- Speaker #0
Pour moi, c'est qu'il faut oser, qu'il faut rêver.
- Speaker #1
Je vois qu'on a le même problème en France, dans un pays développé, et aussi au Cameroun, dans un pays en voie de développement.
- Speaker #0
C'est bien beau de sauver des vies, mais après, il faut le financer.
- Speaker #1
Sauver des vies, tout le monde est pour. Mais avant l'infarctus, avant l'AVC, avant l'urgence, qui paye pour la prévention ? L'accompagnement. Le suivi et surtout le dépistage, tout cela à un coup. Avec Jean-Vincent, on prend le temps de répondre à cette question. Comment rendre la prévention cardiovasculaire durable ? Moi, ce que je vais te poser comme question, c'était plus sur le côté extra-médical. Tu as parlé de difficultés, tu as parlé de parcours, d'obstacles. Qu'est-ce que toi, tu as rencontré et qu'est-ce qui t'a marqué dans ce parcours qui n'est pas fini ? Et comment tu peux inspirer potentiellement nos confrères médecins et dire que l'entrepreneuriat en médecine, c'est possible ?
- Speaker #0
Alors, concernant mon parcours, en fait, ça me fait rigoler parce que déjà, moi, je viens du Cameroun. Nous, en termes d'intelligence artificielle, plateforme digitale, nous, la médecine. Elle est vraiment très conservatrice, où on pratique, je dirais, comme à l'époque. Déjà pour nous, c'est difficile. Moi, mes collègues me voient un peu comme le petit sorcier qui raconte des choses, ou le petit rêveur, donc déjà. Concernant mon parcours, à moi déjà, il y a deux ans, je ne m'imaginais même pas que je pouvais écrire l'art. Même l'année dernière, je ne le pensais pas. Je le dirais, j'avais juste un rêve. Et comme je le disais, c'est une histoire personnelle. À chaque moment du style. Je pense en fait à ma maman et je me dis, au pire des cas, elle sera fière de moi que j'aurais pu essayer. Mais le parcours, il est vraiment difficile dans la mesure où nous, en tant que soignants, on sait véritablement ce qu'il faut faire. Mais après, il y a toute la composante business, la composante technologique qui représente, je dirais, un énorme défi. Après moi, mon avantage, c'est que j'ai fait une école de commerce, donc ça m'a permis justement moi d'avoir déjà certaines armes en termes de business. Et je savais où je voulais aller, je savais ce que je voulais faire. Je ne savais pas forcément comment, mais je savais où je voulais aller. Donc le parcours, il est hyper difficile. Et moi, je pense que c'est quelque chose dont j'ai manqué, mais je me suis battu à mon niveau. Je pense que la difficulté pour les soignants, c'est d'avoir véritablement quelqu'un qui ne tienne pas la main, qui connaisse les difficultés. Parce qu'un entrepreneur en médecine n'a pas les mêmes difficultés ou les mêmes réalités qu'un entrepreneur lambda. Nous, en plus de la composante business, on a encore une composante éthique. On a pas mal de choses à lier, donc c'est pas toujours évident. D'autant plus, moi, je suis même en France, je suis un immigré. Donc, pour moi, les difficultés sont encore plus difficiles. Mais le conseil que moi, j'aimerais, si moi, j'aimerais donner un conseil pour moi, c'est qu'il faut oser, qu'il faut rêver. qu'il faut juste s'entraider et se tenir par la main. Là, moi, j'ai eu un parcours assez difficile, si je le dirais, concernant mes principales difficultés. Dans un premier temps, je savais ce que je voulais faire, mais je ne savais pas comment le faire. Je n'avais pas toujours les bons outils. Après, je me suis fait accompagner. J'ai pu intégrer des associations qui, elles, m'ont donné des outils qui m'ont aidé à mieux cerner le problème, à mieux comprendre le problème. également à développer tout cet aspect business parce que c'est bien beau de sauver des vies mais après il faut le financer donc après là je me suis un peu emporté sur la question mais globalement pour moi c'est qu'il faut se faire accompagner et qu'en tant que professionnel à
- Speaker #1
s'entraider parce que encore une fois j'essaye de transmettre enfin de prendre ton histoire et de de la transposer sur mon expérience. Je suis clairement en phase avec ce que tu dis. L'idée, c'est... La phrase qui me marque, c'est c'est bien beau de sauver des vies, mais il faut le financer. Effectivement, en tout cas, nous, en France, on a grandi dans le dogme que la santé est gratuite. Et plus j'avance dans mon expérience et plus je me rends compte que ce n'est pas vrai, que ce soit un cabinet libéral, que ce soit une clinique, que ce soit un hôpital. aussi subventionnés qu'on soit. L'idée, c'est qu'à la fin de la journée, à la fin du mois ou à la fin de l'année, il faut quand même que ça soit rentable, donc du coup qu'on gagne plus d'argent que quand on en dépense pour que ça soit pérenne dans le temps. Et ça, c'est vraiment, moi, la difficulté et je suis Très content de la formation que j'ai eue en tant que médecin. Je pense avoir eu une des meilleures formations. J'étais en région parisienne parmi les plus grands professeurs, les plus grands patrons. Et j'ai eu la chance d'être à la PHP, qui est la formation, on va dire, rêvée en France. Mais par contre, tout le côté entrepreneurial, tout le côté business, tout le côté chiffre, ça, j'ai dû l'apprendre avec le temps. C'est vrai que le libéral m'a beaucoup aidé. Mais malheureusement, en fait, moi, ce que j'ai ressenti aussi, c'était le fait que l'accompagnement n'était pas assez présent. Moi, j'ai dû apprendre tout par moi-même. Après, peut-être que je n'ai pas, on va dire, toqué à ses portes. Mais je n'ai pas senti, en fait, un réseau, soit associatif, soit entrepreneurial, qui pouvait, en fait, accompagner vraiment les médecins comme nous qui souhaitons changer la médecine. à travers l'entrepreneuriat ou à travers un produit ou un service qui pourrait révolutionner, on va dire, la prise en charge des patients. Toi, tu as parlé d'associations. C'était quelles associations ? Et en fait, ils t'ont aidé à régler quels problèmes ? Dans, par exemple, dans ta plateforme, c'était le côté technologique, c'était le côté réseau, c'était ils t'ont aidé à rencontrer des personnes. Qu'est-ce qui, spécifiquement, qu'est-ce qu'ils t'ont aidé à faire ?
- Speaker #0
Bon, déjà, je veux continuer sur ce que tu disais tout à l'heure. Pour moi, en termes médicaux, que ce soit en France, que ce soit au Cameroun, je pense que la médecine actuelle, elle devrait évoluer. Moi, je l'ai dit, mon père, il est médecin. En principe, en 2026, ce n'est pas normal que mon père et moi puissions avoir encore les mêmes pratiques alors que le monde, il a évolué. Et pour moi, l'angle faible que je trouve sur la médecine telle qu'elle est pratiquée, c'est le volet business. Parce que oui, on a fait médecine pour sauver des vies. Mais après, si on n'est pas capable de mettre en valeur nos actions, de les rentabiliser dans une société où on rentabilise pas mal de choses, en réalité, on ne s'en sort pas. Et concernant le volet associatif, justement, moi j'ai intégré, dans un premier temps, j'étais étudiant, j'ai intégré le Pépite France, où justement on m'a aidé plus à clarifier mon problème, à comprendre ce que je voulais véritablement. Parce qu'il y a une différence entre vouloir savoir où aller et quel est le problème qu'on résout. Et honnêtement, après Pépite France, j'ai intégré Life for Good où véritablement c'est un accompagnement de neuf mois ou justement durant les neuf mois. Là, j'ai pu, si je le dirais, passer un cap. Et l'un des premiers conseils, Life for Good accompagne des entreprises ou des entrepreneurs à impact. Et dans l'entrepreneur à impact, le mot impact, il est très clair. Mais la première consigne, c'est d'accord, tu es entrepreneur à impact, mais comment tu fais de l'argent ? Parce qu'on ne peut pas avoir de l'impact sans faire de l'argent. Et je pense que c'est, moi, c'est quelque chose qui m'a aidé. C'est vrai que moi, globalement, ce qu'on m'a fait avoir, c'est d'accord, voilà ton projet. Comment est-ce que faire pour ramener ce projet-là ? Oui, l'impact, mais comment le mettre en valeur ? Comment le rentabiliser ? Donc, globalement, c'est ça. Bien sûr, on m'a aidé plus à cerner le projet. Pour reparler de mon idée principale, au départ, je pensais à une application intégrale d'intelligence artificielle. Pour moi, c'était du basique. Mais justement, au cours de l'accompagnement, on explore tout le volet financier, tous les aspects réglementaires, justement. On a travaillé dessus pour véritablement essayer de se rapprocher d'une solution, d'un MDP qui soit le plus minimaliste et capable d'atteindre l'objectif sollicité. Donc c'est là où on s'est rabattu sur des algorithmes un peu plus pratiques sur comment est-ce qu'on allait produire de l'argent parce que le relais principal c'est produire de l'argent. Et bon, moi en tant que médecin, pour moi je l'ai toujours su le plus, moi en tant que médecin au Cameroun. Quand je consultais un patient, pour moi, le challenge, parce que chez nous, les soins sont financés par le patient, pour moi, le challenge, c'était de faire que le patient dépense le minimum possible. Donc là, je me retrouvais dans une association où on parlait beaucoup plus d'argent. Je comprenais un peu pourquoi la vie m'avait prédisposé à parler d'argent dans ce sens-là. Mais c'était assez intéressant et c'est en ça que ces associations. Mais après, elles sont limitées parce que ce sont des associations généralistes. La santé, c'est un où on voulait vraiment... de niche, si je le dirais, où il y a d'autres challenges. C'est vrai que des initiatives commencent à fleurir en France, où on a des incubateurs tech santé, justement, ou même on a des incubateurs, dans mon cas par exemple, dédiés à la prévention, qui commencent à fleurir. Mais après, la santé, c'est un domaine à part. dans ce sens-là où on n'a pas assez d'initiatives. Et après, nous, les médecins, nous sommes assez renfermés. Malheureusement, un peu sur nous, nous pensons que toujours que nous avons la science infuse, nous mystifions certaines choses et ça rend un peu les choses complexes, malheureusement. Parce que là, moi, au début, également, parmi les choses sur lesquelles j'ai travaillé, c'était le syndrome de l'imposteur. Il y a un an, je ne pouvais pas m'imaginer discuter avec un cardiologue, par exemple. Parce que quelque part, je me disais, ce n'est pas mon niveau. Je suis un médecin généraliste. Oui, j'ai un master en santé publique. Mais le cardiologue, c'est le sommaire de la cardiologie. Mais plus j'ai bossé sur le projet, plus j'ai échangé avec des personnes. Moi-même, à un moment, la question que je me pose, là, je m'assume véritablement, si je le dirais, dans le domaine. Je me dis, oui, je suis capable de parler avec des experts. Alors que chez nous, en médecine, c'est vraiment hiérarchiser. Le généraliste, il est là, le spécialiste, il est là. Du coup, ça crée un peu des limites, à mon sens. Donc, globalement, on a travaillé sur la personne, sur le projet. C'est en ça que ces accompagnements-là étaient assez utiles et intéressants. Après, ce sont des associations essentiellement en France. Mon idée, à moi, c'est d'exporter ce savoir-faire-là en Afrique.
- Speaker #1
à chaque pour le match c'est trop bien les gens remarqueront que les gens remarqueront que j'ai souri quand t'as parlé de de les médecins sont assez renfermés et que on pense qu'on a la science infuse et aussi du syndrome de l'imposteur c'est clairement c'est clairement enfin ce que tu dis je le vis tous les jours et c'est important que tu le dises et t'as dit des choses qui sont quand même aussi contre-intuitive le côté business dans la santé. Encore une fois, je le redis, moi personnellement, j'ai 35 ans, j'ai toujours grandi comme quoi la santé devait être gratuite, que les patients ne devaient pas sortir un euro de sa poche. Je me suis rendu compte que ça, c'était plus vrai. Je ne suis même plus sûr que ça a été vrai un jour. Et en fait, je comprends cette composante où pour faire évoluer un produit, effectivement, il faut délivrer de la valeur. Quand on parle de santé, il faut effectivement délivrer de la valeur au médecin, mais le client final, entre guillemets, c'est le patient. Et si le patient à qui on a délivré beaucoup de valeur est prêt à payer, c'est là où on a gagné, où on peut scaler le produit ou scaler le service. Donc ça, je le vois tout à fait. Après, le salon de la Posteur, moi, je l'ai vécu. C'était... Là, je pense que je... J'ai passé ce syndrome. Mais il est vrai que moi, en tout cas, mon expérience, c'est que j'ai été formé pour faire médecine. Je savais comment bien soigner les gens. Mais par contre, tout le côté business, tout le côté parler avec des comptables, des financiers, des experts dans leur domaine et tout, je ne comprenais pas grand-chose. Je me disais, mais qu'est-ce que je faisais là ? Mais après, comme en médecine, j'ai dû... repartir dans ma bibliothèque ou chez moi et lire beaucoup de choses et regarder plusieurs vidéos pour pouvoir être pas expert dans tous les domaines mais surtout pouvoir en fait tenir la conversation et essayer de comprendre les termes et les jargons médicaux et extra-médicaux parce qu'au final, et je finirai sur ça c'est qu'on se doit de maîtriser toutes les facettes, bien sûr médicales parce que c'est notre expertise mais aussi toutes les facettes extra-médicales pour pouvoir Avoir un produit qui marche et qui fonctionne et qui délivre de la valeur. Et les gens, en fait, ont tendance à vraiment sous-estimer le côté extra-médical. Et enfin, voilà, c'est très important. Et c'est très important que tu le dises dans tes mots, parce qu'en fait, tu l'as très bien dit. Et je suis content qu'on vive tous les deux la même chose. Moi, il y avait aussi une facette que je voulais développer. c'était vraiment J'ai parlé de ta maman. Donc du coup, elle était entourée d'un fils médecin. Elle était entourée d'un mari médecin. Et tu dis qu'elle avait les meilleurs soins médicaux. Mais elle avait aussi accès... Enfin, apparemment, de ce que j'ai compris, l'argent n'était pas un problème. Ce n'est pas sur le versant économique. Mais par contre, c'était sur le versant technologique et sur le versant innovation. où vous, vous n'aviez pas accès à cette information. Et moi, ma question, c'est, maintenant que tu es en plein dedans et ce que tu as vécu il y a deux ans, ou en tout cas toutes les années où tu as accompagné ta maman, qu'est-ce que tu penses qu'il faut... qui changent pour pouvoir que le Cameroun ou tous les pays d'Afrique noire puissent avoir accès à cette information, autant que les pays développés ou les pays européens ou les pays américains ?
- Speaker #0
Alors, pour moi déjà, pour avoir accès à l'information, déjà on est conscient, pour être conscient d'un problème, il faut savoir qu'il existe. La réalité, c'est que nous, on ne savait même pas que... C'était un réel problème. On savait qu'elle avait des comorbidités, qu'elle avait des difficultés à gérer, mais on ne savait pas quoi faire en réalité. Donc déjà, il faudrait qu'on soit conscient. Moi, je pense que pour que l'Afrique se réveille, c'est aussi simple que ça. Il faut un échange entre les Africains et, par exemple, la France ou l'Occident. Moi, il y a deux ans, je ne savais pas tout ce que je sais actuellement. C'est juste deux années en France où j'ai été émerveillée, où je suis un peu tombée amoureuse. de tout ce que la France avait à proposer. Et oui, pour moi, mon premier défi, c'est comment leur appâtrer. Et la réalité, c'est que moi, quand j'ai atterri en France, je me disais, une année, deux années, après, je rentre. L'année dernière, je disais, je lance ma boîte et je rentre. Mais actuellement, je suis plus dans une logique où je suis en France, j'y reste, mais je rentre. Parce que je ne peux pas rentrer. Si je rentre, on a une telle évolution. Il y a de cela deux mois, par exemple, en termes d'intelligence artificielle, on avait Gemini. Là, actuellement, c'est Claude qui est le leader dans le marché. Chez nous, au Cameroun, par exemple, nous, on est encore bloqué. À Tchad-GPT ou Claude-Gémini, non, parce qu'on ne sait pas que ça existe, mais on ne voit pas la pertinence. C'est ici, par exemple, qu'on voit la pertinence. Et le problème, c'est que l'Africain ne devrait pas être renfermé, mais on devrait être plus ouvert, plus en échange de compétences, de savoir-faire, de procéder. Moi, il y a quoi ? La semaine... Il y a deux semaines, j'ai fait cinq jours à la PHP, la division partenariat. Moi, je ne savais pas que ça existait au Cameroun, mais une fois que je suis arrivé, je me suis rendu compte que ça existait au Cameroun. J'ai vu une façon de faire qui était différente de la nôtre. Ça m'a permis d'améliorer. Parce que le problème chez nous en Afrique, c'est qu'on est plus renfermé, on n'a pas véritablement accès au savoir. Le savoir, il est européen, les innovations sont européennes et les innovations se limitent à l'Europe, malheureusement. Chez nous en Afrique, on est un peu laissé. Du coup, on est obligé de se débrouiller un peu avec ce qu'on a. Et avec nos moyens limités, ça produit l'effet que ça donne. Pour moi, je pense qu'il faudrait plus aller dans une logique d'échange. Moi, là, je prévois rentrer au Cameroun. C'est vrai que je prévois rentrer entre la France et le Cameroun, parce que justement, je pense que j'ai encore pas mal de choses à apprendre. Mais également au Cameroun, l'idée pour moi, c'est... Je réfléchis à la forme, soit dans l'éducation ou au réaliser des masterclass. Je ne sais pas encore comment je vais le proposer, mais je pense que l'Africain, les jeunes Africains et surtout les jeunes médecins ont besoin d'accompagnement. Il y a des idées, parfois des idées où on pense que ce n'est pas possible, alors qu'elles sont possibles. justement il faut des personnes pour montrer que c'est possible pour donner les moyens à ces personnes là pour qu'elles puissent accomplir pour qu'elles puissent réaliser leurs rêves et pourquoi pas dans je sais pas moi quelques années les grands pays. Donc, pour moi, c'est véritablement ça. Il y a un rôle d'accompagnement, il y a un rôle de coaching qu'il faudrait faire et d'échange de bons procédés entre l'Africain et l'Europe. Donc,
- Speaker #1
un échange, en fait, tu te considères, enfin, tu vas te considérer comme un mentor, en fait, pour, en fait, entre guillemets, diffuser la bonne parole et dire que c'est possible. qu'il faut savoir réaliser ses rêves et leur dire que dans le continent européen, dans le continent américain, il existe des choses qui sont accessibles pour nous. Et donc, du coup, on devrait tout faire pour y avoir accès et pouvoir développer aussi nos propres solutions ou nos propres produits pour notre population. C'est ça le rôle que tu te vois dans le futur.
- Speaker #0
Oui, moi j'ai fait au Cameroun la plus grande faculté de médecine du pays, mais je n'étais pas parmi les étudiants les plus brillants. Donc pour moi, mon idée c'est de dire, si même moi qui n'étais pas parmi les plus brillants, j'ai pu réaliser ça. Imaginez ce que vous pouvez faire. Donc pour moi, mon rôle à travers ma plateforme, c'est avant tout d'inspirer aussi des personnes que c'est possible. En développant un produit, c'est possible de sauver des vies. Parce que moi actuellement, tout le monde me dit, tu as abandonné la médecine. Je dis non, je n'ai pas abandonné la médecine. Via ma plateforme, je vais sauver des vies. Via ma plateforme, je vais faire de la valeur. Je vais permettre à certaines personnes de sortir du chômage, d'avoir plus de revenus. Je vais même contribuer au développement de mon pays, voire de la sous-région et peut-être même du continent parce que l'idée, c'est de s'implanter un peu partout. À travers cela, montrer que c'est possible et ceux qui ont des idées ou ceux qui veulent faire comme moi, de tenir dans la main du mieux que je pourrais justement pour donner les exemples pour qu'ils puissent développer ce genre d'initiative. Peut-être que ma plateforme sera un flop, mais je voudrais au moins ce qui est concrétisé via mon action, de concrétiser justement à ce que d'autres personnes puissent se lancer, quitte à ce que si moi j'échoue, s'il y a d'autres personnes qui réussissent, pour moi ce serait une fierté. Pour moi et ma maman, c'est une fierté de savoir qu'on a inspiré ces personnes-là. Grâce à nous, ils ont pu atteindre le sommet. J'essaie vraiment de ne pas être très égoïste, mais de me mettre vraiment au service de ceux qui ont le plus besoin pour les aider à concrétiser ou à réaliser leurs rêves. Donc, globalement, c'est ça.
- Speaker #1
J'adore ce que tu dis. Au départ, j'adore ce que tu dis parce que... Moi, j'ai ce discours le plus souvent avec mes équipes. Mais moi, ce que je dis, par exemple, c'est que la médecine change. Et effectivement, par exemple, Doctolib, qui est la plateforme en France, je pense a sauvé plus de vies que n'importe quel médecin en France et dans le monde. si jamais on pense il y a 20 ans Doctissimo avec le docteur Laurent Alexandre qui l'a créé je pense qu'il a sauvé plus de vies que n'importe quel médecin en France et donc du coup là on a un shift de la médecine c'est effectivement les gens pensent que être enfin moi ma mission c'était de sauver des vies je suis d'accord j'ai fait médecine c'était pour sauver des vies et en fait il y a des milliards de manières de sauver des vies On peut le faire effectivement dans son cabinet avec une consultation. Mais c'est là où tu as le, en tout cas, je considère avoir le moins d'impact. Et effectivement, tu as parlé d'impact en début de podcast. Moi, ce que je voulais, c'est d'avoir le plus d'impact possible. Et en fait, je me rends compte qu'avec la technologie, avec l'avènement de l'intelligence artificielle, tu as parlé de Gemini, tu as parlé de Jadjepeté, tu as parlé de Cloud, tu as parlé de toutes ces plateformes qui florissent avec une vague énorme. C'est effectivement avec ce genre de plateforme qu'on va avoir de l'impact. pour pouvoir sauver le maximum de personnes possibles. Et il y a 20 ans, c'était Doctissimo avec Laurent Alexandre. Il y a 10 ans, en 2016, 2013, je crois, c'était Stanislas de Château avec Doctolib. Et là, je pense que dans 2020-2026, il va y avoir plusieurs plateformes qui vont arriver. Ce sera peut-être la tienne, ce sera peut-être la mienne, ce sera peut-être les deux, ce sera peut-être aucune des deux. Mais au moment où je suis d'accord qu'il y a un shift de la médecine qui est en train d'arriver. Donc c'est vraiment très intéressant ce que tu dis. Moi, il y avait une question aussi que je voulais te poser, c'était concernant l'intelligence artificielle. Pour avoir de l'intelligence artificielle, il faut plusieurs choses. Donc il faut effectivement les outils technologiques, mais il faut aussi la donnée, la donnée médicale. Toi, qu'est-ce que tu en penses ? Comment ça se passe en Afrique ? Est-ce qu'on a accès à ce genre d'outils ? Est-ce qu'on a accès à ce genre de données médicales ? Qui est-ce qui veut tout ? Qui est-ce qui veut toutes les données médicales d'Afrique ? Comment ça se passe qu'il y a un écosystème ? Est-ce qu'il n'y a rien du tout ? Est-ce que tu peux nous dire un peu ce qui se passe ?
- Speaker #0
Alors, concernant l'Afrique, c'est super grand. Je vais d'abord me limiter au Cameroun, où je connais un peu plus. Le Cameroun, en termes de données, on a un réel problème. Déjà, les données ne sont pas numérisées. Donc, c'est essentiellement encore du papier. Donc, déjà, ça limite un certain nombre de choses. et la qualité des données n'y est pas. Là, on est en train d'enclencher vraiment progressivement et assez lentement la numérisation des services et la numérisation des données. Ça prend du temps. Donc, en termes de données, au Cameroun, on est assez limité. Donc, de l'intelligence artificielle, il faut des données. C'est la matière première. Mais le Cameroun n'a pas de données. Et en termes de sécurisation même, on a des données qu'on pourrait produire malgré ce contexte limité. D'un point de vue législatif, c'est encore assez faible, dans la mesure où l'arsenal législatif français-européen en général est assez poussé. Au Cameroun, ce ne sont pas vraiment des préoccupations du moment. Ce n'est pas prioritaire. Parce que, comme je le disais, on a des regards assez différents. C'est ce que je disais tout à l'heure, où l'Europe a un regard un peu plus avancé, et justement le Camerounais, c'est tout à fait normal. pour un professionnel lambda, il voit pas la pertinence des données. Moi-même, il y a un ou deux ans, j'avais pas de souci avec ça. Mais après avoir essayé de faire le tour, je connais la pertinence des données, je connais même le pouvoir des données. Donc là... D'un point de vue législatif, c'est assez limité et on est assez libre. Nous, dans le développement de notre plateforme, par exemple, quand on a fait une étude de marché, un mini-sondage ici en Europe, ici en France, les questions qui revenaient le plus, c'était autour de la sécurisation des données, de la gestion des données collectées. Au Cameroun, je suis près de 400 personnes testées. Honnêtement, on n'a pas eu ce retour-là. C'est d'ailleurs ce qui nous a confortés sur l'idée de développer vraiment un produit adapté aux réalités européennes, parce que pour nous, le plus important, c'est d'avoir une solution robuste, avant tout internationale, mais également robuste. Donc, le défi des données est assez limité. Là, je vois les États-Unis qui sont justement en train de se positionner sur ce sujet-là, où en termes de gestion des données, nous sommes assez limités. Nous, comme on n'en voit pas encore assez la pertinence. probablement dans des années futures, mais en termes de protection, de sécurisation, c'est assez limité. Et après, on ne peut pas avoir d'intelligence artificielle parce qu'on n'a pas de données de qualité. Donc, ça fait également partie de nos challenges à nous, déjà d'avoir au moins une banque de données qui pourrait, je ne sais pas moi, dans quelques années, être capable de développer une intelligence artificielle. Mais là, on n'a pas de données accessibles au Cameroun et c'est assez... complexe. En termes de sécurisation des données, l'arsenal législatif est également limité. Et même la question n'est pas encore au-devant de la scène, comme par exemple ce serait le cas ici en Europe. Donc, globalement, c'est ça.
- Speaker #1
Ok, très clair. J'ai bien compris. On a fait un bon tour. Est-ce qu'il y a des choses ou des questions que je ne t'ai pas posées que tu aurais aimé que je te pose ? et auxquelles tu veux répondre ?
- Speaker #0
Pour moi, déjà, la question principale, et là, je le comprends, je suis en face d'un médecin, je trouve qu'on n'a pas abordé assez l'aspect business. Parce que comme toi également, tu es entrepreneur, moi, je suis entrepreneur. Pas mal de personnes vont également aborder cet aspect business. Et je pense que c'est ce qui plombe un peu les différentes initiatives. Parce que moi, en tant que médecin, quand je pensais aux problèmes, je pensais santé, sauver des vies, d'accord. Mais après, il y a tout le côté business. Comment tu fais pour renumérer ta plateforme, d'accord ? Si toi, tu vas en vivre, comment tu te renumères ? Donc, il y a tout un aspect revenu qui n'est pas vraiment abordé et qui n'était pas abordé par moi au départ. Et c'est également, c'était l'aspect principal, justement, que j'ai recouvert dans les associations. Il fallait définir un business model. Nous, pour parler de mon cas présent, l'idée, c'était dès le mois de mars, de janvier, de lancer une phase pilote. Et nous, on se disait commercialisation au plus tard, trois mois plus tard. Donc, on se disait mars, avril, on devait lancer dans la commercialisation. Mais là, le premier test, c'est assez intéressant. On avait pas mal d'engouement. Mais après, la difficulté suivante, c'était comment est-ce qu'il fallait faire pour payer l'accompagnement. Parce qu'on a un volet où on permet dans un premier temps à la personne de savoir comment va son cœur, quelles sont les premières recommandations, un parcours de soins personnalisés, une mise en relation. Mais là, il y a toute la partie accompagnement sur six mois, où justement il était question d'accompagner la personne de manière à ce qu'elle puisse mettre en place toutes ses recommandations. Et qu'au bout de six mois, on le laisse en parfaite autonomie pour que là, on se dit que c'est un accompagnement durable. Au bout de six mois, elle est autonome. Et puis, c'est terminé. Mais là, la difficulté, c'était d'accord, mais qui paye ? Et j'avoue, c'est un peu là où on a eu le frein sur la première phase, parce que justement, pour en plancher sur les accompagnements, on a booké. Donc là, il était question de repenser le business. Et là, nous, on part plus sur une approche gratuite pour le patient et payée essentiellement par son assurance ou son entreprise. Donc là, on va se positionner plus sur le volet santé au travail, où justement on va proposer nos services, nos plateformes pour les entreprises, beaucoup plus dans un premier temps européen implanté en Afrique. Pourquoi européen implanté en Afrique ? Parce que ce sont des entreprises qui ont déjà la culture de la santé au travail, qui ont des services qui sont présents ici en France, qui ne se retrouvent pas en Afrique. Ce qui fait au sein des entreprises une prévention à deux niveaux. Là, c'est une parenthèse. Moi, quand je me lançais, je pensais que la maladie cardiovasculaire, c'était une priorité africaine. En faisant le tour, je me suis rendu compte que la priorité, elle est également française. Elle est tellement française qu'au mois d'avril, l'Assemblée nationale a légiféré sur... Du moins, elle a été votée à l'unanimité à l'Assemblée. Ça doit passer une loi pour accélérer la prévention et le dépistage des maladies cardiovasculaires en entreprise. Donc, nous, on s'est dit d'accord. on va s'engouffrer dans cette opportunité législative-là et justement proposer à ces entreprises qui sont présentes en France et en Afrique un programme pour les salariés en Afrique en disant « D'accord, vous avez des salariés africains, on a même des Français en Afrique, pourquoi offrir des programmes de prévention en Afrique, en Europe et en Zofo même en Afrique ? » Alors qu'on a des mêmes salariés, on a pratiquement le même budget. Donc nous, on espère se positionner là et justement là. Nous sommes en train d'engager des discussions pour identifier déjà des boîtes qui pourraient être intéressées par ces services-là. Donc là, c'est tout l'aspect business. Après, on a également l'aspect associatif où on compte également, parallèlement, continuer à bosser avec nos associations qui, elles, auront accès gratuit à nos plateformes pour les plus vulnérables ou selon les revenus, on pourra voir comment subventionner. Mais là, c'est pour démontrer un peu comment, d'un point de vue business, Mon projet, en fait, il est mort au mois de janvier parce qu'on était bloqué à la phase la plus rentable. On ne devait que être capable de payer nos équipes, on était bloqué. Là, il a fallu vraiment essayer de repenser nos business, repenser la stratégie. Là, nous, on partait plus sur une stratégie communautaire, là, on se positionne plus sur une stratégie santé au travail, où on pense d'ailleurs qu'on aura pas mal d'opportunités, où ce sera assez intéressant. Et je pense que c'est ça le principal frein. Un entrepreneur, oui, il faut penser santé, mais il faut penser à rentable business. À qui je vends, qui va payer.
- Speaker #1
Alors, je suis archi d'accord. Encore une fois, ce que tu dis, en fait, je l'ai vécu. C'est, je pense, le nerf de la guerre. Je l'avais, j'ai touché deux mots en milieu de podcast, mais effectivement, c'est quand tu délivres de la valeur. encore plus dans la santé, c'est qui va payer. Et tu l'as dit, il y a soit les médecins, et c'est globalement le modèle de Doctolib, soit les patients, et globalement, ça c'est des modèles plutôt d'objets connectés type Whoop, type Oura, type Aidsleep, tous ces devices qui mesurent vos données de santé et tout. Et après, t'as, ok, le côté entreprise avec tout ce qui est assureur mutuel et ça c'est nous en France il y a Alan qui est très bien implanté sur le côté mutuel qui fait un boulot clairement trop bien, moi c'est ma mutuelle entreprise c'est ma mutuelle perso, mais effectivement c'est le nerf de la guerre c'est qui paye et après tu as dit que sur le côté en fait il y a aussi un problème c'est comment se payer soi-même, comment payer ses équipes, moi si je peux toucher deux mots quand Quand j'étais avec Passion First, avec mon pote Charles, moi, dans l'entreprise, dans l'aventure, j'ai, entre guillemets, j'ai énormément appris. Ça a été vraiment la fondation où j'ai vraiment fait mon MBA, on va dire, mon côté cours entrepreneurial. J'ai perdu plusieurs dizaines de milliers d'euros, voire centaines de milliers d'euros. Mais au moins, ça m'a permis de comprendre tous ces problèmes et de dire, en fait, que si jamais tu es une plateforme, En fait, tu dois pouvoir rémunérer tes équipes et tu dois pouvoir te rémunérer toi et tu dois pouvoir savoir qui doit payer. Et en fait, moi, là, mon modèle, tu ne me l'as pas posé, mais je vais quand même le dire, c'est que j'ai la chance d'être médecin spécialiste et j'ai la chance, on va dire, entre guillemets, de ne pas beaucoup aimer les vacances. Et en fait, tout ce que je gagne, j'essaie de le réinvestir dans effectivement un tout côté entrepreneurial, de pouvoir créer des choses. Et en fait... je me suis rendu compte que c'était long ça c'est ce que les gens aussi sous-estiment c'est que les gens pensent que créer un software créer un logiciel, créer une plateforme ça prend deux mois et après tu vas la mettre sur le marché tu vas avoir un million de prospects et tout le monde va payer alors qu'en fait ça prend des mois, ça prend des années pour pouvoir trouver le bon business model pour pouvoir trouver le bon MVP et c'est ça qui est dur en fait c'est vraiment le côté tenir sur la durée, pouvoir avoir les finances euh solide pour pouvoir tenir sur la durée. Moi, je sais que j'ai la chance de bien m'en sortir sur le côté investissement autre, où j'ai gagné pas mal d'argent parce que j'aime bien le côté entrepreneurial, j'aime bien le côté business. Mais par contre, je sais que si jamais je fais cette aventure entrepreneuriale dans la santé, ça va prendre du temps, j'y vais cramer pas mal d'argent, mais au final, j'aurai soit appris des choses, et c'est là où je te rejoins, ou soit j'aurai inspiré d'autres personnes pour créer des choses dans la santé, et je sais qu'à terme, ce sera les patients qui vont en profiter pour être en meilleure santé. Donc moi, c'est ça qui me fait lever tous les jours, et c'est ça qui me drive. Donc c'est cool, j'adore vraiment ce que tu dis. Je raisonne totalement avec ce que tu dis.
- Speaker #0
Et comme je disais, c'est vrai que ta plateforme n'a pas marché, mais elle fait partie des plateformes qui nous ont inspiré pour le développement de la nôtre. Comme quoi, quelque part, c'est également un succès. Donc, je partage.
- Speaker #1
Ça me fait tellement plaisir. Ça me fait tellement plaisir.
- Speaker #0
Je l'aime encore. Parce que de toute façon, en plus,
- Speaker #1
on a... Ouais, ouais. Bah du coup, nous, on l'a killé parce que du coup, avec Charles, on a pris des chemins différents et tout. Je m'entends toujours très bien. C'est toujours mon pote, bien sûr. D'ailleurs, je le remercie tellement d'avoir accepté de faire cette entreprise avec moi. Mais effectivement, en fait, les gens ne se rendent pas compte du pouvoir. Enfin, moi, ce que j'appelle des seconds effets d'une aventure entrepreneuriale ou même d'une aventure associative et tout, il y aura toujours un impact, même s'il est... pas financier, même si on n'a pas réussi, ça va inspirer d'autres personnes. Moi, ça a permis de prendre en charge plusieurs centaines de patients. J'ai encore des retours plutôt positifs. Et en fait, surtout, moi, ça m'a appris à connaître tout cet environnement, tout cet écosystème, pouvoir, en fait, me servir de tout ce que j'ai appris dans ma deuxième entreprise. Et là, en fait, je sais que j'ai fait des milliers d'erreurs, et ces milliers d'erreurs, je ne les ai pas refaites avec ma nouvelle équipe. Et là, on est en fait sur une phase où, encore une fois, ça prend du temps. On essaie de créer des choses. On essaie de tout valider sur le côté sécurité, sur le côté données, sur le côté RGPD. Et tout ça, en fait, moi, je n'avais pas cette notion avant. Et maintenant que je les ai, en fait, ça nous permet d'avoir des très bonnes fondations pour pouvoir après, je l'espère, décoller par la suite et sauver le maximum de patients. Donc effectivement, le côté business, il est clairement sous-estimé. Mais c'est important. T'en parles comme ça parce qu'il y a le médical, mais il y a aussi le côté entrepreneuriat. Et ce que les gens ne comprennent pas assez, c'est qu'effectivement, à la fin de la journée, il faut gagner plus d'argent que ton dépenseur. C'est le nerf de l'État.
- Speaker #0
Ah oui. On ne peut pas avoir des potes sans argent. C'est une certitude. Ça ne sert à rien. Si tu ne crées pas de la valeur, réellement, ça ne sert à rien. Moi, quand je discute avec des personnes, je me dis, je vais sauver tellement de vies. Je me dis, ne soyez pas surpris que j'ai un prix Nobel. Parce que d'emblée, là, on se dit, là, on est à 400 personnes. Mais dès la seconde, en septembre, quand on va lancer, l'idée, c'est d'obtenir, franchir rapidement la barre des 1 000 personnes. Donc déjà, si au bout de cinq années, on a 5 000 personnes qu'on aurait pu sauver, moi, je pense que c'est pas mal pour avoir un prix Nobel de la Samedi. Même comme je ne sais pas si ça existe. Parce que ce qu'il faut leur dire, c'est que c'est mal. La réalité de la santé, c'est que le meilleur aspect, si on veut développer la santé, c'est la prévention. Le curatif, c'est quand tout est échoué. Et on investit plus sur le curatif au lieu d'investir sur le préventif, alors que le préventif, lui, il est plus rentable. Du coup, nous, les boîtes qui nous positionnons un peu sur le préventif, nous avons des difficultés, d'une part, à avoir accès au financement, et même... à être rentable alors qu'en réalité, moi je suis médecin, moi quand je consulte un patient, pour moi la priorité c'est de ne plus jamais le revoir. Si je le revois, c'est qu'il a échoué. Pourquoi investir, nous on a le paludisme par exemple, pourquoi investir sur, je ne sais pas moi, le traitement gratuit alors qu'on pourrait investir sur des aspects préventifs qui ne vont pas se limiter à une plus-value sur la santé de la personne mais qui auront une plus-value sur sa santé globale. Mais ce sont des choses assez compliquées où malheureusement les politiques n'investissent plus sur le curatif. Ça, c'est le cas au Cameroun. En France, c'est vrai que ça craint de bouger sur le volet préventif. Donc nous, vraiment, les startups dans le préventif, nous avons des difficultés en termes de business. Une entreprise, là, on va discuter avec une entreprise, on va lui présenter l'aspect bénéfique d'investir sur la prévention. Oui, mais bon, par contre, la même boîte, quand il faudrait investir sur un AVC ou alors sur une complication de maladie cardiovasculaire, non seulement les chiffres sortent, et même la façon de sortir l'agent, si je le dirais, est différente. Ça, ce sont un peu les réalités du marché, du business.
- Speaker #1
Je suis d'accord. La culture de la prévention, effectivement, elle n'est pas assez développée. Moi, c'est ce que j'appelle la médecine 3.0. Effectivement, on a été très bons sur le côté curatif et on est encore très bons. On a fait d'énormes progrès. Le taux de mortalité des infarctus a diminué, même si la maladie cardiovasculaire reste la première cause de mortalité. Mais ça, c'est une question de volume. Mais le curatif a tellement évolué, mais le préventif est encore... Enfin, on est encore très tôt. Et je pense qu'il y a tout à faire. Et je pense que, je l'ai bien décrit, c'est que le modèle économique de la prévention, je pense, n'a pas été encore bien établi. Et on est tous en train de tâtonner pour savoir exactement comment se faire financer, comment la valeur qu'on délivre via la prévention, comment les gens peuvent y avoir accès, comment on peut trouver un écosystème où tout le monde est gagnant, où le patient est gagnant, où le gouvernement est gagnant, où le médecin est gagnant, où les entreprises sont gagnantes. Mais je pense qu'on va y arriver parce que ça va être le futur, clairement. En tout cas, j'ai été ravi de faire cette discussion. Honnêtement, je pense qu'on va garder contact parce que j'ai adoré ta manière de penser, ton état d'esprit. J'espère vraiment que ta plateforme va grossir. J'espère que tu vas pouvoir sauver énormément de vies. Pour tous ceux qui nous ont écoutés, merci. Moi, c'est ce genre de discussion que je veux avoir pendant l'année à venir. C'est vous présenter des entrepreneurs, des médecins ou des patients ou des gens qui œuvrent dans la prévention cardiovasculaire, dans la prévention tout court. Essayez que vous ayez une meilleure santé, donc c'est cool. Si jamais vous avez aimé ce genre d'épisode, n'hésitez pas à le partager. Si jamais vous avez aimé... likez, dites-le. Et sinon, je vous retrouve pour le prochain épisode. Merci à toi, Jean-Vincent, en tout cas. Tu as le droit de vous mettre à la fin avant de dire au revoir à tout le monde.
- Speaker #0
Alors, pour mon mot de la fin, pour moi, mon principal objectif au-delà de ma plateforme, c'est dans un premier temps d'essayer soit de fédérer, soit de faire partie d'une fédération justement d'acteurs santé qui vont oeuvrer pour l'amélioration de la santé des personnes. que ce soit en France, que ce soit en Afrique, peu importe, mais beaucoup plus de personnes générales. Moi, je suis médecin et on a fait médecine avant tout pour le soin. Et moi, ce qui me marque le plus, je trouve cela injuste que certaines personnes aient atteint une qualité de soin et d'autres non. Donc, pour moi, c'est un peu ce qui me guide, ce qui me motive à me lever chaque matin, à me dire je ne le fais pas pour moi. C'est vrai que je parle beaucoup de business, d'argent, mais je ne le fais pas pour le business. Mais c'est pour ces personnes-là qui, elles, sont dans une situation où elles n'ont pas les moyens, elles n'ont pas en réalité d'autres moyens. Elles ne comptent que sur nous et c'est à nous de développer ça, à nous les acteurs, à travers ce genre d'échange-là, ce genre de procédés, ce genre d'inspiration. Aujourd'hui, c'est vrai que c'était moi l'invité, mais pour moi, il y a quelques mois, c'est toi et ta plateforme qui m'avaient indirectement inspiré, qui m'avaient indirectement guidé, justement, dans la solution. dans ce que je voulais dans ma plateforme. Et j'espère vraiment que je pourrais guider d'autres personnes à dire que c'est possible. Moi, je suis un médecin, comme on est. Je suis en France depuis juste deux ans. Si moi, en deux ans, je suis capable de faire ce genre de choses, alors je suis convaincu, je suis sûr qu'il y a pas mal d'idées, pas mal de personnes qui ont des choses en tête, qui se disent que ce n'est pas possible. Mais en réalité, c'est possible. Il suffit juste de se faire accompagner ou du moins de savoir à quelle porte ouvrir. C'est en cela que je trouve que ton expérience est intéressante. De pouvoir discuter comme ça entre professionnels, d'échanger, de préciser des bons concepts qui permettent à ces personnes de se dire, oui, c'est possible.
- Speaker #1
Avec plaisir. Avec plaisir, Jean-François. C'était une belle phrase de fin. Merci à toi. À bientôt. Et au revoir à tous. Salut. Ce que je retiens de cet échange... C'est qu'une bonne idée médicale ne suffit pas. Pour changer la prévention cardiovasculaire, il faut bien sûr des soignants, des outils et des données, mais surtout un modèle durable dans le temps. Donc, la question est simple. Qui paye la prévention cardiovasculaire ? L'État ? Le patient ? L'assurance maladie ? L'entreprise ? Ou un modèle mixte ? Si vous avez une idée, n'hésitez pas à la partager en commentaire. Et si ce type de discussion vous intéresse, abonnez-vous sur Drakkardo.