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Du Grand Art

Les Ɠuvres d'art les plus dangereuses au Monde !

Les Ɠuvres d'art les plus dangereuses au Monde !

09min |26/05/2025
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09min |26/05/2025
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Description

🎹 Et si certaines Ɠuvres d’art Ă©taient mortelles ?
Au-delĂ  des galeries dorĂ©es et des coups de pinceau gĂ©niaux, l’histoire de l’art cache une face bien plus sombre
 Celle des pigments toxiques, des tableaux empoisonnĂ©s, des sculptures brĂ»lantes — et parfois, des secrets enfouis dans la chair des morts.

Dans cet Ă©pisode, je vous emmĂšne dans un voyage au cƓur des couleurs les plus dangereuses de l’histoire, entre science, folie, scandale et fascination.
De l’atelier d’un peintre Ă  la chambre d’un maĂźtre torturĂ©, en passant par les places publiques oĂč l’art aveugle – littĂ©ralement – ce rĂ©cit vous plonge dans les coulisses mĂ©connues de la crĂ©ation artistique, lĂ  oĂč beautĂ© et pĂ©ril ne font qu’un.

Vous pensez connaĂźtre l’art ? Attendez d’en dĂ©couvrir les ingrĂ©dients.
Un Ă©pisode aussi esthĂ©tique qu'inquiĂ©tant, oĂč chaque dĂ©tail, chaque pigment, chaque reflet, soulĂšve une question brĂ»lante : jusqu’oĂč l’artiste peut-il aller pour crĂ©er ? Et surtout
 Ă  quel prix ?


📱Les anecdotes Du Grand Art vous plaisent ?

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  • Noter le podcast⭐⭐⭐⭐⭐

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  • Le partager autour de vous đŸ—Łïž



Merci pour votre écoute, et à la semaine prochaine pour une nouvelle anecdote croustillante sur l'histoire de l'Art et du design !


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bonjour et bienvenue dans ce nouvel Ă©pisode du podcast du grand art, le podcast qui s'intĂ©resse aux petites histoires qui ont fait la grande. Ici, la plupart du temps, on se retrouve pour parler d'Ɠuvres d'art qui nous transportent, qui nous font nous sentir vivants. Mais si l'art est si puissant qu'il peut ajouter de la vie Ă  absolument tout, est-ce qu'il est aussi capable ? de nous ĂŽter la vie ? Vous avez dĂ©jĂ  lu le portrait de Dorian Gray ? On pourrait trĂšs bien imaginer que des Ɠuvres d'art soient dangereuses, voire meurtriĂšres. Il paraĂźt d'ailleurs qu'un tableau maudit circule sur IbrĂ© depuis deux dĂ©cennies et hante chacun de ses acquĂ©reurs. Ça vous intrigue ? Ça tombe bien, c'est notre anecdote du jour, les Ɠuvres d'art les plus dangereuses au monde. Nous sommes en 1859 Ă  Schweinfurt, une petite ville industrielle d'Allemagne. Un ouvrier penchĂ© sur une grande bassine de cuivre remue lentement un liquide vert Ă©meraude. À cĂŽtĂ© de lui, un peintre prĂ©lĂšve avec prĂ©caution une pĂąte pigmentĂ©e qu'il Ă©talera bientĂŽt sur ses poils. Et oui, dans cette ville, on produit l'un des pigments les plus prisĂ©s d'Europe, le vert de Paris, qui ressemble un peu au vert Ă©meraude. Un vert Ă©clatant, presque irrĂ©el, qu'on retrouve sur les robes des Ă©lĂ©gants, les papiers peints des salons bourgeois et mĂȘme dans les tableaux de CĂ©zanne ou Van Gogh. Ce que ni l'ouvrier ni le peintre ne savent encore, c'est que cette couleur magnifique est un poison lent. En fait, le vert de Paris ou vert de Schweinfurt doit sa couleur exceptionnelle Ă  des composants lourdement optiques. Il est obtenu, entre autres, en mĂ©langeant des dissolutions d'acĂ©tate de cuivre bibasique et d'acide arsĂ©nieux. En bref, c'est de l'arsĂ©nique. Parce que oui, si vous avez Ă©coutĂ© l'Ă©pisode numĂ©ro 5, vous savez que dans les annĂ©es 1850, on a encore beaucoup de mal Ă  fabriquer des colorants en labo et sans danger. À mon avis, si on continue comme ça, l'avenir sera trĂšs mauvais. Et il vaudra peut-ĂȘtre mĂȘme plus la peine d'ĂȘtre vĂ©cu. Or, ce vert est alors trĂšs populaire. Si vous voulez voir Ă  quoi il ressemble, c'est la couleur principale du tableau de Van Gogh intitulĂ© « Autoportrait » dĂ©diĂ© Ă  Paul Gauguin. Cette couleur est si dangereuse que la toucher et l'inhaler peuvent vous dĂ©truire la santĂ©. Si elle est encore utilisĂ©e de nos jours, c'est souvent pour d'autres objectifs. Empoisonner les nuisibles ou fabriquer des feux d'artifice de couleur bleue. Et ce n'est pas la seule couleur mortelle que les peintres cĂ©lĂšbres ont utilisĂ©e. Remontons rapidement le temps pour nous retrouver en 1792 Ă  Cadix, en Andalouie. Dans sa chambre, Goya, Pachanta Alain, Francisco, 46 ans, se lĂšvent difficilement. Depuis plusieurs semaines, il est victime de violents maux de tĂȘte, d'acouphĂšnes lancinants et de vertiges. Son nom dĂ©cline jour aprĂšs jour. TrĂšs rapidement, il n'entend plus rien. Son corps le trahit sans que les mĂ©decins ne comprennent pourquoi. NausĂ©es, vomissements, diarrhĂ©es, tachycardie, et pour finir, hypertension artĂ©rielle provoquant l'arrĂȘt cardiaque. On parle de syphilis, d'hypertension, de troubles nerveux, mais aucune explication ne tient vraiment de nous. Ce que personne n'imagine Ă  l'Ă©poque, c'est que la source de sa lente agonie pourrait bien venir de ses pinceaux. Car Goya, comme beaucoup d'artistes de son temps, utilise le blanc de plomb, un pigment rĂ©prisĂ© pour sa couvrance parfaite. Il l'applique, le respire, le manipule chaque jour, sans savoir qu'il s'agit d'un toxique puissant qui peut provoquer des troubles neurologiques sĂ©vĂšres, des hallucinations et parfois mĂȘme la folie. Non, cette annĂ©e, ça n'a pas Ă©tĂ© ça. L'annĂ©e derniĂšre non plus. Non, la derniĂšre non plus. PrivĂ© de Louis, affaibli physiquement, Goya plonge dans une forme d'isolement sensoriel. C'est Ă  ce moment-lĂ  que son Ɠuvre change radicalement de ton. Fini les scĂšnes de la cour et les portraits flatteurs. Son pinceau devient plus sombre, plus dur. La lumiĂšre laisse place au sombre. Il commence Ă  peindre ce qu'il ressent. La peur, la folie et la mort. C'est le dĂ©but de ces cĂ©lĂšbres peintures noires dont Saturne dĂ©vorant l'un de ses fils qui est peut-ĂȘtre l'image la plus saisissante et effrayante. Mais je crois que la palme de la peinture dangereuse la plus glauque revient au mummy brown. TrĂšs utilisĂ© en Angleterre au XIXe siĂšcle, il s'agit d'une huile brune Ă  sĂ©chage rapide. Parce qu'Ă  l'Ă©poque, on peint Ă  l'huile, et l'huile, bien sĂ»r, ça met des plombes Ă  sĂ©cher. Depuis l'AntiquitĂ©, pour peindre des brins, des ocres, on utilise le pigment appelĂ© terre de Sienne, qui, accrochez vos bretelles, n'est rien d'autre que de la terre en provenance de la ville de Sienne, en Italie. Ça, c'est du marketing, messieurs-dames. Je suis publicitaire. Je suis de ceux qui vous font rĂȘver des choses que vous n'aurez jamais. Bref, tout ça pour vous dire que ce pigment millĂ©naire, bien que naturel et magnifique, absorbent beaucoup d'huile lorsqu'on le mĂ©lange. J'aime quand on m'enduit d'huile. Il a donc tendance Ă  ĂȘtre un peu transparent et en plus, il est parfois difficile de s'en procurer. Alors, quand les Britanniques ramĂšnent du mummy brown au pays, c'est le succĂšs immĂ©diat et tous les artistes se jettent dessus. Sauf que, en rĂ©alitĂ©, le mummy brown, ça signifie littĂ©ralement brin de momie et que les momies Ă©gyptiennes, elles se font visiter de temps en temps. Et oui, en fait, le mummy brown, ce n'est rien d'autre que des restes de momies broyĂ©es, un peu de chair, un peu d'os, ce qui lui donne une teinte bien particuliĂšre et bien immonde. PoussiĂšre de momie pour me vieillir. En plus, on soupçonne le pigment d'ĂȘtre toxique. Les artistes l'adorent pour ses teintes profondes, jusqu'Ă  ce qu'ils dĂ©couvrent son origine macabre. Ça va le succĂšs que j'ai eu. Ah bon ? En parlant de visite d'ailleurs, un artiste contemporain a produit des Ɠuvres tellement dangereuses que le public s'est plaint d'en souffrir. Rendez-vous Ă  Nottingham, en Angleterre, au dĂ©but des annĂ©es 2000. Le vent est froid, la lumiĂšre grise. Sur la place devant Nottingham Playhouse, les pas s'enlĂšvent la tĂȘte, intriguĂ©s par une Ɠuvre monumentale fraĂźchement installĂ©e. Un immense disque concave en acier poli, de 6 mĂštres de diamĂštre, inclinĂ© vers le ciel. C'est le Sky Mirror d'Anish Kapoor. Une sculpture fascinante qui capte la lumiĂšre, reflĂšte les nuages, dĂ©forme le rĂ©el avec une Ă©lĂ©gance presque surnaturelle. On y voit le monde Ă  l'envers, suspendu, comme si on Ă©tait dans une autre dimension. Mais trĂšs vite, un petit dĂ©tail vient tout perturber. En fait, quand le soleil brille, ce qui arrive parfois mĂȘme en Angleterre, le miroir rĂ©flĂ©chit la lumiĂšre avec une intensitĂ© telle qu'il aveugle les passants. LittĂ©ralement. Certains se plaignent de troubles de la vue, d'Ă©blouissements violents et mĂȘme de migraines. Des experts alertent sur les risques pour la rĂ©tine. L'Ɠuvre est tellement bien polie qu'elle agit comme une loupe gĂ©ante, concentrant la lumiĂšre comme un rayon laser. RĂ©sultat, l'installation est dĂ©placĂ©e, repensĂ©e et recalibrĂ©e. Et pourtant, Capour n'en dĂ©mord pas. Pour lui, le danger fait partie intĂ©grante de l'expĂ©rience esthĂ©tique. Le reflet n'est jamais neutre. Il peut sĂ©duire ou aveugler. Et il n'en est pas Ă  son coup d'essai. Son Cloud Gate, mieux connu sous le nom de Bean de Chicago, est une sorte de haricot gĂ©ant en acier poli. ProblĂšme, l'Ă©tĂ©, la surface rĂ©flĂ©chit tellement la chaleur que si vous le touchez directement, vous risquez de vous brĂ»ler les mains. Alors, que retenir de ces Ɠuvres dangereuses ? Eh bien, peut-ĂȘtre que la beautĂ© a parfois un prix. Celui du silence, comme pour Goya, rongĂ© par le plan. celui du sacrilĂšge, comme ces pigments extraits de Baume, ou seulement, plus insidieux encore, de la fascination aveugle, au sens propre, que peuvent provoquer certaines Ɠuvres contemporaines. Ce qui est frappant, c'est que le danger ne vient pas toujours de l'intention de l'artiste. Il surgit parfois de l'ignorant, de la soif de nouveautĂ©, ou du progrĂšs technique qui va plus vite que la conscience Ă©thique. Ces Ɠuvres nous rappellent que l'art n'est pas un espace hors du monde. Il est traversĂ© par les enjeux de son temps, la science, la colonisation et le pillage, l'industrie, le pouvoir. Et en regardant un tableau, une sculpture, un miroir poli comme un scalpel, on contemple parfois bien plus qu'une image. On contemple ce que l'humanitĂ© est prĂȘte Ă  faire ou Ă  ignorer au nom de l'esthĂ©tique. Ignorer par exemple les dangers de l'uranium en crĂ©ant de l'art radioactif. Mais bon, ça, ça fera l'objet d'un futur Ă©pisode. Merci pour votre Ă©coute. Et tiens, si vous ĂȘtes sur Spotify, dites-moi en commentaire s'il y a des sujets que vous souhaiteriez qu'on aborde dans ce podcast. J'ai hĂąte de vous lire. Dans l'attente, je vous dis Ă  la semaine prochaine pour de nouvelles anecdotes croustillantes et pĂ©rilleuses sur l'art et le design.

Chapters

  • Intro

    00:00

  • Anecdote de la semaine

    00:53

  • Conclusion

    08:10

Description

🎹 Et si certaines Ɠuvres d’art Ă©taient mortelles ?
Au-delĂ  des galeries dorĂ©es et des coups de pinceau gĂ©niaux, l’histoire de l’art cache une face bien plus sombre
 Celle des pigments toxiques, des tableaux empoisonnĂ©s, des sculptures brĂ»lantes — et parfois, des secrets enfouis dans la chair des morts.

Dans cet Ă©pisode, je vous emmĂšne dans un voyage au cƓur des couleurs les plus dangereuses de l’histoire, entre science, folie, scandale et fascination.
De l’atelier d’un peintre Ă  la chambre d’un maĂźtre torturĂ©, en passant par les places publiques oĂč l’art aveugle – littĂ©ralement – ce rĂ©cit vous plonge dans les coulisses mĂ©connues de la crĂ©ation artistique, lĂ  oĂč beautĂ© et pĂ©ril ne font qu’un.

Vous pensez connaĂźtre l’art ? Attendez d’en dĂ©couvrir les ingrĂ©dients.
Un Ă©pisode aussi esthĂ©tique qu'inquiĂ©tant, oĂč chaque dĂ©tail, chaque pigment, chaque reflet, soulĂšve une question brĂ»lante : jusqu’oĂč l’artiste peut-il aller pour crĂ©er ? Et surtout
 Ă  quel prix ?


📱Les anecdotes Du Grand Art vous plaisent ?

Voici 3 façons gratuites et hyper rapides pour nous soutenir :

  • Noter le podcast⭐⭐⭐⭐⭐

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Merci pour votre écoute, et à la semaine prochaine pour une nouvelle anecdote croustillante sur l'histoire de l'Art et du design !


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bonjour et bienvenue dans ce nouvel Ă©pisode du podcast du grand art, le podcast qui s'intĂ©resse aux petites histoires qui ont fait la grande. Ici, la plupart du temps, on se retrouve pour parler d'Ɠuvres d'art qui nous transportent, qui nous font nous sentir vivants. Mais si l'art est si puissant qu'il peut ajouter de la vie Ă  absolument tout, est-ce qu'il est aussi capable ? de nous ĂŽter la vie ? Vous avez dĂ©jĂ  lu le portrait de Dorian Gray ? On pourrait trĂšs bien imaginer que des Ɠuvres d'art soient dangereuses, voire meurtriĂšres. Il paraĂźt d'ailleurs qu'un tableau maudit circule sur IbrĂ© depuis deux dĂ©cennies et hante chacun de ses acquĂ©reurs. Ça vous intrigue ? Ça tombe bien, c'est notre anecdote du jour, les Ɠuvres d'art les plus dangereuses au monde. Nous sommes en 1859 Ă  Schweinfurt, une petite ville industrielle d'Allemagne. Un ouvrier penchĂ© sur une grande bassine de cuivre remue lentement un liquide vert Ă©meraude. À cĂŽtĂ© de lui, un peintre prĂ©lĂšve avec prĂ©caution une pĂąte pigmentĂ©e qu'il Ă©talera bientĂŽt sur ses poils. Et oui, dans cette ville, on produit l'un des pigments les plus prisĂ©s d'Europe, le vert de Paris, qui ressemble un peu au vert Ă©meraude. Un vert Ă©clatant, presque irrĂ©el, qu'on retrouve sur les robes des Ă©lĂ©gants, les papiers peints des salons bourgeois et mĂȘme dans les tableaux de CĂ©zanne ou Van Gogh. Ce que ni l'ouvrier ni le peintre ne savent encore, c'est que cette couleur magnifique est un poison lent. En fait, le vert de Paris ou vert de Schweinfurt doit sa couleur exceptionnelle Ă  des composants lourdement optiques. Il est obtenu, entre autres, en mĂ©langeant des dissolutions d'acĂ©tate de cuivre bibasique et d'acide arsĂ©nieux. En bref, c'est de l'arsĂ©nique. Parce que oui, si vous avez Ă©coutĂ© l'Ă©pisode numĂ©ro 5, vous savez que dans les annĂ©es 1850, on a encore beaucoup de mal Ă  fabriquer des colorants en labo et sans danger. À mon avis, si on continue comme ça, l'avenir sera trĂšs mauvais. Et il vaudra peut-ĂȘtre mĂȘme plus la peine d'ĂȘtre vĂ©cu. Or, ce vert est alors trĂšs populaire. Si vous voulez voir Ă  quoi il ressemble, c'est la couleur principale du tableau de Van Gogh intitulĂ© « Autoportrait » dĂ©diĂ© Ă  Paul Gauguin. Cette couleur est si dangereuse que la toucher et l'inhaler peuvent vous dĂ©truire la santĂ©. Si elle est encore utilisĂ©e de nos jours, c'est souvent pour d'autres objectifs. Empoisonner les nuisibles ou fabriquer des feux d'artifice de couleur bleue. Et ce n'est pas la seule couleur mortelle que les peintres cĂ©lĂšbres ont utilisĂ©e. Remontons rapidement le temps pour nous retrouver en 1792 Ă  Cadix, en Andalouie. Dans sa chambre, Goya, Pachanta Alain, Francisco, 46 ans, se lĂšvent difficilement. Depuis plusieurs semaines, il est victime de violents maux de tĂȘte, d'acouphĂšnes lancinants et de vertiges. Son nom dĂ©cline jour aprĂšs jour. TrĂšs rapidement, il n'entend plus rien. Son corps le trahit sans que les mĂ©decins ne comprennent pourquoi. NausĂ©es, vomissements, diarrhĂ©es, tachycardie, et pour finir, hypertension artĂ©rielle provoquant l'arrĂȘt cardiaque. On parle de syphilis, d'hypertension, de troubles nerveux, mais aucune explication ne tient vraiment de nous. Ce que personne n'imagine Ă  l'Ă©poque, c'est que la source de sa lente agonie pourrait bien venir de ses pinceaux. Car Goya, comme beaucoup d'artistes de son temps, utilise le blanc de plomb, un pigment rĂ©prisĂ© pour sa couvrance parfaite. Il l'applique, le respire, le manipule chaque jour, sans savoir qu'il s'agit d'un toxique puissant qui peut provoquer des troubles neurologiques sĂ©vĂšres, des hallucinations et parfois mĂȘme la folie. Non, cette annĂ©e, ça n'a pas Ă©tĂ© ça. L'annĂ©e derniĂšre non plus. Non, la derniĂšre non plus. PrivĂ© de Louis, affaibli physiquement, Goya plonge dans une forme d'isolement sensoriel. C'est Ă  ce moment-lĂ  que son Ɠuvre change radicalement de ton. Fini les scĂšnes de la cour et les portraits flatteurs. Son pinceau devient plus sombre, plus dur. La lumiĂšre laisse place au sombre. Il commence Ă  peindre ce qu'il ressent. La peur, la folie et la mort. C'est le dĂ©but de ces cĂ©lĂšbres peintures noires dont Saturne dĂ©vorant l'un de ses fils qui est peut-ĂȘtre l'image la plus saisissante et effrayante. Mais je crois que la palme de la peinture dangereuse la plus glauque revient au mummy brown. TrĂšs utilisĂ© en Angleterre au XIXe siĂšcle, il s'agit d'une huile brune Ă  sĂ©chage rapide. Parce qu'Ă  l'Ă©poque, on peint Ă  l'huile, et l'huile, bien sĂ»r, ça met des plombes Ă  sĂ©cher. Depuis l'AntiquitĂ©, pour peindre des brins, des ocres, on utilise le pigment appelĂ© terre de Sienne, qui, accrochez vos bretelles, n'est rien d'autre que de la terre en provenance de la ville de Sienne, en Italie. Ça, c'est du marketing, messieurs-dames. Je suis publicitaire. Je suis de ceux qui vous font rĂȘver des choses que vous n'aurez jamais. Bref, tout ça pour vous dire que ce pigment millĂ©naire, bien que naturel et magnifique, absorbent beaucoup d'huile lorsqu'on le mĂ©lange. J'aime quand on m'enduit d'huile. Il a donc tendance Ă  ĂȘtre un peu transparent et en plus, il est parfois difficile de s'en procurer. Alors, quand les Britanniques ramĂšnent du mummy brown au pays, c'est le succĂšs immĂ©diat et tous les artistes se jettent dessus. Sauf que, en rĂ©alitĂ©, le mummy brown, ça signifie littĂ©ralement brin de momie et que les momies Ă©gyptiennes, elles se font visiter de temps en temps. Et oui, en fait, le mummy brown, ce n'est rien d'autre que des restes de momies broyĂ©es, un peu de chair, un peu d'os, ce qui lui donne une teinte bien particuliĂšre et bien immonde. PoussiĂšre de momie pour me vieillir. En plus, on soupçonne le pigment d'ĂȘtre toxique. Les artistes l'adorent pour ses teintes profondes, jusqu'Ă  ce qu'ils dĂ©couvrent son origine macabre. Ça va le succĂšs que j'ai eu. Ah bon ? En parlant de visite d'ailleurs, un artiste contemporain a produit des Ɠuvres tellement dangereuses que le public s'est plaint d'en souffrir. Rendez-vous Ă  Nottingham, en Angleterre, au dĂ©but des annĂ©es 2000. Le vent est froid, la lumiĂšre grise. Sur la place devant Nottingham Playhouse, les pas s'enlĂšvent la tĂȘte, intriguĂ©s par une Ɠuvre monumentale fraĂźchement installĂ©e. Un immense disque concave en acier poli, de 6 mĂštres de diamĂštre, inclinĂ© vers le ciel. C'est le Sky Mirror d'Anish Kapoor. Une sculpture fascinante qui capte la lumiĂšre, reflĂšte les nuages, dĂ©forme le rĂ©el avec une Ă©lĂ©gance presque surnaturelle. On y voit le monde Ă  l'envers, suspendu, comme si on Ă©tait dans une autre dimension. Mais trĂšs vite, un petit dĂ©tail vient tout perturber. En fait, quand le soleil brille, ce qui arrive parfois mĂȘme en Angleterre, le miroir rĂ©flĂ©chit la lumiĂšre avec une intensitĂ© telle qu'il aveugle les passants. LittĂ©ralement. Certains se plaignent de troubles de la vue, d'Ă©blouissements violents et mĂȘme de migraines. Des experts alertent sur les risques pour la rĂ©tine. L'Ɠuvre est tellement bien polie qu'elle agit comme une loupe gĂ©ante, concentrant la lumiĂšre comme un rayon laser. RĂ©sultat, l'installation est dĂ©placĂ©e, repensĂ©e et recalibrĂ©e. Et pourtant, Capour n'en dĂ©mord pas. Pour lui, le danger fait partie intĂ©grante de l'expĂ©rience esthĂ©tique. Le reflet n'est jamais neutre. Il peut sĂ©duire ou aveugler. Et il n'en est pas Ă  son coup d'essai. Son Cloud Gate, mieux connu sous le nom de Bean de Chicago, est une sorte de haricot gĂ©ant en acier poli. ProblĂšme, l'Ă©tĂ©, la surface rĂ©flĂ©chit tellement la chaleur que si vous le touchez directement, vous risquez de vous brĂ»ler les mains. Alors, que retenir de ces Ɠuvres dangereuses ? Eh bien, peut-ĂȘtre que la beautĂ© a parfois un prix. Celui du silence, comme pour Goya, rongĂ© par le plan. celui du sacrilĂšge, comme ces pigments extraits de Baume, ou seulement, plus insidieux encore, de la fascination aveugle, au sens propre, que peuvent provoquer certaines Ɠuvres contemporaines. Ce qui est frappant, c'est que le danger ne vient pas toujours de l'intention de l'artiste. Il surgit parfois de l'ignorant, de la soif de nouveautĂ©, ou du progrĂšs technique qui va plus vite que la conscience Ă©thique. Ces Ɠuvres nous rappellent que l'art n'est pas un espace hors du monde. Il est traversĂ© par les enjeux de son temps, la science, la colonisation et le pillage, l'industrie, le pouvoir. Et en regardant un tableau, une sculpture, un miroir poli comme un scalpel, on contemple parfois bien plus qu'une image. On contemple ce que l'humanitĂ© est prĂȘte Ă  faire ou Ă  ignorer au nom de l'esthĂ©tique. Ignorer par exemple les dangers de l'uranium en crĂ©ant de l'art radioactif. Mais bon, ça, ça fera l'objet d'un futur Ă©pisode. Merci pour votre Ă©coute. Et tiens, si vous ĂȘtes sur Spotify, dites-moi en commentaire s'il y a des sujets que vous souhaiteriez qu'on aborde dans ce podcast. J'ai hĂąte de vous lire. Dans l'attente, je vous dis Ă  la semaine prochaine pour de nouvelles anecdotes croustillantes et pĂ©rilleuses sur l'art et le design.

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  • Intro

    00:00

  • Anecdote de la semaine

    00:53

  • Conclusion

    08:10

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🎹 Et si certaines Ɠuvres d’art Ă©taient mortelles ?
Au-delĂ  des galeries dorĂ©es et des coups de pinceau gĂ©niaux, l’histoire de l’art cache une face bien plus sombre
 Celle des pigments toxiques, des tableaux empoisonnĂ©s, des sculptures brĂ»lantes — et parfois, des secrets enfouis dans la chair des morts.

Dans cet Ă©pisode, je vous emmĂšne dans un voyage au cƓur des couleurs les plus dangereuses de l’histoire, entre science, folie, scandale et fascination.
De l’atelier d’un peintre Ă  la chambre d’un maĂźtre torturĂ©, en passant par les places publiques oĂč l’art aveugle – littĂ©ralement – ce rĂ©cit vous plonge dans les coulisses mĂ©connues de la crĂ©ation artistique, lĂ  oĂč beautĂ© et pĂ©ril ne font qu’un.

Vous pensez connaĂźtre l’art ? Attendez d’en dĂ©couvrir les ingrĂ©dients.
Un Ă©pisode aussi esthĂ©tique qu'inquiĂ©tant, oĂč chaque dĂ©tail, chaque pigment, chaque reflet, soulĂšve une question brĂ»lante : jusqu’oĂč l’artiste peut-il aller pour crĂ©er ? Et surtout
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  • Speaker #0

    Bonjour et bienvenue dans ce nouvel Ă©pisode du podcast du grand art, le podcast qui s'intĂ©resse aux petites histoires qui ont fait la grande. Ici, la plupart du temps, on se retrouve pour parler d'Ɠuvres d'art qui nous transportent, qui nous font nous sentir vivants. Mais si l'art est si puissant qu'il peut ajouter de la vie Ă  absolument tout, est-ce qu'il est aussi capable ? de nous ĂŽter la vie ? Vous avez dĂ©jĂ  lu le portrait de Dorian Gray ? On pourrait trĂšs bien imaginer que des Ɠuvres d'art soient dangereuses, voire meurtriĂšres. Il paraĂźt d'ailleurs qu'un tableau maudit circule sur IbrĂ© depuis deux dĂ©cennies et hante chacun de ses acquĂ©reurs. Ça vous intrigue ? Ça tombe bien, c'est notre anecdote du jour, les Ɠuvres d'art les plus dangereuses au monde. Nous sommes en 1859 Ă  Schweinfurt, une petite ville industrielle d'Allemagne. Un ouvrier penchĂ© sur une grande bassine de cuivre remue lentement un liquide vert Ă©meraude. À cĂŽtĂ© de lui, un peintre prĂ©lĂšve avec prĂ©caution une pĂąte pigmentĂ©e qu'il Ă©talera bientĂŽt sur ses poils. Et oui, dans cette ville, on produit l'un des pigments les plus prisĂ©s d'Europe, le vert de Paris, qui ressemble un peu au vert Ă©meraude. Un vert Ă©clatant, presque irrĂ©el, qu'on retrouve sur les robes des Ă©lĂ©gants, les papiers peints des salons bourgeois et mĂȘme dans les tableaux de CĂ©zanne ou Van Gogh. Ce que ni l'ouvrier ni le peintre ne savent encore, c'est que cette couleur magnifique est un poison lent. En fait, le vert de Paris ou vert de Schweinfurt doit sa couleur exceptionnelle Ă  des composants lourdement optiques. Il est obtenu, entre autres, en mĂ©langeant des dissolutions d'acĂ©tate de cuivre bibasique et d'acide arsĂ©nieux. En bref, c'est de l'arsĂ©nique. Parce que oui, si vous avez Ă©coutĂ© l'Ă©pisode numĂ©ro 5, vous savez que dans les annĂ©es 1850, on a encore beaucoup de mal Ă  fabriquer des colorants en labo et sans danger. À mon avis, si on continue comme ça, l'avenir sera trĂšs mauvais. Et il vaudra peut-ĂȘtre mĂȘme plus la peine d'ĂȘtre vĂ©cu. Or, ce vert est alors trĂšs populaire. Si vous voulez voir Ă  quoi il ressemble, c'est la couleur principale du tableau de Van Gogh intitulĂ© « Autoportrait » dĂ©diĂ© Ă  Paul Gauguin. Cette couleur est si dangereuse que la toucher et l'inhaler peuvent vous dĂ©truire la santĂ©. Si elle est encore utilisĂ©e de nos jours, c'est souvent pour d'autres objectifs. Empoisonner les nuisibles ou fabriquer des feux d'artifice de couleur bleue. Et ce n'est pas la seule couleur mortelle que les peintres cĂ©lĂšbres ont utilisĂ©e. Remontons rapidement le temps pour nous retrouver en 1792 Ă  Cadix, en Andalouie. Dans sa chambre, Goya, Pachanta Alain, Francisco, 46 ans, se lĂšvent difficilement. Depuis plusieurs semaines, il est victime de violents maux de tĂȘte, d'acouphĂšnes lancinants et de vertiges. Son nom dĂ©cline jour aprĂšs jour. TrĂšs rapidement, il n'entend plus rien. Son corps le trahit sans que les mĂ©decins ne comprennent pourquoi. NausĂ©es, vomissements, diarrhĂ©es, tachycardie, et pour finir, hypertension artĂ©rielle provoquant l'arrĂȘt cardiaque. On parle de syphilis, d'hypertension, de troubles nerveux, mais aucune explication ne tient vraiment de nous. Ce que personne n'imagine Ă  l'Ă©poque, c'est que la source de sa lente agonie pourrait bien venir de ses pinceaux. Car Goya, comme beaucoup d'artistes de son temps, utilise le blanc de plomb, un pigment rĂ©prisĂ© pour sa couvrance parfaite. Il l'applique, le respire, le manipule chaque jour, sans savoir qu'il s'agit d'un toxique puissant qui peut provoquer des troubles neurologiques sĂ©vĂšres, des hallucinations et parfois mĂȘme la folie. Non, cette annĂ©e, ça n'a pas Ă©tĂ© ça. L'annĂ©e derniĂšre non plus. Non, la derniĂšre non plus. PrivĂ© de Louis, affaibli physiquement, Goya plonge dans une forme d'isolement sensoriel. C'est Ă  ce moment-lĂ  que son Ɠuvre change radicalement de ton. Fini les scĂšnes de la cour et les portraits flatteurs. Son pinceau devient plus sombre, plus dur. La lumiĂšre laisse place au sombre. Il commence Ă  peindre ce qu'il ressent. La peur, la folie et la mort. C'est le dĂ©but de ces cĂ©lĂšbres peintures noires dont Saturne dĂ©vorant l'un de ses fils qui est peut-ĂȘtre l'image la plus saisissante et effrayante. Mais je crois que la palme de la peinture dangereuse la plus glauque revient au mummy brown. TrĂšs utilisĂ© en Angleterre au XIXe siĂšcle, il s'agit d'une huile brune Ă  sĂ©chage rapide. Parce qu'Ă  l'Ă©poque, on peint Ă  l'huile, et l'huile, bien sĂ»r, ça met des plombes Ă  sĂ©cher. Depuis l'AntiquitĂ©, pour peindre des brins, des ocres, on utilise le pigment appelĂ© terre de Sienne, qui, accrochez vos bretelles, n'est rien d'autre que de la terre en provenance de la ville de Sienne, en Italie. Ça, c'est du marketing, messieurs-dames. Je suis publicitaire. Je suis de ceux qui vous font rĂȘver des choses que vous n'aurez jamais. Bref, tout ça pour vous dire que ce pigment millĂ©naire, bien que naturel et magnifique, absorbent beaucoup d'huile lorsqu'on le mĂ©lange. J'aime quand on m'enduit d'huile. Il a donc tendance Ă  ĂȘtre un peu transparent et en plus, il est parfois difficile de s'en procurer. Alors, quand les Britanniques ramĂšnent du mummy brown au pays, c'est le succĂšs immĂ©diat et tous les artistes se jettent dessus. Sauf que, en rĂ©alitĂ©, le mummy brown, ça signifie littĂ©ralement brin de momie et que les momies Ă©gyptiennes, elles se font visiter de temps en temps. Et oui, en fait, le mummy brown, ce n'est rien d'autre que des restes de momies broyĂ©es, un peu de chair, un peu d'os, ce qui lui donne une teinte bien particuliĂšre et bien immonde. PoussiĂšre de momie pour me vieillir. En plus, on soupçonne le pigment d'ĂȘtre toxique. Les artistes l'adorent pour ses teintes profondes, jusqu'Ă  ce qu'ils dĂ©couvrent son origine macabre. Ça va le succĂšs que j'ai eu. Ah bon ? En parlant de visite d'ailleurs, un artiste contemporain a produit des Ɠuvres tellement dangereuses que le public s'est plaint d'en souffrir. Rendez-vous Ă  Nottingham, en Angleterre, au dĂ©but des annĂ©es 2000. Le vent est froid, la lumiĂšre grise. Sur la place devant Nottingham Playhouse, les pas s'enlĂšvent la tĂȘte, intriguĂ©s par une Ɠuvre monumentale fraĂźchement installĂ©e. Un immense disque concave en acier poli, de 6 mĂštres de diamĂštre, inclinĂ© vers le ciel. C'est le Sky Mirror d'Anish Kapoor. Une sculpture fascinante qui capte la lumiĂšre, reflĂšte les nuages, dĂ©forme le rĂ©el avec une Ă©lĂ©gance presque surnaturelle. On y voit le monde Ă  l'envers, suspendu, comme si on Ă©tait dans une autre dimension. Mais trĂšs vite, un petit dĂ©tail vient tout perturber. En fait, quand le soleil brille, ce qui arrive parfois mĂȘme en Angleterre, le miroir rĂ©flĂ©chit la lumiĂšre avec une intensitĂ© telle qu'il aveugle les passants. LittĂ©ralement. Certains se plaignent de troubles de la vue, d'Ă©blouissements violents et mĂȘme de migraines. Des experts alertent sur les risques pour la rĂ©tine. L'Ɠuvre est tellement bien polie qu'elle agit comme une loupe gĂ©ante, concentrant la lumiĂšre comme un rayon laser. RĂ©sultat, l'installation est dĂ©placĂ©e, repensĂ©e et recalibrĂ©e. Et pourtant, Capour n'en dĂ©mord pas. Pour lui, le danger fait partie intĂ©grante de l'expĂ©rience esthĂ©tique. Le reflet n'est jamais neutre. Il peut sĂ©duire ou aveugler. Et il n'en est pas Ă  son coup d'essai. Son Cloud Gate, mieux connu sous le nom de Bean de Chicago, est une sorte de haricot gĂ©ant en acier poli. ProblĂšme, l'Ă©tĂ©, la surface rĂ©flĂ©chit tellement la chaleur que si vous le touchez directement, vous risquez de vous brĂ»ler les mains. Alors, que retenir de ces Ɠuvres dangereuses ? Eh bien, peut-ĂȘtre que la beautĂ© a parfois un prix. Celui du silence, comme pour Goya, rongĂ© par le plan. celui du sacrilĂšge, comme ces pigments extraits de Baume, ou seulement, plus insidieux encore, de la fascination aveugle, au sens propre, que peuvent provoquer certaines Ɠuvres contemporaines. Ce qui est frappant, c'est que le danger ne vient pas toujours de l'intention de l'artiste. Il surgit parfois de l'ignorant, de la soif de nouveautĂ©, ou du progrĂšs technique qui va plus vite que la conscience Ă©thique. Ces Ɠuvres nous rappellent que l'art n'est pas un espace hors du monde. Il est traversĂ© par les enjeux de son temps, la science, la colonisation et le pillage, l'industrie, le pouvoir. Et en regardant un tableau, une sculpture, un miroir poli comme un scalpel, on contemple parfois bien plus qu'une image. On contemple ce que l'humanitĂ© est prĂȘte Ă  faire ou Ă  ignorer au nom de l'esthĂ©tique. Ignorer par exemple les dangers de l'uranium en crĂ©ant de l'art radioactif. Mais bon, ça, ça fera l'objet d'un futur Ă©pisode. Merci pour votre Ă©coute. Et tiens, si vous ĂȘtes sur Spotify, dites-moi en commentaire s'il y a des sujets que vous souhaiteriez qu'on aborde dans ce podcast. J'ai hĂąte de vous lire. Dans l'attente, je vous dis Ă  la semaine prochaine pour de nouvelles anecdotes croustillantes et pĂ©rilleuses sur l'art et le design.

Chapters

  • Intro

    00:00

  • Anecdote de la semaine

    00:53

  • Conclusion

    08:10

Description

🎹 Et si certaines Ɠuvres d’art Ă©taient mortelles ?
Au-delĂ  des galeries dorĂ©es et des coups de pinceau gĂ©niaux, l’histoire de l’art cache une face bien plus sombre
 Celle des pigments toxiques, des tableaux empoisonnĂ©s, des sculptures brĂ»lantes — et parfois, des secrets enfouis dans la chair des morts.

Dans cet Ă©pisode, je vous emmĂšne dans un voyage au cƓur des couleurs les plus dangereuses de l’histoire, entre science, folie, scandale et fascination.
De l’atelier d’un peintre Ă  la chambre d’un maĂźtre torturĂ©, en passant par les places publiques oĂč l’art aveugle – littĂ©ralement – ce rĂ©cit vous plonge dans les coulisses mĂ©connues de la crĂ©ation artistique, lĂ  oĂč beautĂ© et pĂ©ril ne font qu’un.

Vous pensez connaĂźtre l’art ? Attendez d’en dĂ©couvrir les ingrĂ©dients.
Un Ă©pisode aussi esthĂ©tique qu'inquiĂ©tant, oĂč chaque dĂ©tail, chaque pigment, chaque reflet, soulĂšve une question brĂ»lante : jusqu’oĂč l’artiste peut-il aller pour crĂ©er ? Et surtout
 Ă  quel prix ?


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Merci pour votre écoute, et à la semaine prochaine pour une nouvelle anecdote croustillante sur l'histoire de l'Art et du design !


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Transcription

  • Speaker #0

    Bonjour et bienvenue dans ce nouvel Ă©pisode du podcast du grand art, le podcast qui s'intĂ©resse aux petites histoires qui ont fait la grande. Ici, la plupart du temps, on se retrouve pour parler d'Ɠuvres d'art qui nous transportent, qui nous font nous sentir vivants. Mais si l'art est si puissant qu'il peut ajouter de la vie Ă  absolument tout, est-ce qu'il est aussi capable ? de nous ĂŽter la vie ? Vous avez dĂ©jĂ  lu le portrait de Dorian Gray ? On pourrait trĂšs bien imaginer que des Ɠuvres d'art soient dangereuses, voire meurtriĂšres. Il paraĂźt d'ailleurs qu'un tableau maudit circule sur IbrĂ© depuis deux dĂ©cennies et hante chacun de ses acquĂ©reurs. Ça vous intrigue ? Ça tombe bien, c'est notre anecdote du jour, les Ɠuvres d'art les plus dangereuses au monde. Nous sommes en 1859 Ă  Schweinfurt, une petite ville industrielle d'Allemagne. Un ouvrier penchĂ© sur une grande bassine de cuivre remue lentement un liquide vert Ă©meraude. À cĂŽtĂ© de lui, un peintre prĂ©lĂšve avec prĂ©caution une pĂąte pigmentĂ©e qu'il Ă©talera bientĂŽt sur ses poils. Et oui, dans cette ville, on produit l'un des pigments les plus prisĂ©s d'Europe, le vert de Paris, qui ressemble un peu au vert Ă©meraude. Un vert Ă©clatant, presque irrĂ©el, qu'on retrouve sur les robes des Ă©lĂ©gants, les papiers peints des salons bourgeois et mĂȘme dans les tableaux de CĂ©zanne ou Van Gogh. Ce que ni l'ouvrier ni le peintre ne savent encore, c'est que cette couleur magnifique est un poison lent. En fait, le vert de Paris ou vert de Schweinfurt doit sa couleur exceptionnelle Ă  des composants lourdement optiques. Il est obtenu, entre autres, en mĂ©langeant des dissolutions d'acĂ©tate de cuivre bibasique et d'acide arsĂ©nieux. En bref, c'est de l'arsĂ©nique. Parce que oui, si vous avez Ă©coutĂ© l'Ă©pisode numĂ©ro 5, vous savez que dans les annĂ©es 1850, on a encore beaucoup de mal Ă  fabriquer des colorants en labo et sans danger. À mon avis, si on continue comme ça, l'avenir sera trĂšs mauvais. Et il vaudra peut-ĂȘtre mĂȘme plus la peine d'ĂȘtre vĂ©cu. Or, ce vert est alors trĂšs populaire. Si vous voulez voir Ă  quoi il ressemble, c'est la couleur principale du tableau de Van Gogh intitulĂ© « Autoportrait » dĂ©diĂ© Ă  Paul Gauguin. Cette couleur est si dangereuse que la toucher et l'inhaler peuvent vous dĂ©truire la santĂ©. Si elle est encore utilisĂ©e de nos jours, c'est souvent pour d'autres objectifs. Empoisonner les nuisibles ou fabriquer des feux d'artifice de couleur bleue. Et ce n'est pas la seule couleur mortelle que les peintres cĂ©lĂšbres ont utilisĂ©e. Remontons rapidement le temps pour nous retrouver en 1792 Ă  Cadix, en Andalouie. Dans sa chambre, Goya, Pachanta Alain, Francisco, 46 ans, se lĂšvent difficilement. Depuis plusieurs semaines, il est victime de violents maux de tĂȘte, d'acouphĂšnes lancinants et de vertiges. Son nom dĂ©cline jour aprĂšs jour. TrĂšs rapidement, il n'entend plus rien. Son corps le trahit sans que les mĂ©decins ne comprennent pourquoi. NausĂ©es, vomissements, diarrhĂ©es, tachycardie, et pour finir, hypertension artĂ©rielle provoquant l'arrĂȘt cardiaque. On parle de syphilis, d'hypertension, de troubles nerveux, mais aucune explication ne tient vraiment de nous. Ce que personne n'imagine Ă  l'Ă©poque, c'est que la source de sa lente agonie pourrait bien venir de ses pinceaux. Car Goya, comme beaucoup d'artistes de son temps, utilise le blanc de plomb, un pigment rĂ©prisĂ© pour sa couvrance parfaite. Il l'applique, le respire, le manipule chaque jour, sans savoir qu'il s'agit d'un toxique puissant qui peut provoquer des troubles neurologiques sĂ©vĂšres, des hallucinations et parfois mĂȘme la folie. Non, cette annĂ©e, ça n'a pas Ă©tĂ© ça. L'annĂ©e derniĂšre non plus. Non, la derniĂšre non plus. PrivĂ© de Louis, affaibli physiquement, Goya plonge dans une forme d'isolement sensoriel. C'est Ă  ce moment-lĂ  que son Ɠuvre change radicalement de ton. Fini les scĂšnes de la cour et les portraits flatteurs. Son pinceau devient plus sombre, plus dur. La lumiĂšre laisse place au sombre. Il commence Ă  peindre ce qu'il ressent. La peur, la folie et la mort. C'est le dĂ©but de ces cĂ©lĂšbres peintures noires dont Saturne dĂ©vorant l'un de ses fils qui est peut-ĂȘtre l'image la plus saisissante et effrayante. Mais je crois que la palme de la peinture dangereuse la plus glauque revient au mummy brown. TrĂšs utilisĂ© en Angleterre au XIXe siĂšcle, il s'agit d'une huile brune Ă  sĂ©chage rapide. Parce qu'Ă  l'Ă©poque, on peint Ă  l'huile, et l'huile, bien sĂ»r, ça met des plombes Ă  sĂ©cher. Depuis l'AntiquitĂ©, pour peindre des brins, des ocres, on utilise le pigment appelĂ© terre de Sienne, qui, accrochez vos bretelles, n'est rien d'autre que de la terre en provenance de la ville de Sienne, en Italie. Ça, c'est du marketing, messieurs-dames. Je suis publicitaire. Je suis de ceux qui vous font rĂȘver des choses que vous n'aurez jamais. Bref, tout ça pour vous dire que ce pigment millĂ©naire, bien que naturel et magnifique, absorbent beaucoup d'huile lorsqu'on le mĂ©lange. J'aime quand on m'enduit d'huile. Il a donc tendance Ă  ĂȘtre un peu transparent et en plus, il est parfois difficile de s'en procurer. Alors, quand les Britanniques ramĂšnent du mummy brown au pays, c'est le succĂšs immĂ©diat et tous les artistes se jettent dessus. Sauf que, en rĂ©alitĂ©, le mummy brown, ça signifie littĂ©ralement brin de momie et que les momies Ă©gyptiennes, elles se font visiter de temps en temps. Et oui, en fait, le mummy brown, ce n'est rien d'autre que des restes de momies broyĂ©es, un peu de chair, un peu d'os, ce qui lui donne une teinte bien particuliĂšre et bien immonde. PoussiĂšre de momie pour me vieillir. En plus, on soupçonne le pigment d'ĂȘtre toxique. Les artistes l'adorent pour ses teintes profondes, jusqu'Ă  ce qu'ils dĂ©couvrent son origine macabre. Ça va le succĂšs que j'ai eu. Ah bon ? En parlant de visite d'ailleurs, un artiste contemporain a produit des Ɠuvres tellement dangereuses que le public s'est plaint d'en souffrir. Rendez-vous Ă  Nottingham, en Angleterre, au dĂ©but des annĂ©es 2000. Le vent est froid, la lumiĂšre grise. Sur la place devant Nottingham Playhouse, les pas s'enlĂšvent la tĂȘte, intriguĂ©s par une Ɠuvre monumentale fraĂźchement installĂ©e. Un immense disque concave en acier poli, de 6 mĂštres de diamĂštre, inclinĂ© vers le ciel. C'est le Sky Mirror d'Anish Kapoor. Une sculpture fascinante qui capte la lumiĂšre, reflĂšte les nuages, dĂ©forme le rĂ©el avec une Ă©lĂ©gance presque surnaturelle. On y voit le monde Ă  l'envers, suspendu, comme si on Ă©tait dans une autre dimension. Mais trĂšs vite, un petit dĂ©tail vient tout perturber. En fait, quand le soleil brille, ce qui arrive parfois mĂȘme en Angleterre, le miroir rĂ©flĂ©chit la lumiĂšre avec une intensitĂ© telle qu'il aveugle les passants. LittĂ©ralement. Certains se plaignent de troubles de la vue, d'Ă©blouissements violents et mĂȘme de migraines. Des experts alertent sur les risques pour la rĂ©tine. L'Ɠuvre est tellement bien polie qu'elle agit comme une loupe gĂ©ante, concentrant la lumiĂšre comme un rayon laser. RĂ©sultat, l'installation est dĂ©placĂ©e, repensĂ©e et recalibrĂ©e. Et pourtant, Capour n'en dĂ©mord pas. Pour lui, le danger fait partie intĂ©grante de l'expĂ©rience esthĂ©tique. Le reflet n'est jamais neutre. Il peut sĂ©duire ou aveugler. Et il n'en est pas Ă  son coup d'essai. Son Cloud Gate, mieux connu sous le nom de Bean de Chicago, est une sorte de haricot gĂ©ant en acier poli. ProblĂšme, l'Ă©tĂ©, la surface rĂ©flĂ©chit tellement la chaleur que si vous le touchez directement, vous risquez de vous brĂ»ler les mains. Alors, que retenir de ces Ɠuvres dangereuses ? Eh bien, peut-ĂȘtre que la beautĂ© a parfois un prix. Celui du silence, comme pour Goya, rongĂ© par le plan. celui du sacrilĂšge, comme ces pigments extraits de Baume, ou seulement, plus insidieux encore, de la fascination aveugle, au sens propre, que peuvent provoquer certaines Ɠuvres contemporaines. Ce qui est frappant, c'est que le danger ne vient pas toujours de l'intention de l'artiste. Il surgit parfois de l'ignorant, de la soif de nouveautĂ©, ou du progrĂšs technique qui va plus vite que la conscience Ă©thique. Ces Ɠuvres nous rappellent que l'art n'est pas un espace hors du monde. Il est traversĂ© par les enjeux de son temps, la science, la colonisation et le pillage, l'industrie, le pouvoir. Et en regardant un tableau, une sculpture, un miroir poli comme un scalpel, on contemple parfois bien plus qu'une image. On contemple ce que l'humanitĂ© est prĂȘte Ă  faire ou Ă  ignorer au nom de l'esthĂ©tique. Ignorer par exemple les dangers de l'uranium en crĂ©ant de l'art radioactif. Mais bon, ça, ça fera l'objet d'un futur Ă©pisode. Merci pour votre Ă©coute. Et tiens, si vous ĂȘtes sur Spotify, dites-moi en commentaire s'il y a des sujets que vous souhaiteriez qu'on aborde dans ce podcast. J'ai hĂąte de vous lire. Dans l'attente, je vous dis Ă  la semaine prochaine pour de nouvelles anecdotes croustillantes et pĂ©rilleuses sur l'art et le design.

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    00:53

  • Conclusion

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