Speaker #0Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Entre savoir et être, le podcast dédié à celles et ceux qui accompagnent, forment, encadrent et inspirent. Que vous soyez coach, formateur ou manager, ce rendez-vous est fait pour vous. Je suis Lauriane Karadzhinow, coach et formatrice, et aujourd'hui, on va parler d'un sujet crucial à l'ère du travail à distance, l'accompagnement asynchrone. Ce type d'accompagnement, où l'on n'est pas dans l'instantané, mais dans un temps différé, ce n'est pas du direct, mais ce n'est pas moins engageant, bien au contraire. L'accompagnement asynchrone, c'est tout ce qui permet à un accompagnant et à un accompagné de communiquer, réfléchir, progresser, sans être connecté au même moment. Commençons par poser les bases. L'accompagnement asynchrone, c'est le fait de continuer à accompagner une personne, un client, un apprenant, un collaborateur, sans être en lien au même moment. Autrement dit, on n'est pas au rendez-vous Zoom ou au téléphone en direct, mais on échange via des messages différés, des mails, des vocaux, des vidéos, des plateformes collaboratives, etc. Et c'est ça qui est révolutionnaire, on garde le lien sans être en simultané. Pourquoi est-ce que c'est possible et même naturel dans notre époque ? Il y a 5 ou 10 ans, ce type d'accompagnement aurait semblé bancal, voire totalement impersonnel. Mais en 2026, plusieurs facteurs convergent pour rendre l'accompagnement asynchrone à la fois possible, fluide et redoutablement efficace. Voici différents types d'outils pour créer de l'accompagnement asynchrone. Déjà, des outils accessibles et intégrés. Les technologies de communication asynchrone ont explosé en qualité et en simplicité. On peut créer une capsule vidéo ou audio en quelques secondes depuis son téléphone. Les plateformes comme Loom, Notion, Slack, Trello, Voxer ou même WhatsApp permettent d'organiser des échanges de manière plutôt fluide. Les outils de transcription, de résumé automatique, facilitent le suivi. Ce n'est plus un bricolage, c'est devenu une expérience fluide, presque aussi naturelle qu'un appel. Également, nous avons une culture du temps différé qui s'est totalement installée. C'est-à-dire que finalement, en 2026, le tout immédiat fatigue. On commence à valoriser à nouveau le temps long, la réflexion, la gestion saine de l'attention. Nos interlocuteurs, clients, collaborateurs ou même apprenants n'ont pas forcément besoin de nous en live, mais de nous présent. La synchrone permet ça. Ça permet d'être présent dans la pensée, dans le message, dans le retour, sans envahir par une série de coups de téléphone. Il y a aussi ce qu'on appelle les réalités professionnelles hybrides et éclatées. C'est-à-dire qu'avec le développement du travail à distance, du travail hybride et de la formation à distance, il est devenu impossible d'être tous disponibles au même moment. L'asynchrone permet de gérer les fuseaux horaires, les agendas décalés et les moments d'énergie différents. C'est une réponse concrète aux contraintes de notre époque. Également, une meilleure acceptation de l'autonomie est importante parce que les individus sont de plus en plus autonomes dans leur rapport à l'apprentissage et à la progression. On s'auto-forme, on consulte des ressources, on avance à son rythme et l'accompagnement asynchrone honore finalement cette autonomie au lieu de la brider. Le distanciel c'est l'humain sans l'épuisement du synchrone. Finalement, les professionnels de l'accompagnement sont souvent épuisés par les visios, les réunions à rallonge, les sessions denses. Et le mode asynchrone permet de prendre le temps de répondre avec justesse, d'éviter la surcharge cognitive, puis aussi de conserver une trace écrite ou audio des échanges que l'on a avec nos formateurs, collaborateurs, coachs, managers, etc. Et au final, c'est moins de charge mentale pour vous comme pour les personnes que vous accompagnez. Bref, en 2026, l'accompagnement asynchrone est une évolution naturelle de nos métiers qui prend en compte le rythme réel des vies personnelles, le besoin de concentration et les nouvelles façons d'apprendre, de collaborer et de cheminer. Mais alors, comment ça s'applique à vos métiers ? Coach, formateur, manager, chacun a ses spécificités et on va en parler tout de suite. Alors pourquoi c'est utile pour les trois métiers ? Pour les coachs déjà, ça permet de digérer une séance. Ça permet aussi d'offrir un retour différé sur un journal de bord, un exercice écrit, un audio, et puis des fois des exercices interséance. Et également, c'est un soutien continu sans sur-sollicitation. Un exemple clair assez réel, un coach qui va utiliser WhatsApp pour recevoir un bilan hebdo vocal de ses clients et leur répond en 3-4 minutes avec une piste d'action. Pour les formateurs, c'est valoriser l'autonomie de l'apprenant, c'est favoriser les apprentissages par la réflexion et c'est aussi créer un lien de suivi entre deux sessions. Par exemple, une formatrice va proposer à ses apprenants de lui envoyer une vidéo où ils vont tous s'auto-évaluer après une mise en pratique ou après des quiz asynchrones qu'ils peuvent remplir quand ils veulent et autant de fois qu'ils le souhaitent. Pour les managers, c'est maintenir aussi une communication fluide malgré des agendas décalés et des fois surbookés. Ça permet de documenter les échanges avec des feedbacks écrits et puis aussi d'éviter la culture de l'urgence. Je vais vous donner un exemple. Un manager envoie une vidéo hebdo à son équipe pour donner la vision de la semaine et chaque collaborateur va répondre par écrit ou par un audio. Voici quelques bonnes pratiques. Alors, travailler en asynchrone ne veut pas dire être moins présent, mais être présent autrement. Par exemple, c'est... fixer des cadres clairs, donc avec des délais de réponse et différents canaux qui sont utilisés à ce moment-là. C'est être intentionnel, c'est-à-dire on ne va pas envoyer des messages à toute heure de la journée. Et c'est adapter le ton, donc l'empathie, la clarté et puis également l'encouragement. Une petite astuce spécifique pour les coachs, créer une capsule d'ancrage post-séance, c'est-à-dire un audio ou une question écrite à envoyer 48 heures après. Pour les formateurs, par exemple, c'est demander des traces réflectives entre les modules en audio, en écrit. ou en vidéo. Et pour les managers, c'est utiliser l'écrit pour les sujets complexes ou sensibles pour permettre une lecture plus posée de la problématique à régler. Les risques à éviter, évidemment, dans le système asynchrone, c'est la perte du lien humain si la technique asynchrone devient une norme. C'est-à-dire que l'asynchrone ne doit pas être finalement quelque chose que l'on met en place pour toujours et pour tout le temps. Ça doit être quelque chose qu'on met en place en fonction des différentes problématiques de planning. Également, la surcharge mentale, c'est-à-dire s'il y a trop de canaux, trop de messages tout le temps. Il faut bien cadrer vos canaux, bien donner du cadre et des règles aux méthodes d'écriture entre les groupes ou les participants ou les personnes avec qui vous discutez pour éviter d'avoir beaucoup trop de choses à relire quand il faut scroller 200 messages parce que tout le monde s'y met, ça devient très compliqué. Et également, l'ambivalence, c'est-à-dire le pas de réponse. Qu'est-ce que ça veut dire ? Est-ce que c'est un rejet ? Est-ce que c'est de l'oubli ? Attention à être quand même réactif. et surtout à ne pas mal interpréter un manque de réponses ou des réponses trop rapides ou la méthode d'écriture. Un petit conseil, toujours combiné avec du synchrone régulier, même cours. La synchrone a aussi des bénéfices. C'est le développement de l'autonomie et puis de la responsabilisation de chacun. C'est aussi la profondeur des échanges parce qu'on prend plus de temps et que ça permet la réflexion avant d'écrire ou de répondre. Et puis, c'est l'inclusion de différents profils plus introvertis ou plus éloignés qui ont plus de mal à s'exprimer à l'oral. et pour eux, à l'écrit et en asynchrone, ça leur permet d'avoir plus de temps de réflexion pour donner des réponses pertinentes. Les différents outils du distanciel. Déjà, les outils de communication différés, on va trouver les e-mails. Les e-mails, ça fait très longtemps que ça existe maintenant. Les e-mails, c'est pour transmettre des informations, faire du suivi ou partager une ressource. Finalement, c'est l'outil le plus basique, mais toujours pertinent s'il est bien structuré. Exemple, résumé de séance, consigne de travail, un retour sur livrable. Un feedback individuel, une demande collective, etc. Vous avez tout ce qu'on appelle les outils vocaux, comme WhatsApp, Telegram, Signal, etc. Donc là, nous sommes sur des messages vocaux asynchrones ou maintenant asynchrones, mais écrits également quand vous les dictez à l'oral dans un fil continu. Petite astuce quand même toujours, quand on fait des messages vocaux, on fait attention au ton qu'on emploie ou à la manière de s'exprimer face aux gens. Et puis, c'est également... Quand on utilise les outils vocaux pour écrire à notre place, faire une bonne relecture de ce qui a été écrit, c'est très important pour éviter des confusions et des soucis de ponctuation, voire même des mots qui ont été remplacés par d'autres. Alors, le vocal, ça crée une sensation de présence sans réunion. C'est très utile en coaching également et en management parce qu'on a le ton de ce qu'on a envie de dire à la personne. Donc, exemple, c'est poser une question ouverte à votre coaché. C'est répondre à une difficulté pour un apprenant. C'est créer un canal de feedback court entre managers et entre équipes. Dans les outils, on a également des outils de réflexion, de journal, de feedback. On a des applis ou des logiciels comme Notion, Google Docs, Evernote. Donc ça crée des espaces de réflexion, des journaux de bord également ou des supports partagés. C'est idéal pour laisser des traces, poser des questions. Par exemple, un journal de coaching, un suivi d'objectifs en formation, une fiche de progrès pour le collaborateur avec différents commentaires. à remplir dans chaque part, etc. Vous avez également Google Forms. Ça permet de collecter des réponses structurées avec des formulaires ou des formulaires de sondage. Donc, ça permet d'avoir un feedback rapide ou une auto-évaluation régulière sans rendez-vous. Par exemple, un bilan hebdomadaire, un retour d'expérience, l'évaluation d'un module, un point d'avancement, un sondage sur un rendez-vous daté, etc. Vous avez aussi, évidemment, on le voit aujourd'hui puisque je suis dans vos écouteurs, Le podcast privé, par exemple, vous avez des podcasts sur Substack, Soundcloud privé ou Google Drive. Vous pouvez créer des messages audios accessibles en différé pour un groupe de personnes. C'est quelque chose d'un petit peu plus immersif qu'un email et c'est excellent pour transmettre aussi de l'inspiration ou des récits. Par exemple, des petites capsules de motivation. des épisodes thématiques pour vos clients ou pour vos apprenants avec quelques tips, quelques astuces intéressantes sur des nouveautés. Vous avez aussi les outils de micro-apprentissage avec des ressources différées. Par exemple, des capsules vidéo pédagogiques comme YouTube, Vimeo, etc. Ce sont des partages de contenus clés à visionner à son rythme. Ça, c'est de la synchrone, on peut le lire quand on veut, on peut le regarder quand on veut et le nombre de fois que l'on veut. Il existe également des plateformes de formation comme Moodle, Didact, Teachable, Learnworlds. Ça permet d'offrir des parcours structurés et des activités à réaliser en autonomie. Donc c'est très utile pour les formateurs ou pour les coachs qui veulent proposer un accompagnement hybride, c'est-à-dire que vous pouvez y mettre des modules à valider, des quiz, des auto-évaluations, des outils de coaching, des documents à remplir, intersessions, etc., ou même des forums intégrés. Vous avez des outils collaboratifs ou d'équipes comme Trello, comme Notion, comme... Padlet en version tableau, par exemple, qui permettent l'organisation des tâches, des suivis d'objectifs et des projets partagés. Ça donne de la visibilité sans faire forcément de réunion. Très utile pour le réutiliser lors d'une prochaine réunion, une fois que tout le monde a rempli ses cases. C'est parfait pour le management. Par exemple, en suivi de coaching d'équipe, ça marche très bien aussi. En progression dans un parcours, une to-do list collaborative, un brainstorming collaboratif distanciel. Un point important également, c'est la sécurité et la confidentialité. C'est très important en coaching. Quand vous utilisez des outils conformes RGPD, c'est important parce que ça vous permet de traiter des données sensibles et surtout de faire attention à ne pas les divulguer et de respecter la confidentialité. Donc, préférez des plateformes sécurisées pour les suivis individuels, des drives privés, des notions privées, signal également pour les échanges vocaux confidentiels. Pour conclure, l'accompagnement... Asynchrone, ce n'est pas un plan B, c'est une opportunité de faire autrement, mieux parfois, avec plus de finesse et plus de liberté. Que vous coachiez, formez ou managez, c'est un très bon levier et même très puissant si vous le structurez bien. Si ce sujet vous a parlé et qu'il vous a plu, partagez cet épisode et dites-moi si vous en souhaiteriez un en particulier. Et bien évidemment, écrivez-moi en privé sur mon Instagram, onechangecoaching. Et éducation, je serai toujours ravie d'échanger avec vous. Dans le prochain épisode, on parlera d'un sujet délicat mais passionnant, c'est le doute. Le doute que l'on peut avoir en tant que coach, formateur ou manager. Est-ce que c'est un frein ou est-ce que c'est un moteur ? Est-ce qu'il peut être dangereux ? Et peut-on le transformer en ressource positive ? Et surtout, n'oubliez pas, la distance n'interrompt pas le lien, elle l'invite à se transformer. Générique