Speaker #0Bonjour et bienvenue dans Phone Room, moi c'est Fallon, étudiante en master entre cours, job et création de contenu. Ici c'est ma chambre, mais c'est aussi ton espace à toi où tu peux te découvrir, venir m'écouter parler vrai, sans filtre, comme à une amie qu'on n'a pas vue depuis longtemps. Je partage mes réflexions personnelles, mes pensées, mes doutes et tout ce qui traverse mon existence, les relations aux autres, la santé mentale, mais aussi le rapport à soi-même. Alors si ça te plaît, installe-toi, respire lentement et prends ce moment-là pour toi. N'hésite pas à partager cet épisode à quiconque en aurait besoin autour de toi. Merci et bonne écoute. L'hiver approche, les journées s'atrophient doucement et nous accordent plus de nuit. Ces paroles me sont inspirées directement de l'onepsie qui les a écrites pour sa chanson « L'hiver est là » qui date de 2017. Re-bonjour. Rebonsoir, peut-être que tu m'écoutes, que t'es allongé, enmitouflé dans ton cocon Ou peut-être marches-tu doucement dans la brume, les feuilles d'automne qui planent au-dessus de ta tête Ce soir, ou ce matin, selon l'heure que tu choisis pour moi, nous allons parler d'hiver Mais pas seulement du froid hivernal qui s'installe dans le corps, dans le souffle, dans le cœur Moi j'ai envie de parler de ce que l'hiver fait à l'intérieur de moi, et sûrement à l'intérieur de toi aussi. Alors, quand tu es prête ou prêt, je te laisse t'installer confortablement et continue l'écoute de ce podcast. Je dis tout cela parce que récemment j'ai eu envie de créer un Pinterest board sur la base d'un winter arc. Mais souvent, ces projets idéalisés, presque parfaits, je n'arrive pas à les compléter, voire jamais. J'ai l'impression de ne jamais m'être vraiment vue ou écoutée. Et c'est en ce sens que Winter Ark, si vous ne connaissez pas, c'est le principe de pendant 90 jours, tu te tiens à ne pas boire des boissons sucrées. mettre en place une routine de sport bien ficelée, c'est très codifié en fait. Et tu peux aussi te créer le tien. Et moi je me suis dit, pourquoi pas le faire ? Sauf que, en contraste, si je pense à l'année dernière, j'ai essayé de le faire, sauf que je traversais une relation difficile et je n'ai pas réussi. J'étais juste pas bien mentalement. Et même là, moi, disons que j'ai déjà pu faire de nombreuses dépressions au cours de ma vie. Et en hiver, je me replie sur moi, je le sais. J'aime bien me protéger, j'aime bien mon cocon personnel, j'aime pas sortir. Enfin, je sors moins, mais je sors quand même, hein. Mais juste beaucoup moins, quoi. Je vais trouver l'excuse de « bah il fait froid, j'ai envie de rester chez moi, quoi » . Et pour autant, je vois ces influenceuses quand je scrolle sur Insta, sur TikTok, et je me laisse tenter. Encore et encore, par l'idée de projeter une vie idéalisée, et ça me gave. Parce que même en écrivant mes bons podcasts, j'ai l'impression que je reste enfermée dans mon doomscrolling. Mes idées, mes biais cognitifs, tout ça, c'est entremêlé et j'arrive pas à en sortir. Donc l'idée, c'est que j'ai envie de vous dire aujourd'hui, je suis fatiguée et lasse de devoir prouver, de devoir performer, alors que je suis pas obligée, mais de me mesurer aux autres, même de façon inconsciente, malgré moi. Parce que je suis une fille qui est exigeante envers elle-même, qui prétend tout gérer, mais qui craque, en fait, mentalement et physiquement, je craque à la moindre fissure, friction aussi. Et mon égo se craquelle facilement. Après, est-ce que j'ai pas envie d'avoir un refuge bien à moi ? J'aimerais que ce soit imparfait mais confortable et que je sois juste à l'aise d'être moi-même et de... Bah, aujourd'hui, est-ce que j'ai envie ? Ce dont j'ai le plus envie, ce que je veux, c'est de ne rien faire. Mais c'est compliqué, parce que même quand je suis chez moi, le monde semble continuer d'attendre quelque chose de moi. Les attentes, le temps qui file, les échéances, les rendez-vous, on connaît tous ça. Et plutôt que d'étaler ma to-do liste impossible pour la moitié irréalisable que j'avais établie pour... Bah, pour mon Winter Arc, j'ai choisi d'en parler autrement. Parce que celui que j'avais imaginé ressemblait à tout autre chose. La liste sera sur Pinterest, pour celles que ça intéresse. Mais pour l'instant, voici ce que je me suis définie. Déjà, j'aimerais bien dormir. Genre, vraiment me reposer, mais de façon à ce que je n'ai pas besoin de prendre un médicament ou quoi que ce soit. Avancer sur mes projets, tels que mon mémoire et mon podcast. Pratiquer le yoga lat, écrire des haïkus en atelier. Parce que... Il y a un cadre et je vais m'y tenir, ça c'est cool. Et j'ai pas besoin d'y penser, je sais la date, je sais l'heure, je sais que c'est le jeudi pour le yoga lat, c'est l'après-midi, les haïkus, pour écrire des haïkus, pardon, c'est le matin, donc ça va. Mais j'aimerais juste me bouger, même lentement, que ce soit m'étirer, faire une randonnée près de chez moi, pas me prendre la tête en fait, si j'ai pas envie de couvrir, je cours pas, si j'ai oublié ma montre, c'est pas grave, plusieurs fois où je voulais ma montre et... C'est quelque chose qui me stresse parce que ça m'enregistre mes courses et du coup des fois j'oublie de l'activer. Ça c'est quelque chose qui m'angoisse, l'idée de ne pas enregistrer ce que je fais. Donc j'aimerais juste respirer, me poser, me dire c'est pas si grave que ça. Laisse-toi tomber dans ton lit, c'est pas grave, sens-toi coupable de ne rien faire. Savoure ton café tranquille devant un true crime documentary sur Netflix. Voilà, même si c'est pas... c'est redondant, voilà, c'est moi quoi. Et j'ai un peu envie de vous dire que, bah oui, ce serait imparfait d'agir ainsi, mais j'ai besoin d'être honnête avec moi et avec toi. Parce que je ne suis pas cette fille qui get it together, qui arrive à tout gérer, à d'être ça, quoi. Je veux être sincère, et si je veux l'être, je dois admettre que tout ce que je construis, c'est bien souvent une façade. Un peu trop... qui paraît être lisse mais qu'il n'est pas. Parce que je refuse d'avouer ce que je considère comme étant des échecs. Je fais tout ce cinéma pour ne pas admettre ma peur de m'écrouler face à ma propre angoisse existentielle de ne rien faire. Parce que le froid demeure, persiste, la distance entre les gens aussi. Peut-être que c'est la première étape de mon Winter Arc, ne pas en avoir du tout. Et dans ma liste, il y avait quelque chose de ritualisé, de mesurable, un cadre fixe. Se réveiller à 9h, faire du sport, se lire des affirmations quotidiennes. Mais je n'y tiens pas vraiment. Je le fais quand j'y pense, c'est comme mon journal intime, je le fais quand j'y pense, quand j'en ai envie, quand j'en ai besoin. Et pour moi, c'est une tentative en voulant m'imposer un cadre fixe, en sachant que je suis, je pense, une personne très instable à ce niveau-là. Peut-être que j'ai envie de maîtriser ma peur de m'auto-saboter, car je l'ai fait de nombreuses fois, mais ça fait partie de qui je suis, et en fait, créer du contrôle et maintenir une stratégie, c'est peut-être pas la bonne solution, en fait, c'est peut-être contre-productif. Pourtant, mon ralentissement reste productif, car je veux que ce que je fais serve à quelque chose. Mon univers n'a donc pas à être... performatif, vous allez me dire, mais il n'y a pas à se triturer le cerveau comme ça, à chercher par A plus B comment améliorer son quotidien alors que tu peux juste être toi-même et vivre ta vie tranquillement. En fait, non, je suis anxieuse. Et en fait, à toi qui m'écoutes ou qui me connais, tu as peut-être vu sur Insta que j'aime poster. Même quand je fais des retours en stream ou en podcast, j'aime relater ce que je fais parce que je... Je me dis, entre guillemets, ça me permet de me tenir à ce que je dois faire, de montrer que j'existe, que je suis là, même dans le désordre de mes envies, parce que j'en ai de multiples et que c'est difficile de ne pas réussir à tout faire à la fois. Et dans cet hiver relationnel dont l'onepsie parle, les cœurs se figent, la tendresse se fait rare, la chaleur devient un souvenir que l'on caresse du bout des doigts. Parce qu'on s'éloigne des autres. Et moi, par exemple, j'ai cette envie d'aller à Chamonix avec des amis et de prendre le train rouge pour aller à la mer de glace. C'est une de nos envies. Et même le Brooks Dancy auquel je me suis inscrite, je me dis, purée, mais en fait, c'est pas un objectif à atteindre, mais quelque part, si. Donc, est-ce que j'y vais en mode mollo et je prends mon temps ou est-ce que je me bouge et tous les jours, je montre que je cours, etc. Enfin, je pense que ça commence par me dire, OK. Tu vois, jusqu'à avril, tu prends ton temps et voilà. Et en fait, quand je parle de l'hiver, je fais celle qui... qui gère encore une fois, qui est en mode « Ah oui, j'ai prévu de cuisiner tel plat parce que ça correspond à la saison, de manger tel légume, etc. » En fait, cette chaleur domestiquée, à savoir quand je parle des plaies, du café bien chaud entre les doigts, c'est ma déa à moi quelque part, mais j'en ai assez. J'en ai assez de faire semblant, de devoir montrer que je mérite d'exister parce que la brûlure du lien... humain, même avec soi-même. Je la combat avec ça, c'est-à-dire les cafés, les plaies de doux et chauds que je tire près de moi. C'est peut-être là que je trouve refuge. Et je pense ne pas aimer l'hiver pour ce qu'il incarne, à savoir le calme, la quiété, mais la quiétude, pardon, la quiété. En fait, je pense que j'aime l'hiver pour ce qu'il revêt, à savoir mon propre caractère froid et distant avec les autres. Est-ce que je ne suis pas en train de romantiser ma propre hibernation en guise de performance sociale ? Regardez, voici comment je vis ma vie en hiver. Je gère tout ? Non, pas du tout. Je risque de vous parler de la cheval de mon plaid chez moi et en opposition du froid de ma chambre d'internat où je travaille désormais. Parce que voilà, c'est paradoxal mais c'est nécessaire car tout cela mène à quelque chose de plus métaphorique. J'ai tiré des cartes récemment. Et elles ont parlé pour moi. La première disait Et cette carte, ça s'appelle la révolte. Et la révolte, on sait ce que c'est. C'est clairement, je suis en colère. C'est légitime. J'en ai marre de me dissimuler, de me cacher. J'aimerais reconduire ça vers des choses qui me nourrissent, qui me font du bien, à savoir, pourquoi pas, je ne sais pas, c'est très très spécifique, mais j'aimerais bien la reconduire pour écrire, et du coup c'est ce que je fais avec le podcast. La deuxième carte, elle s'appelle Le Désir, et elle m'a rappelé que je ne suis pas seule dans mes attentes. Parce que ça dit, prise dans l'attente, je me rends prisonnière du temps et de ses accomplissements. Quand ai-je placé ? tant d'attentes sur moi. Et ce qui est vrai, surtout quand je poste sur Instagram, c'est que je veux prouver que je peux accepter le désordre de mes envies et de ma propre existence. Et pourtant, j'y arrive rarement. J'accepte pas vraiment que mon cerveau est un peu en vrac et qu'il y a plein d'idées qui s'amoncèlent dans mon esprit et que j'arrive pas à faire le tri et à me concentrer vraiment sur ce qui me fait du bien et ce qui fait que je suis moi. Mon Winter Arc, finalement, c'est... accepter l'incertitude de l'existence, accueillir l'imprévu et créer ma propre lumière en sachant qu'en hiver, avec le manque de sérotonine dû au fait que la lumière baisse, il va falloir être plus vigilante car la dépression saisonnière peut se pointer et te dire ça y est, il est temps, tu vas rester chez toi, tu vas rester tard à la nuit, profiter longuement des nuits. t'inquiète, t'inquiète, tu vas te sentir juste trop mal parce que tu vois personne j'ai envie de dire que l'hiver est certes là mais sa froideur c'est juste une virgule comme dit l'onopsie il dit la froideur de l'hiver est une virgule qui sépare les corps mais ligue les âmes et même quand tout semble distant ce que j'avais envie de dire c'est que il reste une étincelle, il reste quelque chose qui subsiste C'est pas la chaleur instantanée des radiateurs, c'est un petit feu de cheminée qu'on entretient, même s'il est fragile, avec patience. Et pourquoi je dis tout ça ? Parce qu'il faut se créer des moments où on partage du temps avec les autres. Ça peut être une petite raclette, une soirée jeu de société. Moi j'aimerais bien faire ça avec mes potes. Mais c'est essentiel pour se dire ok, j'existe, mes potes aussi, c'est cool. J'avais pensé à quelque chose en particulier, mais j'ai complètement zappé. Et je viens de me rappeler que, mine de rien, les animaux, les arbres, tout ça, ça reste en suspens en hiver, et que ça reste en état d'hibernation, mais que ça revient à la vie, quand le printemps revient lui-même. Donc c'est à ça que je voulais faire référence, quand je pense aussi à l'idée que les choses subsistent. Oui, on va dire que nos âmes se taisent, mais on continue de vivre malgré nous. Et peut-être qu'il y en a qui seront en train de survivre à l'hiver parce que c'est une saison qui est particulière. Ce que j'essaie de faire de mon côté, c'est de me créer une flamme vacillante, même si elle est imparfaite, tremblante. Elle est là et puis c'est principal. J'en profite pour caler un clin d'œil pour celles et ceux qui connaissent Swift+. Vous savez la méditation zazen, l'exercice qu'on devait pratiquer où il fallait être en équilibre sur la balance. Pour les connaisseurs, il ne fallait juste pas bouger. Il y avait une flamme qui bougeait, qui tanguait. C'est un peu cette image-là qui m'est apparue quand j'ai écrit cet épisode. Et pour ceux qui ne connaissent pas, j'ai glissé la vidéo YouTube au cas où en description. Comme ça vous voyez à quoi ça ressemble. Je me rends compte que j'ai pas envie d'avoir de checklist parfaite, ni de vision board préconçue. Je vais y aller à tâton, que ce soit dormir, manger, bouger, écrire, méditer si je m'en sens capable, accepter que tout ne se passe pas comme prévu, lâcher prise, voir une psy, voir mes amis, me réchauffer moi-même quand j'ai trop froid, car personne ne le fera pour moi. Et toi... Peut-être es-tu déjà dans ton hiver aussi. Alors, prends ton plaid, ta couette, ton café, ce que tu veux. Laisse naître ta lumière, même si elle est fragile et incertaine. C'est quand même toi. Voilà. L'hiver est là, et moi aussi. Et c'est déjà beaucoup. Je suis en vie, j'existe. Et c'est le principal. Enfin, je veux dire... L'année dernière, j'étais dans une part de ma vie où j'ai cru, j'ai vraiment cru que j'allais mourir. Donc sachez que c'est avec toute l'honnêteté et la sincérité du monde que je vous dis que je suis heureuse d'être en vie. Et que je ne veux plus me sentir mal et que je ne veux plus m'enfermer dans mes propres biais cognitifs. À être négative, à râler pour un rien. J'aimerais juste me sentir bien, telle que je suis. Voilà. Merci d'avoir pris ce temps pour m'écouter. En attendant la prochaine sortie, je te souhaite une belle semaine ou une fin de semaine douce, selon quand tu m'écoutes. Je te dis à très bientôt sur Phone Room. Au revoir et ciao ciao !