Speaker #0Bonjour, je m'appelle Grégoire Ausha et je suis cardiologue. Je vous propose à travers ces podcasts de vous partager mon univers professionnel et de vous faire découvrir une étonnante machine, votre cœur. À travers des conseils pratiques, des interviews de soignants ou des récits et témoignages poignants de héros du quotidien, ce podcast a pour but de vous toucher en plein cœur. Imaginez une femme de 60 ans en pleine forme reçoit une nouvelle bouleversante. Un coup de fil, un choc émotionnel intense. Quelques heures plus tard, elle ressent une douleur thoracique oppressante. Elle pense à une crise cardiaque et à la raison. Mais surprise, à l'hôpital, ses artères coronaires sont intactes. Son cœur, lui, est littéralement en état de sidération. Une prise en charge adéquate. Lui aura évité bien des problèmes et les choses seront rentrées dans l'ordre au bout de quelques mois. Mais alors, si la patiente a ressenti les mêmes symptômes qu'un infarctus du myocarde, mais que ça n'en est pas un, de quoi peut-il bien s'agir ? Et si ce qu'elle avait présenté était le syndrome de Takotsubo, autrement appelé syndrome du cœur brisé ? Le cœur peut-il réellement être victime d'un choc émotionnel ? au même titre que le cerveau ? Eh bien oui, et c'est exactement ce dont nous allons parler aujourd'hui. Il est vrai que la Saint-Valentin est arrivée il y a quelques jours, et dans les peines de cœur, eh bien évidemment, on peut voir des effets aussi sur le cœur, et le syndrome de Takotsubo était finalement le sujet le plus adapté, je trouvais. Mais avant de commencer, si vous ne voulez pas rater un épisode et en recevoir une notification, je vous invite à vous abonner à l'émission. Cela fera aussi grandir la communauté, exploser le bouton j'aime sur votre plateforme d'écoute préférée, cela m'aidera énormément et récompensera également le travail que je fais. Première question, pourquoi le nom de Takotsubo a-t-il été donné à ce syndrome ? Et bien simplement parce que derrière ce nom mystérieux se cache une découverte japonaise. En 1990, Un cardiologue nippon, Ikaru Sato, observe un phénomène étrange. Certains patients présentent des symptômes d'infarctus, mais sans aucune obstruction des artères coronaires. Plutôt étrange, non ? Vous ne trouvez pas ? À la place, leur cœur prend une forme atypique à l'imagerie, rappelant un piège à poulpe traditionnel japonais que l'on appelle takotsubo. C'est finalement un nom un peu poétique pour une réalité clinique assez troublante. Qui sont donc les victimes de ce stress extrême ? Eh bien le syndrome de Takotsubo ne frappe pas au hasard. Il a une cible privilégiée, les femmes ménopausées. Mais pourquoi elles et moins d'autres personnes ? Pourquoi un cœur en parfaite santé peut-il soudainement se figer sous l'effet d'un choc émotionnel ? C'est ce que nous allons explorer maintenant. Le syndrome de Takotsubo touche en majorité les femmes ménopausées avec un ratio de 9 femmes pour un homme. Et pourquoi elles ? A la ménopause, les oestrogènes, qui sont les grands protecteurs du cœur, disparaissent. Et avec eux, la capacité des artères à résister aux effets délétères du stress. Les oestrogènes jouent un rôle majeur dans la régulation du système nerveux autonome et de la micro-circulation du cœur. On pourrait dire que les oestrogènes sont comme un bouclier naturel contre les tempêtes émotionnelles. Et quand ils disparaissent, le cœur devient plus vulnérable aux vagues de stress qui l'assaillent. Un stress émotionnel intense va donc provoquer une décharge massive de catécholamines, à savoir l'adrénaline et la noradrénaline, qui vont pouvoir paralyser le muscle cardiaque. Le takotsubo est la preuve que le cœur et le cerveau sont intimement liés, ce qui commence dans l'esprit, finit dans la poitrine. Les neurosciences montrent que certaines zones du cerveau, comme l'amidale et l'hippocampe, sont hyperactives chez les patients qui ont vécu un syndrome de takotsubo. L'amidale, qui est une zone du cerveau, est responsable de la gestion des émotions et du stress. Lorsqu'elle perçoit une menace, qu'elle soit réelle ou psychologique, elle va envoyer un signal d'alerte au cœur via le système nerveux sympathique. Résultat, un tsunami hormonal va submerger le cœur. C'est en réalité ce lien étroit entre le cerveau et le cœur qui explique pourquoi le syndrome de Takotsubo est beaucoup plus fréquent chez les personnes anxieuses, dépressives, ou qui ont vécu des traumatismes psychologiques. Ça peut être un deuil, un divorce, une annonce brutale, et tout d'un coup, le cœur va se figer. Mais face à des nouvelles, qu'elles soient négatives, peut-elle être également positive ? Est-ce que le syndrome du cœur brisé peut-il venir après une bonne nouvelle ? Et si je vous disais que vous pouvez en effet avoir un takotsubo en recevant une super good news ? Un cas célèbre est celui d'une femme qui a fait un takotsubo après avoir gagné à la loterie. Ce phénomène est si bien documenté que les scientifiques l'ont surnommé le Happy Heart Syndrome. pour syndrome du cœur heureux. D'autres cas ont été recensés, comme après un mariage, une naissance, une promotion inattendue, et même de grandes surprises. C'est paradoxal, mais finalement, que le choc soit bon ou mauvais, le cœur ne fait pas la différence. Il va subir un trop-plein émotionnel et il décroche. On peut néanmoins aussi dire que 30% des patients atteints de Takotsubo n'identifient aucun facteur déclenchant évident. On a vu que ce syndrome avait été décrit au Japon, et on peut donc se poser la question, est-ce qu'il y a eu des variations culturelles du syndrome de Takotsubo à travers le monde ? Sur le plan épidémiologique, ce phénomène varie selon les cultures. Le takotsubo est observé partout dans le monde, mais il varie selon les cultures. En Europe et aux Etats-Unis, le stress émotionnel est souvent le principal déclencheur. En Asie et notamment au Japon, les formes associées à un stress physique, comme un accident vasculaire cérébral ou une opération chirurgicale, sont elles plus fréquentes. Cela suggère que notre mode de vie, mais aussi notre gestion du stress sur le plan culturel et même notre éducation peuvent influencer la façon dont notre cœur réagit au choc. En quelque sorte, le takotsubo, c'est l'histoire d'un cœur qui ne supporte plus la pression du stress et qui va décider de faire une pause un peu forcée. La pause va être brutale, certes, mais souvent réversible. Que se passe-t-il exactement dans le cœur ? Le syndrome de Takotsubo, vous l'avez compris, c'est une réaction brutale et excessive du cœur à un stress intense, un peu comme si le muscle cardiaque faisait un burn-out. Le mécanisme principal est le suivant. Lorsqu'un événement stressant survient, le cerveau envoie un signal d'alarme via le système nerveux sympathique. Résultat, les glandes surrénales libèrent une quantité massive de catécholamine, Adrénaline, noradrénaline, dopamine. Normalement, ces hormones aident le cœur à pomper plus fort en cas de danger. Mais dans le takotsubo, c'est l'overdose. Imaginez un moteur de voiture qu'on pousserait à fond d'un coup sans prévenir et qui finit par caler. C'est exactement ce qui arrive aux muscles cardiaques. Fort de tout ça, vous allez me dire, comment est-ce que l'on peut reconnaître maintenant un takotsubo ? Tout d'abord, le cœur est constitué de plusieurs cavités. Mais dans le takotsubo, c'est surtout le ventricule gauche qui est touché. D'un coup, certaines zones du ventricule gauche cessent de se contracter normalement, et notamment l'apexe du cœur, à savoir la pointe du cœur. En revanche, les parties basales du cœur deviennent hyperactives, qui vont créer une contraction asymétrique et inefficace. Résultat, le sang est mal éjecté et le cœur prend une forme caractéristique en amphore, d'où le nom de takotsubo pour piège à poule comme je vous l'ai dit précédemment. C'est un peu comme si une équipe de rameurs arrêtait de ramer d'un côté du bateau, pendant que l'autre côté s'agitait frénétiquement. Eh bien le bateau tourne en rond et n'avance plus. En réalité, il existe différentes formes de takotsubo. Il y a la forme apicale, qui est la plus fréquente que l'on rencontre dans 80% des cas, où le sommet du cœur se dilate, tandis que la base du cœur reste contractée. Il y a aussi une forme médioventriculaire, où seule la partie médiane du ventricule est atteinte. La forme basale ou inversée, qui est plus rare, elle va toucher plutôt la partie haute du ventricule, et des formes focales encore plus rares qui vont affecter uniquement une petite zone du cœur. Ce qui est fascinant, c'est que cette paralysie du cœur est totalement réversible dans la grande majorité des cas. Quelles sont les conséquences immédiates ? A cause de ce trouble de la contraction, le cœur ne parvient plus à pomper efficacement le sang. Il va y avoir une baisse brutale de la fraction d'éjection du ventricule gauche, FEVG, qui va mesurer l'efficacité du cœur à pomper le sang. Cette stagnation du sang dans les poumons va provoquer parfois un œdème pulmonaire et la baisse de la pression artérielle peut aller jusqu'au choc cardiogénique dans 10% des cas. Autrement dit, Le cœur fonctionne au ralenti, comme un téléphone en mode économie d'énergie, sauf que dans ce cas, c'est une urgence vitale. Mais pourquoi le cœur réagit-il ainsi ? Les mécanismes exacts du takotsubo ne sont pas encore totalement élucidés, mais plusieurs pistes sont avancées. Tout d'abord, on l'a vu, il y a une décharge d'amines de stress, les fameuses catécholamines qui peuvent être toxiques. Les hormones comme l'adrénaline peuvent provoquer une dysfonction temporaire des cellules du muscle cardiaque. Les cellules myocardiques ne vont pas mourir, mais elles vont entrer en état de sidération. Cet effet est comparable comme une brûlure chimique due à un trop-plein de stress. Ensuite, il y a l'hypothèse d'un spasme des artères coronaires. L'autre hypothèse est que l'adrénaline provoquerait un spasme. intense des artères du cœur, ce qui va réduire temporairement l'apport en oxygène. C'est comme si les vaisseaux sanguins se crispaient sous l'effet du stress, ce qui va empêcher le cœur d'être bien irrigué. Enfin, il y aurait un dysfonctionnement de la micro-circulation coronaire, car contrairement à l'infarctus classique, où ça va être les grandes artères qui sont bouchées, dans le takotsubo, ce sont les micro-vaisseaux du cœur qui vont dysfonctionner. Résultat, il va y avoir une mauvaise perfusion de certaines parties du muscle cardiaque. C'est comme si l'autoroute était dégagée, mais que toutes les petites routes accessoires secondaires étaient embouteillées. La finalité resterait la même, le sang n'arrive plus correctement à aller où il devrait. Comment différencier maintenant un takotsubo d'un infarctus du myocarde ? Tout d'abord, les symptômes sont similaires, c'est vrai, mais il va être essentiel de faire plusieurs examens. Tout d'abord, à la phase aiguë, le patient présente généralement une douleur thoracique, vous l'avez compris, un état de grande défaillance cardiaque éventuellement, ce qu'on appelle un état de choc, et bien on va lui réaliser un électrocardiogramme. Et cet électrocardiogramme est souvent similaire à celui d'un infarctus du myocarde, on peut retrouver les fameux décalages qu'on appelle un segment ST sus-décalé, ou des ondités inversées sur l'électrocardiogramme. Ensuite, la prise de sang, avec une troponine qui va être augmentée. Évidemment, elle ne peut pas être faite à la phase aiguë, mais en tout cas, elle va être élevée, mais moins que dans un vrai infarctus. Aussi, à la phase aiguë, en urgence, on va pouvoir faire une coronarographie qui va être l'examen clé. Cet examen va révéler des artères coronaires normales. On ne va pas retrouver de caillots, contrairement à l'infarctus. Également, l'échographie et l'IRM cardiaque éventuellement peuvent montrer la fameuse ballonisation du ventricule gauche qui est typique du takotsubo. En réalité, l'examen décisif, ça va être celui de la coronarographie. Puisque les symptômes ressemblent à ceux d'un infarctus, il va falloir éliminer cette urgence vitale. Dans l'infarctus, on voit que les artères sont bouchées, alors que dans le takotsubo, elles sont globalement saines. Il y a aussi un score qui a été développé par des cardiologues avec le temps, avec l'expérience qu'ils ont acquis. Ils ont réussi à mettre en commun dans leurs analyses un score avec des symptômes et des situations qui sont assez similaires à travers l'ensemble des patients qui ont eu un takotsubo. Ce score clinique, qui s'appelle le score Intertac, va établir la probabilité que le patient souffre d'un takotsubo. L'outil est précieux pour le diagnostic aujourd'hui, puisqu'il permet d'évaluer cette probabilité à partir de plusieurs critères cliniques. En fait, on va attribuer des points en fonction des différents critères. 25 points pour le sexe féminin, 24 points pour un stress émotionnel déclencheur, 13 points pour un stress physique déclencheur, 12 points pour l'absence de sous-décalage du segment ST à l'électrocardiogramme, c'est une particularité de l'ECG, 11 points pour des antécédents psychiatriques, 9 points pour des antécédents neurologiques, et 6 points pour un allongement de l'intervalle QT que l'on retrouve également sur l'électrocardiogramme. Au final, un score supérieur à 70 points va signifier une probabilité de Takotsubo supérieure à 90%. C'est donc un score qui est assez sensible. Quels sont les risques du takotsubo ? Le takotsubo est souvent décrit comme un problème temporaire, mais cela ne signifie pas qu'il est sans risque. Environ 90% des patients vont récupérer totalement en quelques semaines, mais 10% quand même des patients peuvent développer des complications sévères. On constate que le taux de mortalité hospitalière du takotsubo est globalement comparable à celui d'un infarctus du myocarde. Ça n'est donc pas à prendre à la légère. Autrement dit, même si les artères ne sont pas bouchées, le cœur peut quand même subir des dommages sérieux et nécessiter une prise en charge en soins intensifs. Quelles sont ces complications graves ? Eh bien, vous avez compris... On peut retrouver une insuffisance cardiaque aiguë. Dans 12 à 45% des cas, la pompe cardiaque est tellement affaiblie que le cœur ne parvient plus à éjecter correctement le sang. Cela peut entraîner un œdème pulmonaire aiguë où le liquide va s'accumuler dans les poumons, ce qui va rendre la respiration difficile. Dans les cas les plus graves, 6 à 20% des patients vont développer un choc cardiogénique, c'est-à-dire que le cœur est incapable de maintenir un débit sanguin suffisant pour... irriguer le corps. C'est comme si votre cœur essayait de pomper du sang mais qu'il n'avait plus la force nécessaire. Résultat, le corps manque d'oxygène et les organes peuvent commencer à souffrir. Ensuite, il y a les troubles du rythme cardiaque. Le takotsubo peut provoquer des anomalies électriques du cœur. Dans 5 à 15% des cas, une fibrillation auriculaire peut apparaître, ce qui va augmenter le risque de formation de caillots sanguins et donc d'accident vasculaire cérébral. Dans 3 à 8% des cas, on peut retrouver des arythmies ventriculaires graves, y compris des torsades de pointe et des fibrillations ventriculaires qui peuvent être fatales. Ce risque est d'autant plus élevé que l'intervalle QT est allongé sur l'électrocardiogramme, c'est une mesure qui est importante pour prédire le risque de problèmes de rythme. La rupture du ventricule gauche est assez exceptionnelle, mais elle peut se voir, on la voit dans la littérature en tout cas, le muscle peut se déchirer, et cette complication est évidemment catastrophique et souvent fatale. Elle se produit lorsque la paroi du ventricule est tellement affaiblie qu'elle ne résiste plus à la pression sanguine et lâche. C'est un peu comme un ballon de baudruche qui va exploser sous la pression qui serait trop forte, mais heureusement cela reste exceptionnel, même si ça constitue une urgence absolue. Quels sont les facteurs de complication ? Certains facteurs augmentent le risque d'évolution défavorable. Être un homme, tout d'abord, contrairement aux idées reçues, c'est un facteur de risque. Les hommes ont un risque de mortalité plus élevé en cas de takotsubo. Ensuite, si le patient a une fraction d'éjection du ventricule gauche abaissée en dessous de 45% à l'admission, le taux de troponine qui serait supérieur à 10 fois la normale, et un facteur déclencheur physique plutôt qu'émotionnel. De même que des antécédents neurologiques ou psychiatriques, comme un accident vasculaire cérébral, une épilepsie ou une dépression. Tous ces facteurs sont des facteurs de risque de complications, et même si la majorité des patients récupère bien, ces éléments doivent alerter les médecins sur ce qui pourrait nécessiter une surveillance renforcée complémentaire. Et après la phase aiguë, est-ce qu'on est complètement guéri d'un takotsubo ? La majorité des patients retrouvent une fonction cardiaque normale en 4 à 8 semaines, un peu comme si le muscle cardiaque se remettait rapidement d'une peine de cœur. Mais certains conservent des séquelles. Avant tout, ça va être une fatigue qui persiste sur plusieurs mois après l'épisode, et on peut le comprendre face au stress qui est généré, mais aussi il y a un risque de récidive dans 5% des cas, souvent après un nouveau choc émotionnel. On sait aussi que les patients qui ont eu un syndrome de Takotsubo sont à plus haut risque cardiovasculaire que la population générale. Autrement dit, ça les expose à un risque d'AVC, de mort subite, d'arrêt cardiaque, d'infarctus myocarde plus important que les autres. En fait, le Takotsubo peut laisser une empreinte invisible. Ça va être une plus grande sensibilité au stress, une anxiété accrue face aux symptômes cardiaques. et parfois même un syndrome de stress post-traumatique. Que peut-on faire pour éviter maintenant un takotsubo ? Si on en souffre, comment soigner ce syndrome ? En réalité, il n'y a pas grand-chose qui ressort de façon catégorique, mais on pourrait, fort de tous ces éléments, conseiller une bonne gestion du stress, comme de la méditation, de l'activité physique, un éventuel soutien psychologique. Sous cela... C'est autant d'outils qui permettent d'éviter une surcharge émotionnelle brutale. L'idée n'est pas d'éviter toutes les émotions, mais d'apprendre à mieux les gérer pour qu'elles n'impactent pas le cœur. En ce qui concerne le traitement médical, après un épisode de Takotsubo, les patients sont souvent mis sous médicaments que l'on appelle IEC ou ARA2 pour inhibiteurs de l'enzyme de conversion ou antagonistes des récepteurs de l'angiotensine 2 respectivement, ces médicaments protègent le muscle cardiaque et améliorent la récupération après un épisode aigu. Ils vont réduire le risque de récidive en régulant la pression artérielle et en diminuant la tension sur le ventricule gauche. C'est un peu comme une armure pour le cœur et ces médicaments vont l'aider à mieux supporter les futurs stress. Comme on a vu qu'il y avait un problème d'hormones du stress qui sont la noradrénaline et l'adrénaline, on s'est posé la question, à juste titre, si les bêtas bloquants, qui sont aussi souvent prescrits après un infarctus du myocarde, amélioraient la situation. C'est surprenant, mais non, ils n'ont pas prouvé d'efficacité à long terme. En théorie, ils devraient protéger le cœur en réduisant l'effet des hormones du stress sur le muscle cardiaque, mais en pratique, ils ne semblent pas réduire, au tout cas aujourd'hui, significativement le risque de récidive. Aussi, il y a le suivi psychologique qui n'est pas à négliger. Il s'agit souvent d'assurer un suivi psychologique pour soigner le cœur mais aussi l'esprit après un takotsubo. Ça peut être une thérapie cognitivo-comportementale pour mieux gérer le stress et les émotions fortes, des séances avec un psychologue qui peuvent aussi aider à reconstruire la confiance en son cœur et en son corps. C'est aussi pour cela que des groupes de parole sont également une bonne solution pour partager son expérience mais aussi se sentir soutenu. Pour ce qui est du suivi médical, après un takotsubo, un suivi cardiologique est nécessaire, vous le comprenez bien, même si tout semble revenu à la normale. On va souvent faire une échographie cardiaque entre 3 et 6 mois pour vérifier que la fonction cardiaque est bien rétablie. On peut aussi faire des bilans sanguins pour surveiller certains marqueurs cardiaques, éventuellement d'inflammation. Faire le point aussi sur les facteurs de risque cardiovasculaire, puisque vous avez compris que les patients étaient à plus haut risque cardiovasculaire. En cas de doute, on peut éventuellement s'appuyer sur une IRM cardiaque pour s'assurer qu'il n'y a pas d'inflammation résiduelle avec de la fibrose au niveau du muscle cardiaque. Et de façon générale, après un accident, même si vous vous sentez bien, gardez toujours vos rendez-vous médicaux, puisqu'un cœur surveillé, c'est aussi un cœur mieux protégé. Nous arrivons à la conclusion de cet épisode sur le syndrome de Takotsubo. C'est un syndrome fascinant. Il nous rappelle à quel point nos émotions et notre cœur sont liés. Il pose aussi une question fondamentale. Finalement, est-ce que l'on peut vraiment mourir de chagrin ? Eh bien, la science nous dit que oui. Mais elle nous rappelle aussi que notre cœur a une formidable capacité de résilience. Voilà, c'est la fin de ce nouvel épisode. Merci à toutes et à tous d'avoir écouté en plein cœur. Retrouvez-moi sur les réseaux sociaux, Instagram, LinkedIn, TikTok ou YouTube. Et si vous avez aimé l'émission... 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