- Speaker #0
Bonjour, c'est Virginie. Vous écoutez le podcast ECHO, un podcast de discussion autour de l'entrepreneuriat, de l'engagement et de l'émancipation des femmes. Ce podcast veut être une source d'inspiration, de connexion et d'impact. Avec mes invités, nous avons à cœur de faire bouger les lignes. ECHO est un projet indépendant, alors si le contenu vous plaît et que vous voulez le soutenir, vous pouvez en parler autour de vous, le partager sur vos réseaux sociaux. et mettre une note 5 étoiles avec un commentaire sur votre plateforme d'écoute favorite. Merci pour votre soutien et bonne écoute. Aujourd'hui sur ECHO, j'accueille Capucine Baer. Capucine a cofondé la plateforme Zorro. Zorro, c'est le doctolib du droit pour accélérer les solutions et réduire les coûts. Bonjour Capucine, je suis ravie de t'accueillir.
- Speaker #1
Merci beaucoup pour cet accueil, Virginie.
- Speaker #0
Alors, dis-nous, Capucine, qui es-tu ? Comment est-ce que tu pourrais te présenter ?
- Speaker #1
Capucine, 48 ans, fondatrice de la start-up Zorro, mère de deux enfants, nancéenne mais parisienne d'adoption, et surtout journaliste depuis toujours, littéraire depuis toujours, mais avec quelques options.
- Speaker #0
Ok, on va parler un peu de ton parcours, c'est intéressant. Tu dis que tu étais journaliste,
- Speaker #1
je ne sais pas. Je suis journaliste, je le suis toujours. C'était mon métier de cœur, je suis une littéraire convaincue. Mais je mets cette expertise de journaliste au profit d'autres sociétés, voire causes, dont Zorro.
- Speaker #0
Est-ce que tu as, tu vas nous parler évidemment de la plateforme Zorro en plus en détail, mais déjà, qu'est-ce qui t'a poussée à la créer cette plateforme ?
- Speaker #1
Alors, il y a beaucoup de choses. D'abord, il y a évidemment ce qu'on vit au quotidien, parce que je vous parle des problèmes que vous avez eus avec votre syndic, peut-être même dans le cas d'un divorce, ou des problèmes de vacances. tous ces cas non résolus, qui ont fait des injustices, on y est tous confrontés, c'est un problème universel. Aujourd'hui, il n'y avait pas de solution pour parvenir à une résolution et à des indemnisations. D'abord, c'est l'expérience de mon quotidien qui m'a poussée à fonder Zorro, avec mon frère, à confondre Zorro. Et puis, il y a aussi une histoire beaucoup plus personnelle que je peux vous raconter. Je n'en ai pas beaucoup parlé, mais c'est un fait qui... Zorro, une de ses bases et de ses leviers, c'est le regroupement des litiges similaires, un peu comme pour faire des class actions aux Etats-Unis. La réalité, c'est qu'il y a une quinzaine d'années, quand mon fils avait un mois, nous étions dans une voiture, sur une route de campagne, et la voiture a commencé à prendre feu, avec mon bébé à l'arrière, ma fille à l'avant, qui avait 3 ans, et ça a bloqué les portes arrière, ce feu qui commençait à rentrer dans l'habitacle, et on a réussi à s'en sortir. avec peu de douleurs physiques, mais des douleurs un peu mentales. J'étais en plein baby-blues. J'ai donc commencé à me battre contre ce gros constructeur allemand pendant plusieurs mois, avec d'abord mes armes de maman, ensuite mes armes de journaliste. J'ai reçu cette réponse factuelle. Après avoir étudié votre cas, nous estimons que nous ne sommes pas responsables. Pour moi, une voiture qui prend feu, c'est déjà une chose, mais une voiture qui prend feu et qui bloque les portes arrières, c'est... Je me suis commencé à me dire que c'était sûrement un problème de série. J'ai fait ce que pouvaient faire les journalistes, j'ai creusé, j'ai analysé pendant quelques jours, dans toutes les langues, pour me rendre compte qu'en fait, c'était un problème de série, que ça avait touché des centaines de voitures, qu'il y avait des gens qui avaient eu plus de problèmes que moi, et qui étaient pleins pour en parler. Donc au petit matin, j'ai posé mon témoignage sur les réseaux sociaux. À l'époque, c'était caradisiaque, c'était le début des réseaux sociaux, c'était il y a 15 ans. Et là, les témoignages ont afflué, Ouuuuuuuuh Quelques heures plus tard, le directeur d'Europe de ce grand constructeur automobile allemand m'a appelé en me disant « je prends mon avion et dans deux heures je suis en bas de chez vous » . Ce jour-là, je me suis rendu compte que le regroupement des litiges similaires, la force de la data pouvait faire basculer et devenir des problèmes systémiques et devenir des cas de série, ce qui est la bontise des grandes sociétés. Et surtout, cette force de la data pouvait faire changer la responsabilité de camp. Donc c'était il y a 15 ans. Depuis, je me suis montée d'autres sociétés basées sur la force de la data, le regroupement, la digitalisation. Mais cette expérience a toujours été très profondément ancrée en moi et dans ma famille, mon fils également. Et donc, il y a quatre ans, j'ai commencé à me dire, si je faisais quelque chose pour la justice, j'utiliserais ces classes action et ce regroupement des litiges similaires pour pointer des cas de série. C'est ce que j'ai fait il y a trois ans avec Zorro.
- Speaker #0
Et donc tu as monté cette plateforme Zorro. Est-ce que tu peux nous en parler ? Qu'est-ce que c'est ?
- Speaker #1
Alors Zorro, c'est déjà un constat. Aujourd'hui, les petits litiges du quotidien sont les grands oubliés du droit. C'est-à-dire, grosso modo, vous avez un litige à 100 ou 1000 euros, vous n'allez pas avoir un avocat, puisque c'est trop cher. Il y a aussi le syndrome de la résignation, tout simplement. Aujourd'hui, on a tous beaucoup de... travail, on a une phobie administrative, la paperasse, les SAV à rallonge, donc on laisse tomber. Il n'empêche qu'il y a des petits litiges, 10 euros, 20 euros, 30 euros pour un colissimo, c'est déjà une injustice, mais il y a aussi d'ailleurs sur Zorro des gens qui sont laissés sur le tarmac pendant plusieurs jours, des gens confrontés à des problèmes d'immobilier, de BTP, et qui finalement n'ont pas de recours. Donc nous on a voulu créer un pont entre des gens, des justiciables, des victimes, et des professionnels du droit, sur une plateforme publique et transparente. Tout simplement, d'abord, parce que publique et transparente, Zorro ressemble à un réseau social, même si c'est un réseau social juridique, encadré juridiquement. Tout simplement pour que les gens arrêtent d'avoir peur, parce que vous ou moi, franchir le seuil d'un cabinet d'avocats, c'est compliqué. En revanche, déposer son témoignage sur une plateforme, c'est dans les usages. Donc on dépose son témoignage sur Zorro. ça envoie des notifications à des experts du droit, aujourd'hui c'est à peu près 800, qui répondent sous 30 minutes. Une première réponse gratuite, parce qu'on s'appelle Zorro, c'est écrit dans le titre, donc on ne va pas laisser des gens sur le carreau. Et ensuite, il y a différents leviers s'ils ont encore besoin de l'aide de ces professionnels pour avoir leur aide, donc avocats, commissaires de justice, huissiers, terres, etc. Mais à des prix qui sont des prix raisonnés, en fonction du préjudice. Voilà, si vous avez un préjudice de 500 euros, on ne va pas vous proposer un avocat à 1 000 euros. On va vous proposer un avocat qui va proposer ces déshonoraires forfaitisés. Et puis différents leviers qui sont, et ça je viens de vous en parler, le regroupement des litiges similaires, tout simplement parce que quand on va voir une entreprise et qu'on lui dit on n'est pas un, on est cent, ça se passe littéralement, ça permet de réduire le coût, et puis, retour à mon expertise de base, ça permet de contacter la presse, qui est des cas de série qu'on a eus. On a révélé des choses dans la presse contre Airbnb, contre les choses qui se passaient, que le monde a relayées. Donc on est un peu lanceur d'alerte. Et ça, ça fait aussi bouger les choses et ça accélère les résolutions.
- Speaker #0
Super. Depuis combien de temps est-ce que tu as cofondé cette plateforme ?
- Speaker #1
Deux ans.
- Speaker #0
Deux ans.
- Speaker #1
Deux ans. On travaillait après, en amont, depuis à peu près huit mois. Finalement, ça fait à peu près trois ans qu'on travaille dessus. On est un peu dans le nerf, dans le cœur en ce moment, parce qu'on dit qu'une startup... Deux à trois ans, c'est le moment où il faut activer des leviers, c'est le moment où il y a pas mal de choses qui se jouent. En ce moment, c'est chaud.
- Speaker #0
C'est qui les personnes qui viennent sur cette plateforme ? C'est vraiment du tout venant ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, on estime, c'est des citoyens, évidemment, on est tous citoyens, tous consommateurs. On a aussi de plus en plus d'entreprises qui ont des problèmes avec d'autres entreprises qui viennent. On était sur du B2C, on va passer sur du B2B. Notre but, c'est de devenir une marketplace globale de solutions de justice. Tu as un problème, on veut devenir un réflexe. Tu as un problème, tu vas sur Zorro, tu déposes ton litige sous 30 minutes, tu as une première réponse gratuite sous une heure, tu as des professionnels, tous secteurs confondus qui viennent, des experts. Partons aussi du principe que parfois quand tu as un litige BTP, tu as besoin d'un avocat mais tu as aussi besoin d'un acteur de l'immobilier ou du BTP. Nous on n'a pas que des professionnels de droit, on a aussi des gens de la cybersécurité, des gens du BTP qui viennent. Donc qui vient sur Zorro en demandeur ? Tous les gens qui ont un des problèmes. Tous les gens qui ont des problèmes, parfois des problèmes de justice, parfois aussi des demandes beaucoup plus évasives. Là, en ce moment, on a pas mal de cœurs. C'est des gens bloqués à Dubaï qui se demandent quels sont leurs droits. Ils n'ont pas forcément besoin d'avocats, mais ils se demandent quels sont leurs droits, combien ça va leur coûter, quels sont les risques, quand ils s'engagent des frais, etc. Donc on a aussi une vocation didactique, éducative, d'assistance sur Zorro. On travaille avec beaucoup, beaucoup. beaucoup d'associations, de cliniques juridiques engagées, de cabinets d'avocats avec du pro bono, attention à leur image, qui investissent un peu dans la REC en travaillant avec n'importe qui qui veut déposer sur Zorro. Et il y a à peu près tous les métiers qui peuvent répondre. Des métiers bien choisis, tout est validé, bien sécurisé. Mais on a créé en fait un espèce d'écosystème de résolution de l'étige.
- Speaker #0
Je trouve ça génial parce que je pense que vraiment, quand on doit avoir affaire à la justice, ça fait peur. On ne sait jamais par quel bout prendre, on ne connaît pas forcément. Et du coup, là, si je comprends bien, sur cette plateforme, on a toutes les infos qu'il nous faut, on a même un rendez-vous conseil. pour commencer à nous aiguiller, pour voir où est-ce qu'on va.
- Speaker #1
En fait, aujourd'hui, j'ai une vraie défiance vis-à-vis de la justice, d'abord à cause des coûts, puis à cause du temps, de réaction, et puis parce que, par rapport aux injustices, les réseaux sociaux ont développé aussi, on est au courant beaucoup aujourd'hui de toutes les injustices, donc il y a une vraie défiance, et puis aussi c'est une époque qui dure pour nous tous, on subit tous des injustices. Donc c'est une plateforme qui est faite pour réconcilier, d'abord parce que les codes sont bien connus. On a une IA qui s'appelle Bernardo, qui permet d'assister au dépôt d'éditifs. Par exemple si on utilise l'application que j'invite à télécharger parce qu'elle est très pratique, c'est une IA conversationnelle, ça permet de parler dans le téléphone, l'IA va analyser, elle va déposer pour vous. Toujours pour ce côté inclusif et qu'une personne qui a du mal à écrire ou qui a du mal à s'exprimer ou à hiérarchiser. les informations, elle puisse quand même déposer son litige. Donc tout est assez fait pour faciliter le dépôt, faciliter la mise en relation avec les avocats. On a aussi l'IA, parce qu'aujourd'hui l'IA, un litige scientifique tel, ça fait peur, mais nous notre IA, elle analyse ce qui se passe sur la plateforme, elle garantit sa sécurité, parce qu'à l'époque des rankings, etc., on veut que les gens se sentent en sécurité. En revanche, ça c'est hyper important, elle ne remplace pas le travail des avocats, tout simplement parce que c'est interdit. et que même s'il y a aussi beaucoup de start-up aujourd'hui qui se lancent là-dedans que vous alliez vous sur chaque GPT c'est une chose, sachant qu'il y a quand même 50% d'erreurs donc c'est à vos risques et périls mais en plus c'est aller sur le plate-forme des avocats et ça c'est interdit nous elle ne fait pas ça, elle se débrouille pour faciliter la résolution et le travail des avocats, donc en fait c'est un lien entre la technologie et l'humain donc à mon âge, nous le but c'est pas du tout de...
- Speaker #0
De remplacer l'humain,
- Speaker #1
d'abord parce que c'est interdit, et en plus parce qu'aujourd'hui, tout ce qui est lié à la justice, il y a beaucoup d'émotionnel dedans, et qu'on n'a pas encore atteint. Il y a quelqu'un qui va nous assurer ce pan.
- Speaker #0
Juste pour que celles qui nous écoutent puissent se rendre compte, tu as donné quelques exemples, notamment là on enregistre au moment où il y a ce conflit au Moyen-Orient, et donc du coup il y a des personnes qui sont bloquées à Dubaï, donc j'imagine qu'on peut solliciter Zorro pour divers pans. Donc tout ce qui va être de l'ordre privé. De l'ordre privé.
- Speaker #1
Aujourd'hui, selon le vœu de devenir une marketplace globale de solutions de justice, on a aussi des aides et des avocats spécialisés en droit de la famille, droit du travail. Alors tous ces litiges ne vont pas apparaître en public, mais on peut être mis en relation avec des avocats en droit de la justice, droit du travail, qui bénéficient quand même de la data et de certains leviers pour accélérer les procédures. Grosso modo, c'est tous les litiges auxquels vous, moi, sommes confrontés au quotidien. Après, si vous, moi, avons une société, on peut aussi déposer des litiges sur le zéro et on aura des avocats en droit B2B. Le but, c'est de devenir une solution globale. Aujourd'hui, vous venez parce que vous avez un problème comédissimo, demain vous viendrez parce que vous êtes en phase de divorce et que ça ne se passe pas très bien, ou bien, ce que j'espère, ça ne se passe pas toujours mal. Et puis, et après vous viendrez parce que vos enfants ont eu un problème, que je leur souhaite pas l'inscription à Parcoursup, ou bien dans le cadre de leurs études. Le but c'est de… souvent les gens, aujourd'hui, viennent chez nous parce qu'ils ont une question, ensuite ils reviennent parce qu'ils ont un problème avec Colissimo et qu'ils savent qu'ils reviendront jamais leur colis et que même si c'est 40 euros c'est pas… voilà, mais c'est la justice. Parfois ils perdent des choses auxquelles ils venaient. Et après ils viennent parce qu'ils avaient une location sur Airbnb, ils sont arrivés et que c'était une catastrophe et qu'ils ont passé des vacances lamentables. Et après ce que je ne leur sors pas c'est qu'ils viennent parce qu'ils ont un problème avec leur employeur. Grosso modo aujourd'hui on est capable de répondre à toutes ces problématiques et surtout d'arriver avec des solutions différentes des solutions traditionnelles proposées qui vont plus vite et qui coûtent moins cher.
- Speaker #0
Oui, qui sont plus accessibles.
- Speaker #1
Plus accessibles, on travaille avec beaucoup de huissiers, c'est notre fer de lance. Aujourd'hui, on a des huissiers sur notre plateforme. Pour 80 euros, ils vous font une mise en demeure et ensuite ils envoient à la personne. C'est la dernière étape avant le tribunal. Généralement, quand une entreprise reçoit ce genre de courrier d'un huissier, ça se passe beaucoup plus vite.
- Speaker #0
Je voulais revenir un petit peu en arrière. Tu nous as partagé ton histoire qui date d'il y a 15 ans. Tu nous as expliqué que tu étais journaliste de métier. Ça a été quoi le déclic ?
- Speaker #1
15 ans après enfin presque 15 ans après pour lancer cette plateforme alors en fait moi j'ai été journaliste j'ai toujours travaillé j'ai commencé à la télévision sur M6 j'étais rédactrice en chef d'émission de magazine chez Lagardère j'ai toujours gardé J'ai commencé à avoir un pied dans l'entrepreneuriat quand j'avais 25 ans. J'ai monté la première société de relations presse en ligne qui permet de faciliter pour les petites entreprises l'accès aux grands médias. Aujourd'hui, tu es une petite entreprise, tu veux avoir accès, on parle de toi dans les grands magazines, magazine où maintenant il y a aussi les blogs, etc. Ça a beaucoup changé. Il faut prendre un attaché de presse à 3 000 euros. Moi, ce que j'avais créé à l'époque, J'étais dans un magazine, je m'étais rendu compte que tout ça, tout ceci était très difficile pour les petites marques. J'avais créé une entreprise qui permettait à toutes les... Une entreprise, une plateforme, un peu comme Zorro finalement, qui permettait à toutes les petites entreprises de mode, surtout de beauté, de déco, de déposer leur visuel, de déposer leur dossier de presse. Et avec un moteur de recherche, ça permettait aux journalistes de prendre toutes les informations, de les télécharger, même les soirs et les week-ends, parce qu'au moins il y a des pigistes, de passer ça dans la maquette, donc ça avait fluidifié. leur travail et donc ça permettait à des petites entreprises, j'espère que je suis claire, à des petites entreprises d'avoir le lendemain un article dans le Figaro, le Nouvel Ops, le L, tout simplement parce qu'on avait démocratisé cet accès et créé une plateforme de mise en relation. Donc ce côté entrepreneurial j'ai toujours eu, parce que mes parents l'ont toujours eu et puis j'ai un frère qui l'avait, qui l'a toujours évidemment, avec qui je travaille, avec qui j'avais déjà monté cette première société. Fidèle à ce côté entrepreneurial, j'ai toujours fréquenté beaucoup de personnes très engagées. Et il y a six ans, j'ai commencé à être contactée par des startups pour les aider à faire de la communication. Des startups pas du tout dans la justice, mais des startups aussi dites à impact. Ce sont des startups agritech engagées dans l'agroécologie, des startups engagées dans la régénération des sols, aussi témico-phyto, et d'autres startups. qui m'ont fait pénétrer l'incroyable effervescence Ecosystems que je ne connaissais pas parce que moi, ma première entreprise, je l'avais montée de façon très artisanale, à l'ancienne. Enfin, à l'ancienne, non, comme on monte une société finalement. Je ne connaissais pas l'entraide startup, les côtés incubateurs, les accompagnements, accompagnements financiers, je ne connaissais pas du tout tout ça. En accompagnant des startups, une, deux, trois, quatre, j'ai pénétré cet univers, l'univers des levées de fonds. l'univers des accompagnements, de PPI, de tout ce qui est fait pour l'innovation aujourd'hui et l'impact en plus. Et quand j'ai commencé à avoir cette idée, je me souviens c'était au lendemain d'un salon de l'agriculture, donc il y a trois ans, je suis rentrée chez moi, j'avais encore mes enfants qui avaient été télécharger des jeux, ça allait me coûter une blinde, j'avais des paperelles comme ça, j'avais des billets d'avion impréboursables, enfin c'était une horreur. Je me suis dit, oui, alors moi, je ferais bien une plateforme pour regrouper des litiges similaires.
- Speaker #0
Ça serait super,
- Speaker #1
ça ferait levier. Moi, mon boulot de journaliste pourrait m'aider, mais bon, c'est trop gros, je n'y arriverai jamais. Et je me suis dit, mais en mode start-up, tout devient peut-être possible. Et j'ai commencé à analyser un peu ce qui était possible. D'abord, on fait une étude de l'existant, on a un benchmark, concurrence. La solution n'existait pas, elle n'existe toujours pas d'ailleurs. On a créé quand même un truc, mon frère et moi. Et puis en mode start-up, on est incubé. Là aujourd'hui, on est incubé à Paris par deux incubateurs. Vous allez comprendre la force. C'est Entreprises dans la Ville, EDLV, qui vient de l'EM Lyon. On a des bureaux, on est encadré par des cadors, des warriors qui sont là. On rencontre des gens complètement fous, des grands fonds d'investissement. Et notre autre incubateur, c'est l'Escalator, fait par Maurice Lévy, qui a donc... était président de Publicis pendant 30 ans, et qui est un des fondateurs de Vivatech. Et maintenant, on est aussi mentoré par Publicis. Ce que je veux dire, c'est que Zorro, sans ces forces-là, je n'aurais pas commencé à travailler dessus, et ça n'existerait déjà plus. Donc, pour répondre à la question, si j'ai monté Zorro, à ce moment-là, le déclic, c'est que je me suis dit, ah, ok, c'est peut-être possible. On sait qu'aujourd'hui, une start-up, c'est 80-20, 80-2. startups qui se plantent, 20% de startups qui arrivent un peu à franchir le seuil du plantage. Nous, on est encore en entre-deux-eaux. On a beaucoup de clients, on a résolu près de 2 millions d'euros de dossiers en ligne. On est en décroissance, on est en scale maintenant. Comme on dit en mode startup, on n'a pas encore un CA assez élevé, mais il travaille. Parce qu'aujourd'hui, notre but, c'était de faire une preuve de concept. on a déjà du monde qui vient sur la plateforme, on a des réponses sous 30 minutes, on n'a pas encore atteint ces as de fou, on va commencer à faire bientôt une levée de fonds, pour l'instant on dit qu'on est en mode bootstrap, c'est-à-dire qu'on ne fait pas de levée de fonds, on est à full tendu, c'est ça, c'est à full tendu, mais tout ça est possible parce qu'on est encadré, parce qu'il y a des gens tous les jours qui nous disent vous en êtes où, est-ce que vous avez besoin de formation SEO, est-ce qu'on peut vous présenter des gens de la chambre de commerce de l'Île-de-France, on rencontre des gens de fous. Moi, il y a quelques temps, j'ai rencontré le directeur du Parisien Les Echos,
- Speaker #0
le lendemain, on rencontrait Alexé Larrouche-Joubert, et on a des rendez-vous avec des gens hyper importants, parce que sinon, on ne pourrait pas toucher. Je trouve que c'est super intéressant ce que tu dis, parce qu'en fait, la force de ton environnement et aussi de savoir saisir les opportunités, je trouve que c'est super important, parce que tout seul, Comme tu dis, la plateforme n'aurait jamais eu le jour ou alors elle se serait peut-être déjà plantée. Donc c'est important aussi de pouvoir croire en son projet, l'incarner, rencontrer des gens. Et c'est ça qui fait vivre finalement le projet.
- Speaker #1
Alors le truc, c'est que moi, je suis une fille de la com, j'ai une stratégie. Je ne suis pas trop mauvaise en commerce non plus, mais je suis littéraire fournie avec option. Mais surtout, le cofondateur qui est mon frère, d'abord c'est mon frère, c'est mon bro. lui il a bossé pendant 10 ans avec des startups il a été disons très stratégique aussi très euh mapper, voilà, ce que j'ai pas moi du tout parce que moi je suis littéraire mais je suis un peu une artiste donc moi je ferais bien ça, je balancerais bien des choses comme ça, à l'intuitif en planning, à l'intuitif on y va, non non lui c'est la data il y a des choses et ça c'est très bien ça nous permet de nous structurer il n'empêche que lui et moi on travaille aussi avec, on a quatre devs, on travaille avec des gens qui nous ont rejoints comme Violette ou comme Marcie qui nous rejoignent pour un certain temps Donc, on travaille avec des personnes qui nous rejoignent, mais dans le rond, on n'est que lui et moi. Si on n'avait pas tous ces gens pour venir nous challenger, venir nous dire « Attends, là, tu ne respectes pas, tu ne suis pas la mind map, ça ne va pas, tes tableaux de trésor, là, il y a des points de vigilance, etc. » , on ne serait que deux. Et en fait, ça, en votre startup, et surtout quand on est en votre startup, je crois qu'il faut être à l'écoute du monde. Surtout quand on est sur un projet social comme le nôtre, et à l'écoute du monde. Et dans ces cas-là, c'est bien d'avoir des échos, des gens qui viennent nous voir en disant « Attends, est-ce que tu as entendu parler de ça ? Tu sais qu'il y a des aides comme ça ? Tu sais qu'on peut te faire rencontrer telle personne ? » Sinon on se retrouve vite à deux dans le noir, comme des geeks à être enfermés et coupés de toute… de toute l'extérieur.
- Speaker #0
C'est vrai que ça te permet de prendre aussi cette hauteur et puis de pouvoir envisager des choses que tu ne voyais peut-être pas quand on a la tête dans le guidon.
- Speaker #1
Oui, puis il y a une entraide, il y a une forme d'entraide, je crois, dans l'entrepreneuriat. Ils sont tous beaucoup plus jeunes que moi, généralement, dans les incubateurs parce que, bon, moi j'ai 48 ans et entreprendre et monter une start-up à 46 ans, surtout dans un secteur qui n'est pas forcément le mien, celui du droit, c'est chaud. Mais, donc, les incubateurs, ils ont plus entre 20 et 25 ans. Mais... Disons qu'eux ont un point de vue qui est hyper intéressant, et moi je pense que j'ai un point de vue qui peut être intéressant aussi sur leur business.
- Speaker #0
Tu nous disais que tu étais toujours journaliste.
- Speaker #1
Comment est-ce que tu gères les deux casquettes ? Alors, je gère pas mal de casquettes en même temps. Je crois que j'ai l'habitude, comme on dit, il faut être slasher, en même temps hacker, slasher, bref. Le journalisme, c'est mon métier de cœur. Alors, je dis toujours, moi j'ai fait du journalisme. mode, beauté, déco, société, qui est très loin du domaine de Zorro. Mais je sais mon métier, je le fais bien. Je fais aussi beaucoup d'interviews de, je vais dire, people, plutôt des célébrités, etc. Parce que j'arrive bien à parler, je crois, au cœur des gens. J'arrive à avoir des vraies discussions et c'est assez sympa. Tout ça, je le garde tout simplement parce que c'est mon cœur de métier, parce que j'aime le faire, que je sais bien le faire. Et puis que ça me permet aussi de garder un... Merci. qui est dans la presse, qui est vraiment pour mes activités comme Zorro. Alors comment je le gère ? Eh bien je le gère comme je peux. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, moi j'ai 48 ans, je suis mère de deux enfants que j'élève toute seule, qui ont 15 et 17 ans, qui vivent en province à Nancy, gardé par ma maman qui a 80 ans. Donc je fais des allers-retours sur Paris, je reste un peu sur Paris quand je peux. Merci, thanks God, la digitalisation, les visios, tout ça, que je n'avais pas moi il y a 30 ans. On est trop... faciliter la réalisation d'interviews, de rencontres même. C'est peut-être moins sympa de faire des interviews de célébrités à distance, mais quand même, ça se fait de plus en plus, surtout dans l'urgence, aujourd'hui tout est dans l'urgence. Je fais encore pas mal de déplacements à l'étranger dans le cadre de reportages, soit pour des magazines pour lesquels je travaille, pour les reportages gastronomie par exemple, ou soit dans... Pour des clients, parce que j'ai quand même gardé quelques clients, et bien tout simplement, il faut bien que j'arrive à payer des études, des baskets à mes enfants, qu'on ait un mode start-up, que pour l'instant on fait l'UCA mais qui est encore marginal, même si là ça commence à ne plus être juste une virgule, donc c'est bien. Mais donc j'ai gardé des clients que je conseille, soit des start-ups justement en agroécologie, pour lesquels je fais aussi pas mal de community management, de stratégie digitale. Et des clients en communication, storytelling, branding général. Parce que c'est mon cœur de métier, je sais bien le faire, même si je le mets au profit de Zorro, parce que beaucoup de choses sur Zorro sont faites par rapport à la communication. On a une façon de communiquer hyper différente. De toute façon, quand on n'a pas de pétrole, il faut des idées. Donc, pas de soude, communication différente, on essaie de faire pas mal de concours. Donc comment je fais ? Eh bien je fais comme je peux, c'est-à-dire que j'ai des journées à rallonge, des semaines à rallonge, et je fais, voilà, pour revenir, pour boucler la boucle, le fait d'être accompagnée par toutes ces structures. D'abord, des fois, je me fais engueuler en disant, il y a un peu trop de choses en même temps, focus, focus, mais en même temps, ça me permet d'avoir des aides, et puis ils sont très au fait de ce qui est... intéressants et sont très au fait de l'humain et des réalités du quotidien. C'est-à-dire que moi aujourd'hui, je n'ai pas la même problématique qu'un jeune de 25 ans qui lance sa start-up, parce que lui, il a moins de contacts de moi, moi j'ai quand même fait une carrière, donc j'ai peut-être fait de l'argent de côté, etc. Mais en revanche, je n'ai pas d'enfants. Moi, j'ai des enfants, j'ai des problématiques, voire des grosses problématiques, j'ai un ex par exemple. voilà et tout ça fait que c'est des problématiques dont ces incubateurs tiennent compte ils se disent ben oui voilà effectivement toi ta problématique c'est pas forcément le manque de contacts mais ça va être l'organisation du quotidien etc et ça c'est intéressant et ouais c'est intéressant parce que quand tu montes un projet entrepreneurial ce
- Speaker #0
que tu es voilà le côté perso enfin tout ce que tu peux aborder l'humain l'expérience que tu peux avoir ben forcément ça nourrit ton projet ou ça peut aussi parfois le desservir en tout cas c'est important d'en prendre Aaaaaah !
- Speaker #1
d'en prendre conscience pour pouvoir accompagner tout ça donc c'est génial et le fait d'avoir monté cette start up juste du coup pardon mais avec mon frère je peux alors j'ai c'est en même temps une chance et en même temps avec les dîners de famille sont moins fun ou parfois plus plus coloré parce que évidemment souvent d'abord en tant que cofondateur mais aussi en tant que frère et soeur mais c'est important parce qu'évidemment il ya beaucoup de choses que je vis ou qui vit que je comprends mieux parce que je suis sa soeur et qu'il est mon frère. Et je pense, parce qu'évidemment c'est des difficultés de monter une start-up.
- Speaker #0
des difficultés diverses, personnel, financière, structurelle, logistique, enfin tout. Et je pense que si on n'était pas frères et sœurs, je ne sais pas si on en serait là. Avec Zorro, parce que peut-être qu'on aurait pu lâcher. Parce qu'on en aurait voulu au cofondateur, parce qu'on ne saurait pas sa réalité. Ses réalités. Et lui, pareil. Je pense que c'est vraiment, de toute façon, on le sait, pour monter une société, il faut être une équipe. Une équipe sacrément soudée. En même temps, Chichiichi. structure mais en même temps qui est assez d'empathie et d'intelligence pour pour comprendre ce que vit l'autre et comme c'est mon frère aujourd'hui la date c'est important d'avoir cette écoute là.
- Speaker #1
Vous êtes un peu le contre exemple de ce qu'on pourrait se dire qu'il faut pas entreprendre avec quelqu'un de sa famille ou avec des amis ou parce que ça pourrait pourrir la relation vous êtes un peu ce contre exemple de la famille.
- Speaker #0
Alors je crois qu'il y a une forme de d'échelle ou de niveau c'est à dire entreprendre avec un père ou une mère ou avec des enfants, il y a déjà une notion de hiérarchie familiale. Avec des amis, je trouve ça aussi compliqué. D'ailleurs, j'ai déjà essayé d'entreprendre avec des amis, ils se sont plus des amis. C'est évidemment de leur faute. Non, non, non, c'est de leur faute à nous tous. En revanche, entreprendre avec son frère ou avec sa soeur, je crois que c'est différent. D'ailleurs, c'est assez intéressant. J'étudie un peu la chose. Je connais pas mal d'entreprises avec des fratries et j'ai l'impression que ça marche plutôt bien parce qu'il y a une espèce de pied d'égalité, même si je reste sa grande sœur, évidemment, et qu'il me doit le respect, mais non, surtout que lui, c'est peut-être sur beaucoup de choses et c'est lui quand même qui mène la barre sur beaucoup, même si c'est moi qui porte le projet. C'est parce que d'abord, je suis la grande sœur, non, non, c'est surtout parce que je suis une femme et qu'aujourd'hui les projets sont tenus par des femmes. J'incarne l'image de Zorro, mais c'est quand même lui qui est dans l'ombre. La communicante aussi. La communicante, voilà. Mais c'est quand même lui qui mène dans l'ombre la barre sur beaucoup de sujets. En tout cas, le fait d'être frère et sœur aujourd'hui, c'est un plus. C'est même un plus, je vais vous dire, au niveau des investisseurs, au niveau des structures qu'on va voir ou des partenariats. Parce qu'aujourd'hui, le temps est rude pour les startups, le temps est rude pour l'innovation, le temps est rude pour l'entreprenariat, d'une façon générale. Il y a moins d'aides, il y a plus d'impôts. C'est compliqué, les matières premières sont compliquées, la matière intellectuelle est compliquée aussi avec l'arrivée de l'IA, il y a une espèce de perte de valeur. Donc il faut vraiment se serrer les coudes. Et quand on va voir aujourd'hui des investisseurs, et au début on ne pensait pas que ce serait forcément une force, mais on est frères et sœurs, ils disent ça c'est un socle, ça c'est un fondamental, ça c'est quelque chose qui vous porte, ça c'est quelque chose qui les rassure.
- Speaker #1
C'est bien ce que je dis, vous êtes vraiment le contre-exemple de tout ce qu'on pourrait dire. Moi j'aime bien quand on casse les clichés. Donc là c'est le cliché qu'on peut pas entreprendre en famille, bah non, là vous m'avez fait, bravo pour ça. Je voulais revenir un peu à toi, en tant que femme, et j'imagine que comme nous toutes, t'as quand même été abreuvée par tes doutes, peut-être par un petit syndrome de l'imposteur, surtout que t'as débarqué dans un milieu que tu connaissais pas du tout, comment est-ce que t'as géré ça ?
- Speaker #0
Alors ouais, le syndrome de l'imposteur, c'est ma vie. D'ailleurs, je voudrais plutôt dire, moi je pense qu'il faudrait plutôt dire le syndrome de l'impostrice, parce que c'est un syndrome prioritairement, je trouve, partagé par les femmes. Pour plusieurs raisons. D'abord, je pense que, je fais un petit écart, mais les femmes sont confrontées perpétuellement dans leur quotidien. Elles se voient imposer souvent des choses qu'on ne leur a pas appris à faire, au quotidien, personnel, professionnel, parce qu'on a l'impression que ce sont des table-sandwiches, qu'elles doivent faire plein de choses. Ensuite, parce que souvent on est beaucoup plus suivi au doute. Une femme doute beaucoup plus je crois qu'un homme, ça a été prouvé. Je ne vais pas encore faire des généralités qui vont m'apporter des haters. Dernièrement je me fais pas mal déboulonner sur les réseaux sociaux. Donc voilà, transis par le doute. Et puis aussi parce qu'elles sont très jugées. Donc cette triple perspective d'être amenée à faire des choses qu'on ne sait pas faire, qu'on nous impose. être constamment cerné par le doute et constamment jugé fait que le syndrome d'un imposteur, de l'impostrice, c'est vraiment le lot des femmes. Alors moi, je ne vais pas dire encore plus que les d'autres, parce que ce n'est pas vrai, on est tous complètement confrontés, mais moi j'ai fait des études de lettres, j'étais très bonne en littérature, j'étais une lettre convaincue, je passais mon temps dans les livres, mais j'étais nulle en tout, en tout le reste. J'ai fait plein d'études morcelées, vous savez, des deux ans de lettres. deux ans de mode, deux ans d'art. Donc ça donne finalement un parcours étudiant et académique très morcelé, qu'on ne peut pas trop réclamer. Alors après, on ne peut pas trop se réclamer. Donc après, quand je suis arrivée chez Lagardère, à 25 ans, j'étais rédactrice en chef adjointe d'un magazine, j'ai gagné mes galons, je suis devenue cadre, j'ai grimpé les échelons très très vite. Ça m'a permis un peu de colmater et de mettre des pansements sur mon CV. Donc tout ça, ça... s'adoptent le syndrome de l'imposteur. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, je fais beaucoup de choses, j'ai gagné pas mal de prix, des récompenses, des reconnaissances, ils sont divers et variés, dans mes différents boulots. Il n'empêche que la base, c'est quand même l'histoire d'une gamine qui était bonne en rien, qui n'a d'ailleurs toujours pas son permis, mais qui est littéraire, et qui ne l'aura jamais en plus, mais qui n'a déjà jamais essayé de le passer. Qui a fait beaucoup de choses, mais qui finalement travaillait dans des magazines, mais qui a fini par devenir responsable de magazines, Donc, c'est... qui n'écrivent quasiment plus. Rebelote, le syndrome de l'imposteur, qui a monté des sociétés, mais qui n'a pas fait d'études d'école de commerce. Donc, Rebelote, le syndrome d'imposteur, qui maintenant se lance dans une plateforme engagée dans l'accès au droit et qui n'a pas fait d'études de droit, même si en ce moment, je fais une façon... Voilà, droit en accéléré avec tous les gens que je côtoie, mais il n'empêche que je n'ai pas fait d'études de droit. Donc, Rebelote, le syndrome d'imposteur. Oui, évidemment, le fait est aussi que quand on monte une start-up, surtout quand on est deux, on est obligé d'itérer, on recommence, on recommence, on recommence, jusqu'à ce qu'on trouve la bonne équation, de pivoter, donc parfois on pivote à 180 degrés, voire parfois à 360, on revient au point de départ, mais voilà. Quand on fait tout ça, on est toujours confronté à des nouvelles choses, on est confronté à des gens nouveaux, des gens qui ont parfois un passif et un background incroyable. et on se demande ce qu'on fait dans la même pièce avec eux, mais il n'empêche qu'il faut se comporter comme leur égal. On est amené à pitcher et à parler, moi j'ai devant des gens incroyables, et devant un nombre de personnes incroyables, c'est-à-dire que moi j'ai toujours fait du ghostwriting, j'ai écrit pour beaucoup de gens, des personnalités, j'avais jamais pris la parole, même si j'ai dirigé des rédactions ou des entreprises, et là aujourd'hui je suis obligée de me mettre en avant, d'apprendre à parler plus doucement, plus lentement, parce que je parle. Très vite. Et ça, c'est aussi le syndrome de l'imposteur. C'est l'impression de devoir dire plein de choses parce que finalement, est-ce qu'on doit avoir le droit d'être là pour le dire ? Donc, chevillé au corps, jusqu'au cortex, ce syndrome de l'imposteur. Mais on doit faire avec parce que si on ne le fait pas avec, on n'avance pas. Et donc aujourd'hui, je prends parfois la parole sur des sujets que je maîtrise moyennement, mais où j'ai une légitimité parce qu'aujourd'hui, je n'ai pas de légitimité en tant qu'avocate, mais j'ai une légitimité entre femme de 48 ans, qui vit les injustices au quotidien, qui connaît des avocats, qui travaille avec des Legal Tech. Donc voilà, on a tous une forme de légitimité pour arriver à s'en rassurer et pour pouvoir arriver à avancer si on n'avance pas, si on a trop peur.
- Speaker #1
Finalement, ce que j'entends, c'est que pour vaincre le syndrome de l'imposteur, c'est plutôt de se baser sur ce qu'on sait faire, sur notre expérience, sur qui on est, plutôt que sur ce qu'on ne sait pas faire ou qu'on est en train d'apprendre à faire aussi. Je crois que c'est un peu ça aussi le secret pour le combattre, ce fameux syndrome.
- Speaker #0
De toute façon, on est bien obligé de se baser sur ce qu'on sait soi et sur ses forces. J'ai des forces, j'ai des forces. J'ai une force créative assez incroyable, je ne supporte pas les choses sans solution. C'est d'ailleurs pour ça que j'ai créé des choses comme Zorro ou comme Iconopress, la société que j'avais montée il y a quelques années. Je suis une dîneuse de solutions. Et je sais bien m'entourer, donc ça veut dire que pour parvenir à créer ces solutions, Je profile des gens, je profile des instants, je vais faire un espèce de puzzle avec tout ça, et j'arrive à ces solutions. Même si la solution n'est pas complètement dans le spectre de ce que je sais faire au quotidien, en l'occurrence Zorro, plateforme dédiée à l'accès au droit et engagée dans l'accès au droit, j'ai créé avec mon frère une technologie, avec des gens, une solution, un business model qui permet de faire tout ça, tout ça encadré par des avocats. Parfois on peut... surtout en grandissant, en vieillissant avec la maturité, tirer des ficelles, avoir des leviers qui permettent finalement de mettre un petit peu un pansement sur ce qu'on ne sait pas faire. Ce qui d'ailleurs ne devrait pas être un pansement parce qu'au final, ce n'est pas forcément une plaie de ne pas savoir. On dit toujours, si tu ne sais pas, entoure-toi bien. Et puis voilà.
- Speaker #1
C'est ce que j'allais dire. En fait, là, tu as su t'entourer aussi des personnes qui avaient la compétence qui te manquait. Et puis toi, du coup, comme ça, ça te permet d'activer aussi les compétences que tu as. Puis avec ton frère, il y a cette complémentarité dont tu nous as parlé. Donc tout ça, en fait, ça crée ce zéro aujourd'hui qui est tout à fait légitime, en tout cas, à t'entendre sur le marché. J'avais une petite question à te poser plus spécifiquement autour des femmes. Les études montrent que les femmes hésitent plus que les hommes à réclamer, notamment par rapport à leurs droits. Est-ce que c'est quelque chose que tu observes, toi ?
- Speaker #0
Alors moi, je pense que de toute façon, et c'est un peu comme le syndrome de l'imposteur, il y a une espèce de pudeur intestine. Ça fait partie de l'éducation, ça fait partie de… On apprend aux femmes que réclamer, c'est pas bien, que parler de l'argent, c'est pas bien, que demander une augmentation à la fin de l'année, c'est pas bien. J'écris des chroniques pour le magazine Marie-France, qui sont des chroniques un petit peu féminines, féministes surtout, qui expliquent que la femme, toute sa vie, elle va manger le morceau le moins cool du poulet. Pourquoi ? Parce qu'elle fait à bouger. Elle arrive à table, elle va demander à tout le monde autour de la table qui veut telle pièce, et à la fin, elle va prendre la pièce qu'elle aime le moins et elle mangera froid. C'est ce que j'ai écrit il n'y a pas longtemps dans une chronique. La femme, il y a une espèce de sœur, sourire, recul, mise en abîme, comme si elle avait toujours un syndrome de flagellation totale qui est en nous, parce qu'on nous a appelé que ce n'était pas bien de réclamer, que ce n'était pas bien de faire valoir nos droits. qu'on ait une contrition perpétuelle. Voilà, c'est ce que j'écris sans arrêt quand je suis des articles en ce moment. Ça m'énerve, tout ça. Et tout ça se joue au quotidien, c'est-à-dire qu'au quotidien, ça se joue dans la sphère personnelle, dans la sphère professionnelle, évidemment. Une femme qui va réclamer à la fin de l'année une augmentation web, justement un salaire égal, un salaire masculin au bout du open space. C'est très rare, mais parce qu'il y a une forme de pudeur, et ça, dans le quotidien, c'est pareil. Décrocher son téléphone pour faire valoir ses droits, ou pour dire qu'elle a reçu une télé qui arrivait abîmée. Parce qu'une femme qui fait valoir ses droits, on a une propension à la traité d'hystérique. Ça fait partie de l'histoire des femmes. Les femmes qui, avant, ont râlé, ont été traitées de sorcières, elles étaient brûlées sur des bûchers. Je schématise, vous comprenez bien. Mais aujourd'hui, une femme qui lève la voix, qui lève le ton, ce n'est pas classe, ce n'est pas féminin en fait. Ce n'est pas douce, ce n'est pas tout ce qu'on veut. Et donc, ça se matérialise dans le personnel, dans le professionnel et dans le quotidien. Donc aujourd'hui, on a beaucoup de femmes qui viennent déposer sur Zorro. On a aussi beaucoup, on a 800, presque 1000 professionnels maintenant sur la plateforme. Majoritairement des professionnels féminins, parce que pour eux, c'est beaucoup du complément de revenu. Donc elles peuvent faire ça le soir, quand elles ont couché, les gosses, pardonnez-moi de schématiser, mais c'est quand même ça. Cette plateforme, elle est universelle, elle est faite pour tout le monde, mais on peut, voilà, nous notre data nous permet de voir que c'est majoritairement des femmes qui déposent dessus, qui ont besoin d'aide, aussi dans le droit du travail, etc., dans le droit du travail, le droit de la famille, beaucoup de femmes, et elles sont aidées majoritairement par des femmes.
- Speaker #1
La femme, il y a aussi un côté où du coup, tu peux y aller, il n'y a pas besoin d'aller faire mille démarches pour pouvoir te faire accompagner. C'est facile, c'est rapide, tu es à la maison, les gosses sont couchés, comme tu disais, et hop, je peux me poser sur mon dossier. Et je trouve que ça, c'est un formidable pas, en fait, pour les femmes pour rentrer dans ce monde de la justice et pour se faire accompagner dans leur droit. Donc bravo pour ça.
- Speaker #0
Ça fait moins peur, aujourd'hui, et puis cette espèce de pudeur. Pudeur, il y a le frein financier, il y a le frein du... temps, parce que le soir, après, quand il faut prendre rendez-vous avec un avocat, etc., c'est compliqué. Et puis, c'est cette espèce de pudeur où on va devoir encore, on a l'impression de se mettre en scène pour faire valoir ses droits, ou en tout cas, c'est ce qui nous fait peur. Alors que bon, voilà, on a conçu ça comme un réseau social. On est derrière son ordinateur, on explique, on revient vers nous. C'est facile. Je les apprête.
- Speaker #1
Bravo pour cette facilité et cette fluidité. Je trouve que c'est top.
- Speaker #0
C'est pour ça qu'on a conçu
- Speaker #1
Zorro. Génial. J'ai une question un peu signature dans un podcast, c'est de savoir Merci. Pour toi, quelle injonction t'aimerais voir, tu pourrais détruire, t'aimerais détruire justement par rapport à la justice concernant les femmes ? Alors aujourd'hui, Zorro, c'est pour les liches du quotidien, mais pas que.
- Speaker #0
On fait déjà du droit du travail, du droit de la famille. Le droit de la famille, on commence à avoir aussi le droit de la santé, et puis savoir des personnes victimes de violences. Aujourd'hui, il y a de plus en plus d'associations qui sont engagées sur les violences faites aux femmes. je le trouve pour avoir vécu ça auprès de personnes victimes dernièrement des femmes, encore les relais et les recours très compliqués et les relais de justice parfois injustes. C'est-à-dire, Zorro n'est pas encore sur ce créneau. Nous aujourd'hui, on ne va pas se lancer sur des créneaux sitotchi, des créneaux qui ne peuvent pas se suffire de digital et de numérique, c'est des créneaux dans l'humain. Mais on travaille avec des associations comme France Victime, vraiment une association incroyable, qui fait un suivi incroyable, qui reçoit les victimes dans les palais de justice, qui leur propose des liens et des relais, par des assistantes sociales, vraiment, voilà. Il n'empêche que je trouve que dans les tribunaux, il y a une forme encore de dureté face à ces problèmes, et du... Je le cite un peu sourde, parce qu'on peut demander à une femme victime de violence de commencer à monter des dossiers sous trois jours, de trouver une avocate performante, sinon on lui donnerait une avocate commis d'office, qui n'aura jamais la même force que la partie adverse. Donc la justice, elle fait ce qu'elle peut, mais elle est encore particulièrement injuste.
- Speaker #1
Super, merci beaucoup. On arrive à la fin du coup de cet épisode et je voulais savoir où est-ce qu'on peut te retrouver, où est-ce qu'on peut retrouver Zorro si on veut suivre ?
- Speaker #0
Alors Zorro c'est sur Zorro.com, alors Zorro c'est Z-O-R-R-O-O-O. Il y a trois O, tout simplement parce qu'un O était déjà pris. Donc Zorro.com, vous pouvez le retrouver en ligne, il y a une application à télécharger. Vous pouvez aussi nous retrouver sur nos réseaux, évidemment Instagram, Facebook, on peut échanger aussi en direct de nos réseaux. Sur LinkedIn pour les professionnels, vous n'hésitez pas à venir me poser des questions, je serai ravie d'y répondre. Super. Merci beaucoup, Capucine. Merci beaucoup.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté cet épisode. N'hésite pas à venir me retrouver sur LinkedIn, Virginie Perbal, ou sur Instagram, echo.podcast, pour me dire ce que tu as pensé de cet épisode et me parler de ce qui t'a inspiré. J'ai hâte de pouvoir échanger avec toi. Allez, à très vite.