Speaker #0C'est mon frère, mon témoin de mariage. Ça a été vraiment un coup de foudre amical quand on s'est rencontrés à Toulouse. On a joué ensemble deux ans à Toulouse. On était au même endroit, on habitait dans le même immeuble et du coup on était très proches. On allait en entraînement tout le temps ensemble. On passait vraiment beaucoup de temps ensemble. On a des histoires familiales aussi qui sont proches. Il y avait quand même beaucoup de choses qui faisaient qu'on allait se rapprocher et voilà. Mais non, c'est drôle. Qu'est-ce qu'on pourrait changer ? Non, déjà, je trouve qu'on s'améliore en organisation. C'était vraiment un calvaire avant. Il faut qu'on prenne des stages avec Toti, ce qui est très très fort de l'organisation, mais il nous fait payer. Donc pour l'instant, on n'a pas passé le cap. Notre chambre est vraiment en bord. Et encore qu'on s'est amélioré. Quand on était à Tokyo, c'est des apparts de 6. Et dans chaque appart, il y avait 3 chambres. Donc nous, on était ensemble en chambre avec Toti, Trèves, Kevin et Jenia, je crois. Et au début, quand on est arrivé dans le village, on s'est dit là on range tout bien, on a des tout petits placards et tout, mais on fait ça bien. Et en partant des jeux, je pense qu'on ne pouvait plus mettre un pied sur le sol directement tellement il y avait des multiprises qui traversaient la pièce et tout, c'était n'importe quoi. Et sinon non, ça serait que du matériel pour qu'on s'améliore. Si que je l'attends de moins aussi qu'il arrête de... Il freine énormément tout le temps. Donc je passe beaucoup de temps à l'attendre. Le volet était une évidence. Quand j'ai commencé, oui. Mais je ne suis pas tombé dedans comme d'autres ont pu avoir des parents voléeurs ou aller à la salle depuis bébé. Je suis né à Poitiers, donc c'est une ville de volets. Donc en allant à la salle, moi j'aimais trop. Et en commençant le volet, j'ai eu vraiment de bonnes sensations. Après, ça a été un long parcours, même que familialement, je fasse accepter aussi à mes proches que c'est ce que je voulais faire de ma vie. Je viens d'une famille avec que des médecins, donc il fallait pas, mais j'avais un peu la pression, ou je me mettais la pression tout seul de faire médecine. Mon frère a été médecin avant moi alors qu'il faisait du volet, qui était plutôt bon, donc moi je pensais faire la même, enfin qu'il fallait que je fasse la même chose. J'ai perdu mon père quand j'étais enfant, quand j'avais 10 ans. C'était ma mère, on était tous les trois avec mon frère et ma mère. Je pense qu'elle a vu que j'étais malheureux à ne plus faire de voler. C'est elle qui a été courageuse de se dire, au moins il faut qu'il essaye d'aller au bout de ça. Je pense qu'elle a aussi pris conscience que c'était un métier à part entière et que si je ne me donnais pas les moyens de le faire à fond, je n'y arriverais pas. Il ne fallait pas que j'ai de regrets parce que j'aimais trop ça. C'était un peu la peur de ma mère, en fait, quand je me suis lancé là-dedans, parce qu'elle était hyper dans le contrôle, surtout après le décès de mon père, il fallait qu'elle gère tout, et du coup, elle s'est retrouvée un peu dans un monde qu'elle connaissait pas du tout, quoi. Donc je pense que c'était plus ça qui, elle, lui faisait peur. Moi, je crois que j'ai pas trop réfléchi, j'avais vraiment envie de faire ça. Je savais pas du tout si j'en étais capable, je pense, je me suis même pas trop posé la question, en fait, je pense, donc c'est pour ça que ça s'est bien passé. Donc je suis un peu le vilain petit canard de la famille à faire du volet. Même par rapport à mon père ou quoi, on peut jamais savoir ce qu'il aurait pensé. Là, il y a quand même des chances que ce soit OK après une médaille d'or olympique. Je rencontre très jeune un futur coéquipier en équipe de France. Ben, Erwin. Ouais, Erwin. Erwin en était champion de France, Benjamin, 2003, je dirais. Moi j'avais 9 ans, lui 12, donc on était même pas... Même physiquement on était pas du tout dans le même état, même avancé de notre vie quoi. Et lui c'est quoi comme type de joueur ? C'est pas le meilleur à l'époque, mais il est déjà techniquement super à l'aise. C'est que physiquement il est pas encore hyper... Il est plus développé que les autres, mais il y en a qui sont encore bien plus en avance, donc à cet âge là ça fait la différence. mais techniquement il est déjà c'est un peu Il est né là-dedans, il est déjà hyper en avance, il essaie déjà de faire des trucs improbables. Et moi je suis un bébé, je n'arrive pas à faire des passes en 4. Il y a 3 ans d'écart, c'est énorme à cet âge-là. J'étais double surclassé, donc ils étaient tous cool avec moi. J'étais un peu leur bébé dans l'équipe. On s'est complètement perdu de vue après quand lui a explosé très vite. Et du coup, de le revoir ici en 2017, c'était drôle. C'était drôle. Moi, évidemment, je n'ai pas perdu de vue ce qu'il faisait. Lui plus, je pense. Donc, il devait être plus surpris que moi qu'on se voit en équipe de France. Je pense qu'on se souvient tous de nos années jeunes. Même la génération la plus ancienne avec Genia, Totti, Erwin et tout. Ils en parlent encore de leur phase finale jeune. Je pense que tout le monde s'en souvient. On joue tellement quand on est senior que malheureusement un événement en pousse un autre qui fait qu'il y a des trucs qui sont extraordinaires qui ne devraient pas l'être et qui deviennent un peu banals donc c'est dommage. Donc ouais en jeune t'es toujours surexcité de faire tes déplacements de 9h de minibus avec tes potes et tout, c'est incomparable mais ça reste fort puisqu'on s'en souvient tous. Comme j'étais surclassé j'étais très en retard physiquement par rapport aux autres donc à cet âge là je jouais passeur. où t'as moins besoin d'être physique. C'était pas par choix au début, on choisit pas grand-chose à ce stage-là. Mais en fait, j'ai kiffé. Après, même quand j'étais plus vieux, j'étais plus développé physiquement, j'ai très vite joué que passeur. C'est un poste à part, quand même, dans le volet. Et très dur, et très cool. Mais moi, ça me passionne. On finit jamais de progresser, être en difficulté, reprogresser, trouver des solutions. Et j'ai... Ouais. J'ai un peu le sentiment, quand je joue un match, d'être... et qu'il y a un peu un piège qui se referme sur moi et il faut que je trouve des solutions pour justement l'éviter et il y a des fois où c'est j'y arrive pas et c'est très dur enfin bref il y a plein de façons de rater ou de réussir un match et c'est ça qui me plaît aussi la quéquette à Brizard est entrée dans l'histoire ouais Hors contexte, c'est bizarre. Mais oui, je ne l'ai pas fait pour ça. Mais maintenant, oui. Mais j'aurais pu me faire couper la tête aussi, si ça n'avait pas marché. Je ne l'ai pas fait parce que c'était risqué à ce moment-là. Je n'ai juste pas réfléchi, en fait. C'est en finale des Jeux contre la Russie, il y a 13-12 au tie-break. Et c'est un moment extrêmement tendu. Au lieu de faire une passe à un attaquant, je fais une première main. attaque moi-même, en deux touches, en deuxième contact. C'était risqué, mais pas dans le choix, je trouve, c'était risqué dans l'exécution, parce que la balle était mouillée, la balle tourne beaucoup, parce que c'est un gros service, donc elle est plus dure à contrôler à une main, et elle vient de très haut, donc il y a plein de choses qui font que techniquement, j'avais moyen de la rater, mais à ce moment-là, c'était pas... J'y avais pas pensé avant le point, mais c'était ok. Un schéma qui s'est passé, qui me semblait bien. J'aime gagner avant tout. Et j'essaie de faire la chose qui me semble le plus appropriée pour gagner. J'ai aucun problème d'ego là-dessus si je dois donner tous les ballons à un mec. J'essaie toujours de se faire réfléchir. Des fois je me trompe évidemment. Je suis pas sûr que j'aime le risque, mais j'aime les moments importants. Je pense être pas trop mauvais dans les moments importants. À Paris, mes jeux débutent avec une crise d'angoisse. Bah je sais pas vraiment ce que c'est une crise d'angoisse, mais là j'étais pas bien. Je me souviens que j'avais mes écouteurs, j'arrivais pas trop à me calmer. J'essayais de respirer un peu. J'ai quelques techniques de relaxation avec la respiration et tout, mais j'essayais de redescendre un peu. En fait, c'est un moment que j'avais tellement mentalisé, je m'en étais tellement servi de motivation, même en club. pour avancer tous les jours, et j'avais un peu cet objectif-là, qu'il y a plein de trucs qui se sont passés dans ma tête, je pense. La peur de mal faire, évidemment, la peur de perdre et d'être éliminé. Enfin, on n'était pas éliminé au premier match, mais si on perdait contre la Serbie, on n'était quand même pas bien. La peur de jouer devant autant de Français, devant l'événement du siècle, après la cérémonie d'ouverture, on a encore pris un truc de « on ne peut pas se rater » . J'avais un truc très con, mais je me disais « je ne veux pas jouer que trois matchs » . devant ce public là donc j'avais un peu en décompte de me dire bah s'il faut il en reste que deux après celui là enfin je sais pas il y a plein de trucs qui se sont passés un peu dans ma tête qui font que ouais je me suis réveillé j'ai pas trop réussi à dormir à la sieste et je me suis réveillé de la sieste et j'étais pas bien quoi je me suis un peu bloqué le dos de stress j'étais en plus ça ça en rajoutait du stress en me disant putain si j'arrive pas à jouer parce que parce que j'ai mal au dos machin enfin bref il y a plein de trucs qui se sont passés qui ont fait que je sais pas si c'était une crise d'angoisse mais en tout cas j'étais ouais J'étais pas au top, ça s'est calmé, mais la première Marseillaise aussi, les premiers points, c'était les jambes qui tremblaient et tout. J'avais plus le même état que j'avais deux heures avant, mais j'étais pas bien. Je pense que tout le monde était peut-être pas autant, mais on était tous pas dans notre état naturel. On était très nerveux, on arrivait pas à jouer très libéré. Il y a que Trev qui a très bien joué, et quand il est rentré sur le terrain, il a pas commencé. J'ai déjà stressé pour des matchs, mais j'ai jamais été très... sujet au stress donc ça a toujours été un truc j'ai une petite boule au ventre mais je suis plus excité de jouer ou si je sens que c'est des gros matchs ces moments qui peuvent changer un peu ma carrière ma vie mais j'ai jamais pas à ce point là non mais parce que c'était un moment unique aussi et on a un psy qui travaille avec nous avec l'équipe de france et après la note disposition pendant la saison en visio etc et on a commencé à bosser avec lui à partir de l'année 2022 et Et moi, ça a été hyper important, en vrai. Parce que j'étais dans une... Une spirale un peu négative après les championnats du monde, où je ressentais beaucoup de responsabilités. Le début en club, c'était compliqué aussi, avec un entraîneur compliqué. Donc j'étais un peu perdu. Et ma femme aussi me disait, mais là, on n'arrive plus à gérer nous-mêmes. Donc peut-être contacte le psy dont on t'a parlé, et tu vois si ça se passe bien ou pas. Enfin, si t'as un bon feeling, c'est très personnel. Et ça s'est hyper bien passé tout de suite, je me suis ouvert tout de suite, et juste d'en parler et tout, on a bien bossé ensemble. Moi, c'est important pour moi. Il y a des fois où on ne se parle pas pendant deux mois et il prend régulièrement des nouvelles. Il y a des fois où on n'est plus sur de l'affinage, de la performance pure. Il y a des fois où c'est gestion de crise. Ça dépend des moments. Et on anticipe. Des fois, on a préparé aussi l'année des Jeux. On a préparé beaucoup ce qui pouvait se passer. Ça a bien marché parce que j'ai crisé avant le premier match. Mais non, c'est un truc qui est hyper important pour moi. Et en vrai, j'aurais aimé commencer à travailler là-dessus plus tôt. Il y a un truc qui s'est un peu débloqué après le quart de finale. C'était très dur comme match. On est passé proche de sortir quand même. Je pense que de savoir déjà après le quart de finale qu'on allait au moins jouer tous les matchs qu'on pouvait jouer dans cette salle devant notre public et qu'on allait jouer pour les médailles, ça nous a débloqué quelque chose. En tout cas, moi sans doute. Et l'Italie, on était... Voilà. on savait que ça allait être un très gros match et beaucoup de tensions etc mais c'était plus les moments qui me plaisent c'était pas j'ai pas subi plus je me suis ouvert le doigt dans le vestiaire donc j'étais concentré sur autre chose avec un pot de gel à la con en verre une heure avant le match ouais donc en vrai on en parlait avec Toti aussi et il me disait mais tu sais des fois c'est quand tu quand il se passe un truc comme ça qui te déconnecte un peu de l'enjeu tu te dis ouais mais juste est-ce que je vais réussir à jouer avec mon doigt ? et que tu te concentres que là dessus finalement ça te sort un peu du... ouais de l'enjeu quoi et en vrai après j'ai bien joué ça s'est bien passé mais... donc peut-être que ça m'a évité de trop stresser en demi en finale on était hyper sereins puis on savait qu'on avait une médaille de toute façon on a juste kiffé quoi mais heureusement qu'on a quand même la médaille d'or si j'avais que la cicatrice ça serait un peu chiant on est dans un milieu qui a assez protégé quand même le volet donc... notre vie, elle change pas du tout du jour au lendemain. On est connu dans le volet. Là, on est devenu incontournable dans le monde du volet français. Et dans le sport français, on n'est pas connu. On nous reconnaît de temps en temps dans la rue, mais c'est pas Mbappé. De toute façon, maintenant, c'est comme ça. Avant, on était anonyme. Donc ça change pas notre vie du jour au lendemain. C'est dur à assumer, ça. Après, c'est autre chose. Mais en termes de reconnaissance, ça va. Je joue pas pour être connu, c'est pas ça que je veux, mais je veux que le volet français soit la place qu'il mérite. Et je trouve qu'on a un groupe tellement cool et on joue d'une façon qui est tellement spéciale que je trouve qu'on mériterait un peu plus, pour pas dire beaucoup plus. Concrètement, pour le volet français, on peut pas faire plus. On a gagné à Paris, ça se passe tous les 100 ans, on est JO chez soi. Et encore, on a de la chance d'être la France qui peut se permettre d'accueillir les Jeux. On a eu cette chance-là au... au pic de nos carrières, de cette génération-là. Les étoiles sont alignées pour que ça se passe. Et que si ça avait été Paris 2012, qui devait être les premières fois qu'on parlait des Jeux à Paris, la France n'aurait sûrement pas été championne olympique à Paris en volée. Donc tout a été un peu aligné pour que ça se fasse. Et c'est vrai qu'une fois que ça s'est fait, c'est un peu, en termes de visibilité et de médiatisation, on ne peut pas faire plus. À part gagner toutes les compètes pendant 5 ans en affilée, mais ça, ça ne se passera pas. et en vrai je sais même pas si ça changerait quelque chose je suis investisseur au Paris Volet mais je l'ai fait surtout par passion et pas par envie d'entrepreneuriat j'envisage pas le but c'est que ça devienne un grand club et qu'on trouve des sponsors pour développer le club mais j'ai mis de l'argent que j'étais capable de laisser et que je... Je ne compte pas récupérer, j'ai envie de continuer à être avec ce club, mais c'est plus par passion du volet et par envie de m'impliquer dans la vie du club, parce que c'est un club qui me tient énormément à cœur. J'ai commencé ma carrière pro là-bas, j'ai rencontré ma femme à Paris, j'ai mes meilleurs postes, on s'est rencontrés grâce au volet à Paris. Du coup, c'est un club qui me tient à cœur, qui a été en très grosse difficulté financière et qui a été sauvé par un groupe d'investisseurs dont je fais partie. Et c'est plus pour ça, mais c'est pas par envie de faire du business. Le sport, c'est une vitrine. Donc c'est tellement fort comme lien social que ça peut aussi devenir une vitrine pour plein de choses. Ce serait bien que ce soit sensible aux enjeux écologiques. Après, il y a plein de sujets, on peut en parler des heures, mais il y a énormément de gens qui regardent le sport et on veut insister là-dessus. Et c'est comme ça qu'on veut se développer. Et c'est suivi dans le monde entier par des millions et des centaines de millions de personnes. Si on le rapporte au volet, c'est moins, mais ça reste de se regarder. Et des jeunes prennent ça pour exemple. Et là, on parle de l'écologie, mais ça l'est déjà été pour des questions de racisme. Ça peut l'être. Enfin, c'est en train de l'être pas assez, sûrement, mais pour l'égalité homme-femme. Ça l'a été pour les... Malheureusement, c'était très ponctuel pour les Jeux paralympiques. Mais oui, on voit que dès qu'on parle de ça... Dans le sport, c'est regarder et je pense que c'est un moyen d'essayer de changer un peu les choses.