- Speaker #0
En quête d'accord, l'art de communiquer est d'être en lien. Structurer sa pensée, construire ses idées, les formuler avec clarté et incertivité. C'est cela l'art oratoire, c'est bien d'éloquence qu'il s'agit. Dans cet épisode, j'invite Laetitia Valstar, comédienne et formatrice à l'art oratoire dans une conversation à bâton rampu autour de l'expression en général et de l'expression de soi, au service de l'épanouissement personnel mais aussi et surtout au service de la communication et de la collaboration efficace. Excellente écoute ! Nous sommes ici, dans cet endroit super sympa, pour parler d'éloquence. C'est un peu ce que tu connais le plus en ce moment, on va dire. C'est un des sujets qui te passionnent actuellement et à qui tu dédies une partie de ton temps, une partie de ta vie. Pour expliquer un petit peu le contexte et ce pourquoi on a commencé à parler éloquence, je voudrais te faire une petite présentation pour t'expliquer Comment j'en suis arrivée à parler de ce sujet et comment je m'y suis intéressée ?
- Speaker #1
Avec grand plaisir.
- Speaker #0
Alors, tout le monde connaît, tout le monde ou presque connaît l'éloquence, celle qu'on cherche à avoir quand on veut s'affirmer, quand on veut travailler sur sa propre progression, dans des buts de travail, de profession, pour pouvoir bien s'exprimer et avoir de l'influence. Et moi, celle qui m'interpelle et celle que je voudrais évoquer aujourd'hui avec toi, c'est une toute autre, une un peu différente. C'est celle qui m'est apparue en lisant un livre, j'ai envie de te dire qu'il m'a passionné ces derniers temps, qui est « Super collectif » d'Émile Servan-Schreiber. Alors, je voulais t'en parler parce que c'est un livre qui amène un concept que je ne connaissais pas ou du moins que je connaissais intuitivement. et qui le confirme. Donc, ce qu'il nous explique, Émile Servan-Schreiber, c'est que dans le groupe, il y a une intelligence particulière. On connaît le quotient intellectuel, on connaît le quotient émotionnel, on connaît l'intelligence de l'individu, mais on connaît peu l'intelligence d'un groupe entier. Et ce qu'il dit, c'est que les individus... Plus ils sont diversifiés, plus un groupe contient des individus différents, plus ces personnes vont additionner leurs intelligences pour en faire quelque chose de nouveau et de plus fort. Mais surtout, et ce qui est contre-intuitif, c'est que les erreurs et les faiblesses de chacun vont annuler celles des autres. Et ça, c'est un concept qui est inédit et qui est particulier parce qu'on comprend que pour avoir... un groupe qui est efficient, qui fonctionne bien. Nous n'avons pas besoin d'avoir des individus hyper intelligents en grand nombre. Il n'y a pas besoin dans une équipe de foot d'avoir quatre ou cinq Ronaldo. Il suffit d'un. Et le reste, on a besoin de personnes différentes, diverses et variées. Le tout, c'est qu'elles s'articulent entre elles. Il faut qu'elles puissent être organisées pour servir le groupe. et là intervient un outil incroyable qui est la communication. Donc rien ne se fait si dans un groupe, l'information circule du bas vers le haut et du haut vers le bas de façon fluide. Et là, ça va s'insinuer l'éloquence. Là va surgir l'importance de pouvoir prendre sa place. en tant qu'individu, on a besoin au final pour être efficient dans un groupe que chacun de nous puisse se sentir légitime, puisse exprimer son intelligence et sa singularité afin de servir le groupe et servir la collectivité. Donc si on n'a pas structuré sa pensée, qui en est, si on ne se sent pas légitime de l'exprimer, le groupe n'en profite pas. Et toi Laetitia, tu te présentes comme quelqu'un qui... Pour le groupe, la compétition doit être en dessous de la collaboration. Ou alors, je vais le dire autrement, la collaboration doit dépasser la compétition. Et c'est ta philosophie et ta valeur. Je suis du coup très, très heureuse de pouvoir parler éloquence et communication avec toi. J'ai envie de te présenter, mais j'ai envie aussi de te laisser le choix. Est-ce que tu veux que moi, je te présente ou est-ce que tu voudrais le faire, Laetitia ?
- Speaker #1
Écoute, moi je... Je suis très curieuse à savoir comment tu me présenterais.
- Speaker #0
Alors, ce qu'on va faire, c'est que moi, je te présente et tu me corriges et tu me complètes. On fait comme ça. À la base, tu es comédienne. Donc, ton parcours, si je me rappelle bien, c'est que tu as fait d'abord une formation au Conservatoire de Nice, que tu as complétée à l'école d'Anières et ensuite, tu as été à Londres, à Cambridge, pour faire une école d'art dramatique. Donc, tu es comédienne de formation.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Tu voudrais ajouter ? Oui,
- Speaker #1
j'étais à la prépa d'art dramatique RADA, qui était à Cambridge. Ils avaient deux filiales, une à Londres et une à Cambridge. Donc moi, j'ai eu le choix et la chance d'être dans la petite ville magnifique de Cambridge, qui est vraiment formidable, que j'encourage tout le monde à aller voir. C'est vraiment très, très beau. Et ensuite, j'ai continué ce parcours en rentrant notamment dans l'école supérieure d'art dramatique Drama Center London, qui est une des quatre principales écoles de Londres, qui malheureusement depuis a fermé. des raisons administratives, mais qui était une école vraiment pionnière du système d'acting anglais.
- Speaker #0
Ok. Donc...
- Speaker #1
D'où j'ai ma licence en arts dramatiques. Je suis diplômée.
- Speaker #0
Et tu as travaillé beaucoup au théâtre, au cinéma, tu as fait des voix off, et tu as aussi une école de théâtre. C'est ça. Et la particularité, c'est qu'elle est dans les deux langues, en français et en anglais. C'est extrêmement rare pour le souligner. Tu es polyglotte. C'est ça. Tu es franco-néerlandaise, tu parles plusieurs langues, couramment l'anglais, français et néerlandais, mais de temps vécu, tu as vécu dans plusieurs pays, ce qui fait qu'il y a aussi d'autres langues que tu pratiques. L'allemand, l'espagnol ?
- Speaker #1
Oui, exactement. Au hasard.
- Speaker #0
Au hasard, comme ça ?
- Speaker #1
Absolument. J'ai habité en Espagne, donc je comprends un peu l'espagnol, mais je ne le parle pas parce que j'étais toute pichoune, donc je ne parlais pas à l'époque. Mais je comprends, j'ai encore quelques petites notions. Et l'allemand, tout à fait, l'allemand est une langue qui est voisine au néerlandais. Donc, j'ai la chance de part mes parents du néerlandais de savoir un tout petit peu parler allemand.
- Speaker #0
Voilà, et donc, au-delà de ce travail-là, tu as aussi maintenant, comme curiosité et comme travail, qui te prend beaucoup, beaucoup de temps, c'est l'éloquence, le coaching, l'accompagnement, au fait, d'entreprises et d'individus. dans la progression en art oratoire. C'est ça ?
- Speaker #1
Absolument.
- Speaker #0
Je t'ai connue à travers d'une chaîne merveilleuse qui est ta chaîne YouTube.
- Speaker #1
Merci beaucoup.
- Speaker #0
Une chaîne incroyable. Par le fait que ce soit des émissions qui sont extrêmement sourcées, extrêmement documentées, j'apprends tellement de choses à t'écouter, sans parler du fait que c'est punchy, tonique, dynamique, tout ce qu'on aime. Et que dans le style et la mise en scène, il y a des sous-titres, il y a des couleurs, c'est dynamique et on ne s'endort pas en apprenant tellement de choses. Et je te remercie pour ça Laetitia.
- Speaker #1
Je t'en prie, c'est avec grand plaisir. D'une façon, c'est pour moi aussi d'assouvir ma curiosité inessoufflable, si je puis dire, de continuer d'apprendre des choses sur la communication, qui est un sujet qui me fascine, mais aussi de pouvoir l'apprendre grâce à la pédagogie.
- Speaker #0
Alors, est-ce que tu veux me raconter ton parcours d'abord par le acting, par le... théâtre. Comment t'es venue la passion du théâtre ?
- Speaker #1
La passion du théâtre m'est venue comme beaucoup de passions viennent à beaucoup d'enfants, j'imagine, un samedi après-midi où on recherchait une activité hebdomadaire à faire pendant l'année scolaire. Avec une copine à moi à l'époque, on s'est dit pourquoi pas le théâtre et on s'est inscrite à un cours d'essai à l'époque au cours Florent. que je ne connaissais absolument pas à l'époque. Je pense que les cours Florent étaient déjà fameux. Ils le sont encore. Et j'ai donc fait un an d'activité hebdomadaire aux cours Florent le samedi pendant deux heures. Et une fois que j'ai posé les pieds sur cette scène, je n'en suis plus jamais partie.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu as découvert qui t'a retenu dans le théâtre ?
- Speaker #1
C'est plusieurs choses, je pense. Le théâtre, c'est fascinant sous plusieurs angles. Quelque chose qui me fascine vraiment énormément et que je dirais est vraiment ma principale obsession par rapport au théâtre, c'est la façon dont l'art, de façon générale, mais aussi le théâtre, grâce aux personnages et à l'interprétation des histoires, de la narration, va nous faire vivre de la façon dont quelqu'un d'autre peut vivre une situation. nous créer un lien d'empathie et se mettre à la place de cette personne-là pour nous faire voir la vie sous une autre perspective. Et ça, je trouve ça formidable. Ça, c'est quelque chose que moi, je recherche à travers mon travail en tant que comédienne, mais aussi en tant que metteuse en scène, où je vais essayer de voir comment est-ce que le personnage du spectateur va se transformer tout au long de ma pièce. Donc, comment est-ce qu'il va entrer et avec quoi il va ressortir ? Quel est le message ? Et ça, pour moi, ce pouvoir transformateur, c'est vraiment ce que j'adore dans le théâtre. Et je trouve que c'est un des arts qui a vraiment ça en puissance.
- Speaker #0
Je t'avais dit au tout début que j'avais fait une petite semaine de stage au court plan.
- Speaker #1
Comment ça s'est passé ?
- Speaker #0
C'était génial, absolument génial. Et je ne me rendais absolument pas compte du travail qu'il y a derrière. Et effectivement, c'est un travail de réflexion, de connaissance sur les personnages qui est fait bien en amont. Et une fois qu'on est sur scène, à la limite, le travail est déjà tout fait. On a répété comme des fous, on a décortiqué. les scènes, on a décortiqué on s'est posé des questions sur la sensibilité des personnages on a essayé d'imaginer leur vie et ce que je te disais aussi c'est que ce qui est particulier dans ton parcours entre le théâtre et l'éloquence et l'oratoire, c'est que j'ai comme l'impression que tu es passé d'une recherche de la place de l'autre vers une recherche de la place de soi C'est celle qu'on a au fait quand on pratique l'éloquence, c'est qu'on essaye d'avoir et d'acquérir les compétences qui permettent de s'affirmer soi-même. Le théâtre, c'est un autre style, c'est plutôt l'autre qu'on essaye de découvrir par le travail d'acteur. Et alors, je voulais savoir, tu continues encore le théâtre ? Oui. Il fait encore partie de ta vie actuellement ?
- Speaker #1
Oui, il fait encore partie de ma vie actuellement. C'est vrai qu'aujourd'hui, notre agence de communication a pris beaucoup de place parce que c'est le lancement, parce que c'est la création. Et aujourd'hui, j'y accorde plus de place, mais je fais toujours du théâtre. J'ai encore mes pièces de la compagnie des Trois Singes qui tournent. Je joue aussi les pièces que je tourne avec d'autres compagnies. Donc, j'ai encore le théâtre dans ma vie, que ce soit en tant que comédienne, metteur en scène ou bien quand je suis spectatrice aussi, tout simplement, parce que ça me fascine. Mais oui, en effet, la communication est en train de grignoter. sur le théâtre, en ce moment en tout cas.
- Speaker #0
Alors comment est arrivée l'éloquence dans ta vie Laetitia ?
- Speaker #1
Je pense que l'éloquence c'est quelque chose en tant que comédien et comédienne qu'on pratique de façon journalière, quotidienne. On va commencer toutes nos... En tout cas quand j'étais en école supérieure, c'est quelque chose qu'on travaillait quotidiennement, les exercices d'articulation, de diction, les virelangues, la vélocité, c'est quelque chose qu'on pratique en fait. En tant que comédien et comédienne, c'est notre corps. qui est notre instrument. Donc, c'est comme un violoniste qui va faire ses gammes tous les matins avant de commencer à jouer les morceaux qu'il travaille. L'acteur, lui, son corps, c'est son instrument. Donc, nous, on échauffe tous les muscles du visage. C'est ce qu'on appelle le masque. Donc, c'est vraiment tous les muscles d'articulation. Mais après, il y a aussi tout le reste du corps. Parce que quand on parle de communication, ce qui est intéressant, c'est que la plupart des gens ne voient que le principal, c'est le verbal, c'est-à-dire ce qu'on dit. mais en fait en communication on se rend très vite compte Deux autres moyens de parler, c'est le non-verbal et le para-verbal, qui occupent, si ce n'est plus, autant la même place que le verbal. Donc, par rapport à ça, l'élocution et l'adresse et la diction, pour un comédien, c'est extrêmement important. Parce que le personnage ne passe pas qu'à travers le texte qu'il dit, c'est aussi comment il va dire le texte. Ça donne la façon, en fait, dont on a de parler, de s'exprimer, que ce soit de façon para-verbale ou non-verbale. La place qu'on va prendre, notre corps, la largeur de nos gestes, le confort qu'on peut avoir dans notre corps, va donner plein de petits signaux à notre interlocuteur de notre statut. La place qu'on prend dans notre esprit à nous. Tu parlais tout à l'heure de l'affirmation de soi aussi dans la vie. Mais voilà, et en fait, toutes ces choses-là, c'est quelque chose qu'on travaille en tant qu'acteur pour pouvoir justement mettre notre diction et notre élocution au service du personnage qu'on va interpréter. Donc ça, en tant qu'acteur, c'est quelque chose qui fait partie de nos gammes. La diction. Donc c'est quelque chose que j'applique beaucoup à ma méthodologie d'apprentissage de la communication. C'est qu'en fait, si on veut apprendre à mieux parler, il faut aussi apprendre à mieux aiguiser son instrument. Il parle donc de la diction, mais aussi l'intonation, qui est en fait la musicalité de la voix, le rythme, le ton, le volume. Toutes ces choses-là qui sont en fait de la technicité, mais qui est extrêmement importante au parler.
- Speaker #0
Est-ce que tous les acteurs sont éloquents ? Est-ce qu'on travaille l'éloquence quand on travaille le métier d'acteur ?
- Speaker #1
J'ai l'impression que... Après, tout dépend de la définition qu'on donne à l'éloquence. Tout dépend. Ça dépend. Il y a des gens qui vont dire que quelqu'un d'éloquent, c'est quelqu'un qui a une diction parfaite. On entend vraiment toutes les consonnes, toutes les voyelles. Et il y a quelqu'un qui va dire que l'éloquence, pour moi, c'est plus du charisme. Donc ça dépend de la définition qu'on va en faire. Quelle est la tienne ?
- Speaker #0
La mienne, Laetitia. Moi, l'éloquence, pour moi, c'est de pouvoir, avec fluidité, exprimer le fond de sa pensée. C'est plus que de la diction. Pour moi, comme tu dis, c'est vraiment utiliser tous les outils de la communication au service d'une... pensée juste, fluide et vraiment que ce qui sort de ta bouche c'est vraiment ce que tu penses profondément pas que tes mots dépassent tes pensées ou que ce soit un peu dissonant c'est celle là que je recherche en tout cas ouais c'est
- Speaker #1
une très c'est une éloquence très juste et très alignée on pourrait dire du moins c'est l'objectif,
- Speaker #0
on verra bien
- Speaker #1
mais c'est intéressant parce qu'on parle souvent de l'éloquence comme un output c'est quelque chose qui sort, l'éloquence c'est un résultat mais en fait quand tu exprimes ce que tu dis par rapport au fait d'être aligné avec ce que tu dis de façon juste et de ne pas aller au-delà de ce que tu aimerais dire et penser en fait ça commence avec l'intérieur et là on en revient à ce que tu disais tout au début de l'affirmation de soi et je pense que l'éloquence dans ta définition, parce qu'on va partir sur celle-là parce qu'on est là pour ça aujourd'hui ... c'est aussi la première étape de cette éloquence-là, c'est d'abord de savoir qu'est-ce qu'on pense, nous, sur un certain sujet ou sur les choses. Et aujourd'hui, dans la société dans laquelle on évolue où tout va vite, c'est très difficile de se poser et de se dire « Ok, qu'est-ce que je pense vraiment de ça ? » Et souvent, j'ai l'impression que les gens ont tendance à vouloir résoudre le problème de l'output, donc l'extérieur, donc comment je parle, avant de penser à comment je pense, à quoi je pense et quel est mon avis sur les choses. Est-ce que j'ai vraiment un avis ? Est-ce que je connais assez ? Est-ce que j'ai un objectif ou pas ? Et c'est ça, en fait, où je pense qu'il y a les deux côtés, le travail des deux côtés, le travail de la voix intérieure, mais aussi de la voix extérieure. Je pense que c'est deux choses différentes.
- Speaker #0
Je pense que les gens, ils voient l'éloquence comme quelque chose, comme tu dis, d'extérieur, dans le sens où quelqu'un d'éloquent est quelqu'un qui inspire confiance parce qu'il a la maîtrise de la parole. Et c'est uniquement ce message-là qu'on essaye de passer, c'est-à-dire apprendre à renvoyer une image de quelqu'un de confiant. Or, l'idée pour servir le groupe, quand je reviens à mon idée principale, c'est d'abord de construire une idée, qu'elle soit la sienne, qu'elle ne soit pas celle de l'autre. Parce qu'au fait, le... L'intelligence collective ne fonctionne que quand on a des idées différentes. Si, par exemple, dans un groupe, tout le monde pense la même chose, au fait, ça n'a aucun intérêt. Par contre, si on a la possibilité de penser par soi-même et de pouvoir en plus l'exprimer de façon claire, et que ce soit clair pour le reste du groupe, c'est encore plus intéressant. Donc oui, c'est cette téléconse-là, celle qui oblige à construire une pensée. avant de pouvoir apprendre à la proposer aux autres de manière claire. Et donc, ça oblige à cet exercice-là. Est-ce que toi, pour qui est sollicité, tu accompagnes beaucoup de gens, pourquoi on te sollicite Laetitia ? Quand on vient te chercher, qu'est-ce qu'on te demande ?
- Speaker #1
C'est une très bonne question. Je pense qu'il y a plusieurs profils que je rencontre. Dans un premier temps, j'ai beaucoup de personnes qui viennent me voir, qui sont dans une position où elles se sentent incapables d'aligner justement les mots sur leurs pensées. Donc j'ai beaucoup de gens qui viennent me voir en me disant « je n'arrive pas à exprimer les choses que je ressens, que je pense, et surtout quand je prends la parole, mes pensées, mes idées vont dans tous les sens. Je n'arrive pas à être concise, à être précise, à structurer mes pensées. » Donc j'ai des pensées qui vont dans tous les sens. donc ça j'ai ce type de personnes qui vraiment dans tous les secteurs, que ce soit... Vraiment, c'est partout. Il n'y a pas de profil, c'est vraiment tout le monde. Et après, j'ai une autre catégorie de personnes qui vient me voir, qui est plutôt dans la catégorie des 6-8, donc les CEOs, les managers, des leaders, à n'importe quel niveau, des managers qui me disent qu'ils ont envie de communiquer d'une certaine façon qui amènerait leurs employés et les personnes qui travaillent sous elles à justement dépasser, se dépasser elles-mêmes. et dépasser peut-être des peurs ou des préjugés, ou en tout cas des biais cognitifs qu'ils peuvent avoir, pour mettre justement l'intelligence, leur intelligence sélective. au service du groupe. Donc j'ai ça, ces gens dont tu parles sur l'éloquence. Donc j'ai vraiment ces deux personnes-là. Donc on a des problématiques qui sont un peu différentes, finalement. Parce qu'il y en a une qui est vraiment sur le fait de savoir prendre le temps et prendre sa place et sa légitimité de prendre la parole et de dire, en fait, laisse-moi terminer, je réfléchis, donc je vais finir ma parole et j'arrive à la structurer et je vais essayer de ne pas aller dans tous les sens parce que je réfléchis en même temps. Et en fait, souvent, Parmi nous, c'est très rare les gens qui réfléchissent de manière linéaire. On est des êtres qui réfléchissent un peu dans l'espace. Donc, c'est normal de partir dans tous les sens. Mais il faut en fait avoir la légitimité de se dire, je peux prendre le temps. J'ai l'espace et je prends cet espace-là pour exprimer mes pensées. Et c'est OK de prendre la place. C'est OK que les gens m'écoutent. Ils n'ont pas besoin de m'interrompre tout le temps. Ça arrive souvent et en fait, c'est aussi le fait de comment on réagit quand quelqu'un nous interrompt et tout ça. donc c'est encore autre chose Mais pour en revenir donc aux managers et aux leaders qui viennent me voir, parce que c'est là où on va aujourd'hui avec l'éloquence, c'est vraiment ça. C'est en fait comment est-ce qu'on arrive à collaborer dans un monde qui va favoriser justement la compétition. Aujourd'hui, on a vraiment un jeu du coude qui est mis en avant, alors que la collaboration, on le sait, est beaucoup plus efficace que la compétition. On peut le voir, il y a énormément de recherches qui ont été faites, et notamment en fait il y a Il y a des recherches en mathématiques statistiques qui, au premier abord, n'ont rien à voir, mais qui, en fait, c'est des théories qui montrent mathématiquement que la compétition, à long terme, va détruire la chose, alors que la collaboration va l'emmener à un autre niveau. C'est des choses qui ont été prouvées statistiquement, de façon mathématique, et ça se répercute dans nos sociétés et dans les entreprises. pour... Pour faire référence à ce dont tu parlais avec l'intelligence collective, il y a une femme formidable qui s'appelle Amy Edmondson, si je prononce bien son nom, j'espère, qui a écrit un livre en 2019 qui s'appelle « Failureless Company » ou « Failureless Organization » , donc l'organisation sans peur. Et ça se base en fait sur une étude qui a montré que les compagnies et les entreprises qui fonctionnaient le mieux et étaient les entreprises où les gens faisaient le plus d'erreurs. Et donc, à premier abord, c'était complètement contre-intuitif. On se disait, mais comment ça se fait alors que ce soit celle qui fonctionne le mieux ? Et en fait, ce qu'ils ont révélé par cette étude-là, par l'étude que Amy Edmondson avait faite et créée pour ce livre-là, c'était de se dire que ce ne sont pas les entreprises où il y a le plus d'erreurs, mais les entreprises où les personnes sont plus à l'aise pour parler des erreurs. Et ça revient exactement à ce que tu disais par rapport au fait qu'en fait, plus on va parler des erreurs... plus on va pouvoir les mettre en lumière et donc, par ce biais-là, trouver une solution. Si on ne parle pas des erreurs, si on ne parle pas des problèmes auxquels on peut faire face ou des vulnérabilités de chacun ou bien du fait qu'aujourd'hui, moi, je ne peux pas rester jusqu'à 17h, parce qu'en fait, on ne peut pas trouver une solution. Et tout le problème est là, c'est que si on a peur de nos managers, de nos leaders, des personnes qui sont en fait en N plus 1, N plus 2, on ne va pas réussir à faire évoluer le problème. Parce que c'est ça qu'on fait dans la vie, on résout des problèmes. Un problème à la fois, on espère, ce n'est pas toujours le cas malheureusement, mais c'est ça qu'on fait. Donc en fait, pour avoir une évolution qui soit viable, il faut déjà reconnaître qu'il y en a un de problème, parce que sinon on ne peut pas le résoudre. Et ça, je trouve ça formidable et ça va vraiment dans ce que tu dis par rapport à l'intelligence collective et ça a tout le rapport avec la communication. Si on est dans des entreprises où justement l'erreur est valorisée, ce qui est souvent le cas dans les grosses entreprises qu'on va voir, En fait, c'est valoriser. Plus on a fait d'erreurs, plus on va pouvoir trouver des solutions. Et moins on va faire d'erreurs par la suite. Donc faites plein d'erreurs. Faites-les maintenant, faites-les tout de suite, faites-les en avant. Essayons de ne pas répéter les mêmes erreurs. Mais faisons des erreurs, c'est comme ça qu'on apprend.
- Speaker #0
C'est-à-dire osant s'exprimer quel que soit ce qu'on a à dire.
- Speaker #1
Absolument. Plus on va s'exprimer, plus on va mettre des mots sur nos pensées parce que la question est là aussi dans la communication, c'est est-ce que la pensée vient avant le mot ou est-ce que c'est le mot qui vient avant la pensée Est-ce qu'on a besoin de plus de mots pour avoir des pensées plus élaborées ? Et donc, est-ce qu'on a besoin de plus de vocabulaire pour élaborer son image de soi à l'intérieur pour ensuite pouvoir élaborer sa communication extérieure ? Tout est un cycle et ça tourne, je pense, sur soi-même. Moi, je trouve ça fascinant. Il n'y a jamais de fin, en fait.
- Speaker #0
Non. Et donc, ta méthode, t'as construit maintenant depuis le temps que tu accompagnes les clients et les personnes et les étudiants et les candidats à l'éloquence. D'ailleurs, j'ai envie de dire que tu viens de démarrer une aventure incroyable qui est l'Académie Illuméa. Donc, tu commences maintenant depuis peu à proposer au fait un suivi plus approfondi, plus personnel à des candidats à l'éloquence. Et donc, tu as, en plus de toute la proposition théorique que tu donnes déjà au niveau de ta chaîne, il y a une possibilité d'avoir et de mettre en œuvre de façon expérimentale toutes les connaissances qu'on peut acquérir sur le côté théorique. Et le travail que tu proposes est un travail de prise de parole qui s'articule d'abord dans le quotidien. L'éloquence, ça se travaille tous les jours, tous les jours, à chaque occasion du quotidien. et ensuite la mise en pratique par des prises de parole, que ce soit dans le milieu professionnel ou alors par l'intermédiaire de vidéos, c'est ça ?
- Speaker #1
Absolument. En fait, je mets en pratique mon parcours de comédienne finalement parce que c'est ce qu'on dit, comme tu disais tout au début, c'est la répétition. Les comédiens et les comédiennes répètent une pièce. Et après, on se dit, mais comment ça se fait qu'ils connaissent si bien leurs textes ? Comment ça se fait qu'ils parlent si bien ? Et parce qu'ils l'ont répété des centaines de milliers, de millions de fois dans leur douche, dans leur salon, quand ils se brossaient les dents. Partout, c'est de la répétition. Et en fait, on a remarqué, et la pédagogie actuelle le montre, c'est qu'il n'y a qu'une seule façon de surmonter des murs, c'est de faire ce qui s'appelle une pratique contextualisée, donc de se mettre dans un contexte et de pratiquer. Tout simplement. Pratiquer, répéter. Donc, c'est en fait la méthodologie qu'on va mettre en place au sein de l'Académie Lumière à travers le virtuel parce qu'on veut... En fait, nous, notre mission, c'est vraiment de démocratiser l'accès à la parole. Parce qu'on se rend compte aujourd'hui, avec l'évolution des réseaux sociaux et la direction que prend la politique et tout le cercle élitiste, que la communication, malheureusement, est une arme qui peut être utilisée contre nous. Et en fait, je suis et on est d'avis que si on nous tend une arme, il nous faut bien un bouclier. Et en fait, cette chose-là, nous, on aimerait la donner à tout le monde pour justement, déjà, ne pas être pris de court. Parce que je trouve que c'est une position dans laquelle personne ne devrait se retrouver. Et en plus de ça, de vraiment démocratiser l'accès à la parole. Parce qu'ils ont démocratisé l'accès aux réseaux sociaux. Tout le monde y a accès, mais tout le monde ne sait pas comment les utiliser. et ça a des répercussions absolument terribles et néfastes sur les populations notamment les populations les plus jeunes qu'on essaie de protéger aujourd'hui grâce aux nouvelles études qui sont sorties mais en fait nous ce qu'on veut c'est vraiment donner des armes à tout le monde donc pouvoir donner des outils parce que nous encore une fois on parle de collaboration plutôt de compétition donc on parle pas au niveau des armes, on parle plutôt au niveau d'outils, donc en fait des outils qu'on va pouvoir mettre en pratique pas à pas en fait on a plusieurs modules qu'on est en train de développer donc là on a on en a trois pour l'instant, mais il y en a d'autres qui vont être développées. En fait, un système qui est vraiment pas à pas, avec des exercices pratiques, des missions quotidiennes à mettre en place du côté de l'apprenant, pour que de chez lui, où qu'il soit, où qu'elle soit, dans le monde entier, puisse avoir accès à des outils de communication et d'élocution et d'éloquence et de prise de parole en public et de small talk et de tout, en fait, ces choses-là, de la communication, cette personne-là puisse y avoir accès. n'importe où, en fait, sur la plateforme. Donc, elle a accès à du coaching personnalisé grâce aux coachs qui sont présents sur la plateforme. Elle a accès à tous nos modules, donc elle peut apprendre à son rythme, mais aussi à tous les apprenants qui sont sur la plateforme. Donc, moi, je pense, comme toi, que chacun a ses expériences et chacun a sa petite pierre à amener à l'édifice. Et je pense qu'on apprend mieux quand on est ensemble. Et l'intelligence collective est mise vraiment à bien dans cette entreprise-là parce que, comme ça, en fait, tout le monde peut se donner des retours et tout le monde peut apprendre ensemble. des uns et des autres.
- Speaker #0
Il y a beaucoup de feedback. Et ça, c'est un outil incroyable.
- Speaker #1
Donc, c'est ça, en fait, le but de l'académie. C'est vraiment, en fait, de pouvoir donner à tout le monde des outils de communication pour pouvoir améliorer leur vie parce que la communication, elle est partout. Elle n'est pas qu'au travail. Elle est aussi dans nos relations. Et je suis absolument convaincue que si on apprend à mieux communiquer, donc c'est penser à soi et à s'aligner avec ce qu'on pense et à savoir, en fait, concentrer et décortiquer les communications intérieures aussi parce que le corps nous parle beaucoup. De savoir déjà s'aligner avec nos sensations, nos émotions, et de dire « Ah, je ressens ça, pourquoi ? » Et de savoir créer des liens d'empathie avec nous-mêmes aussi, mais aussi avec les autres. Et ensuite, de pouvoir communiquer. C'est un travail qu'on va faire systémique sur la population. Et je pense que si on communique mieux, si on apprend à mieux communiquer, on va pouvoir développer des relations qui sont plus saines.
- Speaker #0
on va pouvoir accepter des relations qui sont plus saines et se dégager des relations toxiques qui peuvent se créer à cause de la manipulation et de certaines personnes et personnalités toxiques dans la communication. Et d'avoir ces outils-là pour bâtir des meilleures vies pour nous-mêmes et pouvoir se retrouver dans des métiers qu'on a envie de faire grâce à une communication qu'on aura bâtie sur le temps, ensemble.
- Speaker #1
Alors, ce que j'ai remarqué aussi, c'est que quand on fait le travail que tu proposes, Dans l'éloquence, et ça aussi c'est contre-intuitif, on a l'impression qu'on parle beaucoup, mais au fait, on écoute énormément. On apprend à écouter ce que dit l'autre, à décortiquer, à évaluer, à donner un feedback, et ça c'est juste un exercice incroyable. On n'a pas l'habitude spontanément d'évaluer quelqu'un pour l'aider à progresser, pour mettre en lumière ce qui lui manque ou ce qu'on pense qui pourrait lui être utile pour la suite. Ce n'est pas beaucoup prendre la parole, c'est surtout apporter l'écoute nécessaire. Et ça, on ne le voit pas spontanément quand on parle d'éloquence.
- Speaker #0
Oui, c'est vraiment en fait cette... J'ai eu très envie et j'ai toujours eu très envie d'amener ça dans ma pédagogie, que ce soit au théâtre ou en communication, cette pédagogie du groupe. Parce que je trouve qu'en fait, il y a quelque chose d'aussi puissant dans l'observation des autres que dans l'observation de soi. Et en fait, ça, c'est quelque chose que j'ai appris des athlètes qui, en fait, quand on connaît un peu le... Moi, je ne suis pas du tout dans le monde du sport, mais je sais, en ayant vu quelques films, évidemment, en fait, que les athlètes de haut niveau se regardent, se regardent, eux, performer, mais surtout regardent les autres et essayent d'apprendre des techniques des autres en disant « Ah, il a mis son pied là, il a mis son pied là et ensuite, il a fait un duck, par exemple, pour le basketball » . Mais en fait, c'est quelque chose qui est actif dans tous les sports. Et en fait, quand on regarde les athlètes de haut niveau... soit au foot, au basket ou n'importe, ils se regardent eux-mêmes, mais ils regardent les équipes et ils voient où sont les points forts des autres et où sont les points faibles. Comme ça, ils peuvent tout mettre ensemble et justement, comme tu disais, juste garder les points forts et donc enlever les faiblesses. Je trouve ça formidable.
- Speaker #1
Est-ce que tu veux nous parler de la communication ? Je voudrais partager avec mes auditeurs une partie de ce que j'ai appris avec toi. Comment tu as expliqué, de façon générale, comment... dans la société, on est différent par rapport à notre communication et qu'on construit des modes de communication différents. Parce qu'on a des archétypes, au fait, si je comprends bien.
- Speaker #0
Oui. Après, encore une fois, c'est un peu comme la comédie à Delarte. C'est qu'il y a des archétypes et on a des nuances.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
On se reconnaît souvent dans des archétypes, mais évidemment, il y a des nuances. Et je suis aussi d'avis qu'on est plein de personnes. On n'est pas qu'une seule personne aujourd'hui. Imane, toi, tu es devant moi et tu es la personne que tu es devant Laetitia. Mais si tu es devant tes amis, devant ta famille ou même devant tes collègues de travail, tu vas être une différente Imane. Et selon les situations, tu vas en fait devenir cette autre personne. Évidemment, tu resteras toujours toi. Et il faut aller le plus proche de soi. Mais il y a toutes ces nuances, toutes ces couleurs.
- Speaker #1
Les archétypes nous aident quand même à comprendre. Ce n'est pas pour s'y attacher ou de les rendre immuables. C'est simplement que ça nous aide dans la réflexion et ça permet de faciliter un petit peu les différentes compréhensions. Et aussi parce qu'il y a un archétype vers lequel on pourrait essayer de tomber. Parce que quand on en a un, quand tu parles par exemple de l'assertif, c'est celui vers lequel on voudrait tous aller. On ne l'est pas parce que je comprends qu'il y a nos modes mentaux et notre façon de fonctionner qui est inconsciente. et qui fait de nous ce qu'on est. Mais plus on va regarder vers l'objectif qu'on souhaite atteindre, j'imagine que plus on est un peu plus en conscience de qui on est et sa façon de fonctionner, même en communication. Et l'idée, c'est d'aller vers ce côté-là qui est assertif. Du moins, en tout cas, moi, c'est ce que j'aimerais, ce que j'aimerais beaucoup.
- Speaker #0
L'assertivité, c'est le mode de communication vers lequel tout coach ou tout expert en communication va... d'encourager à aller. Tout à fait. C'est la communication assertive, aussi appelée la communication non-violente. Il y a un peu de différence là-dessus. C'est la communication non-violente qui est plus vers l'émotionnel, la compréhension émotionnelle de la personne. Et en fait, l'assertivité qui est davantage son positionnement soi, donc de légitimité, à pouvoir énoncer des limites claires. Et par rapport à ces archétypes-là dont tu parles, je vois un peu plus où tu veux en venir maintenant. donc on a En fait, c'est souvent la réaction qu'on va avoir dans des situations difficiles. Par exemple, des situations de conflit ou des situations à haute tension. Il va y avoir une réaction qui peut être agressive. C'est une connue qui va tout de suite exploser, qui va dire « je te pousse » . Il y a la passive agressive, qui est quelque chose d'agressif, mais qui peut être cachée. Un petit commentaire, ça peut être du sarcasme, ça peut être de l'ironie. C'est quelque chose qui en… un peu en sous-tension, c'est un peu sous les vagues et c'est quelqu'un qui ne va pas forcément l'assumer et qui pourra toujours s'en sortir en se disant mais c'est pas ce que j'ai dit, j'ai jamais dit ça Et après, la fameuse phrase, c'est parce que tu as dit, c'est comment tu l'as dit, qui va sortir surtout sur la passive agressivité. Et ensuite, dans la passive agressivité, il y a la manipulation aussi. Il y a les manipulateurs qui vont essayer de manipuler ce que tu vas dire en essayant d'utiliser des techniques comme la culpabilisation, la minimisation, la domination. Ça, c'est toutes des techniques de manipulation qui sont en soupape de la passivité agressive. Et ensuite, on a juste la passivité aussi. la passivité qui est en fait le fait de Voilà exactement ce geste que tu viens de faire, qui est pour nos auditeurs, le geste de lever les mains au ciel, paume ouverte et de se défendre, d'être en défense complète. Et c'est souvent ce qu'on va rencontrer chez les personnes, notamment parce que ces réactions-là, elles sont en nous depuis notre enfance. Donc, ça va dépendre de notre conditionnement émotionnel et mental qu'on a reçu pendant notre enfance. Comment on va réagir aux conflits et aux situations de haute tension ? Donc si, en fait, on a vu... de l'agressivité autour de nous en étant enfant, on va se dire que c'est la seule façon que j'ai de me défendre, c'est d'être agressif, donc de rentrer dedans, comme on dit. Et ensuite, la passivité, c'est vraiment, j'ai compris et j'ai observé qu'en fait, si je rentre dedans, ça va très mal se passer pour moi, donc vaut mieux que je me mette en arrière et que je me défende et que je ne dise rien. Et en fait, c'est vraiment pour moi quelque chose qui est essentiel à reconnaître, parce que du moment où on reconnaît la façon qu'on a, nous, de réagir dans les situations de haute tension, c'est là où on peut dire, ah ok, là c'est passif, donc qu'est-ce que je peux faire pour le transformer ? Et c'est pour ça en fait que je parle beaucoup d'observation et tu parles du feedback, de l'observation des autres, c'est qu'en fait c'est pas seulement les autres qu'on observe, c'est aussi se dire, comment est-ce que je reconnais ça en moi ? Et c'est en observant les autres qu'on peut aussi commencer à s'observer soi et à se dire, ok, donc moi j'ai comme base, prenons la passivité. Ok, bah comment est-ce que moi je vais passer de la passivité à l'assertivité. Mais le point de départ sera totalement différent si tu es agressive ou passive-agressive. Et les étapes que tu vas devoir suivre et mettre en place seront différentes par rapport à ton point de départ. Et je trouve ça fascinant. Mais en effet, l'assertivité, c'est donc le moyen de communication le mieux. L'assertivité, c'est vraiment je gagne, tu gagnes. C'est ça, en fait, la communication. Et on en revient à la collaboration. C'est vraiment le mode de communication qui ne va pas pousser, qui va te laisser ton espace, mais qui va prendre l'espace. de la personne. Donc, en fait, il n'y a pas de domination, il n'y a pas de coercion. En fait, c'est vraiment un mode de communication qui va prendre l'espace en te laissant le tien et c'est comme ça et ça va très bien se passer. Et on peut, en fait, cohabiter ensemble. On n'est pas obligé de cohabiter l'un sur l'autre ou loin l'un de l'autre. C'est vraiment le... Voilà, c'est le pont, quoi. C'est construire un pont plutôt qu'un mur.
- Speaker #1
Encore faut-il la prendre, sa place, la sienne. J'imagine qu'il y a beaucoup de... personnes qui viennent te voir justement parce qu'ils voudraient la prendre et qu'ils ne savent pas comment faire. C'est la demande la plus fréquente ou je me trompe ?
- Speaker #0
Il y a beaucoup de demandes sur ce thème-là également. C'est l'estime de soi, la confiance de soi, la place qu'on prend pour nous dans le monde. Absolument.
- Speaker #1
Alors, comment tu les accompagnes ? Du coup, je suis curieuse.
- Speaker #0
Déjà, la simple... La première chose que je leur dis, c'est qu'ils ont le droit à leur place. Parce que s'ils sont là, c'est qu'ils sont là. Et en fait, une des choses que je dis aussi assez régulièrement à tous mes élèves, c'est que tu te positionnes en boule toute petite ou que tu prennes la grande place qui est la position du superwoman ou superman, qui est la position, donc les bras ouverts vers le haut et les pieds ouverts aussi vers le sol. en fait physiquement, de façon physique et notre ami Eureka serait très content qu'on le cite tu prends la même place. Ton corps, la masse de ton corps prend exactement la même place si tu te rapetisses ou si tu te grandis. Donc, je dis, tant qu'à faire, autant te grandir.
- Speaker #1
Détends-toi.
- Speaker #0
Voilà, c'est ça. Grandis-toi. Et en fait, c'est vraiment quelque chose qui est dit aussi dans les positions physiologiques. Ce n'est pas que, en fait, dans le mental, on peut aussi laisser le corps travailler sur son mental et en fait, avoir cette chose-là. Parce que souvent, en fait, on se dit, mon mental, ... me fait prendre certaines positions dans l'espace, et c'est vrai. Mais en fait, le corps peut aussi avoir un effet sur le mental, et tu le connais très bien parce que tu es dans le domaine médical, tu connais toutes ces choses-là. Mais voilà, en fait, le simple fait de redresser ses épaules vers l'arrière et de prendre légèrement plus de place vers l'extérieur et de lever un tout petit peu le menton. Et je parle pas... Ces gens-là, en général, ils sont très loin d'avoir l'air arrogants et de monter le menton comme ça. On parle pas de ça du tout. C'est juste, en fait, de s'élargir un tout petit peu et de prendre cet espace-là. Et en fait, rien que physiquement, de prendre cet espace-là, ça va nous donner un espace mental aussi. Donc ça peut se faire dans les deux sens. Donc c'est une des premières choses que je vais dire à ces personnes-là, c'est ça, c'est en fait de... de prendre leur place.
- Speaker #1
Physiquement ?
- Speaker #0
Physiquement, déjà. Et ensuite, ils vont la prendre mentalement parce que cette place-là, elle est à eux. Et en fait, petit à petit, je ne dis pas en fait de tout d'un coup, tout déplacer et tout casser, mais je dis en fait de petit à petit, travailler l'assertivité en essayant de savoir déjà, de connaître ses propres limites. Qu'est-ce que moi j'aime et qu'est-ce que je n'aime pas ? Qu'est-ce que j'accepte, qu'est-ce que je n'accepte pas ? Et comment est-ce que je vais faire ça avec bienveillance ? parce qu'on est aussi dans la bienveillance, on n'est pas là pour... pour s'agresser les uns les autres, c'est mieux, sans. Et en fait, de se dire, ok, bon, quels sont les limites que je ne peux pas, en fait, dont je n'accepte pas, en fait, qu'elles soient enfreintes, et quelles sont les limites, en fait, qui sont plutôt flexibles. Et en fait, c'est de savoir ça déjà pour soi-même, et ensuite de savoir les exprimer. Et de se dire qu'en fait, on a le droit d'exprimer des limites. On a le droit de dire non. C'est un mot qui est ok. Et en fait, si on ne dit pas non, on ne peut pas dire oui. Parce que... La liberté ne vient que par l'emprisonnement. En fait, tout est ensemble. Je ne connais pas, malheureusement, j'aimerais beaucoup en apprendre plus, mais ça me rappelle le ying et le yang. C'est qu'en fait, l'un ne peut pas survivre sans l'autre. Et en fait, pour apprendre à dire oui, vraiment, parce que ces gens-là, c'est souvent des gens qui laissent les autres prendre beaucoup de place et qui vont dire oui à tout et qui sont des gens formidables par ailleurs, mais qui, en fait, qui vont souffrir de cette chose-là parce qu'en fait, un jour, quand ils vont demander peut-être un service en retour, ils vont se rendre compte que cette personne-là ne va pas leur donner la place qu'eux ont tendance à donner aux autres. Et en fait, cette réalisation-là est souvent celle qui amène les gens vers moi, de se dire en fait, moi j'ai tout donné toute ma vie, et en fait, au moment où j'avais besoin d'aide, je me suis rendu compte qu'il n'y avait plus personne. Comment je fais ? Et en fait, c'est une personne qui a toujours mis les besoins des autres avant les siennes. Et en fait, d'abord, la première étape, c'est évidemment de se relever, de descendre les épaules et les écarter. Mais surtout, en fait, de se dire mes besoins valent autant que les besoins des autres. Et en fait, je ne peux pas faire passer les besoins des autres avant les miens. Parce que ça voudrait dire qu'en fait, je ne suis pas complète, je ne suis pas entière. Et en fait, la personne que je donne aux autres n'est pas moi. Si on ne se respecte pas, on ne peut pas demander aux autres de se respecter.
- Speaker #1
Ça, c'est la conviction et la prise de conscience.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Et maintenant, les outils. Moi, j'ai besoin de travailler mon éloquence Laetitia. dis-moi qu'est-ce que je dois faire ? Quels sont les exercices ? Donne-moi des choses à faire.
- Speaker #0
Alors, donc déjà, premièrement, se redresser. Ça, c'est vraiment quelque chose qui est très puissant. Et souvent, en fait, dans les chaises qu'on peut avoir, elles ont tendance à être un peu inclinées. Donc voilà, la première chose à faire, c'est vraiment se redresser, pour plusieurs raisons. Parce que déjà, premièrement, le diaphragme, c'est notre outil de respiration, et souvent, on a tendance à oublier de respirer. Et dès qu'on oublie de respirer, le corps se met en panique. et là, on perd tout, le cerveau déconnecte totalement, donc on ne peut plus articuler ses pensées. Donc voilà, première étape, se redresser et vraiment laisser la place à la respiration. Deuxième étape, ralentir, se mettre à l'écoute, mais aussi, pas que des autres, aussi de soi. Et en fait, quand on ralentit, on peut se donner cette opportunité-là de se dire « Ok, qu'est-ce que je pense vraiment de cette question ? Est-ce que j'ai vraiment le temps ? Est-ce que j'ai vraiment envie de donner mon temps ? Ou est-ce que moi, j'ai des priorités qui passent avant ? » Donc ça, c'est par rapport à la place qu'on va prendre. Par rapport à l'élocution et l'éloquence, je parlerais en termes de structure. Donc, en fait, je donnerais le conseil de parler, pas de parler plus, mais de parler mieux. C'est-à-dire de se dire, aujourd'hui, je vais essayer de travailler sur la structure, je dis n'importe quoi, la structure des 3 W, par exemple, qui est une structure anglaise qui est what, so what, now what. Donc, quoi, et donc, et ensuite. C'est ça la structure, donc les trois W. Donc par exemple, aujourd'hui, je vais me dire, OK, donc tout ce que je vais répondre, je vais utiliser cette structure-là. Et en fait, plus on va l'utiliser, plus elle va s'ancrer dans notre façon de parler et de structurer notre parole. Ou bien je vais me dire, aujourd'hui, je vais faire que des listes de trois. Ou bien je vais me dire, aujourd'hui, je vais utiliser... Je vais en fait... La première chose que je vais faire, en fait, au lieu de répondre, c'est de répéter la question pour savoir si j'ai bien compris.
- Speaker #1
Ah oui, reformuler.
- Speaker #0
parce que souvent en fait on va pas répondre à la question on va répondre à notre interprétation de la question, donc le fait de répéter la question ou de dire est-ce que j'ai bien compris que ta question était x, y, z ça va permettre en fait déjà à la personne en face de nous de se dire elle m'a vraiment écouté et c'est un vrai cadeau qu'on lui fait et deuxièmement en fait ça va permettre à la personne d'élaborer sa question et peut-être de nous donner plus de détails sur la vraie question qu'elle est en train de poser Et donc nous, on va pouvoir de cette façon-là déjà avoir plus d'informations, avoir plus de temps pour pouvoir organiser notre réponse et ensuite vraiment répondre à la question. au lieu de notre interprétation. Il y a plein d'outils par rapport à ça et ça dépend de ce qu'on veut travailler. Mais en tout cas, il y a des outils de structuration, il y a des outils de respiration, de reformulation des questions, d'assertivité. Il y a plein d'outils et c'est ça qui est formidable, c'est qu'il y en a plein et on peut toujours aller plus loin. Mais vraiment, le plus important, c'est pas de se dire « Bon, je vais tous les faire d'un coup » parce qu'on n'arrive à rien si on fait tout en même temps. C'est de se dire « Ok, aujourd'hui, je me concentre sur ça. Demain, je me concentre sur ça. C'est l'espacement de répétition.
- Speaker #1
Mais je comprends qu'il y a plusieurs axes. C'est-à-dire que je peux essayer de me dire, je travaille une partie sur la maîtrise des émotions, à savoir apprendre à respirer, apprendre à se poser, à ralentir, pour pouvoir éviter d'être emportée par l'émotion au moment où arrive l'occasion de parler. Parce que plein de fois, on panique. Oui, voilà. Donc, il y a cet accès-là. Ensuite, structurer sa pensée dans un cadre, comme tu as dit, de WWW. Par exemple,
- Speaker #0
il y en a plein.
- Speaker #1
Il y en a plein, mais essayez de prendre une façon de structurer sa pensée pour qu'elle soit claire. C'est-à-dire, rendre le message facile et clair et se donner des objectifs faciles, parce qu'il faut penser à l'interlocuteur qui est en face.
- Speaker #0
Voilà, c'est ça. De se poser déjà la question, qu'est-ce que je vais dire ? Quel est mon objectif ? Et en fait, de prendre le temps de se dire, ok. qu'est-ce que j'ai envie de dire ? Et ensuite de dire, premièrement, deuxièmement, troisièmement. Et en fait, les structures, c'est pas que pour la compréhension de notre auditeur ou de notre interlocutrice, c'est aussi pour notre travail à nous de pensée et d'analyse et de structuration. Plus on va être structuré dans ses pensées, plus on va pouvoir aussi être structuré dans son élocution. Donc on va en fait, c'est une offre généreuse envers soi-même. et envers l'autre. Plus on va être structuré et clair, plus ça va être bienveillant pour la personne qui nous écoute parce qu'elle, elle va pouvoir se concentrer sur ce qu'on dit et pas sur comment elle va le structurer, elle, en réception de ce qu'on dit.
- Speaker #1
Oui, au fait, c'est le cadeau qu'on se fait à soi et aux autres.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
C'est ça, c'est-à-dire on aura moins de malentendus, moins de conflits, moins de pertes de temps et d'énergie sur des incompréhensions.
- Speaker #0
Absolument. Et on peut traiter
- Speaker #1
est-ce que le fait d'écrire apprend au départ à structurer ? Parce que moi, si tu me dis www, je vais voir une voiture.
- Speaker #0
Je comprends.
- Speaker #1
Je n'imagine pas structurer ma pensée de cette façon. Je pense qu'on a tellement des modes automatiques qu'au final, changer, défaire pour refaire, ça nécessite un petit effort.
- Speaker #0
Absolument. Et je pense que c'est la répétition. Donc, comme tu dis, l'écriture, ça sert vraiment. Parce que ça permet, en fait, l'écriture, ça permet... plusieurs choses et ça va en fait dans les axes que tu as décrits. C'est de prendre le temps, déjà d'organiser sa pensée avant de poser le stylo sur la feuille, de choisir les bons mots, ça on le fait à l'écrit mais on le fait moins à l'oral, et ensuite de pouvoir structurer son propos, de se dire ok comment est-ce que je vais réussir à faire ça, et en fait de faire un brouillon, puis un deuxième, puis un troisième et de voir en fait comment les choses s'articulent et de préciser petit à petit c'est exactement la même chose qu'on va faire quand on va utiliser donc si on reprend la 3W donc quoi, pourquoi, Et donc, de quoi est-ce que je parle ? De l'éloquence. Pourquoi est-ce que je parle de l'éloquence ? Parce que c'est quelque chose qui est dans toutes nos communications et qui est extrêmement important parce que l'éloquence dans sa vie, ça va te permettre, toi ou n'importe qui, d'accéder là où tu veux accéder et d'aller en fait, de t'entourer des personnes avec qui tu veux être entouré. Et donc, la troisième partie, donc le troisième W. Qu'est-ce que je peux faire avec ça ? Donc, je vais travailler mon éloquence sur ces trois axes-là. Prendre son temps, structure, générosité.
- Speaker #1
Le troisième axe que je vois, c'est qu'une fois que je suis devenue... Ou peut-être en même temps. C'est la forme de la communication. Et là, ça peut être... Comment dire ? Ça peut être sous forme d'histoire. Comment avoir plus d'impact avec le message que j'ai choisi ? On peut choisir de le faire sous forme d'histoire. ou d'impacter sur le plan émotionnel, ou aller se lancer en style sur du factuel, des choses qui soient scientifiques ou plus évidentes. On peut essayer d'utiliser l'humour, je ne sais pas. On peut avoir différents styles une fois qu'on sait construire un message. Et là, c'est le summum.
- Speaker #0
Là, c'est le summum parce qu'on a tous des points forts. On va tous avoir des choses... avec lesquels on est le plus fort. Il y a des gens qui sont très drôles, il y a des gens qui sont très analytiques, il y a des gens qui sont formidables avec les métaphores, les images, les histoires. Et ça, c'est vraiment quelque chose qu'on peut développer. On peut le développer en lisant. Tu parlais d'écriture tout à l'heure, mais vraiment en lisant. Et en fait, plus on va lire des choses diversifiées, donc pas que des choses dans notre secteur, mais aussi des articles de journaux, des romans, des biographies, des choses analytiques. En fait, plus on va réussir à élargir notre scope. que ce soit de vocabulaire, mais aussi de vision des choses et de la façon d'articuler, mieux ça sera. Et après, dès qu'on a notre point fort, on peut commencer à vraiment aiguiser notre outil, absolument. Mais les histoires, ça reste toujours la façon la plus impactante de convaincre quelqu'un. L'art oratoire, dans sa définition la plus établie, c'est l'art de convaincre et d'émouvoir par la parole. Ce n'est pas que convaincre, ce n'est pas que des faits. Les gens oublient toujours la seconde partie. Émouvoir les émotions. Plus on va utiliser des émotions, des histoires, des images, des métaphores, plus le message qu'on est en train d'essayer de donner à la personne va rester dans la tête. Quand je parle des épaules vers l'arrière, en fait, les gens le voient. Et plus tu vas réussir à mettre des images dans la tête des gens, plus les gens vont se souvenir de ton message. Et on est des êtres de vision.
- Speaker #1
De récits. Et de récits.
- Speaker #0
C'est comme ça qu'on a commencé.
- Speaker #1
J'ai envie de te parler de la voix. Qu'est-ce que ça représente, la voix, pour toi ? Parce que tu fais des voix off. C'est ton outil de travail quand on est acteur. C'est un outil incroyable. Et quand on fait des voix off, c'est encore plus. Comment on joue avec sa voix quand on n'est pas vu ?
- Speaker #0
Il faut tout faire passer par la voix. La voix, de toute façon, est formidable. C'est un outil qui est absolument fascinant. La voix, les études sur la voix sont quelque chose aussi que je mets en place dans mes coachings et dans mes consultations. C'est fascinant. La voix est un muscle, déjà. Les cordes vocales sont un muscle. Donc, c'est assez incroyable. Mais en fait, la voix, c'est aussi l'addition de toutes nos habitudes, en étant petit, mais aussi quand on grandit. Il y a des gens qui vont avoir une voix qui va être très aiguë, d'autres plus grave. Et en fait, la voix ressemble à tous les commentaires qu'on a pu recevoir quand on était petit. Et elle devient ce qu'on nous a dit. La voix, on la travaille de plusieurs façons. Donc la voix, c'est vraiment quelque chose qu'on va... Si on parle de l'outil en tant que tel, on parle donc de la... Quand on parle des trois modes de communication, on va parler donc du paraverbal.
- Speaker #1
Du paraverbal, oui.
- Speaker #0
La voix, c'est quelque chose qui va être modulable par son intonation. Donc, notamment quand on monte ou quand on descend, ça va être de poser des questions, ça va être d'affirmer des choses, ça va être toutes les émotions. Toutes les émotions vont changer l'intonation. Donc, si on est heureux et si on va sourire, ça va s'entendre dans ma voix. Mais si on est en colère et qu'on est très affirmatif, ça va aussi s'entendre dans la voix. Quand on n'a que la voix comme médium, il faut vraiment se concentrer sur seulement ce vecteur-là. et c'est là où tellement de choses... peuvent se passer parce que la voix est formidable. On peut l'échauffer de façon... Donc, les acteurs font beaucoup ça, les chanteurs aussi. Et ça, vraiment, je vous encourage à aller voir ça. C'est les vocalises. Les vocalises, donc, de descendre, de monter. C'est vraiment, en fait, ça de... C'est la gymnastique, en fait. Quand on voit les cordes vocales, en fait, qui sont donc alignées, elles sont perpendiculaires, en fait, de notre traché pour que l'air passe à travers. Mais en fait, elles n'ont pas que... Les cordes vocales, elles font ce mouvement-là. L'air passe donc à travers. Donc, les cordes vocales sont comme un instrument à cordes. Mais les cordes, en fait, sont donc les cordes vocales. Donc, le violon, les cordes sont les cordes vocales. Et l'archer du violon serait l'air. Ici, dans cette image-là. Donc, en fait, c'est comment est-ce qu'on va réussir à libérer et la friction qu'elles ont dans ce sens-là, mais aussi celle qu'elles ont dans le sens, en fait, vertical. Le flux de l'air, en fait, est comme ça. Donc, c'est vraiment, en fait, ça traverse de façon verticale. Mais elles, les cordes vocales, ne font pas que trembler de façon... horizontales, elles font aussi un espèce d'écart qui va vers le haut, vers le bas. Donc si on avait un élastique dans les mains, ça ne serait pas qu'un écart vers l'extérieur, ça serait aussi vers le haut et vers le bas. Donc c'est ces deux mouvements-là que les cordes vocales font. Donc pour échauffer ce mouvement-là, c'est vraiment juste de la vibration, donc on va faire des... qui sont en fait de la vocalisation où elle tremble, mais pour faire le mouvement de l'élastique du haut vers le bas, on va faire des choses plutôt... Donc, en fait, vraiment faire passer sa voix du haut vers le bas. Et en fait, elle, ce qu'elle fait, c'est vraiment des espèces de vagues. Et en fait, on le sent si on met sa main de façon parallèle à sa trachée et qu'on fait des vocalises, on va sentir au niveau de notre pomme d'Adam les cordes vocales qui vont monter et descendre. Et c'est pour ça qu'on dit une voix qui monte et une voix qui descend. Parce que physiquement, elle monte et elle descend. Donc, en fait, comme la musculation dans une salle de sport, où on ne va pas commencer par 20 kilos d'un coup, on va commencer par 2, 5 ou 1, 5 ou 2, et on va en fait graduellement essayer de muscler le muscle. Les cordes vocales, c'est exactement la même chose. Plus on va faire des exercices répétitifs tous les jours, et de plus en plus grands, de plus en plus élargis, plus les cordes vocales vont être souples. C'est comme le yoga, c'est un peu de la cardio, c'est comme le jogging. On ne va pas aller courir sans s'échauffer, on va se faire un claquage. Les cordes vocales, c'est pareil. On ne peut pas assumer et penser qu'elles vont avoir une variété vocale fantastique si on ne les échauffe pas, si on ne les travaille pas par rapport à ça. Donc vraiment, ça, c'est que la voix. C'est vraiment... Et c'est formidable tout ce qu'on peut réussir à faire. Il y a l'intonation, donc vraiment la musicalité de la voix. Mais après, il y a tout ce qui est volume. On peut travailler sur le chuchotement. Si on va comme ça, là, ils ne sont du tout... C'est que là. Et en fait, de parler en susurrant ou bien en parlant très fort. Ça, tout ça, en fait, c'est le diaphragme, c'est le volume. Et ensuite, évidemment, la dernière chose qu'il y a dans la voix, c'est le rythme, la pause, le silence.
- Speaker #1
Le silence, j'allais dire.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
On pourrait rester des heures, Laetitia. Il va bien falloir qu'on arrête.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
malheureusement. C'était incroyable. J'ai envie d'évoquer encore plein de sujets avec toi. Merci beaucoup. Où est-ce qu'on te retrouve, Laetitia ? Parce que je suis sûre qu'il y a plein de personnes qui voudraient travailler leur éloquence comme moi et qui voudraient te retrouver, retrouver toute ta théorie et éventuellement même ton académie. Donc, c'est sur ta chaîne YouTube ? Absolument.
- Speaker #0
C'est ma chaîne YouTube. Donc, Laetitia Valstar en français, qui existe pareil dans les deux langues, donc qui existe aussi en français, mais aussi en anglais. Donc, sur YouTube, ça, c'est du contenu absolument gratuit.
- Speaker #1
Qui est incroyable, je le dis.
- Speaker #0
Je donne pas mal de petits tips. Et si vous voulez aller plus loin et vraiment suivre une méthode pas à pas qui est vraiment fondée sur la science et sur des preuves de pédagogie, Je vous encourage vraiment à venir suivre les enseignements qui résident dans l'Académie Lumière, qui est en fait une plateforme qui est hébergée par School, et dont vous trouverez le lien sur ma chaîne YouTube également. Elle est un peu partout.
- Speaker #1
On peut parler aussi de ton école de théâtre ?
- Speaker #0
Mon école de théâtre est absolument ouverte, les portes sont ouvertes. Pour l'instant, cette année, nous sommes sur un cours de théâtre en anglais.
- Speaker #1
C'est rare pour le mentionner quand même.
- Speaker #0
Absolument. On fait du théâtre en anglais tous les mardis soirs et on a même un spectacle en fin d'année. Pour les gens qui écoutent ce podcast, venez nous voir, c'est en juin. La compagnie des trois singes.
- Speaker #1
La compagnie des trois singes. Merci pour tout, Laetitia.
- Speaker #0
Merci à toi, Imane. Merci pour tout. C'était un vrai plaisir.
- Speaker #1
Mes chers amis, l'éloquence et la prise de parole sont des outils individuels et collectifs puissants. au service de la communication et de la collaboration efficace. J'espère que ce premier épisode du sujet vous a inspiré, car j'aimerais l'explorer encore en votre compagnie. S'il vous a plu, sachez que j'ai fortement besoin de vos encouragements. Mettez-moi des 5 étoiles, des commentaires, suivez, partagez le podcast pour me permettre de continuer à réaliser encore des épisodes, vos retours, me sont essentielles. A très vite dans Enquête à corps.