- Speaker #0
Je vous glisse ici un extrait qui m'a particulièrement émue dans le dernier épisode. Une invitée y partage son histoire avec une sincérité qui fait du bien. L'épisode complet est aussi disponible sur toutes les plateformes de podcast. Alors bonne écoute et à très vite ! La mixité c'est 50%. Parce que parfois on peut se dire,
- Speaker #1
oui il y a une femme donc c'est mixte. En haut d'une organisation, non non, la mixité il faut qu'il y ait 50% partout. Sinon ça ne marche pas, on tombe dans les mêmes travers, dans les mêmes codes. Et on se rend compte que c'est à 50%, vraiment, avec un seuil critique à 35%, qu'on se transforme. En dessous, les femmes ou les hommes, d'ailleurs, s'ils sont minoritaires, vont adopter les codes qui sont majoritaires, en fait.
- Speaker #0
Quand tu dis, en effet, ça transforme tout, évidemment, parce qu'aujourd'hui, au niveau des métiers, par exemple, on a encore des métiers très genrés, et tout ça est même ancestral, avec les hommes plutôt sur les métiers en lien avec les finances, tout ce qui peut être. le pouvoir aussi, et les femmes plutôt sur des métiers du care, du soin, de l'accompagnement, de l'éducation.
- Speaker #1
Oui, tout a été un peu organisé. C'est par construction politique, religieuse et économique. Aux femmes, on a attribué la sphère privée, donc bébés, enfants, malades, personnes âgées, alimentation, potable, le care. Et aux hommes, comme ils étaient libérés de ces contraintes, qui sont vitales et incompressibles, ils ont pu se consacrer effectivement aux sphères publiques, économiques et financières, le pouvoir, comme ils décidaient, c'est cette. partie qui a été valorisée, qui a été rémunérée, qui a été privrisée. Et c'est là où on voit arriver le gros bug, en fait. C'est que pendant des siècles, une moitié de l'humanité a écrit toutes les lois, tous les codes, défini les priorités, les indicateurs, alors qu'elle était déconnectée au quotidien de ce qui est vital pour notre espèce. Et l'autre moitié qui en était responsable en continu n'avait ni voix, ni pouvoir, ni argent pour défendre ses enjeux. Et du coup, on s'est retrouvés dans un monde à l'envers.
- Speaker #0
Et c'est ce qui explique aujourd'hui, comme tu le disais, qu'on peut faire le lien aussi avec les femmes et l'environnement, puisqu'elles le vivent au quotidien finalement.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Comme les femmes sont encore aujourd'hui majoritairement et massivement en charge du cœur dans le monde entier, j'ai pris les chiffres de l'INSEE sur le temps consacré aux femmes et par les femmes et par les hommes aux charges domestiques et parentales. Et sur une journée, c'est 3h12 pour les femmes et 1h10 pour les hommes. Donc on se dit que ce n'est pas tellement d'écart. Et en fait, sur une vie active, si on l'extrapole, ça équivaut à 12 ans d'écart. Et 12 ans, c'est gigantesque. Ça veut dire 12 ans pour les femmes de carrière, de loisirs, d'engagement politique, de rémunération en moins. Et pour les hommes, ça veut dire 12 ans d'expérience du care en moins, 12 ans d'expertise et de connaissance sur les besoins primaires de notre espèce en moins, 12 ans avec leurs proches en moins. Donc tout le monde y perd. Et comme les femmes sont massivement en charge du care, qu'elles ont les mains dedans, elle voit. ce lien avec l'environnement, ça fait concrètement partie de leur quotidien. C'est pour ça qu'elles agissent, qu'elles protègent, qu'elles préservent dans le monde entier l'environnement. Les femmes, partout, quand on regarde, sont plus éco-conscientes, plus éco-responsables, sont locomotives de l'impact, mais partout. C'est pas parce qu'elles sont meilleures que les hommes, ça n'a rien à voir, c'est parce qu'elles sont en charge des besoins primaires de notre espèce, et donc elles voient le mur arriver. Alors qu'on sait que c'est le genre qui fait Merci. qu'on va protéger davantage l'environnement. Dans le monde entier, dans l'économie, dans la politique, dans l'agriculture, dans l'entrepreneuriat, au sein des grands groupes, plus il y a de mixité, plus l'environnement est protégé. Et dans le monde entier, vraiment partout.
- Speaker #0
Et les hommes dans tout ça ? Comment faire pour les embarquer ?
- Speaker #1
Oui, en fait, quand il y a de la mixité, on se rend compte que la notion de pouvoir est complètement différente. Parce que je rencontre beaucoup de femmes qui me disent « Mais moi, le pouvoir, ça ne m'intéresse pas. » Bon, moi non plus, tel qu'il est exercé là, ça ne m'intéresse pas. Mais par contre, on se rend compte que quand il y a de la mixité, c'est une autre forme de pouvoir. C'est un pouvoir avec, ce n'est pas un pouvoir sur les autres. On se rend compte aussi que quand il y a de la mixité, il y a un autre rapport à l'argent, il y a une autre façon de collaborer. Vraiment, tout est transformé. Et du coup, pour arriver à faire en sorte qu'à embarquer les hommes, déjà, ils ont tout intérêt. Parce que dès qu'un homme prend la parole sur l'égalité, la mixité, sur ces sujets-là, il est très valorisé. Parce qu'on a vraiment besoin des hommes sur ces sujets-là et leur parole est encore aujourd'hui beaucoup plus valorisée. Et donc, on a besoin des hommes pour y aller. L'égalité, ce n'est pas l'apanage des femmes. Ça nous concerne toutes et tous parce qu'on a toutes et tous à y gagner, en fait, en termes de protection de l'environnement, de paix, de bonheur. On sait que plus il y a de mixité, plus tout ça est là. Donc, les hommes ont vraiment intérêt à y gagner aussi. Et pour les embarquer, notamment dans les filières du CAIR, parce qu'il faut plus de femmes dans la tech, dans les finances, dans les sphères de pouvoir, mais il faut aussi plus d'hommes dans le CAIR. Parce que du coup, ça fait aussi plus de liens avec les besoins primaires de l'humanité et donc plus les pieds sur terre quand on prend les décisions. Et pour ça, il faut faire comme certains pays, comme la Nouvelle-Zélande ou le Canada, qui ont revalorisé les filières les plus féminisées. Parce qu'on se rend compte que plus une filière se masculinise... plus elles se revalorisent et inversement, plus une filière se féminise, plus elle s'appauvrit. Par exemple, en Nouvelle-Zélande, elles ont regardé en termes de risques, en termes de compétences, en termes de diplômes, en termes de responsabilités, les filières, par exemple, comme policier, les filières comme sage-femme pour arriver, ou ingénieur et sage-femme. Et ils sont arrivés à la conclusion que ça devrait être payé pareil. Et ça a été revalorisé. Et ça, ça change tout.
- Speaker #0
Tout à fait, de façon à ce que les uns comme les autres puissent aller vers l'un ou l'autre. et pas forcément selon son genre, mais selon ses souhaits et ses aptitudes finalement.
- Speaker #1
C'est ça, plus il y a de mixité, plus les cases s'éclatent et plus on peut être soi-même.
- Speaker #0
Et en plus, comme tu dis, les hommes ont tout à y gagner parce que finalement, ils sont aussi victimes du système dans lequel on est aujourd'hui.
- Speaker #1
Tout à fait. Alors nous, en tant que femmes, on s'en rend plus facilement compte puisque le monde a été construit pendant des siècles uniquement par des hommes. Je parle des structures, je ne parle pas du fonctionnement, mais vraiment des structures. Donc le monde économique, le monde politique, législatif. Et donc ça a été fait par des hommes, pour des hommes en fait. Et donc ils s'y retrouvent un peu plus, mais ce sont quand même des cases très fermées, très virilistes, ce qui ne correspond pas à une grande majorité des hommes et notamment encore plus chez les jeunes. Et nous on nous a tellement mis dedans en chausse-pied qu'on voit que ça ne fonctionne pas, donc on a tendance à s'en dégager plus facilement de ces cases-là. Mais plus il y aura de mixité, plus ça libérera aussi les hommes de toutes ces injonctions, de tout le masculinisme. Ça leur permettra d'être eux-mêmes aussi.
- Speaker #0
Et en même temps, on a peur du changement. En effet, si les hommes perdent ce pouvoir, pendant quelque temps, ça peut être compliqué. Parce que le système peut résister aussi.
- Speaker #1
Oui, là, il résiste bien.
- Speaker #0
C'est vrai.
- Speaker #1
C'est pour ça qu'il y a un tel retour en arrière aussi. Le problème, c'est qu'on a un point de bascule maintenant. C'est-à-dire, plus les crises vont s'aggraver, plus les droits des femmes... vont reculer, plus la mixité va reculer. C'est ce qu'on vit. Et plus ce sera difficile de s'en sortir, puisque la mixité est vraiment la source et la solution mère de toutes les crises qu'on vit. Donc, c'est maintenant qu'il faut agir. Et oui, il peut y avoir des périodes de transition parfois inconfortables, parce que passer de 100% du pouvoir au 85% du pouvoir à 50%, oui, c'est inconfortable, c'est vrai. Mais c'est aussi ce qui aurait dû se passer depuis le début. Et ce qui se passait d'ailleurs avant la sédentarisation. C'était égalitaire. C'est parce qu'en fait, on a peur. que quand on agit pour les femmes ou quand on agit pour la mixité, on va agir contre les hommes. On a toujours cette petite musique en tête. Et ça, c'est assez catastrophique, c'est dévastateur même. Parce que quand on n'a pas de problème pour faire des programmes pour les jeunes, pour les talents des quartiers, pour les seniors, pour les femmes, on a toujours l'impression que ça va être contre les hommes. Et du coup, on n'agit pas. Alors que quand on agit pour les jeunes, on n'agit pas contre les seniors. Et au contraire, c'est même prouvé, quand on agit pour les femmes, on agit pour la mixité. Et donc, pour les hommes et les enfants, toute la communauté en bénéficie. tout le monde a un intérêt. L'absence de bon sens dans lequel on vit aujourd'hui fait qu'au contraire on s'en éloigne.
- Speaker #0
Selon toi, par exemple, quel serait le monde idéal en 2050 ? Si en effet la mixité, pour donner un petit peu d'espoir et envisager justement, inspirer par rapport à ce que peut donner la mixité dans 10, 15, 20 ans, lorsqu'elle sera instaurée. Alors selon l'ONU, ce n'est pas prévu en moins de 300 ans, donc si on ne se bouge pas drastiquement, c'est mal barré.
- Speaker #1
Et donc on se rend compte que dans ces sociétés, le point commun c'est une représentation équilibrée entre femmes et hommes partout, donc en politique, dans l'économie, dans la culture, tous les domaines, c'est femmes plus hommes ensemble. C'est un vote par consensus, donc ce n'est pas la loi du plus fort. Au contraire, on se rend compte que dans ces organisations-là, celle ou celui qui dirige, ce n'est pas celui ou celle qui a créé le plus fort, mais celui ou celle qui est capable de prendre le plus soin des autres. C'est comme ça, dans une société égalitaire, on n'a pas de Trump, on n'a pas de Poutine, on a des personnes qui prennent soin.
- Speaker #0
Ce n'est pas des rapports de force.
- Speaker #1
Ce n'est pas des rapports de force. D'ailleurs, la violence est bannie. Donc, les conflits sont bannis. Il n'y a pas de... Selon l'anthropologue qui a étudié notamment les sociétés comme ça, qui s'appelle Eide Götner à Ben Drott, elle dit qu'il n'y a pas d'absence de consentement. Il n'y a pas de viol, par exemple. Ce sont des sociétés qui mettent au cœur l'environnement, donc qui protègent énormément le vivant, notre habitat, en fait.
- Speaker #0
Il n'y a pas de guerre non plus.
- Speaker #1
Non, parce qu'on sait que plus il y a de mixité, plus ils accordent... Les pays de paix sont signés rapidement, plus ils durent longtemps, mieux le pays se reconstruit. On le sait, l'ONU a fait des pieds et des mains pour qu'il y ait davantage de femmes dans les accords de paix. Or aujourd'hui, on est toujours à 90% des négociations qui se déroulent sans aucune femme. Or qu'on sait que la mixité fait que la paix est là. Et aujourd'hui, on parle de guerre partout sans mettre de femmes. On regarde, c'est que des photos d'hommes. Donc oui, c'est un monde en paix aussi, où les habitants sont beaucoup plus heureux. Quand on regarde, j'ai comparé les indicateurs sur le bonheur, sur la protection de l'environnement. Et sur l'égalité, on se rend compte que les pays les plus égalitaires sont aussi les plus heureux et ceux où l'environnement est le plus protégé.
- Speaker #0
Les pays les plus riches, non, ils ne sont pas plus heureux du tout. Et je pense qu'on en a l'exemple aujourd'hui quand on voit comment ça se passe aujourd'hui aux États-Unis ou même comment aujourd'hui c'est compliqué chez nous. aussi, c'est d'une journée de grève, finalement, de femmes. Raconte-nous un petit peu comment tu envisages les choses par rapport à ça.
- Speaker #1
En fait, j'ai vraiment retourné les choses dans tous les sens. Je me suis dit, mais comment on peut faire pour instaurer la milicité ? Je suis tellement convaincue par les chiffres et par les études que c'est la solution. Comment on peut faire ? Et il y a cette journée en Islande qui a été incroyable il y a 50 ans, en 1975, il y avait... Ce n'était pas du tout un pays égalitaire. Il n'y avait que 5% de femmes députées à l'époque. Sauf que les Islandaises, un jour, ont dit stop. Donc 90% d'entre elles, c'est un petit pays, mais quand même, ont dit stop et ont tout arrêté au niveau professionnel et personnel. Donc tout le pays était bloqué, en fait. Et ça a été radical. Parce que quelques mois plus tard, il y a eu une loi sur l'égalité. Cinq ans plus tard, a été élue la première femme chef d'État au monde. Et depuis, l'Islande est toujours le pays le plus égalitaire. L'un des pays où l'environnement est le plus protégé et où les habitants sont les plus heureux. Parce que c'est lié. et donc je me suis dit en fait la seule solution pour moi en tout cas pour instaurer la mixité et donc enclencher les transformations nécessaires à notre survie, parce qu'on parle de notre survie quand même c'est de faire une journée comme en Islande donc toutes les femmes qui le peuvent pendant une journée s'arrêtent au niveau professionnel et personnel 24h sans rien faire donc il faut imaginer les crèches les écoles, les entreprises les administrations, les hôpitaux Tout ça, à la maison, l'alimentation, les repas, les bébés, les enfants, les personnes âgées, malades. Parce que le caire est incompressible, en fait. Si les hommes s'arrêtaient une journée, effectivement, l'économie, la politique s'arrêtent une journée. Mais bon, voilà, comme un jour férié. Si c'est les femmes, c'est le chaos absolu. Et donc, souvent, on me dit, oui, ça serait la fin du monde. Et moi, je pense que ça serait la fin de ce monde. Ce serait la fin de ce monde si on en profite pour réclamer les mesures que j'ai évoquées tout à l'heure, donc les quotas, partout. L'égal conditionnalité, c'est-à-dire pas d'argent public dépensé s'il n'y a pas d'égalité en face. Et un congé deuxième par an, c'est-à-dire qu'à la maison, c'est égalitaire aussi. Ce qui veut dire qu'ensuite, dans la société, c'est égalitaire, au sein du couple, c'est égalitaire, etc. Si on arrive à le faire, ça peut vraiment tout transformer. C'est une question de volonté. Ce n'est pas non plus une question d'argent, parce que là, 2700 milliards d'euros qui ont été dépensés sur l'armement l'année dernière,
- Speaker #0
à mixité, ça coûterait moins cher. Et le soin à l'environnement aussi. Ça va ensemble. donc c'est vrai que cette journée permettrait une prise de conscience Cet extrait vous a plu ? L'épisode complet est aussi disponible sur toutes les plateformes de podcast Kenavo et Belles Écoutes