- Speaker #0
Ensemble, c'est un mot qui nous correspond bien. C'est une équipe qui vit très bien l'ensemble, qui gagne ensemble et grâce au collectif. Donc c'est effectivement la base de notre équipe, de notre groupe et notre force aussi. Ça depuis toujours, depuis le début, bien avant déjà que j'arrive en équipe de France en 2018, c'était le cas. Donc ouais, un mot qui correspond effectivement au groupe et à notre force. Ce qui est beau justement, c'est que je crois qu'il n'y a rien de forcé. On sait que c'est une de nos particularités. Très peu d'équipes, je parle même en dehors du volleyball, d'équipes ont pu créer ce collectif-là, ces liens-là. C'est naturel, c'est une grande part de chance aussi, parce qu'on a des joueurs avant tout qui sont là pour leur qualité volleyballistique, mais qui arrivent en plus à faire vivre le groupe, à faire gagner le groupe, à prendre soin du groupe. Et malgré toutes les différences, on n'est pas parfait. On est tous très différents, on n'a pas les mêmes idées de la vie, on n'a pas les mêmes plaisirs, on n'a pas les mêmes envies, et malgré tout on arrive à respecter chacun ces différences-là, et c'est ce qui est beau. Ouais, ensemble très bien trouvé, il faut le garder celui-là, on change pas.
- Speaker #1
Bonjour à tous, bienvenue à vous si c'est la première fois que vous écoutez Ensemble, et ravi de vous retrouver si vous êtes déjà des fidèles. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous écouter, nous vous en remercions. Avant de rentrer dans le vif du sujet, n'hésitez pas à vous abonner sur Apple Podcasts et Spotify et à nous laisser un commentaire. Bonne écoute à tous.
- Speaker #0
Ensemble, le podcast de la Fédération Française de Voler.
- Speaker #2
Ensemble, le podcast de la Fédération Française de Voler.
- Speaker #1
Yacine Loati, The Artist.
- Speaker #0
The Artist, mais non, vous exagérez. C'est vrai, moi je suis le troubadour. Je joue de l'harmonica. Alors je vais dire n'importe quoi, mais c'est gentil. The Artist, il y en a beaucoup des artistes dans l'équipe. Honnêtement, sans même jouer d'un instrument, sans même savoir chanter, il y a des vrais artistes. Par rapport à la définition, si on part de l'art, la musique, il y a aussi d'autres créateurs. Il y a ce génie créateur dans l'équipe, il y en a beaucoup, et je pense évidemment à Erwin, qui lui est un artiste, pour le coup, un musicien. C'est probablement parce que je suis entouré aussi de ces gars-là que j'arrive à m'émanciper dans la musique et à garder cette passion-là. Donc il y a toute cette corrélation, tout cet environnement qui fait que je m'épanouis dans mes deux passions, et ça durera encore très longtemps. J'ai grandi... Dans une famille où la musique était aussi très présente, mes parents ont eu la merveilleuse idée de nous ouvrir toutes les portes possibles, que ce soit évidemment d'être courageux à l'école, je vais utiliser ce mot, de ne pas perdre de temps, de développer ce qu'on aimait faire, et ça a été donc la musique. On avait à Tourcoing, où je suis né, on avait la chance d'avoir un conservatoire très bon, avec des profs très compétents, qui nous ont permis aussi de développer ces passions et de tenir bon, parce que ça n'a pas été facile de faire voler musique. et être assidu à l'école. Mais jusqu'ici, c'est effectivement la musique qui sont mes deux passions et qui me font vibrer et qui seront probablement là jusqu'à la fin de mes jours. Je voulais faire du bruit dans ma chambre, je pense. Donc j'ai choisi la trompette. J'ai commencé dans une école primaire Maurice Bonneau à Tourcoing qui avait aussi un cursus avec des horaires aménagés pour le conservatoire. On avait déjà dès le CP, donc six ans des cours de solfège. qui était une merveilleuse idée parce que c'était une émancipation, on se rendait pas trop compte de ce que c'était. Le solfège, c'est pas si le plus excitant. Peut-être au début, quand on est à 6-7 ans, on a envie de prendre un instrument, de jouer, de découvrir de nouvelles choses. Le solfège, c'était un peu trop théorique. Et dès l'année d'après, la trompette, parce que mon futur professeur Laurent Deloplace s'était déplacé dans l'école pour montrer l'instrument. Et ça m'avait plu tout de suite, mais... Je dois être complètement honnête, si ça avait été autre chose, un alto au bois, n'importe quoi, je pense que ça aurait matché quoi qu'il arrive, mais la trompette, ça me correspondait énormément. La technicité pour jouer, c'est pas facile, et donc il y a eu ce moment frustrant où il a fallu, pendant un mois quasiment, avoir juste l'embouchure, c'est la base qu'on pose sur la bouche, et donc j'avais pas la trompette. et donc j'étais hyper déçu comme enfant je me suis dit mais qu'est-ce que je fais là moi je voulais que ça sonne je voulais embêter mes parents et en fait un mois à juste apprendre à jouer dans l'embouchure et ensuite la trompette et ça m'a duré pendant 13 ans jusqu'à avoir mon diplôme du conservatoire du Tourcoing, mon premier prix du conservatoire du Tourcoing et à Montpellier aussi. Voilà, c'était ma vie pendant 14 ans. J'ai eu des professeurs qui m'ont transmis énormément la passion de comprendre la musique, de savoir pourquoi on jouait, ce qu'on jouait, à quelle époque ça a été créé, quel aspect ça avait, pourquoi ça avait été écrit, alors que le volet c'était vraiment le sport transmis par mon père. J'avais deux ans, j'étais en couche culotte, je courais dans les... Dans les salles de volley, je voulais juste avoir un ballon, taper fort dedans. Et donc il y avait deux mondes complètement différents qui sont parfaitement juxtaposés et qui ont été hyper importants pour moi, un équilibre pour me développer.
- Speaker #2
Tiens mon rouille, tu sais à quel point j'ai été influencé. dans mes jeunes années d'apprenti musicien dans un de ses bouquins qui s'appelle La musique éveille le temps il déplore que de nombreux musiciens qui s'enferment dans leur chambre pour faire leur gamme n'apprennent pas de la musique c'est à dire qu'au delà du solfège de la trompette, du piano etc il y a des choses à tirées, qui sont un peu transcendantes à la pratique.
- Speaker #0
Je suis très curieux là où il va en venir.
- Speaker #2
Comme par exemple l'écoute, une forme d'exigence, une capacité à vivre harmonieusement avec les autres, etc. Et je voulais donc te demander s'il y avait des choses de la musique que tu avais consciemment transférées vers le volleyball, et si réciproquement, il y avait des choses que tu avais apprises au sein de ta pratique de volleyeur de très haut niveau. et que tu régénères ou ressuscites dans ta vie de tous les jours. Je t'embrasse mon khoï, ciao.
- Speaker #0
Intéressant. C'est mon frère. Ça a été une grande inspiration, on a trois ans et demi d'écart. Effectivement, tout ce que j'ai fait dans ma jeunesse, c'était le miroir de ce qu'il faisait. Je voulais avoir ses copains, je voulais que ce soit mes copains, etc. Lui, il est compositeur, chef d'orchestre, arrangeur aussi. Il a un opéra à son actif qui a tourné en France et un autre opéra qui est en commande, qui sortira l'été prochain. En tout cas, ce que je peux dire, c'est que c'est inspirant d'avoir les deux, ces deux manières de fonctionner, ces deux mondes, parce que j'arrive à prendre un peu ces aspirations à droite à gauche de comment je deviens meilleur pour le volet, comment je deviens meilleur dans la musique, dans la trompette, au piano, tout ce que je peux faire. Et ça me permet de voir différemment le problème, de contourner. Et mon frère, on en parle énormément, il a toujours un regard qui me facilite aussi dans la compréhension des choses. Moi, ce qui m'inspire énormément, c'était... au contratoir c'était l'orchestre, les harmonies les ensembles aussi, musique de chambre parce qu'il y avait ce collectif que je retrouvais, que je n'avais pas forcément dans ma chambre effectivement, je n'ai jamais été un grand travailleur je ne faisais pas de gamme tous les jours par chance j'ai eu des facilités et ça m'a permis aussi d'avoir ces trois vies et d'avancer mais je retrouvais ce collectif-là et quelque chose à créer ensemble qui est tellement proche du volet et Et inversement, le volet m'a donné le travail parce que pour arriver au niveau auquel je suis maintenant avec les joueurs que je côtoie, il faut travailler énormément. Et donc j'ai retrouvé ce truc-là très tard, je pense, parce que peut-être que même c'est encore en train de se développer, mais comprendre pourquoi on fait les choses, ce qu'on veut faire et la finalité au bout et ce qu'on est prêt à donner pour ça. parce que rien n'est facile et quand on aime quelque chose, c'est normal de... pousser au bout ce qu'on veut faire. Mon choix s'est fait assez raisonnablement en sachant que la trompette, je pouvais la garder. Parce que je joue du piano aussi. Une trompette, piano, c'est surtout le piano qui est resté d'ailleurs dans mes premières années de carrière. Et je les emmène partout avec moi. Ça fait 5-6 ans que c'est dans mes bagages que j'emmène à l'étranger pour les saisons. Et donc le volet, ça ne dure qu'un temps. Ça demande une condition physique qui justifie ce choix-là. et en fait tout s'est fait très vite parce que les premiers pas en pro sont arrivés avant même que je me rende compte que ça avait commencé et le choix s'est fait un peu automatiquement mais naturellement je pense que inconsciemment je le savais que c'était le volet d'abord et la musique après mon père a toujours été un précieux soutien malgré son décès en 2010, donc j'avais 18 ans il a toujours été hyper précieux dans mon épanouissement dans le volet surtout parce qu'il ne m'a jamais mis de pression. Mon père était voleilleur professionnel. C'est d'ailleurs pour ça que je suis né à Tourcoing. Il y a un club emblématique là-bas. Il est international tunisien. Il est arrivé en France, je crois, à 18-19 ans. Il a fait deux clubs dans sa carrière en France. C'est Epinal, là où est né mon frère. Et il est arrivé, je crois, en 90 à Tourcoing. Et je suis né deux ans après. Et donc, il m'a permis dans mes premières années de... De vraiment jouer au volet pour jouer, vraiment dans ce mot, le jeu. Et c'est pour ça, j'ai vraiment eu la sensation de commencer ma carrière pro après que ma carrière pro ait démarré. C'est-à-dire que j'avais 18 ans, c'était mon premier match, on jouait contre Paris, Tourcoing, retour à la maison, tout se passait trop bien. Premier match, et là j'ai une tombée de stress. Et c'est ce moment-là que je me dis, ah ouais d'accord, là on joue pour de vrai, là on joue pour... On ne gagnait rien, on était payé, on a 18 ans, c'était fou. Et là, j'ai compris qu'en fait, j'ai été protégé de tout ça. Il n'y a jamais eu cette pression, que papa était volleyeur, donc il fallait que je sois volleyeur aussi. Et il m'a plutôt déconseillé d'aller faire le Pôle Espoir à l'époque, de faire un sport-études. J'ai cette image où on est chez moi, on a la lettre du CNVB, qui est l'espèce de Clairefontaine du volleyball. Et je ne m'y attendais pas du tout. Et on regardait, il lisait la lettre avec ma mère. Et je sais pas, pour moi, c'était un truc de fou. Et lui, il a hésité, tu sais. Il s'est dit, est-ce que vraiment c'est le moment ? Est-ce que t'as besoin de ça ? C'est pas un passage obligé, bien sûr, le CNVB. Mais c'est quand même l'école où beaucoup de voleilleurs professionnels français sont passés. Et au final, bon, ça s'est fait. J'y suis allé, j'ai passé deux ans extraordinaires. Mais il m'a toujours protégé par rapport à ce monde-là, sans me mettre de pression. Et il m'a, au contraire, poussé à aller... plus vers la musique, à m'ouvrir les portes, comme je le disais au début. Donc je les remercie énormément pour ça, ça m'a permis vraiment de prendre mon temps et d'arriver mature au moment où il fallait pour sûrement ne pas me brûler les ailes, et j'imagine que c'est son expérience personnelle aussi qui m'a poussé. Il était imposant, il était imposant, hyper présent, mais en même temps très discret. Et donc il y a ce respect du lieu, le respect des autres, le respect de ce qu'on est en train de faire, de l'effort qu'on fait, et la loyauté, évidemment. Donc il y a ces valeurs-là qui ont été transmises. Et un conseil qu'il m'avait donné, dont je me rappellerai toujours, c'est que l'évolution se fait en dents de scie. Et qu'on a toujours l'impression d'avoir des hauts et des bas, mais c'est normal. Et qu'il faut accepter de tomber, de redescendre, mais que la plus grande difficulté, c'est de remonter plus haut que là où on était avant. Et c'est peut-être quelque chose de banal, mais en tout cas, à l'époque, j'avais 12-13 ans, je faisais un super entraînement. L'entraînement d'après, j'étais nul et je me disais, bon... Et c'est quelque chose qui m'a beaucoup aidé, aussi dans la musique. Ça c'est Antoine.
- Speaker #2
Ça va ? J'avais une petite question.
- Speaker #0
Ça résonne un peu, il devait être aux toilettes là.
- Speaker #2
Est-ce que tu penses travailler ou déjà accepter le fait que notre relation est déséquilibrée ? Moi je sais où il va en venir, tu peux couper. Je passe beaucoup de temps à t'attendre, énormément de temps à t'attendre.
- Speaker #0
Tiens, tiens.
- Speaker #2
Et dès que tu dois m'attendre une seconde, tu ne m'attends pas. Est-ce que tu as une idée de la peine que ça peut me faire ? Et est-ce que tu penses essayer d'y remédier ? Voilà. Je te fais des bisous et je te kiffe plus que tout.
- Speaker #0
Antoine Brizard qui me félicite pour ma ponctualité. Le message va être entendu, c'est ça, je ne peux pas mentir. C'est ça ? Ouais. Non, non, il se plaint de moi. Je ne suis pas une chambrette facile, je le sais. Si, je suis facile, c'est juste que je suis en retard. C'est le seul souci. Mais ouais, ça fait longtemps maintenant qu'on partage la chambre. C'était à Toulouse déjà à l'époque, on s'est connus il y a 10 ans. Et en club à Toulouse, on a fait deux ans ensemble. Et je pense que c'était pire que maintenant. Mais sans rigoler, j'étais complètement désorganisé. Lui, il est mature. Je le considère toujours comme mon grand frère, alors que j'ai deux ans plus que lui. Par sa maturité et organisation que je n'ai pas du tout. Donc c'est effectivement le cas. Tout ce qu'il dit est vrai. Je n'ai pas à contredire quoi que ce soit. Pardon Antoine. Il m'appelle le frein à main. C'est-à-dire que lui, il se considère comme une Ferrari, probablement. Il voudrait avancer, mais c'est moi, derrière, qui suis toujours relevé, le frein à main. Il n'arrive pas à avancer à cause de moi, parce que je traîne un peu. C'est que je suis un grand rêveur. Non, j'allais dire n'importe quoi. C'est-à-dire que je suis un grand rêveur, mais ce n'est pas ça, c'est juste que je suis désorganisé. Lui, il est à la porte, il est à la porte ouverte de la chambre, il est prêt à sortir, il m'attend. Et moi, je suis en train de récupérer une claquette. Il y en avait une sous le lit, l'autre était là, sur le balcon. Il manquait mes affaires pour aller à l'entraînement, ce genre de choses. Mais là, c'est un exemple précis dans la chambre, mais en fait, c'est tout le temps. Je dois le reconnaître. Et après, il dit une chose qui n'est pas très vraie, c'est que je ne l'attends pas. Antoine, je t'attendrai toujours. J'étais son témoin de mariage, ouais. J'étais à l'heure, à son mariage. C'était un grand effort. Non, non, c'est témoin de mariage, ouais. On est hyper proches, Antoine, depuis qu'on s'est rencontrés. On se rappelle tous les deux du jour, du moment. C'était... Sur le parking du Park & Suite, à l'époque, on était à Toulouse, on allait loger au même endroit, on a fait tous les déplacements ensemble pour aller à la salle. Ça nous a liés, on a une histoire familiale qui est similaire. On a tous les deux le père décédé, le sien un peu plus tôt que le mien. On est quelques-uns dans l'équipe de France, comme ça, ça nous a beaucoup unis, parce qu'on n'avait pas l'âge pour perdre un parent. Je pense que personne n'a l'âge pour perdre un parent, mais c'est forcément dans notre construction ça nous Ça nous forme, ça nous forge différemment, ça nous rapproche par ces expériences-là. Et aussi le fait d'avoir un grand frère tous les deux, d'avoir été le second. Peut-être qu'il y a aussi une... On se crée un peu par rapport à ces environnements-là et ça nous a créés pareil, c'est mon frère. Et là, je parle d'Antoine, mais je pourrais en citer plein d'autres. Je n'ai peut-être pas la proximité avec Antoine, c'est vraiment... particuliers, mais ils sont pleins dans l'équipe à qui je suis énormément attaché. On est sur un sport co, et c'est grâce à eux, grâce à nous tous, qu'on a réussi à faire ça. Donc, merci les cousins. C'est un groupe exceptionnel, et d'autres personnes qui nous ont suivis ont dit que c'est probablement aussi une des meilleures équipes, un des meilleurs collectifs, et on l'avait beaucoup entendu après les Jeux de Paris, un des meilleurs collectifs qui existait dans le sport confondu, parce qu'il y a... Parce qu'il y a cette capacité de gagner une fois à Tokyo, regagner, et d'avoir su se relever de 2023 qui a été un été compliqué. Et la façon dont on vit ensemble est exceptionnelle. Et ça nous permet évidemment d'être à l'entraînement, de réussir à être sérieux, de se chambrer un peu, d'aller créer de l'émulation derrière. Et c'est quelque chose d'hyper important pour nous. Il y a eu des périodes de contre-performance où on était bien en dessous de là où il fallait être et on a toujours réussi à reconstruire en dessous, derrière ça pardon, avec les efforts qu'il fallait faire. Et c'est pas facile de se mettre au service du groupe et d'aller chercher ensemble les réponses. On aimerait, par simplicité, on pourrait se dire bon je vais m'en écarter, je vais me concentrer sur moi. Il y a au contraire cette vulnérabilité. qui nous a fait énormément de bien, et c'est difficile de l'accepter, parce qu'on est tous des champions, on a tous envie de gagner, on aimerait être tout le temps au top, mais c'est pas possible, et d'accepter ces bas-là, ces moments de difficulté, c'est aussi la force du groupe. Le jour où j'ai su que nous ferions de grandes choses avec les Bleus, Moi je pense que c'était à Okinawa, c'est une île au sud du Japon, on a l'habitude d'aller maintenant, c'était la première fois avant les Jeux Olympiques de Tokyo. Et il y avait Jenia Gribenikov qui répétait sans arrêt « Les gars si on tient la recette on est champions olympiques, les gars si on tient la recette on est champions olympiques » . Et il le disait avec son sourire hyper... Il est hyper drôle, il est trop drôle, Grebet, quand il sourit. Et en fait, il avait raison. On s'entraînait très bien, c'était un moment particulier, une vraie bulle pour le coup avec le Covid. Mais c'était ce moment-là où on a eu un stage qui nous a vraiment encore plus unis, qui nous a fait sentir les Jeux de Tokyo. Et ça s'est réalisé là. Ouais, Tokyo, c'était vraiment exceptionnel parce qu'il y a un parcours qui ne ressemble pas du tout à celui de Paris. On est un peu dans la surprise à chaque fois. On démarre très mal, on se qualifie quatrième de poulet et voilà. Et derrière, tout fonctionne. Même la finale, on est 2-0 pour nous. Et non, ça ne se passe pas si facilement. Il faut que les Russes reviennent et que ça se joue 15-12 au tie-break. Paris, j'ai vraiment la sensation, après les premiers matchs qui sont les matchs les plus difficiles, le... Le temps de prendre la température, le temps de comprendre comment va le groupe, de comment on répond au public, parce que ça a été probablement notre plus grande force, mais ça a été aussi une grande pression pour nous au début. Et après, les premiers matchs passés, ça a été vraiment l'ouragan, je pense. On se sentait sur un nuage. On n'était pas serein, on savait que c'était des matchs compliqués, mais on avait l'impression vraiment de jouer à 13 000 contre 6 sur le terrain. exceptionnel, il suffisait les points en Valais 2, on est tellement dans le truc on met un point, on a l'impression de prendre plus 3 on avait une chute à 3 points derrière la ligne et en fait non, c'est juste que ça se passait trop bien le 6-0 après demi-finale finale c'était vraiment comme sur des roulettes c'est vrai, on croit au triplé en 2028 on y croit, la route est très longue, parce qu'entre Tokyo et Paris il y avait 3 ans, 2021-2024 là, 2024-2028 Il va falloir en manger des étés, il va falloir tenir bon, il va falloir garder, il va falloir prendre soin du groupe, il va falloir prendre soin de tout le monde, il va falloir éviter les blessures, etc. C'est vraiment un parcours du combattant. Il faut laisser cette idée d'effectivement on croit au triplé, il faut le laisser là. Évidemment, on est double champion olympique, on l'a fait deux fois, on peut sûrement le faire trois fois. Et j'ai aucun doute que le groupe, bien que changé... réussira à recréer ses conditions de victoire, de performance, comme on a réussi à les créer dans le passé. À la fin de ma carrière, je veux pouvoir dire que... Elle est belle cette question aussi. Parce que chaque jour, on s'en rapproche. Chaque jour, on y pense un peu plus. Et ce jour-là, c'est peut-être demain aussi. Il faut quand même le garder en tête. On est vulnérable par notre métier. Il y a une précarité dans le sport qui est inévitable. Je pense que c'est de pouvoir dire que je suis sorti au bon moment, de ne pas avoir trop tiré sur la corde, de ne pas avoir fait les années qui me feront perdre aussi tout le plaisir que j'ai eu à jouer ce sport pendant toutes ces années, toute une grande partie de ma vie qui a été consacrée à ce sport, à ce métier, à cette passion. Et je veux aussi pouvoir dire que j'ai kiffé. Avec les coups, avec ma compagne qui est aussi voléeuse, avec mes coéquipiers que j'aurais rencontrés en club, je pense que c'est ça qui doit rester et sortir sans regret.