- Speaker #0
On avait des mouvements un peu grassroots, des mouvements notamment de parents, des mouvements dans l'éducation, etc. qui ont compris un aspect que je n'ai pas précisé de Off-Fabry mais qui est important, qui est que nous, on ne dirige pas principalement aux mineurs, aux ados. Parce que par ailleurs, pour être cohérent avec notre discours, on défend une interdiction des réseaux sociaux jusqu'à 18 ans. On défend l'établissement d'un âge légal pour posséder un smartphone. Donc, il y a une espèce de dissonance dans notre message. Si on disait, tu as 14 ans, on se sentait, je ne sais pas si au Canada, Dry January est très répandu. Donc voilà, c'est fortement inspiré de Dry January, bien sûr. Et on se sentait un peu comme si on avait dit à des enfants de 12 ans, ne buvez pas d'alcool. Alcool, oui, tout à fait.
- Speaker #1
Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de Derrière nos ecrans de septembre 2026.
- Speaker #0
Aujourd'hui, on parle avec le fondateur du mouvement OFF. de déconnexion collective numérique en février,
- Speaker #1
notamment avec le Off February. Bonjour, Diego Hidalgo-demeusoi, puisque c'est ton nom complet.
- Speaker #0
Hidalgo-demeusoi, exactement.
- Speaker #1
De Hidalgo-demeusoi, pardon. Tu es franco-espagnol, si je ne m'abuse.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Ça me fait plaisir parce que moi, je suis canadienne anglaise et française. Donc, c'est toujours sympa de croiser des binationaux dans ce monde. Donc aujourd'hui, environ à la quarantaine, tu es le fondateur du mouvement OFF February, ou OFF en général, qui propose, entre autres, un mois detox numerique collective, notamment en Europe, en Espagne, en France et au Royaume-Uni. Tu me corrigeras si j'ai oublié des pays. Tu as été entrepreneur dans le numérique avec Spacebee, qui faisait du partage de locaux d'entreprise et Amovance. un genre de blabla car espagnol. Et après des exits ou des ventes à succès, tu es devenu investisseur, auteur, conférencier. Tu as écrit deux livres, notamment Anesthésier et Reprendre le contrôle. Et on s'est croisés lors de la réunion 2026 du collectif Attention en France, qui regroupe des dizaines d'associations et élus autour de la question de la capture, notre temps et cerveau. par le numérique de loisirs, réseaux sociaux, vidéos et jeux vidéo addictifs. Merci beaucoup d'être là. Est-ce que tu peux tout de suite rentrer dans ce que c'est que le grand événement du moment, c'est Off February ?
- Speaker #0
Tout à fait. Alors merci déjà de l'invitation, c'est un plaisir d'être avec vous aujourd'hui. Le mouvement Off, déjà juste un mot avant de vraiment me centrer sur Off February. On aura peut-être l'occasion d'en parler plus en détail, mais nous, on est du Manifest Off qui a été publié il y a deux ans et demi, qui va bien au-delà des réseaux sociaux et même de la tension, qui dénonce un paradigme dans le numérique qui est de plus en plus présent, de plus en plus intense, où ce numérique favorise de plus en plus l'exploitation de nos vulnérabilités, que ce soit des êtres humains ou même des institutions humaines. Il se manifeste off, c'est un appel à reprendre le contrôle sur le numérique, en gros, pour qu'il soit au service de l'humain et non au contraire.
- Speaker #1
Très bien. C'est utile que tu me dises ça. Je n'avais pas capté qu'il était aussi large que ça.
- Speaker #0
Voilà. Donc, on a une vision très large parce que parfois, on considère qu'en fragmentant tous les sous-problèmes qui sont liés de plus loin aux problèmes plus grands que pose le numérique dans nos vies aujourd'hui, on fragmente et du coup, on passe à côté de... De ce principe de base, on pense de désalignement du numérique sur nos intérêts, qui passe justement en grande partie par cette exploitation de nos vulnérabilités, par de la technologie derrière laquelle se trouve une poignée d'êtres humains, avec leurs propres intérêts. Souvent, ces technologies servent davantage leurs intérêts que les nôtres, sous couvert de services qui parfois sont certes très utiles, mais qui s'infiltrent de plus en plus dans nos vies. Et nous, chez OFF, on considère que... Un des objectifs principaux, ce serait de tracer un périmètre beaucoup plus rigoureux entre les aspects de nos vies qui méritent d'être numérisés où la technologie peut être la bienvenue et ceux dans lesquels on fonctionne mieux avec pas ou moins de technologie ou un autre type de technologie. Donc ça, c'est un peu la base du mouvement OFF. Et sur cette base, ce manifeste a été signé par des centaines de personnalités, des intellectuels, des philosophes, des scientifiques, pas mal de personnes issues du monde médical. également des juristes, des artistes, des chefs d'entreprise, etc. Parce que notre but, c'était d'avoir vraiment une base la plus large possible. Il y a toujours des gens qui, tous les jours, de nouvelles personnes qui signent ce manifeste. Il y a des milliers de personnes qui l'ont signé et dont beaucoup de personnalités, comme je disais. Cette base-là, notre but, c'est off. c'est de mobiliser à grande échelle, en particulier dans des domaines où on considère qu'il y a un manque d'alignement particulièrement marqué entre cette conception, ce déploiement, cette utilisation du numérique et nos intérêts en tant qu'êtres humains. Donc hélas, il y a de nombreux domaines de nos vies où on considère où ce phénomène se produit, notamment dans l'éducation par exemple, qui est un champ, l'éducation à la jeunesse, où justement on considère que le curseur de la numérisation va... bien au-delà de ce qu'ils devaient être pour respecter l'humain, respecter le neurodéveloppement, respecter l'enfance en général. Mais il y a également d'autres domaines. Par exemple, notre première initiative, c'était sur les head tech, l'utilisation, la numérisation de la vie scolaire, des devoirs, du travail en classe, etc. C'est un domaine où on dispose de plus en plus d'évidence quant au fait que cette hyper-digitalisation de l'éducation, ni favorables à la santé des mineurs, ni à leur apprentissage. Alors qu'il y a des technologies comme le papier, les crayons, les stylos, les livres qui sont extrêmement performantes, souvent moins chères, avec une empreinte environnementale moins importante.
- Speaker #1
C'est amusant parce que si je peux me permettre, l'organisation que je dirige, donc Tech for Good Canada, qui a un nom français qui s'appelle Technoethic, est tout à fait sur la même longueur d'onde. C'est-à-dire que nous, on a l'approche peut-être un peu nord-américaine. de dire comment utiliser le numérique pour le bien et bien faire la différence, plutôt que d'avoir une vision, comment dire, un petit peu noire et blanche du numérique, comme parfois on l'a, je trouve, en France, où on est detox numerique à la base, de se dire le numérique peut être déployé pour le bien lorsqu'il est fait avec éthique, en fait, tout simplement, avec des valeurs. Mais je comprends très bien aussi le besoin de, quelque part, dire stop. dans un premier temps au numérique pour peut-être prendre un peu de recul et arrêter les dégâts qui sont à l'œuvre aujourd'hui.
- Speaker #0
Non, mais de toute façon, je veux dire, nous, on est au mouvement off dont tous offrent des talibans. Moi-même, je suis, comme vous l'avez précisé au début, entrepreneur dans le numérique à la base. Mais je pense qu'on peut construire des modèles tout à fait alignés sur les intérêts humains avec du numérique. Tout à fait, amplement, j'ai essayé de faire. Moi, peut-être la différence, c'est que quand j'ai lancé, moi, je m'intéresse à l'impact du numérique sur l'humain depuis que je suis moi-même adolescent. Et en vérité, je suis devenu plus entrepreneur pour voir un peu ce monde de l'intérieur que pour autre chose, avec la ferme intention ensuite de revenir justement à ce que je suis en train de... D'accord,
- Speaker #1
d'accord.
- Speaker #0
Donc, vous avez raison. Mais néanmoins, je trouve qu'il faut aussi avoir le courage parfois de dire, bon, moi aussi, j'ai envie d'être raisonnable. Je déteste être un radical comme ce n'est pas du tout une fin en soi. La véritable expérience radicale qui a été menée dans les 15-20 dernières années, ça a été une expérience dans laquelle on a décidé que toutes nos vies devaient être gouvernées par, en gros, 5-6-8 entreprises, elles-mêmes contrôlées généralement par une ou deux personnes, qui ont des projets idéologiques extrêmement préoccupants que nous ne partageons pas, en tout cas qu'une majorité des populations ne partage pas, et qui, sans qu'on s'en rende compte, véhiculent non seulement des services qui, sur le moment, peuvent être très utiles, ou en avoir l'apparence, mais aussi qui véhiculent des idéologies et, comme on disait tout à l'heure, des intérêts bien particuliers, souvent bien éloignés des nôtres. Donc, en fait, je pense que la vraie radicalité, ça a été de penser qu'on pouvait montrer des vidéos de YouTube à des enfants de 3 ans, de se faire accompagner par un smartphone, même en étant adulte, du matin jusqu'au soir et parfois du soir jusqu'au matin.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et que ce petit rectangle nous accompagne depuis la salle de bain jusque dans la chambre à coucher. dans les petites attentes et vraiment dans tout pénètre, dans tout l'aspect de nos vies. Donc voilà. Et donc sur cette base, nous avons lancé pour la première fois cette année notre initiative phare qui s'appelle Off February, comme je l'avais précisé, qui est en fait un challenge, un défi qu'on propose, qu'on a lancé au niveau mondial. Vous avez mentionné l'Espagne, la France, qui c'est vrai, c'est des pays où on est très présents. Mais dès cette année, Off February a atteint 54 pays et ça consiste à désinstaller les applications de réseaux sociaux de son smartphone pendant 28 jours, pendant tout le mois de février. Et comme vous l'avez précisé aussi, c'est important que cette sortie sélective du numérique soit coordonnée, soit synchronisée dans le temps. Ce n'est pas un défi individuel, même si ça repose à la fin sur notre volonté, mais ce qui est important, c'est cette dimension collective, c'est de faire ça en même temps, ensemble. Il y a une étude de l'Université de Chicago qui a été publiée en 2023 qui montrait que... Les personnes, quand on leur demandait, c'était spécifiquement sur TikTok et Instagram. Et quand on a des gens, combien ils seraient prêts à être payés ou à payer pour abandonner les réseaux sociaux ? Si c'était un abandon individuel, s'il n'y avait que eux qui devaient les abandonner, à ce moment-là ? ils demandaient d'être payés, je crois, 59 dollars par mois pour TikTok et 32 pour Instagram, quelque chose comme ça. Dommage, c'était un abandon collectif. En gros, si on leur disait combien, on pose la même question, mais pour que tout le monde abandonne à la fois. Et là, les gens étaient à payer de leur poche, il me semble qu'une douzaine de dollars par mois pour le cas d'Instagram. Ah oui,
- Speaker #1
ça, c'est intéressant.
- Speaker #0
Donc ça, c'est... Nous, avec Off-February, ce qu'on a voulu faire, c'est de dire on va faire ça que dans un cadre expérimental. mais on... impossible de payer 12 dollars par mois pour que Instagram arrête d'exister même si c'est ce que beaucoup de gens voudraient, c'est de proposer ce défi pour inviter les gens à regoutter à ce qui se passe dans nos vies quand on prend le contrôle de son temps et l'extension de son attention pendant 28 jours. Et tout ça a montré c'est qu'il y a une majorité de personnes qui au bout de ces 28 jours ne réinstallaient pas la totalité des applications qu'ils avaient désinstallées. Il y a 80... 15% des personnes qui ont ressenti un effet positif, que ce soit dans leur capacité d'attention, dans leur relation à leurs êtres proches ou dans leur bien-être général. Et il y a une grande majorité des personnes, 85%, qui ont réussi à vraiment faire ces 28 jours sans réinstaller ces applis.
- Speaker #1
C'est impressionnant, vous avez tous ces chiffres, on voit bien votre parcours d'entrepreneur numérique et de... dans ça, j'imagine que vous faites un sondage après coup auprès des participants individuellement, mais comment, donc aujourd'hui j'ai vu qu'on peut s'inscrire individuellement sur le site offebruary.org ou .com, je ne me souviens plus et vous avez donc des ambassadeurs un ambassadeur en France une ambassadrice au Royaume-Uni est-ce que vous vous adressez aussi quelque part à des collectifs existants ? Est-ce qu'aujourd'hui vous avez constaté qu'il y a des communauté, des collectifs qui rejoignent en tant que communauté votre mouvement de déconnexion ?
- Speaker #0
Alors ça, merci de poser la question, parce que c'est un élément essentiel du dispositif. C'est quand même que quand on a lancé Off February pour la première fois cette année, on a eu l'idée courant 2025, donc on a eu que quelques mois avec une toute petite équipe pour organiser tout ça.
- Speaker #1
Donc c'est vraiment tout récent en fait, il y a eu un... En gros,
- Speaker #0
il y a peut-être un... enfin, donc peut-être en septembre, octobre 2025, on a commencé à préparer la première édition. On a réussi à tisser un réseau d'organisations partenaires parce qu'on s'est répondu un tout petit peu à votre question, pas encore suffisamment, mais parmi ces partenaires, il y en avait une soixantaine pour la première édition. Il y avait des sociétés médicales, des sociétés... Notamment beaucoup en Espagne, on avait par exemple l'Association Espagnole de Pédiatrie ou la Société Espagnole de Neurologie. On avait des mouvements un peu grassroots des mouvements notamment de parents, des mouvements dans l'éducation, etc., qui ont compris un aspect que je n'ai pas précisé de Of Favour, mais qui est important, qui est que nous, on ne dirige pas principalement aux mineurs, aux ados. Parce que, par ailleurs, pour être cohérent avec notre discours, on défend une interdiction des réseaux sociaux jusqu'à 18 ans. On défend l'établissement d'un âge légal pour posséder un smartphone. Donc, on trouvait qu'il y avait une espèce de dissonance dans notre message. Si on disait, tu as 14 ans, on se sentait... Je ne sais pas si au Canada, Dry January est très répandu. Donc voilà, c'est fortement inspiré de Dry January, bien sûr. Et on se sentait un peu comme si on avait dit à des enfants de 12 ans, ne buvez pas d'alcool. Alcool, oui, tout à fait.
- Speaker #1
En plus, vous étiez présent où le collectif, attention, il y a déjà un défi 10 jours sans écran qui s'adresse, oui, aux jeunes. Donc vous êtes complémentaire.
- Speaker #0
On est complètement complémentaire. D'ailleurs, 10 jours sans écran est partenaire de Off February. Vous avez mentionné le collectif Attention en France, dont un certain nombre d'associations, je crois qu'il y en a 13, comme Lève les yeux, Éducation numérique raisonnée, le COS, le collectif sur exposition aux écrans, ont été de grands soutiens. J'en oublie certains, ce qui n'est pas très diplomatique de ma part. Mais on en a également aux États-Unis, on a également des institutions culturelles ou avec des missions précises, comme le Centre national du livre en France. Des partenaires également anglo-saxons, aux États-Unis, Americans for Responsible Technology, au Royaume-Uni, le soutien aussi de certaines organisations à forte composante médicale, Health Professional for Safer Screen, par exemple. Et donc voilà, on essaie d'opérer énormément à travers justement ces collectifs. Pour cette année, on a espoir d'avoir plus d'universités partenaires également, parce qu'on trouve que les jeunes adultes, c'est un public pour lequel c'est particulièrement, pour le coup, pertinent. Parce que hélas, la Gen Z, quand elle arrive à 18 ans, c'est pas que tous les problèmes se résolvent. Là, on va voir que cette épidémie de problèmes de santé mentale... et de solitude également, où il y a de plus en plus d'évidence qu'elle est intimement liée aux usages numériques. Elle continue à l'âge adulte. Je ne sais pas comment c'est le cas, mais par exemple, dans un pays comme la France, la catégorie de la population qui ressent le plus de solitude, ça avait toujours été les personnes âgées de 75 ans et plus. Depuis ça fait quelques années, c'est les 18-27 ans. Je sais qu'aux États-Unis, c'est tout à fait similaire.
- Speaker #1
Oui, c'est similaire au Canada. On parle beaucoup de cette génération solitaire qui n'arrive pas à se connecter. Et pour faire le lien avec ce que vous dites sur les organisations médicales partenaires au Canada, l'association, la Canadian Medical Association, a fait une campagne sur les réseaux sociaux cet été pour signer une pétition. pour demander au gouvernement d'interdire les médias sociaux aux plus jeunes. Donc au Canada aussi, les médecins sont en première ligne et sont intéressés à réguler cet usage.
- Speaker #0
Très bien, Manu, en tout cas, j'en profite pour dire, s'il y a certains membres, dirigeants d'associations, d'organisations, que ce soit des sociétés médicales, que ce soit des mouvements de parents... ou autres qui soient alliés sur ce message, n'hésitez surtout pas à nous écrire. Notre site internet, vous mentionnez celui de Off February, mais le mieux, c'est qu'ils aillent sur notre site internet offm.org.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Ils trouveront toutes les informations sur nos initiatives et notre contact, etc. Parce qu'on veut vraiment servir de plateforme pour, sur une initiative très concrète comme celle-ci, rassembler. Parce qu'on pense que c'est en plus important de créer une espèce de convergence d'intérêts Merci. de bons intérêts, c'est-à-dire on n'accepte pas notamment d'ailleurs de partenaires qui soient financés par ce type d'industrie, etc., parce qu'on préserve avant tout notre indépendance. Et voilà, qu'on soit le plus nombreux possible à relayer ce message. Et je répète juste pour finir, le problème, ce n'est pas que les réseaux sociaux, ce n'est pas que cette crise de la tension, mais c'est quand même une partie importante du problème. Nous, on a décidé de commencer quelque chose qui puisse mobiliser à grande échelle. Brancide, sans doute, allait plus loin.
- Speaker #1
Oui, je vous avoue que dans le podcast Derrière nos ecrans, j'interview différents experts sur tous les sujets du numérique et société. Et récemment, j'ai interrogé une chercheuse québécoise sur l'impact sur les jeux vidéo d'aujourd'hui. Elle a grandi avec les jeux vidéo, grande fan des jeux vidéo comme outil, évidemment, de jeu avec plein de bénéfices. Et puis aujourd'hui... elle décrit la présence de jeux de hasard et d'argent dans des jeux vidéo proposés aux tout petits, à 7 ans, 8 ans. Et donc cette aventure du gambling, du jeu de hasard et d'argent est maintenant présente en jeux vidéo. Et ça, c'est quelque chose dont on ne parle pas assez aujourd'hui. Donc c'est vrai que je trouve qu'il y a encore beaucoup à faire.
- Speaker #0
Et si on avait plus de temps pour justement rentrer plus en profondeur ? Le jeu, d'ailleurs, c'est très bien de jouer. Après, le pire, je trouve, dans les jeux visuels, c'est quand on appelle ça e-sport, parce que ça véhicule des fois sur scène du sport, du sport assis sur une chaise et de ce type-là, je pense que ça n'en est pas. Mais ce que je voulais dire, c'est aussi, une des situations dans lesquelles on est le plus manipulable, c'est justement les situations de jeu. La différence entre, par exemple, quand on fait un vrai jeu, et quand on joue à des jeux vidéo, c'est souvent le fait que quand on joue à un jeu, ce qui est important, c'est qu'il y a des limites. Il y a le début du jeu, la fin du jeu, et quand on est dans une situation de jeu, on ne fait que ça. Tandis que souvent, quand on joue aux jeux vidéo, il y a une espèce de multitasking en plus qui fait qu'on peut être en train de jouer aux jeux vidéo, faire quelque chose à la fois. On sait qu'il y a une grosse composante de réseau social au sein du jeu vidéo dans de nombreux jeux aujourd'hui. Et dans ces situations de jeu, on est... d'autant plus manipulables. Et une grande partie de l'environnement numérique, ils cherchent justement à nous rendre plus malléables, à désactiver notre système critique. Et donc, voilà, les situations de jeu comme ça, c'est...
- Speaker #1
Oui, oui, voilà. En fait, on joue sur le mot « jeu » , qui avait une connotation positive jusqu'à présent. Et quand ça devient du jeu de hasard et d'argent, du jeu addictif, évidemment que ça perd son aspect positif. Donc, il y a... Il y a tout un langage que j'imagine vous décrypter. Mais juste pour rester sur votre mouvement, comment le préparez-vous aujourd'hui ? Comment préparez-vous le Ausha venir ? Et comment est-ce qu'il y a des... des choses qui sont organisées, des réunions voilà, où en êtes-vous aujourd'hui du OFF de 2027 ?
- Speaker #0
Très bien, alors déjà je précise juste que c'est OFF février parce que c'est juste que OFF c'est le nom de notre mouvement en général par contre c'est une initiative que j'ai pas pu citer, on travaille déjà par exemple sur le OFF Festival, j'en profite pour en parler juste 10 secondes mais le OFF Festival c'est une grosse rencontre internationale qu'on organise, c'est du impossible. prochain à Madrid, mais avec des intervenants internationaux et on espère aussi un public international, donc dans un lieu assez emblématique du centre de Madrid. Et c'est une grande réflexion sur justement notre avenir numérique d'une perspective donc voilà assez critique. Donc on a d'autres projets comme ça qui nous occupent beaucoup. Néanmoins, pour répondre plus strictement à votre question, off February, là on est dans la phase, si vous voulez, quelques mois avant. où non seulement on recontacte pour relancer nos partenaires existants, mais on développe à l'international, dans presque tous les pays du monde, on identifie, on contacte et on parle avec de potentiels partenaires. Donc ça, d'une part. On organise également, si certaines associations, organisations veulent nous rejoindre, ou même, je dirais, des individus, on organise dans l'immédiat des webinars à date, comme ça, presque chaque semaine. que de nouvelles organisations puissent comprendre en quoi ça consiste et voir et décider si elles veulent devenir partenaires. D'autre part, on organise également de façon décentralisée pour le coup et je le dis également au cas où certains auditeurs puissent être intéressés, ce que nous appelons des cafés off. Les cafés off, c'est des rencontres d'à peu près une heure et demie ça peut s'étendre à un peu plus pour ceux qui veulent continuer mais en format un peu after work des des... Réunion, c'est trop formel pour décrire le cadre. Et des petites rencontres, on dit idéalement entre 15 et 50 personnes qu'organisent des membres de la communauté off. Il me semble qu'il y en a eu encore au Canada. Mais parfois, c'est directement nous qui les organisons. Et parfois, c'est juste des personnes qu'on a formées ou qu'on a formées. Encore une fois, ça a bien un gros mot, mais on a des petites pour organiser un café off. notamment, c'est pour parler de tous les sujets qui nous occupent aujourd'hui dans la conversation et c'est un peu une introduction au mouvement OFF, mais très focus OFF February, surtout dans les semaines et mois précédents OFF February.
- Speaker #1
Ça fait partie du... Ce genre de réunion, je suis âgée que vous touchez surtout une cible entre 20 et 30, 35 ans. Une cible qui va faire un after work. Donc, ce qui est déjà très bien. Alors,
- Speaker #0
ça dépend parce que dans les cafés off, ça dépend vraiment. Il y a beaucoup de parents aussi qui ont plutôt 35, 40, 50 ans. Il y a aussi, ça va des retraités jusqu'à des étudiants, jusqu'à des personnes, il n'y a pas de limite d'âge. Donc voilà, on essaye de mobiliser dans ces mois précédents Off-Favorites et différentes façons, mais également en place des partenariats pour avoir le plus de visibilité possible dans les médias notamment. On a la chance d'avoir une énorme couverture médiatique pour cette première édition.
- Speaker #1
Notamment en Espagne et en France.
- Speaker #0
Notamment en Espagne et en France, et là on a fait le plus d'efforts peut-être pour cette première édition, Exactement, mais j'avoue que ça a été aussi... couvert en Allemagne, en Italie, au Royaume-Uni et dans d'autres pays.
- Speaker #1
Il est vrai que votre site est déjà par défaut dans trois langues, espagnol, français et anglais. Donc déjà, il peut répondre à pas mal d'interrogations et à la fois de participants et de médias. Donc ça, c'est évidemment un point positif pour l'internationalisation. Juste, j'imagine, je connais votre décision, mais j'aimerais en parler. Nous, on a suivi vraiment les tentatives de réguler les médias sociaux récemment en France avec la loi interdisant les médias sociaux aux moins de 15 ans. Alors, c'est amusant parce qu'il y avait 13 ans d'un loi américaine. Alors, l'Australie, c'est 16 ans. Le Canada, c'est 16 ans. Et récemment, le procès de méta aux États-Unis. Il devait faire en sorte de protéger tous les mineurs. Comme vous le dites, pourquoi pas à 15 ans, pourquoi pas tous les mineurs ? Mais alors qu'est-ce que vous pensez de la décision du Conseil constitutionnel qui a invalidé cette loi qui avait été passée par les deux chambres en France ?
- Speaker #0
Oui, écoutez, je trouve que c'est une énorme erreur qui, à mon avis, témoigne d'une compréhension de l'urgence dans laquelle on se trouve actuellement, par rapport à la protection des mineurs dans ce domaine. Et je pense qu'il faut vraiment un sursaut collectif et de toutes les institutions de l'État pour vraiment aller de l'avant avec des mesures beaucoup plus strictes. Comme tu disais tout à l'heure, ce qui est radical, c'est l'expérience qui a été faite sur l'humanité quasiment dans sa totalité en un temps record, décidée par une poignée de personnes. Ce n'est pas le fait de vouloir... Enfin, si on fait des analogies dans le monde physique, on sait très bien que tout ce à quoi ont accès les mineurs à travers les réseaux sociaux, ce sont des choses pour lesquelles, en grande partie, elles seraient défendues d'accès dans le monde réel. Et par ailleurs, quand bien même il n'y aurait pas de... tout ce qu'il y a de mauvais au niveau des contenus, etc. Il y a aussi le fait que, comme je disais, je pense que, même si c'était pour voir des choses très intéressantes, d'avoir des personnes qui sont arrivées deux, trois heures par jour sur un petit écran de façon solitaire, isolée, etc. Eh bien, c'était... Alors, nous, en France, on a eu la chance d'avoir le soutien, notamment, et d'avoir travaillé avec Laure Miller, la députée qui a porté ce projet.
- Speaker #1
Je l'ai eu sur le podcast, oui.
- Speaker #0
Et qui était, vous l'avez dit sur le podcast, très bien. Oui,
- Speaker #1
oui.
- Speaker #0
Qui était un grand soutien. On s'est réunis d'ailleurs à Paris la semaine dernière, il y a quelques jours, justement pour parler de tout ça avec toutes les personnes.
- Speaker #1
Ça m'intéressait de savoir où elle en est, parce que j'avoue que j'ai voulu savoir. J'imagine qu'elle a été extrêmement déçue après tous les efforts qu'elle a fait depuis des mois. Ça a commencé en janvier, l'histoire de cette joie. En juillet, c'était passé, et puis en août, au milieu du mois de août, tout d'un coup, cette décision lunaire qui arrive. Est-ce qu'elle est prête à repartir ?
- Speaker #0
Oui, écoutez, alors déjà, il faut noter que la loi, ce qui a été censuré, c'est l'article 1 portant sur l'interdiction des réseaux sociaux jusqu'à l'âge de 15 ans. Heureusement, maigre consolation, mais quand même, il y a des éléments importants comme l'interdiction des smartphones jusqu'au lycée, jusqu'à la fin de l'éducation scolaire. qui sont pas négligeables néanmoins oui bien sûr qu'il y a de la déception je peux pas parler pour elle mais en tout cas ce que j'ai ressenti moi c'est que son enthousiasme son enthousiasme son envie de se battre comme celle de toutes les orientations qui rament dans cette même direction est intact c'est sûr que l'adversité que l'on rencontre quand elle vient euh... Quand elles tombent de façon un peu absurde comme ça, on s'en passe rien, surtout parce que c'est du temps perdu. En fait, on sacrifie des micro-générations les unes après les autres. Et moi, je sais que, par exemple, mon fils est né à 11 ans. Donc, je me dis, j'espère que quand il arrivera, mais même on voit que ça pénètre déjà dans son environnement, même si on est très restrictif à la maison. C'est pourquoi tous les mouvements type smartphone for childhood. sont très importants, c'est de se mettre d'accord ensemble avant même que l'État ne nous protège dans ce sens-là ou ne protège les mineurs mais voilà, toujours envie intacte, force pour continuer à se battre mais c'est vrai que c'est difficile de rencontrer ce genre d'enquête.
- Speaker #1
On ne va pas trop rentrer dans le temps mais je trouve que c'est quand même intéressant à évoquer la raison pour laquelle notamment le cons-cons a validé cette loi Merci. Il a ressorti l'argumentaire du lobby américain, de la tech américaine, de la liberté d'expression. Donc on se rend compte de ce lobbying du MRA. Et je vous avoue que même ce matin encore à la Radio-Canadienne, j'ai entendu un journaliste demander à une société d'IA canadienne qui s'alliait avec un provider de services informatiques et qui disait qu'il allait travailler pour les institutions publiques. J'ai entendu le journaliste se dire Alors, que vous travaillez avec l'institution privée, très bien, mais avec le public, est-ce que ce n'est pas dangereux pour nous ? Donc, il y a cette défiance vis-à-vis de l'État, qui est complètement américaine, je trouve, qui a été importée dans la culture européenne. Pourquoi est-ce qu'on aurait plus peur de l'État que d'une société américaine qui ne rende compte à personne ?
- Speaker #0
Et vous mentionniez la référence à la liberté d'expression. ça c'était quand même d'une complète méconnaissance du dossier et je dirais ce qu'on restreint la liberté de mouvement des enfants on leur donne pas les clés notre voiture pour restreindre leur liberté également quand on ne les laisse pas pénétrer dans un casque. Dans les bars. Voilà, enfin, et etc. D'exemples comme ça, analogues à ce qui se passe sur les réseaux. Et surtout, bien entendu, ce qu'on veut, je pense, ceux qui allons dans le sens inverse, c'est justement préserver la liberté des citoyens qu'on construit, on construit notre autonomie à force d'éducation. et... et de neurodéveloppement et de construction d'esprit critique et d'un certain nombre d'éléments qui sont vraiment les fondements, en fait, de notre liberté une fois qu'on arrive à l'âge adulte. Enfin, je veux dire, si on fixe quand même un âge de la majorité, ça a un sens. C'est peut-être que ça ne colle pas exactement au développement neuro, au développement, parce qu'il y en a certains qui disent que, en fait, c'est des neurologues qui disent, des neuroscientifiques, qui disent que ça se situerait plus autour de 25 ans. Mais l'idée, c'est quand même qu'on obtient dans la vie une autonomie croissante, même d'un point de vue légal, et qu'il y a un devoir de protection envers l'enfance. Donc, laisser, sous couvert de liberté d'expression, évoluer dans des environnements qui ne font que, justement, affecter négativement tous ces fondements de la liberté, je viens de citer, c'est un désastre.
- Speaker #1
Oui, oui. Et j'ai entendu la responsable de l'association Présent Simple en France. qui milite pour ne pas avoir à utiliser les ENT, les environnements numériques de travail scolaire, à la maison. Parce qu'elle dit que c'est un cheval de trois dans les familles qui veulent justement leur liberté d'éduquer. Donc c'était intéressant de l'entendre, elle, évoquer la liberté d'expression ou d'action, en tout cas familiale, alors que cet argument est ressorti régulièrement par le lobby de la tech américaine.
- Speaker #0
Absolument.
- Speaker #1
Alors, merci beaucoup pour tout ceci. J'aimerais juste qu'on aborde un tout petit peu votre côté entrepreneur, ancien entrepreneur et investisseur, parce qu'une des solutions, les gens qui essayent aussi d'oeuvrer pour des solutions à ces problèmes numériques, ce sont, par exemple, il y a une multitude d'applis qui vous aident à déconnecter. Il y a aussi des applications, d'ailleurs, il y en a une très connue en Espagne que j'ai utilisée pour mes enfants. qui aident à mettre en place du contrôle parental. Si vous devez les connaître, ce n'est pas coésio, mais c'est un nom en haut. Est-ce que vous, en tant qu'investisseur aujourd'hui, dans quoi vous investissez et qu'est-ce qui vous motive aujourd'hui ? Quels sont les chances ?
- Speaker #0
Alors déjà, en tant qu'entrepreneur, moi, je n'ai pas trop opéré, disons, dans ce domaine des solutions. J'ai juste essayé de faire des choses qui utilisaient le numérique pour apporter des services qui me semblaient assez filtre-critique. Donc, ce n'est pas... qui permettait de trouver une solution à tous ces méfaits qu'on vient de commenter. Juste pour préciser un peu ce que vous avez dit au départ, moi j'ai monté une entreprise quand j'avais, je pense, 24 ans, j'ai commencé, qui s'appelle toujours, même si je suis plutôt impliqué dedans, Amovents. Alors au départ, c'était en effet comme une espèce de blabla car, même si c'était avant que blabla car commence en Espagne. Mais maintenant, ça s'est fusionné avec une entreprise danoise il y a déjà une dizaine d'années. C'est, je crois aujourd'hui, le leader de la location de voitures. entre particuliers.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Donc, voilà.
- Speaker #1
C'est typiquement une solution tech for good, c'est-à-dire une solution qui résout un problème sociétal.
- Speaker #0
Exactement. Si vous voulez un modèle, comme je vous dis, ce n'est pas parce que c'est moi qui l'ai écrit l'entreprise, mais en gros, une entreprise dont le modèle ne repose pas sur la captation de notre attention, ni sur la captation et l'exploitation de nos données personnelles. qui ne crée aucune dépendance et dont le business model est aligné sur l'utilité qu'on en tire. Cinquièmement et dernièrement, elle permet en plus de contribuer un tant soit peu à résoudre un problème, en l'occurrence, de mobilité, de dépendance à la voiture, etc. et d'environnement. Écoutez, pour moi, tant mieux. Donc ça, j'ai fait ça quand j'étais complètement inexpérimenté, mais je pense que ça a été une commission de chance, comme toujours, et de... et de persistance. Et je pense qu'Amovents, aujourd'hui, a peut-être 2,5 millions d'utilisateurs en Espagne, même si ça fait partie d'un groupe depuis des années plus grand. Mais je me suis désengagé, disons, progressivement, notamment pour poursuivre tout ce que j'ai eu la chance de pouvoir exposer aujourd'hui. Par ailleurs, j'ai monté, par exemple, une entreprise qui a absolument rien à voir mais qui me tient à cœur où on restaure des immeubles anciens en Espagne. D'accord. Il y a des choses qui n'ont rien à voir, même si ça, je suis beaucoup moins impliqué. Merci.
- Speaker #1
Donc, aujourd'hui, vous n'avez pas un bras, comment dire, une action d'investir dans la tech for good ? par rapport à dénoncer la mauvaise tech.
- Speaker #0
Par ailleurs, j'ai monté un petit fonds il y a une dizaine d'années qui investit dans trois ou quatre entreprises par an. C'est très early stage. C'était surtout environnement, à vrai dire, et handicap à la base. Si je peux vous citer la dernière entreprise dans laquelle on a investi, parce qu'on est en train de rapprocher justement la stratégie beaucoup plus de ce qui est lié à O'Connor qu'on a indiqué avant. C'est une entreprise espagnole qui s'appelle Manc, N-O-M-C. ONK, comme un moine en anglais.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
moine. C'est un petit boîtier qui permet, justement, quand on passe son smartphone dessus, ça marche avec la technologie NFC comme un écart de comique. Et en gros, on configure pour que ça fasse, quand il est dans son état monkey, on va dire, que ça limite tout ce qu'on veut, ce à quoi on ne veut pas avoir accès. Par exemple, on dit, moi, quand je suis monkey, je n'ai ni réseaux sociaux, ni même application d'actualité parce que je sais que je vais ouvrir ici le machin, le truc, ou alors on fait ça un peu sur mesure. Et ce qui est pas mal, c'est que ça crée de la friction dans le sens où les contrôles de temps et tout ça, souvent, c'est tellement facile de s'en défaire que souvent, en fait, on dit, bon, en fait, si, du coup, je recontrôle pour pouvoir à nouveau accéder à ces services. Et là, par exemple, on laisse ça sur son frigo, c'est aimanté. C'est suffisamment gros pour ne pas avoir la tentation de le prendre sur soi. Ce n'est pas comme des alternatives où c'est des petits porte-clés, mais on se dit, si on va toujours sur soi, il faudrait juste… Parce que là, on laisse ça dans son frigo, on va se coucher. Et là, on peut toujours se relever, retourner. Ah,
- Speaker #1
d'accord.
- Speaker #0
Il n'y a pas cette tentation de scroller si on se réveille la nuit.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Ou si on dit, tiens, je veux étudier, je ne sais pas, on laisse dans sa voiture ou à l'autre bout de sa maison. Si on est étudiant, on se manque. Et puis voilà. Et donc après, il y a des éléments même de gamification positive, on va dire, qu'il y a des classements, des personnes qui sont le plus manquées, qui ont le plus préservé leur attention, etc.
- Speaker #1
D'accord, d'accord. Donc ça, ça peut être un allié, un outil ? on arrive à la fin de l'entretien, comment, à part dire, ou alors vous rejoindre des collectifs qui disent, bon, on va se déconnecter, comment accompagner, parce que ça peut être difficile pour certaines personnes, comment accompagner, à part, par exemple, avec Social Monk ou d'autres, comment accompagnez-vous ce mouvement de déconnexion ? Est-ce que, par exemple, le défi du jour sans écran en France, va demander à toute la collectivité scolaire d'organiser des activités autres, alternatives, pendant les 10 jours. Est-ce qu'avec les adultes, c'est un peu plus compliqué ? Et je vous pose la question parce que récemment, j'ai eu la demande d'un grand conseil scolaire canadien qui m'a interrogé au sujet du défi 10 jours sans écran, mais pas pour les élèves, pour les enseignants. Et c'est là que j'aurais parlé de Off February. et que je suis retournée voir ce que vous faisiez, ce que je me souvenais. Et donc, voilà. Est-ce que, eux, à part des ressources, des informations expliquant à quel point on est trop connecté, pourquoi est-ce que c'est mauvais, est-ce qu'il y a d'autres façons concrètes pour vous arrêter ?
- Speaker #0
Pour les entrepreneurs. Pour les entrepreneurs, parce que j'allais dire que, hélas, une grande partie, je veux dire, on est quand même face à des technologies qui sont conçues pour nous désarmer, comme on disait tout à l'heure, aller au-delà de notre... Etc. Donc... hélas, moi je ne suis pas quelqu'un qui me lève le matin en me disant qu'est-ce qu'on peut réguler aujourd'hui pour embêter des gens. C'est juste qu'on est face à des outils tellement puissants que je pense qu'il y a une question de régulation dans la conception. Donc là, je ne réponds pas à la question, mais ce que je veux dire c'est qu'il y a toute une partie hélas, je pense que ce n'est pas que aux entrepreneurs. Le problème, c'est quand on laisse ça à la bonne volonté des gens face à des outils, comme je disais, tellement puissants. puissant et dynamique. Néanmoins, je pense qu'il y a des services comme celui que je viens d'apporter ou de développer, d'exposer. Et bien sûr que tout ce qui va dans le sens de créer des téléphones, là j'exhibe mon Nokia qui n'est pas une grande innovation, mais je suis sûr qu'il y a plein de choses qu'on peut faire, ne serait-ce que dans le domaine de la téléphonie. Vous allez accéder à ce qu'il y a de bien sans accéder à ce qu'il y a de mal. Et à mon sens, parfois, ce n'est pas assez restrictif parce que parfois, il y a quand même une externalisation, notamment de nos facultés cognitives qui s'opèrent à travers des services que même s'ils sont respectueux de nos données, par exemple. Il nous habitue à demander une solution à chaque fois, à lui-même, ou alors il nous habitue à ne pas demander aux autres, parce que la machine répond à la place de tes parents, d'un passant dans la rue, de ton ami, de ton prof. Je pense que parfois, même en voulant très bien faire, il y a quand même certains éléments qui feront qu'on est mieux déconnecté que non déconnecté. Mais voilà, je pense que la société civile, surtout, a un grand rôle à jouer.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Les sociétés médicales, je pense, ont un gros rôle à jouer. Par exemple, en Espagne, elles sont plus actives que dans d'autres endroits. Je me réjouis si au Canada, il y a un éveil de leur part. Pour affirmer ça, les grandes institutions culturelles, et hélas, même si je pense qu'on ne doit pas tout attendre de l'État, ce qu'on doit faire en tant que citoyen, c'est justement mettre la pression sur le régulateur, sur les États, pour qu'ils sentent qu'il y a une vraie demande politique de changement. Et c'est ce qu'on essaye de contribuer depuis le mouvement OFF.
- Speaker #1
Et donc aujourd'hui, le mois de décollection, il demande à l'individu de faire l'effort, si je puis dire, soit seul, soit avec. Vous comptez en fait sur les relais des collectivités locales, des partenaires avec qui vous travaillez, pour encourager cette décollection, qu'elle soit le plus facile possible.
- Speaker #0
Exactement, parce qu'on pense que s'il y a une dynamique De groupe, c'est plus simple, bien sûr qu'à L'arrivée ça repose sur un acte individuel Parce que c'est pas nous qui sommes chez les gens Effacer Leurs applis de réseaux sociaux Mais bon, il y a la même chose qu'une équipe de foot Je veux dire, une équipe de foot c'est une équipe Mais si les joueurs ne courent pas individuellement Elle va pas marcher Bien sûr qu'il y a une dimension individuelle Mais je pense que c'est vraiment le pouvoir Du collectif, et nous ce qu'on veut aussi Avec Off February, sans que ce soit récupéré Par n'importe qui Merci. Mais c'est également que les gens s'approprient l'initiative. On veut également, d'ailleurs, impliquer les entreprises. Je pense qu'il y a beaucoup d'entreprises qui ont un grand intérêt à ramer la même direction. Et nous, on veut vraiment créer des coalitions qui inclusent cette partie du secteur privé. C'est possible, je vais m'essayer tout à l'heure, mais les quatre grands perdants à notre sens de toute cette émission de l'attention, et en particulier du scroll infini des réseaux sociaux, etc. C'est l'activité physique, le sport, la socialisation, la lecture, et on pourrait dire la culture non numérique au sens plus large, et le soleil et le repos. Ce sont quatre fondements de notre bien-être incontestable. Et du coup, il y a des entreprises qui opèrent aussi dans ces secteurs-là. On essaye aussi d'impliquer, là on est en train de commencer tout juste maintenant, mais justement essayer de d'établir des ponts avec leur secteur privé. Et donc, voilà, dans cet effort collectif, aussi impliquer l'université, comme tu disais.
- Speaker #1
Oui, très bien. Et par ailleurs, vous avez donc une activité de plaidoyer vis-à-vis des États. Parce que, par exemple, j'ai parlé récemment à un juriste, Jean Quintan, qui connaît très bien le droit européen. C'était tout ce que l'Europe... Donne l'impression de faire avec le DSA et le DMA et même la protection des mineurs en ligne. Jusqu'où allez-vous aujourd'hui dans le plaidoyer ? C'est encore une autre activité.
- Speaker #0
Alors, nous, dans le plaidoyer, c'est un de nos objectifs d'être plus actifs dans le plaidoyer d'une façon générale et en particulier auprès des institutions européennes. Jusqu'à présent, on a fait du plaidoyer directement dans des cas particuliers. J'ai brièvement mentionné, il me semble, notre initiative qu'on appelle Off EdTech en anglais, ou Pour une école off, qu'on a lancée de façon un peu pilote en Espagne. C'était notre première initiative qu'on a lancée il y a à peu près deux ans. Et Pour une école off, ça part d'une espèce de white paper où on résume les douze problèmes que soulève la numérisation généralisée de l'éducation scolaire. D'accord. On met en évidence pourquoi, aussi bien en termes de santé que d'éducation, d'apprentissage, on est souvent beaucoup plus alignés sur ce que les mineurs et ce dont les élèves ont besoin, sans numériser plein de processus scolaires, éducatifs. Donc ça, ça a servi de base à une action de plaidoyer qui a eu des effets directs. Par exemple, en Espagne, l'éducation est décentralisée.
- Speaker #1
Oui, comme au Canada.
- Speaker #0
Comme au Canada, j'allais dire. Et donc, par exemple, la communauté de Madrid, suite à notre initiative et au travail, bien sûr, d'autres organisations, mais je pense qu'on a, à mon avis, été déterminants dans cette décision. a décidé de detox numerique complètement l'éducation primaire comme premier pas et en partie l'éducation secondaire. Alors, vraiment infesté, on va dire, de tablettes et de programmes d'EdTech. Donc ça, c'était une petite victoire. On a été amené à présenter cette initiative au Parlement britannique. Donc voilà, on essaie de mener cette action de façon un peu ciblée. On espère faire davantage encore à l'avenir. Mais nous, je dirais que ce que je considère notre spécialité, c'est plus de produire un changement culturel, une demande citoyenne, une demande populaire, généralisée. Plus de régulation dans le numérique où tout est, comme on sait, complètement, enfin, dix fois plus dérégulé que dans des secteurs complètement... bateau qui n'affecte pas des milliards de personnes à chaque décision qu'on prend et qui pourtant sont extrêmement régulés. Et donc, on est plus dans créer cette demande, générer cette demande. Les actions comme OfferBury vont dans ce sens-là.
- Speaker #1
D'accord. Très bien. Merci beaucoup. Je ne sais pas si vous avez une dernière chose à dire.
- Speaker #0
Même si vous allez peut-être le lister, je voudrais juste rappeler aux auditeurs qui peuvent visiter notre site, donc c'est offm.org, comme offmovement.org, où ils trouveront aussi comment nous contacter, comment s'impliquer et contribuer à la cause que je viens d'exposer. Et je vous remercie vraiment de m'avoir donné l'occasion de m'adresser à toute votre communauté et à vos auditeurs.
- Speaker #1
Merci à vous. Je suis Caroline isautier, et ce podcast est soutenu... tenu par l'association Tech for Good Canada, Technoethic, avec un K de son nom français. Nous avons décidé de promouvoir l'Off February cette année au Québec et notamment à Montréal. Alors j'invite tous ceux qui offrent des activités de loisirs, sportives, de culture comme alternative aux écrans à nous contacter pour créer un beau mois de février déconnecté. à Montréal et au Québec. Vous pouvez nous contacter sur techbookgoodcanada.org et nous retrouver sur les médias sociaux Instagram, LinkedIn. N'oubliez pas de vous abonner à nos écrans sur votre plateforme de podcast préférée et de nous mettre un avis ou un commentaire pour nous aider à être plus visibles. A très bientôt !