- Speaker #0
Ils ne savaient pas que c'était impossible, donc ils l'ont fait. Alors moi, je ne pensais pas que c'était aussi difficile de monter une boîte. Avec ce que j'ai fait, c'est bon, j'ai rapporté de la thune à mes 10 précédentes boîtes. On a fait du BNF, j'ai aidé des magasins à se développer, j'ai pondu des plans marketing, j'ai fait du CRM. J'ai manié des bases à 3-4 millions d'utilisateurs, même plus. Ça va être easy ! Pas du tout. Envie, en fait, ça ne suffit pas. Il faut avoir l'envie, mais l'envie, c'est d'entrer dans tes tripes. Le consumérisme, en fait, nous a fait acheter, Et fondamentalement, on a perdu des réflexes, des réflexes d'aller faire réparer. Tout est devenu consommable et jetable. Qu'est-ce qui va driver ton consommateur pour acheter ton produit ? L'esthétique, la beauté du produit, le style. Je ne sais pas si les gens, de manière générale, ont envie d'avoir un impact environnemental positif. En fait, je pense que c'est le dernier critère.
- Speaker #1
Bienvenue sur Des Salariés, le podcast qui démystifie l'entrepreneuriat en portant à la rencontre de personnes ordinaires au parcours extraordinaire. Et aujourd'hui, on part à la rencontre de Moïse. Merci Moïse d'avoir accepté de venir sur le podcast.
- Speaker #0
Écoute, merci à Raj de me recevoir, ça fait très longtemps.
- Speaker #1
Ouais, mais avec plaisir, au moins on y est. Dans le podcast, ce que j'aimerais, c'est qu'on puisse discuter de différents sujets, de toi déjà dans un premier temps, de Bitters. mais qu'on discute aussi un peu d'économie circulaire, parce que c'est un sujet dont on avait parlé quand on a discuté ensemble, de driver et de consommation durable. Ça te va ?
- Speaker #0
Oui, carrément, avec plaisir.
- Speaker #1
Ok, la première question que je pose toujours à mes invités, c'est est-ce que tu veux bien te présenter, s'il te plaît ?
- Speaker #0
Oui, bien sûr, je veux bien me présenter. De toute façon, je n'ai pas le choix a priori.
- Speaker #1
Si tu avais dit non, effectivement, ça aurait été un peu dur.
- Speaker #0
Ça aurait été problématique. Tu serais passé à la séquence suivante. Écoute, moi je m'appelle Moïse, Moïse Ury. Je ne dis pas mon âge.
- Speaker #1
T'inquiète.
- Speaker #0
Tu vas le deviner. Vas-y. Donc écoute, comment me présenter ? Moi je suis le fondateur de Bitters. Bitters, c'est une plateforme de réparation de baskets en ligne avec un réseau d'artisans indépendants. Donc notre mission, elle est hyper claire, elle est de réduire la pollution chaussure, d'éviter de jeter des paires de baskets à la poubelle en trouvant des solutions de réparation avec des artisans et artisanes talentueuses. Alors, moi, j'ai un parcours très atypique. Je crois qu'on en avait discuté. Je dis toujours que je suis un produit atypique du marché parce que, en termes de formation, aujourd'hui, je suis plutôt un expert marketing parce que j'ai travaillé dans des grands groupes du retail français. Voilà, donc, tu veux que je les cite ?
- Speaker #1
Vas-y, si tu veux.
- Speaker #0
Donc, par exemple, j'ai travaillé, déjà plus jeune pour mes études, j'ai travaillé chez Levis, Gap. Ensuite, j'ai travaillé pour le groupe Galerie Affayette. J'y suis resté longtemps. Très bonne école de formation sur plein de choses. Ensuite, j'ai travaillé pour le groupe Audio Optique, qui gère les marques Optique 2000, Lissac et Audio 2000. Donc, je dirigeais le marketing opérationnel, en fait, là-bas. Et après, j'ai décidé, en fait, de voguer vers l'entrepreneuriat, l'aventure entrepreneuriale. Mais avant tout ça, j'étais destiné à la chimie parce que j'étais passionné de chimie. Et j'ai fait une licence, en fait, de chimie de la formulation et qui m'a amené, en fait, à travailler chez L'Oréal.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Donc, voilà, je suis un ancien l'Oréalien. Je travaillais dans les labos, j'aime bien dire que j'étais chercheur, je travaillais en tout cas en laboratoire, d'abord sur la recherche appliquée et ensuite sur le développement produit. Donc recherche appliquée, plutôt recherche fondamentale, donc des recherches plutôt longues sur les produits de soins de peau, donc comment ta crème s'écoule sur ta main, la quantité de produits qu'il libère, les différentes formes galéniques, etc. Et ensuite je suis passé au développement. de produits shampoing à Clichy ok voilà donc c'était une super aventure mais j'avais fondamentalement envie de connaître l'envers du décor savoir ce qui se passe quand on met un produit sur le marché d'où viennent les demandes du marketing qui nous disent de réaliser un produit pour avec certaines avec certaines spécificités, certaines caractéristiques pour pouvoir répondre à des besoins du marché. J'étais passionné par ça. Autant j'étais passionné par la formulation, savoir ce qu'on peut faire avec la matière pour créer des choses, et autant j'étais vraiment très curieux de comprendre le comportement du consommateur. Qu'est-ce qui fait qu'il va acheter un produit où tu lui dis qu'il y a de la protéine de perles ? dans ton truc, mais ça vient d'où la protéine de perles, etc. Et qu'est-ce que ça fait ? Et il va vraiment acheter ce produit, tu vois. Et puis c'est super sympa parce que, donc en recherche appliquée, si tu travailles sur des projets très très longs et en recherche développement, c'est des projets à court terme, court et moyen terme. C'est-à-dire que dans les six mois qui suivent la formation de ton produit, tu peux voir ton produit dans le commerce. Donc t'as un impact en fait direct. Voilà, ça c'est sur un peu ma formation. Aujourd'hui, je suis entrepreneur. J'ai fondé ma boîte Bitters et je fais aussi du consulting parce qu'il faut travailler un peu à côté le temps que la boîte émerge. Mais je suis aussi consultant marketing 360, plutôt sur une spécialité CRM. Et je fais aussi de la formation. pour la formation professionnelle sur des sujets marketing de tout type. Je donne des cours aussi dans des écoles de commerce, comme l'INSEC, je suis mentor à l'ISCODE. J'ai une vie passionnante et agitée.
- Speaker #1
Je me dis que j'aurais dû te poser la question, qu'est-ce que tu ne fais pas ?
- Speaker #0
Aussi, un truc assez atypique de chez moi, c'est que moi, je suis né aux États-Unis. Je suis d'origine antillaise, particulièrement en fait guadeloupéenne et même marégalentaise, ce qui est très important pour moi. Et puis en fait, la vie m'a emmené après dans d'autres contrées. Donc des Etats-Unis, je suis passé vivre aux Antilles. Je parlais en fait que l'anglais quand j'étais petit. J'ai ensuite appris le créole et ensuite le français. Donc finalement, le français est la dernière langue que j'ai apprise. Et puis après, mes parents ont déménagé. On est venu vivre en France, à Paris, dans le 13e arrondissement. Et ensuite, j'ai été vivre à Bruxelles, qui m'a en fait aussi ouvert un champ de culture très large, puisque je me suis retrouvé dans une école avec des gens de partout. Donc je suis ce qu'on appelle un TCK, Third Cultural Kid, tu vois. un peu comme la chanteuse Naïka, qui passe beaucoup sur les ondes en ce moment, mais qui donne une richesse fondamentale, parce que j'ai une origine, je suis né quelque part, et en même temps j'ai grandi avec une éducation et dans un autre pays, qui fait qu'il y a une richesse culturelle très importante, et que je recherche toujours d'ailleurs dans tout ce que je fais, dans les relations que j'établis avec les gens. D'ailleurs, j'aime bien dire que j'ai des amis partout sur Terre. Il y a des gens que je n'ai peut-être pas vus depuis 10 ans, mais je sais qu'on est potes, tu vois ou pas ? On se voit à travers les réseaux, on se donne des nouvelles, etc. Et en fait, quand on reprend notre conversation, c'est comme si elle ne s'était jamais arrêtée. Et ça, je trouve ça hyper beau. Je vois d'ailleurs plus ces gens-là que des gens qui habitent même à Paris. Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #1
Oui, mais ça, ça ne m'étonne pas trop. Moi, j'ai fait la fin de mes études dans le Sud. Et en fait, j'ai des potes qui sont remontés. Enfin, je me suis rendu compte que je voyais plus mes potes quand j'étais dans le sud et que je remontais et qu'on prenait tous le temps de se voir plutôt qu'aujourd'hui, alors qu'on n'habite pas si loin les uns des autres. Oui,
- Speaker #0
très bien. C'est ce qui est bizarre. C'est que, tu vois, la distance, généralement, tu vas dire à flemme, c'est loin, on va se perdre de vue. Fondamentalement, surtout avec les personnes qui ont marqué ma vie à travers les époques. Quand je dis ça, tu te dis, mais qu'il a quel âge ?
- Speaker #1
Au vu de toutes tes expériences, on verra les personnes qui t'écoutent juste,
- Speaker #0
mais qui ne te voient pas, qu'il a quel âge ? Mais qu'il a quel âge ? Et en fait, tu vois, toutes ces personnes qui accompagnaient, en fait, finalement, on se voit peut-être pas beaucoup, mais la relation est très intense. Et comme je te dis, après à Paris, t'es pris dans... Enfin, Paris ou dans d'autres grandes villes, d'ailleurs. T'es pris dans ta vie, puis les gens ont des enfants, ils se marient, ils changent de vie, etc. Bref, l'activité change, tu vois. Mais bon, c'est intéressant quand même de voir qui te suit au fil des années. Moi, j'ai un groupe d'amis, hommes comme femmes, qui sont là depuis le départ. Et ça ne change pas, en fait. On évolue, les coupes de cheveux changent, tu vois, les cheveux poussent. Les cheveux tombent. Les cheveux tombent. Il y en a certains qui maigrissent, d'autres qui grossissent, d'autres qui nous ont quittés malheureusement et paient leur âme. Mais tu vois, on a en fait un noyau dur qui est vraiment très puissant, et donc c'est ça qui est beau, quoi. Il y a un soutien en fait fondamental qu'on peut... se donner à travers les époques.
- Speaker #1
Je suis d'accord. Et de toute manière, je pense que justement, ces histoires pour toi, elles sont quand même marquées parce que je crois que justement, l'une des raisons pour laquelle tu as peut-être fini dans Bitters et le retour vers la chaussure, c'est peut-être lié à ton grand-père, si je ne me trompe pas.
- Speaker #0
Oui, je vois que tu as bien fait tes classes. Exactement, oui. Alors, enfin, fondamentalement, ce qui est fou, c'est que... C'est qu'effectivement, en créant cette société, je me suis toujours posé la question de savoir pourquoi j'aimais autant les baskets, les chaussures. Et surtout, au-delà de ça, au-delà du produit, c'est que j'aimais aussi toujours... Dans ma vie, j'ai un fil conducteur qui fait que j'ai eu l'impression que j'avais besoin de sens et besoin de réparer ce que je considérais comme ayant été perdu. Tu vois, fondamentalement, tu changes de pays, tu changes aussi tes repères, tu déménages beaucoup, nous on a beaucoup déménagé. J'ai une histoire particulière qui fait que la réparation est venue comme une évidence, mais une évidence dans mon parcours, donc chercher des solutions pour... répondre à un besoin, une question, etc. D'ailleurs, tu vois, dans mon parcours professionnel, je n'ai fait que des créations de postes. On m'a donné la chance de créer les postes sur lesquels je suis passé. Et cette chance qu'on m'a donnée, j'ai pu en fait l'exploiter pour aussi m'exprimer, pour me développer, pour comprendre qui j'étais aussi, interagir avec des gens, etc. Et puis effectivement, mon grand-père en fait était bottier-cordonnier. donc t'as le bottier, celui qui fabrique les chaussures et le cordonnier, celui qui les répare mon grand-père il faisait les deux et mon grand-père est un bottier cordonnier Marie Galantais et Mery puisque les gens à priori venaient de loin pour faire leurs chaussures ou faire réparer leurs chaussures par le fameux Pierre Cafournet et ouais en fait finalement on a l'impression que c'est une espèce d'héritage Ma mère me dit toujours, si ton grand-père était encore en vie, il serait extrêmement fier de voir que tu te lances, que tu tentes une aventure dans l'entrepreneuriat, dans son domaine, parce qu'aucun de ses enfants n'a repris l'atelier, aucun de ses enfants n'a voulu faire ce métier artisanal, et de se dire que c'est son petit-fils. qui le fait il aurait été trop fier c'est mon fils c'est le mien donc ouais fondamentalement donc ouais tu vois l'artisanat c'est quelque chose de très important mais finalement en France on parle toujours du savoir-faire artisanal parce qu'on le vante c'est une carte de visite aussi à l'international Non, non. sur le territoire déjà et à l'international. Mais pour autant, il y a des artisans partout, ils font un travail magnifique. Je pense que tu vas en Inde, au Sri Lanka, tu vas en Afrique, tu vas aux Antilles, tu vas en Amérique latine, tu vois ces savoir-faire qui sortent de la magie de l'idée qui réside dans la tête. et la transformation du produit avec les mains, des outils, des mains, et ça, c'est génial. Et donc moi, fondamentalement, Bitters, pour moi, était naturel de me dire comment je peux rendre la réparation la plus accessible possible tout en soutenant le commerce local. Avant, pour te dire, les cordonniers, ils étaient 45 000, tu vois, il y a quoi, je crois, 30, 50 ans, quelque chose comme ça. Ils étaient 45 000, mon grand-père en faisait partie. aujourd'hui ils sont plus que ils sont un peu moins de 3500 donc il y a eu une dégringolade fondamentale du nombre de cordonniers et en même temps il y a eu finalement une révolution commerciale le consumérisme en fait nous a fait acheter acheter acheter acheter et jeter en parallèle sans savoir en fait quelle était la vie du produit après et fondamentalement on a perdu des réflexes d'aller faire réparer mais je ne te parle pas que de la chaussure je te parle aussi des produits électroniques je te parle peut-être de ton mobilier de tout tu rachètes, tout est devenu consommable et jetable et donc finalement ce sont des métiers qui étaient plus en difficulté sur lesquels ils avaient aussi du mal à fonctionner pour la plupart Et je me suis dit, ce serait bien de pouvoir utiliser, profiter de cette force déjà en puissance qui reste, même s'ils sont vieillissants, mais comment on peut faire aussi pour travailler avec eux et aussi former une nouvelle génération qui arrive. Et heureusement, d'ailleurs, en fait, justement, les chiffres de Refashion ont montré qu'on avait une petite augmentation. là, on a une augmentation du nombre de nouveaux cordonniers et cordonnières qui arrivent sur le marché, parce qu'on est dans un moment crucial, fondamental, où je pense qu'il faut prendre conscience que la réparation, de redevenir un réflexe, de redevenir un essentiel de ta vie, ce n'est pas quelque chose qu'on t'impose, tu choisis de réparer, si tu veux réparer, tu répares, si tu n'as pas envie, tu... t'as pas envie mais que inconsciemment tout de suite tu te poses la question de savoir est-ce que je peux le réparer, est-ce que je peux le réparer moi-même est-ce qu'il y a quelqu'un qui peut le faire, pour combien est-ce que c'est rapide,
- Speaker #1
pas rapide et puis après tu prends ta décision surtout qu'en plus moi je vois que tu vois on a longtemps perdu ce réflexe de la réparation etc parce qu'on pouvait se dire aussi qu'il y a l'effet de mode qui fait que tu jettes pour acheter des nouveaux modèles ou des choses comme ça, moi je vois en ce moment le truc on revient dans la boucle on revient en arrière la Samba, par exemple. Tu vois, c'est des chaussures, toutes les paires qu'on avait quand on était au collège, elles sont en train de revenir en force. Et c'est exactement les mêmes modèles copiés-collés. Oui,
- Speaker #0
c'est ça.
- Speaker #1
Et je pense que les gens, tu as ça, tu as aussi l'effet la fripe, aussi qui se relance de plus en plus. On a des jeunes générations, en fait, qui sont plus dans les friperies, les choses comme ça, et qui prennent des modèles un peu plus vintage, qui aiment bien aussi le fait que ce soit... réassemblés, réparés, etc. Là où je pense qu'on a eu pendant très longtemps un effet où tu ne prenais que du neuf. Tu achetais tout en neuf. Et là même dans l'électronique, tu vois, je le citais tout à l'heure, déjà il y a l'effet du prix qui joue, mais les gens ont aussi envie de laisser moins d'impact environnemental. Et ils vont plus aussi vers de la seconde main ou des choses comme ça. Ils n'ont pas non plus peur d'y aller, je trouve. Parce que tu vois, moi, quand je vois dans la génération de mes parents, pour eux, c'était limite inconcevable de racheter les fringues de quelqu'un d'autre.
- Speaker #0
Mais je vois, c'est fondamental. Tu as dit deux choses. Alors, un, je ne sais pas si les gens, de manière générale, ont envie d'avoir un impact environnemental positif. En fait, je pense que c'est le dernier critère. C'est une conséquence. C'est d'abord, en fait, peut-être un côté très égoïste de... Qu'est-ce que je peux faire, moi, pour trouver une solution pour mon problème ? Si je trouve une solution, en plus, ça vient en fait sur un bon impact. Alors bien sûr, il y a une partie de la population, heureusement, qui veut changer les choses et qui, fondamentalement, change de braquet et a changé son paradigme et se dit, c'est important en fait d'avoir un impact positif sur tout ce que je fais. Donc, je vais réguler. et monitorer tout ce que j'achète, tout ce que je produis, tout ce que je consomme de manière plus responsable. Et tu as justement cette ancienne génération qui n'est pas si vieille que ça, puisqu'en fait nos parents ont fait partie de celle-là. Nos grands-parents viennent de ça. En fait, comme il n'y avait pas toutes ces solutions de production, ce qui était une révolution industrielle qui fait qu'on a accéléré les choses, je, fondamentalement, comment je fais pour réparer ? Et moi, je suis issu d'une famille, et je sais très bien qu'ils vont rire quand ils vont entendre ça. Je connais des tatis, des oncles, des grands-pères, qui vont jusqu'à l'épuisement du produit. C'est-à-dire que si ton truc est encore bon, on le garde, on ne le jette pas. Et c'est ça qui est beau, parce que... Ils transmettent en fait la valeur du produit, la valeur finalement de celui ou celle qui l'a fait, qui l'a pensé, qui l'a construit, qui l'a fabriqué. Mais aussi en fait finalement c'est comme s'ils donnaient une âme au produit en se disant mais il est encore bon, j'ai eu une relation avec ce produit, j'ai eu des moments avec ce produit et il peut me durer parce qu'il peut m'être encore utile. Donc si je peux lui remettre un petit coup de vis, un petit coup de dégrippe, doubler des 40, tu vois. ou simplement en fait avoir quelqu'un de qualifié, un artisan qualifié pour le réparer, ok, allons, et tu vois j'ai encore des radios, j'ai encore des chaussures, j'ai encore des mobiliers, des tables, etc. qui sont encore en vie, et qui en fait sont aussi vieux que leurs propriétaires.
- Speaker #1
Mais ça ne m'étonne pas en plus, nous on voit de plus en plus... Ces cas-là, on parle beaucoup d'obsolescence programmée, par exemple avec les nouveaux produits qui sortent, etc., pour que tu sois obligé limite de racheter les choses. Et on constate que tu as des produits anciens. qui tiennent encore beaucoup plus longtemps que les produits nouveaux que tu peux avoir. Donc, c'est une vérité. Enfin, je veux dire, tout le monde,
- Speaker #0
vous pouvez tous regarder chez vous ce que vous avez en dur. C'est-à-dire, si vous avez un mobilier en bois, si vous avez un appareil d'antan, un appareil photo, une radio, même des chaussures. On parle souvent, en fait, des marques. des marques de chaussures assez émérites. Je ne sais pas si on peut citer des marques. On va prendre des Church, parce qu'on n'a pas eu la chance d'en avoir. Church, Weston, etc. Ce sont des marques qui sont réparables. Tu as plein de marques françaises qui, fondamentalement, passent à travers le temps. Et je pense que ça fait même partie d'assets d'héritage. Quand ton grand-parent meurt et te passe son héritage, ça en fait partie parce que ça a une valeur. C'est une valeur sentimentale d'abord. Probablement une valeur financière, mais fondamentalement une valeur sentimentale. Et tu peux surtout continuer de prolonger la vie de ton produit.
- Speaker #1
Sans avoir peur de le dégrader aussi, parce que tu vois que le produit en question, il a duré et qu'il est fait pour durer.
- Speaker #0
Et donc, du coup, tu l'utilises. Et c'est comme les baskets. Les baskets qu'il y avait à notre époque, tu vois, en fait, en 80, 90, etc. Merde, je viens de donner mon âge. Ah,
- Speaker #1
merde.
- Speaker #0
OK. Et donc... Elles étaient fabriquées avec des matériaux quand même un peu plus nobles. Mais aujourd'hui, c'est un agrégat, c'est un mélange, c'est un composite, c'est un cuir composite. Maintenant, tu as un cuir avec du plastique. La structure de la paire n'est plus la structure d'un cousu collé, par exemple, qui fonctionnera toujours mieux, qui tiendra toujours mieux dans le temps. C'est pour ça que finalement, ta Air Force 1, tu peux quand même la réparer. Mais maintenant, ta Air Force 1, ça dépend de l'année, ça dépend de l'état, ça dépend de combien tu veux mettre dessus. Il y en a plein comme ça qui font que la structure du produit a été pensée, je pense en tout cas, pour être réparée. Aujourd'hui, tu ne penses plus forcément à ça. Tu penses à l'esthétique. Qu'est-ce qui va driver ton consommateur pour acheter ton produit ? L'esthétique, la beauté du produit, le style, peut-être la fame, le fait d'appartenir à un groupe social. Et tu ne vas pas penser à l'après. C'est pour ça qu'on milite, nous, sur ne pas forcément arrêter d'acheter de la première main, et surtout pas, parce que ça nous fait vivre la première main. Mais que la première main soit beaucoup plus éco-responsable, qu'il fasse de l'éco-conception. Qu'on puisse en tout cas avoir aussi et faire des vrais partenariats avec les marques. Je ne prêche pas Ausha pour Bitters, mais qu'on puisse faire des partenariats avec des marques pour avoir non pas bien sûr tout le secret industriel de la fabrication de leurs chaussures, même si fondamentalement un bottier peut reproduire ça. Je connais un, David, il est extrêmement bon en fait, ou Edgar d'ailleurs, ils sont extrêmement bons. sur la fabrication de chaussures, ils peuvent reproduire quelque chose, c'est clair et net. Mais nous ce qu'on veut c'est, si on a les produits pour réparer, si on a les pièces détachées pour pouvoir réparer, on apportera un meilleur service, une meilleure qualité de service et une continuité de la fidélisation de l'expérience client chez la marque et aussi chez les artisans et à travers Bittor.
- Speaker #1
parce qu'en fait tu peux te dire pour le consommateur moi je suis prêt à payer plus si je sais que cette paire de chaussures elle dure donc là dessus tu vois je te comprends totalement et même pour eux c'est quelque chose de bénéfique moi aujourd'hui je pense à une seule marque qui fait des produits plus éco-responsables en termes de chaussures je t'en ai parlé je crois quand c'était eu au téléphone c'est Veja je savais pas qu'ils essayaient de construire justement des chaussures qui étaient déjà fait en matière avec le moins d'impact possible et Merci. Ce qui est marrant, c'est qu'un peu avant qu'on se rencontre via téléphone, j'avais écouté une des interviews du fondateur, celle sur Génération Do It Yourself, où il expliquait que justement maintenant, ils avaient pensé tout ce process de la construction de la chaussure et de la mise en vente de la chaussure, mais qu'ils n'avaient pas pensé à la vie d'après. Et donc là, ils sont en train de construire tout un réseau de cordonniers qui seraient capables de reprendre non seulement des Végea, mais reprendre aussi toutes les chaussures de manière générale. et Moi, je suis persuadé que, comme tu disais, une paire de chaussures, quand on l'a, on a cette valeur affective. Mais moi, quand j'achète aussi des chaussures, je suis prêt à donner plus. Comme j'avais reçu une fois une architecte d'intérieur, designer d'intérieur, qui disait qu'un produit éco-responsable, c'est peut-être plus cher sur le moment. Mais quand tu regardes sur la durée aussi, tu peux avoir des produits qui coûtent beaucoup moins cher sur la durée. Et je suis persuadé que c'est pareil avec la chaussure.
- Speaker #0
Pour moi, c'est pareil. Effectivement, tu as cité le cas de Veja, qui font en tout cas l'équipe, le fondateur et toute son équipe font un boulot intéressant sur l'aspect de la réparation et les conceptions aussi de leurs choses. Donc, il y a une balance aussi carbone, parce qu'il faut quand même aller chercher la matière. On ne fait pas pousser du caoutchouc en France, etc. Mais fondamentalement... tu sais qu'en fait à l'utilisation de toute façon c'est quasiment zéro CO2 que tu émets donc plus tu vas utiliser ta paire, plus tu vas la réparer moins en fait tu as d'impact donc ça s'équilibre donc effectivement ils ont créé le General Store je crois moi j'avais été voir une des premières cordonneries qu'ils avaient fait à Darwin à Bordeaux qui était effectivement c'est une superbe initiative donc bon a priori les gens consomment surtout en fait des vejas et font réparer leurs vejas je sais pas si tu vois les clients de B&Bters ils restent dire je tiens je vais l'apporter en fait au General Store ma paire en fait de Air Max ma paire en fait de Dunk etc pour autant je pense qu'ils pourraient faire le même travail mais ce qui est bien c'est l'initiative et de se dire ils ont aussi fait l'école de la réparation avec Refashion qui sont derrière l'initiative pour former les réparateurs de demain parce que quand tu vois que tu as plus de 64% de la population qui porte des baskets tous les jours donc on est vraiment accro à la basket euh On n'a pas... Ça a supplé la chaussure. La chaussure aura toujours ses lettres de noblesse, il n'y a aucun souci pour ça. Mais il faut trouver des solutions pour des gens qui portent des baskets tout le temps et qui ont envie de prolonger leur durée de vie et se dire je ne vais pas la mettre un an et puis au bout d'un an, je vais la flinguer. J'exagère peut-être au bout d'un an, mais en tout cas au bout de peut-être deux, trois ans. Là, on vient de rénover une paire de... Ergenen 11 pour une une femme qui l'a depuis je crois son collège donc ça s'est décollé un peu, normal c'est la vie de la paire, elle était un peu jaunie etc on a repris en fait en tout cas dans le service qu'elle nous a demandé on a repris en fait l'essentiel on lui a fait en fait le recollage, c'est bon sa paire elle est repartie, elle est propre tu vois Donc c'est ça qu'on veut pouvoir faire. Nous, on aimerait pouvoir installer des concepts bitters partout. Partout en France, en Europe. Faire en sorte justement que le lieu soit un lieu de vie, que les gens se disent, forcément j'ai un problème avec ma sneakers, je demande à bitters.
- Speaker #1
Est-ce que justement tu peux décrire un peu plus ce que c'est bitters ?
- Speaker #0
écoute Bitters comment te dire Bitters, fondamentalement, c'est une initiative d'économie sociale et solidaire. C'est ce qu'on appelle du réemploi et direct, puisque nous, on ne produit pas de paire de chaussures, on ne stocke pas et on ne revend pas des chaussures. Tu nous apportes tes baskets et on te les rend. On ne veut pas garder ta basket, on veut que tu la reportes. D'accord ? et donc l'initiative de Biters. elle est fondamentalement elle réunit trois grands pôles on va avoir la partie tech parce qu'en fait on est une plateforme tech, on veut développer une innovation technologique, on espère bien avoir les fonds en tout cas pour la développer donc site web, application on a une partie de réseau d'artisans qui sont finalement comme nos fournisseurs. Et on a une troisième partie que l'on souhaite développer, aujourd'hui qui commence par les pop-up que l'on fait à travers les différents partenaires qu'on peut avoir, donc souvent des retailers. On a eu la chance d'avoir la Samaritaine, Westfield qui nous a très vite fait confiance, donc on est passé à Ronny2, on est passé au Quatre Temps, on est passé au siège d'Unibail Rodamco, Westfield. On a pu faire des pop-up avec UMEP à l'Académie du climat. Bref, en fait, on se déplace. On a même fait le Festival Yard grâce aux déterminés. Donc, on se déplace en fait pour aller au plus proche des consommateurs. Et fondamentalement, notre troisième organe, c'est de vouloir développer des magasins dans les principales villes du monde, enfin de France déjà et du monde, d'Europe et du monde. où la culture snooker est forte, où le besoin en tout cas de réparation et la présence d'artisans est importante.
- Speaker #1
Peut-être un retour aux États-Unis du coup ?
- Speaker #0
Peut-être un retour aux States. Écoute, là, on va laisser calmer la situation. Mais fondamentalement, les États-Unis, c'est quand même le berceau, la maison mère des sneakers. Donc forcément, ce sera un accomplissement formidable de se dire qu'on peut... se développer aux Etats-Unis à travers la marque qui a un sens en plus je ne sais pas si je t'avais dit mais Bitters c'est dans le jargon de la sneaker là où les paires que tu adores porter tout le temps même si elles sont un peu tachées abîmées, un peu détériorées fondamentalement tu as un lien avec elles Elles te rappellent des moments de vie que tu as vécu. Elles ont une histoire avec toi. Et donc, tu ne veux pas les jeter. Donc fondamentalement, dans le nom de Bitters, tu as la mission de la marque. Et essayer d'être toujours en mouvement, toujours d'en trouver des solutions de réparation pour les consommateurs, pour notre cible, pour toutes celles et ceux qui ont envie en tout cas d'avoir ce geste de je veux retrouver ce que je pensais perdu. je vais demander à Bitters. C'est pour ça que d'ailleurs, je te dis, notre claim, c'est un problème avec tes sneakers, demande à Bitters. Pose la question d'abord. Comme quand tu cherches sur Google, tu fais une recherche, tu dis attends, je vais demander à Google. Bon, le principe, c'est je vais demander à Bitters. Et bien sûr, on est hyper transparent, c'est que si on peut le faire, on va te dire qu'on peut le faire. Si on ne peut pas, ou si on a un doute, on va te dire, voilà, en fait, ce qu'on pourrait faire, le truc palliatif finalement. la réparation, la rénovation, l'entretien palliatif qu'on peut faire. Et c'est toi qui prends la décision. Et si on ne peut pas, on dira, ça, ce n'est pas possible. Soit ça ne vaut pas le coup, mais c'est toi encore une fois qui décide, parce que le coup, c'est assez drôle, on a calculé qu'à peu près, quelqu'un qui veut réparer sa basket est prêt à dépenser jusqu'à 50% du prix, de la valeur de sa basket. ça dépasse ce seuil lorsque quelqu'un a un lien avec sa basket. Et on a tous un lien avec notre basket, puisque c'est la dernière chose que tu fais quand tu pars de chez toi. Tu mets tes baskets et tu sors de chez toi. La première chose que tu fais, tu enlèves tes baskets. Mais fondamentalement, tu as besoin d'être bien dans tes baskets, elles te représentent. Donc forcément, tu as un lien. Et donc ces gens qui ont ce lien-là avec leurs baskets, alors oui, on parle de stinkers addicts, etc. Ce n'est pas forcément des stinkers addicts, c'est des gens qui... J'ai le cas d'une cliente qui m'avait laissé plusieurs baskets d'ailleurs, dont une qui était une Samba, une Adidas Samba, qu'elle avait achetée en Argentine. Et elle ne la retrouvait pas. Elle l'avait laissée dans un placard. Elle était un peu tachée, elle était un peu abîmée. Donc, le truc classique des clients et clientes qui viennent me voir. Mais elle a essayé de la nettoyer et elle n'a pas réussi. Et donc, elle s'est dit, je la laisse tomber, je la mets dans le placard. Peut-être qu'un jour, je trouverai une solution. Donc, quand elle est passée dans un pop-up de Bitters à Westfield, elle nous a demandé direct, est-ce que c'est possible de la réparer ? donc en fait on a on a regardé on lui a dit bah en fait si tu veux qu'on la qu'on la rénove donc là presque la remettre à neuf il faut retin etc ça te coûtera en fait un certain prix mais du coup c'est une Samba donc en fait tu peux en racheter une autre quoi ça vaut pas le coup elle dit non mais en fait c'est pas une histoire de prix moi je suis prêt en fait à mettre le prix même si ça coûte plus cher parce que en fait celle-ci je l'ai acheté en Argentine ça me rappelle mon voyage en Argentine et je la retrouve pas donc j'ai un lien en fait fondamentalement avec elle Même si elle était dans le placard, je savais qu'elle était dans le placard et je savais que je trouverais une solution un jour. Bon, ben voilà, on l'a fait pour elle. Et voilà, elle est repartie contente avec sa paire. Qu'est-ce que je peux dire d'autre ? Bitters, c'est une plateforme qui a été récompensée plusieurs fois. On a gagné des prix. On a gagné le Together d'Ether avec les déterminés. On a pu présenter le projet aux États-Unis. On a... On a gagné le prix Uniclen récemment, le prix de l'espoir. Donc, ça pèse sur les épreuves. Tu vois, ça pèse en disant, prix de l'espoir, on compte sur toi. On va tout le monde dire, on compte sur toi. On espère bien que tu vas te développer. C'est un beau projet. Et on a aussi gagné, on était lauréat du prix Avomark by Quartz. Donc, Quartz qui est un... d'un centre commercial de Altaria, que j'ai dit. Voilà. Aujourd'hui aussi, Bitters bosse avec de nombreux artisans et artisanes à travers la France. Un bon réseau, très réactif, qui peut donc entretenir, nettoyer, rénover, réparer et aussi customiser tes paires de baskets. Dernier point de Biters, c'est qu'on souhaite aussi avoir développé un atelier central. Pour ça, on espère avoir bien sûr le soutien de villes qui veulent bien accueillir le projet. Parce qu'on pense qu'il faut augmenter notre unité, notre capacité pour pouvoir effectuer une partie des réparations, formés inviter aussi nos consommateurs et consommatrices à venir voir aussi ce qu'on fait, comment on répare la basket, parce que fondamentalement, nous, on est une marque dynamique. Bitters, c'est toujours dans le mouvement. On va à la rencontre des gens, on est dynamique. Tu peux voir notre profil Instagram, TikTok. TikTok est assez drôle. Instagram aussi, mais tu vois aussi ce qu'on fait, notre univers. On est proche de la communauté parce qu'on aime parler avec les gens. mettre tes baskets, c'est aller vivre des aventures à l'extérieur, c'est rencontrer du peuple, c'est permettre à des gens de casser leur tête sur tes baskets parce qu'elles sont trop belles. Tu vois ? Et donc, nous, on a fondamentalement envie d'intégrer aussi ces consommateurs en acteurs du changement et donc de pouvoir opérer, d'avoir des unités un peu partout pour pouvoir ensuite grandir. On a aussi d'ailleurs été demi-finaliste du concours Westfield Grand Prix. On aurait trop aimé gagner ce prix, parce que ce prix nous permettait de donner la possibilité d'avoir une dotation pour ouvrir un magasin, une cellule, dans un Westfield. Ça aurait été vraiment génial. Ça fait partie du lot. On est tombé en demi-finale. on n'a pas perdu la finale du coup on est comme le genre de mec à Jordan j'ai jamais perdu de finale mais de toute façon ça nous a permis aussi de revoir beaucoup de choses de revoir aussi le business model et d'arriver en fait maintenant à la structure aussi à laquelle je pense et espérer faire des partenariats avec des marques avec des retailers, avec des artisans voilà enfin pour le meilleur et l'accessibilité de la réparation en France et ailleurs.
- Speaker #1
Ok, de toute manière, peut-être que ça viendra bientôt.
- Speaker #0
Oui, écoute, j'espère bien.
- Speaker #1
On bosse pour ça. Et quand on a discuté ensemble, la toute première fois, j'ai vu qu'en fait, tu parlais plusieurs fois du driver que tu avais. Et j'ai vu aussi que tu disais que tu voulais défendre une conviction simple, c'est que l'innovation n'a de valeur que si elle crée du lien, de l'insertion, de l'impact local. Et une nouvelle manière de consommer, pour nous, c'est la mode. Et tu me disais que tu avais envie de laisser une trace indélébile de ton passage sur Terre. À quel point c'est important pour toi d'être habité par quelque chose qui te motive au quotidien ?
- Speaker #0
Pour moi, c'est fondamental. C'est fondamental de se dire pourquoi tu te lèves le matin ? Pourquoi ? Qu'est-ce que je fais ? Est-ce que ça a du sens ? T'interroger sur l'impact que tu as pour toi dans ta vie, de manière égoïste. négociation positive, mais aussi, en fait, à ton prochain. Je pense que, tu vois, quand t'es entrepreneur, t'es très seul dans ton environnement. Avant, t'étais peut-être salarié, t'avais des collègues, tu te retrouvais à la cafette, à la cantine, peut-être ailleurs pour des pots. Mais quand t'es entrepreneur, le regard change. Déjà, on se dit, c'est un taré. Une tarée d'ailleurs, tu vois, c'est un taré. Qu'est-ce qu'il veut faire ? Pourquoi ? Il était bien ? Ouais, j'étais bien, mais peut-être qu'en fait, j'étais pas si bien que ça. J'avais besoin de sens. Et généralement, tu vois, partout où je suis passé, j'ai eu besoin de sens. J'ai progressé en fait au Galerie Lafayette parce qu'on me donnait du sens. Les gens, en tout cas, avec qui j'ai bossé, me donnaient du sens. Et ceux qui ont voulu s'intéresser à moi et ceux qui ont voulu... me faire progresser, ils m'ont donné du sens. Pareil, en fait, quand je suis passé chez Audio-Optique, il y a certaines personnes avec qui j'avais du sens, d'autres, je n'avais aucun sens. Et donc, tu n'as pas de driver, tu n'as pas envie, en fait, de te lever pour rien. Il y a nombre de salariés qui font des burn-out parce qu'ils sont en perte de sens. Parce que, parce que, finalement, ils ne savent pas vers où aller. Et moi, fondamentalement, depuis tout petit, j'ai la sensation qu'il faut que je comprenne ce que je fais. Il faut qu'il y ait du sens. Je ne te dis pas que je suis en train de tout programmer. Je n'en sais rien de ce que je ferai en fait dans six mois, même si j'ai une roadmap. Mais ce qui est important, c'est que pour moi, j'ai besoin, en fait, si tu veux, de me motiver. Je suis un compétiteur. Je suis... Je suis driveé par quelque chose, en fait, où on me dit c'est inatteignable. Tu ne vas pas réussir. Ce n'est pas possible. Et j'adore, en fait, cette citation où ils ne savaient pas que c'était impossible, donc ils l'ont fait. Mais alors moi, je ne pensais pas que c'était aussi difficile de monter une boîte. Des fois, je me dis que je suis un taré et je me dis que les autres, ils avaient raison. Parce que c'est extrêmement difficile, même si finalement, Bitter, c'est l'adaptation de tout ce que j'ai connu dans le retail. J'ai eu envie de créer mon propre système de retail adapté à l'artisanat et à l'impact des baskets et l'impact environnemental. Je me suis dit, OK, avec ce que j'ai fait, c'est bon, j'ai rapporté de la thune à mes précédentes boîtes, on a fait du bénef. J'ai aidé des magasins à se développer. J'ai pondu des plans marketing. J'ai fait du CRM. J'ai manié des bases à 3-4 millions d'utilisateurs, même plus. Ça va être easy. Pas du tout.
- Speaker #1
Tu dirais que l'envie, ça ne suffit pas simplement.
- Speaker #0
Non, l'envie, ça ne suffit pas. Il faut avoir l'envie, mais l'envie, c'est d'entrer dans tes tripes. C'est dans ton troisième cerveau. Tu le disais tout à l'heure quand on est arrivé. il faut en fait avoir les tripes il faut avoir aussi en fait des gens qui ont envie de croire en toi qui peuvent t'aider les mentors en fait que j'ai je pense que non seulement ils croient au projet mais ils croient en moi il y a eu des personnes qui sont venues que dans ma vie je les connaissais ni d'elle ni d'Adam je les ai rencontrés à travers Bitters et ils ont trouvé l'idée formidable, l'idée folle les perspectives de développement géniales et se sont investis avec moi pour m'aider à structurer la boîte. Je ne leur ai rien demandé. Ils ne me connaissaient ni d'Eve ni d'Adam. Mais tu vois, c'est là où tu vois la frontière aussi entre les gens qui te disent « Ah ouais, ouais, je suis ton pote, je suis ton pote. Ah ouais, ouais, je vais t'aider, je vais t'aider. » Et ceux qui le font vraiment, c'est la différence. Donc fondamentalement, le driver aussi, c'est une différence entre l'envie... et la capacité à faire, la capacité à te dépasser, la capacité en fait à te nourrir de l'ambition, des tripes, de le sentiment que tu as dans tes tripes pour accéder en fait à la solution, à la réponse au problème que tu cherches et donc trouver la solution. Donc moi, je pourviens sur le driver. J'ai toujours fait ça, je fais toujours ce que je dis. Dès que je te dis, c'est qu'il faut que je le fasse. C'est un engagement, c'est comme si j'avais un contrat moral avec moi-même. Avant même d'être avec toi, une fois que je te dis rage, je te dis que fondamentalement, je vais ouvrir mon premier magasin d'ici deux ans. Si je te le dis, il faut que je le fasse. Bon, attends, je ne sais pas si... Non, mais si, j'espère en ouvrir dans deux ans, tu vois. Peut-être moins de deux ans. Mais j'ai besoin d'avoir un driver comme pour le sport. Tu es un sportif. Tu sais ce que c'est, se fixer des objectifs.
- Speaker #1
Et j'en ai besoin pour faire quelque chose.
- Speaker #0
Tu en as besoin. Alors, beaucoup de gens vont en rire, mais écrire, si tu veux, tes perspectives en début d'année. ou le moment que tu veux, tu choisis ton moment, tu vois, mais avoir ta pensée positive, écrire, en fait, tes objectifs et surtout, en fait, si tu veux, en gros, ton système de pensée, tes pensées, ton sentiment, l'action et le résultat que tu vas avoir. Ben, ça, ça va te... T'es pas forcément obligé de le relire, mais le fait de le poser sur un papier, c'est que t'as un engagement avec toi. Et après, tu reviens dessus en te disant ben, comme si tu faisais ton propre EAP, EAD, tu vois. où est-ce que j'en suis, est-ce que j'ai réussi, j'ai réussi ça, etc. Mais tu inscris dans ton propre système, dans ta matrice, ce qui va te permettre d'aller jusqu'au bout. Et moi, fondamentalement, j'ai besoin de ça, j'ai besoin d'avoir ça, et j'ai besoin d'avoir du sens. Et je me suis retrouvé à faire un projet dans l'impact. Et même, tu vois, j'ai un deuxième projet auquel je pense, à Marie Galante, etc. Et en fait, j'ai... J'ai une amie qui m'a dit, mais en fait, du coup, c'est aussi dans l'impact. C'est aussi en fait, ben ouais, ouais, effectivement, c'est un impact écologique aussi, parce que je veux avoir du sens. Si j'ai quitté en fait mon ancienne vie, c'est qu'en fait, je ne m'y retrouvais plus. Je ne trouvais pas en fait de sens, pas de motivation. J'ai besoin en fait aussi, si je suis des gens, j'ai besoin d'aduler en fait aussi des gens. Même en fait, les mentors qui m'entourent, je ne sais pas, j'ai une reconnaissance en fait pour leur parcours. pas forcément fondamentalement pour ce qu'ils ont fait, parce qu'ils ont monté des boîtes, parce qu'ils ont été successfull, etc. C'est quoi ? Comment tu définis le succès ? Le succès, c'est aussi en fait comment eux se sentent bien, mais ils ont eu un driver, ils ont voulu tout faire péter, ils ont voulu faire du sens. Baptiste, un de mes mentors, il a fait une boîte à impact, qui d'ailleurs était une des premières licornes françaises. Et il a... Il a ce driver, il a un franc-parler. Donc, tu vois, ça me fait du bien d'être bousculé, en fait, à chaque fois par lui, parce qu'il croit au truc. Et il dit, c'est pas possible que ça ne réussisse pas, ce projet. Il faut, en fait, il faut percer le mystère. Et moi, j'aime comprendre, j'aime percer le mystère. Au début, je t'ai dit, finalement, je suis passé, en fait, de la chimie au marketing. Je suis passé d'une école de chimie à une école de marketing. J'ai fait une école, tu vois, d'une école de commerce. Parce que fondamentalement, mon driver, c'était je veux comprendre comment fonctionnent les gens. J'ai fait une partie des études aux Etats-Unis. Mon major, c'était Consumer Behavior, le comportement du consommateur et négociation commerciale. Mais tu vois, comportement du consommateur, j'ai besoin d'avoir ça pour avancer. Et fondamentalement, je pense que quand tu comprends mieux l'environnement que tu as, quand tu te comprends mieux toi aussi, tu peux essayer, tenter. de lutter contre tes propres démons et de t'accrocher justement à ces fameux drivers. Donc oui, effectivement, je pense que résolument, ce qui est important en fait, quand tu crées quelque chose, c'est que ça doit avoir de l'impact, ça a de l'intérêt que si en fait c'est un impact pour l'humain et la société, et je rajouterais pour l'environnement de l'humain, l'environnement au sens propre du terme, donc l'air qu'on respire, l'eau qu'on boit, euh les forêts qu'on visite, etc. Et moi, en fait, comme je suis Guadeloupéen, je peux te dire, et je fais de la plongée, je peux te dire que je vois le changement des fonds marins. Je vois la modification de la santé des coraux. Je vois la modification de la topographie. On a une plage à Marégalente qui était extrêmement éloignée il y a 10-15 ans. Aujourd'hui, la plage a... a pris du terrain et la plage, enfin la mer pardon, a pris du terrain et la mer en fait a réduit la plage de moitié. Et donc, c'est un véritable impact. Donc, OK, il va y avoir des climato-sceptiques. En fait, moi, je ne suis pas en train d'essayer de me batailler avec eux. Je suis en train de dire, ceux qui veulent faire le changement, on peut avoir en fait une action. Moi, je choisis d'essayer de faire cette action-là. Si les réparateurs existent depuis très longtemps, c'est qu'eux ont compris en fait le sens justement des matériaux. Avant, en fait, on n'avait pas les pouvoirs d'achat qu'on avait. Tu vas me dire qu'aujourd'hui, le pouvoir d'achat, dans une situation de pouvoir d'achat, il y a aussi ça en fait. c'est que Il y a un changement de paradigme sur les dépenses. Tu vas dépenser moins. Pourquoi, en fait, les actions, les... Prima, prima, prima, voilà, c'est ça. Enfin bref, poussent dans tous les sens. C'est parce que, justement, les gens ont besoin de contrôler mieux leur budget. Et donc, ça passe partout. Sinon, ils font des cuts. Ils font des cuts. Et donc, nous, pour répondre à ça, on peut essayer de leur dire, au lieu de remplacer ta paire pour... quelques centaines d'euros, pour quelques dizaines d'euros, tu peux réparer ta paire et repartir avec. Donc, tu auras économisé. Encore une fois, tu t'achètes ce que tu veux en première main. Nous, on veut dire, on est le SAV de ta chaussure, en particulier de ta basket. Voilà, ce qu'on veut dire aux marques. Ne vous inquiétez pas, de toute façon, tant qu'il y aura du retail, les gens continueront d'aller en magasin. ce n'est pas ce qu'ils font qu'ils les achèteront moins. Au contraire, c'est qu'ils auront plus une sécurité.
- Speaker #1
C'est quoi, du coup, ton rapport à l'échec ?
- Speaker #0
Mon rapport à l'échec, en fait, il est particulier parce que je sais que l'échec fait partie du process, tu vois. Genre Jordan mentality, Mamba mentality, enfin bon. Mais je suis un gros têtu. Je suis un jusqu'au boutiste, donc ça veut dire que lorsque je veux... Merci. quelque chose et que je me dis que j'ai pas tout fait pour réussir, je veux pas lâcher. Parce qu'en fait, il y a une chose fondamentale que je veux pas dans ma vie, c'est regretter. Je veux pas avoir de regrets. J'en ai jamais. C'est rare, en fait, en tout cas. Et si je regrette, je regrette par rapport à moi. Je regrette de pas m'avoir écouté, de pas avoir écouté mon intuition, de pas avoir écouté, de pas avoir vu un signe, tu vois. Parce que c'est toujours plus facile de se dire, en fait, ah, c'est à cause des autres. mais en fait souvent c'est que toi t'as pas pris la bonne décision très souvent et c'est pour ça que ça fait partie de mes drivers je suis omnibulé par le résultat et comment y arriver comment chercher la solution pour Bitters je vois la solution fonctionner je vois l'aspect technologique fonctionner je vois les gens consommer Bitters venir dans les magasins de Bitters j'ai cette image là en tête elle ne part pas de ma tête et donc J'ai envie de réussir, en fait, ça. Et avec mes potes, finalement, on ressemble souvent à ceux qui nous entourent, on a toujours eu, en fait, une compétition. Une compétition, mais saine, tu vois. C'est comment faire toujours mieux pour repousser chacun, pour pousser. Et je remercie d'ailleurs, en fait, tous ces potes, hommes comme femmes, qui, en fait, me disaient des choses, qui me piquent aussi un peu, tu vois. C'est pas qu'une question d'orgueil, c'est juste, en fait... de comment je vais faire mieux demain encore mieux sur un jeu que ce soit un uno que ce soit en fait un double peu importe les domaines peu importe les domaines j'ai besoin d'être poussé donc en fait mon rapport à l'échec j'ai envie de te dire il est particulier moi je le supporte pas je sais qu'il fait partie donc du coup je vais analyser mon échec pour comprendre comment faire mieux après Bye bye. Et aujourd'hui, c'est vrai que l'entrepreneuriat, même si je souffre, même si j'ai beaucoup de difficultés à mettre en place ce système parce qu'il faut des fonds, il faut se financer. Ce n'est pas un système linéaire. Aujourd'hui, je le comprends mieux. En fait, je veux aller jusqu'au bout, je veux financer pour voir si tu me donnes des fonds, comment je peux faire. Avec des fonds qu'on m'a donnés. J'ai pu aller au bout de plein de choses dans des boîtes. Alors pourquoi je ne peux pas le faire pour ma propre boîte ? Donc c'est un appel, tu vois, au fond. Pas forcément, tu vois. En tout cas, c'est un appel pour te dire, en gros, je pense qu'on peut réussir. Avec beaucoup d'abnégation, avec beaucoup de focus, il faudra faire des choix. J'en fais en fait là aujourd'hui, il y a plein de choses que j'ai abandonnées en fait sur BitEars. Il faut focus sur quelque chose. On est dans des cycles de financement, on valide en fait une petite levée en dette là, avec une banque qui nous a suivis en fait tout de suite. On veut faire des levées en subvention, on veut obtenir en fait aussi le soutien de la région. Il y a plein de choses, en tout cas, qu'on est en train de débloquer. Et on espère pouvoir, en tout cas, être un acteur principal de la réparation en France et soutenir les réseaux d'artisans indépendants aussi.
- Speaker #1
Ok. Pour toutes les personnes qui ont apprécié notre échange, elles pourraient te retrouver, toi ou Bitters, où ?
- Speaker #0
Alors, ils peuvent nous retrouver sur le site internet, bittersneakers.com. On est en train de le changer d'ailleurs. On va faire une migration, mais ne vous inquiétez pas, vous le saurez. Sur les réseaux sociaux, on est très souvent sur Instagram. On commence à y arriver sur TikTok. Principalement, on est sur LinkedIn aussi pour les professionnels ou les particuliers qui veulent en fait voir les posts que l'on fait. Ils sont même drôles sur LinkedIn. Je comprends. Tu vois, ils ne sont pas pompeux. principalement et surtout, ils peuvent nous retrouver dans des pop-up. On fait régulièrement des pop-up, donc souvent les lundis à Fitness Park Nation, qui est un de nos points de drop d'ailleurs. C'est un des premiers partenaires qui nous a fait très vite confiance. Vous pouvez déposer vos paires de baskets directement pour les entretiens et la réparation à Fitness Park Nation. On vient les récupérer, ça part dans nos réseaux d'artisans, vous les récupérez à Fitness Park tranquillement. Hop, tu fais ta séance. et quelques jours après tu viens la récupérer et sinon dans tous les déplacements qu'on peut faire dès lors qu'on a des enseignes, des marques etc qui veulent faire des activations on se retrouve en fait, on a toujours un planning on l'affiche et on se déplace en fait dans ces événements là ok de toute façon je mettrai tous les liens en description et puis j'invite toutes les personnes qui ont aimé notre échange à le liker,
- Speaker #1
le partager, le commenter aller sur tous tes réseaux sociaux au revoir
- Speaker #0
Allez-y.
- Speaker #1
Je te remercie en tout cas, Moïse, pour cet échange.
- Speaker #0
Je t'en prie, avec plaisir.
- Speaker #1
Merci beaucoup.