Speaker #0C'est un gentil message. Alors ça, c'est mon père et ma mère. C'est mon père qui parle. Ils ont mis beaucoup de temps à écrire le texte. Ils se sont beaucoup appliqués, je les connais. Donc là, ils me lancent un nouveau challenge encore. Mais c'est vrai que là, ils parlaient des JO. C'est deux très très belles victoires. C'est les plus belles, c'est sûr. Mais je pense qu'il a oublié aussi la première Parce que la première d'un sportif de haut niveau Je pense qu'elle est super importante Et moi elle m'a beaucoup aidé Parce que petit j'ai jamais gagné un tournant Et en fait je revenais toujours déçu Et mon père m'a dit T'inquiète pas tu gagneras quand tu seras plus vieux Quand tu seras adulte tu gagneras C'est là que c'est important Et moi je comprenais pas en fait Je me disais bah non parce que quand t'es gamin t'as envie de gagner aussi Mais moi y'en a eu Une en fait qui me marque vraiment et qui me marque vraiment le début de ma carrière, c'est la Coupe de France 2012 en fait que j'ai gagné avec Rennes alors qu'on n'est pas du tout attendu à ce niveau-là. Et il y a mon père entraîneur en fait. Et quand on soulève la Coupe, je lui dis tu vois là en fait on a gagné quoi. Et on a gagné, c'était la première Coupe, c'était le premier titre en fait historique de notre club. Et on l'a fait à deux. Je pense que voilà, ça ça a été le début. Mais c'est vrai qu'avec cette équipe, c'est vraiment comme il le dit, les jeux. parce qu'en fait... Quand je faisais un peu le malin à l'entraînement en pro, après il y a faire le malin et voilà, j'étais quand même très respectueux, mais quand j'étais un peu nonchalant ou quand j'avais un peu trop de facilité, ou je me comportais mal, il me disait « Mais tu crois que tu es champion olympique pour te comporter comme ça ? » Et il me le disait à chaque fois, à chaque fois, « T'es qui pour faire ça ? Tu crois vraiment que tu es champion olympique ? » Et à chaque fois, et dans ma tête, il y a ce truc champion Olympique qui me dit mais c'est impossible quoi. Et le jour où on a gagné les Jeux à Tokyo, j'arrive à la maison et je lui dis bah ouais je suis champion Olympique. Mon père il a fait du hockey sur glace quand il était jeune, il a joué beaucoup au piano, il était en conservatoire au Kazakhstan. Et en fait il est allé au volet très très tard. Il a fait des études très très longues et en fait mes grands-parents, je ne les ai pas trop connus mes grands-parents, je les ai vus que quand j'étais petit, étaient contre le sport. Contre, contre. Et lui il est allé en cachette en fait. Il devait aller au conservatoire mais il est allé en cachette, du coup il a commencé très tard. Le volet, c'est des amis qui lui ont dit mais viens t'es grand, viens jouer avec nous. Et du coup il est devenu pro, ça a été un des premiers à partir du RSS pour jouer à l'étranger. Du coup, ils sont arrivés en 1989 à Rennes et ils avaient signé un an, je crois. Et en fait, ça leur a plu. Du coup, ils ont re-signé un an et chaque année, ils re-signaient un an pour rester. Et du coup, nous, on se sentait bien avec mon grand frère. Mon grand frère est arrivé quand il avait déjà 7 ans. Moi, je suis né en 90, donc dès qu'ils sont arrivés. Et du coup, en fait, ils ont décidé de rester. Ils n'y sont plus. Et puis, mon père a fait joueur là-bas. Et du coup, après, il est devenu entraîneur joueur. Après, il a fait juste entraîneur. Il s'occupait du centre de formation à Rennes. Et puis après, il est devenu entraîneur de la pro. Et maintenant, il va drouiller un peu partout. Là, actuellement, il détient le titre en Azerbaïdjan. Il est avec l'équipe masculine de Bakou. Toujours passionné de voler. Il me suit. Je pense que mes parents n'ont jamais raté un match. Peu importe où je joue, ils n'ont jamais raté un match. Déjà, un match amical en France, ils ne le ratent jamais. Un match à la télé, il le rate jamais. Un match quand je suis dans mon club, il le rate jamais. J'ai toujours un petit débrief après le match. S'il n'y a pas de débrief, ce n'est pas bon signe. J'ai choisi le volet parce que mon père me dit à 16 ans « Là, le hockey sur glace, tu vas rentrer en seconde et tu as le volet. » Mais le volet, j'allais jouer juste le match le week-end. Parce que les entraînements, ça ne m'intéressait pas trop parce que je trouvais ça un peu trop facile. Parce que depuis tout petit, je jouais au volet avec mes parents. Avec mes proches, avec mon frère, tout le temps, le volet j'arrive pas à l'oublier en fait, c'est lié à moi en fait, j'arrive pas à ne pas faire du volet. Si il y a un jour où je fais pas du volet, c'est pas normal. Et mon père venait d'être nommé entraîneur du club de Rennes, et je me dis là il y a une opportunité. En fait à 16 ans, direct je me dis, je sais qu'il va m'emmener, il me le dit pas direct, il me dit voilà j'ai été nommé entraîneur de l'équipe première. Et dans ma tête moi je suis trop content, je me rappelle je monte dans la chambre, je crie, je suis super content, je me dis là c'est l'opportunité. Et l'opportunité, en fait, je me dis, je sais qu'il va m'emmener à l'entraînement, j'en suis certain, parce que je vais le supplier pour qu'il m'emmène à l'entraînement, pour que je m'entraîne avec des pros. Et c'est là que je me dis, je ferai tout pour devenir sportif de haut niveau au volet. On m'a dit, t'as beaucoup de facilité et tout. J'avais ces facilités-là parce que je jouais tous les jours au volet en fait. Je mettais un tapis et jouais avec un ballon de baudruche et du coup... Enfin, il n'y a pas un jour, comme je disais, où je n'ai pas joué au volet. Faudrait le trouver où c'est un jour où j'ai dormi toute la journée, mais ça me paraît quasiment impossible. Par exemple, même si je n'ai pas un entraînement, à la maison, je vais trouver un moyen de faire du volet. Il y a au moins 10 minutes dans la journée où je fais du volet. Ça, c'est sûr et certain. 16 ans, je suis sûr que je serai pro. Je suis réceptionneur attaquant et quand je commence à m'entraîner avec les pros, il y a Benjamin Roche qui s'occupait du centre de formation à Rennes qui me dit « je te prends, tu joues, mais tu joueras libéraux » . Je suis content parce que je joue avec des plus vieux. Je jouais déjà en National 2 à 16 ans donc c'est vraiment dur. Mais je fais mes gammes, j'apprends beaucoup. Je supporte la pression parce que je suis visé à 16 ans en National 2, t'es visé. Et je m'améliore de jour en jour parce que je n'intègre pas le groupe pro mais grâce à mon père, il me fait jouer libéraux. Avec les pros, du coup, j'intègre toutes les vitesses de balle, je vois comment on se comportait en tant que pro, j'apprends la discipline. Déjà que mon père était dur avec les joueurs, ce qui est normal, parce que c'est le monde pro, il n'y a pas le droit à l'erreur. Et du coup, il était super exigeant avec tout le monde. Moi, les joueurs étaient exigeants avec moi aussi, parce qu'ils voulaient m'apprendre le métier, alors que moi, je suis juste là pour aider. Mais en fait, eux, ils ne sont pas là pour perdre du temps, ils s'en fichent qu'il y ait un gamin de... 15 ans ou 16 ans qui viennent s'entraîner avec eux en fait eux ils veulent performer le week-end et ça je l'ai tout de suite intégré et je pense qu'on est au quatrième cinquième match de la saison je suis sur le banc et en fait j'ai jamais été de ma vie sur le banc en fait et je vois que les mecs qui sont en train de kiffer sur le terrain il y a le public applaudi en fait moi je suis en survette bon le survette est très beau je suis en survette mais je fais rien et je me rappelle on sortait souvent le samedi soir après les matchs même Tu vois, juste avec l'équipe, avec le groupe ou avec mes amis. Et au bout d'un ou deux mois, en fait, j'en ai marre. Je me rappelle, je rentre chez moi et mon père me dit « Mais tu sors pas ce soir et tout ? » Je fais « Non, en fait, je fais comment pour jouer ? » Et il me dit « Mais il n'y a qu'une solution, c'est que tu deviennes bon, quoi. » Donc à partir de ce jour-là, je me rappelle, on a commencé à travailler beaucoup la réception. La défense, ça allait déjà, mais il m'a donné des petits tips, en fait, pour être plus libéré en réception, pour gérer le stress, la frustration. Et on s'est focalisé là-dessus, on s'est donné un objectif, que je devienne titulaire. Et puis après, j'ai commencé à me faire mes objectifs moi-même. Être libéraux m'a permis d'atteindre les sommets. Aujourd'hui, je me rends compte que oui, parce que je pense que si j'étais réceptionneur attaquant... J'aurais jamais été en équipe de France, je pense. J'aurais pu jouer en Pro B, Pro A. Je sais pas si j'aurais joué dans les meilleurs clubs. Libéraux, je peux pas faire plus, je pense. La personne qui a inventé le poste de libéraux, je pense que c'est mon héros aujourd'hui. Parce que j'ai montré ma frustration, quand même. J'ai montré ma frustration, parce que je leur ai dit « Je me fais chier » . Au début, j'avais l'impression d'être dans une cage. Et merci à mon père de m'avoir dit de... Enfin, il m'a dit « Développe quelque chose, en fait. Ne te frustre pas. Reste toi-même. Trouve... » quelque chose qui te plaît dans ce poste et en fait ça a été défendre j'aimais bien chambrer aussi quand j'étais jeune et en fait il m'a dit mais défend et regarde l'adversaire ne le charrie pas mais va chercher le conflit avec lui, essaye de le dégoûter si quelqu'un le défend c'est jamais plaisant et du coup j'ai essayé de faire en sorte de avoir cette adversité avec l'attaquant, avec les services adverses et c'est là que j'ai commencé à prendre mon kiff en fait, je pense que j'ai réalisé ce que je... J'imaginais même pas en fait je pense Rien que déjà participer au jeu Je pensais pas que c'était possible Être en équipe de France je me suis dit ouais Je vais rester quelques années, autant d'années, non Je pensais pas Et les meilleurs clubs j'y croyais pas Les meilleurs clubs j'ai vraiment Fait tous les clubs que je voulais je pense Mon club me permet de renouer Avec mon histoire ouais C'est totalement pour renouer en fait Parce que là je joue actuellement à Saint-Pétersbourg J'ai une partie de ma famille qui vit en Russie encore. L'autre partie est au Kazakhstan. La partie de ma mère est au Kazakhstan. La partie de mon père est en Russie. Je suis arrivé en 2020, oui. Je n'avais pas vu mon oncle depuis 15 ans, je crois. Mon cousin depuis 10 ans, du coup. Voir mon oncle dans la tribune en train de me voir jouer, c'était quelque chose de fort. C'est le frère de mon père. Ça a touché un peu ma famille de les voir chez eux et de renouer les liens avec eux. J'ai rencontré plein de cousins que j'ai eus que par texto ou vu en photo. J'ai réappris un peu la langue parce que tu la perds forcément que je n'étais plus trop à la maison avec mes parents. J'ai appris à lire le russe. Je comprends l'histoire de ma famille en fait, et c'est quelque chose de top et c'est pour ça que j'y reste aussi parce que ça fait partie de mon histoire, ça fait partie de l'histoire de ma famille, donc j'assimile pas mal de choses et ça fait chaud au cœur. J'ai deux métiers aujourd'hui, deux passions on va dire. Ouais il y a le volet et l'entrepreneuriat mais... Je le prends vraiment plus comme un plus, pour me changer un peu les idées, même si ça reste un peu le volet. Ça fait 5-6 ans que je pensais à ça. Je me posais des questions parce qu'on est souvent en voyage, en trajet, et il y a pas mal de temps libre des moments de pause où tu penses à rien, t'en as marre d'écouter la musique ou de regarder un film, et je pensais « mais qu'est-ce que je vais faire plus tard ? » Et j'ai un petit carnet, je note toutes les idées que j'ai. Et en fait je me dis mais dans le volet les gens ils ont besoin de quoi ? Chaussures trop compliquées. Et là en fait dans ma tête je me dis mais j'ai tellement joué dans le club et en fait ils me distribuaient des genouillères et en fait j'en ai pas une qui m'allait quoi. Bah mes genouillères c'est de la merde. En fait je me dis clairement ça. Parce qu'en fait je les déchirais tout le temps et en fait j'avais toujours une genouillère qui pue ou qui est sale. Même si j'en change très régulièrement parce que moi elles se déchirent très vite. Et en fait je me dis bah attends je vais faire une genouillère en fait qui se déchire pas. qui est jolie et qui est bien, parce qu'en fait, j'ai tellement vu d'inconvénients que je me suis dit, vas-y, je me lance. Je note plein de choses, ce qui va ou ce qui ne va pas dans la genouillère. Il y a beaucoup de choses qui n'allaient pas, mais quelles innovations je pourrais apporter à cette genouillère. Pendant cinq ans, je réfléchis et j'en parle avec ma femme, je m'en souviens. Et ma femme me dit, lance-toi, lance-toi, mais je ne sais pas comment faire, je ne sais pas qui peut me le faire, à qui je dois m'adresser. Et là, je demande à mon frère. qui est commercial. Il me dit, ouais, viens, on le fait. Il est allé voir des personnes qui connaissaient un peu le textile et tout parce que je voulais un tissu le meilleur. Je veux que tout soit le meilleur. Comme je me suis toujours donné le top dans ma carrière, je voulais toujours être le meilleur. Je me suis dit, moi, je veux la meilleure genouillère. Tu me trouves le meilleur tissu, la meilleure mousse et les meilleures personnes pour me faire cette genouillère. Donc, il a cherché, cherché avec les connaissances qu'il avait dans le textile. Et puis, au fur et à mesure des années, j'ai créé mon entreprise il y a deux ans. Et à partir de là, j'ai fait appel à des prestataires pour une mousse, pour un tissu, pour la conception, pour tout. Ça, c'est ouf. L'histoire est encore plus belle. J'ai emmené mon prototype au jeu de Paris. C'était mon dernier prototype. En fait, là, c'était la dernière chance parce qu'en fait, j'ai fait environ une dizaine de prototypes et j'ai tout déchiré. J'étais fou. En fait, il y en avait, elles se déchiraient direct et il y en avait, elles brûlaient juste. Et moi, tellement que je cherchais la perfection, je ne voulais même pas qu'il y ait un petit pète dessus. La mousse, je l'avais trouvée, on était sûrs dès le début, j'avais trouvé facilement. Et le tissu, à chaque fois, c'était l'anxiété. Et mon frère me l'emmène le matin pour le match. Le premier match contre la Serbie, en fait, des Jeux. Et dans ma tête, je me dis, je ne peux pas la mettre. Parce qu'en fait, si elle se déchire, les gens, si on fait un zoom sur moi, ils vont voir que j'ai une genouillère déchirée et ils vont voir le logo. Donc du coup, pendant le match, j'ai une double anxiété. bon même si par rapport à l'enjeu, si ça se déchire, ça se déchire, c'est un prototype, c'est comme ça. Il y a un moment où je plonge contre la Serbie, je fais une défense, et je sens que j'ai beaucoup appuyé sur la genouillère, j'y suis vraiment allé fort, et je regarde et elle n'a rien, et dans ma tête, c'était une double victoire. C'était passé, je me rappelle, je fais un signe à mon frère, tout est nickel, et après, le surlendemain, à l'entraînement, je la teste et j'y vais vraiment à fond, à fond, et elle n'a rien. Donc c'était validé, c'était top. Du coup, je l'ai gardé tous les jeux. Pendant tous les jeux jusqu'à la finale, et je gagne avec le prototype de ma genouillère que je sors après en janvier. Ça a mis un peu de temps. Je ne pouvais pas la sortir directement après les jeux parce qu'il y a tellement de choses à faire, tellement de règles à respecter avant de faire la sortie de la genouillère. Mais c'est vrai que c'est un joli clin d'œil. En plus, elle est noire et or. Et du coup, l'or, ça rappelle aussi la médaille des Jeux. C'est une belle anecdote, celle-là. C'est ouf. A la fin de ma carrière, je veux pouvoir dire que je pense que j'ai fait plus que ce que j'attendais en fait. Je ne pensais pas être double champion olympique, je n'ai vraiment joué dans quasiment tous les meilleurs clubs au monde. Je ne pensais pas avoir autant de sélections en équipe de France, je ne pensais pas gagner autant de titres, avoir autant de titres de meilleurs libéraux. Je ne pensais pas que ça marcherait autant. Je savais que ça allait marcher, mais sincèrement pas autant. Quand on voit ce qu'on a fait en fait, on nous l'aurait dit il y a 15 ans, on m'aurait dit non mais t'es un mytho ou t'es un fou quoi. Je pense que personne n'aurait mis une pièce sur nous et on s'est mis nous-mêmes cette pièce.