- Speaker #0
Bonjour, c'est Virginie. Vous écoutez le podcast ECHO, un podcast de discussion autour de l'entrepreneuriat, de l'engagement et de l'émancipation des femmes. Ce podcast veut être une source d'inspiration, de connexion et d'impact. Avec mes invités, nous avons à cœur de faire bouger les lignes. ECHO est un projet indépendant, alors si le contenu vous plaît et que vous voulez le soutenir, vous pouvez en parler autour de vous, le partager sur vos réseaux sociaux. et mettre une note 5 étoiles avec un commentaire sur votre plateforme d'écoute favorite. Merci pour votre soutien et bonne écoute. Alors aujourd'hui, je reçois Aminata. Salut Ami.
- Speaker #1
Salut, comment tu vas ?
- Speaker #0
Super, je suis ravie de t'accueillir. Alors Ami, toi tu es à la tête d'une asso qui s'appelle Soparx et donc vous travaillez sur quatre axes. L'éducation, la parentalité, l'insertion. La citoyenneté, c'est bien ça ?
- Speaker #1
Oui, c'est tout à fait ça.
- Speaker #0
Et donc, vous prédez lieu d'échanges à travers des ateliers, des accompagnements, d'un podcast aussi, tu vas nous en parler. En gros, tu libères la parole.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Pour moi, tu es un exemple de ce qu'est l'entrepreneur engagé, celle qui a réussi à concevoir son projet avec ses tripes. Et du coup, j'ai hâte d'en discuter avec toi aujourd'hui.
- Speaker #1
Moi aussi.
- Speaker #0
Alors déjà, pour qu'on te connaisse mieux, explique-nous qui es-tu ?
- Speaker #1
Alors du coup, je m'appelle Aminata, j'ai 41 ans. Je suis maman de trois enfants, donc j'ai trois filles qui vont de 13 à quasiment 18 ans. Je suis éducatrice spécialisée de formation. Et puis voilà, j'ai un mari en chien, deux Ausha accessoirement. Et voilà.
- Speaker #0
Alors tu disais que tu étais éducatrice de formation ? Oui. Donc si tu peux nous expliquer un peu.
- Speaker #1
Alors je suis éducatrice spécialisée. Alors moi j'ai un parcours assez... classique donc après le bac je vais en fac je fais de la sociologie et de la psychologie et puis entre temps je décide de m'orienter vers le métier d'éducateur spécialisé je passe les petits concours d'entrée en cours de prépa sauf que la prépa se faisait en internat Et du coup, il y a quelque chose que je n'avais pas gardé en mémoire. Donc, je passe toutes les étapes. Et au moment de dire à ma mère que je suis reçue, elle tilte que c'est de l'internat et qu'il faut aller dormir là-bas. Et du coup, elle me dit, mais jamais de la vie. Du coup, ça tombe à l'eau. Et finalement, je continue à la fac. Je vais faire un peu d'animation. Puis l'animation, c'est cool, donc il reste un bon moment. Et un peu plus tard, je reviens sur cette volonté d'être éducateur spécialisé. Et puis après, je me forme aussi sur la médiation, sur la gestion de conflits, parce que c'est des choses qui me plaisent, et sur les rapports humains.
- Speaker #0
Ok. Et du coup, tu as été éducatrice pendant une période de ta vie ? Oui, éducatrice. Ça a duré combien de temps ?
- Speaker #1
Pendant une quinzaine d'années. Donc j'ai fait plusieurs institutions différentes, j'ai fait la maison d'enfants à caractère social, donc les endroits où on place les enfants qui doivent être éloignés de leur famille. J'ai touché au handicap, à tout ce qui est protection des jeunes qui ont en tout cas des antécédents judiciaires, avec le ministère de la justice, et puis le projet de réussite éducative qui est la dernière fonction en tout cas. que je vais avoir en tant que salarié. Et puis c'est à ce moment-là qu'après le Covid, l'envie de grandir, de faire autre chose et d'être plutôt le trait d'union entre les institutions et les familles commence à émerger.
- Speaker #0
Donc c'est comme ça que tu as l'idée de Sopax ?
- Speaker #1
C'est comme ça que l'idée de Sopax, en tout cas, prend une autre tournure parce que finalement, l'association, on y pense en 2012. 2012, avec mon mari et une amie, on est là, on se dit, tiens qu'est-ce qu'on pourrait faire ? On avait déjà envie d'accompagner différemment et puis on s'était dit, ouais ce serait bien d'avoir un bus, de sillonner un petit peu les villes et de proposer, euh, emplier de l'immeuble, emplier de pavillons. Finalement, on fait nos enfants, on met ça un peu de côté. On reste à pied, en plus moi j'ai été fonctionnaire pendant 22 ans. Et je dis j'ai été fonctionnaire parce que j'ai fait une rupture conventionnelle, mais du coup, on est bien, on est la sécurité de l'emploi. Et en 2020-2021, là, vraiment, ça y est, je me sens un peu étriquée dans ce costume de fonctionnaire. J'ai envie d'aller plus loin. plus vite aussi.
- Speaker #0
Tu as eu un déclic pour te dire « Allez, stop, j'arrête. » Et du coup, je me lance là avec mon projet ? Ou est-ce que ça a été un peu, comme tu dis, une réflexion au long cours ?
- Speaker #1
Oui, ça a été un peu une réflexion au long cours, une idée qui est là. Et puis, comme tu disais dans un de tes podcasts, c'est qu'on n'ose pas trop se lancer. On n'a pas été éduqués dans l'entrepreneuriat. C'était plutôt le salariat. On a l'impression que les autres peuvent le faire, mais que nous, on ne peut pas forcément, ou on ne sait pas trop, on n'ose pas, on a peur. On a des responsabilités, donc on se dit, est-ce que vraiment c'est raisonnable ? Donc au long cours, et en même temps, je pense que ça mûrit avec l'expérience terrain et les problématiques qu'on rencontre au fur et à mesure. Et puis à un moment donné, on se dit, là, finalement, c'est compliqué. Comment aller plus loin ? comment dévier aussi toutes les injonctions paradoxales qu'il peut y avoir dans les institutions. Et c'est là où vraiment on se dit, OK, on le fait. Mais avec raison tout de même. Donc moi, je vais commencer avec l'association. Comme ça, je peux commencer à vérifier sur le terrain mon offre. Est-ce que ça répond aux besoins ? Rencontrer un maximum de jeunes, de familles, de professionnels. Et puis là, une fois que je sens que ça y est, les gens sont réceptifs et que je peux faire quelque chose, je me dis, je me lance.
- Speaker #0
Ok, donc tu as fait ça en parallèle ? J'ai fait ça en parallèle, oui.
- Speaker #1
J'ai fait ça en parallèle. J'ai choisi aussi des territoires divers et variés. Alors moi, j'ai travaillé dans le 93, donc j'ai fait exprès de ne pas forcément oeuvrer dans le 93. J'ai d'abord été dans le 91, 77, sur Paris dans le 95. Ensuite, je suis sortie un peu de la région Île-de-France, du côté de la Normandie, de la Bretagne. de la grande mode. Et là, je me suis dit, Marseille. Et là, tu te dis, ah ouais, mais en fait, il y a quelque chose à faire. Et là, ça y est, c'est décidé. Et en parallèle, c'est un peu... Alors, je ne sais pas si toi, tu as déjà vécu ça, mais tu sais, quand tu mûris un petit projet et que tu sens que tu y es, et du coup, tu ne vois que les défauts de là où tu es. Ça veut dire que là où je travaillais, tout n'était pas forcément noir. Mais en tout cas, moi, il n'y avait plus rien qui allait. Ça n'allait plus, ça n'avançait pas assez.
- Speaker #0
Ça t'ouvrait en fait un champ des possibles alors que tu étais, tu avais l'impression d'être enfermée. C'est ça, moi j'ai vécu ça aussi.
- Speaker #1
Même les projets qui étaient proposés ou qui nous étaient soumis, tout semblait fade en fait. C'était l'heure de prendre son emploi. C'est ça,
- Speaker #0
exactement. Alors est-ce que tu peux nous parler là du coup, qu'est-ce que c'est que cette association ?
- Speaker #1
Alors Soparc c'est une association et aussi une entreprise Parce que du coup... Je commence par le milieu associatif effectivement, mais après je décide aussi de regarder le côté entrepreneurial. Et du coup, c'est une entité qui va travailler surtout sur le lien. Le lien, remettre un petit peu l'humain au centre de l'accompagnement. Et donc, on va accompagner sur quatre axes, donc l'éducation, la parentalité, la citoyenneté et l'insertion. Parce que pour nous, tout est lié. Et finalement, le cœur de notre action, c'est aussi la famille. Donc finalement tout ce qui concerne la famille, donc l'insertion, la citoyenneté, le bien-être, l'éducation et puis toutes ces questions autour de la parentalité qui pour nous sont vraiment cruciales. Et donc on va mettre en place des ateliers, du podcast, de l'accompagnement aussi bien pour les jeunes, les familles et les professionnels. Donc on travaille vraiment en 360 et l'avantage c'est que comme finalement notre réel créneau c'est de remettre du lien. et de permettre aux gens de se rencontrer, d'échanger, de déposer, pour mieux être accompagnés, finalement, c'est un outil qui se transpose sur toutes les thématiques, sur tous les piliers. Donc ça, c'est génial.
- Speaker #0
Et tu disais, du coup, que tu étais sur différents territoires. Est-ce qu'on peut imaginer que les problématiques que tu vas rencontrer dans le 93 sont pas les mêmes à la grande mode ou sont pas les mêmes... Tu parlais de la Bretagne aussi ?
- Speaker #1
Ouais, de la Bretagne ou de Marseille.
- Speaker #0
Ou est-ce qu'au contraire, tu trouves que c'est... Alors,
- Speaker #1
finalement, il y a des problématiques qu'on rencontre et qui sont... sur tous les territoires qui concernent toutes les familles, etc. Sur la question de la parentalité, peu importe le territoire, dès qu'il y a une famille, dès qu'il y a des enfants, il y a des problématiques qu'on va retrouver partout. Après, c'est vrai que selon les territoires, il y a des territoires sur lesquels on a énormément de droits communs, on a énormément de tissus associatifs, on a beaucoup de personnes qui œuvrent et on a des territoires un peu plus ruraux. qui sont moins dotés. Donc, on va dire que l'accompagnement va être différent, les problématiques, elles, finalement, à quelque chose près, elles... Elles se rejoignent. Après, c'est clair que sur les questions d'insertion, on n'a pas les mêmes sujets quand on est à Paris que quand on est en Normandie. Le bassin de l'emploi n'est pas le même, donc sur l'accompagnement, l'orientation, etc. Mais par contre, sur le harcèlement scolaire, c'est partout pareil. Sur le harcèlement tout court, d'ailleurs, parce qu'on aime bien dire harcèlement scolaire, mais le harcèlement, on le retrouve un peu partout. Sur les questions liées à la famille, ça va être un peu partout pareil. Et puis après, il y a des problématiques qui sont un peu différentes. Par exemple, un jeune à Paris va s'occuper, va tomber dans des travers qui ne sont pas les mêmes qu'un jeune en Bretagne, par exemple, où le taux d'alcoolémie est très important, où il y a beaucoup moins de quartiers, mais pour autant, les jeunes ont aussi leurs problématiques, elles vont se traduire différemment, je dirais.
- Speaker #0
Et les professionnels qui sont déjà sur le terrain, tu dis que vous travaillez aussi avec ces professionnels, comment tu les sens ? Tu les sens plutôt démunis face à toutes ces problématiques ? Est-ce que tu les sens assez équipés ? Comment vous intervenez auprès d'eux ?
- Speaker #1
Alors ça dépend. Je pense que finalement, la majorité des professionnels sont équipés. Mais c'est l'effet tête dans le guidon. Comme on a la tête dans le guidon, comme souvent il y a du sous-effectif, il y a beaucoup de travail, il y a beaucoup d'injonction paradoxale, comme je disais, du coup on a la tête dedans et des fois on a juste besoin d'une bouffée d'air. Et c'est là où Soparx va se placer, parce qu'à travers les échanges, le fait d'arrêter le temps, le fait de vraiment… le regard extérieur bien sûr et cultiver un petit peu cet état d'esprit de bienveillance et de se dire peut-être que quand mon collègue il descend toutes les 10 minutes et qu'il me laisse en galère quand c'est le feu, c'est pas juste parce que c'est un flemmard mais peut-être qu'il n'est pas assez outillé, peut-être justement que il y a un accompagnement à faire de la formation pour justement qu'il puisse être performant et qu'il n'ait plus besoin d'esquiver Merci. Les professionnels, voilà, après c'est clair que dans les structures jeunesse, il y a un réel sujet. On rencontre beaucoup de professionnels qui ont du mal à attirer les jeunes dans les structures. Sur la parentalité, c'est la même chose, on a du mal à toucher les parents et encore plus les papas. Fatigué, beaucoup de professionnels fatigués. Après, C'est comme tu disais, quand on arrive sur des endroits où les professionnels sont partie prenante de l'accompagnement et du fait de prendre un peu de recul pour un petit peu remettre de l'ordre dans l'organisation, dans les projets aussi des fois qui sont un peu poussiéreux par rapport à cette société en mouvement, ça se passe plutôt bien, mais des fois on arrive sur des structures où... Les gens sont un peu réticents, ils ont peur que tu prennes leur place ou que tu viennes mettre en lumière, que tu les montes du doigt en pensant mieux faire alors que l'intention n'est pas là. C'est vraiment de se dire entre professionnels, on peut à travers, en tout cas à mi-chemin, entre ce que nous on a apporté dans notre façon de faire qui va être moins descendante, plus transversale et ce que vous faites au quotidien, il y a un terrain d'entente en fait. pour réagir.
- Speaker #0
Ils sont sur l'intelligence collective, ils ont des choses à faire remonter. J'avais l'impression que des professionnels qui travaillaient avec la jeunesse, qui étaient formés pour travailler avec la jeunesse, n'avaient pas forcément les clés pour aller toucher la parentalité.
- Speaker #1
Oui, parce que déjà, pendant très longtemps, sur certains axes, notamment la jeunesse, on était focalisés sur le jeune. et on oubliait que le jeune il fait partie d'une famille et que finalement c'est un mineur et que c'est des parents donc ça se réduisait à l'autorisation de sortie l'autorisation de photographie etc et la société a bougé et là on se rend compte que finalement pour mieux accompagner un jeune si t'as pas le parent avec ça revient à ce que je te disais tout à l'heure moi quand je fais mes choix d'orientation je vais faire avec les conseillers d'orientation, on va vers de l'internat on a pas mis ma mère dans la boucle sinon dès le départ elle te dit Oui. Ou sinon, on travaille avec elle aussi. Comment ça va se passer, le détachement, la rassurer, sécuriser. Et tout ça, en fait, ce n'est pas fait parce qu'on prend juste le jeune, on oublie. Et oui, donc dans la formation d'animation notamment, il n'y a pas ce volet parentalité. Accueil des familles.
- Speaker #0
Les problématiques, elles sont systémiques, donc forcément. Exactement. On va pouvoir mettre tout le monde. Tu parlais tout à l'heure des pères.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
J'ai une vraie question à te poser. que les Pères, aujourd'hui, tu as l'impression qu'ils sont présents ou est-ce que c'est encore qu'une histoire de femmes quand on parle de parentalité ?
- Speaker #1
Moi, je suis très mitigée sur la question. Visuellement, on les voit peu. C'est-à-dire que quand on fait un café des parents, ils sont peu nombreux. Il y a des endroits où ils sont même inexistants, invisibilisés. Pour autant, ils prennent de plus en plus de place dans l'éducation des enfants, parce que la société aussi le veut, avec la montée des divorces. On a de plus en plus de papas solos. Donc eux aussi, ils se retrouvent comme les mamans dans des difficultés d'éducation aussi. Il faut gérer, il faut faire garder les enfants, il faut aller les chercher, c'est une organisation. Donc de plus en plus, on les voit. Maintenant, c'est vrai que les formules qui sont proposées la plupart du temps sont des formules qui peut-être ne leur correspondent pas vraiment. Et puis on a des préjugés. On se dit qu'à fait des parents, ça n'a que des femmes. C'est un peu pour les cassos. Parce que les problématiques, la façon dont elles sont abordées, les lieux où les cafés ont lieu aussi, les horaires parfois, tout ça, ça les éloigne, en tout cas ça ne facilite pas leur prise en charge. Et puis après, pendant longtemps, c'était les femmes qui éduquaient, c'est les femmes qui s'occupaient de la question de l'éducation, c'est encore beaucoup le cas jusqu'à aujourd'hui. Donc finalement, ils ne se sentaient pas spécialement concernés. Là, c'est parce qu'à un moment donné, nous aussi, on travaille. Nous, les femmes aussi, on travaille. Nous aussi, on est engagées. Donc, en fait, finalement, forcées par les choses, ils se retrouvent dans les positions où ils doivent faire les devoirs, gérer le repas, gérer la vicote. Et donc, ils sont, eux aussi, surchargés et dépassés. Maintenant, peut-être qu'il y a encore une question d'égo, de fierté.
- Speaker #0
Donc il y a l'ego, la fierté, et si j'entends bien ce que tu dis, il y a aussi cette idée que c'est aussi au professionnel de s'adapter au père, si on veut que les pères soient là, c'est aussi à eux d'inventer des formats différents, innovants, pour les faire venir.
- Speaker #1
Moi je pense que nous aussi ça nous arrange de les cacher derrière, ils ne veulent pas prendre leurs responsabilités, ou c'est une question d'ego, etc. Je pense quand même que les formules ne sont pas adaptées au père. qui a aussi beaucoup de préjugés et que c'est effectivement aux professionnels d'innover dans l'approche pour justement attirer ses papas. Notamment nous par exemple sur nos ateliers parentalité, on fonctionne en binôme homme-femme et même quand il n'y a que des femmes à l'atelier on est un binôme homme-femme donc déjà ça aide et puis comme on dit souvent aux mamans, vous voyez quand vous rentrez dites à vos maris qu'ils ont leur place aussi parce que la preuve, il y a un intervenant homme. Donc déjà, je pense que même dans l'approche, le fait qu'il y ait des hommes qui soient intervenants dans ces espaces-là, ça change la donne. Et nous, chez Sopar, ça, on le palpe.
- Speaker #0
Je l'entends et effectivement, je pense que ça change tout. Quand on est dans de l'entre-soi et qu'après, on se plaint que les hommes ne viennent pas, il y a une vraie question à se poser. Et pour autant, on le sait, alors je n'ai pas d'études, je n'ai pas de chiffres clairs à donner, mais on le sait que ça reste quand même la parentalité, c'est quand même la maison. tout ce qui touche aux charges domestiques, en fait, c'est quand même l'affaire des femmes, même quand on a l'impression d'être dans un couple assez à l'équilibre.
- Speaker #1
C'est quand même beaucoup la femme.
- Speaker #0
C'est quand même beaucoup la femme. Mais ça,
- Speaker #1
c'est de la transmission. C'est-à-dire que pendant très longtemps, nous, les femmes, on ne travaillait pas. On gardait les enfants, on gérait la maison, la popote. Et même si on s'émancipe, et Dieu merci, il y a encore un gros travail à faire parce que... c'est quand même, comme tu dis, ça reste quand même une affaire de femme. C'est-à-dire que même dans un couple à l'équilibre, tu l'as très bien dit, on est quand même en train de gérer, en train de penser, en train d'organiser. Et même quand on a un conjoint qui fait les choses, on repasse derrière, on regarde, on vérifie.
- Speaker #0
Il y a tout ce concept de charge mentale où en fait, on te dit que, alors oui, les hommes sont dans le faire, mais tout ce qui va être de la réflexion, de ne pas oublier. bien penser au rendez-vous de demain du sandwich du petit qui part en sortie ou quoi que ce soit ça reste l'écho et après on a une petite pensée d'hommes qui
- Speaker #1
gèrent très bien, qui organisent qui pensent et il ne faut pas les oublier, malheureusement ils sont invisibles l'idée et en plus ils n'ont pas d'espace pour prendre la parole, donc finalement vu que la parole est Et... Tu l'as dit, c'est nous qui sommes à la maison, c'est nous qui organisons, c'est nous qui géons, c'est nous qui disons qu'on est débordé, la charge mentale, on la vit. Donc on a de plus en plus d'espace qui nous sont dédiés, on prend la parole et même quand on ne nous la donne pas, on la prend. Donc du coup, nous, on n'a pas de difficulté à dire que c'est difficile, qu'on n'y arrive pas, alors que les hommes, déjà, ne le font pas. Et en plus de ça, il y a peu d'espace. où ils vont, ou en tout cas dans lesquels ils se sentent assez à l'aise pour déposer la parole. Donc en fait, j'ai envie de dire, c'est pas comme si, en tout cas à mon sens, c'est comme si même nos, c'est de la perception, c'est une perception qu'on a, mais on n'a pas assez d'hommes qui témoignent pour avoir, voilà, c'est des tendances, c'est ce qu'on pense, nous, à travers nos actions, mais aussi à travers les échanges qu'on peut avoir avec nos amis et nos entourages. Notre entourage de ce qu'on pense d'eux et de leur présence et de leur implication, mais ils ne sont pas là. On prend la parole pour eux finalement. Donc pour moi, c'est intéressant.
- Speaker #0
C'est intéressant parce qu'on entend beaucoup tous ces discours de femmes qui en ont marre, qui ont envie que les choses changent. Mais finalement, à quel moment est-ce qu'on associe les hommes dans cette réflexion ? À quel moment on leur laisse un espace de parole pour pouvoir aussi s'exprimer ? Je pense qu'on sera d'accord pour dire qu'on ne peut pas faire bouger les choses. que nous, les femmes mères, mais qu'il faut bien qu'on associe les hommes. Donc, permettons-leur ces espaces. C'est ce que vous faites avec Soparx.
- Speaker #1
C'est exactement ce qu'on fait. Et merci pour ce que tu viens de dire. Parce que moi, je vais peut-être un petit peu à contre-courant, mais j'ai envie de dire, ce qu'on sait déjà, on le sait. C'est-à-dire, la charge mentale qui repose sur nous, on le sait, on y travaille, on œuvre dessus et on lâche rien. Mais par contre, je refuse de taper sur l'absence des hommes, alors que je trouve... moi-même en tant que professionnelle, que dans la démarche et l'accompagnement, il n'est pas efficace en tout cas. Il ne répond pas forcément à leurs attentes. Et donc, c'est un peu facile de tout leur remettre sur le dos comme ne voulant pas, etc. Alors que pour moi, les choses, elles sont à travailler. Et donc oui, effectivement, chez Sopar, en tout cas, le choix qu'on fait, c'est d'intervenir sur ces questions de parentalité, que ce soit en café des parents, mais aussi sur des événements, l'école des familles. l'école des parents à Massy, le salon SoFamily, on essaie de faire des choses et des actions qui vont toucher aussi les hommes pour qu'ils soient là, représentés, et qu'ils prennent la parole pour eux. Et on aime bien dire aussi, il faut arrêter de mettre les hommes et les femmes en confrontation, parce que si on veut avancer, il faut bien comprendre une chose, c'est que c'est une équipe. Une équipe peut-être déséquilibrée, parce qu'il y a toujours quelqu'un qui court plus vite, qui est meilleur que l'autre, ou pas. qui sait mieux faire dans certains domaines, mais pas tous. Et même nous, les femmes, il y a des choses qu'on fait très bien. Et des choses, en fait, on les fait parce qu'on a l'impression de ne pas avoir le choix. Et des fois, on n'a vraiment pas le choix. On les fait comme on peut. Et la dernière fois, pendant nos podcasts, il y a un papa qui a dit, vous, les femmes, quand vous mettez au monde, on a l'impression que vous, vous avez le savoir-faire qui va avec. Et que nous, on ne se décolle pas. Mais en plus, vous ne nous laissez pas l'occasion d'expérimenter. C'est-à-dire qu'on n'a pas le droit de se tromper. Dès qu'on fait mal... Vous allez nous taper dessus en disant « N'importe quoi, qu'est-ce que t'as fait ? Mais la gauche, ça se met pas comme ça, mais attends ! » Il dit « Mais laissez-nous nous tromper, en fait. Vous aussi, vous faites des trucs, on vous regarde en disant « Mais qu'est-ce qu'elle fout ? » »
- Speaker #0
Oui. En fait, et puis, il se trouve que ça entretient cette idée, tu sais, d'instinct maternel, où une femme saurait de fait comment on fait. Et elle a la sachance, tu vois, le côté…
- Speaker #1
Encore une injonction.
- Speaker #0
Oui, c'est ça, exactement. Et puis du coup, pour celles qui ne ressentiraient pas cet instinct maternel, elles se sentiraient de côté parce qu'elles ne l'ont pas. Alors qu'en fait, il n'y a pas d'instinct maternel. Je pense qu'effectivement, comme tu dis, ça s'apprend aussi. On grandit avec ses enfants, on apprend avec eux.
- Speaker #1
Et puis tu as aussi toutes ces familles monoparentales, hommes comme femmes, qui font face à des problématiques aussi qui sont systémiques. le moyen de garde, comment trouver un temps pour souffler. On dit souvent prendre soin de soi pour prendre soin des autres, mais à quel moment, à un moment donné, il y a aussi dans le droit commun des gros manques. Pas uniquement l'accompagnement, mais aussi qu'est-ce qui est mis en place réellement pour les familles et pour que les parents puissent aussi trouver une place à la crèche, avoir une place à la cantine.
- Speaker #0
Oui, et puis tu vois, à l'heure où à l'actualité, on entend, tu sais que la SNCF va tirer des wagons à nos kids. Et pendant ce temps-là, dans certains pays, tu vois des wagons où pour le coup, tu vois des enfants qui… Enfin, un espace pour eux, pour qu'ils puissent jouer, etc. Et tu te dis, mais attends, c'est là où on a un souci. On oblige nos enfants à rester toujours… Tu vois, au resto, il n'y a rien pour eux. Tu vas dans les salles d'attente des médecins à part trois petits jouets. Sinon, il n'y a rien. Enfin, je veux dire, on s'étonne après que les parents n'arrivent pas.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
et je trouve que ça, c'est quand même dingue.
- Speaker #1
Et c'est marrant ce que tu dis parce que tu vois, à l'heure où on tape sur notre dos, parce que les écrans sont partout, parce qu'il faut, attention, il faut lutter contre... Et bien, en même temps, de l'autre côté, tu as des moments où tu as ton enfant et comme tu dis, rien n'est pensé pour le canaliser ou l'occuper. Alors oui, on va dire oui, dans ton sac, tu peux mettre les jouets, etc. Mais ce n'est pas la réalité. Tout le monde, ça. Et du coup, forcément... Des fois, on est face à des parents qui vont te donner le portable parce que c'est facilitant, parce que ça canalise, et parce que pendant cinq minutes, au lieu de te mettre une grosse claque, parce que là, tu m'énerves et j'en peux plus, je vais te donner le téléphone et ça va t'occuper, et moi, je vais pouvoir faire mes trucs. Donc du coup, c'est vrai que cette question des wagons sans enfant, elle est très questionnante parce qu'à un moment donné... On a des enfants, ils viennent au monde, c'est la société de demain. Qu'individuellement on en veuille ou pas, c'est des choix personnels, mais n'empêche qu'on ne doit pas... En tout cas pour moi, c'est très violent de se dire que parce que moi je n'ai pas d'enfants, parce que moi je veux être tranquille, je vais avoir des wagons sans enfants, mais en fait ils font partie de la société. Exactement, et c'est un peu la même chose dans le champ du handicap. À un moment donné, bah oui. On a des personnes qui sont porteurs de handicap, qui réagissent différemment, et ce n'est pas normal que ce soit eux qui n'osent pas aller au cinéma ou à la bibliothèque parce que ce sont des endroits où on ne fait pas de bruit. Tu pourrais pouvoir aller au cinéma, et oui, tu peux avoir une personne différente à côté de toi, qui va avoir des émotions différentes, et qui, en plein milieu du film, va se lever, va hurler, va rigoler, va commenter. Et en fait, c'est toute cette tolérance aussi qu'on va travailler chez Sopar, c'est comment on accepte les différences des uns et des autres, et comment on est OK aussi avec le fait que, Bah... la maman ou le papa à côté, il a un enfant en bas âge, il hurle, le parent est dépassé, mais au lieu de le juger, au lieu de soutenir, il tend lui la main, il essaie de l'aider, et on est dans cette société individuelle.
- Speaker #0
Pour que chacun puisse être dans cette acceptation aussi, je crois qu'il y a aussi un effort de la société au niveau plus collectif, effectivement, de pouvoir permettre à ce qu'il y ait des espaces pour les enfants, pour des personnes porteurs de handicap, pour faciliter aussi cette transition. Parce qu'aujourd'hui, c'est l'affaire de ceux qui ont des enfants en bas âge, c'est l'affaire de ceux qui ont... Des enfants de tous les modes. Exactement. Et en fait, là, le côté collectif, je crois qu'on l'a oublié.
- Speaker #1
Et oui, on est dans une société individualiste. Et puis, en France, on est les champions pour ne pas régler les problèmes. C'est-à-dire qu'au lieu de travailler sur la citoyenneté et sur comment, à un moment donné, On fait en sorte que les gens prennent aussi leurs responsabilités et comment on vit ensemble. Et qu'effectivement, un enfant qui va être malade, qui pleure, qui est dérangé, etc., c'est un enfant qui s'exprime. Et il ne faut pas non plus déconner. Il y a des gens qui ne respectent rien. Il y a des gens... Le savoir-être, le savoir-être ensemble, ils n'en ont rien à faire. C'est eux, leur réalité, leurs besoins. Et ils ne font pas attention aussi à ne pas déranger ou en tout cas... à amoindrir. Mais au lieu d'apprendre et de travailler sur cette citoyenneté, on va faire des wagons où les enfants sont interdits. Donc, on n'apprend pas aux enfants à se comporter ou en tout cas à vivre et à faire société. On leur interdit un accès. Du coup, on ne change pas.
- Speaker #0
On les met dans des cases, on les met à part. On ne règle pas le problème. Je trouve que ça indique beaucoup, finalement, sur la tolérance dans notre société.
- Speaker #1
Exactement. Tu parlais de l'actualité encore ce matin. J'avais une discussion avec ma fille qui a 17 ans sur l'interdiction des portables au lycée. Non mais, oui et non.
- Speaker #0
apprenons ensemble aux enfants à se comporter, mais du coup ça voudrait dire qu'il faut que les adultes apprennent eux-mêmes à se comporter, parce qu'il n'y a pas que les jeunes qui sont sur leur téléphone, on voit des adultes qui sont collés à leur téléphone, donc c'est comment par l'exemplarité on fait avec, et au lieu de faire confiance aux lycéens en les rendant autonomes, parce que ce sont des futurs adultes, on veut interdire, donc du coup on ne les éduque pas à… On enlève l'objet problématique, mais on ne les a pas éduqués.
- Speaker #1
Non, parce que finalement, c'est remettre le problème ailleurs. Plutôt que d'être dans une co-éducation, parents et école, sur l'utilisation des téléphones, le téléphone va devenir l'affaire de la famille, puisqu'on l'enlève de l'école. Et comme ça, s'il y a des problématiques, on dira que c'est sur les parents.
- Speaker #0
Et on est encore sur des questions éducatives. Et nous, chez Soparc, c'est pour ça qu'on prend beaucoup de temps. de temps à échanger, à débattre, plutôt que d'essayer de trouver des solutions. Mais pour que les gens conscientisent, ça veut dire que si tu enlèves le téléphone, ça veut dire qu'il y a aussi un problème au niveau du respect des règles. Et le jeune, s'il ne respecte pas les règles, c'est soit qu'elles ne sont pas forcément adaptées, c'est pas que des jeunes en rébellion, c'est parce que des fois, c'est hors-sol ce qu'on leur demande. Alors que d'avoir ton téléphone en mode silencieux, de savoir que tu ne peux pas y répondre, pendant le cours, mais qu'à l'interclasse, tu peux peut-être... Apprenez à...
- Speaker #1
Après, pour moi, c'est toujours cette histoire du bâton et de la carotte. Là, on va être le bâton. C'est interdit, c'est privé, on ne cherche pas à comprendre pourquoi ou pas. Et puis, on interdit. Ça lève le problème.
- Speaker #0
Après, c'est pareil, on pourrait débattre longtemps sur la question des réseaux. Alors oui, c'est important d'avoir un âge pour que les enfants puissent... surfer sur les réseaux parce qu'il y a tout. Mais une fois de plus, comment on accompagne, comment on éduque les enfants à faire avec un outil qui est là et qu'on ne pourra pas faire disparaître. Il est là.
- Speaker #1
C'est important en plus parce qu'aujourd'hui, c'est quand même primordial dans notre société, les réseaux sociaux. Il y a beaucoup de choses qui passent par les réseaux sociaux et encore une fois, priver les enfants des réseaux sociaux, c'est aussi les priver d'une partie de ce qu'ils peuvent vivre.
- Speaker #0
Alors qu'on pourrait rajouter une discipline. les réseaux sociaux, le numérique, etc. Et du coup, en apprenant à faire avec, on apprend aussi les dangers, les dérives. Et du coup, finalement, les enfants ne sont pas plus bêtes que nous. C'est-à-dire que s'ils comprennent le sens, s'ils comprennent les dangers, s'ils le savent utiliser, ils ne vont pas se mettre en...
- Speaker #1
Oui, puis je pense leur laisser aussi à eux cette possibilité de réflexion par rapport à leur utilisation du téléphone.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Moi, j'ai une ado qui passe beaucoup de temps de temps sur le téléphone et elle se rend compte elle-même que quand elle passe des journées entières à scroller, à la fin de la journée, elle est un peu déprimée, elle ne va pas très bien, elle a mal à la tête, elle ne va pas bien mais elle ne sait pas pourquoi. Elle prend elle-même la conscience de ça et du coup c'est beaucoup plus facile après de pouvoir l'aider à recadrer plutôt que de lui interdire. C'est ça.
- Speaker #0
Et puis après, notre parent, à un moment donné, je pense que nous les adultes, on doit prendre nos responsabilités. Qui achète le portable aux enfants ? C'est nous. qui payent la connexion Internet. C'est-à-dire qu'au lieu de leur taper sur les doigts parce qu'ils font des choses qu'on estime ne pas être, en tout cas, bon pour eux, à raison souvent, j'allais dire à tort ou à raison, mais souvent on a raison, c'est à un moment donné, comment on réfléchit à comment on outille nos enfants ? Est-ce que finalement, ce dont ils ont besoin, c'est un téléphone pour communiquer avec nous ? parce que c'est l'argument que les parents vont mettre en avant pour acheter le téléphone aux enfants à l'entrée au collège, ou est-ce qu'ils ont besoin d'une ouverture sur le monde ? Donc voilà, nous à l'époque, on avait un téléphone, il n'y avait pas forcément les réseaux. Donc voilà, c'est à un moment donné, comment nous on prend nos responsabilités, et est-ce qu'on ose ? Est-ce qu'on ose ? Et est-ce que quelque part, il n'y a pas quelque chose autour de… On a peur de mettre nos enfants en marge, parce qu'on va lui donner un téléphone juste pour appeler, et pas un smartphone. Mais c'est nous qui leur mettons l'outil dans les mains. Donc, à un moment donné, c'est facile de les habituer à quelque chose et puis ensuite de vouloir faire marche d'une arrière. Ce n'est pas si simple.
- Speaker #1
Et puis d'être un modèle aussi pour nos enfants, nous-mêmes dans notre consommation du téléphone. C'est ça. Je pense qu'il y a aussi un vrai sujet. Je voulais revenir sur toi et sur ton quotidien en tant que femme entrepreneur. Ça ressemble à quoi ?
- Speaker #0
C'est génial. Quand je dis que c'est génial, attention, ce n'est pas que génial. Il y a les difficultés d'entreprendre, de trouver aussi les clients, d'avoir un bon équilibre financier. C'est une réelle question et un réel sujet. Mais quand je dis que c'est génial, c'est que pour moi, ce n'est pas que ça. C'est aussi faire ce qu'on a envie, penser des projets, innover, avoir une marge de manœuvre incroyable, rencontrer une multitude de professionnels, de partenaires. parce que du coup on ré-ajuste énormément, donc finalement on se ré-ajuste en permanence. Pour moi, le but de la vie, c'est d'être une bonne personne et d'être épanouie. Et là, en étant à mon compte, moi, je suis épanouie. Je suis épanouie, je travaille sur les sujets qui m'intéressent. Je travaille où je veux, d'ailleurs. Je choisis là où je souhaite travailler et là où je ne souhaite pas travailler. Et ce qui est marrant, c'est qu'il n'y a pas très longtemps encore, il y a quelqu'un qui m'a dit, mais comment ça, vous choisissez ? C'est nous qui choisissons de travailler avec vous. Non. Non, non.
- Speaker #1
Ça va.
- Speaker #0
Non,
- Speaker #1
non.
- Speaker #0
Contrairement à ce que vous pensez, on choisit où est-ce qu'on intervient ou pas. Et on a le choix d'aller ou de ne pas aller. Et même quand il y a des moments où financièrement c'est plus fragile, tu choisis quand même d'y aller ou pas. Donc ça c'est...
- Speaker #1
Tu le fais en conscience en fait.
- Speaker #0
Tu le fais en conscience. Donc ça c'est génial. Et après, les jours se répètent sans se ressembler. Et en même temps, ça demande quand même une rigueur. On nous fait croire que tout le monde peut entreprendre, mais tout le monde ne peut pas entreprendre. Et on nous parle beaucoup des beaux côtés de l'entrepreneuriat, mais pas assez des côtés plus difficiles. Les charges, l'URSSAF, l'organisation, les relances, fixer un prix, bien cibler son persona. Toutes ces choses-là, on nous en parle, mais comme si ce n'était pas si grave. Il y a quand même de grosses responsabilités.
- Speaker #1
Alors qu'en fait, on se rend compte... pour parler avec plusieurs entrepreneurs, on se rend compte que finalement, c'est ça qui prédomine plus parfois que le cœur du métier lui-même. Parce qu'en fait, quand tu dois traiter la comptabilité, l'administratif, la communication, tu as plein de casquettes en dehors de ton métier.
- Speaker #0
Et oui, je te rejoins. Quand il y a des périodes, on est moins en action sur notre corps de métier, en tout cas. Et beaucoup plus dans la gestion administrative. comptable, organisationnel donc on travaille 7 jours sur 7 on réfléchit tout le temps certains pensent que entreprendre c'est travailler les jours qu'on veut se lever à l'heure qu'on veut,
- Speaker #1
c'est faux on est en activité tout le temps en fait oui l'avantage qu'on peut avoir c'est qu'effectivement si ce matin je n'ai pas envie de travailler ou je ne peux pas travailler parce que je voudrais m'occuper de mes enfants C'est du temps que je vais rattraper ailleurs. Je ne vais pas y aller ce soir à la place. C'est une organisation qui est différente, qui peut être différente.
- Speaker #0
C'est une organisation différente et à contraire, des fois, tu n'as pas envie de travailler, tu as envie de chiller et puis tu ne vas pas devoir travailler. Si tu ne travailles pas, tu verras très rapidement que tu t'es un peu laissée aller.
- Speaker #1
On l'a compris, je pense, tout au long de l'épisode, que tu as quand même un engagement qui est fort. Pour toi, la question du sens, elle est importante.
- Speaker #0
Oui, très.
- Speaker #1
Est-ce que tu crois qu'on peut entreprendre sans avoir cette... Aujourd'hui la recherche de sens est importante, est-ce que tu penses que c'est un pilier pour toi ?
- Speaker #0
Alors pour moi c'est un pilier et c'est la base, ça veut dire qu'effectivement, il faut que ça fasse sens, que ça soit dans la vie professionnelle, amicale, familiale. J'aime comprendre, j'aime que ça fasse sens, mais plus je rencontre de professionnels, plus je regarde un petit peu autour de moi. Et justement, je pense que le problème, c'est qu'il y a beaucoup d'entreprises, en tout cas qui voient le jour, sans que ça soit vraiment le pourquoi. Pourquoi je le fais ? C'est rentable, ça marche. Moi, je fais du business et donc je vais monter une entreprise ou une société parce que ça fonctionne. Et finalement, je ne vais pas faire attention à l'humain. Et donc, on a beaucoup de... salariés qui sont en souffrance parce qu'à un moment donné, les conditions de management, elles ne sont pas idéales. Et puis, on est dans le chiffre. Et voilà, il faut faire du chiffre, Et je trouve qu'il y a de plus en plus de personnes, en tout cas, moi, je rencontre de plus en plus de personnes qui sont dans cet état d'esprit et qui ne comprennent pas, du coup, les gens comme nous qui vont le faire avec le cœur parce que, justement, ça fait sens et qui, des fois, vont refuser des contrats ou d'aller sur certains lieux. Parce que ça ne fait pas sens et que c'est qu'une question budgétaire. Alors oui, c'est très très bien payé, pas de souci. Par contre, les valeurs ou l'approche, moi si je ne m'y reconnais pas, c'est juste impossible.
- Speaker #1
C'est primordial. C'est toujours une question d'équilibre. Je pense évidemment, quand on monte son entreprise, il y a une question financière derrière. C'est logique. Mais sans le sens, sans le fameux « why » , le fameux « pourquoi » , ça ne tient peut-être pas très longtemps.
- Speaker #0
C'est ça. Et après, comme tu dis, on le fait en conscience. C'est-à-dire que moi, personnellement, la casquette associative m'en sert beaucoup sur des territoires qui sont peu dotés, notamment une ville comme Florimer-en-Juisse qui a peu de moyens. mais qui a en tout cas de grandes ambitions pour sa jeunesse et pour ses familles, là je vais être sur la casquette associative parce qu'on va aller chercher des subventions pour pouvoir permettre à ces collectivités de déployer des choses sur leur territoire. Par contre, la plupart du temps, je préfère être sur l'entrepreneuriat et du coup, je n'ai aucun problème avec ça. Moi, je n'ai jamais dit que j'étais le Lidl du social ou le Discoon du social. Donc, en fait, on va... travailler sur une tarification qui nous permet justement de continuer à oeuvrer là où ça fait sens. Alors oui ça va demander un effort financier à ceux qui vont nous demander d'intervenir sur leur entité, mais de l'autre côté la promesse c'est la qualité, du sens, des valeurs et oui ça a un prix. Investir sur l'éducation, sur ses enfants, sur l'insertion. c'est le poumon des villes. Donc en fait, finalement, j'ai aucun problème avec ça. Et quand on me dit « t'es un peu chère » , ben oui, mais je t'ai pas dit que j'étais le bas de gamme du social. Et c'est pas parce que c'est du social qu'il n'y a pas une expertise. On a une expertise, c'est du temps de travail et en fait, tout travail mérite salaire. Donc je pense que le plus gros et dans les difficultés, c'est ça aussi, de prendre conscience que ce qu'on fait, même si c'est quelque part une passion, même si c'est un engagement, mais c'est quand même un travail.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Et du coup,
- Speaker #1
je crois qu'on a trop intériorisé aussi le fait que le social, ça ne paye pas. C'est ça. L'associatif, donc il y a associatif dans un quotient collectif dit bénévole.
- Speaker #0
Ben oui.
- Speaker #1
Et que non, parce qu'en fait, si on veut derrière, effectivement, avoir du professionnalisme comme tu es capable de l'emmener dans tes interventions, ben oui, c'est un coût, il faut gagner.
- Speaker #0
Et puis, je crois aussi que les gens font des amalgames et que le milieu associatif a bougé aussi. C'est-à-dire que les associations 1901, c'est à but non lucratif. Mais ce n'est pas parce que ce n'est pas pour s'enrichir personnellement qu'il ne faut pas enrichir l'association. Et c'est là où les gens font l'amalgame en disant « Oui, mais attendez, vous êtes une asso. » Oui, on est une asso, mais à un moment donné, pour que l'asso ait des moyens, pour qu'elle puisse embaucher, pour qu'elle puisse aussi prendre des jeunes en formation, en stage, il faut aussi qu'elle ait une force financière. Et cette force-là, on ne peut pas l'avoir si on n'est que sur de la gratuité.
- Speaker #1
Oui, super intéressant. Merci beaucoup, Ami. On va tranquillement conclure cet épisode. Je voulais te demander quel message, toi, est-ce que tu pourrais transmettre à des femmes qui veulent s'engager ou entreprendre, et entreprendre, ou entreprendre, à voir, en tant que mère ?
- Speaker #0
Eh bien, alors, si l'envie est là, je pense que se lancer, c'est… C'est important. Mesurer quand même l'ampleur du saut. Alors moi j'aime dire qu'on est les seuls à connaître notre valeur, notre potentiel, et que quand on a envie de faire quelque chose, il faut le faire, il faut rêver grand. Mais n'empêche que quand on est maman, quand on est parent, on a des responsabilités, et du coup il faut bien mesurer les enjeux. Parce que je rencontre aussi énormément de femmes qui... qui ont tout lâché parce qu'on n'arrête pas de dire qu'on peut tout faire et qu'il faut croire en ses rêves et qu'il faut sauter, que si tu ne le fais pas aujourd'hui, tu ne pourras jamais le faire. On a plein de gens qui sautent sans parachute. Et du coup, un saut sans parachute, ça donne une chute mortelle. Donc du coup, c'est important aussi de conscientiser et de dire oui, ok, si tu as un rêve, si tu as envie de faire quelque chose, fais-le. Mais du coup, forme-toi, fais-toi accompagner, mesure les enjeux, fais une étude de marché, ce qui est trop négligé aujourd'hui. Il ne faut pas y aller à l'aveugle. Il faut vraiment, pour justement que l'aventure soit, comme on disait tout à l'heure, magnifique et que quand on nous pose la question de l'entreprenariat, on puisse dire, franchement, moi je ne regrette pas, c'est génial. C'est parce qu'en fait, on a pris la mesure, on a anticipé, on a aussi mis beaucoup d'argent de côté. Moi je le dis, j'ai fait une rupture conventionnelle, donc déjà je suis partie. avec des sous que j'ai mis de côté. Et puis, j'avais déjà commencé à mettre des sous de côté pour au moins avoir trois ans tranquilles où tu te dis, OK...
- Speaker #1
Tu peux développer.
- Speaker #0
Voilà, tu peux développer, mais en tout cas, en cas de souci, tu as des fonds. Donc, je pense que le plus important, c'est, oui, il faut croire en ses rêves, oui, il faut se lancer, mais il faut aussi beaucoup réseauter, beaucoup être en lien. Et tu le disais dans un de tes podcasts précédemment, aller rencontrer des professionnels, aller rencontrer des femmes qui ont entrepris pour justement vous faire votre propre idée. Et surtout, n'oubliez pas une chose, c'est qu'on ne dit que ce qu'on veut dire. et que souvent la partie moins rose... elle reste sous les tapis et si on ne pose pas les bonnes questions, les gens ne vont pas courir pour vous dire leurs difficultés, que des fois ils ne sont pas payés, que des fois ils se demandent s'ils ont fait le bon choix, que des fois ils ne dorment pas, que ça prend aussi le pas sur la vie familiale, quand on est angoissé parce que sa boîte va mal.
- Speaker #1
Et puis des fois on est aussi empreint de doute par rapport à des projets qu'on pourrait mener. on se maintiendra dans la bonne direction. Il y a plein de choses, effectivement, qui ne sont pas forcément faciles à gérer, surtout quand on est seul.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Et qui rendent le tableau un peu moins rose. Si on est d'accord, on le fait, toi et moi, parce qu'on sait que tout ce que ça nous apporte aussi, mais il peut y avoir des réalités contraires.
- Speaker #0
Oui, et du coup, dans cette société où aujourd'hui, on aime dire que tout le monde peut entreprendre, que c'est facile, on a plein de pubs qui disent en un clic, etc. Si c'était aussi facile que ça, ça serait. Maintenant, ce n'est pas impossible. Donc, j'ai envie de dire, outillez-vous justement pour pouvoir réaliser vos rêves. Et puis, le slogan de Sopar, c'est « Personne ne doit rester à l'arrêt » . Très bien,
- Speaker #1
on va finir là-dessus. C'est génial. Juste une dernière chose, où est-ce qu'on peut te retrouver, Ami ?
- Speaker #0
Alors, on me retrouve sur un site internet, donc soparx.com. On me retrouve sur LinkedIn, Ami Soparx. Et puis, sur Instagram, Soparx Ami. Facebook.
- Speaker #1
Classique. Et ton podcast ?
- Speaker #0
Et mon podcast. Ah oui, on n'en a pas beaucoup parlé, mais c'est vrai que j'ai deux podcasts sur la parentalité, Raconte ta parentalité et parentalité. Ce sont deux podcasts qui mettent justement la lumière sur les familles, les parents. Et on peut nous retrouver sur Spotify et sur toutes les plateformes de téléchargement. Raconte ta parentalité.
- Speaker #1
Super. Merci à toi, Ami.
- Speaker #0
Merci Virginie. C'était un plaisir.
- Speaker #1
Pareil. Merci d'avoir écouté cet épisode. J'espère que l'histoire de notre invité du jour t'aura donné à toi aussi l'envie de tracer ton propre chemin. N'hésite pas à venir mettre un commentaire. Et retrouve-moi sur LinkedIn, je serai ravie d'échanger avec toi.