- Speaker #0
Bonjour, c'est Virginie, vous écoutez le podcast ECHO, un podcast de discussion autour de l'entrepreneuriat, de l'engagement et de l'émancipation des femmes. Ce podcast veut être une source d'inspiration, de connexion et d'impact. Avec mes invités, nous avons à cœur de faire bouger les lignes. ECHO est un projet indépendant, alors si le contenu vous plaît et que vous voulez le soutenir, vous pouvez en parler autour de vous, le partager sur vos réseaux sociaux. et mettre une note 5 étoiles avec un commentaire sur votre plateforme d'écoute favorite. Merci pour votre soutien et bonne écoute. Elle a fait de sa créativité son métier. Elle transforme les intérieurs à l'image de leur propriétaire. Ce qu'elle aime, c'est les projets de cœur. Son parcours emprunt d'audace nous montre qu'il n'y a pas de limite à notre ambition. Je suis très heureuse d'accueillir avec nous Anne Perard, architecte d'intérieur. Tout à fait. Bienvenue Anne.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Pour commencer, est-ce que tu peux te présenter Anne, expliquer un petit peu qui tu es ?
- Speaker #1
Je suis donc Anne, j'ai un petit enfant de 9 ans, un mari, on vit à Montreuil dans une petite maison depuis 7 ans. Et 7 ans, n'importe quoi, 9 ans.
- Speaker #0
Et donc tu es architecte ?
- Speaker #1
Architecte d'intérieur.
- Speaker #0
Ok, est-ce que tu peux nous expliquer un petit peu en quoi consiste ton métier ?
- Speaker #1
Alors, l'architecture d'intérieur ou la décoration d'intérieur, moi je fais les deux. Et c'est un métier où on conseille les gens pour améliorer leur mode de vie et leur intérieur de manière générale. La décoration d'intérieur, on ne va pas toucher aux bâtis. L'architecture intérieure, dès qu'il y a de la plomberie, du cassage de cloison, de l'électricité à refaire, c'est l'architecture d'intérieur.
- Speaker #0
Ok, super. Est-ce que quand tu étais plus jeune, tu te voyais déjà dans un métier créatif comme celui-là ?
- Speaker #1
Oui, dès le départ, même au collège, moi je m'étais déjà dit que je ferais un métier créatif, dans tous les cas. Je ne savais pas encore quoi, mais c'était sûr et certain que c'était dans la créa.
- Speaker #0
Du coup, c'est quoi ton parcours ?
- Speaker #1
Alors, le parcours depuis le collège, depuis mon caractéristique. Alors mes études, je n'ai pas fait d'études en fait. À sortir du bac, je suis allée directement dans une école de cinéma payante où je m'étais inscrite à Paris, parce qu'à la base je viens de Grenoble. Et donc je suis partie à 20 ans, m'installer à Paris pour faire mon école de cinéma puisque j'avais décidé au lycée que je ferais du cinéma. Et je voulais être réalisatrice à la base, pas du tout dans la décoration. J'avais vu en 1996 Pulp Fiction qui m'avait marqué, en gros, joue-lettre Quentin Tarantino, sauf que j'avais oublié qu'il y en avait déjà un. Donc voilà, c'était pas possible. Et donc j'ai fait trois ans d'école de cinéma pour apprendre le métier de réalisatrice, ça m'a beaucoup plu, mais à un moment donné, il faut savoir reconnaître ce qu'on ne sait pas faire. Mais moi, je ne me sentais pas capable d'être réalisatrice. J'avais l'impression que je n'avais pas assez d'imagination pour faire ce métier-là, qu'il y avait trop de contraintes financières. Je ne sais pas, je ne me suis pas retrouvée là-dedans. Et par contre, dans mon école, comme on était un petit groupe, on s'entendait très, très bien. Et en gros, on bossait un peu les uns pour les autres. J'ai commencé à faire un peu de décor, un peu tranquillement. Et là, je me suis dit, en fait, c'est ça que j'aime bien. J'aime bien finalement la décoration. Et pourquoi pas... continuer la décoration dans le cinéma puisqu'après tout, j'ai quand même encore envie de travailler dans le cinéma.
- Speaker #0
Donc c'est vraiment une opportunité qui s'est présentée au moment où tu faisais tes études et tu l'as saisie.
- Speaker #1
Je me suis dit que ça me plairait. Après, je disais qu'au début du parcours, parce qu'après encore faut-il y arriver. On ne connaît personne dans le milieu, c'est un peu compliqué on va dire.
- Speaker #0
C'est vrai que le milieu du cinéma, c'est un milieu qui paraît assez opaque et on a l'impression que c'est un monde assez fermé. Et que pour bosser, il faut se connaître, c'est un peu de bouche à oreille. Comment tu as fait ton trou, toi ?
- Speaker #1
C'est le cas. C'est un milieu assez fermé. Et très souvent, quand ils ont leur équipe, ils n'en changent pas. Donc effectivement, c'est compliqué de faire son trou. Mais je suis quelqu'un d'assez... Quand j'ai une idée en tête, elle n'est pas ailleurs et je fonce. Donc je me suis dit, qu'est-ce que ça me tienne ? Je ne connais personne. Je vais faire des petits boulots. Et entre mes petits boulots, je vais chercher. Et donc là, c'était CV, lettre de motivation que j'envoyais. Je rappelais les personnes pour savoir s'ils avaient bien reçu ma lettre. Je les rappelais deux semaines après pour savoir s'ils se rappelaient de moi. Enfin voilà, je prenais des nouvelles quand je n'en avais pas. Et au fur et à mesure, on pourrait parler d'harcèlement aujourd'hui, mais je rappelais vraiment énormément toutes les personnes à qui j'avais envoyé. Et en fait, au fur et à mesure, les gens me disaient, je ne sais pas, au bout de la troisième ou quatrième fois qu'ils entendaient parler de moi ou que je les rappelais, ils disaient bon bah... Je ne sais pas s'ils disaient, elle nous saoule, on va lui donner la chance. En tout cas, j'ai eu tous mes premiers boulots comme ça, en tout cas. Vraiment en m'acharnant sur, j'en veux, j'en veux, même si je n'y connais rien, je veux bosser.
- Speaker #0
C'était une sacrée preuve d'audace en fait.
- Speaker #1
Je me rends compte aujourd'hui, oui, parce que moi quand je reçois des gens qui me demandent des stages ou des choses comme ça et qui me demandent une fois et pas deux, alors je me dis, bon, ils ont qu'à demander un peu plus. Et bon, après, voilà. Je tiens à préciser que je suis auto-entrepreneur, donc les stagiaires, je n'ai pas forcément le droit d'en prendre.
- Speaker #0
Donc, OK. Combien de temps tu as travaillé dans le cinéma ?
- Speaker #1
J'ai travaillé dans le cinéma pendant quasiment, on va dire, huit ans, parce que j'ai eu une année, après, quand j'ai ouvert ma boîte, où je continuais quand même à bosser dans le cinéma, le temps que ma boîte se monte un petit peu.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Et donc,
- Speaker #0
du coup, j'imagine que tu as travaillé sur des beaux projets quand tu étais dans le cinéma.
- Speaker #1
Il y en a eu, oui, des très sympas. Il y en a eu des grands. Il y en a eu des plus petits. J'ai quand même terminé à être chef d'éco, donc au bout de huit ans, t'es quand même plutôt contente. Et certains m'ont dit « mais tu pars alors que t'es arrivé là où t'avais envie d'arriver » . Pas faux ! Mais bon, en même temps, j'avais l'impression pas d'avoir fait le tour, mais que ce milieu ne me convenait pas non plus à 100%.
- Speaker #0
Est-ce que c'est souvent des entrepreneurs, enfin j'entends souvent des entrepreneurs dire ça en fait, c'est un peu « on vient chercher » . C'est comme le Graal, on passe une carrière, ou en tout cas plusieurs années, à essayer d'avoir quelque chose, et puis une fois qu'on l'a, on pourrait s'en contenter, et en fait, non.
- Speaker #1
Il y a peut-être un peu de ça aussi, et puis moi j'aime bien la nouveauté, me réinventer aussi, et là, outre le fait que j'aurais pu rester dans ce milieu-là, même en tant que chef déco, dès que je voulais intégrer des plus grands projets, me reproposer d'être assistante, alors ok, pourquoi pas, mais... pas forcément première assistante non plus, des fois on me proposait d'être deuxième assistante alors que j'avais été chef déco sur des moyens métrages donc là c'est un peu on se dit non mais si à chaque tournage juste parce que tu ne connais pas je dois repartir à zéro à un moment moi ça m'insupporte et puis l'autre chose qui m'énervait beaucoup dans ce milieu là c'est le coïté, t'as l'impression que c'est une question de vie ou de mort un film ils sont tous ultra stressés parce qu'il y a beaucoup de dépenses d'argent en jeu Mais ça reste un film et on nous faisait faire des horaires de malade. Moi, il y a des fois, je ne dormais que 4 heures par nuit en devant conduire sur le périph. J'ai déjà eu deux accidents minimes, mais parce que je me suis endormie au volant. Heureusement, c'était dans les bouchons. Donc, c'est quand même des conditions très compliquées. Mais étant jeune à l'époque, sans enfant, sans attache, de travailler H24, ça ne me gênait pas. Il n'y a pas de problème. Je suis ravie d'avoir changé de métier. Aujourd'hui, je ne me verrais pas travailler là-dedans avec un enfant dont j'ai besoin de m'en occuper, parce que j'adore ça et j'aime mon rôle de maman, donc je ne me verrais pas travailler comme ça.
- Speaker #0
C'est avec tout ce que tu nous dis, c'est ça qui t'a décidé de te mettre à ton compte ? Comment ça s'est passé ?
- Speaker #1
Effectivement, j'avais envie de partir de ce milieu. Et puis, n'ayant pas fait de grandes études... Mais la question s'est un peu imposée à moi en fait. Je me suis dit, j'en ai marre des décors éphémères, par contre pourquoi pas faire de la découpe pour les gens, qui vont rester chez eux, ils vont se sentir bien. Je trouve que ça part d'une aide aussi un peu ce métier, en se disant, je vais faire quelque chose qui va compter en fait, et qui ne va pas être mis à la poubelle après six mois de tournage. Ça, j'aimais bien. Donc, c'est pour ça que je me suis dit, allez, on va complètement changer. Et j'ai profité de mes diffs d'intermittent du spectacle à l'époque, on appelait ça comme ça, pour me faire des formations de mon futur métier. Photocad, SketchUp, plein de formations. Voilà, tous les logiciels Photoshop qui allaient forcément nous servir. Et puis après, voilà, je me suis chancée.
- Speaker #0
Et alors, pour trouver tes premiers clients, comment ça s'est passé ?
- Speaker #1
Les premiers clients, j'ai de la chance d'avoir une grande bande de copains, chez qui j'ai pu faire quelques preuves quand même, et puis qui se sont dit « ah tiens, c'est pas une lubie, elle est douée » . Après, ils ont commencé même à m'embaucher. Tu les demandais les premiers,
- Speaker #0
du coup tu n'étais pas payée tes potes ?
- Speaker #1
Non, les premiers non, parce que je me lançais, que je me disais « c'est bien, ça me fera des potos pour mon site » . C'était un échange de bons procédés, on va dire. Et puis très rapidement, il y en a plusieurs qui m'ont fait confiance, mais vraiment confiance en me disant « En fait, t'es douée, tiens, là-dedans, et donc on va t'embaucher. » Et puis après, les clients qui n'étaient pas des copains, on va dire, je m'étais mise à l'époque, j'habitais dans le 18e, à distribuer beaucoup de tracts, chose qui ne servait complètement à rien, je m'en suis rendue compte après. Mais j'ai essayé de faire des pubs Google Ads à l'époque. qui marchait pas mal parce qu'on n'était pas encore trop nus en concurrence avec les grosses grosses entreprises ce qui est plus le cas du tout aujourd'hui du coup ça c'était plutôt bien mais ça chouette et après j'allais j'ai eu l'idée d'aller sur les forums féminins en fait pour parler de mon métier pour proposer des services donc j'ai trouvé des clientes aussi via les forums féminins de décoration parce que j'essayais tous les moyens en fait de me trouver de la clientèle gratuitement quoi parce que j'avais pas envie de payer des plateformes aujourd'hui il y en a un milliard À l'époque, il y en avait moins, mais voilà, je l'ai trouvé. Et puis finalement, après, c'est le bouche-à-oreille. Plus t'en fais, plus les gens te conseillent.
- Speaker #0
Je trouve que c'est intéressant parce que du coup, s'il y a des personnes qui débutent, qui nous écoutent, c'est intéressant du coup au départ. Il nous faut des preuves de crédibilité quand on commence dans un métier. Donc en fait, pourquoi pas donner de son temps ? Et ça, c'est toujours une question que j'entends. Est-ce que je donne bénévolement mon temps pour pouvoir me faire de la clientèle, etc. ? Donc toi, ta réponse serait oui, il faut le faire.
- Speaker #1
Moi je pense qu'avec en tout cas la famille ou les amis, si on veut avoir un book, à un moment donné, il n'y a pas 36 solutions. Donc soit on fait des tests chez soi, et moi j'en ai fait énormément, donc j'ai eu énormément aussi de photos de mon intérieur test, on va dire. Mais après oui, au moins de dire aux copains, à la famille... même des fois il y en a qui ne sont pas du tout partis pour refaire quoi que ce soit sur la suite de eux, mais leur dire moi j'aimerais bien te faire ça, est-ce que tu as un budget à allouer, ou est-ce que je me débrouille avec ce que tu as, et je te refais des coins, je prends des photos, est-ce que c'est ok, et c'est gratuit dans un premier temps, bah oui il faut se faire connaître, et se faire connaître ça passe par des photos dans ce métier-là de toute façon.
- Speaker #0
Et donc la gratuité oui, mais il faut qu'on y trouve derrière, pour intégrer son compte. Et aujourd'hui, comment est-ce que tu trouves tes clients ?
- Speaker #1
Et aujourd'hui, le bouche à oreille se perpétue parce que j'ai beaucoup d'anciens clients qui me recontactent régulièrement. Soit parce qu'ils ont changé carrément, ils ont déménagé, ou alors ils ont envie de refaire une partie de la maison qu'on n'avait pas encore fait. Ou ils ont acheté une seconde maison, alors j'ai énormément de nouveaux clients. Et là, ces derniers temps, j'ai aussi, à force de faire connaissance avec des gens... J'ai envie de dire que je suis un peu sortie de ma grotte où ces dernières années, je m'étais bien installée. Je rencontre beaucoup plus de personnes. Et de personnes qui me disent comme ça, ah bon, mais tu fais ça, génial, j'aimerais bien t'embaucher. Ou j'aimerais bien voir ce que ça peut donner. Ou dis-moi tes prix, ou voilà. Et puis, je me sers aussi des réseaux sociaux, plus ou moins bien, mais j'essaye. Et puis, j'ai aussi fait une formation SEO pour améliorer mon site Internet. Parce que je pense que c'est quand même ça qui nous donne la plus grande visibilité.
- Speaker #0
Ok. Et puis pareil, aussi de la crédibilité, un site internet. Et de la crédibilité,
- Speaker #1
oui. Tout à fait.
- Speaker #0
Tu parlais aussi des réseaux, des réseaux d'entrepreneurs.
- Speaker #1
Il y a eu des réseaux d'entrepreneurs, des cercles féminins, où je ne me suis pas encore forcément inscrite dans ce genre de cercle, mais ça m'a permis de rencontrer plein de super nanas et de me dire, mais en fait, pourquoi rester toute seule dans ton coin, alors que tu peux parler à des gens, des entrepreneurs heureux, parce que ça, c'est important aussi. tu découvres qu'en fait elles ont eu aussi les mêmes galères que toi les mêmes doutes que toi et je trouve que c'est une communauté qui est assez, même si au final tu t'inscris nulle part, assez aidante parce que tu échanges beaucoup et moi à part échanger avec mes clients mes amis et ma famille je me rends compte que j'échangeais pas avec grand monde en final du coup c'était quand même plutôt agréable de sortir un peu et puis de se rendre compte qu'en fait il y a encore plein de possibilités pour connaître des gens bien sûr
- Speaker #0
Je trouve que c'est toujours intéressant d'échanger avec d'autres entrepreneurs, même s'ils ne font pas le même métier que toi, parce qu'il y a quand même des similitudes dans les questionnements, dans la suite qu'on veut donner aussi à son parcours. C'est vrai que c'est un miroir formidable pour se retrouver, puis pour oser aussi, pour se lancer des fois dans des projets. C'est top. Se lancer dans l'entrepreneuriat, ça a été aussi quelque part pour toi une preuve d'audace ? Ce n'est pas forcément évident de se lancer.
- Speaker #1
Oui, il fallait que je reparte de zéro. Et comme pour le cinéma à la base, j'ai fait peur à tout le monde, parce que milieu, pas évident. Là, ça y est, mais pourquoi tu arrêtes ? Tu es en pleine gloire, tu recommences un truc à zéro. À chaque fois, j'ai eu le même genre de réflexion. Ah mais ça va être trop compliqué, mais t'es sûre que financièrement ça va aller, mais comment tu vas faire, et puis tu es toute seule, et puis blabla, enfin voilà, que des trucs hyper encourageants.
- Speaker #0
Et comment tu l'as surmonté ce regard des autres ?
- Speaker #1
Bah ça c'est pareil, je pense que j'ai un peu de la chance là-dessus, je m'en fous un peu en fait. Ils peuvent penser ce qu'ils veulent, moi je sais en fait que je veux, je vais finir par l'avoir, parce que je vais tellement vouloir que je vais finir par l'avoir. Je le savais en fait que je réussirais, ça prendrait le temps que ça prendrait, mais voilà.
- Speaker #0
Moi un truc qui m'aide aussi vachement par rapport au regard des autres, c'est de me dire que En fait, c'est le reflet de leur propre peur et de leur propre expérience. Et que finalement, ils ne sont pas à ma place. Et que moi, je sais que je suis à la bonne place et je sais où je vais. Pour eux, ça peut être effectivement angoissant.
- Speaker #1
Il y en a plein. Il y a des gens qui sont très réalistes là-dessus et qui se disent « Mais moi, ce que tu fais, je ne pourrai jamais. » Parce qu'effectivement, en tant qu'intermittente, après chaque boulot, tu es toujours en train de rechercher du boulot. Et en tant qu'architecte d'intérieur, c'est pareil. Après chaque boulot, tu te dis « Est-ce qu'il y a la suite ou est-ce qu'il y a quelque chose ? » Plus tu t'installes dans le métier, plus tu peux être biquée sur plusieurs mois. Donc ça, c'est très chouette. Mais dernièrement, contexte social, politique et dans, j'ai eu des périodes de creux, de trous, de remise en question. Tu te dis, est-ce que je continue là-dedans ? Ou est-ce que je ne profiterai pas pour me réinventer encore ? Parce que ça, ça ne me fait pas peur non plus.
- Speaker #0
Du coup, là, aujourd'hui, tu as une visibilité sur combien de temps ?
- Speaker #1
Là, moi, je suis prise jusqu'aux vacances de cet été.
- Speaker #0
Ok,
- Speaker #1
j'ai des... un peu un trou avril-mai mais en fait qui est déjà comblé qui est déjà plus ou moins comblé en réalité donc là je suis en partie dans plutôt une période super ok super c'est génial et quoi tes journées ? Alors mes journées, là j'ai pas mal de suivi de chantier en ce moment, donc c'est beaucoup de déplacements, de vérification de plans, de vérification de mise en œuvre pour voir si tout a été bien effectué comme demandé, de mails de retour client parce qu'il faut toujours faire des validations de ce qu'on a vu, leur donner des nouvelles de leur chantier. Donc ça c'est quand je me déplace et sinon je suis chez moi et je me mets à fond dans le boulot sur mon ordi. pour faire mes plans, mes catalogues.
- Speaker #0
Tu as des jours attribués au travail que tu fais dans ton bureau et des rendez-vous clients, par exemple, ou non ? C'est vraiment au fil de l'eau, en fonction de ce qui vient ?
- Speaker #1
C'est au fil de l'eau et en fonction du client aussi. Moi, après, j'essaye d'avoir des horaires qui me plaisent à moi, mais ça va être souvent en fonction d'eux. On va dire quand est-ce que vous êtes dispo, on essaye de voir si tu coordonnes ensemble et puis après, on les prend. Mais je n'ai pas de jours dédiés à telle ou telle chose.
- Speaker #0
Ok. Dans ce parcours-là, j'imagine que tu as eu des moments de doute, peut-être des obstacles qui te sont dressés sur ta route, que tu peux nous en parler ?
- Speaker #1
Oui, il y a eu des moments de doute. À l'époque, dans le cinéma et même dans mon métier actuel, c'est dès que tout d'un coup tu as moins de boulot et que tu te retrouves dans un trou qui dure un peu. où là, là tu te... là tu... je sais pas mais... Très rapidement, tu te remets quand même assez vite en question. Après, moi, je n'ai pas pour habitude de me laisser aller non plus. Donc, en général, quand c'est comme ça, puis j'ai l'habitude, en réalité, j'ai toujours connu que ça. Donc, c'est une espèce de vague tout le temps, creux, plein, creux, plein. Ou là, je fais autre chose. Donc, c'est pour ça que j'ai fait cette formation SEO. C'est pour ça que l'année dernière, j'ai fait une formation LinkedIn. Je suis en perpétuelle formation aussi pour essayer d'améliorer des choses que je ne connais pas. Parce que comme tu le sais toi aussi, en tant qu'auto-entrepreneur, on a toutes les casquettes. Et on a beau aimer le côté créatif, toi et moi, on sait très bien qu'il y a plein d'autres choses à faire en tant qu'entrepreneur.
- Speaker #0
J'aime bien cette vision où en fait, finalement, les moments de creux, ce sont des opportunités pour te former à autre chose et qui vont enrichir de toute manière ton activité d'une façon ou d'une autre.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
C'est un bon conseil.
- Speaker #1
J'ai eu un gros creux l'année dernière, quand j'avais vraiment pas beaucoup d'activités du tout. Je parlais toujours en disant moi j'aimerais bien enseigner en primaire. Et là c'est pareil. J'ai les mêmes réactions à chaque fois. Et pourtant là c'est censé être un métier stable. Mais tu vas toujours recommencer, t'es sûre ? Bah oui, pourquoi pas. L'enseignement pour les petits ça m'a toujours plu. Donc il se passe qu'un jour je le ferai pas d'ailleurs, on verra.
- Speaker #0
Ok. Donc toutes les portes restent ouvertes.
- Speaker #1
Toutes les ventres restent ouvertes, exactement.
- Speaker #0
Tu te fermes à rien, donc ça c'est top. J'avais envie de parler aussi de tes projets. de certains de tes projets parce que je sais, enfin, je l'ai dit dans la présentation que toi, tu es allée au niveau de la création de ton projet et tu as fait un projet qui est un aussi vers des métiers de cœur, des projets de cœur, pardon. Du coup, est-ce que tu peux nous parler un peu de ces projets ?
- Speaker #1
C'est vrai que j'aime bien... Alors bon, les particuliers te choisissent de manière générale et après tu vois si tu as envie de travailler avec eux ou pas. Pour ce qui est des pros, j'aime bien les projets qui ont, entre guillemets, un peu plus dans le coffre et quelque chose qui va me plaire derrière. Comme j'ai refait dernièrement un showroom sportif. C'était une super expérience parce que c'était quelque chose de très intimiste. où il fallait évidemment avoir plein d'idées en termes d'aménagement, plein d'idées un peu fofolles pour que ça ne fasse pas non plus showroom complètement filivé, avec évidemment le brief qu'elle m'avait donné, mais il y a beaucoup d'idées que j'ai proposées qui m'ont énormément plu, qu'elle n'avait pas du tout eu. Ça m'a remis dans mon côté créatif où j'étais à fond les ballons. Là actuellement on est dans mon bureau que j'ai refait dernièrement, et c'est pareil, je me suis vraiment éclatée avec cette fraise. Et c'est des choses comme ça que j'ai déjà aussi proposées parfois chez des gens. je vais pas me mettre à la place de quelqu'un dont c'est le métier mais pour des gens qui n'ont vraiment pas d'argent et qui veulent rajouter un petit peu j'ai déjà fait des petits trucs un peu sympas en peinture chez eux pour qu'ils aient une décoration finalement un peu waouh sans avoir beaucoup de moyens non plus et de manière générale les projets coup de coeur pour les particuliers ça va être une entente à la base quand je vois que ça passe pas très très bien avec quelqu'un j'ai pas envie de travailler avec en général et je me suis toujours autorisée à dire non Merci.
- Speaker #0
C'est important de s'écouter parce qu'en général, quand on y va et qu'on ne le sent pas, ça finit en général pas très bien.
- Speaker #1
Pas bien.
- Speaker #0
C'est pas la peine d'insister. Est-ce que tu peux nous parler un peu de ton positionnement, peut-être de ta différenciation par rapport à d'autres architectes ?
- Speaker #1
Par rapport à d'autres architectes ? Oui, alors moi, quand j'ai commencé, donc en premier jour de 2011, c'était à la base, je voulais mettre, c'était ma phrase d'accroche d'ailleurs, la décoration à portée de tous. C'était parce qu'à cette époque-là, je trouvais... Les émissions déco étaient déjà beaucoup en vogue, à la mode, etc. Mais alors, par contre, on avait l'impression qu'il fallait être complètement richissime pour faire appel à une décoratrice d'intérieur ou architecte d'intérieur. Et quand j'ai découvert ça, quand j'ai un peu cherché, quand j'ai regardé les tarifs, je me suis dit, mais effectivement, l'entraide est mortelle, n'a pas le droit, en fait, à avoir un intérieur sympa si lui-même n'y arrive pas. Donc ça... Je suis partie à la base de ce positionnement-là, qui était très, très important de me dire, en fait, chacun a le droit de se sentir bien chez soi. Et donc, j'ai commencé, effectivement, avec des tarifs vraiment bas. Et je ne les ai pas augmentés pendant 13 ans. Je suis restée avec... Pourtant, déjà, au début, évidemment, on débute, on a certaines choses encore à apprendre, bien que je trouvais que ce que je proposais était quand même déjà pas mal. Et puis, au fil du temps, ça s'est amélioré, forcément, avec l'expérience. J'ai gardé mes prix. Et puis, il y a deux ans de ça, il y a des copains qui m'ont dit « Non mais c'est bon, t'as vu, là, en ce moment, t'es toujours en train de dire que tu galères, que t'as pas d'argent, ça va. À l'époque, j'avais 45 ans. Tu veux pas augmenter tes prix, sérieusement ? Parce que là, il faut que tu fasses quelque chose, quoi. » Et là, je me suis dit « Mais qu'est-ce que oui ? C'est vrai que j'ai envie de mieux, moins bien ces derniers temps. Essayons d'analyser un peu le pourquoi du comment. Et puis, augmentons, changeons, effectivement. Augmentons mes prix. » Mais j'ai quand même voulu garder des prestations pas trop onéreuses. Je sais qu'il y a des gens qui trouvent ça encore cher, mais vraiment pas cher. Et ça, je le sais parce que j'ai discuté avec plusieurs collègues de mon métier qui trouvaient ça effectivement pas cher du tout. Parce que je pars encore du principe que tout le monde a le droit de pouvoir faire appel à moi, en tout cas.
- Speaker #0
Donc là, ton message, toi, c'est vraiment... Enfin, ce que tu portes, c'est vraiment la déco pour tous, quoi. C'est en tout cas essayer au maximum...
- Speaker #1
Au maximum de pouvoir aider le plus de gens avec leurs moyens, leur budget, et voir ce qu'on peut faire, quoi. Ce qu'on peut faire quelque chose, simplement.
- Speaker #0
Ça a été facile de monter tes prix ?
- Speaker #1
Non. Ça a été très compliqué, parce que quand on a passé sa vie à se dire « Ouais, c'est génial, moi je suis trop contente de faire un peu un don de moi, quelque part, parce que, bah... » Aujourd'hui, j'ai des collègues qui ont commencé à mon âge et qui sont plus difficiles et qui ont des payaisons complètement improbables parce qu'elles étaient déjà sur des tarifs chers. Moi, je savais que je ne serais jamais richissime. Ça ne m'a jamais posé de problème. Mais oui, il y a eu des... Quand j'ai changé mes prix, je me suis dit là, je passe à une autre catégorie. Donc, il faut que j'en propose plus. En fait, non, j'en proposais déjà plus à la base. Voilà, au prix que je proposais. Et ça, ça a été un peu compliqué parce que comme j'avais l'impression d'augmenter mes prix, je me suis dit, je vais forcément ajouter des choses ou faire mieux. Donc j'ai toute une période artistique jusqu'à ce que je me dise « Ah mais non, mais en fait, tout ce que tu proposais était déjà vachement bien. » Et j'ai eu aussi ce réflexe parce que j'ai rattrapé quand même plusieurs projets de... De jeunes personnes qui sortent d'école de décoration, je pense qu'on ne leur apprend pas très bien les choses, vu ce qu'elles proposent, et pour le prix surtout qu'elles proposent. Et là, je me suis dit, alors si c'est ça, pour le prix qu'on propose, moi je fais le même prix, alors que c'est beaucoup plus complet, tu n'as pas d'inquiétude à avoir, en fait tes prix sont nickels pour ce que tu proposes, et il n'y a aucun souci.
- Speaker #0
Ok, donc tu as réussi à dépasser un peu ce syndrome de l'imposteur, aussi en le comparant finalement à ce que d'autres pouvaient faire.
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
J'avais envie de te poser une question, changer un petit peu de sujet et te demander quel regard est-ce que tu portes, toi, sur l'entrepreneuriat au féminin ?
- Speaker #1
Je trouve déjà que, je vais peut-être dire un truc bateau, mais être entrepreneur et femme aujourd'hui, bien que ça soit sûrement plus facile qu'il y a quelques années, je trouve que c'est encore très compliqué. Les regards de certaines personnes ne sont toujours pas très conquis par le fait que justement on est des femmes. Il y en a qui sont hyper en admiration, et ça c'est agréable aussi de dire en admiration pourquoi finalement, parce que je suis entrepreneur ou parce que je suis une femme ? Bon, c'est quand même deux choses pas pareilles. Voilà, la plupart de mes amis sont plutôt en admiration parce que je suis auto-entrepreneur et entrepreneur, et que je m'en suis toujours sortie en fait. Après, pour toutes celles qui sont entrepreneurs... Pour le vivre depuis que je suis commencée à travailler, c'est dur, il faut s'accrocher, il faut briser certaines barrières. Parce qu'encore une fois, moi je suis quand même dans un métier créatif comme toi, il y a d'autres entrepreneurs qui sont dans des métiers un peu plus, on va dire un peu plus, celles qui sont avocates à leur compte par exemple, des métiers qui sont considérés comme des métiers masculins.
- Speaker #0
Et intellectuels.
- Speaker #1
Et intellectuels, voilà, ce que visiblement des fois on pense qu'on n'est pas. Et bien, je pense que pour elles c'est encore plus dur. parce qu'elles doivent se frayer les chemins dans des mondes considérés comme masculins. Moi, j'ai la chance dans mon métier des décorateurs masculins ou architectes masculins. Au final, il y en a quand même assez peu. C'est quand même un métier très féminin. Mais ce qui n'était pas le cas quand j'ai débarqué dans le cinéma. Alors là, c'était plutôt l'inverse. Donc moi, j'ai eu les deux verses en toute façon.
- Speaker #0
Pour toi, quelles sont les forces que les femmes apportent dans l'entrepreneuriat ?
- Speaker #1
Moi, je pense qu'une femme par essence, elle est déjà multicasquette de base. Je ne sais pas si on a été prêts comme ça, ou si on a dû le devenir par la force des choses. Et du coup, je pense que quelque part, on arrive beaucoup mieux à s'en sortir. Puisqu'on a déjà cette habitude de gérer énormément de choses dans notre quotidien. Et du coup, finalement, avec un petit peu d'organisation, d'être entrepreneur aujourd'hui en tant que femme, finalement, c'est encore gérer d'autres choses. Mais au final, on y arrive aussi.
- Speaker #0
Moi, je pense qu'on est conditionnés à ça. Et que du coup, il y a tout le versant un peu négatif parce qu'on porte beaucoup de choses, tout à la charge mentale, etc. Mais qu'effectivement, on peut en faire une force quand on est entrepreneur, notamment parce qu'on sait qu'on doit gérer dans la même journée plusieurs... qu'on doit porter plusieurs casquettes dans la même journée. C'est ça.
- Speaker #1
Moi, je dis toujours que j'ai plusieurs journées dans ma journée. Et je pense que beaucoup de femmes, c'est la même chose.
- Speaker #0
Je voulais aussi te parler de... Toi, tu refais des espaces. On a beaucoup de femmes auto-entrepreneurs qui travaillent de chez elles et qui ont un bureau dédié à leur activité. Est-ce que l'espace dans lequel on vit ou où on travaille influence pour toi l'état d'esprit ?
- Speaker #1
Complètement. Je pense que de même qu'une chambre ou un salon, si on ne s'y sent pas bien, on n'aura pas envie d'y aller, un bureau, c'est pareil. Et d'autant plus quand il est à la maison. Moi j'ai rencontré pas mal de personnes, je trouve ça assez rigolo, qui bossent à domicile et qui travaillent dans leur salon alors qu'elles ont un bureau. Il y a un espace dédié, pourquoi ? Ah non mais parce que je l'aime pas. Donc voilà, ça répond totalement à ta question, effectivement, si ton bureau ne te ressemble pas ou si tu l'as laissé avec une espèce de fonction pseudo salle de sport, chambre d'amis, slash bureau, bah non ça ne te plaira pas, tu n'iras pas travailler là, tu vas aller travailler dans un coin qui te plaît chez toi. Mais si tu as une pièce dédiée, je trouve ça un peu dommage finalement de ne pas en profiter. C'est parce que d'avoir un petit coin séparé, ayant travaillé dans mon salon pendant des années, aujourd'hui j'ai mon bureau même si c'est à domicile, et j'adore ça, parce que c'est mon petit coin à moi, où je fais ma déco comme je l'entends, et puis je suis ravie d'avoir cet espace pour moi.
- Speaker #0
Et quels conseils tu pourrais donner à une femme qui n'a pas d'espace et qui doit travailler, du coup, par exemple dans son salon, sur la table de la cuisine ? Est-ce que tu as des petits tips à partager ?
- Speaker #1
Oui, ça, moi, je l'ai fait plusieurs fois. S'il n'y a vraiment pas d'espace, effectivement, sur la table de salle à manger, là, pour le coup, je n'ai pas beaucoup de conseils à donner. Mais par contre, moi, je trouve qu'il y a toujours moyen de créer des espaces un peu bibliothèques. avec une planche dépliante, pourquoi pas, un bureau escamotable, pourquoi pas, selon le travail qu'on fait, pour ne pas avoir son bureau quand on n'a pas envie d'en entendre parler, par exemple le week-end ou le soir, de pouvoir le refermer si on a envie de le refermer. Et tout ça, ça peut totalement s'intégrer dans des modules, par exemple chez Ikea, ils ont tout ce qui est modules et quêtes, on peut parfaitement rajouter une planche par-dessus. Il y a énormément de mobilier aujourd'hui avec des bureaux qui se rabattent. Et puis, si on est plus dans le style brocante, s'acheter un petit secrétaire à l'ancienne, que ce soit années 60 ou même Louis-Philippe, ça peut être un objet hyper beau. Et pareil, l'ordi passe dans ce genre d'espace, on peut le cacher. Après, pour ceux qui ont vraiment besoin d'un bureau avec multi-écran et beaucoup de paperasse, là, ça va devenir un peu plus compliqué de le cacher, on va dire. Mais dans plein d'endroits où je suis allée pour refaire des coins bureaux, j'ai quand même réussi à leur dégoter des coins auxquels même des fois ils n'avaient pas du tout pensé. Sous un escalier, même, il y en a un, je l'ai fait ton bureau dans un dressing, où il avait juste à ouvrir les portes, et puis hop, il l'a refermé derrière, et on ne voyait plus, et c'était hyper chouette. Donc il y a toujours moyen de trouver une solution, je trouve, à ça. Encore faut-il après avoir les idées, on va dire, et puis heureusement c'est à sa concert en tant qu'archiviste de l'intérieur.
- Speaker #0
C'est clair. Je trouve que c'est intéressant parce qu'à l'inverse, tu disais, oui, quand on n'aura plus envie de voir son écran et qu'on veut passer ses week-ends et on n'a pas envie de voir le boulot là sur la table. À l'inverse, je trouve que quand on bosse de chez soi, c'est aussi difficile de mettre la limite entre ce qu'on doit faire à la maison et le boulot qu'on doit faire. Et que si on est sur la table de la cuisine, on a vite fait d'aller débarrasser de la vaisselle entre deux ou d'aller faire une machine. Alors que quand on est dans un espace dédié, même si ce n'est pas un bureau, même si finalement, c'est symbolique,
- Speaker #1
du coup c'est bien ça nous met dans condition pour travailler alors moi je dirais oui et non parce que moi même ayant un bureau ici je faisais aussi pas mal de tâches ménagères et en fait c'est moi qui me suis mis le sop sinon ta journée c'est pas une journée de travail ça va pas du tout donc les tâches ménagères soit tu les fais le soir soit tu les fais le mercredi après éventuellement au week-end et là je me suis donné des temps dédiés pour les tâches ménagères autant dans mon travail Je travaille en fonction de ce qui arrive et ce qui se passe. Je me donne des temps dédiés, par contre, de postes ou d'apprentissage quand je suis en formation et de travail. Je suis encore un agent d'app papier où je note tout. Mais par contre, les tâches ménagères, je me suis dit, non, ça, ce n'est pas possible. C'est soit le soir, soit le week-end. Ça ne peut pas impacter ma journée. Donc, ça ne va pas.
- Speaker #0
Tu t'empêches vraiment de…
- Speaker #1
Oui. Ça me déconcentre et je suis en train de faire autre chose. Ça ne va pas. Il n'y a rien qui va dans ce truc-là. Toute celle qui travaille de chez elle, il faut qu'elle se dise « En fait, je travaille. Je ne suis pas là pour accomplir des tâches que j'aurais la flemme de faire ce soir ou que mon mari ou ma femme n'a pas envie de faire et que du coup, je dois faire. » Je pense que quand on est entrepreneur, c'est hyper important d'être bien entouré aussi.
- Speaker #0
Oui, d'avoir quelqu'un qui te soutient à la fois dans tes projets, mais aussi dans le quotidien parce que tu te fais vite déborder.
- Speaker #1
C'est ça. Un mari ou une femme qui serait avec un entrepreneur et qui penserait que parce qu'elle est à domicile, elle peut faire, comme tu disais, vider la vaisselle ou la lessive, déjà il y a un truc qui ne va pas.
- Speaker #0
Oui, mais toi tu es à la maison, c'est plus facile.
- Speaker #1
C'est ça, c'est plus facile. Bah non en fait, j'ai besoin de travailler.
- Speaker #0
C'est ça. En préparant l'épisode aussi, tu me parlais que depuis pas très longtemps tu formes.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Alors oui,
- Speaker #1
c'est un désir, ça a peut-être découlé de ce que je te disais tout à l'heure sur le fait de vouloir enseigner à la base pour des primaires et de complètement changer de métier, devenir maîtresse d'école. Et pareil, je n'arrêtais pas de me plaindre aussi des nouvelles écoles de décoration qui inondent de marchés de petits jeunes avec des idées de prix et de ce qu'on va gagner en tant que marché intérieur et de manière même de travailler que je trouve complètement absurde. Et donc je me plaignais pas mal de ça, et c'est mon mari qui m'a dit, je sais pas, à un moment donné, pourquoi t'irais pas justement donner des cours dans ces écoles-là, parce que t'as envie d'enseigner, d'une part, et en plus de ça, ça t'énerve, la manière dont c'est enseigné. Je me suis dit, tiens, mais effectivement, t'es pas bête. Et au moins, j'ai commencé à penser ça au mois de juin, ça a fait un petit peu son chemin. J'ai commencé à envoyer énormément de candidatures au mois de septembre. Évidemment, je savais que... Ça serait sûrement pour l'année d'après, étant donné qu'ils avaient déjà fait leur recrutement. Mais dans beaucoup d'écoles, on enseigne par module. Je me suis dit, après tout, on ne sait jamais. Et le « on ne sait jamais » s'est transformé cette année en janvier, où j'ai commencé à enseigner dans une école qui s'appelle l'ISA, mais dans la partie formation d'adultes en reconversion, justement. Donc ça, c'est chouette parce que c'est des gens qui en veulent. Et en fait, je le savais potentiellement déjà, mais j'adore enseigner, c'est génial. Et de retransmettre tout ce qu'on a pu apprendre, moi, du coup, en 15 ans de son métier, à des personnes qui, il y en a qui m'ont dit, tu te mets une balle dans le pied, en fait, tu ne portes la concurrence. Moi, je ne le vois pas comme ça. Je vois des gens passionnés qui ont envie de ne plus faire ce qu'ils faisaient avant. qui ont envie de tenter leur chance. Et moi, je pense qu'il y a de la place encore. Il y a encore de la place pour tout le monde.
- Speaker #0
Oui, et puis je trouve que cette forme de transmission, elle est importante parce que, toi, elle te permet aussi de prendre de la hauteur sur ce que tu fais, d'envisager de nouvelles choses. Et puis, on le sait, quand on enseigne, on apporte, on reçoit aussi pas mal. Et du coup, ça permet de changer un peu son regard. Oui, tout à fait.
- Speaker #1
Tout à fait. Et puis, voilà, moi, j'aime pas... Quand je commence à m'ennuyer dans mon travail, déjà, il y a un truc qui ne va pas. alors je dis pas que c'était le cas ces derniers temps mais l'année dernière quand j'ai eu mon gros trou je me suis aussi dit que je m'étais un peu reposée sur mes lauriers justement parce que je commençais à m'ennuyer et moi en général quand c'est comme ça ni une ni deux tu peux être sûre que l'année d'après j'ai déjà changé de métier là je me suis dit calme toi reste dans ta voie effectivement grâce à mon mari qui m'a dit bah vas-y peut-être que tu peux essayer ça ce qui a marché et je trouve quand même assez vite au final parce que candidature envoyée en septembre j'ai commencé là par contre je ne veux pas je me suis rendu compte aussi en me rebougeant les fesses et en Retombant un peu amoureuse de mon travail, notamment quand j'ai refait mon bureau aussi, j'adore mon métier. C'est juste que je me suis un peu endormie ces derniers temps à ne plus découvrir peut-être de nouvelles personnes, de nouveaux salons, faire de nouveaux enrichissements, d'expositions, d'enrichir son intellect pour pouvoir refaire des choses chez les gens qui sortent de l'ordinaire, ce que j'avais toujours eu envie de faire. Du coup, cet enseignement m'a aussi redonné un souffle avec... plein de gens qui sont là et qui partagent eux aussi leur ancienne expérience, parce que moi j'ai demandé à tous mes étudiants quelle était leur ancienne métier, parce que je trouvais ça rigolo de savoir, et surtout de savoir ce que ça allait pouvoir leur apporter dans leur futur métier.
- Speaker #0
Je trouve que c'est une vidéo qui est... Enfin, je partage, j'adore. C'est vrai que quand on fait un métier depuis longtemps, ou d'ailleurs on peut se lasser à un moment donné, et on a vite fait de se dire « Allez, j'efface tout et je recommence de faux à zéro » , avec toutes les difficultés que ça peut engendrer. Et en fait, c'est intéressant de se poser aussi et de se dire, OK, en restant là où je suis, comment je peux quand même raviver la flamme ? Comment est-ce que je peux me remotiver ? Et c'est vrai qu'enseigner, ça peut faire partie des choses qui nous permettent de rester dans notre métier, mais sur un autre volet, sur un autre versant.
- Speaker #1
Puis aussi, j'ai rencontré, tu le disais tout à l'heure, mais beaucoup de femmes entrepreneurs, et d'entrepreneurs aussi masculins, mais j'ai rencontré plus de femmes. En fait, de voir toutes ces personnes qui en voulaient aussi, ça m'a remotivée aussi. En fait, j'ai eu plein de trucs qui m'ont remotivée d'un coup. Et puis, tout d'un coup, t'es remotivée. Alors, je sais pas, t'as plus la pêche, t'as plus... J'en sais rien à ce qui se passe, mais tout d'un coup, tous les projets reviennent. Et tu tombes sur des gens sympas. Oui, parce qu'en plus de ça, l'année dernière, je tombais que sur des cons, quoi. C'est la loi des... C'était... Voilà, c'est ça. Bon, donc effectivement, d'où le fait que je me disais « Vous arrêtez, on est marre ! » Et puis, en fait, non.
- Speaker #0
C'est vrai que ce cycle-là dans lequel on est, c'est important aussi d'en prendre conscience. Ce n'est pas que pour les entrepreneurs, je pense que c'est pour tout le monde pareil. Mais quand tu es dans l'entrepreneuriat, c'est encore plus prégnant. Les moments de « up » là, où on se sent super bien, où tout roule. Effectivement, tu rencontres des gens sympas, il y a des nouveaux projets. La voie est ouverte. Et puis juste après, des grands moments de « down » . Tu remets tout en question, toi-même. C'est vrai que c'est compliqué. Je pense qu'on est bipolaire,
- Speaker #1
en fait, dans le film.
- Speaker #0
C'est ça, montagne russe. Mais il faut le savoir. Moi, je sais que dans les moments de down, je me dis pour pas, OK, d'accord, on est dans cette période-là. Donc là, écoute, tu vas juste faire ce que tu as à faire au quotidien. Tu ne vas pas essayer de réfléchir. Tu ne vas pas essayer de remettre en question. Je me mets un peu en mode automatique. J'ai un rendez-vous, j'y vais. J'ai un projet. Voilà, en mode survie, jusqu'à ce que ça revienne. et c'est vrai que c'est important Si Anne on arrive tranquillement vers la fin de cet épisode j'avais envie de te demander avant de se quitter pour toi quel est le cliché que tu aimerais voir disparaître sur l'entrepreneuriat ou féminin ?
- Speaker #1
Que les femmes arrêtent de croire qu'elles n'ont pas assez fort pour réussir là-dedans tout simplement tout simplement tout simplement au bout de la fin ouais dis-moi où est-ce qu'on peut te retrouver découvrir ton travail ? Alors, on peut me trouver, j'ai un site internet. D'ailleurs, je ne l'ai même pas dit, mais ma boîte s'appelle « Ça sera chez moi » . Donc, sur mon site internet, sur LinkedIn, sur Instagram et un peu sur Facebook aussi.
- Speaker #0
Ok, bon, je mettrai toutes ces coordonnées dans les notes de l'épisode. Merci beaucoup de m'avoir accueillie chez toi pour enregistrer cet épisode. Merci à toi. Tu as découvert ton univers.
- Speaker #1
Merci à toi Virginie, c'était génial.
- Speaker #0
Merci d'avoir écouté cet épisode. N'hésite pas à venir me retrouver sur LinkedIn, Virginie Perbal, ou sur Instagram, echo.podcast, pour me dire ce que tu as pensé de cet épisode et me parler de ce qui t'a inspiré. J'ai hâte de pouvoir échanger avec toi. Allez, à très vite !