- Speaker #0
On n'a pas nécessairement besoin tout de suite d'aller prendre un coach à 3000 euros et suivre un processus intensif de connaissance de soi. Ça peut commencer solo chez soi. Finalement, se poser des questions simples, accessibles, qui ne sont pas lourdes de sens et qui pourtant ont une puissance phénoménale. C'est le voyage qui est plus beau des fois que la destination. Peut-être qu'il y a aujourd'hui des gens, et c'est même sûr, à l'âge de 60 ans, ils ne se sont toujours pas posé ces questions.
- Speaker #1
Bienvenue sur Des Salariés, le podcast qui démystifie l'entrepreneuriat en partant à la rencontre de personnes ordinaires au parcours extraordinaire. Et aujourd'hui, nous partons à la rencontre de Lorraine. Merci d'avoir accepté de venir sur le podcast.
- Speaker #0
Merci à toi de me recevoir.
- Speaker #1
Avec grand plaisir. Donc dans le podcast, ce que j'aimerais, c'est qu'on parle déjà de ton parcours, qu'on parle de Je suis Cap, mais qu'on parle aussi de remise en question et du fait de croire en soi. Ça te va ?
- Speaker #0
Eh bien, vos progrès.
- Speaker #1
Alors... Ce que je te propose dans un premier temps, si ça te va, c'est de te présenter.
- Speaker #0
Ok, je m'appelle Lorraine, je vais l'épler parce que tout le monde ne sait pas le faire, c'est L-O-R-E-N-E, parce qu'on l'associe souvent à la Lorraine. J'ai 28 ans et je vis aujourd'hui à Strasbourg, je suis née à Strasbourg, et je suis aussi donc la créatrice de Je suis Cap.
- Speaker #1
Ok, est-ce que tu peux parler un peu de ton parcours ?
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Alors mon parcours, il a commencé avec des études. Disons qu'après ma licence en événementiel, j'ai un peu déjà eu ces premiers questionnements de qu'est-ce que j'ai envie de faire ? Où je veux aller ? J'étais un peu perdue à ce moment-là. J'ai toujours été travailleuse, j'ai toujours aimé vraiment m'investir dans ce que je faisais, mais là, vraiment zéro idée de ce que je voulais faire. Et je me rappelle que dans mon groupe de pédagogie, potes, j'avais donc trois personnes qui partaient en Australie. Et c'est la première fois que ça a commencé vraiment à m'intéresser, à me dire « Ok, je vais partir peut-être, pourquoi pas » . Et donc du coup, j'en ai profité d'avoir un élan dans mon environnement, un élan qui partait. Et je me suis dit « Je vais faire pareil » . Moi, j'ai pris un autre chemin. Je ne suis pas partie avec eux. Et donc, ça a été ma première expérience à l'étranger qui a finalement duré un peu plus d'un an. Au départ, ça devait être six mois. Ça a terminé, c'était un an. Et après encore quelques voyages en Asie. Donc voilà, ça, c'était une petite période de ma vie assez sympa pour remettre tout en perspective. Et puis ensuite, je suis revenue. J'ai terminé mes études quand même en master. Et voilà, c'est fin master que j'ai commencé à comprendre que finalement, c'était l'entrepreneuriat qui me bottait bien.
- Speaker #1
Ok. Et du coup, pourquoi avoir choisi justement l'entrepreneuriat ?
- Speaker #0
Je dirais que j'ai toujours su ce que c'était un chef d'entreprise. Mais déjà, dans mon environnement, il n'y avait pas d'entrepreneurs, ni de près ni de loin. Et puis bon, c'est vrai que j'ai toujours été très axée chef de projet. J'ai toujours aimé ça, en fait, d'avoir ce côté un peu plus global sur un projet. Et en fait, je me suis rendu compte que l'entreprenariat répondait déjà à ça, c'est-à-dire ce côté un peu coordonné chef de projet. Et en plus de ça, il y avait cette infinité de possibilités et où là, ma créativité pouvait vraiment s'exprimer. Et donc, j'ai vu un moyen de me rendre un peu plus indépendante et monter en compétence en fait, pour ce que je faisais. Vu que j'adore, je suis très débrouillarde, j'aime bien me tester, même si c'est pas toujours agréable, mais j'aime bien un peu l'inconnu, savoir qu'est-ce qui va se passer, où ça peut aller. Et voilà, c'est vraiment parti de là. Et c'est surtout une première idée. Cette idée n'est plus d'actualité, mais c'est partie d'une idée en fait, dont on a vécu. Donc qui pue du tout celui-là, mais voilà, partie de là.
- Speaker #1
Ok. Et puis justement, tu disais que l'entrepreneuriat, t'avais personne dans ton entourage de base qui l'était. Qu'est-ce qui a fait que quand même t'as voulu te lancer alors que t'avais personne, notamment tes parents ou autres, qui étaient dans ce milieu-là ?
- Speaker #0
Je pense que des fois, il faut aussi être... Il faut y croire à son idée. Et déjà, c'est là la première chose. Quand tu crois en ce que tu veux, il y a déjà eu un premier moteur d'activer. Et donc, c'est vrai que j'avais en master suivi en parallèle de mes cours qui étaient obligatoires, un cours sur le volontariat, sur l'entrepreneuriat. Donc ça était déjà aussi mon premier pas dedans. Et en fait, à ce moment-là, c'était mon... mon copain actuel qui m'a dit « mais pourquoi pas ? » Juste, pourquoi pas ? C'est quoi qui t'arrête en fait ? Et donc c'est là où je me suis dit « bah en fait finalement, ouais, pourquoi pas ? » Et en fait j'étais en fin d'études master. Je savais toujours pas trop quelle entreprise me faisait vraiment envie. Et j'étais toujours un peu dans cette quête de vouloir encore un peu apprendre à me connaître. Et donc c'est vraiment une quête personnelle. Je le définis vraiment comme ça, l'entreprenariat. C'est une quête personnelle. Il faut vraiment vouloir apprendre à se connaître quand tu vas dans l'entrepreneuriat parce que tu fais très rapidement face à toi-même. Donc, je dirais qu'il y a eu cette motivation qui était mon copain qui m'a dit pourquoi pas et en même temps, moi, qui me suis dit « je suis curieuse, débrouillarde, j'ai envie d'en savoir plus, allons-y » .
- Speaker #1
Et de toute manière, les invités que j'ai eus jusque maintenant, ils me le disent aussi, c'est une grande quête de soi. Et on apprend beaucoup sur soi, en fait, quand on devient entrepreneur. Parce que comme tu dis, en plus, si on est solo, on n'a pas d'autre choix que de compter sur soi-même et puis d'explorer soi-même aussi nos capacités, nos limites, etc. Et ça, on y fait vite face dans l'entrepreneuriat.
- Speaker #0
Oui, très rapidement, en fait. Tu vois que tu ne peux plus te cacher derrière un nom d'entreprise, derrière des collègues, derrière… Tu sais que ta responsabilité, la responsabilité, elle vient que de toi puisque tu es tout seul. Donc oui, il y a un temps d'adaptation quand même au début. C'est un peu perturbant. Puis après, c'est là où il faut savoir se mettre un cadre et ça, c'est un autre sujet. Mais en tout cas, oui, être solo, ça demande à être rapidement face à soi-même. Donc moi, je suis totalement d'accord avec eux. C'est une quête personnelle.
- Speaker #1
et puis là tu viens de le dire justement sur la question de la responsabilité, la grosse différence qu'on peut avoir en fait aussi entre le salariat classique et puis l'entrepreneuriat c'est que quand t'es salarié si tu fais une bêtise ou autre entre guillemets c'est pas si grave parce que c'est l'entreprise derrière en fait qui prend la responsabilité de ta faute sauf que quand t'es à ton compte c'est ton entreprise qui est responsable aussi mais en fait c'est toi qui est in fine responsable directement et qui en paie les pots cassés en fait.
- Speaker #0
Et bah t'es vraiment tu peux te retourner dans tous les sens il n'y a que toi donc voilà après c'est vrai que je dirais que même si admettons demain je vais me tourner dans le salariat je trouve que ça m'aidera toujours de faire ça c'est à dire de savoir un peu mon niveau de responsabilité dans ce que je fais dans ce que j'entreprends et je pense que même dans le salariat ça devrait se voir un peu plus, de porter un peu plus la responsabilité de ce qu'on fait mais ouais ouais clairement c'est ça challenge ça challenge
- Speaker #1
Et quand on a discuté pour la première fois ensemble, là tu le dis, ça a l'air hyper simple que tu t'es posé la question de pourquoi pas et ton copain t'a dit bah oui justement pourquoi pas et que tu y es allé. Mais je sais que tu me disais que dans ton entourage, on pouvait ne pas comprendre aussi forcément pourquoi est-ce que tu allais dans cette aventure-là. Et c'est là où tu as l'importance de ton entourage avec ton copain qui a malgré tout poussé pour que tu continues dedans, je crois ?
- Speaker #0
Oui, en fait, voilà, moi, mon entourage, ce sont mes amis, ma famille. Et en plus, c'est vrai que j'ai des très bons rapports avec mes parents. Ils ont toujours été là pour moi, m'aider. J'ai vraiment eu un cadre familial au top pour me voir évoluer. Et le jour où vraiment j'ai commencé un peu à avoir cette approche entrepreneurielle au prix d'eux, et donc là, j'étais encore en études, donc un peu la possibilité de faire un peu tout « Je vais te reprendre un salariat, aller dans le salariat ou aller dans l'entrepreneuriat. » Il me disait « Mais non, mais Lorraine... » C'était pas méchant. C'était vraiment, je pense, pour mon bien, à leur sens, c'est-à-dire pour me sécuriser. Mais ils disaient « Ouais, t'as peut-être besoin d'un peu d'expérience. C'était trop tôt. » Enfin voilà, il y avait pas mal de freins à ce qu'il me disait. Et à côté de ça, t'avais cette personne qui, lui, me disait « Pourquoi pas ? Vas-y, il n'y a pas de... Qu'est-ce que t'as à perdre, en fait ? » Et donc j'étais vraiment au milieu. J'entendais deux discours et je me suis rendue compte que je me vois encore, en plus, fin de master, il y avait tous les gens de ma classe qui regardaient sur Indie, sur tous les sites pour trouver des travails. Moi, je ne regardais pas. Je n'avais même pas cette curiosité d'avoir ce qui se passait sur le marché du travail. Et je me suis dit… Ouais, il y a peut-être un indice. Je n'étais même pas intéressée ni curieuse de savoir s'il y avait un poste pour moi. Donc en fait, c'est vrai que par la suite, j'ai été en préincubation. Ayant qu'il y avait un cadre avec des ateliers, c'était quand même un peu structuré la démarche. Donc voilà, j'ai plus appris ce que c'était l'entrepreneuriat que vraiment explorer un premier chiffre d'affaires, etc., Mais en tout cas, oui, j'ai eu ce double discours. Et c'est là où je me suis rendue compte. Mais ça, tu le sais toujours après. Sur le moment, tu n'as pas cette prise de hauteur de dire à tes parents, tu les prends en plus en mode « Oh là là, mais pourquoi il ne veut pas me soutenir ? Il ne veut pas m'aider ? » Il ne faut pas leur en vouloir. En fait, c'est normal parce que tout le monde prend des décisions en fonction de sa perception qui est nourrie par ses propres expériences. Donc, finalement, c'est plutôt un bénéfice parce que ça m'a encore pensé plus motivé à le faire. Je me suis dit, ah ouais, vous ne voulez pas ? Regardez, je peux encore plus le faire.
- Speaker #1
Justement, mon dernier invité qui s'appelle Maxime, je trouve qu'il l'avait bien traduit, c'est que non seulement toi tu as peur quand tu te lances, mais tu dois supporter aussi le poids des peurs des autres. Et puis c'était pareil dans son entourage, c'est qu'en fait, eux, ce n'était pas malveillant en fait. C'est qu'ils avaient peur pour lui, Et du coup, il transmettait, même sans le vouloir, forcément ces peurs-là sur ses propres épaules, alors que lui-même déjà, il n'était pas complètement sûr.
- Speaker #0
Mais c'est ça en fait, c'est vraiment très bienveillant je trouve justement de raisonner comme ça, c'est qu'en fait ces personnes-là ne font jamais ça pour ton mal en fait, pour ton malheur en fait. C'est vraiment juste, ils pensent t'aider en faisant ça. Et d'une certaine manière, ils le font aussi puisque bon, certes ils ne nous soutiennent pas dans notre démarche, Mais du coup, le bénéfice dans tout ça, parce qu'il y a toujours des bénéfices quand même, c'est que du coup, ils vont encore plus te challenger. Et toi, tu vas encore plus vouloir te prouver à toi-même et leur prouver que c'est possible de le faire. Donc finalement, c'est jamais malveillant. C'est vraiment bienveillant. Donc moi, je les remercie aujourd'hui de m'avoir dit non, il ne faut pas y aller, etc. Bon, maintenant, ça va. Ils ont mieux compris. Ils ont vu que je... que je n'avais pas moufté. J'étais vraiment sûre de moi. Mais donc, du coup, c'est là où on peut voir un autre trait, c'est la résilience, c'est la persévérance, ces mots un peu génériques qu'on peut dire « je suis une » . C'est à travers ces exemples-là précisément que j'ai fait preuve de résilience et de persévérance au début, sans même avoir rien commencé de très concret. Mais ça commence par là, en fait, finalement, l'entreprenariat et donc la quête personnelle.
- Speaker #1
Ok, et... Comment s'est venue justement l'idée de Je suis Cap ?
- Speaker #0
Alors, Je suis Cap, c'était vraiment dans ma deuxième phase parce que du coup, suite à ma première expérience, j'avais repris un emploi. Donc, je m'étais de nouveau salarisée. J'étais dans un CDI, j'étais très bien. J'étais vraiment très, très bien. J'étais dans une très belle boîte. J'avais des bons rapports. Vraiment, j'étais au top. Mais en fait... Déjà, ça commence quand tu commences à avoir une réflexion personnelle chez toi le week-end. Donc là, l'entrepreneuriat revenait un peu en sourdine, mais il était hyper sévéré. Et en fait, c'était issu d'une histoire personnelle où je m'étais écrite une lettre à moi-même à l'âge de 16 ans. Et bon, il y en a beaucoup qui le font, mais en tout cas, je suis retombée dessus. Et cette première émotion que j'ai ressentie quand je me suis relue, c'est... C'était vraiment de la fierté et en même temps, je m'étais surprise moi-même de l'avoir fait parce que je l'avais complètement zappé. Donc ça part de là. Après, par la suite, j'avais écrit un petit livret que j'avais imprimé pour faire du journaling. Mais en fait, je me suis dit, les gens à qui je l'ai donné pour le faire tester, ils n'avaient jamais le temps. Je me suis dit, bizarre quand même, je leur ai offert en plus, mais ils n'avaient jamais le temps. Et donc, je me suis dit, waouh, il faut quand même un produit qui... qui soit alignée au fait qu'aujourd'hui, les gens ne prennent pas forcément le temps tous les jours de s'écrire une heure par jour. Et c'est OK, je veux dire, ce n'est pas une obligation. Mais je veux dire, ça peut faire du bien et pourtant, les gens ne le font pas. Et donc, je me suis dit, ouais, mais en fait, un jeu, une partie pour déjà faire un point sur toi-même, c'est ce qu'il faut finalement. Et donc aussi cette ambition de rendre, on va dire, le développement personnel en global dans le fait que ça soit tangible. Ça, c'était vraiment une... une ambition, une mission. Je voulais rendre tangible face à toutes ces formations qu'on voit aujourd'hui. Aujourd'hui, c'est très simple de créer une formation, mais moi, je voulais vraiment créer un outil qui puisse garder pour eux et le faire suivre dans leur vie. Même après avoir peut-être eu un échange avec moi, je voulais rendre autonome les gens. Et donc du coup, grâce au jeu, c'est ce qu'on faisait quand même quand on a appris en étant enfant... on apprend à travers le jeu. Et donc, du coup, c'est comme ça que rapidement, j'ai eu ce truc de... En fait, c'est un jeu qu'il faut que je crée. Donc, c'est le fruit d'un an de réflexion. Et après, il y a eu le climax où tout s'est aligné, tous ces apprentissages que j'ai eus, ces formations, ce vécu personnel a pris forme dans un jeu. Je ne sais pas si j'étais claire, mais en tout cas, c'est vraiment le fruit d'une réflexion qui a été très longue et dont je suis très fière, vraiment. de pouvoir justement offrir l'opportunité aux gens de s'écrire une lettre à eux-mêmes et d'apprendre à se connaître à travers le temps.
- Speaker #1
Et tu as bien raison, parce que dans ce que tu dis, je retiens deux choses. C'est que la première, c'est qu'on ne prend pas suffisamment de temps pour soi. Et c'est peut-être un des plus grands mals qu'on a aujourd'hui dans la société. C'est ce qui conduit justement à se perdre, à ne pas savoir ce que tu veux faire, etc. Et puis, le développement personnel, en fait, on y met tout et n'importe quoi. Mais avant tout, le développement personnel, en fait, c'est un travail sur soi-même. Et ça peut passer par ça. Et dans ce que tu m'évoques, ça me rappelle un truc tout bête qu'on faisait quand on était plus petits, c'est avoir un journal intime.
- Speaker #0
Mais bien sûr, oui, mais bien sûr. Cette boîte secrète qu'on avait où on pouvait même garder des moments de notre vie, des petits papiers découpés ou des écritures de petits mots qu'on s'écrivait dans la classe, ou des petits mots à soi-même. Je veux dire, oui, effectivement, ça part de là aussi, cette expérience qu'on a un peu oubliée avec le temps. Et c'est vrai que, tu vois, le développement personnel... Bien que voilà, il y a plein de livres que moi-même j'ai lus, j'ai fait des formations. Je veux dire, à un moment, il y a aussi l'aspect théorique qui est très important. Mais avant tout, c'est de la pratique. Et c'est en fait finalement se poser des questions simples, accessibles, qui ne sont pas lourdes de sens et qui pourtant ont une puissance phénoménale. Et ça ne demande pas forcément de se prendre une retraite silencieuse de deux semaines pour commencer à en faire. C'est vraiment déjà juste poste... deux minutes, fais une pause, une parenthèse dans tout ce bourraque que t'es en train d'avoir, ta routine, métro bleu de dos. Et voilà, fais un tour d'horizon. Questionne et apprécie. Il y avait aussi cette envie d'arrêter de banaliser, normaliser certains moments forts de notre vie qu'on ne voit même plus et qu'on prend même pas le temps d'apprécier et de valoriser.
- Speaker #1
Justement, enfin, Moi, ce que j'ai apprécié et la raison pour laquelle aussi j'ai voulu t'inviter et t'avoir, c'est que moi, toute ma remise en question jusqu'à aujourd'hui, elle a commencé avec un peu ces questions-là. C'est où est-ce que je veux aller ? En fait, quel cap je me fixe ? Chose que je n'avais jamais pris le temps de faire en quasi 30 ans de vie à l'époque. En fait, je ne savais pas où j'allais. Je vivais beaucoup au jour le jour. Et ce n'est pas une mauvaise chose. Au contraire, des fois, il faut se laisser aussi... Le temps est vide parce que je suis tombé aussi dans l'extrême de ça, de savoir vouloir tout contrôler, tout codifier, mettre des objectifs partout, etc. Mais en gros, tout a commencé un peu avec ça. Savoir où est-ce que j'aimerais aller, même si ce n'était pas forcément clair. Et simplement le fait de me poser ces questions-là d'où est-ce que j'aimerais être et ce que j'aimerais faire, ça a commencé à faire un travail sur moi de base. Et puis, c'était quelque chose que je n'avais jamais pris le temps de faire. Parce que quand tu finis tes études... Déjà, quand tu es dans tes études, dès le départ, on te demande où est-ce que tu veux aller.
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #1
Franchement, je n'en savais rien du tout.
- Speaker #0
Pour les gens, ça commence avec ces questions.
- Speaker #1
En fait, je ne savais pas. Mais du coup, je me suis juste laissé porter pendant toutes mes études. Et une fois que mes études étaient terminées, il fallait trouver un emploi. Donc, je me suis jeté un peu sur les premières offres de travail qu'il y avait. J'ai commencé à travailler et en fait, je me suis laissé porter par la vie. Et à aucun moment, je me suis écouté moi-même et savoir ce que je voulais faire. Et c'est au moment où le Covid est tombé, moi à l'époque, que j'avais un peu plus de temps et que je me suis dit qu'est-ce que je veux et qu'est-ce que je veux trouver ?
- Speaker #0
C'est vrai qu'on peut remercier le Covid en partie pour ça. C'est vrai que ça a imposé une pause à beaucoup de monde. Et je pense qu'effectivement, c'est là où il y a eu beaucoup de projets, de nouvelles perspectives. qui sont nés grâce à cette pause. Et en fait, c'est vrai que... Après, comme tu viens de le dire, c'est OK d'avoir un moment, se laisser porter par, on va dire, la vie, les opportunités. Parce qu'à un moment, il faut bien commencer quelque part. Et comme tu l'as dit, à l'âge de 16-17 ans, moi, la première, jamais j'aurais été capable de dire que je serais entrepreneuse et que je vais créer un jeu. Tu vois, vraiment, on était...
- Speaker #1
Et t'es entretenue aujourd'hui,
- Speaker #0
c'est un podcast. Oui, non, mais c'est ça. Mais même il y a un an, genre vraiment, ça évolue tous les jours. et c'est normal et je pense que c'est même ce qui fait la beauté de la vie en fait, de ne pas savoir et d'avoir ces opportunités qu'on ne peut pas prédire, sinon ça serait moins drôle je pense à vivre donc après c'est plutôt, et tu l'as fait genre dire, t'as commencé à le faire peut-être qu'il y a aujourd'hui des gens, et c'est même sûr à l'âge de 60 ans ils se sont toujours pas posés ces questions, donc voilà il n'y a pas de bon moment, il faut se sentir prêt pour le faire et donc effectivement avec tout ce que j'ai vécu c'est avoir finalement Se poser ces simples questions que tu t'es posées, c'est « qu'est-ce que j'ai aimé faire ? » « Qu'est-ce que j'ai moins aimé faire ? » « Qu'est-ce que j'ai envie d'explorer ? » « Qu'est-ce que j'ai remis à plus tard mais qui en fait finalement me donne envie ? » En fait ça commence par là. On n'a pas nécessairement besoin tout de suite d'aller prendre un coach à 3000 euros et suivre un processus intensif de connaissance de soi. Ça peut commencer solo chez soi. Puis après voilà, il y a des gens qui sont plus ou moins à l'aise pour se poser ces questions seuls et c'est là où après on peut avoir des supports informationnels pour ça Mais effectivement, ces questions, elles sont essentielles. Et c'est vrai que je me les suis posées grâce à mes parents et ma mère en particulier, avec qui j'ai toujours eu un très bon lien. En fait, elle m'a toujours laissé ouvert de la parole. Elle m'a toujours posé des questions et elle a toujours essayé de remettre en perspective avec moi. Bon, après l'entrepreneuriat, on va dire que j'ai dû m'orienter vers Mathieu, mon copain. Mais avant ça, voilà, elle m'a beaucoup challengée. Et donc, voilà, j'ai eu cette chance. Et je pense que tout le monde ne l'a pas, d'avoir un environnement peut-être enclin à se poser les questions avec quelqu'un. Donc c'est pour ça que je disais, il ne faut pas hésiter des fois à aller voir d'autres personnes qui sont de conscience pour se questionner sur ça.
- Speaker #1
Et en plus, comme tu dis, la question, c'est très puissant. En fait, c'est tout bête et puis il n'y a pas besoin forcément, comme tu disais, de... d'aller directement creuser dans du hyper deep avec un coaching, un psy ou des choses, etc. En fait, ça peut commencer avec des questions toutes banales de la vie de tous les jours et juste de prendre le temps de se poser dessus et se dire qu'est-ce que je veux réellement ? Et du coup, je vais peut-être en profiter pour te laisser présenter Je suis Cap en tant que telle et puis comment est-ce que ça peut aider justement à trouver une orientation ?
- Speaker #0
Alors, je suis cap. Je l'ai vraiment pensé pour que ça soit assez général. Disons que ça peut s'adresser à des personnes qui sont, on va dire... Alors, à partir du moment où on commence à écrire et lire, c'est... On peut commencer à jouer. La connaissance de soi, elle peut commencer très jeune. Mais voilà, c'est vraiment été écrit pour éviter d'être trop spécialisé dans un domaine précis. Et donc, en fait, l'idée, c'était vraiment de partir du concept de s'écrire une lettre à soi-même et à se relire. Et en fait, l'idée, c'est d'un... de mettre une intention dedans sur le fait d'oser entreprendre quelque chose de nouveau pour soi. Et donc, ça peut être professionnel comme personnel. Puisqu'en fait, il y a des gens, ils sont très bien dans leur boulot, ils n'ont pas nécessairement besoin de se reconvertir. Mais par contre, d'un point de vue personnel, ils ont envie de se lancer à un challenge comme dans le sport, lancer un podcast par exemple, comme toi. Mais voilà, c'est un peu... Parce qu'en fait, l'idée, c'est vraiment d'apprendre à se connaître en osant de nouvelles choses, en sortant un peu de sa zone de confort. Alors chacun son rythme, mais c'est justement pour un peu casser ce côté routinier où des fois tu peux te réveiller un matin en disant « waouh, il s'est déjà passé dix ans et j'ai pas l'impression d'avoir vraiment osé ce que je voulais vraiment pour moi » ou de se laisser pris par le temps. Et aussi, c'est très important de le dire, c'était d'accentuer le fait de se comparer avec son propre parcours. L'environnement, on peut le prendre comme une source d'inspiration. Ça, c'est clair. On n'est pas seul au monde. Mais c'est maintenant de se retourner et de vraiment regarder. Alors, OK, d'accord. Cette année, qu'est-ce que j'ai fait ? Qu'est-ce que j'ai osé faire ? Ah ouais, ça, j'ai bien aimé. Ah ouais, j'ai ce trait de caractère qui a été plus ou moins mis en avant. J'ai envie de le développer, etc. Et aussi, du coup, d'avoir osé de nouvelles choses, de nouvelles actions et d'en conserver, en fait, une trace écrite. Là où est en fait, on va dire, la différence entre ce qui se fait déjà aujourd'hui. Parce que bon, voilà, j'innove pas. Je sais que les jeux de cartes connaissance de soi existent. Mais la petite différence, c'était vraiment de laisser l'opportunité aux gens de laisser une trace écrite de ce qu'ils répondaient au moment présent. Parce que je te mets au défi dans un mois de me ressortir mot pour mot ce que t'as dit pendant cette partie-là, tu vois. On parle de dire à un moment, c'est normal, on reprend notre vie. Et donc voilà, c'était vraiment cette envie de proposer, de marquer un temps de pause et un temps écrit et d'avoir ce plaisir de se relire un an ou six mois plus tard en fonction de ce que la personne, elle veut. Donc du coup, dans le jeu, j'ai vraiment pensé ça en deux phases. Donc dedans, il y a la carte d'exploration. La carte d'exploration, qu'est-ce que c'est ? Ça vient questionner quatre grandes parties. C'est mes victoires. Donc, on sera plus sur des faits du passé. Ce que pensait passer, quoi, les victoires. Ensuite, je suis... Donc, on est plus dans le moment présent. Qu'est-ce qui est important pour toi ? Les valeurs, le trait caractère. Et après, on fait un temps vers le futur où là, on va être d'abord dans un brainstorming avec mes horizons. En fait, là, comme ça, spontanément, qu'est-ce que t'aimerais réaliser ? À quoi t'as pensé ? Mais tu structures pas. Et après, il y a le fameux cap qui est donc une direction. Quand je dis en fait, c'était vraiment pour effacer un peu cette notion d'objectif qui... Je pense qu'objectif, on l'a bien entendu, surtout au travail. On a besoin des objectifs qualitatifs, quantitatifs, etc. Et en fait, moi, c'est plus une direction, une aspiration, une envie. Quelque chose qui te fait plaisir, qui va te driver. Mais ça ne sera pas nécessairement comme je le disais avant en off, mais un Google Map où tu as tourner à droite, tourner à gauche, le trajet précis. Non ! Il y a encore de la spontanéité entre le moment A aujourd'hui et le moment B dans six mois, un an. Mais c'est au moins de se dire, au moment où je prendrai une décision, est-ce que ça fait écho avec cette direction que je souhaite prendre pour moi ? Et ça, ça permet justement des fois de prendre des décisions pour soi ou pour ce qu'on entreprend et en même temps de se dire que, est-ce que je m'éloigne de ce que je veux vraiment pour moi ou pas ? C'est un repère en fait. C'est vraiment juste un repère comme un bateau qui part en mer. Voilà, il a un repère, il a un... un port à atteindre voilà après en mer il sait pas ce qui va se passer des vagues beaucoup donc une fois que ce jeu de cartes est sorti c'est moins drôle donc il y a ce jeu de cartes ça se joue seul ou à plusieurs ok Donc, il y a vraiment deux dynamiques différentes. Autant seul, c'est vraiment un peu introspectif avec soi-même. Petite parenthèse, tranquille ou bilou avec un café. Et sinon, à plusieurs, il y a deux dynamiques encore quand on est à plusieurs. C'est avec des gens qu'on connaît ou des gens qu'on ne connaît pas. Mais on va se dire que chaque partie est unique puisqu'en fait, on va dire qu'à chaque fois, on a de nouvelles choses à raconter. Autant c'est des personnes qu'on connaît et qui vont des fois être mémoire vivante pour soi. Ah ouais, mais tu te rappelles, t'as fait ça ? Ah oui, c'est vrai, je m'en rappelle. plus voilà autant quand c'est des personnes qu'on ne connaît pas ben du coup ça peut être inspirant justement de rencontrer des personnes qui ont un parcours que on ne connaît pas et et voilà on peut avoir moins de tabou aussi bah oui c'est ça c'est vrai que ça peut gêner autant quand c'était peut-être des gens qu'on connaît que quand c'est déjà qu'on connaît pas donc j'ai envie de dire que chacun peut choisir sa partie quoi est donc du coup voilà ils ont donc 40 questions et auxquels ils peuvent répondre par des mots-clés, des expressions de phrases, etc. Mais l'idée, c'est d'avoir un peu un tableau de bord, une carte d'exploration de ce qu'on a écrit pendant la partie. Et en fait, cette envie de vouloir structurer et synthétiser ça dans une lettre à soi-même, c'est pas toujours évident. On n'est pas tous à l'aise avec ça. C'est OK. Et donc, c'est pour ça que je propose, avec un texte à trous qui est avec les couleurs du jeu... de pouvoir compléter une lettre qu'on s'écrit à soi-même. Et d'avoir vraiment une synthèse un peu plus structurée de ce qu'on s'est dit pendant la partie. Et après, du coup, la dernière partie, un peu plus cérémoniale, c'est le côté un peu engagement avec soi-même, c'est donc de le conserver à l'intérieur de cette enveloppe et du seau qui est dedans. Et voilà.
- Speaker #1
On va retrouver après le bout que tu as fait. Toi, tu as pu avoir de retrouver les lettres que tu avais écrites.
- Speaker #0
Et donc, tu te relis dans six mois, dans un an. C'est à toi de voir. Moi, je propose un an, mais il n'y a pas de règle. Si tu veux le faire une fois par mois, tu peux. Ce n'est pas interdit. C'est vraiment ce plaisir de se relire et de savourer, de valoriser un peu aussi tous ces efforts qui ont été faits pendant l'année ou les six mois, mais en tout cas, de mettre vraiment ce moment de pause. et donc vraiment le voir comme un rituel qu'on peut avoir. Et voilà, un petit peu. Donc ça, c'est Je suis Cap. C'est une première version du jeu. Ça va encore évoluer avec le temps. Voilà, c'est le temps qui le verra.
- Speaker #1
En fait, c'est un peu une quête d'alignement aussi, moi, de ce que je vois. Et tu commences par quelque chose qui est hyper intéressant, c'est tes victoires.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
quand tu lis tous les livres de développement personnel ou toutes les choses, on dit toujours que c'est important de savoir célébrer ses victoires. Sauf que moi-même, je t'avoue que je ne le fais pas parce que je me fixe des objectifs. Je les atteins. Et quand je les atteins, je me dis bon, ok, c'est atteint. Faisons un autre objectif. C'est normal, passons à autre chose. Et je ne sais même pas non plus comment célébrer les victoires au final. c'est vrai que commencer en se disant voici ce que j'ai fait, être fier de ce que tu as fait. Pour aller derrière, je crois que c'est les valeurs.
- Speaker #0
Les valeurs, ce qui est important pour toi, ta personnalité, qui tu es, etc.
- Speaker #1
C'est ça. Ça permet vraiment déjà de commencer par être fier de ce qu'on fait avant de voir dans quoi on a pris du plaisir aussi pour savoir ce qu'on aime au final. Et ça, c'est hyper dur quand tu demandes à quelqu'un qu'est-ce que t'aimes dans la vie ? Au final, t'arrives pas forcément à répondre.
- Speaker #0
C'est clair. Spontanément, on n'a pas été habitués, en fait. Moi, j'ai aucun souvenir de moi à l'école où on m'a demandé vraiment « Et toi, comment tu te sens aujourd'hui ? Est-ce que t'es alignée avec ce que tu fais ? C'est quoi tes valeurs ? » Les valeurs, je les appris très tardivement, finalement. J'avais déjà plus de 25 ans, donc au final, les valeurs... Et pourtant, c'est essentiel. Je veux dire, c'est ce qui fait qu'on est des humains, en fait. Des émotions avec des valeurs, etc. Donc effectivement... Célébrer ses victoires, tu peux très bien te faire un kiff et mettre une bougie sur la table et la souffler. Tu peux, mais en fait, la vraie célébration de victoire, déjà, c'est de la reconnaître. C'est vraiment juste de la repenser, la regarder et vraiment se dire « ouais, en vrai, c'est pas mal » . À mon échelle, par rapport à ce que je faisais avant, là j'ai osé par exemple le faire, c'est fou, c'est bien en vrai. Et en fait, ce n'est pas toujours attendre qu'on te félicite de l'extérieur. Et ça se travaille, je pense, la motivation intrinsèque. Donc vraiment, quand ça vient de soi pour soi, c'est vraiment même essentiel. Et c'est là où tu commences à prendre de l'indépendance. Et c'est quand tu commences à faire ça que tu commences à faire les choses pour toi. Et qu'en fait, tu t'arrêtes de faire des fois des choses pour attendre une victoire qui soit célébrée par l'extérieur et donc d'être connue. Ça marche, ça en fait partie, il ne faut pas l'exclure. Mais ça n'en fait pas tout. Et ça peut même créer une sorte d'addiction, en fait, après de toujours faire les choses pour être félicité, être reconnu de l'extérieur. Donc, en fait, célébrer une victoire, finalement, c'est déjà juste la reconnaître, la valoriser, sans dire qu'il faut se... Enfin voilà, il n'y a pas forcément... L'ego n'a pas forcément besoin d'être trop... Comment expliquer ça ? De se lancer trop de fleurs, quoi. C'est pas... Mais... Il faut la regarder. Il faut se dire, bah ouais, j'ai créé un jeu, bah ouais, je suis fière. C'est une victoire pour moi. Alors que peut-être, pour certaines personnes, ça va être, bah Dieu, j'en ai créé dix, qu'est-ce que tu veux avec ta victoire ? Donc là aussi, il y a quelque chose de très important à se dire à soi-même. Il n'y a pas de petite, il n'y a pas de grande victoire. C'est des victoires personnelles. Et c'est aujourd'hui normal, je veux dire... On peut dire que pour un premier débutant avec le podcast, ça va être une victoire de se dire « j'ai créé mon podcast tout seul, c'est mon premier épisode que j'ai monté tout seul. » Pour un expert ou même toi qui en a déjà plusieurs à ton actif, tu vas dire « c'est normal, c'est une petite victoire, mais ça va. » Alors pour lui, il l'a évalu comme grande. Déjà là, il y a une notion de petite et de grande victoire qui sont des victoires personnelles. Donc voilà, c'est vraiment très important de la valoriser, juste de la reconnaître Et c'est même, je dirais, tu vois, quelque chose qui va forcément avoir un impact sur ta propre motivation. Parce qu'en fait, si tu valorises cette victoire, tu vas vouloir faire mieux après, sans être dans une quête de surperformance, mais te dire « j'étais capable de faire ça, donc je peux encore monter une marche et une marche et une marche » . Et en fait, c'est comme ça que tu évolues petit pas par petit pas.
- Speaker #1
Surtout quand moi, par exemple, j'ai tendance à minimiser ce que je réussis à faire. Donc, comme tu disais tout à l'heure, pour moi, ce que je fais des fois, c'est pas vraiment des victoires dans le sens où je les fais. Je me dis que tout le monde peut être capable de le faire. Et puis derrière, t'as une autre notion qui rentre en jeu, c'est celle de s'aimer. Ça peut vachement être vu comme quelque chose d'égocentrique. Et puis, depuis qu'on est tout petit, on est habitué en fait à être félicité par les autres. T'as le regard des autres, l'approbation des autres. À l'école, c'est la notation. Donc, tu dois avoir des bonnes notes. Mais en dehors d'avoir des bonnes notes, tu dois avoir en conseil de classe des félicitations.
- Speaker #0
Complètement.
- Speaker #1
Et en fait, on n'est pas habitué à nous-mêmes s'auto-noter entre guillemets et puis prendre le temps de se dire « En fait, c'est très bien ce que j'ai fait » sans que quelqu'un de l'extérieur te dise que ce que tu as fait est bien.
- Speaker #0
C'est ça. Ça peut en faire partie. C'est même bien aussi d'être reconnu par son environnement pour ce qu'on fait. Ça en fait partie. Mais effectivement, cette motivation intrinsèque, celle qui vient de nous-mêmes, ce n'est pas celle qu'on a le plus entraînée avant ça. Et donc aujourd'hui, je pense qu'on peut s'octroyer quelques secondes, quelques minutes, une heure pour vraiment juste apprécier et valoriser ce qui a été fait. Et des fois, ça peut juste être j'ai réussi à dire non alors qu'avant je disais oui, c'est une victoire. J'ai aujourd'hui, ça fait un mois que j'ai... J'ai suivi ma routine sportive du matin. C'est une victoire. Donc déjà, en fait, c'est ça. C'est que des fois, on surestime un peu trop le level qu'on doit atteindre pour rappeler ça une victoire. Alors que oui, il y a peut-être une victoire finale. Mais il y a des mi-étapes qui sont quand même aussi à apprécier dans le parcours. Plus que finalement la finale, la victoire en elle-même à la fin. Parce que je pense que ça n'aura même pas le même goût. On idéalise peut-être trop cette victoire finale. Alors qu'en fait, la vraie victoire, elle se retrouve en plein milieu.
- Speaker #1
Comme tu disais au tout départ, ce qu'il faut, je crois qu'on l'avait dit en off, c'est apprécier le chemin que tu parcours. Pas forcément la victoire finale, mais apprécier tout ce que tu as parcouru pour réussir à arriver sur ce chemin-là.
- Speaker #0
Totalement. Des fois, c'est un peu la phrase... C'est le voyage qui est plus beau des fois que la destination. On s'est battus de dire ça. Je ne dis pas que j'ai inventé quelque chose en disant ça, mais oui. Honnêtement, je prends plus de plaisir à des fois me refaire le film de où je suis partie à où j'en suis dix ans plus tard, plus que me dire « j'en suis là aujourd'hui » . C'est bien, je ne dis pas que ce n'est pas une victoire. Mais je me surprends moi-même des fois avec du recul, avec vraiment un regard déjà plus grand, puisque du coup, entre-temps, j'ai mûri, j'ai grandi, j'ai évolué. Donc des fois, juste quand je revois un peu la fille que j'étais quand j'avais entre 10 et 20 ans, quand je suis partie en Australie, etc., je me dis « Ouais, quand même, j'avais 21 ans. » Je n'avais pas non plus 40 ans. Donc au final, c'est un peu là aussi la victoire.
- Speaker #1
Tu as raison. Et le fait de se fixer des objectifs, du coup, à travers le jeu... Enfin, je sais que tu as dit que tu ne mets pas le terme d'objectif. Mais comment tu aides justement ? Ou est-ce que tu as des conseils pour apprendre à les fixer ?
- Speaker #0
C'est une bonne question. Alors bon, déjà, il y a cette notion, on va dire, de plaisir. Quelque chose qui te drive personnellement, qui est pour moi quand même très importante. C'est au moins déjà de savoir qu'est-ce qu'on veut, qu'est-ce qu'on ne veut plus. Ça c'est déjà le premier questionnement qu'on peut se faire, c'est qu'est-ce que j'ai envie d'explorer, qu'est-ce que j'ai envie de mettre de côté parce que finalement ça ne m'intéresse plus, ou j'ai un peu fait le tour pour le moment. Donc voilà, déjà c'est un peu de faire un brainstorming de tout ça. Et après finalement, c'est là où quand on a un cap, une direction, on sait vers où regarder. mais on va peut-être être plus enclin à regarder les opportunités qui se trouvent devant nous, qu'on n'aurait peut-être pas vues avant sans le savoir ce qui nous est vraiment plaisir. Et donc après c'est un peu, il n'y a pas de recette magique où on peut dire bah voilà faut tourner à droite, faut tourner à gauche etc. Mais c'est déjà donc de nourrir finalement qu'est-ce que tu veux, qu'est-ce que tu ne veux plus, pour en fait aiguiser ton regard au moment où tu regarderas ton environnement externe de savoir en fait finalement quelle opportunité en es-tu une et qu'est-ce qui finalement est à éviter. C'est vraiment un des conseils où je me suis... C'est ce que j'ai fait pendant dix ans. Je ne peux pas m'en rendre compte, mais c'est ce que je faisais déjà pendant dix ans. Et après, c'est là où une fois qu'on est dans un move, où on fait un premier pas, ce premier pas en enchaîne un deuxième et un troisième et après ça devient plus fluide dans la prise de décision et dans l'action. Donc c'est vrai que le démarrage, le premier pas, ce n'est pas toujours le plus évident. Mais une fois qu'on a le pied dans l'étrier... On peut facilement se créer un chemin, une liste d'actions assez logique par la suite. Donc ça part du questionnement et ensuite de la première action que je vais mettre en place pour me rapprocher de ce que je veux. Et après, c'est un menu qui se déroule et là il n'y a même plus trop de questions à se poser. Donc ça part de là, du début. Si tu as les réponses à ces questions-là, après c'est l'échelle de projet en fait. C'est juste la priorité, qu'est-ce que je fais en premier, etc.
- Speaker #1
Moi, tu vois, justement, avec cette notion d'objectif, j'imagine aussi si un jour on rouvre une des lettres du jeu, tu peux voir un objectif que tu t'étais fixé et que tu n'attends pas du tout. Et tu as ce moment derrière de te dire « Ah merde, je n'ai pas réussi » . Et je trouve que c'est un moment hyper difficile. Et puis... Je disais tout à l'heure en off que, notamment en France, la remise en question, c'est quelque chose qui est hyper difficile à faire et qui est très peu fait. Mais que ce soit tant quand tu ouvres ces lettres-là ou quand t'es entrepreneur et que t'as fait une faute, t'as pas d'autre choix que de te remettre en question. Toi, tu gères ça comment ?
- Speaker #0
Honnêtement, je suis la première à avoir vécu tout ce que je ne pensais pas. qui allaient s'arriver. Donc vraiment, c'est fou. Et en fait, parce qu'on va dire que de base, pour l'exemple vraiment précis, je voulais me lancer directement dans le coaching une fois que j'avais fait toutes mes formations, etc. Et là, je ne me sens pas alignée avec ça. Vraiment, changement de programme en plein milieu. Donc le truc que j'aurais pu, que je n'avais pas écrit. Et c'est grâce à ces doutes, que j'ai un peu réfléchi et remis en perspective finalement comment je voulais aborder l'univers du coaching, de la formation etc. De vraiment vouloir trouver mon identité là-dedans et faire la différence. Qu'il y a eu ce fameux climax de réflexion où Je suis Cap est arrivé. Et que du coup c'était plus dans la conception de ce jeu, plus que dans l'accompagnement dans un premier temps. Mais donc ça je ne pouvais pas le prédire. Et pourtant aujourd'hui, un an plus tard, voilà je suis nouveau dans l'accompagnement etc. Donc au final, c'est juste que je devais passer par d'autres étapes avant. Et plutôt que de voir ça comme quelque chose de... Ah bah c'est pas le film que j'avais écrit, donc bah non en fait il est nul. Bah en fait non, c'est juste que je me dis, bah en fait effectivement j'avais déjà une idée, donc je me suis quand même orientée vers mon cap. Mais après la tournure des choses, ça je pouvais pas le prédire et finalement bah merci. Parce que j'ai créé mon jeu. Donc en fait, c'est là où on voit toujours les inconvénients à ce qui s'est passé, mais il y a eu des bénéfices. C'est-à-dire que tu n'as peut-être pas fait ce que tu voulais, mais au final, tu as peut-être rencontré cette personne qui t'a permis d'avoir mieux par la suite. Tu as peut-être pu vivre cette expérience que tu n'avais pas forcément prédit, mais qui t'a permis de faire autre chose encore mieux derrière. Et c'est là où on remercie la vie de ces opportunités et qu'on n'est pas dans un truc de prédire. Donc voilà, après, il y a un petit travail à faire. Honnêtement... Pendant, des fois, émotionnellement, je suis la première des fois à le vivre. Après mon premier degré. Et il faut aller à vivre l'émotion. Je suis la première à le dire. Il faut vivre l'émotion. Quand ça ne va pas, ça ne va pas. Il ne faut pas se dire... Il ne faut pas s'inventer d'excuses. Ça ne va pas, ça ne va pas. Après, c'est là où tout va se jouer. C'est qu'il y a toujours cette courbe. En haut, en bas, en haut, en bas. Ça s'appelle la vie, en fait. C'est vraiment une pulsion. Et donc, et encore aujourd'hui, et encore moi-même il n'y a pas si longtemps, j'étais en bas de la cuvette. ben voilà, c'est normal. Et c'est là où il y a cette fameuse « je remets tout en perspective » , « je me requestionne » , etc. Et c'est là où tout va se jouer, en fait. C'est pas que ça se passe bien ou ça se passe mal, c'est finalement qu'est-ce que j'en fais ? Est-ce que je reste dans cette phase mal, que je vis mal, que j'accepte pas, et donc du coup, j'ai des pays et je creuse, en fait, finalement ce trou ? Ou en fait, finalement, j'essaye de voir les opportunités dans le changement et qu'est-ce que je peux faire pour quand même rebondir ? Et c'est là où on voit la résilience et la persévérance. Et qu'en fait, finalement, pas toujours le chemin qu'on aurait aimé entreprendre ou emprunter. Mais c'est le chemin. Et il est là. Et finalement, il m'a apporté mieux que ce que je voulais. Donc voilà, c'est vraiment comme ça qu'il faut voir les choses. Il faut vraiment voir ça comme un chemin, en fait. Ou en gros, il faut débroussailler des fois. Des fois, on se trompe. Il faut faire demi-tour. On passe par droit. Voilà. Et donc voilà, c'est vraiment de ne pas rester trop longtemps dans cette phase-là. Il faut l'accepter. Il faut la vivre. Et après, il faut en tirer des leçons. L'apprentissage.
- Speaker #1
Ok. Et justement, la personne qui nous a mis en contexte, c'est Meryl, que je remercie et à qui je dis bonjour. Et elle, comme toi, du coup, vous êtes dans le milieu du jeu. Et je trouve que l'introspection, moi j'ai un côté nostalgique avec tout ce qui est papier aussi. Tu vois, lire, écrire, j'adore ça. Et c'est vraiment un moment de plaisir et un moment pour moi, en fait. Et le jeu... Moi, j'apprécie de plus en plus de faire des jeux de société, prendre le temps que ce soit tout seul ou avec des personnes. Mais dans l'ère de la digitalisation dans laquelle on est, ce n'est pas difficile justement de créer déjà un jeu que tu ne trouves pas forcément sur un téléphone tout de suite ?
- Speaker #0
disons que quand j'ai une idée je l'ai pas ailleurs donc des fois tant mieux quand même parce que du coup j'ai une idée, je vais aller jusqu'au bout et donc je vais apprendre en marchant quoi et donc je veux dire qu'aujourd'hui oui face à l'ère du numérique et à tout ce que même l'IA est capable de faire ne serait-ce que discuter je l'ai vu ces derniers temps justement sur les réseaux sociaux qu'on peut discuter avec une IA en mode développement personnel donc en fait, il se met comme un coach. Donc ça existe, quoi. Mais c'était cette envie quand même de me dire « Je sais qu'aujourd'hui, on en a trop et ça ne devient même plus une différenciation d'avoir du numérique entre les mains. C'est devenu comment, en fait ? » Donc moi, je vais aller à contre-courant et je vais me dire « Il n'y en a pas beaucoup, en vrai, des gens qui se sont lancés dans le jeu et de rendre à nouveau cette démarche, on va dire tangible, hors livre, bien évidemment. » Et donc, c'est parti de là, en fait. C'est ce côté un peu controversé de me différencier. Et donc, difficile, finalement. Après, c'est un process où, bon, comme je l'ai dit, c'est un an de réflexion qui a pris un peu une forme d'un coup et qu'il y a eu le fameux climax, Et après, j'ai tout fait de A à Z. Parce que j'avais pas forcément les ressources pour me faire entourer par un graphiste, par un consultant. Enfin, voilà, j'ai un peu tout fait de A à Z. j'ai tout fait de A à Z. Donc, il y a eu beaucoup d'apprentissage. C'est peut-être pour ça aussi que ça a pris un peu plus de temps à la réalisation. Mais après, ça a su un process assez... Encore une fois, chef de projet. Tu développes un peu le film et puis après, tu te questionnes qu'est-ce qu'il faut faire maintenant, prioriser, etc. Donc après, c'est première étape, déjà écrire le jeu. Donc, j'ai utilisé, je crois, au moins trois cartouches d'imprimante. Tu vois, vraiment à peu près. J'ai découpé, j'avais mes petites boîtes, je les collais. Enfin, c'était assez marrant. J'avais l'impression d'être... D'avoir un petit retour en enfance. Et après, je le prenais. Puis, j'allais le tester avec les gens. Je leur dis alors, t'en penses quoi de cette question ? Est-ce que tu la comprends ? Enfin, il y a du test, Et après, du coup, je me dis bon, il faut quand même qu'il ait une forme physique et un aspect visuel. Donc, pareil, plus de trois notions. Donc, bah voilà, hop. Merci. Grâce aux outils d'aujourd'hui, c'est devenu aussi beaucoup plus accessible. Je pense aussi qu'il faut le dire. Il y a 30 ans, forcément, on n'était pas équipé comme aujourd'hui de tous ces Canva, ChatDPT, etc. Donc, c'est devenu aussi beaucoup plus facile. Et après, j'ai trouvé mon imprimeur et j'ai envoyé mon gabarit. Donc, voilà, j'ai déroulé, j'ai fait mon site Internet. Voilà, c'est... Ce n'est pas difficile. Ce n'est pas simple non plus. Il ne faut pas non plus dire que... Mais une fois que tu as ton idée, que tu es aligné avec ce que tu fais, où tu veux aller, à quoi il ressemble. Il y a eu vraiment la boussole que je voulais garder comme un élément central puisqu'il y a un clin d'œil justement avec le fait qu'il y ait des boussoles pour avoir un cap. Donc voilà. Puis après, il y a l'étape de la commercialisation, positionnement, etc.
- Speaker #1
Ok. Je vais finir avec une question un peu introspective.
- Speaker #0
Oui ?
- Speaker #1
Si tu rencontrais la Lorraine qui avait écrit la lettre que tu avais retrouvée, tu lui donnerais quoi comme conseil ?
- Speaker #0
Bonne question. J'aime bien ces questions. En plus, j'ai tellement de choses à lui dire. Honnêtement, je lui dirais vraiment, sois sûr de toi, mais pas trop. Fais confiance à la certitude, puisqu'elle te mènera sur des chemins que tu n'as même pas idée aujourd'hui, mais qui vont vraiment t'enrichir et te faire évoluer. Je lui dirais vraiment qu'elle a tout pour elle pour réussir. Donc peut-être un peu plus de confiance, mais en même temps, à l'âge là, j'ai envie de dire, c'est normal aussi d'avoir pas trop confiance en soi. Mais en tout cas, c'est le message que je lui donnerais. Prends pas les choses trop à cœur avec les gens. des fois ils vont avoir une perception complètement différente de la tienne et c'est normal et c'est ok donc ça c'est vrai qu'à cet âge là il faudrait savoir un peu plus l'histoire des perceptions, qu'on n'a pas tous les mêmes etc parce qu'on veut toujours ressembler un peu à tout le monde donc c'est un peu la rassurer là-dessus que c'est normal en fait que des gens ne t'aiment pas, que des gens ne soient pas d'accord avec toi et que je l'aime beaucoup et qu'elle a toute ma confiance pour arriver jusqu'à là où elle en est quoi
- Speaker #1
Et pour toutes les personnes qui ont apprécié notre échange elles pourraient être retrouvées où ?
- Speaker #0
Du coup, sur LinkedIn, c'est Lorraine, comme je l'ai appelé au début. Donc L-O-R-E-N-E et le page L-E-P-A-G-E. Et ensuite, du coup, il y a mes réseaux sociaux Instagram qui sont juste en dessous.
- Speaker #1
Ok, je mettrai de toute manière tous les liens dans la description. Je remercie toutes les personnes qui sont allées au bout de cet échange. Si vous avez apprécié cet échange, je vous invite à le liker, à le commenter, à le partager. Merci à toi, Lorraine.
- Speaker #0
Merci, c'était super chouette.
- Speaker #1
Moi aussi, merci à toi.
- Speaker #0
Je suis contente de commencer l'année avec un podcast avec toi.
- Speaker #1
et bah écoute je te laisserai du coup peut-être souffler une bougie quand elle s'éloigne merci à toi en tout cas