Speaker #0Bienvenue dans Enquête d'Endurance, le journal d'un sportif amateur en quête de profondeur, d'effort et de longue distance. Ici, je vous partage ma progression, mes doutes, mes réussites et tout ce que l'endurance m'apprend sur le corps, le mental et la discipline. Chaque semaine, je documente mon chemin, pas à pas, pour devenir un athlète plus complet et un humain plus solide. Bienvenue dans cette quête. Après quelques semaines sans épisode, je reviens avec un sujet un peu différent de celui habituel. Je vais aujourd'hui pas parler d'un triathlon, pas de séance spécifique, pas d'un objectif personnel, mais d'un stage cyclisme que j'ai fait avec mon club Angers Métropole Cyclisme 49, AMC 49. Et avant de raconter ce qu'on a fait concrètement, je pense que c'est important de poser les bases avec une question... assez simple, pourquoi on fait un stage ? Parce que derrière le mot stage, il y a plusieurs définitions possibles, plusieurs réalités différentes, et donc on va venir les aborder dans ce podcast avec les intérêts qu'on va pouvoir y trouver pour la construction d'un objectif ou la construction d'une saison. Alors au niveau des différentes typologies de stage, il y a d'abord les stages individuels. Aujourd'hui, il y a plein de solutions pour partir en stage, que ce soit en France, ou à l'étranger, notamment durant l'intersaison. Souvent, l'objectif est assez clair. Ça va être d'aller rouler dans de meilleures conditions que celles qu'on peut retrouver chez soi. Typiquement l'hiver, il fait froid, il pleut beaucoup. Si on prend en plus l'hiver qu'on a eu sur ce début 2026, moi j'habite Angers, on a eu des crues, énormément de pluie. Ce n'était pas toujours agréable d'aller rouler. Il y a pas mal de cyclistes qui sont partis dans... des destinations assez réputées pour rouler, comme la région de Géronne ou Calpée. Et donc l'idée, c'est d'avoir du soleil, des routes qui sont propices à aller rouler, un peu dénivelé en plus, et puis cerise sur le gâteau, pouvoir aller voir les équipes professionnelles s'entraîner. Parce que c'est des spots qui sont réservés, enfin du moins réputés, pour que les professionnels viennent passer des stages durant... plusieurs semaines durant l'intersaison et ça permet d'aller chercher du volume parce qu'on se dit, pendant une semaine je pars, une semaine, dix jours, je pars en stage et je vais aller rouler tous les jours ou presque avec du dénivelé, donc aller rechercher aussi potentiellement de l'intensité. Ça peut être dans une logique assez ciblée, donc par exemple si je prépare une cyclo sportive comme l'étape du tour, on peut aussi partir en stage sur les lieux où vont avoir l'épreuve pour aller repérer le tracé en amont, monter l'école, comprendre les enchaînements et mieux appréhender la course le jour J. Donc dans ces deux cas, le cas d'aller chercher des meilleures conditions pour rouler et en clair aller se faire plaisir ou préparer un objectif très précis, on va être dans une démarche ultra personnelle. Bien sûr, on va rencontrer d'autres cyclistes sur place. Potentiellement, le stage, soit on s'organise soi-même et du coup, on part tout seul et puis on fait nos traces, etc. Soit on passe par un organisme. D'ailleurs, quelque chose que je vais faire avec le team Matériel Vélo au mois de juin prochain pour préparer l'étape du Tour. Et du coup, c'est l'occasion aussi de sociabiliser avec d'autres personnes qui ont les mêmes objectifs. Mais l'objectif, il reste individuel. On va chercher quelque chose pour soi, on va chercher de la forme, on va chercher des kilomètres, on va chercher de la confiance, de la découverte, de l'épreuve qu'on va vivre. Parce que quoi qu'il arrive, sur une cyclo sportive par exemple, on est seul, c'est pas une course d'équipe, sauf peut-être pour ceux qui visent le haut du classement. Mais on n'est pas dans une logique de team comme on va pouvoir retrouver sur des courses FFC. Il y a une autre grande typologie. de stage, ça va être un stage collectif de club. Là, le but, c'est pas seulement de rouler. Et d'ailleurs, c'est pas toujours d'aller chercher aussi des meilleures conditions climatiques. L'objectif, ça va être de s'entraîner ensemble, de faire du volume, de travailler. Donc, il y a une logique bien sûr sportive, mais on prépare pas uniquement des objectifs personnels. Là, on prépare une équipe. Donc, il y a aussi tout un scope. où on va apprendre à se connaître autrement que sur la sortie du dimanche matin, l'entraînement classique, on va réfléchir ensemble, on va faire des stratégies, on va tester des choses, on va simuler des courses. Et ça, ça change totalement la manière de vivre un stage entre un stage, par exemple, comme un stage où on part en Espagne et puis on se dit on va chercher du soleil et on va aller rouler. Et un stage de club où le but, c'est d'aller chercher de la cohésion. Donc moi, je suis parti deux jours avec une club à MC 49. Il y a à peu près un mois de ça, donc c'était début début février. Dans cet épisode. J'ai envie de raconter trois choses, l'aspect sportif du stage, l'aspect stratégique et surtout l'aspect humain. Parce que je me suis rendu compte que c'est pas juste un week-end où on vient faire du kilomètre, parce que bien sûr qu'on en fait, on va rouler le matin, on va rouler l'après-midi, on roule le lendemain. Mais c'est un moment qui peut transformer la manière dont on va aborder une saison et clairement il y a eu un shift durant ce stage. sur la manière dont j'allais aborder mes premières courses. Et à l'heure où je parle, j'en ai réalisé deux, ça fera l'objet d'un prochain podcast. Alors, avant de rentrer dans le fond, il faut préciser un point. Moi, je n'ai pas fait l'intégralité du stage, parce qu'à la base, le programme, c'était quatre sorties, samedi matin, après-midi, dimanche matin, dimanche après-midi. Mais moi, je devais être de retour chez moi à Angers le dimanche après-midi. Donc, j'ai fait trois sorties sur quatre et deux sorties complètes avec le groupe. J'ai roulé le samedi matin pour aller sur le lieu du stage. On partait en Mayenne à 80-90 km. La première trace de mémoire faisait 90 km. L'après-midi, on était vraiment en mode simulation course sur un circuit. On a fait des tours, on a élaboré des stratégies. Je reviendrai un peu après. Et puis le lendemain matin, j'ai fait le retour tout seul, par chance. des conditions pour un mois de février qui était extrêmement bonne avec peu de vent, donc c'était quand même assez agréable d'aller rouler, même si dans l'idée j'aurais préféré faire la sortie du dimanche matin, qui était réservé, on va dire, spécifique sprint, ce qui n'est vraiment pas mon point fort, et l'après-midi c'était le retour sur Angers. Mais je vais rentrer en détail sur tout ça. Donc le stage il se déroulait en Mayenne, donc on est parti comme je disais pour environ 85 km, mouche des nuages directement à vélo, donc ça faisait une sortie de 90 bornes. Ça, c'est du détail. Et déjà, moi, je sortais d'une grosse semaine à ce moment-là. Donc, ça m'a fait une semaine à plus de 450 km de vélo, environ 8000 m de natation et autour de 45 km de course à pied. Pour la grande majorité des gens du club, ce sont des coursiers. Ce sont des gens qui font de la course de vélo, qui courent un petit peu à côté, mais un peu qui font du triathlon. Donc... Moi, j'avais accumulé ce volume en plus. Alors, il y en avait qui avaient roulé pas mal à vélo. Mais ça m'a quand même pénalisé sur le samedi matin parce que j'avais les jambes qui étaient un peu lourdes. En fait, vu que j'ai fait une coupure sur la fin d'année, janvier-février, ça a été vraiment la reprise du rythme. Et aujourd'hui, j'arrive vraiment à encaisser le volume. Mais à cette période, début février, j'étais encore dans des semaines où je sentais que ça commençait à tirer sévèrement. et notamment quand on s'approchait de la fin de semaine, quand on avait envoyé sur des séances. Alors le parcours en plus pour rejoindre le lieu du stage, il n'était pas simple, il était assez vallonné. Alors vallonné, je m'entends pour des gens qui habitent sur Angers, qui vont en Mayenne. Disons que c'était un petit parcours accidenté, un petit parcours de puncher, mais loin d'une grande étape de montagne, on restait grand plateau. Il y avait pas mal de vent. Beaucoup de vent de côté, ça roulait vite, on est autour de 34-35 de moyenne sur la sortie. Et à un moment je me suis dit que ça allait être compliqué, que j'allais subir le week-end. Et déjà là j'ai vu l'esprit d'équipe, on s'est mis en éventail pour pouvoir s'abriter du vent, donc un peu en mode bordure pour une course, même si là le but c'était pas de bordurer les gars de derrière, parce qu'on était en mode entraide, vraiment là on était vraiment en mode... On arrive tous ensemble et on garde le rythme. Et donc là, c'est vraiment l'intérêt du groupe. Seul, tu prends tout dans la tronche et puis à plusieurs, tu partages les efforts. Et ça, ça a vraiment été l'idée par des mecs qui sont en Open 1, qui sont pour notre club le niveau le plus élevé. C'est des gars qui font des courses élites et qui font des courses de niveau Open 1. Et eux déjà ils ont bien pris sous leurs ailes le groupe, que ce soit les autres open et les access. Quand on est arrivé sur le lieu du stage, ça faisait vraiment du bien de se poser, de prendre une douche, de bien manger. Et déjà là, tu sens que tu n'es pas dans une sortie classique parce que tu te projettes déjà sur le fait que tu as douillé le matin, même si ça allait vraiment mieux en fin de sortie. Je pense que j'avais vraiment ce côté que j'ai retrouvé d'ailleurs sur certaines courses, notamment sur la deuxième cette année et que je vais expliquer dans un futur podcast. Mais j'ai vraiment subi le début de ma course et j'ai eu un second souffle à la fin. Et je sens que c'est caractéristique. que j'ai c'est qu'il ne faut pas que je lâche parce que je suis capable derrière comme si je chauffais les muscles en quelque sorte en mode diesel d'avoir un peu du mal à me lancer parfois ou à l'inverse me lancer bien mais avoir un moment de creux mais être capable derrière d'en remettre une mais en tout cas voilà c'était pas une sortie classique l'après midi on se disait qu'il y avait encore un gros travail parce qu'on repartait pour à peu près le même volume L'après-midi, on repart sur un circuit qui faisait environ 10 bornes. Il y avait les open qui s'entraînaient ensemble et les access de l'autre. Là, on est passé en mode simulation course. Sur la moitié du circuit, on récupérait. Sur les 5 dernières kilomètres, vent de face, petite butte, on se mettait en mode course. L'objectif, c'était d'aller lever les bras sur une ligne qu'on avait définie. Ça a été vraiment le moment le plus intéressant du stage pour moi parce que je n'avais jamais couru en FFC jusqu'à ce moment. D'ailleurs, je n'ai pas couru en SFC à ce moment-là, mais je n'avais jamais participé à une simulation de course. C'était vraiment la première fois où j'ai vraiment ressenti l'aspect stratégique. Vraiment, à petit niveau, on n'était pas beaucoup. C'était un peu comme si on était dans une échappée. On était peut-être une petite dizaine. derrière, c'est comme si on était dans une échappée et puis qu'il y en avait un qui attaquait et qui devait aller faire la différence. Parce que derrière, quand on fait des courses à 80, c'est pas du tout la même. Donc c'était vraiment la première fois où en tout cas, j'ai roulé, mais pas juste en mode on roule, on regarde le compteur, etc. Mais vraiment, l'objectif, c'est d'aller arriver en premier sur la ligne. Et là, tu comprends que c'est pas chacun pour soi. D'ailleurs, on a fait des équipes, on se parle, on prépare le sprint, on essaie de bloquer les échappés. Et moi, à ce moment-là, je me suis dit, le but, c'est pas que moi je gagne, c'est quelqu'un de mon équipe gagne. Et d'ailleurs, ça change pas mal de choses parce que je me suis surpris à faire des efforts en me disant, je m'en fous complètement de ne pas arriver le premier sur la ligne, parce que je sentais qu'en plus, le parcours, il n'était pas fait pour moi. que je n'ai pas les caractéristiques face à certains jeunes du club qui vraiment sont des mecs ultra explosifs, qui sont capables d'aller chercher des 1300, 1400 watts, quand moi, avec mes 75 kilos, j'ai un pic à 995 watts. Je n'ai pas encore atteint les 1000 watts. Donc, je vois forcément la différence par rapport à ces mecs-là. Donc, moi, je me dis, je suis plutôt le mec qui est pour le coup endurant, qui est capable d'aller... faire du 400 watts pendant plusieurs minutes et qui va essayer d'abriter le gars qui doit gagner derrière moi donc j'ai fait des efforts pour les autres et là déjà c'est quelque chose que tu dis absolument pas sur la sortie classique du dimanche parce que le dimanche si on fait les efforts pour les autres quand on passe un relais et puis après derrière on recule mais là c'est vraiment de se dire j'espère que mon coéquipier va gagner Ce stage m'a permis d'apprendre quels sont les profils dans mon club. Parce que même si on roule régulièrement ensemble, on échange, on discute, on s'apprécie, puis on fait du volume ensemble, en fait on n'est jamais en simulation. Et là tu vois vraiment qui est le mec qui roule, qui est un mec qui est explosif, qui a un bon sprint, qui est plutôt tactique, qui sait se placer, qui ose attaquer. Moi ça m'a confirmé. que je n'étais pas un sprinter. Je n'ai rien appris jusqu'à là. Ça m'a été confirmé lors de mes deux premières courses. Mais j'expliquerai ça dans le prochain podcast. Ce sera assez intéressant, je pense, même pour moi. Ça me fera une bonne synthèse. Sur un sprint massif, ce ne sera jamais moi qui pourrai gagner. J'ai plutôt un profil de rouleur. Alors rouleur, je pense qu'en réalité, moi, j'aurais plus un profil de grimpeur. C'est plus ça qui me stimule dans le vélo. Mais j'essaye d'adapter mes caractéristiques ces derniers temps dans mon entraînement pour être capable justement d'envoyer des watts peu d'en... grand volume de temps et justement m'adapter au profil des courses que je vais retrouver dans ma région parce que c'est bien d'être grimpeur d'ailleurs le fait de rouler va pas m'enlever ça mais des cols en menerloire on n'en a pas on en a un mais c'est ça col de l'ardonnais pour ceux qui connaissent bon on n'est pas en hypoxie en haut bref en tout cas au delà des points forts et des points faibles ça permet de comprendre qui sont les personnes qui sont sous le casque dans son équipe Et déjà à ce moment là je me suis dit qu'on avait une belle équipe. Alors ça m'a été confirmé lors de la première course. Mais en tout cas j'ai vu qu'on avait du potentiel. Si on continue sur le programme. Le jour 2 moi je suis rentré tout seul. J'ai pas fait la séance de sprint avec le groupe. Donc j'ai fait les 75 bornes pour revenir sur Angers. Donc forcément là c'est un peu différent. Eux ils étaient en groupe plus rapide. Moi en solo j'étais tout seul. Moi ça ne me dérange pas de rouler tout seul, mais c'est vrai que quand on se nourrit de l'énergie d'un groupe pendant une journée, on est un peu envieux de la sortie qu'ils feront eux. J'aurais aimé faire ce bloc de sprint, ça ne m'aurait pas fait de mal. Mais malgré ça, j'ai quand même vécu l'essentiel du stage et sur le week-end, ça reste un beau volume, deux sorties de 85 bornes, plus 75 bornes le lendemain. Donc en résumé, d'un point de vue sportif, ça fait du travail, du volume. Et puis... une vraie immersion dans une logique d'équipe. Alors, il y a un truc qui change vraiment tout par rapport aux sorties classiques, parce qu'on a beau rouler ensemble le dimanche, parfois le jeudi soir à l'entraînement et puis parfois on se retrouve aussi. On se dit tiens, on va faire un petit déblocage ensemble, on va se faire un petit entraînement qui roule aujourd'hui, etc. Comme dans tous les clubs. On a beau sympathiser ensemble, on ne mange jamais ensemble, on ne dort jamais ensemble. Et là, il y a tout qui change parce que dès la première sortie, juste après celle-ci, en fait, on s'installe dans les chambres, on était 7 ou 8 par piol, ça crée autre chose, on n'est plus en retenue de vélo, on n'est plus en train de gérer un relais, on est juste ensemble en fait, donc on commence à discuter. On discute matériel, nutrition, qu'est-ce que tu fais dans la vie, des questions en fait qui paraissent banales, mais on ne sait pas tous des choses sur les uns et les autres. Moi, je découvre l'âge en fait de mecs qui sont avec moi, je dis vous voyez beaucoup plus vieux, ils me disent, ouais, j'ai 21 ans, 22 ans, 23 ans, je suis né en 2006, d'accord, moi je suis né en 1993, j'étais le plus vieux de la chambre d'ailleurs, avec mes 32 ans, et du coup c'est assez sympa, parce qu'on apprend vraiment à découvrir des choses sur les gens, qui ils sont, et des choses qu'on n'apprend pas quand on est à 35 km heure avec du vent dans les oreilles. Ensuite, il y a le repas. Le repas, c'est un moment ultra important. On se détend, on rigole, on chante, on parle de vélo, mais pas que. On apprend vraiment à connaître des personnes. Après la deuxième sortie, le soir, on était tous un peu cramés. En tout cas, moi, j'étais cramé, que je dise. Donc la douche, le goûter, petit flanc au spéculoos. Incroyable. Je pense que j'en ai repris trois fois. Il fallait manger, vu ce qu'on s'est mis. Et puis... Voilà, à ce moment-là, après le repas, chacun fait des activités, un peu à droite à gauche. Donc il y en a certains qui ont gardé les Jeux Olympiques de Milan Cortina. D'ailleurs, j'ai parlé avec un mec du club qui avait participé aux Jeux Olympiques de 2000, ultra enrichissant, en kayak. Donc assez dingue. Il y en a d'autres qui jouaient aux Jeux de Société. Il y avait du ping-pong. Je me suis pris quelques belles branlées par les juniors du club. Je me suis fait pas mal chambrer, ils m'ont dit, t'en parleras dans le podcast, que t'as été nul à la tournante au ping-pong. Pourtant d'habitude je suis pas mauvais, mais là j'ai vraiment été scandaleux. On dirait que c'est de la faute de la raquette. Mais en tout cas c'est là que tu te rends compte qu'il y a une belle dynamique, qu'il y a les jeunes qui taquinent les plus vieux, même si je suis loin de faire partie des plus vieux. Ça chambre, ça rigole. Moi de manière générale je suis quelqu'un d'assez introverti, j'aime bien échanger. Mais le soir, quand la fatigue arrive, j'ai besoin de retrouver un peu mon petit espace. Donc c'est vrai qu'à la fin, je me suis un peu éclipsé pour aller me reposer. Mais malgré ça, je me suis rendu compte d'un truc ultra important. C'est que je pensais partir faire des sorties vélo. Mais on a trouvé de la cohésion dans ce stage de comprendre. J'ai réussi à comprendre avec qui j'allais courir, pour qui j'allais faire un effort, pour qui j'allais... me relever aussi. Et en fait, ça m'a servi dans les premières courses, parce que dans la deuxième course, je connais les caractéristiques d'un gars de mon club, et je sais qu'il est plutôt sprinter. Et à la fin, je lui ai dit, je vais essayer de t'emmener. Alors, ça n'a pas pu se faire, parce qu'en plus, je me suis fait tasser dans un rond-point, mais si je n'avais pas fait ce stage, en fait, je n'aurais pas capté que le mec, il était plutôt sprinter. Donc en tout cas, ça permet de vraiment se découvrir en termes de profil et puis de manière générale en tant qu'humain. Donc au final, dans une course FFC, de toute façon, il y a des moments où on va devoir s'arracher, mais pas forcément pour soi, pour un coéquipier. Moi, j'ai vraiment cette logique du maillot. Je suis fan de foot depuis que je suis gamin. Et je sais que... les matchs où une équipe réussit, quand une équipe est réussie, si on prend le PSG l'année dernière, si on prend l'équipe de France en 2018 quand on gagne la Coupe du Monde, si on prend le club de ma ville, Angers, je me rends compte que, par exemple, les Angevins, quand ils sont sur le terrain, ils sont bons quand ils parlent entre eux. Donc ça veut dire que c'est pas juste taper dans une balle, et c'est pas juste dans le vélo, tourner... une fois le plateau de plus ou à mettre des watts en plus, etc. qui va faire que, c'est aussi la stratégie, c'est aussi bosser en équipe. Et le fait d'avoir partagé tout ça, ça rend vraiment la notion d'équipe pas comme quelque chose d'abstrait, mais vraiment comme quelque chose de concret, de se dire, OK, je ne m'inscris pas pour une course. Pour moi, je m'inscris. pour qu'il y ait un gars du club qui a gagné, pour que le club se développe, etc. Et mettre en valeur aussi les gens qui participent à l'organisation du stage, qui roulent moins. Je pense à Lolo, par exemple. Je fais un salut s'il écoute cet épisode, ou à des personnes comme Géo, ou à des personnes comme... Comme David qui met beaucoup d'implication dans le club, j'en oublie énormément, Seb aussi. Mais des personnes qui vont donner énormément de temps pour le club. Et derrière, quand on va participer à une course, quand on va faire les efforts, c'est pour nos coéquipiers, mais c'est aussi pour valoriser tous les sacrifices qui sont faits par des membres du club pour qu'on arrive en course et qu'on arrive le jour J dans les meilleures conditions possibles. Si je reviens sur le global du stage, c'est qu'il y a un truc qui a aussi tout changé, c'est qu'on sort d'une bulle habituelle. Quand je roule en semaine, je suis concentré sur ce que je fais, mais il m'arrive de penser à autre chose. Je me dis ok, après quand je rentre, j'ai une réunion, j'ai des mails à envoyer, j'ai un dossier à finir. Même le dimanche matin, quand on fait une grosse sortie, il y a quelque chose après. Je rejoins mon épouse, on a un programme prévu l'après-midi. On sait qu'il y a quelque chose après, soit pour certains aussi, ça va être des impératifs au niveau famille, alors ça peut être des courses, planning à gérer, etc. Là, pendant deux jours, on n'avait rien d'autre. Pas de boulot, pas de rendez-vous, pas de distraction. Vélo, nutrition, repos, convivialité. Et du coup, on a roulé, on a mangé, on récupérait, on échangeait, ça recommençait. Et le cerveau, il a été totalement disponible. pour faire du vélo, pour faire ce qu'on aime. Et ça, c'est des moments assez rares, parce que nombre de fois où, même si notre corps est sur le vélo, la tête est ailleurs. Et dans le cadre d'un stage, un stage comme celui-ci, là, il y a tout qui est aligné. Donc ça, déjà, c'est un premier facteur. Et puis, il y a une autre différence, c'est le volume, parce que faire une sortie le matin et l'autre l'après-midi, puis recommencer le lendemain, quatre sorties en deux jours pour ceux qui ont fait le stage. Alors, moi, de mon côté, je fais souvent du bi quotidien en triathlon. tricotidien, mais je fais rarement des blocs de 3 fois 80 bornes puis pour les autres, une autre sortie ça sort du quotidien c'est pas juste faire beaucoup c'est aussi apprendre à enchaîner, rouler avec de la fatigue dans les jambes, relancer quand ça pique un peu, rester concentré même quand on est entamé, ça je l'ai vécu en course, à un moment donné on peut perdre un peu de lucidité et c'est là que ça peut être dangereux donc on travaille l'endurance mais aussi cette capacité à rester lucide dans l'effort C'est ça qui devient intéressant, c'est qu'on vient mettre le corps sous contrainte, mais on fait en sorte que le cerveau... reste disponible et c'est un entraînement aussi ça pour moi. On est alors en tout cas, on n'est pas fatigué mentalement par autre chose du fait qu'on soit focus sur le vélo. Certes, on est fatigué par le vélo, mais le vélo parfois, l'accumulation sportive peut faire aussi qu'on a une fatigue mentale qui se crée et une perte de lucidité. Et du coup, c'est important de bosser ça. Ça permet aussi de comprendre comment on réagit quand la fatigue s'installe. Donc là-dessus, je pense que le stage a été bénéfice, une nouvelle fois, pas pour accumuler uniquement des kilomètres, mais pour se concentrer et mettre toute l'énergie qu'on avait au service de l'entraînement et aussi de comprendre comment on fonctionne quand on est sous contrainte. Si on se projette sur la saison qui a déjà commencé, mais qui en est à ses balbutiements, qu'est-ce que ça change ? Ben, moi j'ai eu un... En tout cas, ça m'a permis de prendre confiance. Ça a été un gros changement de mon côté. D'un point de vue collectif, parce que ça créait de la cohésion. J'adorais déjà rouler avec les gars du club, mais là, c'est assez différent. Je me dis, depuis le stage, c'est vrai que je propose plus, quand je suis dispo, d'aller, non pas me dire, je vais aller faire ma sortie tout seul, mais proposer à des personnes avec qui j'ai roulé durant le... le stage d'aller rouler ensemble et puis même de dire vas-y, on va faire notre entraînement ensemble, on va bosser tellement ensemble, on va aller faire des sprints, on va aller faire un déblocage ensemble. Donc c'est vrai qu'en ayant roulé en mode simulation course, en ayant vu les profils, tu comprends avec qui tu es, qui est explosif, comme je disais, qui est plutôt rouleur, qui a le profil pour aller au bout d'une échappée. Et du coup, ça permet aussi de se dire j'ai envie de m'inspirer de ces personnages. envie de partager des entraînements avec ces personnes-là et j'ai envie de prendre confiance auprès d'eux. Et en tout cas, moi, ça donne confiance en eux parce que je sais déjà que quand on roule, on ne roule pas seul. Moi, ça m'a vraiment donné envie d'avoir ce rôle d'équipier, d'aller me sacrifier si besoin pour qu'un gars du club lève les bras. Parce que même si au final, le vélo, on pourrait penser que c'est un sport individuel, ça l'est quand on est sur une cyclo sportive. Mais quand on fait partie d'une équipe en FFC, on est vraiment, bah, on fait partie d'une équipe. Donc c'est plus individuel. On porte un maillot, on représente des couleurs. Et là, à mon sens, l'objectif c'est pas de gagner moi, c'est de gagner nous. Individuellement, ce stage il m'a fait évoluer en fait. Bon déjà j'ai forcément découvert ce qu'était un stage club parce que c'est ma première année dans ce club. Je sais que je vais en refaire. Comme je disais tout à l'heure, je vais aussi faire un autre type de stage cette année avec celui de l'étape du Tour et du team matériel vélo dont je fais partie. Donc c'est un autre contexte, une autre dynamique, ça me permettra encore d'avoir un autre regard. Et puis j'en ferai un épisode pour notamment raconter comment j'aurais vécu ces quatre jours. Mais ce stage, il m'a vraiment amené à me poser la question de qu'est-ce que je vis sur une saison ? Bien sûr que j'ai envie d'aller lever les bras un jour, n'importe quel cycliste en a envie. Et si je gagne une course, je serai extrêmement heureux, je ne vais pas mentir. Mais à ce moment du week-end, je me suis dit que ce qui me motivait le plus, ce n'était pas d'aller gagner, pas de gagner seul, c'était que mon équipe gagne. D'ailleurs, je l'ai vu sur la première course de la saison. J'avais vraiment envie que mes gars gagnent. Ils se sont bien classés. Il n'y a pas eu de victoire malheureusement sur les deux premières courses, mais sur la première, on a fait des belles places. Je me dis que si j'arrive à construire une victoire ou une belle place, si je me mets au service d'un coéquipier, si je contribue à une course bien gérée collectivement, ça me suffit. On n'est pas des professionnels, on n'a pas de contrat, on n'a pas de pression extérieure. Donc on peut d'autant plus avoir une vision collective, essayer de développer l'équipe, de développer ce beau club qu'est AMC 49, essayer de gagner ensemble, de devenir une référence sur Angers, de prendre le lead là-dessus. Et Angers est autour, bien entendu, sur la région. Du moins sur le département Ménéloir. Et ça, ça donne énormément de sens à la saison qui va arriver. Si je devais résumer ce stage, c'était que même si je suis venu à l'origine pour faire du volume, à la fin, ce n'est pas ça qu'on retient. Parce que oui, on a roulé, on a accumulé des kilomètres, on a travaillé. Ce que je retiens, ce n'est pas les moyennes qu'on a fait, ce n'est pas le nombre de bornes, ce n'est pas la fatigue, c'est la cohésion. C'est le fait de mieux connaître les gars avec qui je vais courir cette année, de mieux comprendre les profils, de voir comment on peut fonctionner ensemble, et puis de partager aussi avec ces gars-là autre chose que du vélo. Des repas, des discussions, des moments simples. Un stage, ce n'est pas indispensable pour progresser. Mais pour moi, ça accélère énormément. certaines choses et notamment des choses qui sortent directement de l'entraînement vélo pur ça amène de la confiance amène de la communication une vision collective et à mon sens ça donne encore plus de sens à la saison qui vient de démarrer depuis ça je sais quand je m'aligne sur une course et quand je vais m'aligner sur les prochaines je pense pas seulement à ma place je pense à l'équipe et ça c'est le plus important à mes yeux Merci d'avoir écouté Enquête d'Endurance. Si l'épisode t'a parlé, n'hésite pas à t'abonner et à laisser une note sur ta plateforme d'écoute préférée, que ce soit Apple Podcasts, Spotify, Deezer ou autre. On se retrouve très bientôt pour un nouvel épisode et un pas de plus dans la quête du long.