- Speaker #0
Bonjour, bienvenue dans ce nouvel épisode de Derrière nos Ecrans du mois d'octobre 2026. Comment fédérer et renforcer les nombreux et petits acteurs du numérique éthique ? C'est la question qu'on se pose dans cet épisode, enregistrée à l'occasion du tout premier Fair Tech Summit qui se tenait le 6 octobre 2026 au Luxembourg. Ce sommet unique en son genre a réuni des acteurs européens du numérique éthique, celui qui est transparent, respectueux de la vie privée, le service de l'humain et durable, l'antithèse en gros du numérique des GAFAM américaine qu'il le domine aujourd'hui. Le thème était ambitieux, Together Towards Digital Sovereignty, ensemble pour un numérique souverain. Pas une conférence en plus pour prêcher des convaincus, mais un véritable moment de networking entre projets d'entreprise, investisseurs et institutionnels ou fédérer un écosystème encore trop atomisé avec le soutien actif de l'Union européenne. Pour en parler, j'ai d'abord reçu en amont du sommet Véronika Posniakova, responsable de communication chez Murena, l'une des entreprises co-organisatrices du sommet aux côtés de Fairphone, Commown, Telecoop et Nextgraf, entre autres. En deuxième partie, vous en saurez plus sur les points forts de la très riche journée du 6 octobre à laquelle j'ai eu le plaisir de participer. Préparez-vous à être requinqués par ces exemples numériques et ne cherchent pas à exploiter vos failles humaines.Bonjour, Veronika Posniakova, bienvenue sur cet épisode de Derdes Écrans. On est là pour parler d'un sommet qui, je crois, voit sa première édition cette année en 2026, qui s'appelle le Fair Tech Summit, qui va se dérouler au Luxembourg le 6 octobre. Et donc, vous êtes parmi les organisateurs du sommet, et donc je vais vous laisser d'abord vous présenter en deux mots. et puis nous vous dire un peu plus sur ce sommet, sur le numérique éthique.
- Speaker #1
D'accord, avec plaisir Caroline. Alors en deux mots, je pense que ça va être un peu compliqué, puisque de base je suis responsable de communication pour le projet qui s'appelle Murena. Nous sommes les contributeurs principaux du projet qui s'appelle /E/os. /E/os, en deux mots, c'est un système d'exploitation open source, qui ne trace pas nos données, donc qui est dégoublisé. Comment on appelle ça ? Donc, il est basé sur Android, donc un propriétaire qu'on a personnalisé de la manière à ce que, par défaut, notre système n'envoie aucune donnée personnelle à Google ou à d'autres projets qui puissent utiliser nos données. On ne sait pas comment. Donc, au cœur de notre projet, c'est vraiment ce système OS qui est gratuit et qui est déjà disponible à à peu près 200 modèles de téléphone.
- Speaker #0
Alors, c'est intéressant parce que je parlais à quelqu'un qui utilise /E/os. Vous dites /E/os ou IOS ? Vous le dites comment ?
- Speaker #1
Alors, si on l'écrit, ça fait slash E slash OS.
- Speaker #0
Oui, oui. Mais la prononciation en français, vous dites /E/os, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Surtout, en anglais, on le prononce IOS. Oui, c'est ça. C'est /E/os pour ne pas avoir la confusion. Mais voilà, c'est ça. Le naming.
- Speaker #0
Eh oui. Oui, parce que sinon, oui, pardon, on peut penser à iOS. C'est vrai. Mais en fait, on a tendance à prononcer les noms des OS, par exemple, à l'anglaise, en fait, à l'américaine. Même en France, je pense qu'on dit "aie"OS pour le système d'Apple. Je ne suis pas sûre qu'on dise iOS. Bref. Mais moi, je suis au Canada, alors je suis un peu biaisée parce que j'entends beaucoup d'anglais et beaucoup de français qui est influencé par l'anglais. C'est pour ça que je vous demande. Je parlais à quelqu'un qui utilise l'OS /E/os et lui, il l'a installé lui-même sur un téléphone. Et donc, lui, je pense qu'il ne savait pas qu'il y avait des téléphones, donc apparemment ceux de Murena, qui ont cette OS préinstallée. Est-ce que j'ai bien compris ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça. En fait, on fonctionne de deux manières. C'est pour ça qu'il y a deux projets. /E/os appartient à eFoundation. à l'association, le projet non lucratif. Donc, c'est vraiment, on veut le garder indépendant. C'est pour ça, c'est là où il y a le public et le code de notre système qu'on peut utiliser dans l'idée d'open source. Et Murena, c'était un projet qu'on a créé pour pouvoir financer justement ce projet-là non-profit. Et Murena, on vend les téléphones avec /E/os préinstallés.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc, il y a les partenaires aussi de plusieurs marques. donc on ne conçoit pas nous-mêmes les téléphones, donc très souvent on fait le partenariat. On trouve les modèles qui sont faciles à installer eux-mêmes dessus. Mais aussi chez Murena, on crée carrément tout un écosystème. En parallèle, on a créé l'espace cloud, ça s'appelle Murena Workspace. Donc il y a des mails et tous les outils collaboratifs en ligne qu'on peut utiliser aussi, pas forcément avec le téléphone. Donc, il y a plusieurs projets. D'accord. Et chez Marina, on a fait pas mal de partenariats, justement, comme avec, par exemple, le projet Quant. On a fait notre navigateur qui s'appelle Marina Find. Et aussi, actuellement, on travaille sur, carrément, l'application de cartes de Marina Maps.
- Speaker #0
Ah oui, OK. Donc, vous essayez vraiment de construire tout un écosystème similaire à celui des GAFAM. disons de Google, par exemple, mais entièrement open source ou en tout cas privé par défaut. C'est ça ?
- Speaker #1
Oui, exactement. Et la logique aussi derrière tout ça, c'est de ne pas imposer aux gens d'utiliser certains outils ou pas. C'est surtout de rendre le contrôle vers ses propres données à l'utilisateur. C'est ce qu'on fait avec iOS. Les gens peuvent installer, par exemple, toutes les applications mobiles. Android sur notre téléphone, mais il y en a qui vont évidemment tracer les données. C'est vraiment pour ça que notre slogan c'est « Choose Freedom » . C'est vraiment de rendre le contrôle à l'utilisateur de ses propres données.
- Speaker #0
Donc vous voulez dire que si j'ai iOS sur mon téléphone et que j'ai accès au Store, au Play Store, enfin à l'Android Store, je ne sais pas comment il s'appelle sur Android, pardon, le même que si j'avais un téléphone Google, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui, c'est en deux mots, c'est ça. Donc, on a même notre propre magasin d'applications qui s'appelle AppLounge, qui regroupe plusieurs stores comme AppDroid et Google Play Store. Donc, on peut se connecter de la manière anonyme, d'ailleurs, ou pas, ou avec le compte Google. Donc, on donne cette possibilité à l'utilisateur.
- Speaker #0
D'accord, d'accord.
- Speaker #1
Tout en l'informant des dangers. Eh oui. Tout ça, en fait, c'est pour dire que tout ça se réunit. C'est que pour nous, Open Source, c'est vraiment un super outil pour collaborer. Donc, c'est là d'où vient l'idée de Fair Tech Summit. Donc, on peut revenir là-dedans. Marina, eFoundation, finalement, on fait pas mal d'activités avec d'autres partenaires. Et pour ça, on a deux organisations. Nous avons l'organisation qui s'appelle Fair Tech Summit. On va essayer de le voir d'après. dans la même idée que Samy.
- Speaker #0
On devrait donner le site web, c'est Fair Tech Summit, je crois.
- Speaker #1
C'est ça, oui, sans H à la fin. Donc, c'est tech. Oui,
- Speaker #0
c'est vrai, T-E-C.
- Speaker #1
C'est pas la même chose. Donc, voilà, on a fait, encore, il y a quelques organisations européennes qui se sont mises ensemble, donc Murena, Fairphone, je ne sais pas si vous le connaissez, c'est le téléphone réparable, qui sont créés
- Speaker #0
en Hollande, dans les Pays-Bas.
- Speaker #1
Oui, Pays-Bas, voilà. Merci beaucoup. Il y a aussi un projet super intéressant qui s'appelle Commown, en France. Commown, c'est... Il permet de louer les téléphones. Donc, eux, ils repensent le mode de consommation. Donc, c'est vraiment de ne pas acheter des nouveaux produits à chaque fois, mais de les louer pour rendre plus accessible la technologie moderne. Et plein d'autres aussi, comme les co-ops, les télécoops.
- Speaker #0
Oui, j'ai vu ça. J'ai vu qu'ils ont des offres d'avènement télécom qui ne vous incitent pas à consommer plus de données, par exemple. Vous prenez, par exemple, tant de gigas de données, mais si vous consommez moins, vous paierez moins, c'est ça ? Je pense que c'est un peu ça la logique.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Ils ont aussi encore un autre mode de fonctionnement. qui est super intéressant. Donc, c'est pareil. Tous ensemble, de base, on a fait quelques offres qui permettaient d'aller sur le site Fair Tech Summit et, par exemple, louer le très Réparable Fairphone avec /E/os. C'était un peu une collaboration totalement éthique.
- Speaker #0
D'accord, d'accord.
- Speaker #1
D'une autre manière de consommer. Le deuxième organisateur de Fair Tech Summit, c'est Mobifree. C'est aussi le projet dont on fait partie et dont le coordinateur est eFoundation. Je sais que ça fait beaucoup d'appellations, mais c'est vraiment ces deux casquettes que nous avons, qui ne sont peut-être pas faciles à comprendre au début. L'idée, c'était de regrouper aussi beaucoup de projets open source, pour le coup. On a fait tout un dossier à la Commission européenne, qui nous a permis de financer ces projets. On a reçu le financement de la Commission européenne, pour pouvoir les investir dans les projets open source.
- Speaker #0
Alors ça, est-ce qu'on pourrait nous situer quand, et surtout en même temps, sur ce financement ?
- Speaker #1
Là, je ne vais pas dire la date exacte, mais c'était il y a un an. C'était il y a un an,
- Speaker #0
d'accord, d'accord. C'est un financement sur combien de temps ?
- Speaker #1
C'est pour plusieurs années et c'est surtout par projet. Donc, on s'était mis d'accord pour organiser plusieurs choses, comme financer les projets open source qui font partie de Mobifree. Également, on a un événement à organiser.
- Speaker #0
D'où le Fair Tech Summit, d'accord.
- Speaker #1
On a trouvé ça une super opportunité d'organiser ça.
- Speaker #0
En tout cas, c'est positif parce qu'apparemment, moi qui essaye de parler avec d'autres acteurs de la tech éthique, comme je dis, du numérique éthique, là, c'est un exemple de financement de l'Union européenne pour le numérique éthique, en tout cas privé, indépendant. Donc, c'est quelque chose qui existe. En fait, c'est bien de confirmer que ça existe.
- Speaker #1
Oui, c'est plutôt positif quand même de voir que l'Union européenne reconnaît du fait qu'il faut développer l'indépendance, un certain niveau d'indépendance de technologie en Europe, de ne pas tout complètement extéraliser, Fair Tech Summit. Donc là, enfin, on y arrive. L'idée, c'est justement de... permettre à des projets à mieux collaborer. L'événement, il n'est pas pour dire que c'est important de développer la technologie éthique. Tous les acteurs et tous les speakers de cet événement, ils sont déjà convaincus de ce fait-là. L'idée, c'est vraiment, là, notre thème de cette année, c'est mieux collaborer ensemble. Je vais le reciter, « Together towards digital sovereignty » . C'est vraiment, plus cette année, ça va être un événement de networking. Donc c'est... même toutes les conférences, tous les talks qui vont avoir lieu, ils auront toujours cette idée comment on peut mieux développer ce qui est en train de se faire. Oui,
- Speaker #0
parce que je vous avoue que ce que je constate, moi qui regarde un peu encore de l'extérieur, le monde du numérique éthique indépendant des GAFAM, c'est qu'en effet, il est assez atomisé. C'est beaucoup de petits acteurs qui n'ont pas souvent les ressources pour collaborer. Souvent, ils n'ont pas le temps, ils sont tellement occupés à essayer de survivre eux-mêmes qu'ils n'ont pas forcément ce réflexe. C'est-à-dire, c'est dur d'être à la fois indépendant et tourné vers la collaboration, en fait. On dirait que, d'un point de vue même de mentalité, c'est pas forcément de la mentalité. Parce que là, je posais également la question à, je ne sais pas du tout si vous les connaissez, c'est un groupe qui crée une application de recommandations vidéo alternatives à YouTube qui s'appelle Tournesol. Tournesol.app et je leur posais la question de est-ce que vous êtes rattaché à ce Fair Tech Summit, à ce groupe ? Non. Ils n'étaient pas rattachés à vous. Donc je comprends et ça fait plaisir de voir que vous êtes parmi les personnes qui essayent de fédérer les acteurs du numérique éthique. Donc finalement, ce ne sera pas une conférence, ce sera un moment d'échange, de brassage, pour mélanger toutes les bonnes volontés. et essayer d'en faire ressortir des alliances, plus de coopération à l'avenir. Est-ce que vous pouvez nous dire quels sont les grands principes qui guident ce que c'est que la Fair Tech ?
- Speaker #1
Notre projet suit beaucoup la philosophie justement de notre fondateur de /E/os, qui s'appelle Gaël Duval. C'est que la technologie éthique, premièrement, doit être transparente. C'est pour ça qu'il y a évidemment l'open source, le permet parce qu'on peut être transparent, peu importe qui peut vérifier tout ce qu'on dit. Parce que si ce n'est pas open source, tout simplement, on fait confiance.
- Speaker #0
En fait, en termes grand public, vous rendez auditable votre travail. C'est-à-dire que quelqu'un qui veut aller voir comment ça fonctionne, comment votre OS ou vos différents services fonctionnent, peut aller voir, le code est ouvert et accessible.
- Speaker #1
Exactement. Là, c'est vraiment le premier point super important. L'autre aussi, il y a un côté éthique, c'est qu'évidemment, la technologie actuellement, c'est aussi énergivore.
- Speaker #0
Je comprends ce que vous voulez dire. La technologie est en effet très énergivore aujourd'hui à cause du modèle américain qui est très quantitatif. On est vraiment sur un modèle quantitatif par rapport à qualitatif. On est dans une course en avant vers la puissance de serveurs, les data centers. Oui, tout à fait.
- Speaker #1
Oui, donc il y a aussi un côté obsolescence. programmer des appareils, comme par exemple les téléphones, on essaie de les rendre inutilisables assez rapidement.
- Speaker #0
Assez vite.
- Speaker #1
Et pour nous, par exemple, c'est aussi une partie de notre projet, c'est que si vous allez sur le site eFoundation et /E/os, si on regarde les téléphones compatibles, ce n'est pas que les derniers modèles que nous, on supporte.
- Speaker #0
Donc,
- Speaker #1
il y a certains modèles qui sont, par exemple, ne plus supportés par Android, mais on continue à... à fournir les mises à jour de sécurité. Il y a ce côté de donner la deuxième vie au téléphone, qui est en très bon état, mais le logiciel n'est plus à jour.
- Speaker #0
Ça veut dire qu'aujourd'hui, par exemple, vous allez jusqu'à combien d'années d'ancienneté de téléphone ?
- Speaker #1
Ce qu'on dit un peu partout globalement, c'est qu'on essaie d'avoir cinq ans au minimum. Après, ça va beaucoup plus loin.
- Speaker #0
C'est certain.
- Speaker #1
Presque de 7 à 10 ans pour certains modèles. Là, par exemple, il n'y a pas longtemps, on a sorti la communication parce qu'on a prolongé le support du téléphone qui s'appelle Fairphone 3. Il n'est plus supporté par Android depuis quelques mois et nous, on va encore le supporter pendant deux ans minimum,
- Speaker #0
après avoir déjà jusqu'à
- Speaker #1
2028. 2028,
- Speaker #0
oui. Oui, donc c'est super important pour les acheteurs de savoir qu'on ne va pas les étorber, qu'ils vont pouvoir continuer à utiliser ce téléphone pendant des années et des années, s'ils n'ont pas envie de le changer ou d'en racheter un autre. Ça semble quelque chose que beaucoup de gens pourraient vouloir s'il n'y avait pas ce marketing américain très efficace qui nous pousse à changer, à mettre à jour le téléphone parce qu'il y a une caméra en plus, etc.
- Speaker #1
Oui, et surtout, on pense qu'il y a quand même, avec déjà tout le... Enfin, comment on impacte ? Déjà, l'électronique impacte énormément la planète, etc. On a quand même cette responsabilité de faire tenir le téléphone, le matériel qu'on a le plus longtemps. C'est ce qu'on dit, le téléphone le plus durable. Le durable, c'est celui que vous avez déjà.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Enfin, le plus éco-responsable, on peut dire.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. J'allais vous dire que j'anime et j'animais beaucoup la fresque du numérique. Vous connaissez cet atelier qui parle de l'impact environnemental, notamment des portables, des mobiles, des ordinateurs et des batteries, etc. Donc c'est vrai que pour tous ceux qui sont curieux d'en savoir plus, il y a aussi cet atelier qui s'appelle la Fresque du Numérique qui permet de découvrir de façon très engageante, très active, l'impact environnemental des téléphones, mais aussi des ordinateurs, de tous les écrans. tous les écrans électroniques qu'on utilise aujourd'hui. Donc, vous m'avez donné deux critères, le critère environnemental, le critère transparence. Est-ce qu'il y a encore d'autres critères qui permettent de définir ce que c'est que la Fair Tech ?
- Speaker #1
Il y a sûrement, et je pense que ça va être super intéressant d'en parler pendant le sommet, justement, parce que je pense que chaque projet a sa propre vision aussi de ça, évidemment. On voit ça quand même plus côté logiciel, parce que c'est vraiment notre expertise, le cœur de notre expertise. C'est ça. Par exemple, notre partenaire Fairphone, ils sont vraiment dans ce côté durabilité, réparabilité.
- Speaker #0
Matériel.
- Speaker #1
Oui, donc matériel. Pour nous, c'est la transparence. C'est un peu le côté Fairplay. C'est de... On veut qu'on ait des petits... Je ne sais pas à quel point ça rejoint vraiment trop l'idée de... de la tech éthique, mais peut-être un rôle de la vie en général, c'est qu'il faut se soutenir, je pense, il faut essayer de faire les choses ensemble, de ne pas, justement, de, ce que vous avez dit tout à l'heure, de ne pas se fermer dans les petits projets, mais vraiment d'essayer de grandir ensemble et essayer de faire du partage aussi pour une bonne cause. Oui,
- Speaker #0
bien sûr. En fait, je pense que vous ne le dites pas, mais moi, je pensais à un autre critère de ce qu'est la Fair Tech, c'est le côté protection de la vie privée. Pour moi, c'est vraiment ça le troisième grand critère que vous-même vous mettez en avant. Je vous pose la question, en fait, parce que souvent, par exemple, moi qui anime une organisation qui s'appelle Tech for Good Canada ou Techtoethic en français, et bien parfois, les personnes me demandent. Est-ce que vous soutenez des projets qui, par exemple, rajoutent du numérique dans la santé ? Parce que ça va avoir un impact positif. Je dois expliquer, pas tout à fait, pour moi le numérique, c'est avant tout comment il est conçu de façon éthique. Donc ça correspond à votre définition de ce que c'est que la Fair Tech. Je pense que c'est utile de rappeler au public ce que vous voulez dire par Fair Tech, par rapport à... C'est vrai que, heureusement, le terme « fair » est plus clair que « tech for good » . Parce que « tech for good » , en effet, ça peut être le numérique utilisé pour aider tout ce qui est agriculteur. Bref, du numérique partout, qui ne va pas être transparent, qui ne va pas être privé, qui ne va pas être à moindre impact environnemental, mais qu'on risque de mettre quand même dans un « tech for good » . question sur qu'est-ce que c'était que la Fair Tech Summit. Est-ce que , je vous parlais de Proton, moi je connais un acteur de la tech, alors je ne suis pas sûre qu'il soit open source, Proton, puis il y a aussi un acteur qui s'appelle Infomaniac-k, qui est assez connu, les deux sont suisses, à mon avis, qui sont dans les suites logicielles, un peu comme vous. qui font du drive. Alors vous, vous ne faites pas de mail, mais eux, ils font du mail. qui font de la collaboration à Workspace en ligne, est-ce que vous avez des contacts avec eux ? Est-ce qu'il faut répondre à certains critères ? Est-ce qu'il faut forcément être transparent ? C'est-à-dire avoir du code open source pour faire partie de votre association Fair Tech Summit ?
- Speaker #1
Non, pas du tout. Je pense qu'on doit avoir quand même des contacts avec eux. Et d'ailleurs, si, si, on fait aussi le mail dans le Renovate Space.
- Speaker #0
Je ne sais pas.
- Speaker #1
On a l'email et aussi les outils. Je pourrais vous envoyer d'ailleurs notre site parce qu'on peut créer aussi le compte gratuitement. Ça rejoint aussi cette idée de confidentialité de données. Donc non, au contraire, Proton, on a même fait aussi une petite collaboration sympa avec eux. On a, pour la journée des Data Privacy Day, je crois fin janvier, on a fait une fois un guide pour tout le monde qui est d'ailleurs encore disponible. Ah oui,
- Speaker #0
d'accord, d'accord. Très bien.
- Speaker #1
Confidentialité, comment on peut améliorer la confidentialité au quotidien, quels sont les gestes. Du coup, on a fait ça avec plusieurs, je crois, Quant, Proton et Olvi.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Voilà, je pourrais vous dire. Oui, c'est ça, au contraire, on est tout à fait ouvert à la collaboration, justement, pour Fair Tech Summit. D'ailleurs, oui, on essaye de, on est ouvert à d'autres membres. Oui. On peut nous contacter via le site Fair Tech Summit.
- Speaker #0
Écoutez, je ne sais pas si ce petit groupe de tournesol.app sera intéressé par vous rejoindre. Mais eux, ils sont plus dans le logiciel, pas forcément mobile, mais je vous dis pour, comment dire, classer les vidéos pour avoir un algorithme différent de l'algorithme. de classement des vidéos ou de recommandations de vidéos de YouTube. Donc eux, ils sont plus dans les problèmes des algorithmes. Comment fait-on pour sortir de ces algorithmes addictifs et qui nous emmènent dans des « rabbit holes » comme on dit en anglais, des terriers de lapins, donc qui nous emmènent dans des couloirs où on est isolé, on ne parle plus /e/os gens qui nous disent ce qu'on a envie d'entendre. Donc voilà, eux, ils sont sur cet aspect du numérique éthique, le côté algorithmique. D'accord.
- Speaker #1
Mais c'est vrai que j'ai parlé de la confidentialité un peu au début, mais c'est clairement le sujet qui peut être… On peut aller un peu plus loin même dans tout ça. C'est vrai que pour nous, c'est le cœur du projet. C'est là où j'ai parlé plutôt de la transparence, parce que c'est là où on voit ce qu'on fait. D'ailleurs, oui, on a aussi le côté éducatif aussi dans notre système. Ah ! C'est qu'on a notre outil qui s'appelle Advanced Privacy, donc la confidentialité avancée, qu'on a fait. Notre système de base, par défaut, il n'envoie aucune donnée. Mais en même temps, on s'est dit que de toute façon, les gens vont télécharger d'autres applications. Et c'est là qu'on n'a plus trop le contrôle sur nos données personnelles. Quand on va dans notre store d'applications, on donne d'abord la note de confidentialité pour chaque application. Cette note, elle est basée sur... le nombre de pisteurs qui sont présents dans les applications. C'est quelque chose que les gens ne peuvent pas voir parce que ça fait partie du code. Dès que l'application est téléchargée, les pisteurs sont mis en route.
- Speaker #0
Ils sont à l'action.
- Speaker #1
On ne peut pas les couper. On peut couper les autorisations, mais pas les pisteurs. Ce qu'on fait, c'est avec notre outil Advanced Privacy, on coupe ces trackers dans les applications. Et dans la plupart des cas, on arrive à... toujours utiliser l'application. Parce que c'est pas nécessaire pour que l'application fonctionne. Des fois, évidemment, on est obligé de partager, par exemple, notre localisation aussi en utilisant Maps. Mais voilà, l'idée, c'est qu'on limite l'exposition des données personnelles le maximum en gardant ce côté choix si on a besoin de télécharger WhatsApp pour une conversation de famille.
- Speaker #0
C'est ça, c'est ça, exactement. si on n'arrive pas à faire basculer la famille sur Signal et qu'ils sont toujours sur WhatsApp.
- Speaker #1
Voilà, donc pour nous, oui, l'idée, c'est vraiment de partager le moins de données personnelles à l'extérieur possible.
- Speaker #0
Du coup, ça pose la question, là, vous avez eu un financement européen pour ce sommet, tant mieux. Ça pose la question du financement de tout ça. Là, vous avez la chance, apparemment, d'être adossé à une fondation, Mais du coup... Ça veut dire que forcément, ce que les GAFAM offrent gratuitement, parce qu'ils se servent sur vos données, vous, vous devez… le faire payer par l'utilisateur. Je me trompe ou pas ? Quel est le ou les modèles économiques que vous envisagez, que vous avez, vous, mais au-delà, pour la Fair Tech en général ? Est-ce qu'il y a une discussion sur le modèle économique de ce numérique éthique ?
- Speaker #1
Pour donner un exemple de notre projet, celui de /e/os, qui est gratuit, on veut le garder toujours indépendant, il le reçoit, il peut reçoire les dons, il peut devenir donateur.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et c'est pour ça aussi un parallèle qu'on a ouvert Murena, où on vend les téléphones légèrement plus cher, avec une marge légèrement plus élevée, pour justement montrer qu'il y a /E/os dessus, aussi de financer le projet /E/os. D'accord. Il y a ce système-là, et aussi, c'est pour ça aussi qu'on a créé Murena Workstations, parce qu'il y a aussi le cloud, on peut aussi acheter les espaces de stockage. Donc, c'est de cette manière-là qu'on finance le projet. Mais je pense qu'il y a chaque projet, son propre modèle économique.
- Speaker #0
Mais qu'est-ce que vous pensez pour un peu, on n'a finalement pas encore beaucoup parlé du sommet, enfin des gens qui sont au sommet, mais je crois qu'on a une petite idée quand même, ce sont des acteurs, notamment des entreprises. Ce que je trouve intéressant, c'est qu'il y aura aussi par exemple des personnes de l'Union européenne, donc il y aura aussi des acteurs institutionnels. est-ce que je veux trop parce que vous essayez de faire venir aussi des investisseurs à cette réunion ?
- Speaker #1
Donc l'idée, c'est quand même, le Summit, il est principalement B2B. Donc c'est vraiment les investisseurs, ils vont y être aussi. Et justement, donc il n'y a pas uniquement la collaboration technique, il y a aussi la collaboration commerciale et l'investissement qui est l'objectif de Summit. Donc vraiment de trouver…
- Speaker #0
Vous arrivez à repérer des investisseurs qui sont intéressés par cette tech éthique ?
- Speaker #1
Tout à fait. Je pense que déjà, le sujet commence à prendre de plus en plus d'importance dans la situation actuelle mondiale. Ed ? Oui, oui. Là, je suis un peu moins sur ce sujet-là personnellement comme je suis plus côté communication. Je pourrais bien discuter avec Arik qui va être là, qui est notre principal et qui quasiment gère une bonne partie de Projet Mobifree.
- Speaker #0
et côté investisseur je ne laisserai plus la parole pour le coup pendant l'événement écoutez j'ai hâte d'y être puisque je serai présente au Luxembourg ça change un peu même comme lieu parce qu'on a l'habitude en Europe Paris, Londres et là c'est Luxembourg donc c'est intéressant merci beaucoup Veronika et puis alors Voilà. Je vous en dirai plus sans doute après le sommet la semaine prochaine.
- Speaker #1
A La semaine prochaine. Si vous avez des questions sur certains aspects techniques de cet épisode, n'hésitez pas à nous en faire part via la formule de contact de TechnoÉtik.org, Ou via la page LinkedIn ou Instagram de Techforgoodcanada/TechnoEtik. A suivre, les points forts de la journée du 6 octobre!