Speaker #0Hello et bienvenue dans Émancipation Féminine. Je suis ton hôte Delphine, accompagnante féministe. J'interviens aussi en entreprise sur les sujets d'équité. Si t'es fatiguée de tout porter, si t'as appris à sourire en se roulant les dents ou à faire semblant que tout va bien au taf, t'es au bon endroit. Ici, on parle de ce qui fait mal, de ce qui fait sens et de ce que toise. Pas à dire tout haut. Je vais commencer cash cet épisode, on va pas passer par 3000 chemins. J'ai vraiment envie de te déposer que le dev perso et le coaching de base, qu'il soit pro-perso, c'est une putain d'arnaque pour les femmes. Ouais, c'est une arnaque. Pendant des années... On a pris des femmes intelligentes, compétentes, qui bossent, qui tiennent des équipes, qui gèrent des budgets, qui savent exactement ce qu'elles font, des meufs qui créent des boîtes. Et on leur a vendu l'idée qu'elles avaient un problème. Je sais, je ne vais pas me faire des amis là, mais genre le syndrome de l'imposteur. Ce truc qui sonne tellement scientifique. et qu'on se dit « mais oui, c'est vrai, c'est exactement ça que j'ai » . Sauf que non, ce n'est pas ça que tu as. Ce qu'on a fait, c'est renommer les choses. On a pris la prudence des femmes et on l'a appelé manque de confiance. On a pris la lucidité des femmes et on l'a appelé syndrome. On a pris le silence stratégique des femmes et on l'a appelé la peur de s'affirmer. Et du coup, devine ce qui s'est passé. Des milliers de femmes se sont mises à chercher ce qui clochait chez elles, à lire des bouquins sur la confiance en soi, à faire des exercices devant leur miroir, à se demander pourquoi elles n'arrivaient pas à juste oser, alors qu'en vrai elles le savent déjà. Elles savent exactement pourquoi elles ne disent rien. En fait, elles calculent. Et c'est de ça que je voudrais qu'on parle aujourd'hui. Quand une femme arrive chez moi en accompagnement, voire même en appel découverte, avant même l'accompagnement, l'appel découverte ça se dit déjà. Au début on dit toujours la même chose. Je me sens illégitime, j'ai un manque d'estime de moi, j'ai un manque de confiance en moi, j'ose pas faire les choses. C'est généralement comme ça que vous arrivez jusqu'à moi, souvent. souvent vous avez déjà testé plein de choses depuis beaucoup d'années et pour autant ça change pas vous avez essayé le coaching syndrome de l'imposteur le même la sofro que je propose vous avez essayé tout ça mais il manque toujours un truc moi je fais comme toute accompagnante je te demande de me déposer donc je dis vas-y raconte moi et en général ça donne un truc comme ça par exemple si c'est Une indépendante, elle va me dire « je suis indépendante depuis X mois, X années, ça marche bien, mes clientes sont contentes, mais j'ai un problème. Je dois augmenter mes tarifs vraiment parce que mes charges ont explosé, parce que je ne compte plus les heures, parce que ce que je vaux, ce n'est pas ce prix-là. Je le sais, mais je n'arrive pas à l'annoncer à mon client principal. J'ai peur qu'il parte, qu'il me dise non. J'ai peur de passer pour une profiteuse. » Du coup, je repousse. Et plus je ressous, plus je repousse, plus je me sens légitime. C'est pas normal, non ? Je devrais juste oser. Je devrais juste envoyer ce mail. Et moi j'aime bien quand tu déposes un truc comme ça avec moi. Je te dis vas-y, on reprend tout ça depuis le début. Et maintenant je t'invite à regarder qu'est-ce que ça fait dans le corps. Qu'est-ce que ça racontait en fait dans la tête ? Au moment où t'as failli lui envoyer le mail avec ton nouveau tarif. Là, en général, le discours, il change. Ça va être quelque chose du style « En fait, ce client, en vrai, c'est 40% de mon chiffre d'affaires. Si je perds ce client, je perds 40% de mes revenus. J'ai mon loyer à payer, j'ai mes cotisations et j'ai pas de gros contrat signé pour le trimestre prochain. Donc si lui, je le perds maintenant, je suis dans la merde. Et vraiment dans la merde. » Alors, je me suis dit que je vais attendre le beau moment. Donc tu vois bien que ce qui vient de se passer... Ce n'est pas un manque de confiance. Ce que cette cliente fait, elle fait juste un calcul. Un calcul hyper précis, hyper rapide, hyper lucide. Et ce calcul, c'est une compétence. Elle a évalué le risque. Elle a vu qu'elle dépendait trop de ce client. Elle a vu qu'elle n'avait pas de filet de sécurité. Et elle a décidé inconsciemment... que c'était trop dangereux. Et ce n'est pas parce qu'elle doute d'elle, c'est juste parce qu'elle a besoin de bouffer. Imagine, visualise avec moi. Tu es cette cliente. Tu ouvres ton ordi. Tu crées un nouveau mail. Destinataire, ton client. Objet, actualisation tarifaire. Tu commences à taper. Bonjour. suite à notre collaboration de ces trois derniers mois, ces trois dernières années. Je souhaite rééchanger avec vous sur mes tarifs. Et là, tu t'arrêtes parce que dans ta tête, ça commence. Et s'il me dit non ? Et s'il me dit que c'est trop cher ? Et s'il compare avec quelqu'un d'autre et qu'il se barre ? Et s'il me dit ok, on va travailler avec quelqu'un d'autre alors ? Ton cerveau se met à calculer. Pas de manière consciente, pas de manière posée. Il analyse juste le risque. Il fait une analyse de risque instantanée. Il se dit, moi j'ai besoin de cette facture le mois prochain. J'ai déjà refusé deux missions cette semaine parce que j'étais folle justement sur le projet de ce client. Si je le perds, je vais galérer. Et du coup, qu'est-ce que tu fais ? Tu fermes le mail, tu le mets en brouillon, voire tu le supprimes et tu te dis, je vais attendre encore un peu. Et après, toi tu te prends la tête toute la soirée. Et pourquoi je n'arrive pas à le faire ? Et pourquoi juste je n'envoie pas cette email ? » Et la réponse que tu te donnes en général, c'est « slash parce que je manque. » Hashtag « je manque de confiance en moi » . Et ce n'est pas vrai. Tu vas ouvrir ton putain d'instar et tu vas avoir des coachs qui ne te parlent que de ça. En vrai, ce n'est pas vrai. Ce qui s'est passé, c'est que ton cerveau a évalué le danger. Il a décidé que ça, c'était trop risqué. Et ça ne veut pas dire que tu es une trouillarde, une peureuse ou que tu manques de confiance en toi. C'est juste que tu es une indépendante qui dépend de son chiffre d'affaires pour vivre. Et le truc, c'est que personne ne veut te dire ça. Personne ou très peu. Parce que si on dit ça, ça veut dire qu'il faut parler de dépendance économique. Ça veut dire qu'il faut parler de précarité. Ça veut dire qu'il faut parler de rapport de pouvoir entre un client et une indépendante. Et ça, c'est chiant. C'est moins vendeur. Alors, on a trouvé une solution beaucoup plus simple. On te fait croire que le problème, c'est toi. Que si tu n'oses pas augmenter tes tarifs, c'est parce que tu manques de confiance en toi. Que si tu as peur de perdre ton client, c'est parce que tu ne connais pas ta valeur. Que si tu repousses, c'est parce que tu as un problème d'assertivité. Et du coup, devine ce qui se passe. Tu continues à bosser au même tarif et toi, tu penses que c'est toi qui dois changer. Donc tu achètes... des livres sur comment oser, comment parler en public, qu'est-ce que je sais, comment dépasser son syndrome de l'imposteur. Tu fais des exercices pour connaître ta valeur. Tu te forces à envoyer une mail. Parfois ça marche, tu l'envoies, le client dit oui, ouf ! Et parfois il dit non. Il te dit c'est trop cher. Ou il te dit je vais réfléchir. Ou pire, il quitte la relation pro. Et là tu dis voilà, j'avais raison d'avoir peur. Et le cycle va recommencer. Ce que ton corps essaie de te dire, écoute bien. Parce que c'est là que c'est fini aussi tout ça, c'est corporel. À force d'encaisser, à force de repousser, à force de calculer en permanence si tu peux te permettre ou pas, ton corps il commence à parler à ta place. Ça commence doucement. Tu vois cette petite fatigue qui traîne, la boule au ventre quand tu penses à ce client, une tension dans la mâchoire quand tu ouvres tes factures ou dans les épaules. Tu dis, c'est normal, je suis stressée, je suis indépendante, tout le monde est stressé dans l'entrepreneuriat. Sauf que ça empire, tu dors mal, donc tu deviens irritable, tu pleures pour rien. Là, tu te dis, c'est parce que j'ai pas assez dormi ou alors parce que je suis trop sensible, émotive. Bah non, c'est juste ton corps qui essaie de te dire, là, ça fait longtemps que tu te soupes et meuf. Et ton corps, lui, il ment pas, il te dit qu'il y a un décalage. Et le décalage, c'est entre ce que tu vaux et ce que tu acceptes. Et ce que tu factures entre ce que tu veux même et ce que tu acceptes, entre ce que tu es et ce que tu montres. Et tant que tu te racontes que c'est toi le problème, tu continues. à chercher comment mieux encaisser. Tu fais du yoga, tu médites, tu fais de l'asophro. Mais pas de l'asophro avec Delphine. Pas de l'asophro féministe. Tu prends des compléments alimentaires. Tout ça pour tenir. Mais la vraie question, c'est pas comment tenir, meuf ? La vraie question, c'est pourquoi j'accepte de travailler en dessous de mon tarif. Et en vrai, c'est structurel tout ça. Et c'est pas un... un petit épisode de podcast comme ça qu'on va démanteler. Tout ça, là, c'est un système qui est malade. Ce système qui n'a pas envie d'être nommé, encore une fois, c'est le capitalisme, c'est le patriarcat. La solution, ça serait bien évidemment de dézinguer le système. Mais le système ne veut pas être dézingué. Donc, tout un chacun, tous ceux en tout cas qui sont au pouvoir, fait tout pour maintenir ce système. Ils se disent que c'est plus facile... d'individualiser des problèmes plutôt que de travailler sur la systémie du problème et donc de faire un nouveau système. Donc les femmes pro ne manquent pas de confiance, bordel. Elles ont juste appris à évaluer le coût de chaque geste. Elles savent exactement ce qu'elles risquent. Et pendant qu'elles font ce calcul, le dev perso leur explique qu'elles ont un syndrome, qu'elles doivent travailler sur elles, qu'elles doivent oser. Mais oser quoi ? Oser perdre un client qui représente 40% de ton chiffre d'affaires ? Oser se faire virer ? Oser se griller ? Ce n'est pas de l'audace qu'il te faut, c'est de la clarté. Savoir ce que tu protèges vraiment et décider si le prix que tu paies en vaut encore la peine. Alors je te pose la question, si ce n'est pas un problème de confiance, qu'est-ce que tu protèges quand tu te tais ? C'est quoi ? Un lien ? Une relation ? Un positionnement ? La vraie question, c'est à quel prix en fait ? Quand tu te protèges, quand tu te tais, c'est à quel prix ? Si ce n'est pas un problème de confiance, qu'est-ce que tu protèges quand tu te tais et à quel prix ? Parce que tant que tu crois que c'est toi le problème, tu continues à encaisser. Et ton corps lui, il compte. J'ai créé un petit quiz de deux minutes, vraiment deux minutes. Le quiz à quel prix ? Je le mets en description. Juste va le faire, meuf. Merci pour ton écoute. Tu sais déjà comment refaire. Abonne-toi, mets 5 étoiles et partage cet épisode. C'est ça qui fait grandir le podcast. Moi je reste là. Je continue à parler fort pour celles qui n'osent pas encore. Je te dis à très vite. Et d'ici là, respire et surtout secoue les règles du jeu.