undefined cover
undefined cover
Infarctus : Du Choc à la Renaissance – Le Témoignage Inspirant de Laurent cover
Infarctus : Du Choc à la Renaissance – Le Témoignage Inspirant de Laurent cover
"En Plein Coeur", par un cardiologue

Infarctus : Du Choc à la Renaissance – Le Témoignage Inspirant de Laurent

Infarctus : Du Choc à la Renaissance – Le Témoignage Inspirant de Laurent

1h44 |05/03/2025|

148

Play
undefined cover
undefined cover
Infarctus : Du Choc à la Renaissance – Le Témoignage Inspirant de Laurent cover
Infarctus : Du Choc à la Renaissance – Le Témoignage Inspirant de Laurent cover
"En Plein Coeur", par un cardiologue

Infarctus : Du Choc à la Renaissance – Le Témoignage Inspirant de Laurent

Infarctus : Du Choc à la Renaissance – Le Témoignage Inspirant de Laurent

1h44 |05/03/2025|

148

Play

Description

❤️ Bonjour,

Aujourd’hui, je reçois Laurent, un patient qui a traversé une épreuve majeure : un infarctus du myocarde. 💔⚡ Mais loin de se laisser abattre, il a su transformer cette expérience en un véritable renouveau, adoptant un mode de vie plus sain et devenant un exemple de résilience 💪🌱

Quels ont été les premiers signes de son infarctus ? 🆘 Comment a-t-il vécu l’annonce du diagnostic et la prise en charge en urgence ? 🚑💨 Comment a-t-il réappris à vivre avec une insuffisance cardiaque stabilisée ? 🤔💊 Et surtout, quels conseils peut-il partager avec nous pour préserver notre cœur et éviter de telles complications ? 🏃🥗🚭

Dans cet épisode, nous parlerons de prévention, adaptation et espoir ✨, avec un échange sincère et sans tabou. Vous allez voir, c’est une conversation à la fois émouvante et riche en enseignements ! 💬💡

Si ce témoignage vous touche ou vous aide à mieux comprendre la santé cardiovasculaire, partagez-le avec vos proches ❤️ et abonnez-vous pour ne manquer aucun épisode ! 🎧🔔

Bonne écoute, et surtout, prenez soin de vous et de votre cœur ! ❤️


---------------------------------------------------


🎶 MUSIQUES (https://www.auboutdufil.com et studio.youtube.com)

Gemini - The Soundlings

Going Home - The Soundlings

Creme Brulee - The Soundlings

Silent Night - The Soundlings

HaTom-Naya

KaiEngel-Maree

ScottBuckley-Sleep

JohnyGrimes-Nostalgia


---------------------------------------------------



Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bonjour à toutes et à tous, je vous souhaite la bienvenue dans l'émission En Plein Coeur. Aujourd'hui j'ai le plaisir de recevoir Laurent, que je connais bien maintenant puisque Laurent est un de mes patients, que je suis depuis presque 8 ans à la clinique où je travaille sur moi. Alors évidemment pour des raisons de confidentialité, je n'utiliserai que le prénom de mon invité pendant l'émission. Pour vous resituer un petit peu le contexte de l'émission, pour ceux qui le découvriraient, je présente des sujets sur la cardiologie pour sensibiliser les gens à la santé cardiovasculaire. Ça passe par des émissions très techniques comme l'anatomie ou l'électrocardiogramme, d'autres qui sont plus vastes et transversaux comme les effets de la vitamine D, des édulcorants, encore le sauna sur le cœur et que vous pouvez déjà écouter. Par contre, il y a quelque chose de puissant, je trouve, et que j'ai eu le plaisir déjà de mener avec un ami médecin généraliste qui nous a raconté son quotidien, c'est le partage d'expériences. Et c'est vrai que depuis tout petit, on aime bien se raconter des histoires. Mais quand on traverse en tout cas... Une épreuve de la vie, finalement, personnellement, je trouve qu'on se sent moins seul quand il s'agit de savoir comment une personne a affronté un accident. Et donc, c'est de ça dont il s'agit aujourd'hui. Je reçois Laurent, qui fait partie de mes premiers patients quand je me suis installé en 2017. C'est donc un vrai honneur pour moi de le recevoir aujourd'hui, car je sais que ce n'est pas un exercice facile de se livrer comme ça derrière un micro, mais on est au calme, le temps ne presse pas. Il ne fait peut-être pas très beau, mais en tout cas, on est posé avec un café et on va se laisser aller tranquillement au fil des échanges. on vous emmène avec nous, vous allez voir, ça va être très sympa. Je vais vous expliquer maintenant pourquoi je voulais recevoir particulièrement Laurent aujourd'hui. Laurent, si je ne me trompe pas, vous avez 60 ans, même si vous ne les faites pas. Et quand je me suis installé, je me souviens de vous avoir reçu lors de notre premier rendez-vous et j'étais assez stupéfait par l'ensemble de tout ce qui vous est arrivé. Et étonnamment, par toute l'énergie que vous gardiez des suites de l'accident. Vous avez eu un infarctus du myocarde qui s'est pas mal compliqué à la phase initiale, on en reparlera. Et malgré ça, la vie semble s'être tellement renforcée chez vous que je trouvais ça vraiment une belle leçon de vie. Donc j'étais obligé de vous proposer de passer dans l'émission, car votre histoire de vie peut aider beaucoup de personnes autour de nous, parce que personne n'est épargné par le risque potentiel des maladies cardiovasculaires, ça reste encore une des principales causes de décès en France. Et malgré tous les progrès qu'on a connus dans le domaine de la cardiologie, il y a encore beaucoup à faire, donc on va essayer de parler de votre parcours, des défis que vous avez rencontrés. de la manière dont vous vivez aujourd'hui avec une insuffisance cardiaque stabilisée également. Au fil de l'émission, je n'hésiterai pas à vous préciser certaines parties qui pourraient paraître un peu techniques parce que tout le monde n'a pas le même bagage sur la cardiologie et donc pour que tout le monde comprenne bien de quoi il s'agit quand on parle d'infarctus, de médicaments, de stents, de défibrillateurs, etc. Mais pour commencer... Laurent, je tenais déjà chaleureusement à vous remercier d'avoir accepté mon invitation. De rien. Et je vous laisse vous présenter de la façon que vous souhaitez.

  • Speaker #1

    Donc j'ai essayé de voir une présentation qui corresponde à ce qui peut être dit ensuite. Donc je suis enseignant au milieu spécialisé, je pense que c'est important. Oui. Ça a son importance pour le comportement après que je peux avoir. Je suis divorcé, j'ai deux enfants. Je suis grand-père depuis un peu plus d'un an. Super,

  • Speaker #0

    c'est le groupe de l'énergie.

  • Speaker #1

    Voilà. Sinon, moi j'aime marcher. Et quand je marche, j'aime la petite histoire. Et j'ai un gros défaut, je suis très indépendant.

  • Speaker #0

    Oui, c'est pas d'une qualité en même temps. Ça permet de prendre du temps pour soi et pour développer de l'énergie. Et solitaire.

  • Speaker #1

    Et solitaire, et tout ça, ça correspond. Vous allez voir après dans les comportements que j'ai pu avoir, ça peut donner une bonne explication à beaucoup de choses qui sont arrivées. Sinon, avant l'infarctus, j'étais quelqu'un qui n'allait jamais chez le médecin.

  • Speaker #0

    Comme beaucoup des patients finalement en fait. Oui. On ne pense pas à ce qu'on pourrait avoir une maladie cardiaque quand ça nous tombe dessus, mais c'est d'ailleurs un peu l'écueil de la cardiologie, c'est qu'on fait beaucoup de prévention. Et je peux imaginer qu'avant l'accident, il n'y avait pas de bilan de check-up. Du tout. Rien.

  • Speaker #1

    Zéro.

  • Speaker #0

    Même les vaccins ?

  • Speaker #1

    Oui, même les vaccins. Les vaccins ont été faits...

  • Speaker #0

    À l'âge des 25 ans et puis après les rappels 45, 65.

  • Speaker #1

    Il n'y avait pas de rappel, il n'y avait rien du tout. C'est le médecin, mon généraliste, qui les a faits.

  • Speaker #0

    Quand il avait estimé que c'était inutile.

  • Speaker #1

    Tout ça, ça a été réglé. Après la fracture, je suis resté un an avec... Pas un an, j'exagère. J'étais resté trois mois, je crois, avec une fracture, un début de fracture au poignet.

  • Speaker #0

    OK.

  • Speaker #1

    Et je m'étais fait mal.

  • Speaker #0

    OK.

  • Speaker #1

    Et bon, c'était bon. J'avais pris une étagère sur le poignet.

  • Speaker #0

    Du remal, quoi.

  • Speaker #1

    Non, même pas.

  • Speaker #0

    Non.

  • Speaker #1

    Et c'est après, en conduisant, qu'il y a eu une douleur. Et je ne sais plus pourquoi, je suis allé chez le médecin. J'avais un médecin, c'était sur Beauce. Et il m'avait dit, ça fait un moment que vous avez...

  • Speaker #0

    Toutes fractures, bon.

  • Speaker #1

    Donc voilà.

  • Speaker #0

    Mais là, l'infarctus, ce n'était pas pareil. Non, non. C'est vrai qu'on en parlera.

  • Speaker #1

    Il y avait eu un déménagement, donc plus du tout de médecin. Mais plus du tout, parce que là... J'avais changé de... Pas de région, mais de commune. Et puis, une bonne distance. Donc, plus du tout de médecin. Donc, voilà. Je pense que la présentation, après... Il y a des choses que j'aime. Mais bon, j'aime... Les goûts n'ont pas évolué depuis l'adolescence. Donc, j'aime la BD, l'art.

  • Speaker #0

    Et c'est... C'est des activités qui sont plutôt dans l'introspection, du coup. Mais... Vous me disiez qu'il y avait de l'activité physique, et ça, ce n'est pas pour prêcher pour ma paroisse, mais évidemment, c'est une bonne chose.

  • Speaker #1

    Non, mais alors avant, toujours avant l'infarctus, pour présenter la personne, j'étais un fumeur, et on va dire un grand fumeur. Donc je ne courais plus parce que je n'étais plus capable de courir. J'ai un souvenir précis avec mes enfants à Étretat. On me soufflait pour monter au niveau des falaises. Impossible, c'était devenu dur, mais bon, on continue de fumer.

  • Speaker #0

    Ça reste une drogue, on va en reparler. C'est ça qui est terrible, parce qu'en effet, les gens ne se rendent pas compte à quel point ils font du mal, on va dire, à leur corps, et que parfois les alertes doivent être un peu brutales pour se rendre compte que la vie est précieuse, et en tout cas, ça a été votre choix après l'accident. Il y a eu des sacrés changements, pareil, on en parlera. Donc vous me parliez de BD ? Et donc, de moments calmes qu'on prend pour soi, est-ce que, là, on est sur un format podcast, donc c'est vrai que c'est un média de niche pour les gens qui sont déjà assez sensibilisés à cet environnement. Est-ce que les podcasts, c'est quelque chose que vous écoutez, vous, de votre côté ? Non. Non.

  • Speaker #1

    Alors, je sais que ça existe parce que, alors, je n'ai pas la télé.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    J'ai une grande télé pour les vidéos, mais je ne capte pas la télé, en fait. Je n'ai pas d'antenne. donc j'écoute la radio pour les infos donc je sais que ça existe comme je suis enseignant France Inter j'écoute France Inter comme tous les enseignants et c'est très bien donc je sais que ça existe mais je n'en écoute pas ok

  • Speaker #0

    c'est vrai que maintenant il y a quand même beaucoup de choses internet youtube qui permettent de démocratiser c'est vrai que pour le coup je trouve que le podcast c'est un média qui qui s'écoutent assez facilement, et surtout les histoires, comme celles-ci, les interviews, les partages d'expériences. Donc voilà, j'espère que ça pourra en tout cas toucher le maximum de gens sur ces sujets-là, et en tout cas la maladie coronaire dont il s'agit aujourd'hui. On va aller dans le dur du sujet, c'est-à-dire l'infarctus. L'infarctus, donc on revient un peu en arrière. On est en février 2017.

  • Speaker #1

    En juillet 2017.

  • Speaker #0

    Juillet 2017. Juillet.

  • Speaker #1

    Je suis enseignant, donc j'ai fait... C'est repris.

  • Speaker #0

    Pendant les vacances. Ok. Pendant les vacances. C'est l'idée.

  • Speaker #1

    Tout début de vacances. Ouais.

  • Speaker #0

    Donc juillet alors, ok. J'imaginais, donc il fait beau, peut-être. Troisième. L'été. Oui, oui. Tout va bien, la vie est douce. Il n'y a plus des petites pâquerettes encore que. Les petites pâquerettes qui bougent au gré du vent, et puis tout d'un coup, coup d'éclair dans un ciel serein. Est-ce que vous pouvez nous raconter ce qui s'est passé ce mois de juillet ?

  • Speaker #1

    J'en ai gardé des moments précis. Ça s'est gravé dans la mémoire. Je regardais la télé, je regardais le magicien d'Oz.

  • Speaker #0

    C'était ça le problème ?

  • Speaker #1

    C'était le problème, oui. Je regardais le magicien d'Oz et quand j'ai ressenti une douleur à la poitrine.

  • Speaker #0

    ça faisait quoi exactement comme type de douleur vous aviez une pointe une pointe ok une pointe à un endroit précis ouais ça j'ai gardé vraiment le la douleur près elle est toujours là vous sentez encore plus plus de douleurs fantômes comme certains peuvent ressentir ok

  • Speaker #1

    et donc j'ai continué à regarder mon film ouais Première réaction, on fume une cigarette, il y a une douleur.

  • Speaker #0

    Il faut se détendre.

  • Speaker #1

    Oui, on est fumeur, on fume. Donc c'est abominable, c'est encore plus douloureux. Et ça a dû commencer vers 11h le soir.

  • Speaker #0

    C'est assez classique, je rebondis sur le timing. En pratique, les infarctus arrivent souvent dans la nuit, le petit matin. Souvent c'est le petit matin, 4-5h du mat, 6h. Quand c'est vrai que j'étais de garde en cardiologie, c'était un peu l'horaire. le milieu de la nuit. C'est assez étonnant. Je ne suis pas très surpris que ce soit dans la nuit, on est au calme, tout va bien. Ce n'est pas toujours la douleur à l'effort, bizarrement. Il y a souvent des prémices, mais en effet, la douleur au repos... Il y a eu des prémices, justement. Il y a eu des moments, les semaines d'avance, que souvent les gens ressentent quand même ça. Ils expliquent que ce n'était pas comme avant. Par exemple, ils avaient du mal à avancer, qu'à l'effort, c'était plus compliqué. Il y avait, on va dire, une rupture, quoi. Progressive, voire un peu rapide. Mais il sentait des choses un peu avant. Pas du tout. Tout allait bien et cette douleur est arrivée brutale.

  • Speaker #1

    S'il y a eu quelque chose, je n'ai pas fait attention. Je n'ai pas su l'écouter. Oui. Que je disais à être tard, marcher, c'était un peu... Ah, mais c'était le tabac.

  • Speaker #0

    Il y avait une célébrité qu'on attribuait au tabac. Que j'aime. Que c'était ça. Voilà, c'était le tabac,

  • Speaker #1

    voilà.

  • Speaker #0

    Mais en tout cas, il y avait cette gêne. Donc douleur brutale, ok.

  • Speaker #1

    Oui, donc douleur qui reste.

  • Speaker #0

    Cigarette.

  • Speaker #1

    Cigarette, donc je n'ai pas pu fumer. J'ai dû... De taf. Donc la nuit a continué comme ça. Je me souviens de frissons, pas des frissons, mais des fourmillements dans le bras. Je me souviens de ça. Donc j'ai essayé de me coucher, donc impossible de dormir.

  • Speaker #0

    Bien sûr.

  • Speaker #1

    Avec la douleur. J'ai pris une douche. Ça pourrait aller mieux. Pareil,

  • Speaker #0

    ça remettait sur l'ambiance de la détente, quoi, pour essayer de scanner et voir si ça passait.

  • Speaker #1

    J'ai essayé de refumer, donc plusieurs fois. Rien ne changeait et je ne pouvais pas. Alors, ce qu'il faut savoir, c'est que je ne pouvais pas être malade.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Ce n'était pas possible. Ça a dû arriver un lundi ou... C'était vraiment au tout début des grandes vacances. Oui. Ça devait être un lundi ou un... Je pense que c'était un lundi. Le lendemain, j'avais rendez-vous, je travaillais dans une école, je retournais dans un établissement où j'avais travaillé, justement avec des enfants autistes. Donc j'avais rendez-vous le lendemain avec le chef de service. Je ne pouvais pas manquer mon rendez-vous.

  • Speaker #0

    Toute la nuit, il restait comme ça avec cette douleur.

  • Speaker #1

    Et ma fille devait venir. Comme je suis divorcé, mes enfants habitaient chez leur mère. Et donc le lendemain, ma fille devait venir pour passer en entretien pour un travail d'été, pour un job d'été. Donc il fallait que je sois là. Ce n'était pas possible autrement. Donc je suis resté toute la nuit comme ça. Avec l'envie. Alors la douleur était insoutenable.

  • Speaker #0

    Par exemple sur 10, 10 c'est le max, 0 pas de douleur. Vous diriez que c'était une douleur à combien ? De mémoire, c'est évidemment sympa.

  • Speaker #1

    L'envie que j'avais, c'était de prendre un couteau de cuisine et enfoncer. Donc on était pas loin.

  • Speaker #0

    Rousseau la fois. Ouais,

  • Speaker #1

    ouais, c'était... Et Luc, vraiment une pointe. Et donc, voilà. Et puis arrivait un moment, comme ça ne s'arrêtait pas, mais c'était sur les coups de 6h du matin.

  • Speaker #0

    La fameuse. Quand on a fini la nuit. C'est bizarre.

  • Speaker #1

    J'ai quand même un portable. Donc, douleur à la poitrine, qu'est-ce que ça peut être ? Si vous avez une douleur à la poitrine, appelez-le Samu. Donc j'ai appelé le SAMU. J'ai dit tout de suite, il n'y a pas eu de souci. Donc on m'a dit, vous ne bougez plus. Non mais il faut que je prépare mes affaires. Si je dois aller, on prévient, quelqu'un va arriver tout de suite. Non mais il faut que je prépare mes affaires. Non, non, vous restez assis. Ça, je me souviens de ces moments précis. J'ai préparé quand même mes tapiers. pour l'hôpital, mon tabac, pour fumer le soir.

  • Speaker #0

    Vous n'étiez pas malade à ce moment-là.

  • Speaker #1

    C'était vraiment prévu.

  • Speaker #0

    C'était vraiment prévu.

  • Speaker #1

    Par contre, ce qui est très curieux, je ne me souviens pas de ce qui s'est passé avant, après le coup de téléphone, mais après, je n'avais plus mal. Je n'ai plus de douleur.

  • Speaker #0

    La douleur a disparu après l'appel. Oui.

  • Speaker #1

    Ça n'a pas dû se produire tout de suite, je ne sais pas.

  • Speaker #0

    C'est ce que votre cerveau a enregistré,

  • Speaker #1

    que la douleur a disparu.

  • Speaker #0

    L'appel a été salvateur, dans tous les sens.

  • Speaker #1

    Donc j'ai attendu pas longtemps en fait, les pompiers sont vite arrivés.

  • Speaker #0

    Ça arrive en combien de temps ? Quand vous avez appelé et le moment où ils étaient là ?

  • Speaker #1

    Allez, en grand maxi. J'allais dire grand, grand, grand maximum 10 minutes.

  • Speaker #0

    10 minutes, oui. Oui,

  • Speaker #1

    peut-être même pas. Alors les pompiers, j'ai entendu le véhicule arriver. Donc je suis allé à la porte. Ça, c'est un autre moment aussi, un autre souvenir. Donc je les ai vus passer. Ils sont allés au bout de ma rue.

  • Speaker #0

    Vous leur avez fait saut de boue ?

  • Speaker #1

    Ils se sont trompés. Donc ils ont fait demi-tour. Oui. Mais le déplacement, plus lent. Je m'éteignais. Et ça, j'en ai conscience. Mais bien. C'est assez bizarre de dire ça, mais je m'éteignais. Bien. J'étais bien pour partir.

  • Speaker #0

    D'accord. C'est quelque chose que vous aviez envisagé au moment où ils étaient là ? Du tout. Comme si vous aviez le corps à l'étonnement. C'est quelque chose que peut-être ça pouvait être la fin. Oui. Ok.

  • Speaker #1

    Mais bien reposé, bien détente. C'est bizarre de dire ça.

  • Speaker #0

    Chacun est différent.

  • Speaker #1

    Et puis, les pompiers sont arrivés. Il y a un pompier qui est arrivé en premier. C'était un copain. C'était un collègue de travail d'avant qui était pompier volontaire. Donc, j'ai tout de suite vu sa tête. Les yeux qu'il a fait.

  • Speaker #0

    Il avait compris que c'était certainement grave.

  • Speaker #1

    Donc... Je lui ai demandé après, parce que le SAMU est très vite arrivé. Donc ils m'ont assis, je ne sais plus, j'ai été branché. Et je lui ai demandé ce qu'il en pensait, si c'était sérieux. Il m'a dit, je ne peux pas te dire, mais bon, allez, on va t'emmener à l'hôpital. Donc voilà, ça a été le départ. Par chance, ça a été à l'hôpital de Rouen. Oui, CHU. Au CHU. Voilà. Donc après, ça a été tout. Après, je suis arrivé au CHU.

  • Speaker #0

    Donc, je me suis fait faire. Oui, c'est ça. En fait, on se laisse porter. On ne maîtrise plus rien. C'est peut-être une bonne chose dans un sens. Il faut se remettre à la professionnelle de santé. Et pour le coup, on est obligé de faire confiance. Oui. Mais à ce moment-là, j'ai l'impression qu'il y a eu un switch dans votre esprit, à savoir que vous comprenez que finalement, là, on était plus sur l'idée que... vous étiez plus malade en fait il fallait faire des examens il fallait à ces là on vous sentiez qu'il y avait quelque chose qui s'était passé il ya eu peu ne y a pas eu finalement de gestion de la douleur parce que voilà pour avoir vu évidemment beaucoup d'infarctus à la phase aiguë les gens quand même souvent mal on leur donne de la morphine parfois d'ailleurs pour calmer la douleur tellement ça peut être intense et d'ailleurs vous le ressentiez au début une douleur quasiment à 10 sur 10 insupportable et on et on entend que vous avez mis du temps avant d'appeler parce qu'on ne se rend pas compte finalement que ça peut nous toucher. Et c'est ça qui est étonnant dans la maladie, c'est que souvent, et c'est ce qui explique que beaucoup d'ailleurs de gens fument alors qu'ils connaissent les risques, ont une mauvaise idée de vie ou autre, on ne s'imagine jamais qu'un jour ça peut nous toucher. Et ça c'est difficile parce qu'on est tous exposés, tous individuellement, on a tous un risque qui nous tombe un peu sur, qu'on porte sur nos épaules, mais... évidemment et heureusement on n'y pense pas et c'est ce qui nous permet d'avoir des projets de ne pas se dire le pire arrivera mais on se dit on verra bien et puis la vie continue mais à ce moment là c'est de ce que j'entends c'est que la maladie elle n'est pas spécialement là encore moins d'infarctus on imagine toujours que c'est quelque chose de presque théâtralisé la personne se porte la main elle s'écroule comme dans les films quoi porte sa main à la poitrine Je rebondis d'ailleurs sur la douleur, la douleur classiquement, donc une douleur d'infarctus. On s'attend en tout cas à ce que ça soit dans la plupart des cas un serment comme un étau dans la poitrine, que ça irradie au niveau du cou, de la mâchoire, de l'épaule. Ça a tendance à augmenter à l'effort dans les semaines qui précèdent. Et puis sinon, la douleur est intense et elle ne passe pas. C'est ça qui doit alerter. Une douleur qui dure au moins une vingtaine de minutes, qui ne passe pas, c'est un signe d'alerte. Et évidemment, à ce moment-là... Ce que je dis toujours à mes patients, c'est qu'il faut appeler le 15. Non pas parce que les gens souvent disent « oui, mais j'ai peur de déranger » , mais parce qu'en fait, vous avez un médecin, un médecin régulateur qui va vous poser des questions. Et c'est la chance qu'on a en France, c'est d'avoir justement le SMUR, le SAMU, le 15, le 112 aussi pour éventuellement d'autres pays. Mais en tout cas, on a la chance d'avoir accès à un médecin rapidement qui peut nous prendre en charge après, avec une équipe dédiée. Ça peut être... Des pompiers, des ambulanciers ou une équipe d'infirmiers et de médecins. Donc c'est une chance qu'on a, je trouve, en France. Et ça a été le bon réflexe finalement, heureusement, parce qu'on disait que vous éteignez.

  • Speaker #1

    Oui, oui, et c'est vraiment le terme.

  • Speaker #0

    Ce ressenti. Ok.

  • Speaker #1

    Reposer. Mais reposer. C'est bizarre.

  • Speaker #0

    Ça s'est passé comme ça. Est-ce que vous étiez inquiet à ce moment-là ? Est-ce que vous avez... À quoi vous avez pensé quand vous étiez à l'hôpital ?

  • Speaker #1

    Je n'étais pas inquiet. Non, arrivé à l'hôpital, aucune inquiétude.

  • Speaker #0

    Ok.

  • Speaker #1

    Non, j'étais à l'endroit où il fallait.

  • Speaker #0

    Ce que je vois souvent, les gens, parce que tout à l'heure, vous me disiez, j'ai pris mes affaires. Ce dont il s'agit, c'est qu'en fait, quand les gens ont un accident comme ça, la plupart ont des comportements adaptés, ils savent qu'il faut se laisser aller, qu'il y a des examens à faire. Mais j'ai quand même eu beaucoup de fois où les gens sont dans le déni. C'est pas possible, je vais rentrer chez moi, appeler ma femme, mon conjoint, etc. Parce qu'en fait, je sors. Et ça, je l'ai vu beaucoup. Les gens qui me disent, OK, très bien, on va faire les examens et puis j'appelle mon mari, ma femme ou mes enfants pour venir me chercher tout à l'heure. Et là, on leur dit, écoutez, malheureusement, il va peut-être falloir rester un peu plus. Ça va être un peu plus long que ce qu'on imaginait. Voir des animaux, j'ai eu ça aussi. Ah non, il n'est pas possible que je reste. Il faut que je m'occupe de mon chat. Ça, j'ai eu.

  • Speaker #1

    Alors moi, non, pas du tout. Non, non, j'étais à l'endroit où il fallait.

  • Speaker #0

    Ça facilite le travail des collègues. Mais c'est OK. Donc, arrivé à l'hôpital, transfert par les pompiers. On met des perfusions. Et alors, quels examens on vous a fait aussitôt ? Vous vous souvenez de ça ?

  • Speaker #1

    Je crois que... La pause des scènes. Je me souviens de la pause...

  • Speaker #0

    La coronarographie ? Donc, la salle dédiée, on est allongé, on pique dans l'artère. Ça vous souvenait un peu ? Oui. OK. Et on vous montre les artères à ce moment-là, souvent, à la phase aiguë. On est un peu shooté ?

  • Speaker #1

    Non, parce que je crois que j'avais enlevé les lunettes. Et sans lunettes, je... Ça ne sert à rien de...

  • Speaker #0

    C'est peut-être bien, finalement. C'est moins oeissant.

  • Speaker #1

    Je ne sais pas, parce que j'étais impressionné par la technique. Et ça, c'est quelque chose dont je me souviens. Parce qu'ils étaient passés par le poignet pour mettre des stents. Le poignet, main droite. Le cœur, il n'est pas... Je trouvais ça fabuleux. J'avais dû parler avec le médecin qui était là, la personne qui avait fait. J'ai trouvé ça prodigieux. Mais moi, j'étais vraiment... Je me laisse faire.

  • Speaker #0

    C'est le mieux, je dirais. C'est le mieux pour... être pris en charge, en tout cas. Mais alors, il y a ce moment où on met le stand. Est-ce que vous avez compris à ce moment-là de quoi il s'agissait ? Oui,

  • Speaker #1

    je crois qu'on me l'avait dit. Oui, oui, oui.

  • Speaker #0

    Vous avez annoncé ici. Oui, oui, c'est français. Une artère s'était bouchée. Deux. Deux artères.

  • Speaker #1

    J'ai deux stents, donc... Non, non. Oui, oui, j'étais là, j'étais au courant.

  • Speaker #0

    Ça a été ressenti comment ? Vous avez, à ce moment-là...

  • Speaker #1

    J'en ai aucun souvenir particulier. Non, non, moi, je...

  • Speaker #0

    C'était OK. On s'est laissé porter par l'équipe musicale et une des instants, il fallait. Et ouf ! Oui, les chocs. On descend,

  • Speaker #1

    on me sauvait.

  • Speaker #0

    Le diagnostic, ça vous a fait peur quand on vous a dit après que vous rentrez dans le champ, vous allez faire un infarctus, on l'a mis de stent ? Non.

  • Speaker #1

    Non, parce qu'il y a plutôt une maladie qui m'aurait fait peur. Mais ce n'était pas celle-ci, c'était une autre maladie qui était liée au tabac.

  • Speaker #0

    Un cancer ?

  • Speaker #1

    Un cancer des poumons.

  • Speaker #0

    Est-ce que c'est à ce moment-là que vous vous disiez que ça pouvait être associé ?

  • Speaker #1

    Pas associé, mais c'était plus la maladie qui me faisait peur. Et ça a été vérifié. Ça a été contrôlé.

  • Speaker #0

    Contrôlé sur la radio.

  • Speaker #1

    Et j'étais encore inquiet. Justement, quand on m'a dit on va faire un contrôle par rapport au cancer.

  • Speaker #0

    L'inquiétude était centrée finalement plutôt sur le poumon que le cœur.

  • Speaker #1

    Ah oui,

  • Speaker #0

    complètement.

  • Speaker #1

    Le cœur, je crois que c'est quelque chose... Tout ça, je l'ai compris après. Mais ce n'était pas quelque chose d'important. En fait, on n'en prend pas soin. Il n'y avait pas besoin d'en prendre soin. Il est là pour un...

  • Speaker #0

    Alors qu'il est central. Et c'est assez étonnant parce que je le note avec les patients que j'ai. C'est qu'en fait, le cœur, on le malmène un peu. On a du mal à saisir. C'est pas, si vous voulez, le cœur, on ressent rien en fait. Il n'y a pas de, sauf à avoir des palpitations, on ressent son cœur. Mais ça n'entraîne pas de symptômes. Et donc on ne se dit pas, tiens, je suis essoufflé, j'ai un problème au poumon. Je me tape sur le genou, j'ai mal. On se dit il y a un problème, le cœur évidemment c'est pas visible et on fait beaucoup de prévention parce qu'on sait que l'environnement, l'hygiène de vie, le tabac etc... Donc ça a un impact sur le cœur mais on se rend compte qu'il souffre. Oui, oui. Donc je comprends alors l'inquiétude qu'il pouvait y avoir en tout cas sur le...

  • Speaker #1

    Donc vraiment, moi, j'arrivais là. Donc là, j'étais... Non, non, moi, j'ai tout pris. J'ai accepté facilement. Il n'y a eu aucun problème.

  • Speaker #0

    C'est beau. C'est beau parce que... Oui, je pense que ça peut aussi... Bon, évidemment, on ne souhaite à personne un infarctus. C'est grave. On comprend bien. Mais c'est ça qui m'avait, je trouve, bluffé, on peut dire. C'est que cette capacité que vous aviez eue, après en tout cas l'annonce, parce que je me souviens, vous aviez été pris en charge au CHU. Ensuite, on vous a dit qu'il va falloir trouver un cardiologue, puisqu'au CHU, il y avait trop de patients déjà pris en charge. Donc, on travaille en partenariat entre ville et hôpital. Et donc, vous avez orienté vers moi, si je me souviens bien.

  • Speaker #1

    Vous étiez encore à Cléon ?

  • Speaker #0

    J'étais à Elbeuf à ce moment-là. À Elbeuf, oui. Oui, c'est vrai. Et puis après, je me suis installé ici. Donc,

  • Speaker #1

    je vous ai suivi.

  • Speaker #0

    Oui. Écoutez, merci. À ce moment-là, je me souviens que quand j'avais repris votre dossier... En effet, c'était un infarctus quand même compliqué, on peut le dire, parce qu'on va après détailler un petit peu ce que vous avez eu, qui n'était pas perceptible en tout cas pour vous. Parce que vous, comme vous le disiez, l'attention était centrée en tout cas sur le poumon, sur la douleur qui avait disparu. Donc finalement, les choses étaient rentrées dans l'ordre en quelque sorte. On peut dire que la vie avait repris son cours, et puis avec une bonne énergie. Donc c'est vrai que voilà, moi je suis quand même... Super impressionné par ce que vous avez vécu. Je trouve que ça a dû être très dur, en tout cas de l'extérieur, d'affronter ça. Et presque étonnamment, on a l'impression que c'était facile pour vous.

  • Speaker #1

    Je n'ai pas l'impression de l'avoir mal vécu,

  • Speaker #0

    moi. Peut-être pas bien vécu.

  • Speaker #1

    J'aurais préféré ne pas être malade. Mais après, vraiment, oui, c'est peut-être ma façon de prendre la vie aussi. C'était peut-être déjà là quand même. J'étais bien à l'hôpital.

  • Speaker #0

    Est-ce qu'on peut dire que ça a changé votre vie positivement, cet accident-là ? Il n'y a pas en soi de rumeur que j'ai dit ça. C'est toujours, on se prend même une claque, quand on est médecin, on accompagne les gens en se faisant du négatif, mais cette façon aussi, je trouve, d'avoir rebondi sur dire « je choisis le cours de la vie » , en fait. Parce que certes, il y a l'accident, il y a la maladie chronique. le risque du pire aussi parce que c'est vrai qu'en fait vous avez aussi beaucoup de chance parce que beaucoup de patients à la phase, j'entends la phase aiguë c'est les premières heures d'un infarctus, la mortalité malheureusement non hospitalière elle est élevée et beaucoup des gens vont faire un arrêt cardiaque.

  • Speaker #1

    Je crois qu'à l'hôpital on m'avait zinouillé. Allez, 6h30, on tient 6h30, je crois qu'on va visiter quelque chose comme ça.

  • Speaker #0

    Après 6h, la dent de la tête.

  • Speaker #1

    Moi j'ai fait mes réponses 6h, donc...

  • Speaker #0

    Donc là, l'artère s'est bouchée, le cœur a souffert. On peut se poser la question si finalement la douleur qui avait disparu, c'était aussi le fait que le muscle ne souffrait plus. Parce qu'en fait, ce qui se passe, c'est qu'au début, l'artère se bouche, le muscle cardiaque souffre, et donc il y a tout... les mécanismes de la douleur qui se passent. Et heureusement, ça reste du coup la l'air pour dire là, il y a quelque chose de grave qui se passe. Mais c'est vrai que petit à petit, les cellules cardiaques meurent. Et donc, derrière, il n'y a plus de douleur. Donc ça paraît bien. Et c'est vrai que j'ai des patients comme ça qui arrivent en disant oui, alors je les vois quand il y a eu d'autres choses ou même des fois de manière un peu fortuite. On fait un électrocardiogramme. On dit là, en effet, il y a un problème. On fait une échographie. On voit qu'il y a une paroi du cœur qui ne bouge pas. Et on dit... C'est probablement un infarctus. On fait les examens qu'il faut. Et quand on reprend l'historique, les gens, des fois, disent « Oui, c'est vrai. Il y a deux, trois mois, six mois, un an, j'ai eu une douleur dans la poitrine qui a duré facilement 12 heures, quelque chose comme ça. Et en fait, c'est passé. Et puis, je ne me suis pas inquiété. » Et c'est parce qu'après, ils vont sentir, par exemple, des palpitations, de l'essoufflement, des sensations de malaise. Parfois, des petites douleurs qui reviennent que là. Mais la... tempête est passée et heureusement, on n'est pas toujours dans l'infarctueuse, la preuve. C'est chouette encore de voir. Ça reste encore aussi lié au progrès de la prise en charge parce que les gens sont sensibilisés à ça. Ils savent que s'il y a une douleur dans la poitrine, maintenant, il faut s'en inquiéter, il faut aller explorer et puis aller vite en fait. Parce que je pense que c'est une course contre la montre. C'est ça qui est rare.

  • Speaker #1

    C'est peut-être un peu le regret de jurer. Encore regret.

  • Speaker #0

    Non,

  • Speaker #1

    je ne savais pas.

  • Speaker #0

    On ne peut pas refaire l'histoire.

  • Speaker #1

    J'aurais dû appeler beaucoup plus tôt.

  • Speaker #0

    C'est souvent une sensibilisation aussi des gens dans le quotidien de dire, appelez, appelez le 15, n'attendez pas. Vous ne dérangez personne, ce n'est pas grave, et même si vous dérangez. Et alors, en fait, qu'est-ce qui se passe ? Rien. Vaut mieux appeler. Et puis ça, vous le savez maintenant. Mais pour tous les gens qui peut-être un jour seront confrontés à ça ou un proche, une douleur et un truc bizarre, ce n'est pas habituel. Il faut faire un point et ça se passe bien. Donc, ils ont posé les stents. Vous êtes resté combien de temps à l'hôpital ?

  • Speaker #1

    17 jours.

  • Speaker #0

    17 jours. C'est court en pratique. Alors maintenant, les infertus, c'est presque 2-3 jours. D'accord, on est dans le milieu... Un jour,

  • Speaker #1

    un intensif.

  • Speaker #0

    Ouais, quand même.

  • Speaker #1

    Je suis resté dix jours aux intensifs.

  • Speaker #0

    Ouais.

  • Speaker #1

    Donc, heureux. Non, non,

  • Speaker #0

    ce qui... Bichonné.

  • Speaker #1

    Bichonné,

  • Speaker #0

    ouais. Souvent, les soins intensifs, c'est sympa pour la prise en charge individuelle. Bah oui, c'est une chambre seule, il y a plein de monde autour de vous, sympathique. Oui,

  • Speaker #1

    c'est ça, mais vrai.

  • Speaker #0

    On essaie de faire oublier la maladie aussi, parce que souvent, c'est très stressant. C'est souvent, en fait, la famille qui a du mal. Quand on dit soins intensifs, c'est très intense, quand même. Moi,

  • Speaker #1

    la famille n'est pas sur place.

  • Speaker #0

    Ouais. Ils sont venus vous voir ?

  • Speaker #1

    Juste mes enfants et mon ex-femme. D'accord,

  • Speaker #0

    sont venus.

  • Speaker #1

    Donc eux, ils venaient tous les jours. Oui. En même temps. Donc après, ma fille, elle est partie habiter chez moi. Puisqu'elle avait son travail. Mon fils, donc lui, passait tous les jours. Et mon ex-femme venait aussi. On l'a amené de la compagnie.

  • Speaker #0

    En visite. Oui.

  • Speaker #1

    Voilà.

  • Speaker #0

    Comment vous avez ressenti ? Vous savez un peu comment c'était perçu ?

  • Speaker #1

    Alors, j'ai eu un autre événement, en fait, en même temps. Cette monexe femme a appris qu'elle avait un cancer du sein en même temps.

  • Speaker #0

    OK.

  • Speaker #1

    Donc, bon, les enfants, ça a été assez...

  • Speaker #0

    Oui. Pour eux,

  • Speaker #1

    ça a dû être difficile. Oui, c'est difficile. Voilà. Après, on se comparlait beaucoup. pas énormément.

  • Speaker #0

    Parce que là, on met les choses un peu sous le tapis, on n'en parle pas. Évidemment, heureusement, on ne se focalise pas à dire que c'est grave.

  • Speaker #1

    Non, j'exagère, parce qu'avec mes enfants, si on se parlait même là, on ne se parlait que ci-ci. Et quand même, j'exagère. C'est plus après, en famille, la famille est loin, moi, donc... Ils ont été prévenus. Il y avait des coups de téléphone. Pas plus inquiétudes. Il ne fallait pas plus s'inquiéter que ça. Voilà.

  • Speaker #0

    Un retour...

  • Speaker #1

    Oui, ça a été dur pour... Ma fille parle moins, peut-être. Ou peut-être parlait moins. Je sais que ça a été dur. J'ai eu un moment à l'hôpital. En fait, c'est après les intensifs. J'ai changé de service. J'étais avec un monsieur. Donc ça se passait bien. Il n'y avait aucun souci. Toujours aussi bien. Mais bon, il y a eu un jour, il y a eu une infirmière qui est venue me dire « Ah ben, vous allez sortir aujourd'hui ? » On est quand même toujours contents. Surtout au bout de 15 jours.

  • Speaker #0

    Ah ben oui.

  • Speaker #1

    On se dit que c'est quand même pas mal de s'en aller de là. Donc, vous pouvez peut-être préparer vos affaires. Et je n'avais pas vu de médecin.

  • Speaker #0

    Ok.

  • Speaker #1

    Donc, dans la tête, quand même, on me dit ça, on prépare ses affaires. En fait, quand le médecin est venu, une idée, on vous garde. Surtout que je n'avais pas de médecin traitant. Et qu'avec mon souci par rapport au sang, le traitement, il fallait absolument un médecin traitant. Ou en tout cas, il fallait régler les dosages. Il y avait quelque chose comme ça. Donc non, vous ne sortez pas encore tout de suite. J'avoue que là, ça met un coup au moral. C'est le moment, ça a été le seul moment, je dirais difficile, sur le séjour à l'hôpital. Et puis, le soir, je me souviens, mon fils était passé. Donc, il m'avait vu moins bien. Je ne sais plus, en le vivant 10 ans, j'avais pleuré. Je pense qu'il y a eu des moments marquants pour les enfants comme ça. Puis le physique, j'avais perdu du poids. Donc, même ma fille, la forêt, elle lui demandait. Mais je pense qu'il y a eu des moments... Dès le premier jour, elle était là. Même mon fils a dû passer. Dès le premier jour, ils sont venus.

  • Speaker #0

    C'est très brutal.

  • Speaker #1

    Oui, pour eux, je pense que...

  • Speaker #0

    Pour ça, c'est le coup d'éclair, en fait.

  • Speaker #1

    Même s'il n'y avait pas obligatoirement des mots de Guy, je pense que ça a quand même été bien difficile pour eux. Oui, la transformation.

  • Speaker #0

    C'est difficile parce que souvent, on a envie de protéger ses proches et donc de leur épargner de l'inquiétude supplémentaire. Mais des deux côtés, en fait. Parce que soi-même, on se dit, quand on est malade, je ne vais pas les embêter à leur mettre une charge mentale en plus. Mais en même temps, les personnes souffrent souvent un peu en silence aussi, alors qu'on m'attendrait des proches qui soient un soutien. Mais évidemment, il y a beaucoup de peine des deux côtés. Justement, on parlait des moments difficiles, mais... Et paradoxalement, de la bonne énergie que vous aviez, qu'est-ce qui vous a porté, qu'est-ce qui vous a donné cette énergie-là ? Parce qu'on comprend qu'il y a évidemment des émotions négatives, tristes, et en même temps, il y a le contre-boomerang très positif, où il n'y a pas cette dégringolade du cercle vicieux de l'anxiété et de la dépression. Parce qu'en fait, beaucoup dans le post-infarctus, les gens ont souvent, alors des fois même des états de stress post-traumatique. parce qu'en fait c'est quand même très violent mais à côté il y a une forme de résilience aussi, une capacité que le corps et l'esprit ont d'affronter un événement de vie aussi brutal vous avez trouvé cette énergie d'où ? je serais peut-être pas capable de le dire j'en sais rien il y a probablement eu des événements ou de rapports une espèce d'introspection de revers sur la vie

  • Speaker #1

    Mon père est décédé depuis quelques années, depuis longtemps même. Alors il avait fait un malaise cardiaque lors d'une journée sportive dans la ville. Il faisait du vélo. Et après il a eu un pacemaker lui.

  • Speaker #0

    D'accord.

  • Speaker #1

    Il est décédé à 72 ans après la fameuse canicule de

  • Speaker #0

    2003. 2003, je crois.

  • Speaker #1

    Et en fait, après son décès, on a dit, ou en tout cas, j'ai dit, il aurait fallu réfléchir. En fait, le pacemaker, il avait un cœur usé. Il avait un cœur qui battait très lentement et puis il avait un cœur usé quand il est décédé. Donc, moi, j'ai compris. Moi, c'était un peu ce qui m'était arrivé. Pas la même chose, mais... Donc fallait repartir quoi, je sais pas, c'était... Puis en quittant l'hôpital après, j'ai rencontré des gens sympathiques. Je suis rentré chez moi, il y avait ma fille qui travaillait, donc on a pris une petite vie à deux. Mon fils venait le week-end. Je sais pas, ça s'est fait naturellement, ça repartait. Faut savoir que bon, je suis dingue de rock. Donc même à l'hôpital, je commandais des CD. Oui. Quand ça allait mieux. Une fois que ça allait mieux, évidemment pas au début. Au début, on passe beaucoup de temps à dormir. C'est une petite fille pépère. Mais après, moi, je suis reparti. Mes centres d'intérêt ont redémarré.

  • Speaker #0

    Comme avant, justement. L'avis a repris ses droits. Mieux. Mieux sur quoi ? Sur le regard que vous aviez ?

  • Speaker #1

    Profiter de la vie. profiter,

  • Speaker #0

    j'avais eu la chance de m'en sortir donc c'est profiter de sa chance vous aviez saisi que c'était grave et que là vous aviez eu un sursis un peu à ce moment là et maintenant on choisit son camp c'est ça en fait d'avoir opté donc mes

  • Speaker #1

    centres d'intérêt comme je vous le disais, très limités très... ah donc c'est reparti le plaisir de Au départ ça a été dur. Je pense que ça a dû arriver qu'après, puisque j'ai fait de la réadaptation cardiaque, après il y a le plaisir de remarcher. Et puis à un moment, ça s'est pas fait. Ça c'était la vraie inquiétude. Mais quand j'ai repris le travail, après c'était...

  • Speaker #0

    Le quotidien avait...

  • Speaker #1

    Oui, puis... Bon, c'est un truc... D'où l'importance, c'était en milieu spécialisé, donc il y a des relations.

  • Speaker #0

    Une écoute en tout cas de vos collègues qui vous ont porté.

  • Speaker #1

    Oui, puis les élèves, les jeunes qui en travaillent sont au-dessus de tout. Les élèves que j'avais à l'époque, ils vivent, c'était des enfants autistes. plutôt sévère.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Donc, ils ne sont pas en considération du moins. Non, ils sont dans leur bulle, mais quand vous êtes accepté, vous faites partie de leur monde. Donc, oui,

  • Speaker #0

    c'est un peu tellement simple.

  • Speaker #1

    Je pense que c'est tout ça qui a fait que. Les deux sont liés. Tout c'est lié. Ça m'a aidé à aller mieux, et le fait d'aller mieux m'a aidé dedans.

  • Speaker #0

    Vous aviez conscience que la vie était fragile un peu ? Oui. À ce moment-là, vous aviez saisi qu'il n'y aurait pas forcément de seconde chance et qu'il fallait profiter de...

  • Speaker #1

    Faut profiter.

  • Speaker #0

    C'est souvent ce qui ressort des gens quand il y a eu un accident de vie comme ça, c'est de dire, en fait j'ai eu de la chance et donc je choisis d'avancer et les gens ont un regard sur la vie de dire, ça m'a transformé. Mais une fois qu'ils ont en effet accepté ça, d'avoir un regain d'énergie pour dire, voilà, maintenant c'est bon, j'arrête. J'arrête les conneries, comme certains disent, et puis je profite, mais pas dans une version égocentrée, mais de dire voilà, j'ai une seule vie et j'en ai qu'une, elle est précieuse, donc je trouve assez parlant pour le coup ce choix. On peut imaginer en tout cas que le quotidien était bouleversé. De votre côté, qu'est-ce qui a été le plus difficile à gérer dans les premiers mois ?

  • Speaker #1

    Le souvenir, moi, c'était la reprise du travail.

  • Speaker #0

    C'était ça l'inquiétude ? Oui. L'inquiétude et la difficulté réelle ? Comment je vais faire pour reprendre ? Comment je vais adapter ? Si les choses vont changer ?

  • Speaker #1

    Comme ça m'était arrivé début juillet, mon arrêt de travail n'a commencé que fin août.

  • Speaker #0

    Parce que moi,

  • Speaker #1

    j'étais en vacances juillet-août. Donc bon, on n'y pense pas. Ma petite vie s'est reprise. Oui, on m'a aidé au début pour aller au rendez-vous. Puisque quand je suis sorti de l'hôpital, il me fallait absolument un médecin.

  • Speaker #0

    Mais oui, exactement. Vous parliez tout à l'heure, je vais expliquer un peu. C'est qu'en fait, le traitement dont vous parlez, c'est un traitement psychoagulant. En fait, l'infarctus a eu pour conséquence de fragiliser une paroi du muscle. Et cette paroi-là, quand elle ne bouge plus du tout, du sang peut stagner et il peut se former un caillot. Il y avait un caillot. Voilà, j'avoue, il y avait un caillot. Ce qui n'est pas... habituel dans la phase récente de l'infarctus, il y avait un caillot. Et donc, ce caillot-là, il expose à un risque, en tout cas très dangereux, d'AVC et d'embolie. Parce que si le caillot part, on peut imaginer que ça va envoyer des bouts dans le corps. Et donc, heureusement, ce caillot a été vu, il a été traité, maintenant c'est réglé. Mais ça, on vous avait dit ça, à l'époque, qu'il y avait un caillot et les risques ? Ah oui, oui !

  • Speaker #1

    Oui, parce que le mot du médecin, il m'avait dit que ce serait un traitement à vie. Je lui avais dit à vie, puis il m'avait dit à mort même, jusqu'à la mort. Parce qu'il m'avait amusé.

  • Speaker #0

    Oui, en fait, on rira. Justement, cette vision du médicament, quand on vous dit que c'est un traitement à vie, ça veut dire quoi pour vous ? Comment ça a résonné ? Est-ce que ça vous a enfermé ? Ou vous vous êtes dit, bon, ok, c'est... C'est comme un petit trombone qu'on met sur une feuille. Bon, la feuille est là, on met un trombone, mais ça, on continue d'écrire, d'avancer. Voilà, c'est ça.

  • Speaker #1

    Moi, c'est... Oui.

  • Speaker #0

    Ça a été difficile à gérer ça, les traitements au début ? Alors l'anticoagulant, c'est compliqué parce que... Alors maintenant, il y a des traitements anticoagulants, on va dire qu'il y en a deux formes, même trois, il y a des formes injectables qui sont vraiment, généralement, très courtes. Ensuite, des formes orales, il y en a deux, il y a donc les antivitamines K que vous avez eues. La particularité, c'est qu'il faut surveiller régulièrement l'INR, qui est un dosage du médicament, on va faire ça. Quand il est bas, il faut monter le traitement, et quand il est haut, il faut le diminuer. Et ça donc peut exposer un risque soit de cailloux quand c'est trop bas, soit un risque de saignement quand c'est trop haut. Donc les gens doivent être quand même assez à l'aise avec l'idée du traitement et donc d'être diligents dans leur prise en charge avec les dosages, parce que ça peut être dangereux si on fait n'importe quoi. Puis il y a, avec ce traitement-là, des inconvénients, c'est qu'il faut faire attention à ce que l'on mange, parce que le chou, la salade, les asperges, la tomate, c'est riche en vitamine K pour certains et ça peut perturber les dosages. Ça, vous aviez saisi que c'était... Un changement où vous avez dit « Ok, je m'adapte et puis en fait... » Oui,

  • Speaker #1

    c'est ça, je me suis adapté. Oui.

  • Speaker #0

    Je vais presque dire que c'est chouette, parce que ça a été facile en fait. Oui. En fait, selon les gens, on n'accepte pas d'avoir un traitement.

  • Speaker #1

    Il y a la prise de sang...

  • Speaker #0

    Régulière,

  • Speaker #1

    c'est ça. ... mensuelle, pour vérifier. C'est parti, tout à fait parti. Moi, je suis content de... C'est là où c'est bizarre. Oui, moi, je suis content de voir l'infirmière.

  • Speaker #0

    Oui, mais...

  • Speaker #1

    On a sympathisé.

  • Speaker #0

    Oui. Il y a une relation de soins qui s'installe et en fait, dans la santé, les gens sont très disponibles. C'est une contrainte.

  • Speaker #1

    En fait, ce n'est pas une contrainte, c'est comme aller chercher tous mes médicaments à la pharmacie, on discute. C'est une relation qui s'est installée amicale. Pharmacien,

  • Speaker #0

    infirmier, médecin.

  • Speaker #1

    Médecin, oui, oui, oui,

  • Speaker #0

    c'est un truc.

  • Speaker #1

    C'est jamais une contrainte d'aller rencontrer... Je vois le médecin généraliste, c'est pareil. J'avais que plaisir.

  • Speaker #0

    En tout cas, ce que l'attention est finalement portée sur la relation, en fait. Parce qu'elle vous apporte aussi. Donc finalement, j'ai l'impression que dans l'accident, il y a eu des nouvelles opportunités, en fait, de rencontre. Même si vous êtes très solitaire, vous le disiez. Mais ça enrichit... C'est ce qui ressort quand même beaucoup, en fait. Le sens de la vie, il est aussi des relations concrétives. C'est des mains, beaucoup. Et c'est peut-être finalement important de rappeler que ça aide à affronter beaucoup. Il y a les proches, mais il y a aussi toutes les personnes qui peuvent vous aider, en tout cas au quotidien, à affronter. C'est plus finalement la maladie, c'est un quotidien différent, en fait. Il y a le quotidien quand même. La maladie, elle ose remplir. J'ai l'impression. Maintenant, on parlait de l'infarctus, il y a eu un caillot qui s'est formé, donc une paroi du cœur qui bougeait moins. Autre chose aussi, c'est que finalement, on parle de fonction cardiaque, parce que sur le ventricule gauche, c'est un marqueur qu'on utilise beaucoup en cardiologie pour suivre l'état de santé du cœur, c'est la FEVG. Vous avez dû voir ça à chaque fois. Peut-être que ça ne vous a pas parlé, mais la fraction d'éjection du ventricule gauche, c'est le pourcentage de ce que le cœur est capable d'éjecter quand il reçoit du sang. Donc en fait, un cœur normal, on va dire, il est à 50% jusqu'à 70%, 75% de fraction d'éjection. C'est-à-dire qu'il éjecte 75%, 50% à 75% de ce qu'il contient. Donc un cœur qui fait 100 ml, il va éjecter près de 30 ml de... 70 ml, il restera à 30 ml. Dans l'idée, on comprend bien que plus il est capable d'éjecter, plus il assure un débit cardiaque, plus ça perfuse les organes. Et pourtant, chez vous, il a un peu souffert de ça. Il y a donc eu une altération de la fraction d'éjection du ventricule gauche, c'est le terme médical qu'on utilise. Ça veut dire que l'infarctus n'a pas été sans conséquence sur la vitalité du cœur. Quand le cœur se contracte mal, on développe généralement, pas toujours, mais en tout cas des symptômes de l'insuffisance cardiaque. Donc ça expose à plusieurs risques quand la fraction d'éjection baisse. C'est que 1, le débit cardiaque généralement va être plus bas, donc les gens vont développer des symptômes de l'insuffisance cardiaque, on pourra y revenir. Et à côté de ça, il peut aussi entraîner des arrhythmies qui peuvent être très dangereuses, qu'on appelle la tachycardie ventriculaire ou la fibrillation ventriculaire. Et ça aussi. Il y a eu ça, c'est pour ça que je me dis, il y a les cumulés quand même. Et pourtant, les choses se passent toujours bien. Maintenant, l'insuffisance cardiaque est stabilisée. Ça s'est manifesté comment dans votre quotidien, quand je vous dis ça d'insuffisance cardiaque ? Pas spécialement, il n'y a rien qu'à changer, comme de l'essoufflement, de la fête moudre et gens qui gonflent. Non,

  • Speaker #1

    justement, tout va mieux. Tout va mieux aujourd'hui.

  • Speaker #0

    Mieux à quel niveau ? Parce qu'au début, ça n'allait pas ?

  • Speaker #1

    Avant, l'infarctus,

  • Speaker #0

    c'était... L'essoufflement ?

  • Speaker #1

    L'essoufflement. Maintenant, je n'ai plus d'essoufflement. Aussi, si je fais un effort quand je fais de la rando, autrement...

  • Speaker #0

    C'est un peu difficile encore la rando, vous sentez que les efforts... Mais c'est pas bon. Oui,

  • Speaker #1

    les efforts... Voilà, mais autrement, non, non. Et puis, je gère. Je gère.

  • Speaker #0

    Il y a des changements quand c'est difficile à mettre en place dans votre quotidien ?

  • Speaker #1

    Allez, c'est sur le plan alimentaire où j'ai toujours moi des...

  • Speaker #0

    Difficile.

  • Speaker #1

    Ça serait là où ça serait.

  • Speaker #0

    Ça aurait passé le contrôle du cardio là.

  • Speaker #1

    Non, ça serait là. Surtout en cette saison.

  • Speaker #0

    Oui. Il y a une saisonnalité de l'alimentation, vous sentez ? Oui. Le mode hibernage, hibernation pardon. Ouais, ok. On stocke comme les marmottes. Pour que parait le vert. C'est quoi ? C'est le sel, le sucre, les graisses ?

  • Speaker #1

    Ça serait le sucré. J'ai plus envie. Le tabac, ça a été fini. Faites dès mon séjour à l'hôpital, j'ai jamais eu envie de reprendre. Mais par contre, je vais avoir des crises. Au lieu de fumer, en fait, ça correspond au moment où j'aurais fumé.

  • Speaker #0

    Vous allez être ok. Oui. Peut-être mieux, non ?

  • Speaker #1

    Je crois que je les avais déjà à ces moments-là. Si je disais que je ne fume qu'une cigarette au lieu d'en fumer deux, j'allais manger. Bon, là, il n'y a plus la cigarette, il y a le manger.

  • Speaker #0

    Oui, c'est souvent une crainte des gens de dire « je ne vais pas arrêter de fumer » ou « si j'arrête, je vais prendre du poids » . Et ça, c'est une inquiétude qui ressort beaucoup. Ce à quoi je réponds toujours, que le poids, ça se perd. Ce qui est abîmé par la cigarette, ça ne se perd pas, ça ne se répare pas. Mais pourtant, les gens, ça les marque beaucoup, en effet. Ça a été difficile l'arrêt du tabac ? Qu'est-ce qui vous a motivé ? Comme ça, coup de baguette, accident, c'est bon on arrête. Oui,

  • Speaker #1

    en fait c'est le séjour à l'hôpital, j'avais pas le droit de tout. Non, puis j'avais même pas envie.

  • Speaker #0

    Le tabacologue était venu ou pas ? Non,

  • Speaker #1

    non, moi j'ai vu personne. Aucun. J'ai toujours pensé, oui, je l'ai pensé, que j'avais quelque chose dans la perfusion qui m'a aidé à éliminer le tabac. Je ne sais pas. Ça a disparu.

  • Speaker #0

    Peut-être que finalement, je vais adopter ça. Je fais une baguette magique. On ne se rend pas compte de l'effet.

  • Speaker #1

    J'ai discuté avec une infirmière. Je ne sais plus, je crois que je lui avais dit une fois on va laisser la fenêtre ouverte. C'était le mois de juillet. Donc je vais aller fumer. Et alors, ils rigolaient pas avec ça. Il y avait des gens qui fumaient dans les chambres aux soins intensifs. J'ai vu, ouais. C'est pas possible. Ils m'avaient dit si, et ils se mettent là, dans ce coin-là, où il y a l'arrivée d'oxygène.

  • Speaker #0

    Pour que ça explose, c'est génial.

  • Speaker #1

    Oui, c'était le... Je lui ai dit, c'est pas possible. Je crois que moi, c'est une blague. J'ai jamais eu envie de reprendre.

  • Speaker #0

    Donc pas de manque physique, c'est-à-dire tremblements, irritabilité, maux de tête ?

  • Speaker #1

    J'avais arrêté six mois avant, quelques années auparavant.

  • Speaker #0

    Vous avez déjà réussi à arrêter ?

  • Speaker #1

    Six mois, et je l'ai repris. Je me souviens d'un élève me disant, en récré, « Lisez-y, mettez-le, fumez-y. » À l'époque, on pouvait. Non, non, c'est vieux. Il se monte quelques années en arrière. Et il m'avait dit, « Lisez-y, mettez-le, lisez-y, mettez-le. »

  • Speaker #0

    Ah ben non, ça... Je comprends que ça reste une drogue, donc en fait, on...

  • Speaker #1

    On pouvait être irritable.

  • Speaker #0

    Ouais. C'est de ressentir que les gens, au début, quand ils sont à l'hôpital, ils... Non, là... Des fois, ils se sauvent. On en a récupéré quelques-uns qui étaient partis... Mais là, pas du tout. ...puguer le temps d'aller fumer. Un petit peu en... En cachette, quoi. Donc, ouais, on peut comprendre. Donc, pas de difficulté à arrêter de fumer. C'est parce qu'il y a eu la maladie qui vous a rappelé de dire, bon, là, c'est OK, j'ai choisi une vraie volonté. Il y a souvent ça, quand même, qui ressort. Peut-être inconsciemment. Dans le sevrage du tabac.

  • Speaker #1

    Consciemment. Peut-être que...

  • Speaker #0

    Vous aviez réalisé que les problèmes que vous aviez pouvaient être associés. Ah, mais pour moi... Il y avait la peur du cancer.

  • Speaker #1

    Ça a toujours été associé. Ouais. Pour moi, ça a toujours été associé au tabac. Je crois qu'un médecin me l'avait dit.

  • Speaker #0

    Prévenu ?

  • Speaker #1

    Oui. Non, non, mais là-bas, à l'hôpital, on m'a dit... En gros,

  • Speaker #0

    aller à sa...

  • Speaker #1

    Je disais toujours 15 cigarettes, on va dire. Entre 15 et 20, quoi, par jour.

  • Speaker #0

    Vous avez commencé à fumer à quel âge ?

  • Speaker #1

    19 ans.

  • Speaker #0

    Et à ce moment-là, on va dire 40 ans de tabac, plus ou moins.

  • Speaker #1

    C'est arrivé à 53 ans, mon infarctus, 53.

  • Speaker #0

    30 ans de tabac, une trentaine d'années. Et 15 cigarettes par jour. On peut comprendre que ça abîme. Il y a toujours des gens qui disent, écoutez, je connais quelqu'un qui a fumé toute sa vie et lui arrive le rire. Peut-être, mais c'est des statistiques. Plus on fume, plus on a de risques.

  • Speaker #1

    Moi, je pense que, oui, alors il y a l'alimentation aussi. Oui, c'est ça.

  • Speaker #0

    Qu'est-ce qui a changé dans l'alimentation ? On parlait du sucre, des fringales qu'on peut en sortir, qui sont disponibles. Ça,

  • Speaker #1

    ça va arriver.

  • Speaker #0

    On reste humain, donc je ne porte jamais...

  • Speaker #1

    Et puis le repos, il est là.

  • Speaker #0

    Oui, et en soi...

  • Speaker #1

    Mais le sport, ça ne me gêne pas pour marcher, pour bouger, pour le sport.

  • Speaker #0

    Oui, vous gardez quand même et vous ne vous libérez pas aux difficultés.

  • Speaker #1

    J'ai l'impression d'avoir... Des fois, on dit qu'on a un poids de forme quand on fait du sport. Non, il n'y a pas de poids. Je dirais que le poids de forme, je l'ai. Ça ne me chienne pas, ça ne m'empêche pas de...

  • Speaker #0

    On vous a dit à la sortie qu'il fallait perdre du poids ?

  • Speaker #1

    Non. J'ai vu... C'est peut-être la seule personne, je ne jugerai pas la pierre, j'ai vu une diététicienne à l'hôpital qui partait en canse le jour même. Et donc, elle n'allait donner que des adresses. « Ah, mais il faudrait manger ici, ça, ça, ça. »

  • Speaker #0

    OK.

  • Speaker #1

    C'était insurmontable. Mais puis, des adresses sur moi. Moi, j'habite à 30 kilomètres de Rouen. Donc, c'était ça. Bon, après, j'ai revu une diététicienne.

  • Speaker #0

    Et qui avait modifié. C'était le changement sur lequel on a vraiment insisté. Vous vous souvenez un peu ? Parce que si je... Je vais être le cardiologue là. En tout cas, après un infarctus, on conseille souvent aux gens de limiter les graisses animales, beurre, crème, fromage, jaune rouge, charcuterie, de les limiter, ce n'est pas interdit. Donc ça, c'est sur le côté des graisses. Quand il y a de l'insuffisance cardiaque, on dit aux gens de limiter le sel, parce que le sel, ça donne de l'eau d'air.

  • Speaker #1

    Mais même avant, en fait, il y a des choses que je n'ai pas eu besoin de changer. Je ne mange pas de sauce.

  • Speaker #0

    C'est pareil, en fait. Oui,

  • Speaker #1

    oui. Pas de beurre.

  • Speaker #0

    Ouais.

  • Speaker #1

    Parce que je... Non, non,

  • Speaker #0

    non. En Normandie, c'est pas commun. Non,

  • Speaker #1

    je suis pas normand, donc tu vois. Bah oui. Même si j'adore la Normandie. Donc, pas de sel. Je ne rajoute pas de sel. Je pense que c'était vraiment le sucré.

  • Speaker #0

    Qui pose peut-être moins de problèmes directement sur le cœur. Ça va évidemment tenir une prise de poids, un risque de diabète. Mais en fait, à choisir, peut-être que le sucré est moins pire. Mais il faut le lutter, il faut y être vigilant. On vit aussi, j'entends, quand il y a des événements.

  • Speaker #1

    Il y a des choses,

  • Speaker #0

    j'ai envie. Mais il faut être raisonnable. C'est toujours ce que je dis. Après, c'est des bilans des diététicien·nes nutritionnistes, mais quand il y a un vrai problème de santé et que l'aliment peut être toxique, là, en effet, ça devient un traitement. Limiter le sel, quand on a une astuce cardiaque, ça... Les gens l'apprennent souvent à leur dépend. Noël, les huîtres, bim, ils font un oedème pulmonaire, ça les vaccine. Mais, mais à côté de ça, c'est aussi pour mieux vivre, quoi. Des gens le voient comme une punition.

  • Speaker #1

    Le sel, j'en mange maintenant parce que je mange à la cantine.

  • Speaker #0

    Ok. Ah oui,

  • Speaker #1

    il y a des moments... Mais je m'en rends compte, c'est trop salé.

  • Speaker #0

    Oui. et que ce que je mange, c'est...

  • Speaker #1

    Donc, il y a des produits où les aliments, ils ont été cuits dans le beurre. Je ne suis pas un mangeur... Je suis un mangeur d'huile d'olive.

  • Speaker #0

    C'est bien. L'huile d'olive, oui. C'est la meilleure par rapport à la cuisson. Si on ne mange pas de huile, on peut faire la cuisson.

  • Speaker #1

    J'aime être sauce.

  • Speaker #0

    Je n'ai pas de compétences, on va dire, en nutrition, mais je ne suis pas nutritionniste. Je n'irais pas marcher sur les plate-bandes de mes collègues. Mais c'est vrai que... En tout cas, quand on fait de l'éducation thérapeutique, c'est là où je voudrais après bifurquer sur la rééducation cardiaque. On sensibilise les gens. Alors, pour vous, j'ai l'impression que c'était quand même facile, parce qu'en réalité, vous avez aussi le bagage personnel pour comprendre, pour vous informer, ce qui n'est pas toujours le cas des gens. Je vois des gens qui n'ont pas du tout de connaissances, qui ont... pas saisi des enjeux. Et là, c'est plus difficile. Il faut faire rabâcher les choses comme l'éducation. On rebatte, quoi. J'avoue, ça prend rien. Mais en tout cas, dans l'éducation thérapeutique, c'est un moment dédié pour expliquer la maladie, les traitements, l'alimentation, l'hygiène de vie. Ça, ça a été fait après l'accident. Comment vous êtes rentré chez vous et la rééducation cardiaque s'est mise en place ? Ce n'était pas aussitôt après ? Non,

  • Speaker #1

    c'est avec vous. Après une physique avec vous, c'est vous qui avez prescrit la réadaptation cardiaque. Je crois que ça arrivait en novembre-décembre.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Donc, c'est début juillet, juillet-août, septembre, octobre. Oui. Novembre-décembre, je crois.

  • Speaker #0

    Ça a été bien accueilli ? Je ne me souviens plus quand on en avait parlé. Oui, oui, oui. Ok.

  • Speaker #1

    Il y a eu une seule chose qui a été mal accueillie. Je vous le dirai après. Mais réadaptation cardiaque, c'était super. Déjà, je voyais d'autres personnes comme moi. On pouvait avoir le même humour. Blague un peu morbide. Parce qu'on ne l'était pas. C'est pas loin.

  • Speaker #0

    Un peu d'humour noir, sans starresse. Et puis,

  • Speaker #1

    c'était super. Là, ça, c'était un moment... Ça vous a beaucoup plu. Ah oui.

  • Speaker #0

    J'ai toujours des difficultés à comprendre pourquoi les gens ne veulent pas spécialement faire alors que tout le monde, en tout cas les personnes qui y participent, sont ravis, vraiment enchantés. Ah non, enfin, c'est le retour. Oui,

  • Speaker #1

    oui, oui. Donc déjà, on se rend compte qu'on fait un premier test, voir où on en est. Après, commencent les séances de réadaptation. C'était génial. Ça permet d'évoluer avec un petit esprit de...

  • Speaker #0

    Camaraderie ?

  • Speaker #1

    Camaraderie oui, puis l'esprit un peu qu'on pète, faire mieux.

  • Speaker #0

    Par rapport à vous ou par rapport aux autres ?

  • Speaker #1

    Je dirais surtout par rapport à soi.

  • Speaker #0

    De voir l'évolution des performances et de l'amélioration qu'on peut se dire tiens malgré l'accident j'ai une revanche.

  • Speaker #1

    Je suis un petit peu par rapport aux copains. T'es allé sur un mort, t'as fait ça. Je vais voir la prochaine fois. Je sais pas où on va me mettre. Sur le rameur, je vais essayer de faire autant, de faire aussi bien.

  • Speaker #0

    C'est bien parce qu'à ce moment-là, les gens, on leur laisse carte libre. On leur dit carte libre, on leur dit carte blanche, on leur dit allez-y en fait. Vous êtes sous surveillance, vous pouvez faire ce que vous voulez, c'est le moment. C'est ça qui permet aussi de se rendre compte que malgré l'accident, on peut.

  • Speaker #1

    Tout ça, c'est avant de reprendre le travail. Ça redonne confiance en soi. Là, il n'y a pas photo.

  • Speaker #0

    Ah oui,

  • Speaker #1

    là, ça, c'est un bon moment.

  • Speaker #0

    Lequel a été le moins bon ?

  • Speaker #1

    Le défibrillateur.

  • Speaker #0

    Justement, j'allais vous en parler. Je me demandais que ce serait ça.

  • Speaker #1

    Ce que vous m'en aviez parlé, mais ça s'est vite transformé. Mais je crois que je vous l'avais dit à l'époque. Le après. Jusqu'à un jour, vous m'avez dit, c'est au début, je crois que vous m'en aviez parlé, il faudra penser à mettre un défibrillateur, et c'est tombé totalement dans l'oubli. A chaque fois, je ne sais plus, les rendez-vous étaient rapprochés au départ.

  • Speaker #0

    Oui, puisqu'il fallait adapter votre traitement, le cœur se contractait mal.

  • Speaker #1

    Donc il n'en était plus du tout question. Très bien, je me souviens de m'être dit, c'est bon, s'il n'en est plus question, c'est que ça doit aller et donc ça ne sera pas nécessaire. C'était le corps étranger, c'est quelque chose dedans qui me gênait. Et puis, rendez-vous, je reviens. Ah bon, on va prendre rendez-vous, il va falloir pour placer le défibrillateur.

  • Speaker #0

    Ah, je ne me souviens plus de la façon dont j'ai...

  • Speaker #1

    Je ne sais pas, vous sortez de moi très gentiment, mais... Bon, je ne suis pas... Mais je n'ai pas dû montrer le moindre... Non,

  • Speaker #0

    de quoi que face, non.

  • Speaker #1

    Non, non, alors donc, je suis retourné, je suis rentré chez moi le lendemain. ou sur le lendemain, je ne sais pas, je travaillais, et j'en ai parlé à une collègue. Donc ça montre aussi comment les relations commencent à se passer au niveau du travail. Donc je lui dis, ah, mais mon rendez-vous, bon, ça a été, mais... Le cardio, il m'a dit, il va faire mettre un défibrillateur. Ah, ben, oh... Juniès, t'es au collège ? Ah, qui en a un ?

  • Speaker #0

    OK. Ah,

  • Speaker #1

    ben, c'est... C'est rien, on vit bien avec.

  • Speaker #0

    Hum. À ce moment-là, vous êtes...

  • Speaker #1

    J'ai dit, non, arrête d'être bête. C'est bon, une enfant au collège, elle a un défibrillateur, elle ne fait pas de cinéma, elle vit bien, et toi, tu ferais du cinéma pour... Stop ! Ça a été le seul moment, en fait, la chose la moins bien accueillie, mais ça a été vite réglé.

  • Speaker #0

    C'était intrusif, en fait, à ce moment-là. Oui,

  • Speaker #1

    mais ça a été vite réglé en me disant, mais oui, t'es idiot, quoi.

  • Speaker #0

    Non.

  • Speaker #1

    Une collégienne qui a les choses, tu vois 50 ballets, tu dis, non, arrête le cinéma,

  • Speaker #0

    c'est bon. On entend que vous êtes raisonné alors que l'émotion n'était pas là pour accueillir bien les choses. Oui, évidemment. Même, on aurait pu aussi mettre la life vest, puisque maintenant, c'est recommandé à la phase récente de l'infarctus. Quand le cœur a vraiment souffert, on sait qu'il y a un haut risque d'arythmie. C'est ça le problème. Le problème, c'est que Quand le cœur récupère grâce au traitement, on peut s'en passer. Quand la fraction d'éjection est au-dessus de 35%, sous-traitement, qu'il n'y a pas eu d'accident de rythme cardiaque, on peut ne pas en mettre, on surveille. Mais quand il y a eu des arrhythmies ou alors parce que le cœur ne récupère pas totalement, c'est pour ça que j'avais amorcé un peu les choses au début, mais il y avait toujours cet espoir de dire, c'est bon, on a une fonction cardiaque qui est au-delà du seuil critique, et donc on peut ne pas le mettre. Au final, ce défibrillateur, il n'a pas d'effet thérapeutique en soi. Il n'a pas d'action sur le cœur pour le tonifier, par exemple. Il est là pour... un peu comme un ange gardien. C'est un peu un ange gardien électronique, il faut le voir comme ça. Mais il n'est pas souvent très bien accueilli, en effet, par les gens. Parce que c'est très intrusif d'avoir un espèce de petite boîte. C'est gros, en plus. Alors maintenant, il y a d'autres formes de défibrillateurs qui sont que petits. À cette époque-là, on ne les avait pas, donc c'est vrai qu'on avait dû mettre cet appareil sous la peau avec une sonde qui va du coup jusqu'au cœur pour envoyer un courant électrique au cas où le cœur s'emballerait. Et ça, pour certains, ça les rappelle aussi à la maladie de dire « En effet, c'est peut-être plus grave que ce que j'imaginais parce qu'il y a ça. » Alors qu'on pratique, oui, il y a ça, mais ça protège aussi, c'est une sécurité supplémentaire. Ça a été reçu comme ça, justement, cette protection ? Ou c'était vraiment...

  • Speaker #1

    Oui, oui, c'est au cas où. Et puis, autre chose, à ce moment-là, je travaillais avec mes élèves, avec des jeunes autistes. Oui. Sévère. Donc, je ne sais plus. Il y avait eu une interrogation. Laurent, il avait été arrêté. Il n'avait pas pris le travail. Donc, je lui ai dit, bah oui, oui. Mais bon, allez, une petite boîte, c'est bon. En fait, on dédramatise tout.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Donc, il y a des choses bien plus graves que d'avoir des fréquentateurs. Donc, franchement... Donc, voilà. Donc, c'est passé, en fait, pendant pas longtemps.

  • Speaker #0

    Il y a eu un petit moment difficile, quoi. Une petite vague.

  • Speaker #1

    Oui, une petite vague comme ça, et puis vite.

  • Speaker #0

    La rééducation cardiaque... Vous vous êtes senti comment à la fin sur le plan physique ? Est-ce que ça a eu vraiment des impacts sur votre capacité d'effort, morale, sommeil ? Vous avez senti qu'ils étaient mieux ?

  • Speaker #1

    Ça, ça avait été un...

  • Speaker #0

    Et les défibrillateurs, ils ne vous gênent pas en fait au quotidien ? En contre-contrôle,

  • Speaker #1

    peut-être même mal au... On me l'enlève !

  • Speaker #0

    C'est parfois une inquiétude. C'est rare qu'on doive l'enlever, mais ça peut arriver. C'est vrai que des fois, les gens ont du mal à se dire « mince, j'ai quelque chose en moins, est-ce que ça représente un risque ? »

  • Speaker #1

    En fait, j'ai pris la chose après. Je me souviens quand je suis allé le faire poser. C'était comme à l'hôpital, le jour de l'infarctus. En fait, on fait confiance. Tout s'est bien passé. Je ne suis même pas resté, je ne crois pas. Non, je crois que ça a été fait dans la journée.

  • Speaker #0

    Souvent, c'est ça, il y a une surveillance courte. Les gens rentrent assez vite chez eux. Et tant mieux dans un sens, parce que ça montre aussi que...

  • Speaker #1

    Ça avait été fait. On est en confiance. Ça a été installé comme tout, en fait.

  • Speaker #0

    Si on parle un peu du travail, j'ai compris que le défibrillateur, c'est bon quand on a des enfants qui peuvent... Vous sollicitez physiquement, c'est incroyable, parce qu'au début on dit aux gens, essayez de ne pas porter lourd, de ne pas trop mobiliser l'endroit, le bras. Ça a été ça ?

  • Speaker #1

    Oui, alors la reprise du travail, moi ça a été assez exceptionnel. Parce que j'ai fait un mois à mi-temps. Je crois que c'est au mois de février, donc ça m'est arrivé en 2017, c'est ça ? Oui. Donc c'est en février 2018 que j'ai dû reprendre, j'ai fait un mois à mi-temps.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Bon, alors, la reprise... Déjà, je m'étais rendu compte que je pouvais. Je me sentais physiquement capable de reprendre. Donc, au début, mi-temps, c'était très bien. Un mois, c'était bon. Et puis, j'avais un chef de service sur l'établissement qui était en oeuvre.

  • Speaker #0

    Ça, vous avez pu l'aider, oui. Oui,

  • Speaker #1

    et qui était... En fait, ne serait-ce que par les paroles. Je savais qu'il comprenait. Il avait une sensibilité sensibilisée. Problème cardiaque. Je n'ai jamais posé de question non plus. Donc, je savais que je pouvais avoir toute confiance.

  • Speaker #0

    C'est un peu le même. Oui.

  • Speaker #1

    Et puis, après, le travail s'est refait. Normalement, oui, s'il y a besoin, on va se lever d'une chambre sur une.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Bon. Toujours dire non. Oui. C'est les maladies invisibles un peu.

  • Speaker #0

    Oui, c'est vrai.

  • Speaker #1

    C'est un petit peu le piège. Bon. Mais je ne me suis jamais retrouvé confronté à faire tout un déménagement.

  • Speaker #0

    Oui, c'est ça. Raisonnable.

  • Speaker #1

    Pourquoi non plus exagérer ? Mais il m'est arrivé de donner un coup de main, je crois que ça m'est arrivé de maintenir... Oui, ça m'est arrivé, oui. Je crois, ça m'est arrivé de maintenir un jeune en trise. Ça m'est arrivé. Donner un coup de main aux éducs, on ne peut pas toujours...

  • Speaker #0

    Non, vous n'allez pas rester dans une bulle aussi et vous composez.

  • Speaker #1

    Quand on travaille, j'ai envie de dire que ça fait partie du travail. On travaille qu'on n'imagine pas d'un enseignant.

  • Speaker #0

    Oui, mais c'est là.

  • Speaker #1

    Quelquefois, on peut être confronté à certaines situations. Mais bon, maintenant, c'est un petit peu ancien. En même temps, après la réadaptation cardiaque et la reprise du travail, en même temps, j'ai repris la salle de sport.

  • Speaker #0

    Tout s'est fait un peu dans la foulée, bien en fait. Remis sur les rails, quoi.

  • Speaker #1

    Oui, tout était bien.

  • Speaker #0

    On en avait parlé, médecine du travail ? Il n'y en avait pas un ? Ben oui, c'est ça, je me souviens quand je l'ai dit. Alors du coup, on va essayer de faire un dossier, parce que l'idée, c'est de... Il n'y a pas de dossier à monter, mais c'est que souvent, dans votre situation, c'est une situation très particulière, parce qu'il n'y avait pas de médecin du travail. Mais dans la plupart des cas... Pour la reprise,

  • Speaker #1

    j'ai vu un médecin agréé par l'éducation nationale.

  • Speaker #0

    Qui a été assez favorable, justement, car pas à portée de...

  • Speaker #1

    Vous reconnaissez le travail, hein ? Pas question de... Après...

  • Speaker #0

    Il y a une adaptation, une proposition d'adapter en fonction de ce que vous avez eu comme accident ? Parce que, voilà, moi, je le vois pour des ans, pour des travaux...

  • Speaker #1

    Du tout. Je dirais même, c'était un peu...

  • Speaker #0

    Ça va ?

  • Speaker #1

    Un enseignant. Bon, il était en vacances, c'est bon.

  • Speaker #0

    OK. D'accord, j'ai entendu,

  • Speaker #1

    j'en ai reçu un petit peu comme ça à l'époque.

  • Speaker #0

    Ok. Maintenant, bon, c'est... Il se trouve qu'il y a un cadre, en effet, dans les secteurs privés, en tout cas, la médecine du travail demande parfois des bilans. Qu'est-ce qu'il en est ? Est-ce que la personne est capable de faire ça ? C'est pour ça que la rééducation cardiaque a un bon moment aussi pour envisager la reprise. C'est parfois même des pré-reprises. C'est dire, voilà, votre état cardiaque est stabilisé ou pas ? Comment on peut reprendre ? Quelles sont vos capacités à l'effort, les capacités fonctionnelles que vous pouvez faire ? Quelqu'un qui développe, je ne sais pas, imaginons 50 watts, C'est un effort très très faible, mais qui développe 50 watts et qui au travail va porter, je ne sais pas, imaginons des caisses, et bien on va dire non, en fait, ce n'est pas envisageable, ça nous met en difficulté et là il va falloir soit adapter le poste ou un reclassement. C'est parfois aussi difficile et je trouve que dans votre cas... C'est aussi une chance qu'il y ait eu un environnement bienveillant pour la reprise du travail, quoi. Tant physique que psychologique, parce que des fois, les gens aussi ne se sonnent pas. Ils se disent, mince, j'ai eu ça, je suis angoissé à l'idée de reprendre, comment ça va se passer ? Dans le quotidien du boulot, dans le temps. D'où l'intérêt d'avoir un environnement qui vous porte aussi. Ah oui,

  • Speaker #1

    c'est positif.

  • Speaker #0

    Comment ça s'est passé la reprise de l'activité physique ? C'est quelque chose que vous faisiez avant ou parce qu'il y a eu l'accident ? Vous avez dit, allez,

  • Speaker #1

    on... Avant, avant.

  • Speaker #0

    Avant, avant.

  • Speaker #1

    Au moment du tabac. Oh, il y avait le tabac, oui, mais j'ai fait de la salle de sport, je faisais de la muscule.

  • Speaker #0

    Ouais.

  • Speaker #1

    Je courais.

  • Speaker #0

    Oui. C'était régulier cette activité de physique ? Ouais. Pour quelles raisons vous le faisiez à l'époque ?

  • Speaker #1

    pour le plaisir.

  • Speaker #0

    Pas la santé. Il y a plein de raisons de faire du sport. Mais en tout cas, c'était de ruter.

  • Speaker #1

    Il y a eu un moment, vers les 40 ans, ligament arraché, en faisant du sport avec mes élèves.

  • Speaker #0

    C'est dangereux.

  • Speaker #1

    Oui, en jouant en wand. Donc, après... Là, ça a été le premier coup dur. Là, on se rend compte que c'était après 40 ans. Bon, il faudra peut-être arrêter de faire l'endouille, mais bon, il faut faire attention. Et entre le moment où il y a eu l'accident et puis l'opération, il y a eu un an, une grosse année. Sans rien,

  • Speaker #0

    à ce moment-là.

  • Speaker #1

    Ben oui, sans rien. Sans rien. Et puis après, il y a eu l'opération. Donc il y avait eu une prise de poids, donc le tabac. Quand j'allais à la salle de sport, on prend des habitudes alimentaires aussi. Donc elles sont restées, avec des quantités. Donc bon, tout ça fait que...

  • Speaker #0

    Nous avons un bon hygiène de vie à ce moment-là. Mais en tout cas, le sport, si on peut appeler ça comme ça, activité physique.

  • Speaker #1

    Et puis après, il n'y avait plus. Et après, il y a eu un arrêt. Il y a eu un moment où j'avais repris la salle de sport, mais je crois que j'y allais à peu près tous les jours même. Donc c'est pareil. Et puis après, il y a eu stop. Donc là, ça a été la dégringolade.

  • Speaker #0

    Mais la rééducation vous a remis en selle. Oui, là, ça m'a remis en selle. Ça a permis de retrouver confiance et de voir que vous pouviez, en fait. Et maintenant, l'activité physique, ça fait partie de votre quotidien. Comment vous organisez vos séances ? Qu'est-ce que vous pourriez conseiller à quelqu'un qui a eu un infarctus, justement, après ? Alors, chaque situation est particulière, on va dire, mais dans votre expérience, qu'est-ce que vous pourriez dire à quelqu'un ?

  • Speaker #1

    J'ai retenu trois fois par semaine, minimum trois fois trente minutes par semaine. C'est ce que j'essaye de faire.

  • Speaker #0

    Avec la rééducation, on vous a conseillé une sorte de programme. C'est plutôt dans ce cas-là, on allait dire...

  • Speaker #1

    En fait, je maintiens le programme que...

  • Speaker #0

    Que la rééducation vous avez fait ? Oui. Ce qui est bien, puisque c'est l'Istat dont il s'agit, c'est de garder des activités. Alors... Il y a quatre thématiques, on va dire, sur l'activité physique. Il y a des sports d'endurance, typiquement, rameur, elliptique, course à pied, natation. C'est plutôt des sports où vous allez être à une intensité modérée, voire intense, mais en tout cas modérée, mais éventuellement prolongée. Donc ça, ça permet de faire bien travailler le cœur, la circulation, réguler la tension, l'humeur, le sommeil, etc. Mais on oublie aussi les autres piliers du sport, si on peut dire. C'est l'activité de résistance, donc la musculation. Et c'est aussi bénéfique pour le cœur. C'est intégré maintenant dans les programmes de réadaptation. Vous en avez fait un peu, justement, à l'époque, un peu de musculation ? Non, pas du tout. Pas du tout ? Du tout. OK. Pas de soulevé de poids, pas de petites haltères ? OK. C'est vrai que dans les programmes, on essaie de travailler ça. Il y a aussi l'équilibre qui fait partie des... D'accord. À l'époque,

  • Speaker #1

    c'était vélo, il y avait vélo, rameur,

  • Speaker #0

    tapis. OK.

  • Speaker #1

    L'élyptique, c'était les trois, les quatre choses qui étaient proposées.

  • Speaker #0

    Et puis la souplesse, étirement, dernière chose. Ça va être des fois un peu de yoga, de sofro aussi, qui s'est apparent sur la méditation. Non, ok. C'est vrai que dans ces programmes, alors je le dis d'autant plus qu'en tout cas au cabinet, on essaie de développer une activité de réadaptation cardiaque pour des patients, on va dire... de ville. Donc bientôt je pourrais vous proposer ça. Et c'est vrai que pour l'ensemble des composants de la santé cardiovasculaire, on essaye de faire un peu d'endurance, de résistance par le muscu. Un peu d'agilité, souplesse, d'équilibre. Et puis la dernière, c'est l'explosivité. Ça, c'est autre chose. Quand on vise, ça peut être de l'haltérophilie, on va essayer de faire des efforts explosifs. Ça, c'est encore... Mais dans différentes thématiques de l'activité physique, il y a différents piliers qu'on peut essayer de travailler. Et à côté de ça, il y a l'éducation thérapeutique, la nutrition, l'éducation sur les médicaments, la maladie, les signes d'alerte, bien comprendre les enjeux.

  • Speaker #1

    A réadaptation cardiaque, j'avais eu une...

  • Speaker #0

    L'éducation, des séances, des fois en groupe.

  • Speaker #1

    Une séance, oui, en groupe, pour l'alimentation.

  • Speaker #0

    C'est ça. On essayait toujours de sensibiliser à...

  • Speaker #1

    C'était à Saint-Hilaire, à l'époque, où j'avais fait ça.

  • Speaker #0

    Est-ce qu'on vous a proposé de voir un psychologue ?

  • Speaker #1

    Je n'ai pas souvenir, mais c'est possible. Je sais qu'il y avait eu plusieurs activités de proposées, justement.

  • Speaker #0

    Comme un menu, on va dire, des modules. On choisit.

  • Speaker #1

    On fait choisir. Si on avait besoin, si on estimait qu'on avait besoin... Alors, j'avais fait... Est-ce que j'ai fait autre chose ? Je crois que j'ai fait deux choses. La deuxième m'a pas marqué ?

  • Speaker #0

    Moi ? Alors, le psychologue, c'est... Mais psychologue, non. Non. Alors, le psychologue, bon, il faut avoir une structure qui permet d'avoir un professionnel. Mais... Souvent, en tout cas, après un accident, c'est assez tabou. Les gens mettent ça un peu sous le tapis. Ils se disent, bon, je vais retrouver ma vie. Mais il y a des fois quand même beaucoup de souffrances cachées, parce que ce n'est pas visible, en fait. La douleur morale, elle n'est pas mesurable. J'ai noté, en tout cas, que pour vous, la vie avait retrouvé son rythme, mais il n'y a pas eu de choses négatives, d'anxiété, voire de dépression. Et c'est chouette dans un sens.

  • Speaker #1

    J'ai fait d'établissement. Je ne suis plus surévreux. J'ai changé d'établissement. Je crois que t'es le premier genou. J'ai tout dit, j'ai fait un infarctus. J'ai une petite boîte, je peux rien faire. Je crois que je dois présenter la chose comme ça. Je peux rien faire, je peux rien sauver.

  • Speaker #0

    Immunité, joker.

  • Speaker #1

    Mais après, évidemment, j'ai dû bouger une table quand même, faut pas exagérer. S'il y a besoin de déménager quelque chose. Mais voilà. En fait, non, ça passe. Dans mon milieu, ça passe très bien. Tout le monde est à l'écoute. Ça soulève aucun problème.

  • Speaker #0

    C'est bien.

  • Speaker #1

    J'ai des collègues qui ont d'autres problèmes.

  • Speaker #0

    Voilà. Je rebondis justement sur l'éducation. Donc, on traite les facteurs de risque. On va prendre en charge d'éventuels problèmes de tension, de diabète, de cholestérol, activité physique. Le tabac, on en a un petit peu parlé. Est-ce qu'il y a un conseil que vous pourriez donner aux gens qui ont envie d'arrêter de fumer ?

  • Speaker #1

    Mes enfants fument.

  • Speaker #0

    Vos enfants fument.

  • Speaker #1

    Mes enfants fument.

  • Speaker #0

    Incroyable. Oui,

  • Speaker #1

    oui.

  • Speaker #0

    Ben oui. Mon fils fumait.

  • Speaker #1

    Mon fils fumait avant que je fasse l'infarctus. Ma fille, il me faisait fumer après.

  • Speaker #0

    Ah, oui. Donc, alors, vous l'avez fait quoi ?

  • Speaker #1

    Ils sont grands, ils sont libres de faire... Ils sont vieux, ils ont plutôt 27 et 26 ans, donc ils savent les conséquences.

  • Speaker #0

    Bien sûr. Vous en avez parlé ?

  • Speaker #1

    Oui, ça va être une chose que je vais leur dire. Tu sais ce qui peut arriver.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Qu'est-ce que je pourrais dire ? Ça m'aurait paru complètement idiot à l'époque, et je ne le croirais pas si on me le disait, mais quand j'étais fumeur, on se sent libre de fuir.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    On est libre de fuir. Mais en fait, on n'est plus libre quand on ne fume plus. Ça paraît...

  • Speaker #0

    Vous perdez quelque chose.

  • Speaker #1

    Quand on fume. Oui. En fait...

  • Speaker #0

    Vous allez me prendre compte, vous dites que quand on fume, on choisit, on a la liberté de fumer. Quand on ne fume plus, on n'est plus libre. Donc on perd les libères. Ah, on est... C'est lié au congé. D'accord, ok. Oui, non, non, c'est... Même si les gens disent que c'est l'inverse du ciel, ils perdent l'université. Oui, oui. Alors qu'en fait, ils sont aliénés. Bon,

  • Speaker #1

    c'est lié... On a parlé de bande dessinée, mais bon, j'écoute du rock, donc on va à un concert, il faut fumer.

  • Speaker #0

    L'ambiance est un peu positive. L'alcool, la cigarette... Oh non,

  • Speaker #1

    mais... Mais le tabac, c'est un tout.

  • Speaker #0

    On s'approprie le package. Comme à l'armée, les gens fumaient parce que c'était banal.

  • Speaker #1

    Oui, mais j'ai vu faire 10 kilomètres pour aller. Il n'y avait plus de tabac, donc il fallait aller faire de la route. Je crois que j'aurais même été prêt à faire 30 kilomètres pour plus de cigarettes chez soi. Est-ce que je vais en être sûr d'en avoir pour demain ? Donc, sans ça, on n'est pas libre, en fait. On a l'impression de... En fait, on est beaucoup plus... Plus de liberté. Plus de liberté. Je crois que c'est ce que je dirais. Oui, j'ai des collègues qui fument, je leur dis fois. Je leur dis, mais t'as vu, c'est le genre de choses que je vais dire.

  • Speaker #0

    T'étais en avant quand même. Je vais dire,

  • Speaker #1

    voilà ce que ça donne. Et puis je vais dire, t'es quand même mieux. Mais bon, c'est des personnes plus jeunes que moi.

  • Speaker #0

    Oui, parce qu'ils ne réalisent pas aussi l'impact que ça peut avoir. Sans hésitation.

  • Speaker #1

    Pour autant, j'étais fumeur et ça ne gênait pas.

  • Speaker #0

    C'est sûr, oui. En plus, les lois qui permettaient de fumer, qui n'étaient pas encore là pour fumer dans les restaurants, les votes de nuit.

  • Speaker #1

    J'ai débuté en fumant. Voilà, c'est sûr. Oui,

  • Speaker #0

    je vois très bien. Cholestérol, un petit peu, on parlait donc des facteurs de risque. Le cholestérol, c'est quelque chose qui vous parle maintenant ? Quelque chose que vous traitez comme une cible de traitement ? Il y a un traitement.

  • Speaker #1

    Je crois que dans mes médicaments, j'ai un traitement contre le cholestérol qui attaque le bon cholestérol si je mange du poisson aussi. Mais je crois qu'il prend tout.

  • Speaker #0

    Non,

  • Speaker #1

    je ne suis pas... Non, mais sinon, je ne fais pas vraiment attention.

  • Speaker #0

    Alors, c'est vrai que le traitement pour le cholestérol, je rebondis parce que souvent, après un infarctus, des fois, les gens me disent « Je ne comprends pas pourquoi vous mettez un médicament contre le cholestérol alors que je n'en ai pas. » Et ça, c'est toujours la difficulté, c'est qu'en fait, le traitement, il est là pour à la fois faire baisser le taux de cholestérol, mais aussi parce qu'il réduit en lui-même les accidents cardiovasculaires. On va dire qu'il stabilise les plaques au niveau des artères et donc ça permet indirectement de réduire les accidents cardiovasculaires. Ça s'appelle les MACE, pour événements cardiovasculaires majeurs, infarctus, AVC, mort subite et les hospitalisations. Donc en soi, c'est bien parce que vous me faites confiance, donc vous les prenez et vous comprenez. Mais des fois, il y a un peu de défiance de la part des patients de dire pourquoi vous me donnez ça. Je ne vois pas l'enjeu, je ne vois pas l'intérêt. Et il y a une remise en question des fois des médicaments.

  • Speaker #1

    Au moment de la réadaptation cardiaque, c'est là où je suis le moins sérieux. Certainement où j'ai le besoin de... J'aurais besoin de retourner un peu à l'école. J'avais rencontré... Alors c'était l'infirmière qui gérait le... Il y avait une infirmière qui chapotait un petit peu la réadaptation cardiaque. Il y avait un médecin, mais à chaque séance, il y avait une infirmière qui était présente et qui chapotait un peu tout. J'avais eu une rencontre avec elle, elle m'a fait dire « Les médicaments, vous savez à quoi ils correspondent ? »

  • Speaker #0

    Pas une interrogation, mais il y a toujours un peu le côté genre « Allez, je vais écouter » .

  • Speaker #1

    Je savais qu'il y avait cholestérol, diabète. Oui, bon. Elle m'avait donné toutes les explications. Oui, moi, j'en ai conclu. Dans mon esprit, en tout cas, ça s'est enregistré comme ça. Comme mon cœur ne fonctionne pas très bien, quand même, si on enlève tous les médicaments, il ne fonctionne pas bien du tout. Donc, il a besoin. Il y a des médicaments qui sont là pour l'aider à son bon fonctionnement.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Donc, qui compense, en fait, son mauvais... Je l'ai compris comme ça.

  • Speaker #0

    C'est un soutien. Donc,

  • Speaker #1

    moi, je me fais confiance. Moi, je vous fais confiance. Je fais confiance. Autant je n'allais pas chez le médecin, j'y vais pas plus. Là, j'y vais pour mon suivi médical. Mais si j'ai besoin, j'irai maintenant. Donc, je fais confiance.

  • Speaker #0

    C'est comme ça, ces choses doivent se passer. Non,

  • Speaker #1

    mais je suis enseignant, je ne suis pas médecin. Donc, je ne suis pas du genre à lire, sinon plus, les notices.

  • Speaker #0

    Il vaut mieux poser des questions. Souvent, ce que je vois, ça dessert en cas de légende. C'est bien, mais trop d'informations a tendance à me faire un petit angoisse.

  • Speaker #1

    J'avais un médicament qui était là pour les douleurs au ventre. Je me souviens au début, un médicament en plus, pour aider à supporter les médicaments.

  • Speaker #0

    Ça s'appelle un IPP, oui.

  • Speaker #1

    Je me souviens que c'était une pharmacienne qui m'avait dit « Est-ce que vous avez des douleurs au ventre ? » Je me mets de soucis. Est-ce que vous avez besoin de ce médicament ? Posez la question. Je vous avais posé la question. On l'a supprimé.

  • Speaker #0

    À ce moment-là, il n'était plus utile parce qu'au début, vous aviez deux traitements qui étaient pour justement fluidifier le sang, on va dire. Et donc, dans ces cas-là, on sait qu'il y a un haut risque de saignement. Tu le sers. Si jamais il y a des maux d'estomac en plus, ça peut créer un peu d'acidité. Mais en effet, après, une fois que les choses sont stabilisées... qui n'a pas de fragilité de l'estomac, on peut le ressortir. Oui.

  • Speaker #1

    Donc, pour ça, en fait, je fais confiance.

  • Speaker #0

    Je te désercie parce que c'est le but aussi d'accompagner dans les questionnements que les gens peuvent avoir. C'est le rôle du médecin, j'entends, de rassurer, de répondre aux questions. Et des fois, il y a beaucoup de défiance parce que maintenant qu'on a accès à Internet, c'est bien et pas bien parce que ça peut aussi remettre des fois en cause, en tout cas induire de mauvais comportements.

  • Speaker #1

    Je ne vais pas vérifier sur Internet. Non, non.

  • Speaker #0

    Et même si ça l'était, ce que je dis aux personnes, c'est pourquoi pas, mais dans ce cas-là, avant de prendre une décision, on en parle. C'est ça, en fait. Que ce soit le pharémacien, le chirurgien, le médecin, le cardiologue, etc. Mais il ne faut pas se faire sa petite cuisine, comme je le vois des fois.

  • Speaker #1

    Oui, mais effectivement, en réadaptation cardiaque, j'avais rencontré des gens, des fumeurs, après la séance. Mais ils ne pouvaient pas s'arrêter, en fait. Bon, effectivement, ils ne pouvaient pas. Je peux le comprendre, mais bon. Quoi que je dis, je ne peux pas le comprendre. Non, je ne comprenais pas. Non, je comprends. C'est quelque chose... Moi, j'ai pris les événements comme ils sont venus. On a tout fait. Il y a des gens qui se sont dévoués pour que je m'en sorte.

  • Speaker #0

    Mais à l'hôpital,

  • Speaker #1

    le minimum s'est fait dérespecter. Mais ça fait partie. On m'a donné un traitement. Je le prends. J'ai dû rater en 7 ans. Je le prends à les grands maximums. Et ça serait le soir, 3 fois. J'ai dû me rendre compte, celui qui n'est pas pris trop tard, ça a dû arriver deux fois ou trois fois, grand grand maximum.

  • Speaker #0

    Comment on modérait justement la prise des médicaments, puisqu'elle est acceptée, et c'est bien, parce qu'en effet, le médicament, c'est ce qui vous permet d'être quand même dans une bonne santé relative, parce qu'évidemment, le cœur est fragile, mais en tout cas, de continuer de vivre normalement, globalement. c'est parfois difficile de réorganiser son quotidien en fonction des médicaments certains doivent être pris à une ou moins heure fixe, vous gardez des alarmes, un pilulier, qu'est ce que vous pouvez conseiller ? L'organiser la semaine ?

  • Speaker #1

    Alors il n'y a pas très longtemps, ça fait un mois que je le prépare à la semaine sinon je le prépare au quotidien. Le soir, Et puis en même temps, on prépare ceux du matin parce qu'il y a un médicament qui se trouve en deux. Donc j'ai un tiroir dédié aux médicaments. Ils sont rangés. Je sais exactement à quoi ils correspondent. Voilà. Après un départ en vacances, le pilulier. Mais maintenant, je fais le pilulier à la semaine.

  • Speaker #0

    Vous avez pu prendre l'avion depuis ? Vous prenez l'avion ? Je ne prends pas de tour.

  • Speaker #1

    Parce que j'avais vu que vous aviez pris l'avion.

  • Speaker #0

    J'en ai pris l'avion.

  • Speaker #1

    J'en parlerai à mon médecin. Parce que je pense qu'il y aurait un grand stress.

  • Speaker #0

    Alors, je dis ça parce que dans le voyage, justement, pour en parler longuement, mais en tout cas, pour essayer de donner quelques idées claires, c'est que quand on anticipe un voyage, c'est toujours bien de vérifier que l'état du cœur est bon, surtout si c'est un voyage à distance, très lointaine. Mais peut-être aussi, des fois, de garder ses médicaments ou répartir la prise dans une valise et une autre pour, en cas de perte d'une valise, ne pas se retrouver à court, par exemple. C'est pour ça que vous me posez cette question-là. Comment vous alliez anticiper le voyage ?

  • Speaker #1

    Non, non, si c'est plus d'une semaine, je prévois des médicaments en plus. Et puis, je n'oublie pas d'emmener l'ordonnance.

  • Speaker #0

    Voilà, c'est ça ce que j'allais vous dire, de prendre nos documents médicaux, aller nous les médiquer.

  • Speaker #1

    Non, c'est le seul que, la dernière fois que je suis parti, c'est le seul que j'ai emmené. Mon médecin généraliste m'a dit, emmenez des fois un petit bilan.

  • Speaker #0

    Alors ça, c'est judicieux et c'est quelque chose que je conseille toujours. C'est, à défaut d'avoir l'ordonnance, prenez en photo vos médicaments, en fait. Vous prenez une copie, écrivez-le, mettez-le dans votre portefeuille, écrivez même le nom. Mais en fait, les gens viennent souvent sans leur ordonnance. Alors quand c'est dans du suivi médical, on arrive à encore à se débrouiller. Mais imaginons que vous êtes dans la rue et qu'il vous arrive quelque chose. On retrouve, je ne sais pas, vous avez une douleur par exemple, et vous ne pouvez pas communiquer, qu'on sache ce qui vous est arrivé. Alors c'est vrai que sur les téléphones, par exemple sur Apple, il y a un suivi médical, une fiche que les soignants... en urgence peuvent retrouver de dire voilà attention je suis sous anticoagulants j'ai eu un infarctus j'ai des stents j'ai un défibrillateur oui toutes ces choses là comme des conseils de mes j'ai une petite carte j'ai exactement mais je pense qu'aussi c'est important de noter ses antécédents médicaux du coup de voilà d'avoir des informations au cas où parce qu'on n'est pas à l'abri même je suis pas vous traverser la route quelqu'un vous bouscule une part des connaissances voilà c'est

  • Speaker #1

    Pour une période de vacances, j'y pense. Mais au quotidien,

  • Speaker #0

    moins. Oui,

  • Speaker #1

    au quotidien.

  • Speaker #0

    Ça peut aider, en tout cas.

  • Speaker #1

    Effectivement.

  • Speaker #0

    On arrive bientôt à la fin de l'épisode. Déjà, merci beaucoup parce que le partage d'expérience est vraiment très riche et je pense que ça va vraiment aider beaucoup les gens. Est-ce qu'il y a un ou plusieurs conseils que vous donneriez aux personnes qui nous écoutent et qui souhaiteraient préserver leur cœur ? Ce n'est pas une question facile. Évidemment, il n'y a pas de bonne réponse. En soi, je pense que c'est très teinté l'expérience individuelle.

  • Speaker #1

    J'ai réfléchi à la question et faire confiance à son médecin. chose que je ne faisais peut-être pas suffisamment, puisque je n'y allais jamais, faire confiance à son médecin et faire un vrai contrôle médic. À part peut-être à un âge que 40, c'était bon, tout roule, mais à 50, se dire je suis essoufflé quand je marche, il y a peut-être un check-up. Vraiment faire un vrai contrôle, pas attendre le coup dur. C'est vraiment... Si on est fumeur, et qu'on apporte beaucoup d'activités physiques, en ferrin, même si ça devient sans doute difficile, moi j'ai eu la chance, parce que tout ça, ça fait partie. Tout est arrivé au bon moment, parce que moi j'ai pu avoir un médecin généraliste vite. Je suis rentré chez moi, le jour où je suis rentré chez moi, j'ai appelé, j'ai eu un médecin généraliste. J'ai eu mon infirmier qui venait deux jours après pour me faire une prise de sang pour ce contrôle d'INR. Tout s'est mis en route, tout s'est mis en place. Donc moi, c'est vraiment le chanceux. C'est pour ça que tout ça, ça participe.

  • Speaker #0

    C'est bien accueilli. Oui. On retient le message de prévention, vraiment. Oui. Attendez pas la maladie sans être dans la crainte, mais en tout cas...

  • Speaker #1

    Surtout si on est fumeur, on sait comprendre. Sur les croix d'art. Poids, je ne sais pas si...

  • Speaker #0

    Il y a des messages de prévention dans le cadre du surpoids, mais je pense en effet qu'autour du tabac, ça peut être important. Il n'y a aucun effet positif du tabac, qu'on se le dise. Même l'euro-social, globalement, maintenant on peut vivre sans tabac. Ça coûte cher, on ne sent pas bon au niveau des vêtements, le goût est altéré, on ne profite pas des saveurs des aliments, des boissons, etc. Et puis ça joue sur notre humeur, c'est un vrai boulet qu'on garde au pied, du coup, qu'on parle de liberté, et puis on sait que ça entraîne des maladies, quelles qu'elles soient. Alors c'est vrai qu'on pense au cancer, mais il y a l'infarctus, il y a aussi le cancer de la vessie, la bronchite chronique, toutes ces maladies-là qui ne sont pas visibles et qui ne sont pas aussi mises en avant, auxquelles on ne pense pas. Alors au mieux, ce n'est pas d'enfoncer les gens pour dire que le tabac c'est mal, chacun gère son risque, mais peut-être des fois de rafler...

  • Speaker #1

    Moi c'est en connaissance de cause.

  • Speaker #0

    Ça reste une drogue, donc c'est ça qui est difficile, évidemment, le sevrage tabagique. Avant tout, moi c'est d'ailleurs une question que je pose, ça s'appelle le conseil minimal, c'est de dire, est-ce que vous avez envie d'arrêter de fumer ? Parce que cette simple question, elle résume tout, globalement, la suite de la prise en charge du tabac. À mon sens, je peux me tromper, il y a peut-être des tabacologues qui m'ont trait au créneau, mais l'idée c'est de dire, vous en êtes où du tabac ? Et 10% des gens vont arrêter de fumer dans les mois qui suivent. Simplement parce que le fait d'avoir fait germer l'idée que peut-être vous pouvez vivre sans cigarette, ça les aide. ça les aide à réfléchir et aussi trouver de la motivation parce que soi-même spontanément on ne se pose pas la question tant qu'il ne nous arrive rien ou parce qu'on n'y a pas été sensibilisé et c'est difficile je trouve de s'approprier ces concepts-là alors personnellement je ne fume pas donc c'est toujours difficile mais je vois beaucoup de patients évidemment qui ont arrêté de fumer et il y a quelques éléments qui ressortent en tout cas mais quand on fait ce petit simple conseil de dire est-ce que vous avez envie d'arrêter la personne dit non ... Ça sert à rien de la bassiner avec plein de chiffres de machins et de faire peur. J'étais comme ça,

  • Speaker #1

    donc moi j'étais comme ça.

  • Speaker #0

    Et puis faire confiance à son médecin, je pense qu'aujourd'hui, alors que le climat est quand même beaucoup dans, je dis en défiance, parce qu'en fait on a accès aux informations et on a l'impression que l'information qu'on a lue soi-même, elle est plus pertinente que le médecin aurait eu. Je ne sais pas pourquoi, mais c'est une tendance. C'est une tendance et plutôt que d'en débattre, beaucoup de gens arrivent avec des certitudes. Je pense que c'est ça le plus dangereux aujourd'hui. Alors en plus avec les IA, alors les IA peuvent faire très bien, chat GPT, etc. Mais il faut toujours garder un esprit critique. Et par exemple, je ne suis pas garagiste. Quand je confie ma voiture au garagiste, je n'y connais rien en mécanique, quand j'ai les rudiments. Mais s'il me dit qu'il faut changer les plaquettes, je change les plaquettes en fait. Je ne vais pas me dire, tiens... Je vais aller vérifier, est-ce qu'il est vraiment sûr, ça peut attendre encore 500 km ou pas, et puis prendre un risque en fait. Oui, ça embête, ça peut coûter cher, ça immobilise la voiture, etc. Mais au final, ça reste quand même pour mon bien. Et le médecin est là aussi pour le bien de l'autre, qu'on n'oublie pas de le dire. Et ça, des fois, on est un peu mis dans le rouge à cause de ça, parce qu'on manque de médecins, parce que les rendez-vous sont longs, parce que les gens sont stressés et que nous-mêmes, nous aussi, on est stressés et il faut faire des fois les choses en urgence. Donc ça explique de l'agressivité qu'on voit aux urgences, des médecins, des soignants, des infirmiers, qui se font taper, il y a des agressions physiques. Et je trouve ça un peu... Désolant, déplorable même, parce qu'on est là pour aider les gens. À part ça, est-ce qu'on va parler au Laurent d'il y a quelques années ? Ce n'est pas simple non plus comme question.

  • Speaker #1

    Je n'ai pas été capable. J'ai vu la question avant et je n'ai pas été capable.

  • Speaker #0

    Il faut savoir que si vous pouviez adresser à la version de vous-même d'avant votre infarctus, qu'est-ce que vous lui diriez ?

  • Speaker #1

    Je... Ça va devenir bien.

  • Speaker #0

    C'est bon.

  • Speaker #1

    C'est bizarre. Ça m'a fait... Ça m'a évoqué un vieux souvenir. Mais là, c'est vraiment un vieux souvenir. J'avais un copain qui lisait les lignes de la vie. Les lignes de la main.

  • Speaker #0

    Ah bah bon, ésotérique.

  • Speaker #1

    J'ai toujours gardé en mémoire pour la ligne de la vie. Il m'avait dit, ta ligne de la vie, à ce coup, par un moment, puis elle repart. Et ça m'est intervenu, c'est vrai que ces gens-là, on garde en mémoire pourquoi... Des bêches,

  • Speaker #0

    ils reviennent, bien sûr. Oui,

  • Speaker #1

    et je me suis dit, tiens, c'est bizarre, en fait, ça correspondrait à ce que j'ai vêtu. Qu'est-ce que je dirais ? Je crois que je ne sais pas ce que je dirais. Je crois que...

  • Speaker #0

    D'abord que ça va aller, c'est un message, d'être optimiste, en fait. Et je pense que les personnes qui, dans la vie... S'en sorte le mieux ?

  • Speaker #1

    Ça sera mieux après, en fait. Ça sera mieux. C'est un peu ça, la vie. C'est une suite d'apprentissage. On apprend toujours. Il y a des choses désagréables. Hop, ça se surmonte. Mais ça sert. Ça sert à affronter. Pour affronter, il ne faut pas non plus exagérer, mais à avancer dans la vie.

  • Speaker #0

    Écoutez, merci beaucoup. Je trouve que c'est...

  • Speaker #1

    Je vois toujours le verre...

  • Speaker #0

    À moitié plein ? Oui,

  • Speaker #1

    toujours. J'ai tendance... Je crois que j'étais comme ça avant. Et je crois que c'est encore pire. Je crois que c'est devenu. Yes. C'est devenu... Oui, c'est... Ou pire, ça dépend. Il n'y a personne.

  • Speaker #0

    Mais j'entends clairement que la vie ne s'arrête pas. Il y a tant de temps qu'on est là. Vous gardez le projet. Ça se sent, oui, ça se sent clairement. C'est ça qui m'avait plu, je trouvais, dans votre parcours, expérience de vie, même si elle a été très brutale, très douloureuse aussi, parce qu'on pourrait se dire que c'était quelque chose de positif, presque qu'on pourrait le souhaiter à quelqu'un, dire tu verras la vie après ton infarctus, mais en fait, il y a quand même beaucoup, beaucoup de vie, parce que les gens aussi vous portent, mais aussi vous... permettait aussi aux gens de vivre, puisqu'on est des êtres grégaires, on a besoin des autres pour vivre, donc évidemment on s'imprègne des expériences et on avance. Voilà, en tout cas on arrive à la fin de l'émission et merci infiniment Laurent pour vos témoignages, c'est très inspirant et je suis certain que ça va aider beaucoup de personnes à mieux comprendre déjà l'importance de la prévention du suivi médical et aussi de la capacité que le corps a art de résilience. C'est vraiment ce mot-là qui, je pense, résume aussi les épreuves de la vie. Donc, merci beaucoup, en tout cas, d'avoir partagé votre histoire avec nous. Pour finir, je vous donne la parole parce qu'il y a plein de sujets que je traite. Est-ce qu'il y en a un que vous aimeriez que j'aborde pour un prochain épisode ?

  • Speaker #1

    C'est pareil. Je me suis dit de l'alimentation. Ça serait peut-être qui me touche, moi, l'alimentation.

  • Speaker #0

    Sous quel angle de savoir quels aliments adopter quand on a une maladie, ou même juste de la prévention en amont, d'avoir une bonne hygiène de vie, comme on pourrait l'enseigner aux enfants, parce qu'on voit qu'il y a beaucoup de malbouffe, beaucoup de mauvaise éducation nutritionnelle, et qui dessert beaucoup les enfants parce qu'il y a beaucoup d'obésité, parce qu'il y a beaucoup de carence aussi, parce qu'on parle des aliments en plus, mais aussi des aliments en moins. Donc ok, ça pourrait être un bon sujet en effet. Des limes simples pour adopter de bons réflexes, pour bien manger. On parle même d'alicaments maintenant, c'est-à-dire des aliments qui sont des équivalents de médicaments. Mais il y a quand même les piliers comme légumes, protéines, lipides, et puis après on ajoute les micronutriments, les vitamines, les oligoaliments, etc. qu'on peut trouver dans les aliments naturellement. C'est vrai qu'on a toujours tendance à se dire « bon, je vais me supplémenter » , alors qu'en fait c'est des choses très simples qu'on peut mettre en place et qui sont très porteuses. Ok, j'en pronote. Et pour terminer l'émission, alors quelque chose qui me tient à cœur, et j'avais déjà établi ça avec mon ami généraliste la dernière fois dans une précédente émission. pour finir un peu sur poésie, littérature je ne sais pas si c'est quelque chose que vous aimez en tout cas dans la fin des échanges j'aime beaucoup ça est-ce que mon ami il y a une fois avait dit le coeur a ses raisons que la raison ne connait pas qu'il m'avait sorti est-ce que vous accepteriez de me donner une citation Maxime sur le coeur évidemment qui permettrait à nos auditeurs de s'y révéler un peu le temps d'un instant j'en ai trouvé deux il y en a une qui va bien avec la prévention c'est un proverbe chinois

  • Speaker #1

    Le cœur ne parle pas, mais il faut savoir l'écouter. Ça, c'est quelque chose qu'on apprend, à s'écouter.

  • Speaker #0

    Spontanément, on ne l'entend pas. Il faut savoir écouter ses simulacres.

  • Speaker #1

    On apprend à s'écouter, à écouter son cœur, mais son corps aussi. Je vois qu'on fait de la marche, on fait plus attention, on est plus attentif. Une petite chose que j'aurais voulu dire, qu'elle est un petit peu... Personnellement, moi, ça a été... vraiment l'infarctus a été bénéfique. Et je pense que ce que je l'avais noté, ça m'a aidé à me construire, en fait, à continuer à grandir, à me construire et à faire plus attention à la fois à moi, quand on marche, en fait, s'il y a une douleur, si on a quelque chose, mais aussi à faire beaucoup plus attention aux autres, aux gens qu'on aime ou qu'on apprécie, à être plus attentif à tout le monde.

  • Speaker #0

    C'est un peu de la fragilité de la vie aussi, parce que... On est un ensemble. Vous êtes approprié la maladie, si on peut le dire. Même si j'aime pas dire aux gens vous êtes malade parce que ça enferme. Non. Mais dire il y a eu la maladie, elle fait partie de mon quotidien, elle fait partie de ma personne aujourd'hui. Et je me suis aussi construit avec et j'ai accepté. Oui.

  • Speaker #1

    Et puis, je pense que je reste un peu persuadé de ça. Moi, il y a du bonus. Je pense que j'aurais comme j'ai pas réagi, pas agi comme il fallait. J'aurais dû mourir. Donc, je suis dans du bonus, du plus.

  • Speaker #0

    Ça vous libère d'un poids ?

  • Speaker #1

    Oui. C'est bien. C'est super. Et sinon, la deuxième petite phrase que j'avais trouvée, qui me correspond aussi. Une personne chère ne nous quitte jamais. Elle vit au plus profond de notre cœur. Et pour la revoir, il suffit de fermer les yeux. Alors là, je ne sais pas qui a dit ça. En tout cas, ça me correspondait bien.

  • Speaker #0

    C'est très parlant. Je vous remercie. J'aime bien cette façon de terminer l'émission parce qu'évidemment, il y a la raison parce qu'encore une fois, les éléments de vie, c'est des fois très brutal. Mais je trouve que d'un peu d'introspection, ça permet aussi de réfléchir à sa situation et celui-ci est très parlant. Merci beaucoup. Écoutez, merci à tous d'avoir écouté en plein cœur. Si ce témoignage vous a touché, vous a appris quelque chose, n'hésitez pas à le partager autour de vous et à vous abonner. Retrouvez aussi l'émission sur LinkedIn, YouTube ou encore Instagram, TikTok. Et dans 15 jours, j'aurai le plaisir de vous parler du cholestérol. Alors, ce n'est pas les aliments, mais c'est peut-être mettre des petits piliers pour que les personnes comprennent les enjeux puisqu'il y a beaucoup de choses négatives qui sont dites autour de ce facteur de risque cardiovasculaire. C'en est réellement un. Ce n'est pas juste un... là pour dire aux gens, prenez des statines et c'est tout, parce que le cholestérol, l'hypercholestérolémie en tant que telle, abîme les artères et entraîne d'autres maladies. Donc on parlera exactement de ce sujet-là pour dire de quoi il s'agit. C'est un épisode évidemment introductif, parce qu'il y a beaucoup de choses à dire sur ce sujet. J'essaierai de poser les bases pour vous expliquer en quoi il s'agit d'un facteur de risque qui fait traiter, et malgré toutes les controverses qui existent à son égard. D'ici là, je vous souhaite une bonne semaine, prenez soin de vous, et je vous dis à très bientôt pour ce nouvel épisode. Merci beaucoup Laurent.

  • Speaker #1

    Merci.

Description

❤️ Bonjour,

Aujourd’hui, je reçois Laurent, un patient qui a traversé une épreuve majeure : un infarctus du myocarde. 💔⚡ Mais loin de se laisser abattre, il a su transformer cette expérience en un véritable renouveau, adoptant un mode de vie plus sain et devenant un exemple de résilience 💪🌱

Quels ont été les premiers signes de son infarctus ? 🆘 Comment a-t-il vécu l’annonce du diagnostic et la prise en charge en urgence ? 🚑💨 Comment a-t-il réappris à vivre avec une insuffisance cardiaque stabilisée ? 🤔💊 Et surtout, quels conseils peut-il partager avec nous pour préserver notre cœur et éviter de telles complications ? 🏃🥗🚭

Dans cet épisode, nous parlerons de prévention, adaptation et espoir ✨, avec un échange sincère et sans tabou. Vous allez voir, c’est une conversation à la fois émouvante et riche en enseignements ! 💬💡

Si ce témoignage vous touche ou vous aide à mieux comprendre la santé cardiovasculaire, partagez-le avec vos proches ❤️ et abonnez-vous pour ne manquer aucun épisode ! 🎧🔔

Bonne écoute, et surtout, prenez soin de vous et de votre cœur ! ❤️


---------------------------------------------------


🎶 MUSIQUES (https://www.auboutdufil.com et studio.youtube.com)

Gemini - The Soundlings

Going Home - The Soundlings

Creme Brulee - The Soundlings

Silent Night - The Soundlings

HaTom-Naya

KaiEngel-Maree

ScottBuckley-Sleep

JohnyGrimes-Nostalgia


---------------------------------------------------



Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bonjour à toutes et à tous, je vous souhaite la bienvenue dans l'émission En Plein Coeur. Aujourd'hui j'ai le plaisir de recevoir Laurent, que je connais bien maintenant puisque Laurent est un de mes patients, que je suis depuis presque 8 ans à la clinique où je travaille sur moi. Alors évidemment pour des raisons de confidentialité, je n'utiliserai que le prénom de mon invité pendant l'émission. Pour vous resituer un petit peu le contexte de l'émission, pour ceux qui le découvriraient, je présente des sujets sur la cardiologie pour sensibiliser les gens à la santé cardiovasculaire. Ça passe par des émissions très techniques comme l'anatomie ou l'électrocardiogramme, d'autres qui sont plus vastes et transversaux comme les effets de la vitamine D, des édulcorants, encore le sauna sur le cœur et que vous pouvez déjà écouter. Par contre, il y a quelque chose de puissant, je trouve, et que j'ai eu le plaisir déjà de mener avec un ami médecin généraliste qui nous a raconté son quotidien, c'est le partage d'expériences. Et c'est vrai que depuis tout petit, on aime bien se raconter des histoires. Mais quand on traverse en tout cas... Une épreuve de la vie, finalement, personnellement, je trouve qu'on se sent moins seul quand il s'agit de savoir comment une personne a affronté un accident. Et donc, c'est de ça dont il s'agit aujourd'hui. Je reçois Laurent, qui fait partie de mes premiers patients quand je me suis installé en 2017. C'est donc un vrai honneur pour moi de le recevoir aujourd'hui, car je sais que ce n'est pas un exercice facile de se livrer comme ça derrière un micro, mais on est au calme, le temps ne presse pas. Il ne fait peut-être pas très beau, mais en tout cas, on est posé avec un café et on va se laisser aller tranquillement au fil des échanges. on vous emmène avec nous, vous allez voir, ça va être très sympa. Je vais vous expliquer maintenant pourquoi je voulais recevoir particulièrement Laurent aujourd'hui. Laurent, si je ne me trompe pas, vous avez 60 ans, même si vous ne les faites pas. Et quand je me suis installé, je me souviens de vous avoir reçu lors de notre premier rendez-vous et j'étais assez stupéfait par l'ensemble de tout ce qui vous est arrivé. Et étonnamment, par toute l'énergie que vous gardiez des suites de l'accident. Vous avez eu un infarctus du myocarde qui s'est pas mal compliqué à la phase initiale, on en reparlera. Et malgré ça, la vie semble s'être tellement renforcée chez vous que je trouvais ça vraiment une belle leçon de vie. Donc j'étais obligé de vous proposer de passer dans l'émission, car votre histoire de vie peut aider beaucoup de personnes autour de nous, parce que personne n'est épargné par le risque potentiel des maladies cardiovasculaires, ça reste encore une des principales causes de décès en France. Et malgré tous les progrès qu'on a connus dans le domaine de la cardiologie, il y a encore beaucoup à faire, donc on va essayer de parler de votre parcours, des défis que vous avez rencontrés. de la manière dont vous vivez aujourd'hui avec une insuffisance cardiaque stabilisée également. Au fil de l'émission, je n'hésiterai pas à vous préciser certaines parties qui pourraient paraître un peu techniques parce que tout le monde n'a pas le même bagage sur la cardiologie et donc pour que tout le monde comprenne bien de quoi il s'agit quand on parle d'infarctus, de médicaments, de stents, de défibrillateurs, etc. Mais pour commencer... Laurent, je tenais déjà chaleureusement à vous remercier d'avoir accepté mon invitation. De rien. Et je vous laisse vous présenter de la façon que vous souhaitez.

  • Speaker #1

    Donc j'ai essayé de voir une présentation qui corresponde à ce qui peut être dit ensuite. Donc je suis enseignant au milieu spécialisé, je pense que c'est important. Oui. Ça a son importance pour le comportement après que je peux avoir. Je suis divorcé, j'ai deux enfants. Je suis grand-père depuis un peu plus d'un an. Super,

  • Speaker #0

    c'est le groupe de l'énergie.

  • Speaker #1

    Voilà. Sinon, moi j'aime marcher. Et quand je marche, j'aime la petite histoire. Et j'ai un gros défaut, je suis très indépendant.

  • Speaker #0

    Oui, c'est pas d'une qualité en même temps. Ça permet de prendre du temps pour soi et pour développer de l'énergie. Et solitaire.

  • Speaker #1

    Et solitaire, et tout ça, ça correspond. Vous allez voir après dans les comportements que j'ai pu avoir, ça peut donner une bonne explication à beaucoup de choses qui sont arrivées. Sinon, avant l'infarctus, j'étais quelqu'un qui n'allait jamais chez le médecin.

  • Speaker #0

    Comme beaucoup des patients finalement en fait. Oui. On ne pense pas à ce qu'on pourrait avoir une maladie cardiaque quand ça nous tombe dessus, mais c'est d'ailleurs un peu l'écueil de la cardiologie, c'est qu'on fait beaucoup de prévention. Et je peux imaginer qu'avant l'accident, il n'y avait pas de bilan de check-up. Du tout. Rien.

  • Speaker #1

    Zéro.

  • Speaker #0

    Même les vaccins ?

  • Speaker #1

    Oui, même les vaccins. Les vaccins ont été faits...

  • Speaker #0

    À l'âge des 25 ans et puis après les rappels 45, 65.

  • Speaker #1

    Il n'y avait pas de rappel, il n'y avait rien du tout. C'est le médecin, mon généraliste, qui les a faits.

  • Speaker #0

    Quand il avait estimé que c'était inutile.

  • Speaker #1

    Tout ça, ça a été réglé. Après la fracture, je suis resté un an avec... Pas un an, j'exagère. J'étais resté trois mois, je crois, avec une fracture, un début de fracture au poignet.

  • Speaker #0

    OK.

  • Speaker #1

    Et je m'étais fait mal.

  • Speaker #0

    OK.

  • Speaker #1

    Et bon, c'était bon. J'avais pris une étagère sur le poignet.

  • Speaker #0

    Du remal, quoi.

  • Speaker #1

    Non, même pas.

  • Speaker #0

    Non.

  • Speaker #1

    Et c'est après, en conduisant, qu'il y a eu une douleur. Et je ne sais plus pourquoi, je suis allé chez le médecin. J'avais un médecin, c'était sur Beauce. Et il m'avait dit, ça fait un moment que vous avez...

  • Speaker #0

    Toutes fractures, bon.

  • Speaker #1

    Donc voilà.

  • Speaker #0

    Mais là, l'infarctus, ce n'était pas pareil. Non, non. C'est vrai qu'on en parlera.

  • Speaker #1

    Il y avait eu un déménagement, donc plus du tout de médecin. Mais plus du tout, parce que là... J'avais changé de... Pas de région, mais de commune. Et puis, une bonne distance. Donc, plus du tout de médecin. Donc, voilà. Je pense que la présentation, après... Il y a des choses que j'aime. Mais bon, j'aime... Les goûts n'ont pas évolué depuis l'adolescence. Donc, j'aime la BD, l'art.

  • Speaker #0

    Et c'est... C'est des activités qui sont plutôt dans l'introspection, du coup. Mais... Vous me disiez qu'il y avait de l'activité physique, et ça, ce n'est pas pour prêcher pour ma paroisse, mais évidemment, c'est une bonne chose.

  • Speaker #1

    Non, mais alors avant, toujours avant l'infarctus, pour présenter la personne, j'étais un fumeur, et on va dire un grand fumeur. Donc je ne courais plus parce que je n'étais plus capable de courir. J'ai un souvenir précis avec mes enfants à Étretat. On me soufflait pour monter au niveau des falaises. Impossible, c'était devenu dur, mais bon, on continue de fumer.

  • Speaker #0

    Ça reste une drogue, on va en reparler. C'est ça qui est terrible, parce qu'en effet, les gens ne se rendent pas compte à quel point ils font du mal, on va dire, à leur corps, et que parfois les alertes doivent être un peu brutales pour se rendre compte que la vie est précieuse, et en tout cas, ça a été votre choix après l'accident. Il y a eu des sacrés changements, pareil, on en parlera. Donc vous me parliez de BD ? Et donc, de moments calmes qu'on prend pour soi, est-ce que, là, on est sur un format podcast, donc c'est vrai que c'est un média de niche pour les gens qui sont déjà assez sensibilisés à cet environnement. Est-ce que les podcasts, c'est quelque chose que vous écoutez, vous, de votre côté ? Non. Non.

  • Speaker #1

    Alors, je sais que ça existe parce que, alors, je n'ai pas la télé.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    J'ai une grande télé pour les vidéos, mais je ne capte pas la télé, en fait. Je n'ai pas d'antenne. donc j'écoute la radio pour les infos donc je sais que ça existe comme je suis enseignant France Inter j'écoute France Inter comme tous les enseignants et c'est très bien donc je sais que ça existe mais je n'en écoute pas ok

  • Speaker #0

    c'est vrai que maintenant il y a quand même beaucoup de choses internet youtube qui permettent de démocratiser c'est vrai que pour le coup je trouve que le podcast c'est un média qui qui s'écoutent assez facilement, et surtout les histoires, comme celles-ci, les interviews, les partages d'expériences. Donc voilà, j'espère que ça pourra en tout cas toucher le maximum de gens sur ces sujets-là, et en tout cas la maladie coronaire dont il s'agit aujourd'hui. On va aller dans le dur du sujet, c'est-à-dire l'infarctus. L'infarctus, donc on revient un peu en arrière. On est en février 2017.

  • Speaker #1

    En juillet 2017.

  • Speaker #0

    Juillet 2017. Juillet.

  • Speaker #1

    Je suis enseignant, donc j'ai fait... C'est repris.

  • Speaker #0

    Pendant les vacances. Ok. Pendant les vacances. C'est l'idée.

  • Speaker #1

    Tout début de vacances. Ouais.

  • Speaker #0

    Donc juillet alors, ok. J'imaginais, donc il fait beau, peut-être. Troisième. L'été. Oui, oui. Tout va bien, la vie est douce. Il n'y a plus des petites pâquerettes encore que. Les petites pâquerettes qui bougent au gré du vent, et puis tout d'un coup, coup d'éclair dans un ciel serein. Est-ce que vous pouvez nous raconter ce qui s'est passé ce mois de juillet ?

  • Speaker #1

    J'en ai gardé des moments précis. Ça s'est gravé dans la mémoire. Je regardais la télé, je regardais le magicien d'Oz.

  • Speaker #0

    C'était ça le problème ?

  • Speaker #1

    C'était le problème, oui. Je regardais le magicien d'Oz et quand j'ai ressenti une douleur à la poitrine.

  • Speaker #0

    ça faisait quoi exactement comme type de douleur vous aviez une pointe une pointe ok une pointe à un endroit précis ouais ça j'ai gardé vraiment le la douleur près elle est toujours là vous sentez encore plus plus de douleurs fantômes comme certains peuvent ressentir ok

  • Speaker #1

    et donc j'ai continué à regarder mon film ouais Première réaction, on fume une cigarette, il y a une douleur.

  • Speaker #0

    Il faut se détendre.

  • Speaker #1

    Oui, on est fumeur, on fume. Donc c'est abominable, c'est encore plus douloureux. Et ça a dû commencer vers 11h le soir.

  • Speaker #0

    C'est assez classique, je rebondis sur le timing. En pratique, les infarctus arrivent souvent dans la nuit, le petit matin. Souvent c'est le petit matin, 4-5h du mat, 6h. Quand c'est vrai que j'étais de garde en cardiologie, c'était un peu l'horaire. le milieu de la nuit. C'est assez étonnant. Je ne suis pas très surpris que ce soit dans la nuit, on est au calme, tout va bien. Ce n'est pas toujours la douleur à l'effort, bizarrement. Il y a souvent des prémices, mais en effet, la douleur au repos... Il y a eu des prémices, justement. Il y a eu des moments, les semaines d'avance, que souvent les gens ressentent quand même ça. Ils expliquent que ce n'était pas comme avant. Par exemple, ils avaient du mal à avancer, qu'à l'effort, c'était plus compliqué. Il y avait, on va dire, une rupture, quoi. Progressive, voire un peu rapide. Mais il sentait des choses un peu avant. Pas du tout. Tout allait bien et cette douleur est arrivée brutale.

  • Speaker #1

    S'il y a eu quelque chose, je n'ai pas fait attention. Je n'ai pas su l'écouter. Oui. Que je disais à être tard, marcher, c'était un peu... Ah, mais c'était le tabac.

  • Speaker #0

    Il y avait une célébrité qu'on attribuait au tabac. Que j'aime. Que c'était ça. Voilà, c'était le tabac,

  • Speaker #1

    voilà.

  • Speaker #0

    Mais en tout cas, il y avait cette gêne. Donc douleur brutale, ok.

  • Speaker #1

    Oui, donc douleur qui reste.

  • Speaker #0

    Cigarette.

  • Speaker #1

    Cigarette, donc je n'ai pas pu fumer. J'ai dû... De taf. Donc la nuit a continué comme ça. Je me souviens de frissons, pas des frissons, mais des fourmillements dans le bras. Je me souviens de ça. Donc j'ai essayé de me coucher, donc impossible de dormir.

  • Speaker #0

    Bien sûr.

  • Speaker #1

    Avec la douleur. J'ai pris une douche. Ça pourrait aller mieux. Pareil,

  • Speaker #0

    ça remettait sur l'ambiance de la détente, quoi, pour essayer de scanner et voir si ça passait.

  • Speaker #1

    J'ai essayé de refumer, donc plusieurs fois. Rien ne changeait et je ne pouvais pas. Alors, ce qu'il faut savoir, c'est que je ne pouvais pas être malade.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Ce n'était pas possible. Ça a dû arriver un lundi ou... C'était vraiment au tout début des grandes vacances. Oui. Ça devait être un lundi ou un... Je pense que c'était un lundi. Le lendemain, j'avais rendez-vous, je travaillais dans une école, je retournais dans un établissement où j'avais travaillé, justement avec des enfants autistes. Donc j'avais rendez-vous le lendemain avec le chef de service. Je ne pouvais pas manquer mon rendez-vous.

  • Speaker #0

    Toute la nuit, il restait comme ça avec cette douleur.

  • Speaker #1

    Et ma fille devait venir. Comme je suis divorcé, mes enfants habitaient chez leur mère. Et donc le lendemain, ma fille devait venir pour passer en entretien pour un travail d'été, pour un job d'été. Donc il fallait que je sois là. Ce n'était pas possible autrement. Donc je suis resté toute la nuit comme ça. Avec l'envie. Alors la douleur était insoutenable.

  • Speaker #0

    Par exemple sur 10, 10 c'est le max, 0 pas de douleur. Vous diriez que c'était une douleur à combien ? De mémoire, c'est évidemment sympa.

  • Speaker #1

    L'envie que j'avais, c'était de prendre un couteau de cuisine et enfoncer. Donc on était pas loin.

  • Speaker #0

    Rousseau la fois. Ouais,

  • Speaker #1

    ouais, c'était... Et Luc, vraiment une pointe. Et donc, voilà. Et puis arrivait un moment, comme ça ne s'arrêtait pas, mais c'était sur les coups de 6h du matin.

  • Speaker #0

    La fameuse. Quand on a fini la nuit. C'est bizarre.

  • Speaker #1

    J'ai quand même un portable. Donc, douleur à la poitrine, qu'est-ce que ça peut être ? Si vous avez une douleur à la poitrine, appelez-le Samu. Donc j'ai appelé le SAMU. J'ai dit tout de suite, il n'y a pas eu de souci. Donc on m'a dit, vous ne bougez plus. Non mais il faut que je prépare mes affaires. Si je dois aller, on prévient, quelqu'un va arriver tout de suite. Non mais il faut que je prépare mes affaires. Non, non, vous restez assis. Ça, je me souviens de ces moments précis. J'ai préparé quand même mes tapiers. pour l'hôpital, mon tabac, pour fumer le soir.

  • Speaker #0

    Vous n'étiez pas malade à ce moment-là.

  • Speaker #1

    C'était vraiment prévu.

  • Speaker #0

    C'était vraiment prévu.

  • Speaker #1

    Par contre, ce qui est très curieux, je ne me souviens pas de ce qui s'est passé avant, après le coup de téléphone, mais après, je n'avais plus mal. Je n'ai plus de douleur.

  • Speaker #0

    La douleur a disparu après l'appel. Oui.

  • Speaker #1

    Ça n'a pas dû se produire tout de suite, je ne sais pas.

  • Speaker #0

    C'est ce que votre cerveau a enregistré,

  • Speaker #1

    que la douleur a disparu.

  • Speaker #0

    L'appel a été salvateur, dans tous les sens.

  • Speaker #1

    Donc j'ai attendu pas longtemps en fait, les pompiers sont vite arrivés.

  • Speaker #0

    Ça arrive en combien de temps ? Quand vous avez appelé et le moment où ils étaient là ?

  • Speaker #1

    Allez, en grand maxi. J'allais dire grand, grand, grand maximum 10 minutes.

  • Speaker #0

    10 minutes, oui. Oui,

  • Speaker #1

    peut-être même pas. Alors les pompiers, j'ai entendu le véhicule arriver. Donc je suis allé à la porte. Ça, c'est un autre moment aussi, un autre souvenir. Donc je les ai vus passer. Ils sont allés au bout de ma rue.

  • Speaker #0

    Vous leur avez fait saut de boue ?

  • Speaker #1

    Ils se sont trompés. Donc ils ont fait demi-tour. Oui. Mais le déplacement, plus lent. Je m'éteignais. Et ça, j'en ai conscience. Mais bien. C'est assez bizarre de dire ça, mais je m'éteignais. Bien. J'étais bien pour partir.

  • Speaker #0

    D'accord. C'est quelque chose que vous aviez envisagé au moment où ils étaient là ? Du tout. Comme si vous aviez le corps à l'étonnement. C'est quelque chose que peut-être ça pouvait être la fin. Oui. Ok.

  • Speaker #1

    Mais bien reposé, bien détente. C'est bizarre de dire ça.

  • Speaker #0

    Chacun est différent.

  • Speaker #1

    Et puis, les pompiers sont arrivés. Il y a un pompier qui est arrivé en premier. C'était un copain. C'était un collègue de travail d'avant qui était pompier volontaire. Donc, j'ai tout de suite vu sa tête. Les yeux qu'il a fait.

  • Speaker #0

    Il avait compris que c'était certainement grave.

  • Speaker #1

    Donc... Je lui ai demandé après, parce que le SAMU est très vite arrivé. Donc ils m'ont assis, je ne sais plus, j'ai été branché. Et je lui ai demandé ce qu'il en pensait, si c'était sérieux. Il m'a dit, je ne peux pas te dire, mais bon, allez, on va t'emmener à l'hôpital. Donc voilà, ça a été le départ. Par chance, ça a été à l'hôpital de Rouen. Oui, CHU. Au CHU. Voilà. Donc après, ça a été tout. Après, je suis arrivé au CHU.

  • Speaker #0

    Donc, je me suis fait faire. Oui, c'est ça. En fait, on se laisse porter. On ne maîtrise plus rien. C'est peut-être une bonne chose dans un sens. Il faut se remettre à la professionnelle de santé. Et pour le coup, on est obligé de faire confiance. Oui. Mais à ce moment-là, j'ai l'impression qu'il y a eu un switch dans votre esprit, à savoir que vous comprenez que finalement, là, on était plus sur l'idée que... vous étiez plus malade en fait il fallait faire des examens il fallait à ces là on vous sentiez qu'il y avait quelque chose qui s'était passé il ya eu peu ne y a pas eu finalement de gestion de la douleur parce que voilà pour avoir vu évidemment beaucoup d'infarctus à la phase aiguë les gens quand même souvent mal on leur donne de la morphine parfois d'ailleurs pour calmer la douleur tellement ça peut être intense et d'ailleurs vous le ressentiez au début une douleur quasiment à 10 sur 10 insupportable et on et on entend que vous avez mis du temps avant d'appeler parce qu'on ne se rend pas compte finalement que ça peut nous toucher. Et c'est ça qui est étonnant dans la maladie, c'est que souvent, et c'est ce qui explique que beaucoup d'ailleurs de gens fument alors qu'ils connaissent les risques, ont une mauvaise idée de vie ou autre, on ne s'imagine jamais qu'un jour ça peut nous toucher. Et ça c'est difficile parce qu'on est tous exposés, tous individuellement, on a tous un risque qui nous tombe un peu sur, qu'on porte sur nos épaules, mais... évidemment et heureusement on n'y pense pas et c'est ce qui nous permet d'avoir des projets de ne pas se dire le pire arrivera mais on se dit on verra bien et puis la vie continue mais à ce moment là c'est de ce que j'entends c'est que la maladie elle n'est pas spécialement là encore moins d'infarctus on imagine toujours que c'est quelque chose de presque théâtralisé la personne se porte la main elle s'écroule comme dans les films quoi porte sa main à la poitrine Je rebondis d'ailleurs sur la douleur, la douleur classiquement, donc une douleur d'infarctus. On s'attend en tout cas à ce que ça soit dans la plupart des cas un serment comme un étau dans la poitrine, que ça irradie au niveau du cou, de la mâchoire, de l'épaule. Ça a tendance à augmenter à l'effort dans les semaines qui précèdent. Et puis sinon, la douleur est intense et elle ne passe pas. C'est ça qui doit alerter. Une douleur qui dure au moins une vingtaine de minutes, qui ne passe pas, c'est un signe d'alerte. Et évidemment, à ce moment-là... Ce que je dis toujours à mes patients, c'est qu'il faut appeler le 15. Non pas parce que les gens souvent disent « oui, mais j'ai peur de déranger » , mais parce qu'en fait, vous avez un médecin, un médecin régulateur qui va vous poser des questions. Et c'est la chance qu'on a en France, c'est d'avoir justement le SMUR, le SAMU, le 15, le 112 aussi pour éventuellement d'autres pays. Mais en tout cas, on a la chance d'avoir accès à un médecin rapidement qui peut nous prendre en charge après, avec une équipe dédiée. Ça peut être... Des pompiers, des ambulanciers ou une équipe d'infirmiers et de médecins. Donc c'est une chance qu'on a, je trouve, en France. Et ça a été le bon réflexe finalement, heureusement, parce qu'on disait que vous éteignez.

  • Speaker #1

    Oui, oui, et c'est vraiment le terme.

  • Speaker #0

    Ce ressenti. Ok.

  • Speaker #1

    Reposer. Mais reposer. C'est bizarre.

  • Speaker #0

    Ça s'est passé comme ça. Est-ce que vous étiez inquiet à ce moment-là ? Est-ce que vous avez... À quoi vous avez pensé quand vous étiez à l'hôpital ?

  • Speaker #1

    Je n'étais pas inquiet. Non, arrivé à l'hôpital, aucune inquiétude.

  • Speaker #0

    Ok.

  • Speaker #1

    Non, j'étais à l'endroit où il fallait.

  • Speaker #0

    Ce que je vois souvent, les gens, parce que tout à l'heure, vous me disiez, j'ai pris mes affaires. Ce dont il s'agit, c'est qu'en fait, quand les gens ont un accident comme ça, la plupart ont des comportements adaptés, ils savent qu'il faut se laisser aller, qu'il y a des examens à faire. Mais j'ai quand même eu beaucoup de fois où les gens sont dans le déni. C'est pas possible, je vais rentrer chez moi, appeler ma femme, mon conjoint, etc. Parce qu'en fait, je sors. Et ça, je l'ai vu beaucoup. Les gens qui me disent, OK, très bien, on va faire les examens et puis j'appelle mon mari, ma femme ou mes enfants pour venir me chercher tout à l'heure. Et là, on leur dit, écoutez, malheureusement, il va peut-être falloir rester un peu plus. Ça va être un peu plus long que ce qu'on imaginait. Voir des animaux, j'ai eu ça aussi. Ah non, il n'est pas possible que je reste. Il faut que je m'occupe de mon chat. Ça, j'ai eu.

  • Speaker #1

    Alors moi, non, pas du tout. Non, non, j'étais à l'endroit où il fallait.

  • Speaker #0

    Ça facilite le travail des collègues. Mais c'est OK. Donc, arrivé à l'hôpital, transfert par les pompiers. On met des perfusions. Et alors, quels examens on vous a fait aussitôt ? Vous vous souvenez de ça ?

  • Speaker #1

    Je crois que... La pause des scènes. Je me souviens de la pause...

  • Speaker #0

    La coronarographie ? Donc, la salle dédiée, on est allongé, on pique dans l'artère. Ça vous souvenait un peu ? Oui. OK. Et on vous montre les artères à ce moment-là, souvent, à la phase aiguë. On est un peu shooté ?

  • Speaker #1

    Non, parce que je crois que j'avais enlevé les lunettes. Et sans lunettes, je... Ça ne sert à rien de...

  • Speaker #0

    C'est peut-être bien, finalement. C'est moins oeissant.

  • Speaker #1

    Je ne sais pas, parce que j'étais impressionné par la technique. Et ça, c'est quelque chose dont je me souviens. Parce qu'ils étaient passés par le poignet pour mettre des stents. Le poignet, main droite. Le cœur, il n'est pas... Je trouvais ça fabuleux. J'avais dû parler avec le médecin qui était là, la personne qui avait fait. J'ai trouvé ça prodigieux. Mais moi, j'étais vraiment... Je me laisse faire.

  • Speaker #0

    C'est le mieux, je dirais. C'est le mieux pour... être pris en charge, en tout cas. Mais alors, il y a ce moment où on met le stand. Est-ce que vous avez compris à ce moment-là de quoi il s'agissait ? Oui,

  • Speaker #1

    je crois qu'on me l'avait dit. Oui, oui, oui.

  • Speaker #0

    Vous avez annoncé ici. Oui, oui, c'est français. Une artère s'était bouchée. Deux. Deux artères.

  • Speaker #1

    J'ai deux stents, donc... Non, non. Oui, oui, j'étais là, j'étais au courant.

  • Speaker #0

    Ça a été ressenti comment ? Vous avez, à ce moment-là...

  • Speaker #1

    J'en ai aucun souvenir particulier. Non, non, moi, je...

  • Speaker #0

    C'était OK. On s'est laissé porter par l'équipe musicale et une des instants, il fallait. Et ouf ! Oui, les chocs. On descend,

  • Speaker #1

    on me sauvait.

  • Speaker #0

    Le diagnostic, ça vous a fait peur quand on vous a dit après que vous rentrez dans le champ, vous allez faire un infarctus, on l'a mis de stent ? Non.

  • Speaker #1

    Non, parce qu'il y a plutôt une maladie qui m'aurait fait peur. Mais ce n'était pas celle-ci, c'était une autre maladie qui était liée au tabac.

  • Speaker #0

    Un cancer ?

  • Speaker #1

    Un cancer des poumons.

  • Speaker #0

    Est-ce que c'est à ce moment-là que vous vous disiez que ça pouvait être associé ?

  • Speaker #1

    Pas associé, mais c'était plus la maladie qui me faisait peur. Et ça a été vérifié. Ça a été contrôlé.

  • Speaker #0

    Contrôlé sur la radio.

  • Speaker #1

    Et j'étais encore inquiet. Justement, quand on m'a dit on va faire un contrôle par rapport au cancer.

  • Speaker #0

    L'inquiétude était centrée finalement plutôt sur le poumon que le cœur.

  • Speaker #1

    Ah oui,

  • Speaker #0

    complètement.

  • Speaker #1

    Le cœur, je crois que c'est quelque chose... Tout ça, je l'ai compris après. Mais ce n'était pas quelque chose d'important. En fait, on n'en prend pas soin. Il n'y avait pas besoin d'en prendre soin. Il est là pour un...

  • Speaker #0

    Alors qu'il est central. Et c'est assez étonnant parce que je le note avec les patients que j'ai. C'est qu'en fait, le cœur, on le malmène un peu. On a du mal à saisir. C'est pas, si vous voulez, le cœur, on ressent rien en fait. Il n'y a pas de, sauf à avoir des palpitations, on ressent son cœur. Mais ça n'entraîne pas de symptômes. Et donc on ne se dit pas, tiens, je suis essoufflé, j'ai un problème au poumon. Je me tape sur le genou, j'ai mal. On se dit il y a un problème, le cœur évidemment c'est pas visible et on fait beaucoup de prévention parce qu'on sait que l'environnement, l'hygiène de vie, le tabac etc... Donc ça a un impact sur le cœur mais on se rend compte qu'il souffre. Oui, oui. Donc je comprends alors l'inquiétude qu'il pouvait y avoir en tout cas sur le...

  • Speaker #1

    Donc vraiment, moi, j'arrivais là. Donc là, j'étais... Non, non, moi, j'ai tout pris. J'ai accepté facilement. Il n'y a eu aucun problème.

  • Speaker #0

    C'est beau. C'est beau parce que... Oui, je pense que ça peut aussi... Bon, évidemment, on ne souhaite à personne un infarctus. C'est grave. On comprend bien. Mais c'est ça qui m'avait, je trouve, bluffé, on peut dire. C'est que cette capacité que vous aviez eue, après en tout cas l'annonce, parce que je me souviens, vous aviez été pris en charge au CHU. Ensuite, on vous a dit qu'il va falloir trouver un cardiologue, puisqu'au CHU, il y avait trop de patients déjà pris en charge. Donc, on travaille en partenariat entre ville et hôpital. Et donc, vous avez orienté vers moi, si je me souviens bien.

  • Speaker #1

    Vous étiez encore à Cléon ?

  • Speaker #0

    J'étais à Elbeuf à ce moment-là. À Elbeuf, oui. Oui, c'est vrai. Et puis après, je me suis installé ici. Donc,

  • Speaker #1

    je vous ai suivi.

  • Speaker #0

    Oui. Écoutez, merci. À ce moment-là, je me souviens que quand j'avais repris votre dossier... En effet, c'était un infarctus quand même compliqué, on peut le dire, parce qu'on va après détailler un petit peu ce que vous avez eu, qui n'était pas perceptible en tout cas pour vous. Parce que vous, comme vous le disiez, l'attention était centrée en tout cas sur le poumon, sur la douleur qui avait disparu. Donc finalement, les choses étaient rentrées dans l'ordre en quelque sorte. On peut dire que la vie avait repris son cours, et puis avec une bonne énergie. Donc c'est vrai que voilà, moi je suis quand même... Super impressionné par ce que vous avez vécu. Je trouve que ça a dû être très dur, en tout cas de l'extérieur, d'affronter ça. Et presque étonnamment, on a l'impression que c'était facile pour vous.

  • Speaker #1

    Je n'ai pas l'impression de l'avoir mal vécu,

  • Speaker #0

    moi. Peut-être pas bien vécu.

  • Speaker #1

    J'aurais préféré ne pas être malade. Mais après, vraiment, oui, c'est peut-être ma façon de prendre la vie aussi. C'était peut-être déjà là quand même. J'étais bien à l'hôpital.

  • Speaker #0

    Est-ce qu'on peut dire que ça a changé votre vie positivement, cet accident-là ? Il n'y a pas en soi de rumeur que j'ai dit ça. C'est toujours, on se prend même une claque, quand on est médecin, on accompagne les gens en se faisant du négatif, mais cette façon aussi, je trouve, d'avoir rebondi sur dire « je choisis le cours de la vie » , en fait. Parce que certes, il y a l'accident, il y a la maladie chronique. le risque du pire aussi parce que c'est vrai qu'en fait vous avez aussi beaucoup de chance parce que beaucoup de patients à la phase, j'entends la phase aiguë c'est les premières heures d'un infarctus, la mortalité malheureusement non hospitalière elle est élevée et beaucoup des gens vont faire un arrêt cardiaque.

  • Speaker #1

    Je crois qu'à l'hôpital on m'avait zinouillé. Allez, 6h30, on tient 6h30, je crois qu'on va visiter quelque chose comme ça.

  • Speaker #0

    Après 6h, la dent de la tête.

  • Speaker #1

    Moi j'ai fait mes réponses 6h, donc...

  • Speaker #0

    Donc là, l'artère s'est bouchée, le cœur a souffert. On peut se poser la question si finalement la douleur qui avait disparu, c'était aussi le fait que le muscle ne souffrait plus. Parce qu'en fait, ce qui se passe, c'est qu'au début, l'artère se bouche, le muscle cardiaque souffre, et donc il y a tout... les mécanismes de la douleur qui se passent. Et heureusement, ça reste du coup la l'air pour dire là, il y a quelque chose de grave qui se passe. Mais c'est vrai que petit à petit, les cellules cardiaques meurent. Et donc, derrière, il n'y a plus de douleur. Donc ça paraît bien. Et c'est vrai que j'ai des patients comme ça qui arrivent en disant oui, alors je les vois quand il y a eu d'autres choses ou même des fois de manière un peu fortuite. On fait un électrocardiogramme. On dit là, en effet, il y a un problème. On fait une échographie. On voit qu'il y a une paroi du cœur qui ne bouge pas. Et on dit... C'est probablement un infarctus. On fait les examens qu'il faut. Et quand on reprend l'historique, les gens, des fois, disent « Oui, c'est vrai. Il y a deux, trois mois, six mois, un an, j'ai eu une douleur dans la poitrine qui a duré facilement 12 heures, quelque chose comme ça. Et en fait, c'est passé. Et puis, je ne me suis pas inquiété. » Et c'est parce qu'après, ils vont sentir, par exemple, des palpitations, de l'essoufflement, des sensations de malaise. Parfois, des petites douleurs qui reviennent que là. Mais la... tempête est passée et heureusement, on n'est pas toujours dans l'infarctueuse, la preuve. C'est chouette encore de voir. Ça reste encore aussi lié au progrès de la prise en charge parce que les gens sont sensibilisés à ça. Ils savent que s'il y a une douleur dans la poitrine, maintenant, il faut s'en inquiéter, il faut aller explorer et puis aller vite en fait. Parce que je pense que c'est une course contre la montre. C'est ça qui est rare.

  • Speaker #1

    C'est peut-être un peu le regret de jurer. Encore regret.

  • Speaker #0

    Non,

  • Speaker #1

    je ne savais pas.

  • Speaker #0

    On ne peut pas refaire l'histoire.

  • Speaker #1

    J'aurais dû appeler beaucoup plus tôt.

  • Speaker #0

    C'est souvent une sensibilisation aussi des gens dans le quotidien de dire, appelez, appelez le 15, n'attendez pas. Vous ne dérangez personne, ce n'est pas grave, et même si vous dérangez. Et alors, en fait, qu'est-ce qui se passe ? Rien. Vaut mieux appeler. Et puis ça, vous le savez maintenant. Mais pour tous les gens qui peut-être un jour seront confrontés à ça ou un proche, une douleur et un truc bizarre, ce n'est pas habituel. Il faut faire un point et ça se passe bien. Donc, ils ont posé les stents. Vous êtes resté combien de temps à l'hôpital ?

  • Speaker #1

    17 jours.

  • Speaker #0

    17 jours. C'est court en pratique. Alors maintenant, les infertus, c'est presque 2-3 jours. D'accord, on est dans le milieu... Un jour,

  • Speaker #1

    un intensif.

  • Speaker #0

    Ouais, quand même.

  • Speaker #1

    Je suis resté dix jours aux intensifs.

  • Speaker #0

    Ouais.

  • Speaker #1

    Donc, heureux. Non, non,

  • Speaker #0

    ce qui... Bichonné.

  • Speaker #1

    Bichonné,

  • Speaker #0

    ouais. Souvent, les soins intensifs, c'est sympa pour la prise en charge individuelle. Bah oui, c'est une chambre seule, il y a plein de monde autour de vous, sympathique. Oui,

  • Speaker #1

    c'est ça, mais vrai.

  • Speaker #0

    On essaie de faire oublier la maladie aussi, parce que souvent, c'est très stressant. C'est souvent, en fait, la famille qui a du mal. Quand on dit soins intensifs, c'est très intense, quand même. Moi,

  • Speaker #1

    la famille n'est pas sur place.

  • Speaker #0

    Ouais. Ils sont venus vous voir ?

  • Speaker #1

    Juste mes enfants et mon ex-femme. D'accord,

  • Speaker #0

    sont venus.

  • Speaker #1

    Donc eux, ils venaient tous les jours. Oui. En même temps. Donc après, ma fille, elle est partie habiter chez moi. Puisqu'elle avait son travail. Mon fils, donc lui, passait tous les jours. Et mon ex-femme venait aussi. On l'a amené de la compagnie.

  • Speaker #0

    En visite. Oui.

  • Speaker #1

    Voilà.

  • Speaker #0

    Comment vous avez ressenti ? Vous savez un peu comment c'était perçu ?

  • Speaker #1

    Alors, j'ai eu un autre événement, en fait, en même temps. Cette monexe femme a appris qu'elle avait un cancer du sein en même temps.

  • Speaker #0

    OK.

  • Speaker #1

    Donc, bon, les enfants, ça a été assez...

  • Speaker #0

    Oui. Pour eux,

  • Speaker #1

    ça a dû être difficile. Oui, c'est difficile. Voilà. Après, on se comparlait beaucoup. pas énormément.

  • Speaker #0

    Parce que là, on met les choses un peu sous le tapis, on n'en parle pas. Évidemment, heureusement, on ne se focalise pas à dire que c'est grave.

  • Speaker #1

    Non, j'exagère, parce qu'avec mes enfants, si on se parlait même là, on ne se parlait que ci-ci. Et quand même, j'exagère. C'est plus après, en famille, la famille est loin, moi, donc... Ils ont été prévenus. Il y avait des coups de téléphone. Pas plus inquiétudes. Il ne fallait pas plus s'inquiéter que ça. Voilà.

  • Speaker #0

    Un retour...

  • Speaker #1

    Oui, ça a été dur pour... Ma fille parle moins, peut-être. Ou peut-être parlait moins. Je sais que ça a été dur. J'ai eu un moment à l'hôpital. En fait, c'est après les intensifs. J'ai changé de service. J'étais avec un monsieur. Donc ça se passait bien. Il n'y avait aucun souci. Toujours aussi bien. Mais bon, il y a eu un jour, il y a eu une infirmière qui est venue me dire « Ah ben, vous allez sortir aujourd'hui ? » On est quand même toujours contents. Surtout au bout de 15 jours.

  • Speaker #0

    Ah ben oui.

  • Speaker #1

    On se dit que c'est quand même pas mal de s'en aller de là. Donc, vous pouvez peut-être préparer vos affaires. Et je n'avais pas vu de médecin.

  • Speaker #0

    Ok.

  • Speaker #1

    Donc, dans la tête, quand même, on me dit ça, on prépare ses affaires. En fait, quand le médecin est venu, une idée, on vous garde. Surtout que je n'avais pas de médecin traitant. Et qu'avec mon souci par rapport au sang, le traitement, il fallait absolument un médecin traitant. Ou en tout cas, il fallait régler les dosages. Il y avait quelque chose comme ça. Donc non, vous ne sortez pas encore tout de suite. J'avoue que là, ça met un coup au moral. C'est le moment, ça a été le seul moment, je dirais difficile, sur le séjour à l'hôpital. Et puis, le soir, je me souviens, mon fils était passé. Donc, il m'avait vu moins bien. Je ne sais plus, en le vivant 10 ans, j'avais pleuré. Je pense qu'il y a eu des moments marquants pour les enfants comme ça. Puis le physique, j'avais perdu du poids. Donc, même ma fille, la forêt, elle lui demandait. Mais je pense qu'il y a eu des moments... Dès le premier jour, elle était là. Même mon fils a dû passer. Dès le premier jour, ils sont venus.

  • Speaker #0

    C'est très brutal.

  • Speaker #1

    Oui, pour eux, je pense que...

  • Speaker #0

    Pour ça, c'est le coup d'éclair, en fait.

  • Speaker #1

    Même s'il n'y avait pas obligatoirement des mots de Guy, je pense que ça a quand même été bien difficile pour eux. Oui, la transformation.

  • Speaker #0

    C'est difficile parce que souvent, on a envie de protéger ses proches et donc de leur épargner de l'inquiétude supplémentaire. Mais des deux côtés, en fait. Parce que soi-même, on se dit, quand on est malade, je ne vais pas les embêter à leur mettre une charge mentale en plus. Mais en même temps, les personnes souffrent souvent un peu en silence aussi, alors qu'on m'attendrait des proches qui soient un soutien. Mais évidemment, il y a beaucoup de peine des deux côtés. Justement, on parlait des moments difficiles, mais... Et paradoxalement, de la bonne énergie que vous aviez, qu'est-ce qui vous a porté, qu'est-ce qui vous a donné cette énergie-là ? Parce qu'on comprend qu'il y a évidemment des émotions négatives, tristes, et en même temps, il y a le contre-boomerang très positif, où il n'y a pas cette dégringolade du cercle vicieux de l'anxiété et de la dépression. Parce qu'en fait, beaucoup dans le post-infarctus, les gens ont souvent, alors des fois même des états de stress post-traumatique. parce qu'en fait c'est quand même très violent mais à côté il y a une forme de résilience aussi, une capacité que le corps et l'esprit ont d'affronter un événement de vie aussi brutal vous avez trouvé cette énergie d'où ? je serais peut-être pas capable de le dire j'en sais rien il y a probablement eu des événements ou de rapports une espèce d'introspection de revers sur la vie

  • Speaker #1

    Mon père est décédé depuis quelques années, depuis longtemps même. Alors il avait fait un malaise cardiaque lors d'une journée sportive dans la ville. Il faisait du vélo. Et après il a eu un pacemaker lui.

  • Speaker #0

    D'accord.

  • Speaker #1

    Il est décédé à 72 ans après la fameuse canicule de

  • Speaker #0

    2003. 2003, je crois.

  • Speaker #1

    Et en fait, après son décès, on a dit, ou en tout cas, j'ai dit, il aurait fallu réfléchir. En fait, le pacemaker, il avait un cœur usé. Il avait un cœur qui battait très lentement et puis il avait un cœur usé quand il est décédé. Donc, moi, j'ai compris. Moi, c'était un peu ce qui m'était arrivé. Pas la même chose, mais... Donc fallait repartir quoi, je sais pas, c'était... Puis en quittant l'hôpital après, j'ai rencontré des gens sympathiques. Je suis rentré chez moi, il y avait ma fille qui travaillait, donc on a pris une petite vie à deux. Mon fils venait le week-end. Je sais pas, ça s'est fait naturellement, ça repartait. Faut savoir que bon, je suis dingue de rock. Donc même à l'hôpital, je commandais des CD. Oui. Quand ça allait mieux. Une fois que ça allait mieux, évidemment pas au début. Au début, on passe beaucoup de temps à dormir. C'est une petite fille pépère. Mais après, moi, je suis reparti. Mes centres d'intérêt ont redémarré.

  • Speaker #0

    Comme avant, justement. L'avis a repris ses droits. Mieux. Mieux sur quoi ? Sur le regard que vous aviez ?

  • Speaker #1

    Profiter de la vie. profiter,

  • Speaker #0

    j'avais eu la chance de m'en sortir donc c'est profiter de sa chance vous aviez saisi que c'était grave et que là vous aviez eu un sursis un peu à ce moment là et maintenant on choisit son camp c'est ça en fait d'avoir opté donc mes

  • Speaker #1

    centres d'intérêt comme je vous le disais, très limités très... ah donc c'est reparti le plaisir de Au départ ça a été dur. Je pense que ça a dû arriver qu'après, puisque j'ai fait de la réadaptation cardiaque, après il y a le plaisir de remarcher. Et puis à un moment, ça s'est pas fait. Ça c'était la vraie inquiétude. Mais quand j'ai repris le travail, après c'était...

  • Speaker #0

    Le quotidien avait...

  • Speaker #1

    Oui, puis... Bon, c'est un truc... D'où l'importance, c'était en milieu spécialisé, donc il y a des relations.

  • Speaker #0

    Une écoute en tout cas de vos collègues qui vous ont porté.

  • Speaker #1

    Oui, puis les élèves, les jeunes qui en travaillent sont au-dessus de tout. Les élèves que j'avais à l'époque, ils vivent, c'était des enfants autistes. plutôt sévère.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Donc, ils ne sont pas en considération du moins. Non, ils sont dans leur bulle, mais quand vous êtes accepté, vous faites partie de leur monde. Donc, oui,

  • Speaker #0

    c'est un peu tellement simple.

  • Speaker #1

    Je pense que c'est tout ça qui a fait que. Les deux sont liés. Tout c'est lié. Ça m'a aidé à aller mieux, et le fait d'aller mieux m'a aidé dedans.

  • Speaker #0

    Vous aviez conscience que la vie était fragile un peu ? Oui. À ce moment-là, vous aviez saisi qu'il n'y aurait pas forcément de seconde chance et qu'il fallait profiter de...

  • Speaker #1

    Faut profiter.

  • Speaker #0

    C'est souvent ce qui ressort des gens quand il y a eu un accident de vie comme ça, c'est de dire, en fait j'ai eu de la chance et donc je choisis d'avancer et les gens ont un regard sur la vie de dire, ça m'a transformé. Mais une fois qu'ils ont en effet accepté ça, d'avoir un regain d'énergie pour dire, voilà, maintenant c'est bon, j'arrête. J'arrête les conneries, comme certains disent, et puis je profite, mais pas dans une version égocentrée, mais de dire voilà, j'ai une seule vie et j'en ai qu'une, elle est précieuse, donc je trouve assez parlant pour le coup ce choix. On peut imaginer en tout cas que le quotidien était bouleversé. De votre côté, qu'est-ce qui a été le plus difficile à gérer dans les premiers mois ?

  • Speaker #1

    Le souvenir, moi, c'était la reprise du travail.

  • Speaker #0

    C'était ça l'inquiétude ? Oui. L'inquiétude et la difficulté réelle ? Comment je vais faire pour reprendre ? Comment je vais adapter ? Si les choses vont changer ?

  • Speaker #1

    Comme ça m'était arrivé début juillet, mon arrêt de travail n'a commencé que fin août.

  • Speaker #0

    Parce que moi,

  • Speaker #1

    j'étais en vacances juillet-août. Donc bon, on n'y pense pas. Ma petite vie s'est reprise. Oui, on m'a aidé au début pour aller au rendez-vous. Puisque quand je suis sorti de l'hôpital, il me fallait absolument un médecin.

  • Speaker #0

    Mais oui, exactement. Vous parliez tout à l'heure, je vais expliquer un peu. C'est qu'en fait, le traitement dont vous parlez, c'est un traitement psychoagulant. En fait, l'infarctus a eu pour conséquence de fragiliser une paroi du muscle. Et cette paroi-là, quand elle ne bouge plus du tout, du sang peut stagner et il peut se former un caillot. Il y avait un caillot. Voilà, j'avoue, il y avait un caillot. Ce qui n'est pas... habituel dans la phase récente de l'infarctus, il y avait un caillot. Et donc, ce caillot-là, il expose à un risque, en tout cas très dangereux, d'AVC et d'embolie. Parce que si le caillot part, on peut imaginer que ça va envoyer des bouts dans le corps. Et donc, heureusement, ce caillot a été vu, il a été traité, maintenant c'est réglé. Mais ça, on vous avait dit ça, à l'époque, qu'il y avait un caillot et les risques ? Ah oui, oui !

  • Speaker #1

    Oui, parce que le mot du médecin, il m'avait dit que ce serait un traitement à vie. Je lui avais dit à vie, puis il m'avait dit à mort même, jusqu'à la mort. Parce qu'il m'avait amusé.

  • Speaker #0

    Oui, en fait, on rira. Justement, cette vision du médicament, quand on vous dit que c'est un traitement à vie, ça veut dire quoi pour vous ? Comment ça a résonné ? Est-ce que ça vous a enfermé ? Ou vous vous êtes dit, bon, ok, c'est... C'est comme un petit trombone qu'on met sur une feuille. Bon, la feuille est là, on met un trombone, mais ça, on continue d'écrire, d'avancer. Voilà, c'est ça.

  • Speaker #1

    Moi, c'est... Oui.

  • Speaker #0

    Ça a été difficile à gérer ça, les traitements au début ? Alors l'anticoagulant, c'est compliqué parce que... Alors maintenant, il y a des traitements anticoagulants, on va dire qu'il y en a deux formes, même trois, il y a des formes injectables qui sont vraiment, généralement, très courtes. Ensuite, des formes orales, il y en a deux, il y a donc les antivitamines K que vous avez eues. La particularité, c'est qu'il faut surveiller régulièrement l'INR, qui est un dosage du médicament, on va faire ça. Quand il est bas, il faut monter le traitement, et quand il est haut, il faut le diminuer. Et ça donc peut exposer un risque soit de cailloux quand c'est trop bas, soit un risque de saignement quand c'est trop haut. Donc les gens doivent être quand même assez à l'aise avec l'idée du traitement et donc d'être diligents dans leur prise en charge avec les dosages, parce que ça peut être dangereux si on fait n'importe quoi. Puis il y a, avec ce traitement-là, des inconvénients, c'est qu'il faut faire attention à ce que l'on mange, parce que le chou, la salade, les asperges, la tomate, c'est riche en vitamine K pour certains et ça peut perturber les dosages. Ça, vous aviez saisi que c'était... Un changement où vous avez dit « Ok, je m'adapte et puis en fait... » Oui,

  • Speaker #1

    c'est ça, je me suis adapté. Oui.

  • Speaker #0

    Je vais presque dire que c'est chouette, parce que ça a été facile en fait. Oui. En fait, selon les gens, on n'accepte pas d'avoir un traitement.

  • Speaker #1

    Il y a la prise de sang...

  • Speaker #0

    Régulière,

  • Speaker #1

    c'est ça. ... mensuelle, pour vérifier. C'est parti, tout à fait parti. Moi, je suis content de... C'est là où c'est bizarre. Oui, moi, je suis content de voir l'infirmière.

  • Speaker #0

    Oui, mais...

  • Speaker #1

    On a sympathisé.

  • Speaker #0

    Oui. Il y a une relation de soins qui s'installe et en fait, dans la santé, les gens sont très disponibles. C'est une contrainte.

  • Speaker #1

    En fait, ce n'est pas une contrainte, c'est comme aller chercher tous mes médicaments à la pharmacie, on discute. C'est une relation qui s'est installée amicale. Pharmacien,

  • Speaker #0

    infirmier, médecin.

  • Speaker #1

    Médecin, oui, oui, oui,

  • Speaker #0

    c'est un truc.

  • Speaker #1

    C'est jamais une contrainte d'aller rencontrer... Je vois le médecin généraliste, c'est pareil. J'avais que plaisir.

  • Speaker #0

    En tout cas, ce que l'attention est finalement portée sur la relation, en fait. Parce qu'elle vous apporte aussi. Donc finalement, j'ai l'impression que dans l'accident, il y a eu des nouvelles opportunités, en fait, de rencontre. Même si vous êtes très solitaire, vous le disiez. Mais ça enrichit... C'est ce qui ressort quand même beaucoup, en fait. Le sens de la vie, il est aussi des relations concrétives. C'est des mains, beaucoup. Et c'est peut-être finalement important de rappeler que ça aide à affronter beaucoup. Il y a les proches, mais il y a aussi toutes les personnes qui peuvent vous aider, en tout cas au quotidien, à affronter. C'est plus finalement la maladie, c'est un quotidien différent, en fait. Il y a le quotidien quand même. La maladie, elle ose remplir. J'ai l'impression. Maintenant, on parlait de l'infarctus, il y a eu un caillot qui s'est formé, donc une paroi du cœur qui bougeait moins. Autre chose aussi, c'est que finalement, on parle de fonction cardiaque, parce que sur le ventricule gauche, c'est un marqueur qu'on utilise beaucoup en cardiologie pour suivre l'état de santé du cœur, c'est la FEVG. Vous avez dû voir ça à chaque fois. Peut-être que ça ne vous a pas parlé, mais la fraction d'éjection du ventricule gauche, c'est le pourcentage de ce que le cœur est capable d'éjecter quand il reçoit du sang. Donc en fait, un cœur normal, on va dire, il est à 50% jusqu'à 70%, 75% de fraction d'éjection. C'est-à-dire qu'il éjecte 75%, 50% à 75% de ce qu'il contient. Donc un cœur qui fait 100 ml, il va éjecter près de 30 ml de... 70 ml, il restera à 30 ml. Dans l'idée, on comprend bien que plus il est capable d'éjecter, plus il assure un débit cardiaque, plus ça perfuse les organes. Et pourtant, chez vous, il a un peu souffert de ça. Il y a donc eu une altération de la fraction d'éjection du ventricule gauche, c'est le terme médical qu'on utilise. Ça veut dire que l'infarctus n'a pas été sans conséquence sur la vitalité du cœur. Quand le cœur se contracte mal, on développe généralement, pas toujours, mais en tout cas des symptômes de l'insuffisance cardiaque. Donc ça expose à plusieurs risques quand la fraction d'éjection baisse. C'est que 1, le débit cardiaque généralement va être plus bas, donc les gens vont développer des symptômes de l'insuffisance cardiaque, on pourra y revenir. Et à côté de ça, il peut aussi entraîner des arrhythmies qui peuvent être très dangereuses, qu'on appelle la tachycardie ventriculaire ou la fibrillation ventriculaire. Et ça aussi. Il y a eu ça, c'est pour ça que je me dis, il y a les cumulés quand même. Et pourtant, les choses se passent toujours bien. Maintenant, l'insuffisance cardiaque est stabilisée. Ça s'est manifesté comment dans votre quotidien, quand je vous dis ça d'insuffisance cardiaque ? Pas spécialement, il n'y a rien qu'à changer, comme de l'essoufflement, de la fête moudre et gens qui gonflent. Non,

  • Speaker #1

    justement, tout va mieux. Tout va mieux aujourd'hui.

  • Speaker #0

    Mieux à quel niveau ? Parce qu'au début, ça n'allait pas ?

  • Speaker #1

    Avant, l'infarctus,

  • Speaker #0

    c'était... L'essoufflement ?

  • Speaker #1

    L'essoufflement. Maintenant, je n'ai plus d'essoufflement. Aussi, si je fais un effort quand je fais de la rando, autrement...

  • Speaker #0

    C'est un peu difficile encore la rando, vous sentez que les efforts... Mais c'est pas bon. Oui,

  • Speaker #1

    les efforts... Voilà, mais autrement, non, non. Et puis, je gère. Je gère.

  • Speaker #0

    Il y a des changements quand c'est difficile à mettre en place dans votre quotidien ?

  • Speaker #1

    Allez, c'est sur le plan alimentaire où j'ai toujours moi des...

  • Speaker #0

    Difficile.

  • Speaker #1

    Ça serait là où ça serait.

  • Speaker #0

    Ça aurait passé le contrôle du cardio là.

  • Speaker #1

    Non, ça serait là. Surtout en cette saison.

  • Speaker #0

    Oui. Il y a une saisonnalité de l'alimentation, vous sentez ? Oui. Le mode hibernage, hibernation pardon. Ouais, ok. On stocke comme les marmottes. Pour que parait le vert. C'est quoi ? C'est le sel, le sucre, les graisses ?

  • Speaker #1

    Ça serait le sucré. J'ai plus envie. Le tabac, ça a été fini. Faites dès mon séjour à l'hôpital, j'ai jamais eu envie de reprendre. Mais par contre, je vais avoir des crises. Au lieu de fumer, en fait, ça correspond au moment où j'aurais fumé.

  • Speaker #0

    Vous allez être ok. Oui. Peut-être mieux, non ?

  • Speaker #1

    Je crois que je les avais déjà à ces moments-là. Si je disais que je ne fume qu'une cigarette au lieu d'en fumer deux, j'allais manger. Bon, là, il n'y a plus la cigarette, il y a le manger.

  • Speaker #0

    Oui, c'est souvent une crainte des gens de dire « je ne vais pas arrêter de fumer » ou « si j'arrête, je vais prendre du poids » . Et ça, c'est une inquiétude qui ressort beaucoup. Ce à quoi je réponds toujours, que le poids, ça se perd. Ce qui est abîmé par la cigarette, ça ne se perd pas, ça ne se répare pas. Mais pourtant, les gens, ça les marque beaucoup, en effet. Ça a été difficile l'arrêt du tabac ? Qu'est-ce qui vous a motivé ? Comme ça, coup de baguette, accident, c'est bon on arrête. Oui,

  • Speaker #1

    en fait c'est le séjour à l'hôpital, j'avais pas le droit de tout. Non, puis j'avais même pas envie.

  • Speaker #0

    Le tabacologue était venu ou pas ? Non,

  • Speaker #1

    non, moi j'ai vu personne. Aucun. J'ai toujours pensé, oui, je l'ai pensé, que j'avais quelque chose dans la perfusion qui m'a aidé à éliminer le tabac. Je ne sais pas. Ça a disparu.

  • Speaker #0

    Peut-être que finalement, je vais adopter ça. Je fais une baguette magique. On ne se rend pas compte de l'effet.

  • Speaker #1

    J'ai discuté avec une infirmière. Je ne sais plus, je crois que je lui avais dit une fois on va laisser la fenêtre ouverte. C'était le mois de juillet. Donc je vais aller fumer. Et alors, ils rigolaient pas avec ça. Il y avait des gens qui fumaient dans les chambres aux soins intensifs. J'ai vu, ouais. C'est pas possible. Ils m'avaient dit si, et ils se mettent là, dans ce coin-là, où il y a l'arrivée d'oxygène.

  • Speaker #0

    Pour que ça explose, c'est génial.

  • Speaker #1

    Oui, c'était le... Je lui ai dit, c'est pas possible. Je crois que moi, c'est une blague. J'ai jamais eu envie de reprendre.

  • Speaker #0

    Donc pas de manque physique, c'est-à-dire tremblements, irritabilité, maux de tête ?

  • Speaker #1

    J'avais arrêté six mois avant, quelques années auparavant.

  • Speaker #0

    Vous avez déjà réussi à arrêter ?

  • Speaker #1

    Six mois, et je l'ai repris. Je me souviens d'un élève me disant, en récré, « Lisez-y, mettez-le, fumez-y. » À l'époque, on pouvait. Non, non, c'est vieux. Il se monte quelques années en arrière. Et il m'avait dit, « Lisez-y, mettez-le, lisez-y, mettez-le. »

  • Speaker #0

    Ah ben non, ça... Je comprends que ça reste une drogue, donc en fait, on...

  • Speaker #1

    On pouvait être irritable.

  • Speaker #0

    Ouais. C'est de ressentir que les gens, au début, quand ils sont à l'hôpital, ils... Non, là... Des fois, ils se sauvent. On en a récupéré quelques-uns qui étaient partis... Mais là, pas du tout. ...puguer le temps d'aller fumer. Un petit peu en... En cachette, quoi. Donc, ouais, on peut comprendre. Donc, pas de difficulté à arrêter de fumer. C'est parce qu'il y a eu la maladie qui vous a rappelé de dire, bon, là, c'est OK, j'ai choisi une vraie volonté. Il y a souvent ça, quand même, qui ressort. Peut-être inconsciemment. Dans le sevrage du tabac.

  • Speaker #1

    Consciemment. Peut-être que...

  • Speaker #0

    Vous aviez réalisé que les problèmes que vous aviez pouvaient être associés. Ah, mais pour moi... Il y avait la peur du cancer.

  • Speaker #1

    Ça a toujours été associé. Ouais. Pour moi, ça a toujours été associé au tabac. Je crois qu'un médecin me l'avait dit.

  • Speaker #0

    Prévenu ?

  • Speaker #1

    Oui. Non, non, mais là-bas, à l'hôpital, on m'a dit... En gros,

  • Speaker #0

    aller à sa...

  • Speaker #1

    Je disais toujours 15 cigarettes, on va dire. Entre 15 et 20, quoi, par jour.

  • Speaker #0

    Vous avez commencé à fumer à quel âge ?

  • Speaker #1

    19 ans.

  • Speaker #0

    Et à ce moment-là, on va dire 40 ans de tabac, plus ou moins.

  • Speaker #1

    C'est arrivé à 53 ans, mon infarctus, 53.

  • Speaker #0

    30 ans de tabac, une trentaine d'années. Et 15 cigarettes par jour. On peut comprendre que ça abîme. Il y a toujours des gens qui disent, écoutez, je connais quelqu'un qui a fumé toute sa vie et lui arrive le rire. Peut-être, mais c'est des statistiques. Plus on fume, plus on a de risques.

  • Speaker #1

    Moi, je pense que, oui, alors il y a l'alimentation aussi. Oui, c'est ça.

  • Speaker #0

    Qu'est-ce qui a changé dans l'alimentation ? On parlait du sucre, des fringales qu'on peut en sortir, qui sont disponibles. Ça,

  • Speaker #1

    ça va arriver.

  • Speaker #0

    On reste humain, donc je ne porte jamais...

  • Speaker #1

    Et puis le repos, il est là.

  • Speaker #0

    Oui, et en soi...

  • Speaker #1

    Mais le sport, ça ne me gêne pas pour marcher, pour bouger, pour le sport.

  • Speaker #0

    Oui, vous gardez quand même et vous ne vous libérez pas aux difficultés.

  • Speaker #1

    J'ai l'impression d'avoir... Des fois, on dit qu'on a un poids de forme quand on fait du sport. Non, il n'y a pas de poids. Je dirais que le poids de forme, je l'ai. Ça ne me chienne pas, ça ne m'empêche pas de...

  • Speaker #0

    On vous a dit à la sortie qu'il fallait perdre du poids ?

  • Speaker #1

    Non. J'ai vu... C'est peut-être la seule personne, je ne jugerai pas la pierre, j'ai vu une diététicienne à l'hôpital qui partait en canse le jour même. Et donc, elle n'allait donner que des adresses. « Ah, mais il faudrait manger ici, ça, ça, ça. »

  • Speaker #0

    OK.

  • Speaker #1

    C'était insurmontable. Mais puis, des adresses sur moi. Moi, j'habite à 30 kilomètres de Rouen. Donc, c'était ça. Bon, après, j'ai revu une diététicienne.

  • Speaker #0

    Et qui avait modifié. C'était le changement sur lequel on a vraiment insisté. Vous vous souvenez un peu ? Parce que si je... Je vais être le cardiologue là. En tout cas, après un infarctus, on conseille souvent aux gens de limiter les graisses animales, beurre, crème, fromage, jaune rouge, charcuterie, de les limiter, ce n'est pas interdit. Donc ça, c'est sur le côté des graisses. Quand il y a de l'insuffisance cardiaque, on dit aux gens de limiter le sel, parce que le sel, ça donne de l'eau d'air.

  • Speaker #1

    Mais même avant, en fait, il y a des choses que je n'ai pas eu besoin de changer. Je ne mange pas de sauce.

  • Speaker #0

    C'est pareil, en fait. Oui,

  • Speaker #1

    oui. Pas de beurre.

  • Speaker #0

    Ouais.

  • Speaker #1

    Parce que je... Non, non,

  • Speaker #0

    non. En Normandie, c'est pas commun. Non,

  • Speaker #1

    je suis pas normand, donc tu vois. Bah oui. Même si j'adore la Normandie. Donc, pas de sel. Je ne rajoute pas de sel. Je pense que c'était vraiment le sucré.

  • Speaker #0

    Qui pose peut-être moins de problèmes directement sur le cœur. Ça va évidemment tenir une prise de poids, un risque de diabète. Mais en fait, à choisir, peut-être que le sucré est moins pire. Mais il faut le lutter, il faut y être vigilant. On vit aussi, j'entends, quand il y a des événements.

  • Speaker #1

    Il y a des choses,

  • Speaker #0

    j'ai envie. Mais il faut être raisonnable. C'est toujours ce que je dis. Après, c'est des bilans des diététicien·nes nutritionnistes, mais quand il y a un vrai problème de santé et que l'aliment peut être toxique, là, en effet, ça devient un traitement. Limiter le sel, quand on a une astuce cardiaque, ça... Les gens l'apprennent souvent à leur dépend. Noël, les huîtres, bim, ils font un oedème pulmonaire, ça les vaccine. Mais, mais à côté de ça, c'est aussi pour mieux vivre, quoi. Des gens le voient comme une punition.

  • Speaker #1

    Le sel, j'en mange maintenant parce que je mange à la cantine.

  • Speaker #0

    Ok. Ah oui,

  • Speaker #1

    il y a des moments... Mais je m'en rends compte, c'est trop salé.

  • Speaker #0

    Oui. et que ce que je mange, c'est...

  • Speaker #1

    Donc, il y a des produits où les aliments, ils ont été cuits dans le beurre. Je ne suis pas un mangeur... Je suis un mangeur d'huile d'olive.

  • Speaker #0

    C'est bien. L'huile d'olive, oui. C'est la meilleure par rapport à la cuisson. Si on ne mange pas de huile, on peut faire la cuisson.

  • Speaker #1

    J'aime être sauce.

  • Speaker #0

    Je n'ai pas de compétences, on va dire, en nutrition, mais je ne suis pas nutritionniste. Je n'irais pas marcher sur les plate-bandes de mes collègues. Mais c'est vrai que... En tout cas, quand on fait de l'éducation thérapeutique, c'est là où je voudrais après bifurquer sur la rééducation cardiaque. On sensibilise les gens. Alors, pour vous, j'ai l'impression que c'était quand même facile, parce qu'en réalité, vous avez aussi le bagage personnel pour comprendre, pour vous informer, ce qui n'est pas toujours le cas des gens. Je vois des gens qui n'ont pas du tout de connaissances, qui ont... pas saisi des enjeux. Et là, c'est plus difficile. Il faut faire rabâcher les choses comme l'éducation. On rebatte, quoi. J'avoue, ça prend rien. Mais en tout cas, dans l'éducation thérapeutique, c'est un moment dédié pour expliquer la maladie, les traitements, l'alimentation, l'hygiène de vie. Ça, ça a été fait après l'accident. Comment vous êtes rentré chez vous et la rééducation cardiaque s'est mise en place ? Ce n'était pas aussitôt après ? Non,

  • Speaker #1

    c'est avec vous. Après une physique avec vous, c'est vous qui avez prescrit la réadaptation cardiaque. Je crois que ça arrivait en novembre-décembre.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Donc, c'est début juillet, juillet-août, septembre, octobre. Oui. Novembre-décembre, je crois.

  • Speaker #0

    Ça a été bien accueilli ? Je ne me souviens plus quand on en avait parlé. Oui, oui, oui. Ok.

  • Speaker #1

    Il y a eu une seule chose qui a été mal accueillie. Je vous le dirai après. Mais réadaptation cardiaque, c'était super. Déjà, je voyais d'autres personnes comme moi. On pouvait avoir le même humour. Blague un peu morbide. Parce qu'on ne l'était pas. C'est pas loin.

  • Speaker #0

    Un peu d'humour noir, sans starresse. Et puis,

  • Speaker #1

    c'était super. Là, ça, c'était un moment... Ça vous a beaucoup plu. Ah oui.

  • Speaker #0

    J'ai toujours des difficultés à comprendre pourquoi les gens ne veulent pas spécialement faire alors que tout le monde, en tout cas les personnes qui y participent, sont ravis, vraiment enchantés. Ah non, enfin, c'est le retour. Oui,

  • Speaker #1

    oui, oui. Donc déjà, on se rend compte qu'on fait un premier test, voir où on en est. Après, commencent les séances de réadaptation. C'était génial. Ça permet d'évoluer avec un petit esprit de...

  • Speaker #0

    Camaraderie ?

  • Speaker #1

    Camaraderie oui, puis l'esprit un peu qu'on pète, faire mieux.

  • Speaker #0

    Par rapport à vous ou par rapport aux autres ?

  • Speaker #1

    Je dirais surtout par rapport à soi.

  • Speaker #0

    De voir l'évolution des performances et de l'amélioration qu'on peut se dire tiens malgré l'accident j'ai une revanche.

  • Speaker #1

    Je suis un petit peu par rapport aux copains. T'es allé sur un mort, t'as fait ça. Je vais voir la prochaine fois. Je sais pas où on va me mettre. Sur le rameur, je vais essayer de faire autant, de faire aussi bien.

  • Speaker #0

    C'est bien parce qu'à ce moment-là, les gens, on leur laisse carte libre. On leur dit carte libre, on leur dit carte blanche, on leur dit allez-y en fait. Vous êtes sous surveillance, vous pouvez faire ce que vous voulez, c'est le moment. C'est ça qui permet aussi de se rendre compte que malgré l'accident, on peut.

  • Speaker #1

    Tout ça, c'est avant de reprendre le travail. Ça redonne confiance en soi. Là, il n'y a pas photo.

  • Speaker #0

    Ah oui,

  • Speaker #1

    là, ça, c'est un bon moment.

  • Speaker #0

    Lequel a été le moins bon ?

  • Speaker #1

    Le défibrillateur.

  • Speaker #0

    Justement, j'allais vous en parler. Je me demandais que ce serait ça.

  • Speaker #1

    Ce que vous m'en aviez parlé, mais ça s'est vite transformé. Mais je crois que je vous l'avais dit à l'époque. Le après. Jusqu'à un jour, vous m'avez dit, c'est au début, je crois que vous m'en aviez parlé, il faudra penser à mettre un défibrillateur, et c'est tombé totalement dans l'oubli. A chaque fois, je ne sais plus, les rendez-vous étaient rapprochés au départ.

  • Speaker #0

    Oui, puisqu'il fallait adapter votre traitement, le cœur se contractait mal.

  • Speaker #1

    Donc il n'en était plus du tout question. Très bien, je me souviens de m'être dit, c'est bon, s'il n'en est plus question, c'est que ça doit aller et donc ça ne sera pas nécessaire. C'était le corps étranger, c'est quelque chose dedans qui me gênait. Et puis, rendez-vous, je reviens. Ah bon, on va prendre rendez-vous, il va falloir pour placer le défibrillateur.

  • Speaker #0

    Ah, je ne me souviens plus de la façon dont j'ai...

  • Speaker #1

    Je ne sais pas, vous sortez de moi très gentiment, mais... Bon, je ne suis pas... Mais je n'ai pas dû montrer le moindre... Non,

  • Speaker #0

    de quoi que face, non.

  • Speaker #1

    Non, non, alors donc, je suis retourné, je suis rentré chez moi le lendemain. ou sur le lendemain, je ne sais pas, je travaillais, et j'en ai parlé à une collègue. Donc ça montre aussi comment les relations commencent à se passer au niveau du travail. Donc je lui dis, ah, mais mon rendez-vous, bon, ça a été, mais... Le cardio, il m'a dit, il va faire mettre un défibrillateur. Ah, ben, oh... Juniès, t'es au collège ? Ah, qui en a un ?

  • Speaker #0

    OK. Ah,

  • Speaker #1

    ben, c'est... C'est rien, on vit bien avec.

  • Speaker #0

    Hum. À ce moment-là, vous êtes...

  • Speaker #1

    J'ai dit, non, arrête d'être bête. C'est bon, une enfant au collège, elle a un défibrillateur, elle ne fait pas de cinéma, elle vit bien, et toi, tu ferais du cinéma pour... Stop ! Ça a été le seul moment, en fait, la chose la moins bien accueillie, mais ça a été vite réglé.

  • Speaker #0

    C'était intrusif, en fait, à ce moment-là. Oui,

  • Speaker #1

    mais ça a été vite réglé en me disant, mais oui, t'es idiot, quoi.

  • Speaker #0

    Non.

  • Speaker #1

    Une collégienne qui a les choses, tu vois 50 ballets, tu dis, non, arrête le cinéma,

  • Speaker #0

    c'est bon. On entend que vous êtes raisonné alors que l'émotion n'était pas là pour accueillir bien les choses. Oui, évidemment. Même, on aurait pu aussi mettre la life vest, puisque maintenant, c'est recommandé à la phase récente de l'infarctus. Quand le cœur a vraiment souffert, on sait qu'il y a un haut risque d'arythmie. C'est ça le problème. Le problème, c'est que Quand le cœur récupère grâce au traitement, on peut s'en passer. Quand la fraction d'éjection est au-dessus de 35%, sous-traitement, qu'il n'y a pas eu d'accident de rythme cardiaque, on peut ne pas en mettre, on surveille. Mais quand il y a eu des arrhythmies ou alors parce que le cœur ne récupère pas totalement, c'est pour ça que j'avais amorcé un peu les choses au début, mais il y avait toujours cet espoir de dire, c'est bon, on a une fonction cardiaque qui est au-delà du seuil critique, et donc on peut ne pas le mettre. Au final, ce défibrillateur, il n'a pas d'effet thérapeutique en soi. Il n'a pas d'action sur le cœur pour le tonifier, par exemple. Il est là pour... un peu comme un ange gardien. C'est un peu un ange gardien électronique, il faut le voir comme ça. Mais il n'est pas souvent très bien accueilli, en effet, par les gens. Parce que c'est très intrusif d'avoir un espèce de petite boîte. C'est gros, en plus. Alors maintenant, il y a d'autres formes de défibrillateurs qui sont que petits. À cette époque-là, on ne les avait pas, donc c'est vrai qu'on avait dû mettre cet appareil sous la peau avec une sonde qui va du coup jusqu'au cœur pour envoyer un courant électrique au cas où le cœur s'emballerait. Et ça, pour certains, ça les rappelle aussi à la maladie de dire « En effet, c'est peut-être plus grave que ce que j'imaginais parce qu'il y a ça. » Alors qu'on pratique, oui, il y a ça, mais ça protège aussi, c'est une sécurité supplémentaire. Ça a été reçu comme ça, justement, cette protection ? Ou c'était vraiment...

  • Speaker #1

    Oui, oui, c'est au cas où. Et puis, autre chose, à ce moment-là, je travaillais avec mes élèves, avec des jeunes autistes. Oui. Sévère. Donc, je ne sais plus. Il y avait eu une interrogation. Laurent, il avait été arrêté. Il n'avait pas pris le travail. Donc, je lui ai dit, bah oui, oui. Mais bon, allez, une petite boîte, c'est bon. En fait, on dédramatise tout.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Donc, il y a des choses bien plus graves que d'avoir des fréquentateurs. Donc, franchement... Donc, voilà. Donc, c'est passé, en fait, pendant pas longtemps.

  • Speaker #0

    Il y a eu un petit moment difficile, quoi. Une petite vague.

  • Speaker #1

    Oui, une petite vague comme ça, et puis vite.

  • Speaker #0

    La rééducation cardiaque... Vous vous êtes senti comment à la fin sur le plan physique ? Est-ce que ça a eu vraiment des impacts sur votre capacité d'effort, morale, sommeil ? Vous avez senti qu'ils étaient mieux ?

  • Speaker #1

    Ça, ça avait été un...

  • Speaker #0

    Et les défibrillateurs, ils ne vous gênent pas en fait au quotidien ? En contre-contrôle,

  • Speaker #1

    peut-être même mal au... On me l'enlève !

  • Speaker #0

    C'est parfois une inquiétude. C'est rare qu'on doive l'enlever, mais ça peut arriver. C'est vrai que des fois, les gens ont du mal à se dire « mince, j'ai quelque chose en moins, est-ce que ça représente un risque ? »

  • Speaker #1

    En fait, j'ai pris la chose après. Je me souviens quand je suis allé le faire poser. C'était comme à l'hôpital, le jour de l'infarctus. En fait, on fait confiance. Tout s'est bien passé. Je ne suis même pas resté, je ne crois pas. Non, je crois que ça a été fait dans la journée.

  • Speaker #0

    Souvent, c'est ça, il y a une surveillance courte. Les gens rentrent assez vite chez eux. Et tant mieux dans un sens, parce que ça montre aussi que...

  • Speaker #1

    Ça avait été fait. On est en confiance. Ça a été installé comme tout, en fait.

  • Speaker #0

    Si on parle un peu du travail, j'ai compris que le défibrillateur, c'est bon quand on a des enfants qui peuvent... Vous sollicitez physiquement, c'est incroyable, parce qu'au début on dit aux gens, essayez de ne pas porter lourd, de ne pas trop mobiliser l'endroit, le bras. Ça a été ça ?

  • Speaker #1

    Oui, alors la reprise du travail, moi ça a été assez exceptionnel. Parce que j'ai fait un mois à mi-temps. Je crois que c'est au mois de février, donc ça m'est arrivé en 2017, c'est ça ? Oui. Donc c'est en février 2018 que j'ai dû reprendre, j'ai fait un mois à mi-temps.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Bon, alors, la reprise... Déjà, je m'étais rendu compte que je pouvais. Je me sentais physiquement capable de reprendre. Donc, au début, mi-temps, c'était très bien. Un mois, c'était bon. Et puis, j'avais un chef de service sur l'établissement qui était en oeuvre.

  • Speaker #0

    Ça, vous avez pu l'aider, oui. Oui,

  • Speaker #1

    et qui était... En fait, ne serait-ce que par les paroles. Je savais qu'il comprenait. Il avait une sensibilité sensibilisée. Problème cardiaque. Je n'ai jamais posé de question non plus. Donc, je savais que je pouvais avoir toute confiance.

  • Speaker #0

    C'est un peu le même. Oui.

  • Speaker #1

    Et puis, après, le travail s'est refait. Normalement, oui, s'il y a besoin, on va se lever d'une chambre sur une.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Bon. Toujours dire non. Oui. C'est les maladies invisibles un peu.

  • Speaker #0

    Oui, c'est vrai.

  • Speaker #1

    C'est un petit peu le piège. Bon. Mais je ne me suis jamais retrouvé confronté à faire tout un déménagement.

  • Speaker #0

    Oui, c'est ça. Raisonnable.

  • Speaker #1

    Pourquoi non plus exagérer ? Mais il m'est arrivé de donner un coup de main, je crois que ça m'est arrivé de maintenir... Oui, ça m'est arrivé, oui. Je crois, ça m'est arrivé de maintenir un jeune en trise. Ça m'est arrivé. Donner un coup de main aux éducs, on ne peut pas toujours...

  • Speaker #0

    Non, vous n'allez pas rester dans une bulle aussi et vous composez.

  • Speaker #1

    Quand on travaille, j'ai envie de dire que ça fait partie du travail. On travaille qu'on n'imagine pas d'un enseignant.

  • Speaker #0

    Oui, mais c'est là.

  • Speaker #1

    Quelquefois, on peut être confronté à certaines situations. Mais bon, maintenant, c'est un petit peu ancien. En même temps, après la réadaptation cardiaque et la reprise du travail, en même temps, j'ai repris la salle de sport.

  • Speaker #0

    Tout s'est fait un peu dans la foulée, bien en fait. Remis sur les rails, quoi.

  • Speaker #1

    Oui, tout était bien.

  • Speaker #0

    On en avait parlé, médecine du travail ? Il n'y en avait pas un ? Ben oui, c'est ça, je me souviens quand je l'ai dit. Alors du coup, on va essayer de faire un dossier, parce que l'idée, c'est de... Il n'y a pas de dossier à monter, mais c'est que souvent, dans votre situation, c'est une situation très particulière, parce qu'il n'y avait pas de médecin du travail. Mais dans la plupart des cas... Pour la reprise,

  • Speaker #1

    j'ai vu un médecin agréé par l'éducation nationale.

  • Speaker #0

    Qui a été assez favorable, justement, car pas à portée de...

  • Speaker #1

    Vous reconnaissez le travail, hein ? Pas question de... Après...

  • Speaker #0

    Il y a une adaptation, une proposition d'adapter en fonction de ce que vous avez eu comme accident ? Parce que, voilà, moi, je le vois pour des ans, pour des travaux...

  • Speaker #1

    Du tout. Je dirais même, c'était un peu...

  • Speaker #0

    Ça va ?

  • Speaker #1

    Un enseignant. Bon, il était en vacances, c'est bon.

  • Speaker #0

    OK. D'accord, j'ai entendu,

  • Speaker #1

    j'en ai reçu un petit peu comme ça à l'époque.

  • Speaker #0

    Ok. Maintenant, bon, c'est... Il se trouve qu'il y a un cadre, en effet, dans les secteurs privés, en tout cas, la médecine du travail demande parfois des bilans. Qu'est-ce qu'il en est ? Est-ce que la personne est capable de faire ça ? C'est pour ça que la rééducation cardiaque a un bon moment aussi pour envisager la reprise. C'est parfois même des pré-reprises. C'est dire, voilà, votre état cardiaque est stabilisé ou pas ? Comment on peut reprendre ? Quelles sont vos capacités à l'effort, les capacités fonctionnelles que vous pouvez faire ? Quelqu'un qui développe, je ne sais pas, imaginons 50 watts, C'est un effort très très faible, mais qui développe 50 watts et qui au travail va porter, je ne sais pas, imaginons des caisses, et bien on va dire non, en fait, ce n'est pas envisageable, ça nous met en difficulté et là il va falloir soit adapter le poste ou un reclassement. C'est parfois aussi difficile et je trouve que dans votre cas... C'est aussi une chance qu'il y ait eu un environnement bienveillant pour la reprise du travail, quoi. Tant physique que psychologique, parce que des fois, les gens aussi ne se sonnent pas. Ils se disent, mince, j'ai eu ça, je suis angoissé à l'idée de reprendre, comment ça va se passer ? Dans le quotidien du boulot, dans le temps. D'où l'intérêt d'avoir un environnement qui vous porte aussi. Ah oui,

  • Speaker #1

    c'est positif.

  • Speaker #0

    Comment ça s'est passé la reprise de l'activité physique ? C'est quelque chose que vous faisiez avant ou parce qu'il y a eu l'accident ? Vous avez dit, allez,

  • Speaker #1

    on... Avant, avant.

  • Speaker #0

    Avant, avant.

  • Speaker #1

    Au moment du tabac. Oh, il y avait le tabac, oui, mais j'ai fait de la salle de sport, je faisais de la muscule.

  • Speaker #0

    Ouais.

  • Speaker #1

    Je courais.

  • Speaker #0

    Oui. C'était régulier cette activité de physique ? Ouais. Pour quelles raisons vous le faisiez à l'époque ?

  • Speaker #1

    pour le plaisir.

  • Speaker #0

    Pas la santé. Il y a plein de raisons de faire du sport. Mais en tout cas, c'était de ruter.

  • Speaker #1

    Il y a eu un moment, vers les 40 ans, ligament arraché, en faisant du sport avec mes élèves.

  • Speaker #0

    C'est dangereux.

  • Speaker #1

    Oui, en jouant en wand. Donc, après... Là, ça a été le premier coup dur. Là, on se rend compte que c'était après 40 ans. Bon, il faudra peut-être arrêter de faire l'endouille, mais bon, il faut faire attention. Et entre le moment où il y a eu l'accident et puis l'opération, il y a eu un an, une grosse année. Sans rien,

  • Speaker #0

    à ce moment-là.

  • Speaker #1

    Ben oui, sans rien. Sans rien. Et puis après, il y a eu l'opération. Donc il y avait eu une prise de poids, donc le tabac. Quand j'allais à la salle de sport, on prend des habitudes alimentaires aussi. Donc elles sont restées, avec des quantités. Donc bon, tout ça fait que...

  • Speaker #0

    Nous avons un bon hygiène de vie à ce moment-là. Mais en tout cas, le sport, si on peut appeler ça comme ça, activité physique.

  • Speaker #1

    Et puis après, il n'y avait plus. Et après, il y a eu un arrêt. Il y a eu un moment où j'avais repris la salle de sport, mais je crois que j'y allais à peu près tous les jours même. Donc c'est pareil. Et puis après, il y a eu stop. Donc là, ça a été la dégringolade.

  • Speaker #0

    Mais la rééducation vous a remis en selle. Oui, là, ça m'a remis en selle. Ça a permis de retrouver confiance et de voir que vous pouviez, en fait. Et maintenant, l'activité physique, ça fait partie de votre quotidien. Comment vous organisez vos séances ? Qu'est-ce que vous pourriez conseiller à quelqu'un qui a eu un infarctus, justement, après ? Alors, chaque situation est particulière, on va dire, mais dans votre expérience, qu'est-ce que vous pourriez dire à quelqu'un ?

  • Speaker #1

    J'ai retenu trois fois par semaine, minimum trois fois trente minutes par semaine. C'est ce que j'essaye de faire.

  • Speaker #0

    Avec la rééducation, on vous a conseillé une sorte de programme. C'est plutôt dans ce cas-là, on allait dire...

  • Speaker #1

    En fait, je maintiens le programme que...

  • Speaker #0

    Que la rééducation vous avez fait ? Oui. Ce qui est bien, puisque c'est l'Istat dont il s'agit, c'est de garder des activités. Alors... Il y a quatre thématiques, on va dire, sur l'activité physique. Il y a des sports d'endurance, typiquement, rameur, elliptique, course à pied, natation. C'est plutôt des sports où vous allez être à une intensité modérée, voire intense, mais en tout cas modérée, mais éventuellement prolongée. Donc ça, ça permet de faire bien travailler le cœur, la circulation, réguler la tension, l'humeur, le sommeil, etc. Mais on oublie aussi les autres piliers du sport, si on peut dire. C'est l'activité de résistance, donc la musculation. Et c'est aussi bénéfique pour le cœur. C'est intégré maintenant dans les programmes de réadaptation. Vous en avez fait un peu, justement, à l'époque, un peu de musculation ? Non, pas du tout. Pas du tout ? Du tout. OK. Pas de soulevé de poids, pas de petites haltères ? OK. C'est vrai que dans les programmes, on essaie de travailler ça. Il y a aussi l'équilibre qui fait partie des... D'accord. À l'époque,

  • Speaker #1

    c'était vélo, il y avait vélo, rameur,

  • Speaker #0

    tapis. OK.

  • Speaker #1

    L'élyptique, c'était les trois, les quatre choses qui étaient proposées.

  • Speaker #0

    Et puis la souplesse, étirement, dernière chose. Ça va être des fois un peu de yoga, de sofro aussi, qui s'est apparent sur la méditation. Non, ok. C'est vrai que dans ces programmes, alors je le dis d'autant plus qu'en tout cas au cabinet, on essaie de développer une activité de réadaptation cardiaque pour des patients, on va dire... de ville. Donc bientôt je pourrais vous proposer ça. Et c'est vrai que pour l'ensemble des composants de la santé cardiovasculaire, on essaye de faire un peu d'endurance, de résistance par le muscu. Un peu d'agilité, souplesse, d'équilibre. Et puis la dernière, c'est l'explosivité. Ça, c'est autre chose. Quand on vise, ça peut être de l'haltérophilie, on va essayer de faire des efforts explosifs. Ça, c'est encore... Mais dans différentes thématiques de l'activité physique, il y a différents piliers qu'on peut essayer de travailler. Et à côté de ça, il y a l'éducation thérapeutique, la nutrition, l'éducation sur les médicaments, la maladie, les signes d'alerte, bien comprendre les enjeux.

  • Speaker #1

    A réadaptation cardiaque, j'avais eu une...

  • Speaker #0

    L'éducation, des séances, des fois en groupe.

  • Speaker #1

    Une séance, oui, en groupe, pour l'alimentation.

  • Speaker #0

    C'est ça. On essayait toujours de sensibiliser à...

  • Speaker #1

    C'était à Saint-Hilaire, à l'époque, où j'avais fait ça.

  • Speaker #0

    Est-ce qu'on vous a proposé de voir un psychologue ?

  • Speaker #1

    Je n'ai pas souvenir, mais c'est possible. Je sais qu'il y avait eu plusieurs activités de proposées, justement.

  • Speaker #0

    Comme un menu, on va dire, des modules. On choisit.

  • Speaker #1

    On fait choisir. Si on avait besoin, si on estimait qu'on avait besoin... Alors, j'avais fait... Est-ce que j'ai fait autre chose ? Je crois que j'ai fait deux choses. La deuxième m'a pas marqué ?

  • Speaker #0

    Moi ? Alors, le psychologue, c'est... Mais psychologue, non. Non. Alors, le psychologue, bon, il faut avoir une structure qui permet d'avoir un professionnel. Mais... Souvent, en tout cas, après un accident, c'est assez tabou. Les gens mettent ça un peu sous le tapis. Ils se disent, bon, je vais retrouver ma vie. Mais il y a des fois quand même beaucoup de souffrances cachées, parce que ce n'est pas visible, en fait. La douleur morale, elle n'est pas mesurable. J'ai noté, en tout cas, que pour vous, la vie avait retrouvé son rythme, mais il n'y a pas eu de choses négatives, d'anxiété, voire de dépression. Et c'est chouette dans un sens.

  • Speaker #1

    J'ai fait d'établissement. Je ne suis plus surévreux. J'ai changé d'établissement. Je crois que t'es le premier genou. J'ai tout dit, j'ai fait un infarctus. J'ai une petite boîte, je peux rien faire. Je crois que je dois présenter la chose comme ça. Je peux rien faire, je peux rien sauver.

  • Speaker #0

    Immunité, joker.

  • Speaker #1

    Mais après, évidemment, j'ai dû bouger une table quand même, faut pas exagérer. S'il y a besoin de déménager quelque chose. Mais voilà. En fait, non, ça passe. Dans mon milieu, ça passe très bien. Tout le monde est à l'écoute. Ça soulève aucun problème.

  • Speaker #0

    C'est bien.

  • Speaker #1

    J'ai des collègues qui ont d'autres problèmes.

  • Speaker #0

    Voilà. Je rebondis justement sur l'éducation. Donc, on traite les facteurs de risque. On va prendre en charge d'éventuels problèmes de tension, de diabète, de cholestérol, activité physique. Le tabac, on en a un petit peu parlé. Est-ce qu'il y a un conseil que vous pourriez donner aux gens qui ont envie d'arrêter de fumer ?

  • Speaker #1

    Mes enfants fument.

  • Speaker #0

    Vos enfants fument.

  • Speaker #1

    Mes enfants fument.

  • Speaker #0

    Incroyable. Oui,

  • Speaker #1

    oui.

  • Speaker #0

    Ben oui. Mon fils fumait.

  • Speaker #1

    Mon fils fumait avant que je fasse l'infarctus. Ma fille, il me faisait fumer après.

  • Speaker #0

    Ah, oui. Donc, alors, vous l'avez fait quoi ?

  • Speaker #1

    Ils sont grands, ils sont libres de faire... Ils sont vieux, ils ont plutôt 27 et 26 ans, donc ils savent les conséquences.

  • Speaker #0

    Bien sûr. Vous en avez parlé ?

  • Speaker #1

    Oui, ça va être une chose que je vais leur dire. Tu sais ce qui peut arriver.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Qu'est-ce que je pourrais dire ? Ça m'aurait paru complètement idiot à l'époque, et je ne le croirais pas si on me le disait, mais quand j'étais fumeur, on se sent libre de fuir.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    On est libre de fuir. Mais en fait, on n'est plus libre quand on ne fume plus. Ça paraît...

  • Speaker #0

    Vous perdez quelque chose.

  • Speaker #1

    Quand on fume. Oui. En fait...

  • Speaker #0

    Vous allez me prendre compte, vous dites que quand on fume, on choisit, on a la liberté de fumer. Quand on ne fume plus, on n'est plus libre. Donc on perd les libères. Ah, on est... C'est lié au congé. D'accord, ok. Oui, non, non, c'est... Même si les gens disent que c'est l'inverse du ciel, ils perdent l'université. Oui, oui. Alors qu'en fait, ils sont aliénés. Bon,

  • Speaker #1

    c'est lié... On a parlé de bande dessinée, mais bon, j'écoute du rock, donc on va à un concert, il faut fumer.

  • Speaker #0

    L'ambiance est un peu positive. L'alcool, la cigarette... Oh non,

  • Speaker #1

    mais... Mais le tabac, c'est un tout.

  • Speaker #0

    On s'approprie le package. Comme à l'armée, les gens fumaient parce que c'était banal.

  • Speaker #1

    Oui, mais j'ai vu faire 10 kilomètres pour aller. Il n'y avait plus de tabac, donc il fallait aller faire de la route. Je crois que j'aurais même été prêt à faire 30 kilomètres pour plus de cigarettes chez soi. Est-ce que je vais en être sûr d'en avoir pour demain ? Donc, sans ça, on n'est pas libre, en fait. On a l'impression de... En fait, on est beaucoup plus... Plus de liberté. Plus de liberté. Je crois que c'est ce que je dirais. Oui, j'ai des collègues qui fument, je leur dis fois. Je leur dis, mais t'as vu, c'est le genre de choses que je vais dire.

  • Speaker #0

    T'étais en avant quand même. Je vais dire,

  • Speaker #1

    voilà ce que ça donne. Et puis je vais dire, t'es quand même mieux. Mais bon, c'est des personnes plus jeunes que moi.

  • Speaker #0

    Oui, parce qu'ils ne réalisent pas aussi l'impact que ça peut avoir. Sans hésitation.

  • Speaker #1

    Pour autant, j'étais fumeur et ça ne gênait pas.

  • Speaker #0

    C'est sûr, oui. En plus, les lois qui permettaient de fumer, qui n'étaient pas encore là pour fumer dans les restaurants, les votes de nuit.

  • Speaker #1

    J'ai débuté en fumant. Voilà, c'est sûr. Oui,

  • Speaker #0

    je vois très bien. Cholestérol, un petit peu, on parlait donc des facteurs de risque. Le cholestérol, c'est quelque chose qui vous parle maintenant ? Quelque chose que vous traitez comme une cible de traitement ? Il y a un traitement.

  • Speaker #1

    Je crois que dans mes médicaments, j'ai un traitement contre le cholestérol qui attaque le bon cholestérol si je mange du poisson aussi. Mais je crois qu'il prend tout.

  • Speaker #0

    Non,

  • Speaker #1

    je ne suis pas... Non, mais sinon, je ne fais pas vraiment attention.

  • Speaker #0

    Alors, c'est vrai que le traitement pour le cholestérol, je rebondis parce que souvent, après un infarctus, des fois, les gens me disent « Je ne comprends pas pourquoi vous mettez un médicament contre le cholestérol alors que je n'en ai pas. » Et ça, c'est toujours la difficulté, c'est qu'en fait, le traitement, il est là pour à la fois faire baisser le taux de cholestérol, mais aussi parce qu'il réduit en lui-même les accidents cardiovasculaires. On va dire qu'il stabilise les plaques au niveau des artères et donc ça permet indirectement de réduire les accidents cardiovasculaires. Ça s'appelle les MACE, pour événements cardiovasculaires majeurs, infarctus, AVC, mort subite et les hospitalisations. Donc en soi, c'est bien parce que vous me faites confiance, donc vous les prenez et vous comprenez. Mais des fois, il y a un peu de défiance de la part des patients de dire pourquoi vous me donnez ça. Je ne vois pas l'enjeu, je ne vois pas l'intérêt. Et il y a une remise en question des fois des médicaments.

  • Speaker #1

    Au moment de la réadaptation cardiaque, c'est là où je suis le moins sérieux. Certainement où j'ai le besoin de... J'aurais besoin de retourner un peu à l'école. J'avais rencontré... Alors c'était l'infirmière qui gérait le... Il y avait une infirmière qui chapotait un petit peu la réadaptation cardiaque. Il y avait un médecin, mais à chaque séance, il y avait une infirmière qui était présente et qui chapotait un peu tout. J'avais eu une rencontre avec elle, elle m'a fait dire « Les médicaments, vous savez à quoi ils correspondent ? »

  • Speaker #0

    Pas une interrogation, mais il y a toujours un peu le côté genre « Allez, je vais écouter » .

  • Speaker #1

    Je savais qu'il y avait cholestérol, diabète. Oui, bon. Elle m'avait donné toutes les explications. Oui, moi, j'en ai conclu. Dans mon esprit, en tout cas, ça s'est enregistré comme ça. Comme mon cœur ne fonctionne pas très bien, quand même, si on enlève tous les médicaments, il ne fonctionne pas bien du tout. Donc, il a besoin. Il y a des médicaments qui sont là pour l'aider à son bon fonctionnement.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Donc, qui compense, en fait, son mauvais... Je l'ai compris comme ça.

  • Speaker #0

    C'est un soutien. Donc,

  • Speaker #1

    moi, je me fais confiance. Moi, je vous fais confiance. Je fais confiance. Autant je n'allais pas chez le médecin, j'y vais pas plus. Là, j'y vais pour mon suivi médical. Mais si j'ai besoin, j'irai maintenant. Donc, je fais confiance.

  • Speaker #0

    C'est comme ça, ces choses doivent se passer. Non,

  • Speaker #1

    mais je suis enseignant, je ne suis pas médecin. Donc, je ne suis pas du genre à lire, sinon plus, les notices.

  • Speaker #0

    Il vaut mieux poser des questions. Souvent, ce que je vois, ça dessert en cas de légende. C'est bien, mais trop d'informations a tendance à me faire un petit angoisse.

  • Speaker #1

    J'avais un médicament qui était là pour les douleurs au ventre. Je me souviens au début, un médicament en plus, pour aider à supporter les médicaments.

  • Speaker #0

    Ça s'appelle un IPP, oui.

  • Speaker #1

    Je me souviens que c'était une pharmacienne qui m'avait dit « Est-ce que vous avez des douleurs au ventre ? » Je me mets de soucis. Est-ce que vous avez besoin de ce médicament ? Posez la question. Je vous avais posé la question. On l'a supprimé.

  • Speaker #0

    À ce moment-là, il n'était plus utile parce qu'au début, vous aviez deux traitements qui étaient pour justement fluidifier le sang, on va dire. Et donc, dans ces cas-là, on sait qu'il y a un haut risque de saignement. Tu le sers. Si jamais il y a des maux d'estomac en plus, ça peut créer un peu d'acidité. Mais en effet, après, une fois que les choses sont stabilisées... qui n'a pas de fragilité de l'estomac, on peut le ressortir. Oui.

  • Speaker #1

    Donc, pour ça, en fait, je fais confiance.

  • Speaker #0

    Je te désercie parce que c'est le but aussi d'accompagner dans les questionnements que les gens peuvent avoir. C'est le rôle du médecin, j'entends, de rassurer, de répondre aux questions. Et des fois, il y a beaucoup de défiance parce que maintenant qu'on a accès à Internet, c'est bien et pas bien parce que ça peut aussi remettre des fois en cause, en tout cas induire de mauvais comportements.

  • Speaker #1

    Je ne vais pas vérifier sur Internet. Non, non.

  • Speaker #0

    Et même si ça l'était, ce que je dis aux personnes, c'est pourquoi pas, mais dans ce cas-là, avant de prendre une décision, on en parle. C'est ça, en fait. Que ce soit le pharémacien, le chirurgien, le médecin, le cardiologue, etc. Mais il ne faut pas se faire sa petite cuisine, comme je le vois des fois.

  • Speaker #1

    Oui, mais effectivement, en réadaptation cardiaque, j'avais rencontré des gens, des fumeurs, après la séance. Mais ils ne pouvaient pas s'arrêter, en fait. Bon, effectivement, ils ne pouvaient pas. Je peux le comprendre, mais bon. Quoi que je dis, je ne peux pas le comprendre. Non, je ne comprenais pas. Non, je comprends. C'est quelque chose... Moi, j'ai pris les événements comme ils sont venus. On a tout fait. Il y a des gens qui se sont dévoués pour que je m'en sorte.

  • Speaker #0

    Mais à l'hôpital,

  • Speaker #1

    le minimum s'est fait dérespecter. Mais ça fait partie. On m'a donné un traitement. Je le prends. J'ai dû rater en 7 ans. Je le prends à les grands maximums. Et ça serait le soir, 3 fois. J'ai dû me rendre compte, celui qui n'est pas pris trop tard, ça a dû arriver deux fois ou trois fois, grand grand maximum.

  • Speaker #0

    Comment on modérait justement la prise des médicaments, puisqu'elle est acceptée, et c'est bien, parce qu'en effet, le médicament, c'est ce qui vous permet d'être quand même dans une bonne santé relative, parce qu'évidemment, le cœur est fragile, mais en tout cas, de continuer de vivre normalement, globalement. c'est parfois difficile de réorganiser son quotidien en fonction des médicaments certains doivent être pris à une ou moins heure fixe, vous gardez des alarmes, un pilulier, qu'est ce que vous pouvez conseiller ? L'organiser la semaine ?

  • Speaker #1

    Alors il n'y a pas très longtemps, ça fait un mois que je le prépare à la semaine sinon je le prépare au quotidien. Le soir, Et puis en même temps, on prépare ceux du matin parce qu'il y a un médicament qui se trouve en deux. Donc j'ai un tiroir dédié aux médicaments. Ils sont rangés. Je sais exactement à quoi ils correspondent. Voilà. Après un départ en vacances, le pilulier. Mais maintenant, je fais le pilulier à la semaine.

  • Speaker #0

    Vous avez pu prendre l'avion depuis ? Vous prenez l'avion ? Je ne prends pas de tour.

  • Speaker #1

    Parce que j'avais vu que vous aviez pris l'avion.

  • Speaker #0

    J'en ai pris l'avion.

  • Speaker #1

    J'en parlerai à mon médecin. Parce que je pense qu'il y aurait un grand stress.

  • Speaker #0

    Alors, je dis ça parce que dans le voyage, justement, pour en parler longuement, mais en tout cas, pour essayer de donner quelques idées claires, c'est que quand on anticipe un voyage, c'est toujours bien de vérifier que l'état du cœur est bon, surtout si c'est un voyage à distance, très lointaine. Mais peut-être aussi, des fois, de garder ses médicaments ou répartir la prise dans une valise et une autre pour, en cas de perte d'une valise, ne pas se retrouver à court, par exemple. C'est pour ça que vous me posez cette question-là. Comment vous alliez anticiper le voyage ?

  • Speaker #1

    Non, non, si c'est plus d'une semaine, je prévois des médicaments en plus. Et puis, je n'oublie pas d'emmener l'ordonnance.

  • Speaker #0

    Voilà, c'est ça ce que j'allais vous dire, de prendre nos documents médicaux, aller nous les médiquer.

  • Speaker #1

    Non, c'est le seul que, la dernière fois que je suis parti, c'est le seul que j'ai emmené. Mon médecin généraliste m'a dit, emmenez des fois un petit bilan.

  • Speaker #0

    Alors ça, c'est judicieux et c'est quelque chose que je conseille toujours. C'est, à défaut d'avoir l'ordonnance, prenez en photo vos médicaments, en fait. Vous prenez une copie, écrivez-le, mettez-le dans votre portefeuille, écrivez même le nom. Mais en fait, les gens viennent souvent sans leur ordonnance. Alors quand c'est dans du suivi médical, on arrive à encore à se débrouiller. Mais imaginons que vous êtes dans la rue et qu'il vous arrive quelque chose. On retrouve, je ne sais pas, vous avez une douleur par exemple, et vous ne pouvez pas communiquer, qu'on sache ce qui vous est arrivé. Alors c'est vrai que sur les téléphones, par exemple sur Apple, il y a un suivi médical, une fiche que les soignants... en urgence peuvent retrouver de dire voilà attention je suis sous anticoagulants j'ai eu un infarctus j'ai des stents j'ai un défibrillateur oui toutes ces choses là comme des conseils de mes j'ai une petite carte j'ai exactement mais je pense qu'aussi c'est important de noter ses antécédents médicaux du coup de voilà d'avoir des informations au cas où parce qu'on n'est pas à l'abri même je suis pas vous traverser la route quelqu'un vous bouscule une part des connaissances voilà c'est

  • Speaker #1

    Pour une période de vacances, j'y pense. Mais au quotidien,

  • Speaker #0

    moins. Oui,

  • Speaker #1

    au quotidien.

  • Speaker #0

    Ça peut aider, en tout cas.

  • Speaker #1

    Effectivement.

  • Speaker #0

    On arrive bientôt à la fin de l'épisode. Déjà, merci beaucoup parce que le partage d'expérience est vraiment très riche et je pense que ça va vraiment aider beaucoup les gens. Est-ce qu'il y a un ou plusieurs conseils que vous donneriez aux personnes qui nous écoutent et qui souhaiteraient préserver leur cœur ? Ce n'est pas une question facile. Évidemment, il n'y a pas de bonne réponse. En soi, je pense que c'est très teinté l'expérience individuelle.

  • Speaker #1

    J'ai réfléchi à la question et faire confiance à son médecin. chose que je ne faisais peut-être pas suffisamment, puisque je n'y allais jamais, faire confiance à son médecin et faire un vrai contrôle médic. À part peut-être à un âge que 40, c'était bon, tout roule, mais à 50, se dire je suis essoufflé quand je marche, il y a peut-être un check-up. Vraiment faire un vrai contrôle, pas attendre le coup dur. C'est vraiment... Si on est fumeur, et qu'on apporte beaucoup d'activités physiques, en ferrin, même si ça devient sans doute difficile, moi j'ai eu la chance, parce que tout ça, ça fait partie. Tout est arrivé au bon moment, parce que moi j'ai pu avoir un médecin généraliste vite. Je suis rentré chez moi, le jour où je suis rentré chez moi, j'ai appelé, j'ai eu un médecin généraliste. J'ai eu mon infirmier qui venait deux jours après pour me faire une prise de sang pour ce contrôle d'INR. Tout s'est mis en route, tout s'est mis en place. Donc moi, c'est vraiment le chanceux. C'est pour ça que tout ça, ça participe.

  • Speaker #0

    C'est bien accueilli. Oui. On retient le message de prévention, vraiment. Oui. Attendez pas la maladie sans être dans la crainte, mais en tout cas...

  • Speaker #1

    Surtout si on est fumeur, on sait comprendre. Sur les croix d'art. Poids, je ne sais pas si...

  • Speaker #0

    Il y a des messages de prévention dans le cadre du surpoids, mais je pense en effet qu'autour du tabac, ça peut être important. Il n'y a aucun effet positif du tabac, qu'on se le dise. Même l'euro-social, globalement, maintenant on peut vivre sans tabac. Ça coûte cher, on ne sent pas bon au niveau des vêtements, le goût est altéré, on ne profite pas des saveurs des aliments, des boissons, etc. Et puis ça joue sur notre humeur, c'est un vrai boulet qu'on garde au pied, du coup, qu'on parle de liberté, et puis on sait que ça entraîne des maladies, quelles qu'elles soient. Alors c'est vrai qu'on pense au cancer, mais il y a l'infarctus, il y a aussi le cancer de la vessie, la bronchite chronique, toutes ces maladies-là qui ne sont pas visibles et qui ne sont pas aussi mises en avant, auxquelles on ne pense pas. Alors au mieux, ce n'est pas d'enfoncer les gens pour dire que le tabac c'est mal, chacun gère son risque, mais peut-être des fois de rafler...

  • Speaker #1

    Moi c'est en connaissance de cause.

  • Speaker #0

    Ça reste une drogue, donc c'est ça qui est difficile, évidemment, le sevrage tabagique. Avant tout, moi c'est d'ailleurs une question que je pose, ça s'appelle le conseil minimal, c'est de dire, est-ce que vous avez envie d'arrêter de fumer ? Parce que cette simple question, elle résume tout, globalement, la suite de la prise en charge du tabac. À mon sens, je peux me tromper, il y a peut-être des tabacologues qui m'ont trait au créneau, mais l'idée c'est de dire, vous en êtes où du tabac ? Et 10% des gens vont arrêter de fumer dans les mois qui suivent. Simplement parce que le fait d'avoir fait germer l'idée que peut-être vous pouvez vivre sans cigarette, ça les aide. ça les aide à réfléchir et aussi trouver de la motivation parce que soi-même spontanément on ne se pose pas la question tant qu'il ne nous arrive rien ou parce qu'on n'y a pas été sensibilisé et c'est difficile je trouve de s'approprier ces concepts-là alors personnellement je ne fume pas donc c'est toujours difficile mais je vois beaucoup de patients évidemment qui ont arrêté de fumer et il y a quelques éléments qui ressortent en tout cas mais quand on fait ce petit simple conseil de dire est-ce que vous avez envie d'arrêter la personne dit non ... Ça sert à rien de la bassiner avec plein de chiffres de machins et de faire peur. J'étais comme ça,

  • Speaker #1

    donc moi j'étais comme ça.

  • Speaker #0

    Et puis faire confiance à son médecin, je pense qu'aujourd'hui, alors que le climat est quand même beaucoup dans, je dis en défiance, parce qu'en fait on a accès aux informations et on a l'impression que l'information qu'on a lue soi-même, elle est plus pertinente que le médecin aurait eu. Je ne sais pas pourquoi, mais c'est une tendance. C'est une tendance et plutôt que d'en débattre, beaucoup de gens arrivent avec des certitudes. Je pense que c'est ça le plus dangereux aujourd'hui. Alors en plus avec les IA, alors les IA peuvent faire très bien, chat GPT, etc. Mais il faut toujours garder un esprit critique. Et par exemple, je ne suis pas garagiste. Quand je confie ma voiture au garagiste, je n'y connais rien en mécanique, quand j'ai les rudiments. Mais s'il me dit qu'il faut changer les plaquettes, je change les plaquettes en fait. Je ne vais pas me dire, tiens... Je vais aller vérifier, est-ce qu'il est vraiment sûr, ça peut attendre encore 500 km ou pas, et puis prendre un risque en fait. Oui, ça embête, ça peut coûter cher, ça immobilise la voiture, etc. Mais au final, ça reste quand même pour mon bien. Et le médecin est là aussi pour le bien de l'autre, qu'on n'oublie pas de le dire. Et ça, des fois, on est un peu mis dans le rouge à cause de ça, parce qu'on manque de médecins, parce que les rendez-vous sont longs, parce que les gens sont stressés et que nous-mêmes, nous aussi, on est stressés et il faut faire des fois les choses en urgence. Donc ça explique de l'agressivité qu'on voit aux urgences, des médecins, des soignants, des infirmiers, qui se font taper, il y a des agressions physiques. Et je trouve ça un peu... Désolant, déplorable même, parce qu'on est là pour aider les gens. À part ça, est-ce qu'on va parler au Laurent d'il y a quelques années ? Ce n'est pas simple non plus comme question.

  • Speaker #1

    Je n'ai pas été capable. J'ai vu la question avant et je n'ai pas été capable.

  • Speaker #0

    Il faut savoir que si vous pouviez adresser à la version de vous-même d'avant votre infarctus, qu'est-ce que vous lui diriez ?

  • Speaker #1

    Je... Ça va devenir bien.

  • Speaker #0

    C'est bon.

  • Speaker #1

    C'est bizarre. Ça m'a fait... Ça m'a évoqué un vieux souvenir. Mais là, c'est vraiment un vieux souvenir. J'avais un copain qui lisait les lignes de la vie. Les lignes de la main.

  • Speaker #0

    Ah bah bon, ésotérique.

  • Speaker #1

    J'ai toujours gardé en mémoire pour la ligne de la vie. Il m'avait dit, ta ligne de la vie, à ce coup, par un moment, puis elle repart. Et ça m'est intervenu, c'est vrai que ces gens-là, on garde en mémoire pourquoi... Des bêches,

  • Speaker #0

    ils reviennent, bien sûr. Oui,

  • Speaker #1

    et je me suis dit, tiens, c'est bizarre, en fait, ça correspondrait à ce que j'ai vêtu. Qu'est-ce que je dirais ? Je crois que je ne sais pas ce que je dirais. Je crois que...

  • Speaker #0

    D'abord que ça va aller, c'est un message, d'être optimiste, en fait. Et je pense que les personnes qui, dans la vie... S'en sorte le mieux ?

  • Speaker #1

    Ça sera mieux après, en fait. Ça sera mieux. C'est un peu ça, la vie. C'est une suite d'apprentissage. On apprend toujours. Il y a des choses désagréables. Hop, ça se surmonte. Mais ça sert. Ça sert à affronter. Pour affronter, il ne faut pas non plus exagérer, mais à avancer dans la vie.

  • Speaker #0

    Écoutez, merci beaucoup. Je trouve que c'est...

  • Speaker #1

    Je vois toujours le verre...

  • Speaker #0

    À moitié plein ? Oui,

  • Speaker #1

    toujours. J'ai tendance... Je crois que j'étais comme ça avant. Et je crois que c'est encore pire. Je crois que c'est devenu. Yes. C'est devenu... Oui, c'est... Ou pire, ça dépend. Il n'y a personne.

  • Speaker #0

    Mais j'entends clairement que la vie ne s'arrête pas. Il y a tant de temps qu'on est là. Vous gardez le projet. Ça se sent, oui, ça se sent clairement. C'est ça qui m'avait plu, je trouvais, dans votre parcours, expérience de vie, même si elle a été très brutale, très douloureuse aussi, parce qu'on pourrait se dire que c'était quelque chose de positif, presque qu'on pourrait le souhaiter à quelqu'un, dire tu verras la vie après ton infarctus, mais en fait, il y a quand même beaucoup, beaucoup de vie, parce que les gens aussi vous portent, mais aussi vous... permettait aussi aux gens de vivre, puisqu'on est des êtres grégaires, on a besoin des autres pour vivre, donc évidemment on s'imprègne des expériences et on avance. Voilà, en tout cas on arrive à la fin de l'émission et merci infiniment Laurent pour vos témoignages, c'est très inspirant et je suis certain que ça va aider beaucoup de personnes à mieux comprendre déjà l'importance de la prévention du suivi médical et aussi de la capacité que le corps a art de résilience. C'est vraiment ce mot-là qui, je pense, résume aussi les épreuves de la vie. Donc, merci beaucoup, en tout cas, d'avoir partagé votre histoire avec nous. Pour finir, je vous donne la parole parce qu'il y a plein de sujets que je traite. Est-ce qu'il y en a un que vous aimeriez que j'aborde pour un prochain épisode ?

  • Speaker #1

    C'est pareil. Je me suis dit de l'alimentation. Ça serait peut-être qui me touche, moi, l'alimentation.

  • Speaker #0

    Sous quel angle de savoir quels aliments adopter quand on a une maladie, ou même juste de la prévention en amont, d'avoir une bonne hygiène de vie, comme on pourrait l'enseigner aux enfants, parce qu'on voit qu'il y a beaucoup de malbouffe, beaucoup de mauvaise éducation nutritionnelle, et qui dessert beaucoup les enfants parce qu'il y a beaucoup d'obésité, parce qu'il y a beaucoup de carence aussi, parce qu'on parle des aliments en plus, mais aussi des aliments en moins. Donc ok, ça pourrait être un bon sujet en effet. Des limes simples pour adopter de bons réflexes, pour bien manger. On parle même d'alicaments maintenant, c'est-à-dire des aliments qui sont des équivalents de médicaments. Mais il y a quand même les piliers comme légumes, protéines, lipides, et puis après on ajoute les micronutriments, les vitamines, les oligoaliments, etc. qu'on peut trouver dans les aliments naturellement. C'est vrai qu'on a toujours tendance à se dire « bon, je vais me supplémenter » , alors qu'en fait c'est des choses très simples qu'on peut mettre en place et qui sont très porteuses. Ok, j'en pronote. Et pour terminer l'émission, alors quelque chose qui me tient à cœur, et j'avais déjà établi ça avec mon ami généraliste la dernière fois dans une précédente émission. pour finir un peu sur poésie, littérature je ne sais pas si c'est quelque chose que vous aimez en tout cas dans la fin des échanges j'aime beaucoup ça est-ce que mon ami il y a une fois avait dit le coeur a ses raisons que la raison ne connait pas qu'il m'avait sorti est-ce que vous accepteriez de me donner une citation Maxime sur le coeur évidemment qui permettrait à nos auditeurs de s'y révéler un peu le temps d'un instant j'en ai trouvé deux il y en a une qui va bien avec la prévention c'est un proverbe chinois

  • Speaker #1

    Le cœur ne parle pas, mais il faut savoir l'écouter. Ça, c'est quelque chose qu'on apprend, à s'écouter.

  • Speaker #0

    Spontanément, on ne l'entend pas. Il faut savoir écouter ses simulacres.

  • Speaker #1

    On apprend à s'écouter, à écouter son cœur, mais son corps aussi. Je vois qu'on fait de la marche, on fait plus attention, on est plus attentif. Une petite chose que j'aurais voulu dire, qu'elle est un petit peu... Personnellement, moi, ça a été... vraiment l'infarctus a été bénéfique. Et je pense que ce que je l'avais noté, ça m'a aidé à me construire, en fait, à continuer à grandir, à me construire et à faire plus attention à la fois à moi, quand on marche, en fait, s'il y a une douleur, si on a quelque chose, mais aussi à faire beaucoup plus attention aux autres, aux gens qu'on aime ou qu'on apprécie, à être plus attentif à tout le monde.

  • Speaker #0

    C'est un peu de la fragilité de la vie aussi, parce que... On est un ensemble. Vous êtes approprié la maladie, si on peut le dire. Même si j'aime pas dire aux gens vous êtes malade parce que ça enferme. Non. Mais dire il y a eu la maladie, elle fait partie de mon quotidien, elle fait partie de ma personne aujourd'hui. Et je me suis aussi construit avec et j'ai accepté. Oui.

  • Speaker #1

    Et puis, je pense que je reste un peu persuadé de ça. Moi, il y a du bonus. Je pense que j'aurais comme j'ai pas réagi, pas agi comme il fallait. J'aurais dû mourir. Donc, je suis dans du bonus, du plus.

  • Speaker #0

    Ça vous libère d'un poids ?

  • Speaker #1

    Oui. C'est bien. C'est super. Et sinon, la deuxième petite phrase que j'avais trouvée, qui me correspond aussi. Une personne chère ne nous quitte jamais. Elle vit au plus profond de notre cœur. Et pour la revoir, il suffit de fermer les yeux. Alors là, je ne sais pas qui a dit ça. En tout cas, ça me correspondait bien.

  • Speaker #0

    C'est très parlant. Je vous remercie. J'aime bien cette façon de terminer l'émission parce qu'évidemment, il y a la raison parce qu'encore une fois, les éléments de vie, c'est des fois très brutal. Mais je trouve que d'un peu d'introspection, ça permet aussi de réfléchir à sa situation et celui-ci est très parlant. Merci beaucoup. Écoutez, merci à tous d'avoir écouté en plein cœur. Si ce témoignage vous a touché, vous a appris quelque chose, n'hésitez pas à le partager autour de vous et à vous abonner. Retrouvez aussi l'émission sur LinkedIn, YouTube ou encore Instagram, TikTok. Et dans 15 jours, j'aurai le plaisir de vous parler du cholestérol. Alors, ce n'est pas les aliments, mais c'est peut-être mettre des petits piliers pour que les personnes comprennent les enjeux puisqu'il y a beaucoup de choses négatives qui sont dites autour de ce facteur de risque cardiovasculaire. C'en est réellement un. Ce n'est pas juste un... là pour dire aux gens, prenez des statines et c'est tout, parce que le cholestérol, l'hypercholestérolémie en tant que telle, abîme les artères et entraîne d'autres maladies. Donc on parlera exactement de ce sujet-là pour dire de quoi il s'agit. C'est un épisode évidemment introductif, parce qu'il y a beaucoup de choses à dire sur ce sujet. J'essaierai de poser les bases pour vous expliquer en quoi il s'agit d'un facteur de risque qui fait traiter, et malgré toutes les controverses qui existent à son égard. D'ici là, je vous souhaite une bonne semaine, prenez soin de vous, et je vous dis à très bientôt pour ce nouvel épisode. Merci beaucoup Laurent.

  • Speaker #1

    Merci.

Share

Embed

You may also like

Description

❤️ Bonjour,

Aujourd’hui, je reçois Laurent, un patient qui a traversé une épreuve majeure : un infarctus du myocarde. 💔⚡ Mais loin de se laisser abattre, il a su transformer cette expérience en un véritable renouveau, adoptant un mode de vie plus sain et devenant un exemple de résilience 💪🌱

Quels ont été les premiers signes de son infarctus ? 🆘 Comment a-t-il vécu l’annonce du diagnostic et la prise en charge en urgence ? 🚑💨 Comment a-t-il réappris à vivre avec une insuffisance cardiaque stabilisée ? 🤔💊 Et surtout, quels conseils peut-il partager avec nous pour préserver notre cœur et éviter de telles complications ? 🏃🥗🚭

Dans cet épisode, nous parlerons de prévention, adaptation et espoir ✨, avec un échange sincère et sans tabou. Vous allez voir, c’est une conversation à la fois émouvante et riche en enseignements ! 💬💡

Si ce témoignage vous touche ou vous aide à mieux comprendre la santé cardiovasculaire, partagez-le avec vos proches ❤️ et abonnez-vous pour ne manquer aucun épisode ! 🎧🔔

Bonne écoute, et surtout, prenez soin de vous et de votre cœur ! ❤️


---------------------------------------------------


🎶 MUSIQUES (https://www.auboutdufil.com et studio.youtube.com)

Gemini - The Soundlings

Going Home - The Soundlings

Creme Brulee - The Soundlings

Silent Night - The Soundlings

HaTom-Naya

KaiEngel-Maree

ScottBuckley-Sleep

JohnyGrimes-Nostalgia


---------------------------------------------------



Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bonjour à toutes et à tous, je vous souhaite la bienvenue dans l'émission En Plein Coeur. Aujourd'hui j'ai le plaisir de recevoir Laurent, que je connais bien maintenant puisque Laurent est un de mes patients, que je suis depuis presque 8 ans à la clinique où je travaille sur moi. Alors évidemment pour des raisons de confidentialité, je n'utiliserai que le prénom de mon invité pendant l'émission. Pour vous resituer un petit peu le contexte de l'émission, pour ceux qui le découvriraient, je présente des sujets sur la cardiologie pour sensibiliser les gens à la santé cardiovasculaire. Ça passe par des émissions très techniques comme l'anatomie ou l'électrocardiogramme, d'autres qui sont plus vastes et transversaux comme les effets de la vitamine D, des édulcorants, encore le sauna sur le cœur et que vous pouvez déjà écouter. Par contre, il y a quelque chose de puissant, je trouve, et que j'ai eu le plaisir déjà de mener avec un ami médecin généraliste qui nous a raconté son quotidien, c'est le partage d'expériences. Et c'est vrai que depuis tout petit, on aime bien se raconter des histoires. Mais quand on traverse en tout cas... Une épreuve de la vie, finalement, personnellement, je trouve qu'on se sent moins seul quand il s'agit de savoir comment une personne a affronté un accident. Et donc, c'est de ça dont il s'agit aujourd'hui. Je reçois Laurent, qui fait partie de mes premiers patients quand je me suis installé en 2017. C'est donc un vrai honneur pour moi de le recevoir aujourd'hui, car je sais que ce n'est pas un exercice facile de se livrer comme ça derrière un micro, mais on est au calme, le temps ne presse pas. Il ne fait peut-être pas très beau, mais en tout cas, on est posé avec un café et on va se laisser aller tranquillement au fil des échanges. on vous emmène avec nous, vous allez voir, ça va être très sympa. Je vais vous expliquer maintenant pourquoi je voulais recevoir particulièrement Laurent aujourd'hui. Laurent, si je ne me trompe pas, vous avez 60 ans, même si vous ne les faites pas. Et quand je me suis installé, je me souviens de vous avoir reçu lors de notre premier rendez-vous et j'étais assez stupéfait par l'ensemble de tout ce qui vous est arrivé. Et étonnamment, par toute l'énergie que vous gardiez des suites de l'accident. Vous avez eu un infarctus du myocarde qui s'est pas mal compliqué à la phase initiale, on en reparlera. Et malgré ça, la vie semble s'être tellement renforcée chez vous que je trouvais ça vraiment une belle leçon de vie. Donc j'étais obligé de vous proposer de passer dans l'émission, car votre histoire de vie peut aider beaucoup de personnes autour de nous, parce que personne n'est épargné par le risque potentiel des maladies cardiovasculaires, ça reste encore une des principales causes de décès en France. Et malgré tous les progrès qu'on a connus dans le domaine de la cardiologie, il y a encore beaucoup à faire, donc on va essayer de parler de votre parcours, des défis que vous avez rencontrés. de la manière dont vous vivez aujourd'hui avec une insuffisance cardiaque stabilisée également. Au fil de l'émission, je n'hésiterai pas à vous préciser certaines parties qui pourraient paraître un peu techniques parce que tout le monde n'a pas le même bagage sur la cardiologie et donc pour que tout le monde comprenne bien de quoi il s'agit quand on parle d'infarctus, de médicaments, de stents, de défibrillateurs, etc. Mais pour commencer... Laurent, je tenais déjà chaleureusement à vous remercier d'avoir accepté mon invitation. De rien. Et je vous laisse vous présenter de la façon que vous souhaitez.

  • Speaker #1

    Donc j'ai essayé de voir une présentation qui corresponde à ce qui peut être dit ensuite. Donc je suis enseignant au milieu spécialisé, je pense que c'est important. Oui. Ça a son importance pour le comportement après que je peux avoir. Je suis divorcé, j'ai deux enfants. Je suis grand-père depuis un peu plus d'un an. Super,

  • Speaker #0

    c'est le groupe de l'énergie.

  • Speaker #1

    Voilà. Sinon, moi j'aime marcher. Et quand je marche, j'aime la petite histoire. Et j'ai un gros défaut, je suis très indépendant.

  • Speaker #0

    Oui, c'est pas d'une qualité en même temps. Ça permet de prendre du temps pour soi et pour développer de l'énergie. Et solitaire.

  • Speaker #1

    Et solitaire, et tout ça, ça correspond. Vous allez voir après dans les comportements que j'ai pu avoir, ça peut donner une bonne explication à beaucoup de choses qui sont arrivées. Sinon, avant l'infarctus, j'étais quelqu'un qui n'allait jamais chez le médecin.

  • Speaker #0

    Comme beaucoup des patients finalement en fait. Oui. On ne pense pas à ce qu'on pourrait avoir une maladie cardiaque quand ça nous tombe dessus, mais c'est d'ailleurs un peu l'écueil de la cardiologie, c'est qu'on fait beaucoup de prévention. Et je peux imaginer qu'avant l'accident, il n'y avait pas de bilan de check-up. Du tout. Rien.

  • Speaker #1

    Zéro.

  • Speaker #0

    Même les vaccins ?

  • Speaker #1

    Oui, même les vaccins. Les vaccins ont été faits...

  • Speaker #0

    À l'âge des 25 ans et puis après les rappels 45, 65.

  • Speaker #1

    Il n'y avait pas de rappel, il n'y avait rien du tout. C'est le médecin, mon généraliste, qui les a faits.

  • Speaker #0

    Quand il avait estimé que c'était inutile.

  • Speaker #1

    Tout ça, ça a été réglé. Après la fracture, je suis resté un an avec... Pas un an, j'exagère. J'étais resté trois mois, je crois, avec une fracture, un début de fracture au poignet.

  • Speaker #0

    OK.

  • Speaker #1

    Et je m'étais fait mal.

  • Speaker #0

    OK.

  • Speaker #1

    Et bon, c'était bon. J'avais pris une étagère sur le poignet.

  • Speaker #0

    Du remal, quoi.

  • Speaker #1

    Non, même pas.

  • Speaker #0

    Non.

  • Speaker #1

    Et c'est après, en conduisant, qu'il y a eu une douleur. Et je ne sais plus pourquoi, je suis allé chez le médecin. J'avais un médecin, c'était sur Beauce. Et il m'avait dit, ça fait un moment que vous avez...

  • Speaker #0

    Toutes fractures, bon.

  • Speaker #1

    Donc voilà.

  • Speaker #0

    Mais là, l'infarctus, ce n'était pas pareil. Non, non. C'est vrai qu'on en parlera.

  • Speaker #1

    Il y avait eu un déménagement, donc plus du tout de médecin. Mais plus du tout, parce que là... J'avais changé de... Pas de région, mais de commune. Et puis, une bonne distance. Donc, plus du tout de médecin. Donc, voilà. Je pense que la présentation, après... Il y a des choses que j'aime. Mais bon, j'aime... Les goûts n'ont pas évolué depuis l'adolescence. Donc, j'aime la BD, l'art.

  • Speaker #0

    Et c'est... C'est des activités qui sont plutôt dans l'introspection, du coup. Mais... Vous me disiez qu'il y avait de l'activité physique, et ça, ce n'est pas pour prêcher pour ma paroisse, mais évidemment, c'est une bonne chose.

  • Speaker #1

    Non, mais alors avant, toujours avant l'infarctus, pour présenter la personne, j'étais un fumeur, et on va dire un grand fumeur. Donc je ne courais plus parce que je n'étais plus capable de courir. J'ai un souvenir précis avec mes enfants à Étretat. On me soufflait pour monter au niveau des falaises. Impossible, c'était devenu dur, mais bon, on continue de fumer.

  • Speaker #0

    Ça reste une drogue, on va en reparler. C'est ça qui est terrible, parce qu'en effet, les gens ne se rendent pas compte à quel point ils font du mal, on va dire, à leur corps, et que parfois les alertes doivent être un peu brutales pour se rendre compte que la vie est précieuse, et en tout cas, ça a été votre choix après l'accident. Il y a eu des sacrés changements, pareil, on en parlera. Donc vous me parliez de BD ? Et donc, de moments calmes qu'on prend pour soi, est-ce que, là, on est sur un format podcast, donc c'est vrai que c'est un média de niche pour les gens qui sont déjà assez sensibilisés à cet environnement. Est-ce que les podcasts, c'est quelque chose que vous écoutez, vous, de votre côté ? Non. Non.

  • Speaker #1

    Alors, je sais que ça existe parce que, alors, je n'ai pas la télé.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    J'ai une grande télé pour les vidéos, mais je ne capte pas la télé, en fait. Je n'ai pas d'antenne. donc j'écoute la radio pour les infos donc je sais que ça existe comme je suis enseignant France Inter j'écoute France Inter comme tous les enseignants et c'est très bien donc je sais que ça existe mais je n'en écoute pas ok

  • Speaker #0

    c'est vrai que maintenant il y a quand même beaucoup de choses internet youtube qui permettent de démocratiser c'est vrai que pour le coup je trouve que le podcast c'est un média qui qui s'écoutent assez facilement, et surtout les histoires, comme celles-ci, les interviews, les partages d'expériences. Donc voilà, j'espère que ça pourra en tout cas toucher le maximum de gens sur ces sujets-là, et en tout cas la maladie coronaire dont il s'agit aujourd'hui. On va aller dans le dur du sujet, c'est-à-dire l'infarctus. L'infarctus, donc on revient un peu en arrière. On est en février 2017.

  • Speaker #1

    En juillet 2017.

  • Speaker #0

    Juillet 2017. Juillet.

  • Speaker #1

    Je suis enseignant, donc j'ai fait... C'est repris.

  • Speaker #0

    Pendant les vacances. Ok. Pendant les vacances. C'est l'idée.

  • Speaker #1

    Tout début de vacances. Ouais.

  • Speaker #0

    Donc juillet alors, ok. J'imaginais, donc il fait beau, peut-être. Troisième. L'été. Oui, oui. Tout va bien, la vie est douce. Il n'y a plus des petites pâquerettes encore que. Les petites pâquerettes qui bougent au gré du vent, et puis tout d'un coup, coup d'éclair dans un ciel serein. Est-ce que vous pouvez nous raconter ce qui s'est passé ce mois de juillet ?

  • Speaker #1

    J'en ai gardé des moments précis. Ça s'est gravé dans la mémoire. Je regardais la télé, je regardais le magicien d'Oz.

  • Speaker #0

    C'était ça le problème ?

  • Speaker #1

    C'était le problème, oui. Je regardais le magicien d'Oz et quand j'ai ressenti une douleur à la poitrine.

  • Speaker #0

    ça faisait quoi exactement comme type de douleur vous aviez une pointe une pointe ok une pointe à un endroit précis ouais ça j'ai gardé vraiment le la douleur près elle est toujours là vous sentez encore plus plus de douleurs fantômes comme certains peuvent ressentir ok

  • Speaker #1

    et donc j'ai continué à regarder mon film ouais Première réaction, on fume une cigarette, il y a une douleur.

  • Speaker #0

    Il faut se détendre.

  • Speaker #1

    Oui, on est fumeur, on fume. Donc c'est abominable, c'est encore plus douloureux. Et ça a dû commencer vers 11h le soir.

  • Speaker #0

    C'est assez classique, je rebondis sur le timing. En pratique, les infarctus arrivent souvent dans la nuit, le petit matin. Souvent c'est le petit matin, 4-5h du mat, 6h. Quand c'est vrai que j'étais de garde en cardiologie, c'était un peu l'horaire. le milieu de la nuit. C'est assez étonnant. Je ne suis pas très surpris que ce soit dans la nuit, on est au calme, tout va bien. Ce n'est pas toujours la douleur à l'effort, bizarrement. Il y a souvent des prémices, mais en effet, la douleur au repos... Il y a eu des prémices, justement. Il y a eu des moments, les semaines d'avance, que souvent les gens ressentent quand même ça. Ils expliquent que ce n'était pas comme avant. Par exemple, ils avaient du mal à avancer, qu'à l'effort, c'était plus compliqué. Il y avait, on va dire, une rupture, quoi. Progressive, voire un peu rapide. Mais il sentait des choses un peu avant. Pas du tout. Tout allait bien et cette douleur est arrivée brutale.

  • Speaker #1

    S'il y a eu quelque chose, je n'ai pas fait attention. Je n'ai pas su l'écouter. Oui. Que je disais à être tard, marcher, c'était un peu... Ah, mais c'était le tabac.

  • Speaker #0

    Il y avait une célébrité qu'on attribuait au tabac. Que j'aime. Que c'était ça. Voilà, c'était le tabac,

  • Speaker #1

    voilà.

  • Speaker #0

    Mais en tout cas, il y avait cette gêne. Donc douleur brutale, ok.

  • Speaker #1

    Oui, donc douleur qui reste.

  • Speaker #0

    Cigarette.

  • Speaker #1

    Cigarette, donc je n'ai pas pu fumer. J'ai dû... De taf. Donc la nuit a continué comme ça. Je me souviens de frissons, pas des frissons, mais des fourmillements dans le bras. Je me souviens de ça. Donc j'ai essayé de me coucher, donc impossible de dormir.

  • Speaker #0

    Bien sûr.

  • Speaker #1

    Avec la douleur. J'ai pris une douche. Ça pourrait aller mieux. Pareil,

  • Speaker #0

    ça remettait sur l'ambiance de la détente, quoi, pour essayer de scanner et voir si ça passait.

  • Speaker #1

    J'ai essayé de refumer, donc plusieurs fois. Rien ne changeait et je ne pouvais pas. Alors, ce qu'il faut savoir, c'est que je ne pouvais pas être malade.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Ce n'était pas possible. Ça a dû arriver un lundi ou... C'était vraiment au tout début des grandes vacances. Oui. Ça devait être un lundi ou un... Je pense que c'était un lundi. Le lendemain, j'avais rendez-vous, je travaillais dans une école, je retournais dans un établissement où j'avais travaillé, justement avec des enfants autistes. Donc j'avais rendez-vous le lendemain avec le chef de service. Je ne pouvais pas manquer mon rendez-vous.

  • Speaker #0

    Toute la nuit, il restait comme ça avec cette douleur.

  • Speaker #1

    Et ma fille devait venir. Comme je suis divorcé, mes enfants habitaient chez leur mère. Et donc le lendemain, ma fille devait venir pour passer en entretien pour un travail d'été, pour un job d'été. Donc il fallait que je sois là. Ce n'était pas possible autrement. Donc je suis resté toute la nuit comme ça. Avec l'envie. Alors la douleur était insoutenable.

  • Speaker #0

    Par exemple sur 10, 10 c'est le max, 0 pas de douleur. Vous diriez que c'était une douleur à combien ? De mémoire, c'est évidemment sympa.

  • Speaker #1

    L'envie que j'avais, c'était de prendre un couteau de cuisine et enfoncer. Donc on était pas loin.

  • Speaker #0

    Rousseau la fois. Ouais,

  • Speaker #1

    ouais, c'était... Et Luc, vraiment une pointe. Et donc, voilà. Et puis arrivait un moment, comme ça ne s'arrêtait pas, mais c'était sur les coups de 6h du matin.

  • Speaker #0

    La fameuse. Quand on a fini la nuit. C'est bizarre.

  • Speaker #1

    J'ai quand même un portable. Donc, douleur à la poitrine, qu'est-ce que ça peut être ? Si vous avez une douleur à la poitrine, appelez-le Samu. Donc j'ai appelé le SAMU. J'ai dit tout de suite, il n'y a pas eu de souci. Donc on m'a dit, vous ne bougez plus. Non mais il faut que je prépare mes affaires. Si je dois aller, on prévient, quelqu'un va arriver tout de suite. Non mais il faut que je prépare mes affaires. Non, non, vous restez assis. Ça, je me souviens de ces moments précis. J'ai préparé quand même mes tapiers. pour l'hôpital, mon tabac, pour fumer le soir.

  • Speaker #0

    Vous n'étiez pas malade à ce moment-là.

  • Speaker #1

    C'était vraiment prévu.

  • Speaker #0

    C'était vraiment prévu.

  • Speaker #1

    Par contre, ce qui est très curieux, je ne me souviens pas de ce qui s'est passé avant, après le coup de téléphone, mais après, je n'avais plus mal. Je n'ai plus de douleur.

  • Speaker #0

    La douleur a disparu après l'appel. Oui.

  • Speaker #1

    Ça n'a pas dû se produire tout de suite, je ne sais pas.

  • Speaker #0

    C'est ce que votre cerveau a enregistré,

  • Speaker #1

    que la douleur a disparu.

  • Speaker #0

    L'appel a été salvateur, dans tous les sens.

  • Speaker #1

    Donc j'ai attendu pas longtemps en fait, les pompiers sont vite arrivés.

  • Speaker #0

    Ça arrive en combien de temps ? Quand vous avez appelé et le moment où ils étaient là ?

  • Speaker #1

    Allez, en grand maxi. J'allais dire grand, grand, grand maximum 10 minutes.

  • Speaker #0

    10 minutes, oui. Oui,

  • Speaker #1

    peut-être même pas. Alors les pompiers, j'ai entendu le véhicule arriver. Donc je suis allé à la porte. Ça, c'est un autre moment aussi, un autre souvenir. Donc je les ai vus passer. Ils sont allés au bout de ma rue.

  • Speaker #0

    Vous leur avez fait saut de boue ?

  • Speaker #1

    Ils se sont trompés. Donc ils ont fait demi-tour. Oui. Mais le déplacement, plus lent. Je m'éteignais. Et ça, j'en ai conscience. Mais bien. C'est assez bizarre de dire ça, mais je m'éteignais. Bien. J'étais bien pour partir.

  • Speaker #0

    D'accord. C'est quelque chose que vous aviez envisagé au moment où ils étaient là ? Du tout. Comme si vous aviez le corps à l'étonnement. C'est quelque chose que peut-être ça pouvait être la fin. Oui. Ok.

  • Speaker #1

    Mais bien reposé, bien détente. C'est bizarre de dire ça.

  • Speaker #0

    Chacun est différent.

  • Speaker #1

    Et puis, les pompiers sont arrivés. Il y a un pompier qui est arrivé en premier. C'était un copain. C'était un collègue de travail d'avant qui était pompier volontaire. Donc, j'ai tout de suite vu sa tête. Les yeux qu'il a fait.

  • Speaker #0

    Il avait compris que c'était certainement grave.

  • Speaker #1

    Donc... Je lui ai demandé après, parce que le SAMU est très vite arrivé. Donc ils m'ont assis, je ne sais plus, j'ai été branché. Et je lui ai demandé ce qu'il en pensait, si c'était sérieux. Il m'a dit, je ne peux pas te dire, mais bon, allez, on va t'emmener à l'hôpital. Donc voilà, ça a été le départ. Par chance, ça a été à l'hôpital de Rouen. Oui, CHU. Au CHU. Voilà. Donc après, ça a été tout. Après, je suis arrivé au CHU.

  • Speaker #0

    Donc, je me suis fait faire. Oui, c'est ça. En fait, on se laisse porter. On ne maîtrise plus rien. C'est peut-être une bonne chose dans un sens. Il faut se remettre à la professionnelle de santé. Et pour le coup, on est obligé de faire confiance. Oui. Mais à ce moment-là, j'ai l'impression qu'il y a eu un switch dans votre esprit, à savoir que vous comprenez que finalement, là, on était plus sur l'idée que... vous étiez plus malade en fait il fallait faire des examens il fallait à ces là on vous sentiez qu'il y avait quelque chose qui s'était passé il ya eu peu ne y a pas eu finalement de gestion de la douleur parce que voilà pour avoir vu évidemment beaucoup d'infarctus à la phase aiguë les gens quand même souvent mal on leur donne de la morphine parfois d'ailleurs pour calmer la douleur tellement ça peut être intense et d'ailleurs vous le ressentiez au début une douleur quasiment à 10 sur 10 insupportable et on et on entend que vous avez mis du temps avant d'appeler parce qu'on ne se rend pas compte finalement que ça peut nous toucher. Et c'est ça qui est étonnant dans la maladie, c'est que souvent, et c'est ce qui explique que beaucoup d'ailleurs de gens fument alors qu'ils connaissent les risques, ont une mauvaise idée de vie ou autre, on ne s'imagine jamais qu'un jour ça peut nous toucher. Et ça c'est difficile parce qu'on est tous exposés, tous individuellement, on a tous un risque qui nous tombe un peu sur, qu'on porte sur nos épaules, mais... évidemment et heureusement on n'y pense pas et c'est ce qui nous permet d'avoir des projets de ne pas se dire le pire arrivera mais on se dit on verra bien et puis la vie continue mais à ce moment là c'est de ce que j'entends c'est que la maladie elle n'est pas spécialement là encore moins d'infarctus on imagine toujours que c'est quelque chose de presque théâtralisé la personne se porte la main elle s'écroule comme dans les films quoi porte sa main à la poitrine Je rebondis d'ailleurs sur la douleur, la douleur classiquement, donc une douleur d'infarctus. On s'attend en tout cas à ce que ça soit dans la plupart des cas un serment comme un étau dans la poitrine, que ça irradie au niveau du cou, de la mâchoire, de l'épaule. Ça a tendance à augmenter à l'effort dans les semaines qui précèdent. Et puis sinon, la douleur est intense et elle ne passe pas. C'est ça qui doit alerter. Une douleur qui dure au moins une vingtaine de minutes, qui ne passe pas, c'est un signe d'alerte. Et évidemment, à ce moment-là... Ce que je dis toujours à mes patients, c'est qu'il faut appeler le 15. Non pas parce que les gens souvent disent « oui, mais j'ai peur de déranger » , mais parce qu'en fait, vous avez un médecin, un médecin régulateur qui va vous poser des questions. Et c'est la chance qu'on a en France, c'est d'avoir justement le SMUR, le SAMU, le 15, le 112 aussi pour éventuellement d'autres pays. Mais en tout cas, on a la chance d'avoir accès à un médecin rapidement qui peut nous prendre en charge après, avec une équipe dédiée. Ça peut être... Des pompiers, des ambulanciers ou une équipe d'infirmiers et de médecins. Donc c'est une chance qu'on a, je trouve, en France. Et ça a été le bon réflexe finalement, heureusement, parce qu'on disait que vous éteignez.

  • Speaker #1

    Oui, oui, et c'est vraiment le terme.

  • Speaker #0

    Ce ressenti. Ok.

  • Speaker #1

    Reposer. Mais reposer. C'est bizarre.

  • Speaker #0

    Ça s'est passé comme ça. Est-ce que vous étiez inquiet à ce moment-là ? Est-ce que vous avez... À quoi vous avez pensé quand vous étiez à l'hôpital ?

  • Speaker #1

    Je n'étais pas inquiet. Non, arrivé à l'hôpital, aucune inquiétude.

  • Speaker #0

    Ok.

  • Speaker #1

    Non, j'étais à l'endroit où il fallait.

  • Speaker #0

    Ce que je vois souvent, les gens, parce que tout à l'heure, vous me disiez, j'ai pris mes affaires. Ce dont il s'agit, c'est qu'en fait, quand les gens ont un accident comme ça, la plupart ont des comportements adaptés, ils savent qu'il faut se laisser aller, qu'il y a des examens à faire. Mais j'ai quand même eu beaucoup de fois où les gens sont dans le déni. C'est pas possible, je vais rentrer chez moi, appeler ma femme, mon conjoint, etc. Parce qu'en fait, je sors. Et ça, je l'ai vu beaucoup. Les gens qui me disent, OK, très bien, on va faire les examens et puis j'appelle mon mari, ma femme ou mes enfants pour venir me chercher tout à l'heure. Et là, on leur dit, écoutez, malheureusement, il va peut-être falloir rester un peu plus. Ça va être un peu plus long que ce qu'on imaginait. Voir des animaux, j'ai eu ça aussi. Ah non, il n'est pas possible que je reste. Il faut que je m'occupe de mon chat. Ça, j'ai eu.

  • Speaker #1

    Alors moi, non, pas du tout. Non, non, j'étais à l'endroit où il fallait.

  • Speaker #0

    Ça facilite le travail des collègues. Mais c'est OK. Donc, arrivé à l'hôpital, transfert par les pompiers. On met des perfusions. Et alors, quels examens on vous a fait aussitôt ? Vous vous souvenez de ça ?

  • Speaker #1

    Je crois que... La pause des scènes. Je me souviens de la pause...

  • Speaker #0

    La coronarographie ? Donc, la salle dédiée, on est allongé, on pique dans l'artère. Ça vous souvenait un peu ? Oui. OK. Et on vous montre les artères à ce moment-là, souvent, à la phase aiguë. On est un peu shooté ?

  • Speaker #1

    Non, parce que je crois que j'avais enlevé les lunettes. Et sans lunettes, je... Ça ne sert à rien de...

  • Speaker #0

    C'est peut-être bien, finalement. C'est moins oeissant.

  • Speaker #1

    Je ne sais pas, parce que j'étais impressionné par la technique. Et ça, c'est quelque chose dont je me souviens. Parce qu'ils étaient passés par le poignet pour mettre des stents. Le poignet, main droite. Le cœur, il n'est pas... Je trouvais ça fabuleux. J'avais dû parler avec le médecin qui était là, la personne qui avait fait. J'ai trouvé ça prodigieux. Mais moi, j'étais vraiment... Je me laisse faire.

  • Speaker #0

    C'est le mieux, je dirais. C'est le mieux pour... être pris en charge, en tout cas. Mais alors, il y a ce moment où on met le stand. Est-ce que vous avez compris à ce moment-là de quoi il s'agissait ? Oui,

  • Speaker #1

    je crois qu'on me l'avait dit. Oui, oui, oui.

  • Speaker #0

    Vous avez annoncé ici. Oui, oui, c'est français. Une artère s'était bouchée. Deux. Deux artères.

  • Speaker #1

    J'ai deux stents, donc... Non, non. Oui, oui, j'étais là, j'étais au courant.

  • Speaker #0

    Ça a été ressenti comment ? Vous avez, à ce moment-là...

  • Speaker #1

    J'en ai aucun souvenir particulier. Non, non, moi, je...

  • Speaker #0

    C'était OK. On s'est laissé porter par l'équipe musicale et une des instants, il fallait. Et ouf ! Oui, les chocs. On descend,

  • Speaker #1

    on me sauvait.

  • Speaker #0

    Le diagnostic, ça vous a fait peur quand on vous a dit après que vous rentrez dans le champ, vous allez faire un infarctus, on l'a mis de stent ? Non.

  • Speaker #1

    Non, parce qu'il y a plutôt une maladie qui m'aurait fait peur. Mais ce n'était pas celle-ci, c'était une autre maladie qui était liée au tabac.

  • Speaker #0

    Un cancer ?

  • Speaker #1

    Un cancer des poumons.

  • Speaker #0

    Est-ce que c'est à ce moment-là que vous vous disiez que ça pouvait être associé ?

  • Speaker #1

    Pas associé, mais c'était plus la maladie qui me faisait peur. Et ça a été vérifié. Ça a été contrôlé.

  • Speaker #0

    Contrôlé sur la radio.

  • Speaker #1

    Et j'étais encore inquiet. Justement, quand on m'a dit on va faire un contrôle par rapport au cancer.

  • Speaker #0

    L'inquiétude était centrée finalement plutôt sur le poumon que le cœur.

  • Speaker #1

    Ah oui,

  • Speaker #0

    complètement.

  • Speaker #1

    Le cœur, je crois que c'est quelque chose... Tout ça, je l'ai compris après. Mais ce n'était pas quelque chose d'important. En fait, on n'en prend pas soin. Il n'y avait pas besoin d'en prendre soin. Il est là pour un...

  • Speaker #0

    Alors qu'il est central. Et c'est assez étonnant parce que je le note avec les patients que j'ai. C'est qu'en fait, le cœur, on le malmène un peu. On a du mal à saisir. C'est pas, si vous voulez, le cœur, on ressent rien en fait. Il n'y a pas de, sauf à avoir des palpitations, on ressent son cœur. Mais ça n'entraîne pas de symptômes. Et donc on ne se dit pas, tiens, je suis essoufflé, j'ai un problème au poumon. Je me tape sur le genou, j'ai mal. On se dit il y a un problème, le cœur évidemment c'est pas visible et on fait beaucoup de prévention parce qu'on sait que l'environnement, l'hygiène de vie, le tabac etc... Donc ça a un impact sur le cœur mais on se rend compte qu'il souffre. Oui, oui. Donc je comprends alors l'inquiétude qu'il pouvait y avoir en tout cas sur le...

  • Speaker #1

    Donc vraiment, moi, j'arrivais là. Donc là, j'étais... Non, non, moi, j'ai tout pris. J'ai accepté facilement. Il n'y a eu aucun problème.

  • Speaker #0

    C'est beau. C'est beau parce que... Oui, je pense que ça peut aussi... Bon, évidemment, on ne souhaite à personne un infarctus. C'est grave. On comprend bien. Mais c'est ça qui m'avait, je trouve, bluffé, on peut dire. C'est que cette capacité que vous aviez eue, après en tout cas l'annonce, parce que je me souviens, vous aviez été pris en charge au CHU. Ensuite, on vous a dit qu'il va falloir trouver un cardiologue, puisqu'au CHU, il y avait trop de patients déjà pris en charge. Donc, on travaille en partenariat entre ville et hôpital. Et donc, vous avez orienté vers moi, si je me souviens bien.

  • Speaker #1

    Vous étiez encore à Cléon ?

  • Speaker #0

    J'étais à Elbeuf à ce moment-là. À Elbeuf, oui. Oui, c'est vrai. Et puis après, je me suis installé ici. Donc,

  • Speaker #1

    je vous ai suivi.

  • Speaker #0

    Oui. Écoutez, merci. À ce moment-là, je me souviens que quand j'avais repris votre dossier... En effet, c'était un infarctus quand même compliqué, on peut le dire, parce qu'on va après détailler un petit peu ce que vous avez eu, qui n'était pas perceptible en tout cas pour vous. Parce que vous, comme vous le disiez, l'attention était centrée en tout cas sur le poumon, sur la douleur qui avait disparu. Donc finalement, les choses étaient rentrées dans l'ordre en quelque sorte. On peut dire que la vie avait repris son cours, et puis avec une bonne énergie. Donc c'est vrai que voilà, moi je suis quand même... Super impressionné par ce que vous avez vécu. Je trouve que ça a dû être très dur, en tout cas de l'extérieur, d'affronter ça. Et presque étonnamment, on a l'impression que c'était facile pour vous.

  • Speaker #1

    Je n'ai pas l'impression de l'avoir mal vécu,

  • Speaker #0

    moi. Peut-être pas bien vécu.

  • Speaker #1

    J'aurais préféré ne pas être malade. Mais après, vraiment, oui, c'est peut-être ma façon de prendre la vie aussi. C'était peut-être déjà là quand même. J'étais bien à l'hôpital.

  • Speaker #0

    Est-ce qu'on peut dire que ça a changé votre vie positivement, cet accident-là ? Il n'y a pas en soi de rumeur que j'ai dit ça. C'est toujours, on se prend même une claque, quand on est médecin, on accompagne les gens en se faisant du négatif, mais cette façon aussi, je trouve, d'avoir rebondi sur dire « je choisis le cours de la vie » , en fait. Parce que certes, il y a l'accident, il y a la maladie chronique. le risque du pire aussi parce que c'est vrai qu'en fait vous avez aussi beaucoup de chance parce que beaucoup de patients à la phase, j'entends la phase aiguë c'est les premières heures d'un infarctus, la mortalité malheureusement non hospitalière elle est élevée et beaucoup des gens vont faire un arrêt cardiaque.

  • Speaker #1

    Je crois qu'à l'hôpital on m'avait zinouillé. Allez, 6h30, on tient 6h30, je crois qu'on va visiter quelque chose comme ça.

  • Speaker #0

    Après 6h, la dent de la tête.

  • Speaker #1

    Moi j'ai fait mes réponses 6h, donc...

  • Speaker #0

    Donc là, l'artère s'est bouchée, le cœur a souffert. On peut se poser la question si finalement la douleur qui avait disparu, c'était aussi le fait que le muscle ne souffrait plus. Parce qu'en fait, ce qui se passe, c'est qu'au début, l'artère se bouche, le muscle cardiaque souffre, et donc il y a tout... les mécanismes de la douleur qui se passent. Et heureusement, ça reste du coup la l'air pour dire là, il y a quelque chose de grave qui se passe. Mais c'est vrai que petit à petit, les cellules cardiaques meurent. Et donc, derrière, il n'y a plus de douleur. Donc ça paraît bien. Et c'est vrai que j'ai des patients comme ça qui arrivent en disant oui, alors je les vois quand il y a eu d'autres choses ou même des fois de manière un peu fortuite. On fait un électrocardiogramme. On dit là, en effet, il y a un problème. On fait une échographie. On voit qu'il y a une paroi du cœur qui ne bouge pas. Et on dit... C'est probablement un infarctus. On fait les examens qu'il faut. Et quand on reprend l'historique, les gens, des fois, disent « Oui, c'est vrai. Il y a deux, trois mois, six mois, un an, j'ai eu une douleur dans la poitrine qui a duré facilement 12 heures, quelque chose comme ça. Et en fait, c'est passé. Et puis, je ne me suis pas inquiété. » Et c'est parce qu'après, ils vont sentir, par exemple, des palpitations, de l'essoufflement, des sensations de malaise. Parfois, des petites douleurs qui reviennent que là. Mais la... tempête est passée et heureusement, on n'est pas toujours dans l'infarctueuse, la preuve. C'est chouette encore de voir. Ça reste encore aussi lié au progrès de la prise en charge parce que les gens sont sensibilisés à ça. Ils savent que s'il y a une douleur dans la poitrine, maintenant, il faut s'en inquiéter, il faut aller explorer et puis aller vite en fait. Parce que je pense que c'est une course contre la montre. C'est ça qui est rare.

  • Speaker #1

    C'est peut-être un peu le regret de jurer. Encore regret.

  • Speaker #0

    Non,

  • Speaker #1

    je ne savais pas.

  • Speaker #0

    On ne peut pas refaire l'histoire.

  • Speaker #1

    J'aurais dû appeler beaucoup plus tôt.

  • Speaker #0

    C'est souvent une sensibilisation aussi des gens dans le quotidien de dire, appelez, appelez le 15, n'attendez pas. Vous ne dérangez personne, ce n'est pas grave, et même si vous dérangez. Et alors, en fait, qu'est-ce qui se passe ? Rien. Vaut mieux appeler. Et puis ça, vous le savez maintenant. Mais pour tous les gens qui peut-être un jour seront confrontés à ça ou un proche, une douleur et un truc bizarre, ce n'est pas habituel. Il faut faire un point et ça se passe bien. Donc, ils ont posé les stents. Vous êtes resté combien de temps à l'hôpital ?

  • Speaker #1

    17 jours.

  • Speaker #0

    17 jours. C'est court en pratique. Alors maintenant, les infertus, c'est presque 2-3 jours. D'accord, on est dans le milieu... Un jour,

  • Speaker #1

    un intensif.

  • Speaker #0

    Ouais, quand même.

  • Speaker #1

    Je suis resté dix jours aux intensifs.

  • Speaker #0

    Ouais.

  • Speaker #1

    Donc, heureux. Non, non,

  • Speaker #0

    ce qui... Bichonné.

  • Speaker #1

    Bichonné,

  • Speaker #0

    ouais. Souvent, les soins intensifs, c'est sympa pour la prise en charge individuelle. Bah oui, c'est une chambre seule, il y a plein de monde autour de vous, sympathique. Oui,

  • Speaker #1

    c'est ça, mais vrai.

  • Speaker #0

    On essaie de faire oublier la maladie aussi, parce que souvent, c'est très stressant. C'est souvent, en fait, la famille qui a du mal. Quand on dit soins intensifs, c'est très intense, quand même. Moi,

  • Speaker #1

    la famille n'est pas sur place.

  • Speaker #0

    Ouais. Ils sont venus vous voir ?

  • Speaker #1

    Juste mes enfants et mon ex-femme. D'accord,

  • Speaker #0

    sont venus.

  • Speaker #1

    Donc eux, ils venaient tous les jours. Oui. En même temps. Donc après, ma fille, elle est partie habiter chez moi. Puisqu'elle avait son travail. Mon fils, donc lui, passait tous les jours. Et mon ex-femme venait aussi. On l'a amené de la compagnie.

  • Speaker #0

    En visite. Oui.

  • Speaker #1

    Voilà.

  • Speaker #0

    Comment vous avez ressenti ? Vous savez un peu comment c'était perçu ?

  • Speaker #1

    Alors, j'ai eu un autre événement, en fait, en même temps. Cette monexe femme a appris qu'elle avait un cancer du sein en même temps.

  • Speaker #0

    OK.

  • Speaker #1

    Donc, bon, les enfants, ça a été assez...

  • Speaker #0

    Oui. Pour eux,

  • Speaker #1

    ça a dû être difficile. Oui, c'est difficile. Voilà. Après, on se comparlait beaucoup. pas énormément.

  • Speaker #0

    Parce que là, on met les choses un peu sous le tapis, on n'en parle pas. Évidemment, heureusement, on ne se focalise pas à dire que c'est grave.

  • Speaker #1

    Non, j'exagère, parce qu'avec mes enfants, si on se parlait même là, on ne se parlait que ci-ci. Et quand même, j'exagère. C'est plus après, en famille, la famille est loin, moi, donc... Ils ont été prévenus. Il y avait des coups de téléphone. Pas plus inquiétudes. Il ne fallait pas plus s'inquiéter que ça. Voilà.

  • Speaker #0

    Un retour...

  • Speaker #1

    Oui, ça a été dur pour... Ma fille parle moins, peut-être. Ou peut-être parlait moins. Je sais que ça a été dur. J'ai eu un moment à l'hôpital. En fait, c'est après les intensifs. J'ai changé de service. J'étais avec un monsieur. Donc ça se passait bien. Il n'y avait aucun souci. Toujours aussi bien. Mais bon, il y a eu un jour, il y a eu une infirmière qui est venue me dire « Ah ben, vous allez sortir aujourd'hui ? » On est quand même toujours contents. Surtout au bout de 15 jours.

  • Speaker #0

    Ah ben oui.

  • Speaker #1

    On se dit que c'est quand même pas mal de s'en aller de là. Donc, vous pouvez peut-être préparer vos affaires. Et je n'avais pas vu de médecin.

  • Speaker #0

    Ok.

  • Speaker #1

    Donc, dans la tête, quand même, on me dit ça, on prépare ses affaires. En fait, quand le médecin est venu, une idée, on vous garde. Surtout que je n'avais pas de médecin traitant. Et qu'avec mon souci par rapport au sang, le traitement, il fallait absolument un médecin traitant. Ou en tout cas, il fallait régler les dosages. Il y avait quelque chose comme ça. Donc non, vous ne sortez pas encore tout de suite. J'avoue que là, ça met un coup au moral. C'est le moment, ça a été le seul moment, je dirais difficile, sur le séjour à l'hôpital. Et puis, le soir, je me souviens, mon fils était passé. Donc, il m'avait vu moins bien. Je ne sais plus, en le vivant 10 ans, j'avais pleuré. Je pense qu'il y a eu des moments marquants pour les enfants comme ça. Puis le physique, j'avais perdu du poids. Donc, même ma fille, la forêt, elle lui demandait. Mais je pense qu'il y a eu des moments... Dès le premier jour, elle était là. Même mon fils a dû passer. Dès le premier jour, ils sont venus.

  • Speaker #0

    C'est très brutal.

  • Speaker #1

    Oui, pour eux, je pense que...

  • Speaker #0

    Pour ça, c'est le coup d'éclair, en fait.

  • Speaker #1

    Même s'il n'y avait pas obligatoirement des mots de Guy, je pense que ça a quand même été bien difficile pour eux. Oui, la transformation.

  • Speaker #0

    C'est difficile parce que souvent, on a envie de protéger ses proches et donc de leur épargner de l'inquiétude supplémentaire. Mais des deux côtés, en fait. Parce que soi-même, on se dit, quand on est malade, je ne vais pas les embêter à leur mettre une charge mentale en plus. Mais en même temps, les personnes souffrent souvent un peu en silence aussi, alors qu'on m'attendrait des proches qui soient un soutien. Mais évidemment, il y a beaucoup de peine des deux côtés. Justement, on parlait des moments difficiles, mais... Et paradoxalement, de la bonne énergie que vous aviez, qu'est-ce qui vous a porté, qu'est-ce qui vous a donné cette énergie-là ? Parce qu'on comprend qu'il y a évidemment des émotions négatives, tristes, et en même temps, il y a le contre-boomerang très positif, où il n'y a pas cette dégringolade du cercle vicieux de l'anxiété et de la dépression. Parce qu'en fait, beaucoup dans le post-infarctus, les gens ont souvent, alors des fois même des états de stress post-traumatique. parce qu'en fait c'est quand même très violent mais à côté il y a une forme de résilience aussi, une capacité que le corps et l'esprit ont d'affronter un événement de vie aussi brutal vous avez trouvé cette énergie d'où ? je serais peut-être pas capable de le dire j'en sais rien il y a probablement eu des événements ou de rapports une espèce d'introspection de revers sur la vie

  • Speaker #1

    Mon père est décédé depuis quelques années, depuis longtemps même. Alors il avait fait un malaise cardiaque lors d'une journée sportive dans la ville. Il faisait du vélo. Et après il a eu un pacemaker lui.

  • Speaker #0

    D'accord.

  • Speaker #1

    Il est décédé à 72 ans après la fameuse canicule de

  • Speaker #0

    2003. 2003, je crois.

  • Speaker #1

    Et en fait, après son décès, on a dit, ou en tout cas, j'ai dit, il aurait fallu réfléchir. En fait, le pacemaker, il avait un cœur usé. Il avait un cœur qui battait très lentement et puis il avait un cœur usé quand il est décédé. Donc, moi, j'ai compris. Moi, c'était un peu ce qui m'était arrivé. Pas la même chose, mais... Donc fallait repartir quoi, je sais pas, c'était... Puis en quittant l'hôpital après, j'ai rencontré des gens sympathiques. Je suis rentré chez moi, il y avait ma fille qui travaillait, donc on a pris une petite vie à deux. Mon fils venait le week-end. Je sais pas, ça s'est fait naturellement, ça repartait. Faut savoir que bon, je suis dingue de rock. Donc même à l'hôpital, je commandais des CD. Oui. Quand ça allait mieux. Une fois que ça allait mieux, évidemment pas au début. Au début, on passe beaucoup de temps à dormir. C'est une petite fille pépère. Mais après, moi, je suis reparti. Mes centres d'intérêt ont redémarré.

  • Speaker #0

    Comme avant, justement. L'avis a repris ses droits. Mieux. Mieux sur quoi ? Sur le regard que vous aviez ?

  • Speaker #1

    Profiter de la vie. profiter,

  • Speaker #0

    j'avais eu la chance de m'en sortir donc c'est profiter de sa chance vous aviez saisi que c'était grave et que là vous aviez eu un sursis un peu à ce moment là et maintenant on choisit son camp c'est ça en fait d'avoir opté donc mes

  • Speaker #1

    centres d'intérêt comme je vous le disais, très limités très... ah donc c'est reparti le plaisir de Au départ ça a été dur. Je pense que ça a dû arriver qu'après, puisque j'ai fait de la réadaptation cardiaque, après il y a le plaisir de remarcher. Et puis à un moment, ça s'est pas fait. Ça c'était la vraie inquiétude. Mais quand j'ai repris le travail, après c'était...

  • Speaker #0

    Le quotidien avait...

  • Speaker #1

    Oui, puis... Bon, c'est un truc... D'où l'importance, c'était en milieu spécialisé, donc il y a des relations.

  • Speaker #0

    Une écoute en tout cas de vos collègues qui vous ont porté.

  • Speaker #1

    Oui, puis les élèves, les jeunes qui en travaillent sont au-dessus de tout. Les élèves que j'avais à l'époque, ils vivent, c'était des enfants autistes. plutôt sévère.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Donc, ils ne sont pas en considération du moins. Non, ils sont dans leur bulle, mais quand vous êtes accepté, vous faites partie de leur monde. Donc, oui,

  • Speaker #0

    c'est un peu tellement simple.

  • Speaker #1

    Je pense que c'est tout ça qui a fait que. Les deux sont liés. Tout c'est lié. Ça m'a aidé à aller mieux, et le fait d'aller mieux m'a aidé dedans.

  • Speaker #0

    Vous aviez conscience que la vie était fragile un peu ? Oui. À ce moment-là, vous aviez saisi qu'il n'y aurait pas forcément de seconde chance et qu'il fallait profiter de...

  • Speaker #1

    Faut profiter.

  • Speaker #0

    C'est souvent ce qui ressort des gens quand il y a eu un accident de vie comme ça, c'est de dire, en fait j'ai eu de la chance et donc je choisis d'avancer et les gens ont un regard sur la vie de dire, ça m'a transformé. Mais une fois qu'ils ont en effet accepté ça, d'avoir un regain d'énergie pour dire, voilà, maintenant c'est bon, j'arrête. J'arrête les conneries, comme certains disent, et puis je profite, mais pas dans une version égocentrée, mais de dire voilà, j'ai une seule vie et j'en ai qu'une, elle est précieuse, donc je trouve assez parlant pour le coup ce choix. On peut imaginer en tout cas que le quotidien était bouleversé. De votre côté, qu'est-ce qui a été le plus difficile à gérer dans les premiers mois ?

  • Speaker #1

    Le souvenir, moi, c'était la reprise du travail.

  • Speaker #0

    C'était ça l'inquiétude ? Oui. L'inquiétude et la difficulté réelle ? Comment je vais faire pour reprendre ? Comment je vais adapter ? Si les choses vont changer ?

  • Speaker #1

    Comme ça m'était arrivé début juillet, mon arrêt de travail n'a commencé que fin août.

  • Speaker #0

    Parce que moi,

  • Speaker #1

    j'étais en vacances juillet-août. Donc bon, on n'y pense pas. Ma petite vie s'est reprise. Oui, on m'a aidé au début pour aller au rendez-vous. Puisque quand je suis sorti de l'hôpital, il me fallait absolument un médecin.

  • Speaker #0

    Mais oui, exactement. Vous parliez tout à l'heure, je vais expliquer un peu. C'est qu'en fait, le traitement dont vous parlez, c'est un traitement psychoagulant. En fait, l'infarctus a eu pour conséquence de fragiliser une paroi du muscle. Et cette paroi-là, quand elle ne bouge plus du tout, du sang peut stagner et il peut se former un caillot. Il y avait un caillot. Voilà, j'avoue, il y avait un caillot. Ce qui n'est pas... habituel dans la phase récente de l'infarctus, il y avait un caillot. Et donc, ce caillot-là, il expose à un risque, en tout cas très dangereux, d'AVC et d'embolie. Parce que si le caillot part, on peut imaginer que ça va envoyer des bouts dans le corps. Et donc, heureusement, ce caillot a été vu, il a été traité, maintenant c'est réglé. Mais ça, on vous avait dit ça, à l'époque, qu'il y avait un caillot et les risques ? Ah oui, oui !

  • Speaker #1

    Oui, parce que le mot du médecin, il m'avait dit que ce serait un traitement à vie. Je lui avais dit à vie, puis il m'avait dit à mort même, jusqu'à la mort. Parce qu'il m'avait amusé.

  • Speaker #0

    Oui, en fait, on rira. Justement, cette vision du médicament, quand on vous dit que c'est un traitement à vie, ça veut dire quoi pour vous ? Comment ça a résonné ? Est-ce que ça vous a enfermé ? Ou vous vous êtes dit, bon, ok, c'est... C'est comme un petit trombone qu'on met sur une feuille. Bon, la feuille est là, on met un trombone, mais ça, on continue d'écrire, d'avancer. Voilà, c'est ça.

  • Speaker #1

    Moi, c'est... Oui.

  • Speaker #0

    Ça a été difficile à gérer ça, les traitements au début ? Alors l'anticoagulant, c'est compliqué parce que... Alors maintenant, il y a des traitements anticoagulants, on va dire qu'il y en a deux formes, même trois, il y a des formes injectables qui sont vraiment, généralement, très courtes. Ensuite, des formes orales, il y en a deux, il y a donc les antivitamines K que vous avez eues. La particularité, c'est qu'il faut surveiller régulièrement l'INR, qui est un dosage du médicament, on va faire ça. Quand il est bas, il faut monter le traitement, et quand il est haut, il faut le diminuer. Et ça donc peut exposer un risque soit de cailloux quand c'est trop bas, soit un risque de saignement quand c'est trop haut. Donc les gens doivent être quand même assez à l'aise avec l'idée du traitement et donc d'être diligents dans leur prise en charge avec les dosages, parce que ça peut être dangereux si on fait n'importe quoi. Puis il y a, avec ce traitement-là, des inconvénients, c'est qu'il faut faire attention à ce que l'on mange, parce que le chou, la salade, les asperges, la tomate, c'est riche en vitamine K pour certains et ça peut perturber les dosages. Ça, vous aviez saisi que c'était... Un changement où vous avez dit « Ok, je m'adapte et puis en fait... » Oui,

  • Speaker #1

    c'est ça, je me suis adapté. Oui.

  • Speaker #0

    Je vais presque dire que c'est chouette, parce que ça a été facile en fait. Oui. En fait, selon les gens, on n'accepte pas d'avoir un traitement.

  • Speaker #1

    Il y a la prise de sang...

  • Speaker #0

    Régulière,

  • Speaker #1

    c'est ça. ... mensuelle, pour vérifier. C'est parti, tout à fait parti. Moi, je suis content de... C'est là où c'est bizarre. Oui, moi, je suis content de voir l'infirmière.

  • Speaker #0

    Oui, mais...

  • Speaker #1

    On a sympathisé.

  • Speaker #0

    Oui. Il y a une relation de soins qui s'installe et en fait, dans la santé, les gens sont très disponibles. C'est une contrainte.

  • Speaker #1

    En fait, ce n'est pas une contrainte, c'est comme aller chercher tous mes médicaments à la pharmacie, on discute. C'est une relation qui s'est installée amicale. Pharmacien,

  • Speaker #0

    infirmier, médecin.

  • Speaker #1

    Médecin, oui, oui, oui,

  • Speaker #0

    c'est un truc.

  • Speaker #1

    C'est jamais une contrainte d'aller rencontrer... Je vois le médecin généraliste, c'est pareil. J'avais que plaisir.

  • Speaker #0

    En tout cas, ce que l'attention est finalement portée sur la relation, en fait. Parce qu'elle vous apporte aussi. Donc finalement, j'ai l'impression que dans l'accident, il y a eu des nouvelles opportunités, en fait, de rencontre. Même si vous êtes très solitaire, vous le disiez. Mais ça enrichit... C'est ce qui ressort quand même beaucoup, en fait. Le sens de la vie, il est aussi des relations concrétives. C'est des mains, beaucoup. Et c'est peut-être finalement important de rappeler que ça aide à affronter beaucoup. Il y a les proches, mais il y a aussi toutes les personnes qui peuvent vous aider, en tout cas au quotidien, à affronter. C'est plus finalement la maladie, c'est un quotidien différent, en fait. Il y a le quotidien quand même. La maladie, elle ose remplir. J'ai l'impression. Maintenant, on parlait de l'infarctus, il y a eu un caillot qui s'est formé, donc une paroi du cœur qui bougeait moins. Autre chose aussi, c'est que finalement, on parle de fonction cardiaque, parce que sur le ventricule gauche, c'est un marqueur qu'on utilise beaucoup en cardiologie pour suivre l'état de santé du cœur, c'est la FEVG. Vous avez dû voir ça à chaque fois. Peut-être que ça ne vous a pas parlé, mais la fraction d'éjection du ventricule gauche, c'est le pourcentage de ce que le cœur est capable d'éjecter quand il reçoit du sang. Donc en fait, un cœur normal, on va dire, il est à 50% jusqu'à 70%, 75% de fraction d'éjection. C'est-à-dire qu'il éjecte 75%, 50% à 75% de ce qu'il contient. Donc un cœur qui fait 100 ml, il va éjecter près de 30 ml de... 70 ml, il restera à 30 ml. Dans l'idée, on comprend bien que plus il est capable d'éjecter, plus il assure un débit cardiaque, plus ça perfuse les organes. Et pourtant, chez vous, il a un peu souffert de ça. Il y a donc eu une altération de la fraction d'éjection du ventricule gauche, c'est le terme médical qu'on utilise. Ça veut dire que l'infarctus n'a pas été sans conséquence sur la vitalité du cœur. Quand le cœur se contracte mal, on développe généralement, pas toujours, mais en tout cas des symptômes de l'insuffisance cardiaque. Donc ça expose à plusieurs risques quand la fraction d'éjection baisse. C'est que 1, le débit cardiaque généralement va être plus bas, donc les gens vont développer des symptômes de l'insuffisance cardiaque, on pourra y revenir. Et à côté de ça, il peut aussi entraîner des arrhythmies qui peuvent être très dangereuses, qu'on appelle la tachycardie ventriculaire ou la fibrillation ventriculaire. Et ça aussi. Il y a eu ça, c'est pour ça que je me dis, il y a les cumulés quand même. Et pourtant, les choses se passent toujours bien. Maintenant, l'insuffisance cardiaque est stabilisée. Ça s'est manifesté comment dans votre quotidien, quand je vous dis ça d'insuffisance cardiaque ? Pas spécialement, il n'y a rien qu'à changer, comme de l'essoufflement, de la fête moudre et gens qui gonflent. Non,

  • Speaker #1

    justement, tout va mieux. Tout va mieux aujourd'hui.

  • Speaker #0

    Mieux à quel niveau ? Parce qu'au début, ça n'allait pas ?

  • Speaker #1

    Avant, l'infarctus,

  • Speaker #0

    c'était... L'essoufflement ?

  • Speaker #1

    L'essoufflement. Maintenant, je n'ai plus d'essoufflement. Aussi, si je fais un effort quand je fais de la rando, autrement...

  • Speaker #0

    C'est un peu difficile encore la rando, vous sentez que les efforts... Mais c'est pas bon. Oui,

  • Speaker #1

    les efforts... Voilà, mais autrement, non, non. Et puis, je gère. Je gère.

  • Speaker #0

    Il y a des changements quand c'est difficile à mettre en place dans votre quotidien ?

  • Speaker #1

    Allez, c'est sur le plan alimentaire où j'ai toujours moi des...

  • Speaker #0

    Difficile.

  • Speaker #1

    Ça serait là où ça serait.

  • Speaker #0

    Ça aurait passé le contrôle du cardio là.

  • Speaker #1

    Non, ça serait là. Surtout en cette saison.

  • Speaker #0

    Oui. Il y a une saisonnalité de l'alimentation, vous sentez ? Oui. Le mode hibernage, hibernation pardon. Ouais, ok. On stocke comme les marmottes. Pour que parait le vert. C'est quoi ? C'est le sel, le sucre, les graisses ?

  • Speaker #1

    Ça serait le sucré. J'ai plus envie. Le tabac, ça a été fini. Faites dès mon séjour à l'hôpital, j'ai jamais eu envie de reprendre. Mais par contre, je vais avoir des crises. Au lieu de fumer, en fait, ça correspond au moment où j'aurais fumé.

  • Speaker #0

    Vous allez être ok. Oui. Peut-être mieux, non ?

  • Speaker #1

    Je crois que je les avais déjà à ces moments-là. Si je disais que je ne fume qu'une cigarette au lieu d'en fumer deux, j'allais manger. Bon, là, il n'y a plus la cigarette, il y a le manger.

  • Speaker #0

    Oui, c'est souvent une crainte des gens de dire « je ne vais pas arrêter de fumer » ou « si j'arrête, je vais prendre du poids » . Et ça, c'est une inquiétude qui ressort beaucoup. Ce à quoi je réponds toujours, que le poids, ça se perd. Ce qui est abîmé par la cigarette, ça ne se perd pas, ça ne se répare pas. Mais pourtant, les gens, ça les marque beaucoup, en effet. Ça a été difficile l'arrêt du tabac ? Qu'est-ce qui vous a motivé ? Comme ça, coup de baguette, accident, c'est bon on arrête. Oui,

  • Speaker #1

    en fait c'est le séjour à l'hôpital, j'avais pas le droit de tout. Non, puis j'avais même pas envie.

  • Speaker #0

    Le tabacologue était venu ou pas ? Non,

  • Speaker #1

    non, moi j'ai vu personne. Aucun. J'ai toujours pensé, oui, je l'ai pensé, que j'avais quelque chose dans la perfusion qui m'a aidé à éliminer le tabac. Je ne sais pas. Ça a disparu.

  • Speaker #0

    Peut-être que finalement, je vais adopter ça. Je fais une baguette magique. On ne se rend pas compte de l'effet.

  • Speaker #1

    J'ai discuté avec une infirmière. Je ne sais plus, je crois que je lui avais dit une fois on va laisser la fenêtre ouverte. C'était le mois de juillet. Donc je vais aller fumer. Et alors, ils rigolaient pas avec ça. Il y avait des gens qui fumaient dans les chambres aux soins intensifs. J'ai vu, ouais. C'est pas possible. Ils m'avaient dit si, et ils se mettent là, dans ce coin-là, où il y a l'arrivée d'oxygène.

  • Speaker #0

    Pour que ça explose, c'est génial.

  • Speaker #1

    Oui, c'était le... Je lui ai dit, c'est pas possible. Je crois que moi, c'est une blague. J'ai jamais eu envie de reprendre.

  • Speaker #0

    Donc pas de manque physique, c'est-à-dire tremblements, irritabilité, maux de tête ?

  • Speaker #1

    J'avais arrêté six mois avant, quelques années auparavant.

  • Speaker #0

    Vous avez déjà réussi à arrêter ?

  • Speaker #1

    Six mois, et je l'ai repris. Je me souviens d'un élève me disant, en récré, « Lisez-y, mettez-le, fumez-y. » À l'époque, on pouvait. Non, non, c'est vieux. Il se monte quelques années en arrière. Et il m'avait dit, « Lisez-y, mettez-le, lisez-y, mettez-le. »

  • Speaker #0

    Ah ben non, ça... Je comprends que ça reste une drogue, donc en fait, on...

  • Speaker #1

    On pouvait être irritable.

  • Speaker #0

    Ouais. C'est de ressentir que les gens, au début, quand ils sont à l'hôpital, ils... Non, là... Des fois, ils se sauvent. On en a récupéré quelques-uns qui étaient partis... Mais là, pas du tout. ...puguer le temps d'aller fumer. Un petit peu en... En cachette, quoi. Donc, ouais, on peut comprendre. Donc, pas de difficulté à arrêter de fumer. C'est parce qu'il y a eu la maladie qui vous a rappelé de dire, bon, là, c'est OK, j'ai choisi une vraie volonté. Il y a souvent ça, quand même, qui ressort. Peut-être inconsciemment. Dans le sevrage du tabac.

  • Speaker #1

    Consciemment. Peut-être que...

  • Speaker #0

    Vous aviez réalisé que les problèmes que vous aviez pouvaient être associés. Ah, mais pour moi... Il y avait la peur du cancer.

  • Speaker #1

    Ça a toujours été associé. Ouais. Pour moi, ça a toujours été associé au tabac. Je crois qu'un médecin me l'avait dit.

  • Speaker #0

    Prévenu ?

  • Speaker #1

    Oui. Non, non, mais là-bas, à l'hôpital, on m'a dit... En gros,

  • Speaker #0

    aller à sa...

  • Speaker #1

    Je disais toujours 15 cigarettes, on va dire. Entre 15 et 20, quoi, par jour.

  • Speaker #0

    Vous avez commencé à fumer à quel âge ?

  • Speaker #1

    19 ans.

  • Speaker #0

    Et à ce moment-là, on va dire 40 ans de tabac, plus ou moins.

  • Speaker #1

    C'est arrivé à 53 ans, mon infarctus, 53.

  • Speaker #0

    30 ans de tabac, une trentaine d'années. Et 15 cigarettes par jour. On peut comprendre que ça abîme. Il y a toujours des gens qui disent, écoutez, je connais quelqu'un qui a fumé toute sa vie et lui arrive le rire. Peut-être, mais c'est des statistiques. Plus on fume, plus on a de risques.

  • Speaker #1

    Moi, je pense que, oui, alors il y a l'alimentation aussi. Oui, c'est ça.

  • Speaker #0

    Qu'est-ce qui a changé dans l'alimentation ? On parlait du sucre, des fringales qu'on peut en sortir, qui sont disponibles. Ça,

  • Speaker #1

    ça va arriver.

  • Speaker #0

    On reste humain, donc je ne porte jamais...

  • Speaker #1

    Et puis le repos, il est là.

  • Speaker #0

    Oui, et en soi...

  • Speaker #1

    Mais le sport, ça ne me gêne pas pour marcher, pour bouger, pour le sport.

  • Speaker #0

    Oui, vous gardez quand même et vous ne vous libérez pas aux difficultés.

  • Speaker #1

    J'ai l'impression d'avoir... Des fois, on dit qu'on a un poids de forme quand on fait du sport. Non, il n'y a pas de poids. Je dirais que le poids de forme, je l'ai. Ça ne me chienne pas, ça ne m'empêche pas de...

  • Speaker #0

    On vous a dit à la sortie qu'il fallait perdre du poids ?

  • Speaker #1

    Non. J'ai vu... C'est peut-être la seule personne, je ne jugerai pas la pierre, j'ai vu une diététicienne à l'hôpital qui partait en canse le jour même. Et donc, elle n'allait donner que des adresses. « Ah, mais il faudrait manger ici, ça, ça, ça. »

  • Speaker #0

    OK.

  • Speaker #1

    C'était insurmontable. Mais puis, des adresses sur moi. Moi, j'habite à 30 kilomètres de Rouen. Donc, c'était ça. Bon, après, j'ai revu une diététicienne.

  • Speaker #0

    Et qui avait modifié. C'était le changement sur lequel on a vraiment insisté. Vous vous souvenez un peu ? Parce que si je... Je vais être le cardiologue là. En tout cas, après un infarctus, on conseille souvent aux gens de limiter les graisses animales, beurre, crème, fromage, jaune rouge, charcuterie, de les limiter, ce n'est pas interdit. Donc ça, c'est sur le côté des graisses. Quand il y a de l'insuffisance cardiaque, on dit aux gens de limiter le sel, parce que le sel, ça donne de l'eau d'air.

  • Speaker #1

    Mais même avant, en fait, il y a des choses que je n'ai pas eu besoin de changer. Je ne mange pas de sauce.

  • Speaker #0

    C'est pareil, en fait. Oui,

  • Speaker #1

    oui. Pas de beurre.

  • Speaker #0

    Ouais.

  • Speaker #1

    Parce que je... Non, non,

  • Speaker #0

    non. En Normandie, c'est pas commun. Non,

  • Speaker #1

    je suis pas normand, donc tu vois. Bah oui. Même si j'adore la Normandie. Donc, pas de sel. Je ne rajoute pas de sel. Je pense que c'était vraiment le sucré.

  • Speaker #0

    Qui pose peut-être moins de problèmes directement sur le cœur. Ça va évidemment tenir une prise de poids, un risque de diabète. Mais en fait, à choisir, peut-être que le sucré est moins pire. Mais il faut le lutter, il faut y être vigilant. On vit aussi, j'entends, quand il y a des événements.

  • Speaker #1

    Il y a des choses,

  • Speaker #0

    j'ai envie. Mais il faut être raisonnable. C'est toujours ce que je dis. Après, c'est des bilans des diététicien·nes nutritionnistes, mais quand il y a un vrai problème de santé et que l'aliment peut être toxique, là, en effet, ça devient un traitement. Limiter le sel, quand on a une astuce cardiaque, ça... Les gens l'apprennent souvent à leur dépend. Noël, les huîtres, bim, ils font un oedème pulmonaire, ça les vaccine. Mais, mais à côté de ça, c'est aussi pour mieux vivre, quoi. Des gens le voient comme une punition.

  • Speaker #1

    Le sel, j'en mange maintenant parce que je mange à la cantine.

  • Speaker #0

    Ok. Ah oui,

  • Speaker #1

    il y a des moments... Mais je m'en rends compte, c'est trop salé.

  • Speaker #0

    Oui. et que ce que je mange, c'est...

  • Speaker #1

    Donc, il y a des produits où les aliments, ils ont été cuits dans le beurre. Je ne suis pas un mangeur... Je suis un mangeur d'huile d'olive.

  • Speaker #0

    C'est bien. L'huile d'olive, oui. C'est la meilleure par rapport à la cuisson. Si on ne mange pas de huile, on peut faire la cuisson.

  • Speaker #1

    J'aime être sauce.

  • Speaker #0

    Je n'ai pas de compétences, on va dire, en nutrition, mais je ne suis pas nutritionniste. Je n'irais pas marcher sur les plate-bandes de mes collègues. Mais c'est vrai que... En tout cas, quand on fait de l'éducation thérapeutique, c'est là où je voudrais après bifurquer sur la rééducation cardiaque. On sensibilise les gens. Alors, pour vous, j'ai l'impression que c'était quand même facile, parce qu'en réalité, vous avez aussi le bagage personnel pour comprendre, pour vous informer, ce qui n'est pas toujours le cas des gens. Je vois des gens qui n'ont pas du tout de connaissances, qui ont... pas saisi des enjeux. Et là, c'est plus difficile. Il faut faire rabâcher les choses comme l'éducation. On rebatte, quoi. J'avoue, ça prend rien. Mais en tout cas, dans l'éducation thérapeutique, c'est un moment dédié pour expliquer la maladie, les traitements, l'alimentation, l'hygiène de vie. Ça, ça a été fait après l'accident. Comment vous êtes rentré chez vous et la rééducation cardiaque s'est mise en place ? Ce n'était pas aussitôt après ? Non,

  • Speaker #1

    c'est avec vous. Après une physique avec vous, c'est vous qui avez prescrit la réadaptation cardiaque. Je crois que ça arrivait en novembre-décembre.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Donc, c'est début juillet, juillet-août, septembre, octobre. Oui. Novembre-décembre, je crois.

  • Speaker #0

    Ça a été bien accueilli ? Je ne me souviens plus quand on en avait parlé. Oui, oui, oui. Ok.

  • Speaker #1

    Il y a eu une seule chose qui a été mal accueillie. Je vous le dirai après. Mais réadaptation cardiaque, c'était super. Déjà, je voyais d'autres personnes comme moi. On pouvait avoir le même humour. Blague un peu morbide. Parce qu'on ne l'était pas. C'est pas loin.

  • Speaker #0

    Un peu d'humour noir, sans starresse. Et puis,

  • Speaker #1

    c'était super. Là, ça, c'était un moment... Ça vous a beaucoup plu. Ah oui.

  • Speaker #0

    J'ai toujours des difficultés à comprendre pourquoi les gens ne veulent pas spécialement faire alors que tout le monde, en tout cas les personnes qui y participent, sont ravis, vraiment enchantés. Ah non, enfin, c'est le retour. Oui,

  • Speaker #1

    oui, oui. Donc déjà, on se rend compte qu'on fait un premier test, voir où on en est. Après, commencent les séances de réadaptation. C'était génial. Ça permet d'évoluer avec un petit esprit de...

  • Speaker #0

    Camaraderie ?

  • Speaker #1

    Camaraderie oui, puis l'esprit un peu qu'on pète, faire mieux.

  • Speaker #0

    Par rapport à vous ou par rapport aux autres ?

  • Speaker #1

    Je dirais surtout par rapport à soi.

  • Speaker #0

    De voir l'évolution des performances et de l'amélioration qu'on peut se dire tiens malgré l'accident j'ai une revanche.

  • Speaker #1

    Je suis un petit peu par rapport aux copains. T'es allé sur un mort, t'as fait ça. Je vais voir la prochaine fois. Je sais pas où on va me mettre. Sur le rameur, je vais essayer de faire autant, de faire aussi bien.

  • Speaker #0

    C'est bien parce qu'à ce moment-là, les gens, on leur laisse carte libre. On leur dit carte libre, on leur dit carte blanche, on leur dit allez-y en fait. Vous êtes sous surveillance, vous pouvez faire ce que vous voulez, c'est le moment. C'est ça qui permet aussi de se rendre compte que malgré l'accident, on peut.

  • Speaker #1

    Tout ça, c'est avant de reprendre le travail. Ça redonne confiance en soi. Là, il n'y a pas photo.

  • Speaker #0

    Ah oui,

  • Speaker #1

    là, ça, c'est un bon moment.

  • Speaker #0

    Lequel a été le moins bon ?

  • Speaker #1

    Le défibrillateur.

  • Speaker #0

    Justement, j'allais vous en parler. Je me demandais que ce serait ça.

  • Speaker #1

    Ce que vous m'en aviez parlé, mais ça s'est vite transformé. Mais je crois que je vous l'avais dit à l'époque. Le après. Jusqu'à un jour, vous m'avez dit, c'est au début, je crois que vous m'en aviez parlé, il faudra penser à mettre un défibrillateur, et c'est tombé totalement dans l'oubli. A chaque fois, je ne sais plus, les rendez-vous étaient rapprochés au départ.

  • Speaker #0

    Oui, puisqu'il fallait adapter votre traitement, le cœur se contractait mal.

  • Speaker #1

    Donc il n'en était plus du tout question. Très bien, je me souviens de m'être dit, c'est bon, s'il n'en est plus question, c'est que ça doit aller et donc ça ne sera pas nécessaire. C'était le corps étranger, c'est quelque chose dedans qui me gênait. Et puis, rendez-vous, je reviens. Ah bon, on va prendre rendez-vous, il va falloir pour placer le défibrillateur.

  • Speaker #0

    Ah, je ne me souviens plus de la façon dont j'ai...

  • Speaker #1

    Je ne sais pas, vous sortez de moi très gentiment, mais... Bon, je ne suis pas... Mais je n'ai pas dû montrer le moindre... Non,

  • Speaker #0

    de quoi que face, non.

  • Speaker #1

    Non, non, alors donc, je suis retourné, je suis rentré chez moi le lendemain. ou sur le lendemain, je ne sais pas, je travaillais, et j'en ai parlé à une collègue. Donc ça montre aussi comment les relations commencent à se passer au niveau du travail. Donc je lui dis, ah, mais mon rendez-vous, bon, ça a été, mais... Le cardio, il m'a dit, il va faire mettre un défibrillateur. Ah, ben, oh... Juniès, t'es au collège ? Ah, qui en a un ?

  • Speaker #0

    OK. Ah,

  • Speaker #1

    ben, c'est... C'est rien, on vit bien avec.

  • Speaker #0

    Hum. À ce moment-là, vous êtes...

  • Speaker #1

    J'ai dit, non, arrête d'être bête. C'est bon, une enfant au collège, elle a un défibrillateur, elle ne fait pas de cinéma, elle vit bien, et toi, tu ferais du cinéma pour... Stop ! Ça a été le seul moment, en fait, la chose la moins bien accueillie, mais ça a été vite réglé.

  • Speaker #0

    C'était intrusif, en fait, à ce moment-là. Oui,

  • Speaker #1

    mais ça a été vite réglé en me disant, mais oui, t'es idiot, quoi.

  • Speaker #0

    Non.

  • Speaker #1

    Une collégienne qui a les choses, tu vois 50 ballets, tu dis, non, arrête le cinéma,

  • Speaker #0

    c'est bon. On entend que vous êtes raisonné alors que l'émotion n'était pas là pour accueillir bien les choses. Oui, évidemment. Même, on aurait pu aussi mettre la life vest, puisque maintenant, c'est recommandé à la phase récente de l'infarctus. Quand le cœur a vraiment souffert, on sait qu'il y a un haut risque d'arythmie. C'est ça le problème. Le problème, c'est que Quand le cœur récupère grâce au traitement, on peut s'en passer. Quand la fraction d'éjection est au-dessus de 35%, sous-traitement, qu'il n'y a pas eu d'accident de rythme cardiaque, on peut ne pas en mettre, on surveille. Mais quand il y a eu des arrhythmies ou alors parce que le cœur ne récupère pas totalement, c'est pour ça que j'avais amorcé un peu les choses au début, mais il y avait toujours cet espoir de dire, c'est bon, on a une fonction cardiaque qui est au-delà du seuil critique, et donc on peut ne pas le mettre. Au final, ce défibrillateur, il n'a pas d'effet thérapeutique en soi. Il n'a pas d'action sur le cœur pour le tonifier, par exemple. Il est là pour... un peu comme un ange gardien. C'est un peu un ange gardien électronique, il faut le voir comme ça. Mais il n'est pas souvent très bien accueilli, en effet, par les gens. Parce que c'est très intrusif d'avoir un espèce de petite boîte. C'est gros, en plus. Alors maintenant, il y a d'autres formes de défibrillateurs qui sont que petits. À cette époque-là, on ne les avait pas, donc c'est vrai qu'on avait dû mettre cet appareil sous la peau avec une sonde qui va du coup jusqu'au cœur pour envoyer un courant électrique au cas où le cœur s'emballerait. Et ça, pour certains, ça les rappelle aussi à la maladie de dire « En effet, c'est peut-être plus grave que ce que j'imaginais parce qu'il y a ça. » Alors qu'on pratique, oui, il y a ça, mais ça protège aussi, c'est une sécurité supplémentaire. Ça a été reçu comme ça, justement, cette protection ? Ou c'était vraiment...

  • Speaker #1

    Oui, oui, c'est au cas où. Et puis, autre chose, à ce moment-là, je travaillais avec mes élèves, avec des jeunes autistes. Oui. Sévère. Donc, je ne sais plus. Il y avait eu une interrogation. Laurent, il avait été arrêté. Il n'avait pas pris le travail. Donc, je lui ai dit, bah oui, oui. Mais bon, allez, une petite boîte, c'est bon. En fait, on dédramatise tout.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Donc, il y a des choses bien plus graves que d'avoir des fréquentateurs. Donc, franchement... Donc, voilà. Donc, c'est passé, en fait, pendant pas longtemps.

  • Speaker #0

    Il y a eu un petit moment difficile, quoi. Une petite vague.

  • Speaker #1

    Oui, une petite vague comme ça, et puis vite.

  • Speaker #0

    La rééducation cardiaque... Vous vous êtes senti comment à la fin sur le plan physique ? Est-ce que ça a eu vraiment des impacts sur votre capacité d'effort, morale, sommeil ? Vous avez senti qu'ils étaient mieux ?

  • Speaker #1

    Ça, ça avait été un...

  • Speaker #0

    Et les défibrillateurs, ils ne vous gênent pas en fait au quotidien ? En contre-contrôle,

  • Speaker #1

    peut-être même mal au... On me l'enlève !

  • Speaker #0

    C'est parfois une inquiétude. C'est rare qu'on doive l'enlever, mais ça peut arriver. C'est vrai que des fois, les gens ont du mal à se dire « mince, j'ai quelque chose en moins, est-ce que ça représente un risque ? »

  • Speaker #1

    En fait, j'ai pris la chose après. Je me souviens quand je suis allé le faire poser. C'était comme à l'hôpital, le jour de l'infarctus. En fait, on fait confiance. Tout s'est bien passé. Je ne suis même pas resté, je ne crois pas. Non, je crois que ça a été fait dans la journée.

  • Speaker #0

    Souvent, c'est ça, il y a une surveillance courte. Les gens rentrent assez vite chez eux. Et tant mieux dans un sens, parce que ça montre aussi que...

  • Speaker #1

    Ça avait été fait. On est en confiance. Ça a été installé comme tout, en fait.

  • Speaker #0

    Si on parle un peu du travail, j'ai compris que le défibrillateur, c'est bon quand on a des enfants qui peuvent... Vous sollicitez physiquement, c'est incroyable, parce qu'au début on dit aux gens, essayez de ne pas porter lourd, de ne pas trop mobiliser l'endroit, le bras. Ça a été ça ?

  • Speaker #1

    Oui, alors la reprise du travail, moi ça a été assez exceptionnel. Parce que j'ai fait un mois à mi-temps. Je crois que c'est au mois de février, donc ça m'est arrivé en 2017, c'est ça ? Oui. Donc c'est en février 2018 que j'ai dû reprendre, j'ai fait un mois à mi-temps.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Bon, alors, la reprise... Déjà, je m'étais rendu compte que je pouvais. Je me sentais physiquement capable de reprendre. Donc, au début, mi-temps, c'était très bien. Un mois, c'était bon. Et puis, j'avais un chef de service sur l'établissement qui était en oeuvre.

  • Speaker #0

    Ça, vous avez pu l'aider, oui. Oui,

  • Speaker #1

    et qui était... En fait, ne serait-ce que par les paroles. Je savais qu'il comprenait. Il avait une sensibilité sensibilisée. Problème cardiaque. Je n'ai jamais posé de question non plus. Donc, je savais que je pouvais avoir toute confiance.

  • Speaker #0

    C'est un peu le même. Oui.

  • Speaker #1

    Et puis, après, le travail s'est refait. Normalement, oui, s'il y a besoin, on va se lever d'une chambre sur une.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Bon. Toujours dire non. Oui. C'est les maladies invisibles un peu.

  • Speaker #0

    Oui, c'est vrai.

  • Speaker #1

    C'est un petit peu le piège. Bon. Mais je ne me suis jamais retrouvé confronté à faire tout un déménagement.

  • Speaker #0

    Oui, c'est ça. Raisonnable.

  • Speaker #1

    Pourquoi non plus exagérer ? Mais il m'est arrivé de donner un coup de main, je crois que ça m'est arrivé de maintenir... Oui, ça m'est arrivé, oui. Je crois, ça m'est arrivé de maintenir un jeune en trise. Ça m'est arrivé. Donner un coup de main aux éducs, on ne peut pas toujours...

  • Speaker #0

    Non, vous n'allez pas rester dans une bulle aussi et vous composez.

  • Speaker #1

    Quand on travaille, j'ai envie de dire que ça fait partie du travail. On travaille qu'on n'imagine pas d'un enseignant.

  • Speaker #0

    Oui, mais c'est là.

  • Speaker #1

    Quelquefois, on peut être confronté à certaines situations. Mais bon, maintenant, c'est un petit peu ancien. En même temps, après la réadaptation cardiaque et la reprise du travail, en même temps, j'ai repris la salle de sport.

  • Speaker #0

    Tout s'est fait un peu dans la foulée, bien en fait. Remis sur les rails, quoi.

  • Speaker #1

    Oui, tout était bien.

  • Speaker #0

    On en avait parlé, médecine du travail ? Il n'y en avait pas un ? Ben oui, c'est ça, je me souviens quand je l'ai dit. Alors du coup, on va essayer de faire un dossier, parce que l'idée, c'est de... Il n'y a pas de dossier à monter, mais c'est que souvent, dans votre situation, c'est une situation très particulière, parce qu'il n'y avait pas de médecin du travail. Mais dans la plupart des cas... Pour la reprise,

  • Speaker #1

    j'ai vu un médecin agréé par l'éducation nationale.

  • Speaker #0

    Qui a été assez favorable, justement, car pas à portée de...

  • Speaker #1

    Vous reconnaissez le travail, hein ? Pas question de... Après...

  • Speaker #0

    Il y a une adaptation, une proposition d'adapter en fonction de ce que vous avez eu comme accident ? Parce que, voilà, moi, je le vois pour des ans, pour des travaux...

  • Speaker #1

    Du tout. Je dirais même, c'était un peu...

  • Speaker #0

    Ça va ?

  • Speaker #1

    Un enseignant. Bon, il était en vacances, c'est bon.

  • Speaker #0

    OK. D'accord, j'ai entendu,

  • Speaker #1

    j'en ai reçu un petit peu comme ça à l'époque.

  • Speaker #0

    Ok. Maintenant, bon, c'est... Il se trouve qu'il y a un cadre, en effet, dans les secteurs privés, en tout cas, la médecine du travail demande parfois des bilans. Qu'est-ce qu'il en est ? Est-ce que la personne est capable de faire ça ? C'est pour ça que la rééducation cardiaque a un bon moment aussi pour envisager la reprise. C'est parfois même des pré-reprises. C'est dire, voilà, votre état cardiaque est stabilisé ou pas ? Comment on peut reprendre ? Quelles sont vos capacités à l'effort, les capacités fonctionnelles que vous pouvez faire ? Quelqu'un qui développe, je ne sais pas, imaginons 50 watts, C'est un effort très très faible, mais qui développe 50 watts et qui au travail va porter, je ne sais pas, imaginons des caisses, et bien on va dire non, en fait, ce n'est pas envisageable, ça nous met en difficulté et là il va falloir soit adapter le poste ou un reclassement. C'est parfois aussi difficile et je trouve que dans votre cas... C'est aussi une chance qu'il y ait eu un environnement bienveillant pour la reprise du travail, quoi. Tant physique que psychologique, parce que des fois, les gens aussi ne se sonnent pas. Ils se disent, mince, j'ai eu ça, je suis angoissé à l'idée de reprendre, comment ça va se passer ? Dans le quotidien du boulot, dans le temps. D'où l'intérêt d'avoir un environnement qui vous porte aussi. Ah oui,

  • Speaker #1

    c'est positif.

  • Speaker #0

    Comment ça s'est passé la reprise de l'activité physique ? C'est quelque chose que vous faisiez avant ou parce qu'il y a eu l'accident ? Vous avez dit, allez,

  • Speaker #1

    on... Avant, avant.

  • Speaker #0

    Avant, avant.

  • Speaker #1

    Au moment du tabac. Oh, il y avait le tabac, oui, mais j'ai fait de la salle de sport, je faisais de la muscule.

  • Speaker #0

    Ouais.

  • Speaker #1

    Je courais.

  • Speaker #0

    Oui. C'était régulier cette activité de physique ? Ouais. Pour quelles raisons vous le faisiez à l'époque ?

  • Speaker #1

    pour le plaisir.

  • Speaker #0

    Pas la santé. Il y a plein de raisons de faire du sport. Mais en tout cas, c'était de ruter.

  • Speaker #1

    Il y a eu un moment, vers les 40 ans, ligament arraché, en faisant du sport avec mes élèves.

  • Speaker #0

    C'est dangereux.

  • Speaker #1

    Oui, en jouant en wand. Donc, après... Là, ça a été le premier coup dur. Là, on se rend compte que c'était après 40 ans. Bon, il faudra peut-être arrêter de faire l'endouille, mais bon, il faut faire attention. Et entre le moment où il y a eu l'accident et puis l'opération, il y a eu un an, une grosse année. Sans rien,

  • Speaker #0

    à ce moment-là.

  • Speaker #1

    Ben oui, sans rien. Sans rien. Et puis après, il y a eu l'opération. Donc il y avait eu une prise de poids, donc le tabac. Quand j'allais à la salle de sport, on prend des habitudes alimentaires aussi. Donc elles sont restées, avec des quantités. Donc bon, tout ça fait que...

  • Speaker #0

    Nous avons un bon hygiène de vie à ce moment-là. Mais en tout cas, le sport, si on peut appeler ça comme ça, activité physique.

  • Speaker #1

    Et puis après, il n'y avait plus. Et après, il y a eu un arrêt. Il y a eu un moment où j'avais repris la salle de sport, mais je crois que j'y allais à peu près tous les jours même. Donc c'est pareil. Et puis après, il y a eu stop. Donc là, ça a été la dégringolade.

  • Speaker #0

    Mais la rééducation vous a remis en selle. Oui, là, ça m'a remis en selle. Ça a permis de retrouver confiance et de voir que vous pouviez, en fait. Et maintenant, l'activité physique, ça fait partie de votre quotidien. Comment vous organisez vos séances ? Qu'est-ce que vous pourriez conseiller à quelqu'un qui a eu un infarctus, justement, après ? Alors, chaque situation est particulière, on va dire, mais dans votre expérience, qu'est-ce que vous pourriez dire à quelqu'un ?

  • Speaker #1

    J'ai retenu trois fois par semaine, minimum trois fois trente minutes par semaine. C'est ce que j'essaye de faire.

  • Speaker #0

    Avec la rééducation, on vous a conseillé une sorte de programme. C'est plutôt dans ce cas-là, on allait dire...

  • Speaker #1

    En fait, je maintiens le programme que...

  • Speaker #0

    Que la rééducation vous avez fait ? Oui. Ce qui est bien, puisque c'est l'Istat dont il s'agit, c'est de garder des activités. Alors... Il y a quatre thématiques, on va dire, sur l'activité physique. Il y a des sports d'endurance, typiquement, rameur, elliptique, course à pied, natation. C'est plutôt des sports où vous allez être à une intensité modérée, voire intense, mais en tout cas modérée, mais éventuellement prolongée. Donc ça, ça permet de faire bien travailler le cœur, la circulation, réguler la tension, l'humeur, le sommeil, etc. Mais on oublie aussi les autres piliers du sport, si on peut dire. C'est l'activité de résistance, donc la musculation. Et c'est aussi bénéfique pour le cœur. C'est intégré maintenant dans les programmes de réadaptation. Vous en avez fait un peu, justement, à l'époque, un peu de musculation ? Non, pas du tout. Pas du tout ? Du tout. OK. Pas de soulevé de poids, pas de petites haltères ? OK. C'est vrai que dans les programmes, on essaie de travailler ça. Il y a aussi l'équilibre qui fait partie des... D'accord. À l'époque,

  • Speaker #1

    c'était vélo, il y avait vélo, rameur,

  • Speaker #0

    tapis. OK.

  • Speaker #1

    L'élyptique, c'était les trois, les quatre choses qui étaient proposées.

  • Speaker #0

    Et puis la souplesse, étirement, dernière chose. Ça va être des fois un peu de yoga, de sofro aussi, qui s'est apparent sur la méditation. Non, ok. C'est vrai que dans ces programmes, alors je le dis d'autant plus qu'en tout cas au cabinet, on essaie de développer une activité de réadaptation cardiaque pour des patients, on va dire... de ville. Donc bientôt je pourrais vous proposer ça. Et c'est vrai que pour l'ensemble des composants de la santé cardiovasculaire, on essaye de faire un peu d'endurance, de résistance par le muscu. Un peu d'agilité, souplesse, d'équilibre. Et puis la dernière, c'est l'explosivité. Ça, c'est autre chose. Quand on vise, ça peut être de l'haltérophilie, on va essayer de faire des efforts explosifs. Ça, c'est encore... Mais dans différentes thématiques de l'activité physique, il y a différents piliers qu'on peut essayer de travailler. Et à côté de ça, il y a l'éducation thérapeutique, la nutrition, l'éducation sur les médicaments, la maladie, les signes d'alerte, bien comprendre les enjeux.

  • Speaker #1

    A réadaptation cardiaque, j'avais eu une...

  • Speaker #0

    L'éducation, des séances, des fois en groupe.

  • Speaker #1

    Une séance, oui, en groupe, pour l'alimentation.

  • Speaker #0

    C'est ça. On essayait toujours de sensibiliser à...

  • Speaker #1

    C'était à Saint-Hilaire, à l'époque, où j'avais fait ça.

  • Speaker #0

    Est-ce qu'on vous a proposé de voir un psychologue ?

  • Speaker #1

    Je n'ai pas souvenir, mais c'est possible. Je sais qu'il y avait eu plusieurs activités de proposées, justement.

  • Speaker #0

    Comme un menu, on va dire, des modules. On choisit.

  • Speaker #1

    On fait choisir. Si on avait besoin, si on estimait qu'on avait besoin... Alors, j'avais fait... Est-ce que j'ai fait autre chose ? Je crois que j'ai fait deux choses. La deuxième m'a pas marqué ?

  • Speaker #0

    Moi ? Alors, le psychologue, c'est... Mais psychologue, non. Non. Alors, le psychologue, bon, il faut avoir une structure qui permet d'avoir un professionnel. Mais... Souvent, en tout cas, après un accident, c'est assez tabou. Les gens mettent ça un peu sous le tapis. Ils se disent, bon, je vais retrouver ma vie. Mais il y a des fois quand même beaucoup de souffrances cachées, parce que ce n'est pas visible, en fait. La douleur morale, elle n'est pas mesurable. J'ai noté, en tout cas, que pour vous, la vie avait retrouvé son rythme, mais il n'y a pas eu de choses négatives, d'anxiété, voire de dépression. Et c'est chouette dans un sens.

  • Speaker #1

    J'ai fait d'établissement. Je ne suis plus surévreux. J'ai changé d'établissement. Je crois que t'es le premier genou. J'ai tout dit, j'ai fait un infarctus. J'ai une petite boîte, je peux rien faire. Je crois que je dois présenter la chose comme ça. Je peux rien faire, je peux rien sauver.

  • Speaker #0

    Immunité, joker.

  • Speaker #1

    Mais après, évidemment, j'ai dû bouger une table quand même, faut pas exagérer. S'il y a besoin de déménager quelque chose. Mais voilà. En fait, non, ça passe. Dans mon milieu, ça passe très bien. Tout le monde est à l'écoute. Ça soulève aucun problème.

  • Speaker #0

    C'est bien.

  • Speaker #1

    J'ai des collègues qui ont d'autres problèmes.

  • Speaker #0

    Voilà. Je rebondis justement sur l'éducation. Donc, on traite les facteurs de risque. On va prendre en charge d'éventuels problèmes de tension, de diabète, de cholestérol, activité physique. Le tabac, on en a un petit peu parlé. Est-ce qu'il y a un conseil que vous pourriez donner aux gens qui ont envie d'arrêter de fumer ?

  • Speaker #1

    Mes enfants fument.

  • Speaker #0

    Vos enfants fument.

  • Speaker #1

    Mes enfants fument.

  • Speaker #0

    Incroyable. Oui,

  • Speaker #1

    oui.

  • Speaker #0

    Ben oui. Mon fils fumait.

  • Speaker #1

    Mon fils fumait avant que je fasse l'infarctus. Ma fille, il me faisait fumer après.

  • Speaker #0

    Ah, oui. Donc, alors, vous l'avez fait quoi ?

  • Speaker #1

    Ils sont grands, ils sont libres de faire... Ils sont vieux, ils ont plutôt 27 et 26 ans, donc ils savent les conséquences.

  • Speaker #0

    Bien sûr. Vous en avez parlé ?

  • Speaker #1

    Oui, ça va être une chose que je vais leur dire. Tu sais ce qui peut arriver.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Qu'est-ce que je pourrais dire ? Ça m'aurait paru complètement idiot à l'époque, et je ne le croirais pas si on me le disait, mais quand j'étais fumeur, on se sent libre de fuir.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    On est libre de fuir. Mais en fait, on n'est plus libre quand on ne fume plus. Ça paraît...

  • Speaker #0

    Vous perdez quelque chose.

  • Speaker #1

    Quand on fume. Oui. En fait...

  • Speaker #0

    Vous allez me prendre compte, vous dites que quand on fume, on choisit, on a la liberté de fumer. Quand on ne fume plus, on n'est plus libre. Donc on perd les libères. Ah, on est... C'est lié au congé. D'accord, ok. Oui, non, non, c'est... Même si les gens disent que c'est l'inverse du ciel, ils perdent l'université. Oui, oui. Alors qu'en fait, ils sont aliénés. Bon,

  • Speaker #1

    c'est lié... On a parlé de bande dessinée, mais bon, j'écoute du rock, donc on va à un concert, il faut fumer.

  • Speaker #0

    L'ambiance est un peu positive. L'alcool, la cigarette... Oh non,

  • Speaker #1

    mais... Mais le tabac, c'est un tout.

  • Speaker #0

    On s'approprie le package. Comme à l'armée, les gens fumaient parce que c'était banal.

  • Speaker #1

    Oui, mais j'ai vu faire 10 kilomètres pour aller. Il n'y avait plus de tabac, donc il fallait aller faire de la route. Je crois que j'aurais même été prêt à faire 30 kilomètres pour plus de cigarettes chez soi. Est-ce que je vais en être sûr d'en avoir pour demain ? Donc, sans ça, on n'est pas libre, en fait. On a l'impression de... En fait, on est beaucoup plus... Plus de liberté. Plus de liberté. Je crois que c'est ce que je dirais. Oui, j'ai des collègues qui fument, je leur dis fois. Je leur dis, mais t'as vu, c'est le genre de choses que je vais dire.

  • Speaker #0

    T'étais en avant quand même. Je vais dire,

  • Speaker #1

    voilà ce que ça donne. Et puis je vais dire, t'es quand même mieux. Mais bon, c'est des personnes plus jeunes que moi.

  • Speaker #0

    Oui, parce qu'ils ne réalisent pas aussi l'impact que ça peut avoir. Sans hésitation.

  • Speaker #1

    Pour autant, j'étais fumeur et ça ne gênait pas.

  • Speaker #0

    C'est sûr, oui. En plus, les lois qui permettaient de fumer, qui n'étaient pas encore là pour fumer dans les restaurants, les votes de nuit.

  • Speaker #1

    J'ai débuté en fumant. Voilà, c'est sûr. Oui,

  • Speaker #0

    je vois très bien. Cholestérol, un petit peu, on parlait donc des facteurs de risque. Le cholestérol, c'est quelque chose qui vous parle maintenant ? Quelque chose que vous traitez comme une cible de traitement ? Il y a un traitement.

  • Speaker #1

    Je crois que dans mes médicaments, j'ai un traitement contre le cholestérol qui attaque le bon cholestérol si je mange du poisson aussi. Mais je crois qu'il prend tout.

  • Speaker #0

    Non,

  • Speaker #1

    je ne suis pas... Non, mais sinon, je ne fais pas vraiment attention.

  • Speaker #0

    Alors, c'est vrai que le traitement pour le cholestérol, je rebondis parce que souvent, après un infarctus, des fois, les gens me disent « Je ne comprends pas pourquoi vous mettez un médicament contre le cholestérol alors que je n'en ai pas. » Et ça, c'est toujours la difficulté, c'est qu'en fait, le traitement, il est là pour à la fois faire baisser le taux de cholestérol, mais aussi parce qu'il réduit en lui-même les accidents cardiovasculaires. On va dire qu'il stabilise les plaques au niveau des artères et donc ça permet indirectement de réduire les accidents cardiovasculaires. Ça s'appelle les MACE, pour événements cardiovasculaires majeurs, infarctus, AVC, mort subite et les hospitalisations. Donc en soi, c'est bien parce que vous me faites confiance, donc vous les prenez et vous comprenez. Mais des fois, il y a un peu de défiance de la part des patients de dire pourquoi vous me donnez ça. Je ne vois pas l'enjeu, je ne vois pas l'intérêt. Et il y a une remise en question des fois des médicaments.

  • Speaker #1

    Au moment de la réadaptation cardiaque, c'est là où je suis le moins sérieux. Certainement où j'ai le besoin de... J'aurais besoin de retourner un peu à l'école. J'avais rencontré... Alors c'était l'infirmière qui gérait le... Il y avait une infirmière qui chapotait un petit peu la réadaptation cardiaque. Il y avait un médecin, mais à chaque séance, il y avait une infirmière qui était présente et qui chapotait un peu tout. J'avais eu une rencontre avec elle, elle m'a fait dire « Les médicaments, vous savez à quoi ils correspondent ? »

  • Speaker #0

    Pas une interrogation, mais il y a toujours un peu le côté genre « Allez, je vais écouter » .

  • Speaker #1

    Je savais qu'il y avait cholestérol, diabète. Oui, bon. Elle m'avait donné toutes les explications. Oui, moi, j'en ai conclu. Dans mon esprit, en tout cas, ça s'est enregistré comme ça. Comme mon cœur ne fonctionne pas très bien, quand même, si on enlève tous les médicaments, il ne fonctionne pas bien du tout. Donc, il a besoin. Il y a des médicaments qui sont là pour l'aider à son bon fonctionnement.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Donc, qui compense, en fait, son mauvais... Je l'ai compris comme ça.

  • Speaker #0

    C'est un soutien. Donc,

  • Speaker #1

    moi, je me fais confiance. Moi, je vous fais confiance. Je fais confiance. Autant je n'allais pas chez le médecin, j'y vais pas plus. Là, j'y vais pour mon suivi médical. Mais si j'ai besoin, j'irai maintenant. Donc, je fais confiance.

  • Speaker #0

    C'est comme ça, ces choses doivent se passer. Non,

  • Speaker #1

    mais je suis enseignant, je ne suis pas médecin. Donc, je ne suis pas du genre à lire, sinon plus, les notices.

  • Speaker #0

    Il vaut mieux poser des questions. Souvent, ce que je vois, ça dessert en cas de légende. C'est bien, mais trop d'informations a tendance à me faire un petit angoisse.

  • Speaker #1

    J'avais un médicament qui était là pour les douleurs au ventre. Je me souviens au début, un médicament en plus, pour aider à supporter les médicaments.

  • Speaker #0

    Ça s'appelle un IPP, oui.

  • Speaker #1

    Je me souviens que c'était une pharmacienne qui m'avait dit « Est-ce que vous avez des douleurs au ventre ? » Je me mets de soucis. Est-ce que vous avez besoin de ce médicament ? Posez la question. Je vous avais posé la question. On l'a supprimé.

  • Speaker #0

    À ce moment-là, il n'était plus utile parce qu'au début, vous aviez deux traitements qui étaient pour justement fluidifier le sang, on va dire. Et donc, dans ces cas-là, on sait qu'il y a un haut risque de saignement. Tu le sers. Si jamais il y a des maux d'estomac en plus, ça peut créer un peu d'acidité. Mais en effet, après, une fois que les choses sont stabilisées... qui n'a pas de fragilité de l'estomac, on peut le ressortir. Oui.

  • Speaker #1

    Donc, pour ça, en fait, je fais confiance.

  • Speaker #0

    Je te désercie parce que c'est le but aussi d'accompagner dans les questionnements que les gens peuvent avoir. C'est le rôle du médecin, j'entends, de rassurer, de répondre aux questions. Et des fois, il y a beaucoup de défiance parce que maintenant qu'on a accès à Internet, c'est bien et pas bien parce que ça peut aussi remettre des fois en cause, en tout cas induire de mauvais comportements.

  • Speaker #1

    Je ne vais pas vérifier sur Internet. Non, non.

  • Speaker #0

    Et même si ça l'était, ce que je dis aux personnes, c'est pourquoi pas, mais dans ce cas-là, avant de prendre une décision, on en parle. C'est ça, en fait. Que ce soit le pharémacien, le chirurgien, le médecin, le cardiologue, etc. Mais il ne faut pas se faire sa petite cuisine, comme je le vois des fois.

  • Speaker #1

    Oui, mais effectivement, en réadaptation cardiaque, j'avais rencontré des gens, des fumeurs, après la séance. Mais ils ne pouvaient pas s'arrêter, en fait. Bon, effectivement, ils ne pouvaient pas. Je peux le comprendre, mais bon. Quoi que je dis, je ne peux pas le comprendre. Non, je ne comprenais pas. Non, je comprends. C'est quelque chose... Moi, j'ai pris les événements comme ils sont venus. On a tout fait. Il y a des gens qui se sont dévoués pour que je m'en sorte.

  • Speaker #0

    Mais à l'hôpital,

  • Speaker #1

    le minimum s'est fait dérespecter. Mais ça fait partie. On m'a donné un traitement. Je le prends. J'ai dû rater en 7 ans. Je le prends à les grands maximums. Et ça serait le soir, 3 fois. J'ai dû me rendre compte, celui qui n'est pas pris trop tard, ça a dû arriver deux fois ou trois fois, grand grand maximum.

  • Speaker #0

    Comment on modérait justement la prise des médicaments, puisqu'elle est acceptée, et c'est bien, parce qu'en effet, le médicament, c'est ce qui vous permet d'être quand même dans une bonne santé relative, parce qu'évidemment, le cœur est fragile, mais en tout cas, de continuer de vivre normalement, globalement. c'est parfois difficile de réorganiser son quotidien en fonction des médicaments certains doivent être pris à une ou moins heure fixe, vous gardez des alarmes, un pilulier, qu'est ce que vous pouvez conseiller ? L'organiser la semaine ?

  • Speaker #1

    Alors il n'y a pas très longtemps, ça fait un mois que je le prépare à la semaine sinon je le prépare au quotidien. Le soir, Et puis en même temps, on prépare ceux du matin parce qu'il y a un médicament qui se trouve en deux. Donc j'ai un tiroir dédié aux médicaments. Ils sont rangés. Je sais exactement à quoi ils correspondent. Voilà. Après un départ en vacances, le pilulier. Mais maintenant, je fais le pilulier à la semaine.

  • Speaker #0

    Vous avez pu prendre l'avion depuis ? Vous prenez l'avion ? Je ne prends pas de tour.

  • Speaker #1

    Parce que j'avais vu que vous aviez pris l'avion.

  • Speaker #0

    J'en ai pris l'avion.

  • Speaker #1

    J'en parlerai à mon médecin. Parce que je pense qu'il y aurait un grand stress.

  • Speaker #0

    Alors, je dis ça parce que dans le voyage, justement, pour en parler longuement, mais en tout cas, pour essayer de donner quelques idées claires, c'est que quand on anticipe un voyage, c'est toujours bien de vérifier que l'état du cœur est bon, surtout si c'est un voyage à distance, très lointaine. Mais peut-être aussi, des fois, de garder ses médicaments ou répartir la prise dans une valise et une autre pour, en cas de perte d'une valise, ne pas se retrouver à court, par exemple. C'est pour ça que vous me posez cette question-là. Comment vous alliez anticiper le voyage ?

  • Speaker #1

    Non, non, si c'est plus d'une semaine, je prévois des médicaments en plus. Et puis, je n'oublie pas d'emmener l'ordonnance.

  • Speaker #0

    Voilà, c'est ça ce que j'allais vous dire, de prendre nos documents médicaux, aller nous les médiquer.

  • Speaker #1

    Non, c'est le seul que, la dernière fois que je suis parti, c'est le seul que j'ai emmené. Mon médecin généraliste m'a dit, emmenez des fois un petit bilan.

  • Speaker #0

    Alors ça, c'est judicieux et c'est quelque chose que je conseille toujours. C'est, à défaut d'avoir l'ordonnance, prenez en photo vos médicaments, en fait. Vous prenez une copie, écrivez-le, mettez-le dans votre portefeuille, écrivez même le nom. Mais en fait, les gens viennent souvent sans leur ordonnance. Alors quand c'est dans du suivi médical, on arrive à encore à se débrouiller. Mais imaginons que vous êtes dans la rue et qu'il vous arrive quelque chose. On retrouve, je ne sais pas, vous avez une douleur par exemple, et vous ne pouvez pas communiquer, qu'on sache ce qui vous est arrivé. Alors c'est vrai que sur les téléphones, par exemple sur Apple, il y a un suivi médical, une fiche que les soignants... en urgence peuvent retrouver de dire voilà attention je suis sous anticoagulants j'ai eu un infarctus j'ai des stents j'ai un défibrillateur oui toutes ces choses là comme des conseils de mes j'ai une petite carte j'ai exactement mais je pense qu'aussi c'est important de noter ses antécédents médicaux du coup de voilà d'avoir des informations au cas où parce qu'on n'est pas à l'abri même je suis pas vous traverser la route quelqu'un vous bouscule une part des connaissances voilà c'est

  • Speaker #1

    Pour une période de vacances, j'y pense. Mais au quotidien,

  • Speaker #0

    moins. Oui,

  • Speaker #1

    au quotidien.

  • Speaker #0

    Ça peut aider, en tout cas.

  • Speaker #1

    Effectivement.

  • Speaker #0

    On arrive bientôt à la fin de l'épisode. Déjà, merci beaucoup parce que le partage d'expérience est vraiment très riche et je pense que ça va vraiment aider beaucoup les gens. Est-ce qu'il y a un ou plusieurs conseils que vous donneriez aux personnes qui nous écoutent et qui souhaiteraient préserver leur cœur ? Ce n'est pas une question facile. Évidemment, il n'y a pas de bonne réponse. En soi, je pense que c'est très teinté l'expérience individuelle.

  • Speaker #1

    J'ai réfléchi à la question et faire confiance à son médecin. chose que je ne faisais peut-être pas suffisamment, puisque je n'y allais jamais, faire confiance à son médecin et faire un vrai contrôle médic. À part peut-être à un âge que 40, c'était bon, tout roule, mais à 50, se dire je suis essoufflé quand je marche, il y a peut-être un check-up. Vraiment faire un vrai contrôle, pas attendre le coup dur. C'est vraiment... Si on est fumeur, et qu'on apporte beaucoup d'activités physiques, en ferrin, même si ça devient sans doute difficile, moi j'ai eu la chance, parce que tout ça, ça fait partie. Tout est arrivé au bon moment, parce que moi j'ai pu avoir un médecin généraliste vite. Je suis rentré chez moi, le jour où je suis rentré chez moi, j'ai appelé, j'ai eu un médecin généraliste. J'ai eu mon infirmier qui venait deux jours après pour me faire une prise de sang pour ce contrôle d'INR. Tout s'est mis en route, tout s'est mis en place. Donc moi, c'est vraiment le chanceux. C'est pour ça que tout ça, ça participe.

  • Speaker #0

    C'est bien accueilli. Oui. On retient le message de prévention, vraiment. Oui. Attendez pas la maladie sans être dans la crainte, mais en tout cas...

  • Speaker #1

    Surtout si on est fumeur, on sait comprendre. Sur les croix d'art. Poids, je ne sais pas si...

  • Speaker #0

    Il y a des messages de prévention dans le cadre du surpoids, mais je pense en effet qu'autour du tabac, ça peut être important. Il n'y a aucun effet positif du tabac, qu'on se le dise. Même l'euro-social, globalement, maintenant on peut vivre sans tabac. Ça coûte cher, on ne sent pas bon au niveau des vêtements, le goût est altéré, on ne profite pas des saveurs des aliments, des boissons, etc. Et puis ça joue sur notre humeur, c'est un vrai boulet qu'on garde au pied, du coup, qu'on parle de liberté, et puis on sait que ça entraîne des maladies, quelles qu'elles soient. Alors c'est vrai qu'on pense au cancer, mais il y a l'infarctus, il y a aussi le cancer de la vessie, la bronchite chronique, toutes ces maladies-là qui ne sont pas visibles et qui ne sont pas aussi mises en avant, auxquelles on ne pense pas. Alors au mieux, ce n'est pas d'enfoncer les gens pour dire que le tabac c'est mal, chacun gère son risque, mais peut-être des fois de rafler...

  • Speaker #1

    Moi c'est en connaissance de cause.

  • Speaker #0

    Ça reste une drogue, donc c'est ça qui est difficile, évidemment, le sevrage tabagique. Avant tout, moi c'est d'ailleurs une question que je pose, ça s'appelle le conseil minimal, c'est de dire, est-ce que vous avez envie d'arrêter de fumer ? Parce que cette simple question, elle résume tout, globalement, la suite de la prise en charge du tabac. À mon sens, je peux me tromper, il y a peut-être des tabacologues qui m'ont trait au créneau, mais l'idée c'est de dire, vous en êtes où du tabac ? Et 10% des gens vont arrêter de fumer dans les mois qui suivent. Simplement parce que le fait d'avoir fait germer l'idée que peut-être vous pouvez vivre sans cigarette, ça les aide. ça les aide à réfléchir et aussi trouver de la motivation parce que soi-même spontanément on ne se pose pas la question tant qu'il ne nous arrive rien ou parce qu'on n'y a pas été sensibilisé et c'est difficile je trouve de s'approprier ces concepts-là alors personnellement je ne fume pas donc c'est toujours difficile mais je vois beaucoup de patients évidemment qui ont arrêté de fumer et il y a quelques éléments qui ressortent en tout cas mais quand on fait ce petit simple conseil de dire est-ce que vous avez envie d'arrêter la personne dit non ... Ça sert à rien de la bassiner avec plein de chiffres de machins et de faire peur. J'étais comme ça,

  • Speaker #1

    donc moi j'étais comme ça.

  • Speaker #0

    Et puis faire confiance à son médecin, je pense qu'aujourd'hui, alors que le climat est quand même beaucoup dans, je dis en défiance, parce qu'en fait on a accès aux informations et on a l'impression que l'information qu'on a lue soi-même, elle est plus pertinente que le médecin aurait eu. Je ne sais pas pourquoi, mais c'est une tendance. C'est une tendance et plutôt que d'en débattre, beaucoup de gens arrivent avec des certitudes. Je pense que c'est ça le plus dangereux aujourd'hui. Alors en plus avec les IA, alors les IA peuvent faire très bien, chat GPT, etc. Mais il faut toujours garder un esprit critique. Et par exemple, je ne suis pas garagiste. Quand je confie ma voiture au garagiste, je n'y connais rien en mécanique, quand j'ai les rudiments. Mais s'il me dit qu'il faut changer les plaquettes, je change les plaquettes en fait. Je ne vais pas me dire, tiens... Je vais aller vérifier, est-ce qu'il est vraiment sûr, ça peut attendre encore 500 km ou pas, et puis prendre un risque en fait. Oui, ça embête, ça peut coûter cher, ça immobilise la voiture, etc. Mais au final, ça reste quand même pour mon bien. Et le médecin est là aussi pour le bien de l'autre, qu'on n'oublie pas de le dire. Et ça, des fois, on est un peu mis dans le rouge à cause de ça, parce qu'on manque de médecins, parce que les rendez-vous sont longs, parce que les gens sont stressés et que nous-mêmes, nous aussi, on est stressés et il faut faire des fois les choses en urgence. Donc ça explique de l'agressivité qu'on voit aux urgences, des médecins, des soignants, des infirmiers, qui se font taper, il y a des agressions physiques. Et je trouve ça un peu... Désolant, déplorable même, parce qu'on est là pour aider les gens. À part ça, est-ce qu'on va parler au Laurent d'il y a quelques années ? Ce n'est pas simple non plus comme question.

  • Speaker #1

    Je n'ai pas été capable. J'ai vu la question avant et je n'ai pas été capable.

  • Speaker #0

    Il faut savoir que si vous pouviez adresser à la version de vous-même d'avant votre infarctus, qu'est-ce que vous lui diriez ?

  • Speaker #1

    Je... Ça va devenir bien.

  • Speaker #0

    C'est bon.

  • Speaker #1

    C'est bizarre. Ça m'a fait... Ça m'a évoqué un vieux souvenir. Mais là, c'est vraiment un vieux souvenir. J'avais un copain qui lisait les lignes de la vie. Les lignes de la main.

  • Speaker #0

    Ah bah bon, ésotérique.

  • Speaker #1

    J'ai toujours gardé en mémoire pour la ligne de la vie. Il m'avait dit, ta ligne de la vie, à ce coup, par un moment, puis elle repart. Et ça m'est intervenu, c'est vrai que ces gens-là, on garde en mémoire pourquoi... Des bêches,

  • Speaker #0

    ils reviennent, bien sûr. Oui,

  • Speaker #1

    et je me suis dit, tiens, c'est bizarre, en fait, ça correspondrait à ce que j'ai vêtu. Qu'est-ce que je dirais ? Je crois que je ne sais pas ce que je dirais. Je crois que...

  • Speaker #0

    D'abord que ça va aller, c'est un message, d'être optimiste, en fait. Et je pense que les personnes qui, dans la vie... S'en sorte le mieux ?

  • Speaker #1

    Ça sera mieux après, en fait. Ça sera mieux. C'est un peu ça, la vie. C'est une suite d'apprentissage. On apprend toujours. Il y a des choses désagréables. Hop, ça se surmonte. Mais ça sert. Ça sert à affronter. Pour affronter, il ne faut pas non plus exagérer, mais à avancer dans la vie.

  • Speaker #0

    Écoutez, merci beaucoup. Je trouve que c'est...

  • Speaker #1

    Je vois toujours le verre...

  • Speaker #0

    À moitié plein ? Oui,

  • Speaker #1

    toujours. J'ai tendance... Je crois que j'étais comme ça avant. Et je crois que c'est encore pire. Je crois que c'est devenu. Yes. C'est devenu... Oui, c'est... Ou pire, ça dépend. Il n'y a personne.

  • Speaker #0

    Mais j'entends clairement que la vie ne s'arrête pas. Il y a tant de temps qu'on est là. Vous gardez le projet. Ça se sent, oui, ça se sent clairement. C'est ça qui m'avait plu, je trouvais, dans votre parcours, expérience de vie, même si elle a été très brutale, très douloureuse aussi, parce qu'on pourrait se dire que c'était quelque chose de positif, presque qu'on pourrait le souhaiter à quelqu'un, dire tu verras la vie après ton infarctus, mais en fait, il y a quand même beaucoup, beaucoup de vie, parce que les gens aussi vous portent, mais aussi vous... permettait aussi aux gens de vivre, puisqu'on est des êtres grégaires, on a besoin des autres pour vivre, donc évidemment on s'imprègne des expériences et on avance. Voilà, en tout cas on arrive à la fin de l'émission et merci infiniment Laurent pour vos témoignages, c'est très inspirant et je suis certain que ça va aider beaucoup de personnes à mieux comprendre déjà l'importance de la prévention du suivi médical et aussi de la capacité que le corps a art de résilience. C'est vraiment ce mot-là qui, je pense, résume aussi les épreuves de la vie. Donc, merci beaucoup, en tout cas, d'avoir partagé votre histoire avec nous. Pour finir, je vous donne la parole parce qu'il y a plein de sujets que je traite. Est-ce qu'il y en a un que vous aimeriez que j'aborde pour un prochain épisode ?

  • Speaker #1

    C'est pareil. Je me suis dit de l'alimentation. Ça serait peut-être qui me touche, moi, l'alimentation.

  • Speaker #0

    Sous quel angle de savoir quels aliments adopter quand on a une maladie, ou même juste de la prévention en amont, d'avoir une bonne hygiène de vie, comme on pourrait l'enseigner aux enfants, parce qu'on voit qu'il y a beaucoup de malbouffe, beaucoup de mauvaise éducation nutritionnelle, et qui dessert beaucoup les enfants parce qu'il y a beaucoup d'obésité, parce qu'il y a beaucoup de carence aussi, parce qu'on parle des aliments en plus, mais aussi des aliments en moins. Donc ok, ça pourrait être un bon sujet en effet. Des limes simples pour adopter de bons réflexes, pour bien manger. On parle même d'alicaments maintenant, c'est-à-dire des aliments qui sont des équivalents de médicaments. Mais il y a quand même les piliers comme légumes, protéines, lipides, et puis après on ajoute les micronutriments, les vitamines, les oligoaliments, etc. qu'on peut trouver dans les aliments naturellement. C'est vrai qu'on a toujours tendance à se dire « bon, je vais me supplémenter » , alors qu'en fait c'est des choses très simples qu'on peut mettre en place et qui sont très porteuses. Ok, j'en pronote. Et pour terminer l'émission, alors quelque chose qui me tient à cœur, et j'avais déjà établi ça avec mon ami généraliste la dernière fois dans une précédente émission. pour finir un peu sur poésie, littérature je ne sais pas si c'est quelque chose que vous aimez en tout cas dans la fin des échanges j'aime beaucoup ça est-ce que mon ami il y a une fois avait dit le coeur a ses raisons que la raison ne connait pas qu'il m'avait sorti est-ce que vous accepteriez de me donner une citation Maxime sur le coeur évidemment qui permettrait à nos auditeurs de s'y révéler un peu le temps d'un instant j'en ai trouvé deux il y en a une qui va bien avec la prévention c'est un proverbe chinois

  • Speaker #1

    Le cœur ne parle pas, mais il faut savoir l'écouter. Ça, c'est quelque chose qu'on apprend, à s'écouter.

  • Speaker #0

    Spontanément, on ne l'entend pas. Il faut savoir écouter ses simulacres.

  • Speaker #1

    On apprend à s'écouter, à écouter son cœur, mais son corps aussi. Je vois qu'on fait de la marche, on fait plus attention, on est plus attentif. Une petite chose que j'aurais voulu dire, qu'elle est un petit peu... Personnellement, moi, ça a été... vraiment l'infarctus a été bénéfique. Et je pense que ce que je l'avais noté, ça m'a aidé à me construire, en fait, à continuer à grandir, à me construire et à faire plus attention à la fois à moi, quand on marche, en fait, s'il y a une douleur, si on a quelque chose, mais aussi à faire beaucoup plus attention aux autres, aux gens qu'on aime ou qu'on apprécie, à être plus attentif à tout le monde.

  • Speaker #0

    C'est un peu de la fragilité de la vie aussi, parce que... On est un ensemble. Vous êtes approprié la maladie, si on peut le dire. Même si j'aime pas dire aux gens vous êtes malade parce que ça enferme. Non. Mais dire il y a eu la maladie, elle fait partie de mon quotidien, elle fait partie de ma personne aujourd'hui. Et je me suis aussi construit avec et j'ai accepté. Oui.

  • Speaker #1

    Et puis, je pense que je reste un peu persuadé de ça. Moi, il y a du bonus. Je pense que j'aurais comme j'ai pas réagi, pas agi comme il fallait. J'aurais dû mourir. Donc, je suis dans du bonus, du plus.

  • Speaker #0

    Ça vous libère d'un poids ?

  • Speaker #1

    Oui. C'est bien. C'est super. Et sinon, la deuxième petite phrase que j'avais trouvée, qui me correspond aussi. Une personne chère ne nous quitte jamais. Elle vit au plus profond de notre cœur. Et pour la revoir, il suffit de fermer les yeux. Alors là, je ne sais pas qui a dit ça. En tout cas, ça me correspondait bien.

  • Speaker #0

    C'est très parlant. Je vous remercie. J'aime bien cette façon de terminer l'émission parce qu'évidemment, il y a la raison parce qu'encore une fois, les éléments de vie, c'est des fois très brutal. Mais je trouve que d'un peu d'introspection, ça permet aussi de réfléchir à sa situation et celui-ci est très parlant. Merci beaucoup. Écoutez, merci à tous d'avoir écouté en plein cœur. Si ce témoignage vous a touché, vous a appris quelque chose, n'hésitez pas à le partager autour de vous et à vous abonner. Retrouvez aussi l'émission sur LinkedIn, YouTube ou encore Instagram, TikTok. Et dans 15 jours, j'aurai le plaisir de vous parler du cholestérol. Alors, ce n'est pas les aliments, mais c'est peut-être mettre des petits piliers pour que les personnes comprennent les enjeux puisqu'il y a beaucoup de choses négatives qui sont dites autour de ce facteur de risque cardiovasculaire. C'en est réellement un. Ce n'est pas juste un... là pour dire aux gens, prenez des statines et c'est tout, parce que le cholestérol, l'hypercholestérolémie en tant que telle, abîme les artères et entraîne d'autres maladies. Donc on parlera exactement de ce sujet-là pour dire de quoi il s'agit. C'est un épisode évidemment introductif, parce qu'il y a beaucoup de choses à dire sur ce sujet. J'essaierai de poser les bases pour vous expliquer en quoi il s'agit d'un facteur de risque qui fait traiter, et malgré toutes les controverses qui existent à son égard. D'ici là, je vous souhaite une bonne semaine, prenez soin de vous, et je vous dis à très bientôt pour ce nouvel épisode. Merci beaucoup Laurent.

  • Speaker #1

    Merci.

Description

❤️ Bonjour,

Aujourd’hui, je reçois Laurent, un patient qui a traversé une épreuve majeure : un infarctus du myocarde. 💔⚡ Mais loin de se laisser abattre, il a su transformer cette expérience en un véritable renouveau, adoptant un mode de vie plus sain et devenant un exemple de résilience 💪🌱

Quels ont été les premiers signes de son infarctus ? 🆘 Comment a-t-il vécu l’annonce du diagnostic et la prise en charge en urgence ? 🚑💨 Comment a-t-il réappris à vivre avec une insuffisance cardiaque stabilisée ? 🤔💊 Et surtout, quels conseils peut-il partager avec nous pour préserver notre cœur et éviter de telles complications ? 🏃🥗🚭

Dans cet épisode, nous parlerons de prévention, adaptation et espoir ✨, avec un échange sincère et sans tabou. Vous allez voir, c’est une conversation à la fois émouvante et riche en enseignements ! 💬💡

Si ce témoignage vous touche ou vous aide à mieux comprendre la santé cardiovasculaire, partagez-le avec vos proches ❤️ et abonnez-vous pour ne manquer aucun épisode ! 🎧🔔

Bonne écoute, et surtout, prenez soin de vous et de votre cœur ! ❤️


---------------------------------------------------


🎶 MUSIQUES (https://www.auboutdufil.com et studio.youtube.com)

Gemini - The Soundlings

Going Home - The Soundlings

Creme Brulee - The Soundlings

Silent Night - The Soundlings

HaTom-Naya

KaiEngel-Maree

ScottBuckley-Sleep

JohnyGrimes-Nostalgia


---------------------------------------------------



Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bonjour à toutes et à tous, je vous souhaite la bienvenue dans l'émission En Plein Coeur. Aujourd'hui j'ai le plaisir de recevoir Laurent, que je connais bien maintenant puisque Laurent est un de mes patients, que je suis depuis presque 8 ans à la clinique où je travaille sur moi. Alors évidemment pour des raisons de confidentialité, je n'utiliserai que le prénom de mon invité pendant l'émission. Pour vous resituer un petit peu le contexte de l'émission, pour ceux qui le découvriraient, je présente des sujets sur la cardiologie pour sensibiliser les gens à la santé cardiovasculaire. Ça passe par des émissions très techniques comme l'anatomie ou l'électrocardiogramme, d'autres qui sont plus vastes et transversaux comme les effets de la vitamine D, des édulcorants, encore le sauna sur le cœur et que vous pouvez déjà écouter. Par contre, il y a quelque chose de puissant, je trouve, et que j'ai eu le plaisir déjà de mener avec un ami médecin généraliste qui nous a raconté son quotidien, c'est le partage d'expériences. Et c'est vrai que depuis tout petit, on aime bien se raconter des histoires. Mais quand on traverse en tout cas... Une épreuve de la vie, finalement, personnellement, je trouve qu'on se sent moins seul quand il s'agit de savoir comment une personne a affronté un accident. Et donc, c'est de ça dont il s'agit aujourd'hui. Je reçois Laurent, qui fait partie de mes premiers patients quand je me suis installé en 2017. C'est donc un vrai honneur pour moi de le recevoir aujourd'hui, car je sais que ce n'est pas un exercice facile de se livrer comme ça derrière un micro, mais on est au calme, le temps ne presse pas. Il ne fait peut-être pas très beau, mais en tout cas, on est posé avec un café et on va se laisser aller tranquillement au fil des échanges. on vous emmène avec nous, vous allez voir, ça va être très sympa. Je vais vous expliquer maintenant pourquoi je voulais recevoir particulièrement Laurent aujourd'hui. Laurent, si je ne me trompe pas, vous avez 60 ans, même si vous ne les faites pas. Et quand je me suis installé, je me souviens de vous avoir reçu lors de notre premier rendez-vous et j'étais assez stupéfait par l'ensemble de tout ce qui vous est arrivé. Et étonnamment, par toute l'énergie que vous gardiez des suites de l'accident. Vous avez eu un infarctus du myocarde qui s'est pas mal compliqué à la phase initiale, on en reparlera. Et malgré ça, la vie semble s'être tellement renforcée chez vous que je trouvais ça vraiment une belle leçon de vie. Donc j'étais obligé de vous proposer de passer dans l'émission, car votre histoire de vie peut aider beaucoup de personnes autour de nous, parce que personne n'est épargné par le risque potentiel des maladies cardiovasculaires, ça reste encore une des principales causes de décès en France. Et malgré tous les progrès qu'on a connus dans le domaine de la cardiologie, il y a encore beaucoup à faire, donc on va essayer de parler de votre parcours, des défis que vous avez rencontrés. de la manière dont vous vivez aujourd'hui avec une insuffisance cardiaque stabilisée également. Au fil de l'émission, je n'hésiterai pas à vous préciser certaines parties qui pourraient paraître un peu techniques parce que tout le monde n'a pas le même bagage sur la cardiologie et donc pour que tout le monde comprenne bien de quoi il s'agit quand on parle d'infarctus, de médicaments, de stents, de défibrillateurs, etc. Mais pour commencer... Laurent, je tenais déjà chaleureusement à vous remercier d'avoir accepté mon invitation. De rien. Et je vous laisse vous présenter de la façon que vous souhaitez.

  • Speaker #1

    Donc j'ai essayé de voir une présentation qui corresponde à ce qui peut être dit ensuite. Donc je suis enseignant au milieu spécialisé, je pense que c'est important. Oui. Ça a son importance pour le comportement après que je peux avoir. Je suis divorcé, j'ai deux enfants. Je suis grand-père depuis un peu plus d'un an. Super,

  • Speaker #0

    c'est le groupe de l'énergie.

  • Speaker #1

    Voilà. Sinon, moi j'aime marcher. Et quand je marche, j'aime la petite histoire. Et j'ai un gros défaut, je suis très indépendant.

  • Speaker #0

    Oui, c'est pas d'une qualité en même temps. Ça permet de prendre du temps pour soi et pour développer de l'énergie. Et solitaire.

  • Speaker #1

    Et solitaire, et tout ça, ça correspond. Vous allez voir après dans les comportements que j'ai pu avoir, ça peut donner une bonne explication à beaucoup de choses qui sont arrivées. Sinon, avant l'infarctus, j'étais quelqu'un qui n'allait jamais chez le médecin.

  • Speaker #0

    Comme beaucoup des patients finalement en fait. Oui. On ne pense pas à ce qu'on pourrait avoir une maladie cardiaque quand ça nous tombe dessus, mais c'est d'ailleurs un peu l'écueil de la cardiologie, c'est qu'on fait beaucoup de prévention. Et je peux imaginer qu'avant l'accident, il n'y avait pas de bilan de check-up. Du tout. Rien.

  • Speaker #1

    Zéro.

  • Speaker #0

    Même les vaccins ?

  • Speaker #1

    Oui, même les vaccins. Les vaccins ont été faits...

  • Speaker #0

    À l'âge des 25 ans et puis après les rappels 45, 65.

  • Speaker #1

    Il n'y avait pas de rappel, il n'y avait rien du tout. C'est le médecin, mon généraliste, qui les a faits.

  • Speaker #0

    Quand il avait estimé que c'était inutile.

  • Speaker #1

    Tout ça, ça a été réglé. Après la fracture, je suis resté un an avec... Pas un an, j'exagère. J'étais resté trois mois, je crois, avec une fracture, un début de fracture au poignet.

  • Speaker #0

    OK.

  • Speaker #1

    Et je m'étais fait mal.

  • Speaker #0

    OK.

  • Speaker #1

    Et bon, c'était bon. J'avais pris une étagère sur le poignet.

  • Speaker #0

    Du remal, quoi.

  • Speaker #1

    Non, même pas.

  • Speaker #0

    Non.

  • Speaker #1

    Et c'est après, en conduisant, qu'il y a eu une douleur. Et je ne sais plus pourquoi, je suis allé chez le médecin. J'avais un médecin, c'était sur Beauce. Et il m'avait dit, ça fait un moment que vous avez...

  • Speaker #0

    Toutes fractures, bon.

  • Speaker #1

    Donc voilà.

  • Speaker #0

    Mais là, l'infarctus, ce n'était pas pareil. Non, non. C'est vrai qu'on en parlera.

  • Speaker #1

    Il y avait eu un déménagement, donc plus du tout de médecin. Mais plus du tout, parce que là... J'avais changé de... Pas de région, mais de commune. Et puis, une bonne distance. Donc, plus du tout de médecin. Donc, voilà. Je pense que la présentation, après... Il y a des choses que j'aime. Mais bon, j'aime... Les goûts n'ont pas évolué depuis l'adolescence. Donc, j'aime la BD, l'art.

  • Speaker #0

    Et c'est... C'est des activités qui sont plutôt dans l'introspection, du coup. Mais... Vous me disiez qu'il y avait de l'activité physique, et ça, ce n'est pas pour prêcher pour ma paroisse, mais évidemment, c'est une bonne chose.

  • Speaker #1

    Non, mais alors avant, toujours avant l'infarctus, pour présenter la personne, j'étais un fumeur, et on va dire un grand fumeur. Donc je ne courais plus parce que je n'étais plus capable de courir. J'ai un souvenir précis avec mes enfants à Étretat. On me soufflait pour monter au niveau des falaises. Impossible, c'était devenu dur, mais bon, on continue de fumer.

  • Speaker #0

    Ça reste une drogue, on va en reparler. C'est ça qui est terrible, parce qu'en effet, les gens ne se rendent pas compte à quel point ils font du mal, on va dire, à leur corps, et que parfois les alertes doivent être un peu brutales pour se rendre compte que la vie est précieuse, et en tout cas, ça a été votre choix après l'accident. Il y a eu des sacrés changements, pareil, on en parlera. Donc vous me parliez de BD ? Et donc, de moments calmes qu'on prend pour soi, est-ce que, là, on est sur un format podcast, donc c'est vrai que c'est un média de niche pour les gens qui sont déjà assez sensibilisés à cet environnement. Est-ce que les podcasts, c'est quelque chose que vous écoutez, vous, de votre côté ? Non. Non.

  • Speaker #1

    Alors, je sais que ça existe parce que, alors, je n'ai pas la télé.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    J'ai une grande télé pour les vidéos, mais je ne capte pas la télé, en fait. Je n'ai pas d'antenne. donc j'écoute la radio pour les infos donc je sais que ça existe comme je suis enseignant France Inter j'écoute France Inter comme tous les enseignants et c'est très bien donc je sais que ça existe mais je n'en écoute pas ok

  • Speaker #0

    c'est vrai que maintenant il y a quand même beaucoup de choses internet youtube qui permettent de démocratiser c'est vrai que pour le coup je trouve que le podcast c'est un média qui qui s'écoutent assez facilement, et surtout les histoires, comme celles-ci, les interviews, les partages d'expériences. Donc voilà, j'espère que ça pourra en tout cas toucher le maximum de gens sur ces sujets-là, et en tout cas la maladie coronaire dont il s'agit aujourd'hui. On va aller dans le dur du sujet, c'est-à-dire l'infarctus. L'infarctus, donc on revient un peu en arrière. On est en février 2017.

  • Speaker #1

    En juillet 2017.

  • Speaker #0

    Juillet 2017. Juillet.

  • Speaker #1

    Je suis enseignant, donc j'ai fait... C'est repris.

  • Speaker #0

    Pendant les vacances. Ok. Pendant les vacances. C'est l'idée.

  • Speaker #1

    Tout début de vacances. Ouais.

  • Speaker #0

    Donc juillet alors, ok. J'imaginais, donc il fait beau, peut-être. Troisième. L'été. Oui, oui. Tout va bien, la vie est douce. Il n'y a plus des petites pâquerettes encore que. Les petites pâquerettes qui bougent au gré du vent, et puis tout d'un coup, coup d'éclair dans un ciel serein. Est-ce que vous pouvez nous raconter ce qui s'est passé ce mois de juillet ?

  • Speaker #1

    J'en ai gardé des moments précis. Ça s'est gravé dans la mémoire. Je regardais la télé, je regardais le magicien d'Oz.

  • Speaker #0

    C'était ça le problème ?

  • Speaker #1

    C'était le problème, oui. Je regardais le magicien d'Oz et quand j'ai ressenti une douleur à la poitrine.

  • Speaker #0

    ça faisait quoi exactement comme type de douleur vous aviez une pointe une pointe ok une pointe à un endroit précis ouais ça j'ai gardé vraiment le la douleur près elle est toujours là vous sentez encore plus plus de douleurs fantômes comme certains peuvent ressentir ok

  • Speaker #1

    et donc j'ai continué à regarder mon film ouais Première réaction, on fume une cigarette, il y a une douleur.

  • Speaker #0

    Il faut se détendre.

  • Speaker #1

    Oui, on est fumeur, on fume. Donc c'est abominable, c'est encore plus douloureux. Et ça a dû commencer vers 11h le soir.

  • Speaker #0

    C'est assez classique, je rebondis sur le timing. En pratique, les infarctus arrivent souvent dans la nuit, le petit matin. Souvent c'est le petit matin, 4-5h du mat, 6h. Quand c'est vrai que j'étais de garde en cardiologie, c'était un peu l'horaire. le milieu de la nuit. C'est assez étonnant. Je ne suis pas très surpris que ce soit dans la nuit, on est au calme, tout va bien. Ce n'est pas toujours la douleur à l'effort, bizarrement. Il y a souvent des prémices, mais en effet, la douleur au repos... Il y a eu des prémices, justement. Il y a eu des moments, les semaines d'avance, que souvent les gens ressentent quand même ça. Ils expliquent que ce n'était pas comme avant. Par exemple, ils avaient du mal à avancer, qu'à l'effort, c'était plus compliqué. Il y avait, on va dire, une rupture, quoi. Progressive, voire un peu rapide. Mais il sentait des choses un peu avant. Pas du tout. Tout allait bien et cette douleur est arrivée brutale.

  • Speaker #1

    S'il y a eu quelque chose, je n'ai pas fait attention. Je n'ai pas su l'écouter. Oui. Que je disais à être tard, marcher, c'était un peu... Ah, mais c'était le tabac.

  • Speaker #0

    Il y avait une célébrité qu'on attribuait au tabac. Que j'aime. Que c'était ça. Voilà, c'était le tabac,

  • Speaker #1

    voilà.

  • Speaker #0

    Mais en tout cas, il y avait cette gêne. Donc douleur brutale, ok.

  • Speaker #1

    Oui, donc douleur qui reste.

  • Speaker #0

    Cigarette.

  • Speaker #1

    Cigarette, donc je n'ai pas pu fumer. J'ai dû... De taf. Donc la nuit a continué comme ça. Je me souviens de frissons, pas des frissons, mais des fourmillements dans le bras. Je me souviens de ça. Donc j'ai essayé de me coucher, donc impossible de dormir.

  • Speaker #0

    Bien sûr.

  • Speaker #1

    Avec la douleur. J'ai pris une douche. Ça pourrait aller mieux. Pareil,

  • Speaker #0

    ça remettait sur l'ambiance de la détente, quoi, pour essayer de scanner et voir si ça passait.

  • Speaker #1

    J'ai essayé de refumer, donc plusieurs fois. Rien ne changeait et je ne pouvais pas. Alors, ce qu'il faut savoir, c'est que je ne pouvais pas être malade.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Ce n'était pas possible. Ça a dû arriver un lundi ou... C'était vraiment au tout début des grandes vacances. Oui. Ça devait être un lundi ou un... Je pense que c'était un lundi. Le lendemain, j'avais rendez-vous, je travaillais dans une école, je retournais dans un établissement où j'avais travaillé, justement avec des enfants autistes. Donc j'avais rendez-vous le lendemain avec le chef de service. Je ne pouvais pas manquer mon rendez-vous.

  • Speaker #0

    Toute la nuit, il restait comme ça avec cette douleur.

  • Speaker #1

    Et ma fille devait venir. Comme je suis divorcé, mes enfants habitaient chez leur mère. Et donc le lendemain, ma fille devait venir pour passer en entretien pour un travail d'été, pour un job d'été. Donc il fallait que je sois là. Ce n'était pas possible autrement. Donc je suis resté toute la nuit comme ça. Avec l'envie. Alors la douleur était insoutenable.

  • Speaker #0

    Par exemple sur 10, 10 c'est le max, 0 pas de douleur. Vous diriez que c'était une douleur à combien ? De mémoire, c'est évidemment sympa.

  • Speaker #1

    L'envie que j'avais, c'était de prendre un couteau de cuisine et enfoncer. Donc on était pas loin.

  • Speaker #0

    Rousseau la fois. Ouais,

  • Speaker #1

    ouais, c'était... Et Luc, vraiment une pointe. Et donc, voilà. Et puis arrivait un moment, comme ça ne s'arrêtait pas, mais c'était sur les coups de 6h du matin.

  • Speaker #0

    La fameuse. Quand on a fini la nuit. C'est bizarre.

  • Speaker #1

    J'ai quand même un portable. Donc, douleur à la poitrine, qu'est-ce que ça peut être ? Si vous avez une douleur à la poitrine, appelez-le Samu. Donc j'ai appelé le SAMU. J'ai dit tout de suite, il n'y a pas eu de souci. Donc on m'a dit, vous ne bougez plus. Non mais il faut que je prépare mes affaires. Si je dois aller, on prévient, quelqu'un va arriver tout de suite. Non mais il faut que je prépare mes affaires. Non, non, vous restez assis. Ça, je me souviens de ces moments précis. J'ai préparé quand même mes tapiers. pour l'hôpital, mon tabac, pour fumer le soir.

  • Speaker #0

    Vous n'étiez pas malade à ce moment-là.

  • Speaker #1

    C'était vraiment prévu.

  • Speaker #0

    C'était vraiment prévu.

  • Speaker #1

    Par contre, ce qui est très curieux, je ne me souviens pas de ce qui s'est passé avant, après le coup de téléphone, mais après, je n'avais plus mal. Je n'ai plus de douleur.

  • Speaker #0

    La douleur a disparu après l'appel. Oui.

  • Speaker #1

    Ça n'a pas dû se produire tout de suite, je ne sais pas.

  • Speaker #0

    C'est ce que votre cerveau a enregistré,

  • Speaker #1

    que la douleur a disparu.

  • Speaker #0

    L'appel a été salvateur, dans tous les sens.

  • Speaker #1

    Donc j'ai attendu pas longtemps en fait, les pompiers sont vite arrivés.

  • Speaker #0

    Ça arrive en combien de temps ? Quand vous avez appelé et le moment où ils étaient là ?

  • Speaker #1

    Allez, en grand maxi. J'allais dire grand, grand, grand maximum 10 minutes.

  • Speaker #0

    10 minutes, oui. Oui,

  • Speaker #1

    peut-être même pas. Alors les pompiers, j'ai entendu le véhicule arriver. Donc je suis allé à la porte. Ça, c'est un autre moment aussi, un autre souvenir. Donc je les ai vus passer. Ils sont allés au bout de ma rue.

  • Speaker #0

    Vous leur avez fait saut de boue ?

  • Speaker #1

    Ils se sont trompés. Donc ils ont fait demi-tour. Oui. Mais le déplacement, plus lent. Je m'éteignais. Et ça, j'en ai conscience. Mais bien. C'est assez bizarre de dire ça, mais je m'éteignais. Bien. J'étais bien pour partir.

  • Speaker #0

    D'accord. C'est quelque chose que vous aviez envisagé au moment où ils étaient là ? Du tout. Comme si vous aviez le corps à l'étonnement. C'est quelque chose que peut-être ça pouvait être la fin. Oui. Ok.

  • Speaker #1

    Mais bien reposé, bien détente. C'est bizarre de dire ça.

  • Speaker #0

    Chacun est différent.

  • Speaker #1

    Et puis, les pompiers sont arrivés. Il y a un pompier qui est arrivé en premier. C'était un copain. C'était un collègue de travail d'avant qui était pompier volontaire. Donc, j'ai tout de suite vu sa tête. Les yeux qu'il a fait.

  • Speaker #0

    Il avait compris que c'était certainement grave.

  • Speaker #1

    Donc... Je lui ai demandé après, parce que le SAMU est très vite arrivé. Donc ils m'ont assis, je ne sais plus, j'ai été branché. Et je lui ai demandé ce qu'il en pensait, si c'était sérieux. Il m'a dit, je ne peux pas te dire, mais bon, allez, on va t'emmener à l'hôpital. Donc voilà, ça a été le départ. Par chance, ça a été à l'hôpital de Rouen. Oui, CHU. Au CHU. Voilà. Donc après, ça a été tout. Après, je suis arrivé au CHU.

  • Speaker #0

    Donc, je me suis fait faire. Oui, c'est ça. En fait, on se laisse porter. On ne maîtrise plus rien. C'est peut-être une bonne chose dans un sens. Il faut se remettre à la professionnelle de santé. Et pour le coup, on est obligé de faire confiance. Oui. Mais à ce moment-là, j'ai l'impression qu'il y a eu un switch dans votre esprit, à savoir que vous comprenez que finalement, là, on était plus sur l'idée que... vous étiez plus malade en fait il fallait faire des examens il fallait à ces là on vous sentiez qu'il y avait quelque chose qui s'était passé il ya eu peu ne y a pas eu finalement de gestion de la douleur parce que voilà pour avoir vu évidemment beaucoup d'infarctus à la phase aiguë les gens quand même souvent mal on leur donne de la morphine parfois d'ailleurs pour calmer la douleur tellement ça peut être intense et d'ailleurs vous le ressentiez au début une douleur quasiment à 10 sur 10 insupportable et on et on entend que vous avez mis du temps avant d'appeler parce qu'on ne se rend pas compte finalement que ça peut nous toucher. Et c'est ça qui est étonnant dans la maladie, c'est que souvent, et c'est ce qui explique que beaucoup d'ailleurs de gens fument alors qu'ils connaissent les risques, ont une mauvaise idée de vie ou autre, on ne s'imagine jamais qu'un jour ça peut nous toucher. Et ça c'est difficile parce qu'on est tous exposés, tous individuellement, on a tous un risque qui nous tombe un peu sur, qu'on porte sur nos épaules, mais... évidemment et heureusement on n'y pense pas et c'est ce qui nous permet d'avoir des projets de ne pas se dire le pire arrivera mais on se dit on verra bien et puis la vie continue mais à ce moment là c'est de ce que j'entends c'est que la maladie elle n'est pas spécialement là encore moins d'infarctus on imagine toujours que c'est quelque chose de presque théâtralisé la personne se porte la main elle s'écroule comme dans les films quoi porte sa main à la poitrine Je rebondis d'ailleurs sur la douleur, la douleur classiquement, donc une douleur d'infarctus. On s'attend en tout cas à ce que ça soit dans la plupart des cas un serment comme un étau dans la poitrine, que ça irradie au niveau du cou, de la mâchoire, de l'épaule. Ça a tendance à augmenter à l'effort dans les semaines qui précèdent. Et puis sinon, la douleur est intense et elle ne passe pas. C'est ça qui doit alerter. Une douleur qui dure au moins une vingtaine de minutes, qui ne passe pas, c'est un signe d'alerte. Et évidemment, à ce moment-là... Ce que je dis toujours à mes patients, c'est qu'il faut appeler le 15. Non pas parce que les gens souvent disent « oui, mais j'ai peur de déranger » , mais parce qu'en fait, vous avez un médecin, un médecin régulateur qui va vous poser des questions. Et c'est la chance qu'on a en France, c'est d'avoir justement le SMUR, le SAMU, le 15, le 112 aussi pour éventuellement d'autres pays. Mais en tout cas, on a la chance d'avoir accès à un médecin rapidement qui peut nous prendre en charge après, avec une équipe dédiée. Ça peut être... Des pompiers, des ambulanciers ou une équipe d'infirmiers et de médecins. Donc c'est une chance qu'on a, je trouve, en France. Et ça a été le bon réflexe finalement, heureusement, parce qu'on disait que vous éteignez.

  • Speaker #1

    Oui, oui, et c'est vraiment le terme.

  • Speaker #0

    Ce ressenti. Ok.

  • Speaker #1

    Reposer. Mais reposer. C'est bizarre.

  • Speaker #0

    Ça s'est passé comme ça. Est-ce que vous étiez inquiet à ce moment-là ? Est-ce que vous avez... À quoi vous avez pensé quand vous étiez à l'hôpital ?

  • Speaker #1

    Je n'étais pas inquiet. Non, arrivé à l'hôpital, aucune inquiétude.

  • Speaker #0

    Ok.

  • Speaker #1

    Non, j'étais à l'endroit où il fallait.

  • Speaker #0

    Ce que je vois souvent, les gens, parce que tout à l'heure, vous me disiez, j'ai pris mes affaires. Ce dont il s'agit, c'est qu'en fait, quand les gens ont un accident comme ça, la plupart ont des comportements adaptés, ils savent qu'il faut se laisser aller, qu'il y a des examens à faire. Mais j'ai quand même eu beaucoup de fois où les gens sont dans le déni. C'est pas possible, je vais rentrer chez moi, appeler ma femme, mon conjoint, etc. Parce qu'en fait, je sors. Et ça, je l'ai vu beaucoup. Les gens qui me disent, OK, très bien, on va faire les examens et puis j'appelle mon mari, ma femme ou mes enfants pour venir me chercher tout à l'heure. Et là, on leur dit, écoutez, malheureusement, il va peut-être falloir rester un peu plus. Ça va être un peu plus long que ce qu'on imaginait. Voir des animaux, j'ai eu ça aussi. Ah non, il n'est pas possible que je reste. Il faut que je m'occupe de mon chat. Ça, j'ai eu.

  • Speaker #1

    Alors moi, non, pas du tout. Non, non, j'étais à l'endroit où il fallait.

  • Speaker #0

    Ça facilite le travail des collègues. Mais c'est OK. Donc, arrivé à l'hôpital, transfert par les pompiers. On met des perfusions. Et alors, quels examens on vous a fait aussitôt ? Vous vous souvenez de ça ?

  • Speaker #1

    Je crois que... La pause des scènes. Je me souviens de la pause...

  • Speaker #0

    La coronarographie ? Donc, la salle dédiée, on est allongé, on pique dans l'artère. Ça vous souvenait un peu ? Oui. OK. Et on vous montre les artères à ce moment-là, souvent, à la phase aiguë. On est un peu shooté ?

  • Speaker #1

    Non, parce que je crois que j'avais enlevé les lunettes. Et sans lunettes, je... Ça ne sert à rien de...

  • Speaker #0

    C'est peut-être bien, finalement. C'est moins oeissant.

  • Speaker #1

    Je ne sais pas, parce que j'étais impressionné par la technique. Et ça, c'est quelque chose dont je me souviens. Parce qu'ils étaient passés par le poignet pour mettre des stents. Le poignet, main droite. Le cœur, il n'est pas... Je trouvais ça fabuleux. J'avais dû parler avec le médecin qui était là, la personne qui avait fait. J'ai trouvé ça prodigieux. Mais moi, j'étais vraiment... Je me laisse faire.

  • Speaker #0

    C'est le mieux, je dirais. C'est le mieux pour... être pris en charge, en tout cas. Mais alors, il y a ce moment où on met le stand. Est-ce que vous avez compris à ce moment-là de quoi il s'agissait ? Oui,

  • Speaker #1

    je crois qu'on me l'avait dit. Oui, oui, oui.

  • Speaker #0

    Vous avez annoncé ici. Oui, oui, c'est français. Une artère s'était bouchée. Deux. Deux artères.

  • Speaker #1

    J'ai deux stents, donc... Non, non. Oui, oui, j'étais là, j'étais au courant.

  • Speaker #0

    Ça a été ressenti comment ? Vous avez, à ce moment-là...

  • Speaker #1

    J'en ai aucun souvenir particulier. Non, non, moi, je...

  • Speaker #0

    C'était OK. On s'est laissé porter par l'équipe musicale et une des instants, il fallait. Et ouf ! Oui, les chocs. On descend,

  • Speaker #1

    on me sauvait.

  • Speaker #0

    Le diagnostic, ça vous a fait peur quand on vous a dit après que vous rentrez dans le champ, vous allez faire un infarctus, on l'a mis de stent ? Non.

  • Speaker #1

    Non, parce qu'il y a plutôt une maladie qui m'aurait fait peur. Mais ce n'était pas celle-ci, c'était une autre maladie qui était liée au tabac.

  • Speaker #0

    Un cancer ?

  • Speaker #1

    Un cancer des poumons.

  • Speaker #0

    Est-ce que c'est à ce moment-là que vous vous disiez que ça pouvait être associé ?

  • Speaker #1

    Pas associé, mais c'était plus la maladie qui me faisait peur. Et ça a été vérifié. Ça a été contrôlé.

  • Speaker #0

    Contrôlé sur la radio.

  • Speaker #1

    Et j'étais encore inquiet. Justement, quand on m'a dit on va faire un contrôle par rapport au cancer.

  • Speaker #0

    L'inquiétude était centrée finalement plutôt sur le poumon que le cœur.

  • Speaker #1

    Ah oui,

  • Speaker #0

    complètement.

  • Speaker #1

    Le cœur, je crois que c'est quelque chose... Tout ça, je l'ai compris après. Mais ce n'était pas quelque chose d'important. En fait, on n'en prend pas soin. Il n'y avait pas besoin d'en prendre soin. Il est là pour un...

  • Speaker #0

    Alors qu'il est central. Et c'est assez étonnant parce que je le note avec les patients que j'ai. C'est qu'en fait, le cœur, on le malmène un peu. On a du mal à saisir. C'est pas, si vous voulez, le cœur, on ressent rien en fait. Il n'y a pas de, sauf à avoir des palpitations, on ressent son cœur. Mais ça n'entraîne pas de symptômes. Et donc on ne se dit pas, tiens, je suis essoufflé, j'ai un problème au poumon. Je me tape sur le genou, j'ai mal. On se dit il y a un problème, le cœur évidemment c'est pas visible et on fait beaucoup de prévention parce qu'on sait que l'environnement, l'hygiène de vie, le tabac etc... Donc ça a un impact sur le cœur mais on se rend compte qu'il souffre. Oui, oui. Donc je comprends alors l'inquiétude qu'il pouvait y avoir en tout cas sur le...

  • Speaker #1

    Donc vraiment, moi, j'arrivais là. Donc là, j'étais... Non, non, moi, j'ai tout pris. J'ai accepté facilement. Il n'y a eu aucun problème.

  • Speaker #0

    C'est beau. C'est beau parce que... Oui, je pense que ça peut aussi... Bon, évidemment, on ne souhaite à personne un infarctus. C'est grave. On comprend bien. Mais c'est ça qui m'avait, je trouve, bluffé, on peut dire. C'est que cette capacité que vous aviez eue, après en tout cas l'annonce, parce que je me souviens, vous aviez été pris en charge au CHU. Ensuite, on vous a dit qu'il va falloir trouver un cardiologue, puisqu'au CHU, il y avait trop de patients déjà pris en charge. Donc, on travaille en partenariat entre ville et hôpital. Et donc, vous avez orienté vers moi, si je me souviens bien.

  • Speaker #1

    Vous étiez encore à Cléon ?

  • Speaker #0

    J'étais à Elbeuf à ce moment-là. À Elbeuf, oui. Oui, c'est vrai. Et puis après, je me suis installé ici. Donc,

  • Speaker #1

    je vous ai suivi.

  • Speaker #0

    Oui. Écoutez, merci. À ce moment-là, je me souviens que quand j'avais repris votre dossier... En effet, c'était un infarctus quand même compliqué, on peut le dire, parce qu'on va après détailler un petit peu ce que vous avez eu, qui n'était pas perceptible en tout cas pour vous. Parce que vous, comme vous le disiez, l'attention était centrée en tout cas sur le poumon, sur la douleur qui avait disparu. Donc finalement, les choses étaient rentrées dans l'ordre en quelque sorte. On peut dire que la vie avait repris son cours, et puis avec une bonne énergie. Donc c'est vrai que voilà, moi je suis quand même... Super impressionné par ce que vous avez vécu. Je trouve que ça a dû être très dur, en tout cas de l'extérieur, d'affronter ça. Et presque étonnamment, on a l'impression que c'était facile pour vous.

  • Speaker #1

    Je n'ai pas l'impression de l'avoir mal vécu,

  • Speaker #0

    moi. Peut-être pas bien vécu.

  • Speaker #1

    J'aurais préféré ne pas être malade. Mais après, vraiment, oui, c'est peut-être ma façon de prendre la vie aussi. C'était peut-être déjà là quand même. J'étais bien à l'hôpital.

  • Speaker #0

    Est-ce qu'on peut dire que ça a changé votre vie positivement, cet accident-là ? Il n'y a pas en soi de rumeur que j'ai dit ça. C'est toujours, on se prend même une claque, quand on est médecin, on accompagne les gens en se faisant du négatif, mais cette façon aussi, je trouve, d'avoir rebondi sur dire « je choisis le cours de la vie » , en fait. Parce que certes, il y a l'accident, il y a la maladie chronique. le risque du pire aussi parce que c'est vrai qu'en fait vous avez aussi beaucoup de chance parce que beaucoup de patients à la phase, j'entends la phase aiguë c'est les premières heures d'un infarctus, la mortalité malheureusement non hospitalière elle est élevée et beaucoup des gens vont faire un arrêt cardiaque.

  • Speaker #1

    Je crois qu'à l'hôpital on m'avait zinouillé. Allez, 6h30, on tient 6h30, je crois qu'on va visiter quelque chose comme ça.

  • Speaker #0

    Après 6h, la dent de la tête.

  • Speaker #1

    Moi j'ai fait mes réponses 6h, donc...

  • Speaker #0

    Donc là, l'artère s'est bouchée, le cœur a souffert. On peut se poser la question si finalement la douleur qui avait disparu, c'était aussi le fait que le muscle ne souffrait plus. Parce qu'en fait, ce qui se passe, c'est qu'au début, l'artère se bouche, le muscle cardiaque souffre, et donc il y a tout... les mécanismes de la douleur qui se passent. Et heureusement, ça reste du coup la l'air pour dire là, il y a quelque chose de grave qui se passe. Mais c'est vrai que petit à petit, les cellules cardiaques meurent. Et donc, derrière, il n'y a plus de douleur. Donc ça paraît bien. Et c'est vrai que j'ai des patients comme ça qui arrivent en disant oui, alors je les vois quand il y a eu d'autres choses ou même des fois de manière un peu fortuite. On fait un électrocardiogramme. On dit là, en effet, il y a un problème. On fait une échographie. On voit qu'il y a une paroi du cœur qui ne bouge pas. Et on dit... C'est probablement un infarctus. On fait les examens qu'il faut. Et quand on reprend l'historique, les gens, des fois, disent « Oui, c'est vrai. Il y a deux, trois mois, six mois, un an, j'ai eu une douleur dans la poitrine qui a duré facilement 12 heures, quelque chose comme ça. Et en fait, c'est passé. Et puis, je ne me suis pas inquiété. » Et c'est parce qu'après, ils vont sentir, par exemple, des palpitations, de l'essoufflement, des sensations de malaise. Parfois, des petites douleurs qui reviennent que là. Mais la... tempête est passée et heureusement, on n'est pas toujours dans l'infarctueuse, la preuve. C'est chouette encore de voir. Ça reste encore aussi lié au progrès de la prise en charge parce que les gens sont sensibilisés à ça. Ils savent que s'il y a une douleur dans la poitrine, maintenant, il faut s'en inquiéter, il faut aller explorer et puis aller vite en fait. Parce que je pense que c'est une course contre la montre. C'est ça qui est rare.

  • Speaker #1

    C'est peut-être un peu le regret de jurer. Encore regret.

  • Speaker #0

    Non,

  • Speaker #1

    je ne savais pas.

  • Speaker #0

    On ne peut pas refaire l'histoire.

  • Speaker #1

    J'aurais dû appeler beaucoup plus tôt.

  • Speaker #0

    C'est souvent une sensibilisation aussi des gens dans le quotidien de dire, appelez, appelez le 15, n'attendez pas. Vous ne dérangez personne, ce n'est pas grave, et même si vous dérangez. Et alors, en fait, qu'est-ce qui se passe ? Rien. Vaut mieux appeler. Et puis ça, vous le savez maintenant. Mais pour tous les gens qui peut-être un jour seront confrontés à ça ou un proche, une douleur et un truc bizarre, ce n'est pas habituel. Il faut faire un point et ça se passe bien. Donc, ils ont posé les stents. Vous êtes resté combien de temps à l'hôpital ?

  • Speaker #1

    17 jours.

  • Speaker #0

    17 jours. C'est court en pratique. Alors maintenant, les infertus, c'est presque 2-3 jours. D'accord, on est dans le milieu... Un jour,

  • Speaker #1

    un intensif.

  • Speaker #0

    Ouais, quand même.

  • Speaker #1

    Je suis resté dix jours aux intensifs.

  • Speaker #0

    Ouais.

  • Speaker #1

    Donc, heureux. Non, non,

  • Speaker #0

    ce qui... Bichonné.

  • Speaker #1

    Bichonné,

  • Speaker #0

    ouais. Souvent, les soins intensifs, c'est sympa pour la prise en charge individuelle. Bah oui, c'est une chambre seule, il y a plein de monde autour de vous, sympathique. Oui,

  • Speaker #1

    c'est ça, mais vrai.

  • Speaker #0

    On essaie de faire oublier la maladie aussi, parce que souvent, c'est très stressant. C'est souvent, en fait, la famille qui a du mal. Quand on dit soins intensifs, c'est très intense, quand même. Moi,

  • Speaker #1

    la famille n'est pas sur place.

  • Speaker #0

    Ouais. Ils sont venus vous voir ?

  • Speaker #1

    Juste mes enfants et mon ex-femme. D'accord,

  • Speaker #0

    sont venus.

  • Speaker #1

    Donc eux, ils venaient tous les jours. Oui. En même temps. Donc après, ma fille, elle est partie habiter chez moi. Puisqu'elle avait son travail. Mon fils, donc lui, passait tous les jours. Et mon ex-femme venait aussi. On l'a amené de la compagnie.

  • Speaker #0

    En visite. Oui.

  • Speaker #1

    Voilà.

  • Speaker #0

    Comment vous avez ressenti ? Vous savez un peu comment c'était perçu ?

  • Speaker #1

    Alors, j'ai eu un autre événement, en fait, en même temps. Cette monexe femme a appris qu'elle avait un cancer du sein en même temps.

  • Speaker #0

    OK.

  • Speaker #1

    Donc, bon, les enfants, ça a été assez...

  • Speaker #0

    Oui. Pour eux,

  • Speaker #1

    ça a dû être difficile. Oui, c'est difficile. Voilà. Après, on se comparlait beaucoup. pas énormément.

  • Speaker #0

    Parce que là, on met les choses un peu sous le tapis, on n'en parle pas. Évidemment, heureusement, on ne se focalise pas à dire que c'est grave.

  • Speaker #1

    Non, j'exagère, parce qu'avec mes enfants, si on se parlait même là, on ne se parlait que ci-ci. Et quand même, j'exagère. C'est plus après, en famille, la famille est loin, moi, donc... Ils ont été prévenus. Il y avait des coups de téléphone. Pas plus inquiétudes. Il ne fallait pas plus s'inquiéter que ça. Voilà.

  • Speaker #0

    Un retour...

  • Speaker #1

    Oui, ça a été dur pour... Ma fille parle moins, peut-être. Ou peut-être parlait moins. Je sais que ça a été dur. J'ai eu un moment à l'hôpital. En fait, c'est après les intensifs. J'ai changé de service. J'étais avec un monsieur. Donc ça se passait bien. Il n'y avait aucun souci. Toujours aussi bien. Mais bon, il y a eu un jour, il y a eu une infirmière qui est venue me dire « Ah ben, vous allez sortir aujourd'hui ? » On est quand même toujours contents. Surtout au bout de 15 jours.

  • Speaker #0

    Ah ben oui.

  • Speaker #1

    On se dit que c'est quand même pas mal de s'en aller de là. Donc, vous pouvez peut-être préparer vos affaires. Et je n'avais pas vu de médecin.

  • Speaker #0

    Ok.

  • Speaker #1

    Donc, dans la tête, quand même, on me dit ça, on prépare ses affaires. En fait, quand le médecin est venu, une idée, on vous garde. Surtout que je n'avais pas de médecin traitant. Et qu'avec mon souci par rapport au sang, le traitement, il fallait absolument un médecin traitant. Ou en tout cas, il fallait régler les dosages. Il y avait quelque chose comme ça. Donc non, vous ne sortez pas encore tout de suite. J'avoue que là, ça met un coup au moral. C'est le moment, ça a été le seul moment, je dirais difficile, sur le séjour à l'hôpital. Et puis, le soir, je me souviens, mon fils était passé. Donc, il m'avait vu moins bien. Je ne sais plus, en le vivant 10 ans, j'avais pleuré. Je pense qu'il y a eu des moments marquants pour les enfants comme ça. Puis le physique, j'avais perdu du poids. Donc, même ma fille, la forêt, elle lui demandait. Mais je pense qu'il y a eu des moments... Dès le premier jour, elle était là. Même mon fils a dû passer. Dès le premier jour, ils sont venus.

  • Speaker #0

    C'est très brutal.

  • Speaker #1

    Oui, pour eux, je pense que...

  • Speaker #0

    Pour ça, c'est le coup d'éclair, en fait.

  • Speaker #1

    Même s'il n'y avait pas obligatoirement des mots de Guy, je pense que ça a quand même été bien difficile pour eux. Oui, la transformation.

  • Speaker #0

    C'est difficile parce que souvent, on a envie de protéger ses proches et donc de leur épargner de l'inquiétude supplémentaire. Mais des deux côtés, en fait. Parce que soi-même, on se dit, quand on est malade, je ne vais pas les embêter à leur mettre une charge mentale en plus. Mais en même temps, les personnes souffrent souvent un peu en silence aussi, alors qu'on m'attendrait des proches qui soient un soutien. Mais évidemment, il y a beaucoup de peine des deux côtés. Justement, on parlait des moments difficiles, mais... Et paradoxalement, de la bonne énergie que vous aviez, qu'est-ce qui vous a porté, qu'est-ce qui vous a donné cette énergie-là ? Parce qu'on comprend qu'il y a évidemment des émotions négatives, tristes, et en même temps, il y a le contre-boomerang très positif, où il n'y a pas cette dégringolade du cercle vicieux de l'anxiété et de la dépression. Parce qu'en fait, beaucoup dans le post-infarctus, les gens ont souvent, alors des fois même des états de stress post-traumatique. parce qu'en fait c'est quand même très violent mais à côté il y a une forme de résilience aussi, une capacité que le corps et l'esprit ont d'affronter un événement de vie aussi brutal vous avez trouvé cette énergie d'où ? je serais peut-être pas capable de le dire j'en sais rien il y a probablement eu des événements ou de rapports une espèce d'introspection de revers sur la vie

  • Speaker #1

    Mon père est décédé depuis quelques années, depuis longtemps même. Alors il avait fait un malaise cardiaque lors d'une journée sportive dans la ville. Il faisait du vélo. Et après il a eu un pacemaker lui.

  • Speaker #0

    D'accord.

  • Speaker #1

    Il est décédé à 72 ans après la fameuse canicule de

  • Speaker #0

    2003. 2003, je crois.

  • Speaker #1

    Et en fait, après son décès, on a dit, ou en tout cas, j'ai dit, il aurait fallu réfléchir. En fait, le pacemaker, il avait un cœur usé. Il avait un cœur qui battait très lentement et puis il avait un cœur usé quand il est décédé. Donc, moi, j'ai compris. Moi, c'était un peu ce qui m'était arrivé. Pas la même chose, mais... Donc fallait repartir quoi, je sais pas, c'était... Puis en quittant l'hôpital après, j'ai rencontré des gens sympathiques. Je suis rentré chez moi, il y avait ma fille qui travaillait, donc on a pris une petite vie à deux. Mon fils venait le week-end. Je sais pas, ça s'est fait naturellement, ça repartait. Faut savoir que bon, je suis dingue de rock. Donc même à l'hôpital, je commandais des CD. Oui. Quand ça allait mieux. Une fois que ça allait mieux, évidemment pas au début. Au début, on passe beaucoup de temps à dormir. C'est une petite fille pépère. Mais après, moi, je suis reparti. Mes centres d'intérêt ont redémarré.

  • Speaker #0

    Comme avant, justement. L'avis a repris ses droits. Mieux. Mieux sur quoi ? Sur le regard que vous aviez ?

  • Speaker #1

    Profiter de la vie. profiter,

  • Speaker #0

    j'avais eu la chance de m'en sortir donc c'est profiter de sa chance vous aviez saisi que c'était grave et que là vous aviez eu un sursis un peu à ce moment là et maintenant on choisit son camp c'est ça en fait d'avoir opté donc mes

  • Speaker #1

    centres d'intérêt comme je vous le disais, très limités très... ah donc c'est reparti le plaisir de Au départ ça a été dur. Je pense que ça a dû arriver qu'après, puisque j'ai fait de la réadaptation cardiaque, après il y a le plaisir de remarcher. Et puis à un moment, ça s'est pas fait. Ça c'était la vraie inquiétude. Mais quand j'ai repris le travail, après c'était...

  • Speaker #0

    Le quotidien avait...

  • Speaker #1

    Oui, puis... Bon, c'est un truc... D'où l'importance, c'était en milieu spécialisé, donc il y a des relations.

  • Speaker #0

    Une écoute en tout cas de vos collègues qui vous ont porté.

  • Speaker #1

    Oui, puis les élèves, les jeunes qui en travaillent sont au-dessus de tout. Les élèves que j'avais à l'époque, ils vivent, c'était des enfants autistes. plutôt sévère.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Donc, ils ne sont pas en considération du moins. Non, ils sont dans leur bulle, mais quand vous êtes accepté, vous faites partie de leur monde. Donc, oui,

  • Speaker #0

    c'est un peu tellement simple.

  • Speaker #1

    Je pense que c'est tout ça qui a fait que. Les deux sont liés. Tout c'est lié. Ça m'a aidé à aller mieux, et le fait d'aller mieux m'a aidé dedans.

  • Speaker #0

    Vous aviez conscience que la vie était fragile un peu ? Oui. À ce moment-là, vous aviez saisi qu'il n'y aurait pas forcément de seconde chance et qu'il fallait profiter de...

  • Speaker #1

    Faut profiter.

  • Speaker #0

    C'est souvent ce qui ressort des gens quand il y a eu un accident de vie comme ça, c'est de dire, en fait j'ai eu de la chance et donc je choisis d'avancer et les gens ont un regard sur la vie de dire, ça m'a transformé. Mais une fois qu'ils ont en effet accepté ça, d'avoir un regain d'énergie pour dire, voilà, maintenant c'est bon, j'arrête. J'arrête les conneries, comme certains disent, et puis je profite, mais pas dans une version égocentrée, mais de dire voilà, j'ai une seule vie et j'en ai qu'une, elle est précieuse, donc je trouve assez parlant pour le coup ce choix. On peut imaginer en tout cas que le quotidien était bouleversé. De votre côté, qu'est-ce qui a été le plus difficile à gérer dans les premiers mois ?

  • Speaker #1

    Le souvenir, moi, c'était la reprise du travail.

  • Speaker #0

    C'était ça l'inquiétude ? Oui. L'inquiétude et la difficulté réelle ? Comment je vais faire pour reprendre ? Comment je vais adapter ? Si les choses vont changer ?

  • Speaker #1

    Comme ça m'était arrivé début juillet, mon arrêt de travail n'a commencé que fin août.

  • Speaker #0

    Parce que moi,

  • Speaker #1

    j'étais en vacances juillet-août. Donc bon, on n'y pense pas. Ma petite vie s'est reprise. Oui, on m'a aidé au début pour aller au rendez-vous. Puisque quand je suis sorti de l'hôpital, il me fallait absolument un médecin.

  • Speaker #0

    Mais oui, exactement. Vous parliez tout à l'heure, je vais expliquer un peu. C'est qu'en fait, le traitement dont vous parlez, c'est un traitement psychoagulant. En fait, l'infarctus a eu pour conséquence de fragiliser une paroi du muscle. Et cette paroi-là, quand elle ne bouge plus du tout, du sang peut stagner et il peut se former un caillot. Il y avait un caillot. Voilà, j'avoue, il y avait un caillot. Ce qui n'est pas... habituel dans la phase récente de l'infarctus, il y avait un caillot. Et donc, ce caillot-là, il expose à un risque, en tout cas très dangereux, d'AVC et d'embolie. Parce que si le caillot part, on peut imaginer que ça va envoyer des bouts dans le corps. Et donc, heureusement, ce caillot a été vu, il a été traité, maintenant c'est réglé. Mais ça, on vous avait dit ça, à l'époque, qu'il y avait un caillot et les risques ? Ah oui, oui !

  • Speaker #1

    Oui, parce que le mot du médecin, il m'avait dit que ce serait un traitement à vie. Je lui avais dit à vie, puis il m'avait dit à mort même, jusqu'à la mort. Parce qu'il m'avait amusé.

  • Speaker #0

    Oui, en fait, on rira. Justement, cette vision du médicament, quand on vous dit que c'est un traitement à vie, ça veut dire quoi pour vous ? Comment ça a résonné ? Est-ce que ça vous a enfermé ? Ou vous vous êtes dit, bon, ok, c'est... C'est comme un petit trombone qu'on met sur une feuille. Bon, la feuille est là, on met un trombone, mais ça, on continue d'écrire, d'avancer. Voilà, c'est ça.

  • Speaker #1

    Moi, c'est... Oui.

  • Speaker #0

    Ça a été difficile à gérer ça, les traitements au début ? Alors l'anticoagulant, c'est compliqué parce que... Alors maintenant, il y a des traitements anticoagulants, on va dire qu'il y en a deux formes, même trois, il y a des formes injectables qui sont vraiment, généralement, très courtes. Ensuite, des formes orales, il y en a deux, il y a donc les antivitamines K que vous avez eues. La particularité, c'est qu'il faut surveiller régulièrement l'INR, qui est un dosage du médicament, on va faire ça. Quand il est bas, il faut monter le traitement, et quand il est haut, il faut le diminuer. Et ça donc peut exposer un risque soit de cailloux quand c'est trop bas, soit un risque de saignement quand c'est trop haut. Donc les gens doivent être quand même assez à l'aise avec l'idée du traitement et donc d'être diligents dans leur prise en charge avec les dosages, parce que ça peut être dangereux si on fait n'importe quoi. Puis il y a, avec ce traitement-là, des inconvénients, c'est qu'il faut faire attention à ce que l'on mange, parce que le chou, la salade, les asperges, la tomate, c'est riche en vitamine K pour certains et ça peut perturber les dosages. Ça, vous aviez saisi que c'était... Un changement où vous avez dit « Ok, je m'adapte et puis en fait... » Oui,

  • Speaker #1

    c'est ça, je me suis adapté. Oui.

  • Speaker #0

    Je vais presque dire que c'est chouette, parce que ça a été facile en fait. Oui. En fait, selon les gens, on n'accepte pas d'avoir un traitement.

  • Speaker #1

    Il y a la prise de sang...

  • Speaker #0

    Régulière,

  • Speaker #1

    c'est ça. ... mensuelle, pour vérifier. C'est parti, tout à fait parti. Moi, je suis content de... C'est là où c'est bizarre. Oui, moi, je suis content de voir l'infirmière.

  • Speaker #0

    Oui, mais...

  • Speaker #1

    On a sympathisé.

  • Speaker #0

    Oui. Il y a une relation de soins qui s'installe et en fait, dans la santé, les gens sont très disponibles. C'est une contrainte.

  • Speaker #1

    En fait, ce n'est pas une contrainte, c'est comme aller chercher tous mes médicaments à la pharmacie, on discute. C'est une relation qui s'est installée amicale. Pharmacien,

  • Speaker #0

    infirmier, médecin.

  • Speaker #1

    Médecin, oui, oui, oui,

  • Speaker #0

    c'est un truc.

  • Speaker #1

    C'est jamais une contrainte d'aller rencontrer... Je vois le médecin généraliste, c'est pareil. J'avais que plaisir.

  • Speaker #0

    En tout cas, ce que l'attention est finalement portée sur la relation, en fait. Parce qu'elle vous apporte aussi. Donc finalement, j'ai l'impression que dans l'accident, il y a eu des nouvelles opportunités, en fait, de rencontre. Même si vous êtes très solitaire, vous le disiez. Mais ça enrichit... C'est ce qui ressort quand même beaucoup, en fait. Le sens de la vie, il est aussi des relations concrétives. C'est des mains, beaucoup. Et c'est peut-être finalement important de rappeler que ça aide à affronter beaucoup. Il y a les proches, mais il y a aussi toutes les personnes qui peuvent vous aider, en tout cas au quotidien, à affronter. C'est plus finalement la maladie, c'est un quotidien différent, en fait. Il y a le quotidien quand même. La maladie, elle ose remplir. J'ai l'impression. Maintenant, on parlait de l'infarctus, il y a eu un caillot qui s'est formé, donc une paroi du cœur qui bougeait moins. Autre chose aussi, c'est que finalement, on parle de fonction cardiaque, parce que sur le ventricule gauche, c'est un marqueur qu'on utilise beaucoup en cardiologie pour suivre l'état de santé du cœur, c'est la FEVG. Vous avez dû voir ça à chaque fois. Peut-être que ça ne vous a pas parlé, mais la fraction d'éjection du ventricule gauche, c'est le pourcentage de ce que le cœur est capable d'éjecter quand il reçoit du sang. Donc en fait, un cœur normal, on va dire, il est à 50% jusqu'à 70%, 75% de fraction d'éjection. C'est-à-dire qu'il éjecte 75%, 50% à 75% de ce qu'il contient. Donc un cœur qui fait 100 ml, il va éjecter près de 30 ml de... 70 ml, il restera à 30 ml. Dans l'idée, on comprend bien que plus il est capable d'éjecter, plus il assure un débit cardiaque, plus ça perfuse les organes. Et pourtant, chez vous, il a un peu souffert de ça. Il y a donc eu une altération de la fraction d'éjection du ventricule gauche, c'est le terme médical qu'on utilise. Ça veut dire que l'infarctus n'a pas été sans conséquence sur la vitalité du cœur. Quand le cœur se contracte mal, on développe généralement, pas toujours, mais en tout cas des symptômes de l'insuffisance cardiaque. Donc ça expose à plusieurs risques quand la fraction d'éjection baisse. C'est que 1, le débit cardiaque généralement va être plus bas, donc les gens vont développer des symptômes de l'insuffisance cardiaque, on pourra y revenir. Et à côté de ça, il peut aussi entraîner des arrhythmies qui peuvent être très dangereuses, qu'on appelle la tachycardie ventriculaire ou la fibrillation ventriculaire. Et ça aussi. Il y a eu ça, c'est pour ça que je me dis, il y a les cumulés quand même. Et pourtant, les choses se passent toujours bien. Maintenant, l'insuffisance cardiaque est stabilisée. Ça s'est manifesté comment dans votre quotidien, quand je vous dis ça d'insuffisance cardiaque ? Pas spécialement, il n'y a rien qu'à changer, comme de l'essoufflement, de la fête moudre et gens qui gonflent. Non,

  • Speaker #1

    justement, tout va mieux. Tout va mieux aujourd'hui.

  • Speaker #0

    Mieux à quel niveau ? Parce qu'au début, ça n'allait pas ?

  • Speaker #1

    Avant, l'infarctus,

  • Speaker #0

    c'était... L'essoufflement ?

  • Speaker #1

    L'essoufflement. Maintenant, je n'ai plus d'essoufflement. Aussi, si je fais un effort quand je fais de la rando, autrement...

  • Speaker #0

    C'est un peu difficile encore la rando, vous sentez que les efforts... Mais c'est pas bon. Oui,

  • Speaker #1

    les efforts... Voilà, mais autrement, non, non. Et puis, je gère. Je gère.

  • Speaker #0

    Il y a des changements quand c'est difficile à mettre en place dans votre quotidien ?

  • Speaker #1

    Allez, c'est sur le plan alimentaire où j'ai toujours moi des...

  • Speaker #0

    Difficile.

  • Speaker #1

    Ça serait là où ça serait.

  • Speaker #0

    Ça aurait passé le contrôle du cardio là.

  • Speaker #1

    Non, ça serait là. Surtout en cette saison.

  • Speaker #0

    Oui. Il y a une saisonnalité de l'alimentation, vous sentez ? Oui. Le mode hibernage, hibernation pardon. Ouais, ok. On stocke comme les marmottes. Pour que parait le vert. C'est quoi ? C'est le sel, le sucre, les graisses ?

  • Speaker #1

    Ça serait le sucré. J'ai plus envie. Le tabac, ça a été fini. Faites dès mon séjour à l'hôpital, j'ai jamais eu envie de reprendre. Mais par contre, je vais avoir des crises. Au lieu de fumer, en fait, ça correspond au moment où j'aurais fumé.

  • Speaker #0

    Vous allez être ok. Oui. Peut-être mieux, non ?

  • Speaker #1

    Je crois que je les avais déjà à ces moments-là. Si je disais que je ne fume qu'une cigarette au lieu d'en fumer deux, j'allais manger. Bon, là, il n'y a plus la cigarette, il y a le manger.

  • Speaker #0

    Oui, c'est souvent une crainte des gens de dire « je ne vais pas arrêter de fumer » ou « si j'arrête, je vais prendre du poids » . Et ça, c'est une inquiétude qui ressort beaucoup. Ce à quoi je réponds toujours, que le poids, ça se perd. Ce qui est abîmé par la cigarette, ça ne se perd pas, ça ne se répare pas. Mais pourtant, les gens, ça les marque beaucoup, en effet. Ça a été difficile l'arrêt du tabac ? Qu'est-ce qui vous a motivé ? Comme ça, coup de baguette, accident, c'est bon on arrête. Oui,

  • Speaker #1

    en fait c'est le séjour à l'hôpital, j'avais pas le droit de tout. Non, puis j'avais même pas envie.

  • Speaker #0

    Le tabacologue était venu ou pas ? Non,

  • Speaker #1

    non, moi j'ai vu personne. Aucun. J'ai toujours pensé, oui, je l'ai pensé, que j'avais quelque chose dans la perfusion qui m'a aidé à éliminer le tabac. Je ne sais pas. Ça a disparu.

  • Speaker #0

    Peut-être que finalement, je vais adopter ça. Je fais une baguette magique. On ne se rend pas compte de l'effet.

  • Speaker #1

    J'ai discuté avec une infirmière. Je ne sais plus, je crois que je lui avais dit une fois on va laisser la fenêtre ouverte. C'était le mois de juillet. Donc je vais aller fumer. Et alors, ils rigolaient pas avec ça. Il y avait des gens qui fumaient dans les chambres aux soins intensifs. J'ai vu, ouais. C'est pas possible. Ils m'avaient dit si, et ils se mettent là, dans ce coin-là, où il y a l'arrivée d'oxygène.

  • Speaker #0

    Pour que ça explose, c'est génial.

  • Speaker #1

    Oui, c'était le... Je lui ai dit, c'est pas possible. Je crois que moi, c'est une blague. J'ai jamais eu envie de reprendre.

  • Speaker #0

    Donc pas de manque physique, c'est-à-dire tremblements, irritabilité, maux de tête ?

  • Speaker #1

    J'avais arrêté six mois avant, quelques années auparavant.

  • Speaker #0

    Vous avez déjà réussi à arrêter ?

  • Speaker #1

    Six mois, et je l'ai repris. Je me souviens d'un élève me disant, en récré, « Lisez-y, mettez-le, fumez-y. » À l'époque, on pouvait. Non, non, c'est vieux. Il se monte quelques années en arrière. Et il m'avait dit, « Lisez-y, mettez-le, lisez-y, mettez-le. »

  • Speaker #0

    Ah ben non, ça... Je comprends que ça reste une drogue, donc en fait, on...

  • Speaker #1

    On pouvait être irritable.

  • Speaker #0

    Ouais. C'est de ressentir que les gens, au début, quand ils sont à l'hôpital, ils... Non, là... Des fois, ils se sauvent. On en a récupéré quelques-uns qui étaient partis... Mais là, pas du tout. ...puguer le temps d'aller fumer. Un petit peu en... En cachette, quoi. Donc, ouais, on peut comprendre. Donc, pas de difficulté à arrêter de fumer. C'est parce qu'il y a eu la maladie qui vous a rappelé de dire, bon, là, c'est OK, j'ai choisi une vraie volonté. Il y a souvent ça, quand même, qui ressort. Peut-être inconsciemment. Dans le sevrage du tabac.

  • Speaker #1

    Consciemment. Peut-être que...

  • Speaker #0

    Vous aviez réalisé que les problèmes que vous aviez pouvaient être associés. Ah, mais pour moi... Il y avait la peur du cancer.

  • Speaker #1

    Ça a toujours été associé. Ouais. Pour moi, ça a toujours été associé au tabac. Je crois qu'un médecin me l'avait dit.

  • Speaker #0

    Prévenu ?

  • Speaker #1

    Oui. Non, non, mais là-bas, à l'hôpital, on m'a dit... En gros,

  • Speaker #0

    aller à sa...

  • Speaker #1

    Je disais toujours 15 cigarettes, on va dire. Entre 15 et 20, quoi, par jour.

  • Speaker #0

    Vous avez commencé à fumer à quel âge ?

  • Speaker #1

    19 ans.

  • Speaker #0

    Et à ce moment-là, on va dire 40 ans de tabac, plus ou moins.

  • Speaker #1

    C'est arrivé à 53 ans, mon infarctus, 53.

  • Speaker #0

    30 ans de tabac, une trentaine d'années. Et 15 cigarettes par jour. On peut comprendre que ça abîme. Il y a toujours des gens qui disent, écoutez, je connais quelqu'un qui a fumé toute sa vie et lui arrive le rire. Peut-être, mais c'est des statistiques. Plus on fume, plus on a de risques.

  • Speaker #1

    Moi, je pense que, oui, alors il y a l'alimentation aussi. Oui, c'est ça.

  • Speaker #0

    Qu'est-ce qui a changé dans l'alimentation ? On parlait du sucre, des fringales qu'on peut en sortir, qui sont disponibles. Ça,

  • Speaker #1

    ça va arriver.

  • Speaker #0

    On reste humain, donc je ne porte jamais...

  • Speaker #1

    Et puis le repos, il est là.

  • Speaker #0

    Oui, et en soi...

  • Speaker #1

    Mais le sport, ça ne me gêne pas pour marcher, pour bouger, pour le sport.

  • Speaker #0

    Oui, vous gardez quand même et vous ne vous libérez pas aux difficultés.

  • Speaker #1

    J'ai l'impression d'avoir... Des fois, on dit qu'on a un poids de forme quand on fait du sport. Non, il n'y a pas de poids. Je dirais que le poids de forme, je l'ai. Ça ne me chienne pas, ça ne m'empêche pas de...

  • Speaker #0

    On vous a dit à la sortie qu'il fallait perdre du poids ?

  • Speaker #1

    Non. J'ai vu... C'est peut-être la seule personne, je ne jugerai pas la pierre, j'ai vu une diététicienne à l'hôpital qui partait en canse le jour même. Et donc, elle n'allait donner que des adresses. « Ah, mais il faudrait manger ici, ça, ça, ça. »

  • Speaker #0

    OK.

  • Speaker #1

    C'était insurmontable. Mais puis, des adresses sur moi. Moi, j'habite à 30 kilomètres de Rouen. Donc, c'était ça. Bon, après, j'ai revu une diététicienne.

  • Speaker #0

    Et qui avait modifié. C'était le changement sur lequel on a vraiment insisté. Vous vous souvenez un peu ? Parce que si je... Je vais être le cardiologue là. En tout cas, après un infarctus, on conseille souvent aux gens de limiter les graisses animales, beurre, crème, fromage, jaune rouge, charcuterie, de les limiter, ce n'est pas interdit. Donc ça, c'est sur le côté des graisses. Quand il y a de l'insuffisance cardiaque, on dit aux gens de limiter le sel, parce que le sel, ça donne de l'eau d'air.

  • Speaker #1

    Mais même avant, en fait, il y a des choses que je n'ai pas eu besoin de changer. Je ne mange pas de sauce.

  • Speaker #0

    C'est pareil, en fait. Oui,

  • Speaker #1

    oui. Pas de beurre.

  • Speaker #0

    Ouais.

  • Speaker #1

    Parce que je... Non, non,

  • Speaker #0

    non. En Normandie, c'est pas commun. Non,

  • Speaker #1

    je suis pas normand, donc tu vois. Bah oui. Même si j'adore la Normandie. Donc, pas de sel. Je ne rajoute pas de sel. Je pense que c'était vraiment le sucré.

  • Speaker #0

    Qui pose peut-être moins de problèmes directement sur le cœur. Ça va évidemment tenir une prise de poids, un risque de diabète. Mais en fait, à choisir, peut-être que le sucré est moins pire. Mais il faut le lutter, il faut y être vigilant. On vit aussi, j'entends, quand il y a des événements.

  • Speaker #1

    Il y a des choses,

  • Speaker #0

    j'ai envie. Mais il faut être raisonnable. C'est toujours ce que je dis. Après, c'est des bilans des diététicien·nes nutritionnistes, mais quand il y a un vrai problème de santé et que l'aliment peut être toxique, là, en effet, ça devient un traitement. Limiter le sel, quand on a une astuce cardiaque, ça... Les gens l'apprennent souvent à leur dépend. Noël, les huîtres, bim, ils font un oedème pulmonaire, ça les vaccine. Mais, mais à côté de ça, c'est aussi pour mieux vivre, quoi. Des gens le voient comme une punition.

  • Speaker #1

    Le sel, j'en mange maintenant parce que je mange à la cantine.

  • Speaker #0

    Ok. Ah oui,

  • Speaker #1

    il y a des moments... Mais je m'en rends compte, c'est trop salé.

  • Speaker #0

    Oui. et que ce que je mange, c'est...

  • Speaker #1

    Donc, il y a des produits où les aliments, ils ont été cuits dans le beurre. Je ne suis pas un mangeur... Je suis un mangeur d'huile d'olive.

  • Speaker #0

    C'est bien. L'huile d'olive, oui. C'est la meilleure par rapport à la cuisson. Si on ne mange pas de huile, on peut faire la cuisson.

  • Speaker #1

    J'aime être sauce.

  • Speaker #0

    Je n'ai pas de compétences, on va dire, en nutrition, mais je ne suis pas nutritionniste. Je n'irais pas marcher sur les plate-bandes de mes collègues. Mais c'est vrai que... En tout cas, quand on fait de l'éducation thérapeutique, c'est là où je voudrais après bifurquer sur la rééducation cardiaque. On sensibilise les gens. Alors, pour vous, j'ai l'impression que c'était quand même facile, parce qu'en réalité, vous avez aussi le bagage personnel pour comprendre, pour vous informer, ce qui n'est pas toujours le cas des gens. Je vois des gens qui n'ont pas du tout de connaissances, qui ont... pas saisi des enjeux. Et là, c'est plus difficile. Il faut faire rabâcher les choses comme l'éducation. On rebatte, quoi. J'avoue, ça prend rien. Mais en tout cas, dans l'éducation thérapeutique, c'est un moment dédié pour expliquer la maladie, les traitements, l'alimentation, l'hygiène de vie. Ça, ça a été fait après l'accident. Comment vous êtes rentré chez vous et la rééducation cardiaque s'est mise en place ? Ce n'était pas aussitôt après ? Non,

  • Speaker #1

    c'est avec vous. Après une physique avec vous, c'est vous qui avez prescrit la réadaptation cardiaque. Je crois que ça arrivait en novembre-décembre.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Donc, c'est début juillet, juillet-août, septembre, octobre. Oui. Novembre-décembre, je crois.

  • Speaker #0

    Ça a été bien accueilli ? Je ne me souviens plus quand on en avait parlé. Oui, oui, oui. Ok.

  • Speaker #1

    Il y a eu une seule chose qui a été mal accueillie. Je vous le dirai après. Mais réadaptation cardiaque, c'était super. Déjà, je voyais d'autres personnes comme moi. On pouvait avoir le même humour. Blague un peu morbide. Parce qu'on ne l'était pas. C'est pas loin.

  • Speaker #0

    Un peu d'humour noir, sans starresse. Et puis,

  • Speaker #1

    c'était super. Là, ça, c'était un moment... Ça vous a beaucoup plu. Ah oui.

  • Speaker #0

    J'ai toujours des difficultés à comprendre pourquoi les gens ne veulent pas spécialement faire alors que tout le monde, en tout cas les personnes qui y participent, sont ravis, vraiment enchantés. Ah non, enfin, c'est le retour. Oui,

  • Speaker #1

    oui, oui. Donc déjà, on se rend compte qu'on fait un premier test, voir où on en est. Après, commencent les séances de réadaptation. C'était génial. Ça permet d'évoluer avec un petit esprit de...

  • Speaker #0

    Camaraderie ?

  • Speaker #1

    Camaraderie oui, puis l'esprit un peu qu'on pète, faire mieux.

  • Speaker #0

    Par rapport à vous ou par rapport aux autres ?

  • Speaker #1

    Je dirais surtout par rapport à soi.

  • Speaker #0

    De voir l'évolution des performances et de l'amélioration qu'on peut se dire tiens malgré l'accident j'ai une revanche.

  • Speaker #1

    Je suis un petit peu par rapport aux copains. T'es allé sur un mort, t'as fait ça. Je vais voir la prochaine fois. Je sais pas où on va me mettre. Sur le rameur, je vais essayer de faire autant, de faire aussi bien.

  • Speaker #0

    C'est bien parce qu'à ce moment-là, les gens, on leur laisse carte libre. On leur dit carte libre, on leur dit carte blanche, on leur dit allez-y en fait. Vous êtes sous surveillance, vous pouvez faire ce que vous voulez, c'est le moment. C'est ça qui permet aussi de se rendre compte que malgré l'accident, on peut.

  • Speaker #1

    Tout ça, c'est avant de reprendre le travail. Ça redonne confiance en soi. Là, il n'y a pas photo.

  • Speaker #0

    Ah oui,

  • Speaker #1

    là, ça, c'est un bon moment.

  • Speaker #0

    Lequel a été le moins bon ?

  • Speaker #1

    Le défibrillateur.

  • Speaker #0

    Justement, j'allais vous en parler. Je me demandais que ce serait ça.

  • Speaker #1

    Ce que vous m'en aviez parlé, mais ça s'est vite transformé. Mais je crois que je vous l'avais dit à l'époque. Le après. Jusqu'à un jour, vous m'avez dit, c'est au début, je crois que vous m'en aviez parlé, il faudra penser à mettre un défibrillateur, et c'est tombé totalement dans l'oubli. A chaque fois, je ne sais plus, les rendez-vous étaient rapprochés au départ.

  • Speaker #0

    Oui, puisqu'il fallait adapter votre traitement, le cœur se contractait mal.

  • Speaker #1

    Donc il n'en était plus du tout question. Très bien, je me souviens de m'être dit, c'est bon, s'il n'en est plus question, c'est que ça doit aller et donc ça ne sera pas nécessaire. C'était le corps étranger, c'est quelque chose dedans qui me gênait. Et puis, rendez-vous, je reviens. Ah bon, on va prendre rendez-vous, il va falloir pour placer le défibrillateur.

  • Speaker #0

    Ah, je ne me souviens plus de la façon dont j'ai...

  • Speaker #1

    Je ne sais pas, vous sortez de moi très gentiment, mais... Bon, je ne suis pas... Mais je n'ai pas dû montrer le moindre... Non,

  • Speaker #0

    de quoi que face, non.

  • Speaker #1

    Non, non, alors donc, je suis retourné, je suis rentré chez moi le lendemain. ou sur le lendemain, je ne sais pas, je travaillais, et j'en ai parlé à une collègue. Donc ça montre aussi comment les relations commencent à se passer au niveau du travail. Donc je lui dis, ah, mais mon rendez-vous, bon, ça a été, mais... Le cardio, il m'a dit, il va faire mettre un défibrillateur. Ah, ben, oh... Juniès, t'es au collège ? Ah, qui en a un ?

  • Speaker #0

    OK. Ah,

  • Speaker #1

    ben, c'est... C'est rien, on vit bien avec.

  • Speaker #0

    Hum. À ce moment-là, vous êtes...

  • Speaker #1

    J'ai dit, non, arrête d'être bête. C'est bon, une enfant au collège, elle a un défibrillateur, elle ne fait pas de cinéma, elle vit bien, et toi, tu ferais du cinéma pour... Stop ! Ça a été le seul moment, en fait, la chose la moins bien accueillie, mais ça a été vite réglé.

  • Speaker #0

    C'était intrusif, en fait, à ce moment-là. Oui,

  • Speaker #1

    mais ça a été vite réglé en me disant, mais oui, t'es idiot, quoi.

  • Speaker #0

    Non.

  • Speaker #1

    Une collégienne qui a les choses, tu vois 50 ballets, tu dis, non, arrête le cinéma,

  • Speaker #0

    c'est bon. On entend que vous êtes raisonné alors que l'émotion n'était pas là pour accueillir bien les choses. Oui, évidemment. Même, on aurait pu aussi mettre la life vest, puisque maintenant, c'est recommandé à la phase récente de l'infarctus. Quand le cœur a vraiment souffert, on sait qu'il y a un haut risque d'arythmie. C'est ça le problème. Le problème, c'est que Quand le cœur récupère grâce au traitement, on peut s'en passer. Quand la fraction d'éjection est au-dessus de 35%, sous-traitement, qu'il n'y a pas eu d'accident de rythme cardiaque, on peut ne pas en mettre, on surveille. Mais quand il y a eu des arrhythmies ou alors parce que le cœur ne récupère pas totalement, c'est pour ça que j'avais amorcé un peu les choses au début, mais il y avait toujours cet espoir de dire, c'est bon, on a une fonction cardiaque qui est au-delà du seuil critique, et donc on peut ne pas le mettre. Au final, ce défibrillateur, il n'a pas d'effet thérapeutique en soi. Il n'a pas d'action sur le cœur pour le tonifier, par exemple. Il est là pour... un peu comme un ange gardien. C'est un peu un ange gardien électronique, il faut le voir comme ça. Mais il n'est pas souvent très bien accueilli, en effet, par les gens. Parce que c'est très intrusif d'avoir un espèce de petite boîte. C'est gros, en plus. Alors maintenant, il y a d'autres formes de défibrillateurs qui sont que petits. À cette époque-là, on ne les avait pas, donc c'est vrai qu'on avait dû mettre cet appareil sous la peau avec une sonde qui va du coup jusqu'au cœur pour envoyer un courant électrique au cas où le cœur s'emballerait. Et ça, pour certains, ça les rappelle aussi à la maladie de dire « En effet, c'est peut-être plus grave que ce que j'imaginais parce qu'il y a ça. » Alors qu'on pratique, oui, il y a ça, mais ça protège aussi, c'est une sécurité supplémentaire. Ça a été reçu comme ça, justement, cette protection ? Ou c'était vraiment...

  • Speaker #1

    Oui, oui, c'est au cas où. Et puis, autre chose, à ce moment-là, je travaillais avec mes élèves, avec des jeunes autistes. Oui. Sévère. Donc, je ne sais plus. Il y avait eu une interrogation. Laurent, il avait été arrêté. Il n'avait pas pris le travail. Donc, je lui ai dit, bah oui, oui. Mais bon, allez, une petite boîte, c'est bon. En fait, on dédramatise tout.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Donc, il y a des choses bien plus graves que d'avoir des fréquentateurs. Donc, franchement... Donc, voilà. Donc, c'est passé, en fait, pendant pas longtemps.

  • Speaker #0

    Il y a eu un petit moment difficile, quoi. Une petite vague.

  • Speaker #1

    Oui, une petite vague comme ça, et puis vite.

  • Speaker #0

    La rééducation cardiaque... Vous vous êtes senti comment à la fin sur le plan physique ? Est-ce que ça a eu vraiment des impacts sur votre capacité d'effort, morale, sommeil ? Vous avez senti qu'ils étaient mieux ?

  • Speaker #1

    Ça, ça avait été un...

  • Speaker #0

    Et les défibrillateurs, ils ne vous gênent pas en fait au quotidien ? En contre-contrôle,

  • Speaker #1

    peut-être même mal au... On me l'enlève !

  • Speaker #0

    C'est parfois une inquiétude. C'est rare qu'on doive l'enlever, mais ça peut arriver. C'est vrai que des fois, les gens ont du mal à se dire « mince, j'ai quelque chose en moins, est-ce que ça représente un risque ? »

  • Speaker #1

    En fait, j'ai pris la chose après. Je me souviens quand je suis allé le faire poser. C'était comme à l'hôpital, le jour de l'infarctus. En fait, on fait confiance. Tout s'est bien passé. Je ne suis même pas resté, je ne crois pas. Non, je crois que ça a été fait dans la journée.

  • Speaker #0

    Souvent, c'est ça, il y a une surveillance courte. Les gens rentrent assez vite chez eux. Et tant mieux dans un sens, parce que ça montre aussi que...

  • Speaker #1

    Ça avait été fait. On est en confiance. Ça a été installé comme tout, en fait.

  • Speaker #0

    Si on parle un peu du travail, j'ai compris que le défibrillateur, c'est bon quand on a des enfants qui peuvent... Vous sollicitez physiquement, c'est incroyable, parce qu'au début on dit aux gens, essayez de ne pas porter lourd, de ne pas trop mobiliser l'endroit, le bras. Ça a été ça ?

  • Speaker #1

    Oui, alors la reprise du travail, moi ça a été assez exceptionnel. Parce que j'ai fait un mois à mi-temps. Je crois que c'est au mois de février, donc ça m'est arrivé en 2017, c'est ça ? Oui. Donc c'est en février 2018 que j'ai dû reprendre, j'ai fait un mois à mi-temps.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Bon, alors, la reprise... Déjà, je m'étais rendu compte que je pouvais. Je me sentais physiquement capable de reprendre. Donc, au début, mi-temps, c'était très bien. Un mois, c'était bon. Et puis, j'avais un chef de service sur l'établissement qui était en oeuvre.

  • Speaker #0

    Ça, vous avez pu l'aider, oui. Oui,

  • Speaker #1

    et qui était... En fait, ne serait-ce que par les paroles. Je savais qu'il comprenait. Il avait une sensibilité sensibilisée. Problème cardiaque. Je n'ai jamais posé de question non plus. Donc, je savais que je pouvais avoir toute confiance.

  • Speaker #0

    C'est un peu le même. Oui.

  • Speaker #1

    Et puis, après, le travail s'est refait. Normalement, oui, s'il y a besoin, on va se lever d'une chambre sur une.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Bon. Toujours dire non. Oui. C'est les maladies invisibles un peu.

  • Speaker #0

    Oui, c'est vrai.

  • Speaker #1

    C'est un petit peu le piège. Bon. Mais je ne me suis jamais retrouvé confronté à faire tout un déménagement.

  • Speaker #0

    Oui, c'est ça. Raisonnable.

  • Speaker #1

    Pourquoi non plus exagérer ? Mais il m'est arrivé de donner un coup de main, je crois que ça m'est arrivé de maintenir... Oui, ça m'est arrivé, oui. Je crois, ça m'est arrivé de maintenir un jeune en trise. Ça m'est arrivé. Donner un coup de main aux éducs, on ne peut pas toujours...

  • Speaker #0

    Non, vous n'allez pas rester dans une bulle aussi et vous composez.

  • Speaker #1

    Quand on travaille, j'ai envie de dire que ça fait partie du travail. On travaille qu'on n'imagine pas d'un enseignant.

  • Speaker #0

    Oui, mais c'est là.

  • Speaker #1

    Quelquefois, on peut être confronté à certaines situations. Mais bon, maintenant, c'est un petit peu ancien. En même temps, après la réadaptation cardiaque et la reprise du travail, en même temps, j'ai repris la salle de sport.

  • Speaker #0

    Tout s'est fait un peu dans la foulée, bien en fait. Remis sur les rails, quoi.

  • Speaker #1

    Oui, tout était bien.

  • Speaker #0

    On en avait parlé, médecine du travail ? Il n'y en avait pas un ? Ben oui, c'est ça, je me souviens quand je l'ai dit. Alors du coup, on va essayer de faire un dossier, parce que l'idée, c'est de... Il n'y a pas de dossier à monter, mais c'est que souvent, dans votre situation, c'est une situation très particulière, parce qu'il n'y avait pas de médecin du travail. Mais dans la plupart des cas... Pour la reprise,

  • Speaker #1

    j'ai vu un médecin agréé par l'éducation nationale.

  • Speaker #0

    Qui a été assez favorable, justement, car pas à portée de...

  • Speaker #1

    Vous reconnaissez le travail, hein ? Pas question de... Après...

  • Speaker #0

    Il y a une adaptation, une proposition d'adapter en fonction de ce que vous avez eu comme accident ? Parce que, voilà, moi, je le vois pour des ans, pour des travaux...

  • Speaker #1

    Du tout. Je dirais même, c'était un peu...

  • Speaker #0

    Ça va ?

  • Speaker #1

    Un enseignant. Bon, il était en vacances, c'est bon.

  • Speaker #0

    OK. D'accord, j'ai entendu,

  • Speaker #1

    j'en ai reçu un petit peu comme ça à l'époque.

  • Speaker #0

    Ok. Maintenant, bon, c'est... Il se trouve qu'il y a un cadre, en effet, dans les secteurs privés, en tout cas, la médecine du travail demande parfois des bilans. Qu'est-ce qu'il en est ? Est-ce que la personne est capable de faire ça ? C'est pour ça que la rééducation cardiaque a un bon moment aussi pour envisager la reprise. C'est parfois même des pré-reprises. C'est dire, voilà, votre état cardiaque est stabilisé ou pas ? Comment on peut reprendre ? Quelles sont vos capacités à l'effort, les capacités fonctionnelles que vous pouvez faire ? Quelqu'un qui développe, je ne sais pas, imaginons 50 watts, C'est un effort très très faible, mais qui développe 50 watts et qui au travail va porter, je ne sais pas, imaginons des caisses, et bien on va dire non, en fait, ce n'est pas envisageable, ça nous met en difficulté et là il va falloir soit adapter le poste ou un reclassement. C'est parfois aussi difficile et je trouve que dans votre cas... C'est aussi une chance qu'il y ait eu un environnement bienveillant pour la reprise du travail, quoi. Tant physique que psychologique, parce que des fois, les gens aussi ne se sonnent pas. Ils se disent, mince, j'ai eu ça, je suis angoissé à l'idée de reprendre, comment ça va se passer ? Dans le quotidien du boulot, dans le temps. D'où l'intérêt d'avoir un environnement qui vous porte aussi. Ah oui,

  • Speaker #1

    c'est positif.

  • Speaker #0

    Comment ça s'est passé la reprise de l'activité physique ? C'est quelque chose que vous faisiez avant ou parce qu'il y a eu l'accident ? Vous avez dit, allez,

  • Speaker #1

    on... Avant, avant.

  • Speaker #0

    Avant, avant.

  • Speaker #1

    Au moment du tabac. Oh, il y avait le tabac, oui, mais j'ai fait de la salle de sport, je faisais de la muscule.

  • Speaker #0

    Ouais.

  • Speaker #1

    Je courais.

  • Speaker #0

    Oui. C'était régulier cette activité de physique ? Ouais. Pour quelles raisons vous le faisiez à l'époque ?

  • Speaker #1

    pour le plaisir.

  • Speaker #0

    Pas la santé. Il y a plein de raisons de faire du sport. Mais en tout cas, c'était de ruter.

  • Speaker #1

    Il y a eu un moment, vers les 40 ans, ligament arraché, en faisant du sport avec mes élèves.

  • Speaker #0

    C'est dangereux.

  • Speaker #1

    Oui, en jouant en wand. Donc, après... Là, ça a été le premier coup dur. Là, on se rend compte que c'était après 40 ans. Bon, il faudra peut-être arrêter de faire l'endouille, mais bon, il faut faire attention. Et entre le moment où il y a eu l'accident et puis l'opération, il y a eu un an, une grosse année. Sans rien,

  • Speaker #0

    à ce moment-là.

  • Speaker #1

    Ben oui, sans rien. Sans rien. Et puis après, il y a eu l'opération. Donc il y avait eu une prise de poids, donc le tabac. Quand j'allais à la salle de sport, on prend des habitudes alimentaires aussi. Donc elles sont restées, avec des quantités. Donc bon, tout ça fait que...

  • Speaker #0

    Nous avons un bon hygiène de vie à ce moment-là. Mais en tout cas, le sport, si on peut appeler ça comme ça, activité physique.

  • Speaker #1

    Et puis après, il n'y avait plus. Et après, il y a eu un arrêt. Il y a eu un moment où j'avais repris la salle de sport, mais je crois que j'y allais à peu près tous les jours même. Donc c'est pareil. Et puis après, il y a eu stop. Donc là, ça a été la dégringolade.

  • Speaker #0

    Mais la rééducation vous a remis en selle. Oui, là, ça m'a remis en selle. Ça a permis de retrouver confiance et de voir que vous pouviez, en fait. Et maintenant, l'activité physique, ça fait partie de votre quotidien. Comment vous organisez vos séances ? Qu'est-ce que vous pourriez conseiller à quelqu'un qui a eu un infarctus, justement, après ? Alors, chaque situation est particulière, on va dire, mais dans votre expérience, qu'est-ce que vous pourriez dire à quelqu'un ?

  • Speaker #1

    J'ai retenu trois fois par semaine, minimum trois fois trente minutes par semaine. C'est ce que j'essaye de faire.

  • Speaker #0

    Avec la rééducation, on vous a conseillé une sorte de programme. C'est plutôt dans ce cas-là, on allait dire...

  • Speaker #1

    En fait, je maintiens le programme que...

  • Speaker #0

    Que la rééducation vous avez fait ? Oui. Ce qui est bien, puisque c'est l'Istat dont il s'agit, c'est de garder des activités. Alors... Il y a quatre thématiques, on va dire, sur l'activité physique. Il y a des sports d'endurance, typiquement, rameur, elliptique, course à pied, natation. C'est plutôt des sports où vous allez être à une intensité modérée, voire intense, mais en tout cas modérée, mais éventuellement prolongée. Donc ça, ça permet de faire bien travailler le cœur, la circulation, réguler la tension, l'humeur, le sommeil, etc. Mais on oublie aussi les autres piliers du sport, si on peut dire. C'est l'activité de résistance, donc la musculation. Et c'est aussi bénéfique pour le cœur. C'est intégré maintenant dans les programmes de réadaptation. Vous en avez fait un peu, justement, à l'époque, un peu de musculation ? Non, pas du tout. Pas du tout ? Du tout. OK. Pas de soulevé de poids, pas de petites haltères ? OK. C'est vrai que dans les programmes, on essaie de travailler ça. Il y a aussi l'équilibre qui fait partie des... D'accord. À l'époque,

  • Speaker #1

    c'était vélo, il y avait vélo, rameur,

  • Speaker #0

    tapis. OK.

  • Speaker #1

    L'élyptique, c'était les trois, les quatre choses qui étaient proposées.

  • Speaker #0

    Et puis la souplesse, étirement, dernière chose. Ça va être des fois un peu de yoga, de sofro aussi, qui s'est apparent sur la méditation. Non, ok. C'est vrai que dans ces programmes, alors je le dis d'autant plus qu'en tout cas au cabinet, on essaie de développer une activité de réadaptation cardiaque pour des patients, on va dire... de ville. Donc bientôt je pourrais vous proposer ça. Et c'est vrai que pour l'ensemble des composants de la santé cardiovasculaire, on essaye de faire un peu d'endurance, de résistance par le muscu. Un peu d'agilité, souplesse, d'équilibre. Et puis la dernière, c'est l'explosivité. Ça, c'est autre chose. Quand on vise, ça peut être de l'haltérophilie, on va essayer de faire des efforts explosifs. Ça, c'est encore... Mais dans différentes thématiques de l'activité physique, il y a différents piliers qu'on peut essayer de travailler. Et à côté de ça, il y a l'éducation thérapeutique, la nutrition, l'éducation sur les médicaments, la maladie, les signes d'alerte, bien comprendre les enjeux.

  • Speaker #1

    A réadaptation cardiaque, j'avais eu une...

  • Speaker #0

    L'éducation, des séances, des fois en groupe.

  • Speaker #1

    Une séance, oui, en groupe, pour l'alimentation.

  • Speaker #0

    C'est ça. On essayait toujours de sensibiliser à...

  • Speaker #1

    C'était à Saint-Hilaire, à l'époque, où j'avais fait ça.

  • Speaker #0

    Est-ce qu'on vous a proposé de voir un psychologue ?

  • Speaker #1

    Je n'ai pas souvenir, mais c'est possible. Je sais qu'il y avait eu plusieurs activités de proposées, justement.

  • Speaker #0

    Comme un menu, on va dire, des modules. On choisit.

  • Speaker #1

    On fait choisir. Si on avait besoin, si on estimait qu'on avait besoin... Alors, j'avais fait... Est-ce que j'ai fait autre chose ? Je crois que j'ai fait deux choses. La deuxième m'a pas marqué ?

  • Speaker #0

    Moi ? Alors, le psychologue, c'est... Mais psychologue, non. Non. Alors, le psychologue, bon, il faut avoir une structure qui permet d'avoir un professionnel. Mais... Souvent, en tout cas, après un accident, c'est assez tabou. Les gens mettent ça un peu sous le tapis. Ils se disent, bon, je vais retrouver ma vie. Mais il y a des fois quand même beaucoup de souffrances cachées, parce que ce n'est pas visible, en fait. La douleur morale, elle n'est pas mesurable. J'ai noté, en tout cas, que pour vous, la vie avait retrouvé son rythme, mais il n'y a pas eu de choses négatives, d'anxiété, voire de dépression. Et c'est chouette dans un sens.

  • Speaker #1

    J'ai fait d'établissement. Je ne suis plus surévreux. J'ai changé d'établissement. Je crois que t'es le premier genou. J'ai tout dit, j'ai fait un infarctus. J'ai une petite boîte, je peux rien faire. Je crois que je dois présenter la chose comme ça. Je peux rien faire, je peux rien sauver.

  • Speaker #0

    Immunité, joker.

  • Speaker #1

    Mais après, évidemment, j'ai dû bouger une table quand même, faut pas exagérer. S'il y a besoin de déménager quelque chose. Mais voilà. En fait, non, ça passe. Dans mon milieu, ça passe très bien. Tout le monde est à l'écoute. Ça soulève aucun problème.

  • Speaker #0

    C'est bien.

  • Speaker #1

    J'ai des collègues qui ont d'autres problèmes.

  • Speaker #0

    Voilà. Je rebondis justement sur l'éducation. Donc, on traite les facteurs de risque. On va prendre en charge d'éventuels problèmes de tension, de diabète, de cholestérol, activité physique. Le tabac, on en a un petit peu parlé. Est-ce qu'il y a un conseil que vous pourriez donner aux gens qui ont envie d'arrêter de fumer ?

  • Speaker #1

    Mes enfants fument.

  • Speaker #0

    Vos enfants fument.

  • Speaker #1

    Mes enfants fument.

  • Speaker #0

    Incroyable. Oui,

  • Speaker #1

    oui.

  • Speaker #0

    Ben oui. Mon fils fumait.

  • Speaker #1

    Mon fils fumait avant que je fasse l'infarctus. Ma fille, il me faisait fumer après.

  • Speaker #0

    Ah, oui. Donc, alors, vous l'avez fait quoi ?

  • Speaker #1

    Ils sont grands, ils sont libres de faire... Ils sont vieux, ils ont plutôt 27 et 26 ans, donc ils savent les conséquences.

  • Speaker #0

    Bien sûr. Vous en avez parlé ?

  • Speaker #1

    Oui, ça va être une chose que je vais leur dire. Tu sais ce qui peut arriver.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Qu'est-ce que je pourrais dire ? Ça m'aurait paru complètement idiot à l'époque, et je ne le croirais pas si on me le disait, mais quand j'étais fumeur, on se sent libre de fuir.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    On est libre de fuir. Mais en fait, on n'est plus libre quand on ne fume plus. Ça paraît...

  • Speaker #0

    Vous perdez quelque chose.

  • Speaker #1

    Quand on fume. Oui. En fait...

  • Speaker #0

    Vous allez me prendre compte, vous dites que quand on fume, on choisit, on a la liberté de fumer. Quand on ne fume plus, on n'est plus libre. Donc on perd les libères. Ah, on est... C'est lié au congé. D'accord, ok. Oui, non, non, c'est... Même si les gens disent que c'est l'inverse du ciel, ils perdent l'université. Oui, oui. Alors qu'en fait, ils sont aliénés. Bon,

  • Speaker #1

    c'est lié... On a parlé de bande dessinée, mais bon, j'écoute du rock, donc on va à un concert, il faut fumer.

  • Speaker #0

    L'ambiance est un peu positive. L'alcool, la cigarette... Oh non,

  • Speaker #1

    mais... Mais le tabac, c'est un tout.

  • Speaker #0

    On s'approprie le package. Comme à l'armée, les gens fumaient parce que c'était banal.

  • Speaker #1

    Oui, mais j'ai vu faire 10 kilomètres pour aller. Il n'y avait plus de tabac, donc il fallait aller faire de la route. Je crois que j'aurais même été prêt à faire 30 kilomètres pour plus de cigarettes chez soi. Est-ce que je vais en être sûr d'en avoir pour demain ? Donc, sans ça, on n'est pas libre, en fait. On a l'impression de... En fait, on est beaucoup plus... Plus de liberté. Plus de liberté. Je crois que c'est ce que je dirais. Oui, j'ai des collègues qui fument, je leur dis fois. Je leur dis, mais t'as vu, c'est le genre de choses que je vais dire.

  • Speaker #0

    T'étais en avant quand même. Je vais dire,

  • Speaker #1

    voilà ce que ça donne. Et puis je vais dire, t'es quand même mieux. Mais bon, c'est des personnes plus jeunes que moi.

  • Speaker #0

    Oui, parce qu'ils ne réalisent pas aussi l'impact que ça peut avoir. Sans hésitation.

  • Speaker #1

    Pour autant, j'étais fumeur et ça ne gênait pas.

  • Speaker #0

    C'est sûr, oui. En plus, les lois qui permettaient de fumer, qui n'étaient pas encore là pour fumer dans les restaurants, les votes de nuit.

  • Speaker #1

    J'ai débuté en fumant. Voilà, c'est sûr. Oui,

  • Speaker #0

    je vois très bien. Cholestérol, un petit peu, on parlait donc des facteurs de risque. Le cholestérol, c'est quelque chose qui vous parle maintenant ? Quelque chose que vous traitez comme une cible de traitement ? Il y a un traitement.

  • Speaker #1

    Je crois que dans mes médicaments, j'ai un traitement contre le cholestérol qui attaque le bon cholestérol si je mange du poisson aussi. Mais je crois qu'il prend tout.

  • Speaker #0

    Non,

  • Speaker #1

    je ne suis pas... Non, mais sinon, je ne fais pas vraiment attention.

  • Speaker #0

    Alors, c'est vrai que le traitement pour le cholestérol, je rebondis parce que souvent, après un infarctus, des fois, les gens me disent « Je ne comprends pas pourquoi vous mettez un médicament contre le cholestérol alors que je n'en ai pas. » Et ça, c'est toujours la difficulté, c'est qu'en fait, le traitement, il est là pour à la fois faire baisser le taux de cholestérol, mais aussi parce qu'il réduit en lui-même les accidents cardiovasculaires. On va dire qu'il stabilise les plaques au niveau des artères et donc ça permet indirectement de réduire les accidents cardiovasculaires. Ça s'appelle les MACE, pour événements cardiovasculaires majeurs, infarctus, AVC, mort subite et les hospitalisations. Donc en soi, c'est bien parce que vous me faites confiance, donc vous les prenez et vous comprenez. Mais des fois, il y a un peu de défiance de la part des patients de dire pourquoi vous me donnez ça. Je ne vois pas l'enjeu, je ne vois pas l'intérêt. Et il y a une remise en question des fois des médicaments.

  • Speaker #1

    Au moment de la réadaptation cardiaque, c'est là où je suis le moins sérieux. Certainement où j'ai le besoin de... J'aurais besoin de retourner un peu à l'école. J'avais rencontré... Alors c'était l'infirmière qui gérait le... Il y avait une infirmière qui chapotait un petit peu la réadaptation cardiaque. Il y avait un médecin, mais à chaque séance, il y avait une infirmière qui était présente et qui chapotait un peu tout. J'avais eu une rencontre avec elle, elle m'a fait dire « Les médicaments, vous savez à quoi ils correspondent ? »

  • Speaker #0

    Pas une interrogation, mais il y a toujours un peu le côté genre « Allez, je vais écouter » .

  • Speaker #1

    Je savais qu'il y avait cholestérol, diabète. Oui, bon. Elle m'avait donné toutes les explications. Oui, moi, j'en ai conclu. Dans mon esprit, en tout cas, ça s'est enregistré comme ça. Comme mon cœur ne fonctionne pas très bien, quand même, si on enlève tous les médicaments, il ne fonctionne pas bien du tout. Donc, il a besoin. Il y a des médicaments qui sont là pour l'aider à son bon fonctionnement.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Donc, qui compense, en fait, son mauvais... Je l'ai compris comme ça.

  • Speaker #0

    C'est un soutien. Donc,

  • Speaker #1

    moi, je me fais confiance. Moi, je vous fais confiance. Je fais confiance. Autant je n'allais pas chez le médecin, j'y vais pas plus. Là, j'y vais pour mon suivi médical. Mais si j'ai besoin, j'irai maintenant. Donc, je fais confiance.

  • Speaker #0

    C'est comme ça, ces choses doivent se passer. Non,

  • Speaker #1

    mais je suis enseignant, je ne suis pas médecin. Donc, je ne suis pas du genre à lire, sinon plus, les notices.

  • Speaker #0

    Il vaut mieux poser des questions. Souvent, ce que je vois, ça dessert en cas de légende. C'est bien, mais trop d'informations a tendance à me faire un petit angoisse.

  • Speaker #1

    J'avais un médicament qui était là pour les douleurs au ventre. Je me souviens au début, un médicament en plus, pour aider à supporter les médicaments.

  • Speaker #0

    Ça s'appelle un IPP, oui.

  • Speaker #1

    Je me souviens que c'était une pharmacienne qui m'avait dit « Est-ce que vous avez des douleurs au ventre ? » Je me mets de soucis. Est-ce que vous avez besoin de ce médicament ? Posez la question. Je vous avais posé la question. On l'a supprimé.

  • Speaker #0

    À ce moment-là, il n'était plus utile parce qu'au début, vous aviez deux traitements qui étaient pour justement fluidifier le sang, on va dire. Et donc, dans ces cas-là, on sait qu'il y a un haut risque de saignement. Tu le sers. Si jamais il y a des maux d'estomac en plus, ça peut créer un peu d'acidité. Mais en effet, après, une fois que les choses sont stabilisées... qui n'a pas de fragilité de l'estomac, on peut le ressortir. Oui.

  • Speaker #1

    Donc, pour ça, en fait, je fais confiance.

  • Speaker #0

    Je te désercie parce que c'est le but aussi d'accompagner dans les questionnements que les gens peuvent avoir. C'est le rôle du médecin, j'entends, de rassurer, de répondre aux questions. Et des fois, il y a beaucoup de défiance parce que maintenant qu'on a accès à Internet, c'est bien et pas bien parce que ça peut aussi remettre des fois en cause, en tout cas induire de mauvais comportements.

  • Speaker #1

    Je ne vais pas vérifier sur Internet. Non, non.

  • Speaker #0

    Et même si ça l'était, ce que je dis aux personnes, c'est pourquoi pas, mais dans ce cas-là, avant de prendre une décision, on en parle. C'est ça, en fait. Que ce soit le pharémacien, le chirurgien, le médecin, le cardiologue, etc. Mais il ne faut pas se faire sa petite cuisine, comme je le vois des fois.

  • Speaker #1

    Oui, mais effectivement, en réadaptation cardiaque, j'avais rencontré des gens, des fumeurs, après la séance. Mais ils ne pouvaient pas s'arrêter, en fait. Bon, effectivement, ils ne pouvaient pas. Je peux le comprendre, mais bon. Quoi que je dis, je ne peux pas le comprendre. Non, je ne comprenais pas. Non, je comprends. C'est quelque chose... Moi, j'ai pris les événements comme ils sont venus. On a tout fait. Il y a des gens qui se sont dévoués pour que je m'en sorte.

  • Speaker #0

    Mais à l'hôpital,

  • Speaker #1

    le minimum s'est fait dérespecter. Mais ça fait partie. On m'a donné un traitement. Je le prends. J'ai dû rater en 7 ans. Je le prends à les grands maximums. Et ça serait le soir, 3 fois. J'ai dû me rendre compte, celui qui n'est pas pris trop tard, ça a dû arriver deux fois ou trois fois, grand grand maximum.

  • Speaker #0

    Comment on modérait justement la prise des médicaments, puisqu'elle est acceptée, et c'est bien, parce qu'en effet, le médicament, c'est ce qui vous permet d'être quand même dans une bonne santé relative, parce qu'évidemment, le cœur est fragile, mais en tout cas, de continuer de vivre normalement, globalement. c'est parfois difficile de réorganiser son quotidien en fonction des médicaments certains doivent être pris à une ou moins heure fixe, vous gardez des alarmes, un pilulier, qu'est ce que vous pouvez conseiller ? L'organiser la semaine ?

  • Speaker #1

    Alors il n'y a pas très longtemps, ça fait un mois que je le prépare à la semaine sinon je le prépare au quotidien. Le soir, Et puis en même temps, on prépare ceux du matin parce qu'il y a un médicament qui se trouve en deux. Donc j'ai un tiroir dédié aux médicaments. Ils sont rangés. Je sais exactement à quoi ils correspondent. Voilà. Après un départ en vacances, le pilulier. Mais maintenant, je fais le pilulier à la semaine.

  • Speaker #0

    Vous avez pu prendre l'avion depuis ? Vous prenez l'avion ? Je ne prends pas de tour.

  • Speaker #1

    Parce que j'avais vu que vous aviez pris l'avion.

  • Speaker #0

    J'en ai pris l'avion.

  • Speaker #1

    J'en parlerai à mon médecin. Parce que je pense qu'il y aurait un grand stress.

  • Speaker #0

    Alors, je dis ça parce que dans le voyage, justement, pour en parler longuement, mais en tout cas, pour essayer de donner quelques idées claires, c'est que quand on anticipe un voyage, c'est toujours bien de vérifier que l'état du cœur est bon, surtout si c'est un voyage à distance, très lointaine. Mais peut-être aussi, des fois, de garder ses médicaments ou répartir la prise dans une valise et une autre pour, en cas de perte d'une valise, ne pas se retrouver à court, par exemple. C'est pour ça que vous me posez cette question-là. Comment vous alliez anticiper le voyage ?

  • Speaker #1

    Non, non, si c'est plus d'une semaine, je prévois des médicaments en plus. Et puis, je n'oublie pas d'emmener l'ordonnance.

  • Speaker #0

    Voilà, c'est ça ce que j'allais vous dire, de prendre nos documents médicaux, aller nous les médiquer.

  • Speaker #1

    Non, c'est le seul que, la dernière fois que je suis parti, c'est le seul que j'ai emmené. Mon médecin généraliste m'a dit, emmenez des fois un petit bilan.

  • Speaker #0

    Alors ça, c'est judicieux et c'est quelque chose que je conseille toujours. C'est, à défaut d'avoir l'ordonnance, prenez en photo vos médicaments, en fait. Vous prenez une copie, écrivez-le, mettez-le dans votre portefeuille, écrivez même le nom. Mais en fait, les gens viennent souvent sans leur ordonnance. Alors quand c'est dans du suivi médical, on arrive à encore à se débrouiller. Mais imaginons que vous êtes dans la rue et qu'il vous arrive quelque chose. On retrouve, je ne sais pas, vous avez une douleur par exemple, et vous ne pouvez pas communiquer, qu'on sache ce qui vous est arrivé. Alors c'est vrai que sur les téléphones, par exemple sur Apple, il y a un suivi médical, une fiche que les soignants... en urgence peuvent retrouver de dire voilà attention je suis sous anticoagulants j'ai eu un infarctus j'ai des stents j'ai un défibrillateur oui toutes ces choses là comme des conseils de mes j'ai une petite carte j'ai exactement mais je pense qu'aussi c'est important de noter ses antécédents médicaux du coup de voilà d'avoir des informations au cas où parce qu'on n'est pas à l'abri même je suis pas vous traverser la route quelqu'un vous bouscule une part des connaissances voilà c'est

  • Speaker #1

    Pour une période de vacances, j'y pense. Mais au quotidien,

  • Speaker #0

    moins. Oui,

  • Speaker #1

    au quotidien.

  • Speaker #0

    Ça peut aider, en tout cas.

  • Speaker #1

    Effectivement.

  • Speaker #0

    On arrive bientôt à la fin de l'épisode. Déjà, merci beaucoup parce que le partage d'expérience est vraiment très riche et je pense que ça va vraiment aider beaucoup les gens. Est-ce qu'il y a un ou plusieurs conseils que vous donneriez aux personnes qui nous écoutent et qui souhaiteraient préserver leur cœur ? Ce n'est pas une question facile. Évidemment, il n'y a pas de bonne réponse. En soi, je pense que c'est très teinté l'expérience individuelle.

  • Speaker #1

    J'ai réfléchi à la question et faire confiance à son médecin. chose que je ne faisais peut-être pas suffisamment, puisque je n'y allais jamais, faire confiance à son médecin et faire un vrai contrôle médic. À part peut-être à un âge que 40, c'était bon, tout roule, mais à 50, se dire je suis essoufflé quand je marche, il y a peut-être un check-up. Vraiment faire un vrai contrôle, pas attendre le coup dur. C'est vraiment... Si on est fumeur, et qu'on apporte beaucoup d'activités physiques, en ferrin, même si ça devient sans doute difficile, moi j'ai eu la chance, parce que tout ça, ça fait partie. Tout est arrivé au bon moment, parce que moi j'ai pu avoir un médecin généraliste vite. Je suis rentré chez moi, le jour où je suis rentré chez moi, j'ai appelé, j'ai eu un médecin généraliste. J'ai eu mon infirmier qui venait deux jours après pour me faire une prise de sang pour ce contrôle d'INR. Tout s'est mis en route, tout s'est mis en place. Donc moi, c'est vraiment le chanceux. C'est pour ça que tout ça, ça participe.

  • Speaker #0

    C'est bien accueilli. Oui. On retient le message de prévention, vraiment. Oui. Attendez pas la maladie sans être dans la crainte, mais en tout cas...

  • Speaker #1

    Surtout si on est fumeur, on sait comprendre. Sur les croix d'art. Poids, je ne sais pas si...

  • Speaker #0

    Il y a des messages de prévention dans le cadre du surpoids, mais je pense en effet qu'autour du tabac, ça peut être important. Il n'y a aucun effet positif du tabac, qu'on se le dise. Même l'euro-social, globalement, maintenant on peut vivre sans tabac. Ça coûte cher, on ne sent pas bon au niveau des vêtements, le goût est altéré, on ne profite pas des saveurs des aliments, des boissons, etc. Et puis ça joue sur notre humeur, c'est un vrai boulet qu'on garde au pied, du coup, qu'on parle de liberté, et puis on sait que ça entraîne des maladies, quelles qu'elles soient. Alors c'est vrai qu'on pense au cancer, mais il y a l'infarctus, il y a aussi le cancer de la vessie, la bronchite chronique, toutes ces maladies-là qui ne sont pas visibles et qui ne sont pas aussi mises en avant, auxquelles on ne pense pas. Alors au mieux, ce n'est pas d'enfoncer les gens pour dire que le tabac c'est mal, chacun gère son risque, mais peut-être des fois de rafler...

  • Speaker #1

    Moi c'est en connaissance de cause.

  • Speaker #0

    Ça reste une drogue, donc c'est ça qui est difficile, évidemment, le sevrage tabagique. Avant tout, moi c'est d'ailleurs une question que je pose, ça s'appelle le conseil minimal, c'est de dire, est-ce que vous avez envie d'arrêter de fumer ? Parce que cette simple question, elle résume tout, globalement, la suite de la prise en charge du tabac. À mon sens, je peux me tromper, il y a peut-être des tabacologues qui m'ont trait au créneau, mais l'idée c'est de dire, vous en êtes où du tabac ? Et 10% des gens vont arrêter de fumer dans les mois qui suivent. Simplement parce que le fait d'avoir fait germer l'idée que peut-être vous pouvez vivre sans cigarette, ça les aide. ça les aide à réfléchir et aussi trouver de la motivation parce que soi-même spontanément on ne se pose pas la question tant qu'il ne nous arrive rien ou parce qu'on n'y a pas été sensibilisé et c'est difficile je trouve de s'approprier ces concepts-là alors personnellement je ne fume pas donc c'est toujours difficile mais je vois beaucoup de patients évidemment qui ont arrêté de fumer et il y a quelques éléments qui ressortent en tout cas mais quand on fait ce petit simple conseil de dire est-ce que vous avez envie d'arrêter la personne dit non ... Ça sert à rien de la bassiner avec plein de chiffres de machins et de faire peur. J'étais comme ça,

  • Speaker #1

    donc moi j'étais comme ça.

  • Speaker #0

    Et puis faire confiance à son médecin, je pense qu'aujourd'hui, alors que le climat est quand même beaucoup dans, je dis en défiance, parce qu'en fait on a accès aux informations et on a l'impression que l'information qu'on a lue soi-même, elle est plus pertinente que le médecin aurait eu. Je ne sais pas pourquoi, mais c'est une tendance. C'est une tendance et plutôt que d'en débattre, beaucoup de gens arrivent avec des certitudes. Je pense que c'est ça le plus dangereux aujourd'hui. Alors en plus avec les IA, alors les IA peuvent faire très bien, chat GPT, etc. Mais il faut toujours garder un esprit critique. Et par exemple, je ne suis pas garagiste. Quand je confie ma voiture au garagiste, je n'y connais rien en mécanique, quand j'ai les rudiments. Mais s'il me dit qu'il faut changer les plaquettes, je change les plaquettes en fait. Je ne vais pas me dire, tiens... Je vais aller vérifier, est-ce qu'il est vraiment sûr, ça peut attendre encore 500 km ou pas, et puis prendre un risque en fait. Oui, ça embête, ça peut coûter cher, ça immobilise la voiture, etc. Mais au final, ça reste quand même pour mon bien. Et le médecin est là aussi pour le bien de l'autre, qu'on n'oublie pas de le dire. Et ça, des fois, on est un peu mis dans le rouge à cause de ça, parce qu'on manque de médecins, parce que les rendez-vous sont longs, parce que les gens sont stressés et que nous-mêmes, nous aussi, on est stressés et il faut faire des fois les choses en urgence. Donc ça explique de l'agressivité qu'on voit aux urgences, des médecins, des soignants, des infirmiers, qui se font taper, il y a des agressions physiques. Et je trouve ça un peu... Désolant, déplorable même, parce qu'on est là pour aider les gens. À part ça, est-ce qu'on va parler au Laurent d'il y a quelques années ? Ce n'est pas simple non plus comme question.

  • Speaker #1

    Je n'ai pas été capable. J'ai vu la question avant et je n'ai pas été capable.

  • Speaker #0

    Il faut savoir que si vous pouviez adresser à la version de vous-même d'avant votre infarctus, qu'est-ce que vous lui diriez ?

  • Speaker #1

    Je... Ça va devenir bien.

  • Speaker #0

    C'est bon.

  • Speaker #1

    C'est bizarre. Ça m'a fait... Ça m'a évoqué un vieux souvenir. Mais là, c'est vraiment un vieux souvenir. J'avais un copain qui lisait les lignes de la vie. Les lignes de la main.

  • Speaker #0

    Ah bah bon, ésotérique.

  • Speaker #1

    J'ai toujours gardé en mémoire pour la ligne de la vie. Il m'avait dit, ta ligne de la vie, à ce coup, par un moment, puis elle repart. Et ça m'est intervenu, c'est vrai que ces gens-là, on garde en mémoire pourquoi... Des bêches,

  • Speaker #0

    ils reviennent, bien sûr. Oui,

  • Speaker #1

    et je me suis dit, tiens, c'est bizarre, en fait, ça correspondrait à ce que j'ai vêtu. Qu'est-ce que je dirais ? Je crois que je ne sais pas ce que je dirais. Je crois que...

  • Speaker #0

    D'abord que ça va aller, c'est un message, d'être optimiste, en fait. Et je pense que les personnes qui, dans la vie... S'en sorte le mieux ?

  • Speaker #1

    Ça sera mieux après, en fait. Ça sera mieux. C'est un peu ça, la vie. C'est une suite d'apprentissage. On apprend toujours. Il y a des choses désagréables. Hop, ça se surmonte. Mais ça sert. Ça sert à affronter. Pour affronter, il ne faut pas non plus exagérer, mais à avancer dans la vie.

  • Speaker #0

    Écoutez, merci beaucoup. Je trouve que c'est...

  • Speaker #1

    Je vois toujours le verre...

  • Speaker #0

    À moitié plein ? Oui,

  • Speaker #1

    toujours. J'ai tendance... Je crois que j'étais comme ça avant. Et je crois que c'est encore pire. Je crois que c'est devenu. Yes. C'est devenu... Oui, c'est... Ou pire, ça dépend. Il n'y a personne.

  • Speaker #0

    Mais j'entends clairement que la vie ne s'arrête pas. Il y a tant de temps qu'on est là. Vous gardez le projet. Ça se sent, oui, ça se sent clairement. C'est ça qui m'avait plu, je trouvais, dans votre parcours, expérience de vie, même si elle a été très brutale, très douloureuse aussi, parce qu'on pourrait se dire que c'était quelque chose de positif, presque qu'on pourrait le souhaiter à quelqu'un, dire tu verras la vie après ton infarctus, mais en fait, il y a quand même beaucoup, beaucoup de vie, parce que les gens aussi vous portent, mais aussi vous... permettait aussi aux gens de vivre, puisqu'on est des êtres grégaires, on a besoin des autres pour vivre, donc évidemment on s'imprègne des expériences et on avance. Voilà, en tout cas on arrive à la fin de l'émission et merci infiniment Laurent pour vos témoignages, c'est très inspirant et je suis certain que ça va aider beaucoup de personnes à mieux comprendre déjà l'importance de la prévention du suivi médical et aussi de la capacité que le corps a art de résilience. C'est vraiment ce mot-là qui, je pense, résume aussi les épreuves de la vie. Donc, merci beaucoup, en tout cas, d'avoir partagé votre histoire avec nous. Pour finir, je vous donne la parole parce qu'il y a plein de sujets que je traite. Est-ce qu'il y en a un que vous aimeriez que j'aborde pour un prochain épisode ?

  • Speaker #1

    C'est pareil. Je me suis dit de l'alimentation. Ça serait peut-être qui me touche, moi, l'alimentation.

  • Speaker #0

    Sous quel angle de savoir quels aliments adopter quand on a une maladie, ou même juste de la prévention en amont, d'avoir une bonne hygiène de vie, comme on pourrait l'enseigner aux enfants, parce qu'on voit qu'il y a beaucoup de malbouffe, beaucoup de mauvaise éducation nutritionnelle, et qui dessert beaucoup les enfants parce qu'il y a beaucoup d'obésité, parce qu'il y a beaucoup de carence aussi, parce qu'on parle des aliments en plus, mais aussi des aliments en moins. Donc ok, ça pourrait être un bon sujet en effet. Des limes simples pour adopter de bons réflexes, pour bien manger. On parle même d'alicaments maintenant, c'est-à-dire des aliments qui sont des équivalents de médicaments. Mais il y a quand même les piliers comme légumes, protéines, lipides, et puis après on ajoute les micronutriments, les vitamines, les oligoaliments, etc. qu'on peut trouver dans les aliments naturellement. C'est vrai qu'on a toujours tendance à se dire « bon, je vais me supplémenter » , alors qu'en fait c'est des choses très simples qu'on peut mettre en place et qui sont très porteuses. Ok, j'en pronote. Et pour terminer l'émission, alors quelque chose qui me tient à cœur, et j'avais déjà établi ça avec mon ami généraliste la dernière fois dans une précédente émission. pour finir un peu sur poésie, littérature je ne sais pas si c'est quelque chose que vous aimez en tout cas dans la fin des échanges j'aime beaucoup ça est-ce que mon ami il y a une fois avait dit le coeur a ses raisons que la raison ne connait pas qu'il m'avait sorti est-ce que vous accepteriez de me donner une citation Maxime sur le coeur évidemment qui permettrait à nos auditeurs de s'y révéler un peu le temps d'un instant j'en ai trouvé deux il y en a une qui va bien avec la prévention c'est un proverbe chinois

  • Speaker #1

    Le cœur ne parle pas, mais il faut savoir l'écouter. Ça, c'est quelque chose qu'on apprend, à s'écouter.

  • Speaker #0

    Spontanément, on ne l'entend pas. Il faut savoir écouter ses simulacres.

  • Speaker #1

    On apprend à s'écouter, à écouter son cœur, mais son corps aussi. Je vois qu'on fait de la marche, on fait plus attention, on est plus attentif. Une petite chose que j'aurais voulu dire, qu'elle est un petit peu... Personnellement, moi, ça a été... vraiment l'infarctus a été bénéfique. Et je pense que ce que je l'avais noté, ça m'a aidé à me construire, en fait, à continuer à grandir, à me construire et à faire plus attention à la fois à moi, quand on marche, en fait, s'il y a une douleur, si on a quelque chose, mais aussi à faire beaucoup plus attention aux autres, aux gens qu'on aime ou qu'on apprécie, à être plus attentif à tout le monde.

  • Speaker #0

    C'est un peu de la fragilité de la vie aussi, parce que... On est un ensemble. Vous êtes approprié la maladie, si on peut le dire. Même si j'aime pas dire aux gens vous êtes malade parce que ça enferme. Non. Mais dire il y a eu la maladie, elle fait partie de mon quotidien, elle fait partie de ma personne aujourd'hui. Et je me suis aussi construit avec et j'ai accepté. Oui.

  • Speaker #1

    Et puis, je pense que je reste un peu persuadé de ça. Moi, il y a du bonus. Je pense que j'aurais comme j'ai pas réagi, pas agi comme il fallait. J'aurais dû mourir. Donc, je suis dans du bonus, du plus.

  • Speaker #0

    Ça vous libère d'un poids ?

  • Speaker #1

    Oui. C'est bien. C'est super. Et sinon, la deuxième petite phrase que j'avais trouvée, qui me correspond aussi. Une personne chère ne nous quitte jamais. Elle vit au plus profond de notre cœur. Et pour la revoir, il suffit de fermer les yeux. Alors là, je ne sais pas qui a dit ça. En tout cas, ça me correspondait bien.

  • Speaker #0

    C'est très parlant. Je vous remercie. J'aime bien cette façon de terminer l'émission parce qu'évidemment, il y a la raison parce qu'encore une fois, les éléments de vie, c'est des fois très brutal. Mais je trouve que d'un peu d'introspection, ça permet aussi de réfléchir à sa situation et celui-ci est très parlant. Merci beaucoup. Écoutez, merci à tous d'avoir écouté en plein cœur. Si ce témoignage vous a touché, vous a appris quelque chose, n'hésitez pas à le partager autour de vous et à vous abonner. Retrouvez aussi l'émission sur LinkedIn, YouTube ou encore Instagram, TikTok. Et dans 15 jours, j'aurai le plaisir de vous parler du cholestérol. Alors, ce n'est pas les aliments, mais c'est peut-être mettre des petits piliers pour que les personnes comprennent les enjeux puisqu'il y a beaucoup de choses négatives qui sont dites autour de ce facteur de risque cardiovasculaire. C'en est réellement un. Ce n'est pas juste un... là pour dire aux gens, prenez des statines et c'est tout, parce que le cholestérol, l'hypercholestérolémie en tant que telle, abîme les artères et entraîne d'autres maladies. Donc on parlera exactement de ce sujet-là pour dire de quoi il s'agit. C'est un épisode évidemment introductif, parce qu'il y a beaucoup de choses à dire sur ce sujet. J'essaierai de poser les bases pour vous expliquer en quoi il s'agit d'un facteur de risque qui fait traiter, et malgré toutes les controverses qui existent à son égard. D'ici là, je vous souhaite une bonne semaine, prenez soin de vous, et je vous dis à très bientôt pour ce nouvel épisode. Merci beaucoup Laurent.

  • Speaker #1

    Merci.

Share

Embed

You may also like