- Speaker #0
Bonjour, bienvenue dans le podcast des mots au corps qui parle de thérapie psychocorporelle et notamment de la psychologie biodynamique. Mes invités sont des thérapeutes formés à cette approche et apportent des éclairages sur les thématiques phares de la thérapie. Je suis Véolaine Didier, thérapeute psychocorporelle biodynamique et hôte de ce podcast.
- Speaker #1
Que vous soyez thérapeute ou client ou tout simplement curieux, j'espère que ces échanges vous apporteront des clés pour avancer sur votre chemin personnel et professionnel.
- Speaker #0
Mon invitée d'aujourd'hui s'appelle Dominique Gutierrez, elle est thérapeute psychocorporelle biodynamique, formatrice et superviseur. Elle est également membre de l'équipe de direction de l'école de psychologie biodynamique en tant que responsable pédagogique. En parallèle, elle est également monitrice d'équitation. En 2004, elle a fondé Biodynamicaval, une section thérapie au sein de son centre équestre situé à Montbrison dans la Loire. Elle a ainsi mixé sa passion équestre et ses compétences thérapeutiques pour créer et pratiquer la thérapie biodynamique avec le cheval. Bonjour Dominique.
- Speaker #1
Bonjour Violaine, bonjour à tous aussi, à tous ceux qui vont nous écouter ensuite.
- Speaker #0
Oui, merci d'être présente aujourd'hui pour ce nouvel épisode.
- Speaker #1
Merci de m'avoir invitée.
- Speaker #0
Avec plaisir, avec plaisir. Dans les précédents enregistrements, nous avons parlé à plusieurs reprises du lien relationnel et de son importance en thérapie comme dans notre vie quotidienne. Le lien dans le couple, le lien avec le thérapeute, le lien avec son propre corps. Ce sujet du lien est si vaste et si important qu'il ne manquera pas de s'inviter encore et encore dans ce podcast. Et aujourd'hui justement, nous allons mettre encore une fois l'accent sur le lien en parlant cette fois-ci d'un animal. Un animal empathique, aux côtés de l'homme depuis plus de 5000 ans, le cheval. Alors on connaît certains bienfaits des animaux domestiques sur nous, humains. Ils peuvent aider par exemple à apporter un sentiment de sécurité. à réduire le stress, apaiser un sentiment de solitude ou encore faciliter les interactions sociales. Et nous commençons à percevoir avec plus de finesse leurs multiples qualités thérapeutiques et on voit par exemple que la médiation animale est une pratique qui se développe et s'invite dans divers lieux de soins ou d'insertion par exemple. Ce qui est moins connu c'est l'invitation d'un animal comme média dans une pratique de psychothérapie. Et là on ne parle pas de n'importe quel animal puisque nous allons nous intéresser en particulier au travail avec le cheval. Apparemment, Churchill disait que l'extérieur du cheval exerçait une influence bénéfique sur l'intérieur de l'homme. Alors, quelles sont les qualités particulières du cheval qui permettent cela ? Quels sont les bénéfices du travail avec cet animal ? Et puis surtout, comment est-ce qu'on l'intègre concrètement dans la pratique de la psychothérapie et de la psychothérapie corporelle en particulier ? C'est ce qui va être au cœur de notre échange avec toi Dominique aujourd'hui, Pour démarrer, est-ce que tu voudrais bien nous parler peut-être des qualités du cheval et qu'est-ce qui rend cet animal si intéressant en psychothérapie ?
- Speaker #1
Oui exactement, c'est un animal qui est vraiment très très très intéressant en thérapie parce qu'il a plein de qualités et plein de comportements. En fait c'est même sa façon de vivre elle-même qui peut être thérapeutique. Donc oui le cheval a plein de qualités qui peuvent être utilisées en psychothérapie notamment le fait que c'est un être grégaire, c'est-à-dire qu'il vit en groupe. Donc il va nous apprendre la sociabilisation, il va pouvoir nous l'apprendre. Il n'a pas la même que nous, ce n'est pas tout à fait la même éthologie, on va dire comme ça, mais par contre il va pouvoir nous apprendre des choses sur le respect, le respect des distances, le respect de l'autre et comment vivre ensemble, Faire société, vivre ensemble et tout ça d'une façon pacifique. C'est un animal pacifique mais tout en se respectant soi-même parce que le cheval est un animal auto-centré, il s'occupe de ses besoins. Donc le cheval s'occupant de ses besoins, il va nous apprendre à nous occuper des nôtres. Voilà, c'est une très très belle qualité. On pourra développer ça plus tard. C'est un être aussi qui est peureux et ça c'est une qualité mine de rien. qui va nous servir aussi, parce qu'il va falloir prendre en compte les émotions, ces émotions. Alors sa vision aussi, sa façon de voir, qui est une vision d'herbivore, elle va être basée sur le mouvement. Donc le cheval va être très attentif à tout ce qui bouge, et donc on va avoir besoin d'être très attentif à comment on bouge soi-même. Quel est notre langage corporel ? Lui, tout son langage, c'est un langage corporel. C'est sa façon à lui de parler. Donc on va devoir, nous, faire très attention à tous nos mouvements, à tous nos micro-mouvements, à tout ce qu'on dégage en fait. Donc ça, ça va être très très très efficace, on va dire, dans le travail parce que tout ce qu'on va exprimer, même les choses qu'on ne veut pas exprimer mais qu'on va exprimer corporellement, lui… il va le capter.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et il va nous donner une réponse à ça. C'est un animal qui a besoin, c'est un être on va dire, qui a besoin de limites claires. Il a besoin qu'on soit cohérents en face de lui. Si on n'est pas clair, pas cohérent, il va nous renvoyer quelque chose dans la relation de pas net. Il ne va pas supporter. Il ne va pas rentrer en relation comme ça. Donc il va nous demander à nous d'être plus clairs dans ce qu'on veut, dans ce qu'on ne veut pas, dans ce qu'on dit, dans ce qu'on dit pas.
- Speaker #0
etc. Est-ce que ça veut dire qu'on a besoin d'être clair dans nos demandes ? Est-ce que c'est ça ?
- Speaker #1
Donc oui, c'est ça. C'est par rapport au fait, quand on lui demande quelque chose, il faut que ça soit net pour lui, sinon il va bloquer. Il ne sait pas comment répondre à quelque chose qui n'est pas net. Je peux donner un exemple. Oui, par exemple. On va lui demander d'avancer et corporellement, avec notre corps, on va faire des allers-retours on ne va pas être dans le mouvement en avant. Il n'avance pas, il se dit mais qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce que tu veux ? Par exemple, je lui demande d'avancer, je tire un peu et puis je reviens vers lui. En fait, en revenant vers lui, je lui dis arrête-toi. Ou en me mettant devant lui, je lui dis arrête-toi. Ou en me retournant vers lui, j'avance tout mon espace corporel vers lui et comme il respecte, L'espace vital, lui, l'espace énergétique qu'on a autour de nous, il le respecte. Il le sent et il le respecte. Mais si je le mets devant lui, il va s'arrêter. Et alors moi, je vais dire « viens, viens » en tirant sur la longe, mais mon corps, il lui dit « stop » . Donc là, pour lui, c'est une incohérence totale, donc il ne va pas avancer.
- Speaker #0
Donc ça demande finalement d'être cohérent entre nos paroles et ce que notre corps exprime.
- Speaker #1
Oui, et aussi avec ce qu'on dit avec notre corps, et avec ce qu'on lance dans l'air, dans notre énergie. On va être obligé aussi de prendre conscience de notre propre corps, de prendre conscience de notre propre énergie. C'est pour ça que c'est une qualité qui est aussi pour nous très efficiente. Très efficiente. C'est un être qui est curieux. Donc par nature… Il va venir voir qui on est, qu'est-ce qu'on fait, etc. Donc ça par exemple, quand on a des enfants qui sont un petit peu lointains, qui ne sont pas là, qui ne sont pas dans la relation, il va venir introduire la relation. On a des exemples très souvent avec les poneys et les enfants. J'ai eu souvent des enfants que j'ai reçus comme ça qui jouait même dans le sable, qui se fichait complètement de l'animal. Et puis j'avais des poneys, enfin j'ai toujours, d'ailleurs, Jappy c'est une spécialiste de ça, c'est une de nos ponettes Shetland. Elle, elle va vers, elle va avec son nez, elle va sentir, elle vient, elle pousse l'enfant et ça introduit la relation.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Ça c'est vraiment très très chouette. Après il y a plein d'autres qualités, c'est-à-dire c'est un être miroir. Il va refléter ce qu'on est en fait. Il va nous montrer qui on est. C'est-à-dire que souvent, je peux poser la question, mais comment il est le cheval ? Et la personne se décrit exactement. Parce que dans la relation qu'elle a eue avec l'animal, l'animal lui a montré ce qu'elle exprimait.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et donc, il va le voir chez le cheval très très souvent.
- Speaker #0
Ça c'est une particularité du cheval ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ou des animaux ? d'autres animaux comme ça ?
- Speaker #1
C'est une particularité du cheval, par exemple. C'est une différence avec le chien. Le chien est un animal aussi très, très bon, très utile en thérapie. Mais le chien, il a une façon de relationner très différente. C'est-à-dire qu'il va être en... Devant son maître, il va le regarder. Il va lui envoyer de l'amour en barre. Le cheval, c'est différent. C'est un être totalement autonome. Autonome, tu veux dire indépendant dans la relation ? Indépendant dans la relation. Et il ne va pas avoir ce « je suis là". Quand j'appelle un chien, je tape sur la jambe, je lui dis « viens, le chien, il vient » . Il répond directement. Le cheval, non, on ne l'appelle pas comme ça. On va vers lui, on lui demande s'il est OK pour être en relation et il peut l'être, il peut nous suivre, etc., mais pas comme un chien, pas du tout comme un chien. Et il faut tout le temps, tout le temps, tout le temps alimenter la relation. Sinon, si à un moment donné on s'en va, si on n'est plus présent, à la relation, lui aussi il s'en va, il va plus loin, il va voir un autre congénère, il va brouter, il va s'occuper, il est auto-centré. Il va s'occuper de ses propres besoins.
- Speaker #0
Donc il n'est pas dépendant de la relation ?
- Speaker #1
Non, du tout. Je pense qu'il a aussi, quand on dit miroir, il a la faculté de ressentir et d'anticiper les états d'âme, les nôtres. Donc ainsi, il va nous renvoyer sans cesse ce qu'on est, même si on veut se cacher. On arrive, on est triste. Et puis, on arrive pour la séance, on a envie de montrer qu'on est… de ne pas montrer qu'on est triste. Donc, on va arriver avec une façade où on se montre comme quelqu'un de super gai, tout ça, on a la pêche et tout. Le cheval, lui, il va nous répondre comme à quelqu'un de triste.
- Speaker #0
Alors, comment est-ce que le cheval répond à quelqu'un de triste ?
- Speaker #1
Il va être empathique. Il va venir, il va se coller En fait, il va juste montrer. Par exemple, on arrive, quand on veut faire semblant de ne pas être triste, on va avoir beaucoup d'énergie. Lui, il va se montrer pas avec beaucoup d'énergie. Il va montrer une énergie basse. Donc là, nous en tant qu'accompagnants, on peut voir l'inadéquation. Parce que lui, il voit derrière la façade. On va dire, il sent derrière la façade. Donc, il va nous la montrer à nous. En tant que thérapeute, à côté, il va nous montrer qu'il y a quelque chose qui n'est pas très juste. Et donc, il va nous donner des pistes à explorer. Il va nous faire ressentir parce que nous, à côté, on a du ressenti aussi et on va ressentir ce que le cheval ressent. On va le lire sur son comportement physique puisque je le répète, sa conversation à lui est corporelle, un langage corporel. Après, il est très sensible, il est réceptif à tout ce qui va être relation. Alors pourquoi il est aussi sensible aux émotions, au domaine émotionnel de la personne ? C'est que comme nous, il a trois cerveaux. Il a un cerveau reptilien, un cerveau limbique et un cerveau néocortex. Mais celui avec lequel il fonctionne le plus, c'est le limbique, le deuxième. Et c'est le cerveau émotionnel. Donc, il va se brancher sur notre cerveau émotionnel à nous. Et donc, il va répondre à celui-là et avec celui-là. Par exemple, quand on est un habitué du cheval, on a appris par expérience que quand on rentre dans une écurie, si on est, nous, dans un état colérique, triste ou on est agacé, on n'a pas envie d'être là, tous les chevaux qu'on doit nourrir, si on doit nourrir les chevaux, ils vont nous pousser, ils ne vont pas être… Ils ne vont pas collaborer, ils vont baisser les oreilles, ils vont avoir des réactions désagréables. Si on doit rentrer dans un boxe, ils ne vont pas nous laisser passer, bref, ça ne va pas être agréable. Alors que si on est de très bonne humeur, qu'on chante, qu'on arrive, qu'on est content, tout va bien se passer. On va plutôt entendre des « frrr » comme ça, des réponses… très grave, très basse, dans des énergies plutôt positives. Donc le cheval, il réagit à notre énergie. Ce qu'on amène, le cheval nous le renvoie. Comme on disait, ils sont des miroirs. Ils sont patients aussi. Alors ça, heureusement, on a beaucoup de chance. Ils ont beaucoup de patience. Pour le cheval, je pense que l'espace-temps est très différent. Il n'a pas de... Il n'a pas l'angoisse du temps qui passe. Et si ses propres fonctions vitales à lui sont remplies, il va être dans ce qu'on appelle l'état de champ détendu. Et à ce moment-là, il est disponible à nous. Et le temps n'a plus d'importance. Donc ils vont vraiment être là, passer du temps avec nous, attendre qu'on soit en relation avec eux. Et par exemple, c'est très efficace et très utile, plutôt qu'efficace d'ailleurs, quand on est en train de faire du portage. c'est-à-dire que la personne est sur le cheval et qu'on travaille le être porté, eh bien à ce moment-là les chevaux ont une patience. Un cheval ça bouge tout le temps, ça marche notamment, parce que ça broute, ça marche en broutant, eh bien là ils vont rester immobiles, et ils peuvent rester immobiles une demi-heure, ce qui est pour un cheval, il y a beaucoup. Voilà, on peut dire aussi que c'est un être doux, Autant il peut être plein d'énergie, autant il peut être très doux. On peut travailler vraiment en douceur avec un cheval. Et puis cette douceur elle peut être reportée aussi dans son odeur. Donc on va avoir tous les éléments de ce qu'on appelle pour travailler du reparentage maternel notamment. Parce qu'il va y avoir la douceur du poil, son odeur qui est chaude, tranquille et agréable. Vraiment, on va pouvoir travailler sur l'éveil des sens. Ça, ça rappelle aussi le nourrisson. Et puis, il y a aussi une dimension protectrice chez le cheval. Parce que par exemple, quand on veut travailler avec le handicap, les personnes handicapées, la personne handicapée va avoir ce qu'on appelle des signaux, que ce soit par l'odorat ou par le visage, la forme du visage. Et le cheval va capter ces signaux qui restent des signaux de juvénile.
- Speaker #0
D'enfant, d'accord.
- Speaker #1
Par exemple, si on regarde les personnes trisomiques, elles ont les yeux qui sont dans le visage très bas par rapport à nous, adultes. Parce qu'ils n'ont pas eu l'agrandissement de la mâchoire. Et ça pour le cheval c'est un signal de juvénile, c'est-à-dire de jeune, de poulain. Oui. Et les chevaux sont très protecteurs avec les poulains. Donc, autant un adulte, il ne peut pas rentrer comme ça dans l'espace virtuel du cheval, autant le poulain, lui, il peut. Il n'est pas en danger. Et donc, petit à petit, le cheval, lui, il va avoir des comportements pour apprendre au juvénile à respecter les distances, etc. Mais au début, il peut rentrer, il n'est pas en danger. Donc, il va protéger l'enfant. Donc, toutes les personnes ayant des signaux de juvénile corporel vont être protégées par le cheval. Ça fait beaucoup.
- Speaker #0
Ça fait beaucoup de qualité.
- Speaker #1
Il y en a plein d'autres. Parce qu'il va appeler le symbolique, il va appeler le réel, il va appeler la magie. Tous ces domaines-là vont être… vont pouvoir être abordés avec le cheval.
- Speaker #0
D'accord. Et alors, concrètement, dans le cadre d'une psychothérapie, comment est-ce que tu travailles avec le cheval ? Est-ce que le cheval, il ne peut pas être dans le cabinet ? Comment est-ce que ça fonctionne finalement ? En individuel, en groupe ?
- Speaker #1
Les deux. On peut fonctionner soit en individuel, soit en groupe. Il y a vraiment deux façons de travailler différentes. mais qui sont toutes les deux… ça va dépendre du besoin de la personne.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Mais en gros, que ce soit en groupe ou que ce soit en individuel, pour pouvoir être en relation avec l'animal, il va falloir sortir. Oui. Il va falloir sortir du cabinet et là on va devoir aller dans son habitat. Son habitat, je dis bien là où il habite, pas dans son box. Un cheval, pour pouvoir bien travailler en thérapie avec le cheval, il va falloir qu'il soit dans un environnement qui lui correspond. C'est-à-dire que ses propres besoins à lui soient remplis. Et ses besoins à lui, c'est la sécurité, les besoins fondamentaux. La sécurité, avoir des amis, avoir des relations sociales, pas spécialement des amis mais des relations sociales, c'est-à-dire vivre en troupeau et avoir assez à manger et être suffisamment reposé. Il en a quatre. Si vraiment ces quatre besoins-là fondamentaux sont remplis, il va être en champ détendu, donc il va être disponible.
- Speaker #0
Un peu comme nous finalement.
- Speaker #1
Un peu comme nous, oui. Bien sûr, tout à fait comme nous même. Mais lui, il n'a pas cette faculté qu'on a de reporter.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Nous, on peut avoir faim et puis se dire « Bon, je vais faire mon rendez-vous, je vais faire ça et puis après j'irai manger » . Lui, non. Lui, il cherche à manger.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
S'il a faim, il cherche à manger. Et donc, il n'est pas disponible pour faire le rendez-vous.
- Speaker #0
Oui, il est dans l'ici et maintenant en fait. Il est vraiment dans l'instant présent comme l'animal d'ailleurs.
- Speaker #1
Totalement. Il n'a pas cette faculté-là de reporter. Il est auto-centré. Il va s'occuper de ses besoins. Quand ses besoins sont remplis, il peut discuter. Alors lui, il peut s'intéresser à l'autre.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça qui est important. Et donc on va aller dans son pré et là, on va rentrer en relation. Et là bien sûr, il va falloir apprendre à rentrer en relation à sa façon. Parce qu'encore une fois, lui n'a pas la faculté de regarder, tiens, elle fonctionne différemment, elle est comme ça, donc on va faire comme ça. Non, lui, il va fonctionner comme il fonctionne. Et nous, on a besoin de devenir, comme disait Jean-Claude Barry, cet éthologue dont je parlais tout à l'heure, on va devenir des valants chevals. Et à ce moment-là, on va avoir une interaction avec eux et là, ils vont pouvoir être, nous donner les informations dont on a besoin quand on travaille en thérapie. Donc on va l'attraper, on va aller dans le lieu. On peut rester dans le pré, on peut travailler dans le pré. Ou on va aller dans le lieu qu'on appelle manège ou carrière, ou au rendez-vous d'un cours, où on va travailler avec lui. Et là, on va travailler sur cette relation, sur nos comportements dans la relation. Et c'est là qu'on va pouvoir faire tout le travail de psychothérapie.
- Speaker #0
Et donc là, quel est le rôle du thérapeute ?
- Speaker #1
Le rôle du thérapeute, c'est là qu'il est intéressant c'est qu'on est en triangle, on n'est plus en face à face. Donc ça va être de guider la personne vers comment être en lien, en vrai lien, comment être en lien, comment interagir avec l'animal. Mais pas en lui apprenant une technique, en lui apprenant comment marche l'animal, comment il fonctionne, et en lui… alors je dirais en le guidant mais… plutôt en le guidant à trouver quel comportement lui, il peut avoir, la personne, le client, peut avoir pour interagir avec l'animal. Et en trouvant ses propres comportements, pas en lui disant « il faut faire comme ci ou comme ça » , mais en lui expliquant le fonctionnement du cheval et en aidant la personne à trouver comment elle peut arriver à moduler son comportement, pour être en lien avec l'animal. Par exemple, je disais tout à l'heure, l'animal est un animal peureux. Si j'ai des grands gestes, si j'ai des gestes un petit peu agacés, parce que moi aussi j'ai peur et que je fais des gestes qui peuvent faire peur à l'animal, je vais être obligée de moduler mon émotion de peur, déjà de la reconnaître, ensuite de la moduler, pour pouvoir être en interaction avec un cheval qui est en liberté et qui dès que je vais faire des grands gestes ou que je vais élever la voix ou je vais faire des choses un petit peu difficiles pour lui, va s'en aller. Donc si je veux qu'il ne s'en aille pas, comment je vais gérer mon énergie dans mes corps énergétiques autour de moi, dans mes gestes, dans ma voix, dans ma façon de marcher ? Et donc, ça va permettre à la personne de prendre conscience de qu'est-ce qu'elle envoie dans le monde, de qu'est-ce qu'elle envoie à l'autre, et de le moduler, de le gérer. Quand on parle par exemple de la médiation animale, pour gérer ses émotions, c'est complètement ça.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et donc, on va pouvoir, grâce aux réactions de l'animal qui est en liberté, on va pouvoir voir ce que nous, on induit quand on est vers un autre. Par exemple, on va voir comment on doit respecter la distance de l'espace vital de l'autre. Parce que quand je m'approche sans avoir demandé l'autorisation, le cheval s'en va. Pas parce qu'il me fuit, mais parce que lui, il écarte son corps énergétique, son espace vital qu'il veut qu'il soit respecté, il l'écarte de nous.
- Speaker #0
Donc en fait, travailler avec le cheval oblige à revenir à soi, en tout cas à ses sensations, ses ressentis, à revenir vraiment à cet espace-là. Mais en même temps, le cheval nous aide, nous oblige, enfin en tout cas...
- Speaker #1
Nous amène.
- Speaker #0
Nous amène à faire ce pas-là par ses réactions. Donc comme tu disais, c'est un être qui fait miroir et donc il nous aide à voir comment nous sommes. C'est ça ?
- Speaker #1
C'est tout à fait ça. C'est-à-dire qu'à la fois, d'abord il nous donne... Très souvent, les gens qui viennent peuvent même avoir peur du cheval. Mais ils ont envie. Parce que c'est quand même un animal qui est fabuleux quelque part. Pégase, je veux dire, c'est un animal qui nous amène dans d'autres mondes. Et puis, il est majestueux. Il est beau. Il a la noblesse. la force, l'énergie. Et je disais par rapport à ce que je disais tout à l'heure aussi, la douceur, l'odeur. Quand on est sur un cheval au pas, il y a ce bercement qui rappelle vraiment la maman. Donc, il y a vraiment à la fois le domaine du père, la noblesse, l'énergie d'aller vers l'extérieur et puis le domaine vraiment… Et donc, ça fait envie d'aller vers… Et puis, il peut y avoir la peur justement de cette grandeur, de cette vigueur. Le cheval quand même, c'est quelque chose qui peut nous faire peur. Donc, il va nous amener à nous gérer dans tous les domaines. Et ça, c'est vraiment quelque chose qui est spécifique au cheval.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et effectivement, à la fois, on va être obligé de se gérer soi-même de le gérer lui parce qu'il faut qu'on lui propose des choses pour faire pour qui il ait envie de faire quelque chose avec nous donc c'est vraiment très très complet comme travail et ça n'outille vivant finalement d'un outil comme en tant que thérapeute
- Speaker #0
on peut avoir plein d'outils mais là on a un outil qui est vivant et qui du coup amène aussi sa propre énergie c'est exactement ça c'est à dire qu'il amène et puis il fait des propositions et il fait Ah,
- Speaker #1
il fait des propositions aussi. Il fait des propositions. Par exemple, je peux raconter une anecdote où vraiment c'est très, très… Ça a été tellement fort et gros qu'il n'y a eu que ça, la proposition du cheval. C'est-à-dire qu'on est arrivé dans le pré avec une patiente, et puis elle avait un objectif, c'est dans le pré où il y a tous les chevaux, elle devait aller attraper le sien. Et donc elle rentre dans le pré, Ça pour moi, je ne l'oublierai jamais de toute ma vie. On rentre dans le pré et son cheval était de l'autre côté du parc. Et puis tous les chevaux sont en liberté. Et à peine on est rentrés dans le pré, un autre cheval, c'était un poney, est arrivé vers nous au galop et est venu se mettre face à nous. Donc moi, je connais la façon de me retirer et je l'ai laissé, elle, face au cheval. Et donc le cheval se déplaçait et l'empêchait d'avancer. Elle n'était pas, il ne l'empêchait pas vraiment d'avancer. Il voulait être en lien avec elle. Mais en gros, pour elle, il l'empêchait d'avancer. Et donc, elle était là, elle voulait aller attraper son cheval, mais le cheval était face à elle et chaque fois qu'elle voulait avancer soit à gauche, soit à droite, il venait se mettre face à elle, à droite ou à gauche. Et donc, au bout d'un moment, je laissais patauger comme ça un petit moment et je lui dis « mais qu'est-ce qui se passe ? » « Eh bien, il m'empêche d'avancer » . « Oui, mais qu'est-ce que vous êtes venu faire ? Je veux aller chercher mon cheval et il m'empêche d'avancer » . Donc on a travaillé sur son objectif, regarder son objectif au lieu de regarder l'obstacle. Bref, elle est arrivée à passer en regardant son objectif, son cheval au fond du pré et le cheval finalement, le poney l'a laissé passer. Elle a traversé la moitié du pré et là arrivé à la moitié du pré, elle se retourne vers le poney qui était resté à l'entrée. Voyant ça, le poney qu'est-ce qu'il fait ? Il fonce vers elle ! Il revient la voir et il se remet devant elle. Et là, elle m'a regardée et elle m'a dit « j'ai compris, il fait comme ma mère » . À partir de ce moment-là, elle a regardé son cheval et elle est partie l'attraper. C'est-à-dire qu'elle a regardé son objectif, elle a laissé de côté le poney et elle a attrapé son cheval. Et l'autre, le poney, lui, il est reparti. Il est allé brouter tranquille avec ses copains. Elle est revenue avec son cheval et elle m'a dit « mais vraiment, j'ai compris, c'est juste qu'il faut que je regarde ma vie, ce que j'ai à faire » . Et c'était une femme qui avait un travail, qui avait des enfants et qui allait manger tous les jours chez sa mère à midi, qui téléphonait tous les soirs. Elle a compris ça. Donc après la séance était terminée. Elle est restée avec son cheval. Elle a vraiment… Je l'ai laissé on va dire… Et c'est là où intervient le côté biodynamique. C'est qu'il y a besoin d'un temps de digestion, d'intégration de ce qui vient de se passer. Et donc elle est restée avec son cheval. Je ne me souviens plus, je crois que je l'avais même laissé dessus. Je la tenais et elle était allongée dessus. Mais vraiment de prendre un temps de digestion, vraiment très important. Et derrière ça, elle a changé dans sa vie. C'est-à-dire qu'elle n'est plus allée manger tous les midis chez sa mère. Elle a continué à garder le lien avec sa maman. mais elle n'a pas été phallocytée.
- Speaker #0
C'est-à-dire qu'elle a investi sa vie avec son mari, ses enfants, sa maison. Et ça, c'était vraiment énorme. Donc, le cheval, quelquefois, nous joue ce qu'il a à jouer. Là, on ne sait pas pourquoi ce poney, qui n'était pas du tout le cheval avec qui elle travaillait, est venu lui jouer cette scène. Mais c'est lui qui a fait cette proposition.
- Speaker #1
C'est intéressant. En tout cas, c'est un...
- Speaker #0
un exemple concret qui parle bien de la manière dont le cheval peut être force de proposition et révélateur de certaines choses oui et puis on en a plein d'autres j'ai eu un ado comme ça qui était un ado qui commençait à devenir un petit peu qui partait sur la piste des mauvais comportements il a fait un stage ici et son cheval son poney le suivait partout et alors il me disait mais il me suit je lui dis bah oui on dirait que t'apprécies quand même donc il dit mais il m'aime Je dis, oui, je crois bien. Il me dit, mais c'est gratuit ? Qu'est-ce qu'il faut que je fasse pour lui rendre ? Il dit, non, non, c'est complètement gratuit. Tu n'as rien à faire en retour pour avoir cet amour. Il a passé tous les jours qui ont suivi, c'était un stage de cinq jours, tous les jours qui ont suivi à aller voir son poney dans le pré. Et à la fin, il nous a fait un dessin d'un enfant avec deux valises. comportement plus et comportement moins, et un autre à côté, une autre feuille, le même enfant avec les deux valises, mais une valise de comportement plus à la main et une valise de comportement moins qu'il avait posée. Et par la suite, on a eu des nouvelles des parents qui nous ont dit, on l'a changé d'école, mais il a changé de comportement. Voilà, et ça c'est la proposition du cheval, parce que nous on n'a jamais dit au cheval de le suivre. Quand je dis le suivre, c'est en liberté, ce n'est pas tenu en longe. Voilà, des choses comme ça, les chevaux, les poneys proposent des choses.
- Speaker #1
Parce que ces poneys et ces chevaux, comment est-ce qu'ils sont préparés à travailler avec les clients ?
- Speaker #0
Alors ça c'est une très bonne question, parce que justement, il n'y a pas de préparation. enfin il y a une préparation essentielle, c'est de les désensibiliser, par exemple sur la croupe, quand on les touche sur la croupe, etc., qu'il n'ait pas de peur, donc les habituer à être touchés sur la croupe, et même quand on allonge les personnes sur le cheval, il faut qu'il n'y ait pas de réaction au niveau de la croupe. Donc ça, ça sera la seule préparation. Et l'autre préparation, c'est qu'ils vivent en troupeau, qu'ils aient une vie de cheval. Parce que ça, c'est vraiment pour moi la préparation essentielle, c'est qu'ils vivent une vie la plus naturelle possible, une vie de cheval, pour pouvoir justement avoir des réactions naturelles. Et là, quand nous, on va accompagner les personnes auprès des chevaux, on va pouvoir lire ces réactions naturelles. Si les réactions, elles sont apprises, si quand je lève la main, le cheval, il s'approche, quand j'écarte le bras, il fait ça, etc., c'est des réactions apprises. Et donc, quand le client, sans le vouloir, va lever la main, le cheval va avoir une réaction. Ou on va apprendre au client que quand on lève la main, le cheval fait ça. Donc ça, ce n'est pas vraiment un travail de thérapie, puisqu'on n'est plus dans la naturelle, on n'est plus dans la nature.
- Speaker #1
Donc, ce ne sont pas des chevaux qui sont utilisés en équitation,
- Speaker #0
par exemple,
- Speaker #1
régulièrement ?
- Speaker #0
Ah si, c'est des chevaux qui peuvent être montés, mais ils vont faire la différence. Rien que déjà quand vous allez l'attraper auprès. Si vous avez une façon de l'attraper adaptée à son mode de fonctionnement, ou si vous allez attraper un vélo que vous allez monter, le cheval sait à qui il a affaire.
- Speaker #1
D'accord, ok.
- Speaker #0
Vraiment. Et ce, on peut le voir parce que, par exemple, quand on travaille en thérapie, je peux prendre un groupe, par exemple, de quatre personnes et un seul cheval. Et je vais faire travailler les chevaux. les humains, les clients, un par un. On aura quatre chevaux différents avec le même cheval. Quatre comportements de cheval différents. Et ça, c'est pas seulement moi qui le vois, c'est par exemple quand on a les accompagnants, j'ai eu déjà des personnes qui viennent amener des groupes, qui viennent amener des personnes, et qui me disent mais je vois bien que j'ai vu le même cheval, tel cheval, je ne l'ai jamais vu. agir comme ça. Pourtant, j'ai déjà amené d'autres personnes. Et je l'ai vu plein de fois ce cheval. Et il n'a jamais eu ce comportement. J'ai eu ça dernièrement, par exemple, une dame qui accompagne des personnes qui viennent avec des groupes. Elle a des groupes qui viennent sur tant de séances, six, sept séances. Puis après, elle emmène un autre groupe au temps de séance. Et donc, elle voit les mêmes chevaux, avec des groupes différents, avec des personnes différentes. Et on donne un cheval par personne. Et donc, elle voit bien les mêmes chevaux. réagir et fonctionner différemment avec des personnes différentes. C'est là où on voit où vraiment ils sont dans leur naturel. C'est ça qui est important.
- Speaker #1
Donc là, aujourd'hui, à Biode Némi-Caval, vous accompagnez des enfants, des adolescents, des adultes, en fait c'est tout type de public, c'est ça ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Aussi des publics en situation de handicap, et puis tu parlais tout à l'heure aussi des personnes qui sont en réinsertion, suite à des séjours en prison. des choses comme ça.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. On a une ouverture, un panel de public tout à fait différent. Ça va de toi et moi qui ont envie de faire du développement personnel, qui ont envie d'avancer, qui ont envie de s'améliorer ou d'améliorer sa vie. On peut avoir envie de travailler sur ses propres comportements pour améliorer sa vie, si on fait sa thérapie de cette façon-là. Ou bien ça peut être des gens qui sont amenés, soit par des parents, pour travailler sur un handicap ou pour prendre du plaisir aussi, pour évoluer dans le handicap. Je peux parler d'une de mes petites patientes, une de mes premières petites patientes, qui est passée, on va dire, presque de l'état de légume, c'est-à-dire de pas d'envie, d'absence totale, à un jour, elle a pris un petit carnet de jouets à Noël et elle a montré des chevaux. C'est-à-dire qu'elle a commencé à avoir un désir, à montrer qu'elle avait des envies. Ça, c'était fabuleux pour sa maman. Et puis aussi au niveau corporel, elle marchait en trapèze, c'est-à-dire qu'elle n'avait pas de mobilité dans le bassin. Et puis petit à petit, à force d'aller chercher son cheval auprès, de passer des trous, des bosses, son corps s'est vraiment délié. Voilà, il peut y avoir ça. Il y a le public... qui est amené aussi par les personnes très âgées, où on leur redonne de l'envie, on leur redonne du toucher. Ça peut vraiment rendre de la vie aux personnes qui sont en EHPAD. On va même dans l'EHPAD avec Chapi.
- Speaker #1
Avec le cheval.
- Speaker #0
Oui, oui, oui. Donc là, c'est un petit Shetland qu'on amène dans les couloirs, et dans les salles, et dans les chambres. Et vraiment, ça redonne de la vie. Pour les accompagnantes, déjà pour elles, elles nous disent « vous êtes notre soleil » . En fait, on voit les personnes se réveiller quand Japier arrive, vraiment. Et puis les personnes qui sont accompagnées par les services du SPIP. Donc là aussi, on a eu des retours vraiment magnifiques. Des gens qui, après le module du SPIP, c'est huit journées, une fois par semaine, ont pu avoir des changements de comportement fabuleux. Un gars, par exemple, qui a monté une entreprise à la sortie. Un autre qui ne pouvait pas sortir de chez lui, qui est devenu concierge. C'est quand même aussi fabuleux. Et puis, on a eu une jeune fille aussi qui s'est motivée pour sortir de l'addiction. Donc ça, c'était aussi… On n'a pas que des résultats comme ça, mais en tout cas, il y en a.
- Speaker #1
Est-ce que c'est des personnes qui sont accompagnées ? Après les sessions, parce que du coup, ce que j'entends, c'est qu'il y a les sessions de travail avec le cheval. Finalement, le thérapeute, il est là pour donner le cadre, la sécurité, pour peut-être faire le lien ou mettre des mots parfois. Du coup, est-ce qu'il y a un travail finalement après d'accompagnement sans le cheval ?
- Speaker #0
Alors, ils sont accompagnés par les services du SPIP.
- Speaker #1
Ah oui, dans le cas du SPIP, ils sont accompagnés. D'accord. Et dans le cas des adultes ou les autres personnes qui viennent, les enfants par exemple, est-ce qu'il y a un suivi finalement ?
- Speaker #0
Alors, nous, on peut avoir… Alors, c'est vrai qu'il y a les stages où on les engroupe et puis on peut avoir des suivis individuels tout au long de l'année. Tout à fait.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Oui, on a des suivis individuels tout au long de l'année, effectivement. Après, on peut aussi… Les adultes, certains viennent… c'est sous forme de week-end, il y a cinq week-ends dans l'année, donc ils peuvent venir, et après c'est à leur propre choix. S'ils veulent avoir un suivi entre les week-ends. Alors après, moi, selon le travail de la personne, selon ce que je vois de la personne, quand je reçois un week-end, oui, je vais leur demander d'avoir un suivi. Certains, je leur conseille. Certains, je leur demande d'avoir un suivi individuel entre les week-ends, par exemple. Et puis d'autres, ils n'ont que les week-ends, ça leur suffit. C'est vraiment selon le besoin de la personne. Et moi, je vais demander. expressément d'avoir un suivi si c'est vraiment nécessaire ou je vais te conseiller d'avoir un suivi si je vois que ça serait bien pour la personne mais que je n'ai pas de raison de le demander expressément.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a des besoins en particulier, comment dire, oui, des problématiques plutôt particulières qui sont traitées par le cheval, par la thérapie avec le cheval ? Est-ce qu'il y a des indications particulières où on peut être travaillé ? par le cheval ?
- Speaker #0
Alors, avant de répondre à cette question, je vais juste rajouter aussi par rapport au public.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Ce que je peux rajouter aussi, c'est que chaque année, on fait un module pour l'école de psychologie biodynamique, en thérapie biodynamique avec le cheval. Et que là, c'est aussi un public de personnes qui sont en transition, enfin en transition, qui sont en travail, on va dire, plutôt qu'en transition. et Donc ce sont des personnes qui sont en travail pour devenir thérapeutes. Et là aussi, on voit comment ces personnes qui ont un grand travail sur elles-mêmes, déjà peuvent aussi continuer à approfondir ces thématiques. Et donc pour revenir à ta question, est-ce qu'il y a des thématiques particulières qu'on peut travailler avec le cheval ? Je vais dire oui, il y en a beaucoup. Il y en a beaucoup. On peut travailler beaucoup de choses. Alors, travailler tout, je ne dirais pas tout, parce que ça va aussi dépendre de moi, de mes capacités. Par exemple, ce que je peux dire, c'est, je me souviens d'une jeune fille dont je n'arrivais pas à rentrer dans son monde. Elle avait un polyhandicap, et je voyais que même tout ce que je pouvais proposer avec le cheval, je ne voyais pas. que je lui apportais du plaisir. Donc, quelque part, j'ai arrêté avec cette personne. Parce que pour moi, il y avait une impossibilité de rentrer dans son monde. Pourtant, c'est assez rare, mais ça peut arriver. Donc, je ne dirais pas tout. Il y a des choses où le travail avec le cheval peut être limité aussi par la personne qui accompagne. Mais en tout cas, comme ça, je ne vois pas.
- Speaker #1
Ou peut-être simplement que, comme tu disais tout à l'heure, le cheval vient attraper la personne à l'endroit où elle a besoin d'être attrapée.
- Speaker #0
Ça, ça serait la réponse exacte, oui. Ça serait une meilleure réponse à cette question-là. C'est-à-dire, oui, le cheval va là où la personne a besoin d'aller.
- Speaker #1
On peut arriver avec une problématique en particulier, on a envie de traiter le lien avec la mer par exemple, et peut-être que le cheval va nous attraper ailleurs.
- Speaker #0
Totalement. On peut arriver comme ça avec une problématique et dans la réponse que va faire le cheval, c'est autre chose qui va venir et on va partir là-dessus. C'est ce qu'on appelle nous, d'ailleurs en équipe RATICI, on fait une formation en biodynamique à vol pour des personnes qui veulent travailler avec le cheval. Et c'est ce qu'on appelle la tension flottante et la figure émergente. C'est-à-dire qu'il y a quelque chose qui va émerger dans l'interaction avec le cheval qui peut-être est totalement différente de ce qu'a apporté verbalement la personne en arrivant.
- Speaker #1
Ou comme par exemple, tu donnais un exemple tout à l'heure de ce jeune qui est arrivé avec des comportements qui commençaient à basculer. Évidemment, c'était ça sa problématique. Et puis finalement, ce que j'en comprends, c'est qu'il... Ce qui a travaillé, c'est la question de l'amour, du lien. Je ne sais pas si c'était de l'amour maternel ou autre chose, mais finalement, c'est ça qui est ressorti. Le travail avec le cheval, ce n'était pas pour lui apprendre les comportements adéquats avec ses congénères. C'est ça.
- Speaker #0
Voilà, tout à fait. C'était ça. C'est-à-dire que ce jeune homme, parce qu'il avait des parents aimants, mais il n'avait pas le décodage pour recevoir l'amour. C'est-à-dire qu'il pensait qu'il fallait qu'il soit gentil ou qu'il fallait qu'il soit comme ci pour recevoir cet amour et il était dans le refus de ça. Il était en révolte.
- Speaker #1
Il l'avait conditionné, en fait. Il y avait peut-être quelque chose de la condition.
- Speaker #0
Voilà. Oui. Et oui. Alors que non, il a pu recevoir ensuite l'amour de ses parents plus facilement parce qu'il avait reçu l'amour du cheval gratuitement et qu'il n'avait rien à rendre avec.
- Speaker #1
Ok. Et alors, il y a une question qui me trotte dans la tête depuis tout à l'heure, je voudrais te la poser, qui est, on a parlé un peu, tu as commencé à parler un peu de la psychologie biodynamique. Aujourd'hui, il y a pas mal de personnes qui sont déjà formées en équipat pratici, mais toi, ta pratique de l'équithérapie s'est mêlée à ton expérience de la psychologie biodynamique. Alors, la question que j'ai envie de te poser, c'est en fait, comment est-ce que les deux se lient ? Comment est-ce que toi, tu as été amené à lier les deux ? Et qu'est-ce que la psychologie biodynamique apporte à l'équithérapie ? Et l'inverse aussi, qu'est-ce que l'équithérapie apporte à la biodynamique ?
- Speaker #0
C'est une bonne question. Alors effectivement, le mélange des deux, c'est lié à mon parcours personnel. Parce que j'ai été monitrice d'équitation au départ. Et puis, moi-même, j'ai fait un travail thérapeutique personnel et aussi spirituel, c'est-à-dire en chamanisme. Et tout a été lié en fait. Tout s'est mêlé pour faire un chemin. J'ai découvert le chamanisme par le chemin thérapeutique, j'ai visualisé cette envie que j'avais de transformer mon métier de monitrice d'équitation et de directrice de centre équestre dans un travail chamanique. Tout a été entremêlé. Pour revenir à la fin, à avoir ma connaissance du cheval en tant que monitrice d'équitation et aussi en tant que palfrenier soigneur qualifié, parce qu'avant d'être monitrice, j'avais été palfrenier soigneur qualifié, j'avais fait une formation pour connaître le cheval de son côté, dans le côté physique et s'occuper de lui. Ensuite, quand j'ai fait de la thérapie moi-même personnellement, je me suis rendue compte du bien-être que ça a amené dans la vie. et j'avais envie de rendre ça, mais sans laisser le cheval. Donc du coup, j'ai cherché à me former, et j'ai rencontré la psychologie biodynamique, et tout en me formant pour être thérapeute psychocorporelle biodynamique, je continuais à œuvrer avec le cheval, et là j'ai commencé à voir combien les deux chemins étaient complètement complémentaires, parce que corporel, et c'est le côté… corporelle qui a relié du cheval et le corporel de la psychologie biodynamique qui m'a fait relier les deux. Et c'est comme ça que j'ai inventé cette psychologie biodynamique et thérapie biodynamique avec le cheval. Alors j'ai été voir comment faisaient les autres. dans les thérapies avec le cheval, qui était au départ très orienté vers le handicap et assez peu sur l'accompagnement psychologique. Mais maintenant, ça se développe de plus en plus parce qu'on voit bien partout, on peut constater, chaque fois qu'il y a des expériences, que ça marche. Ça marche très bien. Et c'est, voilà, pour répondre à ta question, comment je mêle les deux, c'est le côté corporel. qui est commun.
- Speaker #1
Quand tu en parlais, moi ça m'a fait penser aussi au côté laisser faire ce qui est là. Dans la biodynamique, il y a quelque chose de très ouvert, très accueillant à ce qui est présent pour la personne. Et quand tu parlais de la relation avec le cheval, du fait que le cheval, il arrivait, qu'il faisait des propositions, que la personne devait aller aussi comprendre, sentir. comment elle devait, comment aller vers le cheval. Ça m'a fait penser à cette dimension-là aussi qu'on peut retrouver en biodynamique.
- Speaker #0
Oui, oui, effectivement. En psychologie biodynamique, quand on fait l'enseignement, c'est ça, on apprend aux personnes à suivre l'énergie. Ce que Gerda Boissen enseignait à l'époque, c'était vraiment de suivre l'énergie de ce qui est là. Quand un client arrive, on va... Même si on a prévu quelque chose. On va attendre de voir qu'est-ce qui se passe, qu'est-ce qui se déroule, ou soit qu'est-ce qui va être amené. On va travailler avec ce qui est là et l'énergie qui est là. Et effectivement, avec le cheval, on fait ça aussi. Parce qu'en plus, le cheval va montrer ce qu'il a.
- Speaker #1
Le cheval est très biodynamique, finalement.
- Speaker #0
Il est très, très, très biodynamique, bah oui. C'est l'énergie de vie incarnée. C'est vraiment une énergie de vie incarnée. Et justement... Aussi en biodynamique, on est là pour soutenir le vivant. Et le cheval ne fait que ça dans sa vie, il soutient le vivant. Il est le vivant. Vraiment, c'est complètement complémentaire. Et c'est deux choses. Le cheval et la biodynamique se nourrissent. Et comme tu dis, laisser faire. Ça, c'est une habileté biodynamique du thérapeute. C'est de laisser faire. Mais pas... à rien faire. C'est différent. C'est plutôt... C'est l'art de faire rien. C'est différent que rien faire.
- Speaker #1
Oui, l'art de faire rien. Alors, de faire rien, mais quand même d'apporter le cadre, la sécurité, pour que le rien puisse se faire.
- Speaker #0
Exactement. Mais quand je dis faire rien, c'est pas rien faire. On n'est pas assis dans un coin à rien faire. On est là, on est présent. La présence est très importante. Le soutien est très important, même s'il est silencieux. Mettre des mots, ça participe aussi. Ce n'est pas, on va dire, rien faire. Mais mettre un mot, dire « et si ce mot ? » L'amener, et d'une façon très subtile, quelquefois. quelquefois d'une façon plus didactique, il y a besoin d'apprendre, de parler plus, c'est d'être à la place où il y a besoin d'être. Mais pas en tant que thérapeute pour dire « je fais bien, je fais bien ce qu'il faut » , etc. Non, au service du vivant, au service du client. Et ça, le cheval nous l'apprend même en tant que thérapeute. Le cheval est un grand maître parce qu'il est là au bon endroit. discrètement ou des fois pas discrètement du tout. Et c'est toujours au service de la personne et du vivant de la personne. C'est très, très beau à voir. Et moi, je dois dire que ça fait 30 ans que je travaille avec eux là-dessus. 24 ans en thérapie, même plus de 30 ans si je compte toutes les années. C'est vrai que ça, le temps passe vite, on va dire. Mais ça fait plus de 20 ans que je travaille en thérapie avec eux. Et aujourd'hui, je peux dire que j'apprends encore avec eux. Ce sont des grands maîtres tout au long des séances. Et des fois, je suis à l'école avec des jeunes chevaux. Quelquefois, ils sont beaucoup plus jeunes que moi et ils peuvent m'apprendre plein, plein de choses. Ou me remettre à ma place aussi. Quelquefois, d'un revers de tête, ils me remettent à la bonne distance. Ils sont vraiment très précieux.
- Speaker #1
Bien, en tout cas, ça donne envie d'aller essayer.
- Speaker #0
Oui, et encore oui. Il y aurait tellement de choses à dire qu'on se perd quelquefois.
- Speaker #1
Et oui, et on arrive déjà à la fin de l'épisode, donc j'aurais encore beaucoup de questions. à poser, mais malheureusement, on va devoir s'arrêter. Et en tout cas, ça sera l'occasion de revenir peut-être pour continuer l'échange. Mais s'il y avait un message que tu aimerais que les auditeurs retiennent de là, de ce qu'on a pu discuter, et puis de cette thématique du travail avec le cheval, qu'est-ce que ça serait ?
- Speaker #0
Alors, si j'avais une chose, une seule chose à dire...
- Speaker #1
Il peut y en avoir deux.
- Speaker #0
Eh bien, ça serait une invitation à aller voir, rencontrer cet animal, parce que même si on en a peur, même si on n'aime pas particulièrement, il a beaucoup, beaucoup de choses à nous apprendre, à nous montrer. Et quelquefois… On peut être vraiment surpris par une rencontre, une vraie rencontre, et je dirais même la rencontre du vivant, et à travers ce vivant. la rencontre de notre propre vivant. Voilà, si j'avais quelque chose à dire, je dirais, essayez la rencontre.
- Speaker #1
Essayez la rencontre. Oui, je trouve que c'est une belle manière de conclure. Et puis, avant de se dire au revoir, pour les auditeurs qui aimeraient aller un petit peu plus loin sur cette thématique, est-ce qu'il y a des choses que tu conseillerais ? Ça peut être des livres, des vidéos, des stages.
- Speaker #0
Alors oui, je vais avoir des choses à conseiller, oui. Oui, parce qu'il y a eu plusieurs choses qui ont été faites, par exemple par des producteurs de films, qui ont été faites sur le travail qu'on a fait à Biodynamique Aval. Et je pourrais, quelques fois, qui ont été faites avec beaucoup de finesse, c'est des personnes qui ont capté l'âme du travail. Donc je pourrais conseiller notamment… Un documentaire qui a été fait par Caroline Puig-Grenetier qui s'appelle Léa et Petit Nuage, qu'on peut trouver sur YouTube.
- Speaker #1
Les liens sont dans la description du podcast.
- Speaker #0
D'accord. Et puis, un autre qui a été fait par Nicolas Charguéraud qui est Le jour de la liberté et qui est un très, très beau documentaire aussi fait sur le travail avec les personnes accompagnées par le SPIP. Celui de Caroline, il a été fait sur le travail avec les enfants, et celui de Nicolas sur le travail des personnes accompagnées par le SPIP. Après, il en a fait deux autres, qui s'appellent Éducateur à quatre pattes, et puis Le jour de la liberté 2, aussi, qui a été fait sur le travail avec les adultes qui viennent en week-end, qui ne sont pas du tout accompagnés par le SPIP. Et il l'a appelé aussi Le jour de la liberté, donc c'est Le jour de la liberté 2. et puis Au niveau livre, je n'ai pas encore écrit le mien. À bientôt. Mais il y a un livre qui m'a beaucoup plu quand je l'ai lu. Il y a longtemps que je l'ai lu. Et je trouve qu'elle parle très bien de ce travail-là. C'est le livre de Linda Kovanov qui s'appelle « Le taon du cheval » .
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
C'est un livre que j'avais beaucoup aimé. Je pourrais aussi… conseiller un livre qui a été écrit par Jean-Claude Barré sur l'éthologie du cheval, l'éthologie équine, l'éthologie humaine. C'était quelqu'un qui a fait un super travail sur l'éthologie équine. Oui, c'est pas un stage. Alors, il y a les stages. Effectivement, il y a plusieurs façons d'être en stage aussi. Il y a soit ces fameux stages de week-end où on accueille les personnes adultes. Il y a les stages d'été. On a des stages d'été pour les adultes, trois jours, et pour les enfants aussi, pendant cinq jours. C'est vraiment une immersion en groupe, où ils travaillent autant le lien avec l'animal que les interactions sociales, les habiletés sociales, comme on dit maintenant. Et on travaille en lien avec la biodynamique, c'est-à-dire qu'ils ont une demi-journée avec le cheval, une demi-journée tout ce qui est expression corporelle. Et c'est assez fabuleux comme travail au bout d'un an. de 5 jours. Et puis, le stage aussi, on fait avec l'école, le module de l'école de psychologie biodynamique où on a tout un... On traverse, on fait le lien, justement, biodynamique et cheval.
- Speaker #1
Et les modules qui se passent tous les étés ? Il y en a un par chaque été ?
- Speaker #0
Chaque été, au mois d'août, autour du 15 août. C'est toujours le week-end du 15 août. Et donc, ce module se passe à ce moment-là, chaque année. Et c'est un très, très beau module.
- Speaker #1
Et toutes les dates de ces stages et de ces ateliers sont à retrouver sur le site de Biodynamic Aval, qui est biodynamicaval.fr et que je mettrai dans la description de ce podcast également.
- Speaker #0
Merci beaucoup.
- Speaker #1
Voilà, il est temps de se dire au revoir. Merci beaucoup, Dominique, pour cet échange. C'était vraiment très intéressant.
- Speaker #0
Merci à toi. de l'avoir mis en place.
- Speaker #1
Avec plaisir. Et donc, on a encore visiblement beaucoup de choses à échanger, à discuter sur cette thématique du cheval. Donc peut-être que ce sera l'occasion d'en refaire un dans quelques mois.
- Speaker #0
Écoute, ce sera avec plaisir.
- Speaker #1
Merci Dominique encore. Et puis, au revoir.
- Speaker #0
Au revoir et au revoir à tous. Bonne journée.
- Speaker #1
Vous venez d'écouter un épisode du podcast des mots pour le corps. Vous pouvez retrouver tous les épisodes sur vos plateformes de podcast favorites ou sur mon site nova-biodynamique.fr. Merci de votre écoute et à bientôt.