- Speaker #0
Bienvenue sur En 4 jours, le podcast qui réinvente la semaine de travail. Je suis Indya Pereira, consultante en transformation des organisations, passionnée par l'innovation et convaincue que travailler autrement est possible. Dans ce podcast, je donne la parole aux dirigeants, RH et visionnaires qui ont relevé le défi de passer à la semaine de 4 jours. On explore ensemble leurs motivations, les étapes de transformation et leur apprentissage. Préparez-vous à découvrir des récits inspirants et des clés concrètes pour vous lancer dans cette révolution du travail. Et si le futur du travail, c'était maintenant ? Allez, c'est parti ! Avant de commencer cet épisode, je voulais te dire que si tu souhaitais te faire accompagner pour passer la semaine de 4 jours, mon accompagnement est pris en charge à 100% jusqu'à la fin de l'année. Tu peux m'envoyer un mail directement à indya@4-day-week.fr et j'en dirai plus sur ce dispositif. Hello, bonjour, bienvenue dans ce premier épisode de cette mini-série qui est un hors-série. Aujourd'hui, on va explorer une facette méconnue de la semaine de 4 jours, l'opportunité côté collaborateur pour entreprendre. Au-delà du repos ou des loisirs, ce cinquième jour peut en effet être un véritable levier de développement professionnel. Donc c'est quelque chose dont on ne parle pas souvent, mais qui présente vraiment des avantages côté autant collaborateur qu'employeur. Et du coup, dans ce hors-série, on va discuter ensemble de cette nouvelle tendance avec mon invité Flavie Prévost, qui a écrit le livre « Salariés diversifiés » dédié justement à ces salariés qui se lancent dans l'entrepreneuriat. Hello Flavie, comment tu vas ?
- Speaker #1
Très bien, très contente d'être dans ton podcast que j'adore.
- Speaker #0
Trop bien, merci. Moi, je suis super contente aussi de faire ce podcast avec toi. Écoute, peut-être que pour commencer, je peux te demander tout simplement de... de te présenter et aussi de demander de nous expliquer ce qu'est le salarié diversifié.
- Speaker #1
Oui, écoute, merci. Donc moi, je suis une ancienne cadre dirigeante en entreprise qui a tenté par hasard l'aventure de l'entrepreneuriat parce qu'en fait, quand j'étais à l'époque directrice commerciale en grand groupe, j'ai lancé mon podcast en parallèle de mon CDI. Et donc, je ne savais pas que le podcast était une activité entrepreneuriale parce que ça demande plein de compétences, il faut trouver des sponsors, il faut le financer, il faut trouver des auditeurs, etc. Donc, je suis devenue salariée diversifiée. Le soir et le week-end, j'avais mon podcast et la journée, j'avais mon job assez prenant. Je n'avais pas la chance d'être dans une entreprise où ça pratiquait la semaine de quatre jours, mais ça m'aurait bien rendu service parce que j'aurais dormi un petit peu plus et tout. Voilà, et donc ce podcast, c'est le podcast Le Borde. Et aujourd'hui, c'est le premier podcast sur le freelancing et le soloprenariat en France. et le rapport avec la semaine de 4 jours il est intéressant, c'est que de plus en plus on me fait intervenir en me disant Il y a des gens qui, pendant ce cinquième jour pour eux, ont envie d'entreprendre. Et finalement, le freelancing est une forme beaucoup plus permissive d'entrepreneuriat que décider de lancer le nouveau Doctolib. Parce que ce n'est pas avec un jour par semaine que tu peux créer une licorne. Par contre, te générer des compléments de revenus, avoir un job que tu aimes, faire du freelancing à côté, ça c'est super compatible. Pour les deux d'ailleurs, pour que l'employé ne s'épuise pas à la tâche. Et pour que le manager ne se dise pas que la personne va s'épuiser et ne va pas être au taquet dans son job principal.
- Speaker #0
Trop bien, merci. C'est vraiment super de pouvoir faire un épisode dédié à ça. Parce que quand on parle de semaine de 4 jours, on sait qu'il y a les bénéfices côté collaborateur de plus de repos, plus de temps pour soi. Potentiellement, on sait que ce temps, ils vont l'utiliser pour s'occuper de leur famille, de leurs enfants. certaines personnes se lancent même dans l'associatif et c'est vrai qu'il y a une bonne partie aussi enfin une bonne partie, il y en a aussi qui entreprennent je sais que c'est le cas d'une RH de chez Luni qui s'est lancée dans le podcasting aussi grâce à la semaine de 4 jours donc c'est cool qu'on puisse en parler via ce hors-série est-ce que tu peux nous donner un peu peut-être toi ton point de vue témoignage plutôt puisque t'as commencé comme ça aussi, ma question ça va être... plutôt, qu'est-ce qui t'a fait est-ce que t'as hésité déjà avant de te lancer, c'était quoi tes craintes à ce moment-là.
- Speaker #1
Tu parlais de repos, en fait, et je pense que c'est important d'en parler parce que les gens me prenaient un peu pour une folle, ou même encore maintenant, quand je parle du salarié diversifié, les gens me disent « non mais ça ne suffit pas déjà d'avoir un boulot, il faut s'en rajouter un deuxième » , comme si c'était que une contrainte. Et en fait, là, je veux faire un point important, les gens ont besoin de retrouver du sens dans leur vie professionnelle. Et oui, certes, c'est fatigant de faire un podcast ou de créer une association en parallèle, mais en fait, c'est une bonne fatigue parce que c'est souvent quelque chose qui nous exalte. qui nous passionne, qui nous motive, qui nous apprend des choses. Et moi, ma principale motivation, c'est que je ne sais pas, j'adorais les podcasts, j'avais envie d'en créer un, je ne savais pas comment faire. Je me suis dit, ok, je vais me former sur Internet, tu vois. Et aujourd'hui, on peut tout apprendre sur YouTube. Donc, on a beaucoup moins de barrières à l'entrepreneuriat. Et moi, c'était vraiment une motivation que d'apprendre de nouvelles choses. Et ce n'est pas pour critiquer mon boulot. J'apprenais plein de choses dans mon métier aussi, mais c'était dans un autre domaine. Et au final, je suis sortie de là beaucoup plus motivée, en fait, que ce que je l'étais en rentrant. Alors certes, c'était plus fatigant, mais en même temps, j'ai eu un regain de motivation. Donc tu vois, le repos, c'est pas que le repos genre dormir plus ou rien faire de sa journée. Ça peut être aussi le repos cognitif ou le fait de retrouver du sens. Donc voilà, je serais pas trop à dire OK, c'est pas bien de travailler en plus. Ça peut être bien dans certains cas et notamment, je pense, les jeunes générations et compagnie, même nous, tu vois, on a envie de plus de sens dans notre travail. Donc c'est une façon aussi d'aller le chercher ailleurs. et de compléter le sens qu'on a dans son travail principal.
- Speaker #0
Oui, d'aller, comme tu dis, compléter et donc de ne pas quitter son travail pour aller chercher quelque chose que ce travail ne nous fournirait pas, mais de pouvoir jouer, jongler avec les deux, avoir à la fois la sécurité dans son job qu'on aime bien et pouvoir, de l'autre côté, avoir le temps qu'il nous faut pour aller chercher les projets qu'on ne pourrait pas développer en interne. Parce que c'est juste pas possible à ce moment-là. Et du coup, en semaine de quatre jours, on peut aller faire ce qu'on veut sur notre cinquième jour.
- Speaker #1
C'est ça, tu me disais, c'est quoi les freins ? Moi, le frein, il était énorme, il était financier. Je n'allais pas me lancer dans le podcasting pour gagner zéro euro. J'avais un super poste, j'avais un salaire à six chiffres et tout. En fait, aussi, l'entrepreneuriat, il est vachement décrié, comme si tout le monde voulait être entrepreneur. Mais non, ce n'est pas vrai. En tout cas, pas full time, parce que derrière, à temps plein... Il faut trouver comment remplacer son salaire. Et ce n'est pas du tout évident, même en freelance, de faire 100 000, 200 000, 300 000 euros de chiffre d'affaires. Donc, je pense qu'il faut arrêter de dire aux salariés qui ont envie d'entreprendre un petit peu que ça y est, ils vont quitter le navire et tout. Moi, tu vois, j'aurais pu durer longtemps comme ça. D'ailleurs, j'ai fait ça pendant deux ans et j'étais très bien. Et après, j'ai eu un autre congé maternité. Après, là, j'ai eu envie de déménager et tout. Donc, c'est là que je me suis lancée. mais tu vois en vrai ça m'aurait pu me durer 10 ans sans aucun problème donc c'est aussi une façon Je pense de fidéliser les gens qui sont un peu plus électron libres, qui ont envie de nouveautés, qui souvent sont des bons éléments dans la boîte, mais qui peuvent mal tourner s'ils s'ennuient.
- Speaker #0
Oui, c'est ça, si on ne leur donne pas la matière à explorer un peu.
- Speaker #1
Si quelqu'un commence à ruer dans les brancards, qui s'impatiente un petit peu et tout ça, peut-être qu'il a envie aussi de faire un projet à lui à côté. Avant, on parlait de l'intrapreneuriat. Oui, on en parlait. C'est un peu la même idée, sauf que finalement, les bénéfices de l'entreprise créée seront pour le salarié. Donc, c'est vraiment gagnant, gagnant.
- Speaker #0
Oui, et du coup, en parlant de bénéfices, en fait, qu'est-ce que toi, tu as pu voir comme bénéfice qui s'appliquait en termes de compétences transférables par rapport au métier que tu exerçais ? Est-ce que tu as pu voir que ça t'a apporté des choses ? Est-ce que ton manager l'a vu ? Enfin, côté employeur, c'est quoi en fait les bénéfices pour lui aussi du fait de laisser cette porte ouverte ? et de permettre à ses employés d'entreprendre via la semaine de 4 jours.
- Speaker #1
Un bénéfice franchement inestimable. Déjà, dans ton job principal, tu deviens plus efficace parce qu'en fait, c'est bête, mais je ne sais plus quelle loi du temps, la loi de Murphy, un truc comme ça, qui fait que tout le temps disponible va être occupé. Donc, quand tu as ton projet en saille d'à côté, Tu arrêtes de faire aussi des heures sub qui ne servent à rien, etc. Le soir et le week-end. Moi, j'avais tendance à bosser le week-end. Mais est-ce que c'était vraiment utile, ce travail que je faisais le week-end ? Je ne suis pas sûre. En vrai, si je suis honnête, tu vois, il y avait une partie de présentéisme. Il y avait une partie de pas d'enfant. Donc bon, je faisais des trucs le week-end. Mais si tu es 80-20 par étoile, c'est quoi les 20% de trucs essentiels à faire ? Et ça, quand tu es salarié diversifié, tu as beaucoup plus conscience de la valeur de ton temps. Donc, tu respectes le temps des autres. t'es plus efficace. Tu n'as pas intérêt de façon à planter ton taf principal parce que c'est la branche sur laquelle tu es assise, donc tu ne vas pas la scier. Après, deuxième compétence transférable immédiatement, pour moi, ça a été tout ce qui est... communication en ligne, réseaux sociaux et tout ça, je n'étais vraiment pas du tout à l'aise là-dessus. J'ai appris à prendre la parole sur LinkedIn pour présenter mon podcast, etc. Ça m'a immédiatement servi parce que moi, j'étais directrice commerciale. Donc, quand même faire du social selling, présenter à monprise, faire des meilleures annonces de recrutement, mieux copywriter. Donc là, bénéfice direct. Et le troisième dont je me souviens, qui a l'air un peu anodin comme ça, c'est ma petite Ness m'avait appris à faire un live sur Instagram. Énorme boomer que je suis. J'ai que 40 ans, mais je ne savais pas utiliser Instagram pour faire des trucs d'influenceur. Juste après, il y a eu le Covid. Et là, j'ai utilisé ces compétences. J'ai fait des lives sur Teams pour former les 150 commerciaux de Six à l'époque et rester en contact et les garder dans un entraînement à distance alors que ce n'était pas trop la norme à l'époque. Et j'étais vraiment à l'aise dans cet exercice grâce au podcast, grâce au live. Donc, grâce à mon side business, en fait.
- Speaker #0
Trop bien. OK, donc, en fait, des impacts qui sont quand même directement visibles. Et même toi, je pense, dans ta manière d'aborder finalement tes missions, tu étais plus à l'aise avec des nouvelles compétences que tu avais déjà travaillées, du coup, par ailleurs.
- Speaker #1
Je me rappelle de celles qui avaient un rapport avec mon métier. Mais après, je pense aussi, c'est surtout les compétences, les soft skills, organisation, adaptabilité. Mine de rien, tu en attends moins aussi de ton employeur, donc tu te prends un peu plus en main pour te former dans ton job principal. Donc c'est cool aussi pour les managers, ça crée une relation où tu as moins tes équipes qui viennent te voir en disant « qu'est-ce que je vais faire de ma vie ? C'est quoi le prochain step ? » Ils sont responsables et même aussi, il y a ce petit côté, quand tu es entrepreneur, même en parallèle, tu dois trouver tes clients et tout. Vraiment, ça te responsabilise, donc je pense que ça impacte aussi positivement tes compétences dites comportementales.
- Speaker #0
C'est vrai que quand on entreprend, quelque chose qui m'avait assez sauté aux yeux, c'est la vitesse à laquelle on apprend et la fréquence. On apprend énormément, tout le temps, tous les jours, alors que finalement, quand on est salarié, c'est vachement plus lent, cette courbe d'apprentissage. et du coup de pouvoir faire les deux en même temps effectivement je pense que du coup ça va aussi jouer sur le côté CDI où en fait ok en fait Si j'ai envie de monter en compétence sur certains sujets, je vais aller chercher les sujets sur lesquels je veux monter en compétence. Je vais aller me former. Et comme tu dis, on ne va pas tout attendre du manager. Ok, trop bien. Et ma dernière question pour cette partie, c'est comment ton employeur a réagi au fait que tu entreprennes ?
- Speaker #1
Alors ça, c'est la partie borderline potentiellement de mon parcours. Moi, en gros, je ne l'ai pas dit. Après, ce n'était pas un truc rémunéré. Si tu veux faire un podcast, c'est comme écrire un blog de voyage le week-end. Je me suis dit, bon, c'est plus un truc genre passion perso. Je n'en parle pas trop.
- Speaker #0
Est-ce que j'ai vraiment besoin d'en parler ?
- Speaker #1
Voilà, c'était il y a cinq ans. Je me dis peut-être que bêtement, je m'étais peut-être dit aussi, si je demande l'autorisation, peut-être qu'on va me refuser. Parce que tu sais, peut-être qu'on va dire, il vaut mieux vous concentrer sur votre travail et compagnie. Je ne sais pas, peut-être que je me faisais des idées sur l'entreprise, peut-être un peu old school, alors que souvent, Souvent, les managers, c'est les premiers qui sont des salariés diversifiés. Je suis vraiment bête d'avoir pensé comme ça. Quand tu es manager, tu fais des conférences, tu as des déplacements, tu donnes des cours dans ton ancienne école. C'est une forme de salariat diversifié. Bref, je ne l'ai pas dit. Un jour, le DRH me croise et me dit « sympa ton podcast, Flavie » . Je pense qu'il faut vraiment avoir l'idée que ça va plutôt rejaillir positivement sur ton métier. Il ne faut pas avoir peur d'en parler. Et de toute façon, il y a vraiment plein de règles pour que ça se passe bien, parce que tu n'as pas le droit de faire des trucs concurrents, ce genre de choses. C'est quand même très réglementé.
- Speaker #0
Oui, et bien justement, ça fait la parfaite transition avec l'épisode suivant où on va discuter de ces règles et de comment on fait pour cadrer tout ça. Et puis, tu nous partageras aussi quelques tips pour ceux qui veulent se lancer en termes de business model qui marchent les mieux là-dessus. À tout de suite ! Je vais couper entre les deux. Merci d'avoir écouté En 4 jours. Si cet épisode vous a plu, pensez à le partager autour de vous et à laisser 5 étoiles sur votre plateforme préférée. Envie d'aller plus loin ? Rejoignez-moi sur LinkedIn, Instagram ou abonnez-vous à ma newsletter pour continuer la discussion et découvrir des ressources exclusives sur la semaine de 4 jours. A très vite pour un nouvel épisode. Et d'ici là, souvenez-vous. Le travail peut être différent, et vous avez le pouvoir pour faire le premier pas.