Speaker #0C'est fini ou ? Franchement ? Oh là là, c'est horrible. J'ai la gorge nouvelle. Je n'arrive pas à parler. Je pleure parce que... C'est plus gentil que triste, on va dire. Et savoir qu'il y a des gens aussi derrière moi, aussi loin, qui me regardent, ça me touche en fait. L'histoire est très très drôle. Du coup, c'était il y a longtemps, mais je ne sais plus exactement quand, aux Indies, à Saint-Martin. Tu as la possibilité d'aller payer la facture d'eau directement dans l'entreprise de l'eau. Et en fait, à ce moment-là, j'étais avec ma mère. Et elle me dit, viens avec moi. Et en fait, de derrière, il y a une voiture qui commence à avancer. Et de son point de vue, Adief, justement, il a dit, oh purée, celle-là, elle est grande. En parlant de ma mère. Parce que j'étais juste un peu devant ma mère. Du coup, il ne me voyait pas. Du coup, oh purée, celle-là, elle est grande. Puis il avance. Puis il dit, ah en fait, elle, elle est encore plus grande. Du coup, il avance, il avance. Il se gare au point de nous. Il se dit, excusez-moi, est-ce que ça vous intéresse de faire du volet ? Et la réponse a été simultanée entre ma mère et moi. Moi j'ai dit non, elle a dit oui. J'ai dit bon ben ok, moi je ne veux pas faire mais bon. Quelques semaines après passe, il nous dit tenez je vous donne le prospectus pour faire une réunion pour savoir comment ça se passait, pour savoir c'est quoi. Au début moi je ne connaissais pas le roulet. Enfin je connaissais juste le tennis et le judo parce que j'en avais fait mais sinon à part ça non. Et du coup, on va dans la réunion, il nous dit comment ça se passe, où ça va se passer, comment ça va se passer dans l'entraînement et tout ça. Et en fait, à ce moment-là, vu que j'avais que 10 ans, je devais me rendre toute seule là-bas. J'arrive en retard de 5 minutes, il m'a dit, t'es arrivé en retard de 5 minutes, tu fais 5 tours de terrain. Du coup, j'ai fait ces 5 tours, c'était galère, en plus de ça, on ne pouvait même pas aller par terre parce que c'était du béton, on n'avait pas de genouillère. Vu que je faisais du tennis et qu'il y avait une raquette dans ma main, la balle elle est comme ça. Mais maintenant que tu vois un ballon comme un ballon de voler arriver sur toi, ah je ne sais comment, allez c'était pas si fort que ça, mais quand même, à 50 à l'heure, tu penses vraiment que moi je vais toucher un ballon comme ça. Du coup à un moment donné, un service court venait sur moi, vraiment il était comme ça, il y avait une fille derrière moi, j'ai fait ça. Je m'écarte et elle m'a crié de chez elle. Elle m'a dit, mais ça va pas. Pourquoi t'as pris le ballon ? Il est tombé par terre. Je dis, mais je vais pas prendre le ballon. Moi, je sais pas faire ça, moi. Donc, toi, tu prends. Mais non, la bonne, elle est sur toi. OK. Sauf que moi, j'ai pas signé pour ça, en fait. Je sais pas. Jusqu'à maintenant, je m'écarte des ballons. Ah non, mais moi, mon objectif, c'est de pas prendre de ballon dans la tête en défense. En bloc. Ça va. En défense ? Mais pourquoi ? Je suis... Je ne suis pas une libéro. Donc, on bloque, oui, dans mon front, dans mon nez, dans ce que vous voulez. Pas en défense. Je m'écarte encore jusqu'à maintenant. Donc, franchement, non, merci. Franchement, force aux libéraux qui s'en prennent parce que moi, je ne pourrais pas. Bref, encore la semaine d'après, tu dois revenir. Je dis, bon, allez, je reviens. Je suis en retard de deux minutes, cette fois. Deux tours de terrain. J'ai dit, écoute, je ne veux plus faire. Je suis fatiguée. Je ne veux plus. Il me dit non, je veux que tu continues, je vais trouver un terrain plus près de chez toi. J'ai dit bon allez. Il m'a trouvé un terrain plus ou moins à 10 minutes de chez moi à pied. Du coup, j'ai continué, j'ai continué, même si ça n'a pas été facile vu qu'on s'entraînait à 19h. On continuait, on continuait et vraiment, je me souviens un jour, je me suis fait punir parce que je n'ai pas fait quelque chose, je pense. Et du coup, j'ai dit mais pourquoi vous voulez me punir en fait ? J'ai fait quoi ? Et du coup... Il m'a dit, mais en fait, je veux que tu continues, je veux que tu pousses, je veux que tu arrives et tout. Et j'ai dit, oui, mais je n'y arrive pas, je ne me sens pas bien, je n'arrive pas à contrer le ballon, ce n'est pas mon domaine. Il me dit, oui, mais moi, j'ai confiance en toi, je veux que tu arrives, je veux que tu siges. J'ai dit, ok. Du coup, j'ai continué pendant trois mois, mais c'était juste pour le faire. Je n'avais aucune motivation, je n'avais pas d'objectif, juste le faire. Et après, ils ont trouvé que ça allait mieux. même si dans mon intérieur, c'était je le fais pour le faire. Et ils ont vu un potentiel en moi. Du coup, ils ont dit, bon, on va faire venir quelqu'un de la Guadeloupe pour voir si tu peux partir en pôle. J'ai dit, ben OK. Moi, je ne savais même pas c'était quoi le pôle, en fait. Ils me parlaient de Watini, de Châtenay, de Bouloris, de Sy, de ça. J'étais en mode, mais c'est où ça, en fait ? La France, à part Paris, je ne connais pas. Et à la fin de la fête, ils ont dit, bon, vous savez quoi ? Le mieux pour être, c'est d'aller à Bouloris. Ça va être moins d'épaisance, il va faire chaud, il y a la mer. Je me dis bon ok. À 11 ans, je découvre le volet. À 14 ans, je dois déjà quitter ma famille. C'était horrible. C'est encore plus dur que quand on était là-bas. Parce qu'on s'entraîne deux fois par jour. Au début, je ne touchais vraiment pas à moi. C'était vraiment la technique. Des fois, quand c'était le temps mort pour qu'elles aillent boire, ils m'apprenaient à faire une manchette. Une passe, comment tenir un ballon, comment me déplacer. Après, me déplacer, ça va, vu que j'ai avec le tennis, j'arrive à me déplacer, à être coordonnée. Mais c'était plus technique. C'était apprendre à faire les sauts, apprendre à faire un gauche-droite-gauche, apprendre à sauter. En même temps, le bon timing par rapport au ballon. Tu fais une manchette et je te pose le ballon. C'est là que tu dois le contacter. C'est comme ça que tu dois faire. La main, tu dois avoir le ballon là pour le service, l'impact. C'était... Oh ! Je me suis dit, mais en fait, je ne touchais pas un ballon. On peut se laisser, il faut être concentré. La nourriture, je pense pendant un mois, j'étais malade à quoi de la nourriture. Chez nous, c'est plus fruits, les racines, la viande, plus le poisson, les trucs comme ça. Là, c'était des pâtes, pâtes, pâtes, riz, riz, riz, des trucs, pas de la terre non plus, tu vois. J'étais comme ça, oh, waouh, je ne vais pas m'en sortir en fait. Et les cours. Normalement j'étais bonne à l'école, j'ai dégringolé comme je sais pas quoi, j'étais en mode ok, faut que je me concentre, faut que je me récitisse parce que ça va pas du tout. Du coup j'appelais ma mère tous les jours, je veux partir, je veux rentrer chez moi, j'arrive pas, les cours, j'arrive pas, le volet, j'arrive pas, j'arrive pas à m'intégrer. Parce qu'en plus de ça je venais de débarquer de la Guadeloupe, j'avais un accent super prononcé, mais fort fort fort. Du coup les filles elles s'attendent à moi, qu'est-ce que tu dis ? Quoi ? Quoi ? Je suis en mode, oh vous ne me comprenez pas, vous me fatiguez. Et après, il y a les vacances. J'ai commencé à faire mes valises. J'ai dit, moi, je vais rentrer chez moi. Et il y a mon coach qui a appelé ma mère, qui m'a dit, ne la fais pas rentrer chez elle parce qu'elle ne rentrera jamais. Et en fait, lui aussi, donc Fabrice, il a commencé à me pousser, Et j'ai dit, bon. Et en fait, le déclic, ça a été... Il m'a dit, je n'ai pas confiance en toi pour faire l'équipe de France. J'ai dit, ah, OK, d'accord, bon. Ben, écoute, je vais essayer de me donner un fond pour y être parce que les filles voyageaient, elles avaient des amis, bref. J'ai dit, ok, on va essayer de se la donner. Petit à petit, j'ai commencé à avoir les objectifs, à voir qu'est-ce que ça pouvait me rapporter, où je pouvais aller, qu'est-ce que je pouvais faire après. Et suite à ça, ça a continué. Ça n'a pas été facile. Jusqu'à maintenant, ce n'est pas facile. J'ai raté des décès, j'ai raté des mariages, et j'ai raté des anniversaires. J'en ai beaucoup souffert. Comme on est très famille, c'est... Ça me touche, en fait, parce que du coup, je suis à distance et je ne peux juste que pleurer. Du coup, je remercie la jeune Amanda parce qu'elle a été forte, d'un côté courageuse, parce qu'elle n'a pas abandonné. On ne s'en rend pas toujours compte parce que c'est vrai que la famille manque, mais des fois, il n'y a pas que la famille qui manque. C'est le fait d'être chez soi, au soleil, à la plage, je ne sais pas, la nourriture. En fait, revenir à... où tu te sentais bien de base, où tu te sens bien de base. Du coup, aller là-bas, être free, ne pas parler de voler, avoir ces durs de décalage, comme ça tu vois les messages en retard. Juste respirer, parce que là-bas c'est chill, il fait déjà trop chaud pour être énervé. C'est tranquille, tu vas à la plage, tu fais ça tranquillement. En fait, des fois je me dis que je vais en vacances, mais non, je rentre juste chez moi. Retrouver ma maison, mon lit, ça c'est top. Franchement, ça c'est top.
Speaker #0À la fin, c'est mon petit cousin, l'enfant de ma cousine en fait. Oh là là, purée. Cette émotion-là, parce que ma grande cousine, que j'apprécie énormément, famille, elle faisait du sport. Et malheureusement, elle s'est fait les croiser et elle n'a pas voulu continuer derrière. Elle faisait du hand et elle avait un très bel avenir devant elle, mais blessure fait que. Du coup, ça me touche énormément qu'elle me dise ça, parce qu'elle était là aussi quand je galérais. J'ai pleuré aussi beaucoup dans ses bras par rapport à ça. elle ferait tout pour moi et moi demain j'aurais tout pour elle. La deuxième personne que j'ai entendu c'est mon petit frère. Lui je pourrais lui donner un rein, mais pas mon nuguette par contre. Du coup il fait du basket et lui aussi ça n'a pas été facile parce qu'il a fait une blessure. Ça a été chiant, il était à l'INSEP aussi. Du coup de me dire qu'il y a mon frère aussi qui me soutient. et qui me dit je t'aime aussi parce qu'il me dit jamais aussi c'est les mecs c'est ça me touche en fait et mon petit cousin vous savez il y a toujours quelqu'un dans la famille un cousin qui vous donne envie d'avoir un enfant bah c'est lui du coup lui je le considère comme mon enfant et voilà je suis vraiment très famille tout pour eux en fait l'équipe de France représente pour moi Une opportunité de voir de nouveaux horizons, de voir de nouveau un autre niveau de jeu. Par exemple, au pays asiatique, c'est un niveau de jeu différent que le jeu européen. Du coup, ça me permet d'apprendre, de développer de nouvelles compétences aussi. Et à ne pas forcément être frustrée pour certaines choses. par exemple le bloc, que je trouve que c'est vraiment important, que le bloc, tu ne peux pas être toujours frustré, parce que si, tu ne bloques pas, mais tu dois être aussi utile ailleurs. J'ai appris ça aussi, ça a pris du temps, mais voilà. Ça m'a fait connaître aussi de nouveaux pays, on va pas se cacher, mais surtout c'est vraiment au niveau volé que j'ai appris des choses. Tu apprends à travailler plus vite par rapport à tes pieds, par rapport à ton bras, développer des compétences intellectuelles et de rapidité on va dire. Mettre l'ambiance, ça me connaît. Déjà, je suis la DJ de l'équipe et vu que je suis la seule anti-aise et que... J'ai appris à aller aux filles, le bouillon, c'est une danse chez nous. Et du coup, je mets des sons comme ça. Et en fait, moi, ça me met dans le mood. Je suis prête et je mets l'ambiance dans la chambre et sur le terrain, à l'entraînement. La musique, ça c'est moi. La DJ, c'est moi de l'équipe. Alors, j'aime dormir. Franchement, et quand je dors, il ne faut pas me déranger. Surtout quand j'ai envie de dormir. Je me suis déjà embrouillée avec Amélie pour ça. Retard à ma colloque de chambre. Je peux aller dormir ? Non, il faut que tu sortes de la chambre. Je veux dormir en fait. Non, mais il faut que tu sortes de la chambre. Tu n'as pas tout le temps resté dans la chambre. Oui, mais je suis fatiguée. Je veux dormir Amélie. Non, je veux te faire sortir. Je veux dormir. Laisse-moi. Tranquille. Mais tu ne veux jamais rien faire avec moi. Non, je veux juste dormir en fait. C'est comme ça, vraiment. Mais maintenant, elle-même, elle dort. Donc moi, je l'ai forcée à dormir. Mes coéquipières font parfois des tours de terrain à cause de moi. Ça, c'est vrai. Oh, je suis désolée. Jusqu'à maintenant, on s'embrouille à cause de cette histoire. Mais oui, elles ont fait des tours de terrain à cause de moi. Pourquoi ? Parce que je m'étais fait un entorse au pouce. Et je me suis dit, c'est bon, je peux jouer sans bandage. Mais sauf que le coach a décidé d'autre chose. Ils vont entendre cette histoire et vont dire, c'est pas vrai, Amanda, c'est pas ce qui s'est passé. Alors que, bref. Et après, j'avais décidé de jouer sans. Et lui, il m'a dit, non, tu joues avec. Tant que tu n'es pas strappé, les autres, elles vont courir. Ce jour-là, ce jour-là, j'ai jamais fait un strap aussi moche. Je l'ai fait le plus vite possible pour pas qu'elles courent. Ils étaient moches, ils ne tenaient même pas. Avec la transpiration, ça partait et tout. Du coup, elles ont fait, je ne sais pas combien de tours de terrain. Parce que j'étais à l'intérieur, du coup, en train de faire mon strap. Et elles étaient en train de courir. Elles sont revenues, elles étaient tellement énervées contre moi. Mais sans que... Ah c'était à ce moment-là, la mandat d'avant. Vous êtes énervés contre moi, je vais être énervée contre vous. Alors que c'est ma pote, hein. Mais j'étais énervée contre elle, parce qu'elle était énervée contre moi, parce qu'elle comprenait pas ce qui s'était passé. Je pense que j'ai fait deux jours sans leur parler. Vraiment. Quand t'es jeune, t'as un caractère, et plus tu grandis, plus tu commences à être plus sage, plus t'adoucis, et tu comprends comment le gérer en fait. Il y a peut-être trois ans que j'ai commencé à me calmer par rapport à mon caractère. J'ai compris que... en me divertissant, j'arrive à mieux faire les choses que si je suis stressée ou que si je suis en colère parce que je vais arriver à rien du coup j'ai pris beaucoup d'années après ce volet parce que moi je le fais par plaisir je le fais pas pour faire plaisir aux autres je le fais parce que je me divertis j'ai compris que je dois pas faire pour les autres mais pour moi et que c'est comme ça que je m'amuse et c'est comme ça que j'aimerais le voler et dans la vallée des couleurs, je remercie tous les entraîneurs qui ont eu des cheveux blancs grâce à moi Dans 10 ans, je voudrais dire que j'ai gagné championnat d'Europe, championnat du monde VNL et JO. Ça, ce serait mon pouvoir de dire ça. Mais j'y croyais déjà à Paris 2024. Ah non, mais moi j'y croyais.