Speaker #0Bonjour, c'est Virginie. Vous écoutez un épisode déclic du podcast ECHO, un épisode pour oser prendre sa place. Dans ce format court, je démonte les clichés, je sème des graines pour vous donner matière à réfléchir autrement. ECHO est un projet indépendant, alors si le contenu vous plaît et que vous voulez le soutenir, vous pouvez en parler autour de vous, le partager sur vos réseaux sociaux et mettre une note 5 étoiles avec un commentaire sur votre plateforme d'écoute. Merci pour votre soutien et bonne écoute. On a parfois l'impression que nos décisions sont le fruit d'une réflexion profonde. Mais dans la plupart des cas, c'est en fait qu'une illusion. Parce qu'en fait, notre cerveau est une machine à raccourcis, et ces raccourcis sont des pièges tendus par notre propre esprit. C'est ce qu'on appelle les biais cognitifs. Et dans cet épisode, je vais te parler donc de ces biais cognitifs et surtout comment les désamorcer. Alors tout d'abord, qu'est-ce qu'un biais cognitif ? Eh bien, c'est une pensée automatique qu'on croit logique, mais qui en fait ne l'est pas du tout. En gros, les biais cognitifs vont nous faire percevoir la réalité à travers des raisonnements qui sont irrationnels et illogiques. Et ils vont nous faire penser ou agir à notre insu. Notre cerveau a développé des stratégies pour fonctionner efficacement. C'est très bien, mais le problème, c'est que ces stratégies, conçues pour nous protéger, peuvent aussi nous limiter. Alors je propose aujourd'hui de te présenter les quatre grandes familles de biais cognitifs mises en avant par Buster Benson, qui a consacré une partie de sa carrière à l'étude de ces biais cognitifs. Alors voici les quatre catégories dont il nous parle. Donc il y a les biais, en catégorie 1, qui nous aident à agir vite. Ensuite, ceux qui découlent de trop d'informations, ceux qui servent à ne pas encombrer notre cerveau, et ceux qui nous aident à donner du sens à une situation. Alors je vais décortiquer ces quatre catégories et je vais aussi te donner des exemples. Alors on commence par le biais qui nous aide à agir vite. Ce qu'il faut comprendre, c'est que notre cerveau a besoin de prendre des décisions rapidement, même quand il a peu d'informations. Donc pour cela, il va utiliser des raccourcis qui permettent d'agir sans analyser chaque détail. T'imagines, on a des milliards d'informations qui passent tous les jours. Si à chaque fois, on devait analyser chaque détail de chacune des informations, On serait épuisé à la fin de la journée. Donc ces raccourcis sont importants pour nous préserver, mais le problème de ces raccourcis, c'est qu'ils nous font prendre des décisions basées sur des émotions ou des perceptions tronquées, et pas sur des faits. Alors je vais te parler d'un biais qui illustre parfaitement ça, c'est le biais du cadrage serré. Le biais du cadrage serré, c'est quand tu zooms tellement sur une décision que finalement tu en perds la vue d'ensemble. Ton cerveau va venir isoler le choix, Il va le grossir, il va le dramatiser. Et du coup, soudain, par exemple, envoyer un mail, ça va devenir une question de vie ou de mort. Augmenter un tarif, ça va devenir un risque insurmontable. Publier un post, ça va devenir une exposition qui va être trop importante. Le problème ici, ce n'est pas la décision que tu dois prendre, mais c'est l'échelle à laquelle tu la regardes. Tu vas venir donner à cette décision une importance telle qu'elle va venir te paraître insurmontable. Alors que soyons d'accord, rationnellement, en vrai, il n'y a pas de danger. C'est souvent le cas quand on parle de prospection par exemple. On en fait un film catastrophe, on va s'imaginer le pire, alors qu'en fait, celles qui le font disent que certes c'est un peu inconfortable, mais que dans la plupart des cas, ça se passe quand même relativement bien, heureusement. Alors pour repositionner ton cerveau, je te propose une question qui est à mon sens essentielle à se poser. Est-ce que la peur du jugement ou de l'échec est en train de dicter mes choix ? Si la réponse est oui, alors c'est que tu es victime de ce biais et que tu t'apprêtes à prendre une décision erronée. Je te parlais aussi de la deuxième catégorie mise en avant par Benson, ce sont les biais qui découlent de trop d'informations. Là, c'est quand notre cerveau est submergé par un flot d'informations. Pour survivre, il filtre, simplifie et sélectionne ce qui confirme nos croyances existantes. Le piège ici, c'est qu'on va venir retenir finalement ce qui va valider nos peurs, ce qui va valider nos croûts. croyances, et on va ignorer ce qui va les contredire, même quand les preuves sont accablantes. Le biais qui illustre parfaitement ça, c'est le biais de confirmation. Ce que dit ce biais de confirmation, c'est que quand ton cerveau ne collecte que les preuves qui confirment ce qu'il croit déjà, en fait il ne cherche pas la vérité. Il cherche simplement à avoir raison. Donc je l'ai dit, il filtre, il interprète, il sélectionne, et il garde ce qui est conforme. Il jette ce qui contredit cette croyance. Sauf que c'est un mécanisme inconscient et on s'en rend même pas compte. Ça nous paraît simplement logique. Par exemple, quand tu crois que tu n'es pas légitime pour te positionner comme une experte. Ton cerveau va partir dans une espèce de mission, dans une croisade. Il va collecter les informations qui vont confirmer que tu n'es pas une experte. Alors il va peut-être se rappeler la question d'un prospect à laquelle tu n'as pas su répondre. Il va chercher chez les concurrents des signes qu'ils sont plus experts que toi. Il va se rappeler le moment où tu as douté. Mais à l'inverse, il va ignorer les avis positifs de tes clients, les messages de remerciement que tu as pu recevoir après un accompagnement. ou encore il va minimiser ton expérience de plusieurs années. À ce moment-là, tu ne vois pas la réalité. Tu vois uniquement la réalité que ta croyance a construite. Alors pour repositionner ton cerveau, pose-toi cette question. Est-ce que je cherche à confirmer mes peurs ou est-ce que je cherche à challenger mes limites ? Si ta réponse abonde dans le sens des peurs, tu sauras que ton cerveau essaye de biaiser la réalité. Alors maintenant... parlons des biais qui servent à ne pas encombrer notre cerveau. Devant la surstimulation à laquelle nous sommes exposés aujourd'hui, notre cerveau a besoin d'économiser de l'espace mental. Pour cela, il va ne retenir que ce qui est facilement accessible ou émotionnellement chargé. Le piège ici, c'est qu'on va du coup prendre des décisions basées sur des souvenirs récents ou des souvenirs marquants, pas sur des données objectives. Et le biais de disponibilité illustre parfaitement ça. Le biais de disponibilité, il va consister à porter un jugement sur une situation en fonction de la facilité avec laquelle des exemples vont nous revenir en mémoire. Il va par exemple nous amener à considérer un événement récent comme quelque chose de fréquent et donc il va le généraliser. Par exemple, admettons que tu veux te lancer sur YouTube. Là, ton cerveau va te sortir immédiatement le souvenir de cette créatrice que tu suis depuis trois ans. Elle pose sans relâche mais elle n'a jamais réussi à décoller. Un seul exemple ? mais il est vif dans ta tête. Tu as encore fait ce constat pas plus tard qu'hier en regardant une de ses vidéos. Donc en fait, ce qui va se passer, c'est que ton cerveau va créer un raccourci. YouTube ne marche pas. C'est trop d'énergie pour peu de retomber. Alors ce n'est pas forcément la réalité, parce qu'on est d'accord pour se dire qu'il y a des centaines de chaînes qui ont trouvé leur audience, mais toi à ce moment-là, tu ne les vois pas. Le souvenir récent de cette créatrice, la part émotionnelle qu'a pris ce souvenir, va prendre toute sa place et du coup tu vas venir en faire une généralité. Et voici la question pour repositionner ton cerveau. Si je devais lister trois réussites, qu'est-ce que j'y mettrais ? Si tu as de quoi répondre à cette question, c'est que ton cerveau peut voir le jour indépendamment d'un seul exemple négatif. Et abordons enfin la quatrième catégorie, les biais qui nous aident à donner un sens à une situation. Notre cerveau a besoin de donner du sens, même là où il n'y en a pas. Pour cela... Il va inventer des liens de cause à effet même quand ils n'existent pas. Le piège est qu'on crée des explications plausibles mais fausses, et on les prend pour des vérités. Et c'est le cas pour le biais d'illusions, de corrélations. Ça, c'est quand notre cerveau voit un lien entre deux choses qui n'ont aucun rapport. Ce qu'il faut se dire, c'est que le cerveau ne supporte pas le hasard, il ne supporte pas le vide. Alors il va venir créer des connexions. Il fabrique du sens là où il n'y en a pas. Et le problème, c'est qu'il croit sincèrement. Par exemple, tu as lancé une offre en janvier, ça n'a pas marché, donc ton cerveau note janvier égal mauvais mois pour lancer. Ou alors, tu as publié un poste long mardi et il a bien marché, alors ton cerveau va noter les mardis les postes longs fonctionnent. Tu vois, en fait, tu construis des règles entières sur des coïncidences. Tu ajustes ta stratégie, tu évites des périodes, tu reproduis des formats sur la base de rien de statistiquement valide. Ce qu'il faut se dire, c'est qu'une donnée isolée n'est pas une règle. Une coïncidence n'est pas une causalité. Ton cerveau, il a tendance à transformer le hasard en système. Et du coup, ça va nous amener à piloter notre business avec des superstitions qu'on va appeler de l'expérience. Il va préférer une mauvaise explication à pas d'explication du tout. Mais le hasard n'existe pas. Alors pour repositionner ton cerveau, la prochaine fois, demande-toi, est-ce que je confonds comprendre et justifier ? Étudier ton business, les moments où il faut poster, les moments plus calmes et ceux qui sont serrés est important. Mais chercher à tout prix à les justifier te place dans cette illusion de corrélation néfaste à ton business. Alors ce qu'il faut retenir de cet épisode, c'est que tes biais cognitifs ne disparaîtront jamais. Ils font partie de ton câblage mental, on est tous faits comme ça et on ne peut pas les supprimer. Par contre, ce que tu peux faire, c'est 1. Les identifier quand ils se manifestent. te dire, là... je suis en train de minimiser ma réussite, par exemple. Deux, les nommer pour les désamorcer. Ah, ça, c'est mon biais de disponibilité qui parle. 3. Les challenger avec des questions précises. Quelle preuve ? J'ai que c'est vrai. La lucidité, ce n'est pas de croire que tu es objective, c'est de savoir quand tu ne l'es pas. Alors tes biais cognitifs ne sont pas des faiblesses, ce sont des mécanismes de survie qui aujourd'hui te maintiennent dans une version édulcorée de ta puissance. Ils ne sont pas là pour te servir, ils sont là pour te protéger, et la protection, dans un monde où tu veux grandir, c'est souvent une prison. Alors oui. Tu ne peux pas les supprimer parce qu'ils font partie de toi. Tu ne peux pas les ignorer, les influencer de décision, que tu le veuilles ou non. Mais par contre, tu peux les désarmer en les identifiant, en les nommant et en les challengeant. Parce que chaque fois que tu rationalises une peur, que tu minimises une réussite ou que tu refuses une opportunité, ce n'est pas de la prudence, c'est finalement la complicité avec ton propre sabotage. Alors toi, dis-moi, j'aimerais bien savoir lequel de ces biais vas-tu désarmer en premier ? N'hésite pas. pas à me l'écrire en commentaire et si le sujet des biais cognitifs t'intéresse, dis-le moi, je me ferai un plaisir de venir décrypter différents biais qui peuvent venir nous embêter, nous empêcher dans nos business. Merci d'avoir écouté cet épisode. N'hésite pas à venir me retrouver sur LinkedIn, Virginie Perbal ou sur Instagram, echo.podcast pour me dire ce que tu as pensé de cet épisode et me parler de ce qui t'a inspiré. J'ai hâte de pouvoir échanger avec toi. Allez, à très vite.