- Speaker #0
Bienvenue dans DeepMedia, le podcast qui décrypte les médias à l'heure du numérique. Aujourd'hui, je vous propose un épisode assez exceptionnel, hors format traditionnel. Il y a quelques mois, j'ai eu la chance de m'entretenir pour ce podcast avec Ambre Delcroix, journaliste indépendante, consultante en relations publiques, mais aussi vice-présidente du cluster Digital Africa, plateforme d'intelligence collective ayant pour objectif de co-construire une souveraineté numérique africaine. Les trois épisodes sont toujours disponibles dans les fils de ce podcast et je vous invite vivement à les écouter et surtout à vous abonner pour ne manquer... aucun des prochains épisodes. En attendant, pour avoir un condensé de notre conversation, je vous propose en seulement quelques minutes un récap de cet échange. Cet épisode a été généré grâce à la fonctionnalité résumé audio de Google Notebook LM. A présent, je vous laisse découvrir cet épisode et je passe la parole à mes deux co-AI animateurs. Bonne écoute !
- Speaker #1
Bienvenue ! Aujourd'hui, on va se pencher sur une conversation vraiment, vraiment éclairante. Elle est tirée d'un autre podcast, Deep Media. C'est une interview en trois parties avec la journaliste Ambre Delcroix. Et elle y présente un projet fascinant et surtout nécessaire. Un outil de fact-checking, de vérification des faits, pensé spécifiquement pour l'Afrique francophone.
- Speaker #2
Oui, et le sujet est absolument crucial. On est tous saturés d'informations, de fausses informations. La lutte contre la désinformation, c'est un enjeu mondial. Mais ce qui est remarquable ici, c'est vraiment l'approche. Ce n'est pas juste une solution technologique qu'on aurait importée. C'est un projet qui a été pensé, développé sur le continent pour répondre à des défis bien spécifiques.
- Speaker #1
Exactement. Et c'est ça notre mission aujourd'hui. On va tenter de synthétiser les points clés de cet entretien qui est très dense, très passionnant. L'idée, c'est d'en extraire l'essence. On va décortiquer ce projet, qui s'appelle Akili, pour comprendre sa mécanique, sa mission et ce qu'il nous dit au fond sur l'avenir de l'information.
- Speaker #2
Alors, pour commencer peut-être, qu'est-ce que c'est Akili ? Ambre Delcroix le décrit comme un assistant de fact-checking qui est nourri à l'intelligence artificielle générative. Et son nom déjà, Akili, ça veut dire « intelligence en bambara » , une langue qui est parlée en Afrique de l'Ouest.
- Speaker #1
Rien que le nom, ça pose déjà le décor.
- Speaker #2
Tout à fait. Le point de départ, c'est un constat assez simple en fait. La désinformation, elle progresse très vite en Afrique, et notamment via les réseaux sociaux. On parle de WhatsApp, Facebook, TikTok. Ces plateformes, elles sont au cœur de la vie sociale. mais elles sont aussi des vecteurs de fausses nouvelles. Et ça peut déstabiliser des situations politiques, sociales ou même sanitaires. C'est très concret.
- Speaker #1
Et ce qui est vraiment frappant, c'est que le projet est entièrement porté par des acteurs africains. Il a été développé par des médias qui sont basés sur le continent. Elles citent Tama Media, La Voix de Mopti au Mali, Satenal Media au Sénégal. Et même le développement technique a été fait par une structure en Côte d'Ivoire.
- Speaker #2
C'est ça, le seul soutien extérieur qu'elles mentionnent. C'est un appui financier de l'Organisation internationale de la francophonie.
- Speaker #1
Et ça, c'est un détail fondamental ?
- Speaker #2
C'est plus qu'un détail, oui. Cette appropriation locale, elle garantit que l'outil est vraiment adapté aux réalités du terrain. Ce n'est pas une initiative qui vient de l'extérieur. C'est une réponse construite de l'intérieur, par des journalistes qui connaissent leur public, qui connaissent les enjeux.
- Speaker #1
D'accord. Alors, entrons un peu dans la mécanique. Comment ça fonctionne concrètement ? L'outil, Akili, il est accessible via des applications classiques, mais surtout, et c'est ça qui est malin, directement sur les plateformes où la désinformation circule.
- Speaker #2
WhatsApp et Instagram principalement ?
- Speaker #1
C'est ça, on peut lui poser une question par texte, par message vocal ou même en lui soumettant une image.
- Speaker #2
Et c'est là que le processus devient vraiment intéressant. Il y a un système à plusieurs niveaux en fait. D'abord, l'IA, elle, elle va interroger une base de données de sources, des sources fiables et vérifiées. On parle de dizaines de médias internationaux et locaux, des agences de presse, des organes de fact-checking spécialisés sur l'Afrique.
- Speaker #1
D'accord. Mais que se passe-t-il si l'IA, elle, ne trouve pas de réponse ? C'est souvent là le point faible. C'est là que les IA classiques se mettent à halluciner, comme on dit, à inventer.
- Speaker #2
Eh bien, c'est justement le point de force d'Akili. S'il n'y a pas de réponse, il ne dit rien. La requête est transmise à une équipe, une équipe d'une quinzaine de journalistes humains, des fact-checkers.
- Speaker #1
Ah oui, d'accord.
- Speaker #2
Et ils ont un délai de deux heures pour vérifier l'information. Si même eux ne trouvent pas, la demande remonte alors aux développeurs. C'est vraiment une alliance entre la rapidité de l'IA et la rigueur du journalisme humain.
- Speaker #1
Ce filet de sécurité humain est donc... essentielles, surtout pour les sujets sensibles, j'imagine.
- Speaker #2
Oui, Ambre Delcroix le mentionne bien. Les thématiques politiques, par exemple. Surtout en période électorale. Ce sont celles qui reviennent le plus.
- Speaker #1
Et qui nécessitent cette vigilance humaine accrue, évidemment.
- Speaker #2
C'est clair. Mais ce qui ressort dans l'interview, c'est qu'Aquili, c'est bien plus qu'un simple outil technologique.
- Speaker #1
Ah oui, complètement. C'est un projet qui s'accompagne d'une vaste mission d'éducation aux médias. Et il cible particulièrement les jeunes, les 15-24 ans. forme aussi des ambassadeurs.
- Speaker #2
Tout à fait. L'objectif, c'est d'inculquer ce qu'elle appelle un réflexe de vérification, avant de partager quoi que ce soit.
- Speaker #1
Ce réflexe qu'on a un peu tous perdu parfois.
- Speaker #2
Exactement. Et cette approche éducative, elle est complétée par un effort vraiment remarquable sur l'accessibilité. L'outil intègre déjà des langues locales, comme le Bambara. Et surtout, il fonctionne par commande vocale.
- Speaker #1
Ah, ça c'est très intéressant.
- Speaker #2
C'est crucial. Une personne qui ne sait ni lire ni écrire peut poser sa question oralement, dans sa langue. Et recevoir une réponse audio qui est adaptée, ça permet de toucher absolument toutes les franges de la population.
- Speaker #1
C'est une véritable inclusion. Là, pour le coup, c'est l'outil qui s'adapte à l'utilisateur et pas l'inverse. Ça montre une compréhension vraiment profonde des contextes locaux.
- Speaker #2
Absolument. Et l'avenir du projet, il semble tout aussi ambitieux. Une version 2 est déjà en cours de développement, avec l'ajout de nouvelles langues comme le Peul ou le Swahili, et une volonté d'impliquer encore plus les jeunes dans sa conception.
- Speaker #1
Et puis, à cette information qu'Ambre Delcroix a partagée en exclusivité dans l'interview, le projet d'une chaîne de télévision pour les 15-18 ans, qui pourrait voir le jour d'ici 2026 ?
- Speaker #2
Oui, l'idée serait de proposer une actualité entièrement axée sur le fact-checking, présentée par des journalistes spécialisés. C'est un changement de paradigme.
- Speaker #1
C'est un vrai contre-pied, mais ça m'amène à une question. Face à la course technologique des deepfakes, des IA toujours plus performantes pour créer du faux, Comment est-ce qu'ils tiennent route ?
- Speaker #2
C'est une très bonne question et la réponse est éclairante. Leur budget de démarrage était modeste, très modeste, entre 25 000 et 40 000 euros pour la première version.
- Speaker #1
C'est dérisoire pour l'entreprojet tech.
- Speaker #2
Carrément. Et du coup, l'équipe a fait un choix stratégique. Plutôt que de tenter de rivaliser technologiquement, ce qui serait perdu d'avance, ils investissent dans l'humain.
- Speaker #1
C'est-à-dire ? Se concentrer sur la sensibilisation, sur le renforcement de l'esprit critique des utilisateurs.
- Speaker #2
Exactement. L'idée, c'est que la meilleure défense contre la désinformation, c'est un citoyen qui est éduqué et qui est vigilant.
- Speaker #1
En résumé, si on devait conclure cette analyse, Akili se révèle être bien plus qu'une simple application. C'est un véritable écosystème. Il allie technologie, journalisme, éducation et inclusion. Et le tout est ancré dans les réalités du continent africain. C'est une initiative collaborative vraiment inspirante.
- Speaker #2
Absolument. Et ce qu'on a partagé là, ce n'est qu'un aperçu, une synthèse. La conversation originale avec Ambre Delcroix, elle est remplie de détails, de nuances, sur la construction du projet, sur sa vision. C'est vraiment passionnant.
- Speaker #1
C'est certain. C'est pourquoi on invite vivement celles et ceux qui s'intéressent à écouter l'intégralité de l'entretien. Vous pouvez retrouver les trois épisodes sur le podcast Deep Media. Il est disponible sur toutes les plateformes d'écoute. Et on vous encourage à vous y abonner pour ne pas manquer leurs prochaines analyses.
- Speaker #2
sur la création d'IA toujours plus... plus complexe pour combattre la désinformation, Achilli nous interroge sur une autre voie. Et si l'investissement le plus crucial, au fond, n'était pas dans la technologie elle-même,
- Speaker #0
mais dans la culture de l'esprit critique de la prochaine génération ? à l'heure du numérique. En attendant, pour ne pas manquer les prochains épisodes, abonnez-vous à ce podcast et mettez les commentaires et étoiles adéquates. DeepMedia est un podcast autoproduit par Follow me Conseil, agence de formation et conseil stratégique spécialisée en IA générative et social media. A très bientôt !