- Speaker #0
Vous écoutez En Substance, un podcast d'Addiction France.
- Speaker #1
Préhensé, oui. Appuyez sur la touche de l'aile.
- Speaker #2
Bonjour, vous êtes en relation avec le répondeur téléphonique du centre K14, antenne XAPA de l'association Addiction France. Le centre sera exceptionnellement fermé mercredi 13 novembre et jeudi 14 novembre jusqu'à 17h. Les consultations s'apprendront à partir de 17h.
- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans ce premier épisode de la saison 2 d'En Substance. Je suis Sylvain Pinault, réalisateur de podcast, et ravi de reprendre ce beau projet avec toutes les équipes d'Addiction France. Après nous être intéressés au cercle familial dans la première saison, on se penche cette fois sur l'idée de parcours, de chemin, d'où le nom l'addiction à plusieurs voix. Puisque tous les parcours ont un début, on démarre avec le concept de rencontre. Car l'annexion, comme l'a montré le psychiatre Claude Olivenstein, résulte de la rencontre entre un produit, une personnalité et un moment socioculturel. Dans cet épisode, vous allez entendre 4 personnes au parcours très différent raconter leur rencontre et leur séparation. La rencontre avec un produit qui, un jour, apporte quelque chose d'inattendu, un soulagement, une force nouvelle, une paix soudaine. Vous allez aussi entendre parler de la rencontre avec le soin, souvent difficile, parfois salvatrice. Comment passe-t-on du moment qu'on consomme à celui où on décide de se faire accompagner ? Et surtout, comment est-ce que l'on parvient à redevenir entièrement le sujet de sa propre vie ? Ce que les cliniciens appellent aussi la subactivation. Nous enregistrons cet épisode dans une salle de réunion d'un XAPA gérée par l'association Addiction France. Une salle qui a entendu de nombreuses discussions et autres ateliers, mais qui, le temps d'une soirée, se transforme en studio éphémère. Vous allez entendre une discussion authentique, intime, puissante et parfois même drôle entre des personnes qui ne se connaissaient pas avant cet enregistrement. Alors, on va commencer par se présenter. Bonne écoute ! On va commencer par ma gauche. Moi, c'est Jimmy. Salut, Jimmy. Ma première rencontre, ça date.
- Speaker #3
Bonjour, moi, c'est Océane. Salut, moi, c'est Anaïs.
- Speaker #4
Salut à tous. Octave, heureux d'être là.
- Speaker #0
Et l'oreille. Je suis très heureux d'être là avec vous. Comment vous repensez-vous à votre toute première rencontre avec le produit ? Qu'est-ce qu'il vous a offert sur le moment ? Comment ça s'est passé en fait, la première fois, la rencontre ? Moi c'était waouh ! Ah man, ça c'est trop bien ! Je veux pas que ça quitte mon corps.
- Speaker #5
Un autre moi, comme si je me regardais de haut et... Je faisais des choses que je n'avais pas l'habitude de faire. J'avais 8 ans, donc j'étais vraiment très jeune. Même un enfant. C'était bien, je me sentais adulte dans une peau d'enfant. C'était autre chose.
- Speaker #0
Est-ce que tu veux parler du produit ?
- Speaker #5
Le produit, la montée du produit. Ma première rencontre, c'était dans un bal. J'avais 4 km aux alentours, j'en avais tous les week-ends. J'allais là-bas pour boire. Je ramassais les canettes vides. Avec les cautions des canettes, j'achetais des blancs lumés. Tout le week-end, c'était comme ça. Ensuite, c'est passé au mercredi, dans les Olympiques, parce que je suis né en montagne. Ils faisaient de l'eau de vie, boire de l'eau de vie.
- Speaker #1
Je te rejoins beaucoup, Jimmy, par rapport à ça, parce que c'est pareil, la première rencontre avec l'alcool, ça a été quand j'étais assez jeune, j'avais 13 ans. C'était en repas de famille, c'était mon père qui m'avait proposé de boire un verre de vin pour la première fois. Je n'ai pas forcément aimé, donc un peu rêche au niveau de la gorge, mais pareil, l'effet, le sentiment d'être adulte, d'être mature, d'être à la table des grands.
- Speaker #3
Et dans un sens, ça m'a plu. Alors moi, c'est drôle parce que c'est... Complètement différent. Moi, c'était très inattendu. Déjà, moi, au contraire, je n'étais pas du tout jeune par rapport aux autres, on va dire. C'était plutôt, j'étais celle jusqu'à mes 25 ans et quelques qui n'avait jamais bu une goutte d'alcool et que tout le monde voulait faire boire à toutes les soirées parce que j'étais la seule qui ne buvait pas. Et un jour, franchement, je ne sais pas vraiment pourquoi, un ras-le-bol parce que j'avais un copain qui était fâché pour rien. Pour la première fois, j'ai dit « Allez, ok » . Et le problème, c'est que moi, comme il m'avait mis un truc un peu fort et je n'avais jamais bu de ma vie, même pas rien, je n'ai plus rien compris, en fait. Et je ne m'en rappelle pas de cette soirée. Tout s'est annulé dans mon cerveau et je n'ai pas trop aimé, du coup. Sauf que ça a été après progressif et un peu rapide, vers le trop. J'étais dans le zéro et je suis passée au trop très vite.
- Speaker #4
Moi j'avoue que je ne m'en rappelle pas trop. Je devais avoir une dizaine d'années. Alors je ne me rappelle plus si c'était ma première flûte de champagne qu'on m'offrait lors d'un événement familial. Ou alors si c'était après la fin d'un repas de famille où je finissais un verre de Varouf. Encore, on s'y retrouve. où c'était un petit peu un interdit dans la famille de boire à cet âge-là, à mon âge-là. Donc je n'ai pas eu vraiment de sensation très waouh. Et je n'ai pas aimé ça non plus. Le goût ne m'a pas plu.
- Speaker #0
Du coup, quand on dit rencontre, on dirait qu'il y a déjà la première fois. Il y a peut-être aussi le moment où on tombe plus dedans. J'imagine que c'est peut-être aussi assez flou comme moment, mais est-ce que vous vous rappelez de cette haute fonction qu'a pu avoir le produit, au-delà de l'effet waouh de la rencontre ? Ensuite, quelle fonction il a pu remplir ? Répondre à une forme d'anxiété, à un vide ?
- Speaker #5
Une évasion.
- Speaker #0
Une évasion, c'était ça ?
- Speaker #5
C'était plutôt avec d'autres produits, avec l'alcool, c'était bien quand même. Ensuite, il y a eu le signifiaire de l'essence, donc ça nous faisait voir des choses. Là, c'était de l'évasion. j'ai même vu King Kong qui cassait un ton des Ausha qui allaient à l'armée alors je leur demandais et je leur dis mais qu'est-ce que vous faites ? ils me disent on va à la guerre ils me disent on est des Ausha je dis vous êtes des Ausha c'est pas grave puis ils partaient des trucs hallucinants moi ça m'évanait on était quelques-uns quelques anciens amis d'enfance. C'était vraiment pour ne plus me sentir libre, ne plus avoir de contraintes, pour m'évader. Un peu de l'anarchie, un petit peu de l'anarchie quand même, mais plutôt la liberté.
- Speaker #0
Pour alléger un peu en poids du quotidien.
- Speaker #5
Le poids du social, le poids de la famille aussi, puisque ça comptait beaucoup sur toi à cet âge-ci, parce qu'il fallait toujours travailler. Je suis d'une famille de 12 enfants. Donc, il y avait l'école, que j'ai quittée très jeune, parce qu'il fallait déjà aller travailler. Il fallait ramener aussi. Donc, ça, ça m'évaluait. Il y avait de ça. Puis, il y avait aussi pour faire chez mon monde. J'arrivais, des fois, moi, je me réveillais, j'étais dans le frigo. Enfin, la tête dans le frigo, c'était pas hilarant pour tout le monde, mais pour moi, ça me faisait rire. Au milieu des champs de tournesol. Se demander ce que je faisais là. J'aimais ça. Je ne veux pas dire le contraire, j'aimais ça. Même si je ne me souvenais pas de tout, mais j'aimais ça.
- Speaker #1
Le premier verre que j'ai bu, c'était à 13 ans. Ensuite, j'en ai bu quelques autres jusqu'à mes 15 ans environ. Toujours dans le contexte de repas familiaux, etc. Jamais... En soirée, je buvais très très peu. Ce n'était pas quelque chose qui m'intéressait véritablement. Et en fait, vers mes 15 ans, je me suis dit, j'arrête l'alcool. En fait, c'est nul. Ça m'embête. En fait, je n'aime pas ça. Ça me donne mal au ventre. Donc, jusqu'à mes 21 ans, on va dire, j'ai arrêté de boire. Et après, j'ai commencé à développer... un trouble psychiatrique qui est le trouble de la personnalité borderline. Et avant de poser un diagnostic sur ce que j'avais, j'ai commencé à boire en fait, boire seule, beaucoup, des alcools très forts, de la vodka pure. C'était toujours dans les mêmes contextes. J'étais amoureuse et j'étais triste. Je buvais seule. Après, c'était un cycle qui revenait encore et encore. La deuxième rencontre n'a pas été beaucoup plus fun que la première.
- Speaker #0
J'imagine que c'est peut-être la fonction qui se déplace, ou en tout cas qui change.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Qui devient peut-être un peu plus...
- Speaker #1
On passe de vouloir être un peu plus adulte, vouloir être à la table des adultes, à pouvoir parler de choses d'adultes, à j'essaye de combler un vide que je ressens et je ne sais pas comment faire. Et du coup, j'utilise l'alcool.
- Speaker #3
C'est vrai qu'il y a eu aussi un peu de rencontres, si on veut. On va dire que les premières fois, c'était avec mes amis. Comme j'ai dit tout à l'heure, première fois, je ne sais pas trop pourquoi, un jour j'ai dit oui. pour qu'ils arrêtent de me saouler, sans faire de mauvaises blagues. Mais en fait, ça, ce sont des soirées que j'ai assez vite arrêtées de faire parce qu'au final, ma soirée à moi, elle durait une demi-heure. Et après, mes amis devaient me ramener chez moi et limite me mettre dans mon lit, c'est déjà arrivé, parce que je buvais très très vite. Et des choses fortes. Mais je ne savais pas boire. Je pense que je n'ai jamais su boire. L'autre rencontre, on va dire, c'est que... J'ai commencé à goûter à la bière parce que c'était moins fort et parce que je me disais que comme ça, je ne serais pas directement au lit. Et je me rappellerais peut-être de quelque chose. Et puis je me suis rendu compte que ça marchait mieux pour moi. Il faut dire que je ne suis pas un grand gabarit non plus. Et puis du coup, ce qui s'est passé après ça, qui est quand même ce que je dirais la deuxième rencontre. C'est que j'étais peut-être un petit peu addict au travail. Je faisais des journées très très longues, énormes, beaucoup de stress, mais en même temps, ça me donnait l'impression d'être utile. Mais quand je rentrais, la petite bière, je me suis rendue compte que ça faisait du bien. Je suis passée plus à une sorte d'amitié calmante et rassurante le soir. Mais au final, je pense que je comblais aussi un vide. la notion de vide me parle énormément aussi parce qu'après il y a eu plein d'autres cheminements moi
- Speaker #4
j'avoue que je m'en souviens un peu plus des secondes consommations je devais avoir peut-être 15-16 ans lorsque j'ai bu dans un bar avec des amis et des membres de ma famille Ma première peinte de blonde assez forte. Et donc là, j'ai eu cet effet, pas forcément waouh, mais cet effet désinhibant qui était plutôt agréable. Je suis de nature assez timide. Ça m'a accroché assez rapidement. C'était appréciable comme produit. Mais ensuite, après, plus tard, lorsque j'étais peut-être un petit peu plus âgé, j'ai connu... Vraiment l'état d'ivresse, l'ivresse toujours en bonne compagnie. On était plus dans l'effet waouh, le fait de rigoler à des choses qui sont un petit peu bêtes, de faire des choses inconscientes. C'est l'impression d'être dans un monde parallèle, un soulagement peut-être aussi musculaire, qui fait que c'est agréable.
- Speaker #0
Parce que là, on parle aussi d'addiction. Est-ce qu'il y aura une première fois où on s'est senti addict ? Est-ce que ça a du sens pour vous de parler de ça ? Au-delà du début, tu parles des premières fois, des premières sensations d'ivresse que beaucoup de gens ont connues, mais tout le monde n'a pas été addict. Si c'est votre cas, est-ce que vous pouvez... On parlait de ce moment-là, cette reconnaissance un peu mutuelle, cette vue dans le miroir, c'est-à-dire, là, il y a un truc à régler. Enfin, régler, je ne sais pas trop si c'est le terme, mais à traiter. On voit un problème différent de la plupart des gens.
- Speaker #3
J'ai tout de suite en tête... Cette première fois où je me suis dit, oups, j'ai un problème. Je n'ai pas compris ce qui m'arrivait. Moi, je pense que je ne voulais pas trop y réfléchir non plus. Mais je pensais que j'étais juste devenue plus ou moins normale. Je suis partie chez ma grand-mère, avec ma mère, parce que ma grand-mère vieillissait et n'allait plus très bien. Il n'était pas question pour moi de boire de l'alcool là-bas où il y avait la famille de ma mère, etc. Et c'est quand je me suis réveillée dans le lit à côté de ma maman vers 6h du matin, avec des tremblements et je me sentais terriblement mal. Je suis allée aux toilettes et j'ai vu mes jambes qui... Je les ai jamais vues bouger comme ça, trembler comme ça. Et je me suis dit mais qu'est-ce qui se passe ? Et dans ma tête, il n'y avait qu'une chose qui tournait en boucle, c'est il faut que tu boives. Il faut que tu boives. Et là, je me suis dit, waouh, j'ai compris que j'avais un problème. Mais ça m'a fait très peur ce jour-là. Je me suis dit, je vais laisser la semaine de vacances passer. Je vais me cacher. Et après, je vais essayer de voir ce qu'il faut faire. Ça a été plus compliqué que ça. Mais c'est le moment où j'ai compris qu'il y avait un problème à traiter. J'ai eu peur et je me suis dit, oups.
- Speaker #1
Moi, je sais que la réalisation, elle s'est faite directement quand j'ai changé de suivi, quand je suis arrivée à Paris. Avant, en fait, j'étais vraiment dans le déni. En fait, je ne bois pas tous les jours et je n'ai pas besoin de boire non plus. Donc, je faisais la fête. Je n'avais pas forcément cet état d'ivresse où je me mettais misère, en fait. J'ai eu des moments où je me suis mis misère, mais ce n'était pas un besoin et ce n'était pas fréquent non plus. En fait... Quand je suis arrivée aux urgences psychiatriques, etc., que j'ai commencé à faire des tentatives de suicide mélangées avec de l'alcool, etc., j'étais toujours dans cette optique de dire aux soignants, en fait, c'est pas un problème, c'était pas ça le problème, en fait, à la base. C'était forcément mon borderline. Tout était lié au borderline et c'était pas l'alcool le problème, c'était pas les médicaments, c'était vraiment que le borderline. Et en fait, quand j'ai déménagé à Paris, en 2023, Je suis allée directement en CMP parce que je n'avais plus du tout de fil psychiatrique depuis ma sortie d'hôpital. C'est vraiment très très lourd comme pathologie, donc ce n'est pas forcément à prendre à la légère. Quand j'ai vu la psychiatre du CMP pour la première fois, elle m'a dit « est-ce que vous voulez voir un xapa ? » Et je lui ai dit « mais c'est quoi ? » Quand elle m'a dit que c'était un centre d'addictologie, je lui ai dit « mais je n'en ai pas besoin en fait, pourquoi vous voulez forcément ? » que moi, j'ai besoin d'aller voir un sapin. Et je me suis dit, en fait, je ne peux pas continuer comme ça. Je ne peux pas continuer comme ça parce que pour moi, en fait, être addict, c'était forcément être en manque. Je n'étais pas en manque d'alcool. Si je ne buvais pas, je n'avais pas besoin d'alcool. Et en fait, je me suis rendu compte que ce n'était pas que ça.
- Speaker #5
C'était un art de vivre. C'était assez punk à l'époque, jusqu'à mes 17 ans, puis même, de punk à vie. On sortait rarement sans bière, sans bouteille de whisky, ou sans vodka, ou sans rien. On avait toujours quelque chose. Oui, c'était un art de vivre.
- Speaker #0
Chaque communauté un peu contre-culturelle a son produit. Et je pense souvent à l'alcool déjà. C'est un peu la base. Et ensuite, il y a les autres drogues.
- Speaker #5
Oui, que j'ai prises aussi. J'ai essayé l'héroïne, la cocaïne, le buvard, le LSD, multiples choses, la terabantine, le snif aussi, beaucoup de choses. Mais ça, c'était pas trop pour moi. C'était vraiment l'alcool, un peu de shit, mais ça me rend parano, ça me détend pas. Ça me fait l'effet inverse que les autres. Donc je ne comprends pas. Donc ce n'est pas trop mon truc non plus ça. Mais moi je suis resté sur l'alcool. Et ça m'allait très bien. La deuxième rencontre c'était à l'armée. Moi je me suis engagé 5 ans, j'avais 17 ans, je me suis émancipé, déjà dans le 7-4 à Belfort, bon ben là c'était les premières, les classes et tout ça pour nos entraînements, mais là c'était tous les soirs, et le lendemain il y avait... l'entraînement, il y avait tout ça. Ensuite, le RI, ensuite le premier RPMA. C'est quoi le RI ? Le Régiment d'Infanterie, le 35 à Belfort. Ensuite, le premier RPMA, Parachutiste d'Infanterie de Marine à Bayonne. Donc là, on fait tous les stages. pendant neuf mois au Val d'Aon, c'est les pires. Et ensuite, on m'a envoyé en Irak en 91. Donc, ça a fait l'Irak, l'Afghanistan et le Mali avant de revenir en France. Mais là, je consommais, mais... de l'alcool et des médicaments que l'armée me donnait. La Grande-Muette me donnait des médicaments, il ne me disait pas ce que c'était. Il me disait ce que c'était contre le mal de l'air ou quand on sautait en parachute, ce qui n'était pas ça du tout, parce qu'on ne dormait pas pendant des plombes, pendant des nuits de nuit. Oui, je suppose bien.
- Speaker #0
Oui, c'était des amphétamines,
- Speaker #5
des dérivés. Il y avait beaucoup de plomb dedans, il y avait beaucoup de choses dedans. Et puis quand je suis rentré tout ça en France, j'étais un peu tout déstabilisé. Et je consommais, tous les jours, J'étais quelqu'un de méchant. Mais j'avais confiance en personne, j'étais encore où j'étais avant. J'étais encore sur les missions d'avant. Donc ça a duré un an avant que mon capitaine de l'époque... m'a retrouvé et m'a dit tu viens avec moi, tu as un problème, tu as des traumas et c'est pas bien. Donc il m'a fait aller au Tibet où je suis resté 18 mois dans un monastère, sans parler, méditation. à Martial, tout réenlever, ce qu'on m'a appris, tout désapprendre. Ce qui m'a été beaucoup utile, je consommais encore parce que je n'envisageais pas ma vie sans boire. Pour moi, ça ne me posait pas de problème, c'était mon style de vie. J'en ai pris compte. conscience vers 35 ans à peu près. J'ai pris conscience qu'il y avait quand même un problème, parce qu'à force de devoir détruire les choses de sa vie et de ne pas pouvoir construire, j'aurais pu construire beaucoup de choses. Dès que j'avais les choses, il fallait que je les casse. Donc j'ai commencé à me dire, essaye de ne pas boire. Essaye de ne pas boire, on va voir ce que ça donne. Je me rappelle, je m'ennuyais. Ça allait, mais je m'ennuyais. Je n'avais pas appris à vivre sans.
- Speaker #3
Même si c'est beaucoup de choses compliquées, en même temps, c'est très riche, je veux dire, d'expérience et de...
- Speaker #5
Oui, quand on peut voir les bons côtés, oui.
- Speaker #3
Non, mais riche, il y a beaucoup de choses à dire, je pense, dans ta vie.
- Speaker #5
Oui, ça c'est sûr. Enfin, je vais quand même pas en écrire un livre.
- Speaker #0
Quoi que je dois réécrire. Ben, on peut faire un podcast déjà.
- Speaker #4
Ouais, j'ai dit pas mal. Mais est-ce que t'as l'impression...
- Speaker #0
J'ai au moins deux livres à faire.
- Speaker #5
Ah oui.
- Speaker #4
Ah, ben c'est marrant. Quand tu parles de deux livres, j'allais poser la question, est-ce que t'as l'impression d'avoir eu vraiment deux parties de ta vie qui sont bien distinctes et séparées ? Et peut-être que la seconde, c'est du bonus, voire même... en tirer parti dans le mieux ?
- Speaker #5
J'ai eu même trois parties de ma vie. Trois parties, d'accord. Moi, quand je suis rentré du Tibet, je suis venu en France. J'ai travaillé en tant que soudeur. J'ai fait ça pendant 25 ans. Je me suis acheté un camion que j'ai aménagé. Et j'ai fait toute l'Europe en travaillant et en roulant. Donc là, ça fait une troisième partie de ma vie.
- Speaker #4
D'accord.
- Speaker #5
Tout seul. J'étais bien tout seul. Ça, j'aimais bien cette vie-là. En travaillant, je ressemblais toujours. Pas quand je conduisais. Parce que je posais mon camion, je dormais là, je faisais du travail. Ça, c'était plutôt une partie agréable de ma vie. Une partie de solitude. Soit une très belle partie, très enrichissante par rapport aux gens que j'ai rencontrés déjà, à la gentillesse des gens, à leur accueil aussi. Ça, c'était merveilleux. Si ça ne me plaisait plus, je partais. Je ne voulais pas m'attacher. Je me souviens que j'étais avec une italienne que j'avais rencontrée à Rome. Elle voulait prendre la route avec moi.
- Speaker #4
Tu ne voulais pas ?
- Speaker #5
J'hésitais, mais j'ai quand même dit oui. J'en ai fait une chanson d'ailleurs. Du coup, on s'est retrouvés à Pise. Je l'ai laissé là-bas et je suis parti. On a fait quand même une bonne route. On est restés six mois à faire la route. Elle, elle aimait ça, mais j'aimais bien. J'étais pas comme ça à l'époque. J'étais plutôt à partir, à être seul.
- Speaker #3
Moi, j'ai un ex de l'époque. Qui m'a dit qu'on pouvait pas continuer comme ça parce qu'un couple c'était deux et nous on était trois. Parce que justement, il y avait l'alcool qui foutait son petit chaos.
- Speaker #5
Ouais c'est vrai que quelque part j'étais deux déjà. Si on la prend comme une personne, c'est pas tort.
- Speaker #0
T'avais déjà une relation avec le produit.
- Speaker #5
Oui.
- Speaker #0
Et c'était une pratique, comme tu disais, un mode de vie.
- Speaker #5
Ouais.
- Speaker #0
Et après s'arranger avec d'autres modes de vie ou changer de mode de vie.
- Speaker #5
C'est complexe, mais c'est...
- Speaker #0
Là maintenant, c'est...
- Speaker #5
Je me sens bien maintenant comme ça. Mais il faut quand même que je quitte un peu, des fois, que j'aille m'aérer en campagne, aller faire un petit tour quelque part d'autre, parce que sinon, ça devient vite. Mais c'est quand je suis resté un an, sans boire une goutte d'alcool, sans prendre aucun produit, sans médicaments, sans rien du tout, je ne m'étais jamais vu comme ça. Plus profondément, c'est se rencontrer, pas de l'intérieur, mais de se voir. de l'extérieur, à comment on réagit quand on a consommé, et quand on n'a pas consommé pendant une année, ce que j'ai tenu, même plus d'une année, c'est le double de ce qu'on accomplit que quand on a consommé. C'est-à-dire, il y a vraiment quelqu'un qui peut faire les choses, mais en trois fois mieux, quatre fois mieux, cinq fois mieux, dix fois mieux même, et sans abandonner, c'est ça qui fait tenir. En tout cas, pour moi, ça me fait tenir.
- Speaker #0
Donc là, il y a quand même une nouvelle rencontre avec soi-même.
- Speaker #5
Tout à fait.
- Speaker #0
Un nouveau soi-même.
- Speaker #5
Il y a de l'ancien. Il y a du nouveau, c'est comme se reconquérir. Il y a le noir et le blanc, c'est un peu comme un ying et un yang. Dans tout bien, il y a du mal, dans tout mal, il y a du bien. C'est le ying et le yang. Mais si vous prenez trop de noir, vous devenez trop noir. Si vous devenez trop blanc, vous devenez trop mielleux et tout le monde vous profite de vous. Mais si vous êtes entre les deux lignes, vous avez le noir et le blanc.
- Speaker #3
C'est comme un équilibre.
- Speaker #5
C'est comme un équilibre.
- Speaker #4
Oui, tout simplement.
- Speaker #3
Tout à l'heure, tu parlais que dès que tu avais quelque chose avec le produit, finalement, tu le détruisais. Ça me rappelle beaucoup mon papa qui m'a beaucoup parlé d'autodestruction. Il ne comprenait pas pourquoi à chaque fois qu'il allait se passer quelque chose de bien, je gâchais tout. et il me disait que c'est de l'autodestruction et ça lui faisait mal aussi pour moi. Et en même temps, quand tu disais qu'on peut faire deux fois mieux, quatre fois mieux, dix fois mieux quand on a arrêté depuis un moment, moi, en tout cas, personnellement, je vais parler pour moi, je sais qu'avec la consommation, je détruis tout. Et sans consommation, c'est seulement sans consommation que moi, personnellement, je peux construire. Ce ne sont pas du tout les mêmes circonstances. Parce que je pense que toi, tu as commencé très petit. Donc, c'est comme quand tu parles de se redécouvrir soi-même, je dirais presque te découvrir soi-même. Sauf que quand on est petit, on n'est pas vraiment formé encore, même dans la tête, je veux dire. Et moi, je sais que j'habitais à l'époque dans un autre pays et j'avais fui mon contexte familial qui était... J'ai une super famille, mais j'ai eu, moi, du mal peut-être à m'exprimer, à exprimer beaucoup de choses. Et donc je suis partie. Et c'est en partant aussi que ça m'a donné un petit peu cette liberté d'être plus moi. Sauf que je m'y suis perdue au final. Et j'ai dû revenir. Et c'est en revenant, à cause ou grâce à cette addiction finalement, que j'ai dû affronter les choses que j'avais fuites à l'époque. Comment dire ? Comment on dit quand on se... Oui, quand on ne s'exprime pas. Je ne m'exprimais pas assez à l'époque. Je disais oui à tout le monde, tout le temps. J'essayais d'être la petite fille parfaite pour mes parents. Donc, je n'étais pas moi, en fait. Je suis partie, j'ai découvert un petit peu un autre moi, mes jeunes. Et quand je suis revenue avec le produit, je l'ai dû donc affronter ce que j'avais fui. Et finalement, avec la sobriété qui a suivi après, quand même, heureusement, pendant longtemps quand même. J'ai effectivement eu l'impression de découvrir le vrai moi pour la première fois.
- Speaker #5
Est-ce que tu as eu une espèce de fierté ? Comme par exemple, moi quand je me promenais avec un Coca-Cola par exemple, ou un Fanta, ou n'importe quoi, j'avais l'impression que tout le monde me regardait, parce qu'avant c'était avec une bière ou un litre de whisky. Là j'avais l'impression que tout le monde me regardait, j'étais là, j'étais fier. Tu étais fière de moi parce que j'avais pas d'alcool.
- Speaker #0
Tu revoyais une autre image.
- Speaker #3
Sur l'image, complètement, parce que je le voyais dans les yeux de mes parents. Parce que c'était très dur pour eux, mais pour moi aussi, pour tout le monde. Mais pas de fierté à ce qu'on me voit sans alcool, puisque moi je me cachais. Par contre, une certaine fierté, ou en tout cas de moins culpabiliser et d'être... Heureuse de voir enfin dans leurs yeux de la sérénité et un sourire en me regardant. Ça oui, parce que je me disais qu'il fallait que je les laisse tranquilles. Je m'en voulais beaucoup. Donc j'étais contente de les voir sereins et de parler d'autres choses.
- Speaker #0
Tu sais, est-ce qu'il y a eu aussi des moments un peu... des clics, des paroles, des trucs où on se rappelle, on se dit Ah là, on passe du côté... On change d'image quoi. Toi, tu te dis peut-être qu'il y a un moment où tu te rappelles souvent dans la rue où t'avais ton Coca-Cola et que quelqu'un t'a fait un petit sourire et tu t'es senti...
- Speaker #5
fier.
- Speaker #0
Voilà. Tout simplement quoi, en fait, c'est quelque chose d'hyper... Ce serait banal pour plein de gens, mais pour toi ça l'est pas ?
- Speaker #1
Pour moi ça monte.
- Speaker #0
Pour toi ça a du sens, c'est une étape.
- Speaker #1
Ça aide, ça aide énormément même, je dirais. Parce que le reflet des gens impacte sur soi-même. Moi en tout cas, sur moi ça impacte. Si je me vois comme ça, c'est que je vais pas retourner en arrière. Qui ne se souvient pas du passé et qu'on a ni à le revivre de toute manière. Ouais,
- Speaker #0
c'est comme si t'avais... J'aime bien cette métaphore un peu du costume. On réajuste un peu son costume et son accoutrement. Et évidemment, on se rappelle du passé, on se rappelle de tout. Enfin, de tout. D'une partie, quoi. Le reste, ça reste oubliette, mais on sait plus ou moins ce qui s'est passé. Mais après, avec le temps, ça se réajuste. Et du coup, on reste la même personne. Donc, il y a une continuité, un fil conducteur de la vie. Je préfère quand même. Tu vois ? C'est mieux. C'est mieux, ouais. Je ne t'ai pas vu avant, tu vois. en tout cas t'as l'air bien merci les autres aussi c'est pas le monopole c'est gentil de nous mettre à l'aise c'est une histoire de transition de translation c'est important de se rappeler les étapes notamment les premières rencontres pour marquer des points comme ça sur une carte de savoir d'où on vient et quel a été le chemin
- Speaker #2
Moi, je veux bien parler un petit peu, si tu veux, de mon chemin. Il faut savoir que j'ai grandi dans une famille avec des valeurs et des principes qui sont assez élevés par rapport, par exemple, à mes camarades de classe depuis assez petit. Je le ressentais de plus en plus, plus je grandissais, que ce soit surtout au collège et au lycée. Enfin, très sage. très très sage, très calme et puis ensuite vient la quatrième un petit peu la puberté où on découvre aussi que à l'école c'est important d'avoir des amis, donc ça veut dire d'être drôle c'est important aussi de plaire aux filles en tout cas dans mon cas et donc au lycée j'ai remarqué que j'étais pas forcément forcément très très très très beau par rapport aux autres membres de ma classe. Je faisais rire les filles et je faisais rire les garçons et les copains, donc c'était sympa. Et donc j'ai commencé à côtoyer des personnes qui, eux, en avaient, qui venaient vraiment de familles qui avaient de l'argent, mais aussi des personnes qui ont entrepris des activités illégales, comme la revente de stupéfiants. J'ai rapidement côtoyé ce genre de personnes. Dans ma tête, quand j'étais jeune, parce que j'espère l'être toujours, j'écoutais beaucoup de rap qui faisait la promotion de l'argent facile, de l'interdit, de l'illégal. Baigné aussi dans les films de Scorsese, notamment Les Affranchis, Casino. Et ce mélange-là avec les personnes avec qui je côtoyais m'ont amené à remplir cette troisième case, le fait d'avoir de l'argent. Et donc du coup, je me suis mis dans la revente de stupes petit à petit, à partir de zéro. Et il y a tout un mystère aussi quand tu es au lycée ou tu es considéré comme un dealer, comme on dit. J'ai pas vraiment la tête de l'emploi, et donc du coup ça faisait un petit peu, j'ai envie de dire, mystérieux, attirant, et donc satisfaisant pour soi-même. Mais en même temps, ça allait à l'inverse des valeurs et des principes qu'on m'avait inculqués lorsque j'étais jeune. L'honnêteté, la bienveillance, ça je me rendais pas compte.
- Speaker #0
Et donc est-ce que ça t'a rapporté de l'estime sociale, d'avoir franchi ces capes un peu moraux ?
- Speaker #2
C'est un peu comme le petit entrepreneur qui part de zéro. Et donc ça a plutôt bien fonctionné petit à petit. Tu te rends compte qu'en fait tu fais pas mal d'argent, mais t'y as bossé, c'est pas de l'argent facile.
- Speaker #0
Et ce que là tu consommais, ça t'a amené aussi vers la consommation ?
- Speaker #2
Alors j'avais beaucoup été marqué par le film Les Affranchis, sans spoiler, mais il y a un petit peu aussi le fait de si tu consommes ce que tu vends.
- Speaker #0
C'est un mauvais déjà.
- Speaker #2
Exactement. Du coup, je me suis fixé cette limite-là, très très tôt. Et ça m'a permis du coup d'en tirer encore plus profit.
- Speaker #3
Mais du coup, qu'est-ce qui t'a mené vers la consommation s'il te plaît ?
- Speaker #2
J'avais du coup inconsciemment une sorte de remords. Il y avait aussi plus une sorte de célébration. Donc du coup, des soirées avec des copains, je me permettais, tiens, j'ai gagné tant d'argent ces temps-ci, tiens, je vais me faire un verre. Et c'est la récompense, c'est ça.
- Speaker #0
C'est ça quand même, amener à la consommation, même si ce n'est pas la consommation de ce que tu vendais.
- Speaker #2
Exactement. Je pouvais rentrer, par exemple, de soirée très tard ou très tôt, ça dépend des personnes. Peut-être vers 7-8 heures du matin, tu vois les personnes qui vont travailler. Toi t'es fatigué, les poches sont pleines, mais les yeux sont vides. Et c'est là où la consommation d'alcool a augmenté pour un petit peu m'échapper autre part, essayer de calmer ma conscience.
- Speaker #0
Et là, t'es toujours dedans ? Tu veux en parler ?
- Speaker #2
Non, je suis plus dedans. Je ne sais pas si on peut traiter ça d'addiction. On va dire que j'avais une sensation d'adrénaline. Il y avait aussi braver l'interdit, de ne pas se faire choper, de faire plaisir aussi à des personnes. C'est tout un art de vivre. Tu disais un art de vivre. Ça a été pendant plusieurs mois un art de vivre. C'était aussi une porte d'entrée avec un cercle de personnes qui étaient plus riches. que ce soit financièrement que culturellement tu parles de porte d'entrée,
- Speaker #3
moi j'ai envie de parler de porte de sortie il y a un moment où on ne peut plus, on explose la porte de sortie moi dans mon cas c'était l'alcool mais un peu trop et puis beaucoup trop il fallait que je trouve un équilibre que j'essaye de trouver et que je trouve petit à petit aujourd'hui le chemin ne s'arrête jamais c'est
- Speaker #4
vrai que comme ma consommation d'alcool est très liée à mes émotions en fait c'est Toujours un petit peu compliqué de jauger un peu quand est-ce que ça va être un bon jour, quand est-ce que ça va être un mauvais jour. Parfois je vais tenir des semaines et des semaines sans boire aucune goutte d'alcool et à me dire en fait j'en ai pas besoin. Même si je me sens un peu triste, même si je me sens un peu vide, c'est pas grave en fait parce que j'ai d'autres choses. Je sors, je vois mes amis, etc. Et j'ai pas besoin de m'intoxiquer toute seule chez moi. Pour ressentir quelque chose, même si c'est une énorme tristesse, même si c'est à en pleurer pendant des heures et des heures. En fait, je dirais qu'avec l'alcool aussi est venu le problème des rencontres amoureuses. Parce qu'en tant que femme lesbienne, il y a déjà eu toute une découverte de ma sexualité qui a été très longue. Il y a surtout eu cette honte un peu de me dire... Déjà, je suis lesbienne, je rentre pas dans les codes, mais en plus de ça, je suis alcoolique. Je suis alcoolodépendante et en fait, je suis sortie qu'avec une seule fille dans ma vie. Elle était au courant de mon suivi, etc. Il n'y avait pas de jugement de sa part, mais c'était toujours un peu gênant, toujours un peu vexant de lui dire « je suis sortie de mon rendez-vous avec la dictologue » . Et puis, c'était surtout les moments où je lui disais « en fait, j'ai pas réussi à tenir » . Même si je mettais un point d'honneur à ce que la communication, c'est vraiment quelque chose de très important pour moi, c'était moins important pour elle. Mais les moments où je pétais un câble chez moi toute seule, où je me disais je ne peux en parler à personne, et ma porte de sortie là, ça a vraiment été l'alcool. Ça a vraiment été l'alcool parce que je me suis dit en fait je me sens seule, je me sens tellement seule que je ne sais plus quoi faire, je ne sais plus quoi dire. Le 31-14, qu'est-ce que j'allais leur dire ? J'allais leur dire, je suis alcoolique. Et donc, je finissais juste par boire. Et quand ma relation avec cette fille s'est terminée, en fait, ça n'avait absolument rien à voir avec l'alcool. Et d'ailleurs, après ma rupture, j'ai bu très peu. Mais à chaque fois que je rencontre des nouvelles personnes, amoureusement, en fait, on repart dans un cycle parce qu'il suffit que j'ai pas d'appel, que j'ai pas de réponse assez rapidement à m'aimer, ça, etc. En fait, tout ce cycle de l'alcool, un peu médicament, un peu doudou, il revient et en fait, c'est vraiment ultra destructeur parce que j'en ai honte de moi-même, du coup. J'étais au top et en fait, je redescends à chaque fois. pour des choses qui ne devraient pas. Parce que les personnes « normales » , elles n'ont pas ce genre de comportement, elles n'ont pas ce besoin. Et c'est toujours un peu compliqué.
- Speaker #0
Ça évolue, au moins tu arrives à identifier les cycles, les patterns.
- Speaker #4
C'est ça.
- Speaker #0
Peut-être que tu as parlé du trouble d'online. Est-ce que tu peux clarifier, pour nos auditeuristes qui ne connaissent pas ?
- Speaker #4
C'est... Un trouble, on va dire, de dysrégulation émotionnelle. Il faudrait avoir 9 symptômes, je crois, en même temps pour pouvoir être diagnostiqué avec un trouble borderline. Et il va souvent y avoir des comorbidités avec des addictions, que ce soit les jeux d'argent, la sexualité, etc., les comportements à risque. il y a le sentiment de vide chronique donc c'est des phases que j'appelle un peu de up et de down parce que j'aime vraiment bien différencier le trouble de la personnalité borderline avec la bipolarité même si on peut ressentir des émotions très fortes et des changements d'humeur surtout ça reste quand même assez bref par rapport à la bipolarité et euh c'est Après, il y a différents types de borderline aussi. Moi, je sais que j'ai rencontré des personnes avec un borderline plutôt colérique, plutôt qui étaient vraiment dans l'agressivité, etc. Moi, j'étais dans l'agressivité, mais envers moi-même. Donc, je me faisais beaucoup de mal. J'ai beaucoup de cicatrices sur mon corps. Et je n'arrive pas à réguler mes émotions. C'est la troisième fois. mais Je n'arrive pas à réguler mes émotions comme une autre personne. Chaque émotion, qu'elle soit positive ou négative, même neutre, elle va être prise à un milliard de pourcents par rapport aux autres. Et c'est assez dur de vivre en société, du coup. Donc c'est pour ça que je suis très contente d'avoir réussi à me stabiliser assez rapidement.
- Speaker #0
Bravo à toi.
- Speaker #4
Merci.
- Speaker #0
Si vous voulez plus de détails, n'hésitez pas à aller écouter La Perche. On a plusieurs épisodes qui parlent de troubles borderline. Du coup, l'addiction, le produit était souvent une solution de s'éteindre, de calmer ces émotions-là.
- Speaker #4
Oui, c'est ça. Il y a eu plusieurs raisons. Il y a eu les raisons où je me suis dit, en fait, j'ai besoin de boire parce que j'ai besoin d'être triste. Je ressentais tellement le vide. Le vide chronique, c'est extrêmement lourd à porter. Parce qu'en fait... Il n'y a plus rien, il n'y a plus personne derrière. Les yeux sont vides, le regard est vide, le cœur est vide, tout est vide à l'intérieur. Et donc, on a besoin de ressentir quelque chose. Alors, soit c'était avec des IMV, une intoxication médicamenteuse volontaire. J'en ai fait beaucoup dans ma vie. J'ai beaucoup pris de médicaments de façon très déraisonnée. Soit c'était avec l'alcool. des alcools forts. Je tournais à la vodka pure, soit c'était l'automutilation, beaucoup. Et il y a eu aussi les passages où j'étais trop triste et du coup je voulais arrêter d'être triste et je voulais dormir. C'est pareil, de nouveau le même cycle. En fait, c'était toujours la... C'est un peu paradoxal mais dans un sens, il y avait des situations où j'avais besoin de ce vide chronique et il y avait des situations où j'avais besoin de m'en échapper. Et l'alcool, ça a vraiment été un vecteur que j'ai trouvé malgré moi pour pouvoir réguler mes émotions de sorte à ce que je ne réussisse pas à mettre fin à mes jours, en tout cas.
- Speaker #3
J'ai l'impression que souvent ta prise d'alcool ou de médicaments, ça va avec ou la perte de contrôle, ou la... ou reprendre le contrôle.
- Speaker #4
Quand j'ai commencé à venir au Xapa, même après plus d'un an de suivi, j'ai quand même dit à la psychologue, je lui ai dit, mais en fait, je ne me sens pas légitime de venir ici. Parce que les gens qui viennent ici, en fait, ils ont des vrais problèmes. Je me suis dit, ils ont besoin d'alcool. Moi, je n'ai pas besoin d'alcool, en fait. Juste, je ne sais pas gérer mes émotions et c'est mes émotions qu'il faut que j'apprenne à gérer. Et en fait, il y a eu aussi tout ce truc de... En fait, mon addiction, elle est réelle. Ce n'est pas parce qu'elle n'est pas physique qu'elle n'est pas là et qu'elle ne me pourrit pas la vie, dans un sens. Reprendre le contrôle et lâcher ce contrôle-là, ça m'a poursuivi un peu tout le temps dans l'addiction, que ce soit avec la rencontre avec le produit ou que ce soit même après les cycles interminables. Mais oui, tu as raison, c'est très défini, en fait.
- Speaker #3
Bravo pour où tu en es arrivé aujourd'hui. Parce que je pense que quand tu dis que tu as réussi à stabiliser à peu près ton trouble aujourd'hui, ce qui est déjà énorme, et en plus tu as réussi à identifier à quel moment ça peut encore venir t'embêter. C'est déjà un chemin de fou.
- Speaker #4
Merci beaucoup. Merci.
- Speaker #3
J'ai envie de... De plébisciter, on va dire, le soin. Si quelqu'un a l'impression qu'il a un problème qui va dans ce sens-là, il ne faut surtout pas hésiter à demander de l'aide, même si au final, il n'y a rien. Parce que ça peut vraiment beaucoup aider, et en plus ça peut être très très enrichissant effectivement envers soi-même.
- Speaker #1
J'ai mis tellement de temps à essayer de ne pas m'aimer, que maintenant j'ai envie de m'aimer. Et vu que je m'aime... Je ne suis pas narcissique, ce n'est pas ça. Je préfère quand je ne consomme pas. Je me connais maintenant quand je ne consomme pas. C'est une personne qui m'a dit une fois, et j'ai adoré ce qu'elle m'a dit, elle m'a dit, mais toi tu es un écorché vif. Je lui ai dit, merci, c'est gentil. Et finalement, c'est un compliment, moi j'adore les écorchés vifs. Parce que grâce à eux, la lumière peut passer. J'avais aimé cette phrase.
- Speaker #0
Et du coup, la troisième, quatrième, je ne sais quelle rencontre, en tout cas la rencontre avec le soin, lorsque vous avez pris la démarche d'aller rencontrer un soignant, que ce soit ici, dans un XAPA ou ailleurs, est-ce que vous vous êtes senti écouté dans vos besoins ? Est-ce que vous avez ressenti le besoin d'arrêter aussi directement ? La première fois, je ne l'ai pas fait pour moi. Je suis resté trois mois, en tout. Je n'ai pas consommé,
- Speaker #1
je me suis plié aux règles. Pas de téléphone, pas... tout ça, beaucoup de règles. Je me suis plié aux règles, ça n'a pas duré ensuite, parce que je ne l'avais pas fait pour moi. Mais ça m'a quand même fait prendre conscience sur ce que j'écoutais quand même, j'écoutais ce qu'ils disaient, je réfléchissais sur moi-même. J'ai tenu quoi ? 7-8 mois à peu près, j'ai repris de plus belle, et là c'est venu de moi. Là j'ai dit, en fait, j'ai loupé quelque chose là-bas. Parce que vu que ça ne venait pas de moi, il y a des choses qui m'ont dit, que j'ai prises quand même, mais qui sont ressorties. Donc je vais quand même essayer de leur demander s'ils ne veulent pas me prendre une deuxième fois, pour voir, mieux me mettre dedans, mais là, pour moi. Ça a bien marché la deuxième fois. Ça a bien marché, j'ai tenu beaucoup plus d'un an. J'ai fait le yo-yo. Je buvais pendant deux mois, trois mois. Et ensuite, stop. Parce que ça me dégoûtait, je ne pouvais plus. Alors je m'arrêtais, plusieurs semaines, plusieurs mois. Et les périodes devenaient de plus en plus longues d'abstinence. Mais je le reconsommais encore. Donc là, j'espère que ça ne va pas revenir. Je n'arrive pas à me limiter quand je consomme. Si je prends une bière, il faut que je me fracasse. Ça ne me sert à rien une bière. C'est comme si je bois un verre d'eau.
- Speaker #2
C'est du... C'est du tout ou rien.
- Speaker #1
C'est du tout ou rien. Je ne suis pas une personne qui ne peut boire qu'une seule bière.
- Speaker #2
Je vois.
- Speaker #3
Quand j'ai été en cure, etc., j'ai entendu mille fois cette phrase, un verre, c'est trop, et dix, ce n'est pas assez. Parce que je crois que là-dessus, on est beaucoup, en tout cas, à se rejoindre sur le fait que si on commence, on ne sait plus s'arrêter.
- Speaker #1
Combien de fois j'ai rechuté en me disant, oh ben juste ce soir... Juste ce soir, je me prends une cuite. Demain, je prends mon café. Mais, me connaissant, je sais très bien que dans mon frigo, il me restera un petit peu d'alcool et que quand je vais me lever, je n'irai même pas au café. Donc, j'ai appris ça quand même. Ce n'est pas dur à apprendre. Mais c'est dur à appliquer.
- Speaker #0
C'est ça le plus dur.
- Speaker #1
Quand je me couchais, je me disais « Oh, demain, je vais encore boire. » Et puis maintenant, je me dis « Ah, je vais me soir d'un bon café. » Je préfère cette phrase-là.
- Speaker #4
Carrément. Sans abuser du café,
- Speaker #1
mais...
- Speaker #2
Moi, quand je suis monté du coup à Paris, J'ai commencé à boire un petit peu seul parce que, comme je l'ai dit en début de podcast, j'aime bien la bière. Donc, tiens, une petite bière le soir pour découvrir, il y en a tellement. Ah, tiens, une seconde bière, tiens, une seconde bière devant une série ou devant un film. Et puis au final... Le manque psychologique, et puis ensuite plus tard peut-être un peu plus physique, est apparu. Donc j'en ai rapidement parlé à mon médecin, à mon médecin généraliste, et il m'a orienté du coup vers le Xapa. J'ai été très bien accueilli, j'ai été très bien entouré aussi. J'ai pu avoir eu des discussions profondes avec aussi d'autres personnes. Oui, c'est bénéfique. Je pense que j'ai fait des progrès là-dessus. Le fait aussi de se rendre compte par soi-même et peut-être pas faire un coma éthylique plusieurs fois. Le fait de se rendre compte rapidement, ça a peut-être accéléré une sorte d'option de guérison. Donc franchement, n'hésitez pas. Dès que vous sentez que ça dérape. Dès que les premiers signes physiques peut-être commencent à apparaître, il y a la pression sociale aussi qui est là. Mais il faut essayer des fois aussi de penser à soi. Quand on est jeune, c'est vrai que c'est dur, on pense beaucoup au regard des autres.
- Speaker #1
Ça me fait penser à quand on m'offre un apéritif, la personne qui ne sait pas que je suis alcoolodépendant, je fais non, non, merci, je ne bois pas. Ah si, un seul, je fais non, non, j'ai déjà bu pour 100 vies alors, non. Non merci, moi ça, ça m'irait très bien. Généralement, j'en ai bu pour 100 vies, la personne ne le comprend. Si elle ne le comprend pas, c'est que... C'est un problème. C'est qu'il y a un problème. Mais j'ai aucune honte là-dessus, non. Je ne le dis pas, je ne le dis pas non plus quand je vais chercher du travail, je ne vais pas dire que je suis alcoolique. Quoi que je l'ai déjà dit. Je ne l'ai pas dit que j'étais alcoolique. J'ai eu un problème avec l'alcool. La personne m'a prise. La personne m'a embauché. C'était la seule fois. Là, je ne vais pas le dire non plus à tout va. Je suis. Je ne le clame pas, mais je n'en ai pas honte. Si on me le demande, je dis oui.
- Speaker #4
À ma famille, j'en ai pas forcément parlé. Enfin, à ma mère, si, parce que ma mère, elle est personnelle soignant. Du coup, elle est infirmière en pédopsychiatrie, en plus. Donc, c'est vrai que j'ai beaucoup, beaucoup baigné dans le côté médical aussi. Et je pense que c'est pour ça que j'ai réussi à arriver là où j'en suis, assez jeune. Parce que j'ai été suivie très, très petite. Le premier psy que j'ai vu, en fait, j'avais 7 ans. Donc même si ce n'était pas des suivis réguliers, la rencontre avec le soin s'est faite très très très tôt. Mais j'essaye d'être assez honnête justement avec les personnes qui m'entourent. Je ne fais pas non plus de mes problèmes un poids dans leur vie, mais j'ai envie que les personnes qui m'entourent et que j'aime, j'aimerais qu'elles soient au courant de tout ce qui se passe. Et qu'elle soit dans mon parcours de soins, justement, du début à la fin. Quand c'est fini,
- Speaker #3
on se dit, purée, le chemin, il a été long, mais il était bien. La rencontre avec le soin, dans mon cas, c'était compliqué. Je ne comprenais pas grand-chose. Comme j'ai expliqué tout à l'heure, pendant des vacances avec ma mère, je me suis rendue compte que sans alcool, physiquement, je ne tenais plus debout. J'ai eu d'autres petits déclics qui m'ont montré qu'il y avait un problème quand j'ai commencé à boire le matin avant d'aller travailler, quand j'ai commencé à mettre dans mon sac de travail des bières pour pas dans la journée. Tout ça, je le voyais, même si vous ne voulez pas trop me l'avouer, mais il y a d'un côté, je savais qu'il y avait un gros problème et qu'il s'amplifiait. Et d'un autre côté, j'essayais de ne pas trop le voir parce que c'était compliqué d'envisager de tout arrêter. Alors je suis quand même allée consulter là-bas. C'était un peu bizarre, mais moi-même je ne comprenais pas trop ce que je faisais là et en même temps je savais que je devais y aller. Et quand je suis rentrée en France, parce que finalement il a fallu que je rentre, parce que toute seule là-bas, je n'y arrivais pas. Je n'y arrivais plus en tout cas. Heureusement ma famille a été super, ils m'ont toujours énormément soutenue. Mes parents m'ont reprise chez eux, après 13 ans de vie toute seule à l'étranger. Et là, je suis retournée vers le soin ici en France. Plus je venais et plus je faisais des choses qui allaient vers le soin, plus je me rendais compte que j'en avais vraiment besoin et qu'il fallait vraiment que ça s'arrête. Et en même temps, c'était toujours, alors de moins en moins, mais c'était toujours quand même difficile de vraiment me résoudre à ce que ça s'arrête. Donc c'était vraiment quelque chose qui me tuait la tête. Il faut que ça s'arrête, j'en peux plus. Et d'un autre côté, ouais, mais j'ai pas envie d'arrêter. C'était comme le petit diable et le petit ange. Et c'était difficile de faire taire le diable. Mais pendant tout le long du soin, il y a des phrases qui m'ont marqué, des soignants, de mon médecin, des phrases qui sont restées, des phrases aussi de mes parents, pas que dans le soin lui-même, mais qui en font partie quand même. Mais par contre, j'ai appris énormément de choses qui m'ont servi plus tard. Ce que je veux dire par là, c'est qu'il ne faut jamais croire que parce qu'on retombe dedans après un effort de soin, a été vain et n'a servi à rien parce que moi je me suis rendu compte que très souvent ce sont des phrases ou des choses que j'ai apprises à un moment donné où j'ai pas forcément fait de pas en avant mais qui m'ont servi à en faire plus tard et qui ont résonné plus tard et un jour il y a eu un déclic je ne sais pas pourquoi je pense que une accumulation de tout plein de choses de toutes ces phrases peut-être de toutes ces choses qui a fait un gros stop ça s'est arrêté pendant trois ans et demi Je ne sais pas trop l'expliquer non plus. J'étais très en colère contre l'alcool. Je voulais faire des manifestations pour qu'ils arrêtent de le vendre en vente libre. Et j'ai fait une nouvelle rencontre, la dernière. Moi, je croyais que je connaissais la rechute. Et en fait, je pense que la vraie rechute, c'est quand tu passes des années, beaucoup de temps complètement abstinent, et qu'en fait, là, tu te rends compte que tu es encore vulnérable. Mais il ne faut jamais oublier, je crois, que... Dans chacune, on apprend quelque chose qui va nous servir pour que la prochaine se passe mieux ou pour qu'il n'y en ait plus. Et ça, sans le soin, ça n'aurait pas été possible.
- Speaker #0
Merci. En cas de conclusion, est-ce que vous avez peut-être un petit conseil à faire passer aux gens qui nous écoutent ?
- Speaker #1
Ne pas se dire qu'il n'y a que la volonté. Enfin, moi, je me suis aperçu que... Quand une envie, une grosse envie vient à moi à consommer de l'alcool, avant, j'appelais quand j'avais consommé. J'appelais un ami à moi qui connaît, ou quelqu'un qui sait entendre, ou même un professionnel. Il y en a. Eh bien, le faire avant plutôt que de le faire après. C'est un petit conseil que je donne comme ça au passage. Puis pas hésiter à prendre n'importe quelle aide. Enfin, peut-être pas n'importe quelle aide, parce que... Des aides qui vous sont bénéfiques, des petits conseils comme ça, et puis ne pas se laisser aller.
- Speaker #4
C'est vrai que je sais qu'il y a beaucoup de personnes que je connais qui n'ont pas forcément toujours été honnêtes dans leurs soins avec les soignants, et c'était pour de très bonnes raisons. La peur, la peur est une très bonne raison. Je dirais qu'en fait, dans le soin, le plus important, c'est l'honnêteté. Être honnête avec soi-même et surtout être honnête avec les autres. Parce que comment est-ce qu'on veut être aidé si on n'est pas honnête avec l'autre ?
- Speaker #3
Essayez de ne pas, à partir du moment où vous voyez qu'il y a un excès dans un produit ou un comportement, essayez de ne pas vous sentir coupable, de ne pas avoir honte. Et de penser que dans le soin, on va vous aider à comprendre pourquoi vous allez dans ces chemins-là. Et ça va juste vous faire du bien, en fait.
- Speaker #2
Oui, peut-être un conseil pour ceux qui ont des proches qui sont addicts à un produit, que ce soit l'alcool ou quelque chose d'autre. Ne pas se sentir coupable d'avoir fait quelque chose de mal. dans sa vie, de ne pas avoir été présent à certains moments, mais plutôt essayer de discuter, de communiquer, c'est la base. Et des fois, de ne pas hésiter à poser des questions qui ont peut-être été taboues pendant un certain temps, ça peut permettre de faciliter la relation et la compréhension de la maladie quand c'en est une.
- Speaker #0
En fait, souvent, on pense à la place des autres, s'auto-censure par peur de choquer les gens. surtout en famille, parce que c'était le sujet de la première saison, la consommation dans le cercle familial. Et on se rend compte qu'il y a des nœuds qui se créent dans les familles à cause d'un tabou par rapport à la consommation, par rapport à des troubles psychiques. Dommage, quoi. On va arriver là, alors que ça aurait pu être, en tout cas, diminué un peu plus tôt. Et voilà, merci beaucoup.
- Speaker #3
Merci.
- Speaker #0
Merci à tout le monde.
- Speaker #2
Merci.
- Speaker #0
Au revoir à coup maintenant. Allez,
- Speaker #1
c'est parti.
- Speaker #5
Ok, très bien. C'est noté. Merci beaucoup. Bonne soirée.
- Speaker #3
Bonne soirée. Oui, je vous en prie, vous m'y rendez après.
- Speaker #5
Bonne soirée.
- Speaker #0
C'était En Substance. Un podcast produit par Addiction France, écrit et réalisé par Sylvain Pinault, avec une musique originale de Poco Verbi, et une illustration signée Mathilde Fian. Abonnez-vous au podcast sur les plateformes d'écoute, laissez-nous quelques étoiles, et n'hésitez pas à en parler autour de vous. Parler d'addiction, ça peut changer des vies.