note, par exemple. L'enfant peut le prendre comme un rejet, comme un total abandon. Genre, il me rejette parce que j'ai eu une mauvaise note. Surtout que l'enfant,
- Speaker #1
en plus, il a sa mauvaise note, donc lui aussi, il accuse quelque chose. Oui, même si, effectivement, il n'a pas bossé ou quoi ou qu'est-ce, peu importe, mais il accuse aussi quand même une forme de tristesse, peut-être de honte un petit peu aussi. Bien sûr,
- Speaker #0
définitivement. Et pour moi, le parent, c'est aussi son devoir de faire preuve de pédagogie. C'est-à-dire que... Oui, tu as une note, je ne vais pas non plus faire comme si c'était rien. Tu as une mauvaise note, on va en parler. Mais je ne vais pas te fustiger au point que tu crois que tu es le pestiféré de la fratrie maintenant. Tu sais, même ce truc du petit vilain petit canard de la famille ou le spécial de la famille. Moi, j'étais le spécial de la famille. Tu vois, j'étais un peu le rebelle. On disait que je suis le rebelle. Mais quelque part, ça t'isole, ça. Bien sûr. Tu vois, ça te... DUN ! de qualifier chacun de ses enfants de cette manière. Ma mère, elle me disait tout le temps « Toi, Daniela, t'as toujours été spéciale. » Tu sais, déjà, elle me disait tout le temps. Elle me disait depuis gamin, déjà, j'ai toujours cru, j'ai toujours... Avant de t'avoir, moi, j'aurais toujours préféré avoir une fille. Elle me disait tout le temps ça.
- Speaker #1
C'est sympa.
- Speaker #0
et moi je t'envoie au gué d'Akkar au gué d'Akkar du coup je tentais des petits trucs je rigole mais quand même ça crée un truc tu te dis en mode oh waouh genre je suis pas c'est pas moi qu'on attendait moi je suis là en petit garçon alors que ma mère elle voulait une go tu vois elle disait tout le temps et je pense que ça explique quelque part pourquoi depuis que je suis gamin j'ai cette fibre paternelle depuis très jeune Parce que je pense que je voulais plaire aussi à ma mère. En étant un bon petit garçon. Et ce qui faisait de moi un bon petit garçon, c'est que quelque part, mon story short, c'est que je m'attribuais certaines bonnes valeurs qu'on donne aux filles. À savoir, le gars qui se soucie de tout le monde.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
il pense aux frères. Moi, j'étais le yaya qui se souciait. Tu vois, j'étais... petit papa, moi, depuis très jeune. Et voilà, bon, ça explique peut-être, j'en sais rien. Aujourd'hui, je dirais pas que c'est un trauma, c'est pas un trauma, mais ouais, en tout cas, moi, c'est pas ce que je veux laisser à mes enfants, en mode...
- Speaker #1
Tu voudrais vraiment qu'ils soient eux.
- Speaker #0
T'es venu comme ça, t'es comme ça, moi, je t'aime comme ça. Et ça me va très bien.
- Speaker #1
Et ça te va. Donc voilà, t'es leur gars sûr, t'es là pour eux, c'est ça que tu veux, en tout cas, c'est ce que tu veux laisser comme trace. C'est ce que tu veux qu'ils se disent quand ils parleront de toi, quand ils penseront à toi.
- Speaker #0
Et quelques titres où ils puissent se dire, ça c'est mon père qui a fait ça.
- Speaker #1
C'est bien, sans transition, avant de se quitter, est-ce que tu as une actu, un projet, quelque chose ?
- Speaker #0
J'ai mon EP qui tourne toujours. Qui est sorti l'année dernière. transformer le SEM en mus, donc on parlait de colère tout à l'heure, le SEM qui est un sentiment latent chez moi, et sur lequel une cover sur laquelle mes enfants se trouvent, c'est un projet qui me tient à cœur. Et ouais, en ce moment, je suis sur la fin de ma tournée de cette saison. T'es à Lyon,
- Speaker #1
là, dernièrement.
- Speaker #0
C'est ça, je suis à Lyon, il me reste deux, trois dates. Une dernière date qui sera au mois de juillet, le 4 juillet, le Yala Festival. Ce sera très très chouette à la Belle Vinoise. Yes ! Ça sera très cool, ça sera le samedi 4 juillet si je ne me gourde pas.
- Speaker #1
Parisien, parisienne.
- Speaker #0
Parisien, parisienne, venez, ça va être très très chouette. Et puis de... D'autres choses qui arrivent, mais j'en parlerai en temps voulu.
- Speaker #1
Super.
- Speaker #0
Donc voilà. Sinon, les réseaux, Danny Boomba. Je partage toutes mes infos et toutes mes pensées.
- Speaker #1
Merci, Dani Bumba.
- Speaker #0
Merci à toi, Nick.
- Speaker #1
Merci pour ta sincérité, ta sensibilité.
- Speaker #0
Avec grand plaisir.
- Speaker #1
Pour tout ce que tu es venu déposer aujourd'hui. Merci à toi, Dirmama, d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout. Si cet échange t'a plu, tu peux soutenir le podcast en laissant 5 étoiles sur ta plateforme d'écoute préférée. Et puis, bien sûr, venir me retrouver. sur les réseaux, sur Instagram, pour échanger sur cet épisode ou sur les autres, ou tout simplement me faire un coucou. On se retrouve très vite dans Dire Mama, le podcast. Et d'ici là, comme j'aime le dire, il n'est jamais trop tard pour écrire un nouveau chapitre. Ciao !