Speaker #0Bienvenue dans Enquête d'Endurance, le journal d'un sportif amateur en quête de profondeur, d'effort et de longue distance. Ici, je vous partage ma progression, mes doutes, mes réussites et tout ce que l'endurance m'apprend sur le corps, le mental et la discipline. Chaque semaine, je documente mon chemin, pas à pas, pour devenir un athlète plus complet et un humain plus solide. Bienvenue dans cette quête ! Il y a un moment dans l'année que beaucoup de sportifs redoutent, alors bien sûr pas tous. Ce moment c'est pas une course, c'est pas une séance difficile, cet instant c'est la coupure. A savoir s'arrêter volontairement, lever le pied, réduire fortement le volume. Et cette année j'ai fait une vraie coupure hivernale, 3 semaines, entre mi-décembre et début janvier. Et honnêtement au moment où mon coach m'en avait parlé, ça m'avait fait peur. Avant de vous raconter ma propre coupure, j'ai envie de poser un cadre. Parce que quand on parle de coupure hivernale, on ne parle pas tous de la même chose. Pour certains, la coupure c'est arrêter totalement le sport pendant quelques semaines, voire parfois plus d'un mois, à savoir plus de course, plus de vélo, plus de natation, plus aucun sport parfois, alors il y en a qui vont faire un petit peu de renfaux, mais il y a des profils qui vont faire aucun sport, rien du tout. Et ce choix là, il peut parfaitement fonctionner, notamment après une saison très chargée en dossard, quand le corps et surtout la tête en a vraiment besoin. Alors ça c'est une vraie coupure qui est radicale, et pour d'autres la coupure va ressembler plutôt à une pause active. On va continuer de bouger, à s'entretenir, mais sans aucun objectif de performance, sans intensité, sans plan à respecter. Durant cette coupure, on réduit fortement le volume, on enlève toutes les séances dures, puis on va garder uniquement ce qui fait plaisir dans le sport. En réalité, il n'y a pas vraiment de bonne ou de mauvaise coupure de manière universelle, mais je pense qu'il y a une coupure qui est adaptée à son contexte, c'est-à-dire au volume qui a été fait durant l'année, que ce soit le volume d'entraînement ou les compétitions, à son niveau de fatigue, à la relation qu'on a avec le sport et aux objectifs qui arrivent devant nous. Dans mon cas, j'ai choisi la deuxième option, à savoir la coupure active. J'ai fait une coupure de trois semaines sur la fin de l'année. Je n'ai pas supprimé le sport de ma vie durant ce laps de temps, mais j'ai totalement changé la manière dont je pratiquais au quotidien mes entraînements. Un volume qui a été divisé par plus de 3, zéro intensité. aucune séance à valider, aucune pression au quotidien sur la séance qui devait être faite tel jour à telle heure. En fait je faisais du sport uniquement quand j'en avais envie et surtout uniquement de la manière qui me faisait du bien. En fait je me suis même autorisé à ne pas faire de sport certains jours sans culpabilité. Dans la suite de cet épisode je vais te raconter comment j'ai vécu cette coupure concrètement. Déjà les premiers jours, une sorte de résistance mentale qu'on peut avoir. Et puis ce qui a changé physiquement, notamment par rapport à la reprise, et mentalement. Et surtout ce que ça m'a appris par rapport à mon rapport au sport. Alors déjà, pourquoi s'arrêter ? C'est difficile. Du moins pour certains sportifs. En fait quand tu t'entraînes régulièrement, quand tu aimes ça, quand le sport te fait du bien, arrêter d'en faire c'est presque contre nature. Je pense qu'il y a plusieurs profils de le sportif. Il y a ceux pour qui seule la compétition compte vraiment, le jour J c'est l'objectif, puis parfois l'entraînement il est vécu comme une contrainte, du moins certains entraînements, parce qu'il faut quand même prendre du plaisir dans le sport, et le sport ce n'est pas uniquement la compétition. Et puis il y a d'autres profils, puis moi je me reconnais justement là-dedans, les profils qui certes adorent la compétition, mais qui vont prendre surtout énormément de plaisir à l'entraînement. Moi j'adore m'entraîner, j'adore voir ma progression d'une semaine à l'autre. En fait j'aime voir que la pratique du sport au quotidien porte ses fruits. Il y a un côté work hard, play hard, je bosse dur mais j'y prends du plaisir, je m'amuse dans mon quotidien et je vois le gain derrière. Donc forcément quand on parle de coupure, la première question qui me vient c'est pourquoi s'arrêter parce que je prends du plaisir au quotidien, le sport il fait partie de ma vie, c'est un pilier. ça me fait du bien physiquement mais ça me fait aussi du bien mentalement. Et puis il y a surtout la petite voix, Quand on parle d'arrêter, qui te dit attention, tu as quand même beaucoup bossé cette année, tu as mis de l'intensité, tu as progressé. Et si tu coupes, tu vas perdre. Tu vas perdre tous les acquis qui sont arrivés suite à tes entraînements. Donc perdre des allures en course à pied, perdre du cardio, perdre des watts à vélo, voir sa FTP, son seuil fonctionnel de puissance ou sa puissance maximale aérobie, la PMA. Descendre, perdre aussi des sensations. notamment en natation, tout ce qui a pris des mois à construire. Se dire que ça va potentiellement disparaître dès qu'on va lever le pied. Et ça c'est une peur très forte quand on s'entraîne sérieusement, régulièrement. Et dans mon cas j'ai coupé donc trois semaines, dont deux semaines pendant les vacances de Noël et la semaine d'avant je travaillais encore, je n'étais pas en vacances. Et dans mon quotidien avec le temps j'ai installé un rythme. entre mon travail et le sport et du coup le sport structure autant mes journées que mon travail. Il me donne un cadre, ça me donne des repères. Et là d'un coup en fait on enlève un des deux équilibres que j'ai dans mon quotidien. Donc même si j'ai gardé quelques séances très légères et honnêtement j'ai tellement réduit que j'avais vraiment la sensation de perdre ce qu'organisait mon quotidien. Donc curieusement J'avais par contre pas peur du côté nourriture, poids, etc. Comme on peut entendre parfois quand on parle coupure, parce que j'ai continué à manger comme d'habitude. L'alimentation qui est plutôt équilibrée, mais bien sûr il y a eu les excès pendant les fêtes. Donc ça, ça ne m'inquiétait vraiment pas du tout. Je savais que physiquement le corps allait revenir. Avec le volume d'entraînement quand on fait du triathlon, on est plus dans l'optique de se dire qu'il faut qu'on mange assez et qu'on mange trop. Mais ce qui me faisait vraiment peur, moi c'était la performance. La condition physique, le niveau qui a été atteint tout au long de l'année, tout ce qui a été construit. Et c'est pour ça que quand mon coach m'avait annoncé la coupure au début, clairement ça m'a fait peur. Quand il m'a dit on va couper trois semaines à un moment donné dans l'année, ma première réaction ça a été purée ça va être long. Trois semaines dans ma tête c'était énorme. Honnêtement au début je ne me voyais pas du tout coupé aussi longtemps. On en avait parlé bien avant en fait, il m'en avait parlé dès le mois de mai. Il m'avait dit : "Il faudra qu'on pense à organiser une coupure à un moment donné." Puis moi à ce moment là je me disais : "Oui oui on verra, on en parlera." J'avais un peu le réflexe de mettre le sujet sous le tapis et je me disais peut-être qu'il va oublier. Parce qu'en fait dans ma tête je n'en avais pas besoin, ça me faisait plus peur du manque que de me dire : "Oh là là j'en fais trop, j'ai besoin d'un J'ai besoin d'air, en fait, sportivement parlant. Et souvent, d'ailleurs, avant de couper, on a souvent l'impression qu'on n'a pas besoin de couper. Alors j'inclus vraiment les personnes qui sont dans le cas numéro 2. Je pense que les personnes qui font énormément de compétitions, je pense notamment par exemple aux cyclistes qui vont faire des compétitions FFC tous les week-ends. Je pense qu'à un moment donné, à la fin de saison, il y a vraiment cette lassitude mentale et il y a ce besoin de couper. Mais moi, je n'avais pas fait autant de compétitions que ça. Donc je ressentais pas ce besoin de couper, je me sentais bien, je sentais que je progressais, que tout allait bien. Et puis il y a la peur que ce soit long, comment on va meubler ça ? Comme je disais, justement, moi j'ai pas fait une saison complète. J'ai commencé vraiment à structurer mon entraînement à partir d'avril-mai. Donc j'ai pas eu une saison ultra chargée. Dans ma saison, j'ai eu un trail de 18 km, une course nature de 15 km. J'ai eu l'étape du Tour Femme, donc 120 km et 3 500 de D+. J'ai eu un triathlon S et un triathlon M. Donc c'est pas une saison éreintante, que ce soit mentalement ou physiquement. Donc j'étais pas dans une lassitude. Mais mon coach m'a dit que mes objectifs cette année sont en mois de juillet. Ton pic de forme, c'est juillet. Il va y avoir plein d'objectifs secondaires, mais mes objectifs principaux, c'est l'étape du Tour vers le 20 juillet et à peu près trois semaines avant ça, c'est l'Alpha Ironman des Sables d'Olonne. Donc si tu n'intègres pas une vraie recharge mentale et physique maintenant, ça se trouve, tu vas en avoir besoin au pire moment. C'est-à-dire par exemple au mois de juin. Et là pour le coup, t'es en lassitude à ce moment-là. tu vas regretter de ne pas avoir eu cette décharge six mois avant. Donc là, je lui ai fait confiance. Je me suis dit que ce n'était pas une punition, que ce n'était pas un frein, c'était une étape planifiée dans l'entraînement. C'est quand même un processus d'acceptation en fait à mon niveau. Mais il y a un truc assez révélateur, c'est que je devais faire une dernière séance d'intensité, un fractionné course à pied juste avant le début officiel de ma coupure. Et en fait, ce jour-là, j'étais rincé. Donc en fait, je devais commencer ma coupure un mardi. et le lundi j'avais une séance d'intensité, et ma séance de natation le lundi soir. Et en fait je me suis senti rincé physiquement et d'un coup mentalement. Je me suis dit : "là j'ai pas l'énergie". Et finalement j'ai commencé ma coupure un jour plus tôt que prévu. Donc en fait à ce moment là, le fait d'avoir accepté mentalement la coupure ça a tout changé. Je ne me suis pas dit "j'abandonne une séance", je me suis juste dit : "Bon bah c'est bon, j'entre dans une autre phase". C'est comme ça que j'ai basculé dans trois semaines sans intensité, en acceptant que la coupure faisait partie de mon plan d'entraînement. Il y a un point très important à démystifier, c'est que couper, ça ne veut pas dire rester dans son canapé, à manger des chips, à boire de la bière et à rien faire, à subir en quelque sorte. Dans mon cas, la coupure est tombée pendant les vacances de Noël, donc honnêtement, c'était plutôt une bonne période parce que ma famille est en Normandie. Celle de mon épouse... et entre les Landes et le Pays Basque, donc ça fait pas mal de routes, pas mal de déplacements. Et maintenir un entraînement structuré comme le reste de l'année, déjà ça aura été contraignant et pas du tout adapté au contexte. Donc déjà, mentalement, ça m'a aidé à accepter la coupure. Donc comme je disais tout à l'heure, j'ai divisé mon entraînement par trois, le volume par trois, donc pas d'intensité, pas de séance à valider, le no-lio il était vide, donc la plateforme que j'utilise avec mon coach, donc pas de plan à respecter. Ça fait partie de la décharge mentale aussi. de se dire « j'ouvre pas mon calendrier d'entraînement, parce que de toute façon je n'ai pas d'entraînement » . Et d'ailleurs il y a eu une semaine où j'ai pas touché au vélo, c'était la deuxième semaine des vacances, parce qu'on partait dans le sud-ouest et le vélo il est resté à la maison. Et c'était bien comme ça. Si j'avais eu un entraînement à ce moment là, j'aurais dû me dire « alors on part, il faut rajouter le matériel pour le vélo, alors que forcément pendant les vacances de Noël on part charger, il va falloir que je place l'entraînement à ce moment là » . Alors qu'on est en famille. Donc ça, ça a enlevé une pression. Sur la première semaine, j'ai fait une sortie club le jour de Noël. Sortie tranquille avec les copains du club, pas d'intensité, le plaisir de rouler. Et en fait, ça permet de revenir à l'essence même du sport. Et ça, ça fait énormément de bien parce que pendant la coupure, j'ai aussi totalement arrêté la natation. Juste avant cette coupure, aller nager, c'est devenu une contrainte. C'était se lever tôt, aller à la piscine tard le soir, respecter des horaires. Je sentais que j'avais aussi atteint une sorte de palier, je n'arrivais plus à progresser, j'étais en pleine stagnation et que le plaisir était de moins en moins là. Donc durant ces trois semaines pour le coup j'ai vraiment coupé la natation, puis même presque quatre au total si je fais le cumul entre le moment où j'arrête et le moment où je reprends, sans culpabiliser parce que je me suis dit de toute façon pour le coup en natation j'entends que je prenais moins de plaisir et du coup à côté de ça pendant cette coupure j'ai fait uniquement ce qui m'a fait kiffer donc aller courir tranquillement sans objectif sans distance prévue en gros je me dis bah tiens aujourd'hui j'ai envie d'aller courir je prenais mes baskets et puis je savais même pas combien de temps je partais sans traces ni rien en fait je me dis bah tiens je vais aller courir prendre le vélo aller rouler avec les copains monter sur un sur le home trainer parce que j'en avais envie, parce que j'avais envie de faire un parcours sur Zwift. Et puis il y a des jours où je faisais rien, c'était ok. Je n'étais pas obligé d'attendre tel jour dans la semaine pour avoir mon jour de repos. Donc pendant la coupure forcément il faut accepter que tous ces indicateurs baissent, la forme sur Garmin, sur Strava, les stats etc. Tout ça ça descend. Mais en fait... Je me suis dit, ok, c'est pas grave parce que ces indicateurs-là, il y a un an et demi, ils étaient au plus bas. Ils ont réussi à grimper. Et tout ce que j'ai acquis durant cette année et quelques d'entraînement, et surtout ces six derniers mois, c'est pas perdu en fait. Le corps, il reprendra après et il ne faut pas s'appuyer uniquement sur des statistiques. Et d'ailleurs, ces indicateurs-là, ils n'ont pas vocation à être au top toute l'année. C'est un peu comme les pics de forme, ils doivent être bons au moment où on doit être bon. Dans les vacances de Noël, moi perso, j'avais pas de dossard, j'avais pas de compétition. J'étais attendu par personne, donc c'était le moment idéal pour penser à autre chose, voir la famille, profiter, faire uniquement du sport pour le plaisir, sans pression, sans obligation. Et d'ailleurs, c'est pas toujours la bonne période pour chacun, parce qu'il y a des personnes qui ont des dossards dans cette période-là et qui en ont beaucoup moins au mois d'août, parce qu'ils partent en vacances en famille. En fait, il faut choisir le moment de sa coupure, Il y en a, ça va être l'été, d'autres, ça va être l'hiver. Mais en tout cas, plus ça avançait et plus je me suis rendu compte que tout ce que la coupure pouvait m'apporter, en fait. Jusqu'à me dire, est-ce que je vais réussir à reprendre mon rythme à la rentrée ? Alors la coupure, elle a changé des choses peut-être physiquement, mais au final, ce qui m'a surpris, c'est que j'ai pas eu l'impression de régresser. Quand je partais courir tranquillement juste pour le plaisir, en fait j'ai pas senti que c'était plus difficile qu'avant. C'est pas plus compliqué au niveau du souffle, des muscles. En fait j'avais l'impression que les sensations revenaient différemment parce que les jambes étaient plus fraîches. J'avais plus les petites douleurs qu'on peut avoir au fil des entraînements parfois. Soit au niveau du pied, les petites courbatures, au niveau des mollets etc. En fait le fait de ne plus être dans l'accumulation permanente ça fait énormément de bien au corps, en fait il se repose. Alors c'est sûr, il faut être honnête, la période de Noël, ce n'est pas la période idéale pour optimiser la récupération parce qu'on mange un peu plus. On dort parfois moins bien, il y a les repas, les déplacements, le rythme est un peu différent. Le but, ce n'était pas non plus de vivre comme un moine, je ne suis pas un sportif professionnel. Mais malgré ça, je sentais que physiquement, ça me faisait du bien. Et surtout, il y a quelque chose qui revenait assez naturellement, c'est l'envie de bouger. Ce n'était pas une obligation, mais c'était une envie assez simple quand je... sortait courir, j'allais beau pas avoir d'objectif ni rien, pas de séance à réussir, mais ça se faisait naturellement. Et en fait j'avais l'impression de revenir à quelque chose de très basique : du sport pour la santé, du sport pour le plaisir. Et à la reprise, au bout des trois semaines, je n'ai pas senti non plus de grosse différence négative, alors du moins sur la première semaine. Je ne suis pas reparti directement sur l'intensité donc physiquement la transition elle s'est faite en douceur. La semaine dernière j'ai terminé ma deuxième séance de reprise. Et là, j'ai quand même senti que les choses avaient un peu évolué. J'ai mis un peu d'intensité sur le vélo, du tempo. Pas des efforts extrêmes, mais suffisamment pour sentir que ça bosse. Idem sur la course à pied, j'ai repris le renforcement musculaire. Et en fait, ce que je ressens aujourd'hui, c'est pas forcément un manque de niveau, mais c'est une difficulté à encaisser l'accumulation comme avant la coupure. En même temps, c'est logique, j'ai coupé trois semaines, je suis à deux semaines de reprise. Donc il y a forcément un temps d'adaptation. mais globalement je trouve quand même que les sensations reviennent assez vite, notamment en natation. La première séance a été difficile, mais plus techniquement en fait. Mais par contre j'ai l'impression d'avoir pris un gros recul et je fais beaucoup plus attention aux gestes, je suis plus concentré sur la qualité. En fait j'ai l'impression de repartir du fait de reprendre du plaisir à nager, de repartir dans une phase de progression alors qu'avant la coupure j'étais vraiment dans... dans ce palier en fait, et presque je m'ennuyais à aller nager. Donc ce moment il m'a fait du bien physiquement, ça ne m'a pas fait perdre, enfin j'ai pas l'impression d'avoir perdu, mais par contre ça me permet de reprendre plus proprement. D'un point de vue mental, alors moi je suis quelqu'un d'assez discipliné au quotidien, j'aime bien avoir un cadre, un plan, une organisation, que ce soit dans mon travail où j'ai toujours ma to-do liste, je sais exactement ce que je vais faire aujourd'hui, ce que je vais faire demain, ce que je vais faire après-demain, Pareil dans le sport, j'aime bien savoir ce que je fais, quand je le fais, pourquoi je le fais. Ça je ne le vis pas comme une contrainte, au contraire, c'est un cadre qui me fait du bien, qui me rassure. Et je me sens bien dans ce cadre-là en fait. Celui que je me suis construit, celui que mon coach aussi m'aide à poser, mais en fait vivre sans ce cadre pendant trois semaines, ça me fait quelque chose. Au début c'était assez inconfortable, tout début, j'avais l'impression de me sentir perdu. Je me dis qu'est-ce que je vais faire, etc. Et puis assez vite en fait je me suis rendu compte que ça me faisait du bien. J'ai compris que j'avais pas peur de me passer de sport. Au début j'avais peur de me passer d'entraînement, de ne plus avoir de séance à valider, de ne plus avoir de fractionnés prévus, de ne plus avoir le rendez-vous du dimanche, etc. En fait j'avais plus mon planning, j'avais plus d'applications liées à mes séances. plus d'objectifs chiffrés et en fait ça m'a libéré. Je faisais toujours le sport en fait, j'ai eu peur au début de ne plus m'entraîner, de me dire que j'allais me désentraîner, du coup, que j'allais être en désentraînement. Mais en réalité, vu que j'ai continué à faire du sport sans l'entraînement, je me suis rendu compte que ça me faisait du bien, que je bougeais quand j'en avais envie, que je courrais sans objectifs chronométriques, etc. Et ça m'a permis de couper sur le rapport à la performance, sur ce besoin de réussir une séance, de cocher une case, de me dire celle ci, il faut que je la passe, de mettre un peu... Parfois, je me mets un peu la pression. Parfois, je me dis oula, cette séance va être compliquée. Est-ce que je vais vraiment réussir ? Et puis j'y arrive, mais ça met un petit peu cette petite pression. Alors cette pression, elle me plaît parce qu'elle me challenge, mais ne pas la voir en sortir temporairement, en fait, ça m'a permis de prendre du recul, de respirer un peu avec cette logique de compétition, de compétition permanente, on va dire, avec soi-même. Et je pense qu'elle est hyper importante, cette coupure à cet égard, pas pour... casser une discipline, mais pour s'assurer en fait que celle-ci reste saine et redonner aussi le sens à ce qu'on fait. A l'origine on bouge pour faire du bien et clairement c'est pas parce que j'ai coupé que j'ai arrêté ça. Alors aujourd'hui je vois la coupure totalement autrement, pour moi c'est plus une pause subie, c'est plus quelque chose que je redoute, c'est plus devenu un outil en fait. Et après avoir vécu cette coupure de trois semaines, puis repris progressivement durant deux semaines, je sais que je ne gérerai pas les prochaines saisons de la même manière. Parce que déjà la saison de 2026 n'aura rien à voir avec celle que j'ai vécue l'année dernière. Comme je disais, je n'avais pas eu beaucoup de compétitions, j'ai eu des objectifs mais qui étaient bien espacés. En 2026 ça va être différent, il va y avoir des courses FFC en vélo, des cyclosportives, Des triathlons dont l'Ironman 70.3, un stage assez intense au mois de juin juste avant l'étape du Tour. Donc concrètement entre le printemps qui arrive et l'automne, il va se passer 6 mois avec énormément de dossards, de l'intensité, sans doute des hauts, des bas, des réussites, des déceptions qui vont faire que ça va nécessairement avoir un impact physique mais aussi mental ? Et ce que je sais, c'est qu'il faudra lever le pied avant d'en être obligé. Je pense même que la prochaine coupure interviendra peut-être un peu plus tôt. Peut-être pas en fin d'année, peut-être pas à Noël, mais peut-être qu'elle arrivera juste après la fin de la saison FFC. Et en fait, je sais aujourd'hui que cette coupure est possible, que je pouvais m'arrêter sans tout perdre, que je pouvais couper et repartir proprement, Et puis surtout autour de moi, quand je prends un peu de recul, que ce soit dans mon club ou ailleurs, je vois énormément de sportifs qui coupent chaque année, qui reviennent. Donc il n'y a pas de raison que ça ne m'arrive pas. Mais tant qu'on ne l'a pas vécu soi-même, on a toujours cette petite peur en se disant « et si moi je n'arrivais pas à revenir à mon niveau ? » Aujourd'hui, cette peur est beaucoup moins présente parce que je sais que si j'ai réussi à construire une condition physique en partant de zéro, je vais être capable de la retrouver après 3 ou 4 semaines d'arrêt. En fait, ce que je vise en réalité... Au global, c'est quand même d'être là dans la longévité, pas juste réussir une saison et puis derrière se dégoûter ou lâcher physiquement. Le but, il est quand même d'enchaîner les années, prendre du plaisir longtemps, pas attendre d'être cramé pour lever le pied. Et ça, c'est probablement l'un des plus gros apprentissages que cette coupure m'a apporté. Si je devais résumer cette coupure en une phrase, ce serait s'arrêter... c'est pas reculer. Parce que pendant longtemps, j'ai associé l'arrêt à la perte, la perte de niveau, la perte de sensation, la perte de rythme. Et en fait, en réalité, cette coupure m'a montré l'inverse. Elle m'a permis de récupérer, de prendre du recul dans ma pratique au quotidien, de retrouver du plaisir juste après, notamment sur la natation, et puis de repartir plus proprement, peut-être aussi plus assidûment, j'ai compris que la coupure elle faisait partie de l'entraînement et pas de quelque chose qu'on devait subir et qu'elle ne sert pas à devenir moins fort mais plus ça durer longtemps. Aujourd'hui moi je vois en prenant du recul je commence à voir le sport différemment, je vois les saisons, je vois les cycles, je vois le long terme parce que je commence à repasser sur des choses que j'ai vécu l'année dernière. tu m'écoutes que tu t'entraînes régulièrement que tu aimes ton sport mais que tu as peur de lever le pied retiens juste que la coupure elle va rien t'enlever du moins à moyen terme ou long terme, en fait elle va te préparer pour la suite, la suite de ta vie de sportif. Merci d'avoir écouté Enquête d'Endurance. 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