- Speaker #0
Bonjour à tous, bienvenue dans Mourdu, le podcast qui explante les goûts des fermentations et des terroirs. Au fil des épisodes, vous allez à la rencontre de femmes et d'hommes passionnés qui font bouger le monde, et qui incarnent par leur savoir-faire, leur histoire, leur parcours, le goût de leurs terroirs. Cet épisode est un voyage pas comme les autres. Je vous emmène en Flandre pour ressentir l'atmosphère qui règne dans les salles de foudre. Je vous emmène goûter des bières vineuses, les iconiques rouges brunes des Flandres, que le monde entier envie à la Flandre. Vous allez entrer dans des brasseries, oui, bien sûr, mais surtout vous allez entrer dans des familles. Celle de la famille Arag et celle de la famille Leroy. Et puis vous allez vivre l'expérience la plus insolite à Ypres, sous les rampes de la ville. part de la ville. C'est là que Rudi Dechir a créé sa brasserie, Kazemetten. Vous allez toucher du doigt l'histoire d'un territoire qui se conjugue au présent et au futur. Je vous souhaite une belle écoute.
- Speaker #1
C'est une âme, un homme qui se trouve dans cette brasserie, dans ses foudres et ce qui me touche le plus, c'est un cadeau, ce qu'on reçoit pour les gens qui travaillent ici. c'est quelque chose qu'on peut donner à une autre génération aussi. Et espérons qu'ils ont aussi la Rodenbach dans leur cœur.
- Speaker #0
Mon périple commence à Rolers, à la brasserie Rodenbach, avec l'immersion tant attendue dans les salles de foudre immenses qui sont de vraies cathédrales de bière et de bois. Aujourd'hui, je suis en compagnie de Nancy, qui travaille dans cette brasserie depuis plus de 20 ans. Entrer dans cette brasserie est toujours un moment très émouvant. Il faut s'allumer la statue de son fondateur, Alexander Rodenbach, qui trône à l'entrée, et puis s'arrêter devant la touraille. Impressionnante ! On peut même se glisser dans le petit passage pour atteindre le foyer tout en bas où le feu séchait les grains. Et puis ensuite, on se laisse guider par Nancy. Vous mettez les pieds dans les pas de cette famille illustre, la famille Rodenbach. Nancy m'explique toutes les nouveautés depuis ma dernière venue. La multitude d'interactions possibles entre les informations, les objets, les sensations. Vous pouvez même dîner aux chandelles entre les immenses foudres de bois. Vous savez, c'est un véritable rêve éveillé.
- Speaker #1
Une cathédrale de bière.
- Speaker #0
Une expérience à vivre.
- Speaker #1
Essayer de faire un assemblage qui est plutôt l'avant-grue. Et puis la dernière, ils peuvent assembler ce qu'ils préfèrent eux-mêmes. Donc c'est un petit peu une interaction entre les visiteurs. Ils commencent à discuter et à se rendre compte de ce qui se passe dans la bouche. C'est un peu le morceau culinaire qu'on veut offrir ici.
- Speaker #2
Ça, c'est pour la dégustation.
- Speaker #0
Nous arrivons devant un foudre, le numéro 176 précisément.
- Speaker #1
Là maintenant, la bière a deux ans, donc presque prêt en fait pour assembler. Et on va encore mélanger un gamin à jeûne et puis elle sera prête. Pour certains gens, c'est un petit peu un choc. Ça reste aussi très longtemps dans la bouche. Donc c'est un petit peu comme un teint vert. C'est vraiment quelque chose de spécial et c'est ça qu'on veut expliquer ici.
- Speaker #0
Et la visite se poursuit. On a les yeux qui scintillent devant les anciennes cuves de fermentation en cuivre. On veut comprendre le rôle des différentes levures. Et puis, on arrive devant une porte. Et quand la porte s'ouvre, vous vous retrouvez projeté. dans un incroyable son et lumière. Vous êtes dans la plus grande salle des foudres. Ces foudres sont uniques dans le monde de la bière. Ce sont ces foudres qui donnent l'arôme et le goût si particuliers des rouges brunes des Flandres. Des bières légères en alcool, avec des arômes complexes de pommes, cerises, caramels, une acidité aigre douce, aucune amertume. Et cette bière est une bière qui est très, et cette belles sensations de fraîcheur.
- Speaker #1
Ce n'est pas une bière comme les autres, c'est vraiment quelque chose de spécial, c'est la nature qui fait ça.
- Speaker #0
Alors comment, pourquoi faire des bières acides ? À l'origine, toutes les bières sont acides. C'est une technique de conservation qui remonte au Moyen-Âge. Dans le comté de Flandre, les brasseurs utilisent la technique de coupage de bières vieilles et jeunes. Rodenbach est un patrimoine liquide. Ce sont les mots de Rudi Gekir, ancien maître brasseur pendant plus de 40 ans.
- Speaker #1
Donc c'est très important pour nous aussi que la famille Sphinx pense aux générations. Donc elle ne pense pas maintenant, mais l'année prochaine, elle pense vraiment pour les prochaines générations de rendre la brasserie plus belle et qu'elle reste classée naturellement. Mais il faut aussi prendre soin. C'est important de le dire aux visiteurs, qu'ils le voient, qu'ils le ressentent. Il y a un âme. Ce n'est pas quelque chose que nous, on a créé. C'est la nature qui fait ça.
- Speaker #0
« Nous, on quitte Rodenbach, mais on ne quitte pas les foudres, ni les rouges brunes des Flandres. Nous arrivons maintenant dans le petit village de Wicht, à la brasserie Werrag. Il paraît même qu'on y trouve une certaine Duchesse de Bourgogne. »
- Speaker #3
Oui, on a aussi en irlandais une expression « vivre comme un bourguignon » . Et ça veut dire « vous aimez boire beaucoup et manger beaucoup » . Et on ne peut pas faire ça sans la Duchesse de Bourgogne.
- Speaker #0
Donc nous voici dans l'univers de la Duchesse de Bourgogne. Son portrait est partout, dans les écuries, transformé en bar-dégustation, dans les bureaux, au fond des salles de foudre, sur les étiquettes évidemment. Et quand vous entrez dans la brasserie Vérag, vous savez que vous entrez dans une famille d'emblée. Vous faites connaissance avec les membres de cette famille qui y travaillent. Car les Peters, les deux frères, leur sœur Mercedes, et la cinquième génération avec Arthur, le fils de Peter, et Morgane.
- Speaker #3
Moi, je suis Morgane Van den Borre. Je suis la responsable d'exportation à la brasserie et aussi la cinquième génération. Ma mère, c'est la soeur, elle travaille aussi à la brasserie. Maintenant, il y a cinq membres de la famille qui travaillent à la brasserie. Donc, c'est vraiment une entreprise familiale.
- Speaker #0
Bonjour, Karl.
- Speaker #4
Bonjour Elisabeth.
- Speaker #0
On est dans les écuries, c'est ça ?
- Speaker #4
Oui, en effet. Donc les écuries dans un bâtiment qui est encore un bâtiment original des années 1885, de la date où la brasserie est fondée par mon arrière-grand-père Paul Varague. Il a commencé d'abord avec sa malterie parce qu'en fait la famille avait plusieurs terrains et il cultivait aussi l'oche dans une période où il y avait une croissance énorme de brasseries à cette époque-là ici en Belgique.
- Speaker #0
Vous êtes la cinquième génération, c'est ça ?
- Speaker #4
Je suis la quatrième génération et Morgane, qui va me succéder,
- Speaker #5
est la cinquième génération.
- Speaker #4
On a les tresses dans notre famille depuis le XVIe siècle, donc c'est un bon bout de temps. Mais sur cet endroit-ci, à Wichtemel, on a commencé à brasser dans ce bâtiment à partir de 1885. Mais auparavant, au Château-Feld, il y avait aussi une brasserie et aussi sur les autres lieux où la famille provient.
- Speaker #0
Karl Werag nous emmène au centre du village parce qu'il veut nous montrer quelque chose de très rare. Nous arrivons à la vieille église et sur le mur de côté, il y a deux plaques visibles. On peut lire sur l'une des plaques le nom Werag avec plusieurs autres personnes citées. Et cela témoigne d'un caveau familial qui date de 1918. Mais cette plaque, elle mentionne aussi des ancêtres depuis 1817, ce qui prouve que la famille Werag est présente ici depuis le début du XIXe siècle. Et puis, il y a cette deuxième plaque. beaucoup plus ancienne que la première car elle date de mai 739. On peut y lire qu'un brasseur, Peter Nottebert, repose ici avec son épouse avec la mention « Brasseur de la Paroisse » . Et c'est un témoignage très important sur la fonction de brasseur qui était liée à l'époque à la seigneurie du château. On voit d'ailleurs aussi sur cette plaque le blason du brasseur, un tonneau et deux fourquets croisés. Je comprends mieux, après avoir vu ces plaques, pourquoi Karl Werag était si impatient de nous les montrer.
- Speaker #1
Elles sont la preuve que des brasseurs fameux vivaient déjà là,
- Speaker #0
à Vicht, il y a 300 ans.
- Speaker #1
Et que le village est vraiment le berceau de familles de brasseurs qui sont toujours là aujourd'hui.
- Speaker #0
La promenade continue avec Morgane et Rudy pour aller voir de plus près la ferme château, juste à côté de l'église. Cette ferme château dont nous a parlé Karl au début, c'est un véritable château, typique de ce que l'on trouve en Flandre occidentale. Et une fois passé le pont qui mène à l'entrée du château, je reste vraiment saisie devant la cour de ferme. Cet extérieur fortifié, c'est un lieu de promenade d'une sérénité absolue. Et on retourne à la brasserie, car on a encore plein de choses à voir et à entendre au sujet de la duchesse de Bourgogne.
- Speaker #4
Ce style de bière a été toujours brassé par la famille à cet endroit. Les Flandres seraient-elles, pour traduire cela en français, ça veut dire « rouge brune de Flandre » ?
- Speaker #0
La brasserie Vérag est historiquement profondément attachée à ce style de bière, la rouge brune des Flandres. Et au fait, c'est quoi la base de la fabrication de cette duchesse ? Morgane, la nièce de Karl, la cinquième génération, nous fait visiter la brasserie.
- Speaker #2
Ici, on a les cuves à cerise. Donc, pour la duchesse Cherry et la duchesse Cherry Chocolate, on utilise la duchesse bleue au Bourgogne comme base. Donc, après la base amurie, on les fout pendant 18 mois. La bière est transportée dans les cuves acryliques et on ajoute des cerises acides. On ajoute 20 kg par 100 litres. Et ça reste ici pendant six mois.
- Speaker #0
Puis on entre dans une des salles de foudre.
- Speaker #2
Les foudres viennent des domaines viticoles en France, Saint-Emilion. On a 50 foudres. Les petits sont de 60 à 80 hectolitres et viennent de Château-Gruel-la-Rose. Et les grands sont de 180 hectolitres et viennent du domaine où la château ne vit pas. Ce sont des châteaux de grande croûte glacée. Pour deux raisons. Les châteaux ont plus de moyens. pour remplacer les foudres après huit ans. Parce qu'on dit qu'après huit ans, il n'y a pas assez de tannin dans le bois pour le vin. Et aussi pour la quantité de microflores. Donc chaque foudre a son propre microflore, donc son propre goût. Et c'est vraiment l'art du brasseur pour combiner les différents goûts. Chaque fois, obtenir le goût typique pour la duchesse. Et on dit que ça prend dix ans. pour apprendre parce que vous ne pouvez pas utiliser des nombres, des chiffres. C'est vraiment un savoir-faire. C'est l'expérience. C'est mon oncle, Peter, il est le brasseur. Il dit toujours qu'il va en Périnage et il va visiter les chapelles. Donc, chaque foudre est une chapelle, oui.
- Speaker #4
C'est vraiment une tradition d'être authentique ou avoir un produit authentique et être aussi un brasseur authentique de ce style de bière qui est assez particulier, qui ne trouve pas de goût comparable avec les autres bières classiques.
- Speaker #0
Là, on est en train de la déguster, justement, celle de Lucius Bourgogne.
- Speaker #4
Oui, c'est une bière qui est très, très riche au niveau de goût. Elle est aigre, elle est douce, elle est un peu surée, donc un goût fruité, elle a des notes de tannin, donc c'est vraiment une bière très complexe.
- Speaker #0
Je ne résiste pas à vous parler des accords bières aimées avec cette rouge brune des Flandres. Savez-vous que c'est une des bières qui accompagne le plus de plats à table et de cuisines différentes, particulièrement les cuisines sucrées salées, les légumes et les plats épicés ? Toutes les expérimentations d'accord réalisées depuis mes 20 dernières années le prouvent.
- Speaker #4
Et c'est aussi une bière qui est fortement appréciée dans les pays asiatiques. Justement, là, on a aussi une préférence de goût aigre-doux.
- Speaker #0
Quand on parle du style de bière rouge-brune des Flandres, on en arrive à évoquer des liens historiques. entre le comté de Flandre et le royaume de France.
- Speaker #5
La Flandre, ça a fait partie longtemps sous la couronne française, donc on n'était pas au Moyen-Âge cerné par les lois allemandes où on devait brasser avec l'eau blanche. L'eau blanche fait préserver la bière et nous avons une autre manière, une autre méthode, laisser mûrir le mort, donc le mouf, le fût de chêne, ça donne une certaine acidité et l'acidité fait préserver comme... Pensez à vos cornichons, à vos oignons, même poissons, on conserve ça pour garder ça longtemps dans un liquide acide. C'est une idée qui est aussi appliquée dans le secteur viticole. Le jus de réserve est nourri en fûts de chêne, justement pour obtenir un certain degré d'acidité, ce qui explique aussi la méthode de brasser ou laisser nourrir la bière chinoise.
- Speaker #0
Est-ce que je vous ai dit que Karl est assis exactement sous le portrait de son arrière-grand-père, Paul Werag ?
- Speaker #4
C'est quand même aussi agréable d'avoir un lien de famille comme ça. On sait d'où on vient au moins et on essaie quand même de faire aussi un beau parcours. Donc oui, ça c'est quand même important aussi qu'on sait transmettre la brasserie dans les meilleures conditions à la génération prochaine.
- Speaker #0
Merci beaucoup Karl. Je vous laisse en compagnie de Morgane et de la Duchesse. Je ne vous parlerai pas de leur ressemblance parce que c'est uniquement dans mon imagination. Vraiment.
- Speaker #3
La Duchesse de Bourgogne, c'est vraiment le fleuron de notre brasserie. Elle est nommée en référence à Marie de Bourgogne. Marie de Bourgogne, elle était la Duchesse de Bourgogne. Bourgogne, à l'époque, c'était la Belgique, le nord de la France, le sud des Pays-Bas et la Luxembourg, au XVe siècle. Son père, c'était Charles Temeraire. Il est mort soudainement pendant une bataille à Nancy. Donc, sa fille, Marie, elle est devenue la Duchesse quand elle avait 19 ans. Elle était très jeune et seule. Elle avait besoin d'un allié. Et c'est comme ça qu'elle a rencontré Maximilien d'Autriche. Il avait aussi besoin d'une épouse. Donc, c'était un match parfait. Et il a donné une bague en diamant à Marie comme signe pour tous les autres souverains qu'elle est sous sa protection. Et la territoire de Duchesse devient aussi la territoire de Maximilien. Et c'est où la tradition d'un bac fiançailles a commencé. C'est vraiment la première bac fiançailles. Donc la Duchesse de Bourgogne, Marie de Bourgogne, elle était une personne très importante pour nous ici, dans la région. Et Bourgogne, c'est aussi un peu un lien avec le vin, parce que la Duchesse, ça mûrit dans les foudres qui viennent des domaines viticoles en France. Oui, on a aussi en néerlandais une expression « vivre comme un bourguignon » . Et ça veut dire « vous aimez boire beaucoup et manger beaucoup » . Et on ne peut pas faire ça sans une duchesse de Bourgogne.
- Speaker #1
Magnifique conclusion. Merci beaucoup Morgane.
- Speaker #6
J'aime le Paris-Lomel. C'est la bière la plus connue qu'on a. C'est le Popelings-Formovir. C'est notre drapeau. On l'a fait la première fois pour l'effet d'Oublon à Poporange. C'est fait uniquement avec l'Oublon de Poporange. Quatre différents types de la bière Lomel, c'est qu'elle est.
- Speaker #0
Vous êtes maintenant dans la région du Oublon à Poporange. Très exactement dans le petit village de Bouzang qui fait partie de la commune de Ypres. Nous sommes dans une brasserie familiale flamande très ancienne. C'est même la deuxième brasserie familiale la plus ancienne de Belgique.
- Speaker #1
Là où nous nous trouvons, là aujourd'hui, c'est dans la maison de tes grands-parents.
- Speaker #6
Exact.
- Speaker #1
Et tu y travailles, c'est ton bureau.
- Speaker #6
Le living de ma grand-mère, c'est mon bureau, ensemble avec mon frère. C'est très chouette ici. Où on est maintenant, c'est le salon. On n'a changé rien depuis 50 ans.
- Speaker #1
Je sens qu'il y a une atmosphère.
- Speaker #6
Oui, vraiment. Pour nous aussi. Pour mon père aussi. Il a grandi ici. On peut rien changer. quand on reçoit les partenaires ici. Ils se trouvent toujours dans une atmosphère familiale. Et ça, c'est aussi important pour nous. Et c'est l'atmosphère qu'on veut que tout le monde l'ait à la brasserie. Je suis Bruno Leroy. Je suis en 11e génération. Donc, Leroy Breuvis, Breuvis et Breuvis et Breuvis. C'est l'écluse. Il y a une histoire avec l'écluse. Ouais. La brasserie Tzaz se situe à Bouzaine, près d'Ypres. Et Braune Vanek se situe à Watu, près de Beaupré. Je suis responsable du sales et marketing. Je travaille ici avec mon père et mon frère. Je suis responsable de la production et de la qualité. Mon père est encore le grand patron. Il s'occupe de la finance et de la logistique et tout ça. On a commencé pas ici, mais près d'ici, côté de l'écluse, d'où vient le nom, 1572. Et on était là jusqu'à la Première Guerre mondiale. Pendant la guerre, on est premier. On a dû recommencer ici, au centre du village, et on a brassé pour la première fois de nouveau dans 1904.
- Speaker #0
L'identité de cette brasserie, c'est l'homme le pire. Il faut savoir que le mot omel veut dire houblon. Et la brasserie vomette, dont parlait Bruno juste avant, est à Ouattou, au cœur de la région du Houblon, à Popringe. Quand on évoque Popringe dans le monde entier, le mot est synonyme de houblon en Belgique.
- Speaker #6
C'est le Popelings Hommelbier. On l'a fait la première fois pour les fêtes d'oublons à Popelings.
- Speaker #0
Cet Hommelbier va bientôt avoir 50 ans. Aujourd'hui, il y a toute une gamme d'Hommel. La Hommel fraîche Harvest, qui sont les oublons frais.
- Speaker #6
C'est une version d'Hommel. C'est la Mute Edition. On le fait une fois en septembre. Et c'est fait avec des oublons fraîches. Vraiment fraîches. Parce que cette année-ci, c'était le mercredi. La récolte était à 8h. Le 12h, on l'a mis dans la bière. Donc, ouais. On ne peut pas l'avoir plus fraîche que ça, quand on délivre la bière là, parce que c'est une bière dégustation. Ce sont les houblons fraîches. Je les trouve vraiment, vraiment, vraiment bon.
- Speaker #0
La houmelle dry-oping, c'est-à-dire houblonné à froid, est la houmelle sans alcool. On ne peut pas partir de la brasserie de Roi sans parler de leur pils. La Tsass Pils, du nom de la brasserie Tsass, évoquée au début de cet épisode. La brasserie de l'écluse.
- Speaker #5
C'est la vraie pils.
- Speaker #6
On l'utilise 100% malte et ça c'est important pour nous parce que ça donne plus de goût. C'est ça qu'on veut. On veut avoir une pils que les personnes aiment. Que tu es là dans un bar avec les amis, tu vois une pils et tu es là. Ça c'est un bon moment. Aussi pour nous.
- Speaker #0
Et elle a une amertume.
- Speaker #6
Pour moi c'est un exemplaire d'une pils de caractère.
- Speaker #1
Merci Rudy.
- Speaker #0
Notre dernière étape est tout près à Ypres. Rudy nous accueille dans la brasserie Kazematen qu'il a créée et qu'il vient de confier à la famille Leroy. Cette histoire est vraiment belle, car elle unifie ces deux brasseries.
- Speaker #6
L'histoire des deux brasseries est liée depuis plus longtemps qu'on savait. La Première Guerre mondiale à Ypres, à Buzing, ça écrit une partie de notre histoire, parce que le lieu où les Kazemates sont, c'est magnifique. Si les personnes qui viennent à Ypres, ils doivent venir et le voir, parce que c'est génial.
- Speaker #7
Si on travaille depuis si longtemps, si longtemps dans le métier, tu veux faire différent, tu dois risquer quelque chose. Comment tu restes dans ton fauteuil et le monde passe ?
- Speaker #0
Est-ce que vous êtes prêts pour une immersion dans les casemates de Ypres ? Ce sont les souterrains des remparts à l'origine construits selon les plans de Vauban. Pendant la Première Guerre mondiale, les casemates servaient de postes de commandement, de lieux de repos et même d'hôpital. Elles sont aussi le quartier général du journal de tranchées satirique britannique The Wipers Times. Vous allez beaucoup entendre ce mot et puis le déguster aussi. J'ai découvert d'ailleurs que le nom de cette ville, qui commence par un Y, était déformé par les soldats anglais qui disaient « Wipers » . Je vous emmène dans un lieu absolument unique, car c'est précisément dans le souterrain où les soldats anglais apprimaient leurs gazettes, qui s'appelait « Wipers Times » , que Rudy a installé sa brasserie Kazamatin.
- Speaker #7
Soyez bienvenus dans la brasserie de Kazamatin qu'on a installée ici, Bimari, en 2014. Moi, j'étais brasseur. professionnel dans une autre brasserie, la Brasserie Rodenbach, mais j'ai le rêve de faire quelque chose pour moi-même. J'ai trouvé cet endroit, j'ai racheté une ancienne brasserie et je l'ai réinstallée ici moi-même pendant l'été de 2013. Après, j'ai cherché des recettes qu'on ne peut pas retrouver dans le monde brassicole en Belgique. Ce sont des goûts qui sont inspirés par des bières anglaises, mais sur la méthode. La Belgique, donc une Taudako qui est plus élevée, quelque chose qui est très proche chez les Anglais, mais que tous les Belges et tous les Français, tout le monde peut apprécier aussi.
- Speaker #0
Quand Rudy a installé sa brasserie sous les remparts de la ville, l'endroit était totalement vide et il n'y avait rien.
- Speaker #7
Pas d'électricité, il n'y a pas d'eau, il n'y a pas de parlement dans le premier casement, il n'y a pas de gaz, il n'y a rien, pas d'ézigu. Nous avons fait tous les investissements nous-mêmes.
- Speaker #1
Wow.
- Speaker #7
Tout nous-mêmes.
- Speaker #1
Et c'est magnifique. Bien sûr. Oh là là. Le pavé, les pierres. Oh là là.
- Speaker #7
C'est un hall de conférence. Qu'est-ce que tu veux ?
- Speaker #1
Oh là là.
- Speaker #7
Il y a une acoustique. Incroyablement beau. Peut-être qu'on peut démarrer avec le film. Tu veux le voir ? La parole est en néerlandais, mais c'est subtil en français.
- Speaker #1
Génial.
- Speaker #0
Les installations techniques de Rudy sont tellement impressionnantes qu'il faut absolument aller sur place pour vous en rendre compte. Les astuces qu'il a imaginées pour organiser une brasserie la plus économique en énergie, la plus ajustée, a ce lieu tellement hallucinant. Que ce soit dans les installations de froid, de récupération de glace, d'installation de vapeur qui est récupérée également, d'installation de circulation de l'air avec des ventilateurs, pour que l'hiver les visiteurs aient chaud et l'été il n'est pas trop chaud.
- Speaker #7
On a toujours un petit peu fou, autrement on ne les a pas. Le bataillon des Sherwood Foresters, Robin Hood, c'est la plus grande forteresse en Angleterre. Et un des capitains était le capitaine Roberts, Fred Roberts, un des seuls soldats, était quelqu'un qui travaillait dans une imprimerie et ils ont trouvé une presse dans une imprimerie ici à Haïp. ont transféré cette presse-faire ici, ont démarré le 16 février 1916, imprimé les gazettes de Wipers Times. Ils ont fait beaucoup d'émissions et c'était une manière de communiquer avec les soldats. On a imprimé la gazette de Wipers Times ici, dans cet endroit, ici, à Wipers Times, comme j'ai dit, The New York Times, The Dublin Times, et nous avons le Wipers Times.
- Speaker #0
C'est bien, ça s'appelle Wipers Times, et on comprend pourquoi. Si vous allez à la brasserie à samedi, vous aurez la chance d'avoir la visite animée par Rudi lui-même. Il vous expliquera ses matières premières et il vous fera goûter ses bières, inspirées dès le départ par le logo qui figure sur le journal des soldats, The Wipe of Times, un chardon marie. Et pour comprendre ces bières et surtout pourquoi elles sont si uniques, écoutez son secret.
- Speaker #7
On utilise quatre différents épices dans nos bières. On utilise du réglisse, du peu, du peu, une course d'orage. un petit peu de coriandre et les graines du chardon-marie. Mais comme les chefs français disent, dans une bonne sauce, on ne peut pas déguster les ingrédients. Ça, c'est mon devis. Je ne veux pas déguster quelque chose qui est en dehors ou qui est trop, qui est de trop. Balance, pour moi, ça, c'est le plus important, dans n'importe quel lien.
- Speaker #0
Je ne suis pas prête d'oublier ce voyage pas comme les autres. Vous aussi vous verrez quand vous découvrirez le goût de la flambe, vous ne pourrez plus vous en passer. Merci infiniment Rudy d'avoir été mon guide dans ce périple. Merci à vous Nancy, Morgane, Karl, Bruno. Tout est possible avec les fermentations. C'est pour cela que je vous emmène dans ce podcast mordu pour rencontrer des personnes inspirantes ancrées dans leur terroir. J'espère que ces conversations vous ont plu. A très bientôt et merci pour votre écoute.