- Speaker #0
Bonjour Marie, très contente qu'on ait pu fixer un petit moment pour parler aujourd'hui et pour se revoir en vrai aussi. Ça c'est super de passer des visios auprès de vous, c'est quand même différent. Ma première question que j'aime poser à mes invités, c'est de se présenter en parlant des valeurs. Parce que je pense que les valeurs c'est quand même un socle des fondations ou une boussole qui nous sert vraiment à orienter nos choix de vie.
- Speaker #1
après on parlera de ton parcours mais est-ce que tu peux déjà me parler de tes valeurs mes valeurs je trouve que c'est toujours un mot un peu fort qui me perturbe mais mes valeurs, je sais pas quels sont les mots qui vont dans valeurs le premier mot qui m'est venu moi c'est que je suis une utopiste donc voilà valeurs de l'humanité de la solidarité du faire ensemble de l'éthique aussi avec mon parcours dans l'environnement et le développement durable. Ouais, moi, je suis vraiment dans arriver à tout ce qui me guide, c'est comment on fait du lien, on prend soin et on arrive à faire ensemble. C'est ça qui me guide dans la vie, je crois.
- Speaker #0
Ça me parle beaucoup et effectivement, c'est grave en lien avec ton parcours. Et justement, j'aimerais bien qu'à un moment donné, tu me parles de tes voyages assez atypiques autour du stop, du sans-argent, etc. Mais avant ça, j'aimerais bien que tu reviennes sur qu'est-ce qui t'a amené justement à toutes ces expériences de vie assez atypiques. Est-ce qu'il y a eu peut-être un avant et un après ou est-ce que ça a toujours été cohérent avec ton parcours ? Si tu peux me résumer un petit peu ce qui s'est passé avant ces grands voyages qui t'ont amené à avoir cette vie non conventionnelle.
- Speaker #1
C'est clair. Moi, j'ai l'impression que quand je le regarde, tout est lisse. Mais ça, c'est parce que moi, je suis aussi une optimiste. Et donc, du coup, j'ai une tendance dans ma famille aussi. On a une tendance à oublier le côté négatif. Donc, tout me paraît à peu près lisse. Mais c'est vrai que moi-même, je me suis toujours demandé, j'aurais trop aimé revoir mes maîtresses d'école pour leur demander si elles auraient imaginé que j'aurais fait ça dans ma vie. Parce que je crois que personne n'aurait pu imaginer. Moi, j'étais un peu une gamine quand même plutôt timide. Souvent je dis que j'étais une plante verse. J'étais là, j'étais beaucoup dans l'observation. Et je le suis toujours, je pense que c'est une de mes qualités. Mais ouais, observer, pas trop prendre sa place. Ouais, t'imagines que moi ma première réaction, ça a été de développement personnel que j'ai pris en main. C'était à l'IUT, donc c'est Bac plus 3. Où j'ai osé pour la première fois de ma vie, me donner un coup de pied aux fesses en me disant allez tu vas lever la main pour prendre la parole en cours. ah oui ok je comprends tout à fait je suis un peu de ce genre là aussi c'est incroyable de dire qu'après aujourd'hui j'en arrive à un truc où je suis hyper à l'aise à parler ou aborder les gens alors que ça n'a pas du tout été mon cas pendant bien longtemps et du coup je crois que c'est un cheminement après moi je viens d'une famille aussi quand même on est des je viens d'une famille de commerçants sur les marchés moi je suis née sur les marchés donc du coup j'ai quand même toujours eu un peu ce truc où on m'a appris à parler aux gens, bonjour monsieur, dame, qu'est-ce que vous voulez, avoir le sourire, bon voilà, mon père disait tout le temps, on a le droit de tout dire mais avec le sourire, ce qui m'a valu des petites insolences à l'école parce que je disais les trucs, mais le sourire du coup c'était pas toujours bien pris de la part des profs, mais ouais c'est ça et du coup famille nombreuse aussi qui a fait que, et puis j'ai beaucoup voyagé avec mes parents. Et c'est vrai qu'on disait tout le temps aussi qu'on a voyagé très tard. Mais moi, à partir de mes 12 ans, on a voyagé. On faisait un voyage à l'étranger par an, ce qui est énorme, de deux semaines. Et en plus, on faisait des voyages où c'était mon père qui organisait. Et on essayait de ne pas être dans les sentiers battus. Et donc, j'ai déjà un peu appris à travers ça, même si aujourd'hui, je dirais qu'ils sont quand même un peu dans du voyage classique. Moi, j'ai été plus loin que ça. Mais voilà, il y avait toujours ce truc, on louait une voiture, on faisait des boucles, on allait visiter plusieurs choses, on essayait d'être au contact des gens. Donc déjà, je pense que si ça, je l'ai attrapé à cet endroit-là. Et puis après, moi, ça a été ma curiosité aussi, quoi, qui a fait qu'au fil du temps, j'ai été creuser et creuser pour faire encore différemment. Et que j'en suis arrivée à faire tous ces trucs un peu fous, quoi. Mais ça a été vraiment des étapes, quoi. Tu vois, l'autostade, je l'ai découvert la première fois. en 2015 en voyage en Écosse et c'est avec des potes, moi j'aurais jamais imaginé faire du stop, je crois que je connaissais même pas ce truc là et c'est vraiment, on voulait aller visiter et en Écosse t'oublies quoi t'as pas de train ça se fait un début hyper mal desservi louer une voiture on était étudiants on était jeunes on n'a pas les moyens donc un de mes potes qui avait déjà fait du stop avec son frère il nous dit bah si vous voulez on part en stop donc là je sais pas l'énergie commune a fait que on nous dit ok vas-y on y va on était quatre on avait deux équipes de deux et même on finissait par faire du stop à quatre ça va bien et on a fait du stop on a fait du coach surfing où on dort chez l'habitant gratuitement sur son canapé. Moi, je me suis pris un shot d'humanité là-dedans. J'ai fait « wow » . Et après, tu vois, j'ai continué en allant toujours un peu plus loin et en arrivant jusqu'à faire un voyage sans argent.
- Speaker #0
Mais du coup, de base, tu avais fait des études de quoi ?
- Speaker #1
Ouais, moi, j'ai fait des études dans l'environnement et le développement durable. J'ai fait des études un peu partout. Moi, c'était mes études... Je dis toujours, moi, je n'ai jamais su ce que je voulais faire dans la vie. j'ai toujours été jalouse des gens qui savaient quand ils étaient petits, moi je veux être pompier et puis ils devenaient pompiers et ils sont devenus pompiers je trouve ça incroyable parce que moi j'ai jamais su quoi et du coup j'ai suivi les études classiques j'ai fait S parce que ça va je m'en sortais à l'école j'ai toujours été moyenne mais ça passait toujours et après le lycée qu'est-ce que je fais quoi il y a grand question et du coup moi je pensais faire comme tout le monde aller faire du commerce parce que ça paraissait le truc de comme tout le monde et en fait j'ai eu de la chance c'est que ma soeur est passée avant moi et ma soeur elle a fait ce chemin commerce et entrepreneuriat et tout ça et elle m'a dit Marie je pense que vaut mieux te spécialiser dans un domaine et à la fin au pire tu refais un master dans l'entrepreneuriat dans le commerce et tout ça parce qu'elle me dit moi en vrai je pense que j'ai pas appris grand chose et vaut mieux être spécialisée dans un domaine je dis ok superbe et dans quel domaine donc je cherchais et puis c'est des rencontres Moi, mes parents m'avaient dit, ah oui, l'environnement, c'est l'avenir. Alors qu'ils n'en savaient rien du tout, je pense, mais voilà. J'ai dit, ok, l'environnement. Et moi, j'étais là, j'ai réfléchi. Puis, en tant que bonne blanche jeune française, je me suis dit, ouais, je vais aller apporter de l'eau aux petits Africains. Ça va être une bonne idée. Donc, je me suis dit, tiens, je vais faire un DUT dans l'eau et l'environnement. Et en fait, entre-temps aussi, j'avais rencontré un pote à ma sœur qui, lui, avait fait génie thermique et énergie. Et en fait, j'ai aimé sa personnalité. Ce n'était pas forcément ce qu'il faisait. J'ai aimé cet homme qui prenait de la place, qui était charismatique, qui parlait bien, qui sentait qu'il entraînait ses équipes. Enfin, tu vois, je sentais que dans ce qu'il racontait, en étant chef de chantier et tout ça, il y avait vraiment l'envie d'embarquer, de faire ensemble, de connecter les gens pour faire du bon travail, quoi, tu vois. Et vraiment, il y avait une posture, une envie d'être pas en supériorité, mais plutôt à horizontal, quoi. C'est fou parce que je ne m'en étais pas rendue compte là, mais en le disant, je me rends compte que c'est ça qui m'a embarqué quand je lui avais parlé. Et du coup, il m'a dit qu'il avait fait génithermique et énergie. Et donc, j'ai mis les deux et je n'ai pas été prise dans l'eau parce que j'avais une mauvaise prof d'ASVT qui ne m'aimait pas, qui m'a dit que j'étais insolente. Donc, j'avais des mauvaises notes. Donc, je n'ai pas été prise, mais j'étais prise en énergie. Du coup, je suis partie dans les énergies. Ensuite, j'ai pris l'opportunité de partir en Écosse. là c'était vraiment pour apprendre l'anglais aussi parce que c'était une grosse quiche en anglais vraiment, je le suis toujours mais un peu mieux C'est un peu plus facile. Et ensuite, après, je me suis dit, OK, les énergies, ce n'est pas mon délire. Déjà, c'était très masculin. Et puis, je ne voyais pas de sortie, à part faire du bureau d'études. Et moi, rester toute ma journée devant un ordinateur, ce n'était pas mon truc. Et je ne trouvais pas. Du coup, après, je me suis réorientée dans l'environnement. Après, j'ai fait les déchets. Et après, j'ai toujours découvert le développement durable, qui m'a passionnée. vraiment quand je me suis pris la claque du dérèglement climatique avec mes études, c'était un peu ok, wow, et puis c'était en même temps qu'il y avait le mouvement colibri qui prenait de l'ampleur, donc ça a été cool parce que j'ai trouvé un peu un moyen de dire ok, je peux changer ma manière de vivre, du coup j'ai commencé à changer par là, à réduire ma consommation de viande, mes déchets, enfin tu vois je réfléchissais à toutes ces petites parts du colibri, et ensuite, bah après je... j'étais bloquée, quoi, en fait. Au bout d'un moment, ok, j'ai changé beaucoup de choses, je me suis pris la tête avec ma famille. Il y avait tous les trucs classiques que les gens vivent dans ce cheminement, je pense. Et du coup, ok, j'essaye de m'investir dans des associations. Je me suis retrouvée à m'investir dans la politique alors que ce n'était pas mon truc, mais les choses de la vie n'ont fait que. Et du coup, après, le développement durable m'a vraiment donné une opportunité de réfléchir au niveau sociétal. Ah, ok, en fait, il y a aussi une responsabilité du politique, il y a aussi une responsabilité de l'entreprise. Et en fait, c'est tous ensemble qui créons ce schéma et qu'on peut en créer des nouveaux. Et ça, ça a été une lumière, quoi, parce que je m'en rappelle même à l'IUT, quand on a commencé les cours et les profs nous disaient, c'était hyper perturbant pour moi, parce qu'ils disaient, vous allez faire des métiers qui n'existent pas aujourd'hui. Et j'ai dit, ben c'est super, ok, vous nous accompagnez dans des trucs où on ne sait pas ce que ça va être, C'est en raison des choix. Des fois, en disant ça, ils ont posé la graine de c'était possible qu'il y avait des nouvelles choses qui allaient émerger et qu'on allait pouvoir faire de nouveaux trucs, quoi. Et donc, du coup, tout ce cheminement, je pense, ça m'a fait dire aussi, ah ok, c'est possible de faire autrement, quoi. Et donc, du coup, pour moi, ça a nourri mon espoir, quoi, mon utopisme qui, des fois, était un peu bien ratatiné, quoi, avec tout ce qui se passe, quoi. Et donc, voilà, du coup, ça a nourri mon cheminement de me dire, ok, il est possible de faire autrement. Et c'est tout un schéma, quoi. Donc, ça m'a rassurée sur tout ce qui pouvait être imaginé.
- Speaker #0
Mais justement, est-ce qu'après tes études, tu as travaillé en tant que salariée dans ce domaine-là ou pas ? Parce que l'une de mes questions, c'est justement, pourquoi l'entrepreneuriat ? Parce que tu... Voilà, je sais que tu as beaucoup de différents projets, etc. Tu es plus dans cette veille entrepreneuriale. Et je me demandais, du coup, si justement tu avais travaillé avant dans le salariat ou pas. Et pourquoi ce choix de l'entrepreneuriat qui n'est pas anodin ? Parce que... Enfin... Ça peut faire beaucoup rêver, il y a des choses très positives. Pour le vivre aussi, ce n'est pas si simple, donc c'est un vrai choix assumé.
- Speaker #1
Non, je n'ai jamais travaillé en tant que salariée. Du coup, pour rappeler, mes parents sont commerçants sur les marchés, donc ils sont entrepreneurs et ils sont à leur compte. Donc déjà, j'ai vécu que ça et toute ma famille est là-dedans. Et donc du coup, déjà, je connais ça, donc je pense que déjà, ça influence. Et ensuite, moi, quand j'ai fait mes stages à l'école, mes stages en entreprise, ça ne m'a pas plu, quoi. Faire du 8h, 18h, alors que je me faisais chier la moitié du temps et j'étais sur Facebook ou je faisais d'autres conneries à côté, alors que j'avais qu'une envie, c'est de mettre mes baskets, d'aller courir ou d'aller voir une conférence ou d'aller participer à un endroit plutôt que de me faire chier à cet endroit-là, quoi. Et du coup, c'est vraiment, je me suis dit, ah non, mais ça, j'y trouve, je ne m'épanouis pas là-dedans, quoi. Ça ne me fait pas kiffer, quoi. Et donc du coup c'est vrai que pour moi ça a été très peu envisageable je crois dans ma tête d'être salariée. Et du coup ça c'est un peu un de mes challenges je pense, peut-être qu'un jour j'essaierai d'être salariée pour voir ce que ça fait vraiment. Mais voilà et du coup après tout de suite ça a été la fin des études et donc comme à la fin du lycée ça a été la question de qu'est-ce que je fais de ma vie. Gros blanc et là je me suis dit, j'avais vu une offre d'emploi donc j'avais postulé, j'ai postulé, j'ai vu l'entretien. C'était une offre d'emploi pour, c'était, comment il s'appelait ? Le CPI, je crois, je ne sais plus. C'était une association qui accompagne les jeunes. Et du coup, là, le truc, c'était de former des ambassadeurs de l'énergie dans les collèges.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Pour qu'ils prennent ça en main. Et donc, j'ai postulé. Et en fait, je n'ai pas été prise. Il y avait une personne qui était meilleure que moi et qui avait un tout petit peu plus d'expérience que moi. Du coup, ils l'ont prise, elles. Mais c'était trop mignon parce qu'ils m'avaient dit, ça m'a... Mon ego était content. Je lui avais dit qu'ils étaient partants pour moi. Du coup, je me suis dit que je n'aimerais pas juste faire de l'énergie. J'aimerais que ce soit tout le développement durable qu'on fasse à l'école. Je me suis imaginé le projet de former des ambassadeurs du développement durable dans les écoles. J'ai bossé là-dessus et vu que je n'ai jamais fait d'entrepreneuriat, je savais que c'était seul, que ce n'était pas facile de se lancer. Donc j'avais tout qui était beau dans mon ordinateur, j'avais mes petits points en feuilles, tout machin, tout était prêt. Mais pour se lancer, ce n'était pas facile. Et du coup, c'est là où j'ai trouvé un service civique qui proposait à peu près les missions que j'avais envie de faire, donc avec les éco-délégués. C'est comme ça que je suis partie faire un service civique, pour tester mon projet. Et puis bon, je me suis retrouvée dans l'éducation nationale. Je me suis dit que j'allais commencer par les collèges. Je me suis dit, si je fais les collèges, j'aurais fait le plus dur. Donc je serais capable de faire le lycée et l'université. Bon, terrible erreur, je pense. Mais bon, du coup, ça m'a un peu dégoûté de l'éducation nationale. Je me suis dit que les enfants, ils n'avaient pas besoin. En fait, ce n'était pas eux qui avaient besoin, c'était les profs. Et il y avait surtout besoin de faciliter les dents entre les profs et l'administration. Et qu'il y avait moyen de montrer qu'on pouvait faire une éducation autrement parce qu'il y avait des profs qui avaient envie. d'autres qui n'avaient pas envie et du coup de voir ces interactions moi c'est ça qui m'a un peu passionnée j'ai plus pris part à organiser des réunions pour eux pour les aider à réfléchir à pouvoir porter des projets communs et tout ça parce que les élèves je faisais des cours avec eux sur le développement durable et tout ça et je sentais que en fait ils déjà c'était dans leur conscience quoi avec l'école ils avaient déjà ça Et puis que je me suis dit qu'il n'y avait pas de modèle économique aussi avec l'éducation nationale. Je me demandais comment j'allais gagner de l'argent avec ça. Oui,
- Speaker #0
c'est ça le problème.
- Speaker #1
Et puis que c'est un énorme mastodonte. C'est une machine, tout le monde se renvoie là-bas. Ah non, mais c'est là-haut, ah mais c'est là-haut. Ah ben non, on ne peut pas faire ça parce que c'est là-haut. Je fais non, mais arrêtez avec votre fait là-haut. Je sais qu'on peut quand même faire des choses là, même si ça n'a pas tout été validé là-haut en fait. Donc voilà, et ça du coup, ça a été ma première expérience, mais qui n'étaient pas de l'entrepreneuriat déguisé. Et après, il y a eu le Covid. Et là, du coup, c'est là que j'ai inventé mon voyage de partir faire le tour de France. Parce que du coup, c'était OK, ça allait être la fin de ce contrat-là. Donc qu'est-ce que je fais par la suite ? Je suis en train de me dire, bon, ça va pas, c'est pas ce truc-là, c'est pas là où j'ai ma place, c'est pas là où j'ai envie de l'avoir. Et donc j'ai réfléchi à ce que je voulais faire, et c'est là que j'ai découvert aussi l'outil Ikigai, et que j'ai réfléchi à la première fois de ma vie, je me pose la question de qu'est-ce que j'aime faire dans la vie. Et une question tellement difficile, tellement difficile, j'ai mis une semaine, je crois, avant de me poser des mots dessus. Parce que je savais pas. Du coup, j'ai sorti des mots, mais très classiques. Alors, qu'est-ce que j'aime faire ? Alors, j'aime voyager. Pourquoi j'aime voyager ? Parce que j'aime rencontrer des gens, découvrir de nouveaux paysages. J'adore boire des coups avec mes copains, refaire le monde. Je suis partie de trucs simples. Après, la question, ce dont le monde a besoin, que les gens changent. Sauf que les gens, on ne les change pas. On peut changer que soi-même. Donc, qu'est-ce qui m'a fait changer ? Les documentaires. Et donc, du coup, je me suis dit, OK, où est-ce que j'ai envie de vivre en France ? Je ne sais pas. Je sais que je veux vivre en France. Je ne connais pas mon propre pays. C'est un super moyen. Et puis, je me suis dit, OK, pour changer le monde aussi, un déner de la guerre, c'est l'argent. En tout cas, notre rapport à l'argent. Et donc, du coup, c'est là que je me suis dit, OK, je vais partir faire un tour de France en autostop, sans argent, pour tourner un documentaire. Ça,
- Speaker #0
c'est assez fou. Déjà, c'est drôle parce que tu dis que c'est les premières fois à ce moment-là que tu te posais vraiment la question de qu'est-ce que tu aimes faire, qu'est-ce que tu as envie de faire. J'ai quand même l'impression que tu avais beaucoup de réflexions et de questionnements même avant ça. Après, c'est peut-être le fait de le voir aujourd'hui, de dire oui, effectivement, ça a du sens. Et peut-être que sur le moment, tu ne le conscientisais pas. J'ai quand même l'impression que c'était très cohérent et qu'il y avait déjà plein de choses en toi. Donc, je pense que tu étais déjà très consciente de plein de choses tout au long de ta vie. Mais oui, du coup, parle-nous de ce voyage parce que c'est quand même un gros challenge. Le rapport à l'argent, rien que d'y penser, ça m'angoisse de me dire « Ok, je vais partir, je vais dépendre des autres, je vais devoir demander. » Alors que même avec mes amis ou ma famille, des fois, ça me gêne qu'on m'héberge. « Je suis là, mon Dieu, je suis tellement reconnaissante. » Enfin, voilà, ce n'est pas évident et je pense qu'il y a beaucoup de gens qui galèrent avec ça. Et en stop aussi, ça implique la confiance, le lâcher prise. Moi, je n'en ai pas fait énormément de stop dans ma vie, mais j'en ai fait quand même un petit peu. Et c'est vrai que c'est flippant au début, après ça va mieux. Mais ça reste un truc changeant, comme on disait, qui est plus facile pour moi de le faire en voyage parce que je suis déjà dans cette vibe. Et au quotidien, j'aurais besoin des fois de faire du stop. Parce que j'ai pas de voiture et tout ça. Et là, c'est un peu plus difficile de faire confiance, de lâcher prise. Il y a plein de peurs qui sont nourries par plein de choses. Donc, toi, comment tu l'as vécu ? Est-ce qu'il y a eu des moments marquants ou des apprentissages ? Des choses qui ont vraiment changé ta perception des choses ?
- Speaker #1
Oui, beaucoup de choses. Ça me donnait envie quand même de te reparler du début de quand j'ai fait la première fois du stop-sale. Parce que la première fois, c'était avec mon groupe d'amis. Ensuite, on devait le refaire en Écosse. Ils m'ont posé un lapin en disant non, on n'a pas fini de faire nos devoirs et tout. J'étais énervée. Et je me suis dit, et c'est là où je me suis dit, j'ai eu une prise de conscience. Je me suis dit, mais est-ce que je vais devoir attendre toute ma vie les autres pour pouvoir faire des choses ? Et ça, ça m'a foudroyée. Et j'ai dit non. La rebelle en moi s'est révélée. Et j'ai dit non, non, non, non, non. Pas de question. Je vais faire. je vais aussi faire par moi-même et donc là j'ai passé toute la journée la nuit à lire des blogs de femmes qui étaient parties seules en autostop pour voir à quoi il fallait faire attention comment ça marche et tout ça donc j'avais lu plein de trucs la recommandation c'était pas de mettre de pancarte comme ça c'est toi qui demande à la personne en premier où est-ce qu'elle va se permettre de sentir il faut prendre en photo la plaque d'immatriculation ou la retenir et envoyer à des amis les plaques d'immatriculation donc avoir tenu des gens au courant qu'est-ce qu'il y avait je sais plus il y avait plein de trucs mais en fait c'était trop drôle parce que du coup je me suis dit ok c'est bon c'est parti j'ai fait mon sac le lendemain matin j'avais organisé un peu la boucle que j'allais faire et pareil j'avais rien réservé j'avais regardé juste j'avais vu qu'il y avait des auberges de jeunesse là en gros je partais sur 3 jours et c'était déjà hyper challenge c'était chaud J'ai pas beaucoup dormi. Le matin, j'ai dit, allez, on réfléchit pas. On y va. J'ai pris mon sac à dos. Je suis montée dans le bus pour sortir de la ville. Je sors. Je suis plus loin. Je sors. Et là, je te jure, j'ai passé 20 minutes avant de lever le pouce. Je regardais les voitures passer. Je me disais, mais qu'est-ce que je fais ? Je vais pas faire ça, quoi. C'est bon, tourne dans le jour.
- Speaker #0
Les premières minutes sont difficiles. Ah ouais. C'est pas évident de se lancer.
- Speaker #1
C'est la honte C'est moi en plus du coup, à un moment donné, j'ai dit allez, et là je lève le pouce et je souris, et là je redescends le pouce, mais ça a vraiment duré deux secondes de le voir lever le pouce, et je souris, et dans ma tête je me dis, oh là peut-être c'est trois guichards de sourire. T'imagines la réflexion sur le monde dans lequel on vit, sur le féminisme, c'est incroyable comme réflexion. Et donc je redescends, sauf que trop tard, une voiture s'est arrêtée. Ah oui, un truc à la propague. Ah non mais hyper rapide. La voiture s'est arrêtée, j'avais dit je monte pas dans une voiture si c'est un mec, c'est un mec. je devais prendre la plaque d'immatriculation en photo, je ne l'ai pas fait, je suis montée dans la voiture, je n'ai pas réfléchi, je suis partie avec et finalement le mec était hyper gentil, il m'a arrêté de me donner des pastilles pour la gorge parce que j'étais malade et puis après j'étais partie, je n'avais plus le choix et c'est y aller, c'est parti du coup c'était important de dire que même à chaque fois que je repars, j'ai toujours un moment d'appréhension, un peu de crainte, un peu de peur mais à chaque fois c'est le premier contact Et ça me rappelle un peu une anecdote. En fait, souvent, on oublie que quand on a appris à faire du vélo, on est tombé plein de fois. Mais on recommence. Là, c'est la même chose pour le stop. C'était de dire, OK, je refais, je refais, je recommence. Et après, ça devient une habitude. Et c'est naturel. Et maintenant, moi, pour mes trajets du quotidien, les gens sont fous à chaque fois qu'ils m'écoutent. On me dit, moi, je vais prendre le train. Je vois l'organisation que ça demande. le temps d'attente que ça demande et tout ça, alors que moi je leur dis bah non attends, je vais pas me faire chier, je vais sur le bord de la route je lève le pouce et puis c'est bon, ça part c'est tellement plus rapide et du coup c'est ça où je suis contente aussi avec les animations que je propose, c'est que maintenant ça devient vraiment dans la tête des gens que j'accompagne vraiment un mode de transport comme un autre où on peut le prendre et donc ouais, sur la confiance la peur bah ouais, il y en a plein, sur apprendre la dépendance en effet Et ça qui est super beau, c'est qu'en fait, on apprend à travers cette manière de voyager l'interdépendance plutôt que la dépendance. Et qu'on a tous besoin des uns et des autres. Et les autres ont besoin de nous. Et comment c'est ça, ça se fait ces échanges-là. Et du coup, c'est ça que ça m'a appris ce voyage-là aussi. À donner, à recevoir et à rendre d'une autre manière que la manière conventionnelle dans laquelle on m'a appris où il faut qu'il y ait un échange monétaire. Et donc là, c'était comment est-ce qu'on fait nos monétaires. Et ça m'a permis de me rendre compte aussi de tous les endroits où il n'y a pas de monnaie qui sont en jeu. Et pourtant, ça a tellement de valeur. Tu vois, moi, vraiment, les gens me disaient merci avant que moi, j'ai le temps de leur dire merci, que ce soit un stop ou que les gens qui m'ont hébergé ou qui m'ont donné de la nourriture, même les gens qui m'ont donné de la nourriture, me disaient merci. Je me disais, mais non, c'est à moi de dire merci. Là, c'est moi qui vous aide, tu vois. Et je trouve que là, ça rouvre des portes sur comment on peut faire autrement, justement, parce qu'il y a vraiment tout plein de choses dont on ignore. Et donc... Moi, je suis partie sur la phrase, on me disait, on ne peut pas vivre sans argent. J'avais envie de prouver que ce n'était pas vrai. Ce n'est pas aussi simple que ça. Oui, ce n'est pas aussi simple que ça. Mais ce n'est pas vrai, par contre. Et donc, du coup, ça ouvre tout un champ des possibles qu'on n'imaginait pas, en fait. Et donc, aussi, de se rappeler, c'est quoi ces petites choses qui rendent la vie riche aussi, quoi. Et on a besoin de liens. On a besoin d'entendre, d'avoir des jolis compliments. On a besoin qu'on nous offre des trucs ou que nous, on offre des trucs. Moi, j'ai vraiment appris aussi sur la route de donner, c'était facile pour moi. Recevoir, c'était trop dur. C'était comme s'il y avait cette notion de réciprocité aussi. Je suis obligée de rendre derrière. Je ne sais pas si je vais rendre à la même hauteur, si ça va être satisfait, est-ce que ça va bien marcher. Et donc, ce voyage m'a appris à quel point, des fois, il n'y avait pas besoin de grand-chose pour pouvoir rendre l'appareil. Mais vraiment, un sourire. juste d'avoir écouté la personne enfin on stoppe on s'en rend compte beaucoup on devient très rapidement des psy hein les gens des livres quoi mais même moi j'en profite aussi pour sortir des choses que je sortirai pas forcément dans mon quotidien à des gens que je connais pas et ce qui est c'est ça la magie aussi des voyages comme ça où je suis devenue addictive c'est que vraiment un truc de la vie t'accompagne quoi moi toutes les fois j'avais des questions des choses j'ai rencontré des gens qui m'ont donné des réponses qui m'ont éduquée où j'ai eu des situations qui m'ont aider à débloquer ce sur quoi j'étais bloquée à l'intérieur de moi. Donc voilà, je dévie un peu, il y avait plein de choses en question, donc je ne sais pas trop où...
- Speaker #0
C'est super intéressant, je trouve ça fascinant, mais justement, peut-être sur des aspects un peu plus concrets, ok, le stop, je visualise, tout ça, j'en ai déjà fait, donc voilà, je vois l'échange qu'il peut y avoir, comment tu le fais concrètement, mais du coup, tu logeais aussi, l'idée c'était de trouver des logements... sans payer, sans réserver, sur la route. Et du coup, concrètement, comment tu le sais ?
- Speaker #1
Oui, c'est vrai, concrètement. Et bien, pour l'hébergement, du coup, pour moi, c'était de faire des échanges de services. Donc, c'était dormir chez l'habitant. Et moi, c'était l'objectif de mon voyage. C'était de rencontrer les gens aussi. Moi, j'avais envie de rencontrer les... Un peu, c'était mon truc, c'était de rencontrer les héros du quotidien. Parce que souvent, on va voir toujours les mêmes personnalités et tout ça. Sauf que moi, je sais que les gens du quotidien, ils vivent des trucs de ouf et ils se dépassent. Et il y a des choses à valoriser, quoi. Et donc, du coup, j'avais vraiment envie de rencontrer les gens du quotidien. Et donc, comment je faisais ? Alors, il faut savoir qu'à 50% du temps, à plus de 50% du temps, je trouvais l'hébergement en autostop. Parce que quand je racontais aux gens, parce que du coup, salut, tu fais quoi ? Je fais un tour de France, sans argent, pour tourner un documentaire. Donc là, j'ai une histoire à raconter. Et ça aussi, c'est quelque chose qui marche, d'en trouver les échanges, en fait. On aime beaucoup les histoires, en fait. Donc quand tu as une histoire à raconter, on tourne aussi plus facilement des portes. C'est pour ça aussi la notion de rêve, qui est très importante. Je ne vais pas dévier. D'avoir un rêve, ça permet aux gens de pouvoir t'aider, de te donner, et que tu puisses recevoir. Bref. Et donc du coup je demandais aux gens, donc je leur disais ça, donc il y en avait même sans demander naturellement, ils disaient ah bah moi j'ai une chambre à la maison, viens donc, viens passer du temps, donc bah trop cool, facile, donc vraiment à plus de 50% c'était comme ça. Sinon je demandais, je disais bah sinon est-ce que vous, vous auriez de la place chez vous ? Et sinon dans la rue, bah j'arrêtais les gens et j'allais les voir, ma tactique c'était de dire, d'abord de poser une première question, est-ce que vous habitez ici ? Pour d'abord faire un premier lien. et donc les personnes disaient oui, non et puis après ils disaient pourquoi et donc là je leur disais, je fais un tour de France vraiment au bout d'un moment mon pitch était toujours le même, je le connais encore par cœur c'était je fais un tour de France sans argent pour voir comment on peut faire autrement et donc du coup je suis allée à la recherche dans l'hébergement pour ce soir, je cherche un bout de canapé de carrelage pour pouvoir dormir et en échange si vous avez besoin d'aide pour du jardinage, bricolage, ménage voilà si je peux vous aider en échange chez vous sur des choses que vous n'avez pas le temps de faire et que moi j'ai tout le temps donc c'est ça ma richesse donc si je peux offrir un bout de ma richesse à vous bah c'est ça quoi et donc donc voilà et vraiment j'ai eu très peu de non très très peu ah
- Speaker #0
ouais non mais j'ai très très très peu j'ai le pâté parce que il y a une proposition quand tu fais du stop je l'imagine plus parce qu'il y a déjà un dialogue qui s'est effectué les personnes se sont arrêtées donc Elles ont aussi accepté de te faire entrer dans leur espace à un temps donné. Mais dans la rue où on est sollicité souvent par différents types de personnes pour différents types de raisons, où il y a beaucoup cette peur aussi de l'autre, qu'il nous arrive quelque chose ou qu'on vient nous embêter, où chacun est un peu dans sa bulle. Et du coup, c'est vrai que ça va me surprendre que tu puisses aborder les gens et leur demander un truc aussi intime aussi. parce qu'entrer dans l'espace les appartements des gens c'est... C'est très conséquent. C'est beaucoup plus que d'entrer dans une voiture. Et qu'ils puissent dire oui, je suis surprise.
- Speaker #1
Oui, parce que je pense qu'aussi, il faut rajouter à ça tous les privilèges que j'ai qui permettent d'ouvrir des portes aussi. C'est-à-dire que je suis jeune, je suis blanche, je suis une femme, je suis petite, pas très grande, blonde, les yeux bleus. J'ai un max de privilèges. Je sais parler correctement. J'ai aussi une grande sécurité psychologique. qui fait que, aussi, je suis dans la protection et du coup, c'est pas que je m'amende à quelque chose, en fait. Et puis ça, c'est quelque chose d'important pour moi de vérifier que je n'obligeais pas les gens à quelque chose et de savoir aussi que moi, j'ai le droit de dire non. Et ça, c'est très important dans un voyage comme ça. J'ai très appris moi qui ne savais pas dire et qui en suis en adaptation. Du coup, c'est pour ça aussi que ça a été un voyage passé pour moi parce que je sais très bien m'adapter. Je comprends les codes des autres et je sais m'adapter et avoir les mêmes codes qu'eux. Du coup, ça m'a permis d'aller chez tout le monde. Ça a vraiment du... Du squat au milliardaire, quoi. Enfin, tu vois, vraiment, il y a les partout. Parce qu'aussi, je ne fais pas peur. Parce qu'aussi, j'ai une posture où j'arrive, je suis souriante, je suis ouverte. On ne sent pas de crainte, en fait. On ne sent pas que je vais prendre quelque chose chez eux, quoi, en fait. On sent que je vais apporter quelque chose parce que j'ai envie de partager, j'ai envie de découvrir. Et ça, ça se ressent. C'est comme on stop, on ressent les choses, quoi. Et donc, du coup, bah, tout ça... ça fait que les gens ont perdu leur barrière. En fait, j'ai fait descendre leur barrière de sécurité très rapidement parce que j'arrive avec aussi un respect de la distance avec laquelle je parle aux gens. Et puis voilà, on me voit dans la rue, on ne voit pas que je suis quelqu'un qui pourrait être méchante. Donc tu vois, ça aussi, c'est beaucoup de choses qui aident et vraiment, on se rend compte, c'est l'ouverture. Je suis là, je suis souriante et je suis prête à recevoir et à donner. Et bah ça se sent en fait, et c'est pour ça qu'il y a très peu de
- Speaker #0
je pense et puis parce que c'est aussi en fait on a tous les jours, on les a pas ces demandes là c'est quand même un peu surprenant c'est audacieux c'est audacieux et du coup tu te prends un peu quoi et pourquoi moi tu vois il y a aussi une façon de valorisation d'aller demander quelque chose à quelqu'un ça c'est aussi beaucoup ce que je me suis rendu compte sur la route aussi de voyager dans les classes sociales différentes et tout ça et Et cette importance aussi d'être reconnue comme je suis, d'être entendue, d'aller me demander quelque chose. Un geste super beau à faire, c'est pas demander à quelqu'un dans la rue, quelqu'un qui semble ne pas avoir grand-chose, un SDF ou quoi, demande-lui quelque chose. Tu vas voir le sourire que ça va lui apporter, il va se sentir utile, il va se sentir « Ah, je peux servir à quelque chose ! » On a tous besoin de se sentir utile et de servir à quelque chose. Et du coup, je pense que c'est... C'est des petites ficelles comme ça qui permettaient que les gens ouvrent la porte. Et j'ai frappé aussi aux portes. C'est pas que de demander, de se demander si je frappais à la porte.
- Speaker #1
Oh, mais l'audace comme ça.
- Speaker #0
Ouais,
- Speaker #1
ouais, ouais, ça demande pas mal d'audace.
- Speaker #0
Mais c'est vraiment aussi apprendre à recevoir le oui, à recevoir le non, quoi. Quand tu vois les gens qui disaient non, c'était merci pour ton nom, quoi. C'était merci, c'est très gentil. Il y en a même, tu sais, ils sont sortis de chez eux, ils ont fermé la porte. Du coup, la crainte. Et on a papoté une heure devant chez eux. Voilà. Bon, après la fin, ils ne pouvaient pas m'héberger, je partais. Mais il y a quand même des trucs incroyables qui se passent, quoi, en fait. Et c'est comment, justement, apprendre à... Moi, comment je fais gaffe aussi à mes barrières que je mets et comment j'ai conscience des barrières des autres et je les respecte aussi. Et ouais, du coup, apprendre à recevoir un oui et un non, un vrai oui et un vrai non. Et moi, de dire un vrai oui et un vrai non, c'est un sacré apprentissage aussi sur la route
- Speaker #1
Mais justement, les gens qui t'ont reçu, comment eux, ils l'ont vécu ? Je ne sais pas si tu en fais des retours sur qu'est-ce qui les a poussés à accepter ? Comment ils ont réagi ? Est-ce que ça leur a apporté ?
- Speaker #0
Je ne sais pas, des retours exacts, ça serait bien d'aller les redemander, que ce soit vraiment à qui ils demandent, parce que bien sûr, ils ne vont pas dire la même chose, peut-être certainement. Mais en tout cas, il y a eu de tout. Il y a eu des gens qui n'étaient pas à l'aise. Il y en a eu qui se disaient, j'ai jamais fait ça. Comment ça fait ? Comment on fait ? Je disais, t'inquiète, juste rien. Si t'es dans l'endroit où je peux faire mes affaires, c'est à moi. C'était aussi à moi de les mettre à l'aise aussi. Donc, ça, c'était aussi un sacré travail sur l'inclusion aussi, comment on fait les uns avec les autres. Mais ouais, les gens, ils ont... Il y en a, ils ne savent pas pourquoi ils ont accepté. enfin tu vois je pense qu'ils ont senti quoi qu'il y avait un truc qui les appelait, il y en avait ils étaient curieux de mon histoire tu vois de Parce qu'il y a aussi cette notion, dans les pays arabes aussi, il y a pas mal ça, dans la religion aussi, c'est d'accueillir l'étranger, on offre l'étranger. En fait, c'est pareil, d'avoir une nana avec un sac à dos sur le dos et qui est partie faire un tour de France, ça lui, la curiosité, quoi. Et donc, c'est comme un livre qu'on va ouvrir, là, c'est un livre humain, quoi, que j'arrivais, j'étais un livre humain pour les gens. Du coup, il y avait ce côté où je renvoyais une notion de liberté aux gens et qui avaient besoin de ça. et donc diront bah Au lieu d'aller acheter un livre, là, ils avaient quelqu'un qui pouvait rentrer chez eux et leur apporter une dose de liberté. Et donc, du coup, je pense que ça aussi, ça a fait que les gens m'ont accueillie. Il y avait des gens parce que c'est leur manière d'être, parce que c'est des gens qui donnent, c'est parce que c'est des gens qui sont aussi dans l'entraide, des gens qui ont connu la galère et qui savent ce que c'est. Donc, du coup, ils hébergent aussi. Et après, j'ai eu plein de belles histoires de gens qui sont partis ou j'ai été un peu une petite... Ça, c'est pour mon égo. petite belle étincelle pour eux, quoi, où c'est comme eux, ils sont tombés à pic dans ma vie, moi je suis tombée à pic dans leur vie aussi, quoi. Bah, notamment, j'ai l'histoire, là, qui me vient, c'est ma coloc, dans laquelle je suis aujourd'hui, c'est une coloc qui m'a hébergée sur ma route.
- Speaker #1
Ah ouais ?
- Speaker #0
C'est comme ça que je suis dans cette coloc, en fait, j'étais en plein Covid, je sais plus, c'était confinement ou je sais pas quoi, mais en tout cas, il y avait personne dans les rues, on m'a déposée, il était 19h, et là, je vois une nana avec une voiture au fond, donc là, je fais, bon, j'y vais ! Pas le choix, c'est là que ça a commencé à devenir la merde. C'était l'hiver, la nuit commençait à tomber. Et donc, j'y vais. Elle fait tomber son oignon. Je ramasse l'oignon. Elle ne m'a pas vu. Je lui apprends l'oignon. Donc, je lui fais peur. Je dis, pardon, pardon. Et puis après, du coup, j'y demande. Et elle me dit, pas de souci. J'habite à côté. On a des canapés à la colloque. Tu peux venir. Et en fait, je suis tombée dans sa vie à un moment où elle, elle était séparée de son copain. une campagne où le monde se renouvelle pas beaucoup et donc du coup toujours les mêmes connaissances et donc du coup j'ai apporté une nouvelle brèche et moi c'était pile un moment de ma vie aussi où j'étais dans mon voyage en train de me dire ça fait longtemps que j'ai pas eu une amitié forte quoi où j'ai une meilleure amie quoi où j'ai un super contact quoi baby ça a rencontré on s'est apporté ça toutes les deux quoi dont et donc on est resté en contact et donc aujourd'hui je suis dans cette coloc mais voilà je sais qu'il ya des moments j'ai des gens il y en avait une elle était avec son mari et elle était vraiment en train de s'ouvrir à tenter de nouvelles choses mais elle en avait très peur elle osait pas et du coup de m'avoir rencontré ça a été un déclic aussi pour elle de se dire putain mais je peux je peux quoi et après m'avait envoyé des photos de son nouveau job de ce qu'elle avait quitté tu vois il y avait vraiment des connexions où les gens ça leur apporte et voilà.
- Speaker #1
Et en auto, ça leur a strictement à l'importer, je pense.
- Speaker #0
En tout cas, je pense que si parce que d'ailleurs, c'est toujours le truc d'aller raconter à d'autres. J'ai accueilli quelqu'un chez moi mais ouais, voilà, il y a quand même des... C'est des petits trucs, tu vois, genre juste aussi même des fois, des gens qui m'ont juste offert un café. Bon, je ne bois pas de café mais qui m'ont offert un thé. Oui. Tu sais, c'était comme si je leur renvoyais une dose d'amour, une dose de liberté, une dose d'élan Et donc ça, c'était un peu mon job, en fait. Tu vois, c'est comme si c'était un job, quoi. C'était un travail, quoi. Je me reposais les après-midi pour reprendre de l'énergie parce que je sais que le soir, j'allais dormir chez des gens et donc j'allais parler et j'allais dépenser de l'énergie. Et c'est intéressant de dire ça. Mais ouais, c'est comme un job, quoi. C'était vraiment, je donnais quelque chose et que les gens recevaient et ils me donnaient et je recevais. C'est comme ça que j'ai appris l'interdépendance, en fait. et que du coup il n'y a rien à voir avec l'argent ou pas quoi, argent ou pas argent
- Speaker #1
en fait on fait des échanges constamment continuellement tous les jours et que ça soit du sourire aussi d'avoir croisé quelqu'un et lui avoir fait un sourire tu peux changer des vies aussi comme ça c'est hyper inspirant et du coup je comprends mieux aussi que tu sois optimiste que tu continues d'être optimiste parce que c'est sûr que quand tu vis des choses comme ça ça redonne foi aussi en l'humanité et je pense que ouais c'est des bonnes choses à faire aussi parce que on a tous besoin, je pense qu'on est tous en besoin ... très intense de connexion humaine, surtout dans ce moment et surtout dans une société très individualiste où on n'a plus vraiment, enfin, on a beaucoup moins cette notion de communauté, d'échange, de relations fortes avec nos voisins. C'est un peu une généralité qui n'est pas forcément vraie partout, mais en tout cas, moi, je l'ai vécue en vivant en ville particulièrement devant une compte. Je ne connais plus trop mes voisins. Si j'ai besoin d'un truc, je suis dans la merde parce que je n'ai personne autour de moi qui pourrait venir m'aider. Alors qu'avant, on était quand même beaucoup plus dans l'échange. Justement, je te donne des légumes, tu viens m'aider pour tailler ma haie, etc. Il y avait des échanges un peu plus naturels comme ça.
- Speaker #0
Et sans argent.
- Speaker #1
Et sans argent, oui.
- Speaker #0
C'est naturel d'aller frapper chez le voisin et demander « Il me manque un œuf pour faire ma tarte de ce soir, est-ce que tu peux me passer un œuf ? » et puis l'autre après venait chercher autre chose enfin tu vois c'est des choses et après c'est pas des inégalités tu sais que dans les études de 62% des jeunes aujourd'hui de 18-25 ans disent qu'ils sont seuls qui vivent une grande solitude c'est horrible le sujet et donc moi je dis tout le temps faites du stop ça redonne fort l'humanité et j'ai vraiment une anecdote là-dessus aussi, j'avais cassé ma caméra et donc ça aussi ça fait partie de mes privilèges au village de sécurité psychologique, j'ai une famille qui était là, du coup moi aussi j'ai pu partir sans argent, mais s'il manquait quelque chose, ça n'allait plus, je pouvais rentrer à la maison chez mes parents. Et donc là c'était le cas, j'avais cassé ma caméra donc il fallait que je la répare, du coup je suis revenue chez mes parents pour la réparer, et donc ça a duré, il était long en plus le temps, deux semaines chez mes parents pour pouvoir repartir, et c'était en plein Covid et mes parents regardaient la télé tous les jours, les infos tous les jours, mais je te jure que c'était vrai que j'ai eu du mal à repartir. J'ai eu du mal à repartir parce que je me suis dit ça va plus marcher. Alors que je venais de le faire, quoi. Enfin, tu vois. J'étais en train de me dire ça va plus marcher, les gens sont en colère, ils ont peur, et en fait personne va me prendre en stop. J'ai dû, pareil, me donner un petit coup de bouche, un petit, je dis coup de pied aux fesses, mais de manière gentille, pas violente, mais de me repousser, de me dire, bon, allez, bah, j'y vais. Je vais me poser sur la route, puis on va voir. Si ça marche pas, ça marche pas, bah, je rentre et c'est pas grave, quoi. Et c'est fou parce que... Vraiment quoi, j'avais cru ce truc de devoir me rebooster parce que je pensais que les gens n'allaient pas m'aider. Ce qui était faux, ça a encore mieux marché qu'avant que de repartir dans ce temps-là. Les gens avaient besoin de contact, on avait besoin de ça, ça fait trop de bien. On a besoin d'avoir des gens pour déposer, pour parler, pour faire sortir ce qu'on a à l'intérieur de nous qu'on n'arrive pas à trier tout seul ou plus quoi en fait. C'est là où les échanges sont importants et c'est ce qui fait la force de notre espèce humaine quoi, c'est qu'on est capable d'échanger et de s'entraider quoi.
- Speaker #1
Et justement, comment tu fais pour passer au-dessus de tes peurs ? Dans ce que tu partages, j'entends qu'il y a aussi des appréhensions, des peurs, etc. C'est pas juste, ah bah j'ai peur de rien. Du coup, c'est intéressant de savoir qu'est-ce qui t'aide à surpasser ces peurs et à te lancer dans ces aventures.
- Speaker #0
C'est une très bonne question. J'avoue que je ne sais pas exactement. Je ne sais pas comment on fait réellement. Je sais que c'est des moments d'audace, tu vois, partir sur ce voyage. ce que j'ai fait c'était drôle aussi je l'ai annoncé publiquement je l'ai mis sur Facebook j'ai dit je vais faire ce voyage là donc j'avais commencé déjà à parler autour de moi mais là je l'ai mis sur Facebook et là ça a été le déclencheur et je ne pensais pas partir là quand je l'ai mis sur Facebook je pensais partir un mois après quoi ne me laisser encore le temps de me préparer et vu que je l'avais mis et que je l'avais publié mais moi dans mon cerveau ça a switché ça m'a dit il faut y aller et le lendemain j'ai vraiment un cadeau,
- Speaker #1
je ne sais pas en dire ouais d'accord
- Speaker #0
Donc je ne sais pas exactement, mais je sais qu'à chaque fois, ça a été des petits élans de me dire, OK, on y va, on teste. Comme pour la première fois où j'ai fait mon pouce, c'était un peu genre, il ne faut pas trop réfléchir et il faut le faire. Et donc faire et puis voir après. Et du coup, j'ai du mal à me rappeler vraiment que je bosse là-dessus, savoir comment je fais pour dépasser mes peurs. Mais je pense qu'il y a tout plein de scénarios aussi quand je suis partie. Je me suis aussi posé la question. ok c'est quoi que le pire que je... je me fais des scénarios dans ma tête aussi où j'imagine le pire et je me dis si je suis d'accord ou pas avec bon c'est un peu plus compliqué que ça parce que là ce que je vais te dire tu vas voir ça va faire peur et je me suis dit ok c'est quoi que je risque le plus grave moi à cette époque là c'était de me dire je vais mourir, on va me tuer sur la route et c'est vrai que j'avais un peu mis de côté le viol tu vois mais parce que dans ma tête à ce moment là c'est un truc qui se redépasse bon bref on s'en fout mais bon là c'était la mort et donc j'ai fait tout un travail intérieur sur la mort sur accepter la mort est ce que je suis prête à mourir quoi et qu'est ce que veut dire la mort donc du coup moi j'ai plein de croyances qui me font dire qu'il se passe quelque chose après la mort pour me rassurer quoi tu vois je me mets des choses qui me rassure en fait et je pense qu'aussi à chaque fois j'essaye de réfléchir à c'est quoi les plans b aussi quelles sont toutes mes portes de sortie que je peux avoir et du coup ça permet de dire bah ok je peux essayer ça puis c'est toujours des je fais un petit truc par un petit truc en fait tu vois j'ai grossi dans mon dans mon parcours quand j'ai commencé avec des potes low-stop ensuite j'ai fait tout seul Ensuite, je suis partie à l'étranger faire du volontariat en échange de services. Déjà, ça m'a appris ça aussi. Enfin, tu vois, et du coup, c'est petit à petit que j'y suis allée, quoi. Je ne sais pas, d'un jour, du jour au lendemain, tout quitter et tout faire nouveau,
- Speaker #1
quoi. Je ne pense pas que ça marche, en vrai. C'est ça,
- Speaker #0
la question, mais tu n'en penses pas en plus qu'autre chose, quoi. Mais c'est comment chaque petite chose, quoi, un nouveau petit truc que je peux faire, quoi. Tu vois, je pense que des conseils que je peux donner aussi aux gens qui veulent partir, c'est... t'oses pas, bah peut-être déjà va juste prendre un café tout seul au bar quoi déjà c'est des petits trucs qui aident à pas se dire bah ok c'est énorme c'est comment je découpe cette grosse peur en petite peur et donc voilà du coup j'avais fait tout un chemin sur la mort quoi et je m'étais dit ok en gros la conclusion je me suis dit bah si c'est pour vivre libre oui quoi si c'est pour aller faire des choses où je sens que ça va m'apporter bah bah ok je m'étais préparée
- Speaker #1
Ce n'est pas arrivé, heureusement.
- Speaker #0
Non !
- Speaker #1
C'est sûr que c'est la première peur, je pense, qui nous vient à l'idée. On va se faire tuer en tuant en série sur le bord de la route.
- Speaker #0
Un truc improbable qui arrive. Enfin, je suis désolée, mais ça arrive quasi jamais. Enfin, tu vois, ça arrive, on ne peut pas le nier. C'est existant. Il y a des psychopathes, il y a des gens qui ont des maladies importantes dans la vie et qui sont capables de faire des choses surprenantes, horribles. Il faut en parler, il faut le dire parce qu'il faut se protéger de ça. Et à la fois, c'est un très faible pourcentage. C'est comme à chaque fois quand on parle du viol, de dire qu'on a peur quand on va dans la rue de se faire violer. Les femmes, les hommes aussi, à une autre mesure peut-être. Et c'est de se dire, mais en fait déjà on sait que 80, je ne sais plus pour le pourcentage, mais en tout cas à une échelle énorme, c'est des viols de gens qu'on connaît, qui sont dans nos familles, qui sont dans nos cercles proches. Donc tu sais, tu es là, tu te dis c'est fou. moi ce que j'ai appris c'est fou les histoires qu'on se raconte et moi c'est là dessus que je bosse et j'ai envie de bosser avec les gens c'est quelles histoires on se raconte c'est comme là même pour l'avenir que je crois que les histoires qu'on se raconte elles deviennent réalité mais ça c'est mes croyances mais du coup ça dépend qu'est-ce qu'on se raconte donc du coup c'est d'aller découper se mettre plusieurs images moi je me mets plein d'images de tout ce qui pourrait arriver essayer de voir je préfère affiner un lien et plutôt regarder ça plutôt que de l'autre côté quoi Et ouais, à chaque fois, on stoppe, tout le monde me pose la question, mais t'as pas peur ? Bah oui, j'ai peur, je veux pas dire que j'ai pas peur, bien sûr qu'il y a de la peur, en fait, moi je te connais pas, je sais pas qui t'es, tu vois, il y a aussi souvent ce petit truc de dire aux gens, dis-toi, t'as pas peur, t'as pas peur que je te fasse du mal, et moi, c'était du coup de renverser le truc et de dire, bah toi, t'as pas peur que moi, je sois aussi une psychopathe et que je peux te faire du mal, tu vois ? Et du coup, tu sais, c'est des rapports de... C'est vraiment par rapport à ce qu'on se raconte. Donc oui, il y a du danger. Et oui, il ne faut pas le nier. Il faut le regarder parce qu'il faut faire attention. Parce que ça m'a pris la route. Savoir dire non, là, je ne le sens pas, je n'y vais pas. Je peux partir à n'importe quel moment. Je dois me mettre en sécurité. Et c'est moi qui suis responsable de ça, principalement. Alors bon, les autres vont provoquer des trucs. Mais c'est moi qui suis responsable. Faire attention, je n'ai pas envie d'entrer dans un truc. On est tous hyper responsables de tout ce qu'on fait. il y a des éléments historiques. Mais voilà, c'est comment je reprends les rêves.
- Speaker #1
Du coup, il y a eu ce grand voyage qui a été assez transformateur. Et à quoi ressemble ta vie déjà aujourd'hui ? Comment tu te projettes et comment tu imagines ? Ta vie de rêve, entre guillemets, mais comment tu t'imagines construire ta vie ? Parce que clairement, ce ne sera pas une vie conventionnelle, il n'y a aucun doute. Mais du coup, comment toi, tu te racontes cette histoire de ta vie et qu'est-ce que tu as déjà mis en place, etc. ?
- Speaker #0
Oui, c'est une très très bonne question. Moi, ce voyage, il a duré deux ans. Après, je me suis arrêtée, je n'avais pas donné de temps délimité. Je me suis arrêtée parce que je ressentais un besoin d'ancrage. un besoin d'agir aussi dans un endroit plus local pour justement nourrir mon utopisme et de faire un voyage antérieur j'avais fait un gros voyage extérieur j'avais besoin de partir dans un voyage antérieur et du coup c'est vrai que ça fait partie un peu de tous ces mouvements des personnes dans les écolos, les transitions etc c'est quoi le monde idéal du coup je chemine vraiment aussi beaucoup là-dedans je challenge énormément de choses parce que Parce que je me retrouve, je challenge la notion de réussite, qu'est-ce que ça veut dire, pareil sur l'argent, est-ce que j'ai besoin de gagner des milliers et des cents pour dire que j'ai réussi ma vie, je suis beaucoup un peu sur toutes ces questions-là où je n'ai pas forcément les réponses et où je sais que je suis influencée aussi sociétalement parlant, quoi qu'il arrive. Et là aujourd'hui, j'ai envie d'ancrage, moi j'ai mon copain, j'ai envie de choses basiques, j'ai fait un post-cadune d'ailleurs là-dessus pour dire que je me suis reprenée moi-même à avoir, là je veux construire une famille, je veux avoir des enfants, on a une tiny house avec mon copain et du coup l'objectif c'est de trouver la désarmée, moi j'ai envie de trouver, j'adore l'échelle d'un village, aujourd'hui dans ma coloc on vit dans un village de 200 habitants, moi j'adore cette forme-là. et du coup moi j'aimerais vivre sur un terrain avec d'autres personnes dans un village aussi qui est cette notion on a chacun notre dépendance donc là nous notre timing à terme on aimerait avoir quand même une maison à rénover tout ça et voilà où il ya des gens qui font du maraîchage des gens qui font des trucs où moi je fais pas ça mais je suis la petite main qui va donner du temps là dedans parce que je sais je connais la part l'importance et la pertinence déjà on a besoin de s'entraider dans tous ces sujets là et Et que ça fait trop du bien, en fait, d'avoir plusieurs trucs, quoi. D'un endroit où je vais aller danser, un endroit où je vais aller mettre mes mains dans la terre, un endroit où je vais aller garder des enfants. Enfin, j'en sais rien, il y a milliers de choses. Un endroit où je vais aller transmettre. Et donc, voilà, mon idéal, moi, c'est de me retrouver sur un terrain, avec d'autres personnes, avoir un lieu collectif aussi. On se retrouve, nous, dans notre village. Là, on vient de construire un tiers-lieu. C'est un village de 200 habitants. Et du coup, j'adore ça, parce que c'est un endroit où on peut se retrouver, partager des moments. Alors bon, c'est des histoires de village, tout le monde ne s'entend pas bien, donc il y a tout un sujet à... Comment ramèner tout le monde là-dedans, mais voilà, avoir des espaces communs pour se retrouver, faire du lien. Voilà, avoir un petit engagement politique aussi, de comment je donne ma parole, mes voix, ce que je veux, et construire ça ensemble. Enfin, tu vas sentir, j'ai envie d'avoir une échelle petite où je sens que je participe ou que je peux construire quelque chose. Et après, je me vois intervenir à des endroits, continuer de partager, transmettre ma philosophie, ma vision et partager aussi les petits outils que j'ai appris sur ma route qui m'ont aidée à me développer. Moi, ma question de vie, c'est comment se construire une vie épanouie tout en participant à la création d'un monde meilleur. C'est la problématique de ma vie. Du coup, de comment je continue à être épanouie tout en participant. Donc voilà, je sais que je vais naviguer là-dedans, que je vais passer d'un truc à un autre, je sais que c'est des expériences, et voilà, je sais que j'ai envie, j'aurais envie encore de voyager un peu, mais pas autant je pense, vraiment là je suis dans une période de vie où j'ai plus du tout envie de voyager, j'aurais vraiment envie de me poser et de construire, mais je sais que ça reviendra potentiellement, voilà, moi j'ai trop envie d'avoir des enfants dans un camion,
- Speaker #1
partir à l'aventure comme ça,
- Speaker #0
voilà, et nourrir ce truc de toujours dans ce quotidien de... de la nouveauté le changement je sais que le changement c'est la vie j'ai toujours envie d'essayer de cultiver ce truc de mettre du changement régulièrement dans ma vie parce que sinon ça serait me renfermer dans un truc qui ne serait pas naturel
- Speaker #1
Mais ça me parle beaucoup. Dans la partie communauté, c'est tout ce qu'on dit depuis le début. Créer du lien, échanger, ne plus être dans sa petite bulle, mais aussi s'ouvrir et faire partie vraiment d'une communauté et tout ça, ça me parle beaucoup. J'ai deux dernières questions. La première, c'est comment tu vis ? Tu l'as évoqué un tout petit peu au début, mais... particulièrement aujourd'hui où tu as des projets qui évoluent, où tu es plus ancré dans cette vie assumée, on va dire. Comment tu vis le fait justement d'être parfois en dehors des codes conventionnels sur certains aspects en tout cas ? de ne pas avoir une vie avec le schéma traditionnel. Comment tu le vis déjà tout court, mais par rapport aussi à ta famille, tes amis ? Parce que c'est une question que je me pose beaucoup en ce moment. Être un peu tiraillée entre le fait de vouloir avoir une vie qui te correspond, dans laquelle tu te sens bien, qui a un impact, etc. Et en même temps, le fait de dire oui, mais je vis quand même dans une société qui a des codes, qui a certains codes. Et du coup, comment faire pour ne pas être forcément en dehors complètement de cette société, mais tout en vivant d'une manière qui nous convient. Et comment être OK aussi avec le fait que je n'ai pas les mêmes envies que les autres. Et ce n'est pas toujours évident, je trouve, d'être à l'aise aussi avec le fait que tu as envie de certaines choses qui ne correspondent pas forcément à l'envie générale.
- Speaker #0
il y a deux choses tu vois tu as posé ta question au début il y a eu une grande discussion j'ai dit moi j'adore montrer l'exemple j'aime être cette personne différente et qui donne envie qui montre qu'on peut faire autre chose et que c'est joyeux et que c'est possible surtout moi ça me fait rappeler aussi comment ça s'est passé avec ma famille dans toute cette évolution que j'ai vécue et j'ai eu une période très dure très dure c'est un peu exagérer des mots quand tu connais la réalité d'autres personnes mais Merci. en tout cas qui a été intense et difficile parce qu'on avait du mal à communiquer, ils considéraient qu'elle était intolérante, moi j'ai considéré qu'elle n'était pas ouverte, et quand j'ai vu la force de l'exemplarité, vraiment... Moi, quand je suis arrivée chez mes parents à une époque, j'ai dit, ouais, là, ils vivent à la campagne, mes parents, j'ai dit, il faudrait mettre un compost, en fait, tu vois, c'est logique, quoi. En fait, tu réduis de X%, tu as 25% de tes déchets, c'est des déchets organiques, ça crée du méthane dans les centres d'enfouissement, et tu fais prendre un voyage en voiture avec de l'essence pour transporter ça, juste même si tu n'en sers pas, mets-le au fond de ton jardin, et c'est super, quoi. Mon père m'avait dit, non mais hors de question, ça pue, ça ramène les rats, il est hors de question d'avoir ça chez moi, ce qui est très bien. Et puis moi j'ai continué à changer, à devenir végétarienne, je ne suis plus aujourd'hui, mais voilà, j'ai changé. Et deux ans après, je suis revenue chez mes parents, il y avait un potager qu'il n'y avait pas, il y avait un compost, il y avait l'envie d'avoir des poules, il y avait... Je me suis dit, waouh, alors on ne sait pas ce que la société a changé, on ne sait pas que moi, mais je sais que moi ayant changé, ayant montré qu'on pouvait faire autrement, ça a aussi ouvert la possibilité de, ah bah oui, c'est aussi chouette d'avoir un potager, de pouvoir aller mettre les mains dedans, blablabla. Donc voilà, moi je sais qu'aujourd'hui, aujourd'hui, ça n'a peut-être pas toujours été le cas, j'adore ce truc d'être à côté, voilà, j'aime être différente. J'ai toujours, je pense aussi, dans tous les cas, aimé être différente, parce que... Parce que je n'aime pas quand on est renfermé dans un même truc. Moi, ça me fait très peur, la dépendance, tu vois. L'aspect communauté, des fois, tu sais, on l'assimile souvent au côté sectaire et tout ça. On pense tous la même chose et tout ça. Moi, je suis tout le temps l'avocat du viable. C'est l'horreur. Je suis infernale avec ça. C'est mon truc. Mais j'ai toujours besoin qu'on voit la réalité sous tous ses angles, quoi. Et donc, du coup, je sais que moi, j'ai un angle, j'ai un biais. c'est le mien et il y a quelqu'un qui en a un autre et je suis curieuse du sien parce que je sais qu'il apporte quelque chose et qu'il est important quoi et donc du coup bah il y a un peu ce truc de dire ok bah moi je suis fière de faire de pas de côté parce que j'ai envie de montrer et c'est mon leitmotiv on va dire et de l'autre côté il y a aussi un truc où bah où bah oui c'est pas facile quoi ou pareil bah là on va avoir des enfants donc bah c'est se rapprocher de la famille c'est de trouver voilà et de sentir en fait ce qui me fait du bien en ce moment c'est de sentir qu'en fait je peux toujours être différente et faire autrement ... même dans la société en fait, ça a toujours été mon truc moi de toute façon, j'ai les codes de cette société donc je veux les utiliser pour amener les gens dans les alternatives, ça fait mon but personnel, mais c'est vraiment aussi de dire mais en fait ces codes là ils sont bons, il y en a qui sont très très bons en fait là-dedans et du coup comment j'angle là-dedans et donc les petits outils c'est l'écoute quoi, c'est pas essayer de convaincre, c'est de faire son petit truc et puis en fait c'est ça moi ce qui m'a fait du mal dans ma vie c'était d'essayer de convaincre en fait, d'essayer de dire mais les gars regardez vous êtes tous des cons, machin, ça marche pas et quand j'ai arrêté ça et que je me suis retournée sur moi je me suis recentrée sur moi, sur mon chemin à moi bah c'est vachement plus facile j'ai plus à me soucier des autres et après c'est comment je reste ouverte, comment je reste dans l'accueil de l'autre,
- Speaker #1
du chemin, où est-ce qu'il en est moi je suis sur le lien ouais c'est ça, c'est un chemin il y a des jours c'est facile des jours c'est pas facile quoi ouais non non c'est clair Ouais, non, j'aime bien ton approche. C'est vrai que, de toute façon, on peut maîtriser que ce qui nous concerne, nous. c'est vrai que comment tu fais pour discuter avec les gens sans vouloir convaincre sans être heurté aussi par des idées différentes c'est pas toujours évident mais le mieux c'est d'être à l'aise avec soi c'est ce que tu dis d'être à l'aise avec sa vie,
- Speaker #0
ses choix du coup c'est plus facile d'en parler de l'assumer oui c'est ça du coup moi je suis à l'aise avec moi je sais ce que je fais, pourquoi je le fais et peut-être des fois il y a des endroits justement quand ça me heurte c'est peut-être que moi je suis pas hyper à l'aise avec ça ou il y a un truc que j'ai pas encore bien assumé et donc c'est sympa de moi j'adore voir la vie comme un jeu et que les autres sont des miroirs de moi-même en fait et quand ça me blève qu'est-ce que ça dit de moi et il y a des moments ça dit rien de moi et du coup bah c'est ok et juste je laisse l'autre faire son chemin quoi ça après c'est tout un chemin un peu spirituel psychologique un peu un chemin quoi compliqué, des loopings là-dedans mais en tout cas ouais c'est J'ai l'impression que c'est ça. De toute façon, on peut être maître de soi-même. Donc, voilà. Déjà, je vais faire avec moi, tout en étant quand même dans l'accueil de l'autre, en fait. Et donc, tu sais, souvent, on dit, dans les milieux militants, écolos ou autres, tu parles avec des gens d'extrême droite, mes grands-parents, ils sont d'extrême droite, désolé, mais je les aime pour autant qu'en fait, quoi. Parce qu'aussi, je sais qu'on a des valeurs qui sont similaires, on a des choses qui sont communes. On a des modes d'action qui ne sont pas les mêmes, on a des peurs qui ne sont pas les mêmes. ben en fait je crois que c'est pas en coupant le lien mais c'est en gardant le lien qu'on arrive à changer les uns les autres, eux me font changer sur certaines visions et moi je pense que je les fais changer aussi sur certains trucs quoi. Et du coup c'est toute la complexité de la vie, de comment moi je suis droite avec mes trucs, j'assume et je reste ouverte au changement parce qu'en fait je sais que je pense là à cet instant-là, mais en fait avant je ne le pensais peut-être pas et plus tard je ne le penserai peut-être plus quoi. Ça, ça a mis du temps dans ma vie à le comprendre, quand j'étais jeune je me rappelle d'être... les gens m'insupportaient à être contradictoire à être paradoxale et c'est là, et du coup c'est pour ça que j'ai pris ce chemin d'exemplarité, moi je vais me montrer que je ne suis pas paradoxale et tout ça bon ben voilà, je me suis pris dans la figure bien sûr que je suis paradoxale quoi et c'est la vie et je crois que heureusement qu'on l'est parce que c'est ce qui permet de se réajuster constamment quoi bon voilà, moi je suis utopiste donc je suis pour le lire et pour qu'on apprenne à faire ensemble quoi Et donc, ce n'est pas facile. Ce n'est pas toujours facile. Mais moi, ça m'apprend aussi à poser mes limites, à poser mes idées, à porter ma voix, qu'elle soit entendue ou pas entendue. Des fois, ça me blesse parce que moi, en ce moment, ce que je travaille, c'est prendre ma place. Et j'ai du mal à prendre ma place. Et j'ai plus tendance à écouter, à observer, à dire. Donc, j'essaie. Merci pour cette invitation.
- Speaker #1
Ça me permet d'essayer de dire, de prendre ma place, de dire mes idées, de les assumer. Et la dernière question que j'aime bien poser aussi, Est-ce que tu as des livres, des films ou des documentaires, des ressources qui t'ont inspiré, qui t'ont guidé dans ton parcours, que tu aimerais partager, qui pourraient du coup potentiellement inspirer d'autres personnes ?
- Speaker #0
C'est drôle, quand j'avais fait mon voyage, j'ai fait un site internet et sur mon site internet, j'avais une page de mes ressources. Et même quand on pose la question, il y avait plein d'entendants qui posaient cette question, c'était quoi la ressource ? Et moi, j'ai un film qui a guidé ma vie. qui représente un peu ma vie, qui s'appelle Un Monde Meilleur. Je ne sais pas si tu connais. Non, je ne connais pas du tout. C'est l'histoire d'un gamin. Il a son prof de français. Je ne sais pas, il est en primaire. Il va lui poser la question de comment on fait pour faire un monde meilleur. Et donc, chacun doit arriver avec une idée, tout ça. Et ce gamin-là, lui, il t'explique la théorie de la poule de neige, la théorie de trois. C'est toi, tu es trois personnes sans contrepartie. Et tu demandes à ces trois... Enfin, si, la seule contrepartie, c'est que tu demandes à ces personnes-là. de elle-même aider trois autres personnes. Et du coup, ça a fait la boule de neige et ça fait qu'on fait un monde meilleur comme ça parce qu'on s'aide et qu'on aide les autres. Et il est très, très mignon comme film. Donc ça, c'est un de mes films de ma vie, quoi. Après, il y a le livre, je pense, aussi, qui fait beaucoup de bien, de Benny Brown, Le pouvoir de la vulnérabilité, que je trouve qui est très, très puissant, c'est un site de se rappeler en quoi c'est important d'être vulnérable dans un monde où, moi, j'ai l'impression que des fois, on se bagarre un peu trop. sur des trucs ou parce que c'est dur de deviner.