- Speaker #0
Je m'appelle Florence, j'ai 49 ans, j'ai deux enfants. // J'ai toujours regretté qu'aucune personne amputée ne soit venue me voir après mon amputation et je me suis promis que plus tard j'aiderais d'autres personnes qui viennent d'être amputées. // Je me sentais différente, moins féminine, j'avais perdu confiance en moi. Donc ça a mis du temps à réapprendre à aimer mon corps et arrêter de le voir uniquement à travers le handicap. // Et puis maintenant, je dirais que je m'en fiche absolument, mais complètement. Je me dis que si les gens regardent, c'est en fait eux qui ont un problème. Si les gens se mettent à vous fixer alors que vous êtes handicapé, c'est ces gens-là qui ont un problème. Ils ont quelque chose qui ne va pas bien. // Je ne dis pas de n'être qu'avec des personnes amputées, mais c'est quand même important d'en rencontrer. C'est quelque chose qui aide beaucoup et qui peut beaucoup inspirer. // La différence où le handicap ne définissent pas une personne, on est tous bien plus que ce que l'on voit extérieurement, il ne faut pas se fixer à ce que l'on voit comme ça, en fait on est beaucoup plus que ça.//
- Speaker #1
Hello, bienvenue sur le podcast Différences, moi c'est Audrey, rédactrice et maman de deux enfants. Ce sont eux avec leurs petites bizarreries et qui m'ont inspirée ce podcast. Un podcast que j'ai voulu dédier à la beauté de la différence et à toutes celles et ceux qui portent une singularité. À chaque épisode, je vous emmènerai à la rencontre d'un ou d'une nouvelle invitée pour une conversation authentique et sincère. Nous parlerons différence bien sûr, mais aussi représentation, construction de soi, acceptation et inclusion. Avant de vous laisser avec l'épisode du jour, je vous invite à penser à ce qui fait de vous une personne différente, et surtout unique, pour que l'on cultive ensemble toute la diversité qui dessine notre monde. Bonne écoute ! Hello Florence !
- Speaker #0
Hello Audrey !
- Speaker #1
Bienvenue sur le podcast Différences !
- Speaker #0
Merci !
- Speaker #1
Comment tu vas ?
- Speaker #0
Très très bien, je suis très très contente de faire ce podcast.
- Speaker #1
Si tu devais choisir une émotion pour résumer ton état d'esprit du jour-là, laquelle tu choisirais ?
- Speaker #0
Très heureuse, très enthousiaste, très envie de partager ce moment avec tous ceux qui m'écoutent.
- Speaker #1
Moi également, je suis très heureuse de faire ta rencontre aujourd'hui, parce que tu viens de loin, des États-Unis plus précisément. Tu as découvert le podcast dès le tout premier épisode, depuis chez toi dans l'état de New York, et tu m'as envoyé un message qui m'a énormément touchée. On s'est alors dit qu'un jour peut-être nos chemins se croiseraient pour faire un épisode ensemble et parler de ton histoire. Et puis ce jour est arrivé, donc c'est un honneur, une petite fierté même, de représenter différents sous-stratlantiques. Mais avant d'aller plus loin, je vais te laisser te présenter à ta façon.
- Speaker #0
D'accord, merci Audrey. Je m'appelle Florence, j'ai 49 ans. J'ai deux enfants, je suis mariée, j'ai un bon travail aux Etats-Unis et j'ai une vie épanouie, une vie heureuse et épanouie que j'ai envie de partager.
- Speaker #1
Alors tu connais bien le podcast maintenant, je sais que tu as écouté tous les épisodes.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Comme pour chaque invité, je t'ai demandé de choisir un lieu important pour toi, pour l'enregistrement de ton épisode. Est-ce que tu peux nous dire où nous sommes en ce moment et pourquoi tu as choisi cet endroit pour nous parler de ta différence ?
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Donc, nous sommes sur la plage des Grands Sables, au Pouldu. C'est là que j'ai passé toutes mes vacances. En Bretagne. En Bretagne, oui. C'est là que j'ai passé toutes mes vacances depuis que je suis jeune. Et mes grands-parents avaient une maison juste à côté. C'est une plage qui est très importante pour moi parce que ça représente la personne que j'étais avant mon accident, qui n'arrêtait pas de nager, qui profitait de cette plage. plage qui n'avait pas de handicap, puis après le handicap que j'ai eu, toutes les difficultés que j'ai traversées quand j'ai dû me remettre à renager, ça a été vraiment difficile. Et puis maintenant, la personne que je suis et qui en fait a dépassé tous ces handicaps, donc pour moi, cette plage représente beaucoup de choses, beaucoup de souvenirs. J'adore aussi la plage en général, pour moi ça représente la liberté. Pour moi, c'est un symbole très important.
- Speaker #1
C'est un très bel endroit. On va revenir bien sûr sur ta différence tout de suite après, mais avant, je voudrais te demander justement, qu'est-ce que le mot différence évoque pour toi ?
- Speaker #0
Alors, même si j'ai un handicap, en fait, je ne me sens pas vraiment différente des autres. J'ai une vie normale, je n'ai pas l'impression d'avoir une vie différente. Il y a des aménagements que j'ai dû faire à ma vie, bien sûr, mais j'ai l'impression de faire en fait pratiquement tout, tout comme tout le monde. Et en fait, mon handicap, ça m'a donné beaucoup de force aussi. J'ai l'impression que du fait que j'ai dû me battre, que j'ai vécu des moments très difficiles, ça m'a donné une force intérieure et beaucoup de volonté en fait pour atteindre mes objectifs dans la vie. Depuis que j'ai eu cet accident, je n'abandonne pas et j'essaie vraiment de tout faire pour surmonter les obstacles. Et je dirais aussi que ça m'a appris à être courageuse, ça m'a appris, même si des fois c'est dur, il faut vraiment se battre, mais des fois ça prend du temps pour aller mieux, mais il faut avoir de la patience et puis après vraiment le courage de se battre. Le message que je veux passer, c'est que j'ai beau avoir une différence, je ne me sens pas en fait, je ne me sens pas différente, je me sens... Je ne me sens pas différente.
- Speaker #1
Donc toi, le mot différence, ça évoque surtout la force, la combativité, et... Oui, ce sentiment d'être comme les autres, malgré que de toute façon, on est tous différents. Il y a plusieurs vies dans une vie. Cette pensée un peu philosophique, elle prend tout son sens quand on découvre ton histoire. Donc il y a eu ta première vie jusqu'à tes 14 ans. Nous sommes donc en 1990. Et un grave accident va te conduire à subir une amputation. L'amputation de ta jambe droite. Un événement particulièrement traumatisant pour toi, puisque tu es encore toute jeune, et que tu n'es pas du tout informée. C'est quelque chose qui t'est totalement inconnu. Tu n'as à ce moment-là aucun repère, aucun modèle de représentation, et beaucoup de difficultés à imaginer ce à quoi pourrait ressembler ton avenir. Parce qu'il faut se rappeler que dans les années 90, on n'avait malheureusement pas accès à autant de ressources qu'aujourd'hui. Cette opération, cette amputation, elle va donc marquer le début de ta seconde vie. Est-ce que tu te souviens du moment où on t'a annoncé cette amputation ?
- Speaker #0
Oui, ce n'est pas une question facile. En fait, je ne m'en souviens pas précisément parce que je crois que c'était un peu dans mon subconscient parce que je n'étais pas tout à fait dans le commun, mais je n'étais pas quand même complètement consciente. Mais je me rappelle après. Déjà, le chirurgien avait dit que c'était déjà formidable qu'elle soit vivante. J'ai eu cette idée, j'ai essayé de me rappeler ça, de me dire que c'était plus important même si tu es amputée. C'est ce que je me disais dans ma tête. Et puis aussi, je me rappelle avoir dit cette parole, c'est après le médecin qui m'a répété, s'il faut m'amputer, faites-le. Je me disais, si c'est quelque chose qu'il faut faire et si ça va me permettre de vivre, à ce moment-là, il faut le faire. Donc j'avais plus ou moins, pourtant je ne peux pas dire que j'avais déjà accepté, mais j'avais déjà... prononcer cette parole. Mais c'était très, très dur. On ne peut pas imaginer à quel point c'était difficile à ce moment-là.
- Speaker #1
Est-ce que tu te souviens ce que tu as ressenti quand tu as découvert ton nouveau corps après cette opération ?
- Speaker #0
En fait, je crois que je n'avais pas vraiment réalisé que j'avais perdu ma... Je sais que ça semble bizarre de dire ça, c'est-à-dire que je le savais plus ou moins, mais je ne l'avais pas pris vraiment complètement en conscience. Je me rappelle d'une fois, c'était peut-être quelques jours après mon... Mon accident m'a levé et j'avais complètement oublié, j'ai essayé de marcher et l'infirmière était obligée de venir d'urgence parce qu'en fait, je n'avais pas encore intégré le fait que j'étais amputée. Et puis, je n'osais pas trop regarder, je n'osais pas trop regarder mon moignon, j'avais peur de ce que j'allais voir, j'avais peur de voir la longueur de mon moignon. C'était très, très difficile. Ça a pris du temps. Ça a pris beaucoup de temps.
- Speaker #1
Avant de pouvoir regarder ton corps, ça ne s'est pas fait tout de suite, tu t'es réveillée et tu as regardé, ça a pris du temps. Oui, ça a pris du temps. Donc ensuite, il y a eu la rééducation à l'Institut Robert Merle d'Aubigné à Valenton.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. C'était à Valenton, oui.
- Speaker #1
Le même que Philippe Croizon ?
- Speaker #0
C'est ça, oui.
- Speaker #1
Tu es resté combien de temps ?
- Speaker #0
En fait, déjà, je suis resté trois mois à l'hôpital. J'ai eu trois opérations différentes. La première opération, c'était l'amputation. La deuxième opération, après, j'avais presque comme une gangrène. Enfin bon, c'était assez grave. Donc, il a fallu me faire ce qu'on appelle un grattage. C'était la deuxième opération. Et la troisième opération, c'était une prise de grève. Donc on m'a pris sur mon haut de jambe, on m'a pris de la peau sur la peau de ma cuisse et on m'a greffé ça sur mon moignon. Donc c'était long à l'hôpital. Je suis vraiment restée très longtemps.
- Speaker #1
Plusieurs mois alors.
- Speaker #0
Plusieurs mois à l'hôpital, oui.
- Speaker #1
Et c'est des complications qui se sont présentées parce qu'il y a une notion d'urgence.
- Speaker #0
Oui, tout à fait, tout à fait. Ils ont essayé de me préserver le plus de jambes possible pour que je puisse après être bien appareillée. Donc ils ont essayé de faire le maximum pour ça. Mais en même temps, évidemment, la qualité de mon moignon n'était pas bonne. Et même après toutes ces opérations, malheureusement, mon moignon n'était encore pas très bon. Et puis après, au bout de trois mois, j'ai été à Valenton. Et là, j'ai dû rester deux mois, je crois. J'ai dû rester à peu près deux mois à ce centre-là. Donc oui, c'était un long parcours.
- Speaker #1
Et donc, c'est à ce moment-là que tu as été à Paris et quand tu es arrivé à Valenton ? Oui, oui, oui. Donc ça s'est fait quelques mois après l'opération ?
- Speaker #0
À peu près six mois. C'était à peu près six mois après l'opération. Merci. Mais là, la première prothèse que j'ai eue, déjà, il faut s'imaginer que c'est dans les années 90, donc ce n'était pas du tout les prothèses qu'on fait maintenant avec des lames de carbone et tout ça. Donc c'était une prothèse qu'ils appellent monobloc. Donc je ne pouvais pas du tout bouger mon genou. Plier la jambe. Je ne pouvais pas du tout plier mon genou. Donc par exemple, quand j'étais assise, je devais avoir un tabouret ou quelque chose devant moi. Quand je suis retournée à l'école, je devais avoir un tabouret spécial devant moi pour allonger ma jambe. Et puis, quand je montais n'importe quelle côte, les escaliers, je devais passer ma jambe comme ça sur les hauts. C'était extrêmement difficile. Mais même si c'était si difficile, j'étais déjà tellement contente de pouvoir remarcher. Parce que pour moi, c'était une telle victoire de ne plus avoir tout le temps mes béquilles. J'ai essayé de ne pas être sur un fauteuil roulant, mais d'être toujours avec mes béquilles. Le fait de pouvoir quand même être plus indépendante, de commencer à marcher. Déjà, pour moi, c'était un progrès extraordinaire.
- Speaker #1
Et cette prothèse-là, tu l'as gardée longtemps ? cette prothèse la trébitude ?
- Speaker #0
Pas si longtemps que ça, je crois que c'était à peu près 6 mois c'était pas si longtemps mais c'était parce que mon moignon était pas encore assez bien pour pouvoir avoir une prothèse normale
- Speaker #1
Tu l'as gardé cette prothèse en ce moment ?
- Speaker #0
Non j'aurais dû j'en ai eu beaucoup de prothèses dans ma vie
- Speaker #1
Et donc comment on reprend le cours de sa vie après ça ? Je sais, tu m'en as parlé que ta famille et ton entourage ont joué un rôle très très important mais une fois que t'es sortie du centre de rééducation Merci. Comment on arrive à reprendre le cours de sa vie après avoir traversé tout ça ?
- Speaker #0
Je dirais que ma famille m'a énormément aidée. Parce qu'en plus, j'étais très jeune quand on a 14 ans.
- Speaker #1
Tu as des frères et soeurs ?
- Speaker #0
Non, je n'ai pas de frères et soeurs. Ma famille m'a vraiment beaucoup aidée, beaucoup encouragée. Et puis, quelque chose que je voulais dire, c'était que je ne savais pas du tout ce que c'était que d'être amputée. Quand ça m'est arrivé, je n'avais aucune idée. Tu n'avais jamais vu ? C'était l'inconnu total. Je crois que j'avais peut-être vu dans... Il y avait une série aux États-Unis qui s'appelle Le Nord et le Sud. Il y avait une personne qui avait une jambe en bois. Je crois que c'était la seule chose que je m'étais représentée d'une personne amputée. Je ne savais rien d'autre. Et donc, le fait que personne... À l'époque, ça ne se faisait pas. Personne n'est venu me voir. Il n'y a pas une autre personne amputée qui est venue me voir dans ma chambre en me parlant, en me disant « Tu vois, Florence, tout va aller bien. Après, regarde comment je suis. » Personne n'a fait ça pour moi. Même à la télé, je ne voyais pas Théo Curin, je ne voyais pas Philippe Croizon. Je ne voyais pas des gens comme ça. Je ne savais pas quoi m'imaginer. Je crois que c'était ça qui était presque le plus dur, c'était ce sentiment d'inconnu, de ne pas savoir comment j'allais vivre après. Je me rappelle aussi, après mon amputation, de me dire que rien n'allait être comme avant. Je ne sais pas si je m'imaginais tant ça me marier, parce qu'à l'époque j'étais encore jeune, mais je me disais que je ne pourrais jamais être dans une relation avec quelqu'un, je ne pourrais plus jamais refaire de sport, je ne sais même pas si j'aurais un travail normal. En fait, je n'arrivais pas à imaginer. Je n'arrivais pas à imaginer l'après. après, je ne pouvais pas imaginer.
- Speaker #1
C'était un grand chamboulement.
- Speaker #0
Mais j'ai eu vraiment beaucoup de support. Ma famille m'a vraiment énormément aidée. Ça a été un grand moment. Et puis, j'ai rencontré aussi quelqu'un à l'hôpital, une Américaine qui avait aussi eu un accident très grave. Après, plus tard, elle a été amputée. Mais ils ont essayé de lui conserver sa jambe. Mais c'était par un bus qui l'avait renversée. Et elle m'a énormément aussi soutenue. On s'est soutenues mutuellement, en fait. Parce qu'on était toutes les deux un peu dans un état similaire. Elle était très positive. Elle n'arrêtait pas de me dire « Allez, Florence, il va voir, ça va aller mieux pour nous deux. » Le fait d'avoir cette personne avec moi m'a énormément aidée.
- Speaker #1
Tu étais toujours en contact avec elle ?
- Speaker #0
Malheureusement, elle est décédée maintenant.
- Speaker #1
C'était une personne qui était plus âgée que toi ? Oui,
- Speaker #0
c'est vrai que c'est important à ces moments-là. On s'en souvient pendant longtemps des gens qui faisaient...
- Speaker #1
Il y a des gens comme ça qui ont un rôle hyper important. Et comment s'est passé ton adolescence après ? Ton accident, ton amputation, c'est arrivé... Tu étais toute jeune, 14 ans.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Comment se sont passées tes relations avec tes amis, les jeunes de ton âge, quand tu es retournée en cours ? Comment ça s'est passé pour toi ? Est-ce que tu t'en souviens ?
- Speaker #0
Oui, alors, mon adolescence, ça a été très difficile, parce que, en fait, mon accident a un peu tout interrompu. Et, en fait, évidemment, j'ai passé beaucoup de temps entre l'hôpital, le centre de rééducation, même après. Après le centre de rééducation, je devais aller pratiquement toutes les semaines pour ma prothèse, pour des vérifications et tout ça. C'était sur du temps scolaire forcément. Et puis je dirais aussi que j'ai mis du temps à m'aimer à nouveau. J'acceptais pas mon corps après mon accident. J'avais pris beaucoup de poids aussi après mon accident parce que du fait que j'étais très sportive, tout d'un coup je me suis retrouvée immobilisée. On me donnait aussi beaucoup de médicaments. C'était compliqué, surtout que je pouvais pas bouger. Je pouvais pas faire beaucoup de sport. Et puis petit à petit, après, j'ai dû apprendre à vivre avec ce handicap. Et à partir du moment où j'ai pu remarcher, ça a été quand même beaucoup mieux. À partir du moment où j'ai pu avoir une prothèse et remarcher. Et puis après, quand j'étais assez jeune, en fait, ma mère savait que j'aimais voyager. Donc, je me suis mise à aller aux États-Unis, à faire un voyage. Je crois que c'était dans l'Utah, j'avais 16 ans. Et le fait de partir comme ça, d'être indépendante, de me dire que j'avais beau avoir une protège, je pouvais voyager, je pouvais aller toute seule. Ce sentiment de liberté, pour moi, c'était quelque chose de très, très important. Donc, petit à petit, en fait, mon adolescence s'est améliorée. Et en fait, si je reviens en arrière, je dirais que mon adolescence a un peu contribué à être la personne que je suis. Donc en fait, je ne peux pas dire que c'était forcément tout négatif. Il y a eu en fait, ça m'a appris aussi beaucoup de choses.
- Speaker #1
Et ton retour en cours, comment ça s'est passé avec tes camarades de l'époque ?
- Speaker #0
C'était très difficile. Déjà, j'ai beaucoup manqué. J'ai manqué énormément de cours. Donc j'ai dû après rattraper. Non, mais mes amis ont essayé d'être compréhensifs. Ils essayaient de faire tout leur possible. Mais je crois que c'était moi qui avais encore du travail à faire, du chemin à faire. Mais j'ai été dans une école formidable. et puis... très compréhensif, ils ont tout fait pour m'aider malgré tout ce qui m'est arrivé, j'ai même pas sauté de classe, j'ai réussi à avoir quand même mon BEPC j'ai réussi à avoir mon bac après donc j'ai eu beaucoup de chance.
- Speaker #1
Donc oui à ce niveau là ça s'est quand même bien passé parce que c'est vrai qu'en plus l'adolescence déjà de base c'est pas une période hyper simple mais à ce niveau là, oui non toi ça a été Je sais que tu as subi de nombreuses interventions, tu me disais tout à l'heure par la suite Elles ont consisté en quoi exactement ces opérations ? Tu nous disais qu'il y a eu des petites choses qui ont dû être réajustées peu de temps après la première intervention. Mais je sais que tu en as eu plusieurs autres par la suite, étalées sur plusieurs années. Elles ont consisté en quoi ces opérations-là ?
- Speaker #0
J'ai eu ces trois opérations quand j'avais 14 ans et après j'en ai eu une autre à 17 ans. À 17 ans, ce qui s'est passé, c'est que je grandissais encore et j'avais mon péronné. l'os du péronné qui grandissait encore et donc il prolongeait tellement qu'en fait je ne pouvais plus être appareillée je ne pouvais plus avoir une prothèse donc j'ai dû être opérée mais je crois que ça a été une de mes opérations les plus pénibles cette opération parce que c'était à l'hôpital Gonesse et je ne sais pas comment c'est maintenant et je ne critique pas forcément les médecins mais ils disaient que pour mieux cicatriser pour que les choses aillent mieux il ne fallait pas donner de morphine ou en donner le moins possible et je souffrais mais je crois que j'ai rarement autant souffert qu'après cette opération parce que c'était bon en même temps ça m'a amélioré après quand même les choses dans ma prothèse Merci. Quelques années après, on me parlait déjà d'opération, on me disait qu'il fallait à nouveau que je sois réopérée parce que j'avais cette peau greffée. Et cette peau greffée était très fragile. J'avais sans arrêt des problèmes. Il y a des moments où ils m'ont fait des prothèses qui ne m'allaient pas du tout, que je ne pouvais plus mettre. J'avais souvent des infections. J'avais des fois, je vais prendre des antibiotiques. Mais le problème, c'est que j'avais trop peur d'être réopérée à nouveau, de retourner. Pour moi, j'avais une nouvelle vie. Quand j'étais aux États-Unis, j'avais pris un nouveau départ et pour moi, je ne voulais pas revenir en arrière et me réenfermer dans ce monde hospitalier. Je n'arrivais pas à accepter l'idée. C'était aussi être hospitalisée pendant longtemps, mettre du temps à se remettre, manquer le travail pendant longtemps. Je n'arrivais pas à me faire à cette idée. Je me rappelle, avant mon mariage, je me suis mariée en 2006. Avant mon mariage, j'avais un médecin qui m'a presque obligée à me faire opérer, qui m'a dit, si vous ne vous faites pas opérer, vous n'allez plus pouvoir marcher et tout ça. Je lui ai dit, je ne peux pas, je suis en train de préparer un mariage, je n'allais pas tout reporter mon mariage. Donc, pour moi, c'était très, très difficile à vivre. Et puis après, quand mes enfants sont nés, j'étais tellement concentrée sur eux, je pensais tellement à eux qu'être opérée, ce n'était pas possible pour moi à ce moment-là.
- Speaker #1
Oui, tu étais un peu mise de côté. Oui,
- Speaker #0
et puis après, c'était en 2019, donc c'était il y a 7 ans, j'ai pris la décision de me faire opérer parce que je me suis dit, tu as assez attendu. En fait, ça m'a vraiment amélioré beaucoup la qualité de ma vie. que ce soit pour faire des sports, que ce soit ne plus avoir sans arrêt des problèmes à mon moignon. Donc, ça m'a tellement amélioré les choses. Donc, j'ai pris la décision de me faire opérer. Mais c'était presque comme une autre amputation. Mais ça venait de toi.
- Speaker #1
Cette fois, tu étais prête.
- Speaker #0
Exactement. Tout à fait. Ça venait de moi. Mais ça a été très compliqué parce qu'il y a eu des complications à l'opération. Donc là,
- Speaker #1
c'était une nouvelle grippe de peau,
- Speaker #0
finalement ? Non, en fait, le moignon est plus court qu'avant. Enfin, un centimètre plus court. Mais en fait, ils ont repris les peaux. En fait, ils ont... tout reconfigurer mon moignon. Du fait qu'il soit plus court, ils avaient plus de peau et ils ont tout changé pour que mon moignon soit plus costaud. Ils ont réutilisé la peau qu'il y avait déjà. Oui, c'est ça. Le problème, c'est qu'il y a eu des complications et après, la peau s'est beaucoup trop tendue. Après, j'ai eu comme un trou dans ma jambe tellement la peau était détendue. Après, j'ai mis six mois à me remettre de cette peau. Six mois, je n'ai pas pu avoir de prothèse. Six mois où j'ai dû avoir un appareil sur ma jambe pratiquement en permanence parce qu'il fallait que la peau cicatrise.
- Speaker #1
C'était quoi comme appareil ?
- Speaker #0
Ça s'appelle un wound vac. Je regarde la traduction en français. C'est un appareil spécial pour la cicatrisation, pour que ça aille plus vite. Donc ça a été vraiment très, très pédé. À ce moment-là, j'étais à nouveau complètement découragée. J'avais l'impression de revenir quand j'avais mes 14 ans, de revenir dans cet univers. Heureusement, mon mari, mes enfants et ma mère sont... Ma mère est aussi venue de France. Donc ils m'ont tous énormément aidée. Mais c'était terrible. Je ne pouvais même pas me faire un café. Je ne pouvais rien faire dans ma cuisine avec mes béquilles. J'avais l'impression de complètement revenir en arrière. Mais maintenant, en y pensant, je suis tellement contente de l'avoir fait. Parce qu'il y a tellement de choses que j'ai pu réaliser après que je n'aurais pas pu réaliser sans faire cette opération.
- Speaker #1
Et puis la chose importante, c'était que ça venait de toi vraiment, que là, tu te sentais prête. Tu nous en parlais tout à l'heure, le sport occupait une place vraiment importante dans ta vie avant ton amputation. Tu pratiquais l'athlétisme, la course, le tennis, le ski. Comment tu as vécu cet arrêt forcé ? Qu'est-ce qui t'a aidé à traverser cette période ? Et peut-être à compenser le manque, à trouver un nouvel équilibre, tout simplement.
- Speaker #0
Oui, c'était une des choses les plus difficiles, parce que je suis quelqu'un de très, très, très, très sportif. C'est quelque chose, le sport a toujours pratiquement défini ma vie. Enfin, il n'y a pas que ça, mais c'était très important pour moi. Et quand mon amputation est arrivée, je me disais, en fait, je ne vais rien pouvoir faire. Je ne vais plus pouvoir courir. Je ne savais même pas comment ça allait être de nager. Mais en fait, le fait aussi que j'ai été sportive avant... Mon amputation m'a aussi aidée pour refaire des sports. Le fait d'avoir fait tous ces sports avant m'a aidée par la suite. Je me rappelle toujours qu'un des premiers sports que j'ai refait, c'était justement à ce centre de Valenton. Ils avaient une très belle piscine. C'est une première chose que j'ai vue. Je suis arrivée dans ce centre de rééducation et j'ai vu cette piscine. J'ai dit à ma mère, je veux absolument aller dans cette piscine. J'en rêvais. Ma mère m'a dit, il faut que tu attends. Et la première fois, j'ai en effet renagé. Et pour moi, c'était extraordinaire. Je me sentais tellement revivre, en fait, de pouvoir nager à nouveau. Mais là, c'était évidemment sans prothèse. Bon, après, j'ai nagé aussi avec une prothèse, mais sans prothèse. Mais c'était déjà un sentiment extraordinaire. Et pour moi, c'était déjà une première victoire. Oui, c'est ça.
- Speaker #1
C'était la vie qui recommençait. Oui, oui.
- Speaker #0
Et puis après, en fait, je n'ai pas fait tant que ça de sport quand j'étais en France. Parce que je suis partie aux Etats-Unis quand j'avais 22 ans. Je faisais du sport, je faisais de la musculation, je faisais de la natation. Je n'ai pas fait tant que ça de sport. Mais quand je me suis mise à arriver aux Etats-Unis, j'ai fait beaucoup plus de sport. Déjà, je me suis mise à faire pas mal de musculation parce que je me suis dit que c'était vraiment important d'avoir un corps musclé. Surtout, j'ai un déséquilibre entre la jambe droite et la jambe gauche. Parce que ma jambe droite, du fait que j'ai ma protège, je n'ai pas assez de muscles. Donc c'est très important pour moi de faire de la musculation. Mais aussi, je me suis mise à prendre beaucoup de coups. cours de gym, à faire du yoga, du pilates. J'ai découvert beaucoup de choses mais surtout j'ai appris à faire beaucoup de sports mais en les adaptant, c'est-à-dire en faisant partie d'associations qui m'ont appris à adapter tous ces sports. Par exemple le ski, c'est quelque chose que j'ai fait beaucoup plus tard dans ma vie mais le ski, le tennis, il y a les cours aussi d'adapter pour jouer au tennis. Le vélo, j'en ai fait aussi avec différents groupes. J'ai appris aussi à faire du snowboarding, j'ai pris des cours de surf, c'était extraordinaire. J'ai pris des cours de ski nautique, j'ai même réussi Yeah. à tenir debout sur les skis. Mais non, c'était vraiment extraordinaire. Mais il y a quelque chose dont je voudrais parler aussi, c'est la difficulté des fois pour aller dans l'eau quand on est amputé. Parce qu'en fait, au départ, je n'avais pas de prothèse de bain. Donc à la piscine, en général, même maintenant, quand je vais à la piscine, je ne mets pas de prothèse parce que je suis plus à l'aise sans prothèse. Mais quand je vais à la mer, c'est quand même beaucoup mieux d'avoir une prothèse de bain parce qu'il y a quand même des vagues, il y a des algues, il y a beaucoup de choses. Mais quand j'étais plus jeune, j'aimais tellement me baigner. À la mer, justement, comme sur cette plage, que j'y allais avec mes béquilles. Mais c'était vraiment compliqué. Et puis, il y avait le regard des gens. Ça, c'est quelque chose qu'on peut aborder après. Il y avait le regard des gens. Et puis, c'est surtout aussi que c'était dangereux. Parce qu'en fait, j'avais des béquilles. On m'avait fait des béquilles adaptées pour pas qu'elles s'enfoncent dans le sable. On m'avait fait des béquilles spéciales. Mais malgré ça, c'était difficile. Oui, c'était pas simple. C'était vraiment très, très, très compliqué d'aller me baigner. Donc, ça a mis beaucoup de temps pour qu'après, j'arrive à avoir une prothèse adaptée. Maintenant, je vais seulement dans l'eau avec une prothèse. Une prothèse à laver. Spécialement pour la baignoire. Et puis, après, je me suis mise à recourir. Enfin bon, après tout ça, ça a passé du temps, tous les sports que j'ai pu refaire. Mais après, quand j'ai pu avoir une lame de carbone et me mettre à recourir, c'était un sentiment extraordinaire.
- Speaker #1
Est-ce que tu as eu l'occasion de rencontrer d'autres personnes concernées comme toi par une amputation ? Par la suite, tu avais quel âge à peu près ?
- Speaker #0
Je ne sais pas, j'avais 23-24 ans. J'ai fait partie du groupe de soutien aux États-Unis. Et ça, ça m'a vraiment énormément aidée. Parce que des fois, on a des questions, c'est des choses toutes bêtes. Mais il y a des choses qu'on ne sait pas comment faire. Le fait d'avoir d'autres personnes amputées qui peuvent nous aider, ça aide énormément. Et puis aussi, j'ai rencontré des personnes pour améliorer qui m'ont aussi beaucoup inspirée. J'ai rencontré par exemple une personne qui faisait des marathons. Je me rappelle que ça m'a vraiment... beaucoup inspiré. J'ai rencontré quelqu'un, par exemple, qui faisait du ski, qui était beaucoup plus âgé que moi et qui m'a montré qu'il faisait du ski et il n'avait aucun ajustement. Il arrivait à faire du ski. Enfin, il avait une prothèse quand même spéciale pour le ski, mais on peut en faire aussi sans. Mais le fait qu'il arrive à faire ça, je me suis dit, s'il y arrive, au fond, pourquoi pas moi ? Donc, ça m'a vraiment beaucoup inspiré. Je crois que quand j'étais plus jeune, en fait, si j'avais aussi rencontré des personnes amputées quand j'étais en centre de rééducation, j'en avais rencontré. Mais je crois que c'est quelque chose d'important quand on est amputé. Je ne dis pas de Merci. de n'être qu'avec des personnes amputées, mais c'est quand même important d'en rencontrer. C'est quelque chose qui aide beaucoup et qui peut beaucoup inspirer.
- Speaker #1
Là, ça t'avait réouvert le champ des possibles, en fait, parce que tu rencontrais ces personnes en dehors du cadre médical, en dehors du centre de rééducation, où là, ils avaient repris une vie et ils faisaient ce qu'ils avaient envie de faire. Donc là, tu t'es dit que finalement, c'était possible. Et quel suivi médical tu as aujourd'hui ?
- Speaker #0
Le suivi médical que j'ai, en fait, c'est... Je dois quand même régulièrement avoir une prothèse, enfin une nouvelle prothèse. Donc là, par exemple, on est en train de me faire une nouvelle prothèse.
- Speaker #1
C'est tous les combien, à peu près ? Tous les deux ans environ, deux,
- Speaker #0
trois ans. Mais ce qui est très difficile avec les prothèses, c'est qu'en fait, on ne peut pas non plus... J'ai tendance des fois à avoir pas mal de variations de poids. En fait, il faut vraiment avoir un poids constant. Parce que si on se met à prendre trop de poids, à perdre trop de poids, la prothèse ne va plus bien. Après, il faut réajuster. Donc en fait, c'est quelque chose qui est compliqué, c'est de garder un poids constant. et puis sinon j'ai pas... Ça me passe quand même du temps.
- Speaker #1
Tu es suivi par rapport à ça pour ton alimentation ? Oui, oui. J'ai aussi une nutritionniste.
- Speaker #0
Et puis, je fais aussi des séances de kiné. Ce qui se passe, c'est que j'ai des problèmes à ma jambe gauche parce que du fait que ma prothèse est à droite, je compense beaucoup avec ma jambe gauche. Donc, j'en demande beaucoup à cette jambe. Et j'ai eu des problèmes de genoux depuis à peu près quelques années. J'ai des problèmes. J'ai même dû avoir des Merci. Des injections dans mon genou. Maintenant, ça va quand même mieux, mais c'est quelque chose qu'il faut que je surveille. Mais bon, dans l'ensemble, ça n'a quand même rien à voir. Après mon accident, je passe quand même pas autant de temps que ça chez les médecins.
- Speaker #1
Comment s'est construite ta relation à ton corps, à ta féminité ? Tu me fais peur que tu aies toujours aimé t'habiller, prendre soin de toi. Comment tu as réussi à... à t'approprier ton corps ?
- Speaker #0
Oui, c'est quelque chose qui a été difficile, la relation avec...
- Speaker #1
Avant ton opération, tu étais plutôt une jeune fille bien dans tes baskets, à l'aise avec ton corps ? Oui,
- Speaker #0
j'étais bien. Mais après, j'avais du mal à me reconnaître, à accepter cette nouvelle image de moi. Comme je disais avant, j'avais aussi pris du poids, je me sentais différente, moins féminine. J'avais perdu confiance en moi. Donc ça a mis du temps à me réapprendre à aimer mon corps et à arrêter de le voir uniquement à travers le handicap. Et l'habillement aussi, qui est quelque chose qui est devenu très compliqué après mon amputation, parce que je ne pouvais pas, par exemple, mettre des jupes plus courtes. Il fallait que je mette des jupes très très longues. Je ne pouvais pas mettre de short. Si je voulais, évidemment, pas montrer. Si je voulais montrer, si. Il a fallu du temps pour ça.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
et puis les chaussures, ça a l'air bête, mais quand on est amputé, c'est très compliqué. Les chaussures, déjà, il faut qu'elles soient réconfortables. Il faut toujours avoir la même hauteur de talons. Ça dépend, si on a certains pieds, on peut quand même avoir un peu plus de talons. Mais avec la plupart des prothèses, il faut toujours avoir la même hauteur de talons. Donc, on ne peut pas mettre certaines chaussures. L'achat des chaussures, c'est quelque chose de très compliqué. Et l'habillement, c'est quelque chose qu'il faut aussi beaucoup... beaucoup adapté. Mais je dirais que maintenant, je me sens quand même, je sais que c'était il y a très longtemps mon amputation, mais je me sens quand même féminine et bien dans mon corps. J'aime beaucoup être amputée, je me sens pour autant féminine. Oui,
- Speaker #1
si tu vois un vêtement qui te plaît, tu ne te poses plus trop de questions,
- Speaker #0
tu l'achètes et tu peux le porter. J'adore l'habillement. Ça,
- Speaker #1
c'est important, c'est sûr. Puis maintenant, les prothèses, comme on disait, on peut un peu incliner aussi, peut-être, pour les chaussures. Oui, oui, c'est ça. J'arrive à avoir...
- Speaker #0
Je peux quand même pas prendre des talons aigus, mais je peux quand même mettre un peu de talons. Donc, il y a des grands progrès qui ont été faits. Oui,
- Speaker #1
c'est ça. Toi, t'as vraiment dû voir toutes les évolutions. Et puis,
- Speaker #0
quelque chose qu'on peut faire aussi... Là, je suis sur le sable, je vais pas le faire, mais je peux aller me faire une pédicure. J'ai des ongles qui sont tellement bien faits et l'esthétique est tellement bien faite Parce qu'en fait, je peux même aller... me faire une pédicure, me mettre des sandales. Et pour moi, c'est quelque chose de très important. En tant que femme, pour moi, c'est quelque chose de très important.
- Speaker #1
Donc là, c'est une prothèse que tu as fait faire aux États-Unis. Oui,
- Speaker #0
c'est une prothèse que j'ai fait faire aux États-Unis.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a quelque chose d'identique qu'on pourrait faire en France ?
- Speaker #0
Je pense qu'il doit y avoir l'équivalent. Mais je vais chez un prothésiste qui est absolument formidable. C'est le meilleur prothésiste que j'ai trouvé. J'ai mis du temps à trouver un bon prothésiste. Ça, c'est une autre chose. On met vraiment du temps à en trouver. Mais là, celui que j'ai, il est vraiment formidable. J'ai plusieurs prothèses. J'ai trois prothèses différentes. D'accord. Selon si tu fais du sport,
- Speaker #1
si tu vas te baigner. Oui,
- Speaker #0
j'ai une prothèse. Celle que j'ai, c'est une prothèse de tous les jours qui est quand même bien habillée. Qui est très bien faite. Avec laquelle je peux mettre aussi bien des jubes. On ne voit vraiment pas que c'est une prothèse. Des belles chaussures. Donc j'ai cette prothèse-là. J'ai une autre prothèse pour le sport et pour aller dans l'eau. Donc là, c'est une prothèse qui n'est pas habillée. Donc on voit évidemment que c'est une prothèse. Là, on voit plus la fonction. Là, on voit plus la fonction de la prothèse. Mais je peux quand même, par exemple, jouer au tennis. Je peux faire du vélo avec. Je peux faire aussi certains sports avec. Et après, j'ai une autre prothèse carrément pour courir, avec une lave de carte. Donc j'ai beaucoup de prothèses. Quand je voyage, c'est un peu compliqué parce qu'il faut toujours que j'apporte... Ça prend de la place ? Non, je n'apporte quand même pas deux prothèses. En général, j'en apporte toujours une en plus. Donc c'est toujours un peu compliqué quand je voyage. Ça prend de la place dans la vie. Oui, c'est clair.
- Speaker #1
Et est-ce que tu te souviens justement du moment précis, peut-être d'un déclic, d'une rencontre ?
- Speaker #0
Ou tu as senti que tu commençais à te réapproprier ton corps, à te réconcilier avec lui ?
- Speaker #1
Je sais que ça semble étrange, mais en fait, je crois que j'ai accepté, évidemment, mon handicap au bout de quelques temps. C'est pas que je l'ai quand même accepté, mais je ne voulais pas le montrer. En fait, c'est quelque chose, je trouvais que ce n'était pas nécessaire, ce n'était pas forcément ça qui me définissait. Et j'avais cette idée de ne pas le montrer. Et puis au fond, après, je me rappellerai toujours, je crois que j'avais fait un triathlon, c'était il y a quelques années, c'était peut-être il y a 4 ans, 3-4 ans, j'avais fait un triathlon. Et puis évidemment, j'étais avec une prothèse, vous voyez forcément que j'étais amputée quand je fais un triathlon, je mets un short. Donc j'avais mis un short et j'étais avec ma lave de carbone et puis j'étais pour mettre une photo sur les réseaux sociaux. Et de moi, en coupant, en ne montrant pas ma protéine. Après, j'ai réfléchi, je me suis dit, écoute, Florent, c'est amputé depuis tellement longtemps. Je veux dire, tu t'acceptes maintenant que tu fais toutes ces choses en tant qu'amputé. Pourquoi tu veux le cacher ? Et d'un coup, j'ai eu ce déclic. Et depuis maintenant, non seulement je n'hésite pas à le montrer, mais même tous mes collègues et tous sont au courant. J'en parle maintenant beaucoup plus facilement. Ça m'a mis vraiment du temps. Oui,
- Speaker #0
parce que c'était il y a combien de temps ? C'était il y a pas si longtemps ?
- Speaker #1
Non, non, non. Mais c'était pas que je l'acceptais pas quand même. Je veux dire, j'arrivais à faire tout ce que j'avais à faire. C'est pas que j'étais malheureuse. Mais il y avait cette pudeur. Maintenant, il y a ce sentiment de liberté depuis que j'en parle. De libération. D'accord.
- Speaker #0
Il y avait beaucoup de pudeur et qui s'est transformée en sentiment de libération et d'assumer pleinement qui tu es.
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Est-ce que tu dirais que ta différence, elle a eu un impact sur tes relations amicales ou amoureuses ?
- Speaker #1
Sur mes relations amicales, non, je ne dirais pas. Je dirais simplement que j'ai des amis qui sont très compréhensifs, parce que des fois, j'ai besoin de parler de mes problèmes aussi bien de prothèses. Donc j'ai des amis qui sont... qui sont très compréhensives, qui écoutent. Mais honnêtement, j'ai beaucoup d'amis et ça ne change rien. Ça a changé peut-être plus quand j'étais plus jeune. Juste après mon accident, j'ai peut-être perdu des amis ou j'en avais moins. Mais maintenant, honnêtement, à l'heure actuelle, non, ça ne change rien dans mes relations amicales.
- Speaker #0
Et au niveau des relations amoureuses, est-ce que tu dirais que ça a quand même influencé un petit peu ? peu dans les rencontres ? Honnêtement,
- Speaker #1
je crois que j'ai pratiquement jamais eu de problème. Je crois que ça m'est arrivé une fois d'annoncer que j'étais amputée et que la personne en question ne veut plus me voir. Ça m'est arrivé une seule fois. Mais honnêtement, sinon, quand j'étais jeune, j'étais quand même dans beaucoup de relations et je... La plupart du temps, ce n'était pas du tout un problème. C'était quand même très difficile au moment où je devais l'annoncer parce que j'avais cette difficulté. Et puis, des fois, ça ne se voyait pas forcément. Il y en avait des fois qui ne me posaient pas forcément la question. Je me disais, quand est-ce que je vais le dire ? Comment je vais le dire ? Trouver le moment pour pouvoir l'annoncer. Donc, c'était ça qui était compliqué. Oui, ce n'était pas évident. Mais sinon, après, je trouve que les gens acceptent bien dans l'ensemble. J'étais agréablement surprise, en fait.
- Speaker #0
Et toi, tu es mariée. Et ton mari, comment il a réagi quand tu lui as annoncé, justement ?
- Speaker #1
Il a bien réagi. Au départ, il croyait que j'avais un problème. Il avait vu que je boitais, il croyait que j'avais un problème au genou. Il croyait que je m'étais fait mal au genou, quelque chose comme ça. Ce qu'il dit, c'est que ce qui est difficile pour lui, c'est quand il a vu mon moignon. Entre le fait qu'on a une prothèse, mais on montre même son moignon, et le fait qu'il m'a vu traverser des moments difficiles, où des fois j'avais des infections, des problèmes au moignon. Ces moments-là, c'était quelque chose de très difficile. Je dirais que j'ai la chance d'avoir un mari qui m'apporte beaucoup de soutien, qui m'a vraiment épaulé, que ce soit dans les moments difficiles ou les moments heureux. Mais il a toujours été là pour moi et c'est vrai que ça n'a pas toujours été facile. Donc, je te remercie pour ça.
- Speaker #0
Et tes enfants ? Tu nous disais tout à l'heure que tu as deux enfants, deux grands-enfants, des jumeaux qui ont 16 ans. Comment ça s'est passé ta grossesse déjà ? Est-ce qu'avec ta prothèse, il y a eu… J'imagine que pour le corps, en plus des jumeaux, comment ça s'est passé pour toi ?
- Speaker #1
En fait, on m'a annoncé au début de ma grossesse que j'attendais des jumeaux. Mon médecin m'a dit que ma grossesse serait difficile parce que du fait que j'étais amputée, au départ, il s'inquiétait que j'ai des jumeaux parce que ça faisait quand même beaucoup de poids. Il avait peur que ma grossesse soit très compliquée. Au départ, ça s'est plutôt bien passé, les six premiers mois de ma grossesse. mais après Mon médecin s'inquiétait. Donc, les trois derniers mois, il m'a mis au repos. Enfin, au repos, c'est-à-dire que je n'étais quand même pas au lit, mais je ne pouvais plus travailler. Enfin bon, il voulait vraiment que je me repose le plus possible. Et puis après, en fait, j'ai eu une césarienne, ce qu'on a souvent avec des jumeaux. Mais j'ai été à terme, en fait. J'ai été à terme. Mes enfants avaient plutôt même un assez bon poids pour des jumeaux. Mais en fait, c'était un très bon moment, ma grossesse. Oui, tu l'as bien vécu. J'étais vraiment très heureuse pendant ma grossesse. Je garde vraiment un très bon souvenir de cette période.
- Speaker #0
C'est une belle grossesse. Donc, en grandissant, est-ce qu'ils t'ont posé des questions sur ta particularité ? Tu te souviens à partir de quel moment ils ont pris conscience que leur maman…
- Speaker #1
Je ne sais pas, je crois qu'ils m'ont toujours connu comme ça. Oui, c'est ça. Donc, en fait, je ne sais pas, il y a des moments quand même où ils se sont mis peut-être à poser plus de questions, se demander ce qui m'était arrivé, pourquoi j'étais ça, pourquoi leur mère était différente par rapport à d'autres mères. Oui, il y a des questions quand même qu'ils ont posées, mais en même temps, c'est normal. Mais maintenant que je leur pose la question, ils trouvent qu'en fait j'arrive à accomplir beaucoup de choses, malgré mon handicap, ils n'ont pas l'impression que ça n'a pas changé leur vie. Et je disais ça tout à l'heure à mon fils, il disait qu'il était fier de tous les triathlons que j'avais fait, des courses de natation que je faisais, et en fait il trouve qu'ils ont une vie normale, je veux dire, il accomplit, même si leur mère est amputée, c'est pas pour autant qu'ils ont eu une vie différente.
- Speaker #0
Ça doit être fort comme heure. À entendre de son fils qu'il est fier de sa maman, en tant que maman,
- Speaker #1
ça doit être hyper fort.
- Speaker #0
Quand on vit avec une différence visible, le regard des autres, il est souvent très très présent. Je sais que cela a été longtemps difficile pour toi. Comment tu le vis aujourd'hui ?
- Speaker #1
Honnêtement, oui, ça a été quelque chose de très difficile. Quand j'étais plus jeune, ne serait-ce que je disais, je décrivais tout à l'heure, aller me baigner avec mes béquilles sur une plage, avoir tous les gens qui me regardent. Je me disais, mais pourquoi ? Je comprenais que des enfants me regardent. Parce que quand on est un enfant, on est curieux, c'est normal. On ne sait pas ce que c'est que d'être un chauvin tout à fait normal. Et que des adultes me regardent autant, je ne comprenais pas ça quand j'étais plus jeune. Je crois que c'était plus l'incompréhension sur le regard des gens. C'était plus ça qui me dérangeait. Et j'ai mis vraiment, c'est quelque chose, peut-être j'ai mis quelque temps avant d'accepter tout ça. Et puis je crois qu'aux États-Unis, c'est aussi différent parce qu'on se sent vraiment très accepté aux États-Unis. Les gens ne regardent pratiquement pas. Je ne sais pas ce qu'il faudrait pour qu'on vous regarde aux États-Unis. On ne fait attention à rien. Ça a évolué, la façon dont je ressentais ça a évolué. Et puis maintenant, je dirais que je m'en fiche absolument, mais complètement. Je me dis que si les gens regardent, c'est en fait eux qui ont un problème. Si les gens se mettent à vous fixer alors que vous êtes handicapé, c'est ces gens-là qui ont un problème. Ils ont quelque chose qui ne va pas bien. Je ne vais pas m'inquiéter. En fait, je m'en fiche complètement maintenant. J'ai complètement dépassé ça. J'ai complètement dépassé ça. Je sais que c'est encore un sujet parce que j'étais récemment avec d'autres amputés. Il y a encore quelque chose qui embête beaucoup d'amputés, qu'on les regarde et tout ça. Mais je dirais que ça fait tellement longtemps, c'est quelque chose que j'ai dépassé. Maintenant, non, vraiment. Ça ne me tracasse pas du tout.
- Speaker #0
Après, disons que oui, on a le droit de regarder parce que c'est quelque chose qu'on ne connaît pas ou qu'on peut être surpris sur le moment. Mais insister, avoir un regard très appuyé, c'est un peu irrespectueux. Donc, tu vis aux États-Unis depuis l'âge de 22 ans. Oui. C'est un pays dans lequel tu t'es très rapidement sentie bien et qui t'a aussi adoptée. Quelle place on fait à la différence aux États-Unis selon toi ? Qu'est-ce qui change par rapport à la France et comment tu perçois les choses ?
- Speaker #1
Je dirais que la différence est vraiment très bien acceptée aux États-Unis. Déjà, il y a beaucoup d'associations. Je ne sais pas exactement tout ce qui se passe maintenant en France, mais il y a beaucoup d'associations pour personnes handicapées. Je pense en particulier, il y a une association qui s'appelle Amputation Coalition of America qui aide les amputés. Donc, quelqu'un qui vient de percer la jambe peut appeler cette association et avoir des renseignements. Il y a aussi beaucoup d'associations sportives pour personnes handicapées. Oui, les sports adaptés. Pour faire les sports adaptés, il y en a énormément. Pour faire pratiquement tous les sports qu'on veut, c'est vraiment quelque chose d'extraordinaire. Et c'est ce que je disais tout à l'heure, on ne me regarde pas. Ça m'arrive pratiquement toutes les semaines. Je vais à la piscine aux États-Unis, les gens ne me regardent pas. Les seules personnes qui me regardent, c'est les enfants. Mais encore une fois, je comprends tout à fait. Donc, je trouve que les Américains acceptent les gens tels qu'ils sont et ne les jugent pas. C'est comme ça qu'ils sont. Par contre, le problème aux États-Unis, ça, ce n'est pas par rapport au regard des autres, mais c'est au niveau de la couverture des prothèses. Parce qu'il y a de plus en plus de prothèses qui ne sont pas couvertes. C'est de moins en moins bien couvert. Et malheureusement, il y a des fois, on ne peut pas avoir certaines prothèses. Il y a certaines amputées qui ne peuvent pas avoir ce qu'ils voudraient avoir. Parce qu'en fait, ce n'est pas remboursé. Donc ça, je trouve que ça... Je n'ai pas commencé maintenant en France. Je n'ai pas commencé à rembourser. Il y a peut-être aussi des problèmes similaires. Mais c'est un gros problème aux États-Unis.
- Speaker #0
Oui, de toute façon, c'est un système de santé qui est très différent de la France. Après, je ne sais pas en France. Je sais que si on veut des choses assez spécifiques, ce n'est pas forcément entièrement pris en charge. Mais oui. Tu m'as confié en préparant cet épisode que tu assistais aux Jeux paralympiques de Paris en 2024. C'était quelque chose d'important pour toi en tant qu'amoureuse de sport, en tant que Française expatriée et aussi en tant que personne touchée par le handicap. Qu'est-ce que tu as ressenti en assistant à cet événement ? Comment tu as vécu ce moment ?
- Speaker #1
Honnêtement, c'était un sentiment extraordinaire. Déjà, ce n'était pas facile pour moi d'y aller, mais j'étais tellement contente de m'être libérée. J'ai assisté à la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques. J'ai vu mon héros Théo Curin.
- Speaker #0
Tu l'as rencontré ?
- Speaker #1
Non, je ne l'ai pas rencontré, mais je l'ai vu à la cérémonie. J'étais tellement contente de le voir. Et puis, j'ai assisté à pas mal d'épreuves, que ce soit de l'athlétisme. J'ai été voir le tennis. J'ai vu aussi Pauline Déroulède. J'ai été voir la natation, j'ai été voir le basket, mais en fait, ça m'a donné des ailes. Je me suis dit, tu vois, tous ces sportifs, ils arrivent à faire tous ces sports, et pourquoi pas toi ? Et j'ai eu envie d'en faire encore plus. J'ai encore plus envie de me dépasser dans mes sports et d'en faire de plus en plus. Mais ce que je veux dire aussi par rapport aux Jeux paralympiques, c'est que j'ai trouvé que les Français avaient beaucoup changé au moment des Jeux paralympiques et qu'ils avaient vraiment le regard qu'ils avaient après mon accident en 1990 et maintenant. et la façon dont ils regardent le handicap, ça a vraiment énormément, énormément changé. Donc ça, ça m'a vraiment mis du baume au cœur parce que je me suis dit que les choses étaient beaucoup plus positives, beaucoup plus maintenant. Mais honnêtement, je me rappellerais de ces Jeux paralympiques comme un moment extraordinaire dont je me souviendrai toute ma vie. C'était formidable.
- Speaker #0
Un grand moment. En plus à Paris. Les corps différents, les cicatrices, les corps meurtris qui racontent une histoire comme toi. Quelle place ils ont vraiment dans notre société selon toi ? En dehors des événements tels que les jeux para par exemple, comme on disait tout à l'heure en off, que parfois il y a toute une émulation autour de ça et puis qu'après ça retombe un peu. Dans quelle place pour toi la différence elle occupe dans notre société ? Après, que ce soit en France ou aux Etats-Unis, c'est peut-être plus facile pour toi d'en parler côté
- Speaker #1
Etats-Unis. Je dirais que la différence, ça a beaucoup changé maintenant dans notre société. J'ai beau vivre aux États-Unis, il y a aussi des Américains, des amputés américains qui m'ont beaucoup impressionné et qui m'ont beaucoup aidé. Que ce soit Théo Curin, que ce soit Philippe Croizon, que ce soit Pauline Déroulède, c'est trois personnes qui m'ont énormément aidé. J'ai lu leurs livres et je me suis dit, c'est extraordinaire, ils ont passé par tellement d'obstacles. Ils ont vécu des choses tellement difficiles. Et moi, en fait, j'ai vécu des choses... En fait, c'est moins grave. Moi, il me manque le bas de ma jambe. Pauline Déroulède, elle a toute sa jambe. Philippe Croizon et Théo Curin, il leur manque 4 mains. Et je me suis dit, malgré tout ça, ils arrivent à accomplir tellement et ils s'acceptent tellement bien. Ils relèvent des défis tellement extraordinaires. Ils se sont tellement bien avec eux-mêmes. Donc, pour moi, c'est quelque chose qui m'a énormément aidée dans mon parcours. le fait de voir des amputés qui réussissent aussi bien dans la vie cette image d'amputés qui réussissent aussi bien dans la vie c'est quelque chose qui m'a énormément aidé donc avoir des modèles de représentation qu'on avait pas forcément dans les années 90 ça fait du bien aussi et puis il y a aussi je pense
- Speaker #0
qu'il y a beaucoup de choses qui passent par l'humour c'est des personnes aussi qui on a l'impression qu'ils prennent les choses avec légèreté même si on se doute bien que c'est pas rose tous les jours mais Merci. En tout cas, l'humour tient une place importante aussi. Oui, ça c'est ça. Donc si tu veux un micro de différence aujourd'hui, c'est bien sûr pour transmettre un message optimiste et pour aider les personnes qui traversent en ce moment ce que tu as vécu. Mais on en parlait encore une fois en préparant cet épisode. Bien que tu aies aujourd'hui complètement accepté ta différence, le chemin a été long et les choses ne sont pas pour autant faciles tous les jours. Quels sont les obstacles que tu as rencontrés ou que tu rencontres d'ailleurs peut-être encore au quotidien à cause de ton handicap ?
- Speaker #1
Oui, alors il y a quand même des choses qui me sont difficiles dans la vie de tous les jours. Par exemple, conduire, c'est quelque chose de difficile. Évidemment, je conduis, mais j'ai besoin du fait que ce soit mon pied droit qui est amputé, j'ai besoin d'avoir une voiture adaptée. Déjà, je dois avoir une voiture automatique. En plus, je dois avoir un système spécial pour conduire avec mon pied gauche. Donc déjà, c'est assez compliqué parce que je ne peux pas conduire n'importe quelle voiture. Je ne peux pas louer une voiture quand je voyage. Donc ça m'arrive, je voyage quand même beaucoup. Mais si je voyage, je ne peux pas conduire. Donc ça, c'est quand même quelque chose de difficile. Je dirais aussi quelque chose, ça semble peut-être bête, mais j'ai souvent peur de glisser avec ma prothèse. S'il y a par exemple un tout petit peu d'eau, je suis dans une salle de bain ou quelque chose et qu'il y a un peu d'eau par terre, je risque vraiment de glisser, de me faire très mal. Donc ça, c'est quelque chose qu'il faut que je fasse très attention. C'est difficile d'aller assister à des spectacles. Parce qu'on n'a pas souvent assez de place pour sa jambe, et j'ai besoin d'étaler ma jambe. Donc, des fois, j'ai vu des fois où je devais même partir d'un spectacle, tellement je... parce que je ne pouvais pas, ou j'étais obligée de changer de place, ou tout ça, tellement j'avais... Même dans les transports, du coup,
- Speaker #0
les avions, les trains... Même dans les transports, dans les avions,
- Speaker #1
je suis obligée d'avoir une place spéciale. Quand je prends un avion, en général, je prends une place spéciale pour avoir de la place à droite. Pour pouvoir étendre ma jambe, parce que sinon, c'est vraiment compliqué. Et puis, c'est difficile de faire la queue aussi. J'ai du mal, par exemple, si je... Admettons que je vais à un musée, ou je suis tout simplement à la porte de quelle queue pour attendre quelque chose. Le fait de piétiner, c'est quelque chose qui m'est vraiment difficile. Ça m'est plus facile de marcher que de piétiner. Mais piétiner, que ce soit au niveau du dos, au niveau de ma jambe. Je dirais aussi par rapport à l'habillement, j'en ai déjà parlé tout à l'heure, que par exemple, mettre des juves courtes, j'en mets, mais j'ai trouvé une astuce, si on veut, c'est quelque chose qu'on ne peut faire que l'hiver, pas l'été, je mets des bottes hautes, des cuisses sardes, et donc comme ça, ça prend la prothèse, et j'arrive à mettre mes juves. Mais encore une fois, c'est parce qu'à ce moment-là, j'ai mon côté féminine et mon côté sportif, j'ai ces deux côtés de moi-même. Qui se confronte ? Oui, voilà, c'est ça. Et puis des fois, j'ai du mal à monter les escaliers. Il y a des fois les escaliers parce qu'avec le système de prothèse que j'ai, je n'ai pas tant que ça de flexibilité. Des fois, j'ai du mal à monter les escaliers. Le problème des chaussures, on en parlait avant. Quand je joue au tennis, ce n'est pas quelque chose qui est si grave que ça, mais j'ai beaucoup de mal à faire des mouvements latéraux. Autant me déplacer en avant, en arrière, j'arrive bien. Autant les mouvements latéraux, c'est quelque chose qui me sont très, très difficiles. J'adore le tennis. C'est un de mes sports préférés, mais je dois dire que j'ai du mal avec les mouvements latéraux. et puis le fait que je dois avoir beaucoup de prothèses pour différents sports, pour bien faire il faudrait aussi que j'ai une prothèse pour faire du ski, enfin il faudrait presque que j'ai 5 ou 6 prothèses différentes d'abord c'est trop cher et ensuite on peut pas tellement avoir toutes ces prothèses que si on voyage on va pas emmener toutes ces prothèses et puis une dernière chose ça semble bête mais prendre une douche en tant qu'amputé c'est compliqué si on voyage surtout, enfin je veux dire si on est chez soi non, mais si on voyage et qu'on a pas un tabouret ou quelque chose, si on reste debout sur une jambe dans la douche Merci. Et que des fois, si on ne prend pas appui à une barre ou quelque chose, des fois, ça peut être dangereux. J'ai vu des fois pratiquement faire... J'ai manqué de tomber une fois dans une douche quand j'étais dans un hôtel. Il faut faire très attention avec ça.
- Speaker #0
Tu fais attention quand tu réserves un logement, une chambre d'hôtel ? Oui.
- Speaker #1
Ou alors ce que je fais en général, c'est que j'emporte ma prothèse pour aller dans l'eau et je mets ma prothèse de bain pour prendre ma douche au cas où. Mais sinon, j'essaye soit d'apporter un tabouret, soit d'avoir au moins une barre ou d'avoir une douche adaptée parce que c'est vrai que ça peut quand même être assez dangereux. Mais bon, je dirais que tout ça, c'est des choses qui ne sont quand même pas si graves que ça. C'est des choses qu'il faut savoir. On apprend à se connaître. Mais c'est des choses qui ne sont pas attirantes. Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Mais bon, c'est vrai qu'on ne se rend pas compte de tout ce que ça implique derrière. Qu'est-ce que tu aimerais dire aujourd'hui aux personnes qui nous écoutent et qui sont en train de vivre tout ce que tu as déjà vécu ?
- Speaker #1
Ok. Donc, je dirais... J'aimerais leur dire d'abord de ne pas perdre espoir. Parce que même si aujourd'hui, tout leur paraît impossible, Après un traumatisme ou une amputation ou n'importe quel handicap, il y a des moments de colère, de tristesse, de peur. C'est un deuil. C'est un deuil, tout à fait. Mais en même temps, c'est normal. Et en fait, avec le temps, la patience et beaucoup de courage, on peut se reconstruire et avoir une vie heureuse et épanouie. Et en fait, ce que je voudrais dire aussi, c'est qu'il ne faut jamais abandonner. Même lors des moments les plus difficiles, il ne faut jamais abandonner. Et malgré mon handicap et tout ce que j'ai traversé, j'ai quand même réussi. Je suis maintenant mariée, j'ai des enfants, j'ai un travail que j'aime, j'ai des amis formidables et je fais beaucoup de sport. Et honnêtement, je me sens heureuse et épanouie. Et je suis sûre que vous pouvez l'être aussi si vous m'écoutez. Donc continuez à rêver, c'est très important.
- Speaker #0
Merci pour ce message. Qu'est-ce que cette épreuve t'a appris sur toi et sur les autres ?
- Speaker #1
Je dirais que cette épreuve m'a appris... pris que j'étais beaucoup plus forte que je ne le pensais. Avant mon accident, je ne pensais pas avoir cette capacité à me relever, à m'adapter et à continuer d'avancer malgré toutes les difficultés. Elle m'a aussi appris la résilience, la patience et l'importance comme je disais tout à l'heure de ne jamais abandonner. Et elle m'a aussi appris à profiter davantage de la vie parce qu'en fait j'aurais pu mourir pendant cet accident. C'est assez extraordinaire que je sois restée en vie. Donc je ne veux pas remettre à plus tard ce que je peux faire aujourd'hui. Et j'ai l'impression que maintenant, je savoure beaucoup plus les petits moments et les victoires du quotidien, encore plus qu'avant. Et sur les autres, ça m'a montré aussi qu'il existe énormément de bienveillance et de générosité. Et je remercie tous les gens qui m'ont beaucoup aidé pendant le parcours, qui ont été d'un très grand soutien, que ce soit ma mère, qui a absolument été extraordinaire, mais aussi toute ma famille, parce que je n'aurais pas réussi à le faire sans eux. Et en fait, une des choses qui m'a été le plus difficile, c'était le regard que moi, je portais sur moi-même. mais il faut vraiment essayer de s'accepter. accepter pleinement qui l'on est et à ce moment-là, le regard des autres prend beaucoup moins de place. Ça change beaucoup.
- Speaker #0
Il n'a plus autant d'impact que quand on n'accepte pas.
- Speaker #1
C'est sûr.
- Speaker #0
On a parlé ensemble d'un projet qui te tient à cœur. Celui d'aller à la rencontre de personnes amputées dans les hôpitaux, les centres de réadaptation, pour les aider à ta manière grâce à ton expérience. Pourquoi est-ce si important pour toi aujourd'hui ?
- Speaker #1
Parce qu'en fait, j'ai toujours regretté qu'aucune personne amputée ne soit venue me voir, comme je disais tout à l'heure, après mon amputation. Et je me suis promis que plus tard, j'aiderais d'autres personnes qui viennent d'être amputées. Je l'ai déjà fait, en fait, il y a quelques années. J'avais déjà aidé des personnes comme ça qui venaient d'être amputées. Mais maintenant, ce qu'il y a, c'est que c'est un diplôme qu'il faut reprendre régulièrement. Donc, j'ai décidé de repasser ce diplôme. Et je veux vraiment aller dans les hôpitaux et aider des personnes qui viennent d'être amputées. C'est quelque chose qui n'est pas facile parce qu'il y a des gens qui sont tellement découragés. Donc, en fait, il faut être formé pour savoir comment leur parler. Mais c'est quelque chose qui me tient vraiment beaucoup à cœur. Et il y a une association aussi que j'aime beaucoup. C'est une association américaine, mais ça s'appelle Lymkine Foundation. Ils font des prothèses pour des enfants amputés du tiers-monde. C'est que des volontaires dans cette association, des prothésistes et d'autres volontaires.
- Speaker #0
Je pourrais mettre les liens de l'association dans la description de l'épisode.
- Speaker #1
Ils font des prothèses pour eux. C'est une association qui me tient particulièrement à cœur. Ce que je veux, c'est aussi les aider dans les groupes de soutien. Ils ont besoin des fois de personnes pour aider, comme animateurs de groupe. C'est quelque chose que je souhaite faire.
- Speaker #0
C'est qu'en fait, tu deviens un peu presque parrain d'un enfant ? Ou c'est un groupe d'enfants ? Pas tout à fait. En fait,
- Speaker #1
c'est des enfants amputés. Et puis en fait, c'est animer un groupe et puis un peu voir les questions qu'ils ont, les aider, tout ça.
- Speaker #0
Toi, avec ton expérience, ton parcours ?
- Speaker #1
En fait, maintenant, je veux vraiment donner au maximum. Retransmettre, quoi. Je me dis même que là, je n'ai pas toujours le temps nécessaire parce que j'ai un travail très prenant. Mais si j'avais plus de temps, je passerais encore beaucoup plus de temps à faire ça, à vraiment aider d'autres personnes handicapées, en fait.
- Speaker #0
Quel conseil tu pourrais donner aujourd'hui à un enfant ou à un ado qui vivrait mal sa différence ?
- Speaker #1
Voilà ce que je dirais ne te soucie pas du regard des autres parce que c'est eux qui ont un problème s'ils te regardent, le plus important est que tu t'aimes tel que tu es et que tu t'acceptes, tu peux accomplir tes rêves les plus fous même si tu es une personne handicapée, être jeune aide beaucoup aussi pour se remettre d'un grave handicap voilà ce que je dirais Hum.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a un livre, un film, une œuvre qui t'a aidé ou accompagné dans ton parcours d'acceptation ?
- Speaker #1
Oui, il y en a plusieurs que j'ai lues, mais je dirais, j'en ai déjà parlé tout à l'heure, mais je dirais que le livre qui s'appelle « La chance de ma vie » de Théo Curin, ça s'appelle « La chance de ma vie, j'ai fait de ma différence une force » , mais c'est vraiment une leçon de vie extraordinaire. Ça m'a vraiment encouragée à me dépasser encore plus. J'ai eu envie de faire plus de triathlons, de faire plus de courses. en faire encore plus. Et j'ai eu envie aussi de parler de mon amputation parce que lui, il en parle. Je veux dire, il n'a pas peur d'en parler. Oui, c'est ça. Ça a débloqué quelque chose chez toi. Ça a débloqué quelque chose chez moi, oui. Et puis, le livre de Philippe Croizon, moi aussi, il a écrit plusieurs livres. Mais j'ai lu celui que j'ai décidé de vivre. Et c'est incroyable quand il m'a inspiré, enfin, je veux dire, de traverser la manche à la nage. Enfin, c'est... On ne peut même pas imaginer le défi qui s'est fixé. Et c'est quelqu'un qui est tellement positif. Et justement, ma mère aussi a... C'était mon rêve d'aller à l'avant-première. Il y a son film, malheureusement, je n'ai pas pu voir le film encore. Mais ma mère a été à l'avant-première parce que j'ai pris des places pour elle. Moi, j'aurais rêvé d'y aller. Peut-être qu'un jour, je te rencontrerai.
- Speaker #0
Je te le souhaite. De quoi tu es le plus fière aujourd'hui, Florence ?
- Speaker #1
Honnêtement, je suis fière d'avoir une vie très épanouie et d'avoir continué à assumer le grève, même si j'avais un handicap. J'ai réussi à me reconstruire et à retrouver ma soif de vivre. Je suis aussi très fière de tout ce que j'ai accompli grâce au sport, notamment les triathlons. Ça fait à peu près trois ans que je fais des triathlons, mais ce n'est pas toujours évident parce qu'il y a quand même trois disciplines. Il faut faire la natation, il faut faire le vélo. Et le changement de prothèse entre chaque. Oui, la logistique n'est non plus pas si facile que ça. Je suis obligée d'avoir quelqu'un qui m'aide. Parce que quand je nage, je n'ai pas de prothèse. Il faut que quelqu'un me redonne ma prothèse, après que quelqu'un me donne ma prothèse de course. Ça demande beaucoup de logistique. Mais en même temps, ça représente tellement. Il y a deux triathlons dont je voulais parler, mais il y en a un que j'ai fait, qui était à San Diego. C'était organisé par un organisme qui s'appelle Challenge Athletes Foundation, qui donne de l'argent à des personnes handicapées, pas forcément amputées, à toute personne handicapée qui veut faire du sport. ça leur donne de l'argent que ce soit pour des lames de carbone mais pas forcément pour ça, ça peut être pour des fauteuils roulants ça peut être pour des compétitions sportives donc ça leur donne de l'argent et donc c'est une association extraordinaire qui me tient beaucoup à coeur donc on a levé des fonds pour cette association et j'ai fait ce triathlon et c'était le seul triathlon que je faisais avec autant de personnes handicapées et c'était extraordinaire pour moi comme sentiment de me dire que il y avait autant de personnes handicapées autour de moi qui faisaient ce triathlon qu'on participait au même événement qu'on arrivait à faire, malgré notre handicap, qu'on arrivait à le faire, pour moi, c'était vraiment... C'était extraordinaire. J'en pleurais quand je suis arrivée parce que c'était mon premier grand triathlon et quand j'ai traversé la ligne d'arrivée, j'en pleurais. Pour moi, c'était un moment que j'aurais... Je pensais que ça n'allait jamais arriver et je repensais à moi quand j'avais 14 ans et je me disais, voilà, voilà ce que tu as accompli.
- Speaker #0
Et c'est quelque chose que tu avais dû préparer aussi, j'imagine, pendant de longs mois.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai que j'avais préparé pendant...
- Speaker #0
Et c'est des événements sportifs comme ça où c'est mélangé avec des personnes valides et des personnes en situation de handicap ? Oui, c'est ça. Mais là,
- Speaker #1
il y a encore plus de personnes handicapées. La dernière chose que je voulais dire, c'est que je suis fier d'être arrivé à accepter pleinement qui je suis. C'est quelque chose qui a mis beaucoup de temps et c'est pour ça que je souhaite aider d'autres personnes handicapées autant que je peux. Donc ça, c'est quelque chose qui me tient beaucoup à cœur.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu aimerais que les personnes qui nous écoutent aujourd'hui retiennent de ton témoignage ?
- Speaker #1
J'aimerais qu'elles comprennent que la différence ou le handicap ne définissent pas une personne. Nous sommes tous bien plus que ce que l'on voit extérieurement. Il ne faut pas se fixer à ce qu'on voit comme ça. En fait, on est beaucoup plus que ça. Et si mon témoignage peut transmettre quelque chose, c'est peut-être l'idée en fait... qu'il ne faut jamais abandonner, même quand le chemin paraît très long. Dieu sait qu'il y a des moments où j'avais l'impression que je n'allais jamais sortir, je ne voyais pas le bout du tunnel. Mais il ne faut jamais abandonner parce qu'on est souvent capable de beaucoup plus que ce que l'on imagine. Et une autre chose aussi, c'est qu'il faut profiter au maximum de toute la vie, de tous les moments importants parce que, je dirais qu'on ressent encore plus ça quand on a eu un accident grave.
- Speaker #0
quand on se dit il ne faut pas perdre une minute il ne faut pas perdre une minute les grands moments mais aussi tous les petits instants tous les petits instants c'est ça qui sont aussi beaucoup de bonheur tous les petits instants de la vie et puis enfin je dirais il n'y a pas de limite et continuez toujours à suivre vos rêves croire en soi et en ses rêves Florence on arrive à la fin de notre échange et au moment de la question signature du podcast avec ton parcours ton expérience les rencontres qui ont rythmé ta vie jusqu'à présent Quel message tu aimerais transmettre à la jeune fille que tu étais au moment où tu as découvert ton nouveau corps ?
- Speaker #1
Je dirais tout va bien aller, tu vas apprendre à t'aimer malgré ton handicap. Cela va prendre beaucoup de temps mais ne te décourage pas surtout. Mords dans la vie et rêve à fond car la vie est tellement belle. Essaye tous les sports que tu peux et adapte-les. Parle de ton handicap et n'aie pas peur de te montrer avec ta prothèse. On peut être sportive et montrer sa prothèse tout en étant féminine, en s'habillant bien et avoir une très belle prothèse. J'aimerais lui dire de ne pas avoir honte de sa différence, que ce corps qu'elle va devoir réapprendre à aimer sera aussi celui qui lui permettra de se dépasser, de courir, de faire du sport, de vivre des expériences incroyables et d'inspirer d'autres personnes. Il faut surtout être très positif, ne jamais perdre espoir et profiter au maximum de la vie.
- Speaker #0
Merci. Merci beaucoup.
- Speaker #1
Merci à toi.
- Speaker #0
Et enfin, quel titre tu aimerais donner à cet épisode ?
- Speaker #1
Vivre pleinement et sans limites.
- Speaker #0
Merci beaucoup, Florence, pour ta confiance, pour tout ce que tu as partagé avec nous aujourd'hui. Derrière ta démarche, il y avait vraiment cette volonté d'aider, d'offrir à d'autres ce que tu aurais aimé trouver, toi, au moment où tu en avais vraiment besoin. Et je pense que tu as réussi. Merci aussi pour ta fidélité et ton soutien depuis le début. C'était vraiment une très belle expérience et je suis heureuse de savoir que ton témoignage va aussi permettre de faire rayonner les différences aux États-Unis. Je te souhaite un très bon retour à New York et je te dis peut-être à bientôt.
- Speaker #1
Merci Audrey, merci pour tout.
- Speaker #0
Merci. Vous venez d'écouter un nouvel épisode de Différences. Merci d'avoir partagé ce moment avec nous. Si cet épisode vous a plu ou touché, n'hésitez pas à en parler autour de vous, à vous abonner sur votre plateforme d'écoute préférée, à y laisser quelques étoiles, et à nous rejoindre sur le compte Instagram @differences.media pour soutenir et faire grandir le podcast. Je vous dis à très vite, et surtout, souvenez-vous, nos différences sont nos plus grandes forces.