Speaker #0Musique Bienvenue dans ce nouvel épisode d'Entre nous. En cette période estivale, j'ai eu envie de vous proposer Musique Un format différent que d'habitude. Des épisodes plus courts, d'une dizaine de minutes maximum, que vous pouvez écouter tranquillement où que vous le soyez. Alors pendant tout l'été, je vous propose une série autour des croyances managériales. Vous savez, ces petites phrases que l'on entend souvent quand on est manager. Ces idées reçues que l'on a profondément intégrées. Et puis qui vont nous influencer, qui vont influencer notre manière de manager, parfois sans même qu'on s'en rende compte. Et j'ai choisi ce que j'ai choisi. ce thème parce que je suis convaincue que nos croyances, elles peuvent être de véritables moteurs, elles peuvent vraiment nous driver dans notre manière de manager, mais qu'elles peuvent aussi clairement nous limiter, surtout si on s'y accroche. C'est souvent ce qu'on appelle une croyance limitante. Alors aujourd'hui, j'ai envie de démarrer cette série d'été et de déconstruire la première croyance qui est cette... petite phrase que j'entends très souvent sur le terrain et qui met beaucoup de pression au manager. C'est cette croyance qui dit que je dois avoir réponse à tout. Alors, est-ce vraiment le cas ? Est-ce que quand on est manager, on doit avoir réponse à tout ? C'est ce qu'on va décortiquer ensemble dans cet épisode. Et surtout déjà, pourquoi cette croyance est si répandue ? Je crois personnellement que... Elle vient, cette croyance, en partie de notre histoire du management. Parce que pendant longtemps, le manager était celui qui savait, qui détenait le savoir, celui qui avait les réponses, celui qui décidait de tout, celui qui maîtrisait son sujet. Et je crois que vraiment cette croyance est encore très présente. aujourd'hui dans les organisations. D'autant plus quand on devient manager après avoir été expert. Et c'est encore très souvent le cas. On devient manager après avoir eu un rôle de technicien, de spécialiste dans son domaine. Alors on se dit, je dois être légitime. Je ne peux pas montrer mes doutes. Ou je dois savoir répondre aux questions de mon équipe. Et puis moi-même, quand j'ai été manager, j'ai longtemps aussi pensé ça, que je devais avoir toutes les réponses. Mais avec les années, J'ai réalisé que cette croyance, elle devenait plus un poids, quelque chose qui ne me limitait qu'une véritable force. Alors, je ne suis pas du tout en train de vous dire qu'on ne doit pas avoir des réponses et un certain nombre de réponses vis-à-vis de son équipe. C'est notre rôle aussi de prendre des décisions, de se positionner. Mais avoir réponse à tout, ce n'est pas le cas. On ne doit pas être dans cette croyance. de penser qu'on doit avoir, quand on est manager, réponse à tout. Et pour moi, la différence, elle est énorme. Parce qu'aujourd'hui, personne n'a réponse à tout. Il faut être clair. Les organisations, les entreprises évoluent à vitesse grand V. Les équipes évoluent aussi, elles changent beaucoup. Les attentes qui viennent du haut de la hiérarchie, qui viennent du bas des collaborateurs, elles se transforment aussi de manière significative. Et pourtant, Certains managers, ils continuent encore à penser qu'ils devraient tout savoir. Et clairement, dans l'environnement dans lequel on évolue aujourd'hui, c'est clairement pas possible. Et si on reste, on campe sur cette position qu'on doit avoir réponse à tout, on va porter énormément seul, on va pas oser demander de l'aide, on va avoir peur de se tromper et on va prendre... Plus d'énergie à essayer de montrer qu'on est sûr de nous qu'à chercher de véritables solutions. Et cette pression, elle peut vraiment devenir pesante. Et je vois parfois des managers qui sont épuisés, non pas parce qu'ils ont trop de travail, qu'ils sont sous l'eau, mais parce qu'ils se donnent la mission qui est impossible d'avoir toujours une réponse à tout, ou toujours d'avoir une bonne réponse, ou la réponse la plus juste. Et avec les années, j'ai appris qu'un manager n'a pas besoin d'avoir réponse à tout. Et ça, c'est clairement une croyance qu'on peut dire limitante. Et je dirais même plus, vouloir avoir réponse à tout peut parfois même empêcher son équipe de grandir. Parce que c'est aussi ça que j'ai appris en 20 ans de management, c'est qu'en amenant des réponses à tout, finalement, les collaborateurs, nos collaborateurs, ils réfléchissent moins. Ils prennent moins d'initiatives, ils deviennent plus dépendants de leur manager. Et donc, clairement, on voit que ce n'est pas simplement une croyance qui nous limite, nous, ça limite aussi. notre équipe. Par contre, à l'inverse, accepter de ne pas tout savoir, ça va ouvrir d'autres possibilités, d'autres champs, d'autres opportunités. Parce qu'on peut dire, quand on ne sait pas, on peut dire, je ne sais pas, qu'est-ce que vous en pensez ? Ou comment voyez-vous les choses ? On va chercher ensemble. Ou bien, je ne sais pas, par contre, on va faire en sorte de trouver ensemble une solution. Et là, quand on se positionne de cette manière, qu'on accepte de ne pas avoir réponse à tout, il y a quelque chose qui change. La perspective, elle est différente. Et qu'est-ce que ça va faire ? Le fait d'accepter qu'on ne sait pas tout, qu'on est complètement aligné sur le fait de ne pas avoir toutes les réponses, on va impliquer davantage son équipe dans la recherche d'une réponse. On va responsabiliser ses collaborateurs aussi de manière... beaucoup plus forte, et puis on va faire émerger des idées auxquelles peut-être on n'aurait pas pensé tout seul. Et ça, on doit aussi accepter, c'est que des idées et des réponses viennent des autres, et ce n'est pas parce qu'on est un mauvais manager, parce qu'on n'a pas eu la réponse, qu'on est un mauvais manager. Clairement, le fait de s'entourer de responsabilités, davantage d'impliquer son équipe dans la recherche de réponses et de solutions, ça va aussi faire émerger des nouvelles choses. Et finalement ? C'est bénéfique pour tout le monde, pour vous en tant que manager, parce que vous allez porter moins, mais aussi parce que vos collaborateurs y vont davantage être responsables, se responsabiliser et prendre davantage leur place. Et ça, vous allez aussi permettre à l'équipe de gagner en autonomie. Et souvent, en tant que manager, c'est aussi ce qu'on veut, c'est que ses collaborateurs soient plus autonomes. Et clairement, en acceptant, en lâchant cette... croyances limitantes, de penser qu'on doit avoir réponse à tout, on va clairement permettre à l'équipe de gagner en autonomie. Alors c'est vrai que dire « je ne sais pas » ou « je n'ai pas la réponse » , ça demande parfois beaucoup de courage. Mais je suis aussi convaincue que la force d'un manager, aujourd'hui, ne réside pas dans sa capacité à avoir toutes les réponses, elle réside dans sa capacité à créer des conditions pour que les réponses émergent. Et vous voyez que c'est complètement différent. Alors aujourd'hui, j'aurais envie de remplacer le « je dois avoir réponse à tout » par « je n'ai pas besoin de tout savoir pour être un bon manager. Mon rôle, c'est de poser les bonnes questions, c'est de m'entourer des bonnes personnes, de prendre des décisions avec les informations que je dispose et d'avancer quand même quand tout n'est pas parfaitement clair. » Alors si vous deviez retenir une seule chose de cet épisode, ce serait peut-être celle-ci. Vous n'avez pas besoin d'avoir réponse à tout pour être un bon manager et parfois, accepter de ne pas savoir, c'est même pour vous une très grande opportunité. Une opportunité de faire réfléchir votre équipe, de la responsabiliser. et de faire émerger des nouvelles idées. Et au lieu de vous demander est-ce que j'ai à ce moment-là la bonne réponse, vous pouvez vous demander comment puis-je créer les conditions pour que nous trouvions, ensemble avec mon équipe, la meilleure réponse. Et je crois que c'est vraiment là que le management, il devient plus riche et aussi pour vous en tant que manager, plus léger. Et ça permet aussi de s'enlever un peu de pression. Je vous retrouve dans deux semaines pour déconstruire ensemble une nouvelle croyance managériale. À très vite dans Entre nous.