Speaker #0Hello ! Bienvenue dans et le Monde Saura, le podcast de celles et ceux qui s'élèvent. Et aujourd'hui on va exceptionnellement... Exceptionnellement, peut-être pas. J'espère qu'on aura... A traiter d'autres sujets d'actualité, on va parler d'un truc qui monte en puissance en ce moment en France, et à mon sens c'est crucial d'en parler, parce que rappelons-le, ce podcast traite aussi bien de sujets de bien-être que de sujets actuels, et donc on va parler du... tu t'en doutes, des blocus, des lycéens, donc des grèves, des mobilisations qui reviennent en force. Et pas juste maintenant, on va aussi creuser l'histoire, essayer de comprendre comment est-ce qu'on en est arrivé là, et pourquoi est-ce que c'est un peu notre avenir à tous qui se joue en ce moment dans ce pays. dans ces rues. Donc ça va être certes un épisode un peu plus dense pour les jeunes et les moins jeunes qui regardent ce qui se passe et qui se demandent au final d'où est-ce que tout ça vient et au final, est-ce qu'on s'engage ou est-ce qu'on regarde simplement ? Donc voilà, je t'invite à rester avec moi parce que cette diffusion, au final, elle nous concerne un peu tous directement. Donc on va commencer par un petit retour en arrière. En 2018, perso j'étais en seconde, donc j'étais là lorsque tout a démarré. Et si on se souvient bien, il y a un truc qui s'est passé en France à ce moment-là, donc les premiers grands blocus lycéens modernes. Pourquoi modernes ? Puisque c'est la première fois qu'on voit ce type de mouvements et de révoltes de la part de lycéens. Pourquoi ? Donc on retourne en mars 2018, l'arrivée de Parcoursup. Donc on a le gouvernement qui lance la plateforme, qui est censée « simplifier » l'accès à l'université, mais en réalité c'est simplement une machine de sélection brutale. Donc fini le système d'avant où presque tout le monde pouvait avoir une place au final. Maintenant c'est un tirage au sort amélioré avec des algorithmes opaques, et surtout une urgence à décider son avenir en peu de temps. Et les lycéens, dans tout ça, ils reconnaissent directement l'arnaque. Et donc, on commence à avoir pas mal de blocages à ce niveau-là, ce qui nous ramène en décembre 2018, période où les blocus vont clairement monter en puissance. Donc, on a un... Un fast-forward à décembre. Je suis encore en seconde et c'est là que les blocus vont exploser. Et pas juste dans un ou deux lycées, on parle de près de 400 lycées bloqués à travers toute la France. Et 400, c'est énorme. Donc on a les gens du lycée qui descendent demander le retrait des réformes du lycée et surtout du système Parcoursup. Les revendications sont simples. On veut un retrait des réformes du lycée, le retrait de Parcoursup, Le retrait aussi du SNU qui vient d'être... mis en place et particulièrement du coup, plus de moyens pour l'éducation. Sujet dont on reparlera, étant donné que c'est toujours d'actualité. Et les syndicats enseignants, donc la CGT, Solitaire, etc. vont venir soutenir, et c'est la première fois en fait qu'on va voir cette alliance qui va grandir entre les lycéens, les professeurs, les syndicats qui vont bouger ensemble. Mais voilà, le truc important c'est qu'à exactement le même moment, il se passe autre chose, et c'est quelque chose d'autre qui va changer toute la donne en France. En effet, en novembre 2018, donc le 17 novembre 2018 même pour être plus précise, c'est le jour où tout explose, on a le point de rupture avec le mouvement des gilets jaunes, pendant que tous les lycéens organisent... Organisent ces blocus, quelque chose bouillonne dans tout le pays, des gens ordinaires, des ouvriers, des employés, des petits commerçants, des agriculteurs, donc ces gens de zone rurale, qui étouffent sous le poids fiscal la stagnation des salaires, la vie qui coûte de plus en plus cher, l'expérience... explosion du prix de l'essence. Et donc, ce 17 novembre 2018, ça sort. De manière massive. On parle de centaines de milliers de personnes en gilets jaunes occupant les ronds-points, les péages, bloquant les routes partout en France. Et c'est spontané. Je pense que c'est ça qui a étonné, c'est que c'est décentralisé. Pas de leader, pas de syndicat officiel, juste des gens qui ont dit non, tout simplement. Une coalition. Pourquoi ? Le déclencheur initial, c'est la taxe carbone sur le carburant. Le gouvernement avait en effet, je pense que tu t'en rappelles, augmenté la taxe sur le diesel. Et pour beaucoup, ça a été un peu la goutte d'eau. Mais rapidement, les revendications explosent bien au-delà de ce prix du carburant. On a notamment le pouvoir d'achat, les salaires qui sont bien trop bas par rapport à la vie actuelle en France, les retraites qui se dégradent, les injustices fiscales comme d'habitude, et surtout le sentiment de ne pas exister vis-à-vis de l'État. Et ce qui était dingue, c'est le soutien populaire. En effet, en novembre 2018, on a 8 Français sur 10 qui vont venir soutenir ce mouvement des Gilets jaunes. Ouais, 8 Français sur 10 selon les sondages. Ce qui fait qu'on arrive du coup sur la période décembre 2018 vers on va dire printemps 2019 pour être plus large et on a cette convergence et en fait quelque chose d'incroyable se passe, on a les blocus lycéens et les gilets jaunes qui vont se retrouver. Les lycéens ils voient ces adultes qui se battent et ils se disent ok bah on est avec vous, on a des profs qui soutiennent les gilets jaunes, le syndicat amplifie un peu les deux mouvements aussi. Et en fait on va observer une montée en puissance et c'est une convergence. parce que c'est du vrai changement qui s'organise. Mais bon, le gouvernement, dans tout ça, il attend que ça passe. Il y a des violences policières, des gaz lacrymogènes dans les lycées, des gens arrêtés petit à petit, printemps 2019, du coup, toujours. L'énergie retombe. Pas forcément parce que les problèmes sont résolus, juste parce que c'est épuisant de crier dans le vide. Donc la leçon importante, c'est en 2018, on aurait pu s'engager. L'école nous le permettait. On aurait pu être dedans aussi. Qui nous ramène du coup entre 2019 et 2026, toujours pour resituer un peu ce contexte, et on a le temps qui s'accumule. Parce qu'entre 2019 et maintenant, qu'est-ce qu'il s'est passé ? On a cette promesse qui est toujours non tenue par Coursupe. Toujours là, pire même. Chaque année ça devient de plus en plus catastrophique, les délais pour avoir une réponse se raccourcissent, l'algorithme devient limite brutal. On a les salaires aussi, qui eux n'ont pas augmenté, du moins pas vraiment. Les retraites. Le gouvernement a essayé de les réformer à nouveau en 2023. On a eu une grosse mobilisation syndicale de nouveau, des grèves massives, etc. Si mes souvenirs sont bons. Et donc, on a aussi cette arrivée de nouveaux enjeux qui montent pendant ce temps. Mais étant donné qu'on a d'autres crises qui arrivent, notamment le climat, avec les canicules à répétition, les sécheresses, les tempêtes. Les universités. Les universités dégradées, avec des bâtiments pourris, pas assez de profs, les classes surpeuplées. Je me souviens, j'ai... C'est dans une promo, on était une soixantaine. La santé mentale des jeunes aussi qui s'effondre clairement entre stress, anxiété, dépression. Donc c'est un point qui alerte un peu tout le monde. Et les libertés publiques qui se réduisent, donc les lois de sécurité, le flicage qui est accru. Et dans tout ça, les jeunes, nous, ils le sentent. Ils savent que personne n'est vraiment là pour leur donner les outils pour aller bien au final. Donc on arrive maintenant, donc cette période de septembre-octobre 2026, ici et maintenant. Et les blocus reviennent fort ! Je pense que tu as pu suivre un peu l'actualité, le 21 septembre 2026, ça démarre au lycée Saint-Exupéry à Créteil. Donc c'est le premier blocus qui se fait en Ile-de-France, normalement c'était censé être un blocus local, mais non. En fait le mouvement va venir s'embraser et en trois jours, ce sont des dizaines de lycées qui vont venir se bloquer. Le 1er octobre 2026, on observe ce qu'ils appellent l'acte 2, avec plus de 900 actions en une seule journée. En fait, c'est une semaine après le début, c'est devenu national. On parle là vraiment de plus de 900 actions et blocages à travers tout le pays, que ce soit la Provence, Lyon, Toulouse, Nantes, Perpignan, l'Île-de-France, surtout des lycéens de partout. Et bah à ce moment-là, actuellement, on recense plus. Ouais, à peu près 400 lycées qui sont touchés sur 3700 en France. Donc si je prends des chiffres réels aujourd'hui, on a plus de 5000 interpellations depuis le début, on a près de 900 lycées au moins bloqués, on a des syndicats majeurs aussi qui sont derrière, type la CGT, l'UFSU, Solidaire, etc. On a surtout les parents d'élèves. qui se joignent au mouvement au vu des violences policières accrues au niveau des mouvements lycéens. On a des parents qui vont se déplacer sur place pour protéger leurs enfants. Et je ne sais pas si tu te rends compte à quel point on a atteint un certain niveau, ça me dépasse. Ensuite, on a aussi les députés de la France Insoumise, qui étonnamment pas du tout. vont venir soutenir, comme par exemple le maire de Saint-Denis, devant le lycée Paul-Éluard. Et les revendications, cette fois, c'est complet. C'est pas juste par cours sub, quoique c'est toujours là. Cette fois, c'est trop peu de profs, on a un manque critique de moyens. Les classes sont surpeuplées, on est à 32-35 élèves par classe. À titre de comparaison, à mon époque au lycée, on était peut-être 30-31. Les conditions de travail inhumaines, on a des emplois du temps monstrueux, mais vraiment monstrueux. Je peux t'en parler puisque je travaille avec des ados et à la rentrée, ils m'ont un peu tous montré leurs emplois du temps. Pour la quasi-totalité, certains font du... Ouais, du 8h à 18h, quasiment tous les jours. Après, on a les bâtiments qui sont pourris, clairement, c'est devenu critique, avec des promesses de rénovation qui ne sont toujours pas tenues actuellement. On a le stress de parcours sup', toujours ce même système de sélection qui ne fait pas de cadeau au lycéen. On a eu la canicule de 35 degrés pendant l'école, sans climatisation, ça a été invivable. Là, les températures se sont... se sont calmés, entre guillemets, mais on n'oublie pas. Et en arrière-plan, on a la conscience que, au final, le gouvernement s'en fout complet. Aucun changement n'arrive, et c'est aux jeunes, au final, de crier encore plus fort. Et donc, pour rajouter encore une couche à ce dossier, on a les violences policières qui sont clairement visibles. Et tout comme en 2018, il y a cette réponse de l'État, avec gaz lacrymogène, flashball, matraquage. sur des enfants de 15-16 ans qui sont grèvement blessés. Le 27 septembre, on a eu 6 avocats parisiens qui ont dénoncé les violences faites contre les mineurs en garde à vue. On a d'ailleurs Mediapart qui va sortir des témoignages de violences et d'humiliation policière sur ces événements-là. Et puis c'est du lourd. C'est de la répression contre des enfants qui au final demandent juste d'avoir une éducation correcte. Pourquoi maintenant ? Pourquoi est-ce que ça monte actuellement ? Et puis là, je pense que tu te demandes peut-être pourquoi est-ce que ça explose maintenant spécifiquement et pas plus tôt. En fait, il y a eu l'accumulation. Depuis 2018, les problèmes se sont accumulés, ils n'ont pas été résolus, ils ont même été empirés. Les jeunes commencent à s'éveiller, à être conscients qu'on leur a menti, qu'on leur a dit étudier dur, soyez les meilleurs. Mais en réalité, il n'y a pas assez de place. Les profs manquent, les bâtiments sont en ruine, puis après le lycée, on a cette barrière de parcours sup avec cet algorithme qui au final va tristement décider de ta vie. Et la génération qui monte est engagée. Les jeunes maintenant, ils ont grandi avec la conscience climatique, ils savent que le monde part un peu en cacahuète, si je puis dire. Et ils se demandent pourquoi je vais à l'école, si c'est pour me préparer à un monde qui au final ne sera pas forcément habitable. C'est pas de la mentalité de jeune cynique, concrètement c'est plutôt de la lucidité je dirais. Et les syndicats ne lâchent pas. Contrairement à 2018-2019, les syndicats ne sont pas si discrets. La CGT, toujours, FSU, Solidaire, etc. Ils soutiennent activement, parce qu'ils voient que c'est leur moment aussi. Les profs sont épuisés, les conditions de travail sont toujours aussi pourries, on a des suppressions de postes à tour de bras. Et donc cette fois, les lycéens, plus les enseignants, plus les syndicats qui reviennent vraiment en force, forcément c'est plus coordonné. Et le contexte politique change un peu. On a en arrière-plan un changement de conscience politique en France. Les gens recommencent à se dire qu'on a du pouvoir si on agit tous ensemble. Et cette fois, ce n'est pas juste une histoire de gilet jaune, c'est une redécouverte complète de la mobilisation comme outil. Donc ce qu'il faut comprendre vraiment... Là, je vais... Ouais. Je vais dire quelque chose d'un peu plus franc. Les blocus, c'est pas parfait. Il y a des débordements, il y a de la violence, j'en suis consciente. Il y a des gens qui en profitent aussi pour faire autre chose. C'est un peu messie, c'est pas sanitisé. C'est pas comme un post Instagram bien filtré, quoi. Mais ça, au final, j'ai envie de te dire, c'est le prix de la vraie action. Si tu veux bouger les choses, il faut accepter le chaos. Il faut accepter que tout le monde soit pas d'accord. Il faut aussi accepter que ça peut devenir physique. Et le... Le gouvernement, mine de rien, compte un peu sur cette passivité concernant. Et sérieusement, chaque jour de passivité, c'est une victoire pour eux. Parce que si au final, personne ne manifeste, si personne ne bloque, si tout le monde accepte son sort, il gagne sans rien faire. Et les blocus, à mon sens, c'est un langage que seul le pouvoir va comprendre. Les pétitions, les lettres polies, les ministres, au final, ils les regardent, ils les jettent à poubelle, s'ils les regardent vraiment en plus. Mais du coup, il faut viser juste. Maintenant, je ne suis pas en train de te dire qu'il faut tout casser, qu'il faut tout brûler, que le système est pourri, etc. Non, non, je te dis qu'il faut être stratégique. Les lycéens qui bloquent en ce moment, ils ciblent l'école. Leur école. C'est logique, c'est leurs conditions de vie qu'ils défendent et c'est clair. Casser des vitrines de petits commerçants, non. Frapper des flics qui obéissent à des ordres compliqués éthiquement, tu vois. Mais bloquer son école pour demander des moyens, c'est un langage que tout le monde comprend. On va revenir en 2018, quand ça a bougé au lycée. Je pense qu'on n'a pas tous forcément vraiment agi. On était un peu mêlés dans cette... Dans cette boucle du blocus de la nouveauté, je ne sais pas pourquoi, par peur, par conscience, peut-être qu'on était trop jeunes. Mais en soi, c'était possible. Et maintenant, en 2026, c'est reparti. C'est reparti et c'est reparti plus fort. Et la différence, cette fois, c'est qu'on est un peu plus vieux, on est un peu plus matures, on a plus de responsabilités, mais je pense qu'on a aussi un peu tous compris certaines choses sur le monde, sur l'injustice, sur le fait que, au final, rien ne changera jamais sans action. En 2010, on aurait pu se lancer. On ne l'a pas forcément fait. C'est ok, j'en fais clairement partie. Et ça arrive à tout le monde, mais là, les jeunes d'aujourd'hui font le choix que nous, on aurait pu faire à leur âge. Et je pense que c'est aussi pour nous qu'ils le font. Parce que si les conditions de l'école s'améliorent maintenant, ça affecte encore des jeunes qui vont suivre. Et au final, ce sera juste une victoire collective. Et moi, je vais te dire clairement, je suis pour cette mobilisation, pas par dogmatisme. Pas par idéalisme naïf non plus, tu vois. Mais parce que j'ai vu comment les choses changent quand les gens bougent. Et je vois que là, le monde actuel, il est un peu en train de s'embraser. Les inégalités augmentent, les jeunes sont dépressifs, anxieux. Au final, personne ne fait rien d'assez radical. Donc oui, les blocus lycéens en 2026, c'est beau, c'est courageux, c'est nécessaire. Est-ce qu'il y a des excès ? Ouais, forcément. Totalement même. Est-ce que... Tout le monde qui bloque a une réelle compréhension politique parfaite ? Non, aussi. Mais ça c'est normal, c'est les mouvements sociaux, c'est jamais pur, ça a toujours été comme ça, surtout dans l'histoire de la France. C'était une référence que j'ai, c'est... Ouais, peut-être même deux références que j'ai, j'en ai noté deux. C'est Selma, sorti en 2014, et Spotlight, en 2015, qui vont te le montrer. Selma, c'est un peu les marches pour les droits civiques. Il y a de la violence, des tensions, mais le résultat, c'est l'égalité votée en droit. Et Spotlight, c'est comment les journalistes vont un peu insister jusqu'à découvrir le scandale des abus. En fait, ces deux films montrent à parts égales qu'il faut insister. Il faut dire non, il faut faire du bruit. Et c'est ce qu'ils font, les lycéens. Donc ouais, soutenons-les. Et euh... Bah forcément je vais pas te forcer. Mais en vrai je peux te donner quelques raisons de commencer à t'engager. La première raison c'est que c'est maintenant. C'est pas dans 10 ans, c'est en ce moment. Et si t'attends t'auras un peu raté cette chance. La deuxième raison que je peux te donner c'est que ça change les gens. Être engagé même si ça peut faire peur, ça te change. Ça te ramène à sentir que tu existes un peu, que t'as du pouvoir. Et c'est une forme de thérapie révolutionnaire entre guillemets. Parce qu'on abuse des grands termes. J'ai noté quoi ? La troisième raison, ça va être que ton avenir se décide en ce moment. Parce que les conditions de l'école en 2026-2027 vont être différentes selon que ces blocus gagnent ou pas. Et je pense qu'on a tous un intérêt direct à avoir un impact là-dessus. La quatrième raison, c'est que les gens qu'on aime, ils vont vivre dans ce monde qu'on crée maintenant. Si un jour, t'as des enfants... Je pense que tu voudrais forcément qu'ils aient une école correcte, une France plus juste, alors bah juste agissons quoi. Comment est-ce que du coup tu pourrais t'engager ? Pas juste pour le spectaculaire bien évidemment, la chose la plus importante à mes yeux ça va être de t'informer, lire au-delà des headlines, des médias, comprendre un peu vraiment les enjeux. C'est déjà une forme d'engagement, t'es pas obligé de sortir dans la rue pour t'engager quoi. Ensuite, tu peux en discuter, que ce soit avec ta famille, tes potes, tes collègues, parce que tu comprends. Donc c'est un peu semer des graines de conscience au final un peu partout dans ton entourage. Tu peux aussi soutenir localement. Admettons qu'il y a un blocus près de chez toi, vas-y un moment, amène des thermos à boire. Écoute un peu ce qu'ils demandent et mine de rien, ça reste un soutien. Ensuite, tu peux organiser. Si t'es lycéen... Tu peux t'impliquer dans l'organisation, toujours bien évidemment dans la légalité, s'il vous plaît. Mais si t'es pas lycéen, tu peux aussi trouver des mouvements sociaux qui t'intéressent. Là, ces derniers jours, on a eu l'explosion des blocus dans les universités. Et puis même si t'es dans le monde du travail, tu peux tout aussi bien t'engager dans les syndicats. Ensuite, c'est voter en conscience, c'est dire au gouvernement avec ce bulletin que tu veux du changement. et je pense que c'est important d'éveiller un peu les consciences au niveau du vote et enfin participer à des manifs quand il y en a une vas-y c'est ton droit c'est ton outil ça te permet aussi d'en savoir un peu plus sur les différentes revendications Donc voilà, parce que l'engagement au final c'est pas tout ou rien, c'est un spectre très très large, et peu importe où tu te situes, ça reste ton choix. Mais faire ce choix consciemment, au final c'est ça qui importe. Du coup avant de terminer, je veux que tu te poses un peu cette question, qui veux-tu être ? Est-ce que tu vas être quelqu'un qui va regarder un peu le monde autour de toi s'embraser, et qui va rester là à scroller sur son téléphone à regarder les... Les vidéos des autres, où est-ce que tu vas être quelqu'un qui va dire non, je suis pas d'accord, et qui va dire... Pas forcément dramatiquement, pas de manière théâtrale, mais plutôt consciemment. En 2018, on était sûrement trop jeunes, très probablement même. On est plus grands maintenant, on a cette conscience et on a surtout cette capacité. Et encore une fois, je fais pas cet épisode pour te culpabiliser, ça n'a pas du tout une visée politique loin de là, très loin de là même. C'est pas du tout la ligne directive que j'ai prise. Mais je te le dis parce que tu peux faire la différence. Chaque personne, à son échelle, qui va s'engager, ça compte. C'est peut-être pas forcément spectaculaire de ton point de vue, mais ça compte. Ça compte toujours. Donc si on a des chiffres à retenir, avant la conclusion, voilà ce qu'il faut avoir en tête. En 2018, on a eu 400 lycées bloqués. Aujourd'hui, on est à plus de 900 lycées à travers toute la France. On a plus de 5000 interpellations depuis le 21 septembre, je sais pas si tu te rends compte, 5000 interpellations. Et plus, si ce n'est plus, parce que là, c'est les chiffres que j'ai récoltés il y a deux jours, les blocus continuent activement. On a énormément de syndicats engagés, et surtout on a un taux de soutien en France qui est encore à déterminer, mais qui est historiquement élevé. Et ça, au final, c'est du mouvement réel. C'est pas du bruit, c'est ce qu'on appelle une mobilisation générale. Voilà, on a creusé un peu l'histoire de ces blocus de 2018 à aujourd'hui. On a vu le contexte des Gilets jaunes, la montée en puissance actuelle, et surtout pourquoi ça importe et pourquoi je t'invite à t'engager. Donc maintenant c'est à toi. T'as les infos, tu comprends l'enjeu, tu sais ce qu'il y a en jeu. Et ça va être à toi de décider si tu préfères être spectateur ou acteur. Et ça encore une fois c'est ton choix, ça te regarde. Et si tu veux en parler, si tu veux partager, si tu veux réagir à cet épisode, je t'invite à me rejoindre sur Insta. Que ce soit en commentaire, en DM, n'hésite pas à écrire. Parce que c'est aussi ça, l'engagement, c'est créer du dialogue et pas juste hurler dans le vide. Donc voilà, merci d'avoir écouté. On va continuer à creuser les sujets qui comptent, à interroger le monde et à se demander pourquoi. Et surtout, à s'élever. Merci et à bientôt !