- Speaker #0
Je n'ai jamais rencontré d'inventeur qui réussisse à être entrepreneur. Maintenant, je vais leur montrer que, ok, je suis une femme, je ne suis pas toute jeune, je suis prof sans expérience d'entrepreneuse, mais je sais que je suis capable et je vais leur montrer que je suis capable. Si je n'avais pas gagné la médaille d'or au concours Lépine, peut-être que je me serais arrêtée. On ne veut pas de choses réutilisables parce que ça casse notre business de recyclage. Il y a une boucle très juteuse. qui fait que si tu vas contre ça, finalement, tu es mort. J'ai envie de montrer à tous ceux qui ne m'ont pas prise au sérieux que finalement, je suis en train de devenir quelque chose de sérieux.
- Speaker #1
Bienvenue sur Des Salariés, le podcast qui démystifie l'entrepreneuriat en partant à la rencontre de personnes ordinaires au parcours extraordinaire. Et aujourd'hui, nous partons à la rencontre de Christelle. Merci d'avoir accepté de venir sur le podcast.
- Speaker #0
Merci, Raj, de m'avoir invitée.
- Speaker #1
Avec grand plaisir. Dans les thématiques du podcast, j'aimerais bien qu'on parle de transition, puisque c'est la thématique du podcast, de reconversion et de reconstruction, mais aussi de parler de s'habituer aux habitudes des consommateurs et également de conviction, si ça te va.
- Speaker #0
Très parfait, on y va.
- Speaker #1
Alors la première chose que je demande toujours, c'est de se présenter. Est-ce que je peux te poser ?
- Speaker #0
Bien sûr. Donc moi, je suis Christelle Pelletier. J'ai été prof durant une ancienne vie. prof de technologie au collège et au lycée. Et puis, avec le Covid, il y a beaucoup de chamboulements. On s'est dit comment on peut faire en famille pour changer ce qui nous arrivait, qui n'était pas très positif. Et mes enfants m'ont tout de suite dit, essaye d'éliminer déjà les déchets d'emballage carton qui s'accumulent, parce que je n'aime pas jeter. Donc voilà, on a créé au PAC le spécialiste des emballages réutilisables. pour remplacer tous les cartons jetés à usage unique.
- Speaker #1
Ok. Moi, si je ne me trompe pas, ce que j'ai vu un peu en observant ton parcours, c'est que pendant que tu travaillais, tu commençais déjà à travailler du coup sur opaque, c'est ça, le soir ?
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Au début, c'était vraiment comme un challenge familial, me dire je vais trouver une solution parce qu'elle n'existe pas, mais vraiment sous forme de challenge. Parce que voilà, pas l'idée qu'on puisse en vivre. Et donc, je l'ai fait vraiment pour me prouver à moi-même que j'étais capable de trouver une solution, pour la breveter et puis ensuite la présenter au fameux concours Lépine, tout en étant prof, évidemment, puisque n'ayant pas la vision de me lancer vraiment dans l'aventure entrepreneuriale.
- Speaker #1
Ok, donc en fait, au départ, ce n'était pas du tout une volonté de te reconvertir. C'était vraiment de créer un produit qui répondait à une envie que tu avais.
- Speaker #0
Tout à fait. J'étais bien prof. Le rythme m'allait bien. J'avais créé un club robotique. On faisait des championnats. On avait fini champion des États-Unis. Voilà, donc il y avait un beau parcours. Je ne m'ennuyais pas. Mais voilà, l'envie de vraiment agir pour la planète. Et je me suis dit, si je trouve une solution, peut-être qu'elle pourrait intéresser d'autres personnes. Ok.
- Speaker #1
Et c'est une question que j'aime bien poser à toutes les personnes qui sont, je veux dire, entrepreneurs dans l'impact. Qu'est-ce qui, pour toi, t'a donné cette envie justement de t'engager pour la planète ?
- Speaker #0
Alors, en tant que prof de techno, on a une partie sur l'environnement. Pour dire, voilà, pour éduquer les élèves à l'impact qu'ils peuvent avoir. Et moi, j'insistais beaucoup sur l'entrepreneuriat. parce qu'il est quand même en moi l'entrepreneuriat, pour essayer de semer des graines en disant, c'est vous les jeunes qui allez devoir trouver des solutions pour la planète, parce que nous on l'a pas mal abîmé, et voilà, il va falloir trouver des solutions et se lancer. Et puis à un moment donné, avec le Covid, se dire, finalement, ok, j'enseigne, j'essaie d'éduquer les jeunes, mais pourquoi moi je ne passerai pas à l'action déjà ? Et vraiment l'idée d'agir, de passer à l'action.
- Speaker #1
C'est vraiment une conviction intime que tu dois avoir. Parce que moi, je me rappelle de mes cours de techno, où plutôt au contraire, on faisait un peu des objets qu'on allait être amenés à jeter ou autre. On n'était pas du tout sensibilisés au côté environnemental. Donc c'est une bonne chose que tu le fasses, parce que c'est des sujets qu'aujourd'hui, au niveau gouvernemental, on prend au niveau des entreprises avec tout ce qui est RSE. Mais comme tu le fais... Je ne sais plus qui il disait. Je crois que c'est un ministre asiatique. qui, pour sensibiliser dans l'écologie, partait du principe que ce n'étaient pas les adultes qu'il fallait sensibiliser, mais les enfants, parce qu'un enfant, ça touche, je n'ai plus le chiffre exact, mais quatre ou six adultes autour de soi et que c'est comme ça qu'on a un meilleur impact.
- Speaker #0
Bien sûr, nous, quand on est adulte, on est déjà formé, on a nos habitudes, c'est beaucoup plus compliqué. Et l'idée de sensibiliser les élèves à l'environnement, alors il y a une partie quand même dans le programme. Mais j'en faisais quelque chose de très concret parce que j'ai été jusqu'à me former à fabriquer des meubles en carton pour leur apprendre que le carton, c'est une super belle ressource et de leur faire faire des meubles.
- Speaker #1
Le carton, tu n'en es pas loin là maintenant dans ce que tu fais sur le vent en plus. Et avant d'arriver justement sur OPAC, tu vois, tu disais que tu as un peu spoilé en disant que tu avais participé au concours Lépine. Qu'est-ce qui a fait justement la bascule qui t'a fait devenir entrepreneuse derrière ?
- Speaker #0
Déjà de proposer, de participer au concours de l'Épine déjà. Oui. J'en parlais à mes élèves et moi, je n'ai jamais manqué. Il y a eu un reportage sur le sujet. J'ai toujours été fascinée par ceux qui inventaient, par aussi ceux qui ont un don de créer des artistes, enfin tous ceux qui ont des dons concrets assez atypiques. Et les inventeurs... Ça m'a toujours passionnée, tout en me disant que non, je n'étais pas capable d'inventer parce que je ne suis pas ingénieure, parce que je pensais ne pas être créative. J'avais des pensées très limitantes sur ce sujet. Et quand j'ai découvert par hasard, enfin j'ai cherché, mais à 2h du matin, dans ma chambre, ce colis qui se gonfle, je me suis dit finalement, peut-être comme ça n'existe pas, peut-être que je peux le présenter. Et c'est comme ça que je... J'ai osé, en fait, sans trop y croire et sans l'avoir anticipé.
- Speaker #1
Mais justement, le fait que tu parles des pensées un peu limitantes, moi, je sais que je suis un peu pareil sur tout ce qui est manuel. Et je me définis directement comme ça. Je dis autant résoudre des problèmes ou faire des trucs un peu par la pensée. J'arrive à faire quelque chose de mes mains. Tu pars directement avec un a priori négatif en te disant que je ne vais pas réussir à faire ça ou même créer quelque chose. Et comme toi, j'ai beaucoup d'admiration pour les personnes qui créent des solutions, sachant que, pas des solutions, mais des produits. Parce qu'aujourd'hui, ça rentre dans notre quotidien. Mais on ne pense pas en fait toute la conception qu'il y a eu derrière et comment on en arrive à créer un matériel. Pourquoi prendre tel matériel, etc. Chacun des objets, même là qu'on le voit, il y a une vraie réflexion, etc. derrière. Et comment tu as fait pour outrepasser tout ça ? Parce que moi, je t'avoue que des fois, rien que monter un meuble ou des choses comme ça, quand je vois la liste de tout ce qu'il y a à faire, je suis déjà un peu blasé. Mais quand tu te lances dans quelque chose de créatif et à inventer, du coup, j'imagine que tu ne sais même pas où tu vas en fait.
- Speaker #0
Complètement, complètement. En fait, j'ai passé ma vie de prof. à enseigner aux élèves d'oser, de tester, si pas grave, à l'américaine. À l'américaine, on teste, on se plante, c'est pas grave, on recommence. Et j'ai cherché toujours ça pour les encourager, pour leur donner confiance. Tout en n'ayant pas confiance en moi au fond. Et le Covid, ça a été une période où beaucoup de gens se sont posés des questions, se sont questionnés. Et moi, ça a été le moment où je me suis dit, finalement, pourquoi pas ? pourquoi pas, je vais tenter parce que comme c'est chez moi personne ne le sait ça reste dans l'intimité de la sphère familiale si j'y arrive pas,
- Speaker #1
qu'est-ce que je risque malgré ce que tu dis je crois que t'as été quand même acharné parce que je crois que t'avais fait plusieurs prototypes il y en avait justement qui étaient pas forcément opérationnels etc et puis un jour Tu as persévéré et puis tu es arrivé justement à la création de cet emballage gonflable et à la bonne solution qui, derrière, tu as mené à aller participer au concours Lépine, si je ne me trompe pas.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Oui, parce que comme c'est nouveau, je n'avais pas forcément la solution en tête. Je partais juste du principe que pour avoir un remplaçant du carton à usage unique, il fallait quelque chose qui se raplatisse pour être retourné. C'était une des conditions essentielles parce que si le retour et le colis revient complet et formé, ça n'a pas de sens écologique. Donc il fallait qu'il revienne tout petit et qu'il n'ait pas besoin de surcalage. C'était une caractéristique qui était essentielle. On avait réfléchi ensemble en disant comment il devait être le colis du futur, le remplaçant du carton. à l'ésagénique. Et partant de là, l'idée est très vite venue d'une idée de airbag. Donc voilà, le gonflable. Mais le gonflable, pour arriver à une solution comme ça, j'ai fait une dizaine d'essais, une vingtaine d'essais avant. Et quand j'ai trouvé la solution, mais c'était de briques et brocs, j'avais pris un sac sous vide et je l'avais inversé. C'est-à-dire un sac sous vide, on enlève le vide. Et moi, le sac sous vide, j'ai inversé manuellement la valve avec du pistolet à colle chaude pour éviter les fuites parce que je n'avais pas de machine pour souder. Et après, je l'ai gonflé et je me suis dit d'accord. Bon, non, ça ne marche pas. Et après, je l'ai refermé comme un sac. J'ai scotché sur les côtés.
- Speaker #1
C'est ça que j'avais vu sur LinkedIn. Tu avais tenté de mettre des morceaux de scotch à certains endroits.
- Speaker #0
Et quand j'ai gonflé, j'ai vu que ça venait faire en fait, ça venait envelopper le produit et ça ne bougeait plus. Et l'extérieur était bien protégé parce que gonflé. Et c'est vraiment de là. Et après est venu tout un comment faire industriellement. Déjà pour le faire, je peux prendre des sacs sous vide et le présenter. Donc j'ai dû sourcer, travailler avec des industriels et développer mon prototype. Mais là, il a fallu une cinquantaine de prototypes pour arriver à une solution exploitable.
- Speaker #1
Ok, et c'est marrant parce que moi, tu vois, quand j'avais vu le produit en le découvrant, j'avais pensé directement à la sécurisation du produit avec le fait qu'il soit gonflé, mais pas au compactage. Mais c'est vrai qu'en fait, in fine, ça a encore plus de sens au niveau environnemental, sur les renvois, etc., d'avoir quelque chose qui est compacté, en fait.
- Speaker #0
Oui, qui se dégonfle, tu veux dire. Oui, oui, tout à fait. C'est essentiel, même. Nous, on a réussi à avoir un partenariat avec La Poste pour ce retour. qui est essentiel dans la boucle circulaire. Et la condition, c'est que ça ne fasse pas plus de 2,5 cm. Alors, il y a d'autres mesures, mais celle-là, elle est très compliquée à avoir si on n'a pas de choses qui se gonflent et qui se dégonflent. Si c'est du carton, tu fais trois couches de carton et tu dépasses. Donc, ça a été une aide inespérée d'avoir ce retour de la pose grâce au fait que ça se dégonfle.
- Speaker #1
Parce que ce que j'ai vu, si je ne dis pas de bêtises, c'est qu'en fait, le colis, une fois qu'il est envoyé, il y a une possibilité de retour via la poste avec une étiquette prépayée, c'est ça ?
- Speaker #0
Tout à fait, exactement. Et ça, c'est quelque chose que la poste a mis en place pour tous ceux qui veulent faire des emballages réemployables, mais très, très compliqué à avoir. On est très peu d'élus, en fait, à avoir le retour ultra préférentiel de la poste.
- Speaker #1
Ok, et justement, en parlant de tout ça, tu vois, on part d'une idée et ensuite de l'industrialisation de cette idée et la production, du coup, à plus grande échelle, les normes, les brevets, toutes les choses qui vont derrière. Ça ne t'a pas fait peur, justement, une fois que tu as remporté, du coup, le concours Lépine, de dire bon, maintenant, je passe dans une autre dimension. Et ce qui était une idée. de base, même si tu avais cette volonté de répondre à une solution concrète donc je pense que tu savais déjà que tu allais aller plus loin,
- Speaker #0
si tu pouvais aller plus loin si je n'avais pas gagné la médaille d'or au concours lépine, peut-être que je me serais arrêtée là en disant au moins j'ai participé à l'aventure.
- Speaker #1
Et quand tu y es allée justement comment tu y es allée, confiante ?
- Speaker #0
Alors ça c'est une bonne question donc c'était très familial et mon mari m'a dit qu'est-ce que tu... Qu'est-ce qui ferait que tu sois contente de cette aventure ? Qu'est-ce que tu attends en fait ? Et moi, j'avais dit déjà, si j'ai une médaille, ça serait le rêve en fait. Médaille de bronze, ça commence par là. Je serais heureuse. Mais voilà, c'était mon idée de... Une médaille, quelle qu'elle soit, j'aurais été comblée. Mais je n'avais pas imaginé... La médaille d'or, c'est un peu compliqué. On peut prendre une minute. Le concours Lépine, c'est que quand tu es dedans que tu comprends. C'est que tu as les médailles. D'abord, des certificats pour faire plaisir. Après, les médailles de bronze, argent, or. Et après, tu as des prix spécifiques. Nous, on a eu trois prix. Mais je ne dis que la médaille d'or parce que personne ne connaît. ceux qui le vivent, qui le comprennent. Et après, tu sors du lot. Et on a eu le prix de la ville de Paris, le prix de l'INPI. Donc en tout, on est parti même au-dessus de médaille d'or. Voilà, c'était un grand moment. Enfin, je me suis posé la question. Est-ce que ce ne serait pas le moment ? Parce que pour être honnête, j'ai toujours rêvé d'être entrepreneuse. Toute ma vie, j'ai eu des idées. Je n'ai pas dit des inventions, mais des idées de business. Je les soumettais à mon mari, qui souvent, lui, il est financier, très cartésien. me faisait le business plan en disant, ça non, tu n'arriveras pas à en vivre, on n'arrivera pas à financer. Donc je passais à autre chose. J'ai passé ma vie à ça et ce jour-là, la remise des médailles, je me suis dit, il y a potentiellement une aventure à créer, entrepreneuriale. Je pense que c'est le moment. Et en fait, mon mari ayant vécu aussi l'aventure, c'est 12 jours, la médaille de concours Lépine. Pendant deux jours, il était à mes côtés. Il a vu l'engouement du public, des professionnels. Ça nous a un peu confortés qu'il y avait quelque chose à faire. Et finalement, d'assez grand, d'impactant et encore plus précieux parce que ça venait de moi, que j'avais créé le produit. Ce n'est pas juste un business qu'on lance. Et lui, il y a cru. Alors là, c'était le go. Ben oui, parce qu'il a passé sa vie à me dire, il est frileux. Il est financier, précautionneux. Donc voilà, les business qui partent de rien, il n'a jamais été partant, sauf là. Donc c'était le super moment.
- Speaker #1
OK. Et justement, derrière, tu décides de te lancer. Ça se passe comment concrètement pour toi ? Tu arrêtes tes fonctions en tant que prof ? Tu prends une mobilité, je crois que ça s'appelle comme ça ?
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Je ne sais même plus. De la disponibilité, oui, c'est ça que tu as dit ? Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Je n'ai pas eu ce mot-là,
- Speaker #0
mais c'est ça. Oui, c'est ça. Et là, j'ai une mauvaise surprise. Alors, évidemment, le concours Lépine, c'est en mai. Donc, je me suis dit, j'arrête pendant l'été. Voilà, c'est clean, c'est propre. Et je démissionne. pour avoir des droits de chômage, pour avoir des aides d'entrepreneuriat. Et là, on m'annonce, le rectorat m'annonce, si vous démissionnez, très bien, sachez que vous perdez votre concours. Alors perdre son concours, quand on est prof, c'est perdre à tout jamais le droit de reprendre un poste, n'importe où. Donc évidemment, avec un mari précautionneux et une aventure, on ne sait pas du tout où elle va s'enfiler. je n'ai pas pris le risque. Ce qui fait que je me suis lancée dans l'aventure sans aucun revenu. C'était là la décision compliquée. Parce que si tu es accompagnée, tu peux tenter. Il y a beaucoup d'entrepreneurs qui tentent pendant une période, après un travail et avant un autre, qui tentent l'aventure. Mais c'est un an, c'est deux ans. Ils ont, je ne sais plus comment ça s'appelle, mais l'ACRE ou je ne sais pas, des aides. Donc, c'est un test, mais sans trop de risques. Là, c'était plus risqué, c'était plus radical. On était tellement, enfin moi, j'ai tellement été motivée qu'on a lancé l'aventure sans revenu.
- Speaker #1
Je pense que de toute manière, tu vois, moi, toutes les personnes que j'ai rencontrées jusqu'à maintenant, en fait, au final, elles me disent toujours qu'il y a toujours un peu ce... petit côté de folie, tu ne sais pas trop où tu vas. Mais à partir du moment où tu es animé par ce que tu fais, tu te dis j'aurais peut-être le regret de jamais le tenter. Tu laisses tomber un peu tout le côté cartésien. Tu te dis j'y vais. C'est ce que je te disais quand je t'avais vu au téléphone que j'avais trouvé ça hyper courageux. Tu m'avais dit non, ce n'est pas du courage, c'est peut-être un peu de folie.
- Speaker #0
Ou de l'inconscience. Je disais de l'inconscience.
- Speaker #1
Parce qu'en fait... Quand on voit les métiers de professeur, de la fonction publique ou autre, on se dit que c'est la sécurité. Souvent, on se dit qu'on ne bougera jamais. Du coup, c'est pour ça que je te disais aussi que je te trouvais d'autant plus courageuse. Je ne le savais pas pour ton mari, mais avec quelqu'un qui doit réfléchir de manière très cartésienne, presque tous les feux sont rouges, peut-être orange avec le concours Lépine qui a été remporté. En fait, tu ne sais pas du tout où tu vas.
- Speaker #0
Oui, complètement. Mais mon mari est chef d'entreprise. ok c'est alors une plus grosse boîte, il a racheté une entreprise. Il ne s'est pas créé, donc il sécurise. Il a racheté quelque chose qui vivait déjà bien. Mais quand même avec de l'incertitude. Donc ça le rassurait aussi que je sois prof. C'est pour ça qu'on n'a pas abandonné, j'ai pas abandonné mon concours. Je l'ai gardé parce que là, à l'heure actuelle, évidemment, je n'ai pas de chômage, rien. Mais si je veux retourner prof, je peux. Ils ont même l'obligation de me reprendre, alors pas là où j'étais, mais quelque part. Donc j'ai cette sécurité quand même. On garde les pieds sur terre. Évidemment, il faut. On a encore un enfant aux études. On ne peut pas non plus faire n'importe quoi.
- Speaker #1
Oui, c'est sûr. Et donc... Par rapport à la naissance d'Opac, tu as répondu sur le fait que c'était un besoin pour toi aussi de t'engager pour la planète. Mais en dehors de ça, j'avais vu aussi que c'était une vraie solution et une vraie réponse à un problème qu'on a. Parce qu'en fait, 38% des consommateurs trouvent que les colis qu'ils reçoivent sont trop grands par rapport à leur contenu. Ce qui est vrai, aujourd'hui tu reçois un colis Amazon, le truc est énorme pour rien dedans quasiment. Et 42% des consommateurs considèrent que la durabilité de l'emballage, c'est un critère clé dans leur décision d'achat. Il y a l'emballage, mais il y a aussi ce qu'il y a dedans de plus en plus, je trouve. Et toi, tu avais une conviction intime qui est de dire que le meilleur déchet, c'est celui qu'on ne produit pas. Et tu voulais savoir comment agir concrètement pour une planète qui part en cacahuètes.
- Speaker #0
En fait, pendant le Covid, c'était très anxiogène. J'ai des enfants hypersensibles à leur environnement. Et puis, voilà, j'ai dit, il faut que je leur change les idées. Ils sont là à rien faire. Bon, ils font un peu de sport dans le jardin, mais voilà. C'est de là qu'est née ma phrase fétiche, un monde qui semble partir en cacahuètes, en fait. C'est vraiment ça que j'ai dit.
- Speaker #1
En fait, ce n'était pas lié au fait qu'ils partaient en cacahuètes, avec l'hyperconsommation, les choses comme ça ?
- Speaker #0
En fait, c'était une conséquence, parce que le Covid, c'est la mondialisation. On s'est rendu compte, finalement, on dépendait tellement de l'approvisionnement en Chine. moi ce qui m'a le plus marqué Des papiers toilettes. Je me suis dit, mais non, ce n'est pas possible. Alors, c'est ça, il est très terre à terre. Mais, ben ouais, mais comment on fait ? Enfin, je me suis dit, mais finalement, il ne faut pas gaspiller ce qu'on a. Et donc, ça va évidemment après sur l'eau, sur l'énergie. Moi, je suis très sensibilisée au gaspillage de l'eau. Parce que j'ai vécu, quand j'étais jeune en Afrique, quand on voyage, on voit bien que l'eau potable, enfin voilà. Et nous, près de Bordeaux, l'eau qu'on boit, Elle a mis 10 000 ans à venir jusqu'à chez nous. Donc voilà, on a des ressources précieuses. Et dans mon aventure, j'ai la chance de rencontrer plein d'entrepreneurs à impact qui développent des solutions extraordinaires pour économiser. Chacun fait son petit bout pour cette planète.
- Speaker #1
Ça fait beaucoup de choses. Et puis comme tu dis, ne serait-ce que sur le sujet de l'eau, il y a beaucoup de choses et du papier toilette en commun. On est un des pays dans lequel l'eau qui est dans nos toilettes est potable.
- Speaker #0
Pour moi, c'est un vrai scandale.
- Speaker #1
C'est surtout vu l'utilisation qu'on en fait. Mais tu vois, quand tu arrives dans un autre pays, dans la plupart des pays hors Europe, aujourd'hui, on ne jette pas son papier toilette dans l'eau. Déjà, première chose. Et puis, l'eau, elle n'est pas potable. Et tu te dis au final pourquoi avoir de l'eau potable dans les toilettes.
- Speaker #0
Tellement ridicule, avec les récupérateurs d'eau, ça devrait être un impératif. J'ai essayé d'éduquer beaucoup mes élèves là-dessus. Est-ce que vous vous rendez compte que l'eau, elle a mis 10 000 ans à venir, elle est hyper pure, et on va tirer la chasse d'eau avec. Donc, gros gaspille.
- Speaker #1
Et puis, même en dehors de ça, moi je crois que sur les... Sur les toilettes en elles-mêmes, tu sais, le fait qu'il y ait un réservoir de 3 litres et de 6 litres, ça met aussi du temps à arriver. Avant, on utilisait directement le plus gros réservoir pour tout. Donc, il y a un vrai sujet qui est lié au gaspillage de l'eau et puis l'utilisation de l'eau. Comme tu dis, toi, revenant d'Afrique, je pense que la sensibilisation doit être très accrue aussi là-dessus. Oui,
- Speaker #0
bien sûr. On se dit que ce n'est pas possible de gaspiller à ce poids-là.
- Speaker #1
On est d'accord.
- Speaker #0
On est sur la même planète.
- Speaker #1
C'est un peu ça, mais je pense que chacun, c'est la problématique qu'on a. C'est qu'on est dans son monde, dans son pays, dans sa ville, et puis on ne réfléchit pas trop aux impacts qu'il y a derrière. Par contre, comme tu disais tout à l'heure, le fait qu'il y ait des entrepreneurs ou même des gens de manière générale qui font des gestes chacun de leur côté, c'est déjà une belle action et qui peut contribuer pour tout le monde. Au final, c'est ça pour toutes les personnes qui sont sur la planète.
- Speaker #0
Déjà, ce que tu fais de faire un podcast sur des solutions, ça met en valeur et en lumière des solutions. Et ça fait connaître. Donc, c'est déjà un beau geste. Moi, j'essaye aussi de faire partager dès que je vois une belle solution, de dire, voilà, ça existe, d'essayer de mettre en contact. Enfin, voilà, on fait ce qu'on peut, quoi.
- Speaker #1
C'est très gentil. En tout cas, j'essaye d'œuvrer comme je peux pour essayer de mettre en lumière des projets.
- Speaker #0
C'est très utile, très utile, la mise en lumière.
- Speaker #1
Merci beaucoup. Alors, je vais revenir, du coup, sur quelque chose que tu avais également ressenti après ton concours Lépine. Parce que tu disais que tu devais passer de l'invention à l'innovation et transformer une idée en startup à impact. Et tu avais une grande peur du rejet. surtout en fait de ce qu'il pouvait y avoir derrière comme avis sur ce que tu avais créé. Et tu avais fait du coup une airbox tout en un gonfleur pour l'industrie avec des prototypes qui ressemblaient à un ballon mais qui n'étaient pas opérationnels pour les chaînes de logistique. Comment est-ce que tu as réagi derrière ? Parce que je crois qu'il y avait aussi le fait que ça soit complexe, coûteux et qu'il fallait un gonfleur. Comment tu t'es senti après avoir fait tout ça ?
- Speaker #0
Avant de m'en rendre compte, au début, comme je l'ai dit, j'étais inconsciente. J'avais rencontré des accompagnants, des accompagnateurs de business, pour la stratégie de business, et qui m'avaient dit, je n'ai jamais rencontré d'inventeur qui réussisse à être entrepreneur. Moi, je me sentais hyper entrepreneuse à l'intérieur, évidemment, n'ayant aucune... expérience. Mais tu vois, je sentais que j'avais la fibre pour y aller. Alors là, déjà, tu es un peu plombée en disant, bah oui, effectivement, moi, je suis inventrice dans ce cas, mais je me sentais plus entrepreneuse qu'inventrice. Tu vois, inventrice, c'est par hasard.
- Speaker #1
Parce que tu disais qu'en fait, tu faisais des projets tout le temps. Tu avais envie de créer des projets. Des business, voilà.
- Speaker #0
Donc, je me sentais plus entrepreneuse, mais j'ai commencé par inventrice. Et ça, c'est très mal vu dans les startups. Alors vraiment, il n'y a pas que lui qui me l'a dit. Après, j'ai rencontré, c'était Jean-Pierre Nadir. Jean-Pierre Nadir, un des anciens jurys. Qui va être mon associé. Qui va être mon associé, que je ne loupe pas un. Qui m'avait dit, parce que je l'ai rencontré à Bordeaux, et qui m'avait dit, les inventeurs, ça ne fait jamais des entrepreneurs, c'est mort et tout. Donc voilà, c'est vraiment quelque chose qui est ancré. Alors moi, quand on me dit qu'on ne peut pas y arriver, j'ai tendance à dire, je vais vous montrer qu'on peut. Donc moi, c'est pareil. Au début, on m'a vue comme l'ancienne prof toute seule, qui n'a pas d'expérience, c'est mort, on ne va pas vous accompagner. Et donc, j'ai envie de montrer à tous ceux qui ne m'ont pas prise au sérieux que finalement, je suis en train de devenir quelque chose de sérieux. Et quand je me suis rendu compte que le modèle gonflé, que j'avais d'abord au début visé moins cher. Enfin, moins cher, qu'est-ce que c'est moins cher ? Je visais le prix du jetable. Donc, le carton, pour moi, c'était 1 euro, 1,50 euro. Donc, je l'avais fait à un peu moins de 2 euros. Donc, pour moi, il Ausha toutes les cases. Après, il s'est trouvé que… Les logisticiens ou les marques, je globalise, il y a quelques-unes qui prennent conscience, c'était il y a trois ans. Donc c'était trois ans, beaucoup de choses se passent. Et je me suis rendue compte lors du concours Lépine avec un autre inventeur, dont je tairai le nom, mais qui m'a dit, moi je paye mes cartons 50 centimes, je ne mettrai pas plus cher pour quelque chose qui soit durable. donc même avec mes moins de 2 euros moi j'étais hyper fière du tarif parce que je me suis dit un truc qui soit réutilisable 100 fois qui protège, il n'y a pas de calage, en ingeste ça gonfle et ça résiste à 600 kilos de pression on peut faire un petit effort on peut rajouter 1 euro moi je ne suis pas personnellement même dans ma vision de business, je ne suis pas à 1 euro près si ça a du sens mais finalement j'ai rencontré beaucoup plus de personnes qui m'ont dit c'est bien votre truc mais nous, ce n'est pas au niveau du jetable, donc on va garder le jetable. Bref, je me suis rendu compte que finalement, ça allait être très compliqué et des colis à 2 euros, il faut en vendre beaucoup pour pouvoir en vivre, même si je ne cherchais pas à être millionnaire mais en tout cas d'en vivre un peu. Au moins avoir un salaire. Donc, c'est là qu'on a pivoté. Mais ça a été long à se dire que je mets de côté mon invention et finalement, j'en développe une autre. Alors ça, ça fait peur à mon mari. Parce qu'il s'est dit, en fait, tu ne vas jamais arrêter de créer, mais à un moment donné, il faut vendre. Mais moi, je me suis bien rendu compte que finalement, ça allait être très, très compliqué. Tu l'as vraiment senti comme ça, l'abandon du coup de ton produit de base pour créer un autre produit ?
- Speaker #1
Alors, abandon, j'ai rassuré mon mari. Parce qu'on a quand même breveté, c'est très coûteux un brevet. C'est beaucoup d'investissement.
- Speaker #0
C'est beaucoup de démarches aussi. Investissement personnel, mental et puis même financier.
- Speaker #1
Complètement. Donc, ça a été dur à convaincre mon mari de tout l'investissement qu'il avait fait. Parce que c'est lui qui a investi. on n'a pas eu d'aide, donc autofinancement, de convaincre de passer à autre chose, mais je ne l'ai pas abandonné. Parce que je suis persuadée, il a été testé pour des cosmétiques Nuxe, il a été testé pour des téléphones reconditionnés. C'est juste que c'est un peu tôt. Il y a une éducation que les gens, on leur a tellement matraqué le crâne que le carton, c'était la chose la plus green possible. que quand on arrive avec quelque chose de réutilisable 100 fois, mais en plastique, ça a du mal. Donc le volume n'y est pas. Donc j'ai dit, soit j'arrête, c'est trop tôt, il ne faut pas non plus s'obstiner, à un moment donné, il faut savoir quand ça ne marche pas. Mais j'avoue que je voyais bien qu'il y avait quelque chose. Et j'ai un associé, c'est mon fils. qui a été depuis le début dans l'aventure. Et lui, il avait une vision depuis le début. Mais voilà, j'avais mon invention, donc je l'ai moins écoutée. Et à un moment donné, je l'ai écoutée. Il a dit, il faut faire quelque chose qui soit exactement comme le jetable que les gens ont l'habitude. Ne fais pas d'inventions trop compliquées. Révolutionnaire d'un coup. Et j'ai dit, OK, je vais réfléchir. Il m'a dit, le jour où tu fais ça, moi, j'en vends plein. J'ai dit, OK, c'est compliqué de faire quelque chose réutilisable à partir de jetables, en fait, sans rien changer au geste. Et j'ai trouvé une solution carton, réemployable 20 fois et qui est aussi sécurisée que le jetable. Mais au lieu de casser l'enveloppe, le carton, on va casser le scellé innovant que j'ai dû breveter quand même. Parce que ça n'existait pas. Et je n'ai pas l'intention que la Terre entière l'utilise. Voilà, sans mon accord. Et donc, on s'est relancé dans le brevet, dans cette solution. C'était, on a breveté en juin dernier.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Je ne croyais pas trop. J'ai dit, ok, je te le fais. Et après, tu vends, tu vois, voilà, tu t'amuses avec. Mais je ne vois pas le cas, vraiment. Et puis finalement, à Noël. Il a mis sa vision, j'ai mis ma vision. J'ai senti que sa vision était plus fine, plus pertinente. J'ai dit, ok, allez, on fonce dans le carton et on va bien voir. Et il avait raison parce que c'était Noël. On est quoi ? On est en avril. Et on a déjà convaincu une grande institution publique de tester 2000 colis pour, dans deux mois, partir sur une commande de 60 000 colis annuels. Donc on est lancé et je sens que c'est ça qui intéresse parce qu'on a la pochette mais on a évidemment le carton
- Speaker #0
Parce que du coup c'est la question que je vais te poser aussi opaque c'est quoi aujourd'hui ? Je crois qu'il y a trois formes trois gammes différentes
- Speaker #1
Oui, alors on va se focusser sur deux déjà parce que la troisième c'est l'historique et celle-là c'est quand On sera tous habitués à faire du réemploi. Le plastique aura du sens parce que réutilisable 100 fois. Les gens feront le geste et donc il n'y aura pas de perte. Tant qu'ils ne sont pas encore éduqués, on se concentre sur notre gamme carton qu'on a appelée, donc opaque, chapeau de tout, mais qu'on a appelé Rebonjour. Donc Rebonjour parce que c'est vraiment à viser e-commerce. Et le colis, il revient, il te dit Rebonjour. Donc, le côté grand public. Et à côté de ça, je garde quand même l'idée du gonflage parce qu'il y a, par exemple, pour des ordinateurs reconditionnés, il y a un besoin et il n'existe pas de solution réutilisable pour des ordinateurs à tel point qu'Orange m'en a fait la demande. Je ne l'avais pas. J'avais mes petits spéciales e-commerce, tu vois, mais pas pour des ordinateurs plus gros. Et j'ai mis un an à développer cet emballage. Alors pour Orange, c'était trop long. Ils n'ont pas trouvé, mais ils ont sous-traité le problème à un logisticien en disant « Bon, vous gérez le truc, nous on n'a pas trouvé. » Donc ça n'existe pas. Alors on le sort là aussi en même temps. Donc nos deux gammes sortent en même temps, sachant que la gamme gonflable, ce n'est pas là-dessus qu'on focus, mais je la propose à des grandes marques pour qu'ils aient leur flotte. Et on peut faire sur mesure. Donc ça, c'est s'il y a un besoin, on sait faire.
- Speaker #0
Et puis ça peut être aussi une solution pour les plateformes qui existent déjà de reconditionnement, si elles veulent faire des choses encore plus propres. dans le futur il y a un besoin je pense aussi parce que comme on disait tout à l'heure l'emballage ça compte de plus en plus et quand t'achètes déjà du reconditionné t'as de plus en plus c'est pas une volonté forcément d'acheter quelque chose de moins cher il y a aussi cette volonté d'avoir moins d'empreintes et on parlait de recyclage etc et en fait je pense que ça a sa place carrément dans ce marché là aussi derrière oui complètement,
- Speaker #1
ça a complètement du sens puisque c'est des choses Euh... de seconde vie, donc des emballages de seconde vie, troisième vie, etc. C'est carrément en adéquation. Et c'est ce marché-là qu'on va adresser en septembre quand tout sera prêt. On sera vraiment prêt avec toutes nos gammes, nos modèles, nos tailles. On va à fond en septembre s'étendre dans la France et en Europe même. Donc tout d'un coup, allez,
- Speaker #0
on y va. Ok, tu as raison. Des fois, il vaut mieux faire tout d'un coup et se lancer plutôt que d'attendre. On parlait justement un peu en off, parce que tu... d'économie circulaire. Et là, tout à l'heure, tu indiquais que les gens n'étaient pas forcément, tu vois, enclins à encore faire le pas. Pas parce qu'ils sont réticents sur l'idée, mais réticents plutôt sur les coûts en eux-mêmes. Tu sens que c'est vraiment très ancré actuellement ce blocage que les gens ont qui est lié au coût en lui-même. Et toi, à quel point ça t'impacte ?
- Speaker #1
Alors déjà, oui, le coût. Ça, c'est sûr. Les gens ne sont pas prêts. Alors, c'est parce qu'il y a aussi un environnement financier, économique, avec beaucoup d'incertitudes. Donc, on va garder ce qu'on a et avec l'économie qu'on peut en faire, les cartons. Il y a tout ce discours qui a été ancré en Europe par les cartonniers. Il y a beaucoup de lobbying pour dire que le carton, c'est magnifique, c'est recyclable. 7 à 8 fois. Donc, on y va et c'est très green. Donc, les gens, les logisticiens, ils sont tous passés sur du carton. Donc, pour eux, ils ont fait le job. Et maintenant qu'on est quand même très avec du carton recyclé, il faut passer à la vitesse supérieure. Et avant d'aller au recyclage, passer par déjà plusieurs réutilisations pour optimiser, économiser les ressources. Et le tarif... fait que c'est très compliqué. Il y avait sept acteurs dans l'emballage réemployable qui se sont épuisés, dont celui qui est historique. Je peux en parler parce qu'il est connu, c'est Hippie. Ils avaient levé 5 millions. Donc, ils pouvaient éclater le game, mais il fallait qu'ils fassent du volume. Et les gens ne sont pas passés au volume. En tout cas, ça a pris trop de temps. Ce qui fait qu'ils n'ont pas survécu. L'idée, c'est que le passage au volume, si on veut être au même prix que le jetable...
- Speaker #0
Il faut faire un gros volume.
- Speaker #1
Du volume. Et les gens ne sont pas prêts à... Parce qu'il y a quand même une petite différence. Je parlais d'un euro. Ils ne sont même pas prêts à mettre un euro dans l'emballage. Moi, personnellement, ça me dépasse. Mais voilà, c'est... Les logisticiens, la supply chain dans l'entreprise, c'est toujours là où ils vont chercher les centimes. Donc un euro, t'imagines pour eux, il y a un gros blocage d'habitude logisticienne de linéarité. Et pour passer au circulaire, déjà il y a le coût, puis il y a tout ce retour. Cette circularité où c'est pas connu, c'est de l'inconnu, du changement de process, oulala. C'est compliqué de convaincre tout le monde. Et surtout avec des modèles plastiques, ce qui a été le cas pour les acteurs qui se sont lancés dedans. Ils se sont dit qu'on allait faire du super durable en plastique. Et là, ça a été un frein par les logisticiens. Les marques disaient que le carton était perçu par la clientèle comme plus vertueux que même un plastique réutilisable 100 fois. Les particuliers ne font pas le geste de rendre. Donc finalement, un plastique qui est jeté, même si réutilisable, dans la nature, ce n'est pas terrible. Il faut un certain nombre de réutilisations pour que ça soit mieux. Et après, il y avait les logisticiens comme freins. Moi, quand je convainquais une marque, il y a le logisticien, parce que la logistique est souvent sous-traitée. Ben voilà, ça bloquait la logistique. Le logisticien, j'en ai convaincu, mais il fallait qu'il trouve des marques à convaincre. Il y a deux acteurs avec deux projets différents, très, très compliqués. J'ai passé deux ans à galérer, à essayer de convaincre. J'ai convaincu des belles marques, mais elles ne sont pas passées en volume suffisamment.
- Speaker #0
De toute manière, je pense que... Ce qui va se passer dans le futur, c'est qu'avec toutes les lois qui passent de plus en plus sur l'impact environnemental, les entreprises vont être contraintes d'adopter des solutions. Et je pense que c'est vraiment à ce moment-là, peut-être qu'il y aura moins cette réflexion sur le coût parce qu'ils ont cette nécessité avec les audits, etc. de devoir impacter et de faire tout ce qui est RSE, etc. Tout à l'heure, tu parlais justement d'une entreprise qui a été liquidée malheureusement. Tu as peur des fois du fait que ton produit existe et répond à une vraie solution, mais que comme tu disais, les gens ne sont peut-être pas encore prêts à investir dans cette solution-là. Et souvent, il y a des entreprises qui disent qu'elles sont arrivées peut-être trop tôt par rapport aux envies actuelles des personnes. Tu as peur de ça des fois ou pas ?
- Speaker #1
J'ai eu peur. Avant Noël, avant notre pivot, je me suis posé la question. Est-ce qu'on arrête là ? C'est trop tôt. c'est pas encore prêt, le marché n'est pas encore prêt et puis quand on a décidé de se lancer à fond dans le carton, là j'ai vu comment ça prenait et je me dis que non, on n'a juste pas le bon produit, il y a un intermédiaire avant que tout soit en réutilisable plastique des centaines de fois le carton réutilisable 20 fois c'est un bon intermédiaire pour ancrer cette pédagogie du réemploi sans sans changer trop les habitudes. Et je me suis rendue compte pour le plastique, enfin le déclencheur de la remise en question, ça a été quand un recycleur, un très gros recycleur national, n'a pas voulu bloquer mon test dans un accompagnateur qui voulait tester des solutions. Il a dit non, Et je l'ai su après pourquoi, en direct, il m'a dit c'est qu'en fait nous on ne veut pas... de choses réutilisables parce que ça casse notre business de recyclage. Il y a des lobbies derrière. L'idée, on est trop petit pour aller contre ces lobbies, évidemment. Il y a un énorme lobby de cartons. Il y a un énorme lobby de recycleurs parce qu'ils ont leur boucle carton. Je te le rachète, je te le remets dans le carton. Il y a une boucle très juteuse qui fait que si tu vas contre ça, finalement, tu es mort. J'ai décidé avec mon associé qu'on allait vers le carton. Ils voient moins souvent venir le carton, mais ils le voient quand même venir. Et là, ça déroule. Cette société, ce gros recycleur, est revenu me voir quand ils ont appris que j'avais ma solution carton pour dire qu'on aimerait bien regarder un partenariat. Ça avait débloqué.
- Speaker #0
Justement, quand tu t'es lancé, tu... T'attendais un peu à devoir lutter autant ?
- Speaker #1
Pas du tout. Si j'avais su, je n'aurais pas venu, comme on dit. Non, pas du tout. Pour moi, quand il y a une solution qui est très efficace, mais que ça soit partout, les inventions, c'est pour ça que j'aimais bien le concours Lépine à la télé, dès qu'il y a une invention et que je vois qu'elle peut être utile, je me lance, je teste. Je ne m'attendais pas du tout à ce que les gens ne veuillent même pas tester la solution. Et j'ai... déjà dû galérer pour la faire tester. Pour moi, c'était une évidence que ça allait se vendre, mais comme des petits parages, j'étais prête. J'avais tout envisagé, j'avais fait du stock. De toute façon, quand on industrialise, on est obligé de faire en grosse quantité. Et je m'étais dit, j'avais déjà tout anticipé, tu vois, le gros lancement, les grosses ventes, comment je vais faire. Non, ça a mis beaucoup plus de temps que prévu et je ne l'avais pas du tout anticipé, du tout.
- Speaker #0
et puis OPAC c'est un beau projet parce que derrière tu parlais, enfin tu n'en as pas parlé là mais vous faites des produits qui sont construits par des personnes en reconstruction professionnelle dans un atelier en prison à Bordeaux et ce que tu dis c'est que ils ne produisent pas seulement un objet, ils se reconstruisent et ils reprennent confiance en eux il y avait des gens pareil qui ne croyaient pas dans le modèle économique et au final aujourd'hui elles reviennent te voir pour te dire comment tu fais, etc. pour essayer d'aller dedans. Ça rejoint un peu ce qu'il y avait eu aussi avec la personne dans le recyclage. Pour terminer, j'ai une question qui va être un peu introspective. C'est qu'est-ce qui, au fond de toi, dans un monde où justement tu as autant de luttes, il y a aussi malheureusement le monde de la startup que tu as développé avant et on matraque beaucoup les gens avec le fait qu'il faut se lancer à 30 ans ou même encore avant, sinon c'est trop tard, etc. C'était quoi la conviction au fond de toi qui a fait que tu te disais « Non, je suis à la bonne place et j'ai envie de continuer et je sais que je suis au bon endroit » . Comme tu disais, j'ai l'impression qu'il y a un peu aussi de rage de se dire « J'ai envie de montrer aux gens » .
- Speaker #1
exactement, c'est ce que j'allais te dire en fait au début mon moteur c'était vraiment je vais leur montrer que ok je suis une femme, je ne suis pas toute jeune je suis prof sans expérience d'entrepreneuse mais je sais que je suis capable et je vais leur montrer que je suis capable parce que des gens qui prennent de haut et qui déjà te limitent on s'auto limite déjà suffisamment, quand t'as des gens qui viennent et qui te limitent et qui se disent Moi, j'ai eu une personne qui s'est tellement crue supérieure qu'elle s'est permise de prendre mon prototype. En disant, de toute façon, elle va être capable de rien. Je vais être capable de rien. Et voilà, qui s'est permis ça. Voilà. C'est prouvé que je vais montrer à tout le monde. Et puis aussi avec... Donc ça, c'était le début. Et après, de me dire, je vais montrer aussi, comme je me suis prouvée que j'y arrivais, je vais montrer, je vais partager mon expérience. pour que d'autres se disent que finalement, il ne faut pas se limiter. Moi, je suis partie avec, entre guillemets, c'est comme le golf, plein d'handicaps. Et je suis en passe, en tout cas, j'ai un beau parcours qui peut encourager d'autres, quel que soit l'âge, quel que soit le sexe, quelles que soient les difficultés, les backgrounds, d'où on vient. Si on veut, on peut et il faut y croire, il faut croire en soi. Voilà, et ça, c'est un message que je... Je veux faire partager absolument.
- Speaker #0
J'espère que le podcast, il aidera justement à travers l'échange qu'on a eu à véhiculer ce message-là et à peut-être résonner chez des personnes. C'est ce qu'on disait quand on s'est eu la première fois au téléphone. Pour toutes les personnes qui ont apprécié notre échange et qui voudraient découvrir au pack, elles peuvent voir le produit ou te retrouver où ?
- Speaker #1
Très facilement sur LinkedIn. Je partage mon aventure. C'est là où je partage l'aventure, nos avancées. Et puis après, par mail, me contacter. J'ai mis sur LinkedIn mon numéro de téléphone. Allez-y. Je ne suis pas trop dérangée. Mais on peut réserver même sur LinkedIn un moment d'échange. L'idée, c'est vraiment de partager un maximum. Avec des entrepreneurs. J'ai mangé lundi midi avec une entrepreneuse. Elle se reconnectera et qui veut se lancer avec grand plaisir. Moi, j'aime le partage. Et si je peux aider un petit peu de ma petite expérience, éviter peut-être ou donner des conseils, je le fais avec grand plaisir. En ce moment, c'est Go Entrepreneur.
- Speaker #0
C'est ce que tu me disais.
- Speaker #1
Voilà. Donc, moi, j'y vais demain et je vais essayer de rencontrer des entrepreneurs. Moi, j'apprends des plus anciens. Et puis maintenant que j'ai un petit peu de recul, je partage avec ceux qui veulent se lancer.
- Speaker #0
Et c'est exactement ce que tu m'avais dit quand on voulait enregistrer ensemble. Je te remercie du coup d'avoir accepté de venir sur le podcast. Je remercie également toutes les personnes qui sont allées au bout de cet échange. Je vous invite du coup, si vous avez apprécié cet épisode et apprécié OPAC, que vous pouvez partager. Justement, je mettrai tous les liens en description. Merci encore.
- Speaker #1
Merci, Raj. Et puis, bonne continuation. Bonne podcast.
- Speaker #0
Merci. J'espère vous retrouver au OPAC dans le futur, dans tous les colis. Merci encore.
- Speaker #1
Merci.