- Speaker #0
Bonjour, c'est Virginie. Vous écoutez le podcast ECHO, un podcast de discussion autour de l'entrepreneuriat, de l'engagement et de l'émancipation des femmes. Ce podcast veut être une source d'inspiration, de connexion et d'impact. Avec mes invités, nous avons à cœur de faire bouger les lignes. ECHO est un projet indépendant, alors si le contenu vous plaît et que vous voulez le soutenir, vous pouvez en parler autour de vous, le partager sur vos réseaux sociaux et mettre une note 5 étoiles avec un commentaire sur votre plateforme d'écoute favorite. Merci pour votre soutien et bonne écoute ! Bonjour Pauline et bienvenue sur ce podcast, je suis ravie de t'accueillir aujourd'hui.
- Speaker #1
Bonjour Virginie, merci pour cette occasion d'échange à venir, j'en suis ravie,
- Speaker #0
tout partagé. Dis-nous Pauline, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots pour les auditrices qui ne te connaissent pas ?
- Speaker #1
Bien sûr ! Je m'appelle Pauline Goujon, je suis actuellement équicoach, c'est-à-dire que j'accompagne les personnes en entreprise assistées par les chevaux. Je suis mère de trois enfants, j'habite en région parisienne depuis bien longtemps et j'ai pu vivre à l'étranger, ce qui m'a ouvert l'esprit sur bien des aspects. On y reviendra peut-être par la suite.
- Speaker #0
Avec plaisir. Alors explique-nous, avant de devenir équicoach, qu'est-ce que tu faisais ?
- Speaker #1
Alors j'ai suivi une formation d'école de commerce en province, à Strasbourg. Ça m'a permis de partir donc habiter à l'étranger en Europe. J'ai travaillé ensuite pendant plus de 15 ans dans une entreprise du CAC 40, dans l'ombre des grands dirigeants. Et puis j'ai fait un peu le tour du sujet, je me suis beaucoup amusée, j'ai beaucoup appris, j'étais au cœur du réacteur, de la fusée, je me suis... Ça m'a vraiment permis d'être qui je suis aujourd'hui. Et puis, il y a quatre ans, presque jour pour jour, j'ai eu un accident grave de cheval, ce qui a tout remis en question dans ma vie et qui a été un signal que j'ai décidé de ne pas ignorer.
- Speaker #0
Ok. Et donc, du coup, le cheval, ça a toujours fait partie de ta vie, si je comprends bien.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Et donc, tu as eu cet accident de cheval et... Tu as pris un chemin justement où tu t'es dirigée vers les chevaux alors qu'on aurait pu penser que tu t'en serais éloignée mais non.
- Speaker #1
Complètement, ça peut paraître paradoxal mais comme tu le dis je suis cavalière depuis peut-être plus de 35 ans maintenant, en tout cas 30 ans c'est sûr. Ça a toujours rythmé ma vie, même en ayant eu des enfants j'ai toujours recommencé à monter à cheval derrière. Et puis, j'ai eu cet accident grave qui aurait pu m'en éloigner. Et puis, en fait, je me suis dit que tout ce que ça m'avait permis de vivre jusqu'à présent, ça n'était pas complètement anodin. Et j'ai souhaité rapprocher le cheval du monde de l'entreprise. Parce que ce que ça m'a permis d'être aujourd'hui, c'est aussi grâce au cheval. Et ça, je peux te le dire aujourd'hui, mais je l'ai compris il n'y a pas si longtemps que ça.
- Speaker #0
Ok. Alors, explique-moi un petit peu c'est quoi Equicoach.
- Speaker #1
Alors l'équicoaching, c'est une forme de coaching un peu particulière, puisque c'est aux côtés des chevaux, donc on ne monte pas du tout sur les chevaux, ça se passe vraiment à pied. Et à l'aide des chevaux, on fait vivre des expériences aux personnes, quel que soit le niveau dans la hiérarchie, quel que soit l'expérience, l'âge, homme, femme, on est humain avant d'être quelqu'un dans la société. Et l'idée, c'est de comprendre mieux son fonctionnement, Et permettre même peut-être de se révéler à soi-même, donc aussi bien sur notre façon de communiquer, notre posture, notre interaction avec les autres, nos émotions, puisque c'est ce qui nous rend quand même bien humains avant toute chose, et de gérer ces émotions qui aujourd'hui dans la société n'ont pas vraiment sa place. Les émotions c'est bien, mais c'est bien entre quatre murs avec la porte fermée. On ne sait pas forcément bien quoi en faire. Et donc, les personnes que j'accompagne, déjà, je leur fais prendre conscience qu'on a tous des émotions et que c'est chouette. Et qu'est-ce qu'on en fait derrière et comment est-ce qu'on les gère ?
- Speaker #0
Ok. Et du coup, pour qu'on comprenne bien, plus concrètement, si moi, par exemple, je viens te voir pour une séance, comment ça se passe ?
- Speaker #1
Alors, en général, c'est sur une journée. Le matin, je fais travailler plutôt en individuel. Je travaille qu'avec des petits groupes de 5-6 personnes. L'idée de ces expériences, c'est vraiment de faire prendre conscience de comment on réagit, comment on interagit. Donc par exemple, quand tu as peur avec un cheval, qu'est-ce que ça génère sur le cheval ? Donc, l'idée de ces journées, c'est quand même de repartir avec des outils utiles dans nos jobs. Ce n'est pas simplement caresser des poils de cheveux toute la journée. Quand on a peur dans une situation professionnelle, comment est-ce qu'on fait ? Est-ce qu'on y va à plusieurs ? Est-ce qu'on fait des exercices de respiration, de sophrologie ? Est-ce qu'on détaille la peur ? Qu'est-ce qui nous bloque ? Et à partir de là, repartir avec des... des petits outils qui nous permettent facilement de passer au-delà de la peur. Donc ça peut être la peur, ça peut être la colère, ça peut être le stress, ça peut être la gestion des conflits. Et à chaque fois, c'est de repartir avec des petits outils que je mets en lumière en fonction de ce que chacun vit. Et l'après-midi, on travaille en groupe. Alors là, c'est la dynamique de groupe vraiment qui s'installe avec la place que chacun prend. Il y a celui qui va vouloir, celui ou celle, pardon, qui va vouloir tout décider pour les autres et qui préfère absolument atteindre l'objectif, mais pour autant laisser la moitié des autres derrière.
- Speaker #0
Tu vois les dynamiques de groupe, comment elles s'installent.
- Speaker #1
Exactement, et ça c'est super intéressant. Et encore une fois, c'est très instructif parce que j'aime à dire qu'une séance d'équicoaching, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même pour comprendre plus facilement qui on est, pour un meilleur fonctionnement. Et si on veut faire un peu bisounours... C'est un cadeau qu'on fait autour de nous, voire même à l'humanité, puisqu'on apprend à gérer et à accepter nos différences, nos forces, nos faiblesses. Et c'est super. C'est toutes nos différences qui font qu'on est complémentaires.
- Speaker #0
Et comment le cheval, cette question, c'est de se dire, j'ai l'impression que le cheval vient en miroir, en fait, finalement, de ce que tu es, de tes émotions, etc. Et comment est-ce qu'eux, justement, peuvent nous renvoyer tout ça ? Comment est-ce que ça fonctionne, cette cohésion avec l'animal ?
- Speaker #1
Oui, alors tu as tout à fait raison, il est en miroir. Il faut savoir que le cheval vit en troupeau, chacun a sa place dans un troupeau. Il est dans l'instant présent et il n'est pas dans le jugement. Donc ça, c'est quelque chose qui est vraiment différent pour nous humains et qui est hyper intéressant puisque ça nous permet d'être qui on est réellement. Et à partir de là, il nous le renvoie et on peut ajuster. Et de se dire... Quand on monte en pression, certains sont en colère, d'autres vont se fermer complètement, et chacun réagit à sa façon. Et ce n'est pas un problème, encore une fois, c'est cette différence qui nous rend complémentaires. Mais en avoir conscience, et savoir l'adapter, et mettre peut-être un peu d'eau dans son vin, ça c'est super.
- Speaker #0
Quand on a préparé cet enregistrement, tu m'as parlé de termes qui forcément résonnent, et qui sont... Alors tu nous as parlé un peu des émotions, tu nous as parlé aussi de la question de comment on pouvait faire de nos forces et de nos faiblesses finalement des alliés. On avait parlé aussi de résilience. Du coup, j'aimerais bien que tu m'expliques un peu de vulnérabilité aussi. Et du coup, j'aimerais bien que tu m'expliques un petit peu comment est-ce que tout ça, ça peut s'imbriquer. Et voilà, ce que toi aussi, tu en as tiré peut-être de tout ça, ton rôle d'entrepreneur. Et du coup, pour aider les entrepreneurs qui nous écoutent.
- Speaker #1
Oui, alors c'est un très vaste sujet. On pourrait s'en parler pendant des heures. Mais effectivement, j'aime à dire qu'on n'est pas des machines. Et quand on parle d'IA et qu'il y a beaucoup d'inquiétudes par rapport à ça, moi je ne suis pas vraiment inquiète sur le sujet parce que ce sont nos émotions qui nous diffèrent. Et ça, c'est vraiment une force. Par contre, elles peuvent nous jouer des tours. Et c'est là où apprendre à déjà les reconnaître, peut-être à les réguler, à les anticiper. Ce qui peut être une faiblesse, finalement, ça en devient une force. Et on a tous des faiblesses et ça n'a pas d'importance. C'est en fait, un conseil pour une entrepreneuse, justement, c'est d'être au clair avec soi-même, d'être honnête aussi, il ne faut quand même pas se raconter des histoires, et de se dire « Ok, sur tel sujet, un, je ne me sens pas à l'aise, deux, ça ne m'intéresse pas. » Trois, je n'ai pas envie de m'améliorer sur ce sujet-là. Ok, on a tous 24 heures dans nos journées, les supermans, les superwomen, je n'y crois pas. Et au contraire, c'est une occasion de coopérer avec d'autres et de travailler avec d'autres et de découvrir d'autres personnes qui, elles, vont peut-être s'extasier devant des tableaux Excel ou des Google Sheets, alors que ce n'est pas du tout notre truc. super,
- Speaker #0
entourons-nous de ces personnes-là donc en fait ce que tu nous dis c'est que c'est important de pouvoir identifier ses forces et ses faiblesses ce qui est déjà un travail en soi colossal parfois peut-être même le plus difficile je sais pas et en fait une fois qu'on les a identifiés de se dire ok finalement je m'appuie sur mes forces Et je vais venir combler mes faiblesses en m'entourant peut-être ? C'est ça en fait le message que tu passes ? Complètement,
- Speaker #1
complètement. Moi c'est ce que je préconise. Après, il ne faut peut-être pas en faire une généralité, chacun fonctionne comme il veut. Mais en tout cas, pour perdurer en tant qu'entrepreneur, c'est quand même des projets qui sont superbes et qui sont énergivores. Ce n'est pas un sprint, on court tous des marathons. Donc il y a un moment où il faut faire des choix. Parce qu'il y a la vie personnelle aussi à côté, il y a la vie sociale, il y a la vie, les loisirs, etc. Tout ça, ça vient remplir les 24 heures et qu'il faut savoir séparer. Je n'aime pas trop dire « il faut que, il n'y a qu'à » , etc. Mais c'est vraiment un challenge pour durer qu'il faut relever. Une des solutions, oui, c'est de s'entourer et de se dire « ok, je suis forte là-dedans, et puis en plus, c'est ce que j'aime faire, peut-être appuyer sur l'accélérateur à cet endroit-là » .
- Speaker #0
C'est vraiment un changement finalement de paradigme de se dire que j'ai l'impression qu'on est beaucoup élevés, on vit beaucoup avec cette idée qu'il faut qu'on comble nos faiblesses et du coup on a le doigt dessus. C'est ça qu'on voit chez nous, on voit ce qu'on n'arrive pas à faire, on voit là où on est peut-être moins bon, etc. Et là en fait c'est une invitation finalement à plutôt se dire ok, j'ai des forces aussi et c'est là-dessus que je vais m'appuyer, plutôt que de voir toujours les faiblesses.
- Speaker #1
Oui, alors... Comme je te disais au début, j'ai habité à l'étranger, pays anglo-saxon, où en fait, bien souvent, en tout cas en plus qu'en France, on est très encouragé à essayer, à tenter de faire des choses. Et si on se trompe, si on connaît l'échec, c'est pas grave. C'est pas grave et d'ailleurs, quand tu réussis et que tu ne t'es jamais planté... Ça surprend toujours un peu. On se dit, ah bon, mais toi, tu t'es jamais plantée, mais t'as pas dû essayer beaucoup de choses quand même dans ta vie. Et donc, oui, on peut se forcer à s'améliorer sur nos faiblesses, mais moi, je trouve que c'est une perte d'énergie, une perte de temps.
- Speaker #0
Oui, complètement. Après, on entend beaucoup ça, on remet beaucoup en question finalement notre société où on ne valorise pas les chèques. Alors, dans des pays anglo-saxons, on le valorise. Et je dirais même que c'est un passage obligé aussi finalement des gens qui réussissent. Mais quand bien même, pour en avoir déjà parlé à beaucoup d'entrepreneurs, il y a quand même ce truc de dire « ok, en théorie je suis ok » , sauf que nous on est dans une société qui ne valorise pas cet échec. Donc en fait c'est difficile de montrer quelque part ces vulnérabilités, de montrer là où on a du mal, là où c'est compliqué pour nous, parce qu'on a l'impression de se mettre à nu et c'est pas évident.
- Speaker #1
Oui, alors je te rejoins complètement et j'irai même un peu plus loin. C'est qu'effectivement, la culture française n'encourage pas l'essai, n'encourage pas les tests, ou en tout cas est encore très très frileuse. Ça vient, ça s'est amélioré, mais je pense qu'on a encore de la marge d'amélioration possible. Au-delà de ça, est-ce qu'on est toujours obligé de faire attention au jugement des autres ? Est-ce qu'on est toujours obligé de prendre en compte ce que notre environnement pense ? Et ça c'est, encore une fois, je te le dis aujourd'hui, j'aurais pas été capable de le dire il y a 4-5 ans, mais une fois que tu te détaches du jugement des autres, et donc de la culture de ton pays, de l'environnement, en fait c'est très libérateur.
- Speaker #0
Ouais, mais là, du coup, tu mets le doigt sur un truc qui est complètement difficile, c'est le regard des autres.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Et le regard des autres, c'est vrai qu'on en a besoin aussi, parce qu'on est des êtres d'appartenance, on a besoin aussi de se reconnaître dans les autres. Donc, c'est compliqué de faire sans le regard des autres.
- Speaker #1
Alors, oui, j'entends ce que tu dis, mais j'en reviens à l'équicoaching. Le cheval n'est pas du tout dans le jugement. Et quelle libération ! Et quand j'accompagne des personnes, je vois qu'en une fin de journée, Ils ont pris conscience, alors déjà c'est ce que je te disais au début, de vivre vraiment dans l'instant présent, c'est quelque chose aussi qui est pas mal quand on débranche là-haut, et plutôt que de se raconter des scénarios pendant des heures et des heures, alors le plan A, le plan B, le plan C, le plan D, le cheval il n'est pas du tout là-dedans, il est en fait dans ce qu'on est en train de vivre, dans notre posture, dans notre façon d'être, au moment où je te parle. Donc ça c'est le premier point. Et deuxième point, il y a des personnes qui voient le même cheval les uns après les autres, le cheval prend chaque personne comme il est. Et il n'y a pas du tout d'interprétation.
- Speaker #0
Et ça, c'est des choses que... Parce que, autant, je vois bien ce moment qu'on peut vivre qui doit être avant, un moment de connexion avec ce cheval, etc. Mais est-ce que, du coup, tes clients arrivent à emporter ça après et à le calquer, j'ai envie de dire, à leur vie de tous les jours, avec l'aide des humains qui, pour le coup, ont un jugement ?
- Speaker #1
Oui, alors, c'est une bonne question. Merci de la poser. En tout cas, ils en prennent conscience. Ça sera peut-être 5 secondes. 5 minutes, mais ils en prennent conscience et... ils y goûtent, j'ai envie de te dire. Donc ensuite, moi, je peux les accompagner suite à cette prise de conscience sur du plus ou moins long terme. J'ai envie de dire, une transformation, ça ne se fait pas du jour au lendemain, ce n'est pas un claquement de doigts. Ça peut être douloureux, parce qu'en fait, tu déconstruis beaucoup de choses qu'on nous a inculquées de par notre éducation personnelle, éducation, école, lycée, études supérieures éventuellement, la culture aussi, dont on parlait tout à l'heure. Mais oui, ils y goûtent et à chaque fois, je vois une espèce de libération qui s'opère et ça se voit facialement et dans la posture aussi. Oui, il y a des belles révélations.
- Speaker #0
Je trouve que c'est passionnant de cette connexion entre l'homme et l'animal, de pouvoir après repartir et en être sorti finalement grandi et d'avoir ce recul après sur ta vie, sur le regard des autres.
- Speaker #1
Je voudrais revenir juste sur le jugement de la société sur chacun d'entre nous. S'en détacher, forcément, dans les mots, c'est facile. Dans les faits, c'est beaucoup plus difficile. Un conseil que je donnerais aussi aux entrepreneurs, c'est plutôt que d'écouter le brouhaha autour de chacun, chacune d'entre nous. Peut-être, en fait, regarder d'où on vient et où on est aujourd'hui. Regarder dans nos rétroviseurs pour voir la progression, en fait, personnelle. Parce que ça, personne ne nous le dit, enfin, ou très peu. Personne ne prend le temps de poser les choses. Et ça, c'est hyper important. Et ça vaut tellement plus que tout le brouhaha autour, puisque chacun va émettre un jugement en fonction de ses peurs, de ses croyances, de ses limites, etc. Et ça appartient aux autres, ça ne vous appartient pas.
- Speaker #0
Il y a cette notion aussi de se comparer aux autres, et moi je dis toujours que compare-toi à toi qui t'étais il y a dix ans, il y a vingt ans, et vois l'évolution, parce qu'effectivement on ne part pas tous avec le même jeu dans les mains. et que c'est ça qui est important. Et puis souvent, ce qu'on voit chez les autres à un instant T, c'est plutôt la notion de réussite, ce qu'ils mettent en avant, mais on ne sait pas le chemin qu'ils ont parcouru pour y arriver. Donc, comparons-nous, prenons-nous notre nous d'il y a dix ans, plutôt que les autres.
- Speaker #1
Et on ne sait pas non plus ce qui se cache derrière, ce qui est publiquement visible. Chacun affiche ce qu'il veut.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
en fonction de sa stratégie de communication, son personal branding, etc. Qu'est-ce qui se cache derrière ? Qui sommes-nous pour pouvoir émettre un jugement derrière la porte ? On ne sait pas.
- Speaker #0
Non, mais je suis d'accord. Du coup, j'avais envie qu'on aborde aussi la question des peurs, parce que j'ai beaucoup d'entrepreneurs autour de moi qui ont peur, alors pas forcément de se lancer, parce qu'elles se sont déjà lancées dans l'entrepreneuriat, mais d'avoir peur d'aller peut-être plus haut, de viser plus loin. Et du coup, j'aimerais bien qu'on en discute. Qu'est-ce que tu en penses ? Parce que la peur, c'est quand même une émotion qui est super handicapante.
- Speaker #1
Alors oui, c'est un vaste sujet aussi. Elle est super handicapante, mais à la fois, elle est nécessaire et c'est un garde-fou. Donc, il ne faut pas l'ignorer. Parce que l'ignorer, je pense que c'est plus dangereux qu'autre chose. Maintenant, ça s'apprivoise, la peur. Et dans des situations où on est... On est un peu challengé. Moi, mon petit tips, c'est de mettre les choses à plat, en fait. De prendre le temps, d'arrêter le temps, d'appuyer sur le bouton stop et de me mettre face à une feuille blanche et de me dire, OK, pourquoi est-ce que j'ai peur ? Est-ce que c'est parce que ça me rappelle des mauvais souvenirs ? Est-ce que c'est une expérience que j'ai déjà vécue ? Ou je suis allée dans le mur ? Est-ce que c'est parce que je ne me sens pas assez armée ? Je ne suis pas assez entourée ? Et en fait, en tirant sur le fil, je m'aperçois que toutes ces peurs, elles ont des solutions. Et plus on décortique les problèmes, plus c'est facile de les résoudre. Mais il faut prendre ce temps qui peut paraître peut-être du temps perdu sur du court terme. Mais encore une fois, dans ce marathon, c'est ce qui permet de perdurer.
- Speaker #0
Tu es prêt sur une convaincance ? Moi, j'ai toujours. pensé que les peurs, elles étaient là pour nous dire quelque chose, et plutôt que de les mettre de côté, c'était important de les regarder en face et de comprendre ce que ça cachait, ce qu'il y avait derrière. Et je trouve que parfois, les peurs, elles reviennent aussi, tu sais, dans des petites phrases, notre petite voix intérieure, là, qui va revenir et qui va nous sortir des petites phrases qui vont revenir régulièrement. Genre, tu vas être dans une situation, et puis à chaque fois, va revenir cette petite phrase de se dire « Ah, mais t'es peut-être pas légitime, là. Non, mais peut-être que là, regarde les autres, elles ont l'air vachement bien, et toi, t'es nulle. » Voilà, c'est des petites phrases comme ça qui reviennent aussi, et je trouve que Merci. Elles sont importantes et qu'il ne faut surtout pas les ignorer.
- Speaker #1
Il ne faut pas les ignorer, mais il ne faut pas se laisser envahir par ça non plus. Parce que la question de la légitimité, qui peut se permettre de dire à quelqu'un qu'il est légitime ou pas ? Ça sort d'où, ce jugement ? On en revient au jugement, au regard des autres.
- Speaker #0
J'ai l'impression que personne ne se sent légitime. Et tu vois, pour avoir interviewé pas mal d'entrepreneurs, là maintenant qui certaines ont des carrières extraordinaires même elle, elle nous a vous manqué de s'avoir l'impression dans le syndrome de l'imposteur tu vois de pas sentir forcément légitime donc j'ai l'impression que ça c'est quelque chose qui est aussi nécessaire j'ai l'impression parce que ça permet peut-être l'humilité ça permet la remise en question ça permet de pouvoir aussi faire un stop à un moment donné et de savoir où est-ce qu'on a envie d'aller donc je trouve que tu vois la légitimité c'est pas aussi une ennemie
- Speaker #1
comme la peur je trouve qu'elle nous dit quelque chose il faut ne pas l'ignorer mais la laisser suffisamment de côté pour que ça ne devienne pas handicapant et encore une fois se poser la question est-ce que je suis légitime est-ce que je ne le suis pas et c'est une décision qui nous appartient avec l'expérience qu'on a l'envie, la connaissance d'un sujet en mettant les choses carte sur table et en étant très factuel Très souvent, tu parlais de petites voies intérieures tout à l'heure. Les petites voies intérieures, elles sont rapidement démontées. Parce que tu as tous les arguments en toi. Mais on se laisse envahir par ce brouhaha autour. De toute façon, et encore plus je crois en France, quand tu changes de domaine, tu changes d'activité, ton entourage projette ses peurs en disant « Non mais pourquoi tu fais ça ? Tu ne vas pas y arriver. »
- Speaker #0
Ça c'est certain que de toute manière la peur des autres c'est parce qu'ils sont à leur place à un moment, ils s'inquiètent peut-être pour toi mais ils n'ont pas fait le chemin que toi tu as fait donc en fait il ne faut pas te laisser envahir par les peurs des autres parce qu'on en a déjà assez soi-même ça il faut réussir à mettre ça à distance Moi j'aime bien sur la légitimité aussi j'ai un peu ce mantra qui me suit tout le temps c'est soit ce que tu veux devenir tu vois de Plus tu vas projeter ce que tu as envie de devenir, plus tu vas montrer ça, plus tu vas le mettre en avant et en parler, et plus tu vas l'être. Il ne faut pas attendre que ça nous tombe comme ça du jour au lendemain dessus. Je crois qu'il y a vraiment ce cheminement intérieur pour pouvoir aller où on a envie d'aller.
- Speaker #1
Complètement. Et ça, je le fais travailler aussi avec les chevaux. C'est la question de la posture et de la puissance intérieure. À partir du moment où toi-même tu es convaincu de ton projet, de ton envie, d'un besoin, finalement tu deviens quasiment inébranlable. Et la légitimité, en fait, la question ne se pose même plus, puisque tu es ce que j'appelle ancré sur tes deux pieds, parce que tu es à ta place, tu te sens là où il faut, et que tu n'as pas besoin de la validation des autres autour. C'est vrai, ça demande un travail sur soi. Ça veut dire qu'il y a un moment où il faut quand même se regarder dans le miroir et se regarder pour de vrai dans le miroir et ne pas se raconter des craques.
- Speaker #0
Oui, puis travailler sa posture, ça demande vraiment ce travail-là, je crois.
- Speaker #1
Ça demande le travail de la posture, mais en fait, quand déjà à l'intérieur, tu es convaincue de ce que tu es, de ce que tu es capable de faire et de ce que tu as envie de faire, la posture, elle vient assez naturellement.
- Speaker #0
Et tu sais, j'ai l'impression, tu me dis si tu es d'accord, mais que du coup... ce travail que tu fais sur toi, en fait, finalement, va te conduire forcément quelque part. Et même si ce quelque part se solde par un échec, bien, en fait, parce que tu as cette bonne posture, parce que tu as fait ce travail sur toi, c'est comme ça que cet échec pourra se transformer en apprentissage qui va te permettre après de grandir et d'être sur le chemin de la résilience.
- Speaker #1
Complètement. Ça peut paraître un peu décalé, mais moi, j'aime à dire que j'aime l'échec parce qu'en fait, dans un échec, je ne vois pas quelque chose de négatif. Je ne cours pas après l'échec, bien sûr, j'aime bien réussir et j'aime bien gagner comme beaucoup, et heureusement quand tu es entrepreneur. À côté de ça, l'échec, il permet tellement d'enseignement, plus rapide souvent, plus puissant. Il n'est pas agréable, il chatouille, il gratouille au fond. L'ego en prend quand même une bonne claque. Mais ça permet aussi de remettre des choses à plat et de se dire, peut-être là-dessus je me suis emballée, là je me suis trompée, ce n'est pas grave. Et on continue. Et donc, ça fait partie, oui, de la résignance, bien sûr. Et c'est un chemin de vie. Et on est tous sur un chemin. Le chemin, il n'est pas droit. Et j'ai envie de te dire, heureusement, parce que sinon, qu'est-ce qui serait ennuyeux ? Moi, j'ai été pendant très longtemps sur des rails. C'est pour ça que j'en suis sortie. Parce qu'il y a un moment intellectuellement, si tu recommences ce que tu as déjà fait pendant les 14 années précédentes, tu dis « waouh, on va un peu s'ennuyer » .
- Speaker #0
C'est ça qui est assez paradoxal finalement chez les entrepreneurs, c'est que quelque part, quand on en vient à devenir entrepreneur, c'est aussi qu'on a eu envie de changer de ce chemin qui était peut-être un peu trop tracé, avec des injonctions qui ne nous correspondaient pas, pour pouvoir vivre cette aventure de l'entrepreneuriat. Et finalement, on est rattrapé aussi par nos schémas. tu vois, qui était déjà là avant. C'est assez paradoxal.
- Speaker #1
C'est paradoxal et puis encore une fois, ça demande... Travaille sur soi, c'est-à-dire que tu déconstruis tout ce qu'on t'a expliqué, ce que tu as vécu pendant des années, et tu remets tout à plat, mais c'est pour mieux reconstruire. Et c'est comme une maison que tu rénoves, un appartement, enfin n'importe quoi, un local commercial que tu rénoves. Tu commences par tout remettre par terre, tout mettre par terre, tout casser pour reconstruire et embellir. Est-ce que ce n'est pas ça aussi ce chemin-là ?
- Speaker #0
Oui, puis avoir le... Cette patience aussi de construire au fur et à mesure. Et je pense que ça, c'est avec les expériences aussi que tu construis et que tu embellis davantage au fur et à mesure. C'est vrai que parfois, ce n'est pas évident, cette patience que ça demande.
- Speaker #1
Complètement. Ce n'est pas évident. Et surtout, se respecter. Ça, c'est la première étape. Chacun a son rythme. Si j'ai appelé mon entreprise « Chacun son sens » , ce n'est pas complètement anodin. On est... tous très différents et encore une fois c'est ce qui fait notre richesse et c'est super et ça il ne faut pas le mettre sous le tapis et le chemin il est unique et on est tous sur un chemin, donc allons-y et éclatons-nous bien sûr,
- Speaker #0
complètement d'accord et je crois que pour résumer un peu tout ce qu'on s'est dit aussi avant, c'est en tout cas il ne faut pas être dans cette dynamique de je ne fais pas parce que j'ai peur de l'échec, il faut adopter un mindset un peu différent
- Speaker #1
parce que finalement ne pas faire c'est un échec je rejoins complètement il ne faut pas chercher la perfection et le premier petit pas est sûrement le plus difficile mais il faut oser le faire et puis le premier petit pas appelle le deuxième petit pas et ainsi de suite et jusqu'au moment où on regarde dans ses rétroviseurs et on se dit en fait c'est des pannes géantes que j'ai fait et c'est super j'aime
- Speaker #0
bien cette image de rétroviseur parce qu'il y a aussi souvent cette idée qu'on a l'impression que quelque chose n'est pas impossible qu'on ne va jamais y arriver Merci. Et puis finalement, une fois que c'est fait, ça devient un peu, voilà, je l'ai fait, donc il n'y avait rien d'extraordinaire. Et donc, quelque part, on a un peu tendance à se dire, en fait, j'ai rien fait de ma vie, donc ce n'est pas génial.
- Speaker #1
Oui, oui, encore une fois, prendre le temps de se poser et de voir ce qu'on a fait. La perfection est l'ennemi de l'action, clairement. Donc, il y a un moment, peut-être il ne faut pas se jeter tout de suite dans le grand bain sans les bouées, mais au moins aller dans l'eau froide du petit bain et puis allons-y. Et c'est en essayant que de toute façon, on voit si ça marche ou pas. Mais ce n'est pas en restant dans l'immobilisme qu'on peut sortir de l'ombre.
- Speaker #0
Et encore moins quand on a choisi cette voie entrepreneuriale.
- Speaker #1
Oui, clairement. Ça demande un peu de courage. Mais pas que, ça demande du courage. Ça demande, on en parlait tout à l'heure, de bien s'entourer, de prendre soin de soi aussi. Vraiment, j'en suis convaincue. D'oser, de s'ouvrir, d'être curieux. plein de...
- Speaker #0
Tu as abordé la question de l'entourage aussi, d'avoir bien s'entourer. Moi, je suis fondamentalement convaincue que c'est un des piliers finalement de l'entrepreneuriat, c'est être bien entouré. Qu'est-ce que tu en penses ?
- Speaker #1
Oui, complètement. Et en plus, quand on est entrepreneur, on a le grand luxe de choisir les personnes qui nous entourent. Et alors, ça n'a pas de prix. Après, il y a des déconvenues aussi, comme partout. On ne vit pas non plus dans le monde des bisounours. Mais moi, comme tu l'as compris, je crois vraiment à la complémentarité. Donc, s'ouvrir à des profils qui sont complètement différents, qu'on n'aurait peut-être jamais rencontrés dans des voies plus classiques. Ça peut bousculer aussi, parce que c'est des approches et des visions qui sont complètement différentes de ce qu'on connaissait avant. Donc, ça peut ébranler un petit peu. Mais au final, ça apporte sa pierre à l'édifice aussi. Et ça vient... compléter ce qu'on sait déjà, ce qu'on connaît déjà. Ça apporte de la nouveauté, ça apporte une autre vision. C'est super, c'est super. Quel luxe.
- Speaker #0
Je suis d'accord, je pense que c'est vraiment important. Et puis, être entourée de personnes aussi qui nous inspirent, qui nous donnent envie, ça te porte,
- Speaker #1
ça te tire vers le haut et ça c'est extraordinaire. Oui, complètement. Les mentors. Moi j'ai des mentors qui ne le savent pas forcément d'ailleurs. mais que j'écoute régulièrement et qui, oui, m'inspire.
- Speaker #0
C'est finalement de se dire qu'il faut qu'on arrive à changer finalement notre mindset, à arrêter d'être axé sur le côté un peu négatif, sur les peurs, sur ce sentiment d'illégitimité, et plutôt adopter un autre mindset, parce que c'est comme ça. Enfin, je veux dire, c'est ceux qui réussissent, c'est ceux qui vont réussir à avoir ces mindsets positifs.
- Speaker #1
Oui, complètement. Tu prêches une archi convaincue. Je reviens de l'étranger, j'étais dans un pays où les gens ont la niaque, on la pêche, ont envie d'essayer et c'est pas grave s'ils se plantent. Donc oui, oui, alors après encore une fois ça se fait pas du jour au lendemain, c'est pas un claquement de doigts, c'est pas aisé, mais on parlait des bonnes personnes dont il faut s'entourer, ben ça commence peut-être par là, par des personnes... qui elles-mêmes sont déjà passées par ce chemin-là, et de s'en inspirer, d'écouter, avec des podcasts, dans des soirées réseau, dans des partages d'expériences, il y a de quoi faire, il y a une belle diversité, et des profils qui sont extraordinaires, et simples, sans aller chercher celui qui a traversé telle mer dans le sens inverse des courants. qui a fait le tour du monde par je ne sais quoi. Des profils simples sur lesquels on ne met pas forcément la lumière au quotidien, mais dans lesquels on peut aussi se projeter. On n'est pas obligé d'être tous champions olympiques, heureusement.
- Speaker #0
Non, mais on peut aussi se projeter dans la simplicité. C'est ça qui est extraordinaire. On n'a pas forcément tous envie d'être dans la lumière. Oui,
- Speaker #1
complètement.
- Speaker #0
Ok. Et du coup, pour revenir à ta pratique d'équicoaching, ce que tu proposes à tes clients, c'est vraiment c'est vraiment Tout cet accompagnement pour travailler toutes ces faiblesses, toutes ces émotions qui pourraient nous entraver. C'est vraiment ça que tu proposes à la technique ?
- Speaker #1
Oui, c'est ce que je propose. Alors pas que les faiblesses, les forces aussi, pour les magnifier. Elles sont là, elles sont peut-être endormies ou camouflées parce qu'on n'ose pas. Et c'est ce que je disais tout à l'heure, appuyer sur le champignon. Au contraire. Et puis les émotions, c'est un cadeau qu'on a. Ne les mettons pas sous le tapis, ne les enterrons pas. De toute façon, il y a un jour ou l'autre, ça ressurgit de manière plus ou moins forte, de manière plus ou moins désagréable ou agréable ou utile et inutile. Donc au contraire, vivons-les et c'est ça ce qui nous rend vivants et c'est ça ce qui nous rend humains aussi.
- Speaker #0
Super. Est-ce que tu proposes sa destination de particulier, d'entrepreneur, d'entreprise ?
- Speaker #1
Essentiellement milieu professionnel en tout cas. Parce que je ne suis pas du tout issue du milieu médical. Je ne suis pas psychologue, je ne suis pas kiné ou thérapeute. Je viens vraiment du monde de l'entreprise. Donc, ce sont des décideurs avec leurs équipes. Ou alors, j'accompagne aussi des entrepreneurs, justement, sur des sujets de posture. Parce que se vendre... C'est pas donné à tout le monde, il y a le métier passion, et puis il y a le métier réel, qui nous fait tous moins rêver, mais qui existe. Donc des sujets de posture, et puis de gestion aussi de l'énergie. Partir à fond pour s'écraser un an plus tard, je pense qu'on a tous envie de perdurer. Donc comment est-ce qu'on gère ça ? Et l'idée, c'est que chacun reparte avec une méthode unique et personnalisée. et qui est vraiment adaptée à chacun d'entre nous.
- Speaker #0
Dis-moi Pauline, où est-ce qu'on peut te retrouver ?
- Speaker #1
Alors, on peut me retrouver sur LinkedIn essentiellement, où je communique beaucoup, Pauline Goujon, et sur mon site internet, chacun-son-sens.com.
- Speaker #0
Super, et bien écoute, j'ai été ravie de cet échange, donc merci à toi.
- Speaker #1
Merci Virginie pour ton écoute, merci pour ces questions, j'espère que surtout ça pourra en aider certains, certaines. À avancer et à croire en soi, parce que si on n'y croit pas, ça va compliquer les choses. Donc un grand merci.
- Speaker #0
Merci à toi.
- Speaker #1
À bientôt.
- Speaker #0
Merci d'avoir écouté cet épisode. N'hésite pas à venir me retrouver sur LinkedIn, Virginie Perbal, ou sur Instagram, echo.podcast, pour me dire ce que tu as pensé de cet épisode et me parler de ce qui t'a inspiré. J'ai hâte de pouvoir échanger avec toi. Allez, à très vite.