- Speaker #0
Nous voilà en live aujourd'hui avec une invitée, une invitée que je suis tellement contente de recevoir, elle s'appelle Jade. Elle a plein plein de choses en fait à vous apprendre, à vous partager. Je vais évidemment te laisser te présenter Jade.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Les personnes qui se connectent maintenant ou qui regarderont ce live en replay puissent savoir aussi où te retrouver, savoir qui tu es. Et juste, je prends 30 secondes pour dire que là, vous êtes en interview sur, on va parler de mindset aujourd'hui, on va parler de comment on tient la distance et on va s'inspirer de ce qui se passe dans le monde du sport. Et donc, bienvenue à toutes les multiproneuses, multipotentielles, les entrepreneuses qui doutent aussi, qui se posent des questions, qui parfois trouvent que c'est compliqué le parcours entrepreneurial et en même temps. elle l'assume quand même. Donc là, on va vous donner des choses très concrètes pour que vous puissiez, j'enchaîne dans la gorge, pour que vous puissiez mieux vivre votre expérience et votre choix d'entreprendre. Donc Jade, je te laisse, c'est à toi. Et si vous avez des questions, allez-y, partagez. Moi, je regarde tout ce qui se passe sur les différents réseaux et je passerai les questions à Jade en direct.
- Speaker #1
Super, merci beaucoup Lisa pour cette belle introduction. Je suis ravie de pouvoir être avec toi aujourd'hui et avec les personnes qui te suivent. Alors moi je suis athlète, je suis en équipe de France d'escrime, fleurettiste puisqu'à l'escrime il y a trois armes. Et parallèlement à cette activité qui est ma casquette principale, j'ai deux entreprises, l'une dans laquelle je propose des conférences et une autre avec une coéquipière de l'équipe de France, Eva Lacheray, avec qui on propose une formation pour avoir ce mindset de champion. Et le message en top of it, c'est que je suis persuadée du lien entre l'entrepreneur slash entre collaborateurs et le sportif de haut niveau. On cherche tous à atteindre des objectifs. On doit se dépasser au quotidien, on doit faire face à des échecs et on doit bien communiquer avec ses pairs, avec le marché qui gravite autour de nous. Et pour toutes ces raisons, je propose de transmettre ma boîte à outils, la boîte à outils des sportifs de haut niveau. à mettre à profit dans son quotidien perso ou pro.
- Speaker #0
C'est génial, c'est hyper clair et on est complètement, en tous les cas, alignés avec cette vision-là. Ce qu'on se disait, parce qu'on a discuté quelques secondes juste avant de démarrer l'interview, pour moi, c'est une évidence d'aller puiser des ressources, d'aller puiser de la connaissance et d'aller puiser de l'expérience dans d'autres domaines. C'est-à-dire qu'en plus, quand on est sur les réseaux, l'algo va nous servir tout ce qu'on va taper. Et donc, on peut avoir tendance à rester un peu dans un microcosme. Alors qu'en allant voir ce qui se passe dans d'autres secteurs, dans d'autres milieux, dans d'autres catégories, on apprend tellement. Et dans le milieu sportif, moi j'adore, je recrutais des gens parfois, je regardais même pas leur formation. Quand je voyais qu'ils avaient des qualités sportives, évidemment j'avais un petit peu leur parcours quand même, j'aurais pas embauché un chef de projet s'ils n'avaient pas du tout fait ça. Mais c'était vraiment quelque chose que je mettais en avant et que je poussais les gens à mettre en avant. Alors évidemment, Jade, tu ne vas pas nous faire ta formation là. Si vous voulez justement aller travailler ça, vous appelez Jade. Mais moi, ce que j'aimerais bien que tu nous partages, c'est justement qu'est-ce qui fait que tu as basculé, que tu t'es dit tiens, à un moment, je vais aller proposer ce type de service. Comment est-ce que toi, tu as fait le lien et qu'est-ce qui a émergé pour toi ?
- Speaker #1
Alors écoute, dans la vie d'un sportif de haut niveau, tu dois chercher des financements. assez tôt dans une carrière. Moi, à l'âge de 16 ans, j'ai dû commencer à trouver des partenaires, des sponsors. Et en échange de ce partenariat, donc d'une somme d'argent, je ne me voyais pas simplement mettre un logo sur ma tenue et puis signer le contrat. Donc, j'ai commencé à intervenir auprès de réunions, dans des réunions style petit-déjeuner, juste pour expliquer mon quotidien d'athlète. Tu vois, à 16 ans, je m'entraîne tous les jours, mon hygiène de vie, c'est ça. Et j'ai adoré cet exercice-là. j'ai vu en expliquant la vie d'un athlète que ça faisait rêver beaucoup de personnes, mais surtout ça impressionnait, alors que tout le monde pense qu'on est des super héros, mais pas du tout, on reste humain. Oui, il y en a qui ont certaines prédispositions, des capacités physiques un peu hors normes, par contre, c'est juste qu'on travaille au quotidien ces fameux outils de gestion des émotions, de dépassement de soi, et qui sont pour le coup accessibles à tout le monde. Et à force de faire des petites interventions comme ça, d'année en année, en entreprise, Je me suis dit, à 19 ans, j'ai envie d'en faire une activité et de vraiment structurer ces conférences-là pour non plus faire du partage d'une vie quotidienne, mais plus un transfert de ce que j'ai pu apprendre avec la préparation mentale, notamment, parce que je suis accompagnée par un coach depuis que j'ai 16 ans. Donc, il y a forcément une certaine maîtrise des... des émotions qui peuvent t'arriver quand tu veux atteindre un objectif, gérer la pression, gérer la déception, faire preuve de résilience, tout ça je l'entends depuis que je suis toute petite, et donc j'ai peut-être une meilleure approche, et c'est ça que je transmets en entreprise. Voilà pourquoi j'ai voulu... transmettre ces savoirs. Et puis à savoir aussi que quand j'étais petite, j'avais une très mauvaise gestion des émotions. Quand sous mon masque, quand il y avait moins 3 au score, je pleurais sous mon masque et c'était fini. C'est comme si le match était terminé. Donc c'est grâce à l'apprentissage de certaines de ces compétences-là que j'ai pu bien me développer.
- Speaker #0
C'est génial, c'est hyper intéressant. Et donc ce que je comprends de ce que tu partages, c'est qu'en fait, Tu as été dans la marmite de la connaissance de soi, du travail sur la recherche de l'excellence quelque part, c'est-à-dire que vous êtes à des niveaux où les écarts se jouent tellement sur des détails, sur des micro-détails, que vous avez cette habitude d'aller chercher tous les points d'amélioration et de façon en fait assez… normal, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de drame. En gros, votre système est fait, vos objectifs sont faits pour pouvoir aller vous dire simplement « Ok, là, c'est peut-être les émotions qui vont permettre de gagner ce point-là » ou « Là, ça va peut-être être un moment, ma gestion par rapport à ce qui s'est passé précédemment sur un ancien combat ou un ancien échange. » Je ne sais pas si on dit « combat » , non ? C'est au judo ?
- Speaker #1
« Combat » , très bien.
- Speaker #0
On dit « combat » aussi. J'adore l'escrime, j'ai tout suivi pendant les JO, je suis à chaque fois l'escrime, j'adore.
- Speaker #1
C'est la compétition où les escrimeurs brillent. On est d'ailleurs le sport le plus médaillé, on offre le plus de médailles à la France à l'escrime. C'est vraiment le sport le plus médaillé.
- Speaker #0
J'ai deux coups de cœur. Mon premier coup de cœur, ça a toujours été la natation. J'ai été cernie. Et puis ensuite, il y a l'escrime. Après, il y a le scrim aussi. Mais donc, dans ce que tu dis, ce qui est intéressant, c'est que quand on n'a pas cette culture-là, déjà du fait de se remettre en question, parce que dans ce que tu dis, vous avez aussi un coach, c'est-à-dire que tu as été habitué, tu as eu, dès ton plus jeune âge, un coach. Il y en a parfois dans l'entrepreneuriat ou même dans la vie pro, qui regardent encore aujourd'hui le coach comme une chose curieuse, qui ne savent pas si c'est une espèce de psy, si c'est bien ou si ce n'est pas bien d'aller voir un coach. En plus, il y en a pléthore sur le marché. Vous, en fait, c'est devenu quelque chose d'évident et qui est maintenant intégré dans l'accompagnement des sportifs. Ce n'est pas le cas aussi il y a des années de ça.
- Speaker #1
Alors là, oui, tu touches du doigt quelque chose qui est super important dans le sport de haut niveau, c'est que la préparation mentale et la gestion des émotions, ça fait partie maintenant de l'entraînement. C'est-à-dire que tu travailles tes muscles, tu travailles ta technique et ta stratégie. Et maintenant, tu travailles ton cerveau et la manière dont tu gères tes émotions. Donc c'est complètement normal maintenant d'avoir un coach et même c'est obligatoire d'avoir une approche mentale et psychologique de ta pratique. Et tu vois, j'aimais bien ce que tu disais dans l'idée que tous les jours, tu dois corriger. Tous les jours, tu mets un petit pas devant l'autre pour aller acquérir de nouvelles compétences. Nous, à l'entraînement, dans un match ou un combat, on travaille une centaine de touches et on en réussit peut-être que 20%. Donc, c'est vraiment à l'image d'un entrepreneur qui va essayer de toucher 50 clients et qui aura une réponse à un moment donné positive. Voilà, c'est vraiment tout ce travail de résilience. Actuellement, je suis blessée, j'ai les ligaments croisés, j'ai une rupture complète. Bon, ben là, voilà, tu rebondis, tu essayes, dès que tu as une faille, d'aller puiser dans d'autres ressources. C'est vraiment le job du sportif de haut niveau de s'adapter. Je pense que c'est la compétence numéro une d'ailleurs.
- Speaker #0
Oui, et qui fait d'ailleurs le parallèle avec aussi les… Alors, tu disais que tu avais plusieurs entreprises, plusieurs activités, donc ça, je l'ai bien entendu, ce n'est pas tombé dans la lune sourde. Donc, tu es bien sur un profil de quelqu'un qui est multipreneuse et qui accompagne des multipreneuses. Et c'est marrant de voir vraiment tous ces liens, tous ces parallèles qu'on peut faire, parce que dans ta vie, en fait, le fait que là, actuellement, tu sois en pause, que tu dois trouver la résilience, la ressource nécessaire pour passer cette étape. pour rester aussi focus sur ce qui va t'attendre par la suite, pour voir ce qui n'a pas fonctionné. Tu parles de 20% de choses qui peuvent fonctionner, de touches qui vont fonctionner. Et effectivement, on va faire le parallèle complètement dans l'entrepreneuriat où on va tester des choses et où ce qui bloque la plupart du temps, les gens, alors moi, j'ai mon regard là-dessus, mais peut-être que toi, tu en as un autre, mais c'est la peur de l'échec. C'est la peur d'échouer. Et je dirais que peut-être la meilleure école, c'est de se planter de se créer un certain nombre de gadins. Et puis en fait de se rendre compte qu'à chaque fois on se relève, qu'à chaque fois ça fonctionne. Et puis bon, après l'échec, c'est aussi une gestion émotionnelle, une distance émotionnelle qu'on peut avoir par rapport à l'échec. Et on va le regarder sous un autre angle. Je ne sais pas ce que tu en penses toi de ça.
- Speaker #1
On parlait des Jeux Olympiques, il n'y a qu'à écouter les interviews des athlètes qui ont terminé leur compétition et qui te disent que cette médaille ou bien ce beau chrono athlétisme, c'est le fruit d'années d'échecs, de tentatives, d'essais et de rebonds. Et c'est pour ça que quand j'interviens en entreprise, très souvent le sujet qu'on me demande en conférence, c'est la gestion de l'échec. Pourquoi ? Parce que l'échec, c'est tabou en entreprise. Alors que dans le sport, je ne sais pas pourquoi, les gens savent qu'on échoue, où les gens savent que tu peux... tu peux gagner un match et après, tu peux le perdre. Et c'est justement en écoutant de plus en plus d'histoires d'athlètes, de champions qui te prouvent par A plus B qu'ils sont champions olympiques alors qu'ils ont fait X défaites et parfois, c'est le triple du nombre de leurs victoires, voire le quintuple. C'est de voir ce genre d'exemples-là qui te disent « En fait, l'échec, c'est vraiment utile. » Alors, moi, je mets à warning quand même parce que cette phrase-là de dire « Il faut échouer pour réussir. » Je ne suis pas totalement d'accord. Moi, je pense qu'il faut juste accepter l'échec. Vouloir échouer, ce n'est pas un mental de gagnant pour moi. C'est-à-dire que si tu commences une mission et que tu te dis « si j'échoue, ce n'est pas grave » , c'est totalement différent que « là, il faut que j'échoue pour aller à une step supérieure » . Il ne faut pas être extrême dans ce mindset-là. Il faut simplement, dès qu'il y a quelque chose, moi, c'est vraiment ce qui m'arrive quand je me suis blessée. Donc là c'est arrêt de carrière, moi c'est arrêt de mon métier, ça veut dire, donc les financements, tout ça, enfin tout s'arrête quand t'es blessée et que t'es athlète. Honnêtement, le lendemain, je me suis dit, qu'est-ce qu'on peut faire pour en faire une force ? Et c'est vraiment cette gymnastique-là qu'on a nous les athlètes, dès qu'il y a quelque chose qui se passe pas, une action dans un match qui se passe mal, t'as un dixième de seconde pour modifier ta stratégie et marquer le point suivant. Donc on a cette gymnastique-là de se dire, ok je suis blessée, c'est pas grave, je vais aller bosser cette action que j'ai jamais le temps de faire, je vais aller travailler le haut du corps parce que le bas est blessé je vais prendre plus de temps pour gérer mes boîtes. Tu vois, c'est cette dynamique-là. Par contre, quand j'étais dans le match, j'avais qu'une seule envie, c'était de ne pas me blesser et de gagner, tu vois.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Donc, on voit quand on est dedans, là, on a un mindset adapté à ce qu'on est en train de réaliser, c'est-à-dire action, objectif, là, intense. Et puis, sur le parcours, là, la question qui se joue, c'est quand tu parles d'apprentissage, moi, ce que j'entends, c'est la capacité à pouvoir… rebondir ou faire évoluer ou à passer tout de suite en mode recherche de solutions beaucoup plus rapidement. Et ça, moi, c'est ce que je vais observer chez mes clientes. En fait, c'est l'idée de se dire, en fait, ce n'est pas tant aimer, échouer. Je suis d'accord avec toi et je vais corriger tout de suite grâce à ce que tu viens de partager. L'idée, c'est d'observer le temps que l'on met pour s'en remettre et pour repartir, en fait, Donc, un gain dans une version solution en fait, dans une recherche de solution et donc ça c'est vraiment intéressant parce qu'en fait on va se rendre compte qu'on ne va pas l'empêcher l'échec, on ne va pas non plus aller le chercher ça vous avez bien entendu ce que vous avez dit Jade parce que si on vous entend d'ailleurs dire encore autre chose là-dessus je pense que ça ne va pas bien se passer donc on ne va pas chercher l'échec par contre on va l'accepter et ce qui va se jouer là où on peut observer notre progression en fait dans notre parcours c'est de voir le temps que l'on met à rebasculer, quand on en vit bien, à rebasculer en version solution. Est-ce que ça, avec ça, t'es OK ?
- Speaker #1
Je suis complètement OK. Et tu vois, pour illustrer à nouveau cette dynamique d'esprit, tu vois, quand on est athlète, on vise cette fameuse médaille d'or aux Jeux olympiques. Il faut être bien conscient qu'il n'y en a qu'un seul qui l'aura, en tout cas dans notre discipline. Et donc, si tu ne vises que cet objectif-là, Il y a de très grandes chances que tu sois déçu quand même. Donc si tu vises, encore une fois je suis entrepreneuse aussi, si je vois une boîte ou un chiffre d'affaires, si je vise ce chiffre d'affaires, à la fin de l'année je dis que je suis performante que si j'ai ce chiffre d'affaires ou que si je suis championne olympique. C'est super, c'est un objectif, tu peux mettre plein de choses en place pour l'atteindre, mais si tu ne fais pas l'exercice de récolter toutes les fleurs sur ton passage, la vie va être très dure si tu ne l'atteins pas. Et c'est souvent ce qui arrive d'ailleurs dans des athlètes qui ont des burn-out ou des dépressions post-olympiades. C'est parce qu'ils n'ont pas réfléchi, ils ne se sont pas posés pour regarder leur route en fait, pour être lucide sur le chemin vers l'atteinte d'objectifs. Et moi c'est vraiment l'effort que je fais. Tu vois quand je ne suis pas allée aux Jeux cet été, j'ai eu une grosse non-sélection qui m'a fait du mal forcément.
- Speaker #0
Tu t'es blessée combien de temps avant en fait ? Comment est-ce que ça s'est passé ?
- Speaker #1
Alors moi je me suis blessée un mois après. à moi après les Jeux Olympiques, j'ai appris que je n'allais pas aux Jeux avant les Jeux bien évidemment, mais tu vois la blessure elle venait à la fin d'un cycle, je pense qu'il n'y a jamais de hasard de blessure, mais dès l'instant où j'ai compris que je n'irai pas aux Jeux à Paris 2024, qui est quand même l'objectif d'une vie pour un athlète français, j'ai vraiment fait l'effort de noter sur un carnet et de regarder tout ce que j'avais appris sur ce chemin. Parce que par exemple pour viser les Jeux je m'étais dit, j'ai hâte de faire que tu sois plus explosive. J'ai hâte de falloir que tu apprennes à dire non parce que tu es en train souvent de t'éparpiller dans plein d'activités. Et quand j'ai fait l'exercice de voir toutes les compétences que j'avais acquises sur ce chemin vers l'or olympique, j'ai vraiment pris conscience que j'étais devenue plus explosive, que j'arrivais à faire le tri dans mes activités et je t'en passe plein d'autres. Et finalement, j'ai été performante. Alors oui, je n'ai pas atteint le Saint-Graal. Oui, je n'ai pas atteint le chiffre d'affaires si mon objectif, ça avait été celui-ci. En revanche, j'ai développé une nouvelle activité. Mon site web, il est trop bien. Voilà. C'est la dynamique que j'ai décidé de mettre en place pour être heureuse, en fait, et pour ne pas être toujours frustrée dans ma vie. Et bizarrement, c'est quand tu as ce lâcher-prise et que tu prends conscience de toutes les petites fleurs sur ton passage que tu atteins sans le vouloir tes objectifs.
- Speaker #0
C'est passionnant, passionnant. Franchement, je pourrais discuter avec toi toute la journée, je pense, là-dessus. C'est vraiment passionnant. Déjà, tu as répondu à une question que je me posais. justement sur cette fameuse médaille où moi, quand je regarde les athlètes, je ne suis pas une grande sportive, et quand je regarde les athlètes, je me dis, oh là là, et je les vois au bout, au bout, un match de basket où ça se joue à quelques points. Le match de basket France-États-Unis, il était complètement dingue, ce match. Complètement dingue. Complètement dingue. Complètement dingue. Comment ça se passe après ? Voilà, ma question, c'était, mais qu'est-ce qui se passe après pour eux, après ? Et là, toi, tu viens d'en parler sur ce sujet-là, mais voilà. Comment ils arrivent, et là ça appelle vraiment à un mindset qui se travaille et que vous travaillez, pour arriver à accepter quelque part sa défaite tout en reconnaissant la quantité de réussite qu'il y a eu sur le parcours. C'est juste incroyable, incroyable.
- Speaker #1
Alors déjà, tu as un vrai temps de digestion. J'ai une image que je ne peux pas me sortir de la tête des Jeux Olympiques. qui n'a pas été diffusée, mais à laquelle j'ai assisté, juste après l'épreuve des Screams. C'était au Grand Palais, lieu incroyable. Magnifique. Magnifique. Mes coéquipières ont perdu, donc elles n'ont pas eu de médaille. Et je vois une coéquipière et surtout mon ami et associé sortir par la petite porte sur le côté avec sa housse et prendre les transports, le métro, pour rentrer chez elle. Et je me suis dit, waouh. Tu vois... Avant les Jeux, d'autant que c'est Paris 2024, on était sous l'effet des projecteurs. Même quand tu es remplaçant, même quand tu n'es pas sélectionné, c'était fabuleux. On avait vécu un rêve. Et là, à la seconde où tu perds, retour, mais c'est dur, vraiment, retour dans le métro avec ta housse et tous tes quatre ans où tu t'es battu pour un objectif auquel tu as échoué, ça, ce n'est vraiment pas facile. Et c'est pour ça que dans tout échec, là pour le coup c'était un gros échec mais même une petite compète que tu perds un contrat qui n'est pas allé au bout il y a un temps de digestion où tu as le droit d'être triste tu as le droit d'exprimer tes émotions de pleurer, de crier, d'écrire sur ton carnet de chanter fort il faut pour moi sortir ça pareil dans le sport je ne sais pas pourquoi dans le sport c'est ok de pleurer d'être triste, de taper dans un coussin par contre dans la vie quotidienne si tu fais ça on te dit que tu es émotif que tu es sensible Merci. ben non, en fait, ce que tu vois dans le sport, c'est le miroir de la vie, donc ça devrait être OK. Et après, l'exercice qui permet de switcher, c'est vraiment pour moi le fait d'écrire noir sur blanc avec des mots, que ce soit sur un téléphone ou un carnet. Mais ça, pour moi, c'est super puissant parce que c'est une thérapie. C'est une thérapie d'écrire, c'est une thérapie de se poser des questions du style « qu'est-ce qui s'est passé ? De quoi je suis fière ? Et qu'est-ce que j'aurais aimé améliorer pour être la prochaine fois plus fort ? » Ça, c'est trois questions à laquelle je réponds assez souvent, qui me permettent comme de tourner une page, ou en tout cas d'avoir tout de suite une volonté de changement pour la suite. Après, il y a un esprit de compétition derrière tout ça. Je pense qu'il y a des gens qui sont dans… Tu vois, moi, dès que je perds, après ma petite journée ou ma semaine, en fonction de l'intensité, de l'importance de l'objectif, j'ai toujours cette petite semaine de digestion, mais j'ai tout de suite envie… d'en découdre, de refaire le match, de le revoir. Je sais qu'il y a des gens qui ne sont pas dans cette dynamique-là. Et peut-être que pour ces gens-là, ça va plus être de changer d'activité, pourquoi pas d'aller faire quelque chose de créatif, pour se changer les idées. Ils n'ont pas forcément besoin de revenir sur la mission qu'ils ont échouée, de refaire le match. Ils ont plus besoin de s'aérer, d'aller faire un peu de peinture, de se balader, d'aller faire un week-end ailleurs. Mais il faut ce temps de digestion, c'est évident.
- Speaker #0
Oui, c'est important ce que tu dis parce qu'effectivement, c'est quelque chose qui est nécessaire, que de pouvoir laisser la place à ses émotions, les exprimer, les sortir. Tu as cité des façons de faire et là, c'est vraiment, je dirais à chacun d'aller trouver. Et déjà, pour trouver, c'est de tester. Si vous avez besoin, si vous voulez tester d'aller vous balader, de sortir, de courir, vous voyez que ça ne marche pas, faites autre chose. Ce sera peut-être écrire, comme pour toi, ça fonctionne. Moi, je sais que la musique me permet de beaucoup sortir mes émotions et que je vais changer les types de musique en fonction de ce que j'ai envie de ressentir ou d'extérioriser. Et ce que tu disais sur l'aspect compétition, c'est effectivement un des éléments qui peut sembler être le plus compliqué à injecter en entreprise. Parce que ce qui est reproché... Et puis, ce que j'ai observé pendant des années en entreprise, c'est justement cet esprit parfois qu'on va opposer. Moi, j'adore la co-création, le travail en groupe, que le collectif serve à un objet commun en partageant du sens, etc. C'est là où on a les plus beaux résultats. Là-dedans, ce qui vient casser cette dynamique-là, c'est l'aspect de compétition et de concurrence. et par rapport à ce que tu dis je pense En fait, si on fait le parallèle en entreprise ou si on fait le parallèle dans l'entrepreneuriat, en fait, cette compétition, c'est là où on va aller la chercher avec nous et pas avec les autres. Vraiment avec nous-mêmes. Alors dans le sport, il y a quelque chose qui est challengeant comme ça, mais où on arrive à voir quand même la différence entre je suis en compétition contre telle équipe, contre telle autre personne, c'est pas pour autant que je ne vais pas l'aberrer. Voilà, on fait la différence entre l'humain et l'enjeu qui se déroule. Mais dans l'entreprise, parfois cet enjeu-là, il est difficile à percevoir chez les gens. Ils vont considérer qu'être en compétition, c'est tout de suite se comparer, entrer en compétition avec quelqu'un, jouer de la concurrence. Et ce n'est vraiment pas là où on va obtenir les meilleurs résultats. Donc, c'est réfléchir à cette compétition, injecter-la avec vous, c'est vous et vous-même, et les autres n'y sont pour rien en fait.
- Speaker #1
Tout à fait. Et très intéressant ce que tu dis dans la compétition avec soi-même. Et d'ailleurs, la compétition, on l'associe très souvent au dépassement, au « faut que ce soit dur » , au « travail dur » , et pas forcément. Moi, je pense que si on change le mot « compétition » en « challenge » , déjà, comme tu l'as évoqué, c'est vachement plus positif. La compétition, je suis d'accord, c'est un peu se mesurer et ce n'est pas toujours agréable. On se mesure déjà bien assez, sans le vouloir, en sortant dehors. Donc, je pense que c'est plus un challenge, c'est-à-dire… Encore une fois, moi j'écris plein de challenges, je parlais d'être plus explosive. Voilà, c'est un challenge où je ne me mesure pas aux autres, c'est juste que je me mesure à une ancienne jade qui fait une fente en temps de seconde, à une jade 2.0 qui fait une fente en un peu moins de seconde. Voilà, là c'est un challenge atteint. C'est vraiment cette idée de compétition avec soi-même qui va te faire progresser. Pour te donner un exemple, à l'INSEP, on est 12. L'INSEP, c'est l'Institut National du Sport. C'est là où on s'entraîne. Et en fait, on est 12 filles et il n'y en aura que 4 pour les championnats du monde, pour les championnats d'Europe et tous les 4 ans pour les Jeux Olympiques. Alors oui, on est en compétition. Oui, on est concurrentes. Mais à la fois, c'est comme une entreprise. On est tout le temps ensemble. Donc, on ne peut pas avoir un mental de concurrence. d'ennemis jurés par excellence, il faut qu'on sache bien s'entendre, communiquer, sans être des meilleurs amis, parce que ce n'est pas comme en entreprise, on n'est pas meilleur ami avec tout le monde, mais on sait cohabiter et on sait collaborer et coopérer. Parce qu'on a compris que pour progresser, il fallait que l'autre progresse aussi, parce qu'on doit se confronter à ce qui a de meilleur, à ce qui se fait de meilleur. Si je me bats contre des filles qui n'ont pas envie et qui se laissent toucher, je ne vais pas progresser, ma séance n'est pas productive. Par contre, mes objectifs, mes challenges que je me donne, c'est à moi. Je ne vais pas essayer à l'entraînement de gagner tous mes matchs. Ça n'a pas d'intérêt, ça n'a pas de sens, parce que déjà, ce n'est pas représentatif de la compétition. Par contre, je vais me mesurer à moi. Aujourd'hui, je vais essayer de mettre trois attaques. Je vais essayer de boire deux gourdes d'eau dans mon entraînement, parce que ça fait partie de mon objectif pour avoir une bonne récupération. On se met tout le temps des objectifs à nous-mêmes et on collabore. pour atteindre chacun son objectif personnel.
- Speaker #0
Impressionnant. C'est impressionnant, je trouve, la maturité, évidemment, que tu as, l'expérience que tu as là-dedans et tout ce que tu as pu observer jusqu'à présent dans ton parcours. Moi, j'invite vraiment tout le monde, ceux qui écoutent maintenant, ceux qui écouteront en replay, ceux qui vont écouter le podcast, à aller voir, ne serait-ce que si vous n'avez pas vu encore, c'est pas possible. Vous n'ayez pas vu des tournois ou des compétitions là, on reprenait les images de Paris 2024 parce que c'était tellement fabuleux en plus dans cet endroit, mais d'aller voir surtout à quoi ça se joue. C'est-à-dire que dans ce que tu… c'est encore plus révélateur dans ton sport je trouve, parce qu'effectivement quand on regarde, ça se joue, mais à une telle précision, à une telle rapidité, nous-mêmes en tant que spectateurs derrière son écran, on n'arrive même pas. à voir, je suis sûre, tout le détail. c'est pour ça qu'on va regarder des... des ralentis, parce que ça va tellement vite. Et on se dit, dans cette vitesse-là, dans ce laps-là de temps, il y a tout ce qui s'est passé avant, il y a toute la richesse, il y a tout le parcours, il y a tout l'entraînement, il y a tout ça dans quelques secondes et dans à peine quelques touches. Et si on remet ça dans notre évolution entrepreneuriale, on peut aussi se dire, waouh, attendez, on peut souffler quand même. On peut souffler parce que le rythme n'est pas le même, le temps de résultat n'est pas le même. Allez voir aussi ce qui se passe ailleurs et allez voir comment ils vont condenser ça. On va condenser tout ce travail en l'espace de quelques secondes. Et ton score est incroyable pour ça.
- Speaker #1
C'est vrai, c'est intéressant d'avoir ce retour-là aussi. Quand on est dans la tête dedans, on ne s'en rend pas forcément compte. Alors, je sais que c'est rapide, parce que parfois même nous, on a besoin d'arbitrage vidéo pour se rendre compte un peu de ce qui se passe. Mais par contre, si on continue à faire le parallèle, je trouve qu'il y a plein de... Plein d'entrepreneurs que j'admire dans des prises de décision comme ça lors d'une négociation par téléphone où moi j'aurais besoin de me poser pour regarder et dire je vous rappelle. Chacun a son expertise, c'est évident. Et je te rejoins dans l'idée où il faut aller de toute façon avec curiosité regarder ce qui se passe ailleurs. Moi je lis énormément d'autobiographies d'athlètes parce que je trouve que même en tant que femme et entrepreneuse, on apprend beaucoup sur le mindset des champions. Et tu vois, dans des milieux, par exemple, la dernière en date, c'est Guillaume Neri, c'est un apnéiste qui, moi, m'impressionne. Donc, je ne sais pas si vous connaissez, mais il descend à des profondeurs à moins 120 mètres en apnée sans bouteille. Et en fait, il t'apprend juste à calmer ton esprit, tu vois, et comment il fait pour calmer son mental, pour éviter de paniquer sous l'eau. Et tu vois, ça, ça va te servir dans tes négo, dans ton quotidien pro, perso. Je pense que dans tous les cas, le message à travers tout ça, c'est évidemment de s'ouvrir et d'aller puiser dans le mindset des champions pour avoir quelques billes dans son quotidien à soi.
- Speaker #0
Oui, et pas de se dire, ils sont plus avancés, ou là, ils me semblent être beaucoup plus avancés que moi, plus forts que moi, etc. Au contraire, allez vous inspirer de ces gens-là. Et puis en plus, ils sont hyper sympas. Je veux dire, Jade, tu es accessible. Je vois en plus qu'il y a d'autres personnes quand même de ton équipe qui se sont connectées à un moment donné. Donc, il y a peut-être toute l'équipe de France qui est en live là avec nous. Ils sont accessibles. Parfois, on s'imagine que parce que les gens nous semblent loin, nous semblent très occupés, etc. Allez-y, osez poser des questions, rentrez en contact avec ces gens-là. Et le parallèle également dans ce que tu disais sur le fait d'aller lire des biographies, c'est aussi ce qui est intéressant à faire sur les biographies d'entrepreneurs. Il y a énormément de choses à apprendre, à utiliser, à s'enrichir vraiment personnellement de ces vies-là et de se dire, comme tu le dis, qu'est-ce qui va pouvoir me servir, de quoi je vais pouvoir m'inspirer, qu'est-ce qui va me faire du bien et de continuer son chemin en s'entourant comme ça aussi de personnes qui font des bouffées d'air. de vraies bouffées d'air, de vraies bouffées d'air dans le moral, de vraies bouffées de boost et puis ça repart quoi et on tient encore plus longtemps comme ça et en plus on rencontre des gens incroyables sur notre parcours. Ben oui, c'est un très beau message que tu dis là, et tu vois, tu l'as souligné, il y a beaucoup de personnes qui pensent que, effectivement, de toute façon, ils sont trop forts, de toute façon, ils sont nés avec un talent quand ils étaient bébés, c'est pas vrai, c'est juste pas vrai. Et d'ailleurs, en lisant des autobiographies, vous voyez comment un Agassi, un Teddy Riner, un Usain Bolt, ils se sont forgés, en fait, pour être comme ça. Ils se sont entraînés des heures et des heures, les sœurs Williams avec leur papa. dans le garage de leur maison. C'est juste, oui, peut-être qu'ils ont été éduqués à beaucoup de travail et à la compétition. De toute façon, à la base, s'il n'y a pas des parents qui sont là pour te pousser, au tout départ, c'est sûr qu'un champion existe parce qu'à la base, il y avait un entourage très fort autour de lui. Mais ensuite, c'est surtout parce qu'encore aujourd'hui, on travaille énormément sur ces fameuses boîtes à outils. Donc, c'est vraiment accessible à tout le monde. Tout le monde peut être sa version 2.0 dans quelques temps si on commence à travailler sur certains aspects de notre mental.
- Speaker #1
Bon, écoute, je vais devoir mettre fin à cette interview et te libérer parce que vraiment, je pourrais encore passer du temps à discuter avec toi. C'était passionnant. Merci beaucoup, Jade. Pour ceux qui veulent te retrouver, c'est sur ton compte Instagram, c'est ça ?
- Speaker #0
Tout à fait, oui, avec grand plaisir. Et si il y a d'autres questions, je réponds toujours.
- Speaker #1
Super. Et puis en plus, sur ton compte Insta, allez la voir parce qu'elle, vraiment, elle l'ouvre les coulisses, Jade, de sa vie de sportive. Donc, vous pouvez la suivre, vous pouvez l'encourager, vous encouragez l'équipe, être avec eux parce que ce sont des athlètes qui sont incroyables. Et voilà, moi, j'adore, j'adore. Là, je suis en train de vivre un de mes rêves d'enfant quand même. Et merci beaucoup pour tout ce que tu nous as partagé. Si vous avez des questions, vous savez où nous trouver. vous répondez sur les commentaires ou par message. Merci beaucoup à tout le monde. Et puis, allez travailler votre mindset, c'est hyper important. Vous avez la possibilité de vivre votre parcours entrepreneurial en savourant tous ces moments-là. Alors, allez-y, explosez tout ça, faites-vous plaisir et profitez de la vie. Je vous embrasse. À très bientôt.
- Speaker #0
Merci Lisa, à bientôt.