- Speaker #0
Bienvenue sur le podcast Le Sens de mon Business et aujourd'hui j'interview Caroline qui va nous raconter plein de choses. Caroline Frick-Scholz.
- Speaker #1
C'est parfait, on n'a jamais fait ça du premier coup ainsi. Vraiment.
- Speaker #0
C'est génial. Je suis trop contente de t'écouter Caro et j'ai plein de questions pour toi et puis tu vas aussi nous parler. d'un événement que tu organises. Donc vraiment, je donne déjà un petit storytelling sur la suite, parce qu'il y a plein de choses qui s'organisent et qui font le lien direct avec tes choix d'entreprise, tes choix de business, et c'est vraiment là-dessus que j'ai envie de t'entendre, et je suis sûre que tu vas nous apporter plein de choses très très intéressantes. Donc bienvenue !
- Speaker #1
Merci Lisa, merci de m'accueillir.
- Speaker #0
Est-ce que... Je peux t'appeler Caro ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Ok. Caro, est-ce que tu peux, déjà... présenté en quelques mots. Et puis, je sais que tu as changé de vie.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Tu as eu des évolutions dans ton parcours. Et moi, une de mes premières questions, c'est en fait, qu'est-ce qui t'a poussé à prendre cette nouvelle trajectoire et ce changement de cap ?
- Speaker #1
Waouh, vaste question. Je vais tâcher d'être efficace dans ma réponse. Je réponds d'abord au chemin de trajectoire ou je raconte un petit peu le début de mon temps ?
- Speaker #0
Un petit peu de fumée. Un petit peu de fumée, quoi.
- Speaker #1
Bon, tu as parfaitement prononcé mon nom et mon prénom, donc je ne recommencerai pas. En fait, moi, au départ, j'ai fait des études de droit. Pendant six ans, je me suis spécialisée en droit international et en droit public. Et puis, en parallèle de ça, j'ai passé mon concours de la fonction publique territoriale. Je suis devenue attachée territoriale. J'ai eu des postes à responsabilité dans les ressources humaines, beaucoup sur le domaine de la formation professionnelle et du risque professionnel avec les notions de santé au travail et de prévention. Voilà, et puis en parlant de ça, j'étais intervenante à Sciences Po, préparée les candidats à l'oral pour les concours d'attachés et de rédacteurs. Et ensuite, j'ai fait un énorme virage effectivement, et j'ai choisi de me former en art dramatique au cours Florent. Alors, pourquoi ce gros virage ? Comme tout le monde, la vie, elle est imbriquée, ce n'est pas que professionnel. En fait, ce qui s'est passé pour moi, c'est que j'ai perdu mon père en 2016, et vous comprendrez après pourquoi. pourquoi ça a créé un tel raz-de-marée, parce que je n'avais pas de bonne relation avec lui. Mais ça a vraiment ramené l'enfant que j'étais avec les aspirations qu'elle avait et à qui j'avais demandé de se taire parce qu'il fallait survivre et avancer et que sa fantaisie n'avait pas sa place. Et en fait, je crois que quand il est mort, il y a quelque chose qui s'est fortement réveillé en moi. C'était une période très violente à vivre, mais comme un bon arrachage de sparadrap ultra nécessaire. Et donc, j'ai absolument tout changé dans ma vie. J'ai effectivement laissé le mari, la maison, le métier, la fonction publique, l'emploi à vie. Et j'ai tout recommencé. Je suis partie dans un univers où j'allais tout perdre financièrement parce que le dramatique, c'est un peu le parent pauvre des arts aujourd'hui. Mais je ne le regrette pas du tout parce que ça a été un pari fou qui m'a menée là où je suis aujourd'hui. Alors, je ne sais pas si je continue, Elisa, ou si tu veux m'interrompre ici.
- Speaker #0
Ah là là, dis donc. Déjà, il y a beaucoup, beaucoup de choses. C'est marrant parce qu'on s'était rencontrés déjà à plusieurs reprises. On a échangé à plusieurs reprises ensemble. Il y a eu beaucoup de choses qui résonnaient aussi chez moi. Le plaisir pour le théâtre, le cinéma, etc. Là, ton histoire avec ton père, c'est également... On n'a évidemment pas vécu la même chose. Mais moi aussi, j'ai perdu mon père il y a quelques années. Je ne pense plus pour le coup, par contre, que c'était un... Ça a été un moteur sur certaines prises de décision, mais c'est intéressant d'entendre là-dessus. Donc là, gros virage. Tu as décidé de faire un reset.
- Speaker #1
Oui, totalement. J'ai fait un reset.
- Speaker #0
Et tu t'es donc là lancée dans la section cours florent. Là, c'était à temps complet. Tu as tout lâché.
- Speaker #1
Oui. Alors en fait j'ai tout lâché, à temps complet tout est relatif parce que la formation de l'acteur pour les adultes c'est 9h par semaine en présentiel et en fait le reste du temps c'est beaucoup de répétition, beaucoup de travail, beaucoup de lecture, il faut aller au théâtre etc. Bien évidemment il y a une partie des gens qui ne peuvent pas se permettre de faire ça à temps plein et c'était mon cas. Donc moi j'avais vraiment complètement arrêté la fonction publique à ce moment là et en revanche ce qui s'est passé c'est que j'ai pris un poste qui était un petit peu en dessous de ce que j'avais l'habitude de faire pour être assez disponible pour travailler. Et figure-toi que c'était avec Samuel Schwarz. J'ai travaillé, avant que ce soit le groupe Empreinte, j'étais à ses côtés. Et je faisais l'équivalent de trois ou quatre postes aujourd'hui parce qu'ils sont beaucoup plus nombreux. Mais à l'époque, effectivement, on condensait plusieurs activités. Donc en fait, je faisais ça en parallèle. Et ça a été une année dense, intense, parce que faire 40 heures. Puis Samuel, c'est quelqu'un d'extrêmement précis. C'est quelqu'un qui a des exigences que je partage professionnellement. Donc il ne fait pas les choses à moitié. Je dirais que c'était intense. J'ai profondément apprécié ce temps pour Florent parce que j'ai eu la sensation que toutes ces choses qui peuvent être un peu bizarres en nous pouvaient avoir leur place. comme le fait de montrer ses émotions, le fait de partir dans les tréfonds de l'âme humaine, je trouve que c'est assez passionnant. Et puis j'ai un rapport au mot et au texte qui est très important pour moi, et je trouvais à la fois du corps et de l'intellect là-dedans, donc c'était très très chouette. J'ai fait ça pendant trois ans, et au bout des trois ans, j'ai eu la chance d'avoir un premier contrat à titre professionnel, et en fait j'en ai fait mon métier. J'ai beaucoup joué au théâtre, j'ai fait Paris, Région, Seule en scène, pièce A2, A4, registre comique, dramatique, un peu de tout. Et puis, j'ai fait ce pari fou d'oser dire aux autres que j'écrivais, parce que j'ai toujours fait ça depuis toute petite. Et donc, j'ai écrit une pièce de théâtre que j'ai jouée, qui a été publiée. Et aujourd'hui,
- Speaker #0
je l'ai connu.
- Speaker #1
Il s'appelle Anna, de L'ombre à la lumière. Bon, je pense que déjà, rien que le titre, vous comprenez que j'ai récupéré des choses de ma vie. C'est l'histoire d'une costumière qui se retrouve née à nez face à un public et ce n'était pas prévu. Et ce n'est pas sa tasse de thé que d'être face aux gens. et donc elle fait patienter le public en attendant la comédienne qui, c'est un seul en scène, évidemment, n'arrive jamais. Voilà. Donc, il y a évidemment de l'analogie sur la notion de l'autre, sur les questions qu'on se pose, sur la solitude et sur la métamorphose aussi. Mais je ne peux pas spoiler parce que, voilà, c'est une pièce courte, il faut la lire. Vous voyez, il y a des surprises à la fin.
- Speaker #0
OK. Tu nous mettrais bien un lien. Avec Jean-Baptiste. Ah bah oui, super. Super. Ok, donc tu dis, j'ai eu mon premier client, puis finalement, j'imagine que tu as créé ton entreprise à ce moment-là ?
- Speaker #1
Alors, en fait, moi, j'ai vraiment joué pendant plusieurs années. Donc, à ce moment-là, j'ai travaillé un petit peu à côté sur une première auto-entreprise dans laquelle je faisais vraiment… Alors, c'était vraiment pour fonctionner. J'étais sur de la prestation administrative, financière, juridique. J'étais un peu le couteau suisse de mes clients. Donc ça, j'ai fait ça pendant longtemps. En parallèle de ça, j'ai développé l'intermittence parce que c'est souvent ce qu'on fait quand on est comédien. Et en fait, j'ai quasiment systématiquement mené les deux de front. Donc, j'ai eu en 2024 une très, très grosse année, puisque si tu veux, il y a eu d'un côté, j'avais toujours mon auto-entreprise où je faisais ça à mon temps. Et puis, les après-midi, je partais, j'allais répéter. Les soirs, je jouais. Parfois, je partais à Paris, etc. Enfin, ça a été une année. Et donc, c'était passionnant, mais je me suis un peu épuisée, pour être tout à fait honnête. Et donc, j'ai fait le choix. Je me suis dit, tiens, je vais me concentrer sur quelque chose qui va me permettre de m'élever autrement. je rejouerai, je vais remonter sur les planches parce que j'aime profondément ça mais chaque chose en son temps j'ai un peu le défaut des multipotentiels de vouloir tout faire d'un coup et Elisa tu m'as dit une phrase quand on a partagé ensemble un atelier avec les samouraïs, tu m'as dit choisir ce n'est pas renoncer, c'est reporter oui oui cette phrase je pense que je vais t'entendre la dire toute ma vie parce que j'ai attendu 36 ans avant de l'entendre et elle me réconforte énormément tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #0
Oui, complètement, je vois bien ce que tu veux dire puisque moi-même, elle m'a réconfortée dans cette multiplicité et c'est vraiment une frustration qu'on vit et c'est d'ailleurs pour ça qu'on essaie de tout faire en même temps parce que c'est impossible de choisir, c'est trop compliqué de choisir quand on a des multipassions et des multis d'intérêts et c'est une phrase qui m'a beaucoup calmée qui m'a fait beaucoup de bien
- Speaker #1
Je te remercie parce que c'est très contagieux ce bien
- Speaker #0
Ah ouais,
- Speaker #1
vraiment ... Donc voilà, l'idée c'est de ne pas abandonner les planches du tout. Mais là en fait, je récupère aussi de ce côté-là, parce que c'est un métier qui est ultra épuisant mais passionnant. Donc je me suis dit, tiens, là je reste sur l'écriture. Donc j'ai terminé l'écriture dans le deuxième livre, qui est sur la question de l'inceste. Donc on va y venir parce qu'on ne va pas en aller d'éventuellement. Enfin qui est plus précisément sur la question de la résilience après l'inceste. Je tiens à cet axe-là. Jouer, ça reviendra. De la mise en scène, j'en ai qui est prévue sur début 2026. J'adore ça. Et en fait, j'ai choisi de transformer mon activité plus lucrative en quelque chose qui était beaucoup plus aligné. Et j'aime bien, j'adore le titre de ton podcast, Le sens de mon business, parce que je crois que je n'ai cessé d'être en quête de sens. C'est ça, c'est le sens de mon business, je ne me suis pas trompée.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Je trouve que c'est splendide. Et en fait, je me suis dit, tu sais, tu dois avoir ça aussi, parce que tu es multipotentiel d'avoir ce truc. Quand tu es dans un domaine, tu ne sais pas que tu caches une partie de ce que tu sais faire, mais tu fais un peu semblant de savoir faire que ça parce que tu... on passe mieux dans le milieu, et puis dans l'autre on fait pareil. Donc quand j'étais dans l'artistique, je ne montrais pas que j'étais capable de gérer une entreprise, et puis en entreprise, je ne sais pas, je ne suis pas sûre d'avoir montré tout de suite ma folie. Je pense encore que je masque beaucoup aussi, ça va venir. Et donc je me suis dit, est-ce qu'il n'y a pas un espace où je peux tout réunir ? Et finalement, n'y a-t-il pas un dénominateur commun à tout ce que je suis, et à tout le sens que je mets dans ce que je fais ? Et en fait, il est très clair, c'est le dénominateur de la voix, la voix VOIX et la voix VOIE. J'ai profondément à cœur de pouvoir accompagner parce que je pense que ça me manquait. J'ai toujours été dans la transmission, mais pas de cette manière-là. Et j'avais vraiment envie d'utiliser l'outil théâtre, l'outil voix, l'outil artistique. J'ai vraiment eu à cœur d'utiliser tout ce que j'ai vu dans les ressources humaines aussi, ma compréhension des fonctionnements professionnels, interpersonnels. Et de me dire, tout ça, tu peux le mettre à disposition des autres. Et donc, j'ai choisi de devenir... Alors, je n'aime pas trop le mot de coach, il ne me plaît pas, je ne sais pas pourquoi. Donc, je suis en train de chercher, mais juridiquement, je suis formatrice. Donc, j'interviens soit à la demande d'autres prestataires, qui par exemple, j'ai mon gros cabinet parisien avec qui je bosse, qui est super, qui m'envoie sur des programmes très intéressants, donc je bouge beaucoup pour ça. Et puis, en parallèle de ça, moi, je développe vraiment le cœur de mon accompagnement, qui sera autour de... De la voix VOX et de la voix VOE. Voilà.
- Speaker #0
Super intéressant. Bon, tu as répondu à un certain nombre de questions qu'on nous a posées aux côtés. Donc, on avance, on avance. Moi, j'aimerais savoir, parce que je pense que ceux qui vont nous écouter, je pense qu'il y en a certains qui vont dire « Waouh, c'est trop bien, ça a l'air super clair en fait pour elle. Elle sait où elle va, c'est hyper clair. » Et j'aimerais parler du moment où ce n'était pas clair. parce qu'en fait, on l'a tous vécu. Mais quand on entend des gens, je ne sais pas si toi, ça te le fait, moi, de temps en temps, à une époque, entre lesquelles, quand pour moi, ce n'est pas clair, et que j'entends des gens, je me dis, oh là là, mais moi, je sais de clarté. J'ai l'impression qu'ils ont toujours vécu ça, en fait. Donc voilà, ça m'intéresserait de savoir, un petit peu dans cette évolution, est-ce qu'il y a des moments que tu peux nous partager où, pour toi, ça te semblait être le chaos, ça te semblait être très flou, mais t'avançais quand même, ou peut-être pas, je ne sais pas. Est-ce que tu as vécu ce genre de moment ?
- Speaker #1
J'ai passé à peu près 34-35 ans dans le chaos. Comme ça,
- Speaker #0
c'est clair. Voilà.
- Speaker #1
Je vais être honnête. Du coup, effectivement, il faut parler de ça. Si, si, ça a été très compliqué. Moi, j'ai eu l'impression déjà d'être... Je pense qu'aucun d'entre nous n'arrive sur cette terre avec son mode d'emploi, ça, c'est évident. Mais moi, j'ai eu l'impression d'être... de passer ma vie, déjà, indépendamment du côté professionnel, dans un corps et un esprit, un cerveau que je... que je ne savais pas utiliser, mais vraiment, c'est-à-dire que...
- Speaker #0
Est-ce que tu me trouves un exemple ?
- Speaker #1
Oui, absolument. En fait, je voyais les autres fonctionner autour de moi et je sentais qu'il y avait un énorme décalage. Et du coup, je me disais, mais comment tu fonctionnes ? Pourquoi tu es comme ça ? Et ça me semblait plus clair d'ailleurs de comprendre les autres que de me comprendre moi, parce que c'était la norme, en fait, les autres. Et donc, des exemples, ça va être typiquement sur la cour d'école, dans le langage. Je voyais bien que les enfants utilisaient des expressions. ou se comprenaient très vite sur certaines choses. Et moi, j'avais l'impression que j'étais en train d'apprendre une langue étrangère quand je suis arrivée à l'école. Et ça a été ça sur plein de choses, sur les réactions qu'il faut avoir ou pas. Et puis, j'ai eu l'impression de voir des gens... Alors, je pense qu'il y a les gens qui se sont trouvés et puis c'est super. Et il y a ceux qui se cherchent mais qui n'en parlent pas. Donc, je pense que là où je me suis sentie seule mais pas différente au fond, c'est que j'étais paumée. En fait, moi, je ne savais pas où je devais aller. J'étais complètement... perdu entre ce qu'on attendait de moi ce que je devais montrer aux autres parce que j'avais bien compris que j'étais pas tout à fait normale donc du coup il fallait fabriquer des choses pour appartenir au groupe et en fait j'ai été perdue dans l'autre j'ai été perdue dans son regard, dans ses réactions dans ce qu'il faut faire
- Speaker #0
Est-ce que ça, c'est quelque chose que tu as ressenti aussi dans la vie pro ? Parce que c'est marrant, on a aussi des points communs sur la vie pro. On a fait du droit, on était dans les RH. Je te parle de ça parce que j'ai eu une période où je me suis dit en gros, fuck quoi, moi j'aime rire, j'aime échanger avec les gens, etc. Et je ne me vois pas toute la journée leur dire, non, tu ne fais pas ci, tu ne fais pas ça. Donc j'avais besoin déjà d'expliquer pour quelles raisons ils avaient le droit ou ils n'avaient pas le droit de faire certaines choses. Et puis, je créais des réunions où j'aidais les gens à évoluer, par exemple, sur des compréhensions du droit du travail. Et je leur jetais des bonbons, je leur créais des jeux, etc. Je savais que quand les gens passaient à côté de la salle de réunion, ils voyaient une verge qui jetait des bonbons, qui applaudissait, des gens qui criaient et tout. Je trouvais ça hyper bizarre. Mais en fait, j'ai eu ce moment, je me suis dit, en fait, fuck, je peux être pro. tout en étant quelqu'un qui est naturellement, parce que je le suis, joyeuse, colorée. C'est quelque part se dire, ok, je n'ai pas l'impression que ça répond au modèle de ce qu'on attend d'une DRH. Et en même temps, moi, je commence à être un peu frustrée quand même de tenter de rentrer au maximum dans ce modèle. C'est un truc, toi, que tu as ressenti dans la vie pro ?
- Speaker #1
Oui, je l'ai ressenti très fort, mais tellement fort que je n'ai pas fait quelque chose d'aussi smart que toi, mais parce que ça ne collait pas. Je n'ai pas essayé d'être moi là où j'étais. En fait, ça a collé avec l'année de décès de mon père, où d'un coup, je suis revenue au boulot et je ne reconnaissais vraiment plus rien. Et en fait, je me suis dit, c'est vraiment, en fait, je ne peux plus. En fait, c'est que je n'avais plus la force d'être quelqu'un d'autre. C'est tellement d'énergie. Et du coup, c'est pour ça que j'ai envoyé Valcé, parce que je me suis dit, si on ne doit avoir qu'une seule vie, si euh si on doit s'imaginer, si on doit rêver, autant rêver grand. Et donc, je suis partie aux antipodes pour aller chercher ce côté-là de moi, pour aller l'exagérer, le grossir. Et ce n'était pas encore la bonne réponse, parce que je suis les deux au final. Mais j'y suis allée à fond. Et en fait, effectivement, j'ai senti qu'il y avait des choses qui ne correspondaient pas non plus totalement, parce que j'avais besoin de ce côté rigoureux, carré, structuré, avec des valeurs précises. Et donc, du coup, j'ai ramené tout ça dans l'activité que j'ai aujourd'hui. Et c'est vrai, pour répondre à ta question, que je crois que j'ai senti le besoin de construire ma propre bulle professionnelle qui ressemble juste à moi et pas à quelque chose, pas dans des cases du tout, parce que c'était ma seule façon de coller en fait à ce monde et d'exister dans ce monde. Je suis quand même convaincue qu'on peut réussir à être soi-même dans un système collectif déjà en place. J'en suis convaincue. Moi, je manquais de place, donc je ne l'ai pas fait. Mais ça ne veut pas dire qu'on doit tous tout péter et être à nouveau.
- Speaker #0
Je suis bien d'accord avec toi. Et ça, c'est quelque chose d'ailleurs qui me sert de temps en temps quand je lis des choses d'entrepreneurs qui partagent cette espèce de conflit. Ça, c'est vraiment un truc chez moi. Je n'ai pas de conflit entre le monde du salariat et le monde de l'entrepreneuriat. D'ailleurs, on retrouve quand même les travers qui sont parfois dénoncés par certains dans le salariat. Bienvenue, welcome dans le milieu de l'entrepreneuriat. On va en retrouver. Oui,
- Speaker #1
il y a des travers. Oui.
- Speaker #0
Merci. Et puis, je trouve que, justement, peut-être que ce qui était douloureux pour certains dans le milieu de l'entreprenariat, mérite d'être compris, analysé, identifié et débugué pour basculer dans le milieu de l'entreprenariat. Mais ce n'est pas le remède, en fait. Je lis quand même pas mal de fois que ça va être le remède, je vais être libre, je ne vais plus avoir personne au-dessus. Non, en fait, il y a un moment où non, tu n'es pas libre si tu travailles avec des clients, enfin, tu ne travailles avec personne.
- Speaker #1
C'est compliqué.
- Speaker #0
Il y a quand même un minimum de contraintes quand même à oser se mettre dans son agenda. Donc, je suis contente de t'entendre le partager. Bon, tu aurais eu le droit de partager l'inverse, si tu ne le pensais pas.
- Speaker #1
Mais tu n'aurais pas dit que tu étais contente.
- Speaker #0
Non, je n'aurais pas dit que j'étais contente. Mais ça fait du bien, je trouve, et puis d'arrêter d'opposer ces deux milieux-là.
- Speaker #1
Oui, de toute façon, il y a du bon et du mauvais dans les deux. Je pense qu'effectivement, si on fuit quelque chose, comme on dit, l'herbe n'est pas plus verte. ailleurs. Cette intention à être heureux, elle est là où on est. Après, il y a évidemment des cadres qui peuvent coller mieux, mais le travail, il commence là, ça c'est sûr.
- Speaker #0
Tu fais une super transition avec la prochaine question que j'avais pour toi. J'avais deux. Alors, en fait, j'en ai deux. La première, c'est que j'aimerais savoir si t'arrives, toi, à identifier quels sont les repères que tu as aujourd'hui qui te font dire, OK, là, je suis bien là où je suis, je suis bien dans les décisions que j'ai prises, dans les choix que j'ai faits jusqu'à présent, en fait, je suis bien. Qu'est-ce qui te permet de savoir si tu es bien ou s'il y a, on va appeler ça peut-être un désalignement ou une accroche un petit peu, quelque chose qui te dérangerait un petit peu ? Est-ce que tu arrives à avoir ces repères ? Est-ce que tu en as ?
- Speaker #1
Oui, j'en ai un, c'est le désir. En fait, quand je n'ai pas envie de faire quelque chose, je me connais, je suis une bosseuse, donc ce n'est pas de la flemme. Et j'ai mis des années à décomplexer ça, d'ailleurs. Je faisais plein de trucs, j'y allais reculant. je me disais, là, là, là, j'ai pas envie, j'ai pas envie, mais j'y vais quand même à la force, tu sais, vraiment du mental. Et un jour, je me suis dit, mais attends, si t'as pas envie, c'est peut-être pas... C'est le côté très vidéocrétien de nos éducations. T'as pas envie, mais tu fais quand même quoi. Et là, je me suis dit, mais attends, c'est quoi l'envie ? C'est quoi le désir au final ? Parce que c'était dans le « il faut » en permanence. Et en fait, je me suis rendue compte que... Alors, des « il faut » , il y en a un peu. On ne fait pas... Je veux dire, la compta, ça fait chier tout le monde. Enfin, sauf les comptables. Pardon, mais...
- Speaker #0
J'espère.
- Speaker #1
Je sais que c'est les comptables.
- Speaker #0
C'est pas chiant. J'espère,
- Speaker #1
parce que sinon... En fait, je pense que c'est vraiment le point de balance entre le « il faut » et « j'ai envie » . Moi, j'ai besoin que mon j'ai envie soit au moins juste au-dessus. Et là, pour moi, je pense que je suis alignée. Et je le suis plus encore si je sens qu'effectivement, je suis excitée par quelque chose, qu'en fait, j'ai plein d'idées. Là, je me dis OK, je suis au bon endroit. Mais attention, ce n'est pas que... Parce qu'il y a sur nos profils un peu TDAH, il y a ce truc où d'un coup, c'est nouveau, c'est le début de projet, donc on est stimulé. Mais il ne faut pas tout confondre. Ce n'est pas une excitation superficielle. Il y a effectivement ça, il y a un peu de dopamine. mais il y a aussi Je ne sais pas comment te dire. C'est un peu dans le ventre que ça se passe. C'est hyper instinctif. Je me souviens quand j'ai reçu la lettre de la maison d'édition qui a accepté de publier mon premier livre. C'est trop bizarre. j'ai senti une espèce de... d'excitation mais en même temps de sérénité et de plénitude d'un coup et c'est marrant parce que parfois ce sont des choses extérieures qui viennent confirmer ou te dire c'est ça en fait, tu vois c'est ça qui est en toi et je me suis revue avec mon petit stylo je me suis revue je me suis revue avec mon petit stylo,
- Speaker #0
je me suis revue faire toutes ces choses ça fait deux fois qu'on m'appelle je crois que c'est le livreur Elisa ça devrait être fauteuil on va faire une petite pause je vais chanter une jingle pendant ce temps j'arrive Vas-y, vas-y. Et pendant ce temps, je vous invite à aller écouter les autres émissions aussi du podcast où il y a d'autres femmes qui prennent la parole. Alors franchement, je ne suis pas sexiste, mais il y a quand même beaucoup de femmes dans l'entrepreneuriat, beaucoup de femmes en tout cas qui osent s'exprimer. On a l'impression que c'est un truc de ma boule, en fait, de parler juste de son sens, juste, mais il y a quand même plus de femmes qui le font que d'hommes. Donc je vous invite à aller écouter les autres épisodes parce qu'on parle aussi de ça avec d'autres angles de vue, de ce qui peut vous mettre sur la voie, de ce qui va vous plaire, de ce qui va être parfois un petit peu plus frustrant et en même temps d'arriver à faire le... Comment dire ? D'arriver un petit peu à trouver son équilibre, sa tambouille dans ce qui va nous convenir. En gardant en tête aussi... En tous les cas, je vous le partage parce que moi, c'était quelque chose... En étant aussi multi, qui n'était pas forcément simple pour moi, mais de me dire, tu changes quand même. Il y a un an, tu voulais travailler avec tel type de client. Là, cette année, tu es en train d'évoluer vers autre chose. Et en fait, c'est quelque chose qui est normal aussi que d'évoluer dans son business, de faire évoluer ses offres. Parfois, d'en arrêter certaines. Parfois, d'en créer de nouvelles. parfois d'avoir besoin de faire une pause, parfois de trouver qu'on est complètement perdu, qu'on ne sait plus où on est. Et donc, de vivre ces moments de chaos, ce sont aussi des moments qui ne sont pas simples à vivre et pourtant qui existent en fait. Qui existent. Donc, vraiment, je voudrais que vous ayez en tête que ces différents temps peuvent revenir dans une entreprise parce qu'on est en perpétuelle évolution et qu'en fait, comme on a la tête de notre business, tu as vu Caro, comme j'occupe super bien Caro, elle vient de revenir en même temps avec le collège Anticoli. Eh bien, ces étapes-là, c'est aussi ce que j'aborde avec mes invités pour vous montrer que oui, ça existe et que non, ce n'est pas grave et qu'on s'en sort. Mais par contre, quand on a la tête dedans, on peut se dire assez normalement et de façon assez logique, mais comment je vais faire ? Pourquoi j'ai choisi ça ? Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui m'a pris ce jour-là où j'ai décidé de m'orienter dans cette voie-là ? Je n'en vois pas le bout. Et en fait, petit à petit, les choses se mettent en place. Petit à petit, on trouve le lien. Et puis, on peut le switcher aussi. Si on peut... avoir des périodes où on va se dire, non, en fait, j'arrête tout ce que j'ai fait et je fais autre chose. Ça aussi, ça existe. Bon, si on se dit que ça se passe tous les trois mois, c'est que là, il y a un petit souci. Il y a un petit truc dans le potage. Il y a un petit souci. Donc, en général, on va être sur une évolution, mais il y a des choses qui vont bouger. Cool. Écoute, Caro, j'avais une dernière question. C'est un peu touchy. Je vais essayer d'être claire. Là, on parle de sens. Je dirais qu'on revient au sens. Et pour toi, est-ce que tu arrives à me dire, c'est pareil un petit peu que la question tout à l'heure, quand tu es aligné ou pas, etc., qu'est-ce qui fait sens pour toi dans ton business actuel ? Au-delà du plaisir de réaliser tout ce que tu crées, au-delà peut-être, je ne sais pas si c'est ton cas, mais d'une potentielle reconnaissance extérieure, d'impact que tu peux avoir, tu trouves le sens où en fait dans ton business actuellement ?
- Speaker #1
Dans le fait de me dire que... Que je vais laisser quelque chose... Tu sais, je suis toujours sensible à ce qu'on laisse aux gens quand on les quitte. Et tu vois, est-ce que t'es de bonne humeur, de mauvaise humeur ? Comment est-ce que tu laisses les gens ? Il y a des gens, tu les vois, t'es plombée. Après, il y a des gens, tu les vois, t'es en pleine forme. Et je suis sensible à ça. Je me dis, qu'est-ce que tu laisses aux gens quand tu les laisses ? Eh bien, moi, qu'est-ce qui fait sens ? C'est justement ça. Qu'est-ce que je vais laisser à l'autre quand on va se quitter ? Et est-ce que j'ai pu donner le meilleur de moi-même pour lui permettre de... d'avancer, ça va dépendre de la raison de notre rencontre mais pour moi c'est ça qui fait le plus sens, j'ai envie de laisser une empreinte non pas pour des questions d'ego parce que je m'en fous complètement d'ailleurs c'est ce que j'ai pas aimé dans l'art dramatique je suis une comédienne qui aime pas les applaudissements mais vraiment de me dire tu peux changer la donne à ton échec tu peux changer les choses et essayer de faire de ce monde un monde meilleur et c'est ça qui pour moi vraiment fait sens je pense que si il devait y en avoir qu'un seul d'ailleurs c'est celui-là
- Speaker #0
Génial Je crois que ça peut faire aussi une superbe transition. Je te promets,
- Speaker #1
je n'ai pas eu les questions à l'avance. Non,
- Speaker #0
mais c'est hallucinant. Elle n'a pas eu les questions à l'avance. Avec ce qui fait sens aujourd'hui pour toi. Et il y a un des projets que tu mènes qui a un sens tout particulier. Et je te laisse bien volontiers en parler.
- Speaker #1
Merci beaucoup Elisa. Il y a un projet qui compte énormément. Tout à l'heure, j'ai parlé d'un livre que j'avais écrit sur la résilience après l'inceste. En fait, pourquoi ça fait sens ? Parce que ça vient s'imbriquer parfaitement. En fait, j'essaye d'être concise parce qu'en fait, ce projet-là, il vient s'attacher à tout ce que j'ai fait dans ma vie. Donc, c'est assez complexe de le structurer. Mais pour faire simple, j'ai écrit un court-métrage sur la résilience après l'inceste, en plus du livre. Et donc, j'ai une association qui s'appelle l'association Ouma que j'ai fondée. qui est une association culturelle à vocation philanthropique, dont j'ai vraiment eu à cœur que l'ensemble des projets qui seraient portés par cette association aient vraiment quelque chose autour du vivant et de ce que ça peut laisser à l'autre. Et en fait, j'ai une équipe assez formidable avec qui je vais réaliser, c'est moi qui vais le réaliser, mais c'est très bon de dire ça, parce qu'en fait, je ne vais pas le réaliser toute seule, on va le réaliser évidemment avec le chef opérateur, le directeur photo, etc. Et donc, en fait, l'association entre en production et c'est ce qui me permet de lever des financements publics et aussi des dons défiscalisés, défiscalisables pour les particuliers, les professionnels. Et en fait, ce qui s'est passé, c'est que j'ai la chance de faire partie, comme toi Elisa, du club des samouraïs. Et en fait, Anne-Charlotte Azam, je crois qu'elle dit Azam, pas Azan, moi je sais pas pourquoi je dis Azan, elle m'a appelée en disant « voilà, cette année, je voudrais faire un événement qui ait du sens, justement, qui ait du sens pour notre club. on est à l'approche de Noël et je voudrais quelque chose de... à l'idée du club, c'est-à-dire qu'il ne soit pas trop individualiste. On est quand même beaucoup dans le collectif, dans ce réseau-là. Et elle m'a dit, est-ce que tu connais une association au profit de laquelle on pourrait faire quelque chose ? Et alors, c'est marrant parce que j'ai eu un temps de... Je me suis dit, tu sais cette question que je me suis toujours posée, est-ce que ça se fait, ça se fait pas ou pas ? De dire, bah oui, moi je sais, parce qu'en fait, on fait un court-métrage. Et là, je me suis dit, écoute Caroline, en fait, ce qui m'a aidée à le faire, c'est que comme ce n'était pas pour moi, Propose-lui et puis elle te dira ce qu'elle en pense. Et puis Anne-Charlotte, j'adore parce qu'elle est très, je ne sais pas si ça ne va pas avec le dit, au moins il n'y a pas de chichi. Et en fait, elle a tout de suite été touchée par la cause. Donc elle m'a dit bingo tout de suite. Et ce qui est fou, c'est qu'on a voulu organiser cet événement et tous les feux se sont allumés ouverts depuis puisque c'est comporté par le Club des Samouraïs et l'association Ouma, mon association. il aura lieu le 18 décembre au domaine de Christin à Saumière. Donc le lieu, c'est un lieu qui est mis à disposition par deux samouraïs exceptionnels et au grand cœur que sont Hélène et Éric de Buret, si je prononce bien le nom. Et en fait, ils ont un domaine complètement splendide et ils ont tout de suite accepté d'ouvrir leurs portes. On aura de 14h à 23h. On n'est pas obligé d'être là de 14h à 23h. On peut venir sur un temps donné parce qu'en fait, on a fait un tarif abordable à 20 euros par personne justement pour permettre aux gens de ne pas se faire enlever. Parce que dire, non, j'ai payé 75 euros et je ne peux rester que deux heures. Donc, on l'a pensé comme ça. Donc, comment s'organise l'événement ? En fait, on a des conférences, on a quatre conférenciers, et j'en ferai une également, sur la notion de la résilience. En fait, on a connecté la thématique de la résilience après l'inceste avec le domaine de l'entreprenariat. Et ce qu'on a fait, c'est qu'on a appelé ça la résilience dans l'entrepreneuriat, justement, pour permettre de dire que la résilience est très vaste au final. Et effectivement, comme tu l'as dit, nos résiliences personnelles s'imbriquent aussi dans nos business. Et c'est d'où le sens de mon business. Et donc, en fait, on a quatre conférenciers que sont Gilles De Lieuze, Miss Buffet-Froix, on a Alice Catlino et on a Valérie Karchi qui participeront et qui donneront des conférences sur différents domaines de résilience. Donc, on a vraiment beaucoup de chance de les avoir. Et il y aura également des stands qui vont permettre à des entrepreneurs, qu'ils soient membres du club ou non, de présenter leur activité. D'ailleurs, il faut savoir qu'il y a encore des stands disponibles. On fait payer 30 euros en plus de l'entrée pour chaque stand, ce qui reste quand même une somme dérisoire pour pouvoir avoir une visibilité dans un événement comme celui-ci. Et ce qu'il faut préciser, c'est que l'ensemble des bénéfices sont reversés à l'association pour la production de ce film. On a lancé... L'organisation est tellement dense. Je suis dans un monologue, Elisa.
- Speaker #0
Je t'écoute. C'est le 18 décembre. À ce moment-là. Tu mettra aussi, on mettra peut-être le lien également pour ceux qui veulent y aller. Je voudrais que tu reviennes un peu plus sur le sujet justement de ton association et le cœur en fait de cette association.
- Speaker #1
Oui, en fait, le cœur de l'association, comme je disais, il est effectivement culturel, donc il peut être amené dans de la production de spectacles ou dans la réalisation de spectacles qui ne sont pas nécessairement que en lien avec la protection de l'enfance, mais par contre toujours avec une direction vraiment humaine. C'est typiquement le cas quand on a... porter Anna, ma pièce, en production, puisque, en fait, Anna parle de plein de choses, parle du fait de se trouver, parle du fait de s'affranchir des cases dans lesquelles on nous a mis, parle du fait d'oser, du fait que certains ne sont pas mieux nés que d'autres pour avoir des qualités incroyables à donner au monde, parle aussi de certains aspects du trouble du neurodéveloppement, comme... le trouble du déficit de l'attention avec le trouble du spectre autistique. Alors, j'en parle pas vraiment officiellement, mais on voit au comportement de cette jeune femme qu'il y a quelque chose de cet ordre-là, qu'elle observe le monde en permanence, mais sans y être vraiment. Donc voilà, du coup, ça, c'était vraiment important qu'il y ait des projets de ce type-là dedans. Et puis, donc, on est beaucoup autour du féminin et beaucoup aussi autour de la protection de l'enfance. Donc, moi, j'interviens sous couvert de cette association et parfois sans, aux côtés de la gendarmerie. donc je... Je collabore avec la maison de protection des familles de l'Hérault. En fait, c'est une brigade de la gendarmerie qui est spécialisée dans les violences intrafamiliales.
- Speaker #0
Et donc, en fait, on se voit régulièrement, on travaille sur des notions de sensibilisation ensemble. Moi, je les ai accompagnés pour observer un peu leur travail, et dans les écoles, auprès des professionnels. En fait, ils font beaucoup de sensibilisation sur les violences civiles, du coup, et notamment aussi sur les questions des violences sexuelles faites aux enfants. C'est un vaste sujet, et je trouve qu'ils amènent ça vraiment de manière ultra brillante quand ils sont dans les écoles, parce qu'il ne faut pas traumatiser les enfants, ça ne se fait pas n'importe comment, les sensibilisations auprès des enfants. Et en même temps, il faut être suffisamment clair pour... pour ne pas passer à côté d'un enfant qui éventuellement se reconnaîtrait dans ce qu'on raconte. Ensuite, ensemble, on a tourné une vidéo de sensibilisation. Je pourrais mettre le lien également. C'est un témoignage. Il y a deux vidéos. Il y en a une qui fait 20 minutes. C'est plutôt pour un public adolescent ou adulte. Et ensuite, il y en a une autre qui dure 5 minutes. Et là, qui a été écrite pour les enfants. C'est évidemment pas trash. D'ailleurs, on ne stigmatise pas le père là-dedans. Je ne dis pas que c'est mon père qui m'a fait ça. Parce que les enfants... On peut rentrer chez eux en regardant leur papa en se disant « Mince, il peut faire ça » , alors que ça ne se trouve pas du tout. Donc l'idée, c'est de leur expliquer que c'est effectivement un membre de la famille, de leur expliquer que ce n'est pas parce qu'on nous dit garder un secret qu'il faut. On a vraiment travaillé ça dans cette direction et je pense que c'est un deuxième bel objet aussi. Et là, je réinterviens avec eux. Dès qu'ils ont des diffusions de cette vidéo, ils m'arrivent de les accompagner sur le territoire pour participer au débat, répondre aux questions. Et en fait, quel est l'axe principal ? C'est vraiment une sortie par le haut. J'estime qu'aujourd'hui, on entend beaucoup de choses sur les violences faites aux enfants, mais pas assez. D'ailleurs, on parle plus des violences faites aux femmes que des violences faites aux enfants. Et notamment dans les dispositions qui ont été prises au niveau gouvernemental et tout ça. Là, je mets les deux pieds dans le plat, mais on va beaucoup plus vite sur la question des femmes que sur la question des enfants. Je pense qu'il y a quand même encore un vrai sujet là-dessus. C'est très embêtant. Je pense qu'on croit qu'on en parle et que ça avance. Mais moi, je vais vous donner un exemple qui me tient vraiment à cœur. On va déborder, je suis désolée.
- Speaker #1
C'est important.
- Speaker #0
Oui, cet exemple me tient beaucoup à cœur parce que quand j'ai écrit le film, j'ai évidemment fait des demandes de financement auprès d'organismes qui sont liés avec des institutions publiques, donc je ne dévoilerai pas qui parce que je ne suis pas là pour faire des procès, mais qui sont quand même des gens très en vue, très en lien avec le CNC, qui est l'organisme public qui finance les films aujourd'hui. Et en fait, j'ai envoyé ce qui se fait, c'est qu'on envoie notre scénario et eux nous font une fiche de lecture pour nous dire, ben voilà ce qu'on en pense, on vous donne des conseils, des actes d'amélioration. Et oui, on pense que c'est finançable par subvention publique ou pas. Et en fait, j'ai évidemment donc envoyé ce scénario et la réponse que j'ai eue était complètement hallucinante. Ça a commencé par, on comprend que le film traite d'une enfant qui avoue à sa mère qu'elle a une relation incestueuse avec son père. On est en 2025. Ce n'est pas l'enfant qui avoue. Et ce n'est pas un enfant qui a une relation incestueuse avec son père. Voilà, il faut remettre, je pense, le coupable au centre de l'histoire. Un enfant qui ne dit pas non, et même un enfant qui dit oui, ce n'est pas un enfant consentant. Parce que l'enfant n'a pas de consentement. Parce que l'enfant, il est dans la validation, il veut faire plaisir. Parce que l'enfant, il ne sait pas que ça ne se fait pas. Ce qui était mon cas, il faut en parler. Et ne pas hésiter à dire, moi, je n'ai pas dit non. et pour autant j'étais pas consentante et je pense que toute la culpabilité se boitille là-dessus et personne n'en parle du fait qu'on n'a pas à dire non que l'adulte de toute façon est au courant que l'adulte sait que ça ne se fait pas et que le consentement est biaisé et donc ça m'a mise ça aurait dû me mettre en colère ça a mis en colère l'équipe de mon film ils ont pété un plomb mais alors bien plus que moi ils m'ont dit mais comment tu peux être aussi calme Caroline et je leur ai dit d'abord parce que le parcours de la résilience il est tellement long si vous voulez que ça de plus ça de moins mais c'est surtout que Je crois qu'en moi, il y a eu quelque chose de... Ça m'a donné encore plus la niaque, parce que ça nous montre à quel point il y a encore du boulot. Et moi, ça ne me décourage pas, ça me donne encore plus de force. Voilà, donc je veux vraiment insister là-dessus. Je veux vraiment remettre la honte au bon endroit. Je veux vraiment parler du fait qu'il y a de la prévention pour les auteurs aussi. Parce qu'il y a des pourris, mais il y a aussi des personnes qui sont autrices de ça et qui disent être victimes de pulsions. Et je pense qu'il faut parler de ça aussi. parce qu'en avoir trop honte et ne pas en parler, c'est prendre le risque de ne pas savoir qu'il y a des professionnels de santé qui peuvent entendre ces hommes et ces femmes qui peuvent avoir des pulsions qui sont interdites. Il y a des gens qui se font aider. Il y en a qui sont irrécupérables, on le sait, ça marche comme ça, mais il y en a qui se font aider. Donc je pense qu'il faut réussir à en parler. À la fois, il faut de la colère et de la tristesse, mais il faut aussi montrer d'autres choses parce qu'on ne fera pas avancer les choses dans la rage. On ne donnera pas aux victimes l'envie d'avancer, l'envie d'aller remuer la merde, pardon pour l'expression, l'envie d'aller mettre un coup de pied dans la fourrière de la famille. Si on ne leur dit pas qu'on peut être heureux après, qui a envie de faire ça ? Et moi, ma fille, je l'adore. Elle a donné du sens à tout ce que je fais. Le sens de mon business, le sens de ma vie personnelle, le sens de mes relations. Et je ne regrette rien, même pas ce que mon père m'a fait. Parce que je suis qui je suis aujourd'hui. Et surtout, je me sens chanceuse parce que je sais qu'on est parfois inégaux sur la question de la ressource pour s'en sortir tout seul. Parce qu'on est souvent seul dans le parcours de résilience, même si... J'ai eu des gens formidables autour de moi, mais c'est de la solitude. Et je crois que quand on a eu la chance d'avoir été entendue, ce qui a été mon cas, d'avoir eu un procès, quand on a la chance d'avoir une force, parce que je pense que j'ai une force en moi, et que j'ai pu travailler avec ça, si on a envie de le faire, c'est bien de le partager. Donc c'est l'objectif de tout cet événement, de ce film, et du combat que je vous mène avec et en parallèle de mon business.
- Speaker #1
On partait de Caroline qui arrive, ancienne juriste, etc. Il y a un putain de sens dans tout ça, dans tous ces projets, qui font le lien. Bel exemple. J'ai quand même un petit bout de moi qui me dit qu'il y a des exemples qui sont plus agréables à donner de résilience. Mais c'est un putain de moment de résilience, et la façon dont tu le mets dont tu veux le poser, dont tu veux laisser une trace là-dessus, franchement, même bravo, j'ai l'impression que c'est nul, en fait, tu vois, ça n'a pas de lien, ça ne fait pas lien, c'est juste, ok, tu étais là, comme sans doute plein d'autres enfants ont été là, toi, tu l'as transformé d'une autre manière et c'est extrêmement puissant, en fait. Donc, merci pour ça. Moi, je voudrais juste partager quelque chose là-dessus. Merci. peut-être complètement nul, mais je suis quand même terrée, mais atterrée par le nombre de personnes qui me parlent de cette expérience dramatique-là. Et par contre, ce n'est pas du tout quelque chose dont j'entendais parler, parce qu'en fait, maintenant, j'ai l'impression que ce qui a évolué, en tous les cas, c'est qu'on va en parler presque entre le fromage et le dessert. Et alors, ça prouve bien que la parole se libère. et moi d'un autre côté je suis là entre mon fromage et mon dessert et je prends ça et en fait j'ai tellement pas vécu ce genre de choses que je suis parfois même étonnée tu vois de la facilité d'un côté de la facilité à en parler et en même temps c'est très bien quand on sait qu'on sort et qu'il y en a encore qui sont dans une période où ils sont coupés de ça où ils savent encore pas comment est-ce qu'ils vont pouvoir sortir de ça mais en même temps je me dis tiens c'est étrange parce qu'en fait on se prend ça ... Et moi, j'ai envie de m'offusquer, mais j'ai l'impression que non, en fait, j'ai juste rien à faire d'autre que d'écouter, être navrée de ce qui a été vécu, en fait. Et juste de me dire, OK, écoute, j'ai un podcast, je n'ai pas forcément beaucoup d'abonnés sur ma chaîne YouTube, je n'ai pas 100 000 abonnés encore, mais je pense qu'on va y arriver sur mon LinkedIn. Mais moi, j'ai envie de t'entendre là-dessus et j'ai envie que ça tourne et j'ai envie qu'il y ait du monde aussi le 18 décembre. En tout cas, j'en parle autour de moi. Et voilà, c'est la seule chose à mon échelle que je puisse faire. Parce que j'imagine, sans évidemment avoir rien vécu de ça, mais que c'est une putain de transformation que tu fais et une énergie. quelque chose que tu mets à disposition. En fait, tu mets un bout de toi à disposition des autres. Un bout de ton expérience, un bout de ta vie à disposition des autres. Vous vous en saisissez ou pas, après c'est le choix de chacun. Même si on n'est pas concerné, je trouve que c'est tellement important aussi de s'en saisir parce que peut-être qu'un jour, entre le fromage et le dessert, vous allez entendre quelqu'un qui va vous en parler, ou peut-être pas. Et peut-être que vous, en en parlant, en parlant de ce que vous avez vécu, de qui vous avez rencontré à cet événement ou dans d'autres endroits, ça permettra peut-être à l'autre personne, entre le fromage et le dessert, de vous le sortir.
- Speaker #0
Complètement. Complètement. Et la résilience, elle commence par là. Merci, Elisa. Franchement, tu sais, tu disais, moi, c'est tout ce que je peux faire, mais c'est énorme, en fait, de donner ce temps de parole, d'échanger avec toi, de te voir. Voilà, pour moi, c'est vraiment ultra précieux. Donc, merci infiniment de ta bonté, de ta générosité, de ta présence, de tes questions. Vraiment, c'est... Pour moi, tu es une belle rencontre cette année. Je suis trop heureuse de faire ça avec toi.
- Speaker #1
Pour ceux qui sont en audio, vous ne le voyez pas, mais dans ce petit cas, on se dit que c'est le vidéo du podcast. Vous allez sur ma chaîne YouTube et vous allez regarder. Je ne sais pas. Bon, Caro, merci beaucoup. Et puis, on va mettre tous les liens de tout le monde en commentaire. Donc, allez-y. N'hésitez pas. Vous ne le voyez pas non plus pour ceux qui sont en audio, mais on se fait une petite photo. Souvenir avec Caro, hop, de cet instant. Et on sourit. Et je vous embrasse très fort, Caro. Un dernier message ?
- Speaker #0
Si votre cœur a battu un peu plus fort quand on a parlé de tout ça et que vous pouvez être là le 18 décembre, on serait trop heureux de vous voir.
- Speaker #1
Ah, c'est trop beau. merci beaucoup ravie d'avoir été avec toi pour ce temps là merci encore merci beaucoup Elisa