- Speaker #0
Je suis trop contente de pouvoir échanger avec toi aujourd'hui.
- Speaker #1
De même.
- Speaker #0
À Strasbourg en plus, c'est quand même notable parce qu'on s'est rencontré à Saint-Etienne, donc c'est assez drôle qu'on se retrouve de nouveau, enfin qu'on se retrouve ici.
- Speaker #1
Je pense qu'on aurait difficilement pu l'anticiper effectivement.
- Speaker #0
Ouais, c'est très atypique. Est-ce que tu peux commencer par te présenter en me parlant de tes valeurs ? C'est pas un exercice facile, mais c'est un exercice que j'aime bien, ça permet d'introduire la personne autrement que juste par rapport à... son travail, où elle vit, ou des choses un peu classiques.
- Speaker #1
Absolument, et je t'en suis très reconnaissante parce que je suis aussi assez blasée de ces questions habituelles de ta présentation. Je pense qu'après la période des fêtes de Noël, tout le monde a un peu passé par là potentiellement aussi, donc c'est très bien de changer un peu. Et c'est souvent moi dans les conversations qui pose les questions, donc ça me ravit toujours quand je rencontre des gens qui posent des belles questions aussi. Je pense que quand on m'a posé cette question-là au collège en cours d'art plastique et qu'il fallait choisir un mot, j'ai choisi ouverture d'esprit. Et j'ai tenté de dessiner un éventail le plus joli que je pouvais. Sûrement pas très esthétique, mais l'image m'allait bien. Je pense que j'ai un fort besoin et une forte envie de découverte, avec vraiment une curiosité très forte. J'ai failli faire de la recherche en ethnologie et en anthropologie, je pense que c'est pas par hasard non plus. Quand j'étais petite, j'avais très envie d'être un Indiana Jones à la féminine ou au non-genré, peu importe, et d'être dans cette aventure et cette découverte permanente. Voilà, tous ces personnages d'explorateurs et de naturalistes me parlent fortement.
- Speaker #0
Ok, trop cool ! Mais du coup, j'étais curieuse de savoir quel a été ton déclic pour changer de vie, parce qu'aujourd'hui, tu as une vie qui n'est clairement pas conventionnelle. Et il me semble qu'à une époque, tu avais un job plus classique. Est-ce qu'il y a quelque chose en particulier où tu t'es dit, là, il faut vraiment que je change ma façon de vivre parce que ça ne me convient plus ? Ou est-ce que ça a été progressif ?
- Speaker #1
J'aurais aimé avoir une réponse très poétique à te donner. Ce qui n'est pas du tout le cas. À la réflexion, je crois que ça s'est vraiment fait en plusieurs étapes, en fait. Un peu grand 1, grand 2, grand 3. Il y a eu un premier événement vraiment marquant où j'ai fait mon premier vraiment grand voyage à l'étranger, après des années à en rêver. J'ai eu la chance de faire un service civique à l'international, donc j'ai passé six mois sur le terrain en Asie, en étant en plus logée chez l'habitant. Donc voilà. L'objectif de sortir de ma zone de confort et de toutes mes influences habituelles a été largement réussi. Et du coup, je pense à commencer à shaker un peu mes repères et remettre en cause des choses. Après, il y a eu le retour de cette aventure-là. Et voilà, plusieurs voyages quand même par la suite, en sentant qu'il y avait encore des choses à découvrir. et des choses à comprendre à l'intérieur de moi-même aussi. Plus près, cette fois, les voyages, mais tout de même. Et à la suite de ces voyages, une fois un peu plus certaine de mes valeurs, de mes souhaits, de mes choix de vie, il y a eu un ras-le-bol professionnel, dans la dernière phase, de reprendre des postes avec des équipes aux ambiances très malsaines, des gestions de communication très toxiques, une pression ou des choses qui... qui créent une santé mentale vraiment mauvaise pour tout le monde. Et voilà, un ras-le-bol de me dire mais en fait, non. Non, plus maintenant, c'est assez. Et je peux sûrement construire quelque chose de mieux, même si c'est toute seule et en devenant auto-entrepreneuse et en faisant les choses un peu plus selon mes propres termes. Voilà, ce sera peut-être un peu chaotique et titubant au début, mais ça sera sûrement mieux que ça, donc allons-y.
- Speaker #0
Ouais, mais du coup, est-ce qu'il y avait déjà des gens autour de toi qui avaient fait des choix similaires, qui avaient déjà décidé de sortir un peu du schéma traditionnel qui était déjà nomade, par exemple, qui t'ont inspiré ? Parce que je trouve que c'est hyper courageux aussi, parce qu'on est tous un peu challengés par nos vides tous les jours, quels que soient nos choix, mais c'est vrai que malgré tout, décider... d'aller à contre-courant et de faire des choix courageux et aussi d'aller dans l'inconnu, parce que c'est souvent faire le constat qu'il y a quelque chose là tout de suite qui ne me convient pas et je ne sais pas encore exactement vers où je veux aller. Donc c'est quand même courageux de ta part d'avoir fait ce choix de changer de vie, de lâcher ton travail pour pouvoir te lancer aussi à ton compte. Et du coup, c'est pour ça que je me demandais s'il y avait des gens autour de toi qui avaient joué aussi dans cette transition, qui t'ont inspiré.
- Speaker #1
Encore une fois, j'aimerais pouvoir te faire une autre réponse que celle que j'ai à te proposer. Non, assez peu finalement. Dans mon entourage, j'avais plutôt des exemples traditionnels de salariats divers et variés, de salariats plus ou moins choisis, d'épanouissement plus ou moins existant justement aussi à travers le travail ou des choix de vie plus ou moins conscients. Donc j'ai eu plutôt un contre-exemple. finalement, ou un exemple de ce que je ne voulais pas vivre. J'ai eu des exemples de gens qui souffraient au travail, qui en souffraient mentalement, qui avaient fini par soit faire des burn-out ou se blesser même en psychosomatique ou autre. Donc voilà, plutôt un non-exemple, on va dire. Par contre, en parallèle, je me suis, moi, trouvé des exemples sur les réseaux sociaux. Avec beaucoup plus, pour le coup, de gens qui faisaient sens pour moi, qui étaient déjà nomades, qui travaillaient en ligne dans différents secteurs plus ou moins créatifs, et qui se construisaient cette vie-là, qui résonnait tellement pour moi, que ça a été un réel soutien et une réelle inspiration. Avec tout de même la mise en garde un peu, que je trouve la limite entre inspiration... Et addiction aux réseaux sociaux très très fines. C'est un peu du funambulisme. Et trouver le bon dosage entre je consomme ces médias parce que ce sont des gens qui font sens pour moi, parce que ça donne du sens à mes projets, parce que ça me nourrit, ça me donne l'énergie de construire les miens, c'est une chose. Franchir la ligne où ça devient... Je suis plus heureux en regardant des images sur mon téléphone qu'en étant réellement présente dans le quotidien de ma vie. Et du coup, j'y passe aussi de plus en plus de temps. Je suis de moins en moins présente et de moins en moins dans l'action aussi pour construire mes rêves. C'est toute autre chose. Donc voilà, je pense que cette ligne-là, j'ai funambulé dessus un bon temps. Maintenant, je pense que j'ai une relation à ça plus équilibrée. Mais en même temps, je ne peux pas nier le rôle très important et très nourricier que ces gens-là ont aussi eu dans ma vie.
- Speaker #0
C'est chouette aussi de t'entendre raconter ça parce que moi, le podcast, je l'ai créé pour ça aussi. C'est parce que j'étais pareille à un moment donné où je me suis rendue compte que je ne me retrouvais pas forcément dans la vie que je menais, que j'avais envie de faire les choses autrement. Mais je ne savais pas forcément quoi, ni comment, par où commencer. Et j'ai commencé à rencontrer dans ma vie des gens justement qui avaient fait des choix différents et qui m'inspiraient. Et c'est là où je me suis dit, pour savoir, pour avoir plus de clarté sur ce que j'ai envie de faire, l'un des bons moyens c'est d'aller rencontrer des gens qui font des choses qui me donnent envie. Et du coup, c'est comme ça que j'ai eu l'idée du podcast, de pouvoir enregistrer aussi ces échanges et de les partager à d'autres personnes qui peut-être se posent les mêmes questions. J'ai commencé par une phase d'enquête. Et du coup, oui, c'est pour ça. OK, ça me renforce sur le fait que ce podcast peut être utile aussi de partager le témoignage de personnes comme toi pour donner envie, inspirer. C'est quand même important d'avoir des repères aussi pour prendre certaines décisions qui ne sont pas forcément évidentes.
- Speaker #1
Félicitations, tu as trouvé un mécanisme beaucoup plus sain de transformer cette frustration en de la création, et du partage et du service, plutôt que de passer six heures sur ton téléphone. Je pense que c'est notoire et il faut aussi célébrer ça.
- Speaker #0
Oui, c'est sûr. Après, en vrai, je me retrouve dans ce que tu dis aussi, parce que sur la saison 1, par exemple, j'ai enregistré à peu près 15 épisodes, je crois. Et c'était hyper riche et hyper intéressant. Et j'avais déjà fait des changements pendant cette saison 1 sur ma vie. Mais je me suis quand même dit à la fin, bon, t'as eu tous ces trucs hyper inspirants et c'était hyper nourrissant, mais maintenant, il faut peut-être que t'agisses toi sur ta vie, quoi. Et du coup, c'est pour ça que j'ai fait une pause entre la saison 1 et la saison 2 pour me dire, bon, c'est hyper nourrissant, mais il ne faut pas que je m'arrête à là, parce que sinon, c'est un peu ce que tu disais, c'est de rester dans ce... Ce truc hyper agréable d'inspiration et le confort de la vie quotidienne, même s'il n'est pas toujours épanouissant. Et du coup, c'est pour ça que j'ai essayé de me bouger un peu. Alors après, je n'y suis pas encore. Je suis vraiment encore en chemin, mais c'est cool. Oui, du coup, tu as pu aussi puiser de l'inspiration sur des parcours que tu voyais sur les réseaux. Mais concrètement, quelle a été ta première action, ton premier petit pas ? Pour arriver à la vie que t'as aujourd'hui, quel a été le premier truc ? Est-ce que ça a été de quitter ton job ou est-ce que t'as commencé par des plus petits trucs ?
- Speaker #1
Je vais te donner un grand pas parce que je me rappelle plus des petits. Ça fait 2-3 ans maintenant que j'ai commencé à être nomade, donc les souvenirs sont moins clairs. Je pense que quitter l'appartement, en fait, ça a vraiment été un premier grand objectif. en me disant voilà, là c'est clair en fait, il n'y a pas de retour en arrière, je passe la journée à rechercher des endroits où j'aimerais aller et je reviens chez moi tranquille, bien posée chez moi. Donc je pense que ça, ça a été une grande étape. Et après, les choses se sont un peu faites au fur et à mesure, que ce soit les recherches, les changements de carrière, les recherches de carrière plus fulfilling. plus épanouissante. Ça s'est construit au fur et à mesure, je pense, le reste.
- Speaker #0
Et du coup, est-ce que tu peux me parler de à quoi ressemble ta vie concrètement de nomade ? Où est-ce que tu vis ? Comment tu te déplaces ? Comment tu choisis les lieux où tu vas ?
- Speaker #1
C'est très intentionnel. J'ai des amis qui voyagent aussi beaucoup et qui sont très dans la spontanéité, très dans l'improvisation et qui sont très à l'aise avec le fait de ne pas savoir. Et de complètement se... C'est de laisser porter comme une feuille sur l'eau qui suit le courant et de saisir les opportunités là où elle se présente, les rencontres, les lieux, etc. Je n'ai pas exactement ce caractère-là. C'est quelque chose que j'admire et que j'essaye de développer un peu au fur et à mesure, mais je suis plutôt une voyageuse qui n'a pas forcément fait des plans rigides, mais pose des intentions très claires, en tout cas. J'essaye de visualiser le temps à l'échelle de l'année, de découper cette année en plusieurs saisons, qui ne correspondent pas forcément aux quatre saisons climatiques ou géographiques. Et après, si je peux avoir une idée globale de où je veux passer ces différentes saisons, mais surtout programmer ou intentionner en tout cas plus précisément après saison par saison. Donc comme ça, j'ai quand même une vue... Une vue d'oiseau, une vue d'ensemble, comme ça un peu. Et en même temps, la porte est très ouverte à des propositions de l'extérieur. Au niveau des lieux, je commence à avoir des critères bien précis maintenant, parce que ça fait quelques temps. Je sais aussi ce qui me correspond, ce qui me correspond moins. Là où je vais être bien, et là où je vais aussi pouvoir offrir le meilleur de moi-même. Donc j'ai quelques... Quelques critères bien clairs maintenant qui vont être la nature. Je sais que j'ai vraiment besoin de passer au moins la moitié de mon temps soit en extérieur, soit à travailler avec de la nature. D'où beaucoup de WOOFing, Worldwide Organization for Organic Farming, vraiment avec des interventions dans des fermes bio en échange du gîte et du couvert. L'équivalent d'un mi-temps au niveau des heures de... de travail agricole. Ça, c'est vraiment un format qui me convient bien. Plutôt en permaculture, parce que c'est ce qu'il a, et en maraîchage, qui m'intéresse à développer sur le long terme, et c'est très ouvert. Chacun peut aller dans les fermes qui l'intéressent, apiculture, travail animal. Donc, la nature, d'abord. Le calme.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Je cherche souvent des lieux... où l'hébergement est détaché, c'est-à-dire que la ferme a une caravane, une yurte, un petit cottage, peu importe, mais où en tout cas on n'est pas inclus et fusionné dans une vie familiale qui est déjà préexistante et toutes les dynamiques relationnelles qui vont avec. Je cherche plutôt à avoir mon espace séparé. Si je peux aussi, du coup, pour prendre soin de ce besoin de calme et de solitude, je fais des house-sitting. donc en gardant la maison ou l'appartement des gens et éventuellement leurs animaux s'il y en a ce qui a aussi son charme et ça tu le fais via des sites ou par rapport à des langues que tu connais ? alors les deux je suis encore peu présente sur des plateformes il y a des plateformes de Trusted House Sitters par exemple.com Nomador J'ai assez peu d'expérience pour l'instant. J'ai envoyé des messages sans avoir forcément de réponse. Donc jusque-là, ça s'est fait plutôt avec des proches. Un peu par hasard, parfois aussi. Donc je pense que les deux réseaux sont bons à maintenir. À la fois demander aux gens qu'on connaît déjà et à des étrangers. Et après, le lien et la rencontre sont aussi des valeurs importantes pour moi. Le but, ce n'est pas de voyager et d'être seule dans mon coin. Ce serait assez restrictif. Donc voilà, c'est aussi pour ça que je change de région, que je change beaucoup de pays surtout. Parce que pour moi, le fait d'être en anglais principalement est très important. D'où certains lapsus sûrement dans cet épisode. d'apprendre d'autres langues aussi j'en ai appris 5-6 ça c'est très important pour moi et pouvoir avoir la liberté de passer du temps en lien avec la famille et les proches aussi j'ai eu la malchance je ne sais pas de perdre des gens quand j'étais loin quand j'étais en Inde notamment et d'apprendre la nouvelle trop tard de n'avoir même pas la latitude de prendre un billet d'avion pour être présente à l'enterrement et à la cérémonie Et ça, c'est une réalisation suffisamment brutale pour se rendre compte que les gens qu'on a dans notre vie sont importants. Et c'est aussi un peu le but pour moi d'être nomade, c'est de pouvoir voyager près d'eux s'il y a besoin. S'il y a quelqu'un qui déclenche une maladie ou quoi que ce soit, ou qui prend de l'âge, de pouvoir avoir ce temps avec eux. Ça, c'est aussi important. Et la dernière chose que j'aimerais renforcer, que je ne fais pas encore beaucoup, c'est le lien avec ses pairs. Je connais encore assez peu de nomades. Merci, je t'ai croisé toi. Nous enregistrons ce podcast aujourd'hui. Mais comme dit, ce n'est pas la majorité de mon entourage et je sens que ça manque. Donc voilà, j'aimerais voyager dans plus d'espaces de co-living que tu connais aussi. Et rencontrer, réseauter avec plus de gens qui ont cette démarche-là aussi. Ça, ce serait précieux.
- Speaker #0
Et qu'est-ce qui te plaît dans ce mode de vie ? Et peut-être à l'inverse, qu'est-ce qui est challengeant ?
- Speaker #1
Je crois qu'il y a une grande envie de liberté, quand même. Faut pas se laver la face.
- Speaker #0
Ah oui.
- Speaker #1
Une envie de... Tu sais, j'ai pas envie qu'on me dise quoi faire, en fait. Je pense que je l'ai assez fait, longtemps. J'ai pas fait de crise ado, donc peut-être que je suis juste en train de faire une crise adolescence tardive. Peut-être, ok. Mais c'est très formateur, donc ça me va bien. Voilà, je crois qu'il y a beaucoup de ça. Il y a beaucoup l'envie de suivre mon intuition et mes attractions, on va dire, naturelles, mes dons naturels, mes talents naturels. Je suis persuadée qu'on a tous des talents et des dons bien particuliers et que si on les écoutait tous et qu'on se construisait des vies... autour de ça, et des vies professionnelles notamment autour de ça, ça créerait des écosystèmes complètement équilibrés. On pourrait être totalement en équilibre, en interdépendance, en échangeant des savoirs, des savoir-faire, des objets, du troc, peu importe. Vraiment, j'en suis intimement persuadée. Il y aura sûrement, oui, trois maçons, c'est pas juste un, et trois boulangers, et alors ? Je suis persuadée qu'il n'y en aura pas 50 000 et zéro jardinier, et que ça trouvera son équilibre. normalement, comme tout écosystème, comme biologiquement les cellules d'un biotope ou les différentes espèces. Je suis persuadée que l'équilibre est inné. D'où l'idée de suivre moi, ce qui m'appelle, et mes dons et mes talents. Ça aussi, c'est une boussole très forte. Après, les inconvénients ?
- Speaker #0
Oui, ce qui est challengeant...
- Speaker #1
Ouf !
- Speaker #0
Dieu sait ce qu'il y en a ! Mon expérience, en tout cas, n'est pas aussi idyllique.
- Speaker #1
Du tout. Non, non. Je pense que c'est très important qu'on l'amène. Et je me l'étais aussi noté. Je veux vraiment pas prêcher que tout le monde devrait avoir cette voix-là et que c'est parfait et idyllique et que c'est absolument aussi incroyable que ce que Instagram nous le fait croire. Ouais. Non. comme tout il y a du noir et du blanc il y a du difficile et du merveilleux et c'est toute une histoire d'équilibre entre les deux ce que je trouve plus difficile c'est la charge mentale qui va avec que les gens de loin ne voient pas pour la plupart parce que cette intentionnalité peut être lourde de tout est possible je peux aller n'importe où donc comment je choisis Quels critères je construis pour moi ? Est-ce que je veux que ce soit carré ? Est-ce que je veux pas que ce soit carré ? Est-ce que je choisis un rythme ? Est-ce que j'en choisis pas ? En fait, avec cette liberté de tout construire, vient la responsabilité de tout construire. qui n'est pas forcément un mot négatif en soi, mais n'empêche que si tu ne le fais pas, personne ne le fera. C'est ça le cœur du...
- Speaker #0
Il n'y a plus d'excuses. C'est vraiment...
- Speaker #1
Tu n'as pas ton boss, ton collègue, ton colloque, ton partenaire, ta mère, ta soeur, ton frère, ton chat qui va faire le truc à ta place. Il n'y a personne. C'est toi face à tes choix et face à ta liberté et face à ta responsabilité. Donc ça, je trouve ça dur, la charge mentale. la solitude aussi du coup parce que c'est une charge mentale qu'on partage peu à moins de voyager en couple ou de voyager je sais pas quel autre format il y a si j'imagine en famille une fois qu'on a des enfants c'est encore toute une autre aventure qui est aussi toute une histoire mais voilà là littéralement il n'y a que soi-même Et ça peut être très excluant parce qu'on crée du lien partout où on va. Je sais qu'en tout cas, moi, c'est aussi une de mes forces. C'est aussi pour ça que j'ai choisi de vivre comme ça, clairement. Je sais que je suis un bon pont. Construire des ponts, pas des murs, pas des barrières. Je suis un bon pont entre les gens, entre les cultures, entre les pays. Mais du coup, ça veut dire que dès qu'on est quelque part, on se fait des amis. On quitte cet endroit, et on quitte ses amis, et on recommence, Certaines amitiés tiennent, d'autres pas. Certaines amitiés professionnelles tiennent, d'autres pas. Certaines histoires d'amour tiennent, d'autres pas. C'est très éphémère, très transitoire. Et ça, ça peut être dur aussi, d'une autre façon. Et après, voilà, la logistique. C'est beaucoup d'heures passées sur Skyscanner à comparer des prix de billets d'avion, de bus, de... Voilà, c'est assez usant ça aussi.
- Speaker #0
Je pense que forcément je me retrouve dans beaucoup de choses que tu partages, d'où c'est vrai l'importance de rencontrer aussi d'autres personnes qui sont digital nomades, qui vivent un peu des choses similaires quoi, parce que clairement ça aide à moins se sentir seule. Et aussi peut-être des fois à trouver des idées de solutions, de choses pour parlier à tous ces challenges. Mais c'est sûr que la partie logistique, ça peut vite être chiant. Donc il faut trouver le bon équilibre. Tu vois, l'année dernière, il y a des moments où vraiment toutes les semaines, je changeais d'endroit et c'était hyper stimulant. Mais à la fin, j'ai dit non, mais ce n'est pas possible. Et là, cette année, j'essaie de... Enfin l'année dernière, du coup, en 2025, j'essaie d'avoir un peu... Enfin de rester plus longtemps aux mêmes endroits. mais du coup c'est Pas évident de se dire, je reste plus longtemps, mais je vais quand même partir. Donc comment tu poses tes racines, mais pas trop quand même parce que tu vas repartir. Et finalement, des fois, c'est plus dur dans ces moments-là de repartir quand tu as commencé justement à créer des liens, etc. Mais en même temps, il y a cet appel de l'envie de voyager, de barouder qui est encore fort chez moi. Donc c'est vrai que ce n'est pas évident de trouver le bon équilibre entre tout ça.
- Speaker #1
Et je trouve que c'est... Ce qui est important aussi, un élément que je n'avais pas quand j'ai commencé le nomadisme, c'est de rester à l'écoute et d'être flexible avec soi-même. Parce que comme toi, je pense que j'ai commencé avec un format de voyage très différent de celui que j'ai aujourd'hui. Je changeais moi toutes les deux semaines. Mais je changeais du coup de ferme de Wuxing toutes les deux semaines. Donc toutes les deux semaines, j'avais une nouvelle équipe dans laquelle m'intégrer. J'avais un nouveau boss, entre guillemets. J'avais un nouveau régime alimentaire, plus ou moins, souvent quand même. J'avais un nouveau lieu de travail, le temps d'enregistrer où sont les serres, les outils, les broussailleuses. Et je pense que j'avais besoin de ça au début pour la stimulation, pour la découverte, la curiosité. Mais qu'effectivement, très vite, c'est devenu épuisant. Jusqu'au stade où je me suis autorisée à me dire, mais attends, mais en fait, c'est toi qui voyages. C'était tes règles, tu peux les changer. C'est un peu le but de base. Donc arrête de t'autoflageller et de... t'auto-te contraindre dans cette petite boîte avec ces principes-là. Change-les si ça te rend pas service. Et voilà, peut-être certaines années, t'auras envie de rester trois mois au même endroit. Peut-être d'autres années, six mois. Peut-être d'autres années, une semaine. C'est OK. Juste écoute et construis en fonction. J'avais pas, j'avais pas, je m'autorisais pas ça au début et je me l'autorise plus maintenant et je pense que c'est important à garder en tête.
- Speaker #0
Oui, complètement. Ça implique de se poser les questions et de vraiment se poser les questions. Parce que comme tu disais, on a du coup la liberté de s'écouter, mais à condition d'avoir le courage aussi de prendre certaines décisions. C'est vrai que c'est pas évident. Donc à la fois, le fait de s'autoriser cette liberté, c'est génial. Mais oui, ça donne aussi la responsabilité de sa vie. Donc après, derrière, quand on a toujours été en mode... Ouais, dans un cadre un peu plus strict, on rêve de liberté. On est là, je veux tellement être libre, faire ce que je veux. Et puis, c'est un peu devenir adulte. Et puis, tu deviens adulte, tu deviens libre de faire ce que tu veux. T'es là, ah ! En fait... En fait, c'est un peu lourd. Je ne sais pas trop. Et puis, je fais quoi là ? Il y a un problème. Donc, oui. Il faut aussi accepter les responsabilités qui viennent avec les choix.
- Speaker #1
Pour moi, c'est vraiment les deux versants d'une même pièce. Et encore une fois, responsabilité, ce n'est pas négatif. J'ai eu la chance de vivre en ashram pendant quelques temps. Et le maître disait, la responsabilité, c'est... It's to respond. C'est répondre à ce qui t'est proposé. à la rencontre, à la situation, à la question. Donc ça ne fait pas forcément la connotation négative qu'on a en Occident, mais je trouve que c'est deux côtés d'une même pièce qui sont importants à garder en tête.
- Speaker #0
Et justement, comment tu te projettes dans l'avenir ? Est-ce que tu te vois rester nomade de manière illimitée ? Est-ce que tu imagines autre chose pour toi ? Est-ce que toutes ces expériences que tu as pu vivre depuis quelques années t'ont permis d'avoir des envies plus claires sur ta vie ta vie idéale ton travail, là où tu veux vivre comment tu veux vivre ou est-ce que tu es encore en cheminement sur ces questions là jolie question encore,
- Speaker #1
merci je pense que clairement plus on change d'endroit plus on affine ses préférences si tant est qu'on soit à l'écoute de soi-même mais en principe c'est le but clairement j'ai une vision très claire aujourd'hui. Parce que on voyage et on essaye des endroits, des choses et qu'on se rend compte, ça me convient, ça me convient pas. On change d'endroit, est-ce que ça me convient ? Ça me convient pas. Donc voilà, au bout d'un certain temps on est lag et on se retrouve avec une image assez claire, je trouve. Moi, à court moyen terme, j'ai encore envie de voyager pendant quelques temps. Quelques temps, je sais pas, moins de 5 ans, quelque chose comme ça. parce que je sens encore tout ce que ça m'apporte. Je suis encore dans une construction de réseau qui est aussi belle avec ce sens du mouvement. J'aimerais continuer ce que je fais en ayant un peu plus le choix de là où je vais, dans le sens où en trouvant une aisance financière plus confortable, plus large, pour pouvoir aussi louer des AirBnB à droite et à gauche. Avoir cette latitude-là aussi. Rencontrer beaucoup plus de nomades, comme on disait, beaucoup plus de pères. Et vraiment m'entourer beaucoup, beaucoup plus de gens qui vivent comme ça. Ça ferait vraiment partie de mes objectifs de ces prochaines années de voyage. Mais à long terme, non. Moi, je rêve d'une vie très simple, sédentaire, pour pouvoir élever une famille. J'ai envie de pouvoir emmener mes futurs enfants en voyage. et d'éveiller leur curiosité, mais je pense qu'une base, c'est vital et structurant. Plutôt des voyages ponctuels. Quand je serai à la retraite, je ne sais pas, c'est loin, on refera un épisode. Mais voilà, à long terme, j'ai envie d'un grand terrain, si possible, d'un potager. Pas forcément en totale autosuffisance, mais quelque chose qui tend vers ça, en tout cas. d'une toute petite maison sur ce grand terrain. J'ai des amis qui ont aménagé des containers, avec deux ou trois containers, et ça suffit en fait. J'ai envie de garder ce minimalisme du voyage où, voilà, là actuellement, j'ai une petite cabine, une petite valise format cabine et un petit sac à dos format cabine aussi, et c'est tout. Et j'ai envie de ça en fait. J'ai envie qu'il n'y ait pas de superflu dans la maison. Qu'on passe plus de temps dans le jardin que dans la maison. Que dans la cuisine, il n'y ait pas de superflu non-flu. Que dans les jouets des enfants non plus. Qu'on revienne à l'essentiel. Donc voilà, j'ai envie d'une vie comme ça, très ritualisée si possible. C'est une habitude qui me vient aussi de mon temps en ashram. D'avoir des jours structurés qui ont du sens avec des méditations, des prières.
- Speaker #0
Des routines aussi, parce que voilà, du coup, j'ai pas de boss qui m'impose un emploi du temps, donc j'aime bien moto-imposer un emploi du temps, ça me fait beaucoup de bien à ma tête. Ouais, complètement. Donc ouais, je crois que c'était principalement ça. Je regarde si j'ai oublié un truc, mais... Ah oui, j'ai oublié un grand truc quand même. Accessoirement, une carrière qui a vraiment du sens et qui sera vraiment développée à ce moment-là et qui offre... Moi, le but aussi, pour moi, d'un changement de carrière, c'est d'être au service et d'être au service de façon plus alignée. D'être au service de la société, ok, mais au sens large, au service du collectif, de faire un métier qui a du sens, qui utilise nos dons, mais qui répond aussi à un réel besoin et qui répond autant que possible au mieux, avec le plus d'intentionnalité, d'authenticité, de sincérité et de skills, si possible. Donc voilà, d'avoir un peu... d'avoir toute une partie de mon temps qui est aussi liée à ça. Parce que très souvent, les gens avec mon mode de vie me disent « Ah mais en fait, toi, t'as juste pas envie de travailler ! T'as envie de te tourner les pouces toute la journée ! » Ce qui me fait tellement rire parce que les gens qui me connaissent comme toi savent que c'est tellement loin de la réalité de ce que je suis. Non, mais donc voilà, aussi avoir un travail qui prend de la place, mais qui prend une belle place dans mon quotidien, dans ma vie.
- Speaker #1
Justement par rapport au travail, ces dernières années ça a évolué, t'es à ton compte, là t'as repris une formation, je sais pas si tu veux en parler. Il y a des moments du coup comme tu disais où t'étais en woofing, où tu es en woofing, donc c'est un rapport au travail, à l'argent qui est un peu différent d'un contexte classique où voilà on a un travail régulier, un revenu régulier, c'est pas la même chose et aussi par rapport au regard des autres. parce que je rebondis sur ce que tu disais et je le vis aussi de dire déjà les gens je généralise on va généraliser c'est pas grave certaines personnes en tout cas on a pu avoir des remarques déjà sur l'entrepreneuriat tout le monde ne comprend pas forcément ce que ça implique oui mais tu travailles de chez toi mais est-ce que tu travailles vraiment des fois c'est pas très clair puis les moments où t'as pas de travail officiel où tu voyages tu fais du woofing bah du coup Pareil, il y a un peu cet entre-deux de comment je prends ma place dans la société. Les gens me voient d'une certaine manière. Et quand tu as des envies de carrière un peu non conventionnelle, oui, ça peut beaucoup questionner. Du coup, comment toi, tu as pu te placer dans toutes ces aventures entrepreneuriales par rapport aux autres, par rapport à toi ? Parce que c'est vrai qu'on se définit beaucoup. dans notre société au travers du travail. Et comme tu dis, si t'as pas de travail, on considère que t'es saignant, que ci, que ça. Alors qu'en soi, déjà, rien que le fait d'être soi, d'exister, ça devrait être suffisant. Du coup, je suis curieuse d'avoir ton point de vue là-dessus, sur comment tu trouves ta place dans ce monde en ayant des envies non conventionnelles et des fois en n'ayant pas d'activité officielle, des fois en étant à ton compte, etc.
- Speaker #0
Haha, là aussi il y a plein de choses à dire. Je pense qu'il y a une grande première phase de déconstruction de croyances, d'état d'esprit. Voilà, c'est un principe qu'on trouve dans tous les textes spirituels, mais pas que. On n'est pas défini par notre travail. Si je te demande qui tu es et que tu me dis que je suis podcasteuse... Je ne sais plus comment dire en français, je suis haute de podcast.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Non, en fait. Tu n'es pas, c'est pas le verbe être, c'est tu fais un podcast, tu crées un podcast. Mais on est bien plus que ça. On n'est pas notre prénom, on n'est pas notre âge, on n'est pas notre genre, quel qu'il soit. On n'est pas notre place dans notre fratrie. Autre X définition auquel la société est habituée. Donc voilà, un grand travail déjà de déconstruction de ça, et de se rappeler qu'on a tous une valeur inhérente, en fait, et non négociable. Voilà, on vaut tous quelque chose tel qu'on est. On n'est pas seulement quand on aura lu 150 bouquins de développement personnel, et fait 42 psychothérapies, machin machin. Non. on vaut quelque chose tel qu'on est et juste essayons de faire le mieux avec ça je vais essayer de ne pas tomber dans une grande parenthèse là dessus parce que ça pourrait durer des heures donc le deuxième point pour répondre à ta question je pense que j'ai eu besoin d'une quête de sens de En fait, oui, je veux bien travailler, il n'y a pas de souci. Je suis toujours celle dans les équipes qui fait le plus de burn-out, qui prend le plus de responsabilités, qui rend les choses à l'avance, qui va poser des questions aux profs, qui rend le projet aux profs quand tous les autres veulent se cacher au fond de la salle. Donc oui, je veux bosser, oui, j'aime bosser. J'aime rester dans des recherches, le nez sur mon bureau jusqu'à 2h du mat et m'endormir le nez dessus, et ça, c'est pas le problème. Mais par contre... Il est hors de question que ces heures, elles aillent au service de quelque chose qui n'a pas de sens. Et encore moins de quelque chose qui n'apporte pas aux gens, qui n'est pas au service. Et encore moins au service de quelque chose qui me détruit. Donc vraiment, j'avais besoin de remettre mes aiguillages dans ma vie là-dessus. bien que je n'avais pas à la base non plus une carrière aussi destructrice que ça, je veux dire, les gens vont peut-être s'imaginer que je faisais un truc horrible, pas du tout, mais en tout cas je faisais quelque chose qui ne me correspondait pas. Donc j'avais quand même ce ressenti-là. Donc retrouver, voilà, essayer d'imaginer à quoi ça pourrait ressembler pour que tout ça, ça ait du sens, cet engagement professionnel. Explorer des alternatives aussi, parce qu'effectivement, je reste convaincue que le... Le Woofing, ça utilise un système qui est vieux comme le monde, le troc, et aussi le troc de temps, et l'échange de services et de connaissances. Toutes les autres plateformes, j'utilise aussi Wakaway, qui est moins centré sur l'agriculture, et qui, pareil, c'est la base plus ou moins d'un mi-temps de temps de travail que l'on offre, et on reçoit le gîte et le couvert. Ça peut être sur de l'éducation, de l'aide aux... aux soins des enfants, au contraire de retraités, une aide linguistique pour les gens qui veulent apprendre de nouvelles langues, il y a des gens sur des bateaux qui cherchent des équipiers, apprendre à gérer un voilier, c'est très varié. Je veux dire, il n'y a pas toujours eu de l'argent. Je ne sais pas pourquoi aujourd'hui on marche sur la tête et on pense qu'on a inventé la poudre et que ça a toujours été comme ça, mais... Réveillez-vous, le CAC 40, c'était pas là, il n'y a pas si longtemps que ça. Donc voilà, je pense que... Je ne choisis pas non plus forcément de tomber dans la version de « Ah mais l'argent ça vaut rien, je veux totalement le refuser, et c'est corrompu, c'est le mal, et... » Non, voilà, chacun sa route, mais celle-là n'est pas la mienne. Je pense que revoir son rapport à l'argent est aussi important. Ça a été aussi une déconstruction pour moi, d'arrêter de croire que les gens... Je pars un peu là sur une parenthèse, mais je pense que c'est important aussi.
- Speaker #1
Ouais, c'est vrai.
- Speaker #0
Et je m'en étais aussi notée, et je ne veux pas oublier. Moi, j'ai eu aussi un gros travail de déconstruction, comme ça, de... Non, l'argent, c'est pas le mal. Et tous les gens qui ont de l'argent ne sont pas forcément des psychopathes, complètement égoïstes et sans sensibilité. Et si on est riche, on est forcément une personne affreuse. Non, en fait. Si on a plus d'argent, ça veut aussi dire qu'on peut aider plus de gens. On peut faire des dons à des associations. On peut acheter un appartement à son pote qui galère plus que nous. Ça peut aussi être un agent de bien, en fait. Et je pense que ça, c'est vraiment très important. Surtout quand on est entrepreneur et que du coup, notre rapport à l'argent influe directement sur nos revenus et ce qu'on est capable d'accepter ou pas. en tant que paye-client, etc. Donc, voilà. Avoir envie d'avoir un rapport sain au travail, un rapport créateur, on va dire, et positif, et aussi à l'argent. Je ne sais pas si ça répond exactement à ta question. Si. Et je pense que c'est encore très en construction. De toute façon, je te dis ça là, maintenant, le 16 janvier 2026, mais c'est encore très en déconstruction. Moins en déconstruction, je pense, maintenant, mais très en construction. en tout cas pour moi encore, et voilà, et j'apprends au fur et à mesure.
- Speaker #1
C'est super intéressant. Oui, ça prend du temps, c'est pas évident, il faut déjà être ok avec soi-même sur tous ces points-là, et tout, et tout, mais c'est vrai que l'expérience du woofing ou du workaway, c'est hyper intéressant, de voir que oui, ta valeur ne vient pas que de l'argent, tu peux aussi échanger du temps à des connaissances, et que ça a autant de valeur. Donc, ouais, c'est super intéressant. C'est vrai qu'en étant entrepreneuse, il faut d'autant plus se poser ces questions-là parce que oui, tu vas facturer tes services, mais du coup, c'est toi qui fixes aussi ta valeur, ton expertise. Donc, il faut être aussi très au clair sur ces choses-là. Et j'aime bien ce que tu dis par rapport au fait qu'avoir plus d'argent, c'est aussi pouvoir aider plus. Et ouais, c'est clairement. Ouais, ouais. C'est vrai qu'on a beaucoup cette... On peut avoir cette vision de l'argent effectivement négatif. Si tu t'enrichis, c'est parce que t'as fait quelque chose de mal et tout. Mais tu peux aussi t'en servir pour faire des choses bien. Tu peux avoir un travail qui a du sens, qui impacte positivement le monde et du coup, gagner ta vie. Et inversement, si tu fais que donner mais que tu reçois pas, que ce soit de l'argent ou autre chose, c'est déséquilibré.
- Speaker #0
Juste pour rebondir, tu dis que c'est des questions qu'on ne se pose pas forcément de base. Et voilà, moi c'est un peu juste une chose qui me complexe aussi des fois un peu, c'est que oui, j'ai l'impression de prendre le temps tôt dans ma vie, entre guillemets, à mon âge. J'ai commencé à me poser ces questions-là vers 25 ans, maintenant j'en ai presque 10 de plus. Et c'est vrai que je suis beaucoup plus au clair que certaines personnes sur moi-même et sur tout ça, parce que je voulais éviter... de jamais me poser ces questions, de mieux me connaître, de mieux connaître mes valeurs, mes limites, mes envies, etc. J'étais pétrifiée par ce cliché de ces gens qui ne se posent jamais de questions, qui font tout comme on leur a dit de tout faire et qui, à 60 ans, pètent complètement un câble, divorcent, le prêt de la maison, c'est un cauchemar, qui doivent changer de carrière, qui ont trois cancers, deux ulcères, enfin voilà, vraiment, ça c'est un peu ma bête noire. donc je me suis dit non on va pas faire ça donc j'ai cette fierté entre guillemets d'avoir fait ce choix là et d'être à un jeune âge entre guillemets beaucoup plus consciente et de faire mes choix en conscience des fois les gens me le pointent d'ailleurs dans les voyages me disent ah j'aurais rêvé de faire ça à ton âge, c'est beau ce que tu fais, c'est bien, continue aussi là aussi l'envers de la pièce c'est que j'ai pas du tout le même statut financier ou de vie que plein d'amis qui ont mon âge j'ai pas du tout déjà une maison achetée déjà un appart acheté, des propriétés immobilières que je commence à louer j'ai pas du tout trois enfants j'ai choisi de faire les choses un peu à l'envers parce que je voulais avoir une vie de sens ça n'empêche qu'à certains moments ça me complexe qu'à certains moments j'ai l'impression d'être en retard qu'à certains moments j'ai l'impression d'avoir fait les choses à l'envers et que j'arriverai pas à faire les choses qui sont vraiment très importantes et avoir tous les enfants que j'ai envie d'avoir et d'autres choses donc là aussi encore juste un petit disclaimer de ma vie est pas parfaite non plus c'est aussi blanc et noir et il y a aussi une pièce avec le côté j'ai une question qui me vient que je pose de temps en temps
- Speaker #1
qui n'était pas prévue libre à toi d'y répondre ou pas c'est une question un peu personnelle aussi donc voilà, libre à toi d'y répondre ou non si ça t'inspire si tu devais te retrouver devant la Léa enfant ou ado la Léa en tout cas d'il y a quelques années qu'est-ce que t'aimerais lui dire est-ce qu'il y a un message que t'aimerais lui transmettre oui
- Speaker #0
ah j'aurais bien aimé préparer celle-là plus mais il y aurait tellement de choses à dire Qu'est-ce qui vient de vous ? De un, oui, j'aurais beaucoup de choses à lui dire parce que je suis très différente maintenant. Et consciemment. Ça a aussi vraiment été un choix au fur et à mesure de me dire « Ah non, mais en fait, j'en ai marre d'être comme ci, j'en ai marre d'être comme ça. Je veux changer ça. Je veux être le genre de personne qui est plutôt comme ci, plutôt comme ça. » Donc je me suis vraiment modelée presque comme de l'argile ces dix dernières années et je suis vraiment très différente aujourd'hui. Je vais fermer les yeux deux secondes et je vais essayer de te faire une réponse sans devenir trop émotionnelle. Voyons voir. Je crois que j'aimerais lui dire, peu importe à l'une ou à l'autre, enfant ou ado. Ado, je pense que enfant, j'étais vachement plus sûre de moi avant de perdre la confiance, etc. Lui dire qu'elle est vachement plus courageuse que ce qu'elle croit. qu'elle a beaucoup plus de force que ce qu'elle croit, même quand elle pense qu'elle en a plus, qu'elle est une réserve, comme un arbre avec des racines, et qu'elle trouvera toujours où aller puiser la force et aussi des ressources, qu'elle est beaucoup plus entourée que ce qu'elle croit aussi, qu'elle a des gens à qui elle peut demander du soutien, de l'aide, ou juste un coup de fil, si elle le veut, et qui seront ravis de répondre oui, autant qu'elle... elle est ravie de répondre oui quand il y a besoin et oui je crois juste que je veux dire que ça vaut le coup de choisir une vie et de construire une vie qui a du sens pour soi en fait parce que Oui, on peut toujours comparer et se dire « Oh là là, je gagne moins que Madame Michu, ma maison est moins belle que Monsieur Dupont, mon chien a un collier moins fancy que le voisin du premier étage. » Mais en fait, si à la fin de la journée, on est en accord avec soi, ses valeurs et ses envies, le reste... Enfin, en tout cas, je sais que si moi je finis ma journée comme ça... ça me va, et je suis contente d'être en vie, et je suis enthousiaste à l'idée d'avoir peut-être demain, une deuxième journée, une autre journée, pour être encore en vie, et après-demain, et après-demain, et que ça, en fait, c'est le plus précieux, et ce qui a le plus de sens. Et voilà. Peut-être que ce sera un peu titubant, et peut-être qu'il y aura des erreurs, et ce sera chaotique, et ce sera pas parfait, mais ça vaut tellement le coup.
- Speaker #1
C'est trop beau, merci pour ce partage. improvisé. Ah bah je suis contente de te l'avoir posé Et dernière question est-ce que tu as des ressources que tu aimerais partager, qui t'ont inspiré, qui t'ont accompagné sur ton chemin ça peut être des livres, des films des podcasts, tout ce que tu veux
- Speaker #0
Oui j'ai plein de trucs, attends
- Speaker #1
Tu as ta liste
- Speaker #0
Ouais j'ai ma liste que j'ai galéré à faire et qui est pas du tout complète en fait parce que c'est presque, ouais je me suis notée en rigolant que c'était presque la question la plus difficile Parce que c'est quelque chose de vraiment important pour moi, de vraiment très nourrissant, de consulter des ressources. Je suis très consciente de ma consommation en général, mais aussi de ma consommation de médias. Je pense qu'il y a vraiment une hygiène et une santé médiatique, on va dire, autant qu'il y a une hygiène et une santé alimentaire, etc. Donc voilà, là aussi c'est très intentionnel, ce que je lis, ce que j'écoute, ce que je regarde. Et du coup j'en ai plein et je vais déjà pas du tout réussir à tous te les citer mais je pourrais te renvoyer des trucs après peut-être à mettre dans la description du podcast. Avec plaisir. J'ai beaucoup beaucoup de choses sur les sujets de créativité, spiritualité, entrepreneuriat, routine, rituel, nature, psychologie, éducation, aussi éducation alternative. et après tout ce qui est sur le système nerveux et le travail somatique pour ne pas être que dans le mental j'ai eu la chance de travailler avec une petite entreprise qui s'appelle Regenerative Changemaking et qui bosse justement sur le burnout prévention et en curatif et qui considère que le burnout c'est l'équivalent du réchauffement climatique à l'intérieur de nous et qui fait plein de parallèles comme ça qui sont vraiment très beaux et c'est des gens qui ont bossé dans l'humanitaire à l'international, vraiment dans des grosses situations de crises et de conflits très très durs donc voilà, elles savent de quoi elles parlent ça c'est très chouette sur Instagram et sur Youtube il y a différents nomades que je suis il y a SheIsTheLostGirl Beth qui voyage en Angleterre je crois de base en van Nick aussi, Nick Roams sur Instagram qui voyage aussi en van avec qui j'ai fait une session en individuel sur Youtube il y a Cam Does It qui est australienne qui est nomade et qui elle bosse à la base elle est architecte mais elle s'est mise à faire de la création de contenu pour différentes marques dont elle aime les valeurs et maintenant voilà elle a sa propre création de contenu donc c'est aussi quelque chose que j'admire Jules A. Cree qui est, elle, pas nomade, mais entrepreneuse depuis longtemps, qui monétise avec du contenu sur notion, notamment des templates, etc., et qui, voilà, parle de la réalité de l'entrepreneuriat, de se créer des routines et de bosser à la maison. Des livres audio. J'écoute beaucoup de livres audio. En allant marcher, en faisant la cuisine, en faisant... En pliant le linge. Un très important, je trouve, c'est Lynchpin, de Seth Godin. J'ai... pas chercher la traduction en français mais voilà c'est sur la valeur de chaque employé en tant que tel au sein d'une entreprise et le fait qu'en fait si chacun devenait entrepreneur il aurait une valeur incroyable à partager au monde c'est un résumé très moche et très raccourci mais c'est écrit de façon vachement empowering, empouvoirante ouais empouvoirante qu'est-ce que ça te dit ? Steven Pressfield aussi a écrit des bouquins. En plus, un peu ronde dedans, qui s'appelle « Do the work, put your ass where your heart wants to be » , « Mets tes fesses pour être polie là où ton cœur a envie d'être » , qui te pousse à aller chercher vraiment tes objectifs. J'aime bien des fois comme ça, ça secoue un peu. voilà puis après plein de bouquins plus généraux, plus d'histoire ou spirituel, je sais pas si t'as lu The Boy, The Mole, The Fox and The Horse Le petit garçon, la taupe, le renard et le cheval. Non, pas du tout. C'est un bouquin pour enfants, à la base, mais qui est une poésie. Et juste là de dire ça, j'en ai des frissons, et vraiment de leçons de vie, en fait. Dit avec une légèreté que oui, tu peux le lire à un enfant de 5 ans et il s'endormira aux anges, mais en fait, toi, en même temps, tu prendras une claque. et t'iras te coucher en réparant une de tes vieilles blessures de trauma d'il y a 52 ans et voilà, et des bouquins comme ça que je relis et que je réécoute encore et encore et encore et qui je pense font du bien au long terme aussi voilà, ça c'est certaines choses je pourrais t'en repréciser d'autres et après je trouve que n'importe quelle ressource qui permet de plus se connaître soi surtout quand on veut être entrepreneur et qu'on est face à soi autant et qu'on ne peut pas faire autrement et que c'est un peu le but tout est utile toute ressource qui permet de se connaître mieux et d'être en paix avec ça et bonne apprenante trop bien,
- Speaker #1
merci beaucoup pour ces partages et merci pour ta confiance,
- Speaker #0
pour ce chouette échange merci beaucoup c'est souvent à moi que les gens se confient Je pense que je dois avoir une énergie comme ça. Voilà, je suis un bonbon, mais un peu trop, des fois. Au point de me retrouver dans le tram avec des gens qui me racontent leur vie pendant une demi-heure ou des trucs hyper perso. Mais du coup, je suis assez rarement moi dans cette situation-là, en fait. Qu'on me fasse moi parler. Donc c'est un exercice un peu intimidant. J'ai la sensation d'avoir été sincère, en tout cas. Et j'espère que ce que j'ai pu partager fera sens pour d'autres et amènera une pierre à l'édifice dans la construction, les idées ou le... Le chemin d'eau