- Speaker #0
Écoute ta mère, le podcast d'Ecomer.
- Speaker #1
Bonjour, David Beaulieu, directeur de l'association Ecomer et fondateur. Cette association existe depuis 25 ans. Son objectif numéro un, c'est de préserver les océans, donc d'agir en amont, puisque en fait toute la pollution de la mer, des océans, est inhérente à l'activité humaine. Donc nous, notre combat, il se fait à terre pour protéger la mer.
- Speaker #0
Protéger la biodiversité.
- Speaker #1
Pour la protéger, il faut la connaître. Pour la connaître, il faut aller sur le terrain avec des spécialistes qui ont une connaissance d'une lieu marin qui est très importante et qui nous permet aussi d'être sensibles à cette vigilance à avoir de protéger le vivant. Parce que la biodiversité, si elle disparaît, il n'y aura plus rien dans nos océans.
- Speaker #0
Écoute ta mère, le podcast de l'association Ecomer. Comprendre les enjeux marins d'aujourd'hui et faire résonner les solutions de demain.
- Speaker #1
Le jardin des marées. À marée basse, un univers vivant unique apparaît.
- Speaker #0
Un monde discret et silencieux, qui nourrit, soigne, nous permet de respirer et fait même rouler nos voitures.
- Speaker #2
En fait, l'algue, c'est un eldorado incroyable. Imagine-toi, t'as de la vitamine, de la protéine, sans irrigation, sans pesticides, sans modification de terrain arable, et en plus, au fur et à mesure où tu manges, tu séquestres le carbone atmosphérique. Bon bah, youpié, quoi !
- Speaker #0
Les algues. restent encore largement méconnus ou méprisés. Sur l'île de Ré, certains ont choisi de les écouter et de les récolter autrement. Dans cet épisode, on part à la découverte de ce jardin des marées, un écosystème parmi les plus anciens du vivant, à la fois fragile et essentiel à la vie. Avec David Beaulieu, fondateur des Comères, on a rendez-vous avec un passionné, un érudit des algues. Tanguy Gauvin, il a fondé Algorithme en 2016 avec Hélène Jouanet. Il fonde l'algoculture artisanale sur l'île de Ré et bien plus.
- Speaker #1
C'est toute la capacité de Tanguy à réensemencer un milieu, donc régénérer un milieu en fait, donc ça c'est hyper important. Et ensuite, cette régénération, c'est pas pour en faire une industrie, c'est un système low-tech en fait, un laboratoire que tu peux imaginer partout où il y a des algues en fait. Salut Tongui ! Salut !
- Speaker #0
Nous sommes à Ars-en-Ré, au cœur d'un environnement préservé. El Dorado pour les algues.
- Speaker #2
C'est à l'épicentre de toutes les zones de culture et de gestion de la bordure littorale de l'algorithme. On est à peu près à vol d'oiseau, entre 100 et 100 mètres de toutes les zones à vol d'oiseau. C'était aussi l'idée d'avoir une activité hyper concentrique. On a la chance d'avoir beaucoup de côtes, notre côte est ciselée. Et donc, nous, sur le canton nord, à Ars-en-Ré, on a tout autour. Moi, j'interviens vraiment du Martrais, donc Ars Sud. J'enroule l'île de Ré par le Phare des Baleines et je vais jusqu'aux Ilates, au large de l'Oie, avant Saint-Martin. 44 kilomètres de côte. Et sur une zone de marnage qui est incroyable. On est sur le dernier plateau continental calcaire. Donc, chez nous, c'est très plat. Donc, la mer se retire très, très, très, très, très, très, très, très, très loin. Et donc toutes ces zones, il faut les maîtriser. Il y a des zones qui sont rocailleuses, des zones vaseuses, des zones sableuses. Il y a des zones qui vont concentrer des variétés d'algues par rapport à leur configuration de courant ontologique. Et bien il faut y aller, il faut y accéder, il faut les gérer, il faut les voir, il faut les constater. Et ça c'est notre job avec Ellen depuis maintenant 10 ans. Bien imaginer que mon métier à moi, il interagit au moment où la mer est au plus bas. On va s'approcher en 4x4, souvent en 4x4, parce qu'en fait on va emprunter au maximum les mêmes pistes que les ostréiculteurs. en descendant au plus bas quand la mer descend. J'ai la chance d'avoir l'autorisation de m'autoriser l'estran. Donc il y a aussi des zones de passage que j'ai créées pour pouvoir accéder. Après on va pouvoir y aller aussi en sèche-foie en bateau. Il faut bien imaginer que chaque pêche on va ramener, on va collecter entre 30 et 600 kilos d'algues. Et s'il fallait les ramener à pied ce serait très très compliqué. Donc il y a tout le temps des solutions mécaniques et techniques qui vont autour. Mais ces solutions mécaniques et techniques sont entièrement compensées par la bienveillance et l'application. que l'on met en place dans le milieu. Chaque heure passée d'un algomane chez nous est une heure de collecte d'algues pour en créer des vitamines, des protéines et des principes actifs, mais aussi une heure de reconstruction de la bordure littorale, mètre carré après mètre carré, puisque c'est de l'application de connaissances. C'est sans concession. C'est-à-dire que si l'algue n'est pas à maturité, elle n'est pas coupée. Si l'algue n'est pas bien ou en trop faible quantité sur son milieu, elle est juste prélevée en stimulation, mais elle ne sera pas coupée. collecté pour en faire de la résonance économique. Donc ça demande beaucoup de temps. Il y a beaucoup de marées qui sont là. Perte. En réalité, il y a plus de marées à perte que de marées en capacité de rentabilité économique aujourd'hui sur notre territoire.
- Speaker #0
Avant de créer l'entreprise, Tanguy et Hélène ont passé deux ans à se former, observer, documenter, expérimenter. Un savoir construit sur le terrain, au fil des marées, pour mieux comprendre ces végétaux, essentiels à la vie.
- Speaker #2
L'algue, il faut avoir vraiment cette conscience, c'est la pierre angulaire du bon fonctionnement de la bordure littorale. Hormis le fait que c'est le premier frein à l'érosion pour notre territoire qui est illien. C'est aussi l'habitat et la nurserie de toutes les populations animales. Si on veut que nos enfants sachent que c'est qu'une sèche, est-ce que c'est qu'un mulet, est-ce que c'est qu'un bar, eh bien il faut ces zones de frais. Et ces zones de frais, ce sont les bandes algues. Donc c'est la vie, en fait, de la bordure littorale. L'algue, pour sa croissance, va capter le CO2 atmosphérique et 50% de sa biomasse. Donc quand tu vois une algue d'un mètre, elle a créé deux mètres de matière. C'est ce mètre manquant, il s'est départicularisé dans le milieu marin. Et donc ces particules, elles vont servir à nourrir les brouteux, en partie, et le reste va finir séquestré au fond de l'océan, et 12 millions d'années plus tard, c'est du pétrole. Voilà. Et c'est très intéressant de savoir qu'on peut amener une compensation à l'ère industrielle, si tu veux, par conscience collective et en passant par l'alimentation. L'alimentation qui est la première pharmacie du monde.
- Speaker #0
Donc là, on est sur l'estrand, à Ars-en-Ré, et on va aller voir ces algues.
- Speaker #2
On va parler de l'algue la plus protéinique du monde, ça s'appelle le Porphyra purpurea, Aonori, dit le Norireté. Et ici, en fait, c'est une algue rouge, tu vois. Là, elle est à maturité. Cette algue rouge, ça, c'est ce que tu vas retrouver qui sert à faire tes maquis. Et juste à côté, cette fameuse algue verte, qui a un réel problème en Bretagne, c'est une ulve entéromorphe. Et donc, cette ulve entéromorphe qu'on appelle Aonori, est une super algue détoxicante,
- Speaker #1
antioxydante, qui régule les corps gras dans l'organisme et qui est une vraie solution alimentaire. Et c'est la même algue qui pose un problème en Bretagne à l'échouage et à la putréfaction.
- Speaker #2
Ça, c'est des fucales, des fucus. Ce sont des plantes qui sont à maturité sexuelle au bout de 5 ans de croissance. S'il fallait comparer le fucus et la haunaurie ou le nourri que je viens de te montrer, eh bien la haunaurie et le nourri, ce seraient les fougères des bois et le fucus, ce seraient les chênes. Et tu vois, en fait, ça, c'est un peu la pierre angulaire au frein à l'érosion et à l'habitat des populations animales, parce que là-dedans, il se passe beaucoup de choses, tu vois. Donc ça, c'est des trucs qu'il faut absolument respecter. Je connais des pieds de fucule contre autant.
- Speaker #0
Chacune possède ses propriétés, sa texture, son rôle. Une ressource naturelle incroyable, mais sous pression, qui subit localement une diminution en raison de différents facteurs.
- Speaker #2
Effectuellement, tu as le réchauffement climatique, donc changement de température des eaux, changement des pressions atmosphériques. Il y a eu des événements climatiques. Quand on a pris la tempête en 1999 ici, ça a départicularisé le substrat. Donc les cailloux, ils se sont effeuillés, pour faire simple, sur des dizaines de milliers de mètres carrés, et sont retournés. Comme les algues, elles vont se reproduire par sporulation, et donc par végétation dans surface calcaire, puis gamétisation, et bien toutes... Toute cette fécondité, elle a été inédite. Si tu coupes à ça la maltraitance du pouce caillou, qui à chaque fois qu'il va à la pêche, va arracher des brassées de fucus par exemple, au lieu de les arracher, s'il les coupait, il stimulerait. Alors que quand il arrache, il stérilise. Il stérilise la possibilité de l'algue, mais aussi tous les micro-organismes bactériens qui vont avoir besoin du support de l'algue pour faire le développement. dans le biotope. Aujourd'hui, on a une réduction de la population algale, alors qu'il faudrait une favorisation à la population algale, puisque la population algale, on dit souvent que c'est la moitié de ton poumon quand tu respires, mais la réalité, c'est que l'autre moitié de tes poumons, elle est sclérosée. Parce que les forêts amazoniennes, l'indice carbone de leur exploitation est au-delà de leur possibilité de captation. Et c'est pareil pour l'Afrique. Aujourd'hui, les seules forêts capables de donner de l'oxygène pour toi et pour les générations futures, C'est l'océan et c'est les champs d'algues. C'est ça la vérité, c'est la réalité.
- Speaker #0
Et s'y ramasser, prélever les algues aidait à reconstituer le milieu, à favoriser l'apparition de nouvelles algues.
- Speaker #2
On s'est éduqué et on s'est rendu compte, on s'est éduquant qu'il y avait des méthodologies connues, reconnues, de biostimulation en France, au sein du CEVA. Et la seule problématique, c'était de les mettre en place et les appliquer. Donc nous, on s'est mis à quatre pattes, 200 marées par an, à peu près, sur les 44 kilomètres de côte, mètre carré après mètre carré, variété après variété, puisque les variétés vont dépendre de leur saisonnalité. Et nous, on vient créer un stress mécanique au prélèvement, au moment de la sporulation. Créer un stress mécanique à la captation, à la photosynthèse, la plante, par autoréflexe naturel, au lieu de faire un million de sports, elle va faire trois millions de sports. Trois millions de sports, donc elle fait plus de bébés. Et donc ces bébés vont pouvoir réimplanter la population au fur et à mesure. Donc on est parti de confettis variétaux. On a référencé 870 variétés d'algues, macro-algues, sur le pourtour qui me concerne, sur les 1270 existantes Atlantique Nord. Donc il reste un beau cheptel, mais de façon microscopique. C'était des confettis.
- Speaker #0
Mise en application sur l'estrand rétel.
- Speaker #1
Donc là, tu vois l'idée, sur une algue comme ceci, arrivé à sa période de sporulation, ce qui n'est pas le cas là aujourd'hui,
- Speaker #2
on va appliquer un prélèvement qui ne va pas excéder un tiers du volume de la plante et qui va être au-dessus de cette 7 cm de rameau. Donc là, par exemple, si je lui enlève ces capteurs-là, je vais lui créer un stress mécanique qui va la pousser à sporuler beaucoup plus fort. Et ça va permettre d'avoir d'autres bébés. Et c'est ce que je fais au quotidien, c'est ce que je viens de faire là à l'instant sur cette plante-là. Et c'est ça qu'on va répliquer quasiment à l'infini sur des centaines de milliers de mètres carrés de branches. Il y a un protocole qui a été édité l'année dernière qui s'appelle EVA-ALG, où l'algorithme était pilote privé. Et donc, on a mis des zones en jachère qu'on n'a pas touchées, des zones que nous avons travaillées sur deux ans. Et eux ont statué qu'il y avait une plus forte résilience, donc plus de juvéniles au mètre carré. Et donc, le travail d'algorithme était positif par rapport à la jachère, qui était, elle, en mode de dégradation.
- Speaker #0
Les bernaches au loin. Les bernaches cravants qui mangent des algues.
- Speaker #2
Et les bernaches que tu vois là, donc ces oies migratrices, elles viennent et ce qu'elles préfèrent manger, c'est ce que je t'ai montré au tout début, le nori. Parce qu'en fait, le nori, tu sais, ça contient 60% de sa matière sèche et de la protéine végétale. Et donc, c'est une bombe. Et elles mangent aussi de la eau nori, elles mangent. Et après, la bernache, elle, tu vois, elle fait le même job que moi. La bernache n'est pas dégradante. À la différence d'un cygne qui prend et qui arrache, la bernache, elle coupe avec son bec. Donc en fait, elle fait le même job que moi, la bernache. Donc là, on va faire une découverte culinaire. Ce n'est pas l'heure dans l'après-midi. David, tiens, tu vas goûter ça. Tu vas fermer les yeux et puis tu vas me dire où est-ce que tu es rendu. Ah, j'adore celle-là.
- Speaker #1
C'est de la truffe. Comment elle s'appelle, celle-là, déjà ? Lorenzia Pinatifida. Et son nom, pas...
- Speaker #2
Poivre de mer ou truffe de mer.
- Speaker #1
Rue de mer, ouais.
- Speaker #2
Et alors là, tu vois, ça c'est pareil. C'est bête comme chou. Donc ça, ce sont des jeunes pousses de fucal. Eh bien, vas-y, mange ça comme si tu mangeais un légume cru.
- Speaker #0
Mais la mâche, elle est hyper intéressante. Parce que ça ne fait pas comme de la salade. Non,
- Speaker #2
et tu pourrais, toi, imaginer ton alimentation du quotidien.
- Speaker #0
Tu as votre petite texture et tout, carrément.
- Speaker #2
Voilà, voilà, on y est. Tu la vois la petite corallina, là ? Ça, c'est une algue rouge qui concentre le calcaire, le calcium. Sur tes dents, ça va te faire un truc bizarre, n'aie pas peur. Ce n'est pas du sable, ça ne va pas te casser les chicots. C'est du calcium brut. Vas-y. On a l'impression d'avoir un côté sableux.
- Speaker #0
C'est très étrange.
- Speaker #2
C'est du calcium brut, maritime. Donc ça, ton organisme, il l'assimile tout de suite. Il est créé pour l'assimiler. Tu sais pourquoi l'Homo erectus est devenu Homo sapiens ? Ce sont les populations côtières qui consommaient de l'algue. Et les antioxydants contenus dans ces algues, dans ces légumes marins, ont permis la connexion des deux lobes frontaux. cérébraux, et nous a fait changer de Homo erectus à Homo sapiens. Et ça, c'est pas moi qui le dis, c'est scientifique. L'algue, jusqu'en 1840, était consommée par toutes les populations côtières comme un légume, et en fait, c'est à partir de 1900-1910 que l'industrie agroalimentaire a coupé complètement et est contendue de bordelais de vache, parce qu'en fait, il y avait des intérêts économiques qui étaient placés sur de l'industriel. Et quand tu fais réellement de l'histoire et que tu dézoomes, c'est hallucinant, quoi. L'algue est... est déjà responsable de notre évolution globale depuis le début. Et en fait, si aujourd'hui je te dis mange de l'algue, même en très faible quantité, ton organisme est programmé depuis le début pour ce type de consommation.
- Speaker #0
L'algue n'a pas toujours bonne réputation, parfois à juste titre. Si certaines variétés sont essentielles à l'équilibre des écosystèmes, d'autres peuvent être problématiques pour le milieu.
- Speaker #2
Donc là, des algues invasives type sargasse. qui pousse très très vite et qui occupe beaucoup beaucoup d'espace et qui n'est pas ni alimentaire ni aucun intérêt. Je l'ai fait rechercher par tous les bouts, savoir si on pouvait la valoriser en faire quelque chose. Pour l'instant, pas du tout. On pourrait imaginer si en faire de la biomasse pour faire des biomatériaux par exemple, mais c'est tout. Et en fait, ce qui se passe, c'est qu'elle est exotique, elle pousse très très vite, tu vois,
- Speaker #1
et elle va empêcher, tu vois, sur tes pieds là. Ça, c'est des bébés laitues là, tu vois. Bébés laitues, hop, bébés wakame. elle empêche la captation à la photosynthèse et elle empêche le développement des variétés endémiques. C'est sargasse, ça.
- Speaker #2
Ouais, ouais. Donc, tu vois, aussi bien je sais stimuler toutes les variétés d'ag, mais je sais aussi les stériliser.
- Speaker #1
Alors, comment on lutte contre ça ?
- Speaker #2
On va la stériliser, donc on va... n'empêcher son développement au plus bas, sans lui enlever son pied. Parce que si j'enlève son pied, je pète le développement bactérien qui est juste en dessous. Donc je viens la raser au plus bas.
- Speaker #1
Et voilà.
- Speaker #2
Mais tu vois, des fois, sur des zones, je passe une heure, deux heures à faire ça.
- Speaker #1
Et alors là, c'est une laminaire, là.
- Speaker #2
Non, ça, c'est une algue rouge qu'on appelle le steak de mer.
- Speaker #1
Ah ouais, mais elle n'est pas fixée.
- Speaker #2
Ah non, elle est déchoage. On ne mange jamais une algue déchoage, toi. Une algue qui n'est pas fixée à son support. Tu ne la touches pas. Une algue, c'est un catalyseur chimique dans le milieu. Elles ont une capacité de transformation chimique du milieu sans assimiler ni les métaux lourds ni les produits chimiques. À partir du moment où l'algue n'est plus fixée à son support, elle reste vivante dans le milieu, mais elle change sa catalyse positive en catalyse négative. Dès qu'elle croise un métaux lourd, elle l'absorbe et ainsi de suite. Si tu manges ça, tu prends le risque, pendant sa navigation, si elle a croisé une merde, tu vas la bouffer. Alors que si tu prends même une sargasse, qui n'est pas une algue alimentaire, mais qui est vivante, tu fais ça. T'as aucun risque.
- Speaker #0
Et les algues vertes alors ? Les échouages massifs en Bretagne, la toxicité lors de la décomposition, elles sont, la réponse, un déséquilibre.
- Speaker #2
Quand t'as la grippe, ton organisme fait des anticorps. Tu vois l'océan, quand il a la grippe, il crée des anticorps. Ces anticorps, ce sont ces algues vertes. Ces algues vertes, c'est des entéromorphes. C'est ce qu'on appelle la honorique. C'est une algue qui va contenir 7 fois plus de vitamine C que l'orange au gras, mais 10 fois plus de calcium que le lait. Donc qui est une réelle alternative, qui a une capacité de croissance exponentielle, d'où son échouage et sa problématique. Elle rentre à partir du moment où elle va rentrer en putréfaction. Par contre, si nous, humains, on avait la capacité de récupérer cette biomasse incroyable, quel anticorps de l'océan pour supporter l'intolérance humaine ? Parce qu'en fait, ce qui se passe, c'est que l'océan est obligé de réagir. Les nitrates, tous les pesticides, il faut qu'il les digère, lui, son état chimique, son équilibre. Sinon, il crève. Et si lui, il crève, nous, on crève. Et donc tu vois... Il faut bien cerner les problèmes, il faut bien les interpréter. C'est nous qui n'avons pas de capacité à résoudre, en fait, transformer ce problème en solution, et en plus en solution qui peut être dans l'épanouissement social, économique de toute la bordure littorale. Parce qu'en Bretagne, les échouages d'algues vertes, si on transforme ça en bio-aliments pour les animaux, et donc ça veut dire quoi ? Parce que l'algue contient des enzymes de digestion qui permettent notamment aux animaux de réduire leur méthanisation et la digestion. D'accord ? Et si on pouvait, on sait en fait déjà.
- Speaker #1
Oui, mais c'est ça, on ne l'applique pas.
- Speaker #2
Agrocampus sait, CNRS sait, tout le monde sait. Et on ne le met pas encore en oeuvre, il n'y a pas de volonté politique.
- Speaker #0
Après la récolte à la main, vient le temps de la transformation, à quelques pas du bord de mer. Aucun procédé industriel lourd, que des pratiques low-tech.
- Speaker #2
En fait, la luminosité, la qualité de l'humaine que nous avons ici à Ars 100 E, elle est équivalente à celle de Bonifacio. Et tout le système de valorisation de nos algues, industrielles, pharmaceutiques, cosmétiques et alimentaires, il est fondé sur le bienfait commun, et donc sur la connaissance tout en low-tech. Chez nous, tout en low-tech. Aucun indice. Aucun indice carbone sur tout ce qu'on touche. Et au pire, on crée un indice positif. Ici, en fait, le four, il marche grâce à la lumière que tu as sous les yeux, là aujourd'hui, tu vas sentir qu'elle est probante. La captation hydrométrique est faite grâce à la connaissance géologique. Comme on a de la branche calcaire qui, elle, va capter l'humidité par capillarité, je vais lui donner une capacité de captation atmosphérique de l'humidité. Et là, mon foin, naturellement, grâce aux embruns, aux entrées maritimes, il va fonctionner avec son renouvellement d'air. Lavage de l'eau captée sous tapis à 2 mètres,
- Speaker #1
rendue au milieu naturel. Égouttage juste grâce à la brise à travers des systèmes hyper simples, en fait, techniques. Et tout le modèle est créé comme ça, de façon à ce qu'on puisse le développer quasiment à l'infini.
- Speaker #2
Et c'est que basé sur le bon sens. Moi, je suis cultivateur de bon sens, du low-tech. Je regarde la configuration par rapport aux problématiques et aux avantages. On crée un outil qui est valorisant et donc qui va dégrader personne. Je peux faire des milliers de tonnes d'algues, ça ne va pas te faire chier. Ça ne va pas prendre l'eau à ta gamine, ça ne va pas pourrir ton atmosphère. Et à côté de ça, c'est la capacité à fournir de la vitamine. Si tu regardes les propriétés et les taux de vitaminiques et protéiniques dans chacune des variétés, ne serait-ce que la litume mère, en calcium et ainsi de suite, tu te tombes de cul. Parce que la lecture de mer, on a fait un gros boulot, donc on a été élu au Plan France Relance, donc j'ai eu la chance d'avoir un scientifique, master de biotech aux universités de La Rochelle pendant deux ans, où en fait on a accumulé une bibliothèque de savoirs sur nos algues à nous, pêchées par nous, à tout leur type de maturité, donc juvénile, maturité sexuelle, à maturité dégradante, et ainsi de suite, sur toutes les variétés. Et donc on a pu quantifier ce qu'elles allaient saturer. Et donc là-dedans, les scientifiques, ils ont joué, ils ont fait des tests, ils ont travaillé, ils ont fait des protocoles. Je te parle de ça pendant 5 à 6 ans, jusqu'à des éditions internationales. Et aujourd'hui, on a la certitude que certaines variétés d'alcool que moi, je maîtrise. à telle maturité, elle concentre tel type de choses qui va pouvoir être synthétisée. C'est les médicaments qui vont aider au cancer du sein, au cancer de la prostate, et ainsi de suite.
- Speaker #0
Algorithme a recentré son activité sur la vente aux professionnels. Des tonnes d'algues chaque année pour les cosmétiques, la thalasso, la recherche médicale, l'alimentation. En fait, les algues sont déjà dans notre quotidien.
- Speaker #2
dans chaque yaourt que tu manges. Le E117, c'est de l'agar-agar, l'agar-agar, c'est de l'alginate d'algues extrait chimiquement par les industriels bretons. Pas que, mais en partie. Dans chaque plaque cuisinée, le stabilisateur alimentaire, c'est de l'algue. En fait, l'algue est déjà présent dans votre alimentation. Et aujourd'hui, moi je suis contacté par des grosses sociétés agroalimentaires, parce que s'ils rajoutent un kilo d'algues à leurs centaines de kilos de préparation de merde, de nourriture facile à manger, Eh bien, ils remontent dans l'indice A, B, C, D dans le Nutri-Score. Pourquoi ? Parce qu'en fait, moi, je propose de la vitamine, de la protéine qui va être 100% naturelle, dénommée d'indice carbone et qui leur permet d'avoir un ingrédient qui est haut de gamme. En plus, on est bio. Mais en fait, si les algues aujourd'hui ne sont pas bio, il y en est bio, les gars. On est d'accord.
- Speaker #0
Un environnement particulièrement sensible qui mérite d'être plus protégé et mieux encadré.
- Speaker #2
Aujourd'hui, tu vas aller pêcher dans une rivière, si tu n'as pas de carte, tu ne peux pas. Tu vas marcher dans une forêt, si tu n'as pas de carte, tu ne ramasses pas des champignons. Tu viens chez moi, tu arrives, je ne t'accuse pas, mais tu n'as pas de connaissances, tu fais n'importe quoi, tu as le droit, tu as le droit. Ce n'est pas normal. Eh bien moi, je voudrais qu'il y ait plus de rigueur là-dessus, qu'il y ait plus de compréhension du commun des mortels et que ce soit juste, logique et équitable. Parce que ce n'est pas équitable. Moi, je peux travailler pendant 10 ans sur un endroit pour le faire revenir, travailler, travailler, travailler. J'ai 10 bolos, ceux qui vont pêcher 4 palouards et qui en 2 heures te font reculer de 10 ans. Mais en fait, ce n'est pas de leur faute. Ils ne savent pas. On ne leur donne pas l'information. On ne les oblige pas. S'il fallait aller au bureau de tabac, acheter une carte pour avoir l'air de le faire, comme quand tu vas en rivière, ils sauraient et ils ne le feraient pas. Ils ne sont pas cons, les gens. Ils ne savent pas. C'est tout. Commençons par cette éducation-là. Moi, je ne suis qu'un petit levier dans un truc. J'essaie de faire en termes éducatifs le maximum, à mon échelle. Alors, on a la chance. On est sur l'île de Ré. On a créé un modèle sur l'île de Ré, dans un territoire exceptionnel, sur une perle environnementale. Il y a un vrai travail à faire. La volonté politique, elle est en train de se mettre en œuvre et je veux pour preuve. La note rouge de l'Elysée qui est tombée sur la région pour protéger mon activité et le savoir que nous avons acquis, c'est qu'aujourd'hui, la France, c'est le deuxième territoire maritime du monde. Aujourd'hui, la France, on devrait être les Qataris de la sécrération carbone. Tous les États pollueurs du monde, ils devraient nous verser une redevance pour absorber leur merde, pour que nos enfants aient un avenir. Et donc, il faut réellement que les volontés politiques changent, il va falloir du temps. Et nous, on se porte en fer de lance du savoir et de la périclité de ce savoir. C'est-à-dire que là, algorithme, nous, on est tout petits. On a créé la filière, on a survécu en termes économiques, mais en termes de savoir, d'accumulation de savoir et de capacité, on est très très grand. On n'a pas honte, on est vraiment très très grand, on a beaucoup beaucoup beaucoup d'acquis. Et donc aujourd'hui, ces acquis, il faut les mettre à la démultiplication. Et donc c'est pour ça qu'on ouvre, grâce au travail avec les autorités, on va réussir à ouvrir 4 hectares de parcours véhicule en culture, où là on va maîtriser, et on va maîtriser aussi la biomasse que l'on crée au mètre carré. plus facile de quantifier ce qu'on séquestre comme carbone, et ça va être plus facile pour moi de te dire, tu vois, de manger des algues qui t'apportent des vitamines, des protéines, ces algues, ces vitamines et ces protéines, je te les ai créées sans irrigation, sans pesticides, sans modification des terres arables, et en plus, je renouvelle son atmosphère pour que demain, il y ait un espoir. Et bien, tout ça, à force, on va finir par réussir.
- Speaker #0
Créateur de la filière algues à l'échelle départementale et régionale, Tanguy Gauvin et Hélène Jouanet ont posé des pierres fondatrices avec Algorithme sur l'île de Ré. Un savoir construit pas à pas pour comprendre et régénérer les algues. Un modèle bienveillant avec un impact positif sur l'environnement qui pourrait s'aimer sur d'autres zones côtières, avec d'autres jardins maritimes à cultiver. Pour en savoir plus sur les algues et le travail d'Algorithme,
- Speaker #2
rendez-vous sur lesalguesdelilderé.com. Écoute ta mère. Le podcast de l'association Ecomer.
- Speaker #1
Merci d'avoir pris part à cette navigation.
- Speaker #0
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- Speaker #1
Venez nous rejoindre, vous écouterez la mer avec nous.