- Speaker #0
C'est très intrusif et notamment ça implique beaucoup de choses sur l'organisation familiale et beaucoup de parents ont le désir d'être maître de la gestion des écrans à leur domicile. Et quand l'école recommande un usage, ça légitime aux yeux des enfants, parfois même aux yeux des parents, cet usage et c'est parfois le début d'une chasse aux écrans.
- Speaker #1
Bonjour, ici Caroline, bienvenue dans cet épisode de Derrière nos écrans de août 2026. Et si, à la rentrée, on osait dire non au numérique imposé par l'école ? Pas pour le bannir des salles de classe, pas du tout, mais pour le cantonner là où il a sa place, entre les murs de l'établissement et non pas dans nos foyers 24h-24. Aujourd'hui, dans derrière nos écrans, nous recevons... une parente élève française, cofondatrice de l'association Présents Simples. Son combat protégeait les enfants, les siens et tous les autres en France, de l'invasion du numérique dans la vie familiale telle qu'il s'impose aujourd'hui. Elle ne milite pas contre le numérique à l'école, mais pour un droit à la déconnexion après les cours, le même droit que celui accordé aux salariés en droit français d'ailleurs. De plus, cet été, l'association Présence Simple et Isabelle Corien-Barrès, que j'ai la chance d'interroger, passe à l'action avec une campagne nationale pour les familles qui veulent dire stop aux ENT, ces espaces numériques de travail utilisés en France dès le primaire pour afficher les devoirs, les absences et les échanges avec les enseignants. Sont et sages, vous avez le choix. Nous en adhérons plus à la fin sur les leviers qu'elle conseille aux parents d'actionner pour avoir le choix d'échanger avec l'école uniquement via le numérique par rapport à ce qu'on appelait auparavant les cahiers de liaison qui étaient des cahiers physiques où l'enseignante ou l'enseignant écrivait les devoirs à faire. Dites-moi via LinkedIn sur mon profil Caroline Isautier ou en contactant Tech for Good Canada Technoethic, avec un K, via notre site, via Instagram, LinkedIn ou Facebook, ce que vous pensez de notre échange, que ce soit comme parents, comme élus locales, comme enseignants ou enseignantes en France, au Québec ou ailleurs. Un petit mot complémentaire. Si vous appréciez Derr les écrans, merci de vous abonner via votre application de podcast audio de choix, que ce soit Apple Podcasts, Spotify ou Deezer par exemple. Merci beaucoup, ça nous aide beaucoup à être vus. Bonjour Isabelle Corrignan-Barrès, vous êtes responsable avec Inma Serna de l'association française Présent Simple, qui milite en France, donc pour un usage aussi limité que possible du numérique à l'école. Et vous nous en direz, vous allez nous en dire un peu plus tout de suite, sur depuis quand vous faites ça, qu'est-ce qui vous a amené à faire ça,
- Speaker #0
où vous en êtes aujourd'hui avec votre association ? Alors effectivement, notre association s'appelle Présent Simple. Elle milite pour un droit à la déconnexion des élèves et des familles également d'ailleurs. pour ce qui est relatif à l'école. Nous l'avons créé il y a environ deux ans, suite à, très concrètement, à un événement dans le département des Yvelines qui a entrepris, ça a commencé dans certaines communes, à distribuer des tablettes individuelles nominatives aux élèves dès le CM1. Donc le CM1,
- Speaker #1
c'est... CM1 ! CM1 !
- Speaker #0
Vont, ne vont peut-être à peu près ?
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
J'avais entendu parler au niveau du collège,
- Speaker #1
c'est-à-dire 10-11 ans, mais alors là, oui.
- Speaker #0
Les Yvelines, c'était dès le CM1, si les maires étaient d'accord et les enseignants dans les communes, pour les distribuer. Donc suite à ça, il y a eu un début de mobilisation de notre côté à ce sujet. Et puis petit à petit, nous en sommes venus au désir de créer une association à vocation nationale sur ce sujet-là, puisqu'on s'est rendu compte en fait que beaucoup de parents sont isolés et qu'il est difficile de donner un avis ou d'oser refuser de tels outils. Donc l'idée est vraiment de dire que ces outils peuvent être refusés, notamment quand ça doit venir dans nos familles, c'est très intrusif. C'est très intrusif et notamment ça... Comment dire ? Ça implique beaucoup de choses sur l'organisation familiale et beaucoup de parents ont le désir d'être maîtres de la gestion des écrans à leur domicile. Et quand l'école recommande un usage, ça légitime aux yeux des enfants, parfois même aux yeux des parents, cet usage et c'est parfois le début d'une chasse aux écrans. Suite à l'accueillissement de notre association, on s'est rendu compte que beaucoup de parents sont venus vers nous à ce sujet-là, sur ce sujet de la chasse aux écrans et du cheval de Troyes qui entrait à la maison par l'école. D'accord, oui, j'aime bien ce terme de cheval de Troyes. Parce qu'on pourrait imaginer,
- Speaker #1
si c'était entre guillemets bien appréhendé, que cet écran soit uniquement un écran de travail. C'est-à-dire que ce soit un outil qui vraiment, je ne sais pas, soit relativement limité ou alors on n'écoute que des applications de français, d'histoire-géographie, de maths dessus.
- Speaker #0
Et pourquoi pas permettre aux élèves de s'entraîner à la maison ? avec un outil numérique. Mais il me semble que ce n'est pas le cas. Voilà, on pourrait imaginer ça. Et c'est vrai que c'est très juste ce que vous dites là. C'est un très bon point, puisque ce qu'on voit, c'est ce qui est distribué actuellement par les régions, les départements. Ce sont des tablettes ou ordinateurs de marques bien connues. Déjà, il y a le point, le fait que ça va rendre captif l'élève et la famille d'une marque et d'une technologie donnée, ce qui n'est pas neutre, évidemment, pour les entreprises qui travaillent avec les collectivités territoriales. Ce n'est pas pour rien qu'elles viennent les voir à ce sujet-là. et le problème c'est que parfois s'est distribué non limité, sans contrôle parental, avec toujours le désir d'en mettre, mais les collectivités ont parfois du mal à en mettre. Et puis, quand bien même il y en aurait, c'est toujours un contrôle parental qui est limité, qui peut être déjoué. Et j'en veux, pour exemple, le fait qu'il y a deux ans, en France, en 2024, on a eu un grand piratage des environnements numériques de travail, ce par quoi l'école a tendance de plus en plus à donner les devoirs, notamment, qui a été fait par des mineurs. Donc, un mineur motivé arrivera. toujours à déjouer les contrôles parentaux, voire à surpasser largement les parents. D'accord. Ça en fait. Et pour revenir à ce que vous disiez, j'aime beaucoup donner l'exemple des jeux vidéo qu'on avait dans les années 80. C'était juste un petit boîtier qu'on dépliait et on avait accès aux jeux et à rien d'autre. Si c'était ça que l'école donnait, avec des contenus uniquement pédagogiques, on pourrait discuter très différemment de la question. Or nous, notre mobilisation, elle vient du fait, premièrement, que ça donne accès à Internet. Et Internet, c'est un monde qui a été créé pour les adultes. Oui. Au revoir. lâcher un enfant dessus sans surveillance. Or, on ne pourra jamais garantir qu'au moment de ses devoirs pour l'école, l'enfant soit accompagné. Et on ne peut d'ailleurs pas demander ça aux familles, notamment aux âges de collège dont vous parliez, où c'est un âge où maintenant, normalement, les enfants sont autonomes, font leurs devoirs tout seuls. Ça voudrait dire que le parent doit revenir à une surveillance. Et on peut même se poser la question de savoir si c'est sain, puisqu'ils sont allés d'une table d'autonomie à l'enfant. Bien sûr, bien sûr. Et donc ça,
- Speaker #1
ces choses-là, c'est quelque chose que votre association a tenté de faire remonter. Alors à quel niveau vous battez-vous ? Est-ce que c'est au niveau de l'école ? Est-ce que c'est au-dessus ? Au niveau du département ? Est-ce que je crois que c'est au niveau du département que ça a été donné ou de la région ?
- Speaker #0
Alors sur notre association, en fait, elle milite au niveau national. Donc la plupart de nos rendez-vous, c'est du plaidoyer. C'est aller voir des députés, sénateurs, des ministères, des cabinets ministériels. On a été auditionné aussi pour un groupe de travail au Sénat. Finalement, on essaie de voir au niveau législatif et de vraiment essayer d'avoir une vision holistique sur le sujet. Puisque nous n'avons nul doute qu'un enseignant qui va donner un devoir à faire sur YouTube, comme ça se passe dans les écoles très souvent, un devoir va donner une vidéo YouTube à regarder. L'enseignant a une bonne volonté, une bonne démarche à la base. La démarche, c'est de dire, l'enfant va regarder un contenu éducatif. Mais par exemple, on met l'enfant sur ce type de vidéo, évidemment qu'il y a un énorme risque que ça dérape sur d'autres vidéos, du fait déjà, tout simplement, de la façon dont ces plateformes sont conçues. Mais aussi, c'est que l'enfant ou le jeune a une curiosité naturelle, et on ne peut pas lui recrocher ça, c'est absolument normal. C'est l'âge aussi de la transgression, c'est un âge de curiosité, de découverte. Ils ont souci à nous, adultes, de borner les choses correctement pour qu'ils aient un espace de liberté dans un cadre sécurisé.
- Speaker #1
Même nous, moi qui suis utilisatrice de YouTube, je vois très bien comment j'ai des abonnements à des chaînes. Ça me permet, par exemple, depuis le Canada, de suivre des chaînes françaises, par exemple. Et j'ai donc une série d'abonnements à des chaînes que je suis. Et je suis obligée d'aller chercher dans mes abonnements pour voir les vidéos que j'ai demandé à voir. Sinon, YouTube va toujours essayer de m'envoyer faire une vidéo un peu trash, quelque chose qui va... être, comment dire, choquant et qui va me scotcher, qui va me donner envie de rester plus longtemps. Donc, vous avez raison. Si nous, on a du mal, on imagine un jeune ou une jeune,
- Speaker #0
c'est complètement inhumain de demander finalement à un jeune de rester à ça. C'est ça. Il y a un argument, nous, en tout cas, personnellement, pour lequel j'ai beaucoup de méfiance, c'est qu'on nous dit souvent, mais il faut faire confiance à nos jeunes. Et moi, je suis absolument d'accord pour leur faire confiance. confiance. Mais en revanche, je ne peux pas leur demander quelque chose de surhumain. En fait, ils n'ont pas les armes pour se battre par rapport à ces plateformes. Et même si, et évidemment, il faut les éduquer au numérique, même avec une prévention et une éducation, ce n'est pas suffisant. Nous pensons qu'à un certain âge, où des interdictions sont nécessaires, l'éducation, c'est aussi ça. On accompagne en expliquant, mais aussi, il y a des bornes, et avant certaines bornes, ils n'ont pas l'âge, ce ne sont pas des contenus pour eux, et finalement, le jeu ne rend pas la chandelle. Et comme rappelle souvent Inma, c'est vrai qu'il y a toujours l'idée du bénéfice-risque. Quels sont les bénéfices éducatifs ? On parle de l'école pour notre association. Quant au risque qui pèse, on parle de contenu choquant, mais on peut parler tout simplement aussi de temps volé à d'autres activités. Un enfant, un jeune, il a aussi besoin d'être dehors, d'aller prendre le soleil, de faire du jeu libre, et tout ça, même sans contenu choquant, on peut poser la question de qu'est-ce qui est nécessaire au développement de l'enfant et du jeune et qu'est-ce qui n'est pas nécessaire. Voilà, c'est aussi une question qui est très importante. Et d'ailleurs, ça prêtait presque à sourire, voire à être un peu dépité de voir que dans le rapport qui a été remis à Emmanuel Macron en 2024 à sa demande, le rapport d'experts, a été rappelé à un endroit du rapport que les écrans n'étaient pas nécessaires au développement de l'enfant. On est convaincus, et c'est quand même dingue que ça doive être rappelé. Alors, deux réponses à ce que vous disiez. d'abord.
- Speaker #1
Il me semble que vous êtes un affreux parent qui veut interdire, donc je pense que vraiment ce n'est pas bien. Voilà, je pense que vous n'êtes pas dans le modèle californien de l'éducation libre. Finalement, c'est quand même choquant d'être aussi rigide comme parent. Et deuxièmement, ça me fait penser à la table ronde qu'on a organisée la semaine dernière avec la députée Laure Miller et l'avocate Laure Boutron-Marnion, où vous étiez présente, Isabelle. Et où on a parlé d'une loi en cours de discussion en France pour interdire l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Alors, on ne parle pas des mineurs, on parle des moins de 15 ans. Et vous avez entendu, dans cette table ronde, notamment l'avocate Boutron-Marnion expliquer qu'elle sentait une pression, mais de la part des médias notamment. lorsqu'elle osait exprimer le mal-être des familles qui avaient vu leurs enfants se suicider après un usage de TikTok, qu'elle avait senti cette pression dont vous parlez finalement, c'est-à-dire le fait d'oser émettre un jugement critique sur ses écrans. On est tellement soumis au marketing, au lobbying. très efficaces américains, s'il y a une chose où ils sont très forts, c'est la communication, qu'on est obligé de rappeler des choses comme ce que vous dites, c'est que l'usage de l'écran n'est absolument pas égal à bénéfice éducatif. Ça reste à démontrer, c'est plutôt le contraire qui est en train d'être démontré récemment.
- Speaker #0
Oui, et nous, ce qu'on remarque, c'est que quand on parle de numérique dit éducatif, quand bien même il y aurait des effets qui sont souvent de façon très marginale, et encore, ça dépend des domaines dont on parle, nous trouvons que toutes ces études qui sont faites, sont faites sous cloche, c'est-à-dire en condition de laboratoire. Et c'est toute la différence entre la théorie et la pratique. Un jeune, un enfant ne frappe jamais. exactement ce qu'on lui dit. Donc évidemment que théoriquement, bien accompagné, de façon rigoureuse, peut-être qu'il peut y avoir des effets marginalement positifs. Le problème étant qu'on ne comprendra pas ce qu'on lui dit, un jeune non plus, encore moins peut-être, et que du coup, ce qui nous manque à chaque fois, c'est la vision holistique. C'est la vision sur la vie totale de l'enfant, c'est-à-dire qu'il faut prendre en compte aussi les conflits intrafamiliaux que ça va générer. Et ça, c'est pas rien, puisqu'on nous parle de santé mentale en France, c'était la grande cause nationale l'année dernière. Ça a été, comment dire, continué cette année. Parlons de santé mentale. Les conflits intrafamiliaux sur les écrans, c'est une des premières sources pour beaucoup de familles de déséquilibre. On peut même parler de santé mentale des parents, si je peux me permettre aussi. C'est une grande souffrance pour les parents qui ont peur de marginaliser leurs enfants en ne leur donnant pas accès à ces fameux écrans, qui pourtant ont envie de protéger leurs enfants et qui sont pris entre deux fues. Et quand l'école vient en plus surajouter une demande, à laquelle le parent a beaucoup de mal. à s'opposer, puisqu'il faut bien dire que l'école est vécue comme une sorte de hiérarchie. Déjà parce qu'on pense qu'évidemment, naturellement, et heureusement que ce qui vient de l'école est naturellement bon pour l'enfant. De plus, on fait confiance à des professionnels de l'éducation. Et puis, on a peur de marginaliser l'enfant ou que le parent ait de mauvaises relations avec l'école. Donc tout ça fait que la plupart des parents n'osent pas de refuser, mais s'en sont ensuite à la maison quant à ces usages demandés.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Il m'a précisé que l'école a un rôle prescripteur pour les familles, en effet. Et c'est ça qui est sur le numérique qui a émergé au cours des 25 dernières années. L'école a voulu saisir le numérique au vol en écoutant justement les discours marketing comme quoi c'était l'avenir, il fallait donner ça à son enfant, c'était vraiment la façon de l'aider à réussir. Mais on a oublié, puis il y a un mélange. Entre numérique de loisirs et numérique éducatif, sans compter ce que vous dites, c'est que le numérique éducatif qui a été fait par non pas les pédagogues mais des ingénieurs de la Silicon Valley n'a pas aujourd'hui forcément tous les effets bénéfiques qui sont mis en avant par ces plateformes, principalement de la Silicon Valley. Je ne veux pas parler, il y a un numérique éducatif en France et d'ailleurs partout dans le monde, en Europe, au Québec. qui a sans doute des mérites. Mais en tout cas, là, revenons à votre effort qui est surtout d'éviter qu'une fois qu'on envoie l'enfant récupérer ses devoirs en ligne, on ne le retrouve pas une heure après en train de regarder des vidéos YouTube. Alors concrètement, comment vous organisez-vous ? Parce que j'imagine que vous êtes un collectif principalement de parents. Est-ce que ce sont des parents de collégiens ?
- Speaker #0
Comment vous êtes-vous structurés en fait ? Oui. Alors dans le noyau dur de notre association, nous avons des enseignants et des parents. Les enseignants sont parents également d'ailleurs. Mais nous avons les deux dans le noyau dur et notre action vise vraiment l'enfance en général et la jeunesse. jusqu'au lycée. C'est vraiment le cœur de notre action. Et l'organisation de nos actions en tant que telles. On a donc deux volets. On a le volet soutien à la parentalité, c'est-à-dire soutien aux parents qui se sentent isolés, puisque ce qu'on souhaite vraiment, c'est qu'un parent qui est en souffrance, puisqu'il y a une véritable souffrance silencieuse, vraiment silencieuse souvent sur ce sujet-là, en fait, se sente accompagné, ne se sente plus seul. Et les outils pour aller parler aux enseignants, pour aller parler localement. sans faire d'action militante, mais simplement pour gérer le déséquilibre énorme qu'il a parfois dans sa propre vie et celle de son enfant. Donc ça, c'est un premier volet. C'est vraiment du relationnel bilatéral qu'on peut avoir. D'accord.
- Speaker #1
Ce que vous voulez dire, c'est que si jamais un parent qui nous écoute se pose des questions, il va sur le site Présent Simple, c'est ça ? PrésentSimple.fr. Il prend contact avec vous ou alors il trouve peut-être des ressources déjà de base. Et ensuite, vous,
- Speaker #0
vous pouvez rentrer en contact avec lui ou avec elle. Exactement. On essaie de le faire par téléphone, d'ailleurs, parce que c'est toujours plus sympa. Et justement, nous, ce qu'on veut, c'est montrer qu'il y a de l'humain et qu'on n'est pas seul. Donc, on essaie toujours de prendre ce temps-là. On trouve que c'est vraiment important de le faire comme ça et de ne pas se cantonner à ce qui nous occupe la majeure partie de notre temps, qui est la action, comme je vous le disais, de plaidoyer. Et par exemple, nous avons rejoint... Le collectif Attention, qui est un collectif français composé de 11 associations en France.
- Speaker #1
J'ai interrogé Yves-Marie la semaine dernière. Il va y avoir un épisode derrière nos écrans avec lui qui va sortir.
- Speaker #0
On est très impliqués dans ce collectif Attention. Sur l'exposition aux écrans, nous avons travaillé à l'établissement d'une charte municipale dont Yves a tout parti, j'imagine.
- Speaker #1
Mais d'ailleurs, il a Ce n'est pas vous qui avez été vraiment très active sur l'établissement de cette charte ?
- Speaker #0
Oui, j'ai été active.
- Speaker #1
Voilà. Justement parce qu'en effet, je l'ai interrogée comme des candidats qui avaient signé votre charte ont gagné aux élections municipales récentes à Paris, à Marseille et il y avait encore… Non,
- Speaker #0
par exemple aussi en Grande-Ville.
- Speaker #1
Oui, voilà. j'ai demandé, est-ce que maintenant vous avez demandé au candidat de s'engager et bon c'était le début donc il n'y avait pas encore de suivi mais il avait en effet indiqué que vous Isabelle aviez été vraiment instrumentales, très actives pour réaliser cette charte.
- Speaker #0
C'est un travail de groupe, collectif. Il a fallu l'aide de tout le monde puisque c'est titanesque comme travail. Il y a 35 000 et quelques, presque 36 000 communes en France. Il fallait contacter toutes les listes de toutes les communes, ce qu'on n'a pas réussi à faire clairement. On a réussi à s'y prendre plus tôt. C'est un processus qui nous permet aussi d'être plus efficaces pour la suite. On se réjouit d'avoir effectivement des sénataires de grandes villes. Tout ne sont pas gagnés, mais la plupart même ceux qui n'ont pas gagné sont dans les listes d'opposition et sont dans les conseils municipaux du coup en fait maintenant il va falloir capitaliser là-dessus moi je n'aime pas trop ce mot pardon mais il va falloir se servir de ça pour faire en sorte que les municipalités se saisissent de leur rôle en la matière puisque comme je vous disais on agit au niveau national, on travaille sur les textes de loi, mais enfin le niveau municipal est un niveau où ça peut se passer bien plus rapidement Et où le thème de l'enfance et la protection de l'enfance est clairement du ressort de la municipalité. Donc ça a tout son sens de faire en sorte que localement, on se saisisse de ces sujets.
- Speaker #1
Oui, alors il me semble que, parce qu'on en a parlé avec lui, il y a quand même une petite difficulté. C'est que, comme vous dites, au niveau municipal, il me semble que c'est la petite enfance qui est directement gérée au niveau municipal. Mais ce qu'on appelle ensuite, et peut-être le primaire, je ne suis pas sûre. Et ensuite, les classes supérieures, donc au-dessus de 10 ans, ce n'est pas géré au niveau...
- Speaker #0
Non, alors, c'est géré au niveau du conseil départemental, donc des départements, sachant que c'est géré pour la partie, si j'ose dire, matérielle. Puisque tout ce qui est contenu, c'est l'éducation nationale et ce n'est ni du ressort de la ville, ni du ressort... Voilà. Donc, une collectivité territoriale. C'est bien pour ça que notre action se situe à divers niveaux et que... On va voir les conseils départementaux, comme le ministère de l'éducation nationale, comme le ministère de la jeunesse. On essaie d'avoir des discussions avec différents acteurs et toujours en posant sur la table le fait qu'il ne faut pas oublier d'avoir cette vision globale sur la vie de l'enfant. Et quand bien même l'intention première est bonne, évidemment, d'instruire les enfants, il manque toujours cette vision globale sur le fait qu'un jeune, qu'un enfant reste un mineur à protéger, qu'Internet n'a pas été conçu pour eux et que souvent, il se retrouve seul derrière ses écrans. Il ne faut pas l'oublier. Je vous donne pour exemple, ma fille aujourd'hui est sortie du collège à 14h15. Quel parent qui travaille peut encadrer son enfant qui va aller sur l'ENT récupérer ses devoirs ?
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
alors l'ENT,
- Speaker #1
c'est l'environnement numérique de travail.
- Speaker #0
C'est un environnement numérique de travail, donc c'est ce sur quoi la majeure partie maintenant des collèges donnent accès aux devoirs. Sachant que certains collèges, notamment dans le 14e à Paris, ont fait le choix de ne plus avoir recours à ces ENT. Oui. Je l'ai noté récemment, j'ai vu l'article récemment. Et j'en profite pour féliciter ces chefs d'établissement, ces enseignants qui se mobilisent pour montrer qu'on peut faire autrement. Et dans notre association, nous tenons aussi à souligner que certains parents et certains enfants n'ont pas accès à ces ENT au collège. C'est-à-dire que des familles ont décidé de ne jamais activer les codes qui leur sont donnés en début d'année. Alors, qu'ils n'écoutent pas ni les enfants et que leur scolarité se passe normalement. Donc, il y a un temps que légalement, on peut refuser. Et que la scolarité se passe normalement si les enseignants, tout simplement, en fait, font noter dans les agendas. Et puis, on a vu des exemples de profs de musique qui vont graver un disque avec la musique. Donc voilà, il suffit juste d'être pas coopératif, humain, et ça se passe très bien. Est-ce que, en général, justement, les... Enfin,
- Speaker #1
est-ce que vous avez un peu eu un idée de nombre de personnes qui arrivent à dire non comme ça ? Est-ce que vous arrivez à quantifier un peu ?
- Speaker #0
Non, vraiment, on a assez de... C'est compliqué, c'est très atomisé, c'est des parents un peu partout, qui ne nous font pas nécessairement des remontées. On n'a pas fait d'études en matière d'enquête. Non, non, donc on ne pourra pas. Malheureusement, il faudrait qu'on travaille là-dessus, mais c'est comme toutes les associations et comme pour la charte municipale, on en revient toujours au même problème, un problème de ressources. Nous sommes tous bénévoles, nous travaillons à côté, nous avons d'autres obligations à côté. Et donc là, profitons-en de cette vidéo que vous faites. pour voilà c'est Un appel aux dons, un appel aux subventions. On a besoin d'aide et on voudrait s'impliquer plus. Mais voilà, on ne peut pas non plus ne plus dormir la nuit parce qu'on travaille toute la nuit sur ces sujets. On a besoin de plus de ressources et c'est un vrai sujet de protection de la démine. Tout le monde est concerné là-dessus.
- Speaker #1
Est-ce que vous avez, par exemple, concrètement, pour penser à comment mener une étude concrète, vous avez un genre de liste d'emails de parents avec qui… Vous avez interagi sur les membres de Présents simples ou pas ?
- Speaker #0
Oui, oui, oui. Alors, ce qu'on remarque, c'est que beaucoup de gens nous contactent sans nécessairement être sympathisants. On a beaucoup de contacts et puis on se rencontre par la suite qui ne sont pas sympathisants. C'est vrai que nous, on ne fait pas la chasse aux sympathisants. On est là pour toute personne qui veut. Et on a aussi des gens qui sont inscrits en tant que sympathisants, mais on n'a pas fait. On n'est pas, comme vous disiez, les big tech, des pros de la communication. Ce n'est pas ce qu'on veut. On voit qu'il y a beaucoup de gens qui nous contactent. Donc, c'est un vrai sujet. On a des ministres de sympathisants et on avance. Peut-être qu'un jour, on se concentrera. Effectivement, si on veut mener notamment des actions qui soient suivies des faits localement. sur ce volet-là, on s'est vraiment, vraiment attelé au fond pour l'instant.
- Speaker #1
Oui, bien sûr, ce qui est déjà admirable et nécessaire avant de passer à la forme, bien sûr. Mais c'est vrai que, comme moi j'anime une association qui s'appelle Tech for Good, évidemment, je pense que le numérique peut être utilisé à bon escient et notamment ce qu'on appelle et L'emailing ou le fait d'animer une communauté en ligne, c'est quelque chose que moi j'ai pu faire dans mon passé professionnel et qui me semble se battre à armes égales quelque part avec les autres. parce qu'évidemment que le contact humain et en personne est merveilleux, mais là, par exemple, on n'aurait pas pu se parler si on avait attendu. de se voir physiquement quelque part. Et comme je le disais dans la table ronde, alors que les géants du numérique n'ont pas de frontières, c'est dommage pour les militants de s'en mettre, eux, physiquement, parce que le combat est, en tout cas, si on peut dire, occidental. Il est aussi parce qu'on peut dire que la Chine a réglé la question, elle a exclu les géants américains du numérique. Merci. Et puis, elle a surtout mis des couvre-feu en place pour que les jeunes aient un accès très, très limité. Alors, on parle surtout des jeux vidéo en Chine. Et puis surtout, vous le savez, le TikTok chinois n'a rien à voir en termes de contenu. Et peut-être que son algorithme arrête les utilisateurs naturellement. C'est-à-dire qu'en gros, on pourrait avoir un TikTok positif, puisqu'il existe en Chine. En fait, en Chine, le TikTok... n'envoie aux jeunes que des contenus inspirants qui vont les pousser à se dépasser, à interagir avec les autres. Donc, on pourrait très bien. C'est simplement que là, il y a un choix algorithmique de rendre des utilisateurs accros pour des raisons financières. Voilà, c'était ma petite parenthèse sur la technique. Oui, j'ai oublié ce que je vais demander. Et donc, les réactions des directions d'école. Et concrètement, vous avez parlé de votre action d'aide aux parents qui veulent résister. On parle encore de résistance.
- Speaker #0
J'en ai déjà parlé dans la table ronde. C'est une forme de résistance. Alors, c'est une forme de résistance. Mais nous, vraiment, on a aussi envie de... Merci. qui puisse être compris, c'est que ce n'est pas qu'une résistance ou une action militante, c'est aussi une action de protection du cercle familial. Qui n'a rien de militant, qui n'a rien de résistant. C'est le choix d'une famille de pouvoir vivre, elle entend vivre avec ses propres règles dans son foyer, protéger la jeunesse, d'avoir un mode de vie simple et sain tout simplement, sans même penser à la résistance ou le militantisme. Et c'est vraiment ce qu'on apporte aussi quand on va parler aux décideurs, c'est de dire qu'il s'agit aussi tout simplement de respecter ce choix familial au sein des foyers. Ce n'est pas grand-chose, en fait, mais c'est énorme.
- Speaker #1
Alors là, c'est amusant parce que vous rejoignez l'objection du co-rapporteur de la commission sur TikTok qui a été menée avec Laure Miller, qui était interrogée la dernière fois, qui dit que la loi que portent Laure Miller et la majorité sur l'interdiction d'accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans ne serait pas constitutionnelle. puisqu'elle empièterait sur la liberté d'éducation parentale. Et c'est amusant parce que vous, finalement, vous utilisez cet argument pour dire, moi, en effet, en tant que parent, j'ai besoin de pouvoir mener l'éducation que je mène et de ne pas, finalement, importer dans mon foyer une culture, en fait, qui n'est pas la culture que je souhaite transmettre. En fait, c'est un combat culturel.
- Speaker #0
Je ne comprends pas ce que vous dites là, puisque quand on regarde justement le programme d'éducation médiale, l'information dans les collèges, notamment français, il y a cet aspect. Et c'est vraiment ça, je rebondis sur ce que vous dites, culturel. C'est-à-dire qu'on veut les prévenir, leur apprendre à servir d'outils, mais d'outils qui ne sont légalement pas de leur âge, potentiellement. Et donc, on banalise ce faisant, finalement, l'usage de certains outils, ou en tout cas, on marque le chemin en disant, tu y viendras un jour. Et culturellement, c'est quelque chose qui me dérange. Par contre, j'estime qu'on n'est pas obligé de passer par les réseaux sociaux pour être un adulte accompli, par exemple, ou un jeune accompli. Et que je trouve qu'il y a un vocabulaire, et il faut être vraiment très précautionné par rapport à tout ça. Et notamment aussi pour tout ce qui est prévention, faire très attention à ce que la prévention soit indépendante de l'industrie du numérique, parce que ce vocabulaire dépendra évidemment de quel type d'acteur va parler. Et donc, c'est vrai que là, on est en train de travailler avec une députée à une proposition de loi. Et il y a notamment un volet sur le fait que peut-être on devrait mettre en place quelque chose qui ressemblerait à une commission indépendante au niveau national qui validerait quel type d'institution ou non sont réellement indépendantes de l'industrie du numérique. Puisqu'aujourd'hui, on voit bien que l'éducation nationale a labellisé et estampillé pour intervenir dans les collèges ou lycées ou écoles des associations qui sont en partie financées par l'industrie du numérique. ou qui, en tout cas, ne font pas prendre le pas de recul qu'on estime, nous, très intéressant et très important à faire prendre pour réfléchir sur notre société, sur ce qu'on veut pour notre société et sur ce qui est vraiment indispensable ou ne l'est pas.
- Speaker #1
Est-ce que vous pouvez nommer cette association, en effet, ou ces associations, parce que c'est important, on en parle comme ça, mais les gens ne le savent pas. Et comme moi, je connais, par exemple, e-enfance ou e-enfance, qui est vraiment, en effet, labellisé. qu'il y a du financement de l'industrie du numérique. Mais si on est extérieur au débat comme la majorité des parents, on ne va pas savoir que c'est une association qui a des intérêts avec l'industrie du numérique. Donc, je pense que c'est très important d'informer les parents et de nous informer des acteurs que vous trouvez légitimes. Alors,
- Speaker #0
je me permets de mettre un petit comment dire un petit oui sur le fait que évidemment de notre point de vue nous n'avons pas la compétence et l'expertise nécessaire pour dire que telle ou telle association va volontairement diffuser certains messages vraiment, ce qu'on dit juste c'est qu'on a remarqué que certaines associations en apprenant à bien épingler une photo sur Instagram et à cacher à ne pas la diffuser à des adolescents qui sont au collège clairement sont en train de banaliser un usage qui ne serait pas de leur âge si la loi de Mme Miller venait à être appliquée. Donc on s'interroge sur le bien fondé de ce type de prévention. Maintenant, pour répondre à votre question, je vais simplement me référer à un article publié d'un canard enchaîné, je crois que c'était le 13 août dernier, qui nommait des associations comme Génération Numérique ou comme, effectivement, e-Enfance, comme étant, en tout cas, en partie, financées par l'industrie du numérique. Mais je ne l'avancerai pas plus, je vous donne des informations auxquelles j'ai eu accès, et pas plus.
- Speaker #1
D'accord. Non, mais en tout cas, c'est clair, ils ne se le cachent pas. C'est sur leur site, si vous allez voir les sources de financement de e-enfance. Mais l'argumentaire, c'est parce qu'ils sont, c'est le principe appliqué à petite échelle du pollueur-payeur. C'est-à-dire qu'ils sont financés par l'industrie du numérique pour faire ce travail de réparation, puisqu'ils ont une hotline, comme on l'a dit. Et l'idée est bonne.
- Speaker #0
Il faudrait juste l'organiser différemment au niveau national. Il faudrait faire un fonds, une caisse qui soit gérée au niveau étatique et l'argent soit distribué sans lien direct. Parce que l'idée est effectivement absolument nécessaire quand on voit les dégâts que ça peut créer sur les addictions aux écrans. Parce que c'est quand même une certaine addiction aux écrans pour certains jeunes. Et à nouveau, sans même que les contenus soient nécessairement directement nocifs, le fait même d'être trop happé par un écran, c'est du temps volé à d'autres activités humaines ou autres. et rien que ça C'est délétère, du temps de sommeil aussi, notamment. Donc, évidemment, ce que vous dites, ça pourrait exister, mais gérer différemment au niveau national.
- Speaker #1
Bien sûr, bien sûr, oui, tout à fait. Et oui, d'ailleurs, vous le savez peut-être, il y a un livre qui va sortir d'un journaliste sur ce lien, ce lobbying et ce financement d'actions apparemment, surtout préventives, en fait. Ce que je pense que vous reprochez le collectif Attention, c'est qu'il vaut mieux prévenir que guérir. c'est à dire C'est-à-dire que ce n'est pas suffisant d'avoir une ligne d'appel de détresse une fois qu'on a laissé les jeunes utiliser. de l'alcool numérique sans mettre de haut la étatique, sans dire, ben non, l'alcool, c'est pas pour les jeunes de, normalement, moins de 18 ans même, mais l'alcool numérique non plus. Et donc, c'est un petit peu, ben, c'est coûteux aussi, en partie pour nous, comme contribuables, de finalement participer à réparer les dommages au lieu de les éviter en amont. En termes d'identification ?
- Speaker #0
Plus anecdotique, mais pour rebondir sur ce que vous venez de dire, c'est le même principe de ex-santé ou ex-poste. Je vous donne un exemple récent qu'on nous avait remonté dans notre association. Une prof qui donne des tablettes aux élèves qui font leurs recherches sur Internet et qui dit quand un parent lui dit que c'est un peu gênant parce que la surveillance n'est pas suffisante de ce que font les élèves sur Internet. Ah oui, mais je vérifie l'historique après. Mais après, c'est trop tard. Après, c'est trop tard. Et pour vous donner un autre exemple aussi, alors qu'il n'est pas tout à fait lié, mais tout de même, nous trouvons aussi ce qui manque beaucoup au niveau de l'éducation nationale, c'est les remontées de terrain. On a l'exemple dans un établissement aussi d'un professeur très bien intentionné qui, au début d'année, quand se font les évaluations nationales, donc elle se prend son ordinateur, ses évaluations nationales, et donc le prof dit aux élèves, dès que vous avez terminé, vous allez sortir sur Internet ou faire des jeux pour être calme. Que se passe-t-il ? après on s'étonne que des mauvais résultats aux élevations nationales soient là, il y a forcément quelques élèves qui vont se dépêcher de finir pour aller surfer sur internet et une jeune qui s'est plainte qu'à côté d'elle c'est sur un jeu de guerre que s'est dirigé son camarade. Donc c'est le problème et le prof a fini par le voir il y a mis fin, mais enfin en fait c'est trop tard il faut avant prendre les bonnes dispositions et essayer juste de border les choses pour laisser justement ces libertés il faut laisser des libertés à ces âges là aux élèves mais laissons-leur dans un cadre qui soit qu'il leur soit propice, qu'il leur soit favorable, bénéfique, et arrêtons de faire la chasse. On leur laisse la possibilité d'y aller, puis après, on va les vendre. En plus, c'est malsain. C'est malsain.
- Speaker #1
Mais oui, c'est tout à fait malsain. Et pourquoi ne le ferait-on pas là, alors qu'on le fait partout ailleurs ? Partout ailleurs, on protège l'enfance. Partout ailleurs, on ne permet pas aux enfants d'avoir de la pornographie. Normalement, et pourtant, la pornographie existe. On ne leur permet pas... de voyager tout seul, par exemple, en avion. On accompagne un enfant quand il prend l'avion. Pourquoi partout ailleurs le vu-t-on ? Et là, sur Internet, il faut laisser la liberté totale, la liberté, le grand mot. Et oui, merci pour ces exemples. Alors justement, votre avis, parce que vous m'aviez soumis après la table ronde. Un avis intéressant sur la loi en cours de discussion d'interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans. Est-ce que pour vous, elle aurait, même si ce n'est pas tout à fait ce que vous demandez, ce que vous cherchez, est-ce que vous voyez un mérite quand même à ce que soit prononcé au niveau étatique français, soit envoyé l'information ? que les réseaux sociaux ne sont pas un outil adapté à l'enfance aujourd'hui.
- Speaker #0
Alors là, je vais m'exprimer pour moi-même et pas au nom de l'association, parce qu'on n'a pas de position à ce sujet-là. Moi, cette loi, ce que j'y vois, effectivement, comme vous venez de le dire, a un énorme avantage et quelque chose d'important, et de très important, d'avoir une valeur symbolique forte, de dire que c'est quelque chose qui n'est pas destiné à des enfants au-dessous d'un certain âge, à des jeunes au-dessous d'un certain âge. C'est un énorme avantage parce qu'en fait, ça va envoyer un signal aux parents qui sont déjà conscients de ceci, mais qui n'arrivent pas à le mettre en application, de peur de marginaliser leur enfant et de rentrer toujours dans cette négociation constante avec le jeune, avec leur enfant. Et puis pour les parents qui n'auraient pas cette information, qui ne s'y sont pas intéressés peut-être beaucoup, on espère que cette information va pouvoir être diffusée. et que ça va donner lieu à des réflexions, peut-être à des conférences organisées au niveau des communes, par exemple, rapport à la charte dont on parlait tout à l'heure. Donc ça sera un énorme point positif. Et ce que je vous disais après la conférence de l'autre jour, c'est qu'aussi, il faut être très conscient. On a des parents qui, aujourd'hui, ne donnent pas accès aux réseaux sociaux à leurs enfants. Il se passe quoi dans le bus quand les enfants vont au collège ? Un enfant qui n'a pas de smartphone, il va se retrouver sur le smartphone de son camarade avec l'accès aux réseaux sociaux de ses camarades. Et en fait, ce qu'on voudrait aussi, nous... dire parents qui, en tout cas, vont faire le choix de protéger nos enfants, c'est que c'est notre choix, c'est pas notre vision, bien sûr, mais c'est que les parents qui, eux, donnent accès à leurs enfants, exposent nos enfants aussi. On en venait à dire que ces contenus ne sont pas destinés à des enfants de moins de 15 ans, par exemple. Alors, vraiment, on espère que les autres parents se rendraient compte qu'aussi, en donnant accès à leurs enfants, ils exposent ceux des autres. Et que,
- Speaker #1
voilà, c'est une grosse responsabilité. En fait, on pourrait faire le parallèle avec la cigarette et ce qu'on appelait la cigarette, je pense au terme en anglais, la second hand smoke. C'est-à-dire que le fait que quand vous fumez, vous impactez la personne à côté. La vagie de Passy. Oui, voilà. Donc, finalement, c'est encore une fois, on peut faire un parallèle avec une substance addictive qui a été enfin reconnue comme addictive après un lobbying intense. de l'industrie de la cigarette, on est un peu dans ce genre de... C'est pour ça que je parle de résistance aussi. Je comprends très bien que vous souhaitiez le présenter comme un combat positif et pas uniquement de résistance. Mais le fait est qu'aujourd'hui, les parents qui veulent cet environnement de qualité et serein pour leurs enfants sont obligés d'être en posture de résistance puisqu'ils n'ont pas le choix, comme vous dites, de...
- Speaker #0
D'une certaine façon, oui, vous avez raison, c'est vrai. Et pour revenir à la loi dont nous venons de parler, un autre point quand même à souligner, c'est que beaucoup de contenus auxquels on peut avoir accès sur ces réseaux sociaux, d'une certaine façon, peuvent être aussi visualisés via des blogs ou autres sites internet. Donc cette loi, c'est le début de la prise en compte de ces sujets-là, mais ce n'est que le début.
- Speaker #1
C'est sûr, c'est sûr. C'est le début d'un long combat, mais c'est un pro-islam, les mêmes là. Vous l'avez vu, peut-être que le Sénat a détricoté la loi de la députée Laure Miller pour commencer à rentrer dans, eh bien, on va choisir quelles plateformes sont nocives ou pas nocives. Et donc, comme l'expliquait aussi l'avocate Votre Marmion, on est face à plusieurs années pour définir quelles sont les plateformes. Il me semble que quand on a... Quelque chose qui ressemble un tout petit peu à une protection d'enfance en ligne, on ne peut que se réjouir en tant qu'acteur engagé auprès de la protection de l'enfance et de la famille, en fait, comme vous dites, et de la culture. Je pense que ce côté combat culturel est important aussi à apporter auprès des élus français. un peu quand même fertile de réaliser que ce n'est pas uniquement une technophobie. Ah non,
- Speaker #0
ça n'est pas une technophobie. Nous, on s'en sert. En tant qu'adulte, en tant que membre de notre association, le numérique, regardez, de la façon dont on le fait, c'est un outil qui est extraordinaire, qui nous permet de gagner du temps. On dit juste chaque chose en son temps et surtout, les enfants ont d'autres choses à développer avant d'y avoir accès. Le conseil supérieur des programmes, une instance française qui conseille l'homme. le ou la ministre d'éducation nationale sur tout ce qui est programme, a sorti un rapport en 2022 disant qu'une entrée tardive dans le monde du numérique n'était en rien un frein à une bonne maîtrise. C'est fait pour être maîtrisé rapidement. Et donc, ce discours qu'on a entendu, pour revenir à notre petit exemple local, quand les tablettes devaient être développées, on a entendu le discours qui nous disait « c'est le monde de demain, il faut préparer les enfants » . Ils ont tout le temps, en fait, les chou-garbivres. leur enfance aujourd'hui est dehors et puis un exposé, on va à la bibliothèque, on va voir les personnes qu'on connaît pour les interroger, on crée du lien. C'est tellement plus enrichissant qu'aller voir un site imprimé et le mettre dedans. Donc, ils auront le temps, les enfants.
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #0
J'arrive à essayer d'ajouter quelque chose en plus.
- Speaker #1
Oui, c'est ce que je vois. Il s'agit de respecter les réexistables de développement des enfants, introduire le numérique très tôt, ne, attendez, je l'ai perdu, ne garantir en rien un bon usage de ces outils. Non, mais évidemment, et en plus, je le répète, je l'ai déjà dit aussi dans la table ronde, mais les acteurs du numérique eux-mêmes ne mettent jamais leurs enfants. Est-ce que c'est quelque chose que vous dites aux élus ? Est-ce que vous êtes allés voir dans la Silicon Valley comment ils gèrent le numérique et l'enfance ? Ils les protègent du numérique jusqu'à 15 ans, 16 ans.
- Speaker #0
À tous, j'imagine. Effectivement, on a vu des articles paraître sur le sujet.
- Speaker #1
Une majorité, une majorité.
- Speaker #0
Et c'est vrai que pour être honnête, j'avais essayé de vouloir enquêter sur le sujet parce que c'est un argument qu'on entend beaucoup et j'aimerais beaucoup pouvoir m'en servir plus, mais j'aurais voulu trouver encore plus d'études sur le sujet parce que je trouve ça intéressant.
- Speaker #1
Et parfois les premiers concernés qui sont bien au courant des effets et qui protègent effectivement. Alors je vous recommande un documentaire film qui est d'ailleurs passionnant à voir avec les enfants si vous pouvez le faire. qui s'appelle, je l'écris dans le chat, qui s'appelle « The Social Dilemma » , le dilemme social, mais qui a été traduit en français par « Derrière nos écrans de fumée » , qui a, je ne sais pas, 4 ans, et où on voit témoigner le fondateur d'Instagram, etc., qui dit « Jamais à la maison, et moi qui suis » . qui vient de la communication numérique, mes enfants n'ont jamais eu de réseaux sociaux avant très tard. Parce que justement, quand on connaît, quand on n'essaie pas de rattraper sans connaître, parce qu'en fait, c'est ça qui se passe. Il y a toute une génération qui ne comprend pas ce qui se passe et qui essaie d'avoir l'air à la page en donnant ses devices, mais comme on donnerait un livre ou un film pornographique pour dire... attention, il faut rattraper tout ce qui est vidéo en ligne. En fait, il ne faut pas tout confondre. Rattraper le numérique en le rapprenant, éventuellement à utiliser un tableur, un traitement de texte, un outil de présentation, pourquoi pas, même si comme vous dites, on peut l'apprendre à 15 ans très vite, mais rattraper le numérique en les mettant devant des contenus addictifs, c'est ne pas comprendre ce qui se passe, en fait.
- Speaker #0
Oui, et puis pour recentrer aussi la discussion sur l'école, puisque c'est l'objet de notre association, un des points aussi sur lesquels on s'interroge beaucoup, c'est le fait de quel est le rôle de l'école, de l'éducation nationale, et est-ce le rôle de l'éducation nationale de donner accès à certains contenus ? Puisqu'en donnant parfois ces tablettes ou en demandant ces accès à Internet, le jeune, l'enfant va aller sur certains sites ou autres, notamment, ne serait-ce que des contenus commerciaux. Mais est-ce le rôle de l'éducation nationale de donner accès aux jeunes qui vont aller faire ses emplettes pendant les cours en ouvrant un deuxième onglet sur le site de telle ou telle marque ? Puisque moi, j'ai pris une tablette d'exibline, j'ai regardé. Effectivement, je n'ai pas réussi à tomber sur le site d'une grande marque de chaussures que beaucoup de jeunes portent au premier essai. Deuxième essai, pourtant, je ne suis vraiment pas une prouvant. C'est bon, j'étais sur le site, je pouvais faire mes emplettes. Il y a une vraie question aussi à se poser, c'est tout simplement, quel est le rôle de l'éducation nationale ? Qu'un parent veuille y donner accès. à ses enfants, c'est une chose que l'éducation nationale, il en accède, c'est une autre. Il faut très interroger ces outils-là. On dit pluriel, mais quand je dis pluriel, c'est exponentiel. Il y a des milliards d'usages. Il faudrait peut-être qu'un jour, en France en tout cas, quand on voit l'argent que les collectivités territoriales mettent dans la distribution de ces tablettes et autres, qui en plus souvent malheureusement sont maltraitées par les élèves ou qui ne servent qu'à peine. Si vraiment on voulait un outil numérique, peut-être qu'on doit développer, alors les fameux, comme je disais, petits jeux vidéo des années 80, un outil qui ne va donner, qui n'est non connecté, non connectable, et on a uniquement du contenu scolaire et rien d'autre. Et peut-être qu'on pourrait commencer à discuter sérieusement, puisque nous, le numérique, pourquoi pas ? Bon, avec la limite qu'on a vue, on a bien vu que pour la lecture, par exemple, il n'y a pas d'effet positif, c'est plutôt voire négatif. Donc, à nouveau, le jeu, on veut-il la chandelle ? Est-ce que ça vaut le coup d'investir des milliards ?
- Speaker #1
C'est ça. C'est ça. Dans un moment, soi-disant, de budget serré pour l'éducation nationale, à part que les grands du numérique offrent quasiment leurs outils, parce qu'en fait, leur modèle, c'est vraiment le cheval de Troyes dont vous parliez. Google, en tout cas, je sais que c'est le modèle américain, a offert ces tablettes très simples dans toutes les écoles américaines pour être un cheval de Troyes, pour avoir une audience captive dès son jeune âge. pour ses publicités, son modèle publicitaire sur YouTube. Donc, évidemment, se battre quand on est... Je sais qu'il y a un lecteur français qui fait des tablettes purement éducatives. Son nom m'échappe, je crois que c'est School, S-K-O-O-L. Mais il doit les vendre parce que lui, son modèle économique, ce n'est pas un modèle d'attraction d'une audience publicitaire. C'est un modèle classique de vente de produits. qui a un mérite certain, ou en tout cas, voilà. Et donc oui, c'est pour ça, on revient à la même question, on a l'impression que les acteurs d'éducation nationale et les élus ne connaissent pas eux-mêmes ce qu'il y a sur ces tablettes. C'est-à-dire qu'ils écoutent des vendeurs, des industriels qui sont très impressionnants, mais ils n'ont pas eux-mêmes ouvert, ils ne sont pas eux-mêmes. Allez, faites ce que vous avez fait, qui prend ? cinq minutes et de voir et je pense qu'il serait outré s'il se rendait compte que l'école donne accès à non seulement des contenus non scolaires mais en plus publicitaires. Enfin, clairement publicitaires.
- Speaker #0
Alors c'est dommage que Yannmane n'ait pas la parole, parce qu'on avait préparé ensemble cette discussion avec vous. Elle aurait pu, en tant que professeur, parce qu'elle est professeure, vous faire un retour notamment sur le fait que beaucoup de professeurs... nous disent que ces tablettes ont été déployées dans les établissements sans concertation avec les équipes pédagogiques. Ah oui. Et du coup, parfois sont même tout simplement non utilisées. ou en tout cas non utilisée à des fins scolaires, mais par l'élève utilisée à d'autres fins, exclusivement récréatives, voire commerciales et autres. Et il m'a aurait pu aussi beaucoup vous dire, malheureusement, et elle ne le peut pas, sur la politique de la région Ile-de-France en France, qui, dans les lycées, puisqu'elle est professeure de lycée, a supprimé les financements pour les manuels papier. Ça veut dire que les lycéens n'ont plus accès à leurs manuels qu'en version numérique, et il ne s'agit plus d'un livre en version numérique, espèce de tiktokisation, on pourrait dire, de l'éducation. C'est un système de bulles à ouvrir, etc. Sans vision, en fait, holistique sur un cours, sans vision d'ensemble sur le cours. Et beaucoup de professeurs, en fait, regrettent vraiment et voient, enfin, vraiment, c'est délétère par rapport au processus d'instruction et d'échange avec les élèves. Mais une prochaine fois, on pourra peut-être vous en dire plus.
- Speaker #1
Ah oui, c'est impressionnant, parce que j'ai été témoin de ça récemment au Québec. Je suis allée à une journée pédagogique, parce qu'on milite aussi pour la protection de l'environnement et du numérique. Donc, ce que vous dites, en plus, le fait de produire toutes ces tablettes qui soient mal utilisées, abîmées pour l'environnement, c'est une catastrophe, une nouvelle catastrophe environnementale. Moi, je parle de l'extraction de données, de pensées et de métaux rares, de matériaux de la croûte terrestre. mais j'ai perdu mon fil par rapport au manuel par rapport à la tiktokisation d'éducation comme vous avez dit ça j'étais à une journée pédagogique au Québec sur comment éduquer à l'environnement de façon innovante l'innovation, l'éducation à l'environnement et j'ai été frappée il y avait une activité donc on nous faisait en tant que participants et On participait aux ateliers que des pédagogues innovants proposaient aux élèves au Québec. Et il y avait un atelier qui était un genre de jeu de pistes autour d'écrans. Donc on n'était pas en présent, mais on regardait des écrans. Et on avait des genres de QCM. Et nous, en tant qu'adultes, on prenait le temps de lire les questions-réponses. Mais on était toujours en retard par rapport au délai, un parti pour finir. Et l'enseignante nous a dit... Ah, mais c'est parce que vous, vous lisez. Nos élèves, ils ne lisent plus. Ils appuient comme ça, parce qu'en fait, ils ont un QCM. Ils appuient. Et donc, on s'est dit, mais alors, qu'est-ce qu'ils apprennent ? Qu'est-ce qu'ils apprennent ?
- Speaker #0
Oui, sous prétexte de faire des choses qui sont un peu ludiques, en fait, malheureusement, on oublie aussi le lien humain, déjà, et c'est quand même... de lien humain dont les enfants ont besoin à l'école, dont les jeunes ont besoin à l'école. C'est le lien humain. C'est le lien à un professeur qui, parfois, va aider un élève à aimer une matière, qui va le pousser, qui va lui donner confiance en lui. Ce n'est pas la machine qui va lui donner confiance en lui. Et tout ça, il ne faut pas l'oublier. Dans les écoles maternelles, où ils veulent mettre des tableaux sonores et où l'enfant doit appuyer sur un bouton à l'âge où il ne sait même pas encore vraiment bien parler pour entendre un mot. Il va bien le voir sur la bouche de son enseignant, lui dire On a des élèves qui font la gymnastique des doigts au CP en regardant une vidéo. Est-ce que ça ne serait pas chouette de le faire en riant avec l'enseignant ? En fait, ça enlève aussi des moments simples d'échange et parfois de complicité.
- Speaker #1
Bien sûr, bien sûr. Et on voit tous les effets en effet sur le sentimental des jeunes se développer. On n'a pas vraiment parlé des réactions que vous avez juste pour Chlor. des élus, quand vous leur présentez ces arguments, par exemple au niveau, vous l'avez parlé de sénateurs, je crois de députés, comment est-ce que, voilà, vous avez quelques personnes isolées qui s'intéressent à ce sujet, c'est ça qui se passe ?
- Speaker #0
Alors je vais commencer par, au début on a essayé de rencontrer les conseils départementaux, ceux qui distribuent.
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #0
Alors là, en tout cas, pour vous relater un exemple d'un conseil départemental, ça a été vraiment une discussion inutile. Et en fait, il est hors de question de remettre en question leurs pratiques. Il n'y a vraiment pas de dialogue, pas d'échange. Donc là, à ce niveau-là, ça a vraiment été assez incultueux. On a essayé la région Lille-de-France. Pareil, on a bien compris. Bruno nous a été dit que la distribution d'ordinateurs était un marqueur fort de la présidence de Mme Pécresse. Bon, donc on a vu qu'on servait de nos jeunes pour... pour marquer un passage à la présidence, donc compliqué. En revanche, au niveau des échanges avec les députés qu'on a pu avoir, malheureusement, on a remarqué qu'on a plus de retours positifs à nos demandes de réunion par des députés qui sont sensibles à cette problématique que par les autres. Et ça, c'est vraiment un regret qu'on a, parce que c'est justement avec les autres qu'on a envie démocratiquement de pouvoir discuter. Mais non, on a eu effectivement des retours, des discussions très positives et très constructives avec... des députés qui sont engagés en la matière en France, notamment Elisabeth Loucault, Laure Miller, on avait aussi Arthur Delaporte ou Madame Corneloup, des gens qui, vraiment, sur ces sujets-là, ont compris qu'il y avait un véritable enjeu et surtout... ont envie d'agir. Et ça, c'est... Voilà. D'accord. Honnêtement, ça nous a redonné foi en la démocratie. Ces rendez-vous-là, les échanges qu'on a pu avoir, comment ça travaillait sur un projet de proposition de loi, etc. La démocratie existe encore et il y a du travail à faire, mais on avance.
- Speaker #1
D'accord. Donc...
- Speaker #0
Je voudrais en profiter aussi pour faire référence à ce qu'on a été entendu dans le cadre d'un groupe de travail du Sénat l'année dernière.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et le rapport est sorti il y a quelques mois. on en a très peu parlé dans la presse en France et pourtant vraiment c'est un rapport courageux un rapport sincère qui a vraiment relaté les faits qui ont été dit en audition donc sans filtre et très courageux dans les messages 25 recommandations sur l'urgence d'agir pour les enfants à les écrans il a été orchestré par monsieur Desmurgers en France et donc porté par madame Ashley Mann et madame Garnier Merci. de sénatrices. Et vraiment,
- Speaker #1
nous recommandons vivement d'aller regarder les recommandations qui étaient faites. C'est rare d'avoir quelque chose de si courageux. Je veux bien le lien vers ce rapport quand vous l'aurez. Mais alors, c'est d'autres... Parce que là, récemment, celle qui était en charge, qui avait proposé Noa... Madame Mourin-Desailly. Voilà, Madame Moudit-Mourin-Desailly.
- Speaker #0
Mourin-Desailly, je crois.
- Speaker #1
C'est ça. Ça, ce n'est pas une sédatrice avec qui vous avez interagi en particulier ? Pas encore.
- Speaker #0
On espère que ça va venir. On a fait nos demandes. C'est ça aussi, le travail associatif, c'est long. Il y a tout le problème des prises de rendez-vous, les rendez-vous, le travail de fond, le travail avec le collectif au niveau national. On est partout, on n'a pas assez de ressources. On fait au mieux.
- Speaker #1
Non, mais c'est surtout qu'on a aussi l'impression, Déjà, il y a une rivalité entre Assemblée et Sénat. Comme vous dites, le Sénat propose ses propres lois, n'accepte pas les lois de l'Assemblée, donc il y a un manque de consensus au niveau de la gouvernance, au niveau national. Mais on a l'impression aussi d'un nombre de diverses lois qui, quelque part, toutes abordent un pont d'interaction des jeunes avec le numérique. En fait, que ce soit les réseaux sociaux sur téléphone, à l'école, sur les écrans d'ordinateur, on a l'impression qu'il devrait y avoir une vision nationale, globale.
- Speaker #0
Exactement, et c'est ce qu'on soutient, c'est ce qu'on voudrait en fait, parce que en fait, on peut fermer les fenêtres, mais tant qu'on laisse la porte ouverte ou l'envers, ça va même un peu un plan. En fait, il faut avoir une vision globale et une vue d'ensemble sur la vie de l'enfant, sur ses... sur les effets que ça va avoir. Et en fait, traiter qu'un pan, finalement, l'enfant ira voir ailleurs. Il y a tellement de supports différents, tellement de lieux différents de vie. Il faut que ça soit la société, les adultes qui, clairement, la protection de l'enfant, c'est quelque chose de primordial. L'intérêt supérieur de l'enfant doit primer avant même. Oui, bien sûr qu'on peut faciliter le travail des enseignants. Bien sûr que les enseignants ont un travail difficile, évidemment. Mais il ne faut pas oublier l'intérêt supérieur de l'enfant dans tout ça. Le fait qu'il n'est pas prêt à tout voir, il n'est pas prêt à tout entendre, il ne sait pas tout gérer. Il ne sait pas, il a besoin d'accompagnement. Et ça, il ne faut pas l'oublier. Et puis, pour revenir sur un des points fondamentaux de notre association, nous, à la base, c'est aussi une défense de liberté individuelle. C'est clairement...
- Speaker #1
Et voilà, c'est super intéressant parce que vous utilisez l'argument qu'utilise Arthur Delaporte pour contester la loi de Lord Miller. Nous, on le voit différemment. C'est comme ça qu'on a voté l'association. Le but, c'est qu'on s'est senti complètement, on a senti nos libertés individuelles bafouées. Et là, on s'est dit,
- Speaker #0
on ne peut pas laisser faire ça. C'est comme ça qu'on est venus s'aimer pas tant sur les écrans que sur le fait que là, ça a empiété trop sur nos libertés.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
on croit.
- Speaker #1
Mais disons que c'est amusant, parce que vous pouvez retourner à l'industrie. Je ne sais pas si l'univers plaide pour cet argument, en disant non, non, il y a une vraie liberté, en effet, familiale qu'on défend, c'est d'être, de ne pas être envahi, tout comme, en fait, on pourrait faire le parallèle avec la publicité aujourd'hui. On n'avait pas le droit de faire la publicité dans les foyers. à l'intérieur d'un foyer. Pourquoi devrions-nous subir dans le foyer ? Bon, à la télévision, la publicité est très réglementée. On ne peut pas la publiciter comme ça. Pourquoi est-ce que sur ce média, il n'y a aucune réglementation ? Oui,
- Speaker #0
mais à la télévision, le parent peut décider de laisser son enfant à l'écran.
- Speaker #1
Quand c'est l'école qui donne une tablette au nom de l'enfant à la porte à la maison,
- Speaker #0
le symbole est extrêmement fort. Ça légitime que l'enfant ait le droit de l'utiliser. Internet est connectable, ne l'oublions pas.
- Speaker #1
Oui, et juste aussi une dernière question. Les acteurs qui pourraient vous soutenir, mais je ne sais pas s'ils sont très actifs, c'est l'éducation nationale. Est-ce que vous avez des contacts avec des... À part Inma qui est enseignante, est-ce que... Par exemple, vous représentez les parents, mais question, est-ce que les fédérations de parents d'élèves, vous avez des contacts avec eux ? Est-ce que c'est un sujet qui prend un bas le corps ou pas vraiment ?
- Speaker #0
C'est une très bonne question. C'est une très bonne question. Nous, ce qu'on a remarqué, notamment, je parle au nom de plusieurs associations, notamment dans le collectif Attention, on est plusieurs à s'être fait la remarque que, enfin, remarque, quand a eu lieu le vote sur la loi de Mme Miller, en janvier, il y a eu, très rapidement, une consultation, j'ai oublié le nom, du CSP, je crois ? Non, pas le CSP. Enfin, d'un conseil. qui ont en son sein des fédérations de parents d'élèves, des syndicats enseignants, etc. Ils ont été auditionnés très rapidement, enfin, entendus très rapidement, trop rapidement à leur goût d'ailleurs. Du coup, ils se sont positionnés contre ce projet de loi. Et suite à ça, on a publié une tribune à plusieurs associations, publiée, je crois, dans Libération. Oui,
- Speaker #1
c'est lui, oui.
- Speaker #0
Puisque vraiment, on a eu la sensation que ces fédérations de parents d'élèves ne parlaient qu'en leur propre... prenons et ne représentent pas finalement tant que ça tous les parents d'élèves. On a essayé de les contacter jusqu'à ce que je parle pour présence simple. On a eu soin de nous recevoir, ce qui est incroyable. Nous sommes des parents d'élèves qui désirons parler à la Fédération de parents d'élèves. Ça n'a pas été entendu et nous souhaitons, nous appelons nos voeux. Nous voulons vraiment que maintenant, dans ce conseil et quand il y a des sujets comme ça de consultation, nos associations de parents d'élèves concernées, très concernées, en tout cas très au courant de ces sujets-là sur le numérique, soient concernées. Nous voudrions, au niveau national, notre association, comme d'autres associations, soit entendue. Ça ne peut pas être que la PEP ou la FCPE, qui sont les grandes associations politisées françaises, qui soient entendues. Nous ne pourrons même pas être entendues, pareil.
- Speaker #1
Oui, en effet.
- Speaker #0
Nous représentons un certain nombre de parents et clairement, notre but, c'est la protection de l'enfant, c'est l'intérêt supérieur de l'enfant et on n'a pas d'opposition de principe. On veut, en revanche, que ce sujet soit réellement discuté, posé à plat, qu'on ait un... pas de recul et qu'on fonce pas tête baissée en disant c'est le monde d'aujourd'hui, il faut y aller, il faut y aller. On a le droit à ce pas de recul.
- Speaker #1
Oui, et en effet, Tech for Good Canada avait invité les fédérations de parents d'élèves à la table ronde de mercredi. J'ai eu aucune réponse. Il n'y a eu aucune réponse non plus. Et pour finir, l'éducation nationale. Alors, c'est l'autre...
- Speaker #0
Nous avons rencontré plusieurs acteurs de l'éducation nationale au niveau ministériel. Et nous avons un rendez-vous important. On s'en réjouit dans deux semaines avec le cabinet de M. Jeffrey à ce sujet. Donc, au niveau plaidoyer national et au niveau, en revanche, si votre question, c'est au niveau des écoles, etc. Ça, c'est chaque parent, chaque membre de l'association qui le fait lui-même. Oui, moi, je peux vous donner des exemples concrets de choses qu'on a faites, mais c'est... Là, c'est très localement, avec les familles que je connais, qui font ou pas partie de l'association.
- Speaker #1
sympathisant et chaque membre de l'association le fait à son niveau sans nécessairement qu'on le remonte au niveau associatif. Donc je ne peux pas... Je n'ai pas une vision sur tout. J'aimerais bien entendre la voix de l'enseignante. Malheureusement, on ne peut pas entendre Ylma, mais est-ce que vous pouvez parler pour elle, Isabelle, et dire dans quel contexte vous vous situez comme enseignante ? Est-ce que vous êtes isolée ? Par exemple, est-ce qu'il y a un syndicat d'enseignants qui se préoccupe de ce sujet ? Enfin, voilà. De quoi t'es enseignante ? Ça se passe comment ?
- Speaker #0
Ça va être dur de parler pour elle. Je préférais la laisser parler sur ce sujet-là et je trouve qu'elle a beaucoup à apporter sur ce sujet-là. En revanche, si elle n'arrive toujours pas à prendre la parole, ce que j'aimerais ajouter, c'est des exemples qu'on a eus. Puisque vous parlez des établissements scolaires, autant on a eu quelques établissements où les professeurs se sont braqués. On n'a jamais pu avoir de discussion, c'est dommage, mais ils ont pris ça personnellement. C'est toujours le problème, on essaie de protéger notre enfant, ils le prennent personnellement et la discussion est rompue. Autant on a pu voir, on a des exemples de collèges où il y a deux, trois ans, le qu'on est à la direction était plutôt très réticent, c'est pas des sujets. Et puis là, suite à des réunions qu'on peut avoir des parents, on dit merci en fait, parce que ça fait deux ans que ça nous a aidé à réfléchir sur ces sujets et à avancer dans notre réflexion. Et voilà, je trouve que c'est une façon intelligente d'avancer en fait, et d'entendre aussi les parents, leur détresse par rapport à... Parfois, des élèves qui peuvent avoir accès à certains contenus, etc.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Voilà, d'accepter la réflexion commune, c'est une belle façon de dire aussi qu'on avance ensemble. Alors, ce n'est pas pour ça que tout a été réglé, mais enfin, la discussion est ouverte.
- Speaker #1
D'accord. D'accord. Donc, merci, Ylma, pour votre précision. Finalement, c'est à l'échelle individuelle. On discute entre professeurs, on réfléchit ensemble. Mais les positions des professeurs sont très diverses et variées. On mène individuellement des actions comme demander aux élèves de mettre les éphones dans les pochettes. Mais de toute façon, au niveau du collège, c'est obligatoire. Et au lycée, vous l'attendez. Elle est trop présente. C'est le cas. Ça va peut-être l'être bientôt, puisque c'est dans la loi de la députée Miller également. Et je l'ai déjà dit pendant un tableau rond, je ne sais pas si vous le saviez, mais au Québec, ils ont passé la loi l'an dernier. Et que ce soit à tous les niveaux, puisqu'ils ont inclus le primaire, parce que maintenant, ça commence au primaire. À tous les niveaux de l'école au Québec, le portable est interdit dès qu'on rentre sur les lieux de l'école. Et voilà. Oui, oui, il n'y a finalement pas de raison particulière de se limiter au collège. Voilà.
- Speaker #0
Oui, le point étant toujours, c'est par rapport au téléphone portable, on parle d'un endroit. qu'il a un endroit d'apprentissage, un endroit d'instruction, et finalement, quelle est la place du téléphone dans ce cadre-là ? C'est toujours ça, en fait. Je pense qu'il ne faut reprendre un pas de recul en disant, oui, il y a la vie de l'enfance à laquelle le parent veut donner accès, et puis il y a la vie scolaire. Et dans certains lieux, il y a des règles. Conseil des ministres, je crois avoir entendu dire qu'il n'a pas de téléphone pour tabac. Voilà, on a le droit d'avoir certaines règles. Puis ça, finalement, c'est aussi un respect, puisque quand on a le téléphone, on a du mal à ne pas y toucher. C'est juste un respect de l'autre. Voilà, c'est un moment de la journée pendant lequel On est dédié à autre chose.
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Pour vous donner aussi un exemple qui nous a été remonté dans notre association et qui m'avait un peu marquée, d'une lycéenne qui disait qu'elle n'ose plus aller aux toilettes au lycée,
- Speaker #1
elle a toujours peur d'être filmée.
- Speaker #0
Ils sont eux-mêmes en souffrance de leurs propres usages. Une autre qui disait, moi je n'ose pas embrasser mon petit copain parce que j'ai toujours peur que ce soit filmé, photographié. Donc en fait, dans leur propre intimité, ils sont en souffrance de leurs usages. Donc en fait, en tant qu'adultes, on les aide aussi à ne plus se mettre en scène. à être sur autre chose, à vivre pleinement et sincèrement ce qu'ils ont à vivre. Et puis la mise en scène, ils la garderont pour ailleurs. C'est aussi ça.
- Speaker #1
Oui, d'ailleurs, la mise en œuvre de cette interdiction dans les écoles au Québec, c'est plutôt très bien passé. En fait, on a lancé un cataclysme, on a lancé une révolution des jeunes, mais à part des exceptions qu'il y a toujours, il y en a quelques-uns qui sont réfractaires et qui se font vraiment, comment dire, pénalisé, c'est-à-dire que maintenant, les directeurs ont le droit de pénaliser, ils se sentent autorisés à le faire. Finalement, ça se passe très bien. Et d'ailleurs, quand vous parliez d'être filmé, il y a une baisse de la violence dans les lycées et les collèges parce que maintenant, il n'y a plus d'incitation à se battre, parce qu'il n'y a plus de personnes pour filmer, pour mettre en avant son côté. Oui, au revoir Inma, pardon. Donc, ça a eu un impact. En effet, ça a pacifié l'établissement. Et donc, les directions devraient être... À fond pour ça ?
- Speaker #0
Là-dessus, je pense que c'est que du positif. Il y en a l'exemple aussi des voyages scolaires. Les voyages scolaires, c'est un vrai sujet. Les voyages scolaires dans lesquels les portables sont interdits, ça veut dire qu'un parent qui ne donnerait pas accès à beaucoup de contenu à son enfant, si l'enfant part en voyage scolaire, c'est open bar. Si j'ose dire clairement, dans le bus, dans les chambres, les enseignants ne seront pas là pour vérifier. Et là, on voit bien avec notre association qu'on a du mal, parfois, à faire entendre ça aux enseignants. notamment parce que dans les bus, il voulait être tranquille. Un enfant sur un écran, c'est un enfant qui ne va pas faire de bazar. Mais en plus, c'est de leur retirer un moment de vie. On a tous ces souvenirs-là, oui, d'un peu de bazar, mais purée, un enfant, un jeune, bah oui, ça vit en fait. Oui, ça bouge. On sait toujours la place de l'enfant à la place du jeune dans la société. On en revient toujours un peu à ces sujets-là. C'est vrai. Mais le voyage scolaire, c'est un vrai sujet qui est très inquiétant, on le voit dans notre association, pour beaucoup de parents qui hésitent vraiment. à envoyer maintenant leurs enfants, même en colonie, les problèmes des colonies de vacances, les choses comme ça, ça devient un vrai sujet, la place des téléphones portables.
- Speaker #1
D'accord, d'accord. Oui, c'est vraiment des effets en chaîne, une réaction en chaîne vraiment incroyable sur la vie des familles aujourd'hui.
- Speaker #0
Un beau cadeau à leur faire, c'est d'offrir des moments de vie déconnectés aux enfants, à l'école, en colonie, les municipalités justement, dans ce qu'elles proposent aux enfants, que ça soit très clair. Il y a un endroit à l'entrée, on dépose les téléphones, c'est un moment de vie et on n'est pas là pour consulter. On le voit bien, même dans les cours de tennis, l'enfant s'arrête, il a une pause, il va regarder en primaire son téléphone portable. Il faut aider l'enfant à se sortir et l'adulte, chaque adulte qui encadre un enfant,
- Speaker #1
dont c'est le rôle d'être en lien avec l'enfant, doit l'aider dans cette relation que l'enfant peut ou ne peut pas avoir à l'écran. En fait, la voix qu'on entend peut-être pas assez aujourd'hui, c'est la voix des jeunes. Il devrait y avoir un collectif de jeunes qui sont peut-être passés par là et qui sont sortis peut-être de plus de 16 ans, de 16 ans à 25 ans, et qui disent, ben non, moi j'aurais préféré vivre sans, en fait, j'aurais préféré grandir sans, parce que ça existe en fait. Tous ceux qui l'ont vécu, en général, n'ont pas de regrets pour cette période.
- Speaker #0
Le problème étant, c'est toujours pareil, si tout le monde y a accès. On ne veut pas, on veut y avoir accès. Si les autres n'y avaient pas accès, on dirait bien sûr, je préfère ne pas y avoir accès.
- Speaker #1
C'est toujours le droit de l'action.
- Speaker #0
D'où l'action collective, d'où la nécessité ou en tout cas l'intérêt de pouvoir légiférer. C'est là que ça prend tout son sens.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Ok, merci beaucoup Isabelle Barès.
- Speaker #0
Merci à vous pour votre invitation.
- Speaker #1
Merci de nous avoir écoutés. Pour rappel, l'association d'Isabelle Coréen Barès s'appelle Présent-Simple. Ça, c'est l'adresse Internet. Et la campagne s'appelle Stop aux ENT, et elle donne donc plusieurs conseils aux parents sur comment s'y prendre, depuis ne pas activer le compte ENT fourni par établissement en début d'année, jusqu'à prendre rendez-vous avec les enseignantes et enseignants pour demander des alternatives, des supports papier notamment. Laisser son enfant dire simplement « je n'ai pas assez accès à Internet ou à l'ENT » , écrire à l'école, en parler aux portes ouvertes, bref, c'est un véritable guide de soutien aux parents qui veulent exercer leur droit à la déconnexion à la maison. Au moment où Présence Simple demande ce droit à la déconnexion des élèves, la France a été le premier pays européen a voté en juillet 2026 une loi imposant aux grandes plateformes numériques non éducatives d'interdire l'accès à leurs espaces aux moins de 15 ans. Alors, à la différence de ce qui a été choisi en Australie en 2025, qui a lancé le mouvement dans tous les pays occidentaux, la France va imposer aux plateformes géantes numériques l'usage d'un outil de vérification d'âge qui a été validé par l'autorité de régulation des télécoms françaises, l'ARCOM, et par l'Europe. Cet outil est intéressant parce qu'il est ce qu'ils appellent à « divulgation nulle » . C'est-à-dire qu'il ne transmet aucune autre information à Instagram ou TikTok, par exemple, que cet usager, cette usagère a plus ou moins de 15 ans. Il n'est pas de question de transmettre des pièces d'identité que, évidemment, personne n'a envie de fournir à Instagram ou TikTok. J'espère parler d'ici la fin de mois d'août avec la députée Laure Miller. qui est déjà intervenu au mois d'avril sur ce podcast qui était porteuse de la loi qui vient d'asser pour suivre la mise en œuvre de cette loi absolument réjouissante pour tous ceux qui cherchent depuis longtemps à protéger l'innocence de l'enfance en ligne. Notez-nous, suivez-nous. Merci pour votre écoute et à très bientôt.