- Speaker #0
Bonjour, c'est Virginie. Vous écoutez le podcast ECHO, un podcast de discussion autour de l'entrepreneuriat, de l'engagement et de l'émancipation des femmes. Ce podcast veut être une source d'inspiration, de connexion et d'impact. Avec mes invités, nous avons à cœur de faire bouger les lignes. ECHO est un projet indépendant, alors si le contenu vous plaît et que vous voulez le soutenir, vous pouvez en parler autour de vous, le partager sur vos réseaux sociaux et mettre une note 5 étoiles avec un commentaire sur votre plateforme d'écoute favorite. Merci pour votre soutien et bonne écoute. Bonjour Justine, je suis ravie de t'accueillir aujourd'hui sur le podcast.
- Speaker #1
Bonjour, merci beaucoup de m'accueillir.
- Speaker #0
Alors, pour nos auditeurs qui ne te connaissent pas, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots qui est Justine au quotidien, en dehors de ton rôle d'auteur et d'entrepreneur dont on parlera plus tard ?
- Speaker #1
Oui tout à fait, je m'appelle Justine, j'ai monté une boîte, planté une boîte, ensuite je me suis mise à mentorer des entrepreneurs pour leur expliquer toutes les erreurs que j'avais faites et ce qu'il ne fallait surtout pas reproduire pour eux réussir dans leur projet. Ensuite j'ai été recrutée en interne chez Live Mentor qui est un organisme de formation à destination d'entrepreneurs. et initialement j'ai été recrutée sur un rôle très opérationnel d'ingénieur pédagogique pour mettre à jour les formations. Et en fait de fil en aiguille, je me suis retrouvée à monter, scaler et diriger le pôle de l'offre pédagogique et le développement des compétences, ainsi que le département, l'équipe RSE. En parallèle, j'ai été également élue au board de EdTech France, qui est une association pour promouvoir la EdTech France. Quelle belle explication ! et en parallèle de tout ça je donne des cours en école de commerce quelques semaines par an et là j'ai plus de carrière c'est fini par contre je sors un livre et je suis quand même très contente alors
- Speaker #0
justement ton livre il s'appelle j'ai testé pour vous l'échec entrepreneurial et il est déjà sorti parce qu'il est sorti là récemment le 12 mai donc déjà félicitations merci je sais que tu as fait une soirée de lancement c'est une sacrée aventure j'imagine
- Speaker #1
Oh là là, ouais, alors du coup, là au moment où on tourne, on est le lendemain de cette soirée de lancement, donc tu me cueilles au réveil de cette soirée. C'est... Ouais, c'était incroyable. En fait, j'étais méga stressée tout l'après-midi avant la soirée. Mon mari a dû me pousser de l'appart pour que j'accepte de sortir. Moi, je voulais pas sortir. Et en fait, j'ai été très stressée jusqu'à ce que j'arrive à la librairie Erol et que là, je vois mon affiche avec ma petite tête, mon livre, mon éditrice Isabelle qui était là. des éditions prochain chapitre et donc là à partir de ce moment là le stress s'est envolé et c'était bon et là justement au lendemain tu réalises que ça y est tu es auteur,
- Speaker #0
t'as sorti un livre qui est déjà entre les mains de certaines personnes pas du tout c'est assez incroyable,
- Speaker #1
en fait déjà pour moi le concept des lecteurs était très flou donc en fait j'ai réalisé qu'il y avait de vraies personnes qui allaient lire ce livre que dans les 2-3 semaines avant qu'il sorte et en fait ça a été un peu une Merci à vous. PLS, je me disais mais oh là là, mais est-ce que je raconte pas trop, est-ce que je me livre pas trop, comment j'ai pu écrire des choses comme ça dans ce bouquin, être à ce point-là transparente, plus personne enfin vraiment il n'y a plus personne qui va jamais vouloir travailler avec moi après avoir eu accès à mon cerveau de cette façon mais bon, j'ai mis ces pensées-là de côté et on va voir ce qui se passe complètement ouais,
- Speaker #0
parce qu'en général on a plus d'appréhension avant que après le retour des gens donc il n'y a pas de raison Trop bien. Ton livre, il s'appelle « J'ai testé pour vous l'échec entrepreneurial » . C'est un titre percutant, j'adore. Bravo déjà pour le choix de ce titre. Merci. Qu'est-ce qui t'a motivée à écrire ce livre ?
- Speaker #1
En fait, la motivation s'est faite en deux temps. J'ai planté ma boîte en 2019. Et j'ai commencé l'écriture de ce bouquin dans les deux semaines qui ont suivi, parce que j'avais besoin d'extérioriser, j'avais besoin de guérir. Et en fait à ce moment-là, je n'imaginais pas forcément que ça allait faire un bouquin, je voulais juste écrire sur toutes les erreurs qu'on avait faites. C'était une habitude que j'avais prise en prépa grâce à ma prof de maths, qui nous faisait faire des fiches d'erreurs sur nos copies. Et donc en fait là, je ne sais pas pourquoi, je me suis rattachée à ce truc-là, en me disant « allez, on va écrire sur les erreurs, on va tout mettre à plat, etc. » Et à ce moment-là, c'était vraiment pour guérir, parce que j'étais anéantie. que ma boîte ait disparu, en fait, même si c'était ma décision, même si c'était, je pense, une très bonne décision et que ça restait logique. Je n'avais pas mesuré tout ce que j'allais perdre à ce moment-là. Et en fait, ensuite, une fois que j'ai été recrutée chez Live Mentor et tout ça, j'ai mis de côté l'écriture parce qu'à ce moment-là, je n'avais plus besoin de guérir et j'étais partie dans autre chose. Et voilà, ce n'était plus ma priorité. Et j'ai repris l'écriture de ce bouquin en automne 2025. Et cette fois-ci, je n'étais pas du tout dans la même énergie. Cette fois-ci, c'était vraiment un besoin d'être utile à d'autres entrepreneurs parce qu'en fait... Tout mon travail chez Live Mentor m'a également montré qu'en tant qu'entrepreneur, on fait toutes et tous les mêmes conneries et qu'en fait, il y a beaucoup de choses qui sont assez universales. et on nous dit souvent quoi faire, mais on nous montre rarement les conséquences de quand on ne fait pas ce qu'il faudrait faire. Et donc en fait, à ce moment-là, en automne dernier, ce qui m'a vraiment animée, c'était d'être utile à d'autres entrepreneurs.
- Speaker #0
Et du coup, c'est ce qui a motivé ton choix de parler des échecs plutôt que des succès, finalement ? Souvent, on voit les succès de l'entrepreneur.
- Speaker #1
Oui, complètement.
- Speaker #0
Tu as pris le contre-pied.
- Speaker #1
Complètement. Parce qu'en fait, moi, à l'époque, aujourd'hui, il existe beaucoup de... beaucoup plus de ressources sur l'échec entrepreneurial. Mais en fait, à l'époque, je me sentais très seule dans mon échec. Même s'il y avait des assos qui existaient, je ne les avais pas forcément identifiés. Et en fait, je trouve qu'on parle beaucoup de succès dans notre société. Et c'est très bien, tant mieux. On parle de plus en plus des échecs, mais on en parle aussi souvent de façon glamourisée. En disant, regardez, j'ai planté 10 boîtes, mais aujourd'hui, je suis milliardaire. Ce n'est pas du tout mon cas. Pas du tout, il n'y a pas de yacht caché sur la Seine qui se balade avec mon nom gravé dessus. Absolument pas. En fait je trouve que c'est important d'avoir des récits également de personnes qui ont été dans l'échec et sont encore dans la galère. Et moi en fait même si c'est une galère différente aujourd'hui, aujourd'hui dans ma vie professionnelle de tous les jours je suis encore en galère des suites d'un accident de plongée sous-marine, machin que je raconte un peu dans le bouquin. Et en fait je trouve que c'est important qu'il y ait des personnes qui puissent être là en disant là maintenant c'est dur mais je vous partage quand même à quel point c'est dur tous les jours. pour vous montrer aussi l'envers du décor réel et vous montrer que vous pouvez y arriver vous aussi.
- Speaker #0
Ok, là tu nous expliques le pourquoi de ce livre et je voulais savoir aussi quels étaient les messages principaux finalement que tu avais envie de faire passer avec ce livre ?
- Speaker #1
Écoute, je l'ai divisé en quatre parties. Il y a une première partie qui est sur le mindset entrepreneurial parce que c'est important quand on néglige l'entrepreneur, on sabote l'entreprise. Donc c'est vraiment quelque chose qui est... essentiel à prendre en compte. Et notamment dans cette partie-là, j'explique que j'ai laissé mes failles s'immiscer dans mon projet. Et ça, c'est quelque chose que je n'avais pas vu à l'époque et que j'ai eu besoin de tout ce recul-là pour vraiment l'appréhender. Mais en vérité, mes failles d'humaine de ma vie de tous les jours, mon syndrome de la bonne élève, mon perfectionnisme, ma tendance à me comparer, etc. restées quand on est à ma vie privée, elles se sont immiscées dans mon projet et ça j'ai eu beaucoup de mal à le voir et à comprendre à quel point toutes ces failles d'humaine transpiraient dans mon projet et avaient des conséquences réelles d'un point de vue business ensuite j'ai une deuxième partie où j'explique que j'ai construit pour mon ego et pas pour mon marché parce que mon entreprise, j'ai eu l'idée de lancer un site internet de mode éco-responsable et donc j'ai lancé un site internet de mode éco-responsable et ce n'était pas du tout ce dont le marché avait besoin à l'époque. Le marché n'avait pas besoin de ça. Et moi, je ne m'en suis pas rendue compte parce que je me suis accrochée à mon idée, je n'ai pas creusé mon problème. Donc, c'est vraiment tout le message de cette partie-là, c'est qu'en fait, il faut s'assurer qu'on résout un vrai problème. Ensuite, j'ai une troisième partie sur mes erreurs de structure. Donc, toutes les structures, vraiment, j'ai bâti ma maison sur des fondations complètement catastrophiques et heureusement qu'on n'est pas allé scaler derrière parce qu'en fait, moi, ça s'est arrêté assez rapidement. entreprise on a. On a travaillé deux ans dessus avec mon associé, mais si on était allé plus loin, on aurait explosé en vol encore plus que ce qu'on a fait à ce moment-là, parce qu'appuyer sur la pédale à accélérateur quand on a des fondations pas solides et bancales, c'est assez risqué. Et enfin, ensuite, on arrive dans ma quatrième partie, les erreurs du quotidien, et notamment le fait que je passais mon temps au mauvais endroit. À tous les stades de mon aventure entrepreneuriale, j'étais occupée tout le temps. mais jamais sur les bons sujets et ça c'est vraiment quelque chose que je vous invite à utiliser au quotidien de vraiment vous demander chaque jour est-ce que je suis vraiment en train de faire la bonne chose pour le projet ou est-ce que je suis en train de me cacher derrière la peur de faire quelque chose ou de la procrastination un peu déguisée histoire de ne pas m'occuper des sujets qui sont vraiment les plus importants.
- Speaker #0
Ok, donc l'ego, non le mindset, l'ego, la structure, le quotidien Alors j'ai plein de questions qui me viennent, mais sur le mindset, ce que tu décrivais sur le syndrome de l'imposteur, syndrome de la bonne élève, etc., je pense que c'est des choses qu'on ressent toutes. Aujourd'hui que tu as pris un peu de recul par rapport à ça, tu aurais un conseil, tu aurais quelque chose à dire aux auditrices ou c'est encore flou pour toi ?
- Speaker #1
En fait, il y a des choses qui m'aident au quotidien. Déjà, la phrase que je pense que vous avez déjà entendue 12 000 fois, mais qui en vrai est quand même très importante, le « done is better than perfect » . le fait est mieux que parfait et ça c'est vraiment quelque chose que j'ai essayé d'appliquer pour le bouquin par exemple le bouquin je pense que j'aurais pu le relire encore 150 fois et que j'aurais pu changer encore chaque mot presque ensuite mais bon à un moment il faut s'arrêter il faut accepter qu'on n'atteindra pas la perfection et c'est aussi Il y a aussi un autre exercice que ma psy m'a fait faire, que j'ai adoré, qui est qu'en fait elle m'a fait visualiser mes émotions et elle me fait dialoguer avec mes émotions, un peu comme dans le film Vice Versa où en fait on a vraiment l'anxiété et tout ça. Et en fait le travail initié avec ma psy, ensuite j'en ai parlé avec une autre autrice de mon entourage qui m'a fait aller un cran plus loin. Et en fait aujourd'hui, à chaque fois que je ressens de l'anxiété, à chaque fois que je ressens du syndrome de l'imposteur, je visualise. mes deux petits personnages que je me suis créée. Et en fait, au début, je voulais presque les mettre dans une cage pour les mettre à distance. Et en fait, j'ai décidé de m'imaginer. Pardonnez. Mais en fait, je les imagine qui sont tout petits et sur mon épaule, un peu comme des conseils. Et qu'en fait, ils sont là parce que je sais qu'ils sont là pour me protéger. L'anxiété, le syndrome de l'imposteur, ça a des fonctions. En fait, ils sont là pour... pour protéger le syndrome de l'imposteur je pense qu'il est très important parce qu'il est là pour empêcher qu'on fasse de la merde au quotidien et qu'on se mette à devenir un arnaqueur, une arnaqueuse tout ça donc je pense que le syndrome de l'imposteur il est essentiel mais ça devient problématique quand il prend toute la place et donc en fait pour moi l'avoir sur mon épaule en petit, en allié c'est une façon de lui dire je t'écoute, je sais que t'es là mais il va quand même falloir qu'à un moment on aille au-delà, mais t'inquiète t'es toujours là avec moi, etc, et pas t'es dans une cage dissociée et tout ça et c'est un peu pareil pour l'anxiété, en fait mon anxiété elle est petite aussi, elle est sûre dans ma tête, là, sur mon épaule elle est petite, mais dans ma vie de tous les jours, parfois elle prend toute la place et en fait je sais qu'elle est là pour me protéger mais du coup j'essaye de dialoguer un peu avec elle dans ma tête, en me disant, écoute, voilà là je sais que t'es en train d'essayer de nous protéger il faut quand même qu'on arrive à faire ce cette chose-là ensemble. Mais t'inquiète, je suis là, je te lâche pas, etc.
- Speaker #0
J'adore ce que tu dis, parce que je partage complètement ta vision d'en fait, faut pas essayer de les enlever, faut pas essayer de les détruire, parce qu'en fait, ça ne sert à rien de lutter contre. Ils sont là, il y a une raison, finalement, à leur présence, et c'est de s'en faire des alliés qui permet d'avancer, de les connaître, de savoir pourquoi ils sont là, à quel moment ils viennent, qu'est-ce qu'on en fait au moment où ils sont là. J'aime beaucoup l'idée des petits personnages de garde. tu parlais d'ego aussi et derrière j'entends en fait cette idée qu'on souvent on crée un business, on a envie de le faire parce que nous on pense que c'est génial parce que nous peut-être on en a besoin sans forcément aller consulter les autres et voir si c'est un besoin des autres du coup tu as un conseil à donner par rapport à ça ?
- Speaker #1
en fait tu vois il faut vraiment parler avec des clients potentiels le plus rapidement possible et j'insiste sur des clients potentiels Merci. Ça peut aider de parler avec la famille, les amis, pour avoir un petit boost d'ego si on a besoin. Mais par contre, si ces personas ne rentrent pas dans les clients potentiels, ce n'est pas la peine de leur poser des questions sur la partie business. Il faut vraiment faire l'effort d'aller se confronter à sa cible, de se confronter à ses clients et de leur faire faire le test de la carte bleue. Donc le test de la carte bleue, c'est vraiment... Même si à ce stade-là, vous ne savez pas, et surtout à ce stade-là, vous ne savez pas exactement ce que vous allez... proposés comme produit ou service, il faut quand même que vous demandiez à chaque personne à la fin de votre entretien, est-ce que toi tu achèterais ? Oui, non, à quel prix ? Et si vous pouvez, vous lui sortez un TPE ou votre téléphone, peu importe, ou même une caisse physique, et vous dites, ok, je te propose de prendre une carte cadeau pour 10 euros, une fois que ce sera sorti, tu pourras l'avoir. Est-ce que tu achètes ou pas ? Et en fait, ce test-là, parce qu'il y a des personnes qui, quand elles vous ont en face, elles vont vous dire « oui, oui, bien sûr que j'échèterai » , et en fait, elles ne sortiront pas leur carte bleue. Et en fait, c'est vraiment ce test-là de « est-ce que la personne, oui ou non, elle paye ? » Même si elle ne sait pas exactement ce qu'il va y avoir derrière, même si à ce stade-là, le produit, le service n'est pas fini, c'est super important parce que ça va vous donner une réelle indication sur est-ce que vous êtes en train de résoudre un vrai problème ou est-ce que vous êtes en train de vous embarquer dans quelque chose dont personne n'a besoin et personne n'ose vous le dire vraiment.
- Speaker #0
Ok, c'est intéressant aussi parce que du coup, souvent nos proches, en tout cas les gens qu'on va questionner, veulent nous faire plaisir. Et donc du coup, on nous dit c'est génial, etc. Mais là, au moins, il y a un vrai acte qui montre qu'ils y croient et qu'ils s'engagent. Donc c'est intéressant. Merci beaucoup. Et sur la structure, qu'est-ce que tu conseilles ? Entre l'idée et le produit ou le projet, il y a des fois un monde. Du coup, comment est-ce qu'on peut être sûr de sa structure ?
- Speaker #1
Je pense qu'une des questions à se poser, c'est est-ce que si je fais fois deux demain en termes de chiffre d'affaires, est-ce que mes opérations tiennent ? Et ça, à mon avis, parce que ça va être difficile de rentrer plus dans le détail que ça, vu les différences de business qu'on peut avoir. Mais en fait, je pense que le test de la scalabilité fictive... peut donner des indications de vraiment est-ce que si demain je passe à x2 en chiffre d'affaires mes opérations derrière, elles continuent de fonctionner, qu'est-ce que ça veut dire, combien d'heures par semaine je travaille, combien d'heures par semaine les personnes dans l'équipe travaillent et en fait de se rendre compte aussi que si on se retrouve toutes et tous à des semaines de 90 heures, c'est pas du tout c'est le signe qu'il y a un problème et qu'il faut repenser les choses. Donc pour moi ça c'est un bon exercice de se projeter dans un x2 et Merci. voir ce qui casse ou ce qui tient.
- Speaker #0
Donc si je résume, une fois qu'on a fait de nos syndromes de l'imposteur et autres, nos alliés, partir aussi sur... Il y a Julia Kantaradou, qui est une coach, tu la connais peut-être, qui accompagne des conférencières, qui parle dans sa conférence de rêve minimum viable, et du coup qui dit quand on a un objectif, quand on a un grand objectif, il faut déjà avoir un petit objectif, et c'est ça qui nous permet, une fois qu'on a passé Merci. finalement la phase où on a lutté contre nos démons, contre nos monstres, c'est d'abord accéder à ce premier objectif pour ensuite aller plus haut. Et après, une fois qu'on a fait ça, du coup si je t'écoute, c'est là plutôt en termes de projection et de se dire, bon ben là maintenant si je projette et que je fais x2, etc., comment je visualise le truc ? Est-ce que c'est viable ou pas ?
- Speaker #1
Oui. Oui, exactement. Et un bon test complémentaire, ça peut être de se demander, OK, si je pars en vacances pendant trois semaines, pendant un mois, qu'est-ce qui se passe sur ma facturation ? Est-ce que ma facturation tombe à zéro ? Oui, non. Est-ce que le reste de mon année me permet d'absorber cette absence ? Voilà, c'est vraiment des questions comme ça qu'il faut se poser.
- Speaker #0
Du coup sur ta quatrième partie, quand tu parlais du quotidien, je connais beaucoup d'entrepreneurs qui justement se posent beaucoup la question de... Au quotidien, ce que je fais, est-ce que c'est utile ou pas ? Moi, derrière aussi, j'entends la procrastination active, de faire toujours plein de choses, mais finalement, est-ce que ça nourrit vraiment mon business ? Est-ce que c'est vraiment intéressant pour la suite ? De se perdre aussi parfois dans les réseaux d'entrepreneurs, d'aller partout, de se montrer, et que finalement, ça ne nous a pas beaucoup apporté. Est-ce que tu peux nous en dire plus, toi, sur ta façon de voir les choses ?
- Speaker #1
Oui, complètement. en fait Un élément qui est super important quand on commence à rédiger sa to-do list ou à organiser sa semaine et ses journées, c'est de se dire, est-ce que je passe au moins 50% de mon temps sur la partie vente ? Et vraiment, j'insiste sur la partie vente, c'est pas sur aller se montrer dans des événements d'entrepreneurs, etc. Sauf si ces personnes-là peuvent devenir nos clients et peuvent derrière enclencher de belles aventures business et compagnie. Mais c'est vraiment sur... est-ce que je décroche mon téléphone, j'appelle des prospects, est-ce que je fais mes pubs Facebook, est-ce que j'ai mon budget qui est là, prêt à être débloqué pour toute la partie vente, etc. Parce qu'en fait, dans notre quotidien d'entrepreneur, personne ne va vendre à notre place. À moins que vous ayez déjà des commerciaux et une armée de forces de vente prêtes à décrocher leur téléphone pour vous. Ce qui en général n'est pas trop le cas, surtout au début. Au début, vous allez être le premier commercial de votre boîte, la première commerciale de votre boîte, et ça c'est super important que vous passiez au moins 50% de votre temps sur la vente. Et ça, je vous invite à vraiment le formaliser. En fait, moi par exemple, pour tout le moment du bouquin, il y a eu des semaines où j'avais besoin de passer du temps sur la production du livre, j'avais besoin de passer du temps sur vraiment finir d'écrire, finir de corriger. J'avais besoin de passer du temps sur la partie promotion, vente et organisation de tout ce que j'allais faire ensuite pour le livre. Et j'avais besoin de passer un certain temps sur les missions freelance que j'avais en cours ou que j'étais en train de booker pour le reste de l'année. Et en fait, j'avais vraiment fait l'exercice de... J'avais pris un petit cahier. Sur le cahier, j'avais noté ces trois éléments différents et en notant toutes les tâches qui étaient OK dans chacune de ces catégories. et en me mettant un pourcentage, le pourcentage idéal à atteindre. Et en fait, une fois que j'avais ça, je prenais maintenant mon agenda Google et je mettais des blocs sur chacune de ces tâches-là en faisant vraiment attention à respecter les pourcentages que j'avais définis au départ. Parce qu'en fait, si vos pourcentages, ils restent dans votre tête, ils restent dans, bon, ok, j'ai décidé que j'allais passer 50% sur la vente, mais qu'en fait, vous passez votre semaine à affiner votre plan de communication et que vous nous... communiquez pas, ça, ça va pas marcher. Donc c'est vraiment, il faut vraiment s'assurer qu'il y a une concordance entre ce que vous planifiez et ce que vous faites vraiment dans l'après-vie.
- Speaker #0
C'est important finalement de garder cet équilibre avec une part importante justement dans ce qui te ramène finalement de l'argent.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Là, si on devait résumer finalement les trois erreurs majeures à part produire, qu'est-ce que tu pourrais dire ?
- Speaker #1
Je pense que
- Speaker #0
Une des grosses erreurs que j'ai faites, c'est que je me suis créé un quotidien et un métier que j'ai détesté. Parce que, en fait, moi je me suis enfermée dans un système de marketplace. Ce qui fait que dans la marketplace, on a deux types de ventes. On a une vente B2B, où on va chercher des marques partenaires. Et on a un côté B2C, où on va vendre en ligne. Et donc la partie B2C, j'aimais beaucoup. Décrocher mon téléphone, appeler des marques et nouer des partenariats avec elles, ça j'adorais. Mais par contre, vendre en B2C, j'ai détesté parce que ça me demandait de faire des choses qui n'étaient pas du tout naturelles pour moi. Moi, j'aime beaucoup le contact, j'aime beaucoup discuter avec des personnes réelles et faire des pubs sur mon ordinateur et ne jamais interagir avec des clients. Ça, ce n'était vraiment pas le quotidien que j'avais imaginé. Je me suis enfermée toute seule dans un quotidien de community manager alors que je déteste faire ça. si j'avais vu. cette fiche de poste-là en tant que salarié, je n'aurais jamais candidaté. Donc ça, c'était aussi un gros... Pour moi, ça, c'était une de mes grosses erreurs d'avoir créé un quotidien où je me suis enfermée toute seule, alors que quand on est entrepreneur, on vante souvent la liberté. Ben voilà, raté. Ensuite, une deuxième grosse erreur... Ah, c'est dur d'en choisir que trois. Je vais essayer. Je vais essayer. Je pense que ma deuxième grosse erreur, c'est tout ce qu'on vient de dire, c'est tout sur la partie procrastination active, etc. C'est qu'en fait, moi, je papillonnais dans tous les sens et je croyais que j'étais très occupée. Et en fait, j'étais très occupée, je faisais vraiment que travailler. Je passais mon temps sur mon ordinateur, je prenais plus de week-end, plus de vacances. Et en fait, je passais mon temps au mauvais endroit tout le temps. Et ça, c'est vraiment une erreur qui en bloque plein de sous-erreurs, du coup. En globe ? Je crois que j'ai bugué sur le mot, c'est pas grave. Mais voilà, en fait, c'est vraiment une erreur qui m'a accompagnée pendant toute la durée de mon aventure entrepreneuriale, c'est que je ne passais jamais mon temps sur les bons sujets, et ça c'est quand même très problématique quand on est seul à travailler sur son entreprise, parce qu'il n'y a personne d'autre qui va le faire à notre place. Et ma troisième plus grosse erreur, c'est que j'ai mal compris mon business model. En fait, le business model du marketplace repose sur du volume, parce qu'il faut qu'on fasse du volume quand on vend, comme on prend une commission sur les ventes. En général, cette commission n'est pas très élevée. Nous, dans notre cas, elle était à 20 %, mais il y a beaucoup de marketplaces pour lesquels la commission se situe plutôt aux alentours de 8 %, et 20 %, c'est plutôt dans la fourchette haute. En fait, 20 %, pour faire un chiffre d'affaires contenable qui nous permette de nous rémunérer, il faut vraiment vendre énormément. Et en fait, moi, j'étais sur un projet de mode éco-responsable. Au quotidien, je prenais une consommation raisonnée. Au bout de deux ans à bosser dans la mode éco-responsable, à la fin, je n'achetais même plus d'habits moi-même. J'avais juste envie que toute la Terre entière arrête d'acheter des habits neufs. Et ce n'était pas du tout compatible avec vendre des habits. Et ça, je pense que je l'ai vraiment compris trop tard, ce que le business model allait me demander de faire. Et ça, c'est vraiment... Ça a été la plus grosse erreur, mais que j'ai vue. que j'ai vu au bout de deux ans. C'est vraiment cette erreur-là qui a tué mon business parce qu'à partir du moment où je l'ai vue, je me suis dit qu'on ne pouvait pas continuer. On est en train d'aller dans le mur complet.
- Speaker #1
C'était ma prochaine question. Je voulais savoir quel avait été le déclic pour te dire « Stop, j'arrête les frais » . C'est vraiment là. Oui,
- Speaker #0
c'est vraiment là. C'est venu parce que notre incubateur, à l'époque, nous a proposé de faire une levée de fonds. parce qu'une marketplace, ça a besoin de volume et donc il faut beaucoup de fonds pour la partie commercialisation, publicité et compagnie. Et donc en fait, en préparant la levée de fonds, je voyais que je mettais des budgets en Facebook, des budgets sur Instagram, des budgets en Google, etc. Et en fait, je me sentais très mal à l'aise par rapport à ça parce que je me disais, je ne comprends pas, on est en train de lancer un business éco-responsable. Et là, on demande de l'argent pour aller financer les GAFAM. Qu'est-ce que c'est que ça ? Qu'est-ce qu'on est en train de faire ? Et en fait, je n'arrivais pas trop à le verbaliser. Et c'est en appelant mon associé un jour pour parler business, pour parler de la levée de fonds, que j'ai commencé à lui dire ça. En fait, elle me disait, mais j'ai l'impression que ça ne va pas trop et tout. Et donc, je commence à lui déballer tout ça. Et en fait, à la fin de ce call qui a duré une heure, on a acté, confirmé. Donc vraiment, c'est venu de manière très soudaine. Même si, bon, voilà, on... C'était un sentiment que je devais avoir en moi sur les semaines précédentes. Tu n'avais pas conscientisé en fait ? Pas du tout, pas du tout. Et donc en fait, vraiment, on s'est dit, bon, on va quand même se laisser 24 heures de réflexion parce que là, on ne peut pas fermer notre boîte en une heure, ce n'est pas possible. Et le lendemain, on s'est rappelé et on s'est dit, bon, la nuit à porter conseil, on est toujours d'accord, donc allez, on ferme. Et c'est comme ça qu'on a fermé en fait, parce qu'on était désalignés avec notre business model et qu'on ne l'avait pas vu.
- Speaker #1
Et comment ces échecs, du coup, ils t'ont aidé à grandir professionnellement ?
- Speaker #0
Ben, c'est marrant parce que, en fait, l'échec de l'étiquette m'a montré un peu ce à quoi je ressemblais dans des moments d'échec. Et en fait, heureusement que j'ai écrit beaucoup à ce moment-là, parce que déjà, il y avait beaucoup de choses que j'avais oubliées cinq ans après en reprenant l'écriture du bouquin. Et surtout, j'ai repris l'écriture du bouquin dans un moment où j'étais moi-même en échec, mais sur différentes raisons. J'ai eu un accident de plongée sous-marine, j'ai failli mourir. Ensuite, j'ai été en dépression, en arrêt maladie. Ça n'allait pas du tout pendant assez longtemps. Et quand je me suis replongée dans mes écrits de l'étiquette à ce moment-là, je me suis reconnue dans mon présent. Je repraversais les mêmes étapes de léthargie complète, de... vraiment en mode rupture amoureuse, peau de glace, film à l'eau de rose, et voilà. Et ensuite, le moment où l'énergie revient, mais du coup elle revient de manière complètement désorganisée, très anxieuse, où je cours dans tous les sens, j'ai mille idées à la seconde, je veux devenir formatrice, puis moine, puis faire une thèse, puis voilà. Enfin vraiment, j'ai toutes les idées possibles de carrière qui viennent dans ma tête. Et donc en fait c'était assez bien pour moi et thérapeutique pour moi je pense dans mon présent de relire tous ces éléments du passé parce qu'en fait ça m'a montré que j'avais déjà traversé ces étapes là et qu'en fait j'allais pouvoir m'en sortir même si la suite de l'accident de plongée a été plus longue que guérir d'avoir fermé ma boîte mais en fait ça m'a vraiment donné la confiance dans le futur de me dire bon bah apparemment tu vas t'en sortir tu sais pas quand mais tu vas t'en sortir ça va le faire Merci.
- Speaker #1
Il y a un moment où ça va le faire. On parle beaucoup de l'échec. On dit souvent qu'en France, l'échec, on a quand même du mal avec. On met en comparaison les pays anglo-saxons. On dit que l'échec, c'est plutôt une culture de dire qu'il faut échouer pour pouvoir apprendre. Je trouve que ton livre, c'est super intéressant parce qu'il aide aussi à conscientiser que l'échec fait partie du parcours et qu'on en ressort grandit. Merci pour ça, déjà. C'est top. Et du coup, est-ce que toi, tu trouves que l'échec, c'est une étape nécessaire finalement pour réussir ?
- Speaker #0
Oui, je pense. En tout cas, je me le souhaite à moi aussi. Je ne pense pas que ce soit la seule manière. Je pense qu'on peut réussir sans avoir échoué avant. Mais en fait, là où c'est, à mon sens, un peu plus dangereux, c'est qu'on ne sait pas vraiment ce qui marche. Et qu'en fait, quand on est en réussite directe, on peut avoir l'impression que la réussite est liée à certains facteurs. Ou alors on peut, même pire, ne pas se poser la question du tout et se dire bon ça marche, allons-y. Et en fait quand ça commence à ne pas marcher, quand il commence à y avoir des difficultés, être un peu en situation de panique de « Ah, qu'est-ce qui se passe ? Que dois-je faire ? » etc. et ne pas vraiment savoir qu'est-ce qu'on doit améliorer, quels sont les éléments qu'on doit changer. Et je pense que quand on est en situation d'échec, en fait notre cerveau il s'habitue à faire ce travail-là, il s'habitue à analyser « Ok, qu'est-ce qui n'a pas fonctionné ? » À moins qu'on soit vraiment dans le déni et qu'on mette sa tête dans le sable comme une autruche et compagnie. Mais en fait, il y a vraiment cet effort-là d'essayer de comprendre pour ne pas refaire la même erreur. Et ça, je pense que c'est quelque chose que l'échec apprend, que la réussite apprend moins. Parce qu'on ne se pose pas vraiment la question de pourquoi ça marche, alors qu'on se pose beaucoup plus souvent la question de pourquoi ça n'a pas marché.
- Speaker #1
Après, c'est notre faculté à en tirer des leçons, finalement, ou pas. Ou pas. Je voulais revenir sur l'écriture même du livre. Je pense qu'écrire un livre, c'est un exercice assez introspectif. Il doit y avoir des phases où on est très motivé, et puis d'autres où du coup on se dit « mais pourquoi est-ce que je fais ça ? » « Pourquoi je me suis lancée là-dedans ? » Ma question c'est, est-ce que pour toi ça a été assez linéaire, et tu savais pourquoi tu l'écrivais, et voilà, on y va ? Ou est-ce que tu as ressenti ces pics-là ?
- Speaker #0
Non, moi ça a été vraiment les montagnes russes. Alors en fait, ma phase d'écriture... a été assez courte finalement, parce que comme j'avais déjà écrit beaucoup de choses à l'époque, j'ai pu m'appuyer sur les écrits que j'avais à l'époque, et comme mon plan était bien ficelé, à partir du moment où j'ai commencé à écrire, ça déroule, je sais exactement ce que je vais dire à quel moment, etc. Donc ma phase d'écriture pure a été étalée sur six semaines, mais alors ces six semaines, il y a eu deux semaines pendant lesquelles je n'ai pas du tout réussi à écrire, j'étais vraiment au bout. Je pense qu'il y a certains jours, j'ai écrit une phrase, ou d'autres jours, j'ai juste fait que des siestes, et j'essayais de m'y mettre, ça ne marchait pas, etc. Et en fait, il y avait des moments, au début de la phase d'écriture, où j'écrivais pendant 2-3 heures, et ensuite je faisais une sieste de 2 heures. Et au début, je m'auto-flagellais un petit peu, en me disant « Mais qu'est-ce que tu fais ? Pourquoi tu fais des siestes ? » Et au bout de quelques jours, je me suis dit « Bon, écoute, c'est pas grave, en fait, t'avances quand même, donc fais ta sieste, c'est ok, quoi. Si à la fin, il y a un livre, ben ça va. » Et donc... J'ai terminé mon manuscrit en décembre 2025. très contente, c'était la première fois de toute ma vie que je finissais un manuscrit, donc je me disais « waouh, c'est bon, le plus dur est dernier mois » . Et là, en mars, j'ai commencé la phase des corrections et de réécriture, mais oh là là, mais vraiment ce moment de correction et de réécriture, je pense qu'il m'a retourné le cerveau. Je ne sais pas ce qui s'est passé, je ne sais pas expliquer ce qui s'est passé, mais à partir de ce moment-là, il y a eu un switch, et je me suis mise à faire n'importe quoi. En fait, je pense que c'était ce dont mon corps avait besoin. Mais en fait, l'inspiration venait la nuit. Donc du coup, je me relevais la nuit pour aller écrire de 2h du matin à 4h du matin. Alors que je n'ai jamais fait ça de toute ma vie. Dans ma vie, je travaille la journée. Et ouais, je ne sais pas pourquoi. Je pense que l'écriture, c'est vraiment... Des fois, tu as l'inspiration et des fois, tu n'as pas l'inspiration. Donc en fait, quand la phrase est là, il faut la sortir, il faut l'écrire. Sinon, elle s'en va. Donc la phase de correction m'a beaucoup chamboulée. Et elle a duré 6 semaines. À la fin, j'en pouvais plus de relire mon livre. Et en fait, il y a eu un moment même où... Parce qu'on le relit 150 fois dans ces moments-là. Et donc, moi, ce que j'ai cru être la dernière relecture, j'étais toute émue. Je me disais, mais en vrai, c'est quand même bien et tout ce que j'ai écrit, machin. Et en fait, le lendemain, mon éditrice m'envoie un message. Bon, je t'envoie le PDF tout à l'heure et dernière relecture ce week-end. Et moi, je lui réponds, mais dernière relecture pour toi ou dernière relecture pour moi ? Elle me dit, non, non, pour toi. Oh non !
- Speaker #1
Encore !
- Speaker #0
Je croyais que c'était fini ! Et donc en fait, cette dernière relecture du week-end s'est transformée en trois relectures du week-end. Et vraiment, à la fin, je suis sortie de là, mais lessivée. Et en fait, bizarrement, à partir du moment où il est parti en impression, je pensais que j'allais être soulagée. Pas du tout. En fait, j'ai eu le contre-coup aussi. Et en fait, c'est à partir de ce moment-là que je me suis rendue compte de « Ah, tu ne peux plus changer aucun mot, ça y est, c'est terminé. » Et oh là là, il y a des lecteurs qui vont lire ça. Qu'est-ce qui va se passer ? Et ouais, en fait, la phase, les trois semaines où il a été en impression, vraiment, j'étais pas bien. Là, j'ai fait des siestes tout le temps, tout le temps. Et en fait, en même temps, j'ai envie de dire, oui, j'ai fait plein de siestes, oui, j'ai écrit la nuit. Mais en fait, tout ça, ça s'est fait de manière, enfin, en harmonie, en fait, avec mon fonctionnement et avec mon corps, dans le sens où, bon, OK, mon corps, il avait décidé qu'on allait écrire la nuit. Mais du coup, la journée, on se foutait la paix. On dormait, on allait au sport, on y allait tranquille et tout ça. Parce que j'ai décidé que j'allais faire de mon corps un allié. Parce que mon corps, il va rester avec moi pour tout le reste de ma vie. Et qu'en fait, je ne peux pas continuer à le traiter comme un ennemi. Je ne peux pas continuer à lui demander d'aller au-delà de ses limites. Et qu'en fait, s'il m'a demandé de faire des siestes tous les jours, c'est OK. Et en plus de ça, à la fin, le résultat, c'est un bouquin. Donc, ça va, quoi.
- Speaker #1
Ouais. Et puis, cette phase de réécriture, je pense qu'elle est compliquée parce qu'en fait, elle te met aussi face à tes angoisses, à des erreurs, à des tournures de phrases. Et là, j'imagine que le syndrome de l'imposteur doit revenir. J'écris ça, ça ne va pas du tout. Est-ce que tu es prête à retenter l'aventure ?
- Speaker #0
Je ne sais pas, c'est marrant parce que je disais ça à mon mari pendant que j'écrivais, en lui disant je ne sais pas si j'arriverais à réécrire un livre un jour, et il m'a dit écoute ce serait comme si en plein accouchement tu demandais à une femme si elle voulait un deuxième. C'est drôle, j'avais exactement ce parallèle dans la tête. Oui c'est ça, et vraiment je me suis dit ok peut-être qu'on va attendre un petit peu de voir ce qui se passe. Mais oui c'est surtout, en fait c'est bizarre aussi de réécrire parce qu'on commence par le début. En fait, le début, c'est ce qu'on a écrit en premier, et donc c'est ce qui est le plus mauvais, et c'est ce qui est le plus à retravailler, parce qu'au fur et à mesure, notre plume s'est affinée, on est devenu un peu plus efficace, un peu plus assertif, et donc en fait, moi au début, quand j'ai ouvert l'ordi pour la première phase de relecture, je l'ai refermé au bout de deux phrases, j'étais là, ouh, quelle horreur, non. Et en fait, j'ai hacké mon cerveau toute seule, j'ai commencé par corriger les parties 2, 3 et 4, et ensuite je suis revenue au début, en me disant, bon, c'est bon, j'ai repris l'habitude, ça va, allez, on s'y met, quoi.
- Speaker #1
Et dans ton processus d'écriture, comment est-ce que tu faisais ? C'est-à-dire quand tu étais vraiment en phase d'écriture, est-ce que tu relisais ce que tu avais écrit ou pas du tout ? Tu ne relisais pas et tu repartais d'où tu étais ? Tu relisais quelques phrases pour te remettre dedans, comment tu faisais ?
- Speaker #0
Ça dépendait. Il y a eu beaucoup de fois où en fait, quand je savais que j'étais d'humeur maussade, enfin que j'avais été d'humeur maussade la veille quand j'avais écrit mes 1000-2000 mots, où je relisais parce que je savais que comme j'avais été... un peu de mauvaise humeur, ça se ressentait dans mon écriture et donc c'était moins pep, c'est moins joyeux que ce dont j'ai l'habitude et donc du coup ces moments là je relisais sinon en général je relisais quelques phrases et j'avançais, je pense que c'est aussi pour ça que la phase d'écriture a été la phase de réécriture et de correction a été si difficile pour moi, c'est que je m'étais peu relu en intégralité au moment de l'écriture. Et parce qu'en fait, à ce moment-là, j'avais vraiment une vision erronée. Et je pensais que l'enjeu, c'était de finir le premier jet parce que je n'avais jamais réussi à en finir un. Alors qu'en fait, ça m'aurait fait gagner du temps à postériori sur la partie correction, je pense, si j'avais eu des grosses phases de relecture à ce moment-là.
- Speaker #1
Ouais, et puis en même temps, je me dis, relire, c'est aussi le risque de jamais aller au bout de ce premier jet parce qu'à chaque fois, tu remets en question ta...
- Speaker #0
envie de réécrire et t'as pas encore la vision finale finalement de ton livre donc quelque part je sais pas si il y a une technique qui est mieux que l'autre je sais pas moi j'en ai testé une et elle m'a mis en PLS 6 mois plus tard donc je sais pas te dire mais effectivement peut-être que en fait je serai jamais allée au bout parce que c'est vrai que mon éditrice elle me poussait à continuer à écrire elle me poussait pas à relire et je pense qu'elle a beaucoup plus l'habitude de ça et qu'en fait elle sait qu'il faut qu'on aille au bout une fois peut-être je sais pas je te dirai
- Speaker #1
finalement si je t'écoute le plus dur parce qu'on a l'impression quand on n'a jamais écrit un livre que le plus dur c'est d'écrire finalement c'est pas forcément ça une fois que t'as ton plan ça roule tout seul enfin ça roule tout seul je m'entends avec des pics qui montent et qui redescendent mais en tout cas j'ai l'impression que le plan déjà c'est la base pour savoir où est-ce que tu vas et où est-ce que t'as envie d'emmener tes lecteurs finalement l'écriture c'est pas un long fleuve tranquille mais ça se fait Et puis après, c'est plutôt la relecture et les corrections qui sont plus difficiles.
- Speaker #0
Oui, pour moi, en tout cas, ça a été ça. Et en fait, la phase d'écriture, moi, je me suis beaucoup accrochée à une phrase d'un des personnages dans le film Anatomie d'une chute. Je ne sais pas si vous l'avez vu, mais en fait, il y a deux personnages, une dame qui est autrice et son mari qui rêve d'être auteur, mais qui n'y arrive pas. je vais mal le dire parce que j'ai pas vu le film depuis très longtemps mais en gros à un moment la femme lui envoie un taquet en lui disant écoute si tu voulais vraiment écrire tu trouverais le moment d'écrire, quand on est écrivain on écrit n'importe quand, quelles que soient les conditions et en fait cette phrase je l'ai vraiment prise pour moi et je me suis dit c'est vrai que depuis que t'es petite tu dis que tu veux écrire un livre et tu fais jamais de place à l'écriture dans ton agenda et voilà et moi je crois profondément que quand on procrastine certains sujets en réalité c'est des choix moi je crois pas du tout au truc de j'ai pas le temps parce que, alors oui, on a tous et toutes des quotidiens très chargés, évidemment, mais dans notre quotidien, on arrive aussi très souvent quand même à trouver des moments pour scroller un peu sur les réseaux sociaux, à trouver des moments pour ne rien faire ou vraiment avoir du temps vide. Et en fait, ces moments-là, on pourrait aussi les remplir d'écriture et je pense que c'est... Alors, c'est pas pour nier la réalité de chacun parce qu'évidemment, quand on est maman solo de quatre enfants, voilà, là, effectivement, on n'a pas le temps, bien sûr. mais quand on est dans des quotidiens un peu privilégiés dans nos mondes un peu privilégiés comme c'est mon cas à moi clairement en fait le j'ai pas le temps c'est une excuse parce que j'aurais eu le temps d'écrire avant mais en tout cas ça fait partie de la procrastination et ça fait partie des choses contre lesquelles il faut aller si on veut vraiment avancer dans ses projets.
- Speaker #1
Je te rejoins, je pense que de toute manière c'est pas une question de temps, c'est une question de priorité pour moi et ce que tu dis ça résonne beaucoup puisque du coup Du coup, mes auditrices le savent, j'essaye d'écrire un livre. Et du coup, je me reconnais beaucoup dans ce que tu dis aussi, de se dire, bon ben voilà, quelle place, c'est ce que tu veux l'écrire ce livre, donc quelle place est-ce que tu vas lui accorder ? Et il y a aussi autre chose qui me vient, je me pose toujours la question de, est-ce que le plaisir est dans la finalité, ou est-ce que le plaisir est dans le parcours ? Parce qu'en fait, quand le plaisir est que dans la finalité, qu'un jour j'ai un bouquin entre les mains, c'est génial, c'est trop bien. Mais pour en arriver là, il y a toute cette phase dont on vient de parler d'écriture, de correction, etc. Mais est-ce que ça, j'éprouve du plaisir à faire ça ? Si la réponse est non, il faut peut-être revoir l'objectif, en fait.
- Speaker #0
Oui, complètement. Et c'est vrai que je suis complètement d'accord avec toi. J'essaye d'avoir beaucoup plus de plaisir dans la partie chemin que dans la partie finalité. Et en fait, il y a eu un moment quand même pendant les corrections où j'étais là à me dire, c'est pas possible. Il faut vraiment que tu remettes du plaisir et de la joie parce que là, c'est en train de te... de te drainer de l'intérieur, ça va pas et tout. Et en fait, j'ai mis de la joie ailleurs, parce que je voyais que je n'arrivais pas à avoir de la joie dans la partie correction, sauf cette fausse dernière relecture que j'ai cru que c'était la dernière, et du coup j'ai eu beaucoup de plaisir, et bon, ben c'était pas la dernière. Mais en fait, du coup, j'ai remis du plaisir ailleurs. Je me suis accordée des petits plaisirs de, bon, ben là, je vais savourer mon thé, je vais faire des câlins à mon chat, et ça va être un moment super sympa. Et en fait, j'ai twisté un peu le plaisir. comme ça sur les moments où vraiment c'était dur mais je savais que ça servait à un mieux plus tard et je suis contente de l'avoir fait parce que déjà aujourd'hui mon livre et j'espère que tu l'auras aussi le tien et que tu seras aussi contente que ce que là je suis depuis ces quelques jours et aussi parce que je savais que j'allais avoir beaucoup plus de plaisir dans la phase de après, de la phase de promotion etc parce que c'est ça qui est difficile aussi quand on écrit un bouquin c'est qu'il y a plusieurs phases qui ne mobilisent pas Du tout les mêmes traits de personnalité. La même énergie. Exactement, parce qu'écrire, tu le fais d'une certaine façon, t'es souvent tout seul dans ton salon. Corriger, bon bah apparemment tu le fais la nuit. Tu me diras comment ça se passe pour toi.
- Speaker #1
Je te dirai ça.
- Speaker #0
Et ensuite, la partie où ça y est, t'as ton bébé dans les mains, et tu le montres, et la partie promotion, c'est encore une toute autre énergie. Donc je pense que c'est ok d'avoir certains moments dans des projets qui sont un peu moins plaisants, si ça sert une vision. Et si on adhère toujours à cette vision-là, et si on sait qu'il y a du plaisir ailleurs, ou qu'il y aura du plaisir de nouveau dans le futur. Je pense qu'on a bien compris l'idée. Du coup,
- Speaker #1
tu ne crois pas du tout à ce truc de l'écrivain qui va s'isoler au fin fond de je ne sais où pour écrire son livre. Parce qu'en fait, quand je t'écoute, je me dis... Ouais, enfin quelque part t'as des moments où c'est compliqué et donc aller chercher aussi du plaisir ailleurs, peut-être avec nos proches, avec des activités qu'on aime faire par ailleurs, etc. C'est ça qui nourrit les moments où c'est plus compliqué en fait.
- Speaker #0
Ouais, complètement. Et écoute, alors je vais pas le citer, citer son nom parce que je sais pas s'il a partagé cette histoire en public, donc je vais pas me permettre de le faire à sa place, mais par contre je vais quand même raconter l'histoire sans son nom. En fait, il y a eu un auteur que j'ai croisé sur ma route ces dernières années. avant même que moi j'ai repris l'écriture de ce bouquin qui m'avait dit que lui il avait vraiment romantisé à fond le romancer à fond le le moment où il allait écrire son livre et que en fait plus la deadline approchait, plus il s'est rendu compte qu'il allait juste écrire comme tout le monde sur son bureau et que adieu les cabanes dans les bois, dans la forêt face à l'océan ou je ne sais quoi et qu'en fait écrire un livre ça se fait là où on est et en fait cette réalisation m'avait beaucoup marquée à l'époque parce que en fait je m'étais dit, moi aussi j'avais ce truc de il faut aller se mettre dans la montagne une retraite d'écriture C'est ça. Et peut-être que ça marche, et c'est très bien, et tant mieux si ça marche, mais en fait, si on est dans un quotidien où on n'est pas écrivain de métier, je ne vois pas comment ça rentre dans nos quotidiens, en fait, où on est par mons et par veau, où on a des missions freelance à droite à gauche, où des fois on a des interventions, certaines villes, etc. En fait, il faut que ça rentre dans un quotidien auquel on est déjà habitué, je pense, pour, si on veut vraiment le sortir rapidement. Je suis complètement d'accord.
- Speaker #1
Merci pour tout ça, c'est super inspirant.
- Speaker #0
Merci un peu à toi.
- Speaker #1
J'avais encore des petites dernières questions à te poser. Je voulais te demander si tu devais donner un seul conseil à un entrepreneur qui hésite, j'allais dire, soit à se lancer, soit finalement à avoir une vision un peu plus ambitieuse de son projet par peur de l'échec. Qu'est-ce que tu pourrais lui dire ?
- Speaker #0
Écoute, je dirais à cette personne qu'on n'est jamais prêt à planter sa boîte et que planter sa boîte, c'est vertigineux. mais la vérité c'est qu'on n'est jamais prêt à la lancer non plus donc allons-y super,
- Speaker #1
merci, j'adore t'as une belle phrase de fin elle était dans mon discours hier, c'est pour ça c'est une très bonne idée de te le dire juste après cette soirée de lançement où est-ce qu'on peut se procurer ton livre ? partout je crois dans toutes les bonnes librairies dans toutes les librairies,
- Speaker #0
alors je ne sais pas exactement dans quelle librairie il est, je sais qu'il est à la FNAC, je sais qu'il est à Cultura Mais en tout cas, il est disponible en commande dans toutes les librairies de France. On peut se le procurer sur Internet, sur le site de mon éditrice. On peut aller sur les plateformes en ligne traditionnelles. a priori, il est disponible partout. Si vous me croisez dans le métro, j'en ai toujours un exemplaire avec moi parce qu'il est beau et je l'aime.
- Speaker #1
C'est devenu l'accessoire à avoir. Alors, on va rappeler quand même le titre de ton livre. Donc, c'est « J'ai testé pour vous l'échec entrepreneurial » de Justine Abbé Cassis. Et donc, c'est aux éditions prochain chapitre. Merci beaucoup, Justine, de ce moment.
- Speaker #0
Merci infiniment à toi. C'était trop bien. Merci beaucoup.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Merci d'avoir écouté cet épisode. N'hésite pas à venir me retrouver sur LinkedIn, Virginie Perbal, ou sur Instagram, echo.podcast,
- Speaker #1
pour me dire ce que tu as pensé de cet épisode et me parler de ce qui t'a inspiré. J'ai hâte de pouvoir échanger avec toi. Allez, à très vite !