- Speaker #0
Bonjour, c'est Virginie, vous écoutez le podcast ECHO, un podcast de discussion autour de l'entrepreneuriat, de l'engagement et de l'émancipation des femmes. Ce podcast veut être une source d'inspiration, de connexion et d'impact. Avec mes invités, nous avons à cœur de faire bouger les lignes. ECHO est un projet indépendant, alors si le contenu vous plaît et que vous voulez le soutenir, vous pouvez en parler autour de vous, le partager sur vos réseaux sociaux. et mettre une note 5 étoiles avec un commentaire sur votre plateforme d'écoute favorite. Merci pour votre soutien et bonne écoute ! Alors aujourd'hui dans Éco, on va parler de vêtements, oui, mais surtout de pouvoir, d'identité et d'influence. J'accueille Lou, conseil en signature vestimentaire, qui affirme que notre façon de nous habiller peut devenir notre premier levier d'influence. Bonjour Lou, je suis ravie de t'accueillir !
- Speaker #1
Bonjour Virginie, je suis ravie d'être là.
- Speaker #0
Super, je suis sûre que ça va être un échange très riche.
- Speaker #1
Ça va être génial, je le sens.
- Speaker #0
Alors déjà, est-ce que tu peux commencer par te présenter ? Qui es-tu, Lou ?
- Speaker #1
Oui, écoute-moi. Je suis Lou Catus. J'ai 56 ans et demi. Je suis en mes 57 ans. Je suis maman de deux enfants, 15 ans et 19 ans. Mon fils de 15 ans est une personne... très différente des autres puisque c'est une personne autiste et je pense que le fait d'avoir un fils autiste a aussi changé ma vie et aussi changé ma façon de faire du conseil en signature vestimentaire, on aura peut-être l'occasion d'en parler. Et j'ai pensé à, en fait j'ai vécu une aventure professionnelle très particulière. puisque j'ai été modèle de normalisation pendant 30 ans. Donc qu'est-ce que ça veut dire modèle de normalisation ? Parce qu'on ne connaît pas souvent. Eh bien en fait, j'ai prêté mon corps pour essayer et mettre au point des vêtements dans les maisons de couture et de prêt-à-porter pendant 30 ans. Mon métier consistait à analyser sur moi les vêtements pour qu'ils soient bien fités, bien coupés, parce qu'à partir de la taille de base, qui est le 38, qui est ma taille, On ne fait que des calculs pour calculer les autres tailles. Donc, en fait, c'est un métier stratégique pour les maisons de prêt-à-porter pour que les vêtements soient bien coupés en boutique. Et j'ai fait ça pendant 30 ans.
- Speaker #0
Ok. Et donc, du coup, tu as fait ça pendant 30 ans et c'est après que tu t'es lancée à ton compte ?
- Speaker #1
Alors, en 2017, comme je commençais à vieillir, je me disais que de toute façon, je pourrais certainement... pas exercer ce métier qui était lié à la mensuration, qui était lié à mon corps jusqu'à la retraite, au mieux que tard. Donc je me suis dit, il ne faut pas que je commence à construire quelque chose, pour qu'est-ce que je vais faire, une reconversion, quelque chose. Et puis en fait, je me suis aperçue que quand je regardais les gens dans la rue, Je me surprenais à me dire, ah là là, cette femme-là, elle a une jupe, elle aurait 3 cm de plus court, ça serait génial. Ou elle aurait une coupe de cheveux comme ci, comme ça, ce serait mieux. Et je me suis dit, peut-être que ce serait intéressant que tout ce que j'ai appris dans ces maisons de couture, je le transmette aux gens, aux femmes, aux personnes. Et donc j'ai commencé en 2017 à faire des consultations de garde-robe dans mon entourage, de connaissances professionnelles, etc. Et progressivement, j'ai avancé, j'ai cheminé. En 2022, j'ai fait une incubation chez Willa, entrepreneuriat féminin, le plus gros incubateur de femmes. Là, ça a été aussi une révélation, parce que non seulement j'ai appris les bases pour construire une start-up, mais j'ai aussi compris et vécu ce que pouvait être la sororité. Et c'était très important, ça a été une rencontre pour moi hyper importante. dire à la première module de l'incubation, on nous prévient, on nous dit qu'on est toutes des femmes, on était 12 mois dans ma promo et que au moindre effet de jalousie ou si on voit qu'on se tire dans les pattes ou quoi, on sera obligé de sortir de la promotion. Il faut absolument de l'entraide, on est là toutes ensemble, on avance toutes ensemble. Et ça, ça a été vraiment une découverte et le moteur pour la suite. Actuellement encore, je pense que plus on donne, plus on reçoit. Donc, j'ai... Voilà.
- Speaker #0
C'est ce qui m'avait plu aussi, c'est que j'avais l'impression que la sororité, ça fait vraiment partie de ton métier aujourd'hui. C'est une valeur qui est forte.
- Speaker #1
C'est une valeur très, très forte. C'est aussi... Alors, je ne sais pas si on en parlera aussi plus tard, mais en tout cas, si je fais ce métier, c'est aussi une sorte de réparation à une injustice. Moi, j'ai eu la chance d'avoir un corps... Au départ, magnifique. Je suis vieillissante. Mais bon, voilà. J'ai eu un corps, en tout cas, qui dit... Quand j'étais petite, pour te dire, je faisais de la danse. D'ailleurs, je voulais être danseuse. et j'ai fait 12 ans de danse. Et la première, tu vois, ce qui a été compliqué pour moi, c'est aussi déjà la danse, à un moment donné, je voulais en faire mon métier, et au conservatoire, je n'ai pas pu passer un certain stade pour devenir danseuse professionnelle, parce que mon corps n'était pas assez souple, assez ci, assez ça, enfin tu vois, la danse classique c'est extrêmement illégit, et pourtant j'étais vraiment une petite danseuse passionnée, et ça a été un gros coup dur. Je pense que je devais avoir 14-15 ans, quelque chose comme ça. Le premier gros coup dur, qui était lié à mon corps aussi. Mais qu'est-ce que je pouvais y faire ? Et moi, j'avais toute l'envie d'être danseuse, je m'éclatais avec tout ça. Mais j'étais refusée à cause de ce corps. Et puis, dans un deuxième temps, quelques années après, pas très longtemps, j'ai été choisie. avec mon corps et grâce à mon corps pour cette aventure pendant 30 ans avec les bêtements. Et donc l'histoire du corps me poursuit en fait depuis tout haut. J'ai aussi vécu dans ma vie personnelle, j'ai des sœurs et aussi des différences entre nos corps. Et moi j'étais, par exemple mes sœurs on rigole maintenant et souvent elles me disent « Ah c'était vraiment insupportable ! » Parce que moi j'étais une petite fille tout en longueur, avec des yeux bleus, etc. Mes sœurs étaient très différentes. Et quand parfois les amis de mes parents ou les gens dans la rue étaient toujours branchés sur moi en disant « Oh, qu'elle est mignonne ! » J'avais vraiment le profit de la petite danseuse, machin et tout. Et mes sœurs à côté, c'était horrible parce qu'on ne les voyait pas. Donc si tu veux, peut-être un Lucis. Tu vois, je suis même émue quand on en parle. C'est ça que je répare en faisant mon métier. Parce que pour moi, il n'y a pas une seule femme qui n'a pas un corps valable, ou de valable pour exister, rayonner, etc. Et c'est ça que je fais en fait. Ce qui est beau,
- Speaker #0
c'est que c'est à travers finalement les exemples de tes sœurs. Alors tu nous parles effectivement quand tu dansais, mais c'est beaucoup à travers tes sœurs et puis à travers les autres femmes, alors que toi finalement, tu n'étais pas celle qui était discriminée par son corps. Et pour autant, tu en as fait un peu ton combat.
- Speaker #1
Oui, parce que je trouve insupportable. J'ai croisé beaucoup de femmes dans ma vie qui sont mal à l'aise avec leur corps, qui ont plein d'injonctions qui ne sont pas vraies en réalité. Parce que quand tu les regardes bien, il y a toujours des tas de choses. Il y a un potentiel incroyable dans chaque personne, visuellement, dans leur image et pour chaque femme. Mais il y a des injonctions. Enfin, j'ai fait 30 ans dans la mode, donc trop grosse, trop deep, assez ça. Même les dictates de la mode, je lutte. contre, je suis contre le relooking, je suis contre presque les conseils en images qui vous disent il faut s'habiller comme ci, comme ça, ou qui te disent parce que tu as telle couleur, tu es hiver, donc toi c'est telle, telle, telle couleur qui te vont. Ben moi non.
- Speaker #0
C'est quoi ton approche alors ?
- Speaker #1
Moi mon approche c'est d'écouter la personne, de comprendre son univers, et à partir de là on construit. Je prends et on regarde. que la personne a déjà dans sa garde-robe. On n'achète pas forcément, d'ailleurs. On approche, ça commence toujours d'un questionnaire qui est stratégique pour moi, ou grâce à ce questionnaire, je comprends qui est la personne, son style, ses envies, ses besoins professionnels. On pose toutes ces questions-là. Et à partir de là, moi, avec ce que je sais faire et ce que je connais, évidemment, des couleurs, des matières, des coupes, de l'allure, de tout ce que tu veux, on construit, au travers de codes vestimentaires aussi, ce vers quoi la personne veut aller. Mais ce ne sera jamais une injonction au départ. Moi, j'ai des clientes, par exemple, qui font du 48. En 48, je peux te dire qu'elles sont sublimes.
- Speaker #0
Je ne pense pas.
- Speaker #1
D'une grande beauté, d'élégance. Et on ne s'habite pas pareil en 48 qu'en 36. Mais tout est une question, je pense, d'alignement par rapport à qui tu es, ce que tu aimes dans la vie, ce que tu veux faire. Et c'est cet alignement et cette communication non-verbale par le vêtement. qui est le moteur et qui est mon guide pour accompagner.
- Speaker #0
Alors justement, c'est ma question d'après, donc tu as anticipé, c'est super. Se dire en fait, les vêtements, c'est comment nos vêtements finalement parlent pour nous avant même qu'on ouvre la bouche en fait.
- Speaker #1
C'est ça. En fait, je crois, comment dire, de toute façon, chacun a un univers. Chacun a des goûts, des inspirations. C'est là où dans le questionnaire, je pose des questions assez précises sur les inspirations des personnes. et on fait tchou Tu fais partie d'un univers. Et moi, mon travail, c'est juste de t'amener à ce que tes vêtements correspondent à cet univers.
- Speaker #0
Oui, tu parles souvent de style comme langage, en fait.
- Speaker #1
C'est ça. Par exemple, je ne sais pas te donner un exemple. Je vais te donner un exemple très concret d'une cliente de la semaine dernière. C'est une cliente qui est en transition professionnelle. Elle était assistante. maternelle dans une crèche et maintenant elle commence à travailler en tant que consultante dans des TPE, PME, sur des DAF, enfin voilà. Et quand elle est venue me voir parce qu'elle est en transition professionnelle et donc elle est un peu paumée avec comment je m'habille etc. Quand j'ai analysé sa garde-robe, quand on a discuté, en fait je me suis aperçue que dans son vestiaire il y avait tout ce qu'il fallait pour correspondre à ses projets sauf une chose très importante L'ordinateur, son ordinateur et le sac avec lequel elle allait en rendez-vous. Elle allait en rendez-vous avec son sac à dos d'assistance maternelle, avec des babioles, des petits trucs dessus. Pas du tout dans les codes vestimentaires d'entreprise. Et ce qu'on a fait comme travail ensemble, c'est qu'elle aille s'acheter un sac qui soit le sac pour travailler dans les PME en tant que consultante. parce que c'est le sac duquel elle va sortir son... un ordinateur sur la table en rendez-vous. L'univers vestimentaire, ça peut être aussi le stylo avec lequel tu écris, les bijoux que tu portes, beaucoup de choses. C'est pour ça que je pioche dans le vestiaire de la personne, parce que généralement, il y a beaucoup de choses. Même les femmes qui me disent « Non, non, mais j'ai plus rien, tout est acheté. » En réalité, on trouve toujours des choses et après, on construit.
- Speaker #0
Pour sortir,
- Speaker #1
et pour arriver à des codes Merci. et à des univers que la personne voudrait.
- Speaker #0
Ça illustre bien ton slogan. Donc ton slogan, c'est « Fais de ta signature vestimentaire ton premier levier d'influence et deviens mémorable » .
- Speaker #1
Oui, exactement.
- Speaker #0
Donc je crois que c'est ça en fait, c'est vraiment cette idée que par le vêtement, tu agis avec le vêtement comme un levier d'influence. Je veux être, donc déjà je suis à travers les vêtements.
- Speaker #1
C'est ça. Moi, pour moi, ce qui compte le plus quand j'ai réussi mes prestations, c'est que la personne se sente rayonnante, que la personne ait débloqué son énergie vitale, tu vois. Mon kiff, les consultations où je l'accompagne, c'est de voir l'énergie de ces gens qui sont transformés parce qu'ils se réalignent avec leur vie, avec eux-mêmes, avec ce qu'ils ont à faire, et ils trouvent cette confiance, tu vois, c'est ça. En fait, c'est un réalignement avec qui tu es, et comme t'es incarnée, et que tes vêtements... Les vêtements, c'est quand même la première chose qu'on voit. Il y a trois choses qu'on voit quand on voit une personne pour la première fois. Et les sciences cognitives expliquent que ça dure il faut 0,1 seconde pour te faire une opinion de quelqu'un. Et c'est vrai que quand tu te remets dans les conditions que tu vois quelqu'un pour la première fois, ton cerveau il donne vite fait un truc. Et parfois, c'est bête parce que tu peux partir sur une mauvaise piste et après on met beaucoup de temps à rattraper ce premier avis sur quelqu'un. Et donc c'est pour ça qu'être aligné avec ses vêtements par rapport à ce qu'on est. Et en plus, il y a des gens qui ne sont pas dans leurs bons vêtements parce que la société, la mode, les injonctions les amènent ailleurs par rapport à ce qu'ils sont. Il suffit juste de les remettre dans leur...
- Speaker #0
Je trouve que ce qui est compliqué, c'est de Quel est, avec qui tu es en tant que professionnel, quelle image tu as envie de dégager et de ce que t'es profondément ? C'est-à-dire que, par exemple, si tu es chef d'entreprise, on va attendre de toi que tu dégages dans tes vêtements une certaine posture. Et peut-être que toi, au fond de toi, tu as aussi un petit peu un côté un peu faux-folle que tu aurais envie d'exprimer. Et c'est ça, parfois, qu'on n'arrive pas à équilibrer, en fait.
- Speaker #1
Exactement. Et justement... Le travail, c'est de trouver un bon équilibre entre des codes vestimentaires qui sont quand même plus ou moins demandés dans tes activités et toi qui tu es. Parce que moi, je travaille par exemple avec des... Parfois, à décaler le code. C'est-à-dire, il y a des personnes, on attend certains codes de ces personnes-là dans leur catégorie de métier. Mais en réalité, quand tu décales un peu, il y a le côté faux-folle quand tu dis ou tout ce que tu veux. Par exemple, j'ai une cliente qui est externe comptable. Il y a plusieurs sociétés qui sont très grandes entrepreneuses. On attendrait d'elles quelque chose au niveau de sa signature vestimentaire qui soit quand même assez classique, super comptable, sérieux, etc. En réalité, c'est une personne qui a un goût pour la mode et qui est fun, qui a des trucs. Le fait qu'elle soit incarnée dans ce qu'elle est fait toute sa différence. C'est bien elle. Même sa façon de travailler en tant qu'expert comptable, c'est sa façon aussi d'aimer ses vêtements comme elle les aime. Pour tout le monde, l'énergie va avec les vêtements et on n'est pas oublié, et surtout pas oublié, moi je bosse aussi beaucoup là-dessus, de rentrer dans les cases.
- Speaker #0
Alors, on a beaucoup de femmes entrepreneurs qui nous écoutent et qui doivent se poser aussi cette question de savoir est-ce que ma... Ma signature vestimentaire correspond à ce que j'ai envie de dégager. Est-ce que vous pourriez leur donner un conseil ?
- Speaker #1
Comment donner des conseils ? Il faut aller vers ce qu'on sent. Il faut se faire confiance, en fait. Déjà ça. Je sais qu'avec les vêtements, les codes, parfois on peut être un peu paumé, on ne sait pas comment faire et tout. Mais il faut suivre quand même son instinct, parce qu'on sait quand même ce qu'on aime. Il faut suivre ses modèles. Par exemple, je ne sais pas, moi je pensais à une cliente là qui adore Audrey Hepburn. Elle est fan d'Audrey Hepburn. On a fait tout un travail sur la comparaison entre la garde-robe d'Audrey Hepburn et la sienne. Alors évidemment, elle ne va pas s'habiller littéralement en Audrey Hepburn parce que ce n'est pas la même époque. Il y a plein de choses différentes. Mais par exemple, cette cliente, elle avait des photos à faire, des photos professionnelles. Par exemple, elle avait des colliers de perles. Elle adore les colliers de perles. Elle en avait plusieurs, Audrey Hepburn, Breakfast at Tiffany's, avec tous ses collègues de perles et tout. Tu vois, en fait, je ne sais pas comment dire, mais en réalité, c'est pour ça qu'il y a tout déjà dans la garde-robe. Parce que parfois, c'est mal utilisé, mais il y a tout en petit de ce que les personnes aiment.
- Speaker #0
Puis des fois, c'est une question d'audace aussi. On a acheté un vêtement parce qu'effectivement, ça nous parlait. Et puis, on n'arrive pas, on ne le met pas. On a un peu peur de mal le porter.
- Speaker #1
Après, moi, j'ai des conseils très précis. Je ne sais pas si on peut en donner. Pour construire sa garde-robe, par exemple, il faut absolument avoir ses basiques. Qu'est-ce que sont les basiques ? Ce ne sont pas des trucs chiants ou des trucs pénibles avec des couleurs tristes ou quoi. Pas du tout. Les basiques, ce sont justement des vêtements qui sont versatiles. C'est-à-dire qu'ils peuvent être utilisés par exemple avec des escarpins pour le soir, mais avec des baskets dans la journée. Ça pour moi, c'est par exemple un vêtement versatif, que ce soit une jupe ou un pantalon. Ça peut être aussi au niveau des couleurs. J'ai toujours deux catégories de couleurs quand je transmets ce que je sais à mes clients. Parce qu'il y a une chose importante, moi je prends mes consultations comme des partages de compétences. En fait, je souhaite que mes clients apprennent. Pour moi, je réussis quand, après, tout seul,
- Speaker #0
tu arrives à se débrouiller. Voilà.
- Speaker #1
Qu'on n'a pas besoin de moi. Je ne cherche pas à faire des milliers de consultations pour faire des sous. Tu n'es pas comme ça. Je veux que... Pour moi, c'est important que les personnes apprennent et deviennent autonomes. Par exemple, avec les couleurs dont je te disais, un vêtement versatile, la couleur aussi peut être versatile. Les couleurs neutres sont des couleurs versatiles. Un neutre, ce n'est pas triste. Par exemple, un kaki, c'est un neutre. le kaki c'est la couleur la plus neutre des neutres et avec le kaki par exemple tu peux tout mettre du rose pâle, du rouge, du violet du gris, enfin tout avec du camel avec du kaki c'est beau, tout avec le kaki parce que c'est une couleur vraiment neutre et donc avoir des couleurs neutres kaki, bordeaux, camel beige toutes ces couleurs là c'est d'ailleurs très souvent les signatures vestimentaires de personnes qui ont des styles intemporels C'est souvent sur des bases de couleurs neutres. Donc, construire sa garde-robe sur ces bases-là. Et après, apporter des couleurs. Une étole, un fuchsia, une paire de chaussures plus colorées, un sac. Et là, déjà, tu vois, tu fonctionnes très facilement parce que tous tes vêtements de base fonctionnent les uns avec les autres. Et après, tu rajoutes des accessoires en tout le vide.
- Speaker #0
Donc,
- Speaker #1
voilà.
- Speaker #0
OK. Donc, en fait, on a une base neutre. Et après, on vient faire touche, amener la couleur sur des accessoires, par exemple.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
C'est une bonne base.
- Speaker #1
C'est une bonne base pour démarrer. Et attention, neutre ne veut pas dire noir blanc gris. Je fais la guerre au noir. Je ne sais pas, celles qui me suivent.
- Speaker #0
Et je rigole parce que je suis dans le noir aujourd'hui.
- Speaker #1
Tu n'es pas tout en noir parce que ton top n'est pas noir et tu as une broche qui réveille. Et bravo parce que ta broche, elle est de la couleur de la partie la plus claire de tes cheveux.
- Speaker #0
Ah ok.
- Speaker #1
C'est comme ça qu'on construit une garde-robe. Et moi, notamment, dans les choses que je fais avec mes clientes, c'est cette notion de clair-obscur. Toute personne, quand tu la regardes, est un ensemble de clair et d'obscur, de foncé et de clair. Une femme blonde, elle a une dominante claire, elle est blonde. Une femme brune, elle a une dominante brune. Et après, on construit, par rapport à tout ça, des clairs et des foncés. Ça, ça fait aussi partie des astuces de base. Ne pas se regarder en fonction de type de vêtement ou quoi, mais se regarder en fonction de couleur, mais surtout de clair-obscur.
- Speaker #0
Et tu vois,
- Speaker #1
parfait, ta veste, elle est foncée, mais ta broche, elle est lumineuse, elle rappelle l'éclat de bout de tes mèches, de tes cheveux.
- Speaker #0
Ok, parfait. Très bien, je mettrais une photo pour qu'on... Oui, c'est ce que j'avais dit aujourd'hui. Tu nous parlais tout à l'heure d'Audrey Bird et je voulais rebondir sur les posts que tu fais sur LinkedIn. Alors si vous ne suivez pas Lou sur LinkedIn, allez-y parce qu'elle a des posts absolument incroyables où tu décryptes un petit peu la garde-robe de femmes connues. Est-ce que tu peux nous en parler ? Je trouve ça à chaque fois extraordinaire.
- Speaker #1
En fait, Merci. Très naturellement, puisque moi j'ai une analyse des codes vestimentaires et que c'est comme ça que je travaille avec les clients, c'est mon approche. Forcément, je connais par cœur certains types de vestimentaires et puis c'est aussi mes 30 ans dans les maisons de couture et de prêt-à-porter. J'ai eu la chance de travailler avec de très très grands couturiers. Un de mes premiers clients, c'était Christian Lacroix. J'avais 23 ans. Et je peux te dire, c'était juste incroyable. J'étais là habillée avec la toile, parce que certains vêtements, quand on les reconstruit, on les reconstruit à partir d'une toile. Donc j'étais avec ce vêtement en toile, et j'avais Christian Lacroix à mes pieds, en train de... Je ne sais pas, il dessinait un ourlet, des trucs en bas de la toile. Et je me suis dit, non mais attends, tu es là, et en plus on te veille.
- Speaker #0
C'était dingue.
- Speaker #1
Je l'ai fait 15 ans chez Louis Vuitton, 30 ans chez Dior. J'ai eu une chance fabuleuse grâce à mon corps en fait, qui m'a plongée, qui m'a amenée à plonger dans ces univers-là. Et puis aussi pas que le luxe. J'ai travaillé, ça fait 10 ans que je travaille pour Isabelle Marant. Je n'ai pas tout à fait fini d'ailleurs. Je termine vraiment d'ici quelques mois. J'ai quelques clients qui me demandent encore de venir malgré mon grand âge. à profiter des produits. Mais bon, l'expérience Isabelle Marant, plongée dans les coulisses de cette société, c'est juste fou. C'est le style pur. Et donc moi, si tu veux, j'ai baigné là-dedans. Pendant 30 ans, j'étais une sorte d'éponge. Et tous ces codes vestimentaires, je les connais par cœur, j'adore ça et je continue à les étudier. Et c'est pour ça que, tu vois, Audrey Byrne ou... ou n'importe quelle personne, même des fois j'ai des clientes qui me parlent de personnes que je ne connais pas forcément et donc hop, je vais chercher les codes vestimentaires, les photos, les trucs, j'analyse et je vais trouver les codes vestimentaires de telle ou telle personne et j'adore écrire ça a été ma révélation du printemps 2025 suite au bootcamp de Nina Ramen, Ramen ta fraise donc j'ai commencé à écrire sur LinkedIn je savais que je l'aimais écrire mais je ne l'avais jamais fait et là c'est vrai que j'adore écrire et transmettre tout ce que je connais avec le vêtement et les postes en pied dont tu parles ce sont des analyses de personnes et d'ailleurs je le dis aux auditeurs qui vont écouter ce podcast il suffit de me mettre en message privé telle personne, telle personne et je fais un poste sur le sujet, il n'y a aucun problème ah super Ah oui
- Speaker #0
Je te ferai ça.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
avec plaisir. Comment justement, à travers tes posts, donc tu nous parles d'icônes de la mode, ou pas forcément d'ailleurs, tu nous parles de femmes et tu décryptes. Comment est-ce qu'on peut s'en inspirer tout en gardant notre propre langage vestimentaire ?
- Speaker #1
Il faut regarder ce qui vous plaît dans ce qui est décrit, ce qui est montré. Parce que quand on s'habille, parfois on s'habille avec audace. Il y a des clientes ou des gens que je peux analyser qui s'habillent avec audace. C'est-à-dire qu'ils vont mettre telle pièce avec telle autre. Donc, vous regardez les tenues vestimentaires. Si ça vous parle de mélanger comme ça avec audace, il faut essayer. Il faut le faire soi-même. Il faut tenter. Ou quand, je ne sais pas, vous voyez... Moi je travaille beaucoup à partir de photos. Vous voyez, vous prenez une photo, vous avez une photo de quelqu'un qui vous plaît, essayez de retrouver ses constructions vestimentaires, comment la personne est habillée à partir de ce que vous avez vous. Je peux prendre un exemple très concret aussi d'un client que j'ai eu qui s'appelle François, qui travaille dans la force de vente et qui a fait un podcast. Et ça a très très bien marché son podcast. Et à la suite de ce podcast, il a été demandé par des startups pour faire du spine partner dans la force de vente. Sauf qu'il y avait un décalage entre sa tenue vestimentaire de vendeur et en bon vendeur, c'était un... des tailleurs pantalon-veste plutôt foncés ou gris, une paire de chaussures et des chemises bleu ciel, blanche, très classique. En start-up, ce n'est pas du tout ça. Les gens de start-up, c'est déjà basket presque incontournable, plus des tenues beaucoup plus décontractées. Alors, ce que j'ai proposé à François, c'est d'aller chercher dans sa garde-robe, Déjà, Il avait une paire de baskets qu'il ne mettait jamais. Donc, on a pris la paire de baskets comme base de sa tenue vestimentaire. Et on est allé chercher des pantalons en toile. Il a retrouvé un pantalon qui avait 20 ans, en toile camel, super joli, qu'il n'avait pas vu depuis 20 ans. Donc, pantalon en toile avec les baskets. Et au lieu de porter les chemises fermées sur ses vestes, on a ouvert les chemises. On a mis des t-shirts en dessous. Et voilà, t-shirt, chemise ouverte et veste ouverte. le jean ou le pantalon à toile et les baskets. Et François était bon pour être le même sparring partner. C'est comme ça que ça se passe. Et aussi, par exemple, dans ses inspirations à François, pour lui me permettre de parler un peu de ce qu'on a fait avec lui, il y avait aussi des hommes qui portaient des chemises colorées. Alors qu'il n'avait que des chemises claires, blanches, bleu clair et tout. Et donc, il est allé chercher dans sa garde-robe. Il a trouvé, par exemple, une chemise. Je crois qu'il l'avait achetée pour un mariage, ou pas. Violette. Et il s'est dit, ah, mais ouais. Et voilà. Et donc, jean, chemise violette, basket, ça aussi, c'est une façon, voilà, de... Et tu vois, il avait tout dans sa garde-robe.
- Speaker #0
Et finalement, en fait, il avait tout. Il avait tout. Et même,
- Speaker #1
il avait des choses qu'il n'avait pas utilisées depuis 20 ans, qu'il va réutiliser. Et ça aussi, je suis très fière parce que c'est ma force aussi de... Et c'est... Peut-être l'impact que j'ai vis-à-vis de la planète, et ça c'est très important aussi, ça fait partie de mes valeurs, c'est que moi je crois qu'avec ce qu'il y a déjà, on ne va pas forcément acheter. Et j'ai des clients chez qui on retrouve un bijou, un bijou de famille par exemple, que la personne garde, mais qu'elle n'a jamais pu dire, moi je l'adore ce bijou, c'était à ma tante, machin, mais voilà, en fait avec ce bijou on fait quelque chose, on en fait une signature.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Tu vois ?
- Speaker #0
Ok. Je voulais aborder un autre sujet. Pour moi, le style vestimentaire, ça contribue aussi à gagner en estime de soi. Et ma question, c'était de savoir comment le style peut aider à reprendre confiance après un événement de vie.
- Speaker #1
Oui, absolument. Alors oui, moi, je reçois aussi des personnes qui ont eu des difficultés dans leur vie et des problèmes de santé ou des burn-out. Et on peut reconstruire grâce aux vêtements. Parce que le vêtement, c'est quelque chose qui n'a pas l'air comme ça, c'est anodin, sauf qu'on l'utilise tous les jours. C'est ce que je dis, toujours, sur 7 milliards à peu près d'habitants sur Terre, on a tous une chose en commun, tous les jours, on s'habille. Même l'Indien au fin fond de l'Amazonie va faire quelque chose pour commencer sa journée qui est de l'ordre de s'habiller. Puisque, une petite parenthèse historique... s'habiller chez les hommes préhistoriques au tout départ les chercheurs pensaient que s'habiller c'était pour se protéger du froid des insectes ou quand on chasse alors certes au tout début les peaux de bêtes ont servi à se protéger du froid mais en réalité dès que le chat de l'aiguille a été inventé a été fait à partir d'os Merci. Dès que le chat de l'aiguille est inventé, très très très très très rapidement, le vêtement ne devient plus quelque chose pour protéger, mais devient quelque chose pour se situer dans le groupe.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et c'est là toute la puissance de ce que je fais. Et tu vois, c'est que s'habiller, c'est pour se situer quelque part. pour valider ton rôle, pour prendre part, pour montrer c'est toi le chef, c'est toi le père, c'est toi ci, pour aller travailler, pour aller comment on s'habille quand on va laver du linge au bord de la rivière. En fait, le vêtement a son origine. Et ça a été très transformé à partir des années 50 avec tout le développement industriel et la fast fashion, etc. C'est devenu quelque chose de commercial, on vous fait acheter des vêtements sans arrêt, sans arrêt, mais en réalité, le vêtement, c'est vraiment quelque chose pour incarner ce qu'on a à faire. Et c'est là toute la partie que je fais. Alors, j'appelle ça le lifewear parce que je sais qu'il y a des gens comme Uniqlo et toutes ces maisons-là qui travaillent beaucoup dessus. Et j'ai travaillé beaucoup là-dessus parce qu'en fait, on s'habille pour faire quelque chose. Et c'est là où tu vois les personnes qui ont pu être abîmées par la vie, par trop de pression professionnelle, par des tas de choses en fait, par la maladie, etc. Le vêtement va leur permettre de reprendre chaque jour une place dans la société. Et je ne vais pas te rentrer dans les détails de ce que je peux faire comme accompagnement, mais Quand on a eu un cancer du sein et qu'on a eu une ablation d'une partie de son corps, il faut reconstruire derrière tout ça. Et comme moi, je n'ai aucun tabou avec aucun corps et rien de tout ça, on construit dans la joie, la bonne humeur et les personnes peuvent progressivement reprendre goût, même à la vie. Moi, ce que je fais, c'est vraiment donner un élan. C'est cet élan Et comme tous les jours on s'habille, tous les jours on peut utiliser cet élan pour bien vivre.
- Speaker #0
Oui, et puis je trouve que c'est important parce que je pense que quand on est habillé, quand on est à l'aise dans ses vêtements, quand on est bien dans ses vêtements, quelque part ça fait la journée aussi. C'est bizarre, je veux dire, quand aujourd'hui j'ai choisi des vêtements qui finalement ne correspondent pas, l'état d'esprit n'est pas le même.
- Speaker #1
Ça tue la journée.
- Speaker #0
Mais complètement. C'est vrai,
- Speaker #1
on a toutes vécu ça, moi la première. et si tu veux c'est là où le liveware est un truc de super intéressant les sciences cognitives sont aussi très intéressantes là-dedans parce qu'elles ont fait des recherches sur ces sujets-là par exemple, quand tu portes un vêtement qui te comprend exemple, des chaussures pointues qui te serrent les pieds un pantalon trop étroit qui te serre où une veste qui est trop raide donc tu te sens un peu engoncée et bien ça diminue ta capacité à te concentrer et ton endurance sur la journée. Une personne qui porte des vêtements qui la contraignent qui le contraignent vont durer moins dans le temps au niveau performance c'est hyper intéressant et c'est là où moi mon travail c'est vraiment d'allier communication non-verbale dans le sens où ce que tu veux de visibilité Merci. par rapport à ton entourage, à ton rôle, à ta vie, mais aussi ton confort. Comment tu es bien ? Moi, j'ai plein de clientes qui arrivent et qui sont accablées parce qu'elles me disent « moi j'ai des pieds comme ci, comme ça, je ne peux pas porter de talons, c'est terrible » . Ce n'est pas grave, du tout, parce qu'il y a d'autres codes à utiliser qui vont faire la même chose que les talons et surtout ne pas avoir mal aux pieds dans des talons. Après, il y a des femmes qui adorent les talons, qui n'ont pas mal aux pieds dedans et qui se sont leurs chaussons. Tant mieux, si c'est ça, on part sur les talons. Mais être féminine, ce n'est pas porter des talons. C'est tout un autre sort de chose.
- Speaker #0
Il y a plein de choses qui te permettent d'être féminine sans pouvoir être sur des talons de 15 cm.
- Speaker #1
Exactement. Donc, c'est là où le confort est hyper important et ça va très, très loin dans notre performance même.
- Speaker #0
Ce que j'aime vraiment dans ta démarche, c'est que tu vois le vêtement comme un outil de réappropriation du corps. J'avais envie de t'évoquer ton âge. C'est vrai que passer un certain âge, c'est une question aussi. La tenue vestimentaire va aussi nous permettre de reprendre confiance en nous par rapport à ça. On a évidemment toutes les questions autour de la grossophobie, le handicap. Du coup, comment toi tu accompagnes ces femmes et comment elles, elles peuvent utiliser la mode pour affirmer leur corps ?
- Speaker #1
Alors à ce sujet, j'ai plusieurs choses à dire concernant ce qu'on appelle la mode inclusive. Moi, je suis vraiment une grosse, une grande... Je défends vraiment la mode inclusive et je bosse pour ça. Et d'ailleurs, je pense d'ici quelques temps, c'est dans les tablettes, prendre la parole à ce sujet et faire passer ce message. Pour moi, il n'y a pas de question d'âge, de taille. de grosseur, de grandeur, de style, enfin voilà, pour être rayonnant, impactant et pour être beau tout simplement, parce que souvent, qu'est-ce qu'on veut ? On veut être beau, on veut se sentir beau, belle, on veut, voilà, avoir de l'impact. Il n'y a pas moi qui vieillis, tu vois, et j'ai été donc mannequin cabine, donc j'ai été à un moment donné très jolie dans mon corps et tout ça. Maintenant, mon corps, il est le corps d'une femme qui va sur ses 57 ans, etc. Mais en fait, il y a autre chose qui se met à la place. C'est ça qu'il faut voir. Par exemple, dans mes clients, j'ai aussi beaucoup de femmes que je retrouve après un premier enfant. Toute la période de grand changement du corps, quand on attend un bébé, on a un bébé, etc. Puis après, il faut reprendre le travail. Et là, souvent, les femmes, elles ne se sentent pas très bien. Il n'a pas encore changé. Oui, mais ce que je dis toujours, il a changé, oui, mais justement, en mieux. Ce n'est pas parce qu'il est un peu plus mou, parce que des fois, les hormones font qu'il n'a pas encore repris sa place ou que peut-être il ne reprendra pas la place qu'il avait, qu'il en prendra une autre, une autre place, mieux.
- Speaker #0
J'aurais aimé te rencontrer à l'église. Oui ! Oui, j'avais pris 20 kilos pour ma grossesse et quand il a fallu reprendre le travail, je me rappelle avoir fait les magasins pendant des heures et des heures en achetant quantité de fringues qui finalement, enfin c'était pas de ça dont j'avais besoin, mais j'avais l'impression que c'était ça qui allait me redonner confiance et je n'arrêtais pas de me dire je ne peux pas retourner au travail comme ça, je ne peux pas retourner au travail comme ça.
- Speaker #1
Oui, parce que ton corps avait changé, toi tu allais vers les vêtements d'avant, donc il ne faut plus aller vers les vêtements d'avant, il faut aller vers les vêtements de ta nouvelle vie, mais ça ne veut pas dire que c'est moins bien, au contraire. Une femme qui a eu un enfant, elle a une dimension aussi supplémentaire. Les jeunes mamans, moi j'adore travailler avec les jeunes mamans, parce que justement, elles passent souvent de la période adolescence, jeunes femmes, etc. On s'habille un peu sur le même mode. Mais une fois le premier enfant, il y a plein de trucs, ça marche plus, il faut réinventer autre chose. Et c'est génial de réinventer avec la nouvelle femme que tu es. qui comprend la maman. C'est encore plus féminin, c'est encore plus incarné.
- Speaker #0
J'adore ta vision. Trop bien.
- Speaker #1
Et pour le handicap, c'est important, c'est très important que j'en parle, parce que je suis maman d'un enfant très, très différent, puisque c'est une personne autiste, mon fils cadet, et donc je crois que lui m'a plongée dans une aventure, m'a obligée, comme je dis souvent, à une aventure humaine. extraordinaire que je n'ai pas choisi, qui n'est pas tous les jours facile, mais il y a des jours où c'est incroyablement génial. Et c'est pour dire que la différence, on est tous différents. Il y en a qui sont plus ou moins différents, mais on est tous différents. Et au niveau des corps et des personnalités, c'est pareil. Moi,
- Speaker #0
j'ai des clientes,
- Speaker #1
elles sont très masculines. Ben, Ok, il n'y a aucun problème. C'est super beau de jouer sur le côté masculin-féminin. C'est un pouvoir énorme. J'ai une cliente qui avait un problème, un handicap physique, une boiterie. Et bien ça, en termes de signature vestimentaire, c'est quelque chose qui te différencie et qui fait que c'est toi et personne d'autre. Et c'est comme ça qu'on va se souvenir de toi. Et peut-être qu'on va t'aimer justement. un peu différemment et un peu plus que les autres parce que tu as ça. Donc, il ne faut pas le cacher. Il faut, au contraire, le mettre en valeur et vivre avec ça. Ça, c'est hyper important pour moi. Il y a Coco Chanel qui disait, pour être inoubliable, il faut être différente, il faut être unique. Et en fait, justement, c'est ce qui te rend unique. Et ce que je crois, ce que je fais, en fait, systématiquement chez chaque client, cliente, je pense que ma première analyse, c'est de regarder, de voir ce qu'il y a d'unique dans cette personne qu'on puisse mettre en valeur. pour faire que c'est sa signature vestimentaire. Parce qu'après, j'ai des trucs pour mettre en avant chaque personne.
- Speaker #0
Bien sûr. On parlait des personnes différentes. On parlait des femmes vieillissantes. Et du coup, je voulais revenir là-dessus. Quelque part, je trouve que la société efface aussi ces femmes vieillissantes. Et comment le style, selon toi, peut être un acte de résistance à tout ça ?
- Speaker #1
Je pense qu'il ne faut jamais se négliger. son rapport à soi et à ses vêtements, quel que soit le style. Quand tu parles de ça, je pense à une femme, je fais partie du réseau FCE, Femme Chef d'Entreprise, qui a été créée par Yvonne Foinant, qui était une dame, en termes d'entreprenariat, c'est hyper important, parce que c'est une femme qui a perdu son mari à la guerre. Et comme plein de femmes en France à cette époque, qui avaient des maris qui étaient entrepreneurs avec des entreprises, ils sont partis sur le fond, ils sont parvenus, et elles ont dû reprendre en main des entreprises pour lesquelles elles n'avaient pas été formées, c'était des femmes au foyer, voilà. Et Yvonne Foinant, pardon, elle a eu la magnifique idée de se dire, bon, je ne sais pas faire, ou bon, elle se débrouillait quand même pas mal et tout, mais surtout il va falloir que... je me mutualise certaines compétences et que je me mette en groupe avec d'autres femmes pour qu'on soit plus fortes et pour qu'on y arrive tout ensemble. Et je prends l'exemple de cette femme parce que c'est une femme, quand on voit des photos d'elle, et là, à l'occasion des 80 FCE, il y avait aussi... C'est une dame qui faisait partie de son environnement. C'était une femme qui avait plus de 90 ans. Elle était d'un raffinement. Elle est venue nous voir à la soirée. C'était, pour moi, en tant que signature vestimentaire, c'était émouvant. Dans ces codes à elle, 92 ans, on ne s'habille pas comme à 20 ans. Ce que je dirais, ne lâchez jamais votre lien avec vous-même, quel qu'il soit, avec votre corps, avec qui vous êtes. Et puis, un truc, pensez à quand vous étiez petit, petit, petite, quand vous vous déguisiez avec des vêtements. Ce truc-là. Comment vous, en enfilant un vêtement, vous deveniez votre rêve. Et en fait, c'est ça. Moi, c'est ça ce que je fais au quotidien auprès des clientes. Et si j'ai un conseil à donner, c'est faites ça. Pensez vos vêtements comme les costumes de déguisement, les robes de princesse super-héroïne et tout ce qu'on veut, que vous portiez cette énergie que vous aviez quand vous étiez petite.
- Speaker #0
J'adore cette idée, en fait, c'est d'incarner ce qu'on a envie de devenir, en fait.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Je trouve ça top.
- Speaker #1
Et quand on veut aller vers quelque chose, moi, j'ai des clientes, parfois, qui veulent aller vers un environnement, qui veulent aller vers cette... ou qui sont embauchées pour certains postes et qui ne sont pas sûres d'elles, ou quoi, on commence par porter les vêtements comme un costume Monde. On ne se sent pas forcément hyper à l'aise dedans parce que ce n'est pas nos codes et tout. Et puis, à bout d'un jour, deux jours, trois jours, on s'habitue et puis hop, et ça devient notre code. Donc, osez des codes qui vous inspirent. Il ne faut pas s'habiller dans quelque chose qu'on n'aime pas, mais quelque chose que vous aimez, mais que vous ne portez pas. Allez essayer. Et puis, vous verrez l'expérience.
- Speaker #0
Ok. J'avais une dernière question à te poser avant qu'on conclue.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Je voulais revenir sur la fast fashion parce que c'est quand même un sujet de société qui est important. Comment on peut consommer la mode finalement de manière engagée ?
- Speaker #1
Alors, plusieurs solutions. Déjà, avoir plus de clarté avec son vestiaire, sa garde-robe. C'est-à-dire savoir faire fonctionner sa garde-robe va faire qu'on ne va pas acheter n'importe quoi ou sous pression des soldes, etc. On va savoir ce dont on a besoin. Et puis, il y a des méthodes aussi pour essayer de contrecarrer ces injonctions, de dire, ah là là, c'est les soldes, il faut absolument acheter pendant cette période, sinon tu vas rater l'affaire de ta vie, etc. En réalité, non, je connais bien les coulisses. Évidemment, les soldes, c'est aussi une façon de faire du business. Donc non, vous n'allez pas rater l'affaire du siècle parce que vous n'allez pas tout acheter pendant les soldes. Donc ça déjà, c'est une façon de se positionner par rapport au marché et par rapport à ce qui est proposé, parce qu'on vous propose toujours plus de vêtements. Donc ce positionnement-là. Ensuite, c'est la qualité. Regardez la qualité des choses. C'est très simple de regarder si les coutures, c'est bien fini, les tickets, d'où ça vient, est-ce que c'est fait fabriquer, si vous c'est fait fabriquer très très loin, et si vous êtes dans des sociétés de... où il y a beaucoup, beaucoup de collections qui s'enchaînent et tout ça, vous pouvez quand même bien imaginer que ça ne va pas être fait dans des conditions, pour les personnes qui vont fabriquer ces vêtements, ça ne va pas être fait dans de très bonnes conditions. C'est ce genre de choses, mais moi j'en parle aussi, et puis je vais aussi communiquer énormément sur le sujet. Après, il y a aussi d'autres astuces qui sont la seconde main, ou louer au lieu d'acheter. Ça, je l'ai expérimenté et je le conseille, j'ai des clients qui fonctionnent comme ça, qui sont hyper contentes. C'est-à-dire qu'il y a, je ne sais pas si on peut donner des noms pendant le podcast, mais par exemple The Closet, c'est une société où tu peux louer tes vêtements, tu reçois des box que tu choisis. Et donc, j'ai des clientes qui font ça. Et ce qui est génial, moi je l'ai fait avec Une Robe Un Soir, qui est une autre société qui fait ça. Ce qui est génial, c'est que par exemple, tu as ton manteau tout l'hiver. et puis à un moment donné, un mois, hop, il commence à faire beau, tu le rends. Donc ça ne prend pas de place dans ton dressing. T'en as plus besoin, c'est l'été. Et puis peut-être qu'à l'automne, t'auras envie d'un autre manteau et pas du même. Donc c'est génial. Et tu loues, tu payes une location au lieu d'acheter, Et acheter en seconde main, ce que je voudrais dire aussi, c'est qu'actuellement, il y a eu un élan sur la seconde main. Et ce qui était avant de l'ordre de « il fallait fouiller dans des friperies » , etc., ce n'est plus du tout comme ça que ça se passe. Par exemple, Vinted, on connaît, mais par exemple, je travaille aussi avec Jaio. société que j'adore, de seconde main, ils ont une plateforme où tous les produits sont vérifiés, propres, ils sont mis en avant comme n'importe quelle boutique. Et c'est de la seconde main, donc tu peux prendre des vêtements qui sont de meilleure qualité que la fast fashion à un prix moins élevé.
- Speaker #0
Pour une expérience client, finalement, qui se rapproche d'un achat d'un vêtement.
- Speaker #1
Complètement. Complètement. j'ai eu des occasions de faire acheter dans l'urgence pour certaines femmes pour des événements, des vêtements comme ça chez Jaillot, si tu te trompes tu peux aussi changer c'est comme n'importe quelle boutique quoi
- Speaker #0
Il y a aussi un phénomène, j'en ai fait partie, tu sais, parfois quand on a une baisse de confiance en soi, quand on va un peu moins bien, on va avoir le réflexe, on a l'impression parce qu'on va aller dévaliser toutes les boutiques, que ça va aller mieux, puis finalement on arrive à la maison avec les bras chargés, et c'est pas forcément le cas. Et je me dis que dans un moment comme celui-ci, plutôt que de courir dans les magasins, courons dans notre dressing et puis de se dire allez, à partir de ce que j'ai, j'essaye de me recréer des tenues.
- Speaker #1
Moi, je suis la première à avoir tendance à le faire aussi, parce qu'effectivement, acheter des vêtements ou acheter des bibelots, c'est d'abord acheter quelque chose. Mais quand c'est comme ça, il y a peut-être des petites choses à se dire. C'est, j'ai envie d'acheter, j'ai envie d'acheter, mais est-ce que je n'ai pas le même modèle déjà dans ma penderie ? Est-ce que j'en ai vraiment besoin ? Est-ce que je serais capable de décaler cet achat dans deux jours ? Là, je veux absolument l'acheter et tout, mais est-ce que je serais capable de me dire, finalement, il est là, je reviens dans deux jours. Parce que peut-être que dans deux jours, finalement, j'en aurais moins, Benoît. Tu vois, il y a des petites choses comme ça. Est-ce que j'ai déjà cette couleur-là dans mon dressing ? Voilà. Il y a ça. Et puis après, c'est une question de déconstruire. Mais je crois vraiment que quand on a une garde-robe vraiment alignée avec soi et qu'on a vraiment fait un... un petit travail par rapport à tout ça. Franchement, ce genre d'achat compulsif, en fait, ça se tasse.
- Speaker #0
Ok, super. Je voulais terminer avec la question un peu signature. Quel est le cliché sur la mode féminine que tu rêves de voir disparaître ?
- Speaker #1
Alors, je dirais que les minijupes et les talons, c'est sexy. Voilà. Parce que pour moi, et ça, je travaille énormément ça aussi, le sexy, sensuel, Merci. etc. passent pas forcément par les talons, la mini-jupe, montrer son corps comme ça et tout. Ça, c'est du sexy, c'est pour les hommes. Et voilà. Mais il y a bien d'autres choses et le pouvoir de séduction par exemple des femmes, on peut l'obtenir avec d'autres choses.
- Speaker #0
Par la suggestion peut-être. Voilà,
- Speaker #1
par exemple une chemise, tu portes une chemise une chemise au lieu de la porter de façon classique, tu la bascules un petit peu en arrière. Un peu comme les geishas japonaises, tu vois, qui portent leur kimono en arrière. Tu portes ta chemise un peu en arrière et puis tu as un petit collier. Si tu as des cheveux un peu longs, tu relèves tes cheveux un peu dans la nuque et puis on aperçoit un peu ta nuque. Pour moi, ça vaut 10 000 loups-coutants. 10 000 !
- Speaker #0
Et ça coûte moins cher. Et ça coûte moins cher. Super, merci beaucoup Lou. Où est-ce qu'on peut te retrouver ? J'ai évoqué ton LinkedIn tout à l'heure et vraiment, allez-y, c'est une pépite.
- Speaker #1
Alors... on peut me retrouver sur LinkedIn, sur Instagram. Et justement, je suis en train de construire une plateforme ressource pour les clients. Donc, elle n'est pas en ligne pour l'instant. Je ne sais pas quand sortira le podcast. Ce sera peut-être là ou pas encore. Mais d'ici vraiment quelques semaines, qui sera une plateforme de ressources où on pourra trouver plein d'astuces, plein de choses. sur cette plateforme.
- Speaker #0
Ah super. Voilà. Je m'inviterai à mettre toutes les coordonnées dans les notes de l'épisode comme ça aux auditeurs. Oui,
- Speaker #1
mais surtout LinkedIn parce que c'est là que je... Et puis Instagram.
- Speaker #0
Oui, c'est ton terrain de jeu.
- Speaker #1
C'est mon terrain de jeu. C'est là où je réponds à toutes les questions. On peut me poser toutes les questions en message privé. Je réponds. Je fais les posts sur les sujets qu'on veut, etc. Voilà, c'est ma démarche.
- Speaker #0
Parfait. Merci beaucoup, Lou. Merci à toi.
- Speaker #1
C'était génial. Merci. À bientôt. À bientôt.
- Speaker #0
Merci d'avoir écouté cet épisode. J'espère que l'histoire de notre invité du jour t'aura donné à toi aussi l'envie de tracer ton propre chemin. N'hésite pas à venir mettre un commentaire. Et retrouve-moi sur LinkedIn, je serai ravie d'échanger avec toi.