Speaker #0[0:00] Bienvenue dans ce nouvel épisode de Derrière nos ecrans, l'émission qui met l'humain au cœur du numérique. Je suis Caroline isautier et on parle pour la troisième fois d'affilée de souveraineté numérique, cette fois avec Floria Strich de Données Souveraines Québec. Vous allez en savoir plus sur la feuille de route que voudrait se donner l'industrie du numérique, notamment libre, au Québec pour acquérir plus d'indépendance vis-à-vis. des acteurs étrangers, notamment américains. Bienvenue, Florian Stritch. Speaker1: On se rend compte qu'il y a une prise de conscience des gouvernements, associations et entreprises qu'il est temps de se fédérer entre acteurs locaux et non américains, dans notre cas québécois ou canadiens, pour s'assurer d'une indépendance économique et démocratique suite au comportement agressif de Trump qui, associé au géant de la tech, [1:22] Il y a des actions qui inquiètent les individus et entreprises sur leur indépendance numérique. On a vu ce juge à un tribunal de la Hague, si je ne me trompe pas, qui s'est fait couper l'accès à Microsoft sur ordre de Trump parce qu'il me semble qu'il voulait enquêter sur les comportements d'Israël en Palestine. Donc on voit, Trump nous aide à voir ce que beaucoup d'entre nous imaginaient depuis longtemps, mais il rend ça concret, que l'outil nous conditionne et peut limiter notre indépendance. Et alors, on parle ensemble parce que tu étais un des orchestrateurs Speaker1: [2:09] D'un événement à Montréal la semaine dernière autour de l'association qui s'appelle Données Souveraines Québec et qui a dédié une demi-journée à la réflexion sur comment construire des solutions pour les entreprises, notamment numériques, qui soit autre qu'américaine et qui soit plus encore que juste locale, québécoise, qui soit démocratique, qui emploie du personnel local, qui est une moindre empreinte environnementale et surtout qui soit open source. On va parler ensemble de ce que ça veut dire. Alors, juste pour te présenter, toi, tu es un consultant franco-montréalais spécialisé spécialisée en protection de la vie privée, gouvernance de l'IA et souveraineté numérique. Tu es passée par le cabinet PWC et tu es aujourd'hui cofondateur, si je ne me trompe pas, de Persevere Consulting, figure clé de l'initiative Données Souveraines Québec. Donc, tu as piloté la feuille de route dont on va parler ensemble aujourd'hui. Pour ceux qui sont curieux d'ailleurs, vous pouvez aller voir sur www.données.québec. Speaker1: [3:28] Alors, est-ce que tu veux présenter un petit peu la présentation rapide que j'ai faite de ton parcours pour nous aider à comprendre ton intérêt et ta participation à Atenu Souveraine Québec ? Speaker0: [3:40] Avec grand plaisir. Avec grand plaisir. Tout d'abord, Caroline, merci beaucoup de me recevoir. Pour moi, c'est un honneur et c'est surtout un plaisir parce que je suis une énorme fan de radio, de podcast. J'en écoute plusieurs heures par jour. Speaker1: [3:56] On est pareil. Speaker0: [3:59] Et puis ça rend les moments en auto presque désirables. Merci. Moi, je suis vraiment un juriste à la base. J'ai fait des études de droit et puis j'ai commencé à travailler dans le cabinet d'un avocat français qui s'appelle Maître Diméguillot et qui était quelqu'un de, très novateur, vraiment à l'avant-garde du droit de l'Internet à l'époque, il y a une vingtaine d'années là. Et en travaillant avec lui, j'ai vraiment découvert les ravages que pouvait faire Internet parce qu'on faisait beaucoup de protection de la réputation. Donc, on pouvait s'occuper de personnes dont la réputation avait été mise à mal, soit pour faire du chantage. Il y avait beaucoup de femmes qui étaient victimes aussi d'ex, qui mettait des images intimes. Enfin, il y avait toutes sortes d'affaires qui toujours étaient tragiques. Et puis. Speaker0: [5:05] J'ai commencé comme ça, comme homme de ménage d'Internet. on envoyait des lettres de mise en demeure on allait chercher des ordonnances de juges pour faire cesser des publications et puis, un jour j'ai vu le droit à l'oubli qu'est-ce que c'est que ça ? Le droit à l'oubli la loi informatique et liberté on l'a utilisé, on a dit nos clients ils ont le droit à être oubliés d'internet c'est pas parce qu'internet a une mémoire infinie qu'il faut que leurs traces numériques soient là pour toujours. Speaker1: [5:41] Rappelle-moi, ça, c'était une loi uniquement en France ou au niveau européen ? Speaker0: [5:45] Donc, il y a des lois dans la plupart des pays du monde. Speaker1: [5:50] D'accord. Speaker0: [5:50] Je pense au Maroc, je pense à Algérie, je pense à la Thaïlande. Toutes ont des lois sur la protection de la vie privée. Souvent, c'est la protection des correspondances, c'est-à-dire qui est élargie au droit à la vie privée. Mais en Europe, en 2017, si je ne me trompe pas, 25 mai 2016, on a vérifié, on a eu le règlement européen sur la protection des données qui est venu donner des dents à la loi informatique et liberté de 1978. Et donc ces dents, c'était des grosses dents parce que c'était des sanctions allant jusqu'à 4% du chiffre d'affaires mondial. Donc, c'est là où ma carrière a changé. Moi, c'est qu'avant, on était un petit peu sans armes à essayer de défendre les clients. Puis, du jour au lendemain, la loi a eu des dents. Puis, c'est là où j'ai décidé. Puis, j'étais un peu traumatisée par ce premier travail, à vrai dire. J'ai décidé. Speaker0: [6:46] De devenir informaticien. Je suis retourné à l'école, ce qui me fait un point commun, parce que j'avais fait un diplôme à l'ESSEC Télécom. Et puis, en gestion de l'éducation, En tant que système d'information, je suis devenu architecte de données, où je modélisais des bases de données. Je ne prenais pas grand-chose, mais j'avais des patrons et des patients. Et puis donc, ça m'a permis d'avoir à la fois une connaissance du droit et une connaissance de l'informatique. Et puis là, il y a eu ce fameux règlement européen sur la protection des données qui est entré en vigueur. Et donc là, je suis allé monter la pratique de protection de la vie privée pour un cabinet. Et donc on a gagné des gros contrats et puis je me suis retrouvé chef de projet, de grand projet de transformation pour se mettre en conformité avec ce règlement. Speaker1: [7:34] Alors, juste pour donner le petit nom que d'autres ont peut-être entendu, c'est le fameux RGPD ou GDPR en anglais. Peut-être que vous avez entendu. Alors malheureusement, il est aussi tristement connu à cause des bannières. Je pense que c'est lui qui a fait que nous avons eu toutes ces bannières sur les sites partout. C'est aussi ce qui nous permet de prendre conscience de tous les trackers, tous les traceurs qui sont là sur tous les sites qu'on utilise. Est-ce que je me trompe ou pas ? Speaker0: [8:03] J'ai beaucoup travaillé là-dessus. Alors, c'est laid, mais on peut refuser. Ou alors, parfois, sur certains sites, ils nous disent, si vous refusez, vous ne pouvez pas accéder aux... Speaker1: [8:12] Les BPI. Speaker0: [8:14] Voilà, c'est ce qu'ils appellent le privacy wall. Je ne sais pas comment on appelle ça, mais en gros, c'est intéressant parce que ça montre la valeur de nos renseignements personnels. Même si c'est très désagréable en termes d'expérience utilisateur on voit qu'on peut acheter des contenus avec ses renseignements personnels et donc maintenant c'est nous qui sommes juste de le faire ou pas. Speaker1: [8:33] Tout à fait oui Donc, tu es devenu expert de RGPD. Speaker0: [8:40] Et puis de transformation, surtout d'entreprise. J'ai vraiment aidé des multinationales énormes. Je me rappelle sur un programme, j'avais 56 filiales, dans plus de 40 pays à mettre en conformité. Donc, comment est-ce qu'on fait ça ? C'est un métier, j'ai un peu appris sur le tas, mais c'est un métier de faire ça. Parce que le RGPD a amené des choses totalement nouvelles, comme le droit à l'oubli, le fait que les systèmes doivent oublier. Puis ça, c'est très compliqué d'aller supprimer dans des systèmes, surtout si on parle de système bancaire. Derrière, il y a toutes les notions de preuve, c'était de prouver qu'on a rendu le service. Donc, des grosses transformations vraiment en profondeur. Puis j'ai fait ça, ça fait une dizaine d'années, ça fait 15 ans au total que je travaille. Et donc, c'est assez logique aujourd'hui, quand on parle de souveraineté, d'appliquer un peu tout ce que j'ai appris ces 15 dernières années. Parce que la souveraineté, c'est vraiment une transformation de notre informatique, pour pouvoir réduire nos risques, nos risques à la fois juridiques et nos risques de continuité d'activité. Donc, c'est un peu la même logique dans le fond. Speaker1: [9:53] Oui, alors là, c'est intéressant que tu parles de risque parce qu'on avait tendance beaucoup, en tout cas moi, dans ce que j'entendais, notamment de ce côté-ci de l'Atlantique, de parler de la protection de la vie privée comme quelque chose de bien, nice to have, quelque chose qui était restructueux d'utilisateur et d'utilisatrice. Alors que notre ami Trump nous a permis de comprendre que c'était un risque d'entreprise parce qu'on pouvait nous couper le service déjà du jour au lendemain. Donc, je ne sais pas si tu veux élaborer un petit peu sur ce côté risque entreprise et voilà ce qui a changé qui fait que maintenant, à cette demi-journée d'ISQ, Tenez-Souveraine Québec, il y avait au moins une centaine de personnes qui étaient présentes pour discuter de ça. Speaker0: [10:48] Oui, il y a une prise de conscience qui est aidée par la guerre commerciale, puis les guerres tout court aussi, je pense. Donc, de quoi est-ce qu'on parle ici, quand on parle de souveraineté numérique ? On parle en réalité de la chaîne de dépendance. Speaker1: [11:08] Je m'explique. Speaker0: [11:10] Quelle que soit l'opération qu'on va gérer, qu'on parle de gérer un podcast, de gérer une OBNL, de gérer une entreprise, de gérer une multinationale, un ministère, n'importe quoi, une école, une garderie, on s'appuie sur des fournisseurs. Et souvent, il y a des fournisseurs qui sont critiques pour notre continuité d'activité. Ça veut dire que si le fournisseur tombe, je ne peux plus fonctionner. Et donc, c'est ça, gérer sa chaîne de dépendance, c'est comprendre quels sont les maillons de la chaîne de dépendance qui peuvent me faire tomber. Il se trouve que quand on parle du Québec, du Canada, et puis de tous les pays dans le monde, qu'ils ne soient pas la Chine ou les États-Unis. Speaker1: [11:52] Oui, oui. Speaker0: [11:53] Ça fait beaucoup de pays. Speaker1: [11:54] Ça fait beaucoup de monde. Speaker0: [11:56] Il se trouve que la chaîne de dépendance, elle concentre des acteurs, qui viennent du même endroit, qui viennent du sud de la frontière. Donc, elle est formée. Voilà, voilà. Et en fait, comme aujourd'hui, notre société, elle est entièrement numérique, en fait. C'est-à-dire que là, on se parle du logiciel, voilà. Speaker1: [12:20] Bonjour, et tu sais que j'ai beaucoup de mal. Je cherche, on cherche depuis plusieurs, presque années, à se soustraire de Zoom et à trouver une solution souveraine. Éthique, si possible, open source. Mais Zoom offre des petites fonctionnalités en plus, l'enregistrement, le stockage. Voilà, c'est tout ça, la maîtrise des acteurs américains. C'est ne pas se contenter d'offrir un service bien, mais c'est de rajouter parfois des choses autour ou alors d'être en lien entre eux avec d'autres logiciels qui font qu'on est pris dans un engrenage et qu'on a du mal à en sortir. Speaker0: [13:00] Alors exactement, tu pourras regarder BigBlueButton qui est... Speaker1: [13:05] Oui, je vais regarder à nouveau, parce que bientôt qu'il y a au moins dix ans, j'ai regardé et ça ne correspondait pas, justement, on le sait bien, le UX, le User Experience, malheureusement, de l'open source n'est pas forcément aussi travaillé que l'expérience utilisateur du commercial américain, malheureusement. Speaker0: [13:28] Oui, oui. Non, mais tout à fait, tout à fait. Il y a plein de choses à dire. Juste si on prend cet exemple, parce que Zoom à la base, c'est chinois. Alors, peut-être, je ne suis pas au fait, mais peut-être que... Speaker1: [13:38] Ah, je ne savais pas. Speaker0: [13:38] Oui, peut-être qu'ils ont fait une filiale en Amérique. Non, je ne sais pas. Il faudrait vérifier, mais... Donc, alors, on va avoir des garanties contractuelles, c'est-à-dire que... Moi, je n'ai pas regardé, mais j'ai coché « j'accepte les conditions d'utilisation », puis on va nous dire, bien sûr, en chiffre tout, puis on ne va pas regarder, mais ça, c'est des conditions de papier. Speaker1: [13:57] Oui. Speaker0: [13:58] J'ai aucune garantie sur le plan technologique que là, ce qu'on est en train de se dire n'est pas écouté. Ce qui n'est pas grave, puisque ça va être diffusé, mais on peut imaginer d'autres... De télémédecine, de consultation d'avocats, de secrets d'affaires. Donc ça, c'est une première chose, c'est que les garanties sont de papier. Mais une autre dépendance, c'est que si demain, le conflit commercial gagne en intensité, et puis on sait bien que notre ami Donald aime beaucoup son art du deal, c'est souvent négocier avec un flingue sur la tempe. Speaker1: [14:36] Voilà. Speaker0: [14:37] Il pourrait tout à fait décider d'utiliser ce qu'on appelle le kill switch, c'est-à-dire de dire qu'on coupe les services. Aujourd'hui, ça a été fait. Effectivement, tu parlais du cas, je pense que tu parlais du cas du juge Nicolas Guilou, la Cour pénale internationale qui s'est fait couper... Tous ces services qui viennent de fournisseurs américains, mais alors on parle de Visa, on ne parle pas que de Netflix, il ne peut plus payer. Souvent, la plupart des chaînes d'hôtels appartiennent à des maisons mer-américaines. C'est quand même très gênant. On pourrait imaginer dans une négociation commerciale qui dégénère d'avoir ce chantage. Or, comme je le disais, notre chaîne de dépendance est quasi essentiellement américaine sur le plan numérique. Si demain, on instrumentalise contre nous, ces dépendances, on ne pourra pas négocier, on sera obligé de se plier, parce que nos systèmes de paiement, ça marche avec des technologies américaines, nos systèmes de télécommunications, il n'y a plus rien. Donc, il y a une BD de Eki Bilal, je ne sais pas si tu connais cet auteur de BD. Speaker1: [15:42] Je connais de nom, je ne me souviens plus qu'est-ce qu'il a fait connaître, il n'y a pas quelque chose qu'il a fait connaître beaucoup. Speaker0: [15:48] Je pense que c'est Rendez-vous à Sarajevo. Speaker1: [15:50] Ah, peut-être. Speaker0: [15:51] Si je ne dis pas de bêtises, il est Franco Bosnac. Il a écrit une BD d'anticipation passionnante et très belle. Il y a un cycle qui s'appelle Bug. C'est l'histoire d'Internet qui tombe et on ne sait plus rien faire et on est obligé d'aller chercher des gens qui sont à la retraite. Qui ont 70 ans, puis qui savent piloter des avions manuels. Donc, on pourrait se retrouver dans cette situation. C'est de ça qu'on parle, en fait. C'est qu'on n'a à la fois aucune garantie sur la protection de nos données, sur la protection de notre secret d'affaires, de notre vie privée. Et on est dans une dépendance totale vis-à-vis des technologies américaines. Et enfin, une manne financière, parce que puisqu'on nous fait la guerre commerciale, pourquoi pas également répliqué, même si je n'aime pas ce mot, mais bon, on est dans cette situation. Speaker0: [16:49] Rien qu'au Québec, le marché des TI, c'est à peu près 27 milliards, je pense, en 2024. Et donc, sur ces 27 milliards, nous, chez Données Souveraines Québec, on considère que 60% ne sont pas issus de technologies souveraines. Ça voudrait dire que sur ces 27 milliards, on aurait 60%, donc 16 milliards à peu près, ou 17 milliards qui partiraient au sud de la frontière. Nous, ce qu'on se dit, c'est que si on arrive à capter 5% de ça, ça fait 800 millions par an, eh bien, c'est une richesse qui est significative, surtout qu'on se dit, à partir du moment où on crée des jobs ici au Canada, au Québec, on va avoir un effet multiplicateur parce que ces jobs vont créer d'autres jobs, ça va créer des chaînes de fournisseurs, de la supply chain, donc on a appliqué un effet multiplicateur de 1.7 qu'on utilisait souvent dans les technologies de l'information, et donc on se dit que ce 800 milliards peut, devenir 1.4 milliards par an, ce qui fait au bout de 5 ans 7 milliards en plus, sur le PIB du Québec. Speaker1: [17:57] Si on me rappelle, Speaker0: [17:58] C'est 300 milliards le PIB du Québec, donc... On a vraiment un intérêt économique à se défendre, en plus de rehausser notre posture stratégique, notre posture de continuité d'activité, et en plus de garantir les droits fondamentaux, comme par exemple le droit à la vie privée, mais aussi, accessoirement nos savoir-faire, nos secrets d'affaires, pour lesquels aujourd'hui on n'a que des garanties de papier. Speaker1: [18:23] Oui, et on sait que les Américains sont très fans d'espionnage. Depuis l'affaire Stodden, on sait qu'ils aiment beaucoup espionner tout ce qui se passe à travers le monde. Alors, tu as parlé un petit peu, on a pris l'exemple de Zoom, mais en fait, il y a des sujets encore plus énormes aujourd'hui, et je crois qu'on en a parlé lors de la demi-journée, c'est tout ce qui est l'info nuagique, comme on dit au Québec, le cloud, Et puis l'IA, aujourd'hui, on voit se démultiplier cette dépendance avec le fait que les entreprises, notamment, sautent sur les outils IA de façon un petit peu hâtive, victimes du marketing extrêmement efficace de la Silicon Valley. Voilà, est-ce que tu peux nous parler un peu de ces sujets-là, puis après on rentrera peut-être dans Donner Souveraine Québec, quand même l'histoire de ce collectif, et puis ensuite votre feuille de route. Speaker0: [19:20] Oui, absolument, absolument. Avant de répondre, j'aime que tu parles de l'affaire Snowden. Juste pour rappel, pour les auditeurs, l'affaire Snowden, c'est quelqu'un qui travaillait à la NSA, l'agence d'intelligence américaine, qui a révélé en fait que les États-Unis qui ont capté, les informations, les données de ses alliés. Alors de mémoire, je pense qu'on parlait d'écouter les conversations de Mme Angela Merkel, de M. Macron. Bon, ça c'était sous Obama. Speaker1: [19:56] Oui, plus. Speaker0: [19:57] Beaucoup plus sympathique que Trump. Donc, c'est juste pour rappeler qu'on n'est pas dans l'anti-Trump, on n'est pas juste dans la réaction. C'est vraiment un chantier au long terme qu'il faudra maintenir, même si Dieu le veut bien, M. Trump rendra son tablier. Je vais répondre à tes questions. Donc, l'info nuagique, pareil pour les gens qui écoutent, qui ne sauraient pas ce que c'est, ou le cloud computing. C'est qu'en gros, dans les années jusqu'à 2010, quand on était une entreprise, on avait des serveurs dans la cave. C'est des choses très sécurisées contre le feu, contre l'inondation. Puis quand on servait des clients, on les servait depuis nos serveurs informatiques. Et puis quand c'était Noël et que tout le monde se connectait sur le site en même temps, ça plantait. Speaker0: [20:48] Ça coûtait cher parce qu'il fallait l'entretenir. si on avait besoin de plus de capacités, il fallait faire venir de nouvelles machines et les faire installer. Bon, ensuite, il y a une vingtaine d'années, ceux qu'on appelle maintenant les hyperscalers, qu'on n'appelait pas comme ça à l'époque, beaucoup les Microsoft, les Amazon et les Google de ce monde, sont arrivés avec cette idée de dire, on va faire du cloud computing, de l'info nuagique, c'est-à-dire que les serveurs vont être chez nous, puis vous allez nous acheter ce dont vous allez avoir besoin, ce qu'on appelle l'élasticité de l'info nuagique. C'est-à-dire que si j'ai une grosse demande à Noël, je vais pouvoir simplement avoir une plus grosse facture. Mais en janvier, quand il n'y a plus rien qui se passe, je vais avoir une petite faim. Sur le papier, moi, c'est génial. Puis d'ailleurs, j'étais le premier à dire que c'était une très bonne idée de passer sur l'info nuagique à l'époque. Personne n'avait la moindre crainte. Dans les faits, ce qui s'est passé, c'est que massivement, toutes les grandes organisations, et là on parle du public comme du privé, sont passées sur l'info nuagique, ce qui veut dire que concrètement, on n'a plus la main sur nos données. Speaker1: [22:01] Voilà. En fait, un autre terme, ça pourrait être des serveurs délocalisés, hibergés chez les GAFAM, en tout simple. Donc, en effet, oui, en théorie, on reste propriétaire. J'ai vu qu'il y a toutes les assurances sur le papier, mais on voit qu'aujourd'hui, dans la pratique, s'il y a crise, en gros, et puis je crois qu'il y a aussi un autre phénomène, quand même, ils ont été très forts, c'est-à-dire que je crois qu'il y a un sujet avec l'info-nuagique, c'est qu'il y a ce qu'on appelle un peu le « vendor lock-in ». C'est-à-dire que moi j'ai entendu dire qu'on commençait, voilà, ils prenaient un petit peu, puis à la fin ils prenaient tout le bras. C'est-à-dire que par un jeu là aussi d'ajouts, de add-on et de services complémentaires, on devenait finalement esclave. Enfin, on n'avait plus le choix que d'utiliser leurs services. Parce que c'est à peu près ça. Speaker0: [22:53] Oui, c'est tout à fait ça, surtout que mon exemple était un peu caricatural des serveurs dans la cave, mais aujourd'hui, l'info nuagique, ce n'est pas que de l'hébergement, c'est surtout ce qu'on appelle les « platform as a service », le PASS. C'est-à-dire que c'est toute ma pile technologique, c'est-à-dire jusqu'à mon interface utilisateur et mes logiciels d'affaires qui sont chez mon fournisseur. Donc, je prends un exemple très connu pour ce qu'on appelle les SIRH, système d'information de ressources humaines. Donc, je vais faire mon recrutement, ma gestion du cycle de performance, parfois même ma paye, mes failles de temps, etc. Toute la suite, jusqu'à l'interface et chez le fournisseur. Voilà, et puis moi je vais avoir fait un certain nombre de configurations pour m'assurer que dans mon organisme, les systèmes dialoguent entre eux. Donc, je vais avoir passé plusieurs dizaines de millions, et c'est des projets sur 3-4 ans, par exemple un projet de SIRH, pour m'assurer que mon système SIRH va coulisser avec mon système pour faire les entretiens d'embauche, etc. Speaker0: [24:06] Et puis, c'est très difficile de sortir de ça. Ça va me coûter des millions de pouvoir sortir de ça. Il va falloir que je refasse tous mes processus, surtout que souvent, la grande force de l'infonylgique, c'est que ces fournisseurs, comme des clients partout dans le monde, ils ont pris les meilleures pratiques de toutes les entreprises du monde. Et donc, ils fournissent les processus sur l'étagère. Donc, souvent, on va adopter le processus que fournit l'outil. Ça veut dire que si je sors, je dois carrément remodéliser les processus, faire préorganiser mon entreprise oui, Et je n'ai même pas d'alternative en plus. On parlera sans doute d'open source. Je n'ai pas d'alternative en plus. De grands logiciels, dans le SRH, on est un peu au Canada, mais on peut faire de plus. Mais je n'ai pas toujours l'alternative à ce que je recherche. Speaker1: [24:58] C'est ça. Donc, on a été un peu rendu dépendant parce qu'on n'a pas appris à marcher tout seul. En fait, là, il faut qu'on apprenne à marcher tout seul parce qu'on a été quelque part porté par des acteurs extrêmement bons, à la fois en technique, en marketing, en UX. Il n'y a pas de problème, mais malheureusement, avec des pratiques de protection de la vie privée un peu douteuses et puis maintenant qu'ils sont alliés à une puissance qui est, elle, plus alliée. Donc il y a un souci à ces voilà. Alors, que va faire Données Souveraines Québec ? Et je vais citer avec toi, qui est un personnage clé dans cette structure, Paul Allard de Perseveral Consulting, Gilbert Ouellet, qui est un vétéran des médias et du numérique au Québec, et Marc Laporte de EvoluData. J'ai cité les principaux acteurs qui ont donné l'élan. Et j'ai l'impression, je voulais avoir confiance en ta part, que ces projets de données de dossiers santé numériques au Québec qui ont un peu été l'étincelle, qui nous a poussés à enclencher la vitesse supérieure. Est-ce que je ne me trompe ou pas ? Ou est-ce que c'était juste un épi ? Speaker0: [26:22] C'était un heureux hasard. Speaker1: [26:24] Ah oui, d'accord. Speaker0: [26:25] C'était un heureux hasard. C'est sorti en même temps que l'annonce de la création de l'OBNL. Ça nous a bien aidés. D'accord. Il faudrait citer aussi Benoît Martel, qui est président d'une entreprise qui fait de l'info nuagique au Québec, qui s'appelle R2i. Speaker1: [26:44] R2i, bien sûr. Speaker0: [26:45] Et puis, on a également Pierre-Marc Gosselin qui est président de RT Edge. Même chose, c'est Comé Réseau au Québec. Et puis, Pierre-Philippe Côté, président de Oreo Cloud. De même, c'est une entreprise qui fait des centres de données au Québec. Super intéressant, Oreo, il chauffe des bâtiments historiques avec des mini-fondes. Speaker1: [27:06] Génial ! D'accord. Speaker0: [27:10] Voilà, donc effectivement, d'où est-ce que c'est venu ? Donc effectivement, nous, on essaie d'être très transparents sur le fait que Paul Allard, le CDO, c'est mon associé en affaires. Mais on a, comme je viens de citer, plein d'autres gens. Maintenant, ce n'est plus que nous. Maintenant, on est dans un vrai pluralisme, surtout qu'on vient d'avoir notre conseil d'administration et qu'on a une foultitude maintenant d'administrateurs qui viennent de tous endroits différents. Mais essentiellement, on est tous des gens qui travaillons dans la tech souveraine. Donc, en fait, on a voulu créer un groupe d'intérêts pour pouvoir favoriser notre marché. Speaker1: [27:52] L'occlusion, oui. Speaker0: [27:57] Et c'est très drôle parce que c'est parti de quelque chose de très business et c'est en train de se transformer en activisme. C'est très ambitant, comme dans notre esprit, on partait une association pour faire très boring et plate. Et puis là, on se trouve, en fait, à devenir des activistes parce que c'est un sujet qui est éminemment politique. Puis ça, je te dirais qu'on n'avait pas anticipé que c'est assez drôle. Mais tu voulais me poser une question ? Speaker1: [28:19] Oui, en fait, ce que je voulais que tu me précises... Attends, il y avait déjà le nombre de membres dont tu m'as parlé. En fait, c'est un groupement, en gros, principalement d'entreprises. Mais voilà, par rapport à ce que tu disais sur l'activisme, est-ce que finalement, vous devenez aussi un outil de... Une structure pour faire du lobbying auprès du gouvernement. Parce que je vais te dire que par rapport au sommet où je suis allé en Europe la semaine d'avant, je suis allé à un sommet qui s'appelle Fair Tech Europe, qui était soutenu par l'Union Européenne. Donc la journée entière avait été financée par l'Union Européenne et était là pour faire se rencontrer tous les acteurs de la Fair Tech, qui inclut beaucoup évidemment les acteurs de l'open source européen. Alors que vous, vous avez été soutenu par R2I, par... Un spécialiste de l'info nuagique, entre autres, au Québec. Donc, en gros, c'était amusant de voir le parallèle entre la version européenne, très soutenue par le gouvernement, et puis la version québécoise, très autonome, qui réunit les acteurs économiques, en fait. Quel soutien est-ce que vous avez du gouvernement québécois ? Est-ce que vous avez une écoute ? Ou est-ce que, pour l'instant, vous réunissez surtout les acteurs économiques ? Speaker0: [29:38] Alors, on a beaucoup d'écoutes. On a beaucoup d'écoutes. On était très, très, très branchés, notamment sous l'ancien gouvernement. D'accord. On ne peut pas publiciser parce qu'ils nous ont demandé de ne pas le publiciser dans la mesure où ils voulaient voir le résultat avant... Speaker1: [29:58] Les élections. Speaker0: [29:59] ...de le publiciser. Puis maintenant, ils ne sont plus là. Et oui, voilà. Et donc, on a un nouveau gouvernement. Et il se trouve qu'on est extrêmement chanceux puisque, des personnes, encore une fois, je préférerais les laisser gérer leur communication, mais du Parti québécois se sont beaucoup impliqués, ceux dès le lancement de la feuille de route. Ils l'ont suivi tout le long du déroulement de la feuille de route. Donc, on attend les nominations mercredi. Et puis, on pourra devenir un peu plus public là-dessus. Mais ce que je peux dire, c'est que oui, on est une initiative privée. J'ai regardé pendant que tu me posais la question. On a 29 membres corporatifs à date. D'accord. On vous rend les bras à qui voudrait nous rejoindre, public, privé. Ce n'est pas que le secteur privé. Ce n'est pas non plus que les personnes qui fournissent des services. On a également des organismes qui consomment des services. Ça, c'est très important parce qu'il faut pouvoir éduquer les acheteurs. Et puis effectivement l'idée c'est d'interpeller le gouvernement notre feuille de route ce sont des recommandations pour le gouvernement, fraîchement élu donc on s'attend à avoir une oreille attentive dans les prochaines semaines. Speaker1: [31:14] C'est une excellente nouvelle et c'est vrai que le Parti québécois vraiment clame haut et fort le Speaker0: [31:21] Besoin d'une. Speaker1: [31:22] Souveraineté du Québec donc je pense que vous êtes arrivé au bon moment Donc, parlons maintenant de cette fameuse feuille de route. Je sais que tu nous l'as présenté, je crois que c'est à cinq points principaux lors de la demi-journée. Je te laisse parler de ces points principaux. Assez rapidement pour que... Speaker0: [31:44] Avec plaisir, avec plaisir. Mais pardonne-moi, je vais juste rajouter quelque chose par rapport à la question précédente. Paul Alar et Gilbert Ouellet sont intéressants parce qu'il y a des gens qui vont dire, mais ce n'est pas des gens qui viennent du milieu de la tech. Qu'est-ce qu'ils font là ? Je te le sais parce qu'on m'a posé cette question. Ce n'est pas des gens du milieu de la tech, mais c'est des gens qui ont déjà fait ça. Je vous explique. Il y a une vingtaine d'années, ils ont, vraiment Paul et Gilbert nommément, ils ont monté un regroupement d'intérêts pour augmenter des crédits d'impôt pour l'industrie de l'audiovisuel. Donc ils ont réussi. Tout le boom qu'on a eu de l'industrie de l'audiovisuel du jeu vidéo à Montréal, c'était dû à ces crédits d'impôt. Et donc, quand on discutait de ça avec eux, qu'on fasse quelque chose, on ne peut pas rester à rien faire, ils ont eu cette idée de dire «, Tentons-la, tentons de refaire ce coût qui avait tellement bien marché pour, faire développer l'industrie du multimédia avec les crédits d'impôt. » Ce qui permet nos recommandations. Donc, les recommandations, c'est beaucoup autour des crédits d'impôt. Nous, on a une approche extrêmement économique. Quand vous allez lire la feuille de route, vous verrez qu'on ne parle pas de cybersécurité, on ne parle pas d'architecture, on parle d'économie. On est dans une guerre commerciale, on est en train de se faire saigner. Speaker0: [33:07] Et donc, comment est-ce qu'on limite la casse ? Eh bien, on propose cinq grandes mesures. La première mesure, c'est de définir ce que ça veut dire souverain. Speaker0: [33:20] Aujourd'hui, on parle à deux personnes, personne ne sait ce que ça veut dire souverain, où tout le monde a des définitions différentes. La plus commune, c'est de confondre la résidence des données avec la souveraineté des données. Je double-clique un instant là-dessus, parce que s'il y a une chose à retenir, de cette heure passée ensemble, c'est ça. C'est que si simplement on héberge des données au Québec, au Canada, chez un hébergeur sur la conférence, mais en fait, ce qu'on héberge sur ces serveurs, c'est une application infonuagique, une plateforme infonuagique étrangère, mais on n'est pas souverain pour toutes. Speaker1: [33:56] J'ai vu, je crois, un exemple de souveraineté Washington, si on utilise le parallèle avec le greenwashing, dans le métro l'autre jour à Montréal, c'était Zoho, la suite Zoho, qui disait, alors je ne sais pas, pour moi ils sont indiens, Zoho, mais je ne suis pas sûre, qui disait, vous voulez être souverain, choisissez une société qui a ses données hébergées au Québec. Donc ils ont vraiment de la publicité exactement dans ce sens-là, et toi, c'est important de redire que ce n'est pas du tout un critère suffisant de souveraineté. Speaker0: [34:31] Voilà, alors je ne me prononcerai pas sur Zorro, évidemment, parce que je n'ai pas fait l'étude. Mais une entreprise qui voudrait se revendiquer technologiquement souveraine devrait s'assurer que ces données sont hébergées au Québec, chez un hébergeur qui n'est pas contrôlé par une puissance étrangère. Parce que ça va arriver surtout en Europe ça se fait beaucoup c'est-à-dire que les hyperscalers vont créer des filiales, locales nous la règle du pouce on dit c'est 30% si le contrôle étranger est au-delà de 30% c'est difficile de garantir, que les décisions sont faites localement voilà exactement donc héberger chez un hébergeur au pays, Canada, Québec qui n'est pas sous un contrôle étranger mais que également les applications, où les modèles d'IA ne sont pas fournis via des fournisseurs qui ne sont pas, souverains. Puis c'est là où on va parler d'open source un peu. Et puis ensuite, on doit s'assurer qu'à la fois les données et les processus qui manipulent ces données sont également souverains. Donc il y a vraiment quatre couches. Speaker0: [35:46] Processus, données, applications et infrastructures. Pour se revendiquer souverains. Donc là, j'ai dit une phrase en une minute, mais ça ne suffit pas à organiser toute une politique économique. Donc on a besoin d'un cadre de référence. C'est des documents qui font 150 pages, pas très drôle à lire, mais où on va avoir des centaines et des centaines de critères pour expliquer ce que ça veut dire souverain. Et on a besoin de créer ce consensus sur ce que veut dire souverain. Une fois qu'on a ça, on va pouvoir, parce que nous, on ne veut pas être en conflit d'intérêts et donner souveraine Québec, donc nous, on propose de créer le cadre de référence puisqu'on a intérêt à développer ça. Donc, on va mettre des centaines d'heures, comme on l'a fait sur la feuille de route, bénévolement, parce qu'on y a intérêt. Mais on ne peut pas certifier. Sinon, on serait dans une situation de s'auto-certifier. Avec Persever, on dirait « Ah bah oui, on est souvent… Ah bah oui, mais génial ! » Non, on ne peut pas se certifier. Donc, l'idée, ce serait de faire un partenariat avec des cabillets d'audit ou des structures indépendantes. Il faut qu'on le définisse bien, la gouvernance, pour qu'ils puissent, de manière indépendante, évaluer la conformité des organisations au cadre de référence. Et puis ensuite, une organisation conforme, via ce tiers de confiance, recevrait un label. Et quand on a ce label, on va pouvoir, deuxième recommandation, avoir un crédit d'impôt. Alors, moi j'aimerais dire ça tout de suite, c'est que le 100% souverain, ce n'est pas pour demain. Speaker0: [37:14] Parce que, on en parlait, chaque seconde, on bute contre une application, une brique technologique qui n'est pas souveraine. L'idée ici qu'on veut introduire, et c'est d'ailleurs ce qu'on retrouve dans l'énoncé de politiques sur la souveraineté du ministère de la Cybersécurité et du numérique au Québec, c'est que, chaque entreprise, chaque organisation publique, privée, doit finalement se faire une espèce de matrice où on va dire quel est le niveau de criticité, de sensibilité de la donnée, soit c'est une donnée personnelle, donnée personnelle sensible, soit que c'est un secret d'affaires, propriété intellectuelle, etc. Donc, le niveau de sensibilité de la donnée. Et puis, l'autre axe, c'est la criticité pour la continuité d'activité. C'est vraiment ce qu'on appelle parfois, dans mon jargon un peu techno-cyber, on appelle ça les joyeux de la couronne. Donc, ça veut dire que si cette donnée-là est compromise, je ne peux plus travailler, ça arrête mes activités. Les données qui sont à la fois sensibles et critiques pour la continuité d'activité, celles-ci, il faut en priorité les migrer dans un système souverain ou au pire du pire, au moins avoir un backup. Speaker0: [38:27] Au moins avoir des copies de sauvegarde qui sont hébergées souverainement. Donc, c'est pour ça, je pense, je vais revenir à la recommandation, c'est-à-dire que dans le référentiel, on va avoir des niveaux de souveraineté, on va avoir des fournisseurs qui vont être, par exemple, argent, qui vont être bronze, qui vont dire, par exemple, bronze, ça va être, ben oui, moi, j'ai berges mes données au Québec, mais j'utilise des briques technologiques qui sont américaines. Bon, OK, mais c'est déjà ça. C'est déjà ça, parce que si c'est au Bergeau-Québec, ça veut dire qu'il y a des copies de sauvegardes. Donc, s'il y a un coût de kill switch, on peut aller chercher les sauvegardes. Ensuite, on va avoir peut-être un niveau argent, où là, je vais avoir peut-être un peu plus de coûts de ma pile technologique qui va être au Québec, qu'un niveau or qui, aujourd'hui, est aspirationnel. Speaker0: [39:13] Voilà, c'est toute la pile technologique. Et donc, le crédit d'impôt variera, puis on n'a pas encore officiellement proposé des chiffres, mais ça, ce sera de toute façon au gouvernement, s'ils actèlent notre proposition, de le déterminer. On peut imaginer, par exemple, vous utilisez une solution argent. Dans ce cas-là, on vous fait un chèque de 30% du montant de ce que vous avez mis, ce qui permet de rendre très intéressant le fait d'acheter de la technologie souveraine. Et puis, ça permet d'amortir surtout le coût de sortie. Je ne pense pas que les entreprises vont faire de l'argent avec ça, mais elles vont amortir au moins une partie de leur coût de sortie. Speaker1: [39:48] Comme tu dis, des coûts de transition, comme elles sont embarquées dans un système, elles vont devoir repenser beaucoup de choses dans leur informatique. Et donc là, il y a des coûts de conseil en informatique qui sont associés à ça, au-delà du coût de la solution elle-même. Et c'est là que j'aimerais bien que tu mentionnes quand même l'intérêt de l'open source. Est-ce que tu peux nous parler de ce que c'est un petit peu que… Parce que moi, ça m'intéresse beaucoup, parce que c'est vrai que parler de souveraineté, c'est très bien. On se dit « qu'est-ce qui me garantit que la façon de faire le logiciel au Québec va être finalement meilleure que la façon américaine ? » Or, quand tu commences à parler d'open source, tu commences à introduire le concept de transparence qui manque aujourd'hui dans le numérique qui nous domine. Donc, est-ce que tu peux parler de cette industrie de l'open source, pourquoi elle est intéressante, et puis expliquer aux auditeurs comment on peut avoir un modèle économique viable avec de l'open source. Speaker0: [40:46] Oui, absolument. Je pense qu'en français du Québec, on dit « logiciel libre à code source ouverte ». Speaker1: [40:53] Oui, pardon, c'est vrai. Speaker0: [40:55] Voilà, mais on peut dire « open source ». Mais pourquoi je dis ça ? Parce qu'on va éclater l'acronyme. « Logiciel, libre », ça veut dire que je ne vais pas payer de licence. Speaker0: [41:10] Oui. Donc, quand on utilise Office, on paye 60$ par an ou quelque chose comme ça. Libre, code source ouvert, ça veut dire que le code source, le code de l'application, il est accessible. Ça veut dire que je peux l'auditer, vérifier, par exemple, qu'il n'y a pas de backdoor, même si personne le fait, mais en tout cas, c'est une possibilité de le faire. Speaker0: [41:33] Et puis, je peux le modifier aussi. Je peux le modifier et l'adapter. Et puis, mes amis, Marc Laporte et compagnie, me rappellent toujours « Edith Standard Ouvert ». Pourquoi ? Parce qu'on peut avoir des solutions qui sont propriétaire. Propriétaire, ça veut dire que le code source est fermé. Mais les standards sont ouverts. Je prends un exemple, le PDF. Que vous fassiez votre PDF avec Office, avec LibreOffice, avec peu importe, avec votre Google Doc, votre PDF, vous le portez n'importe où. Donc, les standards ouverts, c'est important. C'est-à-dire que si on n'est pas capable, d'utiliser de l'open source, soit parce qu'on a perdu les compétences, soit parce qu'il n'y a pas d'offre, eh bien, on peut utiliser des solutions propriétaires, mais en ayant en tête les standards ouverts. Et donc, petite parenthèse, un des critères principaux de la souveraineté qu'on retrouvera dans le cadre de référence, c'est d'avoir un test de sortie réussi. C'est de tester la capacité à sortir d'une solution qui est non-souveraine. Ça veut dire que c'est correct de rester sur de non-souverain si je suis capable d'en sortir. Donc là, les standards ouverts sont très importants. Mais revenons sur l'open source. L'open source, c'est quelque chose qui existe depuis très longtemps, depuis que l'informatique existe. Tout le monde connaît Linux. Il y a beaucoup, d'ailleurs... Speaker1: [42:49] Tout le monde, tu m'assures. Il y a des gens qui connaissent Linux. Speaker0: [42:54] Voilà, tout le monde dans ma bulle informatique. Dans l'UBI, oui. Voilà, dans ma bulle informationnelle, tout le monde connaît Linux. Par exemple, Linux est un système d'exploitation qui est open source, ça existe depuis très longtemps et jusqu'à présent, ce n'est pas très considéré par, les grandes organisations parce que c'est perçu comme quelque chose d'alternatif. Or, l'open source est une arme redoutable pour transiter vers la souveraineté. La France l'a fait récemment. On a un monsieur qui s'appelle Samuel Pacou, qui a créé, avec une dizaine de fonctionnaires au sein de la DINUM, la Direction du Numérique, je pense, si je ne dis pas de bêtises, c'est un service rattaché au ministre français. Ils ont créé toute une suite bureautique, qui a des capacités similaires à ce qu'on pourrait retrouver, par exemple, dans Office 365. Et ils l'ont déployé sur 600 000 fonctionnaires, le tout à l'intérieur de trois ans. Imaginez le coût de la licence multiplié par 600 000. C'est des grosses économies. Et c'est scalable, ils l'ont démontré. Donc, c'est vraiment ça l'idée d'utiliser de l'open source. Au Canada, au Québec, on n'a pas une énorme industrie du logiciel. On a quand même des champions comme Cohear, puis on parlera un peu d'IA. On a quand même quelques champions, mais les trous, on peut les combler avec du open source. Speaker1: [44:23] Mais excuse-moi, à ce moment-là, l'open source, comment ça se fait que tout le monde ne l'ait pas adopté ? Parce qu'apparemment, c'est gratuit. Et puis alors, en général, on est habitué à dire, si c'est gratuit, c'est toi le produit. Donc, comment se maintient l'open source ? C'est basé sur quoi ? Je crois que tu as parlé, par exemple, d'adapter de l'open source. Il me semble que c'est là qu'est la source de financement de l'open source. Est-ce que tu peux expliquer le modèle économique de Open Source et pourquoi aussi peut-être aujourd'hui, il faut quand même aller chercher ces solutions pour savoir qu'elles existent ? Speaker0: [45:00] Oui, tout à fait. Effectivement, on a un problème de compétence énorme. C'est-à-dire que ces 20 dernières années, en utilisant l'info nuagique, on a finalement perdu des profils d'informaticiens qu'on a remplacés par des gestionnaires. J'ai le droit de le dire, je ne sais pas écrire du code. Je suis complètement, dans cette catégorie-là. Donc, on a besoin de réapprendre à faire de l'informatique et de réapprendre à faire du code. Si on veut notamment maintenir des logiciels open source, les adapter, etc. Après, la bonne nouvelle, c'est qu'on peut tout à fait avoir un modèle société de service. Par exemple, Marc Laporte, il en a une, ça s'appelle EvoluData, et eux, ils se spécialisent dans le fait d'implanter et de maintenir à l'échelle des logiciels open source. Il fait ça dans le secteur financier. Speaker1: [45:48] Voilà. Speaker0: [45:51] Voilà, pas en Amérique du Nord, c'est sur d'autres continents qu'il fait ça. C'est des banques qui sont des organismes régulés et donc il est capable de maintenir depuis une vingtaine d'années des ERP tout entier. L'ERP, c'est Enterprise Resource Programme, c'est un logiciel qui va permettre de faire marcher des processus d'une entreprise. Et donc il est capable de faire ça à l'échelle et donc on peut imaginer toute une industrie du service autour de l'open source qui se développe Red Hat qui est, un champion canadien je pense qu'il a été acquis par IBM Red Hat fonctionnait là-dessus c'est vraiment l'idée de nous on vous facture, un SLA de Service Level Agreement donc des engagements de niveau de service, autour de la maintenance des produits, du fait que ça fonctionne bien, mais on ne vous facture pas de licence, ce qui fait qu'il y a une totale réversibilité. Si vous n'êtes pas content, vous avez le code, vous nous mettez dehors. C'est la même chose qu'on fait, nous, avec Persevere, c'est-à-dire qu'on a une solution d'IA souveraine puisqu'on dit à nos clients, c'est nous, on vous construit la solution, on vous la met sur mesure, mais vous êtes propriétaire. C'est comme finalement acheter son condo versus le louer. Quand tu achètes, ça te coûte un peu plus cher au début, mais personne dehors. C'est la même chose avec l'open source, mais par contre, il faut être prêt à bricoler un peu ou payer d'autres gens pour bricoler. C'est vraiment la forme qui marche le mieux. Speaker1: [47:17] C'est important ce que tu dis. Est-ce que c'est vraiment la comparaison avec le condo ? Parce que, puisque je me dis qu'on ne paye pas de licence, qu'on paye des frais d'adaptation, au final, est-ce qu'il y a un gain en termes de coût ? Enfin, je veux dire, quelle est l'équation économique ? Speaker0: [47:36] Écoute, je vais vraiment faire très attention, pour une fois être un peu prudent, je ne vais pas prétendre que c'est moins cher de faire de l'open source, ça pourrait même être plus cher dans un premier temps, dans la mesure où il y a toute une courbe d'apprentissage, mais derrière, n'oublions pas, imaginons que ce soit même un dollar pour un dollar, même que ce soit un peu plus cher, un dollar vingt pour un dollar, et bien cet argent, il va où ? Il va chez nous, il va au Québec, il va au Canada. Et puis, encore une fois, toujours mon analogie du condo, vous êtes propriétaire. Ça veut dire qu'il n'y a personne qui peut vous couper vos services. Et puis, si vous n'êtes pas content de vos fournisseurs, vous en changez. En fait, avec l'open source, on va avoir un investissement au début qui est un peu plus grand, c'est sûr. Et puis, c'est ensuite, au fur et à mesure de l'utilisation, qu'on va trouver de la rentabilité. On pourra parler un peu d'IA des tokens etc parce que ça marche pareil. Speaker1: [48:36] Oui, oui, ça, je veux bien que tu parles de ça, oui, c'est un sujet. Speaker0: [48:42] Voilà, alors encore une fois, je vais être hyper transparent, donc avec Paul, on est propriétaire de Persever Conseil, mais on a également un produit qui s'appelle Sovrancia, et donc là, je ne m'exprime pas au nom de Sovrancia, je m'exprime au nom de Persever, Sovrancia. Mais donc, nous, si vous voulez, on phosphorait, on discutait avec Claude Coulombe, qui est aussi notre associé, puis qui a fondé le Correcteur 101, qui est ensuite devenu Antidote. Donc, c'est vraiment quelqu'un qui est un entrepreneur depuis de longues années. Et puis, on disait, oui, il y a Souveraine. Moi, je disais, mais ce n'est pas possible, il y a Souveraine, arrêtez les gars. Et en fait, j'ai voulu le voir pour le croire. Donc, j'ai dit à Paul et Claude, OK, on va investir de l'argent, mais on va construire notre pile d'IA souveraine, puis on va voir si ça marche ou pas. Qu'est-ce qu'on a fait ? C'est qu'on est allé prendre des modèles à paramètres ouverts. C'est l'équivalent pour l'IA des solutions open source, c'est-à-dire que les paramètres du modèle sont ouverts, on peut les adapter. Ils sont disponibles sur une grande plateforme, souvent qui s'appelle Hugging Face, qui vient d'être acheté par Nvidia. Speaker1: [49:57] Alors, on est, oui. Speaker0: [49:58] Voilà, en plus c'est une pépite française. Et puis, on peut télécharger ces modèles-là, puis les installer en local. Donc même si vous prenez un modèle chinois, un modèle qui est très connu qui s'appelle Kuen, qui est hyper performant, qui est comme un trimestre derrière Claude, hyper performant. Ou alors on a le français Mistral qui est connu, qui a une version qui a paramètres ouverts. Et puis donc on va pouvoir installer ces modèles sur une pile technologique souveraine, on va pouvoir entraîner le modèle sur nos données et donc on va pouvoir faire de l'IA générative souveraine, c'est ça l'IA souverain, donc c'est possible et surtout, On va pouvoir optimiser d'un point de vue consommation énergétique ces modèles, parce que ces modèles qui sont à paramètres ouverts, souvent ils ont moins de paramètres que les grands modèles du marché. Quand on parle des grands modèles du marché, on parle de Claude, par exemple, il y a à peu près 1000 milliards de paramètres, alors que Cohen en a 7. Speaker1: [50:57] Milliards, milliards. Speaker0: [50:58] Milliards, milliards de paramètres. Voilà. Et donc, c'est des modèles qui sont entre guillemets moins intelligents, Mais si on les entraîne à faire toujours la même tâche, ils vont devenir très spécialisés, ils vont halluciner moins et puis ils vont avoir surtout une empreinte énergétique bien moindre. Donc moi, je pense que la voie pour le Canada et le Québec, c'est vraiment d'utiliser ces modèles à paramètres ouverts pour faire de l'IA qui soit à la fois sous contrôle, c'est-à-dire d'avoir le contrôle de ce qui arrive sur les données puis de ce que font, les modèles et de pouvoir expliquer les modèles et puis également de réduire l'empreinte écoénergétique. Et puis de toute façon, on n'aura juste pas la capacité de construire des énormes data centers. Donc on n'aura tout simplement pas l'offre d'un point de vue centre de données. Ce n'est même pas la peine d'essayer de rivaliser avec les Américains. Speaker1: [51:50] Bien sûr, bien sûr. Tu as parlé de créer un label, de créer une certification. Speaker0: [51:57] Le troisième point, c'est attacher des crédits d'impôts avec des niveaux de crédit d'impôts tout en fonction du niveau de conformité, de lisseur au référentiel. Speaker1: [52:07] Alors, quels sont les autres points d'action de la feuille de route ? Speaker0: [52:12] Pour rappel, c'est des recommandations pour le gouvernement. Oui, bien sûr. Ces actions sont vraiment du point de vue du gouvernement du Québec. La troisième action, c'est de faire de l'État un acheteur modèle, un catalyseur, en achetant québécois. Il y a plusieurs choses qu'on veut faire. La première, on veut pouvoir modifier les critères d'appel d'offres en utilisant le cadre de référence. Encore une fois, tout repose là-dessus. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, certains appels d'offres sont écrits d'une manière qui exclut les alternatives. On va dire, on cherche un développeur full stack AWS. Donc, on ne peut pas d'idater pour faire autre chose puisque c'est enfermé sur une solution. Donc, ce genre de détail-là, on veut également proposer que le code financé par l'État devienne public ? C'est-à-dire que l'argent public devrait être code public. C'est vraiment la culture open source des gens comme Marc qui ont apporté leurs idées. C'est-à-dire que si l'État paye, ça devient un bien commun. Donc, ce code doit devenir un bien commun. Et puis, on veut également que dans ces appels d'offres, l'État puisse encourager l'utilisation de modèles d'IA qui soient frugaux, à paramétrer ouvert et co-responsable. Donc, on revient vraiment sur ces mêmes idées-là. Speaker1: [53:35] D'accord. Speaker0: [53:36] Je vais revenir sur la recommandation 3. Excuse-moi, j'ai mes dents en même temps. Là, j'ai ouvert. Je me suis rendu compte que j'ai oublié plein de trucs. On se rend compte que dans des grandes sociétés d'État comme Hydro-Québec, il y a un bureau du logiciel libre. Et donc, ça, c'est hyper intéressant. On parlait de la nécessité de monter en compétence pour le libre. Donc, il faudrait systématiser ce genre d'initiatives. Et puis même, ça peut être mutualisé entre certaines sociétés d'État, entre certains ministères, entre certains territoires, certaines villes. Et puis également, le fameux plan de sortie obligatoire dans l'appel d'offres. On dit, si vous voulez gagner, vous devez prouver, que l'approche est totalement réversible et que si on ne vous aime plus, on peut sortir de cette relation avec le fournisseur, sortir nos données, etc. Speaker1: [54:29] D'accord. Et est-ce que vous avez en tête un secteur de la paie d'offres en particulier ? Est-ce que ça va être justement plutôt lié à ces applications critiques, à ces besoins critiques ? Ou est-ce que vous n'êtes pas encore allé jusque-là ? Speaker0: [54:43] On n'est pas allé jusque-là, ce serait bien d'avoir justement des ateliers avec, les différents ministères. Je ne connais pas encore les portefeuilles ministérielles, mais ça aurait du sens de démarrer avec des secteurs critiques. On peut imaginer, on démarre avec la santé, l'éducation. On pourrait imaginer ça pour avoir une preuve de concept, faire le bout en bout, sur les secteurs qui ont des données les plus sensibles et puis ensuite pouvoir répliquer. Donc, ça aurait bien du sens de faire des pilotes dans des secteurs plus critiques. Speaker1: [55:12] Ce serait excellent. J'espère qu'on ne va pas te répondre. Commençons par la défense. Parce que je préférais que ce soit la santé et l'éducation. Mais on verra. Speaker0: [55:23] C'est sûr, en même temps, la défense, je dois dire que c'est pas mal les seuls qui prennent la souveraineté numérique au sérieux. Speaker1: [55:31] Au sérieux. Speaker0: [55:33] Qui nous comprennent quand on leur parle. Donc je les salue bien. J'avoue que ça ne m'étonnerait pas que ce soit ça. Speaker1: [55:40] Voilà, malheureusement. Alors que pour moi, le nerf de la guerre, c'est l'enfance. Aujourd'hui, on sait que l'enfance, c'est un autre sujet qui passionne et qui ne couvre pas forcément l'approche de la souveraineté que vous avez aujourd'hui. C'est les médias sociaux, les jeux vidéo, le divertissement en ligne qui est là aussi aux mains d'acteurs américains homogéniques et qui n'est pas malheureusement vraiment pris en compte par le gouvernement, où que ce soit d'ailleurs. Il y a quelques tentatives, heureusement, de l'adventisme. Bref, c'était une parenthèse sur l'enfance. Et pour moi, l'enfance, c'est l'avenir d'un pays. Donc c'est un traitement majeur d'investir dans l'avenir d'un pays. Speaker0: [56:28] Non, mais tout à fait. Merci de parler de ça, parce que déjà, ça me donne une transition vers la troisième recommandation, qui est la culture et les talents. Je pense qu'il faut vraiment parler de l'enfance. Moi, j'aime parler du concept de souveraineté cognitive. Alors même si ça ne rentre pas dans notre feuille de route qui est plus, comme je disais, économique, on a vraiment un problème de manipulation de masse, des idées d'extrême droite et qui poussent comme des champignons maléfiques. Et puis finalement, ni l'école, ni les parents, ni l'État en général n'a de maîtrise sur les idées qui se propagent. Je prends un exemple, moi je suis juste un homme et donc sur mon fil Facebook, j'avais des publications horribles genre oui ta femme devrait t'écouter parce que, c'est toi qui gagnes plus mais des choses, ma femme ne me croyait pas, j'ai dû lui montrer regarde ce qu'on me pousse donc, je pense vraiment que parenthèse, en France ils ont fait quand même des choses hyper courageuses, ou en Australie aussi ça a commencé en Australie le fait d'interdire les réseaux sociaux autour d'un certain âge il y a une commission écran au Parlement du Québec qui travaille sur ces sujets l'interdiction des smartphones à l'école ça a été fait au Québec donc tout ça c'est de remettre ce contrôle des effets cognitifs. Speaker1: [57:56] Tu parlais de la culture, et quand tu parles de culture, tu parles de culture au niveau des professionnels, ou à quel niveau ? Speaker0: [58:06] De tout le monde. Notre première recommandation, c'est de déployer un programme de littératie en souveraineté numérique, incluant l'IA, et ça, c'est pour tout le monde, à la fois les citoyens, à la fois les professionnels, les fonctionnaires. Il y a bien sûr plusieurs niveaux, ça va du fonctionnaire qui doit apprendre à modifier ses appels d'offres en passant par le citoyen qui doit savoir qu'il y a des alternatives au hyperscaler pour gérer sa bureautique personnelle. Donc, il y a vraiment tout un grand programme de formation à mettre en œuvre. Et puis également de réfléchir à comment est-ce que, à l'école, on prend en compte l'impact de l'IA. Je ne sais pas aujourd'hui si c'est vraiment coordonné. Il y a besoin vraiment de, à la fois, former les jeunes à utiliser l'IA, c'est-à-dire de ne pas simplement interdire toute utilisation de l'IA, et puis également de s'assurer qu'on garde la charge cognitive, de faire les raisonnements par soi-même. Il y a vraiment un travail de fond à faire sur l'école à l'ère de l'intelligence artificielle. Speaker1: [59:22] Alors là, je sais qu'il y a un lorélisme qui s'appelle le Récit au Québec qui essaye de coacher les enseignants et de proposer des contenus sur le numérique ou intégrant le numérique dans l'école. Je n'ai pas vu récemment, mais je suis sûre qu'ils intègrent l'IA. Par contre, est-ce qu'il y a le côté IA souveraine ? Je ne crois pas du tout. Je ne crois pas que ce soit le cas aujourd'hui. Et c'est amusant parce que technologique, donc avant, nous on faisait justement ce qu'on appelle l'éducation aux médias, la citoyenneté numérique, avec plutôt un axe quand même sur comment utiliser justement le numérique de loisirs avec une vision critique, pas juste, voilà. Mais il y a évidemment besoin de... Donc il y a des besoins énormes en littératie, qu'on utilise ici en littératie en Amérique. Speaker0: [1:00:23] Oui, tout à fait. Je ne peux pas citer toutes les recommandations, mais il y en a deux qui sont importantes pour la culture et les talents. C'est d'imposer l'identification des contenus créés par l'IA. Speaker1: [1:00:35] Ah oui. Speaker0: [1:00:37] Ça permet simplement de valoriser la création humaine. Et puis, également, on le voit avec toute la polémique sur le livre en ce moment. Speaker1: [1:00:47] Le livre, comment il s'appelle ? Speaker0: [1:00:49] Parce qu'on peut imaginer qu'une création soit faite avec l'IA. D'ailleurs, nous, notre feuille de route, on l'a faite par l'IA. On ne peut pas nous dire que ce n'est pas nous qui l'avons faite. Mais comment est-ce qu'on identifie ça ? Et puis, finalement, comment est-ce qu'on reconnaît cette espèce de troisième forme de création qui est maintenant l'humain assisté par l'IA ? Donc, il y a vraiment un enjeu de protection de la propriété intellectuelle ici. Et puis enfin, on en a parlé, le référentiel, le cadre de référence, c'est le pilier de toutes nos recommandations, parce que sur la base du cadre de référence, on doit identifier les jobs dont on a besoin, les compétences dont on a besoin, et puis, s'assurer qu'on a des cursus de formation qui sont arrimés sur ces jobs, et puis également des politiques d'immigration. Speaker1: [1:01:39] Excellent. Et bien voilà, on a fait le tour. Speaker0: [1:01:42] Voilà, exactement. Speaker1: [1:01:45] Wow, quel programme ! C'est ambitieux, c'est très ambitieux et c'est très réjouissant pour quelqu'un comme moi qui m'intéresse à ces sujets depuis au moins 10 ans. Je vois derrière moi un petit visuel qui parle de pourquoi les téléphones intelligents sont extractifs, extractifs de données, extractifs de nos pensées, extractifs de l'environnement, pour faire le parallèle avec l'industrie pétrolière qui est également extractive. Donc c'est intéressant de voir qu'en parlant de souveraineté, vous parlez aussi d'environnement et de transparence, c'est ça qui est bien. Ce n'est pas uniquement un discours sur acheté local, c'est acheté local mais vertueux de faire une informatique qui soit vraiment au service de l'utilisateur et non pas au service des investisseurs, des sociétés de la Silicon Valley en fait. Speaker0: [1:02:40] Oui, tout à fait. Tu parlais tantôt de faire le bien. Speaker1: [1:02:45] En faisant le bien. En faisant le bien, Speaker0: [1:02:48] Oui. D'ailleurs, ce n'est pas un hasard parce que Paul Allard, notre président, vient du monde de l'ESG. Donc, il y avait une agence de notation d'impact ESG. Speaker1: [1:03:02] Oui. Speaker0: [1:03:03] Et puis, malheureusement, avec Trump 2, la guerre en Ukraine, le marché s'est complètement écroulé. C'est devenu à Sbine de regarder l'impact social-environnemental et la gouvernance des projets. C'est ça qui l'a amené finalement à monter avec le groupe de Larron, le Donner Souveraine Québec, tout à fait cohérent. Speaker1: [1:03:28] C'est grâce à lui que j'ai entendu parler de l'événement, parce qu'en fait je le suis depuis sa période impact finance. Et en effet, c'est un très bon président. Je crois que les présidents de votre association, il est très enthousiaste, il a énormément d'énergie. C'est un excellent porte-parole, je pense, pour un Québec libre d'un point de vue informatique. Speaker0: [1:03:54] Exactement. Speaker1: [1:03:55] Ok, écoute, merci beaucoup. Peut-être que tu peux redonner l'URL de Données Souveraines Québec, pour ceux qui veulent en savoir plus quand même. Speaker0: [1:04:06] Oui, absolument. Vous pouvez trouver gratuitement, télécharger la feuille de route qui est sous licence libre. Donc, vous pouvez l'adapter, la réutiliser à condition de citer la source. DonnéesSouveraine.Québec. Speaker1: [1:04:21] Tout attaché, données au pluriel, souveraine au pluriel, point Québec. Et donc, tu appelles des personnes intéressées à devenir membres, des personnes des entreprises notamment. Et éventuellement, voilà, comme tu disais, à la fois clientes et à la fois qui proposent des services. Speaker0: [1:04:40] Oui, tout à fait. parce qu'on a du pain sur la planche et c'est que le début, la feuille de route c'est que la feuille de route, il va falloir l'exécuter et donc la première brique à l'édifice ce sera de construire ce fameux cadre de référence, je pense qu'on a un nom de boulot devant nous, le cadre de référence donc on va avoir besoin de gens variés, des experts en cybersécurité, des experts en architecture de données, des experts en droit donc on a vraiment besoin d'assembler une équipe pluridisciplinaire pour construire ce cadre de référents, donc, je vous invite soit en tant que membre corporatif ou membre individuel, on a aussi des membres individuels, de venir vous joindre à cette excitante aventure. Speaker1: [1:05:24] Si jamais les personnes se demandent est-ce que c'est forcément un rôle bénévole, est-ce que, quel est-vous, je crois que vous avez un petit financement pour démarrer votre association, est-ce que vous espérez avoir un financement à venir pour l'association pour qu'elle continue à avoir les moyens de faire connaître son combat. Speaker0: [1:05:45] Oui, effectivement, on espère un petit financement public, notamment puisque ce qu'on fait, c'est vraiment dans l'intérêt commun, notamment le cadre de référence, qu'aujourd'hui, il n'y a rien. On récolte, évidemment, les frais de cotisation, mais ça, ça ne suffit pas. Et puis, à l'avenir, les organismes qui certifieront la conformité au cadre de référence devront, s'accréditer auprès de nous et on les formera. Donc, ça, ça fera des revenus. Et les organismes qui seront labellisés pour maintenir leur label, eh bien, ils devront payer. Ça n'a rien d'extraordinaire. Ce que je décris, c'est vraiment le fonctionnement de tous les organismes professionnels. Au pays, ça fonctionne vraiment de la même manière. Donc, on espère s'inscrire dans cette dynamique-là. Speaker1: [1:06:40] D'accord. Très bien. Bien, écoute, merci beaucoup, Florian, on va devoir s'arrêter là, mais je suis sûre qu'on se reparlera à la prochaine étape, quand tu en sauras plus, peut-être en début de l'année prochaine, par exemple. Et puis, longue vie à donner souveraine Québec. Speaker0: [1:06:59] Merci, merci, j'ai adoré ça. Merci, merci beaucoup de ton temps et de cette visibilité. Speaker1: [1:07:05] C'est la fin de ce nouvel épisode derrière nos écrans. N'hésitez pas à nous contacter via LinkedIn, via le site TechnoEtik.org pour nous faire part de vos remarques ou de vos questions ou vos propositions d'intervention. Abonnez-vous pour suivre les nouvelles du numérique qui est au service de l'humain. A bientôt.