- Sanjana
Bienvenue dans des fleurs et des pastèques, le podcast où on parle vrai. Parfois doux, parfois cash, mais toujours sincère. Un peu comme une pastèque. Ici on déconstruit, on comprend, on explore, on ose. On se relève avec subtilité et grâce, sans artifices. So, c'est parti ! Bonjour tout le monde, j'espère que vous allez bien, j'espère que tu vas bien, que ta journée se passe bien. Merci beaucoup de me retrouver, ça me fait bien plaisir. Et aujourd'hui je ne suis pas toute seule, je suis avec une très bonne amie. Donc ça va être un épisode différent, ça va être spontané, ça va être rempli d'authenticité. Je suis trop contente parce que c'est quelqu'un qui m'est chère, que je connais depuis déjà pas mal d'années. C'est une amie, c'est une femme inspirante, elle est incroyable, courageuse. c'est quelqu'un qui a qui a vécu pas mal de choses, qui a bravé pas mal aussi de choses. Cette amie s'appelle Jade, Jade Dayan. Et je me suis dit, on s'est dit toutes les deux qu'un jour, on ferait un épisode ensemble. Et ce jour-là, il est arrivé. Je pense que ça va être un moment très intéressant et je suis très contente de le partager avec toi, toi qui nous écoutes, puisqu'on va discuter de plusieurs choses, notamment de la vie. déjà des conseils, de l'entrepreneuriat, des blessures, des prises de conscience, de ce que c'est d'être aussi une jeune femme, une jeune femme ambitieuse qui décide de se lancer. Donc ça va être vraiment un moment entre copines, entre filles, sans filtre, pour inspirer, pour toucher, pour donner de la valeur, de la force à celles et ceux qui en ont besoin. Donc installe-toi bien, prends une petite boisson, un petit café, un petit matcha si t'aimes bien, ou même un petit apéro. et viens partager ce moment avec nous, j'ai hâte. Donc déjà, bienvenue à toi, comment tu te sens ?
- Jade
Eh bien bonjour à tous déjà, merci Sanja de m'accueillir sur ton podcast, déjà c'est un truc hyper touchant pour moi, et déjà avec ta petite présentation qui m'a déjà touchée, j'ai déjà la larme à l'œil, oh trop mignon ! Merci de me faire l'honneur d'être avec toi aujourd'hui, et donc voilà, moi c'est Jade. C'est Jade ?
- Sanjana
Oui, tu peux carrément te présenter maintenant. Ok,
- Jade
let's go. Du coup, je suis Jade Daïan, je suis amie de Sanja depuis quelques années. On a fait nos premières études ensemble, les études après le bac. Donc on a fait deux ans d'IUT, on s'est croisés là où nos chemins se sont croisés pour la première fois. Donc on a vécu pas mal de petites choses ensemble. moi aujourd'hui pour pour parler de mon parcours professionnel. Suite à l'IUT, j'ai fait une école de communication pendant trois ans. J'ai un petit master de communication. Aujourd'hui, je me suis lancée à mon compte pour accompagner les artisans des métiers de bouche dans leur communication. C'est essentiellement basé sur les réseaux sociaux, mais ça peut être autre.
- Sanjana
Ça, c'est ce qui va beaucoup nous intéresser aujourd'hui. Pourquoi tu t'es lancée ? Qu'est-ce qui t'a donné envie ? Mais vraiment, ce qui, je pense, pourrait nous intéresser toutes et tous qui nous écoutent, c'est pourquoi ? Quelle est ton histoire derrière tout ça ? Qui tu es toi ? Qui est Jade ? Et je te propose qu'en fait, juste, je te poserai des questions, on va discuter, on apprend plus à te connaître. Et j'aimerais justement commencer à te demander, déjà, d'où tu viens ? Parce que c'est quand même important. D'où tu viens ? Et surtout, spontanément, est-ce que tu peux nous partager 5 mots qui te décrivent ?
- Jade
Alors, oui, bien sûr. Déjà, pour commencer, d'où je viens ? D'où je viens ? Je viens de l'île de la Réunion. Moi, je me dis que je viens de l'île de la Réunion, même si je ne suis pas née directement. Mes parents, ils sont... Ma mère est réunionnaise, mon père est lui métropolitain, donc il est né à Montélimar. Et je suis née à Mayotte, parce qu'ils sont partis habiter là-bas pendant deux ans. Mais je n'y ai pas du tout vécu. Et donc voilà, j'ai quand même fait toute mon enfance à la L'île de la Réunion. J'ai grandi là-bas, c'est là où je me suis construite, où mes valeurs se sont fondées. Pour moi, je suis vraiment profondément réunionnaise. Et après, je suis venue m'installer avec mon père bien plus tard, dès la seconde. Mais sinon, je viens de Lille de la Réunion. Et pour essayer de trouver des petites choses positives pour me décrire... Je dirais que je suis spontanée, positive, souriante. C'est dur.
- Sanjana
Courageuse.
- Jade
Oui, courageuse. C'est vrai que c'était pas mal. Mais c'est vrai que c'est dur de se l'avouer, de le dire. Je trouve ça un petit peu... De moi-même, je n'arrive pas vraiment à le dire. Mais voilà, on peut le dire. Si tu le dis, ok. Et après, pleine de vie.
- Sanjana
Pleine de vie. Voilà. C'est vrai. Qu'est-ce que tu penses que ton conjoint Evan, si tu passes par là, bonjour. Qu'est-ce que tu penses qu'il dirait en un mot ?
- Jade
Je ne sais pas. Là,
- Sanjana
je te pose des cols.
- Jade
Waouh, ça c'est dur.
- Sanjana
Parce que comme c'est ton partenaire, vous vivez ensemble, il te voit, il t'a vu aussi te lancer.
- Jade
Oui, oui. Je ne sais pas. Persévérante, mais bon. En fait, je ne sais pas parce que c'est vraiment une question que j'aimerais lui poser. C'est vrai qu'en rentrant, je pense que je vais lui poser. Mais c'est vrai que je n'en ai aucune idée. Je trouve que c'est vraiment des questions super compliquées de résumer une personne en quelques mots. Je trouve ça super dur. Parce qu'en fait, chacun a plusieurs aspects, on va dire. Mais c'est dur de... Et puis,
- Sanjana
on n'a pas le même visage. Oui, c'est ça.
- Jade
En vrai, je ne sais vraiment pas ce qu'il aurait pu... Comment il aurait pu me décrire ? Vraiment, je vais lui poser la question.
- Sanjana
Allez, tu nous diras après. Oui, putain oui. Mais donc, c'est quand même de très belles qualités. Et puis, ce n'est pas des qualités, c'est ce qui te caractérise aujourd'hui. Et justement, qu'est-ce qui t'a forgé à être comme ça ? Si tu veux bien nous partager un petit peu ton parcours de vie, pour en arriver là.
- Jade
Eh bien oui, bien sûr, avec plaisir. Alors, bah... Dès là, j'ai traversé la plus grosse épreuve qui, pour moi, était insurmontable. J'ai toujours eu cette croyance-là. Ça a toujours été ma plus grosse angoisse en étant petite. Sauf qu'au final, ça m'est arrivé. Mais du coup, j'ai perdu mon papa il y a maintenant cinq ans. Donc, c'est un point commun qu'on a avec Sanja, qu'on aurait aimé ne pas avoir. Oui. mais non, c'est pas ça. Mais donc oui, j'ai perdu mon papa il y a cinq ans suite à une maladie, un cancer. Donc ça a été très compliqué. J'ai vécu avec lui pendant plusieurs années. Justement, on était vraiment tous les deux. Et en fait, il est rentré de la Réunion pour venir se faire soigner en métropole. Et moi, j'ai fait le choix de quitter la Réunion pour l'accompagner dans cette épreuve. Mes parents se sont séparés à ce moment-là aussi. Donc c'était un peu une période délicate. Déjà, voir mes parents se séparer, c'était quelque chose de compliqué pour moi. Plus mon père qui faisait face à cette maladie, donc c'était assez dur, on va dire. Mais voilà, ça m'a forgée. C'est quelque chose qui aujourd'hui est encore délicat pour moi parce que je pense que ça me suivra toute ma vie. Et il n'y a pas une seule seconde où je me dis que j'aimerais qu'il ne soit pas avec moi. Mais voilà, c'est la vie, c'est comme ça. Et encore une fois, je pense qu'on en parlera par la suite. mais je pense que tout... Tout arrive pour une raison. Donc voilà, c'est comme ça. C'est une des premières épreuves, on va dire, qui m'est arrivée, qui m'a forgée, qui m'a permis aujourd'hui d'être là où je suis, d'être la femme que je suis aujourd'hui. Et après, j'ai aussi traversé une période compliquée avec une relation compliquée, un peu sous emprise. Enfin, pas un peu, beaucoup. Donc, ça a été une relation qui m'a aussi beaucoup forgée et à devenir encore une femme, je peux le dire, une femme forte. De savoir ce que je ne veux plus dans ma vie et ce que je veux pour la suite et comment je veux avancer. Donc, voilà, c'est des épreuves, je pense, que tout le monde envie. Mais ça a été compliqué. Et du peu de vie sur Terre pour le moment, parce que je n'ai que 24 ans. D'ailleurs, j'ai oublié de le dire. Oui. Je n'ai que 24 ans, mais voilà, c'est un bon début de vie qui fait qu'aujourd'hui, j'ai quelques petits bagages qui, je pense, m'ont fait grandir peut-être plus vite et m'ont permis aussi de me lancer aujourd'hui et d'être autonome et me lancer dans un travail indépendant aussi.
- Sanjana
Tout à fait. Voilà. Déjà, merci beaucoup de nous partager à cœur ouvert ton histoire, même si je pense que... Il y aura pas mal de choses aussi. Je pense qu'on a beaucoup à apprendre de toi. Tu vois, tout à l'heure, tu disais que t'as du mal à dire que tu es courageuse, mais oui, complètement. Que ça soit la décision de quitter ton île à toi où il y a tout, tes piliers, tes amis, tes repères, pour ensuite venir en France, un endroit que tu ne connaissais pas tant, même si ça a été un super choix et je pense que... Ça dénote aussi tout l'amour que tu avais et que tu as encore pour ton papa. de venir en France, ça reste des choix très courageux. Et aussi cette relation d'avoir fait le choix de toi t'en séparer, de te préserver, de toi te choisir, c'est encore une fois très courageux. Puis aussi toutes ces choses que tu fais au quotidien de te lancer maintenant. Donc oui, je pense qu'Evan serait d'accord avec moi en disant que tu es très courageuse.
- Jade
Tant mieux, merci.
- Sanjana
Mais du coup, par rapport à ces bagages émotionnels comme tu disais et tout ce que tu as... tout ce que t'as appris, tout ce que t'as décidé aussi de voir comme une force, parce que tu l'as aussi décidé, tu pourrais très bien te dire, bon ben c'est tout, la vie n'en vaut plus la peine de, en fait, t'abandonner toi, t'as fait le choix de te choisir comme je dis, ben comment tu es pour gérer justement les moments un petit peu de difficultés les moments de la vie, de vide de doute, de certainement aussi de solitude par moment, comment est-ce que tu fais, si tu veux bien nous partager oui oui bien sûr,
- Jade
avec plaisir c'est une très bonne question et Et... Et en fait, bah oui, alors, c'est un peu compliqué. C'est vrai qu'à certains moments, je traverse des périodes, comme tout le monde, je pense un peu de down et on retombe un peu forcément dans le passé, etc. Mais c'est vrai que l'objectif, c'est toujours de se dire, je sais ce que j'ai vécu, je sais ce que j'ai traversé. C'est dur, je ne peux pas faire comme si ça n'existait pas. Et il faut juste accepter. Et ça a été, on va dire, pour moi, mon plus gros défi. Parce qu'il y a deux ans, en 2023, c'est là où j'ai fait face à ce qui m'arrivait. Après le décès de mon papa, j'ai un peu fermé les yeux sur tout ce qui se passait. J'étais un peu dans le déni.
- Sanjana
Un peu pilote automatique.
- Jade
Pilote automatique, je n'en parlais pas, comme tu as pu déjà l'expliquer. Mais j'étais vraiment dans cette phase-là. Et en 2023, j'ai fait des grosses crises d'angoisse pendant une période. Vraiment, je pense que j'en ai bavé pendant six mois. où c'était très compliqué pour moi. Je suis passée par plein de phases et j'ai eu beaucoup d'émotions très dures à gérer. Mais en fait, cette période-là, elle m'a permis de me mettre face à mes émotions, à ce que je ressentais. Et ça m'a permis aussi de me prendre en main et de me dire, en fait, ce qui t'est arrivé, ma grande, il serait peut-être temps que tu te rendes compte que ce n'est pas rien. Donc, j'ai pris du temps pour me poser, j'ai pris du temps pour moi. Je me suis beaucoup tournée vers les énergies. Mais aussi de la psychanalyse. Donc j'ai rencontré un monsieur qui était psychanalyste, qui m'a bien accompagnée pendant plusieurs mois, qui a fait un travail de fond, parce que moi, ce qui me tenait à cœur, vraiment, c'était d'aller au fond des choses. Et je voulais, quitte à y aller, je voulais y aller vraiment. Et je ne voulais pas voir les choses en surface. Donc du coup, je suis passée par cette période quand même un peu longue, mais qui m'a permis un peu de me reconstruire et de... Et surtout d'accepter mes ressentis et mes émotions. Et aujourd'hui, quand je vois déjà l'évolution par rapport à 2023 et maintenant, il n'y a rien à voir. Et surtout, j'ai la connaissance de moi. C'est bizarre à dire, mais c'est-à-dire que je sais comment je réagis face à certaines situations. Je sais apprivoiser mes angoisses parce que je reste quelqu'un d'angoissé, ça je le sais. Mais il y a plein de choses qui font qu'aujourd'hui, je ne suis plus du tout la même personne. et pour moi c'est... Pour moi, ça n'a pas de prix de me dire que j'ai évolué et de me dire que là, ok, ça ne va pas. Ce n'est pas grave, ce n'est pas parce que ça ne va pas aujourd'hui que ça n'ira pas demain ou après-demain. Je prends du temps pour moi, je m'écoute beaucoup plus qu'avant. Je pense à moi, si ça ne va pas, je me pose. Donc en gros, je dirais que pour répondre à ta question, comment je fais ? Je m'écoute. je m'écoute et je me pose et j'accepte, hyper important l'acceptation, c'est pour moi le mot clé et faire confiance à la vie et puis voilà c'est beau parce qu'il y a tout,
- Sanjana
il y a cette notion de revenir à soi de s'écouter, donc ne pas se juger parce que tu ressens des choses ou d'avoir un petit peu une forme de culpabilité ou de honte, que c'est tabou déjà rien qu'avec toi-même donc ça c'est super bien parce que c'est pas évident de se l'autoriser cette notion d'acceptation donc de lâcher prise sur ce que tu ne peux pas gérer finalement je trouve ça super bien puisque comme tu l'as dit à ton âge je dis ça alors que j'ai juste deux ans de plus à notre âge à ton âge à toi c'est beau d'avoir autant de maîtrise et de recul et aussi d'intelligence émotionnelle puisque quand même je pense qu'avec tout ce que tu as vécu et ressenti t'as pas eu le choix peut-être que de te regarder Mais tu as quand même décidé de le faire. Parce qu'encore une fois, c'est très courageux. Et je tiens à le souligner, il y a beaucoup de personnes qui traversent ce genre de choses, mais qui préfèrent être soit dans le déni ou ne pas s'autoriser parce qu'on n'a pas le temps, parce qu'il y a d'autres priorités, parce que la vie de femme ou la vie de maman, peu importe. Et c'est pour ça que tu as été très courageuse de le faire et de le continuer. Et donc oui, je trouve ça super bien que tu dises au quotidien, tu t'écoutes, tu te valorises, tu lâches prise. Puis peut-être que c'est ça aussi qui a fait qu'on est là aujourd'hui. Je pense qu'il y a une question très intéressante parce que... Je pense que là, en ayant parlé des crises d'angoisse, ça a été un peu le déclic. Mais toi, tu dirais que qu'est-ce qui a été pour toi, justement, ce qui t'a permis de te dire, ok, non, là, c'est bon, stop, il faut que ça change, il faut que je me réveille, il faut que j'arrête un petit peu cette spirale. Est-ce qu'il y a eu un moment dans ta vie où tu t'es dit, bon, ben là, je ne peux pas continuer comme ça ?
- Jade
Je pense que c'est les crises d'angoisse. Parce que, en fait, ça n'a pas été un déclic, ça a plus été un chemin. On va dire, ça a été progressif parce que j'en ai pas eu conscience sur le moment que c'était quelque chose qui se passait dans ma vie et qu'il fallait que je change du tout au tout. Non, c'était plus ce qui arrivait, ça a été tellement violent pour moi et j'ai cru que j'allais mourir, que j'avais une maladie, que c'était grave. Je me concentrais surtout à déjà comment guérir sur le moment. Je ne pensais pas forcément que ça venait spécialement de là, du décès de mon père, de choses que j'avais refoulées, etc. Donc encore une fois, ça, ça a été un cheminement. Mais moi, avec le recul, justement, par rapport à cette période traversée, je me suis rendue compte que forcément, ça venait de tout ça. C'était des choses que j'avais gardées en moi. À un moment donné, quand tu gardes, tu gardes, tu somatises. On en parle souvent avec Sanjana. Mais c'est vrai que ton corps, à un moment donné, il fait « wow, allô, help, ça suffit » . C'est un peu des signaux d'alerte. D'un côté, je suis contente que ce soit manifesté de cette façon parce que ça aurait pu être bien plus grave bien plus tard. Il peut se passer tellement de choses dans une vie. Mais pour moi, c'est mon corps qui m'a parlé et qui m'a dit « écoute, là, j'ai besoin de sortir ce qui est en moi depuis tout ce temps » . Donc, c'est sorti comme ça. Et encore une fois, c'est arrivé à des moments où j'avais perdu quelqu'un d'assez proche. Ça réveille des traumatismes. Pour moi, il y a...
- Sanjana
C'est un déco, en fait. Oui,
- Jade
c'est ça. Et puis, c'est systématique parce qu'encore une fois, j'ai perdu ma grand-mère il n'y a pas longtemps. Ça faisait très longtemps que je n'avais pas fait de crise d'angoisse. Et j'en ai refait une petite, pas aussi violente que j'ai pu faire avant. Mais c'est dès que je fais face à un essai, ça réveille des choses en moi. Dès que quelqu'un de proche, ça fait ressortir. Donc, c'est ma façon à moi d'extérioriser mes émotions. Ce n'est pas très agréable, mais c'est vrai qu'avec le temps, je sais le gérer et surtout de l'accepter, comme je disais tout à l'heure.
- Sanjana
Oui.
- Jade
Voilà.
- Sanjana
Eh bien, tu as raison. Je pense que tu as compris comment tu fonctionnes. Évidemment, je pense qu'on va tous... Tu vas aussi évoluer. Peut-être que tu vas changer. Peut-être qu'aujourd'hui, c'est une phase et... Et le fait de te considérer aussi dans ce que tu ressens au quotidien, plus tu vas ressortir ce qu'il y a à ressortir, moins la finalité, il y en aura à sortir, en étant constamment dans un état de choc presque. Ça ne sera pas autant, je pense, j'espère, parce que finalement, les crises d'angoisse, c'est comme une bouteille de coca qui explose, que tu secoues, que tu secoues à chaque fois, à chaque fois, à chaque fois, mais tu gardes fermé, tu décides de le fermer, mais à un moment donné, tu ne peux pas.
- Jade
Tout ça sort, bien sûr. Donc là,
- Sanjana
je pense que... Plus tu maîtriseras et moins t'en auras. J'espère pour toi. Mais je ne sais pas si ça a été trop difficile la semaine dernière. C'était il y a deux semaines, c'est ça ?
- Jade
Oui, deux semaines à peu près.
- Sanjana
Merci de nous partager tout ça à cœur ouvert. Ça fait, je pense, du bien à ceux et celles qui nous écoutent. Puis moi aussi. J'espère pour toi aussi. Là d'ailleurs, tu te rends comment ?
- Jade
Nickel. Oui, je suis très très bien. Ça me fait plaisir d'en parler avec toi. De toute façon... Je suis en confiance, donc il n'y a aucun problème.
- Sanjana
Parfait. Justement, on va enchaîner sur quelque chose de peut-être un peu plus fun. Qu'est-ce qui t'a donné envie de te lancer ? Pourquoi la restauration, enfin, non, pas la restauration, mais ce domaine ? Parce que tu restes dans la communication, c'est quelque chose qui te correspond. Mais pourquoi ce milieu ?
- Jade
Alors, pourquoi les métiers de bouche ? Les artisans du goût, on peut les appeler comme on veut. Il y a plein de façons de les nommer. C'est un métier qui me touche particulièrement parce qu'encore une fois, ça touche mon histoire. Parce que mes parents étaient restaurateurs. Mon père a travaillé toute sa vie dans des restaurants. Il a fait les saisons. Il a toujours fait ça. C'est son domaine. Et mes parents, une fois qu'ils se sont mis ensemble, ils ont monté plusieurs projets. Ils ont déjà eu plusieurs restaurants, que ce soit entre ici en Ardèche et à La Réunion, leur plus belle réussite. au restaurant qu'ils ont monté jusqu'à la fin, on va dire le dernier projet de mon père. Donc c'est un métier qui m'a toujours touchée, j'ai baigné dedans, j'ai grandi dedans, je connais ce métier et ça me touche particulièrement. Après moi j'ai pris une toute autre... Tout autre direction. Parce qu'encore une fois, j'ai vu la beauté de ce métier, mais j'ai vu aussi les galères et la difficulté que c'est au quotidien. Donc, je pense que je ne suis pas sûre que ce soit une vocation vers laquelle moi, je serais vraiment allée. Mais je voulais garder un lien avec ce métier. Et en fait, je ne l'ai jamais fait exprès d'ailleurs. Parce que depuis que je me suis lancée en communication, la première expérience professionnelle que j'ai eue, c'était dans une agence digitale de publicité vers chez moi. Et en fait, je travaillais pour des restaurants à distance. Pas que, mais essentiellement des restaurants sur Paris. J'ai commencé par ça. Je gérais les réseaux sociaux, les newsletters, le site internet. J'ai commencé par ça. Et ensuite, j'ai fait un an là-dedans. Et après, j'ai travaillé pour une boulangerie-pâtisserie assez réputée dans le coin pendant deux ans en tant que responsable marketing. Et donc, encore une fois, c'était carrément de la food. Enfin, voilà, pour moi, tout était lié à la nourriture, à la gastronomie, on peut dire ça. Donc, du coup, j'ai toujours fait de la com pour de la food, on va dire. Donc, je me suis dit, pourquoi pas aujourd'hui me lancer là-dedans et partir et me spécialiser dans cette branche-là parce que c'est quelque chose qui me touche, c'est en lien avec mon histoire et en même temps, c'est ce que je sais faire. parce que c'est ce que je sais mettre en avant. Ce n'est pas juste le fait de me dire que j'aime bien manger. Je fais de l'eau comme pour ça. Ça touche mon histoire, mais j'aime bien manger aussi. J'aime bien bien manger et j'aime les bonnes choses. C'est essentiellement pour ça que je suis allée vers ce domaine-là.
- Sanjana
Je vais me permettre de te poser une question que je pense qui va être assez touchante. Est-ce que tu penses que ton papa penserait ? de ce choix d'en être là, de te lancer à ton compte et dans ce milieu ?
- Jade
Eh bien oui, alors c'est vrai que ça c'est vraiment le genre de questions qui peuvent facilement me tuer, mais ça va. Je me la pose souvent cette question. Pour l'instant je suis au tout début on va dire de mon lancement, donc j'ai encore plein de choses à me prouver, j'ai encore plein de choses à faire pour dire que je suis fière de moi et que c'est ok et que let's go. Mais je me pose souvent la question de me dire qu'est-ce qu'ils pourraient penser de moi, est-ce qu'ils m'encourageraient dans cette décision, etc. Et mes parents, ils ont toujours été encourageants dans tout ce que j'ai pu faire. Ils m'ont toujours laissée, ils m'ont toujours fait confiance, ils m'ont jamais mis de pression sur quoi que ce soit, sur mes études, sur rien du tout. Je me suis toujours gérée toute seule sur beaucoup de choses. Donc je pense qu'aujourd'hui, il aurait eu quelques craintes. parce que forcément, voilà. Mais je pense qu'il m'aurait suivie à 1000% et j'espère de tout mon cœur qu'il aurait été fier de moi, de me lancer. Puis en plus, mon père, c'est lui qui m'a clairement transmis cette fibre entrepreneuriale, de vouloir monter des projets, de faire des choses de sa vie, de vivre à fond. Quand je vois son enfance et comment il a toujours bougé, fait plein de choses dans sa vie, moi, c'est un modèle vraiment de me dire Il est allé dans plein de pays, il a monté des trucs tout seul, avec l'aide de ma mère aussi. Mais c'est vrai qu'il était toujours au bout en train, à vouloir tout lancer, faire plein de projets. Donc moi, je ne pouvais qu'avoir envie de ça aujourd'hui et me dire, let's go, je me lance parce que pourquoi j'aurais peur ? Je me dis que c'est ma petite étoile. qui me guide aujourd'hui, qui m'épaule, qui me protège. C'est comme ça que je vois les choses.
- Sanjana
Eh bien, j'en suis sûre qu'il est fier de toi. Je pense vraiment. Là, j'ai une question assez intéressante. Pour le coup, pour la petite Jadou. Qu'est-ce que tu dirais à la petite Jadou ? Oui. La petite Jadou avec ses cheveux bouclés.
- Jade
Oui. Alors, qu'est-ce que je lui dirais ? Je pense que je lui dirais de se faire confiance, qu'il va se passer des choses un peu compliquées, mais qu'encore une fois, tout arrive pour une raison. Moi, j'y crois à 100% de ça, même si c'est des choses pas très cool à vivre, c'est comme ça. Mais je lui dirais vraiment de se faire confiance, faire confiance à la vie, essayer de lâcher prise, de ne pas trop se mettre de pression et d'avancer. et de se faire confiance et let's go.
- Sanjana
Let's go. Ça, à retenir.
- Jade
Oui, bien sûr. Je dis ça, je parle à la petite, mais je parle à moi-même en même temps. Je pense que j'ai encore plein de côtés avec des doutes, des peurs. Je pense que c'est normal, tout le monde en a. Mais voilà, c'est vrai que j'ai traversé quelques trucs pas très cools, mais je les ai quand même bravés. Et en fait, je me dis aujourd'hui, j'en suis là. C'était dur, mais voilà. J'ai réussi quand même.
- Sanjana
Tu ne t'abandonnes pas et tu n'abandonnes pas tes rêves.
- Jade
C'est ça, exactement.
- Sanjana
C'est très beau et je pense que... Est-ce que toi, tu penses qu'elle serait fière de toi, cette petite Jadot ?
- Jade
Je pense que oui. Je pense qu'il y a encore un chemin à faire parce qu'encore une fois, si je me dis aujourd'hui, je n'arrive pas à me dire que je suis fière de moi à 100%. Je suis toujours en train de me dire oui, bon, tu as fait ça. Je me suis rendue compte de ça la dernière fois. J'ai eu mon DUT. C'est comme si c'était normal, c'était acquis. Je ne me suis pas félicitée. pareil pour mon bachelor, pareil pour mon master à chaque fois c'est comme si je n'arrivais pas à célébrer mes réussites pourquoi ? c'est une vraie question et je ne sais pas si toi tu as une idée de ça mais moi vraiment c'est quelque chose où je me dis là tant que je n'aurai pas atteint un niveau professionnel etc qui soit ok pour moi et convenable et je me dis par exemple j'ai monté mon entreprise, ça fonctionne bien et tout, là peut-être que je serais fière mais je trouve ça horrible de me dire que je peux pas on va dire c'est ça et je sais pas pourquoi d'où ça vient mais je me suis fait ce constat là et j'essaye de travailler sur ça parce que j'essaye de me dire bah là je suis fière de toi et tout et j'ai ressenti un petit sentiment de fierté la première fois où je me suis immatriculée du coup et que je me suis lancée vraiment je suis allée sur le site de l'URSSAF et tout de l'INPI pardon et j'ai fait toutes mes démarches et tout et à la fin ... Quand j'ai validé la démarche, je me suis mise à pleurer. Vraiment, ça m'a trop perturbée. Et de me dire, mais j'étais seule et tout dans chez moi. Et je me suis mise à pleurer et tout. J'étais contente en fait. Voilà, j'étais contente. Je me disais, bah, let's go, c'est fait. Enfin, t'en as beaucoup parlé et tout. T'as beaucoup blablaté, t'as travaillé sur ce projet et tout. Mais est-ce que tu pensais que t'allais vraiment y arriver ? Et en fait, bah là, j'ai plus le choix puisque c'est lancé et alors c'est fait quoi. donc c'était un truc concret qui m'a dit bah c'est bon tu vas le faire et c'est pas que des paroles maintenant et let's go.
- Sanjana
C'est bien parce que je pense que peut-être que justement t'as peut-être besoin de concrète, de te montrer que c'est matériel, que c'est là, c'est ancré. Mais d'un autre côté en soi, l'UDUT c'est ancré, c'est matériel. Bachelor, master, tout ça c'est véridique, c'est là. Je pense qu'il n'y a rien de plus concret que ça quand même. Puis même si c'était pas concret, ce sentiment de pas te sentir satisfaite ou peut-être est-ce que tu te... Tu ne te sens pas légitime de profiter, de te sentir heureuse quand il y a des moments de réussite ?
- Jade
Oui, je pense qu'il y a de ça aussi. Très clairement, je pense très certainement qu'il y a un peu de ça. Après, je ne sais pas. C'est vraiment un point sur lequel il faut que je travaille. Je pense que c'est lié aussi à la confiance en soi, clairement. Et aujourd'hui, je ne peux pas dire que j'ai confiance en moi à 100%. J'ai vraiment pas mal de parts de doute. Et je pense que ça, c'est un chemin que tout le monde prend et c'est quelque chose qui est assez universel, même si heureusement qu'il y a des personnes qui ont vraiment confiance en eux au quotidien. Mais c'est vrai que c'est un chemin qui n'est encore pas tout à fait terminé pour moi. Il faut que j'ai encore pas mal de choses à me prouver pour me dire que je suis fière de moi et j'ai confiance en moi et ça y est, let's go à 100%. quoi.
- Sanjana
Mais je pense que, alors, Je pense que c'est normal d'avoir des objectifs, des volontés d'aller loin. C'est bien. Après, d'un autre côté, c'est dommage de ne pas s'asseoir et de dire, ok, là, tu as fait cette étape. C'est bien, je suis contente. Je pense que peut-être qu'il y a aussi la pression, je ne sais pas, de la société, peut-être des enjeux extérieurs, ou juste soi, tu vois. Mais je ne pense pas que c'est une question de confiance, mais plutôt une question d'estime, de valeur que tu te donnes. Ah bon, ok, aujourd'hui, je me sens... Je me sens complète, je me sens bien dans ce que je suis. Et donc, comme je me sens bien dans ce que je suis, ce que je vais faire, ça va être automatique, ça va être lié. Par exemple, moi, ce que j'aime bien dire, c'est que l'estime de soi, c'est la fondation d'une maison et la confiance, c'est vraiment la maison en elle-même. Si ta fondation n'est pas solide, c'est difficile de mettre des choses en place. Aujourd'hui, tu es quand même beaucoup plus solide, tu prends des grandes décisions, des décisions qui ne sont pas données, qui sont fortes, pour se lancer, pour... Encore une fois, partir du bout du monde, faire des choix quand même qui sont encore une fois incroyables. Et je pense que ça demande beaucoup d'estime, un comportement très solide et ancré. Et après, on ne connaît pas le résultat final. Le résultat final, est-ce que tu te plantes, est-ce que tu te loupes ? On sait pas. Et ça je pense que c'est le résultat de l'estime de soi, c'est pas vraiment la confiance. La confiance c'est « c'est bon je l'ai fait donc je suis capable » . Donc oui peut-être qu'on a tous besoin et on apprend toujours de certaines choses, des activités pour développer notre confiance, mais l'estime de soi c'est vraiment une question de « bon bah ok, j'ai le courage de le faire » . Et encore une fois, j'insiste, j'avoue, mais tu es courageuse, donc let's go, valorise-toi, tu peux.
- Jade
Merci,
- Sanjana
je te le dis quand c'est... En tant qu'accompagnante en estime, je te le dis. Tu peux ?
- Jade
Ok, c'est adorable.
- Sanjana
Et bien justement, en parlant de réussite, parce que c'est ça qui est intéressant, c'est quoi tes critères de réussite ? C'est quoi pour toi réussir ?
- Jade
Si on parle du monde professionnel ou...
- Sanjana
En rite,
- Jade
en rite. Je suis assez exigeante.
- Sanjana
Oui, ça ne m'étonne pas. C'est vrai.
- Jade
Et en fait, je me dis, dans le monde dans lequel on vit aujourd'hui, avec tout qui augmente, tout qui devient cher, moi, ça m'angoisse déjà particulièrement. Mais mes critères de réussite, ça serait de pouvoir être libre financièrement, de pouvoir gagner assez pour pouvoir voyager, pour profiter. à 100% et être bien avec mon compagnon qu'on puisse ne pas se limiter ne pas compter chaque fin de mois en disant on peut pas se permettre de faire ça et en fait j'ai profondément envie vraiment de pouvoir être libre parce que pour moi mon objectif ultime c'est la liberté et la liberté dans mes choix professionnels comme déjà le fait d'être auto-entrepreneur déjà je me suis ouvert une porte et Mais pour moi, le choix ultime, c'est la liberté. Et je sais très bien, on ne peut pas se mentir, que l'argent emmène quand même cette forme de liberté dans le sens où tu n'as pas de contraintes financières. Parce que ça, c'est la chose qu'on peut un minimum contrôler. Après, évidemment, la santé, c'est quelque chose que pour le coup, on ne peut pas contrôler. Et c'est des choix de... C'est des choix de vie qu'on ne pourra pas... Enfin, en fait, on ne sait pas ce qui peut se passer. Mais sur les choses qu'on peut tâter, qu'on peut, on va dire, les leviers qu'on peut activer ou pas, c'est l'argent et le travail et notre vie de famille. Et voilà. Donc, c'est pour ça que je dirais que moi, vraiment, mon objectif ultime, c'est de pouvoir vivre entre la Réunion et ici. De pouvoir faire voyager avec mon compagnon, fonder une famille. Voilà. C'est assez classique. Mais voilà, je... J'ai envie de voir quand. Voilà, c'est ça.
- Sanjana
Ça fait sens. Je trouve que c'est très honorable de dire que c'est ce que tu recherches, parce que, bon, entre ce que la société nous dicte et aussi ce qu'on voit, c'est difficile d'assumer par moments d'avoir cette volonté de liberté financière. Mais d'un autre côté, tu vois, ça demande aussi beaucoup, encore une fois, d'estime, de courage, de dire, bon, allez, je vais affronter le regard des autres, l'opinion des autres, peu importe. parce que ça c'est ce que je veux moi et ça fait sens pour moi et aussi mon compagnon d'ailleurs par rapport à ton compagnon vous partagez la même vision comment ça se passe justement le fait est que tu sois lancée,
- Jade
que tu sois à ton compte comment ça se passe aussi dans votre couple cette façon d'être cette façon de vivre alors lui aussi est indépendant il est rattaché à une agence on va dire agent immobilier mais quand même à son compte Donc, on a un peu cette vision qui se rejoint de l'entrepreneuriat, du monde du travail, etc. On a tous les deux envie d'avoir de l'argent, de se faire, très clairement. C'est vrai que moi, je n'ai aucun tabou sur ça. Tu as raison. Voilà, c'est ça, exactement. Je trouve que si on l'assume et que c'est dit et qu'on se persuade qu'on arrivera à nos fins et qu'on arrivera à avoir des sous et à vivre confortablement, pourquoi Pourquoi on n'y arriverait pas ? Si on se donne les moyens, on peut y arriver. Donc, on a quand même cette vision commune-là. On est quand même beaucoup entourés de personnes qui, là, en ce moment, font de leur famille. Bon, on a 24 ans. Et ils font de leur famille. Donc, ils ont déjà des petits. Il y en a beaucoup qui se marient, qui sont mariés. Voilà. Donc, on est un peu entourés de ça. Donc, on peut se dire, « Oula, on n'a pas pris le train. » On est un peu décalé par rapport à notre entourage, mais en fait, on est hyper alignés sur ça tous les deux. Et on sait que ce n'est pas ce dont on a besoin et envie tout de suite. On sait qu'on aura envie, on veut pour notre futur de pouvoir fonder une famille, etc., peut-être se marier. Mais pour le moment, on est vraiment, en fait, on veut réussir professionnellement, on veut être fier de nous. On veut avoir une situation correcte et confortable pour accueillir peut-être un enfant plus tard. On pense d'abord à notre carrière pour le moment, parce qu'on est quand même encore jeunes selon nous. Mais ce n'est absolument pas une critique pour les personnes qui font d'une famille tôt, évidemment. Moi, je suis très contente d'avoir des petits bébés autour de moi. Mais voilà, on est hyper alignés sur ça. Et moi, ça me réconforte à 1000% de me dire en plus que je suis accompagnée de quelqu'un qui me booste au quotidien et qui a cette vision-là. Puis il est très projet, très orienté projet. Je pense que...
- Sanjana
En fait, vous vous êtes bien retrouvée. Et puis surtout, justement, je te posais vraiment la question pour savoir... dans le couple je pense que c'est très important d'avoir la même vision des choses pour moi c'est ce qui maintient aussi le couple dans sa durée la vision de tout et là vous avez tous les deux la même vision vous êtes dans le même train comme tu dis, vous avez le même objectif et je pense que c'est important parce qu'au quotidien tu sais d'avoir quelqu'un qui te soutient qui te valorise, qui t'encourage vice versa, je me doute que toi aussi et je trouve ça c'est bien, c'est encourageant Oui. Et c'est important. Voilà. Oui. Je valide ce que tu dis. Oui. Ah oui. Ah, c'est sympa ça. Qu'est-ce que toi, tu dirais, maintenant qu'on a pu partager un petit peu ta vision des choses, je pense que là, beaucoup t'apprécient pour qui tu es, donc c'est assez génial. Mais donc, qu'est-ce que tu dirais à ces personnes qui nous écoutent, qui ont peut-être peur de se lancer ? J'en ai beaucoup, tu vois, par exemple, en accompagnement, qui veulent se lancer, qui ont des idées, mais... incroyables, mais qui ont vraiment beaucoup de doutes, beaucoup de peurs, parce que le futur, le risque, les risques, les enjeux, le regard des autres, blablabla, tout ce qui s'enchaîne, tout ce qui s'ensuit, qu'est-ce que toi tu pourrais dire à ces femmes, même à ces hommes qui nous écoutent ?
- Jade
Déjà, je leur dirais de se faire confiance. Pour moi, c'est on va dire la chose ultime, de faire confiance. Et surtout d'être, à partir du moment où c'est quelque chose qui, vous le sentez profondément au fond de vous, et que vous vous sentez aligné avec cette décision et qu'il n'y a rien qui vient, on va dire, émotionnellement, on va dire, braver cette décision, moi, je dirais de foncer. Et je sais qu'il y a des peurs, parce que même moi, j'en ai. Je pense que tout le monde en a, surtout dans le fait de braver l'inconnu, parce qu'encore une fois, je pense qu'on a peur parce que c'est quelque chose de nouveau, quelque chose d'inconnu. De passer outre ça, et c'est normal qu'on ressente ça, et de se dire, j'y vais quand même. Et de toute façon, en fait, Il faut se dire qu'on apprend, quoi qu'il arrive, et que même si on n'y arrive pas, même si on a lancé un projet et qu'en fait, ça n'a pas fonctionné, quoi qu'il arrive, on a appris quelque chose. Donc, on n'est pas du tout perdant dans l'histoire. Voilà, il faut savoir... Il ne faut pas non plus lancer des choses sur un coup de tête et faire n'importe quoi, évidemment. Mais c'est vrai que moi, j'ai pris du temps quand même à me lancer. Enfin, depuis novembre, j'ai mis quand même six mois à vraiment faire la démarche 2. J'ai voulu travailler ce processus, savoir si c'était vraiment un projet pour moi. Je me suis un peu testée, j'ai fait pas mal de choses. Mais je me suis dit, mais là, c'est le moment pour le faire. Je sais que profondément, au fond de moi, j'ai envie de travailler pour moi, de me lancer, de me dire, aujourd'hui, je sens que le monde du salariat, c'est pas du tout fait pour moi. J'ai besoin, encore une fois, de cette liberté. Et pour moi, c'est quelque chose d'essentiel à ma vie. Comment je peux l'atteindre ? si c'est quelque chose qui me dit en fait aller au boulot tous les matins avec la boule au ventre me dire que tu te donnes à fond dans une entreprise qui en fait ne te reconnait même pas ou en fait ne te valorise pas alors que tu fais plus que ce que tu devrais faire et on est capable de te jeter comme une vieille chaussette très clairement moi ça c'est trop pour moi et c'est pas du tout aligné avec ma personnalité avec ce que je veux dans la vie je pense que personne ne l'est vraiment Mais je pense qu'il y a des personnes qui sont faites ou non pour le salariat. Et moi, je m'estime, je pense, ne pas vraiment être faite pour le salariat. Après, je ne dis pas que je n'y retournerai pas plus tard, etc. La vie est faite de plein de choses. Mais ce que je veux dire, c'est qu'aujourd'hui, moi, je veux essayer. Et me dire, allez-y. Faites-vous confiance. Et si vous ressentez cette chose au plus profond de vous et que vous sentez qu'il n'y a rien qui vient entraver, on va dire,
- Sanjana
faites-vous confiance et vous verrez bien de toute façon c'est très beau parce qu'en fait au pire au pire qu'est-ce qui pourrait t'arriver qu'est-ce qui pourrait nous arriver on voit pas grand chose peut-être qu'on va perdre de l'argent en soi c'est un investissement parce qu'on apprend des choses donc en vrai on perd même pas d'argent on perd pas puis c'est pareil, il y a beaucoup de femmes aussi avec qui je travaille qui ont peur de se lancer parce que peur de déranger peur de demander de l'aide Merci. peur de recevoir un non, tu vois, NON, elles ont très peur de ça, puisque peur du rejet, ben justement, toi tu dirais quoi à ça ? Parce que tu vas te confronter justement à ça. J'espère pas, mais c'est une vraie risque sur le métier. Bien sûr. Comment tu te prépares ou qu'est-ce que tu te dis par rapport à cette peur ?
- Jade
Alors, j'ai déjà totalement conscience que je vais faire face à des non. Je pense que plus de non que de oui. Mais encore une fois, il faut que... Je sais que ça va être compliqué au début. Je me connais et je sais très bien que je ne vais pas faire comme si ça allait me passer au-dessus. Mais encore une fois, ça va me forger. Et au départ, les noms vont me toucher peut-être. Et plus ça avancera, peut-être que moins ça m'atteindra. Et après, je m'accrocherai au positif. Encore une fois, je me dirai, s'il y a un oui parmi tous ces noms, déjà, je serai contente. Et en fait, j'ai tellement envie de travailler avec des gens qui possèdent les mêmes valeurs que moi, qui croient en moi et en mon métier. J'ai pas envie d'accepter n'importe qui. pour juste me dire j'ai un contrat. Mon objectif ultime, c'est vraiment d'avoir des clients avec qui je suis alignée, avec qui je peux vraiment leur apporter quelque chose, ma valeur ajoutée, et qu'on arrive à des résultats ensemble, et qu'ils croient en ce que je fais. Vraiment, c'est mon objectif. Donc oui, le non, c'est sûr qu'on va y passer. Je pense que l'entrepreneuriat, c'est semé d'embûches encore une fois. On n'a pas toujours des phases superbes. On passe par des phases compliquées, mais ça, j'y suis préparée. Je me suis toujours dit que, je me dis, avec ce que j'ai vécu, on va dire, dans ma vie, ce n'est pas des embûches professionnelles qui vont m'empêcher d'aller plus loin. Et encore une fois, je pense que c'est ce qui nous forge et nous pousse à encore redoubler d'efforts et encore à s'améliorer et encore à évoluer.
- Sanjana
Tout à fait, je suis complètement d'accord avec toi. Et puis je pense que d'être aussi à l'aise avec les non, apprendre à être à l'aise avec le rejet, même si ce n'est pas agréable, j'avoue. Je ne peux pas vous dire d'être à l'aise avec un rejet quand même. Mais ça aide à relativiser, à lâcher prise, encore une fois comme tu disais tout à l'heure, à accepter que... En fait, il y a des choses qu'on ne peut pas contrôler. Le non, ce n'est pas nous qui décidons. Mais ce qu'on décide, c'est d'y aller, d'essayer, de faire l'effort, de se donner les moyens, de se dire que j'ai un rêve et j'y vais. Tu as raison. C'est magnifique. De très bons conseils.
- Jade
Super.
- Sanjana
Maintenant, on arrive bientôt sur la fin. Mais il reste encore quelques petites questions. Et justement, je pense que ça peut être intéressant de savoir comment tu arrives à gérer un petit peu ta vie pro et ta vie perso, ta vie de couple, tes activités, ton quotidien. Comment ça se passe de ton côté ?
- Jade
Alors là, je débute tout juste. Pour l'instant, je n'ai pas encore une activité, on va dire, vraiment soutenue à 100%. Mais déjà, je me suis forcée pendant toute la période où je ne travaillais plus et que je travaillais sur mon projet, je me suis forcée à me lever en même temps que Evan, en même temps que mon conjoint, pour démarrer, on va dire, la journée ensemble. Et que lui, forcément, il allait à l'agence. Moi, je travaillais de mon côté sur mon projet. On se rejoignait tous les midis pour manger. Donc, on mange toujours ensemble le midi. Et l'après-midi, on repart sur une journée classique. Donc, en soi, on va dire que c'est plutôt un rythme classique pour moi. J'ai vraiment à cœur de mettre en avant la vie personnelle. Et de se dire que c'est important et de ne pas se laisser bouffer par la vie pro. Parce qu'encore une fois, on n'a qu'une vie. donc il faut profiter des gens qu'on aime et profiter de la vie et ne pas se priver mais évidemment il faut gagner des sous-sous donc il faut bien travailler c'est important mais voilà c'est vrai que en termes de gestion pour l'instant de vie pro et perso pour l'instant ma vie pro n'empiète pas sur ma vie perso et je ferai en sorte que ça ne soit pas le cas plus tard mais même si j'ai conscience qu'en étant entrepreneur il y a de fortes chances que Merci. ça déborde un petit peu et c'est normal et c'est tout à fait... Moi, je suis totalement en phase avec ça. Je ne me dirais pas, ah non, je ne réponds pas à un client parce que je ne suis pas sur mes heures de travail, etc. Je vais essayer de limiter, mais je pense que je serai quand même à 100% dans mes projets et je suis comme ça, de toute façon, je suis entière. C'était le mot que je cherchais au début, au lieu de spontané. Voilà, c'est ça que je cherchais. Parfait. Et donc, quand je me donne à fond dans quelque chose, j'y vais. À 100%. C'est ça. Donc, je ne pense pas me mettre vraiment de barrière, mais c'est vrai que c'est important de garder un petit havre de paix et un petit espace, on va dire.
- Sanjana
D'ailleurs, tu fais aussi beaucoup de sport. Donc, ça aussi, c'est un moment pour toi qui te permet aussi de décrocher avec la vie pro, quand même. C'est vrai, tu as tes débuts, mais quand même, d'avoir déjà ce rythme, de prioriser ça, je trouve que c'est bien.
- Jade
Oui, c'est vrai que le sport, c'est un échappatoire et ça permet de garder, on va dire, un rythme. Parce qu'encore une fois, pendant les périodes où je ne travaillais pas, moi, je disais que c'était mon métier d'aller au sport. C'était un truc, vraiment, tous les jours, j'y étais et ça me permettait vraiment de garder ce rythme-là. et aujourd'hui c'est vraiment quelque chose sur lequel je ne veux vraiment pas... empiéter et je me dis je veux garder ça donc c'est à dire que je peux peut-être que je vais réorganiser ma façon d'entraîner pour pas non plus y aller tous les jours de la semaine mais mais voilà c'est important et je veux pas le l'enlever à 100%
- Sanjana
et je veux le garder c'est hyper important d'avoir des petits moments pour soi complètement oui d'ailleurs on a fait beaucoup de sport à deux il y a deux ans de ça, on allait à la salle ensemble en fin de journée c'était trop bien oui c'est vrai pour travailler le fessier notamment avoir un gros boutique voilà Non mais pour le coup, pour rebondir quand même sur la vie pro et perso, c'est vrai que pour ma part, parce que je peux dire que je suis entrepreneuse, même si j'utilise plutôt le terme accompagnante, enfin c'était mon métier plutôt.
- Jade
Bien sûr.
- Sanjana
Et future psychanalyste, on n'oublie pas, je persévère. Bien sûr,
- Jade
bien sûr.
- Sanjana
Mais au début, oui, j'étais trop, trop dans le travail. Même si j'avais quand même ma vie de couple et le sport, c'est vrai, mais le sport, là pour le coup, je le voyais vraiment comme un échappatoire. Tandis que maintenant, c'est plutôt comme... Hum. Un moment pour moi, j'ai hâte d'y aller, qu'avant c'était, il faut que j'y aille, mais en même temps, j'ai besoin d'y aller parce qu'il faut que je sorte,
- Jade
il faut que je coupe.
- Sanjana
Et là, c'est vraiment différent. J'ai plus d'intention, j'ai l'impression aussi, mais n'importe quoi. Ma vie avant, il y a 4 ans, j'avais des journées complètes, je pouvais commencer à 7h, terminer à 20h, même j'avais des visios à 21h, mon beau-père pourrait te le dire, avec Louis tous les deux, c'était du n'importe quoi. Et là, j'ai plus de quantité de travail, mais je travaille moins. Parce que juste, j'ai la maîtrise, j'ai l'expérience. Et en fait, c'est normal, je pense qu'on passe tous par un petit peu ce cheminement.
- Jade
C'est ça, exactement.
- Sanjana
Et en fait, c'est le temps, l'expérience qui va faire que tu vas vraiment... Mais je trouve que c'est super ce que tu fais de déjà prioriser, de presque un petit peu t'obliger à garder l'aspect sport, l'aspect couple, de prioriser tes amis aussi. Au moins, tu t'y habitues. Et puis, ça ne va pas venir après, le travail. Donc je trouve ça bien. Tandis que moi, j'ai fait cette erreur. J'ai d'ailleurs fait vraiment cette erreur. Je me suis même coupée du monde. Je me suis même coupée de mes amitiés. Inconsciemment, j'ai pas fait exprès.
- Jade
Oui, mais après, parce que aussi, t'as mis ton curseur sur ton entreprise, sur ton travail. Et en fait, après, encore une fois, c'est pas des critiques, parce que c'est pas forcément une erreur. C'est juste qu'à ce moment-là, toi, ton objectif, c'était ça. Et du coup, tu t'es focus sur ça, et voilà, quoi.
- Sanjana
Tout à fait.
- Jade
mais en soi je dirais pas que c'est une erreur parce que Peut-être que toi, tu en as un petit peu souffert au début, mais ce qui fait qu'aujourd'hui, tu t'es réorientée. Encore une fois, toutes les skills que tu as eues au début en te donnant un fond dans ton travail t'ont permis aujourd'hui de pouvoir te dégager du temps parce que tu as tellement été performante et on va dire que tu as pu optimiser ton temps. Et tu es beaucoup plus efficace qu'avant parce que tu as pris ce temps-là aussi au début de t'améliorer, d'avancer et de travailler. Et aujourd'hui, tu as vraiment cette place, on va dire, pour les autres et pour tout ça. Donc voilà, c'est que bénéfique aujourd'hui.
- Sanjana
Oui, c'est ça. Mais c'est l'expérience, la pratique est priorisée. Et ouais. Pour terminer, évidemment que je vais te poser des questions sur la nourriture. C'est quoi tes plats préférés, Jadou ?
- Jade
Alors, déjà, en tant que... que réunionnaise. Je dirais que ma cuisine préférée, c'est la cuisine réunionnaise. Déjà, petite anecdote sur ça, j'ai vraiment commencé à apprendre à cuisiner quand je suis partie de la Réunion, parce que c'est des plats qui me manquaient au quotidien. C'est vrai qu'encore une fois, on se rend vraiment compte que quand on n'a plus les choses, on se rend vraiment compte de leurs valeurs. et ça me manquait tellement que j'avais envie de retrouver ça en étant en métropole donc voilà, mais sinon je dirais que mon carri préféré déjà c'est un carri la pâte cochon on appelle ça et d'ailleurs je vais le cuire demain pour ma famille pour ma famille d'ici mais c'est un carri que tout le monde connait le regaille-saucisse de la Réunion mais à la Réunion la pâte cochon c'est pas aimé de tout le monde ok Mais moi, c'est vraiment quelque chose que j'adore. Et c'est en fait, c'est vraiment des pieds de cochon. Donc, c'est assez gélatineux, etc. Et avec des jarrets de porc. Il y a de la bière, il y a du caloupilé. C'est des épices, des plantes, des feuilles qu'on trouve vraiment à La Réunion, qu'à La Réunion. Et peut-être ailleurs, mais en tout cas, on n'en trouve pas en métropole. Et j'adore ça. C'est vraiment mon carré préféré. Mais sinon, je suis vraiment une grande gourmande. J'aime énormément de choses. J'adore la cuisine coréenne, épicée, forcément. C'est bien sûr,
- Sanjana
ici.
- Jade
D'où mon nom. Et j'adore aussi la cuisine asiatique. Enfin, tout ce qui touche à la cuisine, on va dire asiatique, c'est vraiment un monde culinaire que j'affectionne particulièrement et que j'adore. J'adore la petite cuisine indienne de ma Sanjana aussi, avec le butter chicken.
- Sanjana
Oui, on en a mangé.
- Jade
Oh là là, ça c'est vraiment un banger, on adore. Mais voilà, j'aime énormément de choses et je suis tellement ouverte à tout, je suis pas du tout compliquée. Et j'adore découvrir de nouvelles choses, donc encore une fois, faites-moi goûter ce que vous voulez, je serai assise à table avec mes petits couverts et voilà,
- Sanjana
je suis à fond.
- Jade
À fond,
- Sanjana
trop bien, trop bien. Et d'ailleurs, en tant que Réunionnaise, Est-ce que tu dirais aux réunionnais ? Parce qu'il y en a un qui nous écoute. C'est vrai ? Ah oui, je t'assure. D'ailleurs, en ce moment même, j'ai trois personnes qui sont de La Réunion.
- Jade
Ah, c'est énorme.
- Sanjana
Je te le promets.
- Jade
Venez me voir si vous voulez qu'on discute, etc. Vous pouvez m'envoyer des petits messages sur Insta avec grand plaisir. Mais moi, j'adore. J'espère que vous vous sentez... Ils sont à La Réunion ou ils sont en métropole ?
- Sanjana
Alors, il y en a un qui est à La Réunion, Chris. Si tu passes par là. Chris.
- Jade
Comment il est, Chris ?
- Sanjana
et ensuite les deux autres sont ici en France, non, Belgique Belgique et Allemagne, c'est même pas en France qu'est-ce que tu leur dirais par exemple ? est-ce que tu parles réunionnais ? pardon, je n'ai pas fait la question est-ce que tu parles créole réunionnais ?
- Jade
alors oui, en soi je comprends absolument tout mais c'est vrai que vu que mon père était métro on parlait à la maison, on ne parlait pas beaucoup créole, et j'ai toujours parlé créole avec ma mère, ma mère elle me parle créole Mais moi, j'ai toujours parlé français, pardon. Je me suis trompée.
- Sanjana
Tu parles en français, mais ta maman parle en créole. Voilà. Tu comprends ?
- Jade
C'est ça, je comprends absolument tout. Ma famille, toutes mes tati parlent créole. Ma grand-mère, ma mémé, tout le monde parle créole. Mais ma mère, en fait, déjà, c'est qu'elle fait des mix entre le créole et le français. Je pense que ça, tout réunionnais connaît. Mais c'est vrai, quand on a deux parents créoles, on a plus cette facilité à parler tout le temps créole. Mais moi, je n'ai pas été habituée, même à l'école, au collège. En primaire, on ne parlait pas créole. C'est quelque chose que je regrette aujourd'hui, parce que je trouve que c'est quelque chose qui ne doit vraiment pas se perdre, et c'est tellement important de le transmettre à ses enfants. Cette culture, il faut qu'elle reste, c'est la meilleure des cultures au monde.
- Sanjana
Vraiment, en tant que chauvine,
- Jade
ne sois pas jalouse. Mais vraiment, on a cette richesse-là d'être ouverte, d'être ouverte au monde, de partager avec tout le monde. C'est tellement une qualité, moi dont j'en suis fière, cette ouverture d'esprit. D'esprit. D'esprit. Cette ouverture d'esprit. Donc ça, gardez-le où vous soyez dans le monde. Même si vous n'êtes plus à la réunion, gardez-le à 100% et gardez cette force-là et rayonnez autour de vous parce que rayonnez quoi. Tout simplement. C'est ça.
- Sanjana
C'est trop beau. C'était parfait. Comment tu te sens ? Est-ce que tu as envie d'ajouter quelque chose, une petite touche ?
- Jade
Je me sens très bien. J'ai passé un super moment avec toi. J'espère que toi aussi.
- Sanjana
j'ai cru parler de moi c'était pas ouf non carrément on pourrait en faire d'autres un peu plus ciblés oui bien sûr c'est vrai qu'on est vraiment partie sur ma vie en général oui c'était ça le but de te connaître c'est intéressant moi j'aime bien comme je te disais j'aime bien ton histoire, qui tu es en fait en gros je te dis que je t'aime quoi moi aussi moi c'est un peu ça je t'aime non mais tout ça pour dire que je pense que Merci. On pourra même plus tard cibler, et je pense, ça vous dirait, vous qui nous écoutez, toi qui nous écoutes, de nous proposer des sujets avec Jade, en l'occurrence, des sujets un peu plus ciblés, sur des choses qui pourraient t'intéresser, toi qui nous écoutes encore une fois. Pourquoi pas ?
- Jade
Oui, c'est vrai, je suis totalement ouverte. S'il y a des questions, c'est vrai que plus précises, on adore discuter avec Sanja. Donc on se posera autant de temps qu'il faut, autant de fois qu'il faut pour répondre à vos questions. Et puis voilà, c'était un plaisir vraiment pour moi de passer ce moment avec toi. Et je te remercie de me mettre en avant aussi. Et c'est adorable. Et encore une fois, c'est une belle preuve d'amitié, je trouve. Donc, je t'embrasse pour ma petite sainte-mère.
- Sanjana
C'est avec plaisir. Et puis, merci du fond du cœur à toi pour ta voix, surtout. Ta voix, ta force. Courage, j'insiste. Ta vulnérabilité aussi, aujourd'hui. et... Je pense que là j'ai envie de dire oui, parce que c'est la deuxième fois que j'invite quelqu'un. Le premier c'était avec Louis, maintenant c'est toi. C'est typiquement ce genre d'échange qui me rappelle pourquoi j'ai commencé. J'ai commencé mon travail, mon podcast aussi. Je suis très contente d'être là. Et toi qui nous écoutes, si tu te reconnais dans ce que Jade nous a partagé aujourd'hui, dis-toi que tu n'es déjà pas seule. Tu n'es pas seule, si tu as des doutes, tu n'es pas seule. Et comme disait Jade, ta lumière, elle mérite d'exister. Tu as le droit de réunir, même si tu as vécu des choses, même si tu as des difficultés. Aujourd'hui, si tu en es là, si tu nous écoutes, c'est que tu as envie de quelque chose. Donc, il n'y a plus qu'à. Si tu as envie d'écrire à Jadou, disponible, plume piquante. Exactement. Si tu as besoin de quelqu'un et que tu es dans la restauration Jadou, elle est là, elle est disponible. Envoyez-moi des petits messages, des petits DM. Merci à toi, merci de nous écouter, merci pour ton temps.
- Jade
Merci d'avoir pris ce temps et j'espère que ce que je l'ai dit vous a touché ou au moins résonne un minimum en vous. Hâte de voir la suite.
- Sanjana
Hâte de voir la suite. Et puis n'oubliez pas, vous méritez des fleurs et des pastèques un grand bisou, bisous bisous