- Speaker #0
Hello et bienvenue dans Émancipation Féminine. Je suis ton hôte Delphine, accompagnante féministe. J'interviens aussi en entreprise sur les sujets d'équité. Si t'es fatiguée de tout porter, si t'as appris à sourire en se rôlant les dents ou à faire semblant que tout va bien au taf, t'es au bon endroit.
- Speaker #1
Ici, on parle de ce qui fait mal, de ce qui fait sens et de ce que tose. Pas dire tout haut.
- Speaker #0
Hello et je suis ravie, Magali, de t'accueillir dans le podcast Émancipation féminine. J'espère que tu vas bien. Est-ce que tu peux nous dire qui tu es aujourd'hui ? Donc, l'idée, c'est de te présenter, pas forcément par ton job. C'est un exercice. Tu te présentes comme tu veux, si possible, sans parler de ton job.
- Speaker #1
Si possible, sans parler de mon job.
- Speaker #0
Oui, oui. On va pour cette première question. Après, on y arrivera.
- Speaker #1
C'est un beau défi. Parce que c'est vrai qu'on a une petite tendance, ou j'ai une petite tendance de me présenter par mon job. L'inconvénient, c'est que je n'ai pas forcément le droit de le faire. Donc, qui je suis ? Qui je suis ? Je suis une femme de plus en plus libre. C'est comme ça que je peux dire, je suis une femme de plus en plus libre. Oui, tu vois, ça me court-circuit de ne pas parler de mon job, puisque je vois que j'ai tendance à partir un petit peu là-dedans. Mais je suis quelqu'un en recherche de prendre pleinement ma place. Et en ce moment, on va dire vraiment dans ma vie, en ce moment... C'est vraiment la réflexion autour de la place féminine. C'est pour ça que finalement, on va faire résonance toutes les deux. Et c'est vraiment la place de la femme, la place de la mère, puisque je suis maman, de grand garçon maintenant. Et tu vois, c'est vrai que mon réflexe, ça serait de me présenter soit par mon boulot, soit par le fait que je sois mère. Mais tout fait partie de moi. C'est pour ça que j'ai l'impression d'occulter une partie de moi en me présentant, finalement.
- Speaker #0
Tu peux le dire. Vas-y, si ça te brûle les lèvres, tu peux dire ce que tu veux.
- Speaker #1
Tu vois, c'est vraiment ça. Finalement, aujourd'hui, je travaille à partir de qui je suis. Donc, il fait que ça fait partie de moi, au même titre que tout le reste. Et aujourd'hui, j'ai des pas dans ma vie qui vont dans la même direction. que ce soit la mère, que ce soit la femme, que ce soit la pro. Donc, c'est indissociable pour moi. Et alors, c'est magnifique.
- Speaker #0
Voilà, c'est magnifique. Bravo pour l'exercice. Tu peux te lâcher maintenant. Magali, dis-nous tout, que fais-tu, s'il te plaît ?
- Speaker #1
C'est toujours compliqué parce que je suis thérapeute. Donc, ça relève... plus de la psychothérapie que les massages puisque quand je dis que je suis thérapeute parfois on me demande si je fais des massages ce que je ne fais absolument pas et surtout la partie que j'aime vraiment beaucoup dans mon travail c'est la supervision de coach et de thérapeute ah j'adore c'est ma zone de génie ce bout là c'est ma zone de génie et c'est ce qui réunit finalement les deux j'ai été prof pendant 20 ans ok et la thérapie ça équivaut finalement ça mène tout tranquillement pas vite à la supervision et c'est vraiment cet espace là que j'aime vraiment beaucoup génial,
- Speaker #0
ça veut dire quoi du coup pour toi travailler et comment ça s'est comment ça a évolué dans ta vie parce que j'entends que t'es prof,
- Speaker #1
c'est une partie de la réponse ça veut dire quoi travailler ? bon moi je suis prof dans mes cellules Je suis propre dans mes cellules. Quand j'étais petite, j'avais décidé que je serais maîtresse. Donc, je pensais à partir du moment où j'ai commencé à parler, c'était ça. Mais que je serais aussi docteur de l'âme. Donc, dès le départ, j'avais décidé en somme d'être prof et psy. Et j'ai eu plusieurs essais. Je me suis retrouvée prof de français et de lettres en première et terminale pendant 20 ans. J'ai pu commencer des études de thérapie. Je pensais faire les deux en même temps parce que ça me semblait être complètement adéquat. Un mi-temps de prof, un mi-temps thérapie. La supervision en ce moment-là n'était pas du tout... dans les cahiers. C'est arrivé très vite, mais ce n'était pas dans les cahiers. Et puis, ça ne s'est pas passé comme ça. Ça ne s'est pas du tout passé comme ça, parce que, je peux le dire effectivement tout à fait ouvertement, l'éducation nationale, je ne sais pas comment dire, est allée au-delà de... Enfin, je suis allée au-delà de mes possibilités dans l'éducation nationale. Et donc... Au départ, je voulais vraiment pouvoir apporter la thérapie dans cet espace, non pas avec les élèves ou les étudiants, mais peut-être plus en formant les collègues sur les systèmes relationnels, sur la posture d'autorité, tu vois, tous ces petits bouts-là. Et non, finalement, non, pas du tout. Et ça s'est soldé par un burn-out absolument magnifique. Il me restait deux heures de cours, je n'ai pas pu les faire.
- Speaker #0
Ouais, violent. C'était beau comme ambition de vouloir ramener ça et ça aurait ramené tellement d'humanité dans l'éducation nationale.
- Speaker #1
Oui, je l'ai fait en partie. Tu vois, d'un moment donné, ça s'est quand même chevauché. Et je me suis retrouvée quand même aussi avec une difficulté, c'est que j'avais des élèves qui, pendant les intercours, me livraient des choses tellement lourdes. Moi, j'avais ma posture d'autorité prof. Même si j'avais certaines connaissances, je ne pouvais pas intervenir avec une autre casquette. Donc, il y a aussi un bout, si tu vois, de frustration, de me dire, waouh, là, il y a du lourd. Hormis un moment qui correspondait à une jeune fille qui m'a dit que sa copine allait se suicider. Elle ne savait pas quoi faire. Donc, ça, j'ai pu la guider vraiment. Mais bon, pour le reste, non. Et puis, au niveau de la prof que je pouvais être, tout à l'heure, un petit peu avant, on parlait de perfectionnisme. Je me suis pris le mur et pas qu'à moitié. Et là, ce n'était plus possible pour moi et ça n'avait plus de sens. Finalement, l'élément qui a fait basculer les choses, c'est la dernière réforme du lycée. Et moi, je l'ai toujours dit que j'arrêterais. le jour où je ferais du mal à mes élèves, et là, moi, j'avais vraiment cette sensation-là. Donc, c'était stop, et je ne regrette absolument pas.
- Speaker #0
Elle consistait en quoi ? Alors, peut-être que tout le monde n'est pas au fait de... Qu'est-ce que ça représentait pour toi, en tout cas avec ta vision de prof à l'époque ? Ça représentait quoi, cette dernière réforme du lycée ? Toi, peut-être en tant qu'enseignante, est-ce que tu voyais peut-être venir pour les étudiants aussi, si tu as envie d'en parler ?
- Speaker #1
Un encens total. D'ailleurs, beaucoup de personnes ont... Elle a été refusée par un certain nombre d'instances. Et c'était un encens parce que j'avais cette impression de ne plus pouvoir créer un esprit pensant, aider les élèves à vraiment savoir comment argumenter, le repérer quand l'autre argumente, tu vois, tous ces petits bouts-là. qui pour moi était importante, ma matière était importante, mais ce qui était important, c'est de réussir à faire en sorte qu'eux comprennent que quand ils utilisent des mots, ou quand en face il y a quelqu'un qui utilise des mots, il y a quelque chose derrière, et que le mot représente la personne qui l'emploie, quel que soit le mot d'ailleurs. Donc moi, je prenais beaucoup de temps auparavant à leur montrer ça, pour leur prendre conscience que... leur faire prendre conscience qu'ils peuvent être eux au travers de leurs mots et que des mots d'emprunt, ce n'est pas forcément l'idéal, etc. Et là, ce n'était plus possible. Ce n'était plus possible, il n'y avait plus les mêmes exercices, donc ça ne composait pas la pensée, en tout cas de ma fenêtre. Tu vois, maintenant, la réforme a toujours lieu, ils ont réajusté deux, trois trucs, mais elle a toujours lieu. Mais de ma fenêtre, c'est ça que ça faisait. et Et moi, je perdais aussi beaucoup en liberté pédagogique. La liberté est quelque chose d'important pour moi.
- Speaker #0
Oui, tu l'as dit du coup en début d'épisode, que tu t'es définie par ce mot, que tu étais une femme de plus en plus libre. Donc j'imagine combien, comment ça devait être frustrant. Et du coup, tu as ces cours que tu n'as pas pu finir, ces deux dernières heures. Tu ne l'as pas senti arriver, le burn-out, je suppose, comme beaucoup de personnes ?
- Speaker #1
Non. je ne l'ai pas senti arriver aujourd'hui, je sais Aujourd'hui, je sais qu'il est arrivé bien plus tôt.
- Speaker #0
Bien sûr, les signes, tu ne les vois qu'après coup.
- Speaker #1
Je ne les vois qu'après coup et je pense qu'en plus, j'étais dans la phase finale du burn-out, donc la phase de « de toute façon, ça va passer » , la phase de toute puissance, où moi, je n'étais plus capable de m'en rendre compte. J'y suis retournée la rentrée d'après, d'ailleurs, en me disant que c'est le moment de la réforme. Ça, c'était juste avant la réforme. Là, c'est le moment de la réforme, donc il faut que je prenne le train, parce que sinon, je ne vais pas pouvoir. pouvoir le prendre. J'ai dû me le prendre en pleine vigueur, je pense. C'était pas forcément prévu au programme. Voilà. En me disant, de toute façon, j'ai toujours réussi à trouver de la liberté dans le cadre. Je vais pareil, tu vois, je vais retrouver. Mais la perte de sens, il n'est plus question de liberté quand il y a perte de sens. Et ensuite, j'étais en première et terminale. Ça demande énormément de travail. À côté de ça, j'avais pas mal de missions aussi au rectorat. Je faisais passer le bac. Tu vois, tous les éléments. En première, il y avait le bac. En terminale, il y avait le bac puisque c'était en littérature. Donc, c'était que ça. Donc, j'avais une quantité de copies en continu. Et je t'avoue que les week-ends et les vacances, je ne savais pas trop à quoi ça ressemblait. qui fait qu'aujourd'hui, on ne touche plus à mes week-ends, d'ailleurs, au passage.
- Speaker #0
J'aime beaucoup travailler ça avec les femmes que j'accompagne pour pouvoir reposer des limites saines pour soi, en fait. Et pour les autres, à partir du moment où on pose des limites pour soi, ça bénéficie à tous ceux qui nous entourent de près ou de loin, de toute façon. Totalement. Oui, j'imagine que là, bac français plus bac littérature, ça devait être une charge phénoménale. Oui,
- Speaker #1
c'est une charge phénoménale. et en plus Moi, j'étais en formation de thérapeute. Ah,
- Speaker #0
écoutez, waouh. D'accord. Tu n'avais pas lâché ce... Déjà, c'était hyper ambitieux de vouloir faire les deux à côté. Mais du coup, ça faisait aussi... Pendant ces années-là, tu étais aussi en train de te former. Oh, ouais.
- Speaker #1
J'étais en formation, et formation plutôt demandante. Donc, effectivement, ça faisait quand même déjà pas mal de choses. Mais c'est vraiment l'élément de... C'est l'importance des valeurs aussi. Et là, les valeurs au niveau de l'éducation nationale ne me correspondaient plus trop. Et tu vois, je ne sais pas, à ce moment-là, tu m'aurais posé la question, je n'aurais pas pu te répondre. Mais aujourd'hui, je pense que j'avais l'esprit entrepreneurial déjà à ce moment-là. Moi, je n'ai pas d'entrepreneur dans ma famille, donc je n'ai pas... J'ai des profs. Je ne sais pas ce que je connaissais vraiment. Mais finalement, je trouve que l'esprit entrepreneurial me correspond bien plus.
- Speaker #0
Du coup, tu as eu comment ce déclic, comment c'est arrivé ? Donc, si je reprends le fil, avant que tu aies ce déclic entrepreneurial, il y a cette phase de burnout, cette phase où tu t'arrêtes. Tu étais aussi toujours en formation de thérapie. Qu'est-ce qui se passe à ce moment-là pour toi, pour ta vie, peut-être pour ton couple, ta famille, en tout cas du moins professionnellement ? comment tu t'arrêtes, comment tu repars, qu'est-ce qui se passe pendant ce laps de temps, parce que là, ça t'a coûté énormément. Quand on fait un burn-out, c'est le mental, c'est le corps, c'est la force de soins. C'est tout. C'est la globalité de l'être qui prend cher. Oui,
- Speaker #1
prendre cher, je crois que c'est un peu le terme.
- Speaker #0
C'est le terme du burn-out.
- Speaker #1
Je ne vais pas te dire que si c'était à refaire, je le referais. vraiment, et en même temps, un peu quand même, parce que, tu parlais des limites tout à l'heure, moi je n'avais absolument pas conscience de mes limites, entre autres j'allais travailler avec une migraine carabinée que je ne sentais même plus, c'est mes élèves qui me disaient que je devais avoir une migraine, parce que je n'avais pas le même comportement, que physiquement, je faisais une grimace, ce genre de choses, moi je ne percevais même plus la douleur, donc les limites, autant te dire que... C'était pas quelque chose que je connaissais vraiment, en tout cas à ce moment-là. Et c'est vrai que le burn-out m'a permis de me prendre mes limites en pleine figure, mais surtout de savoir où elles étaient. Parce qu'il y a même des moments où je ne savais pas que j'avais une limite, mais là je la sentais immédiatement finalement. Donc ça m'a vraiment permis de voir que j'étais limitée, alors que peut-être que je pensais que je ne l'étais pas tant que ça. et de voir les endroits où moi je bafouais mes limites et conséquemment je me bafouais moi. Donc les endroits où je me choisissais pas, les endroits... Donc ça a été mais vraiment... Ça, c'est le cadeau, le cadeau réel du burn-out. Donc, c'est pour ça que je te dis, si c'était à refaire, il y a des endroits où vraiment je n'aurais pas aimé y retourner parce que finalement, moi, c'est mon corps vraiment qui a refusé de fonctionner et mon cerveau qui a refusé de fonctionner au point de ne plus savoir comment ouvrir une porte d'entrée, par exemple. Et tu vois, je te le dis, ça me fait des frissons. Ça, c'est traumatisant pour moi parce que j'ai un cerveau qui fonctionne très bien, très vite. Donc là, ben non, ça patinait dans la semoule. Donc, ça a été très, très difficile à vivre, d'être confrontée finalement à, ok, tout mon monde de fonctionnement, ben là, il faut que je le revoie. Donc, ta question, c'était comment on est arrivé à l'entrepreneuriat, on va dire par accident, quelque part. Moi, j'avais bien prévu d'être prof et d'être tout. psy, quel que soit ce que j'allais faire. Mais je n'avais pas prévu d'être entrepreneur parce que ça ne faisait pas partie de ma famille. Et puis, bon, ben voilà, quand je suis sortie de mon école de thérapie, je sais que je suis une excellente thérapeute, je me suis dit, moi, trop bien. Sauf que non, ça ne marche pas comme ça. Et tu vois, là, je me suis dit, ah ouais, d'accord, il y a quand même un problème. Et c'est là que je me suis dit, ah mince, mais OK, j'ai une pratique, j'ai une approche, mais mon boulot premier, c'est d'être entrepreneur.
- Speaker #0
Et là, mais nombre de femmes entrepreneuses, levez la main, même si on ne vous verra pas derrière vos écouteurs. Nous deux, déjà, on hoche la tête, on en sourit parce que, alors, je suppose bien qu'en plus... en fac de psycho ou quoi, ou je ne sais pas par quel biais tu es passé, certainement la fac de psycho, mais à aucun moment on ne t'explique comment faire ton boulot. On t'explique comment accueillir tes patients, tout ça, gérer les cas cliniques, mais on ne t'explique pas comment tu vas te faire connaître. Donc cette partie entrepreneuriale, et même nous, tu vois, moi je suis aussi sophrologue préparatrice mentale, après je me suis formée à la thérapie brève, tout ça, beaucoup plus tard, mais on ne m'a pas appris. bien vrai qu'on m'a fait un volet installation de cabinet une journée mais ça veut rien dire en fait alors que derrière il y a tout un business à monter donc ouais et puis t'es là et t'es certifiée et diplômée et tu dis ils sont où les gens ? j'ai mis ma plaque, ils sont où ?
- Speaker #1
c'est trop ça alors j'ai pas fait la fac de psycho parce que je suis pas psychologue j'ai fait pour te donner l'élément c'est le CRAM, c'est le centre de relations d'aide de Montréal Donc, je formais dans une école québécoise. Certes, à Paris, mais dans une école québécoise, avec une approche du Québec, c'est l'approche de Colette Portelance. Mais effectivement, on a aussi un petit bout, tu sais, sur les trois ans d'études, on a aussi un petit bout de l'impact professionnel, comment on va faire, etc. Sauf que je ne fais pas ça dans la réalité. Et que dans la réalité, tu disais, ok, d'accord, d'accord, ok, moi je pensais que j'avais monté ma micro, tout était bien, paf, paf, paf, mais non, pas du tout. Donc d'ailleurs, moi l'indice pour dire, attention, il y a un problème, ça a été mon imposteur qui s'est pointé. Et mon imposteur s'est pointé sur le pan de la thérapie, alors que je connais ma valeur en thérapie. grâce à ce que j'ai pu construire, grâce au feedback que j'ai reçu, tu vois, l'expérience, etc. Donc, je connais ma valeur. Mais là, je ne me sentais plus trop à la hauteur en tant que thérapeute. Tu vois, je n'arrêtais pas de me dire non, ça ne va pas. Puis à un moment donné, ok, ça ne va pas. Je sais, je connais ma valeur, elle n'a pas changé. Donc, qu'est-ce qui se passe ? Et finalement, ce qui se passait, c'est que je n'ai pas appris à être entrepreneur. Donc, je m'en suis occupée. Je me suis formée et je m'en suis occupée.
- Speaker #0
Et comment t'as fait alors ? C'est-à-dire, je m'en suis occupée. Comment t'as fait ? C'était il y a combien de temps ? Comme ça, on a la globalité de...
- Speaker #1
T'as la globalité. Écoute, ça date pas d'aussi longtemps parce que finalement, j'ai fait beaucoup de choses. J'ai continué à enseigner en post-bac. Plus du tout le français. On était plus dans le développement perso, la communication. Tu vois, j'ai continué un petit peu ça. J'ai fait partie aussi de l'école qui m'a formée en tant qu'assistant psychopédagogique. Donc tout ça, ça me prenait déjà pas mal de bande passante, pas mal de temps, voire même quasi à 100%. Donc je n'ai pas forcément développé mon pan. J'avais toujours... Finalement, en tant qu'assistant psychopédagogique, je faisais de la thérapie à longueur de journée, voire de week-end parce que la formation avait lieu le week-end. Mais je n'étais pas dans mon propre business. Aujourd'hui, je suis capable de dire business. Ça, c'est complètement nouveau de dire business. Je fais exprès, tu vois. Je fais exprès pour provoquer un petit peu. Mais me provoquer moi-même aussi. Maintenant, je suis assez alignée par rapport à ça. Et donc là, je me suis dit, non, mais je ne peux pas. Je ne peux pas y arriver toute seule dans le temps qui m'est imparti. Parce que le marketing, la com, tu vois, tous ces trucs-là, c'est des choses que je peux apprendre. J'apprends vite, mais quand même, je ne suis pas non plus superwoman. Et qui fait que je me dis là, soit je prends encore trois ans à apprendre tout ça, soit je me trouve une formation. Et on va mettre les petits pleins dans les grands. Ce n'est pas ça l'expression, mais ce n'est pas grave. En tout cas, on va y aller. Et donc, j'ai cherché à ce moment-là plusieurs formations assez complètes. Et je ne regrette pas parce que c'est une découverte vraiment et un alignement qui m'a permis de dire, OK, je suis entrepreneur et le truc auquel on ne touche pas, c'est ma liberté. Et ça.
- Speaker #0
mais personne n'y touche donc voilà tu vois c'est trop beau par contre il faut oser aussi c'est une remise en question de son fonctionnement de ses premiers rêves de cette capacité c'est pas parce qu'on est thérapeute qu'on est forcément les meilleurs à voir ce qui se passe pour nous j'ai l'impression que t'as eu aussi ou t'as pris ce temps et où tu as été peut-être aussi accompagnée à dire ok là je repère je trouvais la phrase qui était très belle en fait là ce qui se passe c'est juste mon syndrome de l'imposteur qui est en train de sortir du garage qu'est-ce qui se passe et ok c'est juste qu'on m'a pas appris une posture entrepreneuriale et c'est fort de se dire ok je vais aller chercher les compétences là où elles sont et me former à ça mais pas tout le monde y arrive surtout du côté de thérapeute je parle vraiment en connaissance de cause pour voir Toutes les personnes qui ont fait des formations avec moi, que ce soit en thérapie brève et en sofro, même si la sofro, ce n'est pas vraiment de la thérapie, mais c'est quand même de l'accompagnement, de l'être humain. Et où en fait, surtout nous, les femmes, on a du mal à se dire ce vilain gros mot que tu te provoques, à dire le business. Et ce n'est pas malsain d'avoir une entreprise. Une entreprise égale business en anglais. En fait, ça ne veut pas dire qu'on arnaque les gens, tout ça. Il y a un nombre de partenaires d'école qui ne sont plus. du tout dans ces milieux, leur rêve d'accompagnement, parce que pour x ou y raison, pas fort pour certains, mais je pense que pour beaucoup, en réalité, c'est cette histoire de posture entrepreneuriale qui n'a pas été accompagnée, puisqu'on nous forme un métier, mais on ne nous apprend pas à faire les premiers pas d'entrepreneuse.
- Speaker #1
Ce n'est pas accompagné. Et puis peut-être aussi que ce n'est pas... Enfin, on ne l'a pas tous.
- Speaker #0
On n'a pas envie d'avoir cette position d'entreprenante. Voilà.
- Speaker #1
Et je ne l'ai pas tous. Parce que tu vois, l'année dernière, j'ai accompagné des thérapeutes qui sortent de la même école, justement dans leur positionnement. Bon, ça, j'ai kiffé, évidemment. Et puis jusqu'au moment, d'ailleurs, où je me suis dit, ça semble plus positionné que moi. parce que c'est plus facile d'accompagner parce qu'il n'y a pas les zones de frottement il n'y a pas toutes les croyances limitantes puisque ce n'est pas les miennes donc ça va, je peux effectivement les accompagner mais il y a vraiment ce bout et je me souviens au départ en leur disant pourquoi vous avez choisi d'être entrepreneur et à peu près toutes m'ont répondu on n'a pas choisi d'être entrepreneur ok d'accord, alors pourquoi tu ne fais pas ton travail en tant que salarié parce que ça ne va pas, parce que moi je veux être libre ah d'accord, donc tu veux être libre donc Merci. Donc, le salariat, tu n'arrives pas à trouver de liberté là-dedans ? Ben non, parce que parfois, les gens trouvent leur liberté dans le salariat et c'est tout à fait OK. Ça dépend des profils. Et finalement, tu vois, bon an, mal an, elles se sont rendues compte que finalement, elles avaient choisi d'être entrepreneurs et qu'il s'agissait maintenant d'en épouser la posture. Et donc, ça, c'était super intéressant de pouvoir les accompagner. Ça demande de confronter un peu l'autre à un endroit où finalement, moi, je ne me suis pas trop confrontée. C'est pour ça que je te disais que je dois porter cette posture depuis à peu près le départ, sans savoir que ça pouvait être ça. Est-ce que si je ne l'avais pas portée, j'aurais été prof différente ? Peut-être, je n'en sais rien, tu vois. Il y a quand même des bouts où... De toute façon, c'est toujours une posture d'autorité. Finalement, moi, je dis la posture d'autorité, c'est toute ma vie. Que prof, thérapeute, superviseur, maman, je te dis ça dans le désordre, mais ça représente toute ma vie et c'est mon dada, à vrai dire, en plus. Mais c'est vrai que l'entrepreneuriat, ça ne colle pas à tout le monde.
- Speaker #0
Mais les trop grandes libertés ne conviennent pas à tout le monde parce que derrière cette liberté, liberté de créer, liberté de choisir pour soi. Ça demande aussi beaucoup de choses. Ça demande de grandes responsabilités de soi-même, de les autres et d'autonomie. Et on n'a pas forcément soit été éduqué à ça ou on n'a pas le goût de ça. Il y a beaucoup de gens qui sont très bien, comme tu le disais, si justement, qui sont très bien en tant que salariés, en fait. Il y a des gens qui se fatiguent plus et qui arrivent aussi très vite, on en parle de plus en plus, nombre d'entrepreneurs et d'entreprises. preneuses qui sont en burn-out en fait. Parce que ça demande, surtout au départ on se lance en général, on est solo, donc on est souvent solo preneuse, ça demande d'adapter et de jongler entre des casquettes qui peuvent être épuisantes. Si on n'a pas posé ces limites, ces fameuses limites qui sont nécessaires à notre survie, émotionnelles, physiques, psychologiques, pour se dire comment je borne mon activité puisqu'il va falloir jongler à minima. entre cette casquette d'entrepreneuse et cette casquette de coach, de thérapeute, peu importe ce qu'on fait, quoi, mécanicien, peu importe, quoi.
- Speaker #1
Oui, oui, tout à fait. Et c'est vrai que, moi, je te l'ai dit tout à l'heure, j'ai fait un burn-out. Je ne pense pas que j'en referai un parce que j'en connais les signes, mais ça m'arrive quand même assez régulièrement de louper mes virages. Donc, c'est vraiment cette notion de poser des limites Merci. Ce ne sont jamais des choses qui se sont posées dans l'absolu. Et le perfectionnisme peut se glisser dans des détails, parfois qui échappent, sauf que parfois le détail, ça devient un virage qu'on loupe. Et c'est vrai que j'étais justement en train d'écrire un post tout à l'heure, puisque on est... Bon, ça coupera peut-être, j'en sais rien. Tu verras. Sur la santé mentale. Et je vois toutes les injonctions qu'on peut prendre au niveau d'être entrepreneur. On nous dit souvent, il faut que tu fasses ci, il faut que tu fasses ça, il faut que tu sois comme ci, il faut que tu sois comme ça. Si en plus on communique sur les réseaux sociaux, l'algorithme veut ça, il faut que tu publiques tôt. Il faut que tu publies tôt, mais que tu sois là autour. Moi, je me suis retrouvée, il y a à peu près deux semaines, assez fatiguée. Et... Bon, je ne sais pas si... Enfin, là, je suis en train de découvrir que possiblement, mon hypersensibilité, elle est là. L'HPI peut être là aussi. Et peut-être bien un petit TDAH qui se pointe. Et du coup, je fais des recherches autour de ça. Et je discute avec des personnes en mastermind qui me disent, mais tu sais, toi, si tu as un TDAH, tu es en déficit de dopamine. Ah bon ? Donc, on commence, voilà, à faire... Elle me dit, par exemple, surtout ne prends pas ton téléphone dès le matin, parce que si tu prends ton téléphone dès le matin, ça te fiche en l'air toute la dopamine que tu as eue dans la nuit. Et là, moi, j'ai fait, oups. Voilà, oups. Et je me suis rendue compte que je commençais à travailler à 6h30 du matin, voire peut-être parfois bien avant. Donc, au moins déjà, au moins 1h30 justement avec l'écran. Donc, la dopamine. des gringoles, et que souvent, à 22h, 23h, j'y étais quand même plus ou moins encore. Alors que moi, j'avais dit, je ne veux plus travailler autant que ce que j'ai pu faire quand j'étais enseignante. Et finalement, là, je me suis dit, ah, oups. Donc, ça a été, mais je ne m'en suis pas rendue compte. Et donc, finalement, je cédais aux injonctions, sans que ça donne d'ailleurs forcément des résultats, mais je cédais aux injonctions et je me suis... Je me suis emprisonnée là-dedans, et dans mon perfectionnisme au passage, sans m'en rendre compte. Et donc c'est ça, finalement, il y a des endroits où je sais, je vais m'en rendre compte très vite, et il y a des endroits où je ne me vois pas dedans, et il me faut une prise de conscience, qui a lieu soit avec une discussion, soit autre chose, mais n'empêche que là, dans la réalité, j'étais en train de bien louper le virage. Donc j'ai pu réajuster.
- Speaker #0
et changer un certain nombre de choses en me disant, le algorithme, il ne sera peut-être pas content, mais ce n'est pas lui qui va me dicter ma façon de faire, finalement. De fait, il n'est pas très content. C'est ça. C'est un autre détail. Et là, à la limite, peu importe, ce sera à moi de trouver une solution qui me corresponde.
- Speaker #1
Mais merci de le dire. Et puis, on va rappeler que l'algorithme est une machine et que nous n'en sommes pas une. Donc, l'algorithme, lui, il veut... Il est entraîné et il souhaite être nourri des milliers et des milliards de fois par jour, parce que là, on parle en termes de milliards d'êtres humains qui utilisent ça. Bien sûr que selon les plateformes, surtout si c'est Insta, pour ne pas le nommer, va quelque part te punir de changer tes habitudes ou de moins venir. Mais ça ne fait pas tout. Je veux dire, il y a des milliers de façons de se faire... connaître et je pense que notre santé mentale, si on veut perdurer dans l'entreprenariat, c'est important de... J'aime beaucoup ces histoires de « tiens, j'ai loupé le virage, c'est pas mal, je me suis pas trop foutue en l'air, en fait, oups, je me suis rattrapée sur la fin, mais en fait, là, je file un petit peu dans le décor, je trouve que c'est très imagé, c'est très sympa, mais oui, ça ne reste qu'une machine et en fait, ça ne nous appartient pas, surtout. C'est ça. Ça peut disparaître du jour au lendemain, ce n'est qu'un outil. Et c'est une machine. Et c'est important parfois de se dire, OK, en fait, je suis face à une machine qui est beaucoup plus forte que moi, qui est indépendante de moi, c'est-à-dire que je n'ai pas les réglages. Et ça change tout le temps un algorithme. Peu importe le réseau social qu'on utilise, même Google en termes de moteur de recherche, ça change tout le temps. Oui, alors merci. Quelque part, donc voilà, ce ne sont juste que des outils, un moyen d'eux. Il y a plein d'autres moyens de faire. Donc, c'est méga important. Et c'est ça... Vas-y, vas-y. Non, non,
- Speaker #0
vas-y. Tu vois, comme tu as dit, on est à leur merci. Moi, à l'intérieur, ça me fait quelque chose. Parce que si tu ne t'en aperçois pas, c'est ça qui se passe dans la réalité. Et là, la liberté, tu la perds avec les injonctions, avec être à leur merci. Et la prise de conscience, elle est fondamentale. Donc, heureusement que je suis entourée, parce qu'il y a des espaces où parfois on ne le voit pas. Ou alors, on va avoir un déclencheur qui va nous permettre de le voir. Mais moi, mon déclencheur, la plupart du temps, c'est que j'ai mon corps qui fatigue beaucoup trop. C'est comme ça que je peux voir. Mais parfois, c'est avec une conversation, se saisir d'un mot, se saisir de... de quelque chose qu'on a lu, de se saisir en disant « Wow, attends une minute, qu'est-ce qui se passe là ? » Et d'avoir cette capacité d'observation. Tu parlais tout à l'heure que tout le monde n'a pas cette capacité d'observation. Mais c'est ça, plus on développe, plus on peut justement avoir du pouvoir sur sa vie, en somme. Bon, ça, c'est ce que je vois en thérapie aussi, Delphine. Tu vois ?
- Speaker #1
Moi aussi, parce que tu vois, quand tu travailles avec le... corps de toute façon. Je ne suis pas à travers mes outils aussi. C'est pour ça que moi, je me définis en tant qu'accompagnante. Mais j'ai plein d'outils, que ce soit la sophro, l'hypnose, des techniques un peu de MDR. J'ai été formée à ces outils. Mais ce ne sont que des outils encore une fois. Mais je suis d'accord que revenir dans le corps, parce que c'est vachement intéressant ce que tu dis, en fait, il y a toujours les signaux du corps. C'est juste que le mental aujourd'hui est tellement omniprésent. Être derrière son écran, être derrière les réseaux sociaux, c'est faire marcher que le mental. Parce qu'en attendant, même là, on est loin aussi, on n'est pas à côté, donc on n'aurait pas pu faire une balade pour enregistrer ce podcast. Bien vrai qu'on aurait peut-être pu aller balader derrière nos écrans, mais ça aurait été compliqué. Mais voilà, on se rencontre quelque part, on se rencontre dans un espace qui est virtuel, puisque nous sommes loin pour enregistrer cet espace-là. Et du coup, nos corps sont figés. le temps de cette discussion, nos corps sont figés. Et si derrière, on ne remet pas du mouvement, par une balade, par aller prendre l'air dehors, un rayon de soleil, peu importe, de respirer, rien que de s'alimenter correctement à des heures fixes, de boire de l'eau régulièrement dans sa journée, parce que des fois, on enchaîne les rendez-vous, on reste assis, mais à quel moment je retourne dans mon corps ? Et c'est tellement nécessaire, en fait, parce que le corps, moi, c'est ce que je dis toujours aux personnes que j'accompagne, le corps envoie toujours les signaux. c'est juste qu'on ne veut pas les écouter et que le mental nous dit mais non c'est rien la migraine je veux dire incroyable avoir une migraine et que ce soit tes élèves à l'époque qui te disent madame je crois que vous avez la migraine parce que vous devenez un coévergente oui oui non plus c'est vraiment tu vois rétrospectivement je me dis wow
- Speaker #0
J'en étais là, quoi. Mais il fallait, il fallait aller travailler. Il fallait que je leur donne tout ce qu'il faut pour leur bac. Il fallait que... Tu vois, le côté toute puissance est indispensable, finalement. Que là, aujourd'hui, la personne qui est indispensable, c'est moi, moi-même. Et mon corps est indispensable parce que c'est mon seul véhicule. Alors, je ne te dis pas que je le respecte à 100%. Mais je sais que, par exemple, j'enchaîne très rarement les séances de thérapie ou de supervision. J'ai un temps d'arrêt où je vais bouger dans le corps de façon systématique. Et il y a un bout aussi où je ne vais pas aller au-delà. Je ne vais pas faire une journée d'e-thérapie. De toute façon, après, je ne suis pas compétente. Je ne peux pas être présente pleinement à mes clients ou à mes clientes si je ne suis pas bien dans mon corps. Donc, ouais, c'est sûr que les émotions, de toute façon, elles sont inscrites dans le corps. Donc, par définition, c'est les émotions la porte d'entrée. Donc, je vais dans mon corps, autant que faire se peut. Il y a des moments, c'est plus compliqué.
- Speaker #1
Mais c'est humain, on a beau avoir les outils, parfois on se laisse dépasser, parce que c'est notre mental qui nous guide aussi, c'est comme ça. L'essentiel, c'est d'y revenir et d'avoir la conscience. Et je suis vraiment d'accord avec toi, à partir du moment où... on y va, petit pas par petit pas et après même ça nous manque on le ressent vite, c'est à dire que même quand tu es dans le mental ou là je commence à avoir mal au dos, j'ai mal à la jambe tiens j'ai une espèce de début de migraine ou qu'est-ce qu'il se passe, on le sent je sais pas si toi ça te le fait, moi souvent je sais ah ouais en fait là j'ai mal là mais en fait je crois que je suis déshydratée alors qu'avant je dirais ah bah j'ai mal dormi non non c'est peut-être que jusque là en fait je suis déshydratée ou j'ai besoin de bouger et à quel moment on s'autorise de le faire et je suis bien d'accord quand on accompagne des personnes. Moi je ne peux pas enchaîner, si j'accompagne le matin, je fais autre chose l'après midi, c'est pas possible. Il y a deux demi-journées de toute façon dans la semaine où je ne travaille pas. Déjà pour être avec mon bébé, pour en profiter de ce dernier bébé, mais pour aussi couper en fait, couper parce qu'on reçoit beaucoup d'énergie des gens aussi qu'on accompagne. Donc c'est important de se respecter. évidemment c'est important t'en es où toi aujourd'hui ? qu'est-ce que t'as envie de cultiver ? qu'est-ce que tu cultives peut-être déjà ?
- Speaker #0
j'en suis où aujourd'hui ? j'ai envie de te répondre mais ça fait un petit peu bateau je suis en chemin finalement en tout cas j'ai vraiment cette sensation d'être sur mon chemin et de pas trop forcément savoir où je vais parce que des fois je vais pas là où j'avais prévu Globalement, je suis quand même... Donc, accessoirement, j'avais dit que je resterais 20 ans dans l'éducation nationale. Je n'ai pas fait exprès, j'ai calculé. Je suis restée 20 ans dans l'éducation nationale, tu vois. Donc, comme quoi, tu vois, j'arrive encore à me donner des trucs. Mais j'en suis où aujourd'hui ? Mais j'en suis à la limite là où je suis. Et c'est bien. C'est que j'ai vraiment appris à être autant que possible dans l'ici et maintenant quand avant, je n'étais pas dans l'ici et maintenant. J'étais pas mal dans le passé ou dans le futur. Et aujourd'hui, j'ai envie de, comment dire, peut-être de m'épanouir, mais je me sens déjà épanouie, mais de légitimer tout ce qui se passe pour moi, en somme, de légitimer. J'aime bien découvrir encore, évidemment, de toute façon, je vais découvrir jusqu'à ma mort, mais je suis toujours, moi, en thérapie. Donc, découvrir un petit peu ce que moi, je peux porter, découvrir des croyances imitantes, ça me fait jamais très plaisir, mais quand même. J'aime bien les repérer, mais ce genre de choses. L'élément, c'est de pouvoir assumer pleinement qui je suis, y compris du côté pro. Et là, on va revenir au point de départ, c'est la place de la femme qui va aller chercher. Je vois bien qu'en un an ou deux, ce n'était pas vraiment une question, mais là, ça devient vraiment une question. Et d'ailleurs, c'est pour ça, entre autres, que dans mon accompagnement, j'ai recentré sur l'accompagnement des femmes, que ce soit en thérapie et en supervision. Ça ne veut pas dire que je n'ai pas d'hommes dans ma clientèle, mais c'est plus aider les femmes à briller, à prendre leur place, à sortir de l'ombre. On a dit qu'on allait droguer au mot. Mais c'est ça, apprendre. prendre leur place. Le gros mot il vient pas.
- Speaker #1
Allez vas-y sors-en ton histoire, cette putain de place bordel !
- Speaker #0
Mais ouais là c'est le fuck finalement c'est ça qui me revient tu vois Je suis en train, tu vois, je suis en train de lire un bouquin qui me déclenche à peu près toutes les deux secondes. Quand je dis deux secondes, voilà, c'est l'homme préhistorique est aussi une femme. Et donc, ça refait toute l'histoire. Et du coup, l'histoire du patriarcat derrière, ça me fait grincer des dents.
- Speaker #1
Tu m'étonnes et tu comprends pourquoi moi, des années plus tard, même si je me suis arrêtée, j'avais fait une pause entrepreneuriale. J'ai eu beau accompagner pendant des années avec la sophro, la thérapie, bref, la préparation mentale, il manque vraiment un truc. Et dans mes valeurs féministes, j'étais chafouinée à chaque fois, tu vois, de dire « Putain, en fait, on ne parle pas de l'essentiel. » Et ce qui nous casse les ovaires à nous, les femmes, c'est qu'on a été niées aussi pendant des années, qu'on a été effacées de l'histoire. Donc, je ne connais pas ce livre, je le lirai avec grand plaisir. Voilà, je ne l'ai pas lue.
- Speaker #0
Tu vas voir à quel point ça fait des années que c'est qu'on est dans les millénaires. Ah,
- Speaker #1
mais des millénaires, oui. Et voilà. Moi, c'est pour ça que j'accompagne aussi sur le volet féministe, pour que les femmes prennent conscience de ce qu'est cette superstructure du patriarcat. C'est le système dans lequel on vit. Ce n'est pas un gros mot, ce n'est pas contre les hommes. C'est juste que tout a été fait autour de l'homme, pour l'homme, et que la femme a été souvent... qu'une servante ou qu'une monnaie d'échange et que tant qu'on ne prend pas conscience de ça, parfois on ne comprend pas pourquoi je galère et pourquoi je suis dans le malaise qu'on aura beau faire, on le sait, nous sommes thérapeutes toutes les deux, toutes les thérapies du monde, si je n'ai pas la conscience du système dans lequel tout ça se produit, je bug en fait.
- Speaker #0
C'est vrai qu'on porte aussi ce système-là.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Des endroits où je le portais, où je me disais, waouh, d'accord, ok. c'est intéressant, mais tu vois, on revient sur la prise de conscience. Ça ne veut pas dire, tu vois, de révolutionner, mais juste de dire, attends, là, il y a un truc qui ne fonctionne pas.
- Speaker #1
Déjà, révolution, non. Révolution, non. Toute seule, on ne va pas le dire. Révolution, nous. Commençons par là pour pouvoir aller transformer le reste à l'extérieur. Ça s'appelle le patriarcat intériorisé. On l'a toutes et tous. Et c'est normal, en fait. C'est normal parce que c'est des millénaires de transmission d'éducation et de vie dans ce système-là. Donc, ce n'est la faute de personne si ce n'est du patriarcat en lui-même. C'est une structure de vie collective. C'est comme ça. Pour terminer, la question que je pose à chacune des personnes que je reçois ici, s'il y a une chose que tu aurais aimé entendre plus tôt, si tu avais une femme qui était un peu comme toi à l'époque, tu lui dirais quoi aujourd'hui ? Comme toi, à l'époque d'avant ?
- Speaker #0
Je lui dirais... Ce qui m'est venu tout de suite, c'est que tu es assez. Tu es assez et tu as ta place. Mais tu es assez, parce que ça découle finalement. Tout découle de ça. Oui, c'est ça.
- Speaker #1
J'adore. Et ça fait tellement de bien de s'autoriser à se dire ça ou de l'entendre de la part du client. Tu es assez comme tu es, effectivement. On peut te retrouver Magali si tu as des réseaux sociaux,
- Speaker #0
site internet c'est le moment de tout balancer Je n'ai pas de site internet c'est un projet j'aimerais bien avoir mon chez moi il ne veut pas d'être sur les réseaux sociaux et sur Instagram j'ai deux comptes j'ai un compte supervision pour les coachs et thérapeutes donc c'est magalimordin.supervision c'est magalimordin.supervision ... on tape mon nom de toute façon on le retrouve et mon compte thérapie un petit peu plus étoffé parce qu'un peu plus âgé on va dire même si ils sont quand même assez jeunes Magali Mordin et je suis aussi sur LinkedIn sur LinkedIn je fais une petite popote entre les deux finalement mais c'est quand même plus centré supervision ouais très bien bah ouais c'est plus accès pro aussi et puis de toute façon je mettrai les liens de ces trois comptes du coup Merci.
- Speaker #1
deux comptes Instagram et le compte avec grand plaisir LinkedIn. Merci beaucoup Magali pour ce temps d'échange et j'espère que ça inspirera assurément toutes les thérapeutes peut-être ou les futurs thérapeutes qui nous écoutent mais aussi toutes les femmes à travers ton parcours. Merci de ton écoute. partage cet épisode. C'est ça qui fait grandir le podcast. Moi, je reste là. Je continue à parler fort pour celles qui n'osent pas encore. Je te dis à très vite et d'ici là, respire et surtout, secoue les règles du jeu.