Speaker #0Bienvenue dans « Élégance et ambition » . Je m'appelle Thalia, et après plusieurs années à décrypter les codes de la classe CZ, j'aide désormais les personnes ambitieuses à gravir l'échelle sociale tout en restant fidèles à elles-mêmes. Ici, on parle d'élégance, de savoir-être et de conseils pratiques pour naviguer dans les cercles les plus prestigieux. Dans ce podcast, je vous partage tout pour transformer vos ambitions en actions concrètes et vous accompagner pas à pas dans votre quête de réussite sociale. Alors installez-vous confortablement et laissez-vous inspirer. On vit dans une société de paradoxes. D'un côté, on a une société qui est fondée sur la méritocratie, qui nous promet que si l'on travaille dur, nos efforts seront récompensés et que l'on pourra s'élever socialement. Et de l'autre côté, on a un phénomène de reproduction sociale qui n'a jamais été aussi fort. C'est-à-dire que lorsqu'on est dans une classe sociale, on a toutes les chances d'y rester toute sa vie. Et si l'on regarde autour de nous, et peut-être que vous en faites partie, ceux qui travaillent le plus dur semblent bloqués sous un plafond de verre, Pendant que d'autres qui sont... objectivement moins méritants, occupent des positions sociales élevées. Des gens qui ont réussi par héritage, qui occupent une certaine place dans la société, simplement parce qu'ils se sont donné la peine de naître dans la bonne famille. La méritocratie, elle, est partout dans les discours, mais nulle part dans les faits. Et je sais que beaucoup d'entre vous ont déjà ressenti cela. On nous a appris que le travail paye, que le mérite est censé être récompensé, mais ce n'est pas ce que l'on observe dans sa propre vie. Et je vais vous dire quelque chose d'important. le problème, ce n'est pas vous. Le problème, c'est le modèle qu'on vous a vendu. Dans cet épisode, je veux qu'on aille au fond de cette question ensemble sur le sujet de la méritocratie. Nous allons d'abord remonter aux origines de cette idée de mérite, parce qu'elle a une histoire, et cette histoire, elle est fondamentale pour comprendre pourquoi, en tant que Français, on y croit autant. Ensuite, on ira voir pourquoi, concrètement, cette méritocratie ne fonctionne pas. ni dans le monde du privé, ni même dans le secteur public où elle est censée régner comme principe cardinal. Et enfin, je vais vous donner les vrais leviers de l'ascension sociale, ceux dont personne ne parle parce qu'ils sont de l'ordre de l'invisible et de l'implicite. Commençons par les fondamentaux, à savoir le mot lui-même, le mot de méritocratie. A l'origine, la méritocratie, cela désigne un système dans lequel le mérite individuel détermine la hiérarchie sociale. Votre place dans la société serait le reflet de ce que vous valez, de vos efforts, de vos talents, de vos vertus. Sur le papier, c'est une très belle idée, philosophiquement parlant, c'est très séduisant. Mais j'aimerais qu'on aille un peu plus loin, au-delà de l'étymologie, et que l'on explore l'histoire pour comprendre d'où vient cette idée et pourquoi elle avait été pensée à l'origine. Pour cela, il faut remonter à la société française de l'Ancien Régime. Dans cette société-là, votre destin est scellé dès la naissance. Si vous êtes né dans la noblesse, vous naissez avec un ensemble de privilèges, notamment vous avez accès aux charges, aux fonctions, aux positions de pouvoir. Mais si vous êtes né ailleurs, notamment dans le tiers-état, vous êtes condamné à rester dans cette classe sociale et vous n'avez pratiquement aucune chance d'accéder aux privilèges qui sont destinés aux membres de la noblesse. C'est dans ce contexte que les philosophes des Lumières, notamment Rousseau, Monstesqueux, vont poser les premières briques d'une nouvelle vision du monde. L'idée fondatrice, c'est que les hommes naissent libres et égaux en droit. On n'est pas encore sur une théorie du mérite à proprement parler, mais on commence déjà à remettre en question les hiérarchies fondées sur la naissance, et ces idées-là vont faire leur chemin. A tel point qu'elles finissent par déclencher la fameuse Révolution française de 1789, qui va introduire une rupture. Et c'est là que s'impose une nouvelle légitimité, celle des talents, des vertus et des capacités qui remplace les privilèges qui sont dus à la naissance. Et ce principe, il est inscrit dans un texte fondateur qui est la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 qui, à l'article 6, énonce ceci. La loi est l'expression de la volonté générale. Tous les citoyens ont droit de concourir personnellement ou par leur représentant à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse. Et c'est là la partie la plus importante. Tous les citoyens étant égaux à ses yeux sont également admissibles à toute dignité, placeuse et emploi public selon leur capacité et sans autre distinction que celle de leur vertu et de leur talent. Ici, le mot mérite n'est pas écrit noir sur blanc, mais vous voyez bien que l'idée est là et elle est explicitement mentionnée. On parle de capacité, de vertu et de talent. Et ce texte, je le rappelle, fait partie encore aujourd'hui du... de notre bloc de constitutionnalité, et la constitution, c'est la norme suprême dans la hiérarchie des textes juridiques français. Mais, et c'est là la nuance fondamentale, cet article parle uniquement des dignités, places et emplois publics. En somme, on parle de l'accès aux fonctions de l'État. A l'origine, c'était une logique anti-aristocratique, mais ce n'est pas une théorie universelle de la réussite. Et je fais l'hypothèse que c'est de là que va naître progressivement une forme de confusion. On va mettre cela de côté pour l'instant et on va continuer dans l'histoire. Très rapidement, le mouvement de la Révolution fait place à la période napoléonienne. Avec Napoléon Bonaparte, on passe de l'idée philosophique à quelque chose de beaucoup plus institutionnalisé. Pendant le premier empire, Napoléon structure un état dans lequel l'accès au grand corps technique repose sur la sélection académique. C'est sous Napoléon également que naissent les lycées, les premières grandes écoles, les premiers concours administratifs, et c'est aussi lui qui crée la Légion d'honneur, qui est censée récompenser les mérites éminents indépendamment de la naissance des individus. Plusieurs décennies plus tard, 1870, naît la Troisième République. Et c'est à cette époque que cette idée de méritocratie s'ancre véritablement. À cette époque, l'école publique devient gratuite, laïque et obligatoire. Et avec cela s'installe une promesse implicite, celle que l'école permet l'ascension par le travail. Peu importe d'où vous venez, peu importe la condition sociale de vos parents, si vous travaillez, vous pouvez vous élever. À cette époque, on crée de nouvelles grandes écoles, de nouveaux grands concours, avec pour vocation de former l'élite du pays sur la base du talent. plutôt que sur celle de l'origine sociale. C'est ici que la méritocratie cesse d'être un principe administratif pour devenir un mythe social collectif, une promesse que la société fait à chacun de ses membres. Mais voici ce qu'il faut bien comprendre. A l'origine, cette logique méritocratique, elle a été conçue pour réguler l'accès à la fonction publique, pour casser les privilèges de naissance dans la sphère de l'État, mais pas pour régir l'ensemble de la vie économique et sociale. Alors... Par une sorte de glissement progressif, philosophique, puis institutionnel, puis culturel, l'idée de méritocratie est devenue une croyance que, dans toute la société, dans le privé comme dans le public, le mérite détermine la place de chacun. Et c'est ce glissement-là qui est à l'origine de la confusion et de la frustration qui en découle. Alors, point sémantique, dans cette première partie, j'ai utilisé le terme méritocratie pour désigner une idée qui s'est développée à partir du XVIIIe siècle, on va dire. Or, ce terme de méritocratie, je l'ai utilisé volontairement en connaissance de cause de manière anachronique. Parce que ce mot, il n'a pas été inventé ni par Rousseau, ni par les révolutionnaires de 1789, ni par Napoléon. En réalité, il apparaît pour la première fois en 1958 sous la plume d'un sociologue britannique qui s'appelle Michael Young, dans un livre qui s'intitule The Rise of Meritocracy, que l'on pourrait traduire par L'Essor de la Méritocratie. En l'occurrence, je ne l'ai pas lu, j'en ai lu un résumé pour retracer justement l'origine de ce terme. Ce sera sans doute mon prochain livre de chevet. Et ce qui est intéressant, c'est que, je fais une aparté, mais c'est que ce livre en l'occurrence n'est pas du tout une éloge de la méritocratie, c'est plutôt une critique, une dystopie de ce système dans lequel Jung décrivait une société dans laquelle la sélection par le mérite crée de nouvelles formes d'injustice. Ce qui finalement s'est produit au sein de notre propre société. Ceci étant dit, j'en viens à ma deuxième partie, dans laquelle j'aimerais vous expliquer pourquoi la méritocratie ne fonctionne pas. On va commencer par la sphère où cette fameuse méritocratie est censée régner en maître, à savoir la fonction publique. Ça commence tout d'abord avec les concours, les fameux concours de la fonction publique. Sur le principe, comment ça fonctionne ? Eh bien quand vous passez un concours de la fonction publique, vous avez d'abord des écrits, au cours desquels on anonymise vos copies, ce qui permet une certaine protection. de votre identité, votre nom est remplacé par un numéro de telle sorte que l'exéminateur ne sait pas qui vous êtes. Il n'est pas biaisé, que ce soit positivement ou négativement, par la consonance de votre nom, qui pourrait traduire une certaine origine sociale. Pour l'écrit, aucun problème sur le papier. Mais dès lors qu'on arrive à l'oral, l'anonymat, vous doutez bien, ça devient un peu plus compliqué. On ne peut pas passer à un oral avec une bâche... devant le visage avec une bâche qui nous sépare du jury. On ne passe pas les oraux comme dans l'émission The Voice avec un jury dont les sièges sont tournés de manière à ce qu'il ne nous voit pas. Quand vous êtes à un oral, l'examinateur vous voit, vous entend, il voit votre couleur de peau, votre accent, votre manière de vous habiller, vos tics de langage, et tout ça, ce sont des discriminants sociaux puissants, consciemment ou non, chez les personnes qui vous voient, qui vous perçoivent. Et ça, c'est une des failles du système pour lesquelles on n'a pas trouvé de parade. Et ça explique à mon sens en grande partie la reproduction sociale qui existe dans l'accès à la haute fonction publique. Et le grand problème de l'examen oral, c'est que cet exercice, il favorise des gens qui ont une certaine capacité à mobiliser certains concepts de culture générale, à s'exprimer d'une certaine manière, à adopter un certain style de raisonnement, en somme, à faire montre d'un certain habitus, un concept sociologique largement mentionné et rappelé dans ce podcast. Et tout cela favorise ceux qui ont été formés, notamment ceux qui ont grandi dans des environnements sociaux et culturels spécifiques. Et ce qui explique, alors je n'ai aucune statistique pour appuyer ce que je vais dire, mais j'ai connaissance personnellement de gens qui sont brillants, qui n'ont jamais réussi le concours de l'ENA, que j'ai connu via Sciences Po, qui étaient des camarades de promotion de Sciences Po et qui venaient plutôt de milieux modestes. Et à l'inverse, j'ai connaissance de personnes qui ont eu ce concours, le concours de l'ENA, mais aujourd'hui c'est le concours de l'INSP, mais dont la réussite s'explique bien davantage par leur... position familiale que par leur niveau intellectuel objectif. Je ne vais pas m'étendre sur ce sujet, mais vous avez compris ce que je veux dire. Par conséquent, la méritocratie, même là où elle est censée être la plus pure, est traversée par des logiques sociales qu'on prétend avoir éliminées, ou du moins que l'on voudrait voir disparaître. Parlons maintenant du secteur privé, notamment le recrutement au sein des entreprises. Puisque là, il n'existe aucun mécanisme d'anonymisation obligatoire dès lors que vous postulez dans une entreprise privée. Quand vous postulez pour un emploi, le recruteur reçoit votre CV avec votre nom, votre adresse, vos coordonnées, éventuellement votre photo. Et des tests et des études l'ont montré sur des CV à compétences strictement égales. Les candidats dont le nom, l'adresse ou la photo suggèrent une appartenance à une minorité obtiennent significativement moins de retours positifs. Autrement dit, vous avez plus de chances d'être recruté si vous vous appelez Baptiste, que vous êtes du type caucasien et que vous habitez à Neuilly-sur-Seine, plutôt que si vous vous appelez Samia, que vos parents sont issus de l'immigration nord-africaine et que vous résidez à Sarcelles. Et ce, peu importe votre niveau de qualification réel. Malgré l'existence de lois qui sont censées empêcher, prévenir et punir la discrimination, ces biais sur la sélection et le recrutement existent. et ce, de manière consciente et inconsciente. Parce qu'il faut savoir que les recruteurs, dans leur grande majorité, ne sont pas forcément des gens qui sont racistes ou sexistes. Je pense d'ailleurs que la plupart sont sincères quand ils affirment ne pas discriminer, mais même les gens qui sont les plus sincères ont des biais. Et le problème, c'est que les biais opèrent souvent de manière inconsciente. C'est un mécanisme humain, cognitif, profond, que même les plus beaux discours sur l'égalité ne suffiront pas à effacer. Vous avez compris que le mérite... Plutôt la méritocratie, c'est un vœu pieux. Mais il y a une notion, une confusion que l'on entretient dans le langage courant sur la notion de mérite. Dans les classes populaires et les classes moyennes, valeur travail, c'est une vertu cardinale. Si vous venez de ces milieux-là, comme c'est le cas de votre humble serviette, vous avez sûrement reçu depuis votre plus tendre enfance l'idée selon laquelle, si on travaille dur, suffisamment longtemps, la récompense finira par venir. Mais... Il ne vous a pas échappé que si la quantité de travail était vraiment le facteur déterminant du mérite récompensé, alors les ouvriers, les infirmières, tous les gens qui occupent des emplois extrêmement pénibles dans notre société, finalement ce sont des gens qui devraient être millionnaires, qui devraient occuper des positions très élevées. Or, vous savez aussi bien que moi que toutes ces professions-là touchent des salaires de misère, et que donc... On peut en déduire assez simplement que la quantité d'efforts ne crée pas la valeur. Et à plus forte raison, la quantité d'efforts ne crée pas, ne génère pas l'estime et la reconnaissance. Et encore moins le statut social. Et quand bien même on serait compétent, on serait capable de prouesse technique, même quand on travaille bien, il y a un piège dans lequel on est beaucoup à tomber, c'est celui de l'attente silencieuse. On travaille dur, on est irréprochable et on attend... que les autres le remarquent. On se dit que si l'on fait suffisamment bien, la reconnaissance viendra d'elle-même, la promotion arrivera, l'augmentation sera proposée. Sauf que dans la vraie vie, ça ne se passe pas comme ça. J'en ai parlé abondamment dans l'épisode 42 sur les stratégies d'ascension professionnelle. Si vous ne faites pas savoir que vous travaillez avec acharnement et que votre travail porte ses fruits, votre N plus 1 ne va pas magiquement vous récompenser. Si vous voulez que votre travail soit reconnu, il faut le faire reconnaître, c'est de votre responsabilité. Mais alors, si la quantité de travail ne suffit pas, si le diplôme ne suffit pas, si le mérite tel qu'on nous l'a enseigné ne suffit pas, qu'est-ce qui fonctionne vraiment ? Ce que je veux vous dire, c'est que ce n'est pas la quantité de travail qui détermine l'ascension sociale. Ce n'est pas la quantité de travail qui détermine votre réussite. En réalité, c'est l'intelligence avec laquelle vous allez orienter ce travail. Et cette intelligence-là, elle repose sur des leviers très concrets. Je veux, en somme, que vous vous sortiez de la tête que pour réussir, que pour mériter, il faut travailler dur. En réalité, il faut travailler intelligemment. Et cette intelligence-là, elle repose sur des leviers très concrets, mais qui sont de l'ordre de l'invisible, de l'implicite, parce qu'ils ne sont jamais enseignés explicitement. Ceux qui en bénéficient, malheureusement, et c'est là l'origine de l'injustice, ce sont toutes les personnes qui les ont acquis, assimilées naturellement, sans même s'en rendre compte, de par leurs origines sociales. Et si vous n'en avez pas hérité du fait de vos origines sociales, ce qui est sans doute votre cas si vous écoutez ce podcast, et bien vous avez simplement besoin de les apprendre. Le premier levier à comprendre, si pour vous la réussite se mesure en termes de rémunération, c'est la logique économique qui sous-tend les revenus, les salaires que tout un chacun perçoit dans la société. Et cette logique, elle n'est pas morale, elle est tout simplement économique. Si vous voulez avoir un bon salaire, il faut comprendre ceci. Ce que le marché rémunère, c'est la combinaison de deux facteurs, à savoir la rareté de vos compétences et la valeur des problèmes que vous êtes capable de résoudre. Je m'explique. On va prendre un exemple très simple, les médecins. Les médecins, ce sont des professionnels qui ont des compétences très rares. La formation, elle est longue, elle est sélective, et ça nécessite cumuler un nombre de connaissances relativement pointu et précise. Et en plus de cela, ils résolvent des problèmes fondamentaux. La santé, parfois même, ce sont des personnes qui vont sauver votre vie. Et donc n'importe qui serait prêt à payer très cher pour ça. Alors il se trouve qu'en France, on a un système de santé qui fait que les honoraires des médecins sont réglementés, pour leur grande majorité, mais la rareté des compétences, plus le fait de résoudre un problème vital, fait qu'un médecin est un professionnel qui est bien rémunéré. Et à plus forte raison, un médecin spécialiste sera mieux rémunéré qu'un médecin généraliste, parce que sa compétence est encore plus grande. plus rares et qu'ils règlent des problèmes beaucoup plus vitaux. En comparaison, si on prend les infirmiers et les infirmières, ils font aussi un travail essentiel dans le même domaine, qui est humainement précieux, mais leurs compétences sont moins rares. Résultat, cela crée des salaires très en dessous de leurs contributions réelles. Sachant que, au passage, la rareté des médecins a longtemps été organisée à travers l'instauration du fameux numerus clausus, qui n'a disparu que très récemment. Ce que cela implique concrètement, c'est que votre secteur d'activité n'est pas neutre dans votre trajectoire sociale. Toutes les trajectoires professionnelles ne permettent pas les mêmes perspectives d'ascension. Objectivement, ce sera beaucoup plus facile de vous élever dans des domaines comme la médecine, comme le droit, comme la finance ou le domaine de l'informatique ou des technologies que dans le domaine des lettres ou des arts. Et je vous dis cela parce que récemment, on m'a posé la question qui était la suivante. Est-ce que tout profil... en faisant référence aux métiers liés au domaine de l'éducation ou à des profils purement littéraires, pouvaient viser l'ascension sociale. Je ne dis pas que c'est impossible de viser l'ascension sociale dans le domaine de l'éducation ou des lettres modernes, mais ce sera quand même beaucoup plus compliqué que dans les secteurs que j'ai cités juste avant. Je ne suis pas en train de vous dire de renoncer à votre passion, mais je vous dis que vous devez connaître cette réalité pour faire vos choix en pleine conscience. Et si vous voulez persévérer dans cette voie-là, il faudra jouer et user de leviers, vous pouvez parler tout de suite, beaucoup plus que sur la compétence technique intrinsèque. Et venons-en justement à ces leviers qui permettent la progression sociale, à savoir les codes sociaux, l'intelligence relationnelle et les compétences comportementales. Ensemble, ces éléments forment ce que j'appelle le capital invisible de l'ascension sociale. Comme son nom l'indique, c'est de l'ordre de l'invisible, de l'implicite, et c'est ça le piège. C'est que personne ne vous en parle explicitement. On ne vous a jamais appris l'importance de ces éléments, on ne vous les a jamais enseignés à l'école. Ces codes sociaux, en l'occurrence, ce sont la manière de parler, de se tenir, de s'habiller, d'entrer dans une pièce, de tenir une conversation dans un dîner ou un déjeuner professionnel. de prendre la parole en réunion. Ce sont autant de signaux subtils que les autres captent immédiatement et qui positionnent, qui permettent aux autres de comprendre ou de deviner instantanément votre statut social. L'intelligence relationnelle, c'est la capacité à lire les dynamiques humaines, à créer de la connexion et toutes ses compétences. Ce sont des compétences comportementales qui prennent le dessus sur les compétences techniques à mesure que vous allez vouloir monter dans la hiérarchie d'une institution, d'une organisation, qu'elle soit publique ou privée d'ailleurs. D'ailleurs, plus vous montez, plus on attendra de vous votre savoir-être plutôt que votre savoir-faire. Le problème, c'est qu'on a cette idée dans l'imaginaire populaire qu'être un bon communicant, avoir du charisme, être capable de faire preuve de leadership, c'est inné. Mais pas du tout ! En réalité, ça s'apprend. Ce sont des mécanismes qui, depuis longtemps, se sont décortiqués, sont analysés par des chercheurs dans tous les domaines, dans les neurosciences, dans les sciences comportementales, et que l'on peut apprendre. Pensez à ce collègue qui vous est passé devant pour une promotion alors que vous travailliez plus que lui. Il n'était pas forcément plus méritant sur le fond, ou du moins dans votre conception, mais lui savait se rendre visible, mettre en avant ses contributions. dialoguer, discuter avec la hiérarchie, discuter avec les bonnes personnes, et vous, vous avez l'impression que c'est du faillotage ou un comportement déloyal, alors qu'en réalité, ce sont des compétences en soi. Le problème, c'est que quand on est issu d'un milieu favorisé, ces codes, on les reçoit, on les perçoit naturellement. Ils sont transmis dans l'ambiance familiale, dans les conversations de table, dans les fréquentations, ça fait partie de l'ambiance globale. Dans ces milieux, les enfants voient leurs parents, donc leurs figures de référence, incarner ces comportements, et ils les absorbent sans effort, sans même en avoir conscience. En revanche, si vous venez d'un milieu populaire ou de la classe moyenne, ces codes sont absents de votre environnement de départ, et ce n'est pas un écart de mérite, c'est tout simplement un écart de transmission. Et c'est tout l'objet de ce podcast, et plus largement de mon travail, que de vous transmettre ces codes explicitement, là où votre environnement ne l'a pas fait. J'en viens à la conclusion de cet épisode et on va récapituler ce que l'on a vu aujourd'hui dans cet épisode. La méritocratie, c'est un beau projet qui est né d'un idéal républicain légitime, porté par la philosophie des Lumières, incarné par la Révolution de 1789. Mais ce principe, qui avait été conçu pour réguler l'accès à la fonction publique et casser les privilèges de naissance, a glissé progressivement vers une forme de mythe social universel. La croyance que, dans l'ensemble de la société, le mérite individuel doit déterminer la place de chacun dans la hiérarchie sociale. Mais dans les faits, la méritocratie qui désigne ce système, tout simplement, elle ne fonctionne pas. Elle est biaisée, même dans les concours de la fonction publique. Elle est inexistante dans le secteur du privé où les discriminations opèrent librement. Et la confusion entre le mérite et la quantité de travail nous a conduit à valoriser l'effort au détriment de la stratégie. Et la confusion entre mérite et quantité de travail nous a conduit à valoriser l'effort brut au détriment de la stratégie et de l'intelligence. Les vrais leviers, eux, ils sont ailleurs. Ils sont notamment dans la compréhension de ce que le marché rémunère vraiment, de ce que vous pouvez espérer en termes de reconnaissance, dans le choix de votre terrain de jeu en termes professionnels, dans la maîtrise des codes sociaux, de l'intelligence relationnelle et des compétences comportementales. L'enseignement central de cet épisode, c'est le suivant. Arrêtez d'attendre que le système vous rende justice, le monde ne vous doit rien. Je vous dis cela non pas par cynisme ou par résignation, mais par simple lucidité. En ce qui me concerne, je me place du côté des pragmatiques. Et il y a une différence fondamentale entre subir un système et apprendre à y naviguer intelligemment. Si vous voulez réussir, il faut comprendre que ceux qui tirent leur épingle du jeu ne sont pas forcément... plus méritant que les autres stricto censure, dans l'acception générale et populaire du terme, ce sont simplement des personnes qui connaissent les vraies règles du jeu et vous pouvez les apprendre et les assimiler vous aussi. J'en viens à la fin de cet épisode et j'espère qu'il vous aura permis de comprendre les tenants et les aboutissants de ce que signifie la méritocratie. Si vous voulez aller plus loin et travailler concrètement sur ces leviers qui permettent la réussite sociale, à savoir les codes, l'intelligence relationnelle, la stratégie de carrière, c'est exactement ce que je transmets dans mon programme Athéna. En fonction du moment où vous écouterez cet épisode, les portes du programme seront soit ouvertes, soit fermées, et dans ce cas, vous pourrez être informé de l'ouverture prochaine des portes en vous inscrivant à la liste d'attente. Je mettrai bien évidemment tous les liens dans la description. Et quant à moi, il ne me reste plus qu'à vous souhaiter une excellente journée ou une excellente soirée, et je vous dis à très bientôt pour un prochain épisode d'élégance et ambition.