- Sanjana
Bienvenue dans des fleurs et des pastèques, le podcast où on parle vrai. Parfois doux, parfois cash, mais toujours sincère. Un peu comme une pastèque. Ici on déconstruit, on comprend, on explore, on ose. On se relève avec subtilité et grâce, sans artifices. So, c'est parti ! Bonjour à tous, j'espère que vous allez bien, j'espère que vous passez une très bonne journée. Aujourd'hui j'ai le cœur vraiment rempli, j'ai un petit peu peur, j'ai un petit peu la voix qui tremblote parce que j'ai la chance d'accueillir une femme qui compte énormément pour moi. C'est pas ma grand-mère de sang, c'est vrai, mais elle est de cœur et elle occupe une vraie place très spéciale dans ma vie depuis déjà 5 ans. Elle a 82 ans, elle a traversé des épreuves, elle a connu des joies immenses, elle a construit une famille magnifique. aimée, elle rit, elle est chaleureuse, elle est belle, elle est apprêtée, elle a beaucoup pleuré, elle a vécu mille vies en une seule et aujourd'hui je veux la mettre en lumière, lui donner cet espace qu'elle puisse raconter, qu'elle puisse transmettre et aussi briller aujourd'hui. Donc nous allons parler de son enfance, de sa jeunesse, de sa vie de femme, de maman, de grand-mère, d'arrière-grand-mère, nous allons rire. nous allons nous émouvoir, nous allons apprendre de ma grand-mère, de ma mamie. Et merci mamie, merci d'être là aujourd'hui avec moi, de vous dépasser. Je sais que ça vous fait un petit peu peur, mais j'ai vraiment à cœur de partager ce moment toutes les deux. C'est un honneur pour moi d'être avec vous aujourd'hui. Comment vous vous sentez ?
- Mamie
Stressée comme tu as dit, mais en réalité je serais contente de te faire plaisir et puis bon, c'est tout. C'est tout ce que j'ai à dire pour l'instant.
- Sanjana
Est-ce que vous voulez bien vous présenter très rapidement pour que les personnes sachent un petit peu ?
- Mamie
Je suis, comme tu as dit, une mamie de 82 ans. J'ai vécu pendant 56 ans, enfin 50 ans avec mon mari puisqu'il est disparu il y a quelques années. Et là-dessus, je me suis mariée, j'avais 23 ans. J'ai eu quatre enfants et puis ça a été mon bonheur. Voilà, ils m'ont permis d'être heureuse.
- Sanjana
C'est très beau et puis justement, on a eu l'occasion d'en parler un petit peu plus.
- Mamie
Oui.
- Sanjana
Là, si on pouvait un petit peu parler de vous, vous vraiment, la femme que vous êtes, l'enfant que vous étiez aussi. Quel est le premier souvenir qui vous revient de votre enfance ?
- Mamie
De mon enfance ? Eh bien, j'ai eu une enfance heureuse. Mes parents, ils ont toujours été… à la hauteur, je n'ai rien à dire sur eux. Ils m'ont bien élevée. Mon père était assez strict. Comme dans le temps, on n'avait pas le droit. Les sorties, ce n'était pas souvent. Et pas tout seul. Il y a la maman qui venait avec. Chaque fois, quand on voulait aller à une soirée ou autre, il y avait toujours quelqu'un qui accompagnait. On n'allait pas seul. Ce n'est pas comme maintenant. C'était strict. Je reconnais qu'ils ont eu raison. Tu vois ? C'est leur façon de m'avoir élevée. Je trouve que c'est… Et j'ai essayé de faire un peu pareil pour mes enfants, un petit peu moins strict, mais un petit peu dans le même sens, finalement. On ne les a pas laissés faire n'importe quoi.
- Sanjana
Justement, je pense que c'est important d'avoir aussi ce cadre. Puis aussi, d'un autre côté, comme vous, vous l'avez fait avec vos enfants, vous faites aussi un petit peu plus de souplesse.
- Mamie
Voilà. Oui, parce que là, nous, c'était vraiment… Il fallait obéir, sans pour ça être trop méchant, ni rien de tout ça. Mais il y avait une discipline et il fallait s'y tenir, c'est tout. C'était ça.
- Sanjana
Et vous, vous étiez comment ? Vous étiez petite ?
- Mamie
J'étais obéissante. Finalement, à ce niveau-là, je n'ai jamais été très… Non, ça allait. J'étais boudeuse, ça c'est sûr. Bouddeuse ? Oui. Pourquoi ? Très boudeuse. Quand on me faisait une réflexion… Je pouvais bouder du soir jusqu'au lendemain matin. Et je ne parlais plus, je ne disais plus bonjour, je ne disais plus rien. Mais ils ne me laissaient pas faire.
- Sanjana
Ok, et c'était généralement, si vous vous en souvenez, c'était quoi par exemple qui vous mettait dans… ?
- Mamie
N'importe quoi. Dès l'instant où c'était quelque chose que j'avais à cœur de faire et eux, eux, ils n'étaient pas d'accord, je boudais. Ok. C'était ma façon de réagir. De réagir.
- Sanjana
Et c'est bien du coup, quelque part, vous… Vous exprimez quand même votre mécontentement.
- Mamie
Voilà, exactement. C'est ça. Mais c'est bien.
- Sanjana
Au-delà de ça... Comment vous étiez quand vous étiez petite ? Est-ce que vous étiez solaire, curieuse,
- Mamie
très réservée ? Oui, après, écoute, moi je suis quand même une enfant de la guerre. Je suis née en 1943, la guerre n'était pas terminée. Je ne m'en souviens plus, forcément, j'étais trop petite. Mais j'ai eu une enfance heureuse, je ne peux pas en dire autre chose.
- Sanjana
Donc, vous disiez en temps de guerre, qu'est-ce qui fait que malgré cette situation difficile,
- Mamie
Oui.
- Sanjana
Qu'est-ce qui faisait que quand même, vous aviez la sensation d'être remplie ?
- Mamie
Oui, parce que comme j'étais vraiment très jeune à cette époque-là, je n'en ai pas le souvenir. Et finalement, à la sortie de la guerre, si tu veux, ton enfance… Déjà, les parents sont différents parce que tout ça s'est terminé. Et plus ou moins, je n'ai pas été une enfant difficile du tout. Et j'ai eu mon frère qui est né 6 ans après moi. Donc, contente quand même d'avoir… J'aurais préféré une sœur, mais j'ai eu un frère.
- Sanjana
Quand il écoutera, il va bien.
- Mamie
Mais sinon, je ne peux pas dire que… Je ne crois pas que j'étais trop difficile. À part, je te dis le fait que j'étais boudeuse. Ils n'aimaient pas ça mes parents, mais je comprends.
- Sanjana
Comme vous dites, je pense que c'était votre façon de vous exprimer.
- Mamie
Exactement. D'un autre côté,
- Sanjana
vous étiez enfant, c'était votre caractère. Et justement, en parlant d'enfance, parce que je pense qu'en tant qu'enfant, quand on est très jeune, 6 ans, 8 ans, 10 ans, on a tous un petit peu un rêve. Un rêve, peut-être un travail ou d'autres rêves. Pour vous,
- Mamie
c'était quoi comme rêve ? Moi, je voulais être coiffeuse. C'est vrai ? Quand j'étais enfant, je me disais toujours, moi, j'aimerais bien être coiffeuse. Et mon père, il n'a pas voulu. Parce que tu vois, c'est toujours pareil. C'était quand même… Elle disait « Non, non, non, tu vas être dans la tête de tout le monde. Non, non, ce n'est pas un métier pour toi. » Donc, je suis allée vers le secrétariat de ce fait.
- Sanjana
Mais pourquoi coiffeuse ? C'était quoi qui vous plaisait dans cette… ?
- Mamie
Pour maintenant, j'aime ça. Je trouve que c'est une façon de… Comment je vais dire ça ? C'est que quand tu peux faire une belle coiffure et tout ça, Le résultat… Putain, c'est quand même quelque chose. J'ai du mal à m'exprimer à ce niveau-là. Mais je trouve que c'est une création. Et ça, j'aimais bien, tu vois. Mais je comprends mieux. J'ai toujours aimé ça, toujours.
- Sanjana
Vos cheveux sont toujours impeccables.
- Mamie
Voilà, je te jure. Même mes enfants, mes filles, quand elles étaient petites, c'est moi qui coupais les cheveux. Tu vois ? Ah non, j'ai toujours aimé ça.
- Sanjana
Donc, être coiffeuse.
- Mamie
Mais lui, il n'a pas voulu. Et comme… Bon, ce serait maintenant. Les enfants font « moi j'ai envie de ça » . Au fond, c'est plus normal. Mais mon père, il était assez… Non, il ne voulait pas. C'est tout. Donc, on suivait ce que les parents voulaient. C'était ça quand on était enfant. À cette époque-là. Oui, je comprends.
- Sanjana
C'est ça. Et votre maman, du coup, elle en pensait quoi ?
- Mamie
Plus ou moins, tu sais, les mamans, c'est toujours pareil. Ce que mon père disait, à la limite… Elle n'aurait pas été contre ce qu'il disait. Elle trouvait peut-être que c'était bien, je n'en sais rien.
- Sanjana
Elle le savait que vous vouliez être coiffeuse ?
- Mamie
Ah ben oui, et je la coiffais même.
- Sanjana
C'était quoi votre coiffure préférée ?
- Mamie
Ma coiffure préférée ? Oui, la coiffée par exemple. Écoute, n'importe laquelle. Moi personnellement, cheveux longs, je n'ai jamais... Milon, mais ça n'a jamais été trop... J'aime bien chez les autres, mais pas chez moi. Je ne suis plus maintenant. Ok.
- Sanjana
Et justement, par rapport à votre enfance, est-ce qu'il y a quelque chose qui vous manque ?
- Mamie
Quelque chose qui me manque par rapport à mon enfance ? Je ne saurais pas dire. J'ai eu tout ce que je voulais. C'est vrai.
- Sanjana
Une nostalgie, un souvenir, quelque chose ?
- Mamie
Je ne saurais pas dire. Qu'il me manque ? Je n'ai manqué de rien. J'avais des amis, j'avais une belle vie. Quand on est enfant, on a une belle vie en général. En général, oui. Peut-être pas tout le monde, mais moi, personnellement, si. Je ne peux pas dire le contraire. Tout s'est bien passé pour moi.
- Sanjana
Justement, on parle de vos parents. Question un petit peu délicate, mais qu'est-ce que vous pensez que vos parents penseraient de vous s'ils étaient encore là ?
- Mamie
Mes parents, c'est délicat. parce que Si tu veux, quand j'ai rencontré Jean-Pierre, surtout mon père n'était pas trop d'accord. Mais là, j'ai été au-delà de ce qu'il voulait dire, ce qu'il n'aurait pas voulu. Bon, c'est tout. Pourquoi ? Je n'en sais rien. Si tu veux, il avait des visions, je pense. Il aurait voulu que ce soit quelqu'un qui soit plus à l'aise que les parents. C'est-à-dire que, si tu veux, dans mon village, 3000 habitants, tous les commerçants se connaissaient et mes parents étaient commerçants. Il aurait préféré que ce soit… Tu vois, un fils de commerçant, c'est ça qu'il aurait préféré. C'est pour ça qu'il n'était pas très… Ok, je ne comprends pas.
- Sanjana
Mais c'est surtout ça, je pense que vous avez mis une doigt dessus, la vision, quand un parent a une vision très tracée, et que l'enfant finalement, il a aussi des besoins qui ne vont pas vers…
- Mamie
Exactement. C'est difficile. Ce n'est pas évident. Je comprends. Enfin, il m'a laissé faire, ce n'est pas ça, mais au départ, il a essayé de contrer l'histoire, et puis après, il s'est dit… C'est comme ça, c'est comme ça, c'est tout.
- Sanjana
Donc, vous avez grandi, vous avez fait vos choix.
- Mamie
Oui.
- Sanjana
Et comment vous pourriez décrire la jeune femme que vous étiez quand vous aviez 20 ans ?
- Mamie
Quand j'avais 20 ans ? Déjà, quand j'avais 20 ans, j'ai déjà eu un gros problème de santé qui a duré un an. Donc, déjà ça. Mais je connaissais déjà mon mari actuel. Oui, mon mari. Donc, lui, il était à l'armée. donc j'ai surtout un peu de Donc, je ne sortais pas parce que lui, il n'avait pas de raison que j'aille m'amuser alors que lui, il était alarmé. En plus, j'étais malade, donc je m'en suis bien sortie.
- Sanjana
Si ce n'est pas trop indiscret, vous aviez traversé quoi comme maladie ?
- Mamie
C'était assez grave quand même. J'avais eu un abcès au poumon et ça a duré un an. la guérison.
- Sanjana
Il vous a battu ?
- Mamie
Oui, c'est ça. Mais j'ai été vraiment très mal, ça a été vraiment très mal. Mais tu vois, je m'en suis... Mais à 20 ans, et 20 ans c'est quand même l'âge où tout devrait aller bien, où on s'amuse, ça n'a pas été mon cas. Puis après, étant fiancée, tout ça, nous dans le temps, c'était comme ça, on respectait, tu vois. tu avais un fiancé, après tu ne sortais pas, surtout quand il était à l'armée. Oui. Voilà.
- Sanjana
Et justement, en parlant de votre mari, comment vous vous êtes rencontrés ?
- Mamie
Comment s'est rencontré ? Tout bêtement. C'est-à-dire que j'habitais dans un village, je l'ai dit, 3000 habitants, et donc moi je travaillais, j'étais secrétaire dans une usine. derrière chez moi, il y avait un canal qui séparait, j'allais donc travailler. Et lui, il venait travailler de l'autre côté, du côté de ma maison. Et le soir, au tout départ, quand on s'est rencontrés, on s'est rencontrés au bal, parce que les bals, dans le temps, c'était les bals. On s'est rencontrés au bal et ensuite, on se rencontrait, on sortait du travail. Soit que moi je l'attendais, soit que lui m'attendait, on discutait. Et voilà, ça s'est passé comme ça.
- Sanjana
C'est trop mignon, c'est romantique en vrai.
- Mamie
Ouais, ça s'est passé comme ça. Donc, ce qui s'est passé aussi, c'est que mon frère, j'ai dit six ans de moins que moi, et donc, t'as très taquat, il sort de l'école et il passe à côté de moi, on est en train de se parler dans la rue, bien sûr. Et il me dit, bon, je vais le dire à maman. Tu vois ? Donc, ce qui s'est passé, ma mère... comme elle a mis son filet dans cette histoire. Et elle est arrivée un jour et elle a dit « Bon, terminez, vous n'allez pas continuer à vous parler comme ça dehors. » Donc, il est rentré à la maison. Et puis, ça s'en essuie. Et je lui ai dit comme ça. Voilà.
- Sanjana
C'est très mignon, c'est très russique en vrai la rencontre. Ça s'est fait. Justement, c'est quoi votre meilleur souvenir avec votre mari ?
- Mamie
Le meilleur souvenir ? C'était surtout... Finalement, les belles années, quand il était à l'armée, on s'écrivait régulièrement. Après, il revenait en permission très souvent. Pourtant, il était à Cognac, c'était assez loin. Il a tout fait pour pouvoir revenir très souvent.
- Sanjana
C'est beau.
- Mamie
Et puis, ça, c'était les bons moments, les bons moments de la vie. Après, on s'est mariés. et s'en est suivi les enfants et compagnie.
- Sanjana
Mais vous disiez aussi, alors on n'a pas parlé encore là, mais vous avez travaillé avec lui ?
- Mamie
Ah oui, après par la suite. Au tout départ, de toute façon déjà, lui aussi était assez strict dans ces histoires-là parce que moi, quand on s'est mariés, il a dit à partir de maintenant, tu ne travailles plus. C'était comme ça. Donc on est à la maison, on soigne les enfants mais on ne travaille pas. C'est ce qui s'est passé. Et plus tard, quand on s'est installé en location de voiture, là j'ai fait du secrétariat, je travaillais avec lui. On travaillait ensemble, un peu comme vous faites.
- Sanjana
Ok. Mais justement, dans votre vie de compreneuse, on peut dire ça ?
- Mamie
Oui, si on veut, oui.
- Sanjana
Ça se passait comment avec lui ?
- Mamie
Ah ben, des fois, ça allait bien, des fois… Tu sais comment ça peut aller dans un couple ? C'était pas toujours… Mais dans l'ensemble, ça allait. Et pour le coup,
- Sanjana
vous vous êtes fiancée à quel âge ?
- Mamie
À 20 ans ? Je me suis mariée, j'avais 25 ans. Virginie est née 10 mois après mon mariage. Donc, on n'a pas eu tellement beaucoup. Parce que dans le temps, la pilule n'existait pas, n'est-ce pas ? Donc, Virginie est arrivée, je te dis, peut-être 10 mois après notre mariage. Elle est arrivée tout de suite. Et puis, voilà, moi j'ai soigné. Après, Anne, c'était 3 ans après. Sophie encore trois ans après. Voilà, c'était comme ça. Et Lido, c'était 17 mois après, le dernier.
- Sanjana
Et donc, par la suite, il y a eu les enfants.
- Mamie
Oui.
- Sanjana
Et ensuite, vous étiez dans la trentaine. Comment se passait la trentaine pour vous ?
- Mamie
Je ne l'ai pas vu passer parce que j'ai eu tous mes enfants, finalement. Tu vois ? J'ai eu mes enfants et tout ça. Donc, après, on s'est installés. Et quand tu t'installes, c'est du travail quand même. Donc, j'avais mes enfants, mon ménage, la cuisine et puis je travaillais au bureau. Ça a été ça ma vie. Dès 30 ans jusqu'à 45, 50 ans, même plus. C'était ça.
- Sanjana
Et pour vous, c'était quand la période ou l'année pour vous la plus agréable ?
- Mamie
Agréable ? Oui. C'était… Surtout quand on avait la réunion de famille, quand tes parents arrivaient tous les week-ends, tous les samedis par exemple, mes parents arrivaient, ils venaient manger à la maison, passer des bons moments ensemble, tout ça, tu vois. C'était ça pour moi. La famille, tu vois. Ça a toujours été ça. C'est encore comme ça. C'est encore comme ça.
- Sanjana
Et oui, c'est encore comme ça. C'est vrai.
- Mamie
Voilà. C'est un plaisir d'avoir tout le monde, tu vois, toujours.
- Sanjana
C'est un plaisir que je partage. énormément et on le ressent, on le sent. Ça fait plaisir,
- Mamie
ça fait du bien. J'ai besoin de ma famille, j'ai besoin. Mais pour ça, je suis bien entourée et ils sont toujours là.
- Sanjana
Justement, être maman de quatre enfants, qu'est-ce que ça vous a appris sur vous ?
- Mamie
Sur moi, ça m'a appris surtout que c'était beaucoup de travail et parfois… Parfois, je disais « j'en ai trop marre, je voudrais être toute seule au four d'un bois » .
- Sanjana
Je pense que toutes les mamans ont dû penser ça.
- Mamie
C'est ça. Je ne suis pas encore maman,
- Sanjana
mais je pense que…
- Mamie
Mais si, c'est ça. Parce que c'est tellement beaucoup de travail. C'est beaucoup de travail, c'est sûr. Et puis, tu sais que moi, j'étais maman poule. Je faisais beaucoup, beaucoup et je ne demandais pas beaucoup à mes enfants. Voilà. Après, ils se sont débrouillés tout seuls, mais je veux dire, je ne leur demandais pas grand-chose. Tu vois ? Je faisais tout, un peu comme Anne, elle le fait. Oui, tout à fait. C'était ça.
- Sanjana
Être présente, disponible.
- Mamie
Toujours, toujours, toujours. Attention. Et quand il fallait aller se débrouiller à l'école, j'avais un mari, pour ça, à ce niveau-là, il ne s'occupait pas de tout ça. Donc, je me suis toujours débrouillée pour me dépatouiller avec tout ça.
- Sanjana
Si vos enfants sont là, c'est aussi parce que vous avez mis beaucoup de vous.
- Mamie
Oui, ça c'est sûr. Ça, c'est vrai.
- Sanjana
Et quelle est votre plus grande fierté en tant que maman ?
- Mamie
D'avoir mes enfants qui ont réussi leurs études. C'était la première des choses. Après, une grosse déception, un grand chagrin. J'ai perdu mon fils quand même. 27 ans, c'est quand même jeune. Et là, ça a été un gros coup de ma vie.
- Sanjana
C'était en 2001 ?
- Mamie
C'était en 2001.
- Sanjana
Et comment vous l'avez vécu cette perte ?
- Mamie
Très mal, très très mal. Il a fallu du temps pour en revenir, pour en remonter. Et même quand je réfléchis à tout ça, je me dis comment j'ai fait pour en arriver où j'en suis et être comme je suis. Parce que c'est tellement difficile. de perdre son enfant et dans ces conditions-là, dans une voiture, ce n'est pas simple. Ce n'est pas simple ? Non.
- Sanjana
Et vous sauriez peut-être lui dire comment vous avez fait pour en arriver là ?
- Mamie
Je ne sais pas. J'ai été soutenue, beaucoup soutenue par mes enfants, beaucoup, beaucoup. On a été très soudés dès cet instant-là. Et c'est grâce à ça que tu t'en sors. Et puis les petits-enfants, parce que j'ai quand même aussi, je me suis beaucoup occupée de mes petits-enfants. J'ai six petits-enfants et je les ai tous eus. De bébés jusqu'à ce qu'ils aient un âge d'aller à l'école. Et même quand ils allaient à l'école, j'allais les chercher, ils venaient manger à la maison, j'allais les reconduire. J'allais aller rechercher le soir. J'ai eu une grosse activité, finalement, depuis toujours. D'abord avec mes enfants, et ensuite avec mes petits-enfants. C'est ça.
- Sanjana
En fait, vous étiez en mouvement, occupée,
- Mamie
en tout cas ? Oui, tout le temps. Tout le temps, tout le temps.
- Sanjana
Mais oui, la perte de votre fils ?
- Mamie
Ah, ça, ça a été un gros, gros drame. Le pire. Et encore maintenant, tu vois, c'est toujours ce qui… Je pense… tous les jours. J'y pense tous les jours. Mais quelque part, je me dis que peut-être c'est lui qui m'aide à être comme je suis. C'est moi qui pense ça.
- Sanjana
Et comment vous êtes ?
- Mamie
Je suis heureuse. Tu vois ? Ça se sent. Je suis bien. Je suis bien, mais tu vois, même quand il m'arrive de bien rire et tout ça, je me dis comment je peux arriver à rire avec ce qui m'est arrivé. Mais parce que je l'ai quand même toujours au fond de moi.
- Sanjana
Peut-être que parce que vous vivez aussi avec lui.
- Mamie
C'est ça. Et pas sans. Complètement.
- Sanjana
Et quelque part, vous le faites exister dans vos rires.
- Mamie
C'est ça. Par contre, tu vois, c'est une chose… Par exemple, danser, je ne peux pas… Pourtant, j'aimais bien quand j'étais… Parce qu'on allait quand même dans les soirées, on s'est amusé aussi. Dès l'instant où il n'a plus été là, j'ai dit « c'est terminé, je ne peux plus, j'ai l'impression que je danse sur son corps, je ne peux pas ça » .
- Sanjana
C'est-à-dire ?
- Mamie
C'est difficile de comprendre ça, mais c'est ça. J'ai l'impression que là, je fais quelque chose que je ne devrais pas, c'est une faute pour moi. Vous culpabilisez ? Voilà.
- Sanjana
Et pourquoi vous culpabilisez alors ?
- Mamie
Je ne sais pas, parce que c'est trop grave ce qui s'est passé. Il n'est plus là, et puis moi je m'amuse. Tu vois ?
- Sanjana
Je comprends, puisque c'est quelque chose que, évidemment, on n'a pas du tout la même histoire.
- Mamie
Non.
- Sanjana
Je peux comprendre. Je me suis beaucoup effacée, je ne me suis jamais donné le droit, jusqu'à un certain temps,
- Mamie
de dire « je n'ai pas le droit » . Tu vois ? Moi, c'est ça.
- Sanjana
Mais comme vous dites, d'un autre côté, comme là, on se le dit, quelque part, c'est les faire exister. Je suis persuadée que de là où il est, votre fils, il voudrait juste que sa maman…
- Mamie
Oui, mais ça, je suis d'accord. Et j'en suis persuadée. Bon, les premiers temps, tu ne vois pas ça comme ça, les premiers temps. Tout à fait. Mais après, tout doucement, de toute façon, c'est vrai que le temps fait son œuvre, je dirais. C'est vrai, c'est ça.
- Sanjana
Le temps, l'entourage, le fait de se sentir.
- Mamie
Voilà. Après, le fait d'avoir dû m'occuper de mes petits-enfants, parce que je l'ai bien voulu, c'est ça qui m'a aidée, beaucoup aidée. Et puis mes enfants aussi. Mes filles, elles ne m'ont jamais lâchée. Jamais.
- Sanjana
Et par la suite, ça c'était en 2001.
- Mamie
Après, on a quand même eu des problèmes avec notre travail. Ça aussi, on a dû déposer le bilan. Ça n'a pas été tout seul. Il a fallu trouver du travail. Moi qui ai travaillé avec mon mari depuis tout le temps. j'étais secrétariat, mais tu sais, les années ont passé, j'avais 50-55 ans à l'époque, j'étais soignée des enfants des autres, en attendant, pour dire de gagner notre vie. Lui, mon mari, lui-même, il a été travaillé ailleurs, et moi, j'ai gardé des enfants, pendant plusieurs années, déjà avant, puisque j'ai arrêté quand mon fils est décédé. J'ai dit je ne peux plus faire la route, je ne peux plus aller. Aller jusqu'à ce que je faisais, j'allais, je faisais, attends, combien de kilomètres ? 40, 50 kilomètres tous les jours pour aller soigner les enfants. C'était sur l'île. Et dès l'instant où il y a eu cet accident, j'ai dit c'est fini, je n'y vais plus. Et du coup, j'ai soigné mes petits-enfants à la place.
- Sanjana
Vous aviez quel âge ?
- Mamie
Écoute, j'avais une cinquantaine d'années.
- Sanjana
Soigner, comme vous dites, les petits-enfants, dont Louis, qui est donc mon partenaire.
- Mamie
Ah ben, Louis, je l'ai eu, il était encore tout bébé. Oui. Et tous, de toute façon, tous, chacun. Tous, tous, tous. Ma troisième fille, Sophie, elle a repris ses études, elle avait 30 ans, et elle avait deux… Enfin, elle avait Alexandre, c'était déjà en premier. Moi, Alexandre, je l'ai élevé jusqu'à l'âge de 7 ans. quand même. Et puis après, il y a eu Antoine, mais Antoine, lui, il est deux ans seulement. Et après, elle était mariée, mais elle était en études. Donc, tu vois, il restait toujours à la maison. Que les autres enfants, comme Anne, elle venait me les amener le matin et elle venait les rechercher quand elle finissait de travailler. Que les enfants de Sophie, je les avais jour et nuit.
- Sanjana
Juste pour préciser, alors, mamie, elle explique qu'elle a donc...
- Mamie
Quatre enfants. Peut-être que je m'éloigne.
- Sanjana
Non, pas du tout. C'est juste pour clarifier. Mamie, elle a donc quatre enfants. Donc, trois filles et un garçon. Garçon. Un garçon qui n'est plus avec nous. Non. Ludovic. Et trois filles. Trois filles dont ma belle-mère qui s'appelle Anne.
- Mamie
C'est ça.
- Sanjana
Ensuite, il y a aussi Dadanine, donc Virginie. Et Sophie.
- Mamie
Et Sophie.
- Sanjana
Et donc, si jamais vous entendez ces prénoms, c'est les enfants de Mamie. Voilà.
- Mamie
Oui, parce que je m'égare.
- Sanjana
Non, non, non. C'est juste pour clarifier. Mais du coup, là, vous parliez du fait que vous avez soigné les petits-enfants. Et là, vous êtes aussi, depuis quelques années, arrière-grand-mère.
- Mamie
Voilà. Et j'ai donc été garder mon arrière-petite-fille pendant toute l'année de ces un an. Tout à fait. Oui. Lily,
- Sanjana
donc la fille de Justine.
- Mamie
De Justine, ma petite-fille. Et ils m'ont fait confiance. Oui. Parce que c'est vrai que j'ai une arrière-grand-mère, j'aurais pu ne pas être à la hauteur, on dirait. Et ils m'ont fait confiance et j'ai été la garder. Mais là, c'était une journée par semaine. Ce n'était pas non plus…
- Sanjana
Mais quand même, et puis c'est agréable.
- Mamie
Quand même. Ça m'a fait un bonheur. Ça a été un bonheur pour moi, mais quelque chose que je ne pourrais même pas décrire. Cette petite, quand elle est arrivée. Franchement. Et je n'aurais pas voulu ne pas être… faire partie de sa vie de tous les jours, tu vois. Tellement, quand j'ai su que ma petite fille allait avoir un enfant… Ah ! Ça a été un bonheur pour moi, quelque chose de vraiment… Oui. Vraiment.
- Sanjana
Je me souviens de la vidéo.
- Mamie
J'ai rajeuni.
- Sanjana
Mais oui, c'est ça en fait.
- Mamie
C'est vrai.
- Sanjana
Beaucoup de personnes pourraient croire que vous n'avez pas du tout 82 ans, parce que ce n'est pas du tout ce que vous renvoyez. Il y a vraiment cette énergie.
- Mamie
Oui, ben oui.
- Sanjana
De femme solide, déterminée,
- Mamie
courte. C'est ça, c'est ça.
- Sanjana
Qui est là, qui est présente. Et puis forcément, je pense qu'avec l'entourage, votre petite fille.
- Mamie
C'est pas important d'avoir du monde autour de soi. Mais il n'aurait pas enduré non plus de pouvoir rester, tu vois, dans un canapé des journées entières. Non, ça, ce n'est pas possible. Il faut que je… Sans pour ça bouger tout le temps, mais il faut que j'ai du monde autour de moi. Voilà, c'est tout. Je suis heureuse quand j'ai du monde autour de moi. Et quand je dis du monde, mes enfants, mes petits-enfants, mes arrière-petits-enfants, ma famille. C'est ça,
- Sanjana
la famille. justement en parlant de force, est-ce qu'il y a des moments, des choses qui vous ont rendu plus forte dans ces moments, par exemple, d'épreuve que vous avez vécu ?
- Mamie
Tu vois, c'est ça.
- Sanjana
C'est la même chose. On en revient un peu à...
- Mamie
On revient à ce que j'ai dit. Mes enfants, ils m'ont beaucoup entourée. Tout le monde en a beaucoup souffert. Mais en tant que maman, quand tu perds un enfant, c'est le pire qui puisse arriver dans une vie. Le pire. Moi, mon mari, par exemple, lui, dès l'instant où son fils est parti, il s'est enfermé. On ne pouvait pas en parler. Et heureusement, il y avait les filles. Elles venaient, on discutait, on parlait de lui avec plaisir, on riait en parlant du passé, tu vois, qu'avec lui, non, ce n'était pas possible.
- Sanjana
Qu'est-ce qui s'est passé avec votre mari ?
- Mamie
Il s'est enfermé. Il s'est enfermé dans la souffrance.
- Sanjana
Il ne parlait à personne ?
- Mamie
Non. Et surtout pas… D'ailleurs, il ne voulait même plus qu'on dise son prénom. On n'avait même pas le droit de parler de son prénom. Il ne voulait pas entendre. Tu vois ? Et ça, pour moi, ce n'était pas possible. Moi, il faut que j'en parle. Je comprends. Tu vois ? Mais c'est ça qui m'a libérée aussi. D'en parler. Voilà.
- Sanjana
De le faire vivre à travers la parole.
- Mamie
C'est ça. C'est ça.
- Sanjana
Et pour votre mari, c'était différent ?
- Mamie
Lui, complètement différent. Bon, ça dépend des caractères aussi.
- Sanjana
Je comprends, tout à fait.
- Mamie
Il y a des différences. Mais de ce fait, il était en dépression, du coup. Déjà, lui-même, dépression, ça a commencé déjà par son entreprise. Il se faisait tellement de soucis et tout ça. De toute façon, c'est à terrain. Parce que sa mère, elle a fait beaucoup de dépression. Lui aussi, justement, on en a parlé hier. et c'est un terrain tu vois que moi je suis pas comme ça, pas du tout et mes parents n'étaient pas comme ça non plus donc voilà bon il y en a qu'une sur les trois filles qui suit un peu ce chemin là mais pas les deux autres il y a ce côté optimiste voilà il faut absolument j'ai toujours il faut être positif parce que mon mari voyait que le négatif en tout Et moi je disais toujours, mais non, il faut être positif dans la vie. Si tu es positif, tu arrives à passer plein de choses. Que négatif, tu vois tout en noir. Et où est l'intérêt de la vie dans ces cas-là ? C'est ça.
- Sanjana
Du coup, vous disiez qu'à partir de là, il y avait le travail aussi qui le prenait beaucoup,
- Mamie
beaucoup. Voilà. Et puis, tu sais, les affaires, tout le temps, que ça marche très bien, c'est bien. Mais pour le peu, qu'il y ait un petit peu de… Difficulté. Et bien, après, ça tourne dans la tête et puis… Il ne vivait plus bien. Malgré le monde qu'il y avait autour de lui, c'était comme ça. Donc voilà, ce n'est pas évident. Ni pour lui, ni pour moi. De vivre avec quelqu'un qui est dépressif, ce n'est pas simple.
- Sanjana
C'était quoi la chose la plus difficile ?
- Mamie
C'était justement ça, c'est que… Comme il voyait tout en noir, ton moral, il en prend un coup quand même, même si tu ne veux pas l'être.
- Sanjana
Même si vous ne voudriez pas le prendre pour vous, personnellement ou quoi, vous êtes quand même…
- Mamie
C'est l'ambiance de la maison.
- Sanjana
C'est l'environnement, tout à fait. Il y a un impact. C'est ça,
- Mamie
c'est exactement ça.
- Sanjana
Et vous disiez en début d'épisode qu'il n'est plus là.
- Mamie
Oui, il est parti en 2016. et là C'est vrai que moi, comme il était malade, je l'ai soigné pendant trois ans, je l'ai vu décliner. Ce n'est pas pareil que quand mon fils a un accident de voiture, tu le vois partir en pleine forme et on t'annonce dans la nuit qu'il a eu cet accident, qu'il est décédé. Tu ne le prends pas de la même façon. Et donc pour moi, c'était moins dur que de perdre mon mari. Je comprends bien dire ça, mais c'est vrai. C'est vrai.
- Sanjana
C'est compréhensible, je comprends. Je comprends, et comme vous le dites, ce n'est pas du tout la même situation,
- Mamie
ce n'est pas du même âge,
- Sanjana
même si ça reste quand même très difficile.
- Mamie
C'est difficile, c'est certain. Parce que quand même, il y a eu un cancer, je l'ai soigné pendant trois ans. J'ai participé à tout, avec les infirmiers, même qu'à la fin… Les derniers temps, je me disais que pour moi, ça devient trop compliqué. Les filles ont dit « Non, non, de toute façon, il n'ira pas à l'hôpital. » Elles en ont parlé avec les infirmières. Les infirmières, dès ce temps-là, c'était devenu des amis. Elles ont dit « Vous ne venez plus du tout, vous n'en occupez plus, c'est nous. » Parce que moi, c'était devenu très très lourd les derniers temps. Très très lourd. Bon, ça m'a aidée quand même. Mais c'est les filles qui se sont imposées, qui ont dit « Ah non, non, non, il ne partira pas à l'hôpital. » Moi, j'avais dit « Il devrait peut-être aller à l'hôpital, moi je ne peux plus, c'est devenu trop lourd pour moi. » Et bon, ça s'est bien, l'un dans l'autre, ça s'est pas trop mal passé quand même, tu vois. C'est vrai que c'est des moments difficiles à passer, mais le plus dur, je te le dis, c'était mon fils. Ça, ça a été quelque chose de terrible.
- Sanjana
Comment il était ?
- Mamie
Oh, il était enjoué. Alors, il n'était pas souvent là. J'avoue qu'il était beaucoup par bons et par bons. Mais il s'occupait de tout. Il voulait savoir toujours où on était. Par exemple, on était invité quelque part. Il appelait. « Alors, vous êtes bien arrivé. Vous avez bien fait ça. » Même les filles, ils faisaient attention. « Ne faites pas ça. N'allez pas là. » Il était... Toujours, en tout, mais en jouet tout le temps. Tout le monde, de toute façon, tous ses amis, toutes ses connaissances, disaient toujours avec lui, il a un bon caractère, tu vois, et plaisant. Et moi, je disais toujours, il sera mon bâton de vieillesse. Je disais ça, tu vois. J'avais un souci, n'importe lequel, il était là. Et par exemple, quand j'allais travailler là-bas sur… sur l'île et que j'avais une fois ça m'était arrivé que j'avais eu un accident j'étais tombée au fossé avec ma voiture parce que ça glissait je l'ai appelé, Ludo viens vite il est arrivé tout de suite il était toujours là présent,
- Sanjana
fiable,
- Mamie
tout le temps mais c'est d'autant plus dur et après même encore maintenant Quand j'ai des soucis dans la maison ou autre, je me dis, il sera encore là, il me dépannerait. Un beau-fils, ce n'est pas tout à fait pareil, tu vois ?
- Sanjana
Oui, je comprends.
- Mamie
Ce n'est pas comme un fils. Ce n'est pas comme un fils. Ça ne peut pas être pareil. Eux, ils ont leur famille aussi, ça, il faut le comprendre. Tout à fait. Pour en venir à mon fils, il était très enjoué. Je ne dis pas qu'il avait des colères de temps en temps, mais c'est comme tout le monde. Mais franchement, il était agréable. vraiment agréable il ne pensait qu'à la moto alors que pourtant il n'a pas fait un accident de moto c'était de voiture et puis il ne pensait qu'à ça on disait toujours il a un moteur dans le ventre il ne pensait qu'à ça un peu comme Martin je ne sais pas s'il est encore encore plus Martin qui est donc un des fils d'Anne Un de mes petits-fils.
- Sanjana
Exactement.
- Mamie
Il n'a pas connu Ludo non plus. Et pourtant, il a un peu son caractère.
- Sanjana
Donc, dans tous les petits-fils…
- Mamie
C'est celui qui ressemble le plus en caractère.
- Sanjana
Il le sait, vous lui avez dit ?
- Mamie
Non. Je pense que c'est important pour lui. Il ne l'a jamais connu,
- Sanjana
tu vois. Peut-être que ça lui ferait plaisir de savoir que…
- Mamie
Oui, mais il y a quand même une histoire, c'est que sa mère, sa maman… Merci. Elle n'aime pas trop, parce que comme quand j'explique ce qu'il faisait, elle ne préfère pas. Tu comprends ? Elle ne voudrait pas que Martin dise « Qu'est-ce qu'il faisait ton frère ? »
- Sanjana
Tu vois ?
- Mamie
C'est un peu ça.
- Sanjana
Et vous, par rapport à votre joie de vivre qui m'émerveille, parce que vraiment,
- Mamie
vous avez quand même vécu pas mal de choses,
- Sanjana
beaucoup d'épreuves, de difficultés, mais malgré tout, Il y a cette énergie très solaire, très vivante. En fait, c'est ça. Vous êtes présente, vous êtes vivante. On a hâte de vous voir à chaque fois. Quand je sais que vous venez, je suis très contente parce que je sais qu'on va passer un bon moment. Mais comment vous faites garder cette joie de vivre continuellement ? Même toute seule quand vous êtes chez vous.
- Mamie
Je te dis, c'est le fait... Je ne sais pas si c'est au fond de moi, ça. Oui.
- Sanjana
Parce que là, ce n'est pas tant l'entourage parce que même quand vous êtes avec vous-même, vous avez cette énergie très optimiste. Oui. La joie de vivre, quoi. Comment vous faites ?
- Mamie
Le seul moment où... Quelquefois, c'est un peu... C'est quand... Au réveil. C'est bizarre, hein ? Mais au réveil, j'ai un peu une angoisse qui me prend, mais ça ne dure pas longtemps. Dès l'instant où je me lève, après, c'est fini. Et tu vois... Et si je sens que j'ai une baisse de morale, je m'active. Et c'est fini. Et tout va bien.
- Sanjana
Justement, quel conseil vous pourriez donner à... à des personnes qui n'ont pas cette joie de vivre pour l'instant ? Même si je pense qu'il y a beaucoup de paramètres à prendre en compte, mais un conseil pour les aider à ne pas…
- Mamie
Déjà, ne pas… Comment je vais dire ça ? Ne pas s'apitoyer sur son sort, déjà, la première chose. Voilà. Il faut être positif et essayer de… Et si jamais ça a une tendance… D'ailleurs, je le dis toujours à ma troisième fille, puisque elle, c'est comme ça. eh bien, je dis toujours… quand tu sens que ça ne va pas, active-toi. C'est tout. Et tu penses à autre chose. Il ne faut pas s'apitoyer. C'est surtout ça. Ne pas s'apitoyer sur son sort.
- Sanjana
C'est un très bon conseil parce que généralement, quand on ne va pas bien, on a un peu ce réflexe de…
- Mamie
Et ça tourne en boucle. C'est ça. Et ça sert à quoi ?
- Sanjana
C'est d'être en mouvement,
- Mamie
de voir autre chose,
- Sanjana
d'aller…
- Mamie
Faire quelque chose qu'on aime, pas forcément du nettoyage ou autre chose, mais faire quelque chose qu'on aime.
- Sanjana
Donc, je comprends que le nettoyage ne vous plaît pas.
- Mamie
Mais je le fais quand même. Je le fais quand même parce qu'on ne peut pas faire autrement. Oui, c'est vrai. On ne peut pas se laisser aller.
- Sanjana
Ne pas s'apitoyer et rester relativisé, prendre de l'air.
- Mamie
C'est ça, exactement.
- Sanjana
Et pour vous, Mamie ? C'est une question qui, pour le coup, m'intéresse vraiment.
- Mamie
Oui.
- Sanjana
Mais du coup, j'en fais profiter à tout le monde. Pour vous, c'est quoi le bonheur ?
- Mamie
C'est quoi le bonheur ? Le bonheur, c'est déjà… La première chose, c'est d'être en bonne santé. Et puis après, se trouver bien là où on se trouve, où on est. Savoir se contenter de ce qu'on a. Pas toujours vouloir autre chose et beaucoup mieux. Voilà. Après, pas… Pas s'apitoyer parce qu'on n'a pas eu ça, on n'a pas eu ça. Non, le bonheur, c'est de vivre au jour le jour, sans trop penser à demain ou à hier, mais aujourd'hui. Le moment présent. C'est ça, le temps présent.
- Sanjana
C'est un très beau conseil.
- Mamie
Ben écoute.
- Sanjana
Et ça fait du bien.
- Mamie
Je ne sais pas.
- Sanjana
Et en parlant de bonheur, parce que pour moi, il y a aussi la notion de la paix, la tranquillité d'esprit.
- Mamie
C'est ça.
- Sanjana
Pour vous, c'est quoi la paix ? Enfin, comment vous définissez la paix ?
- Mamie
La paix, je te dis, c'est de ne pas trop réfléchir aux choses qui ne vont pas bien. Essayer de laisser passer tout ça et penser aux belles choses. Au bon moment.
- Sanjana
Parce qu'il y a de bien,
- Mamie
il y a de juste. C'est ça, exactement ça.
- Sanjana
Est-ce que là, ça vous dirait de nous partager une anecdote drôle ? que peu de gens connaissent.
- Mamie
Ben, là, c'est un peu compliqué.
- Sanjana
C'est vrai que vous êtes dans le partage,
- Mamie
beaucoup de personnes vous connaissent,
- Sanjana
la famille en tout cas.
- Mamie
C'est ça, pour moi, c'est la première des choses. C'est ça.
- Sanjana
Mais là, quelque chose qui vous ressemble et une anecdote qui est drôle.
- Mamie
Qui me ressemble, mais que je ne saurais pas dire.
- Sanjana
Ben, moi, j'en ai une. Oui ? Une récente, à deux.
- Mamie
Oui ?
- Sanjana
C'est que, ben, on n'a pas réfléchi, on a acheté une belle bouteille à deux.
- Mamie
Oui. Et on s'est mis. Ah, bien sûr, ça m'a eu un grand plaisir,
- Sanjana
c'est vrai.
- Mamie
Tu vois, c'est des petites choses, mais qui font du bien.
- Sanjana
Qui font du bien.
- Mamie
Voilà. Ça,
- Sanjana
c'est… En fait, pour moi, c'est toute la définition de qui vous êtes. Vous êtes plutôt dans le moment présent, vous ne réfléchissez pas et on s'amuse.
- Mamie
C'est ça, c'est vrai. On s'en fout,
- Sanjana
on répète et tout ça.
- Mamie
Oui, voilà.
- Sanjana
Et par exemple, une anecdote que vous avez partagée avec vos enfants.
- Mamie
Mes enfants, bon, déjà… Déjà, ce que je partage déjà tout le temps, c'est que mes enfants, par exemple, toutes les semaines, elles viennent chez moi. On fait un petit repas ensemble, je leur prépare. Et pour moi, c'est un plaisir, tu vois. Après, je sais que le mercredi, elles viennent. Et même quand je leur dis, une fois c'est arrivé, je dis, ce mercredi-ci, je ne fais rien. Ah mon Dieu, ça a été une histoire, ma petite fille. Je ne comprends pas, pourquoi tu fais, comment ça se fait ? Parce qu'à un moment, j'ai dit, peut-être que c'est devenu une obligation pour vous de venir tous les mercredis. Ça pourrait être. Et c'est tout le contraire. Elle ne voudrait pas ne pas venir. Mais même ma marière, elle veut. Elle est contente de venir. Ça lui plaît. Mon plaisir, c'est ça. Mais plaisir seul, non. Pas vraiment.
- Sanjana
Vous n'avez pas des moments… Si, les moments avec vous, vous vous apprêtez le matin.
- Mamie
Ah oui, ça tout le temps, tous les jours.
- Sanjana
Ça, c'est une bête.
- Mamie
Même si je ne sors pas, même si je ne vois personne, je me maquille tous les jours. Tous les jours !
- Sanjana
Ça vous va bien.
- Mamie
C'est vrai.
- Sanjana
Mais c'est super. Je trouve que c'est une manière… Parce que pour moi, prendre soin de son image, alors peut-être que beaucoup vont penser que c'est artificiel ou superficiel. Je ne suis pas trop d'accord avec ça parce que c'est quand même ce qu'on renvoie.
- Mamie
C'est ça.
- Sanjana
C'est la première chose. et je trouve ça super que... Vous continuez ? Même toute seule ?
- Mamie
Mais oui, je m'habille et tout. Alors que je sais que je ne vais pas sortir de la journée. Je ne pourrais pas rester par exemple en pyjama la journée. Il y a des gens qui font ça. Moi, je n'ai jamais pu faire ça. Ce n'est pas mon caractère. Et surtout,
- Sanjana
si on reste en pyjama, ça va nous conditionner à passer une journée.
- Mamie
Et bien voilà, exactement. Déjà, tu t'apprêtes, c'est déjà autre chose.
- Sanjana
On est prête pour la journée.
- Mamie
Voilà. Complètement.
- Sanjana
Et si là, par exemple, vous pouviez faire une petite folie aujourd'hui, ou pas forcément aujourd'hui, mais dans les prochains jours, quelque chose que vous aimeriez faire, mais que vous n'osez pas encore ?
- Mamie
Écoute, ma vie, elle me convient telle qu'elle est. Et franchement, je ne cherche pas autre chose. Tu vois ?
- Sanjana
Par exemple, là, le fait de faire cet épisode, ça me fait sortir.
- Mamie
Ah ben là, ça m'a stressée. Je ne savais pas si j'allais pouvoir, comme tu dis, Samia tout seule. Mais oui,
- Sanjana
et franchement, ça vous va super bien, vous le faites très bien. Tu crois ? Mais oui, je suis sûre que ceux qui nous écoutent… se rentrer, c'est admiratif.
- Mamie
C'est faire une rétrospective de sa vie.
- Sanjana
On parle un petit peu de maintenant, de moments présents. Quel est votre plat préféré ?
- Mamie
Mon plat préféré ? J'aime tout.
- Sanjana
Vous aimez tout ? Il n'y a pas quelque chose que vous n'aimez pas ?
- Mamie
Ce que je n'aime pas ? Les onctives,
- Sanjana
non ?
- Mamie
Les anchois.
- Sanjana
Les anchois, je comprends tout le temps.
- Mamie
Je n'aime pas les anchois. Je n'aime pas trop les navets.
- Sanjana
Ok.
- Mamie
Tu vois ? Et puis le lait. Et le lait. Mais le lait, je n'ai jamais aimé le lait. Ma mère qui disait ça. Tu vois, je buvais le lait comme tout enfant, un bébé. Ils ont voulu changer. Ils avaient une chèvre, tu sais. Ils élevaient une chèvre, entre autres choses. Et donc, ils devaient l'appraire. Et une fois, elle avait dit, au lieu d'acheter du lait, on va lui donner du lait de chèvre. Et bien, c'était terminé. Je n'ai plus jamais voulu de lait. Ah, ok. C'est bizarre. Et je n'aime pas le fromage de chèvre. Tu vois, ça continue.
- Sanjana
Ça continue. Ça, c'est fou. Je pense que le cerveau garde beaucoup de choses comme ça. Et vous savez, je pense que peut-être que c'est, je ne sais pas si c'est héréditaire, mais les garçons, je sais que Louis, Martin et Greg, alors Greg, je ne suis pas sûre, mais je pense, ils n'aiment pas le lait.
- Mamie
Tu vois, c'est bizarre.
- Sanjana
Il y a un côté peut-être que vous avez transmis,
- Mamie
je ne sais pas. Oui, mais c'est possible.
- Sanjana
Mais du coup, on a dit ce que vous n'aimez pas, mais est-ce qu'il y a un plat ou une spécialité que vous appréciez ?
- Mamie
Que j'aime bien. C'est surtout les repas quand j'étais enfant, quand je revenais de l'école, ça sentait bon. Par exemple, tu vois les petits pois qu'on allait chercher au jardin, après on écossait les petits pois. Et quand je revenais de l'école, ça sentait bon. Ça, c'est un étuvet de… C'est tout simple. Moi, je ne cherche pas… Si, j'aimais bien la viande, moi, maintenant, mais un roast beef, ça me plaisait. Tous les trucs, tout simple, tu vois. La simplicité. La simplicité.
- Sanjana
Une chanson que vous aimez ?
- Mamie
Une chanson ? Oui. J'aime bien Florent Pagny. Alors, j'aime bien toutes ses chansons.
- Sanjana
Oui.
- Mamie
Par exemple. Et puis après, j'aimais bien… Qu'est-ce que j'aime bien aussi ? J'aimais bien… Je ne me rappelle plus. C'est plus son nom. Tu sais, aussi mon cerveau, par moments, les cellules…
- Sanjana
Ce n'est pas grave. Ce n'est pas grave.
- Mamie
Non, mais des chansons… J'en écoute. Si, j'en écoute quand même. Mais j'écoute tout. J'aime bien tout. Je ne dis pas le rap, pas trop. Même pas du tout. Ce n'est pas du tout ce que j'aime. Mais le reste, toutes les chansons, j'aime bien.
- Sanjana
Trop bien. Est-ce que vous voudriez rajouter quelque chose spontanément de vous-même ?
- Mamie
Écoute, je crois que j'ai déjà dit beaucoup de choses.
- Sanjana
Vous en avez pensé quoi, vous ? Comment ? Vous en avez pensé quoi de ce petit moment ?
- Mamie
C'était sympathique.
- Sanjana
finalement.
- Mamie
Mais oui, ça s'est très bien passé. Puis, avec toi, c'est simple. Je suis contente. Si, c'est vrai.
- Sanjana
Encore une petite question. Peut-être encore deux. Si vous pouviez dire quelque chose à vos trois enfants qui vous écoutent, qu'est-ce que vous pourriez dire à vos filles ?
- Mamie
À mes trois enfants ? Mes trois enfants, ce que je veux pour elles, c'est qu'elles soient heureuses, que tout aille pour le mieux, qu'elles aient une belle vie. Et surtout qu'elles ne réfléchissent pas trop aux choses qui les dérangent, mais au contraire, qu'elles voient toujours les choses en positif, surtout. Et j'en ai surtout une à qui il faut dire ça, parce qu'elle, elle ne voit que du noir. Et ça, ça me dérange beaucoup. Ok, je comprends. Voilà, tu vois ? Mais en général, voilà. Elles ne doivent pas trop se prendre la tête, et puis aller de l'avant.
- Sanjana
Petit clin d'œil pour le coup. Qu'est-ce que vous pourriez dire à une fille qui a 26 ans ?
- Mamie
Je lui souhaite tout le bonheur possible. Et des petits-enfants, surtout. Un mariage avant. Oui, je m'en doutais. Avant, parce que ça peut être un bébé avant aussi. Oui,
- Sanjana
on ne sait pas ce qu'il a vu.
- Mamie
Tout arrive. Ça n'arrivait pas chez nous, on ne pouvait pas, on n'avait pas le droit. Là,
- Sanjana
c'est très différent. C'est vrai.
- Mamie
Mais c'est tout ce que je te souhaite.
- Sanjana
Merci, Mamie.
- Mamie
Le plus grand des bonheurs.
- Sanjana
Bon, écoutez, on touche à la fin de cet épisode.
- Mamie
Oui.
- Sanjana
Merci beaucoup pour ce moment.
- Mamie
C'est très bien.
- Sanjana
Qu'est-ce que vous voudriez dire aux personnes qui nous écoutent publiquement ?
- Mamie
Eh bien, soyez positifs et surtout… Vivez au jour le jour, c'est-à-dire ne pas penser, c'est surtout ça, ne pas penser au malheur qu'on a pu avoir, on y pense mais il ne faut pas trop. On rumine, tout à fait. Voilà, et quand on pense à l'avenir, on va voir ça positivement, c'est-à-dire toujours se dire « bon, ça va aller » et ne pas baisser les bras, surtout pas baisser les bras.
- Sanjana
C'est ça, vous êtes la preuve vivante que ça va aller. Malgré les difficultés.
- Mamie
Malgré les difficultés, exactement. C'est ça, il ne faut pas ne penser qu'à ce qui n'a pas été. C'est du passé, c'est tout. C'est difficile de penser ça, mais c'est vrai. C'est tout à fait ça. Malgré toutes les épreuves que j'ai pu avoir, tu vois, j'essaye de ne pas y penser.
- Sanjana
De prendre du recul, de relativiser.
- Mamie
Prendre du recul, exactement.
- Sanjana
C'est un très beau message, c'est un très beau conseil,
- Mamie
Mamie. Écoute.
- Sanjana
Merci beaucoup. Merci du fond du cœur.
- Mamie
Merci à toi aussi de m'être sortie de moi-même.
- Sanjana
Mais oui, c'est génial. Et ça vous va très bien. Vous voyez,
- Mamie
vous avez réussi. Ça a été.
- Sanjana
J'ai confiance en vous et je suis très contente. Donc, merci du fond du cœur d'avoir partagé tout ça avec moi.
- Mamie
J'espère que… Maintenant, si les enfants m'écoutent, tout ça, ils vont peut-être trouver des choses que je n'aurais pas dû dire. Mais bon.
- Sanjana
Il s'agit de votre histoire.
- Mamie
C'est mon histoire.
- Sanjana
Et on l'a fait briller ensemble.
- Mamie
C'est ça.
- Sanjana
C'est votre moment, donc merci beaucoup pour votre médité.
- Mamie
Moi, je te remercie aussi.
- Sanjana
Pour votre force, vos rires aussi. On a rigolé quand même. Du coup, cet épisode, c'est un cadeau. Et je sais qu'il va toucher beaucoup de monde. J'espère qu'il t'a touché toi qui nous écoutes, vous qui nous écoutez, parce qu'il est vrai, il est sincère. Il vient de ma mamie, ma petite mamie. Et retiens, retiens ceci. Il y a de la beauté dans chaque étape de la vie, malgré les difficultés.
- Mamie
Malgré les difficultés, c'est vrai.
- Sanjana
Chaque ride, chaque cicatrice, chaque sourire porte vraiment une très belle histoire. Et écoute celles qui ont marché avant toi, apprends d'elles, mais écris ta propre histoire. Choisis la vie, choisis toi, choisis d'aimer fort, d'aimer vrai, justement. Et merci à ma petite mamie, je vous aime très fort,
- Mamie
je ne le dis pas tout le temps.
- Sanjana
Et puis surtout, souvenez-vous, on méritait des fleurs et des pastels. Un gros bisou.
- Mamie
Au revoir. Merci.