- Speaker #0
Son cardio vient de monter en 30 secondes. Je vais commencer parce que ça va la lancer. Ensemble. Le mot ensemble m'évoque l'effet de groupe. Au niveau du volet assis, on est un groupe féminin plutôt soudé. Bonjour, je m'appelle Estelle Galland. Je suis jouée en équipe de France de volet assis depuis décembre 2019. Pour moi, c'est une deuxième famille. C'est devenu plus des copines que des simples joueuses avec qui je travaille. Et surtout, j'arrive à me confier davantage à elles, ce qui n'était pas le cas avant. Puisque voilà, j'arrive à faire des câlins maintenant, n'est-ce pas Jenna ? J'arrive à faire des bisous, ce qui n'était pas le cas au tout début de mon arrivée dans l'équipe de France. Et voilà, c'est une deuxième famille pour moi.
- Speaker #1
Pour moi, le mot ensemble, ça représente l'esprit d'équipe, l'occasion, le fait d'être un groupe en fait. Sans ce groupe, en tout cas au volet, on n'avance pas. Bonjour, je suis Gina Goudian-Prince et je suis joueuse en équipe de France depuis novembre 2022 et actuellement capitaine de cette équipe. Je ne dirais pas jusqu'à famille parce que moi une équipe c'est une équipe, mais en fait à force d'être avec les filles, c'est vrai qu'on crée des liens et donc on crée des nouvelles amitiés. Et c'est vrai qu'avec le temps, j'ai commencé à me confier, je crois que c'est plus quand je suis devenue capitaine parce que ça m'a tellement marqué qu'il fallait que j'exprime ce que je ressentais et elles m'ont très bien compris, elles m'ont encouragée. Et je les remercie.
- Speaker #2
Bonjour à tous, bienvenue à vous si c'est la première fois que vous écoutez Ensemble. Et ravi de vous retrouver si vous êtes déjà des fidèles. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous écouter, nous vous en remercions. Avant de rentrer dans le vif du sujet, n'hésitez pas à vous abonner sur Apple Podcasts et Spotify et à nous laisser un commentaire. Bonne écoute à tous.
- Speaker #0
Ensemble. Le podcast de la Fédération Française de Voler.
- Speaker #2
Le volet assis pour rêver à nouveau.
- Speaker #1
Rêver à nouveau, de pouvoir remarcher ou... Faire des choses toutes simples que tout le monde dit, c'est simple. Pour moi, c'est un peu compliqué. Faire du vélo. Je ne pensais pas que je pouvais faire du vélo. Je refais du vélo. Courir. C'était compliqué au début. Maintenant, je le fais. Moi qui me disais, il faut absolument que je recours. Rêver à nouveau, c'est revivre.
- Speaker #0
Moi, je me suis dit que pendant mon accident, je ne pouvais plus rien faire. Donc, rêver à nouveau, c'est que j'ai pu me donner l'opportunité de faire quelque chose d'autre de ma vie. Parce que moi, c'est carrément un changement de vie en soi. Donc oui, l'accident m'a changé et il m'a changé en mieux. Et j'ai pu en plus rêver à faire des choses que jamais j'aurais pu penser faire. Un sport court, je ne pensais pas parce que j'étais contre. Les Jeux Paras, je ne pensais pas parce que pour moi, j'étais derrière ma télévision. Et puis maintenant, c'est carrément les championnats du monde et pourquoi pas les Los Angeles, si mon corps me le permet encore. Mais oui, je continue là à pouvoir rêver à faire quelque chose. Pour ceux en tout cas qui connaissent le volet, les règles, c'est exactement les mêmes. Il y a quelques petites différences comme le contre-service, qu'on n'a pas le droit au volet debout. Après, c'est une discipline qui est réservée aux personnes en situation de handicap. Forcément, il y a des adaptations. On a un filet qui est plus petit, 1,05 m pour les femmes, 1,10 m mixte. Et 1m15 chez les hommes. Et on a un terrain qui est plus petit, donc 10m sur 6.
- Speaker #1
Quand on parle souvent de voler assis, ça nous est encore arrivé hier, les personnes pensent qu'on est en fauteuil roulant. Non, on est vraiment assis par terre et on glisse avec ce qu'il nous reste de membre. C'est ce que je dis à chaque fois, parce qu'on peut être raputé d'une jambe ou de deux jambes. Donc on va pousser avec les bras. Donc on s'aide vraiment de tout ce qu'il nous reste pour pouvoir nous déplacer.
- Speaker #0
Il faut savoir que c'est très cardio. C'est-à-dire que souvent dans la semaine, on va se faire ce qu'on appelle un circuit. Et on va faire des allers-retours, des allers-retours sur un temps X, par exemple 30 secondes, 15 secondes de repos, 30 secondes. On ne va pas le faire longtemps parce que le cardio monte très vite.
- Speaker #1
Et aussi une chose, c'est quand on est assis, quand on reçoit le ballon, on doit forcément être en contact avec le sol. Mais après, les postes sont les mêmes. Poste 1, 2, 3, 4, 5, 6. On a un libéraux.
- Speaker #0
On passe à TAC. Moi, je suis un peu polyvalente. On arrive souvent à me changer de poste. Je ne sais pas pourquoi. Mais on me teste partout. Donc, j'ai commencé par la passe. J'ai commencé par la récepte. J'ai terminé par la TAC. Voilà, je suis ce qu'on appelle la polyvalente.
- Speaker #1
La joker.
- Speaker #0
Moi, j'adore la défense, en tout cas. Voilà, j'aime beaucoup ça. Et ce que j'aime le moins, c'est l'attaque. Par contre, j'ai beaucoup travaillé ces temps-ci l'attaque. Maintenant, quand on va me donner le ballon, je ne vais pas lui dire « Arrête de me le donner » , je vais lui dire « Vas-y, continue à me le donner » . Ce n'était pas le cas avant. Au tout début, je ne voulais pas du tout attaquer.
- Speaker #1
Ah ouais, elle n'aimait pas ça. « Non, attaque ! Non, je ne veux pas ! » Alors que moi, l'attaque, contrairement à elle, je suis au poste 4, attaquante réceptionneuse. Moi, j'adore taper dans le ballon. Ça me fait trop du bien, en fait. Et en plus, comme j'ai beaucoup de force, moi, quand la balle arrive bien et tout ça, souvent, je me fais contrer. Mais quand la balle arrive bien, moi, j'adore taper fort, planter dans le ballon. Oui,
- Speaker #0
il faut la canaliser, la djinn. Oui,
- Speaker #1
voilà. Puisque certains disent que, je ne sais très pas le nom, a dit que j'ai failli casser l'écran en face lors d'une compétition. Il manquait un pixel.
- Speaker #0
Elle a cassé le doigt d'une coéquipière, quand même. Non, ça, elle ne le dit pas, ça.
- Speaker #1
Non, je n'allais pas le dire.
- Speaker #0
Mais pendant un entraînement. Pendant un entraînement, on fait un échauffement basique et on termine par un objectif de service. Jenna brute de décoffrage et bing, Sauf qu'en face, on était là et le ballon rebondit sur le doigt de la coéquipière et lui a pété le petit doigt.
- Speaker #1
Oui, mais bon, quand on joue au volet, quand il y a des exercices comme ça, il faut toujours avoir l'œil parce qu'on ne sait pas d'où peut venir le ballon. Et regardez ailleurs ! Je suis désolé, je n'étais pas capitaine à ce moment-là. Mais non, après, je m'en suis vraiment voulu, parce que je pensais juste que c'était une entorse. Mais quand elle a dit que c'était cassé, franchement, je me suis vraiment senti mal. Je suis désolé, je m'en excuse encore. Je suis désolé.
- Speaker #0
Enfin, nous, on a des crises de rire en faisant des entraînements, parce que, voilà, il y a des petites choses, ça peut être quelque chose de très insignifiant, mais ça va nous faire rire. Et moi, je n'ai jamais pris autant de plaisir que dans ce sport. Et pourtant, j'en ai fait des sports. C'est très ludique. On prend un plaisir fou. Testez et vous allez adorer.
- Speaker #1
Je touche le ballon de volet depuis la primaire. Au collège, je me suis inscrite en club. Puis j'ai arrêté. Et puis ça m'a manqué. Et puis il fallait que je retouche du ballon. Et là, j'ai rencontré un entraîneur qui m'a dit « Vas-y, viens dans le club d'Argenteuil. » Et j'y suis allée. J'ai vu des filles, un groupe qui étaient ensemble. Et là, je suis rentrée dans le club. J'y suis restée au moins 15 ans. Là, quand j'ai eu mon accident, quasiment toutes ces personnes sont venues me voir à l'hôpital. Ça m'a vraiment fait plaisir, mais j'oublierai jamais ce moment-là de l'hospitalisation où il y a des personnes qui peuvent être en dépression. Moi, c'était la fête. C'était la fête. J'avais des visites de midi jusqu'à 22h, 23h. Je ne dormais pas pendant quatre semaines. J'étais fatigué, mais j'étais tellement content de revoir mes amis, la famille. Tout le monde est venu me voir. Je me souviens le premier week-end. On s'est fait enguirlander par un autre soignant ou un infirmier parce qu'on était 15 dans ma chambre. À un moment du Covid où il fallait une personne par heure et par personne. Un autre jour, c'était pareil, on s'est fait jeter dehors de la chambre. On nous a dit, vous pouvez sortir, aller dans le hall de l'hôpital. Et là, j'ai vu le hall, je ne connaissais pas le hall de l'hôpital. Je l'ai vu, je me suis dit, mais c'est génial. C'est devenu mon salon de réception. Jusqu'à même, on a créé des apéros, les apéros hôpital. tous les jeudis à 18h dans le hall de l'hôpital Pompidou. C'est bizarre, mais c'était vraiment un bon moment parce qu'en fait, en quatre semaines, j'ai vu les personnes les plus importantes de ma vie. Et là, je me rends compte que le volet fait vraiment partie de moi parce que si j'avais pas intégré ce club, je sais pas si j'aurais continué le volet, si j'aurais rencontré toutes ces personnes, je pense pas. Et franchement, je suis vraiment contente de les avoir toutes rencontrées. Encore une fois, je les remercie parce que sans eux, ça aurait été autre chose. L'accident s'est passé, c'était le 23 septembre 2021. d'après mes souvenirs. En fait, à ce moment-là, j'habite toujours d'ailleurs dans le sud de Paris et j'allais m'entraîner dans le nord de Paris, dans le 95. Et en fait, à ce moment-là, je ne travaillais pas. Et donc, je me suis dit, au lieu de partir à 18h et me prendre tous les bouchons, les célèbres bouchons parisiens, je vais partir plus tôt. Et je me suis arrêté chez ma mère à Agnières. Je croise mon frère, donc on se garde sur le parking, tout ça, on parle. Et en fait, ma nièce courait beaucoup, était très excitée. J'ai dit, je vais faire des petits allers-retours avec elle sur le parking. Donc, on faisait un aller, avoir marre, prêt, faire repartir, un retour et tout ça. Et à un moment, on s'est mis à croupir. Donc, j'allais donner le top départ. Et en fait, une voiture est sortie de sa place de parking en marche arrière, mais les roues braquaient vers nous. Et donc, en fait, c'est marrant quand les gens disent qu'ils ont vu leur vie défiler. Honnêtement, c'est ce qui s'est passé en un quart de seconde. J'ai eu des flashs, des photos, environ cinq ou six photos. Et quand ces photos de ma vie sont passées, je me suis ressaisie. J'ai dit mince la voiture, j'ai tourné la tête, j'ai eu ma nièce et donc j'ai voulu plonger comme on voulait ou faire une roulade et ça a raté. Que je ne suis pas vraiment une bonne volieuse. Parce que du coup ma roulade ou mon plongeon a raté, j'ai jeté ma nièce en arrière.
- Speaker #0
Oui mais tu as sauvé ta nièce.
- Speaker #1
J'ai sauvé ma nièce, au final j'ai sauvé ma nièce. J'ai jeté en arrière, la voiture est passée et j'ai senti en effet la chaleur du moteur sur mon pied. Mais pour moi j'étais passé proche de la voiture. Et quand mon frère, quand la petite s'est mise à pleurer. Mon frère est arrivé, j'étais retourné allongé par terre, j'ai dit regarde la petite voir comment elle va. Il la regarde et il me dit, elle a rien. J'ai dit elle a rien de rien ? Il me dit non pas une égratignure. J'ai dit ah cool, génial, vas-y monte là. Et moi je vais me lever, pour moi c'était passé. Et en fait quand je vais me lever, c'est là que j'ai vu que j'avais plus de pieds. Ça a été coupé au-dessus de la cheville. Pour moi c'était rien, c'était comme je le dis, c'était la taille d'une chaussette. Donc il y a pire quoi, il y a pire. Moi ma motivation, honnêtement, je le redis, c'était toujours la même chose. Vous allez me prendre pour une folle parce que tout le monde dit « Ouais, si je remarche, c'est pour moi, c'est pour la famille qui m'ont soutenu et tout ça. » Non, moi j'avais deux objectifs. C'était marcher pour le mariage de ma copine parce que de base j'étais témoin, il a été repoussé par le Covid et tout ça. J'ai dit « Je n'irai pas au mariage en fauteuil roulant. » Donc je voulais marcher absolument pour son mariage et danser. Et deuxième objectif, je passerais plutôt en premier, c'était reprendre le volet. Moi, il fallait absolument que je reparte sur le terrain parce qu'avec mes copines, on avait une très bonne équipe, on allait faire une saison de malade. Il n'y avait pas moyen que je sois dans mon fauteuil roulant. Donc voilà, c'était vraiment mes deux objectifs qui m'ont motivé. C'était le mariage et retrouver mon équipe.
- Speaker #0
Le volet assis m'a permis de sortir du gouffre. C'est pas faux. Quand j'ai connu le volet assis en 2015, j'étais pas forcément, comment dire, dans mon assiette. J'étais plutôt en dépression qu'autre chose. J'avais pris énormément de poids. J'avais perdu confiance en moi, j'avais arrêté le sport, je ne sortais plus. L'ancien président de volet sur ma commune, Dimitri Moury, a fait une section de volet assis et a invité un ancien joueur de l'équipe de France masculine de volet assis à faire une initiation dans la commune. Il m'a dit, allez Estelle, c'est l'occasion, sors, tu verras, ça va t'intéresser, il y a des choses à faire. J'ai dit bon d'accord, je l'ai écouté et le jeune homme qui faisait l'initiation, il lui manquait un bras. Et il a fait des choses extraordinaires avec le ballon. Il avait le smile et le peu que j'ai joué avec lui, il m'a donné du plaisir. Et je me suis ressentie un peu vivante, on va dire ça comme ça. J'ai ressenti de l'adrénaline, j'ai ressenti le goût de la transpiration parce que croyez-moi, avec 30 kilos de puce, j'ai bien transpiré. Et moi qui aime la compétition, ça m'a donné le goût de recommencer le sport, de m'investir davantage. J'adore me surpasser, j'adore m'engager, j'adore que quand je me donne un objectif, c'est d'aller jusqu'au bout de l'objectif. Si je n'atteins pas l'objectif, mais que je me suis donné les moyens de le faire. Ce n'est pas grave parce que je sais que je ne pouvais peut-être pas donner plus. Mais en tout cas, ce que je lui ai donné, je l'ai donné à fond. Maintenant, ça fait partie de ma vie et ça m'a changé parce que je ne suis pas la même Estelle d'avant et l'Estelle que je suis maintenant. J'ai appris beaucoup de choses comme la patience, par exemple. Avant, je n'en avais pas beaucoup. Comme le contact physique. Avant, j'étais incapable d'enlacer quelqu'un. Maintenant, on arrive à me toucher. Merci, Gina. Faire la bise, ce genre de choses. voilà c'est Quand je ne connaissais pas les gens, j'étais plutôt très réticente, très dans mon monde. Maintenant, je suis un peu plus ouverte, plus sociale. Et oui, je pense que sincèrement, c'est grâce au volet assis, aux filles. Je préfère être la petite femme que je suis maintenant que celle que j'étais avant. Moi, c'est top.
- Speaker #1
Le volet assis, c'est vrai que là, on voit des gens qui sont motivés, qui sourient, qui ont la pêche, qui ont la banane. Je ne sais pas, mais à ce moment-là, ça s'arrivait beaucoup entre personnes handicapées. Et moi, ça me choquait, mais ça me faisait rire. Mais après, on rentre vite dedans. Donc, ça m'a permis de découvrir déjà un autre aspect du handicap, une autre pratique du volet, découvrir d'autres personnes. Et puis, je n'aurais pas fait tout ce que j'ai fait, voyager. Je n'ai jamais autant voyagé, même si c'est des compétitions, mais jamais autant voyagé, je n'aurais pas jamais imaginé faire des jeux. Moi, je me souviens, je regardais les jeux de mon lit, je disais, « Ah, ça doit être trop bien ! » et tout ça. Jamais je n'aurais imaginé que j'aurais pu les faire. Les Jeux de Paris, pour moi, c'était génial. Je ne m'y attendais vraiment pas. Honnêtement, je faisais partie des mauvaises langues en disant, Ça va mal se passer, tout ça, tout ce qu'ils ont prévu, les transports, moi c'était surtout les transports parce que j'avais pas de voiture à ce moment-là. Ça va mal se passer et en fait, pendant la période olympique, c'était génial. Franchement, je voyais les gens qui étaient, tout le monde était heureux, ça allait en match, j'entendais des amis dire oui, je vais avoir tel match, je vais voir tel match et tout ça. Et nous, pour ma partie paralympique, en fait, belle organisation au niveau des matchs, l'engouement du public, moi je m'attendais pas, je me suis dit... Au premier match, je me suis dit, il ne va pas y avoir beaucoup de monde, il va y avoir des personnes, mais voilà. Mais en fait, après le tirage au sort...
- Speaker #0
Qu'il n'y avait personne, ils étaient tellement nombreux qu'on ne savait plus où donner de la tête.
- Speaker #1
Ben ouais, moi je suis arrivé, on avait vu l'aréna le matin, je crois. Oui,
- Speaker #0
pour un match des garçons, pour s'imprégner un petit peu de l'ambiance qui allait nous attendre.
- Speaker #1
Même avant, on s'était entraîné, tu vois, donc on a vu l'ampleur de l'aréna, on allait sur le terrain, et là j'ai vu le monde, j'ai dit, waouh, ils sont venus nous voir, c'est trop gentil ! Et non, c'était trop bien, c'était vraiment bien. Et moi, de mon côté, le fait que ce soit en plus à Paris, et que nous, on habite à Paris, du coup, nos amis ont pu venir nous voir facilement. Et donc, moi, je savais qu'à chaque match, j'avais quelque part ma famille ou des amis des voléeurs qui étaient dans les gradins. La cérémonie d'ouverture. Quelqu'un avait fait passer le message que les caméras étaient à droite. Donc, du coup, on s'est dit, on va se mettre à droite. Mais ce qui était bien aussi, c'est qu'au moment où la délégation française devait défiler, en fait, je ne sais pas pourquoi, Aïe ! Ils ont appelé « Voilà, si » . Il n'y avait que moi qui avais attendu. Et j'ai dit à tout le monde « Ouais, nous, voilà, si, on doit être devant » . Donc, on a eu la chance d'être devant. Et du coup, on nous voyait. Donc, moi, j'étais là, je souriais, je disais « Coucou partout » . Dès que je voyais une caméra, j'étais là. Je sais qu'il y a un appât de mon centre de rééducation qui m'a dit « Ouais, fais-moi un signe » . Je dis « Bah, ok, vas-y » . Et dès que je voyais une caméra, je faisais ça. Donc, quand je l'ai revu après, il était fou, il était trop heureux. Mais c'était vraiment un bon moment parce que, en plus, pour moi, je me suis dit « Bah, c'est les Jeux paralympiques. Il y aurait moins de monde. En plus, c'est à la rentrée. Les gens vont reprendre le travail. » Donc voilà, on allait être un peu oubliés. Et en fait, non. Quand on a, moi en tout cas, quand les portes se sont ouvertes, on a commencé à défiler, je lui montre, je dis, ah ben, c'est gentil, il y a des personnes qui nous soutiennent au jeu. Pas forcément la dégagation française, mais au jeu. Et franchement, moi, ça m'a fait plaisir. Donc du coup, ça...
- Speaker #0
Ça rebousse. Ouais,
- Speaker #1
voilà.
- Speaker #0
Moi, mes enfants m'ont carrément envoyé des photos. Ils prenaient en photo la télévision quand ils me voyaient passer. Et de mon téléphone, je voyais la télévision de chez moi et je me voyais dans la télévision de chez moi. C'était énorme. Mais ouais, c'était... Comme elle dit, il y avait un tel engouement. Quand ils sont tous arrivés avec nos grosses têtes, c'est pareil. C'est quoi ces grosses têtes ? Des gens qui citaient notre prénom alors qu'on ne les connaissait pas. On était vraiment perdus. Comme si on était dans une botte de foin et on était la petite aiguille à aller chercher. Donc non, franchement, l'engouement du public, c'était vraiment génial. Parce que d'habitude, au volet, quand on va dans nos compétitions, on n'a jamais de public. À part le public du pays où on va, et encore, ils sont une dizaine. Mais on n'avait jamais eu ça. Donc, une sacrée différence quand même. Mon frère, il regardait la télévision et il m'a dit, tu as une meilleure escorte que le président de la République. Parce que c'est vrai que quand on est monté dans les bus, on s'est fait escorter par les motards de la police nationale et de la gendarmerie. Déjà, les deux ensemble, c'était beau à voir. Moi qui suis du métier, donc c'était beau à voir. Mais il y avait un nombre. incroyable de motards, j'avais jamais vu ça. Et en plus, il y avait quand même une interaction entre eux et nous, parce que nous, on chantait la marseillaise et eux, ils faisaient tourner leur giro de ton, donc c'était énorme, ce passage-là.
- Speaker #1
Non, mais attends, aussi, surtout, moi, ce qui m'a vraiment marqué, je me suis dit, ah ouais, respect à nous, c'est quand on quittait le village, pour aller sur les champs, on est passé par la 1, donc au niveau du Stade de France. Et ils ont bloqué la 1 pour nous. Et la 1, c'est quelque chose. Quand on connaît l'autoroute A1 au niveau du Stade de France, c'était en heure de pointe. Je ne sais plus quelle heure il était. C'était en heure de pointe.
- Speaker #0
Pour le périph', on n'avait pas un bouchon. La rue, c'était pour nous. Nous, qui avons l'habitude de faire des kilomètres et des kilomètres, par exemple, moi, de chez moi, pour aller à Issy-les-Moulineaux, je mets presque une heure et demie, alors qu'en temps normal, je ne devrais en mettre que 45 minutes. Là, on avait la voie pour nous. C'était mémorable. Pour les Parisiens, c'est mémorable.
- Speaker #1
Ah oui, quand il faut le vivre, franchement.
- Speaker #3
Bonjour les filles, que de chemins parcourus depuis le début de l'aventure, et vous, vous en pensez quoi ?
- Speaker #0
Mais c'est notre amie Christelle ça !
- Speaker #1
Ah tu l'as reconnue ?
- Speaker #0
Ouais j'ai reconnu la voix de Christelle.
- Speaker #1
Ah j'ai pas reconnu l'accent.
- Speaker #0
Tu reconnais même pas la voix de Christelle.
- Speaker #1
Ah bah bon je suis désolée.
- Speaker #0
Christelle c'est la chef de la performance, donc c'est grâce à elle en tout cas que je suis arrivée en équipe de France, puisque moi je l'ai rencontrée en faisant la formation pour être entraîneur animateur niveau 1 du volet assis, pour reprendre une section de volet assis, et je l'ai rencontrée là-bas. Et c'est elle qui a remarqué, qui m'a dit « Estelle, tu as un handicap, tu ne voudrais pas rentrer et faire une immersion au sein du groupe France ? » Moi, je lui ai dit non, principalement. J'ai dit « Moi, je veux bien faire du bénévolat pour l'équipe de France, mais je ne veux pas être joueuse. » Je ne me sentais pas forcément légitime avec mon accident et mon handicap. Et elle a tellement insisté qu'à un moment donné, je lui ai dit « Ouais, ok, je vais passer la classification. » Puis je suis rentrée dans les critères, donc au lieu de faire du bénévolat. Je suis rentrée en immersion et ça s'est passé comme ça. Arrivé jusque-là, j'ai fait le chemin à l'envers pour savoir comment je suis arrivée jusque-là. J'ai pratiqué, j'ai fait beaucoup d'entraînement, je suis partie de rien, j'ai acquis ça et j'ai ma place ici. Tout ça pour avoir la légitimité de me dire, est-ce que tu as vraiment ta place ? Est-ce que tu es vraiment au bon endroit ? Oui, j'ai réussi à faire ce que j'avais prévu de faire et j'ai atteint mon objectif. maintenant, c'est de... le faire correctement et d'aller à fond dans son objectif. Je remercie Christelle d'avoir autant insisté. Et grâce à elle, en tout cas, je vis une belle aventure.
- Speaker #1
Donc en fait, tu es là sur un malentendu.
- Speaker #0
Tout à fait. Tu regrettes ? Pour la plupart de l'équipe, on a dû apprendre le volet sur le tas. Donc on nous a pris un peu comme les bébés volés. On a appris. Moi, mes premiers services, ils arrivaient sur le fil. Maintenant, ils passent même en dehors du terrain. Mais les débuts étaient plutôt compliqués.
- Speaker #1
Et moi, franchement, je valide la progression des filles, de mon arrivée jusqu'au moment des Jeux. À mon arrivée, honnêtement, vous m'avez fait un tout petit peu peur. Mais elle touchait le ballon. Et là, c'est vrai qu'après, quand on voit les compétitions, à force de faire les compétitions, je vois l'évolution, je me dis, ah ouais, franchement, et je le dis à chaque fois, je suis fier d'équipe parce que, voilà, elles ont vraiment progressé. Bravo les filles, bravo à toutes les filles.
- Speaker #0
On sait d'où on vient. On a fait la Silver Nation League dernièrement. L'objectif était d'accéder à la compétition, mais d'arriver première pour pouvoir monter à l'étape supérieure, qui est la Golden. Jusqu'à présent, toutes les Silver qu'on a faites, on est arrivé troisième, ensuite on est arrivé deuxième. Forcément, il fallait grimper l'étage supérieur et arriver première. Nous avons réussi l'objectif, donc la prochaine étape, c'est la Golden. Dernièrement aussi, on a eu la bonne nouvelle que nous avons été... qualifié pour les championnats du monde en Chine en juillet 2026. Notre premier championnat du monde, ce sera aussi une histoire à écrire supplémentaire sur le livre du volet assis et des pionnières qu'on est, parce qu'on aura forcément une relève, mais on aura quand même été les pionnières et on aura fait grandir aussi le volet assis.
- Speaker #1
On va marquer un peu l'histoire.
- Speaker #0
Voilà.