- Speaker #0
Je gagnais un sélectif, après je fais 27ème à Innsbruck, je gagnais qualifier Innsbruck, je fais 15ème en demi. Ça faisait toujours un circuit qui était bien, un circuit qui n'était pas ouf. Et je n'arrivais toujours pas à trouver le bon équilibre sur tous les circuits. Je savais que c'était l'axe de progression dans lequel il fallait que je travaille. Du coup j'ai essayé un peu de changer cette mentalité du gars qui veut prouver quelque chose. Je grimpais plus pour moi et pour réussir à faire le max de ce que je pouvais. Mais c'est un changement de mentalité brutal.
- Speaker #1
En escalade, il y a ceux qui osent prendre des risques et ceux qui veulent tout stater. Bienvenue sur Esprit Vertical. le premier podcast des grimpeurs qui veulent repousser leurs limites à chaque compétition. Ici, on parle mental et performance pour t'aider à grimper plus haut dans ta tête comme en compétition. Je suis Antoine Mougel, préparateur mental et entraîneur d'escalade à Champs-de-Mont. Depuis plus de 10 ans, j'accompagne des grimpeurs jusqu'au plus haut niveau national et international chez les jeunes. Dans ce podcast, je t'emmène au cœur de mes séances, là où se jouent les prises de conscience. On parlera résilience, engagement et confiance en soi. L'idée, rendre ton mental aussi affûté que les règlettes que tu sais. Avec Esprit Vertical, tu arrêtes de laisser les tops des autres déterminer si t'en es capable ou non. Alors Ausha, c'est parti !
- Speaker #2
Bonjour Sam !
- Speaker #0
Bonjour Antoine !
- Speaker #2
Trop content de te recevoir aujourd'hui.
- Speaker #0
Je suis content d'être là aussi.
- Speaker #2
Ça fait en plus un petit bout de temps qu'on se le dit, qu'on essaie de trouver un moment et bah... Entre nos calendriers, tes compétitions, tes stages ou tes séjours falaises, c'est dur de trouver.
- Speaker #0
On est là.
- Speaker #2
Qu'est-ce qui a fait qu'aujourd'hui tu as accepté qu'on se voit pour parler justement de la dimension mentale dans le sport de haut niveau ?
- Speaker #0
Je trouve que c'est quelque chose d'hyper important dans ma préparation parce que c'est un des aspects les plus compliqués à développer. Tout ce qui est physique, entraînement, je n'ai pas tant de mal, je kiffe de fou m'entraîner, donc pas trop compliqué. Et par contre, Se connaître mieux et savoir pourquoi telle ou telle chose, ça marche, ce n'est pas facile et je trouve que c'est cool de pouvoir en témoigner et passer un peu de l'expérience que j'ai acquise au cours de ces dernières années.
- Speaker #2
C'est vrai qu'on entend beaucoup, je trouve, sur les interviews, des questions sur qu'est-ce qui s'est passé dans les faits, quels choix ont été faits, etc. Mais souvent, on manque de vous entendre sur aussi qu'est-ce que vous avez ressenti, qu'est-ce que vous avez vécu dans les compétitions et à quel point, toi, c'est important... Cette partie-là, justement, en compétition, sur l'aspect émotionnel, l'aspect gestion.
- Speaker #0
Moi, je trouve que pendant la compète, je n'arrive pas trop à analyser ce qui se passe, ce que je fais, ce que je ressens. Je me laisse grimper en général. Mais c'est gérer soit la frustration ou l'après-compète qui n'est jamais facile. Que ça s'est bien passé ou pas, à chaque fois, tu as un peu des pics émotionnels de tout ce qui s'est passé avant, de tout ce qui ressort parce que tu l'analyses à postériori. De ce côté-là, je trouve que ce n'est pas facile à gérer. Sinon, dans la compète à proprement parler, ça va en général.
- Speaker #2
Qu'est-ce qu'on a besoin de savoir pour mieux comprendre Sam Richard ? Qu'est-ce que tu as pu vivre ou qu'est-ce qui t'a forgé le Sam Richard d'aujourd'hui ?
- Speaker #0
J'ai toujours été assez... Il y a un petit côté de folie dans le sens où j'ai beaucoup d'égo en fait. Je suis un peu trop sûr de moi des fois. Enfin trop, c'est le bon mot. Mais du coup, sur les trois ou quatre dernières années, ça m'a vraiment poussé à... à chercher beaucoup plus haut, à aller essayer de réussir des trucs que je me pensais capable alors que je ne l'étais pas du tout. Et du coup, c'est des objectifs qui sont très hauts, qui sont quasi irréalisables, mais par contre, vu que je me donne à fond pour essayer de les réaliser, parce que j'y crois, en général, ça marche bien. Mais du coup, ouais, Sam Richard, il est un peu fou. J'essaie de l'être moi, mais tranquille.
- Speaker #2
Ouais, je pense, pour suivre des carrières de haut niveau, il faut tous avoir un peu une part de folie. Oser rêver des choses qui semblent impossibles. au moment où on les rêve.
- Speaker #0
Ça c'est sûr.
- Speaker #2
Et du coup, qu'est-ce qui fait selon toi la différence entre je suis là, posé dans mon fauteuil, je me rêve effectivement faire des trucs incroyables et je passe vraiment à l'action ?
- Speaker #0
En fait, je pense que ce qui change vraiment, c'est d'y croire, je crois. Parce que t'as beau le visualiser et te dire je veux faire ça, mais y croire vraiment et se donner les moyens, c'est ça le plus compliqué et c'est la régularité en fait. C'est beau de se motiver trois jours et de dire ah non, c'est trop loin, c'est trop loin, j'y arriverai jamais. Ce qui fait vraiment la différence, c'est est-ce que tu vas être capable de t'investir un an, deux ans, trois ans, voire plus en fait, dans ce que tu as envie de faire pour réussir ton objectif. Et ça, c'est pas facile, mais il faut s'y tenir parce qu'au final, la régularité, elle finit toujours par payer. En vrai, c'est assez fou, mais c'est réel.
- Speaker #2
Ok, ouais, c'est une belle leçon justement là-dessus. Petit pas par petit pas en fait. Ouais, l'objectif est grand, mais en fait, c'est chaque jour qu'il faut le construire.
- Speaker #0
Exactement. J'ai vu, c'est Magie qui m'a envoyé un reels hier. Tu vois, il y a un glaçon sur une cuillère.
- Speaker #2
Ouais.
- Speaker #0
Et en dessous, il y a une flamme. Ça chauffe la cuillère. Tu vois, le glaçon, il est à moins 7, moins 8. Il faut qu'il monte jusqu'à zéro pour qu'il commence à fondre. Et c'est un peu ça, quand tu commences à vraiment faire des efforts, tu ne vois pas forcément les résultats au début, tu vois. C'était le moins 7, le moins 4, le moins 3. Et après, quand ça arrive à zéro, ça commence à fondre. Et là, tu vois qu'il y a les premiers résultats, les premiers machins. Et c'est pour ça qu'il ne faut pas abandonner au départ, parce que les résultats, ils vont peut-être venir à plus long terme. Mais ce que tu fais, ça a un sens quand même, même dès le départ. Donc, il faut s'y tenir.
- Speaker #2
C'est super intéressant, je trouve, ce que tu dis. que... Effectivement quand on commence à s'engager dans un projet comme ça, les résultats ne peuvent pas venir tout de suite. Ils vont mettre du temps.
- Speaker #0
Ça c'est sûr.
- Speaker #2
Ok et tiens, si on doit reprendre un peu ta carrière, ta jeune carrière.
- Speaker #1
De fou.
- Speaker #2
Et en même temps tu as déjà vécu tellement de choses. A partir de quand tu as commencé à rêver justement de ces grandes choses ? Par exemple, est-ce que c'est quand tu as commencé l'escalade ? Est-ce qu'il y a eu un moment où tu t'es dit...
- Speaker #0
Moi j'ai commencé l'escalade en falaise en fait. J'ai commencé avec mon père, je faisais que de la falaises jusqu'à mes 10 ans. J'ai fait de la compète parce qu'on est arrivé à Valence, mais on était au club et j'étais dans le groupe compète, donc j'ai eu pas le choix. J'ai kiffé, mais c'était pas en mode... Je voulais pas faire que ça, tu vois. Et en fait, je te dis, c'est ce petit côté de l'ego qui fait que plus j'avançais, plus je faisais des compètes, plus c'était dur. Donc moi, je faisais des résultats, plus ça me donnait envie de faire des résultats supplémentaires, tu vois. Et j'avais un peu pris pour acquis la première année de me sélectionner en équipe, en minimum un.
- Speaker #2
Ok.
- Speaker #0
Je savais que j'étais fort, j'étais là, ça va le faire. Plein de gens arrivent à sélectionner autour de moi, donc moi je vais me sélectionner. Et j'ai tout simplement fait quatrième à tous les sélectifs de la saison. Sept fois d'affilée, vraiment. J'ai fait quatrième toute la saison à chaque tour. Du coup, c'était les trois premiers qui passaient à chaque fois pour l'équipe. Et je ne me suis pas sélectionné. Et c'est vraiment là le déclic où je me suis dit, ok, l'année prochaine je m'entraîne et j'ai envie d'aller chercher plus loin parce que j'ai vu comment ça ne m'a pas plu de faire quatrième toute la saison et j'ai envie d'aller chercher plus. Et à partir de là, c'est le même engrenage. J'ai gagné une Coupe d'Europe, mais derrière, je fais 15e aux Championnats du Monde. J'avais envie de gagner les Championnats du Monde. Ça continue et je monte toujours plus haut.
- Speaker #2
C'est intéressant parce que tu dis que tu as fait 7 fois 4e. Comment tu passes de « je suis celui qui finit toujours 4e » à « non, je peux être au-dessus » .
- Speaker #0
Parce qu'en fait, j'ai quand même fait une analyse sur comment je m'étais entraîné dans la saison. En fait, j'avais trop pris pour acquis le fait que j'allais me sélectionner. Je ne m'entraînais pas non plus comme un gars qui allait sélectionner du tout. Je faisais trois séances par semaine, trois, quatre séances, j'allais tranquille. Et je ne mettais pas du tout d'intensité dans mes séances. Et c'est là où je me suis dit, en fait, si tu veux réussir ce que tu as envie de faire, il faut quand même te donner les moyens. Tu ne veux pas te dire, je vais me sélectionner alors que tu grimpes à peine. Du coup, là, j'ai vraiment mis l'intensité à l'entraînement. J'ai toujours été un gars de, si je mets tout en place, je vais y arriver. Parce que c'est scientifique. Si je mets tout en place, pour moi, je vais être le meilleur sur la compétition et je réussirai à faire ce que je veux. Ça a marché comme ça pour quelques années. C'est un peu un sixième sens, un mode, OK, j'arrive préparé, donc si je suis préparé, il n'y a pas un monde où ça va mal se passer pendant ma compétition parce que je suis préparé pour ça. Et à l'époque, je pensais que j'étais le plus fort, du coup, si je suis préparé au max, il n'y a pas de monde où je ne vais pas gagner parce que je suis le plus fort.
- Speaker #2
Ouais, là, tu t'es rendu compte qu'avant de gagner, il faut déjà avoir le comportement d'un vainqueur, d'un champion.
- Speaker #0
C'est un peu ça.
- Speaker #2
C'est-à-dire s'entraîner comme le fait un champion.
- Speaker #0
Et ouais, c'est ça. Mais je me suis entraîné comme ça, c'était 2022. Ça avait bien marché jusqu'à une période où je me suis rendu compte que je n'étais pas le meilleur en fait. Et qu'il fallait encore pousser pour devenir plus fort. C'est un engrenage.
- Speaker #2
Ah intéressant. Comment tu as vécu ce moment-là où tu t'es dit, ah ouais mais en fait je ne suis pas du tout le meilleur ?
- Speaker #0
Je m'en souviens en plus. J'avais gagné ma première Coupe d'Europe jeune à Chambéry en 2022. Première saison que je fais vraiment où je m'entraîne, donc c'était bien. J'arrive aux championnats d'Europe, je fais vie champion d'Europe, ça se passait aussi très bien. J'étais en mode, bon, je suis sûrement le meilleur en Europe, au monde ça va être la même chose, les japonais doivent être aussi forts, tu vois. Et pas du tout. Pour moi, j'ai fait un bon tour de qualif, et j'étais 7ème en qualif. Et là, je me suis rendu compte que j'étais pas le plus fort, parce que je fais un bon tour, mais je suis pas premier, du coup il y a un souci. Quand j'ai réalisé ça, ça m'a mis dans un... enfin j'ai commencé à cogiter, à me dire comment ça va se passer pour les demi et tout, machin. Moi j'ai fait un tour de demi horrible, enfin horrible, ouais. c'était vraiment très nul, j'ai fait 15ème. Et après le retour à la réalité, quand je suis revenu chez moi, c'était la fin de saison, c'était un peu dur pendant 10 jours, j'étais là en mode bon, c'est relou, qu'est-ce que je vais faire ? Et après 10 jours, je me suis dit, je sais ce que je vais faire, je vais montrer des plus et on verra ce que ça va donner l'an prochain.
- Speaker #2
Comment tu fais toi pour effectivement gérer ces moments-là, où le haut niveau, oui on peut des fois tout mettre en place, s'entraîner dur, parfois ça ne marche pas, et souvent même ça ne marche pas, parce qu'au final, à chaque compétition, il n'y a qu'un vainqueur. Tous les autres, entre guillemets... ont échoué, même si l'échec on peut en discuter. Comment toi tu fais pour gérer ces moments là ?
- Speaker #0
Moi je dirais que je le gérais très mal à l'époque En tout cas, quand j'étais plus jeune, jusqu'à tirer la saison dernière, hier 2024, cette année, ça allait mieux. Mais en fait, maintenant, je suis beaucoup moins attaché aux résultats. En fait, je n'ai plus du tout d'objectif de résultat sur des compétitions. Même si en début de saison, je me mets des grands axes avec j'ai envie de faire ça, Je me trouve des objectifs de performance en compétition, c'est à dire par exemple mon objectif, c'est de grimper relâché sur cette compétition. Si je grimpe relâché, je fais 29e. c'est très bien, j'ai réussi ma compète. J'ai réalisé que, quand bien même je fasse la meilleure compète de ma vie, c'est possible que, des fois, ce râteau ou mes vies soient plus forts. Les gars sont peut-être au-dessus sur certains points. Si tu te mets un objectif de résultat, ça peut être forcément voué à l'échec si tu concours avec des gars qui sont plus forts. Donc, avoir des objectifs d'attitude ou de comment tu grimpes, ça te permet d'avoir un truc que tu peux vraiment influer. Moi, je peux influer sur le fait de grimper relâché ou pas. Est-ce que je peux influer sur comment va grimper ce râteau ? Pas tant.
- Speaker #2
C'est ça, c'est que dans le résultat, tu as cette dimension de ça ne dépend pas uniquement de toi, ça dépend aussi de la performance des autres. Et le seul truc sur lequel toi, tu peux influer, c'est ta performance à toi. Qu'est-ce que tu veux aller chercher ? Qu'est-ce que tu mets en place dans chaque compétition ?
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #2
Par exemple, tu me disais un petit peu avant, là au Championnat de France...
- Speaker #0
Ah, j'ai des petits trucs à régler. Bon, je ne me suis toujours pas fait. En gros, j'ai des notes sur mon téléphone. J'ai plein, plein de notes. Et je me note un peu... Dans quel état d'esprit j'ai envie d'arriver à cette compète ? Qu'est-ce que j'ai envie de mettre en place ? A quel point cette compète est importante pour moi ou pas ? Pour le championnat de France, c'est un peu une compète de réglage avant les Coupes du Monde. C'est quand même une compète importante, donc il y aura de la pression plus que sur tous les contestes que j'ai fait en début d'année. Mais en même temps, c'est le moment de voir si j'arrive à grimper, peu importe l'échéance de la compète, à grimper à mon niveau. Pour ça, je me suis dit que je voulais grimper relâché. Grimper, relâcher, engager dans ma grimpe, grimper à 200% dans mes runs. Si je décide une méthode, je vais y aller à 200% dans la méthode que j'ai décidée. Après, je vais analyser si je tombe, s'il y a quelque chose à faire de mieux ou pas. Mais je crois que c'est un peu les principaux axes que j'ai envie de mettre en place. Après, c'est plus sur de l'extra sportif. J'ai quelques trucs à régler dans la manière de gérer la compétition stratégiquement. Mais à part ça,
- Speaker #2
pas tant que ça. Par exemple, en nutrition, comment tu organises tout le haut tour ?
- Speaker #0
Exactement. J'ai aussi un caméraman qui va venir filmer, même si là on est un peu rodé avec l'année dernière. Savoir si ça me déstabilise ou pas, mais en général ça va. En tout cas je cale ça en début de saison pour qu'il n'y ait pas de problème sur les couches du monde.
- Speaker #2
C'est vrai qu'aujourd'hui il y a cette dimension de, tu ne peux pas seulement être athlète de haut niveau, il faut être aussi un peu entrepreneur, vendre son image pour justement payer tous ses frais, etc. Et donc ça c'est aussi une autre dimension. Comment ça, ça impacte aujourd'hui ton entraînement ?
- Speaker #0
En vrai, ça n'impacte pas tant parce que moi, je mets tout en place pour que ça n'impacte pas. Moi, mon but, c'est de performer. Donc, s'il y a quelque chose qui va altérer ma performance, je vais faire en sorte que ça n'arrive pas. Mais d'un autre côté, typiquement le côté financier, ça peut altérer ma performance si je n'ai pas assez de sous. Donc, il faut trouver une balance et en vrai, je gère bien. J'ai un bon équilibre maintenant, ça marche bien.
- Speaker #2
Je reviens un petit peu sur ta carrière et ta profession. Tu gagnes les sélectifs seniors en 2020. 4 ou 2020 ?
- Speaker #0
24 ouais c'était la saison là t'étais un peu l'outsider qui vient gagner sélectif à ce moment là comment tu gères après cette image cette pression parce que tu passes de outsider à attendu en fait moi ce qui m'a énervé un peu quand j'ai gagné sélectif c'est que tout le monde a dit que c'était un braquage ouais il a gagné un peu sur un coup de chance comme Kito la même année il a gagné les France et ça ça m'a énervé de fou je m'en souviens il y a quelqu'un qui m'avait dit c'est cool ces jeunes qui se sélectionnent et tout Cool ! sur un coup de chance, mais les Coupes du Monde, c'est pas pareil. Ils n'auront jamais le niveau physique pour y arriver. Et moi, ça m'a énervé. Ça m'a tellement énervé que du coup, je me suis vraiment donné à fond. Au final, la saison, elle s'est bien passée. J'ai réussi à prouver ce que j'avais à prouver. Mais après, j'étais trop dans, justement, je voulais prouver quelque chose. À terme, ça m'a un peu porté préjudice. Mais au début de saison, ça m'a vraiment mis les crocs. Il y avait beaucoup de choses qui gravitaient autour de ce sélectif parce que j'étais blessé.
- Speaker #1
Et en gros, j'avais... Exactement,
- Speaker #0
je vais... mal au dos et je savais pas pourquoi. Et j'avais aucune présélection de la saison, donc il fallait que je fasse les franges jeunes et tout pour aller en compète jeune. Et en gros, la semaine d'avant le sélectif, je vais voir le médecin, je fais l'IRM et tout. Et j'ai les résultats, il me dit que tout simplement, j'arrête l'escalade pendant deux mois. Avant les compètes, genre il y a le sélectif ce week-end, le mec, mercredi, il me dit c'est fini, tu veux plus de compète ? Moi je lui dis, y'a pas d'histoire, je vais faire le sélectif senior et après je peux arrêter si tu veux. Donc c'était un peu, soit je gagne la compète, soit j'ai zéro saison, que ce soit chez les jeunes ou chez les seniors. Donc y'avait pas trop le choix en fait.
- Speaker #2
votre kit tout double à ce moment là tu dois gérer à la fois le fait de tu sais T'as été blessé de voir t'arrêter deux mois, d'avoir effectivement ces réflexions de c'est un coup de chance, t'es peut-être pas à la hauteur avec ces nervements. Comment t'as fait pour gérer toute cette pression, tout cet enjeu ? Comment tu fais pour t'organiser face à ça ?
- Speaker #0
Je sais pas, en vrai je me suis dit qu'il y a un coup du sort, il y a tout qui se passe en même temps, mais de toute façon le sélectif c'est ce week-end. Il va se passer ce qui doit se passer, moi c'est vraiment ma mentalité en compét' je fais confiance et j'attends de voir ce qui se passe. pas si je fais 19e c'est que je devais faire 19e si je gagne c'est que je devais gagner c'est très bien ce que je vais faire c'est de me mettre en forme pour pouvoir faire le mieux que je peux en fait comme d'hab et là sur sélectif ça s'est sûr bien passé après il y a beaucoup de choses qui jouent en ma faveur c'est que c'était qu'un circuit sur deux au lieu normalement sélectif c'est deux circuits et là il y avait qu'un circuit cinq blocs et en général sur mes premiers circuits en saison j'étais vraiment hyper bon enfin cette saison là que j'ai bien réussi Je m'en souviens, il y a Antoine et Thomas qui avaient bien craqué la zone du bloc 5 aussi. Mais non, vraiment, c'était assez fou. Je n'ai toujours pas d'idée de comment j'ai réussi à gérer la pression, parce que ça faisait beaucoup. Peut-être que justement, il y avait tellement de trucs autour que je me suis dit, je n'ai rien à perdre de toute façon. Soit je gagne, soit je n'ai rien. Donc pour gagner, il faut que je n'ai rien à perdre. Je n'ai rien à perdre dans ma vie. Dans tous les cas, je vais arrêter de moi.
- Speaker #2
Et du coup, après, tu commences à avoir quelque chose à perdre. Tu gagnes un sélectif, tu commences à t'attendre, tu commences à aller en Coupe du Monde. T'as encore les... d'Europe aussi.
- Speaker #0
Ouais, mais je les ai pas faits parce que j'étais blessé.
- Speaker #2
Donc cette année, t'arrives quand même à tirer ton épingle du jeu, à te faire de l'expérience. Et là, l'année suivante, 2024-2025,
- Speaker #0
en fait. C'est la saison dernière, ouais.
- Speaker #2
T'avais un peu eu du mal au début à concrétiser, je trouvais, où on avait l'impression. Je me rappelle Victor Lazul qui était venu me voir, on avait discuté, il m'avait dit il manque juste un petit truc, un petit déclic. Et qu'est-ce qui a fait que là tu l'as trouvé ce déclic ?
- Speaker #0
Bon en fait, déjà la saison 2024, ça s'est fait un peu en dents de scie, ça s'est très bien passé, mais tu vois, je gagnais un sélectif, après j'ai fait 27ème à Innsbruck, je gagnais qualifier Innsbruck, je fais 15ème en demi. Enfin, ça faisait toujours un circuit qui était bien, un circuit qui n'était pas ouf, et surtout lié au fait qu'un circuit sur deux, j'arrivais à grimper hyper relâché. Enfin, je réfléchissais comment j'allais grimper et comment fallait que je mette en place, enfin, tout ce que j'allais mettre en place pour grimper. Et vu que j'ai réussi bien le premier circuit, le deuxième circuit, je cogitais, j'étais là... C'est bien passé là, je vais passer en finale et tout. Je réfléchissais que aux résultats et à la suite en fait. Qu'est-ce qui va se passer en finale ? Est-ce que je suis capable de gagner ? Alors que le mec, il n'est pas en finale. Le mec, il doit faire des demi le lendemain, il n'y a pas de souci. Ça m'a suivi en fait sur la saison d'après, 2024-2025. J'arrivais toujours pas à trouver le bon équilibre sur tous les circuits. Mais j'avais déjà identifié ça bien avant. Sur toute la saison, je savais que c'était l'axe de progression dans lequel il fallait que je travaille. Du coup, j'ai essayé un peu de changer cette mentalité du gars qui veut prouver quelque chose. Je grimpais plus pour moi et pour réussir à faire le max de ce que je pouvais. Mais c'est un changement de mentalité brutal. Je passe du gars qui est dans son égo trip total à essayer de prouver je ne sais pas quoi à Chebaki. Au mec qui vraiment ne veut plus rien. Vraiment, il ne réfléchit que à ce qu'il veut faire pour grimper, pour bien grimper. et c'était difficile à mettre en place au début de saison parce que c'est... Un changement de fou, de mentalité en tout cas. Donc les premières compétitions, c'était les championnats de France. J'avais pas de sélection non plus, à part pour Prague. J'avais une présélection à Prague cette année. Et donc les championnats de France, j'ai fait pareil, des qualifs très bien, des demi pas ouf. Mais à chaque compétition, c'était de mieux en mieux. Après les championnats de France, je fais le sélectif, c'est à peu près similaire, mais c'était un peu mieux parce que j'arrivais à mieux grimper sur mon deuxième circuit. Du coup, j'ai pas été sélectionné en Coupe du Monde, mais en Coupe d'Europe. Et chaque Coupe d'Europe, ça a été un apprentissage en fait. pour la suite parce qu'à chaque fois je faisais un peu mieux par exemple la première coupe d'europe je suis passé en finale j'étais jamais passé en finale chez les seniors que ce soit en coupe de france jamais donc ça faisait un peu une barrière psychologique que j'ai réussi à passer en coupe d'europe et ce qui a permis de franchir ce cap là le circuit s'est bien passé c'était les coupes d'europe donc c'est un peu moins dur comme niveau de compétition donc en fait je pense que j'ai j'ai réussi à mieux grimper.
- Speaker #2
Je faisais une fixesse sur le fait que je passais pas en finale mais je passe pas en finale en coupe du monde Mais quand même le fait de vivre du coup à ce moment là une finale à l'international même si c'est au niveau européen ça ça te permet déjà de...
- Speaker #0
De légitimiser un peu plus mes objectifs, de me dire ok je suis capable de passer en finale d'une compète de ce niveau là donc je vois pas pourquoi je passerai pas en finale la prochaine, je vais passer en finale la prochaine La première finale à Munich, horrible j'ai pas réussi à grimper Deuxième finale beaucoup mieux à Rome Pareil en fait ça s'est décalé d'un tour tu vois Après les demi que j'ai réussi, je me suis dit, c'est le moment où je peux gagner une compétition. Et je n'ai pas gagné la compétition parce que je réfléchissais qu'au résultat, à gagner la compétition. Du coup, ça m'a mis le stress de fou. Je n'arrivais pas à grimper. En fait, c'était à chaque fois ça. A chaque fois, ça se décalait d'un tour. Jusque Bruxelles, où à Bruxelles, j'ai hyper bien grimpé. Jusque j'ai craqué. tous les derniers moves de tous les blocs.
- Speaker #2
Ok, pareil, ça s'est encore redécalé là, c'était plus en finale, c'était... Ouais, c'était les derniers blocs,
- Speaker #0
c'était exactement ça. Vraiment, premier bloc, je rate la prise, vraiment, j'aurais dû le faire. Si je le faisais, je gagnais la compète. Deuxième, pareil. Troisième, plus ou moins pareil, mais bon, tout le monde est tombé là-haut. Et j'arrive au dernier bloc, j'ai fait trois zones, je suis tombé trois fois au dernier move, j'avais le seum. Sauf que j'étais complètement oxy, complètement domé. Et pour moi, c'était impossible que je bouge dans le bloc, genre vraiment. impossible et c'est un bloc physique n'est pas un monde où je devais je devais bouger dans et je les dis à vince c'est l'esthétique au jeu le voit en face de moi je dis c'est bon je vais faire figuration peut-être je vais faire le premier move mais mais à la limite quoi mon objectif c'était de faire le premier move de ce bloc ouais je fais le premier move je me disais il ya le deuxième tu vois tu vas pas là tu vas pas lâcher comme ça en fait nous par move j'ai réussi à monter en haut du bloc est vraiment je pense que c'est top 2 de la meilleure sens à ce que j'ai eu de ma vie en escalade. parce que vraiment je me pensais pas capable de me battre autant pour faire un bloc genre vraiment c'était le combat pour chaque move et à chaque move ça marchait du coup j'allais au prochain et c'est là où il y a eu le petit dernier truc où je me suis dit ok t'es capable de bien grimper sur tous tes tours maintenant t'as fait qualif, demi, finale bon ok tu tombes au dernier move des blocs mais c'est pas très grave mais surtout tu as une capacité de résilience quand même dans les blocs qui est beaucoup plus élevée que tu le penses en fait genre et là je fais deuxième grâce à ce run là sinon je faisais cinquième de la compète ça m'a mis dans ma tête de gratter jusqu'au dernier run. Enfin, jusqu'au dernier run, ça va se jouer, tu vois.
- Speaker #2
Ok. Tu t'es prouvé à toi-même que, en fait, c'était jamais perdu ? Jamais perdu. Tu étais capable de te battre jusqu'au bout ?
- Speaker #0
Et ouais, même quand, dans les scénarios, ils sont des favorables de fou, quand tu te prends deux ou trois blocs qui marchent pas bien et que tu te retrouves au quatrième, en fait, jusqu'à la dernière seconde, tu peux toujours aller chercher un truc qui va faire la différence. Moi, c'était une bonne leçon, Bruxelles. Et après Bruxelles, il y avait les championnats d'Europe jeune. Mais ça, c'était plus... C'est pas la même pression. Je suis favori. Je l'avais déjà gagné le championnat d'Europe l'année d'avant. Et justement, je suis arrivé après toutes ces expériences en compétition senior avec un niveau de bloc qui est beaucoup moins dur chez les jeunes. Donc j'ai réussi à tout mettre en place comme je voulais. Les trois tours se sont sûrement bien passées, j'ai gagné la compétition. Et après je me suis dit, ok je suis en forme, il y a Prague qui arrive, ça va être bien.
- Speaker #2
Donc si je comprends bien, c'est que là ta principale difficulté, c'est que tu savais être performant, mais dès que tu commençais à te projeter sur le résultat, dès que tu commençais à sentir que t'es capable de faire, Et bah là d'un coup tu étais obnubilé plus que par le résultat et plus par comment tu faisais pour bien grimper. Ouais je comprends mieux du coup quand tu me disais beaucoup plus tôt, ah bah le plus important c'est de se détacher du résultat mais d'être sur la performance. Et effectivement dans ce dernier bloc à Bruxelles, c'est là où tu l'as vraiment ressenti, c'est-à-dire que dans ta tête t'avais presque déjà tout perdu. Et en plus face à un bloc physique où t'étais cuit, et finalement tu t'es recentré sur le prochain move.
- Speaker #0
Ouais c'est ça la grimpe, le prochain move, c'est le plus important. Je me suis fait un... Je faisais mes notes du coup, j'analysais un peu tout ce qui se passe à chaque fois et du coup je cherche des moyens de progresser et notamment dans ce domaine mental parce que c'est surimportant. Je me suis fait la réflexion après ces deux saisons, j'ai fait deux blocs, je me suis mis les enjeux extérieurs, les enjeux sportifs mais c'est d'autres enjeux, les enjeux extérieurs je trouve c'est tout ce qui est extérieur à ta performance, tout ce que tu ne peux pas influer, le prestige de la compète. Ça, c'est un enjeu extérieur, que ce soit le championnat régional ou les championnats du monde, c'est une compétition. C'est la même chose. L'enjeu financier, peut-être, qu'il y a derrière. L'enjeu de sélection, de performance, de résultat. Peut-être l'enjeu de statut, de favori ou d'outsider. Et tous ces trucs-là, en fait, c'est des choses qui te sortent de ta compétition parce que tu ne peux rien faire pour les changer. Tu vois, je ne sais pas, l'aspect financier, que je gagne ou pas. Ça ne va rien changer à ma vie derrière. Du coup, c'est un constat qu'il faut faire pour te dire... Ok tout ça je peux rien faire pour le changer Mais par contre tous les enjeux sportifs C'est ce que je disais, être concentré sur sa grimpe Bien s'alimenter, bien dormir Tout ça je peux influer Et du coup c'est ça le plus important Et si je me détache des enjeux extérieurs Et que je suis concentré sur tout ce qui est sportif En général c'est les combattes qui se passent le mieux Parce que je suis en forme et je suis concentré sur l'essentiel Ça c'est vraiment hyper intéressant
- Speaker #2
C'est une des clés qu'on travaille beaucoup en préparation mentale Effectivement à dissocier ce qui dépend uniquement de nous Et ce qui ne le dépend pas et mettre son énergie là où ça dépend uniquement de nous. Tu arrives avec toute cette nouvelle expérience à Prague, du coup en Coupe du Monde. Est-ce que tu as vraiment réussi à faire ça ? Qu'est-ce qui s'est passé justement pour que tu arrives à vraiment t'exprimer jusqu'au bout ?
- Speaker #0
En gros, moi, de base, je suis un peu un gars comme Manu Cornu. En fait, Manu, il cible une compète de l'année. Donc à chaque fois, quand c'est les grosses échéances, les championnats du monde, les championnats d'Europe, il vise une compète. Depuis. Du moment où il cible cette compétition, il va se visualiser à la compétition Durant tout le moment de la compétition en fait Du moment où tu pars à l'avion, au moment où tu es sur le podium, tu célèbres, tu repars Et moi, à partir du moment où je savais que j'étais pré-sélectionné à Prague, ça devient l'objectif principal de ma saison parce que j'ai envie d'aller aux championnats du monde à Séoul. Si je veux aller à Séoul, il faut que je performe en Coupe du Monde. Vu que je n'ai que Prague, il faut que je sois fort à Prague. Donc à partir de ce moment-là, je me visualise à la compète depuis septembre. Et surtout, je visualise l'état d'esprit dans lequel j'ai envie d'être là-bas. Je me dis, là j'ai envie de grimper comme ça. Et avec toute l'expérience qui s'accumule au fur et à mesure de la saison, je sais comment j'ai besoin d'être pour que ça marche bien. Vu que depuis septembre je me dis Prague, je vais être en forme, je sais que ça va bien se passer. J'arrive à Prague, moi je sais ce qui s'est passé. Je sais que je suis en forme, je sais dans quel état d'esprit il faut que je prenne la compète. Au final ça s'est passé exactement comme j'avais prévu que ça se passe. Enfin pas prévu dans ma tête, je ne me suis jamais dit que j'allais faire podium. Enfin ça je ne l'avais jamais visualisé en mode j'étais sûr que j'allais être sur le podium. Par contre j'étais sûr que j'allais être concentré sur le présent, sur ce que j'allais faire dans les blocs. Après Bruxelles je m'étais dit de me battre jusqu'au bout. En vrai, en demi, à Prague, ça s'est joué au dernier run. Je me suis pris ma sélection en finale sur le dernier run parce qu'il fallait faire la zone du bloc et je l'ai fait à 30 secondes de la fin. Enfin bref, comme à Bruxelles, mais sur une compétition. Et en fait, non, juste tout s'est passé comme j'avais envie que ça se passe. C'était parfait.
- Speaker #2
Ok, donc plus que visualiser le résultat, te visualiser monter sur la première marche, etc. Tu t'es visualisé, tu veux dire, sur tes comportements, sur tes attitudes. Qu'est-ce que tu voulais y vivre ?
- Speaker #0
Exactement, sur l'état d'esprit. sur comment je voulais prendre la compète, comment je voulais la vivre. Et du coup, je savais à l'avance que j'avais envie de faire comme ça, d'être un peu plus chill dans ma manière d'appréhender la compète, parce qu'avant, j'étais là en mode, oui, il faut vraiment quelque chose de strict sur ça, sur ça et tout. C'est des petits trucs, mais c'est des détails que j'avais déjà réglés à l'avance. Mais au final, c'était parfait, c'était la bonne combinaison. Et ça a super bien marché.
- Speaker #2
Du coup, si tu aurais un conseil à te donner, parce que si je comprends bien, c'était vraiment la grosse échéance. Donc, c'est ce que tu disais dans... facteur externe qui rajoute de la pression. Est-ce que tu as un conseil à donner ? Comment gérer ces compétitions-là où en fait tout se joue, toute la saison va se jouer sur ce moment-là ?
- Speaker #0
En fait, il ne faut pas le prendre comme... Ça reste la grosse échéance parce qu'il y a les sélections et tout, ça c'est sûr. Mais il faut le prendre comme une compétition, comme une autre. C'est toujours des blocs à faire. Au final, on est dans un sport, on n'influe pas la performance de quelqu'un d'autre. On ne joue pas au tennis contre je ne sais pas qui. C'est toi contre tes blocs et du coup, Que tu fasses des blocs à VA ou que tu fasses des blocs au championnat de régionale ou à la Coupe du Monde, ça reste une compétition, c'est des blocs à faire, il faut être concentré sur ça, sur ce que tu peux faire toi. Mais le prestige et toute la pression, il faut la mettre de côté. C'est pas facile à se dire, il y aura toujours de la pression de toute façon. C'est pas possible de se dire qu'il n'y aura pas de pression.
- Speaker #2
Et même j'ai l'impression qu'elle est utile cette pression aussi ?
- Speaker #0
Ouais, elle peut être utile. Moi, elle me permet de se dépasser parce que j'ai jamais été un gars de la pression, mais je me suis toujours dit que j'étais un gars de la pression. Genre je me suis toujours dit à toi sur les grosses compètes c'est sûr que tu vas y arriver parce que t'es un gars c'est dans la tête Et du coup la plupart du temps ça marche bien parce que je me suis conformé au fait que j'étais un gars de la pression Je suis sûr que je vais bien la gérer parce que ça fait longtemps que je me dis que je la gère bien
- Speaker #2
Mais de base je n'ai pas de chance C'est marrant en fait tu t'es mis cette identité de gars qui gère la pression Ouais Du coup, ton comportement s'adapte à ce gars qui gère la pression. Du coup, le résultat fait que tu gères la pression. Oui,
- Speaker #0
c'est exactement ça. En fait, je me suis fait, toujours sur mes notes, je me suis fait une identité de Sam en compète. C'est comme un personnage, mais ce n'est pas tant un personnage parce que je ne suis pas quasi le même dans la réalité. Mais du coup, Sam en compète, c'est qui ? Et je me suis fait, Sam, c'est ça, il est sûr de ça. Et tous les points positifs sur lesquels je suis sûr que je marche bien. Par exemple, je me dis, moi je suis un gars, j'aime bien jouer avec le public. Du coup, en compète, quand je grimpe, j'aime bien jouer avec le public parce que c'est dans mon personnage de Sam Richard. Il grimpe en compète, il est sûr de ce qu'il va faire, il gère bien la pression et tout. Et du coup, je me conforme à ça parce que je le lis, je me dis « Ah ok, c'est moi » . Et du coup, en compète, ça marche comme ça.
- Speaker #2
Ouais, trop intéressant. Ce qui fait que toi, tu viens grimper avec ton identité. C'est ça qui est plus important. Qu'importe le résultat derrière. Et le résultat, lui, n'influence pas qui tu es.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça. Tu vois, cette année, j'ai fait le 29e à Innsbruck, le pire résultat de ma carrière. Genre vraiment, 29, le pire. Et je crois que je suis sûr content de ma compète. J'ai sûr bien grimpé, en fait. Le bloc, c'est aléatoire, ça s'est joué à rien. J'aurais pu très bien faire deuxième du groupe comme 17e, comme j'ai fait. Mais du coup, j'étais hyper content. 29, c'est frustrant, tu ne passes pas en demi. Mais en même temps, j'ai hyper bien grimpé dans tous les blocs. Vraiment, c'était top, quoi. Du coup, j'étais content.
- Speaker #2
Ouais, c'est vrai que parfois, on peut mettre plein de choses en place. plein d'attitudes, plein de comportements qui sont très bien, très positifs. Et pourtant, le résultat ne suit pas. Parce que comme tu dis, c'est tellement parfois aléatoire. Il suffit qu'il y en ait un qui le sorte, etc. Ça nous fait descendre de 10 000 places, etc. Et ouais, pour autant, ça ne doit pas remettre en cause qu'est-ce qu'on met vraiment en place. Ça, ça a beaucoup plus de valeur. Ouais je me rappelle même tes championnats du monde, jeune, tu fais un super tour de qualif super tour de demi, on te voit presque du coup on te dit Sam il peut gagner et là tu fais deuxième et pourtant t'es ressorti fier de cette compétition.
- Speaker #0
Ouais bah moi ce que je recherchais en tout cas à cette période, ce que je recherche toujours c'est d'être de plus en plus régulier dans mes performances en compét dans tous mes tours et en vrai au monde je fais 1, 1, 2, ah non 1, 2, 2, 1, 2, 2. Très belle compét' je grimpe bien sur tous les tours. Il y a des petits détails qui font que je ne gagne pas la compète, mais par contre, tout ce que j'ai mis en place pour, c'était super. Moi, depuis que je suis petit, les championnats du monde, je voulais les gagner. C'est quelque chose que j'aspirais de fou, c'était l'objectif de chaque saison. Du coup, cette année, j'y allais aussi pour gagner. Mais vu que j'ai hyper bien grimpé et que j'ai bien réussi mes tours, j'étais hyper content. Hyper fier, même si ce n'est pas la première place, je suis quand même sur un podium d'une compète internationale, c'est sûr bien. Et le japonais, il était plus fort, donc c'est comme ça. Au final, c'est toujours... Il faut donner le max et derrière, tu vois ce qui se passe.
- Speaker #2
D'ailleurs, je crois que tu as ramené la médaille, je sais pas, qui est derrière toi.
- Speaker #0
J'ai ramené la médaille.
- Speaker #2
Et tu m'as dit, il y a une petite histoire avec ça, avec du chocolat.
- Speaker #0
Oh là là, mon Dieu. En gros, l'histoire, c'est que dès le début de la saison, du coup, novembre 2024. Novembre 2024, je dis, c'est ma dernière année jeune. Cette année, je gagne les championnats du monde jeune. Du coup, tant que je ne suis pas champion du monde, je ne mangerai plus de chocolat. Tant que je n'ai pas un titre de champion du monde, je ne mange plus de chocolat. Et ben ouais, j'ai fait deuxième. Ça fait du coup deux ans que je ne mange plus de chocolat. J'en ai pour au moins deux ans encore. Donc on verra. En tout cas, j'aimerais bien manger du chocolat en 2027. Et si je mange du chocolat, ça veut dire que j'aurais bien réussi ma compétition. Ça va, on verra.
- Speaker #2
Incroyable. Bon, écoute, merci. C'était super intéressant.
- Speaker #0
Merci aussi.
- Speaker #2
Je te souhaite de remanger du chocolat rapidement dans ta vie. Moi aussi.
- Speaker #0
Ça va être de fou.
- Speaker #2
Bonne continuation à toi. Et ça va être passionnant de te suivre cette saison.
- Speaker #0
Merci, à bientôt.
- Speaker #1
d'être plus fort à l'entraînement que le jour de la compétition. Je sais que c'est au pied des voies et des blocs qu'on partage nos meilleures méthodes. Alors j'espère que tu partageras Esprit Vertical à ton binôme d'entraînement ou à un ami qui en a vraiment besoin. Comme ça, on sera de plus en plus nombreux à ne pas juste avoir de gros biceps, mais aussi un gros mental. A bientôt sur Esprit Vertical.